Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 00:02

 

Le collectif Coup Pour Coup 31 vous invite à une rencontre "Femmes en lutte!" le samedi 25 février à 14h.

Voir ci-dessous l'affiche et la présentation des intervenantes.

 

Venez nombreux !

Samedi 25 février à 14h

Amphi 9 (dans l'Arche) - Université du Mirail / Métro Mirail Université

afficheCPCfemmes.png

Présentations des intervenantes :

 

Soha Bechara est née à Beyrouth en 1967 dans une famille engagée au sein du Parti Communiste Libanais. Elle passe son enfance dans la capitale, ne retournant au Sud-Liban, région d'origine de sa famille, que pour les vacances. Mais avec l'occupation israélienne de 1978 - qui se poursuit avec celle de l'Armée du Sud-Liban, sous contrôle israélien -, elle ne peut plus retourner sur la terre de sa famille. Très jeune, Soha entre alors dans la résistance contre l'occupation. Étudiante de 21 ans, membre du Front national de la résistance libanaise (FNRL), elle tente en 1988 d'éliminer le général Antoine Lahal, chef de l'Armée du Sud-Liban. Son acte lui vaudra dix ans de détention sans jugement dans le camp de Khiam, mis en place par le pouvoir israélien en 1985. Elle y subira la torture et plus de six ans d'isolement. Une campagne internationale inlassable la fera libérer le 3 septembre 1998.
Symbole du combat contre l'occupation israélienne, elle témoignera de la place et du rôle des femmes dans la résistance palestinienne et libanaise.

GABRIELA (alliance nationale des organisations de femmes aux Philippines) a été fondée en avril 1984 après une manifestation à Manille (capitale des Philippines) de 10.000 femmes contre la dictature de Marcos. Son nom est en l'honneur de Gabriela Silang, qui a participé à une révolte contre le colonialisme espagnol dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Gabriela regroupe plus de 250 organisations de femmes de tous les horizons sociaux : paysannes, ouvrières, religieuses et professionnelles. Ces organisations travaillent aux enjeux touchant les femmes tels que la négation de leurs droits, la violence contre les femmes et les enfants, la prostitution, le trafic sexuel et l'homophobie. Ses membres mettent en avant une approche intégrale de l’émancipation des femmes. Elles croient que celle-ci passera notamment par la résolution des problèmes issus de la domination étrangère et de la dépossession des terres.
Une représentante de GABRIELA viendra expliquer le rôle et l'action de son organisation pour les femmes philippines, dans un pays d'Asie dominé par l'impérialisme américain.

Femmes En Lutte 93 est une association née en Seine-Saint-Denis à l'automne 2010. Regroupant des femmes de tous âges et de toutes origines, Femmes En Lutte 93 se donne comme objectif de donner la parole aux femmes des milieux populaires, de construire des solidarités concrètes entre elles et de populariser les luttes des femmes en France et dans le monde.
Elles viendront témoigner des conséquences de la crise du capitalisme pour les femmes des quartiers populaires de France.

 

 


Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Antisexisme/LGTB - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 19:44

 

Bien que SLP ne partage pas l'intégralité des positions du Parti communiste maoïste d'Italie, il estime que cette organisation qui, contrairement à beaucoup de ses détracteurs, mène héroïquement le travail révolutionnaire dans la réalité de la lutte de classe, notamment dans les régions les plus déshéritées (Sud) de l'Italie, au sein de syndicats basistes de travailleurs/euses (Slai Cobas etc.), a le droit de s'exprimer pour sa défense. Depuis plusieurs mois, ces camarades sont en effet la cible particulière des attaques cyber-gauchistes contre le 'centrisme' (c'est à dire les organisations qui, dans le mouvement communiste international, agissent selon les principes du maoïsme : essayer d'amener la gauche du Parti maoïste unifié népalais, les éléments les moins contaminés par le révisionnisme, sur les positions du MLM plutôt que de les laisser à la merci du révisionnisme Prachanda-Bhattarai...). Il est évident que, tel que l'enseigne l'histoire du mouvement socialiste (jusqu'à la Première Guerre mondiale) puis communiste (depuis), le rôle des ultra-gauchistes est encore une fois d'assurer le triomphe du révisionnisme et, par là, de la Réaction mondiale.

 

Source

 

Il y a à ce sujet une campagne internet d'intoxication par des 'cybergroupes gauchistes pseudo-maoïstes'.

Notre Parti dans plusieurs et différents textes, meetings internationaux, mais aussi divers meetings bilatéraux avec des camarades indiens, afghans, européens ou népalais, des Partis et des organisations, a exprimé sa critique de l'approche 'centriste' des camarades de la gauche népalaise, dans la lutte interne au PCNUm, et notre Parti a demandé à ces camarades de changer leur approche.
Cette lutte n'est pas achevée et continuera jusqu'à la victoire du MLM au Népal et au niveau international.

Notre Parti est un membre historique du MRI et tous dans le MRI (moins en dehors et c'est notre limite) connaissent notre lutte interne contre la tendance Avakian ainsi que les positions centristes du PCNm sur les questions internationales.

Notre Parti a été dans toute la vie du MRI le seul Parti allié au PCP comme fraction rouge du MRI et nous avons organisé trois meetings publics internationaux sur ce sujet avec le MPP.

Notre Parti a été le seul dans le MRI (avec les camarades du PCP) à soutenir la ligne de la Guerre Populaire pour les pays impérialistes et sur cette question, a mené une dure lutte y compris en direction du PC des Philippines et du PC d'Inde (maoïste).

Notre Parti, dans le cadre du séminaire international au Népal avec tous les Partis et organisations participants, PC des Philippines et PC d'Inde maoïste inclus, a analysé les positions du PC népalais maoïste comme de mauvaises réponses à de bonnes questions (de très, très bonnes questions qui attendent toujours une réponse correcte). Pour cela, dans la conférence internationale à venir, lorsque celle-ci se tiendra, notre Parti exprimera toute son approche radicale sur ces questions... et l'heure est proche.

Dans le même temps, alors que le CoRIM stoppait ses activités, notre Parti menait tout le travail nécessaire pour reconstruire une organisation internationale MLM et pour ceci, le problème n'est pas d'imposer nos positions à tous les Partis et toutes les organisations MLM dans le monde, mais pour réaliser un meeting au sein du MRI avec les Partis et organisations qui ne soutiennent pas les positions d'Avakian et la ligne Prachanda, et ensuite une Conférence internationale de tous les Partis et organisations MLM dans le monde, dans et en dehors du MRI, principalement les PCIm, PC des Philippines, PC maoïste de France, PCR Canada ainsi que des organisations d'Amérique latine (Colombie, Brésil) etc. pour reconstruire une organisation et un centre international basé sur les enseignements positifs et négatifs des approches du MRI et du CoRIM/PCR-USA.
Au cours de cette Conférence, nous soutiendrons la ligne de la Guerre populaire et d'un centre basé sur la Guerre populaire. Notre tâche internationale actuelle et notre engagement lorsque cette Conférence internationale se tiendra, sera accompli dans cette forme.
La Conférence internationale ne demande pas seulement un simple appel, mais un accord entre les Partis et les organisations participantes, un climat positif d'unité et lutte, dans le cas contraire nous n'aurons pas une Conférence internationale, mais un meeting fractionnel qui n'apportera rien, ni au sein ni en dehors de lui, au Mouvement communiste international MLM.
 
Dans le cadre de cette conférence, différentes positions pourront débattre, lutter, il y aura une lutte entre deux lignes sur maintes questions et notre Parti luttera pour contribuer à affirmer et développer le MLM, dont a besoin notre 21e siècle de Guerres populaires vers le communisme.

Pour finir encore sur le Népal, nous souhaitons et luttons pour la participation de maoïstes népalais à la Conférence internationale ; des maoïstes népalais qui s'opposent aux positions de Prachanda et Bhattarai, qui sont engagés dans la continuation de la révolution népalaise, qui appellent à la révolte populaire, à la lutte armée, à la stratégie de Guerre populaire. La présence de ces maoïstes népalais à la Conférence serait une victoire pour le MCI, tous doivent travailler pour cela.
Nous espérons que les vrais et sérieux Partis et organisations MLM qui veulent une Conférence internationale auront et prendront la responsabilité se s'y joindre.

PCm Italie
janvier 2012

 

http://4.bp.blogspot.com/-4nEznwiPY1U/TaXn5Hos64I/AAAAAAAAAkE/dtNvNEm2Hos/s1600/partisans.jpg

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Peoples of Europe, rise up ! - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 19:12

 

La campagne internationale de soutien à la Guerre Populaire en Inde vient de débuter.Plusieurs organisations de plusieurs pays y participent. En France, c’est le Comité de Soutien à la Révolution en Inde, soutenu par différentes organisations, qui propulse cette campagne.

Une émission de radio a déjà été réalisée (nous récupèrerons l’enregistrement très bientôt) sur Radio Pays. Les collages ont commencé et quelques actions devraient se dérouler.

Pour la clôture, le CSRI prévoit une réunion d’information avec diffusion d’un documentaire


le samedi 21 janvier à 15h au local Dersim,

16 rue des Petites Ecuries, Paris 10ème,

M° Strasbourg-St Denis.


Venez nombreux et nombreuses !


 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Impérialisme et résistance (internationalisme) - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 18:56

 

Une question intéressante est soulevée sur la question de "lignes et tendances". Pour SLP, on l'a dit, les 'tendances' sont un 'droit' trotskiste mais n'ont pas d'existence réelle : en aucun cas, même dans les partis bourgeois, les points de vue ne cohabitent dans la joie et la bonne humeur, et il y a toujours un point de vue, une 'tendance', un 'courant' dominant.
La question est posée de "peut-on considérer qu'il y aurait une lutte de lignes dans un parti comme le PCF ?". C'est une très bonne question... Et bien, la réponse est OUI : l'existence de lignes dans toute organisation politique humaine, comme reflet de la lutte des classes dans la société, est scientifique et valable partout. La seule question est L'IMPORTANCE que cela a.
Dans le PCF, il y a des réformistes/progressistes plus ou moins sincères et des pourris, des sociaux-traîtres larbins de la bourgeoisie, des néo-bourgeois (on pense notamment aux caciques locaux du 'communisme municipal'). Il y a des réformistes/progressistes plus ou moins optimistes, radicaux, combattifs ; et d'autres plus ou moins pessimistes, timorés, 'possibilistes'. C'est tout simplement l'influence contradictoire des deux 'pôles' de la lutte des classes, constitués par la bourgeoisie réactionnaire et le prolétariat révolutionnaire, qui s'exprime parmi ces hommes et ces femmes organisé-e-s pour agir dans la Cité (politique).
On pourrait même aller plus loin, et dire qu'au PS il y a des plus 'sociaux' (à la Montebourg, Emmanuelli) et des plus 'libéraux' ('hollandais', 'strauss-kahniens', Valls) en économie, des plus 'laxistes' et des plus 'sécuritaires' sur la répression des classes populaires... A l'UMP, il y a les 'humanistes et sociaux' et la 'Droite populaire/iste' qui flirte avec le FN. Mais là, on va dire, ce sont des contradictions qui n'intéressent que très secondairement le prolétariat et son avant-garde communiste. La lutte des classes qui s'exprime là, ce n'est pas tellement l'influence contradictoire de deux classes (comme dans les partis petits-bourgeois), mais plus la manière dont la bourgeoisie va sauver sa peau (par le 'social' ou par le capitalisme et la répression à outrance, par la 'carotte' ou le 'bâton'). Il ne faut pas oublier, au demeurant, que les 'politiciens' eux-mêmes sont généralement des petits ou moyens bourgeois (fonctionnaires, avocats et médecins, etc.). Rares sont les grands capitalistes (comme un Dassault) qui 'font' de la politique. Du coup, ils sont soumis aux injonctions du Grand Capital, tout en ayant la préoccupation de sauver leur position face au prolétariat, position encore plus précaire que celle des 'milliardaires du CAC40'...
Mais enfin, tout cela n'intéresse le prolétariat que dans un seul sens : à quelle sauce il va être mangé. Et cela n'intéresse les communistes que pour leur 'plan d'action' des 5 ans à venir : la bourgeoisie va-t-elle jouer sur du 'social' ou plutôt de la répression et de la liquidation tous azimuts des concessions du passé ? La question du FN et de l'extrême-droite (et de la 'FNisation' de l'UMP et même du PS) est bien sûr très importante : c'est celle du passage de la bourgeoisie à la dictature terroriste ouverte, qui change totalement la manière d'agir des communistes, les conditions de la lutte.
Mais, disons que, toutes ces contradictions s'exercent dans un 'champ politique de classe' qui n'est pas celui du prolétariat, mais de la bourgeoisie, et qui donc, est secondaire. A l'époque des Fronts populaires, entre 1935 et le triomphe total du révisionnisme au milieu des années 1950, il est clair que le mouvement communiste international a accordé sans doute trop d'importance à ces contradictions inter-bourgeoises (ainsi qu'inter-impérialistes), arrivant presque à considérer (en caricaturant un peu) qu'il y avait de 'bons' partis bourgeois et de 'bons' impérialismes (c'était clairement la position d'Earl Browder, du CP-USA)...

Revenons au PCF. S'agit-il d'un parti bourgeois ? Et bien, on peut dire aujourd'hui que la réponse est oui. Depuis plus de 50 ans, sa soumission idéologique et politique à la "gauche" bourgeoise (SFIO de Mollet, PS de Mitterrand, puis 'gauche socialiste' du PS dans les années 1990-2000, et enfin PG de Mélenchon) en a fait un parti assurément bourgeois. Mais un parti bourgeois d'un genre très particulier. C'est un parti qui s'intitule encore 'communiste', et il est certain que des gens adhèrent sincèrement à cet intitulé ; tandis que d'autres, l'ayant intégré à une époque où il n'était 'que' révisionniste, et où le mot 'communiste' avait une grande signification sur la planète, y restent attachés sentimentalement.
En un mot : c'est un parti qui revient à ce qu'était, pour les camarades de Politzer et Tillon, la SFIO de Léon Blum. Un parti bourgeois, mais qui emprisonne encore une part significative de la classe prolétarienne. Dans ce sens, ses 'mouvements internes' sont plus intéressants et significatifs pour les communistes que ceux des partis petits-bourgeois (LO, NPA, POI, URCF, PRCF, Cercles communistes, PCOF), qui sont beaucoup plus réduits (en caractère de masse), beaucoup plus 'resserrés' socialement sur la petite-bourgeoisie intellectuelle (surtout enseignante), les petits employés et l'aristocratie ouvrière, ou encore les étudiants (NPA surtout) ; et beaucoup plus 'verrouillés' idéologiquement (sectarisme, question de survie quand l'idéologie ne tient pas la route). La seule chose qui peut finalement être intéressante chez ces derniers, ce sont les 'mouvements de sortie' (comme au NPA, passé de 9000 adhérents à moins de 4000).
Au PCF, en revanche, les 'mouvements de la base' sont assez représentatifs du niveau de conscience 'moyen' (pas le plus avancé) du prolétariat, et les 'mouvements du sommet' (désormais quasiment délégué à Mélenchon) sont bien représentatifs de la manière dont la 'gauche' bourgeoise tente de 'tenir' le prolétariat, de contenir la 'poussée' de sa conscience, ou de la détourner (par exemple dans la xénophobie, cf. Gerin) ; et... des difficultés qu'elle rencontre dans cette tâche (qui est historiquement la sienne) !
Ceci dit, tout cela n'est pas décisif - c'est le mot qui convient. Clairement : il y a au PCF, sans le moindre doute, des progressistes sincères, des anticapitalistes insuffisamment marxistes, aux conceptions limitées, des révolutionnaires potentiels ; des gens qui ont vu le mot 'communiste' (oh ! de la lumière !) et sont rentré-e-s ; mais leur lutte contre la ligne bourgeoise réformiste dominante ne peut pas être décisive EN SOI. Elle ne peut l'être, qu'en se connectant à un mouvement communiste révolutionnaire qui, désormais (et depuis plus de 40 ans), est intégralement extérieur au PCF. C'est le triomphe de la ligne révolutionnaire dans celui-ci (contre l'opportunisme, les tendances possibilistes ; et le dogmato-sectarisme) qui est décisive.

L'époque où la lutte de lignes au sein du PCF avait un caractère décisif pour le prolétariat de cette entité bourgeoise, la France, c'était, globalement, entre sa création en 1920 et le début des années 1960.
Durant les années 1920, le PCF-SFIC souffrait de ses 'tares originelles', d'être issu de la majorité d'une SFIO où... les marxistes révolutionnaires étaient peu nombreux. Le Parti devait donc élaborer sa ligne révolutionnaire alors même qu'il était créé (il n'a pas été créé sur une ligne pré-établie, d'ailleurs, aucun Parti ne l'a jamais vraiment été). Ce fut chaotique mais, vers 1930, on pouvait penser que les choses étaient 'éclaircies' et que la 'bolchévisation' pouvait commencer. Mais, dès 1934, l'application de la ligne de Front populaire (pas erronée en elle-même, plutôt imprécise) amena une tendance très forte à la soumission idéologique du Parti vis-à-vis de la 'gauche' bourgeoise. Une tendance au populisme ('Peuple de France !'), à se penser 'dans le prolongement' du 'pic radical' de la révolution bourgeoise (1793-94) ; à renoncer à l'anticolonialisme et à l'anti-impérialisme, 8e condition d'adhésion à l'Internationale communiste, d'une importance CAPITALE puisque Marx parlait déjà, en son temps, de 'secret de l'impuissance' du prolétariat du pays colonisateur. Une tendance, plus généralement, au pragmatisme sans principes, comme quand Duclos négociait la reparution de l'Humanité avec les autorités nazies d'occupation... A partir de là, la lutte des éléments un minimum léninistes s'engagea contre ces tendances révisionnistes toujours grandissantes, et ne s'acheva que... au début des années 1960, presque concomitamment avec la mort de Thorez (1964), quand les léninistes quittent alors le Parti (pour former le PCMLF, l'UJCml qui engendrera la GP etc., d'autres (malheureusement) rejoignant toutefois le trotskisme pour former la LCR). Elle s'acheva, donc, quand les léninistes, les marxistes révolutionnaires, n'eurent plus d'autre solution que de quitter le Parti. C'est à partir de là, en réalité, qu'on peut considérer le PCF comme intégralement révisionniste et au service de la bourgeoisie, un parti BOURGEOIS dont il n'y a plus rien à tirer, L'AVENIR du mouvement communiste et de la révolution prolétarienne dans l'espace géographique 'France' se jouant désormais EN DEHORS. Et pourtant, le Parti était pourrissant depuis près de 30 ans, et à vrai dire assez foireux depuis sa fondation en 1920 !
Si l'on prend l'exemple du Népal, peut-on alors qualifier le PCNU-M de Parti intégralement révisionniste, dont les luttes internes ne sont d'aucun intérêt pour les communistes d'Asie du Sud et la révolution mondiale ? Alors que le prachandisme a commencé à sévir il n'y a pas 10 ans ? Soyons sérieux...

En réalité, ce qu'il faut retenir, c'est que le principal a un moment donné pour la révolution 'locale' et mondiale est la lutte de lignes entre communistes : en l'état actuel des choses, entre prétendants au rôle d'avant-garde de la révolution prolétarienne dans l’État "France". Ce qui est principal, ce qui est SIGNIFICATIF, c'est la lutte où se joue L'AVENIR.
Pour le moment, la réalité est qu'il n'y a PAS de Parti révolutionnaire du prolétariat, mais un certain nombre de groupes, d'organisations, qui se sont données la tâche de le construire (certaines se proclamant déjà 'Parti', d'autres pas) : PCmF, OCML-VP, ROC-ML, 'p''c''mlm'... Et ces organisations sont en quête d'adhésion prolétarienne à leur ligne ; en quelque sorte, du 'mandat' du prolétariat (en tout cas, du prolétariat avancé) pour constituer son avant-garde et conduire la révolution. C'est une quête extrêmement difficile, incomparable avec celle d'un mandat électoral bourgeois... Il ne s'agit pas de viser 'la quantité à tout prix' et de faire de la démagogie, du populisme, car alors on aura beaucoup de monde, mais on n'arrivera à rien. Mais il ne s'agit pas non plus de s'imaginer que moins on est nombreux, plus on a raison, plus on a tracé de 'lignes de démarcation entre l'ennemi et nous'... A un moment donné, si l'on est dans une dynamique d'isolement, il faut se poser des questions. On pourrait dire, quelque part, qu'une organisation dans une 'bonne' dynamique est une organisation qui, en plus de rencontrer la sympathie de la classe dans les actions ou manifestations auxquelles elle participe, voit ses positions reprises par les autres et même les organisations petites-bourgeoises, en 'édulcoré' et 'sans citer la source'...
Ce n'est pas une 'compétition' pour le fun, mais qui engage l'avenir de l'humanité. C'est, aussi, une 'compétition' dans laquelle les partis petits-bourgeois, et même le PCF, participent indirectement : si aucune 'avant-garde' ne parvient à convaincre, les 'consciences émergentes' du prolétariat se tourneront vers ces 'valeurs sûres'...

La quadrature du cercle est donc celle-ci : 1°/ il ne s'agit pas d'avoir du monde pour aller nulle part, 2°/ il ne s'agit pas d'avoir la conception révolutionnaire la plus juste qui soit, mais personne avec soi, personne de 'réceptif'.
Et la clé de cette quadrature du cercle... c'est la lutte de lignes. La lutte de lignes permettant de construire la CONCEPTION COMMUNISTE DU MONDE qui, seule, peut agréger le prolétariat autour du Parti révolutionnaire et le mener à la victoire. Le principe est que nous sommes entre communistes, et qu'en principe, cette lutte de lignes est non-antagonique. Elle consiste à démêler, dans nos conceptions, les écheveaux du nouveau et de l'ancien ; des idées justes et des idées fausses ; des conceptions prolétariennes tournées vers l'avenir, vers le communisme, et des conceptions sous influence de la bourgeoisie. Sa méthode est le débat franc et ouvert entre camarades, la critique et l'autocritique, la vérification des idées et la rectification des erreurs.
Mais, parfois, cette lutte, même en commençant toute fraternelle et pleine de camaraderie, amène à démasquer des connards, des gens qui, pour simplifier à l'extrême, sont là pour EUX-MÊMES et non pour le prolétariat et l'humanité. Ou des gens assez cons (paumés idéologiquement) pour les suivre, ce qui revient au même. Peu importe quelles sont leurs motivations, qu'elles soient très concrètes (ascension sociale, qui ne pourrait se faire dans la société telle qu'elle est et impliquerait un 'changement radical'), ou plus 'psychologiques', 'immatérielles' (auto-satisfaction, sentiment d'importance, ou amertume existentielle, névrose de 'petit occidental' etc.) : là encore le résultat est le même. Si l'on est pas là pour SERVIR LE PEUPLE, on n'est pas un révolutionnaire. Donc, a fortiori, pas un marxiste et encore moins un maoïste.
SLP a été maintes fois confronté à ces gens-là et, en définitive, leur psychologie est finalement très reconnaissable. Démasqués, ils se réfugieront dans le sectarisme et le dogmatisme 'excommunicateur' (généralement, toujours une citation au coin de la bouche) ; ou alors, pour ceux qui en ont la possibilité (souplesse d'esprit, pragmatisme, intelligence pratique, compétences), ils iront voir (si on y est) du côté du réformisme bourgeois.

Tel est le schéma, en tout cas, pour un mouvement communiste très petit comme le nôtre actuellement.
Bien entendu, si le mouvement communiste est beaucoup plus large, beaucoup plus massif, alors la lutte de lignes se joue 'en grand' : les traîtres collaborationnistes de classe peuvent déployer leur démagogie en direction de la spontanéité réformiste, possibiliste des prolétaires (et autres classes laborieuses) moins avancé-e-s ; tandis que les 'gourous' gauchistes peuvent jouer de leur côté sur l'impatience et la fascination pour la 'radicalité', la confusion idéologique ou encore les névroses qui existent chez un bon nombre de prolétaires et personnes du peuple.
Il faut bien comprendre, bien avoir à l'esprit, que cette lutte de ligne dans le mouvement communiste n'y est nullement limitée par quelque 'champ magnétique'. Elle a, au contraire, une dimension 'explosive' ou 'implosive'...
Le principe de la lutte de lignes, on l'a dit, c'est un débat franc, ouvert et CONSTRUCTIF, qui permet de dégager les idées justes et de les rassembler et synthétiser en conception communiste, prolétarienne, révolutionnaire du monde. Et ensuite, bien sûr, d'imposer ces idées justes et de balayer les idées fausses, dont les tenants doivent être convaincus... ou alors, empêchés de nuire.
Pourtant, des fois, ça ne marche pas. Pourquoi ? Tout simplement, parce que les communistes ne sont pas des demi-dieux vivant sur une lointaine planète, mais des hommes et des femmes vivants sur la Terre capitaliste. Parce qu'ils et elles ont leurs limites d'êtres humains, individuelles et collectives. Parce que la science marxiste a ses limites... de science. Il y a les petits sectarismes des uns, s'accrochant à des idées fausses... mais aussi, parfois, 'défendant' ainsi des idées justes, et les condamnant en réalité (comme l'idée qu'il ne fallait pas faire les Accords de 2006 au Népal : JUSTE, mais condamnée par le sectarisme de ses 'défenseurs' !). Il y a les grands libéralismes des autres : refus de trancher, de reconnaître et de condamner le faux. On ne se pose parfois pas les bonnes questions (les questions cruciales ; on se concentre sur des sujets secondaires). Parfois, on n'y trouve pas les bonnes réponses. Parfois, on les trouve, mais on ne sait pas les faire prévaloir sur les mauvaises... Etc.
Dans ce cas, le mouvement communiste 'implose' et s'atomise. Les dogmato-sectaires s'enferment dans leur sectarisme et y pourrissent (souvent de manière très réactionnaire en pratique), mais en captant toujours à eux des éléments fascinés par leur posture 'sans compromis'. Les 'droitiers' (prisonniers des conceptions bourgeoises et petites-bourgeoises) rejoignent les partis petits-bourgeois, ou carrément les partis de 'gauche' bourgeoise (type PCF, aujourd'hui Front de Gauche). D'une manière générale, le prolétaire qui a avant tout son intérêt de classe à défendre va se tourner vers les 'valeurs sûres', permettant 'd'agir en grand', même si c'est réformiste et toujours plus inefficace : 'gauche' bourgeoise, syndicats...
Immédiatement, dans tous les partis sans distinction de classe, c'est la droite qui va en sortir renforcée. Ce sont les conceptions petites-bourgeoises les plus 'possibilistes' molles, ou social-populistes, qui triompheront dans les partis petits-bourgeois. Dans la 'gauche' bourgeoise et les syndicats, ce seront les tendances les plus modérées, les partisans du 'consensus', de "l'intérêt général". La bourgeoisie réactionnaire n'aura plus aucun obstacle devant elle, liquidant même ce que les luttes, la 'pression' prolétaire, l'avaient obligée à concéder (surtout que la crise lui impose cette nécessité, par ailleurs). Les fascistes seront renforcés, eux aussi... comme pseudo-alternative 'révolutionnaire', finalement plus crédible que la 'gauche' bourgeoise et petite-bourgeoise. Mais, finalement, la bourgeoisie n'aura même pas vraiment besoin d'eux, de ces 'têtes brûlées' au pouvoir... Nul besoin de dictature terroriste ouverte pour lutter contre la chute du taux de profit (y compris par la guerre impérialiste) et une menace révolutionnaire... qui n'existe pas : le 'consensus mou' suffit, alliant 'dialogue social' et répression de basse intensité contre les révolutionnaires et les masses 'rebelles', à hauteur de la menace (faible) qu'ils et elles représentent. C'est, finalement, ce que les camarades du PCmF appellent 'fascisme moderne'.
Tout cela, c'est, finalement... la situation qui prévaut chez nous depuis les années 1980. Jusque, disons, au milieu des années 2000 en tout cas (depuis, ça évolue). Le paysage politique que nous avons, que nous avions à 100% au début de la dernière décennie, c'est tout simplement le résultat ultime d'une 'implosion' du mouvement communiste par défaite, décimation, effondrement de la ligne révolutionnaire prolétarienne.

Si, par contre, la conception communiste du monde se construit, se développe et s'impose... Alors, elle ISOLE les dogmato-sectaires. Elle pousse les réformistes à rejoindre la 'maison-mère', mais sans emporter grand-monde avec eux. Elle franchit les frontières du mouvement communiste. Elle va 'exciter', 'agiter' les troupes sincères des partis petits-bourgeois et de la 'gauche' bourgeoise, comme le gros PCF, ainsi que des syndicats. La vie des bourgeois (et de leurs agents) chargés de 'tenir' ces troupes cesse d'être un long fleuve tranquille. Ils se retrouvent peu à peu isolés. Dans les partis strictement bourgeois, les contradictions s'aiguisent, les camps se polarisent. Le 'consensus mou' éclate ; les 'réformistes', les 'lâcheurs de miettes' d'un côté, et les 'exterminateurs' de l'autre, se renforcent. L'option fasciste est clairement envisagée, et le fascisme prend clairement un caractère mussolinien ou hitlérien : une tentative de synthèse entre 'carotte' ('réformisme' populiste réservé aux 'bons' citoyens, impliquant d'exclure - et donc de définir - des 'ennemis intérieurs'), 'bâton' (dictature terroriste ouverte) et lutte contre la crise, contre la chute tendancielle du taux de profit et la surproduction absolue ('trop-plein' mondial) de Capital, ce qui implique (ainsi que le financement des 'réformes' sociales populistes) la GUERRE IMPÉRIALISTE à outrance.
MAIS, même si ce tableau peut sembler éminemment plus sombre que celui du 'consensus mou', il y a un avantage : les communistes, armé-e-s de leur conception du monde, peuvent COMBATTRE cela, et même le combattre VICTORIEUSEMENT, jusqu'à une grande victoire comme en 1945, et même plus grande encore. Ils peuvent empêcher les fascistes de se présenter en fausse alternative 'révolutionnaire', en tout cas les entraver fortement dans cette manœuvre. Ils peuvent CONTRE-MOBILISER les masses contre la tendance au fascisme et à la guerre. Dans le 'consensus mou', il n'y a pas de dictature terroriste ouverte et généralisée... parce qu'il n'y a personne (enfin, très peu de monde) à persécuter de la sorte. En revanche, depuis les années 70 il y a la crise et, depuis les années 80, des attaques permanentes contre les moyens matériels d'existence des masses populaires... et personne pour s'y opposer efficacement. Il y a la crise, et donc IL Y A LA GUERRE : rampante, quasi-secrète, mais généralisée et permanente ; et personne pour s'y opposer, sans nul besoin d'une dictature terroriste intérieure. Les guerres de l'impérialisme (et leurs conséquences), par interventions directes ou guerres 'entre sauvages' fomentées, ont pourtant fait (probablement) plus de 15 millions de morts en 20 ans, dont plus de la moitié en Afrique (et plus d'un million en Irak). Quand à la misère en elle même (si l'on laisse de côté les conflits armés et la répression), entre la sous-alimentation, la maladie (qu'on pense simplement au SIDA en Afrique...), les toxicomanies, les suicides (des milliers de paysans surendettés en Inde, mais aussi des centaines de travailleurs 'au bout du rouleau' en France !), les violences entre prolétaires... combien fait-elle de victimes par an ? Probablement des millions...

Alors, à tout bien réfléchir... vaut-il mieux une ligne révolutionnaire prolétarienne FORTE, ou faible ?
A l'heure actuelle, 'ce qui était n'est plus, mais ce qui sera n'est pas encore'. Nous sommes à la croisée des chemins. La 'Fin de l'Histoire', ère de 'paix', de 'démocratie' et de 'progrès' dans le cadre 'indépassable' du capitalisme, promise au début des années 1990, est révolue. Mais, à cela, le facteur déterminant est que la crise a franchi un nouveau cap, une nouvelle étape dans la gravité. La pression qui s'accroît, ainsi, sur les masses populaires mondiales, suscite des RÉSISTANCES de plus en plus fortes, des explosions colossales comme cette année dans les pays arabes. Mais ces résistances ne sont sous direction communiste que dans quelques pays : l'Inde, l'Asie du Sud globalement, les Philippines...
Pour l'instant, le renouveau réel mais faible du mouvement communiste international n'est pas le facteur déterminant des évènements à travers le monde. Lorsque, dans de nombreux pays, les forces communistes auront retrouvé la force décrite plus haut, alors ça le sera. Nous changerons complètement d'époque.
Si cela ne se produit pas... nous n'avons pas d'exemple historique. La crise que nous traversons est sans précédent depuis celle de 1929. Mais, à l'époque, le mouvement communiste était fort. On ne sait donc pas à quoi ressemblerait une crise comme celle de 1929, et ses conséquences (misère de masse, fuite en avant réactionnaire, guerre), sans mouvement communiste important et sans (selon SLP) 'l'option keynésienne' de surcroît (option de créer un 'État-providence', qui précédemment n'existait pas, afin de 'relancer' l'accumulation capitaliste par la création d'un vaste marché intérieur, d'une vaste demande 'populaire'). On ne sait pas... peut-être, en définitive, parce que ce n'est pas possible ! Des fois, ce que le cerveau ne conçoit pas... ne peut pas exister, tout simplement.

Les communistes sont convaincus de l'inéluctabilité du communisme. Les communistes sont convaincus que 'là où il y a oppression, il y a résistance' ; et que le monde ne peut pas continuer à s'enfoncer ainsi dans la crise, c'est à dire la misère, la barbarie, la guerre, la destruction écologique, sans que les masses se révoltent (et c'est d'ailleurs déjà le cas : nous avons la preuve de cette affirmation). Et les communistes sont convaincus que, dans toutes ces révoltes, une partie des masses atteindra le stade de la conscience communiste, et entraînera le reste derrière elle dans la RÉVOLUTION MONDIALE !

 

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Par Servir_Le_Peuple
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 19:41

 

Suite et fin du document communiste basque.

Voyons à présent quelle a été la réponse des Etats face à tout ces « pas » faits par la direction de la gauche abertzale. Le fait est que l’Etat espagnol comme l’Etat français ont méprisé royalement les appels des réformistes en faveur d’un processus qui « édulcorerait » la capitulation ; la bourgeoisie veut la reddition immédiate et inconditionnelle d’ETA. Même « l’arrêt définitif de l’activité armée » ne leur suffit pas, à part peut être en apparence pour le PSOE, qui a déjà fait ses valises. Le PP exige que les militants d’ETA se rendent et que les caches d’armes soient remises, rejoints semble-t-il en cela par l’Etat français (90).

Depuis le début du « processus », l’Etat espagnol n’a absolument pas bougé d’un iota, alors que les sociaux-traîtres osent dire que nous sommes entrés dans une « nouvelle ère ». Nouvelle ère pour qui ? La surenchère répressive n’a jamais cessé, avec la collaboration indispensable de l’Etat français, d’innombrables rafles contre toutes les organisations, suivies comme toujours de tortures, et la situation des prisonniers n’a fait que s’aggraver. Malgré son comportement ignoble au procès, le « groupe d’Otegi » a été condamné à 10 ans de prison ! A part cette exception notoire, on note cependant que les représentants de Batasuna-Sortu ont été épargnés par la répression, qui s’est concentrée sur Segi, Ekin, le Mouvement pour l’amnistie, les avocats des prisonniers, et bien sûr ETA.

Depuis deux ans, le ministre de l’intérieur RuGALcaba et les autres dirigeants les plus fascistes se contentaient de constater « qu’on entendait des choses qu’on n’entendait pas avant », mais que la seule chose qu’ils demandaient était « la disparition définitive d’ETA ». Au mieux, quelques voix au sein du PSOE s’élevèrent en faveur de la légalisation de Sortu, comme Patxi Lopez.

En effet, malgré qu’il remplisse absolument tous les critères de la Loi des Partis, en mars 2011 le tribunal suprême refusa la légalisation de Sortu, pour « continuité avec Batasuna-ETA », la condamnation de la violence n’étant que « formelle », « tactique »,  tout cela obéissant aux   »plans d’ETA ». Les liquis se rabattirent alors sur leur plan B, la coalition Bildu, où ils figuraient en tant qu’ »indépendants abertzale de gauche ». Celle-ci fut également interdite dans un premier temps, mais le tribunal constitutionnel finit par la légaliser en mai 2011, mais à une seule voix près. Le PP et toute l’extrême-droite crièrent au scandale.

Tout cela montre le niveau de fascisation de l’Etat bourgeois espagnol (et donne une idée de ce que ce sera avec le PP au pouvoir !), qui n’a pas hésité à interdire d’élections les sociaux-traîtres de longue date au parcours irréprochable que sont EA et Alternatiba.

Le seul « geste » de Madrid a été la proposition d’un « plan » proposant le « rapprochement progressif des prisonniers » dans l’optique de leur « réinsertion », par Patxi Lopez en septembre 2011 (91).

Même si la répression a en apparence été aveugle, on peut cependant noter qu’Otegi a été rapproché à la prison de Logroño (La Rioja). Beaucoup pensent que son maintien en prison est une manœuvre de l’Etat pour faire volontairement d’Otegi un « martyr », et donner du crédit à son discours démobilisateur. Il a de plus certainement joué un rôle important en prison en diffusant ses thèses liquidationnistes en direction d’EPPK.

Si c’est le cas, il faut dire que c’est très brillamment joué de la part de la bourgeoisie espagnole. Car, que ce soit voulu ou non, son emprisonnement participe de fait à cette   »légitimation » : « Il est toujours emprisonné, ça ne peut pas être un traître réformiste. » C’est cette interprétation simpliste qui prévaut.  La répression inlassable prouverait que « la voie prise est la bonne voix », voire même que « l’Etat n’a jamais eu aussi peur » (sans déconner !).

Cela prouve simplement que l’Etat espagnol ne veut même pas de pseudo- »négociations », et qu’il n’y aura donc pas de  « solution à l’irlandaise ». Pourquoi ? Cela tient à trois raisons :
- La très nette différence de nature entre l’impérialisme britannique et l’impérialisme espagnol ; nous analyserons cela dans la seconde partie de cet article. La conséquence la plus éclatante en est donc que, après 3 négociations ratées (1989, 1998 et 2006) parce qu’ETA a toujours refusé la reddition en échange de… rien, le PSOE a refusé catégoriquement depuis le début du « processus » de négocier, et ne parlons pas de ce qu’il adviendra avec le PP… Même l’annonce de l’ »arrêt définitif de l’activité armée » ne les satisfait pas et ils continuent d’exiger la dissolution. Tout simplement parce que l’Etat espagnol ne PEUT PAS négocier.

Pourquoi ? Parce qu’en en termes de réforme institutionnelle, contrairement à l’Etat britannique dans les années 90, il n’a absolument rien à offrir. Même la seule amnistie de tous les prisonniers politiques basque en échange de la dissolution d’ETA (le fait que celle-ci accepte étant en plus loin d’être acquis, de même que beaucoup de prisonniers s’y opposeraient) n’était en aucun cas dans les projets du PSOE. RuGALcaba  l’a dit : « Il n’y a pas d’amnistie selon notre Constitution ».

En effet, quel en serait l’intérêt pour l’Etat espagnol, à part l’invraisemblable danger de voir des centaines de gudari à nouveau en liberté ! Et surtout, qu’est-ce qui pourrait bien l’y pousser ? Déjà, les associations de victimes ultra-réactionnaires ont averti : « Nous ne tolérerons pas que s’ouvre une ère d’impunité ». Il suffit de voir les campagnes et tollés politico-médiatiques délirants à chaque libération d’un prisonnier d’ETA…  Le ministre de l’intérieur français Claude Guéant déclarait pour sa part : « Les personnes d’ETA actuellement dans nos prisons le sont à titre préventif où pour accomplir leurs condamnations pour des faits précis et dans le cadre d’un procès. Il n’y a pas de raison pour que la justice ne s’applique pas. La justice est un élément fondamental de la démocratie, elle doit s’appliquer. Il n’y a pas de motifs pour que le gouvernement établisse une loi d’exception. » (92)

Rappelons en plus que même en Irlande, les prisonniers républicains n’ont pas bénéficié d’une amnistie, mais d’une libération conditionnelle révocable à tout moment, qui est depuis une épée de Damoclès au dessus de leur tête. Et aujourd’hui des anciens prisonniers sont à nouveau incarcérés parce qu’ils n’ont pas renoncé à leurs idées politiques !

Le fait est qu’après des années de répression et d’illégalisations tout azimut, le gouvernement PSOE, en alliance étroite avec le PP sur la question de la lutte « antiterroriste », s’est retrouvé face à un nouveau scénario : la gauche abertzale semblerait vouloir faire disparaitre elle-même ETA, liquider toute lutte qui déborde la légalité bourgeoise, et rentrer dans le « jeu démocratique ».

Et la seule véritable concession de l’Etat espagnol depuis le début a consisté en la légalisation de Bildu, on l’a dit, à une voix près. Cette décision et les autres tergiversations autour de Sortu, reflètent les contradictions au sein de la bourgeoisie par rapport à sa « gestion » du « problème basque », car il y a pour elle de nouvelles variables. Le label 100 % « démocratique » de Bildu, notamment avec la présence d’EA et d’Alternatiba,  a du par exemple jouer dans la décision du Tribunal constitutionnel, car cette illégalisation était plus difficile à faire passer…

De cette légalisation, de même que de la relative indulgence vis-à-vis de la direction de Batasuna-Sortu (à part les campagnes de criminalisation délirante des médias bourgeois et du PP) on peut conclure qu’il y a eu une volonté de la bourgeoisie PSOE de garder tous les fronts ouverts dans sa lutte contre le MLNV, d’avoir « deux fers au feu », c’est-à-dire y compris la cinquième colonne que sont devenus les Otegistes.

Cependant, la bourgeoisie espagnole sait très bien que la tendance liquidatrice réelle est très faible dans le MLNV. Pour anesthésier durablement le mouvement, il faudrait faire au moins un semblant de concession, mais l’impérialisme espagnol n’en a pas la capacité. Il est tout à fait conscient que s’il n’en fait aucune et se contente d’exiger la dissolution inconditionnelle d’ETA, la gauche abertzale ne restera pas éternellement passive en suivant sagement les consignes de la direction capitularde (cela en sachant de plus qu’il y a toujours une partie qui ne se laisse pas endormir par les illusions dès le début), et que tôt ou tard la lutte reprendra. C’est pour cela que son axe central, à long-terme pour en finir avec la gauche abertzale était, est et restera toujours la répression car il n’a pas les moyens de corrompre durablement le mouvement.

On voit là la différence avec Aralar. Aralar fut une scission d’un secteur totalement social-démocrate de la gauche abertzale, qui ne représentait aucune menace pour l’Etat et ne demandait aucune contrepartie, se mettant à son service pour lutter contre le MLNV. Au contraire, les réformistes actuels agissent (pour le moment) « à la tête » de bases militantes honnêtes, et ce sont uniquement celles-ci, encore une fois à l’exception d’Otegi, qui ont subi la répression depuis deux ans ! De plus, les dirigeants réformistes demandent des contreparties, certes minimales, mais que l’Etat espagnol ne peut aujourd’hui clairement pas accorder .

Il faut s’interroger sur l’évolution de la stratégie répressive espagnole. Alors que des fissures évidentes commencent à apparaitre dans l’ »unité » de la gauche abertzale, on peut parier que la répression va devenir de plus en plus chirurgicale. Comme les dirigeants réformistes ont été épargnés, il est aussi hautement probable que la répression se soit concentrée depuis deux ans sur certains militants au sein même d’ETA.

La clé de toute stratégie est la complémentarité : dans ce cas-là, répression et récompense pour les traîtres, la carotte et le bâton. Pour le moment, Rome semblait ne pas payer les traîtres… Mais c’est peut-être tout simplement que Madrid considérait que les Otegistes n’allaient pas assez vite ! Nous verrons à présent…

En tout cas, selon la presse espagnoliste, très bien « informée » par la guardia civil, ceux-ci estiment que le risque de scission dans ETA est « très élevé »… (93) Ce qui serait évidemment plus que logique… Guéant déclarait pour sa part qu’ »il comptait maintenir au niveau opérationnel beaucoup de prudence. Il se peut, comme dans les fins d’autres conflits terroristes, que des soldats perdus continuent de lutter pour cette cause déjà perdue. Nous continuerons à être aux aguets. » (94)

- Le processus de capitulation du mouvement républicain provisoire a été lent et progressif, et a duré près de 12 ans, entre le début de la capitulation idéologique en 1986, qui entraîna la constitution de l’IRA-CAC et de Republican Sinn Féin, et la conclusion de la capitulation en 1998 avec l’ »Accord du Vendredi Saint », qui entraîna la scission de la Real IRA et du 32 County Sovereignty Movement en 1997. On peut constater que la direction de la gauche abertzale a fait beaucoup plus en vraiment beaucoup moins de temps, et cela a créé une contestation importante, renforcée par le fait que les militants voient que, de toute façon, l’Etat espagnol est resté intransigeant et n’a rien lâché.

On peut ajouter qu’une partie du MLNV a des bases marxistes-léninistes et marxistes-léninistes-maoïstes, qui la rendent plus opposée que les autres à la direction réformiste.

Depuis les années 80,  la véritable cinquième colonne de l’impérialisme qu’était la clique Adams-McGuinness sapait de l’intérieur le mouvement provo à tous les niveaux, idéologique et militaire, et cela amena le mouvement à accepter une reddition quasi inconditionnelle. On ne peut pas dire que le MLNV a connu jusqu’en 2009 de phénomène semblable.

Jusque là, malgré une perte évidente de théorie prolétarienne scientifique, le MLNV, à la grande différence des Provos donc (qui acceptèrent en 1998 moins qu’ils n’avaient refusé en 1973 avec le traité de Sunningdale !), n’avait renoncé sur aucun point fondamental de la revendication démocratique : la fin de la lutte armée ne viendrait qu’avec la reconnaissance du droit à  l’autodétermination (avec l’étape transitoire d’une autonomie élargie pour les quatre provinces du Sud, le « cadre démocratique »), et l’amnistie totale. Mais cependant, ces revendications étaient condamnées depuis le début qu’à ne buter sur un mur absolument infranchissable : celui de la survie même de l’impérialisme espagnol. Nous analyserons cela dans la deuxième partie de cet article.

- Enfin, la phase terminale de la crise générale du capitalisme qui aggrave toutes ces contradictions, et éloigne de jour en jour la possibilité même que les illusions réformistes puissent durer. Les luttes de classes s’aiguisent dans tous les pays impérialistes et pays périphériques d’Europe, avec des révoltes et des émeutes, notamment en Grèce, en Angleterre, en Italie ; dans l’Etat espagnol, avec le mouvement des  »indignés », qui a aussi lieu aux Etats-Unis ; des mouvements populaires dans l’Etat français (en 2010) et ses colonies « DOM-TOM » ; les grandes révoltes dans tous les pays arabes ; les avancées considérables ces dernières années de la Guerre Populaire menée par les Partis Communistes maoïstes en Inde et aux Philippines, comme elle résiste au Pérou et en Turquie et se prépare dans d’autres pays d’Asie, et la contestation qui grandit au sein du Parti Communiste du Népal ;  les guérillas révolutionnaires qui continuent en Colombie, Kurdistan, Mexique, Paraguay et ailleurs ; la résistance anti-impérialiste en Irak et Afghanistan. Le « modèle » par excellence revendiqué par les sociaux-traîtres de la gauche abertzale, le Nord de l’Irlande, s’effondre économiquement et politiquement, comme la semi-colonie du Sud,  et la lutte de libération ne cesse d’y grandir.

En face, les Etats bourgeois européens se préparent et s’arment, notamment juridiquement, pour la répression contre-révolutionnaire, dans un processus de fascisation progressive.

En Euskal Herria, depuis longtemps laboratoire de la contre-révolution, active comme préventive, cela est aussi apparu. En particulier, l’accroissement de la guerre sale qui eu lieu à partir de 2008, avec des enlèvements et des séquestrations extrajudiciaires avec tortures de militants basques des deux côtés de la frontière, qui culminèrent avec la mort du militant d’ETA Jon Anza en avril 2009, dont le corps ne fut découvert qu’un an plus tard à Toulouse, dans laquelle la complicité des forces répressives françaises est évidente. Les derniers cas de militants tués dans le cadre de la guerre sale, étaient les militants d’ETA Xabier Kalparsoro « Anuk » en 1993, Josu Zabala « Basajaun » en 1997 et Joselu Geresta « Ttotto » en 1999, « suicidés » par la police espagnole. Trois militants apparurent également « suicidés » en prison ces dix dernières années.

Par ailleurs, un développement important de l’arsenal répressif fut l’acceptation en décembre 2010 par l’Etat français d’un Mandat d’Arrêt Européen (MAE) contre Aurore Martin, militante de « nationalité française » de Batasuna, pour des faits non-répréhensibles (réunions et conférences de presse au nom de Batasuna en Hegoalde) dans l’Etat français, créant un précédent grave. Puis en juillet 2011 vint le MAE contre l’ex-militant d’ETA Daniel Dergi, lui-aussi de « nationalité française », pour des faits pourtant prescrits dans l’Etat français, mais qui fut finalement refusé.

Le gouvernement Zapatero a avancé les élections générales prévues en 2012 au 20 Novembre 2011, justement à cause de son discrédit total face à la crise. Comme l’ont montré les dernières élections, avec une lourde défaite du PSOE, la victoire du PP aux élections générales est quasiment certaine. Avec le PP au pouvoir, même les réformistes et les idéalistes les plus optimistes n’auront plus aucune raison d’espérer quoi que ce soit…

Car les liquidationnistes et leur programme sont tout simplement en décalage total avec la réalité actuelle. Ils voudraient faire tourner la roue de l’Histoire à l’envers, mais ils ont 15 ans de retard. Qu’ils le veuillent ou non, l’heure n’est pas à la (fausse) paix, et ne la sera plus jamais, jusqu’à l’anéantissement complet du capitalisme, car il est en phase TERMINALE.

Pourtant, il est évident que ce processus de capitulation, et le fait qu’il ait pu se développer avec une relative facilité dans une partie du MLNV,  ne tombe pas du ciel. Si les graines de la capitulation ont pu germer, c’est qu’elles ont été plantées sur le terrain relativement favorable d’une partie de la gauche abertzale, un terrain plus ou moins réformiste.

Ce liquidationnisme ouvert et assumé, c’est le fruit de deux décennies de lutte de lignes, depuis la fin des années 80 et le début des années 90, avec la « Fin de l’Histoire », le reflux mondial des forces révolutionnaires, entre une ligne révolutionnaire, prolétarienne, qui est la ligne historique du MLNV, et une ligne petite-bourgeoise radicale.

On peut situer clairement l’émergence de cette ligne au moment de la liquidation de H.A.S.I., Herriko Alderdi Sozialista Iraultzailea (Parti Socialiste Révolutionnaire du Peuple), entre 1987 et 1992. HASI était le Parti de classe moteur du mouvement révolutionnaire basque. Les changements organisationnels, stratégiques et tactiques qui ont eu lieu depuis ont été l’expression du rapport de force entre ces deux lignes ; nous analyserons cela en détail dans la seconde partie de cet article.

Les deux lignes ont coexisté assez pacifiquement ces vingt dernières années, la contradiction entre les deux n’atteignant jamais un caractère antagonique. Cependant, la ligne petite-bourgeoise radicale gagnait lentement mais sûrement l’ascendant sur la ligne prolétarienne, tandis que la majorité des militants de la gauche abertzale se trouvaient au « centre » entre les deux. Cela faisait un moment que cette ligne avait totalement triomphée dans la direction de Batasuna, et ces dernières années, elle tendait de plus en plus vers le réformisme et la conciliation, des secteurs petit-bourgeois renonçant de plus en plus à la libération sociale.

Sous l’influence de plusieurs facteurs, cette ligne a effectué un saut qualitatif et s’est transformée il y a deux ans en ligne capitularde et liquidationniste. La contradiction avec la ligne révolutionnaire est devenue alors clairement antagonique. Quels ont été ces facteurs ?

Le plus important sans doute, est le manque de formation idéologique ces 10-15 dernières années. Cela, tous les militants de la gauche abertzale l’ont remarqué. Cette carence est ce qui a permis à la ligne petite-bourgeoise radicale de grandement se développer, et qui a mené une grande partie de la gauche abertzale, se situant plutôt au « centre », a observer assez passivement tous le processus démocratique depuis deux ans.

Les véritables liquidationnistes n’étaient à l’origine qu’une poignée, et ils ont pour noms Arnaldo Otegi, Rafa Diez, Rufi Etxeberria et Txelui Moreno. Mais du fait de ce manque de formation, ils ont bénéficié, surtout au début, d’un important mouvement de suivisme, beaucoup de gens honnêtes qui, dans la situation de blocage, sentaient la nécessité de tenter « autre chose », et soutenaient donc le « processus », avec certes quelques, ou beaucoup, de doutes et réticences. Cela en sachant que même des « communistes », idéologiquement assez ou bien formés, le soutiennent inconditionnellement par pure lâcheté, ou parce que ce sont de purs saboteurs trotskistes (95).

Il y a un facteur qui explique l’opportunisme de la ligne petite-bourgeoise ces dernières années. On remarque rapidement que ceux qui ont impulsés la ligne liquidationniste sont presque tous exclusivement issus de Batasuna et LAB, en réalité d’un appareil bureaucratique qui s’est développé en leur sein.

Otegi n’a cessé de le répéter, l’ »élément déclencheur » de son « illumination » pacifiste a été l’attentat de l’aéroport de Barajas en décembre 2006. L’explosion, malgré les appels d’ETA et l’ »évacuation » par la police, tua deux personnes dans le terminal. Il reprend honteusement la version de l’Etat (96), qui attribue à ETA et à cet attentat l’échec des négociations, alors que celles-ci se poursuivirent jusqu’en juin 2007 !

Cela montre qu’Otegi était déjà prêt à cette date à faire abandonner la lutte armée, alors qu’absolument RIEN n’avait été obtenu, et que l’Etat espagnol s’évertuait à saboter les négociations, comme en 1989 et 1998, avec l’arrestation de membres d’ETA, qui plus est des négociateurs qui avaient des « sauf-conduits », les illégalisations, et y compris l’arrestation d’Otegi lui-même !

Il n’était ainsi semble-t-il plus capable de supporter les « conséquences » de la lutte armée, la répression et les illégalisations, qui touchaient les organisations de la gauche abertzale. C’est-à-dire qu’en fin de compte, avec les illégalisations, l’Etat espagnol a frappé là où cela faisait le plus mal pour toute une couche de « politiciens » de la gauche abertzale devenus professionnels, les empêchant de grappiller quelques sièges dans les institutions de la « démocratie » bourgeoise fascisante espagnole.

Il est aussi important de souligner que, comme il l’expliquait fort bien dans sa magnifique interview dans El Pais, il a développé des contacts très étroits avec des représentants de la grande bourgeoisie espagnole, comme Jesus Egiguren, dirigeant du PSE, sur qui il osait dire dans un véritable plaidoyer pour la collaboration de classe : « Jesús Egiguren est une personne très engagée dans la recherche d’une solution juste et démocratique au conflit. Au-dessus de nombreux différents, après la longue et intense relation que nous avons entretenue, je ressens de l’estime pour lui. Lorsque l’on obtiendra un scénario de solution, ceux qui aujourd’hui le critiquent dans son propre parti et maintiennent une position de « champions de la fermeté », et ceux qui optons pour une sortie démocratique, allons nous asseoir pour bavarder autour d’un bon café. »

Alors que celui-ci n’a rien de plus que le rôle du  »gentil flic » à cotés des autres « méchants flics » dans son parti social-fasciste (comme Rodolfo Ares, actuel ministre de l’intérieur de la CAV), comme cela semble s’être passé dans les négociations de 2006-2007.

Au développement de cet opportunisme est étroitement lié l’affaiblissement militaire d’ETA de ces dernières années. La victoire leur semblant de plus en plus lointaine, les réformistes en sont arrivés à la conclusion qu’ils avaient beaucoup plus à perdre qu’à gagner, et que se lancer dans l’électoralisme pouvait certainement rapporter gros, les élections devenant un objectif en soi.

A terme, une scission dans la gauche abertzale, sous une forme ou une autre, est évidemment inévitable. Dans tous les mouvements révolutionnaires, il y en a eu pour BEAUCOUP moins ! Mais pour le moment, elle ne vient pas, bien qu’il y ait beaucoup de signes encourageants. Fin octobre, des militants révolutionnaires ont agi, en menant une campagne d’affichage et de tags assez massive appelant à l’abstention aux élections du 20 novembre (97). Beaucoup de tags en faveur d’ETA sont également apparus (98).

Un facteur très important pour en expliquer l’absence de scission est que, historiquement, les seules qu’il y ait eu au sein du MLNV ont été celles d’opportunistes et de liquidationnistes de droite,  que ce soit Euskadiko Ezkerra, les défections de certains membres connus dans les années 90, et la plus récente et la plus douloureuse, celle d’Aralar en 2000-2001. La nécessité d’une scission pour dépasser le mouvement « officiel » par la gauche est donc quelque chose de totalement nouveau.

Ces dernières années, face à la répression et aux illégalisations, on a beaucoup serré les rangs. Si les militants ont avalé des couleuvres ces deux dernières années, c’est au nom de la sacro-sainte « unité ». Le même argument est utilisé depuis des années par des « communistes » de la gauche abertzale pour repousser aux calendes grecques la construction du Parti Communiste.

Les dirigeants liquidationnistes se sont félicité à de nombreuses reprises dans leurs interviews d’avoir réussi à maintenir l’ »unité » de la gauche abertzale. Pour le moment, la véritable tendance de fond que l’on observe, est qu’énormément de militants révolutionnaires, en particulier des cadres historiques, ont préférés « rentrer à la maison », quitter les organisations, plutôt que de mener la bataille idéologique contre les liquidateurs.

Il y a quelques mois, notamment après les statuts de Sortu, les militants critiques recevaient la visite de « commissaires politiques » venant s’enquérir des raisons de leur départ. Aujourd’hui il y a trop de départs… Et ce sont à présent les liquidateurs eux-mêmes qui enjoignent les cadres et militants qui ne sont pas d’accord avec la ligne à quitter les organisations !

Des signes très révélateurs ont été l’annonce par Ekin de son « autodissolution » en octobre 2011 (99), les liquis s’en félicitant ouvertement (100), et qu’EPPK adhère officiellement à l’ »Accord de Gernika ». Et enfin bien sûr l’annonce d’ETA. Le nombre de participants aux manifestations, en particulier celles uniquement en faveur du clan Otegi, a connu une baisse absolument historique, notamment de la jeunesse, impossible à cacher.

Même les réformistes ont reconnu en octobre dans le texte « Zutik Euskal Herria zehazten », censé faire le bilan depuis « Zutik EH », qu’il y avait « des difficultés de cohésion » et que « nous ne pouvons pas dire que le processus ait des bases fermes dans les villages et quartiers » (101) ! On peut alors imaginer l’état réel de la situation…

Une chose est sûre, aujourd’hui la seule ligne de gauche qui vaille face à la trahison social-démocrate, est la ligne révolutionnaire marxiste. Le saut qualitatif de la ligne petite-bourgeoise a aiguisé les contradictions, et les « centristes » devront rallier l’un des deux camps. Les abertzale marxistes-léninistes (une partie « à tendance » maoïste) ont été clairement à l’avant-garde de la critique et de l’opposition théorique et pratique à la liquidation réformiste, depuis le tout début il y a deux ans, et ils notaient évidemment des signes inquiétants de dérive réformiste depuis plusieurs années (102).

Pour élaborer une ligne capable d’impulser à nouveau une dynamique révolutionnaire, qui permette de sortir de l’impasse, il est nécessaire de faire une analyse et un bilan critique des 50 années de lutte du MLNV. Quand et comment a émergé, puis grandi, la ligne réformiste ? Quelle a été l’évolution stratégique de la gauche abertzale depuis 50 ans, et quelles ont pu en être les erreurs ? C’est ce que nous tâcherons d’analyser ici.
[à suivre]



 

NOTES :

90. http://www.elcorreo.com/vizcaya/v/20111022/politica/antiterrorismo-frances-reclama-entrega-20111022.html
91. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110930/293907/fr/Rapprochement-des-prisonniers-debat
92. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20111103/300906/fr/Le-ministre-l%20Interieur-fran%C3%A7ais-%20aux-aguets
93. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/la-txakurrada-advierten-de-que-el.html
94. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20111103/300906/fr/Le-ministre-l%20Interieur-fran%C3%A7ais-%20aux-aguets
95. http://www.nodo50.org/ehk/index.php
http://boltxe.info/
96. http://www.ezkerabertzalea.info/irakurri.php?id=5656
Voir sa réponse à la question : « Qué pensó y que hizo al conocer el atentado de la T-4? ¿Llamó a sus interlocutores de Loiola? ¿Qué les dijo?  »
97. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/abstentzioa-carteles-y-pintadas-por.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/el-pueblo-trabajador-vasco-no-se-rinde.html
98. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/aparecen-pintadas-en-gernika-grupo.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/pintadas-en-elizondo-nafarroa.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/aparecen-pintadas-de-apoyo-eta-en.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/aparecen-de-nuevo-pintadas-en-gernika.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/pintadas-en-lekeitio-ehs-es-como-dios_10.html

99. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/ekin-lo-autodisuelven.html
100. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/garitano-saluda-la-decision-de-ekin.html
101. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/como-sera-la-situacion-real-para-que.html
102. Notamment l’organisation Kimetz : http://www.kimetz.net/

 


Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Peuples en lutte - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 19:39

 

La suite du document communiste basque sur le processus de capitulation récent.

Voici donc un récapitulatif non-exhaustif de ces « exploits », qui vont rester de triste mémoire… Après la présentation de « Zutik Euskal Herria » en février, vint fin mars 2010, sous l’impulsion de l’avocat sud-africain « spécialiste de la résolution des conflits » Brian Currin, la « Déclaration de Bruxelles », signée par une belle brochette d’impérialistes et de pantins de l’impérialisme (18).

Un nombre important d’ »incidents » eut lieu durant les fêtes à l’été 2010. En juin, un poste de la Ertzaintza fut attaqué, que la gauche abertzale qualifia de « hors de sa stratégie » (19). Durant les mois de juillet et août, un nombre très important de containeurs furent incendiés. A cela, les liquidateurs réagirent ainsi : « Cela induit la gauche abertzale à penser que derrière ces actes se cache une intentionnalité politique de casser la dynamique revendicative » (20)

En septembre 2010, à l’annonce de l’interdiction d’une manifestation, les réformistes, pour montrer leur « respectabilité », déclarèrent qu’ils « priaient instamment les citoyens », « depuis la responsabilité et avec détermination » à ne pas se rendre à Bilbo, « pour ne pas tomber dans des provocations et éviter des troubles » (21).

Si au début certains vendaient l’idée que certes, ETA et la kale borroka c’était fini, mais que l’on ne renonçait pas pour autant à toute action illégale, que l’on impulserait la « désobéissance civile » (exactement le même discours qu’Aralar en 2000 !), cet événement et tous les autres depuis deux ans ont prouvé qu’il ne s’agissait que d’un mensonge de plus, cette « désobéissance civile » étant totalement inexistante. Les voies « politiques et démocratiques » dans la bouche des sociaux-traîtres sont ce qu’elles sont : purs parlementarisme et légalisme.

Fin septembre fut signé l’Accord (Reddition…) de Gernika par de multiples partis, organisations et syndicats. On y préconisait notamment « la réconciliation et la reconnaissance et de réparation de toutes les victimes ». Ils n’ont pas cessé d’affirmer que cela concernait vraiment TOUTES les « victimes », c’est-à-dire qu’ils mettent sur le même plan les militants basques et, entre autres, les tortionnaires fascistes des forces de police espagnoles.

En octobre, vint la fameuse interview d’Arnaldo Otegi dans El Pais. Il y eut quelques jours plus tard une série d’actions de kale borroka (22).

Le 20 novembre 2010, à l’hommage annuel à Santi Brouard et Josu Muguruza, assassinés par le PSOE-GAL en 1984 et 1989, les liquis y invitaient les veuves de deux agents de la Ertzaintza exécutés par ETA (dont le chef du renseignement anti-ETA…) (23). La salle fut apparemment assez vide, et il y eut des huées contre la Ertzaintza…

En décembre 2010, Txelui Moreno déclarait : « Ceux qui ne sont pas en accord avec la voie que nous avons prise en marge de la violence, ne pourront pas être dans la gauche abertzale » (24). Et il répétait exactement la même chose en février 2011 (25).

Après l’annonce par ETA en janvier 2011 d’un « cessez-le-feu général, permanent et vérifiable », les liquidateurs faisaient appel au « Groupe international de contact » de Brian Currin, composé par rien de moins que d’un ex secrétaire-général d’Interpol, deux ex-intermédiaires de la pacification impérialiste dans le Nord de l’Irlande, et d’un ancien conseiller du ministre de la défense israélien lors des « négociations de paix » de Camp David en 2000 (26) !!!

En février 2011, ce fut la présentation des statuts IMMONDES de Sortu, qui, avaient prévenus les liquidateurs, respecteraient la Loi des Partis.

Les liquis affirmèrent alors leur « rejet ferme et sans équivoque de tout acte de violence et de terrorisme et de leurs auteurs », le « rejet de n’importe quel genre de connivence politique et organisationnelle avec la violence, avec les formations et les instruments politiques qui ont été illégalisés à cause de cette connivence, ainsi que n’importe quelle manifestation de ce phénomène terroriste » (27), et leur « volonté de contribuer avec les autres acteurs politiques et sociaux à la disparition totale et définitive de toute sorte de violence, en particulier de celle d’ETA » (28), et promettant l’expulsion de n’importe quel militant qui ne respecterait pas ce « rejet de la violence ».

Ils ajoutèrent ensuite, en sollicitant l’inscription dans le registre des partis politiques, dépassant allégrement les strictes exigences de la Loi des Partis :

« Il n’existe pas de similitude avec Batasuna parce qu’ont été modifiés les éléments essentiels de ce qu’était Batasuna, et parce que la nouvelle formation matérialise dans ses statuts une rupture organique, fonctionnelle et d’activité » avec le parti illégalisé.

« Les statuts  ne sont pas simple rhétorique formelle. Ce sont des faits et, en plus, des faits indiscutables qui mettent en évidence une position et des compromis en faveur de la fin de la violence. Bien qu’en eux même ils ne servent pas à garantir cet objectif, ils constituent un instrument extrêmement efficace pour mettre fin à la violence d’ETA. »

« Les statuts de Sortu et sa légalisation conduiront à la fin de la violence au Pays Basque et dans l’Etat, parce qu’ils représentent l’étranglement définitif de n’importe quel espace social et politique pour que ceux qui la pratiquent puissent continuer avec leur activité, et quel que soit le processus de sa disparition, il est évident que celle-ci s’accélère. »

« Les statuts  de Sortu encouragent le processus de disparition de la culture politique de la violence dans la société basque. » (29)

« Sortu est absolument étranger à n’importe quel genre de connivence avec la violence et le terrorisme et par conséquent, à donner une continuité aux conduites qui ont provoqués l’illégalisation de Batasuna. » (30)

Ainsi, après 30 ans de criminalisation par l’Etat espagnol, dont 15 d’illégalisations, des années à dénoncer des centaines et des centaines de farces de procès, ils ont donné crédit absolu aux thèses de l’Audiencia Nacional et du juge Garzon du « Tout est ETA » qui ont servi à l’illégalisation de toutes les organisations ces quinze dernières années !!!

Ils ajoutaient : « La Loi des Partis n’envisage pas l’exigence de rejeter les crimes passés d’ETA.  C’est aujourd’hui, avec ETA en suspension de ses activités terroristes, quand cela a une authentique transcendance que de la gauche abertzale naisse une force politique qui rejette de manière indubitable la violence et le terrorisme de cette organisation et contribue avec les autres agents politiques et la société dans son ensemble à la laisser orpheline de n’importe quel soutien social et politique » (31).

La condamnation des actions passées d’ETA fut donc la seule ligne rouge qu’ils ne passèrent pas, pas encore… Il faut ajouter qu’il n’y avait volontairement pas la moindre allusion aux prisonniers politiques basques dans les statuts.

Depuis « Zutik EH », les critiques et les oppositions claires s’étaient multipliées, mais ces statuts déclenchèrent un bouillonnement important dans les bases de la gauche abertzale, Au lendemain de la présentation des statuts, des militants quittèrent les structures, des graffitis apparurent en masse.

Peu de temps après, deux actions de kale borroka furent réalisées, en commémoration du massacre par la police de 5 ouvriers le 3 mars 1976 lors des grèves à Gasteiz (32). Au même moment eut lieu l’arrestation d’un commando d’ETA.

Il fut particulièrement écœurant de voir que Sortu garda volontairement le silence sur l’arrestation des militants. Le gouvernement leur dit que Sortu « se trouvait devant une opportunité parfaite pour se démarquer de la violence ». Sortu leur répondit que « dans leurs statuts étaient inclus le rejet de tout type de violence, où sont inclus les actes de violence de rue, les mauvais traitements et la torture ». Ils dirent qu’ »ils n’iraient pas plus loin que cette déclaration exprimée par écrit jusqu’à qu’il soit une organisation légale ». Ils assurèrent qu’ »à partir de ce moment, le parti assumera sans aucun type de doutes la responsabilité pour gérer de manière ferme et cohérente tous les principes et engagements assumés sur le papier » (33) (ça promet !!!).

Mais ensuite, les misérables de Sortu condamnèrent les actions de kale borroka, et un soi-disant projet d’attentat contre le social-fasciste Patxi Lopez, président de la Communauté autonome basque (CAV), arraché sous la torture aux militants d’ETA !!! (34)

Début avril, eurent lieu dans l’Etat français des tirs supposés de membres d’ETA lors d’une course-poursuite avec des gendarmes. Bildu déclara « rejeter l’incident » (35). La direction de la gauche abertzale se caractérisa par une réaction pire que celle de Bildu : « Les engagements pris par ETA avec le cessez-le-feu ne sont absolument pas compatibles avec la fusillade », qui est « incompréhensible et injustifiable ». « Ainsi, la gauche abertzale la rejette tant par sa gravité que parce qu’elle entrave la nouvelle phase ouverte en Euskal Herria ». « Nous demandons à ETA de ratifier ses engagements et de fournir dès que possible les explications pertinentes pour que soient éclaircis les faits. » (36) Tout cela sans qui plus est absolument rien connaître des conditions de la fusillade !!

Et si ce n’était pas suffisant, Sortu en rajoutait une couche avec un autre communiqué où le parti soulignait entre autres « son rejet sans équivoque et éthique à l’usage de tout type de violence » (37)

Fin avril, à l’occasion de l’Aberri Eguna (Jour de la Patrie), apparurent dans tout Hegoalde (Pays Basque Sud), des tags disant « Gora gudariak » (« Vive les combattants »). Le 27 avril, les réformistes, entre autres des délégués de LAB, organisaient un rassemblement en soutien à un prisonnier repenti cherchant à se faire réembaucher, rassemblant une vingtaine de personnes (38).

Le même mois, Bildu, coalition entre EA, Alternatiba et des « indépendants abertzale de gauche », annonçait que chaque candidat de ses listes pour les élections du 22 mai devrait signer « un engagement à s’opposer par tous moyens légitimement en son pouvoir à toute violation des droits humains et à l’usage de la violence » (39).

Les élections municipales et forales de mai 2011 furent source de grande joie pour les liquidateurs, en apparence confortés dans leur projet. On ne peut pas vraiment dire que la contestation apparut dans les résultats électoraux. Bildu, obtenait 313 000 voix (40), remportant notamment la mairie de Donostia et la Diputacion Foral de Gipuzkoa.

Ce résultat « historique » est bien sûr à relativiser, car il est difficile de quantifier quelque chose dans ces élections. D’une part, l’abstention fut forte comme toujours, près de 40 %, et elle augmenta un peu en Nafarroa et Araba, à la quelle il faut ajouter les votes blancs et nuls. Bildu compta avec les voix d’EA, d’Alternatiba (une partie d’IU), tandis qu’Aralar connut une plus que prévisible saignée. Tous les observateurs, de la gauche abertzale compris, s’accordent à dire que la coalition a reçu les votes de personnes et de secteurs qui n’avaient absolument rien à voir avec la gauche abertzale (41).

D’autre part, sachant qu’il s’agit d’élections municipales, municipalités où la gauche abertzale a jusqu’à présent généralement tâché de défendre les intérêts populaires, bien que cela nécessiterait un large débat  avec une analyse des évolutions dans ce domaine ces 30 dernières années, et étant donné en plus que Bildu a failli être illégalisé, beaucoup de militants critiques ont voté pour Bildu « faute de mieux », « pour dégager le PPSOE et le PNV »… etc.

Il est bien sûr évident que l’ensemble des 313.000 voix ne sont pas en soutien à la liquidation et au réformisme, bien qu’une importante partie le soit. Dans tous les cas, ces votes n’ont clairement qualitativement rien à voir avec les 250 000 votes de Herri Batasuna de la grande époque, ou des 150 000 de ces dernières années…

Après le succès de Bildu, Pello Urizar d’EA et Oskar Matute d’Alternatiba, déclaraient immédiatement que ces résultats « impliquent le retrait définitif d’ETA ». Ils assurèrent que « les indépendants abertzale de gauche » de Bildu aussi « considèrent que la violence ne peut pas être une voie pour agir ni une excuse. Nous sommes dans une autre étape, et celle-ci est bien la définitive ». « ETA doit disparaitre et les mécanismes pour qu’il en soit ainsi doivent se mettre en marche ». « Si une fois ETA a eu un soutien social, maintenant elle l’a perdu ».

Pello Urizar souligna que Bildu « est arrivé aussi pour gérer, et ne va pas être un simple pari pour le non, mais pour construire ». « Nous mettrons à présent notre programme sur la table en voyant la volonté des autres partis car nous croyons qu’il y a une possibilité d’arriver à des accords » (42). Ils disaient là une fois de plus clairement que leur objectif est la pleine intégration dans les institutions bourgeoises.

Ce n’est pas pour rien que le PNV laissa Bildu gagner la Diputacion de Gipuzkoa en refusant l’alliance que lui proposaient le PP et le PSOE. Contrairement à ce qu’il avait fait en 1991 en s’alliant au PSOE lorsque Herri Batasuna avait obtenu la majorité…

Bildu se montra notamment près à un pacte pour  gouverner avec le PSOE en Navarre contre l’UPN, mais ces deux derniers se sont alliés (43)… On assistait également à des pactes avec le PSOE et même avec le PP dans certaines villes ! (44) A la mairie de Donostia, le drapeau espagnol continue toujours de flotter bien haut, et la grande pancarte disant « ETA NO » n’a pas bougé…

Carlos Garaikoetxea, premier président de la CAV dans les années 1980 pour le PNV et fondateur d’Eusko Alkartasuna, dit très clairement, qu’après la victoire de Bildu en Gipuzkoa, la construction du TGV n’allait en aucun manière que ce soit être arrêtée : « Que quelqu’un regarde le programme de Bildu et il verra que cela n’apparaît à aucun endroit. De plus, très significativement le candidat au poste de député général a dit que cela n’est même pas la compétence de Bildu. C’est la manière la plus frontale de le démentir. Nous avons seulement proposé des corrections : nous ne voulons pas un Y, mais un H, pour structurer le Pays Basque avec la Navarre » (45).

En août, la question « EA a-t-elle perdu une partie de sa personnalité dans cette coalition ? », le même Garaikoetxea répondait : « J’ai la conviction, d’abord, que l’apport d’EA a été essentiel. Et, bien que naturellement tout le monde ait à renoncer à un certain protagonisme, je crois que l’évolution de Bildu est influencée au niveau idéologique par un rapprochement vers des postures social-démocrates, vers un centre gauche modéré. C’est ce qui est à observer dans la gestion. » Et répétait : « Personne dans Bildu n’a dit que l’on veut paralyser le TGV. » (46)

Une action très critiquée fut qu’en septembre Bildu, pour prouver sa « responsabilité », vota avec le PP, le PSOE et le PNV, en faveur de la fusion des caisses d’épargnes Kutxa, BBK et Caja Vital en une banque, alors qu’ils s’y opposaient jusqu’à alors. Bildu s’est fait alors critiquer par la gauche par le syndicat ELA (47), qui n’est pourtant pas la gauche abertzale…

Fin juin et début juillet 2011 avait lieu le procès dit « Bateragune » contre Otegi et 7 autres coaccusés. On assista là à la confirmation de quelque chose d’absolument honteux, d’une manière tout simplement hallucinante.

Jusque là, les liquidationnistes paraient leur projet de « légitimité », et ils le répétaient à satiété : le choix des voies « politiques et démocratiques » était soi-disant le fruit d’un débat mené durant l’hiver 2009-2010, selon les chiffres officiels, parmi 7500 militants, dont 5800 (80 %) avaient approuvé le texte « Zutik Euskal Herria ».

Pourtant, depuis le début, des militants remettaient fortement en doute la nature « démocratique » de ce débat : un texte ne remettant pas en cause la nécessité d’une stratégie politico-militaire, « Mugarri » (48), aurait été volontairement occulté et n’avait pas été présenté dans les assemblées, des militants critiques expulsés des assemblées ou non informés des réunions… Les militants soulignaient de plus que ces assemblées étaient exceptionnellement courtes pour décider d’un changement stratégique de cette ampleur.
Cependant, quand bien même le choix de Zutik EH aurait été démocratique, il faut souligner ce texte ne disait absolument pas tout ce qui fut fait depuis : les statuts de Sortu, l’unilatéralité totale, la demande de reddition à ETA… etc.

Et devant les tribunaux fascistes, Otegi, Rafa Diez, et compagnie, reconnaissaient l’existence du document Mugarri, après que les réformistes en aient farouchement niés l’existence dans les assemblées, disant que ce n’était qu’une invention des flics et des médias. Ils avouèrent qu’ils en avaient volontairement bloqués la diffusion, et que 4 personnes décidèrent que le débat devait se faire autour d’une seule proposition ! (49)

Le comportement d’Otegi et de sa clique fut absolument écœurant puisqu’ils ne dénoncèrent à aucun moment l’Etat espagnol et son appareil judiciaire, mais se présentèrent au contraire comme les « gentils » face aux « méchants » d’Ekin qui voulaient continuer la lutte armée, qu’ils vendirent littéralement (50).

Otegi résuma la politique des liquis depuis deux ans : « Nous voulions réorienter la ligne politique de la gauche abertzale par la voie des faits » (51), c’est à-dire face à ceux qui étaient opposés à leur ligne et qu’ils n’avaient nullement consultés, ETA, le Collectif des Prisonniers Politiques Basques (EPPK), l’organisation révolutionnaire de jeunesse Segi, et Ekin, organisation de dynamisation et de coordination de la gauche abertzale. Car Otegi savait parfaitement que pour toutes ces organisations la sacro-sainte « unité » de la gauche abertzale prévaudrait, malgré les désaccords et toutes ses basses manœuvres.

« L’utilisation de la violence, loin de résoudre les problèmes, les enkyste et les rend encore plus difficiles. » (52) « La stratégie militaire d’ETA est de trop et entrave. » « Nous voulons l’arrêt définitif de la violence armée et le démantèlement de la structure militaire. » « Nous avons fait virer le transatlantique de la gauche abertzale et pour virer, les grands transatlantiques ont besoin de beaucoup de mètres, on ne peut pas le faire en une fois. » « Je suis fier et satisfait d’avoir fait virer le transatlantique de la gauche abertzale. » « Nous avons commencé en étant quatre ou cinq et nous sommes à présent 313 000. » (53)

Ces révélations d’Otegi vinrent démolir complètement, entre autres, la version vendue aux militants récalcitrants, selon laquelle, tout le « processus » était fait avec l’accord d’ETA, que c’était même elle qui avait fixé cette ligne… Il faut ajouter qu’Otegi a eu exactement le même comportement lâche et honteux à au moins deux autres procès. (54)

On peut noter ici quelque chose de très intéressant, c’est que, dans les mouvements et partis révolutionnaires, la ligne de droite, opportuniste et bourgeoise, ne s’impose quasiment JAMAIS « à la loyale », en jouant « fair-play ». Nous en avons de nombreux exemples :

En URSS, pour imposer leur ligne bourgeoise Khrouchtchev et les autres révisionnistes menèrent des intrigues incessantes. Les marxistes-léninistes, comme Jdanov en 1949, furent assassinés. Quelques mois avant la mort de Staline en 1953, tout le système de sécurité qui le protégeait était démantelé. Lorsque Staline fut retrouvé inconscient par la garde, personne ne prévint de médecin… En 1957, la majorité marxiste-léniniste de la direction du Parti fut éliminée par les Khrouchtchevistes. (55)

En Chine en 1976, à la mort de Mao, pour restaurer le capitalisme la clique de Deng Xiaoping arrêta la « Bande des Quatre  » et assassina des dizaines de milliers de communistes.

Au Salvador, les partisans de la ligne bourgeoise orchestrèrent le « suicide »-assassinat de Salvador Cayetano Carpio en 1983, représentant dans le FMLN la ligne de la Guerre Populaire Prolongée (56).

En Irlande, l’exemple de la clique Gerry Adams-Martin McGuinness est absolument édifiant. Il y a d’une part le rôle absolument dramatique et criminel d’Adams lors des grèves de la faim de 1981 (57). En 1986, ils imposèrent lors du congrès du Sinn Féin l’abandon de l’abstentionnisme. Leurs opposants, qui n’étaient autre que la plupart des fondateurs et dirigeants de l’IRA et du Sinn Féin provisoires, soulignèrent d’importantes irrégularités dans cette décision, et formèrent Republican Sinn Féin et l’IRA – Continuity Army Council (58). Entre 1987 et 1992, l’IRA provisoire perdit tant de membres et à un rythme si élevé que cela semblait à peine possible, notamment l’embuscade de Loughall en 1987, dans laquelle tomba une des meilleures unités de l’IRA, fermement opposée à la ligne de la clique d’Adams (59). Gerry Adams était par ailleurs en pourparlers secrets avec le gouvernement britannique dès 1982, alors que personne n’en savait rien au sein du mouvement républicain !

Au Népal, les « accords de paix » de 2006 entre le Parti Communiste maoïste et l’Etat bourgeois se firent alors que d’importants dirigeants révolutionnaires étaient emprisonnés en Inde (60). Depuis 2006, la clique Prachanda-Batharrai a systématiquement violé toutes les décisions prises dans les réunions du Parti, la dernière étant la remise des clés des containers d’armes de l’Armé Populaire de Libération (61).

C’est-à-dire que, même si on ne peut parler d’ »agents infiltrés », les tenants de la ligne de droite agissent de fait véritablement comme des saboteurs, des criminels et des agents de l’impérialisme, parfois en relation directe avec celui-ci. On constate là que la ligne de droite a une dimension éminemment conspiratrice. En Euskal Herria, ils n’ont pas dérogé à la règle…

Le 5 juillet, la Diputacion de Gipuzkoa « rejeta » une attaque contre un monolithe en mémoire de Juan Mari Jauregi, dirigeant du PSOE et Gouverneur civil de Gipuzkoa, exécuté par ETA en 2000 (62). Le 27 juillet, la municipalité Bildu de Tolosa « rejetait » l’attaque contre le monolithe, et décidait de financer sa réparation (63)

Le même mois, Rafa Larreina, membre de Bildu et de l’Opus Dei (!!!), disait clairement :
« Bildu n’est pas ETA et, de plus, c’est Bildu qui obtient qu’ETA cesse d’exister. » (64).

Le 5 août, Bildu présentait « une offre de coalition visant la défense des droits d’Euskal Herria » aux élections au sénat et au congrès espagnol le 20 novembre 2011, à destination d’Aralar, mais également… du PNV (65) ! Le PNV refusa, sans surprise Aralar donna sa réponse positive un mois plus tard (66), et Bildu est devenu « Amaiur ».

Alors que la nature réactionnaire et totalement soumise à la grande bourgeoisie du PNV est démontrée et prouvée chaque jour depuis plus de 30 ans, Sortu-Bildu osait cette proposition indécente, prouvant sa soumission aux intérêts de la bourgeoisie. En réalité, le PNV n’est définitivement que le « bras régional » de la grande bourgeoisie monopoliste espagnole (nous analyserons cela dans la seconde partie).

Quant à Aralar… Lorsque ce « courant », derrière son leader Patxi Zabaleta, se scinda de la gauche abertzale il y a 11 ans, le parti fut qualifié unanimement de TRAÎTRES et combattu par tous les militants de la gauche abertzale, donnant lieu à un dur affrontement.

Face à ceux qui « osaient » dire que Batasuna avait pris le même chemin qu’Aralar avec 10 ans de retard, « taper » sur Aralar (mais pas sur EA, pourtant avec un curriculum bien pire !!!) était devenu un des seuls moyens pour tenter de « resserrer les rangs ». C’était la seule réponse possible des réformistes, puisque évidemment, aucun défenseur de la « nouvelle stratégie » n’est capable d’expliquer quelles sont les différences idéologiques avec Aralar.

Par exemple, en décembre 2010 Txelui Moreno déclarait : « A cette époque, Aralar fit une réflexion, se présenta et le parti fut légalisé. Nous, nous avons fait une réflexion pour avancer par des voies pacifiques et ils nous emprisonnent. La différence fondamentale avec Aralar est que nous, nous ne renonçons pas à la confrontation politique avec l’Etat pour atteindre nos objectifs politiques, qui sont l’indépendance et le socialisme. » (67)
Et il répétait exactement la même chose en février 2011, au lendemain des statuts de Sortu (68).

Nous verrons un peu plus loin si ce qu’il dit là a un sens, et quelle sont les raisons de ce traitement différencié par l’Etat espagnol d’Aralar et de la gauche abertzale. En tout cas, un des arguments pour expliquer la soi-disante différence entre les deux, était qu’Aralar semblait tout faire pour ne pas s’allier avec eux. La raison en est extrêmement simple : jusqu’à il y a peu, dans le domaine de la trahison et de la malhonnêteté, Aralar était bien au-dessus de la direction de Batasuna. Mais l’union avec Aralar vint démolir tout cela de A à Z… Les réformistes ajoutaient qu’ils souhaitaient former un groupe parlementaire avec ERC…(69)

Le 8 août, Bildu se rendait à l’hommage au chef du patronat Joxe Mari Korta exécuté par ETA en 2000. Le membre de Bildu Oskar Matute assurait que les personnes qui assistèrent à l’hommage représentaient « avec une normalité absolue et catégorique l’ensemble de Bildu » (70).

Il faut souligner ici qu’un des fils reliant tous ces événements depuis deux ans à été la censure sélective systématique par le journal Gara, des déclarations un peu trop « choquantes » des dirigeants de la gauche abertzale. Cet article (71) en est un exemple parfait. Gara écrit que « des membres d’EA » sont allés à l’hommage de Joxe Mari Korta, pour éviter le mot « Bildu » qui n’apparaît qu’une seule fois dans l’article…

Et évidemment, depuis deux ans le journal n’a pas accordé la moindre audience dans ces colonnes aux personnes et secteurs critiques du « processus », à part des éditoriaux et des articles des « nouveaux » théoriciens « révolutionnaires » pleins de sous-entendus, notamment en défense de la fusion des caisses d’épargne (72). Ajoutons qu’une telle censure s’exerce aussi sur internet, sur le site « Kaosenlared » où des dizaines et des dizaines de commentaires critiques sont effacés par article…

Le 10 août, Juan Karlos Izagirre, le maire de Donostia, déclarait : « La dissolution d’ETA est proche ». « Pour notre part nous mettons tout notre possible et il s’agit d’un processus irréversible ». « Pour moi l’idéal serait un hommage auquel les dirigeant de n’importe quel parti pourrions aller sur les victimes de toutes les couleurs ». « Nous luttons pour obtenir ce scénario » (73).

Le 13 août, dans une manifestation à Donostia qui fut par ailleurs un vrai flop, pour la première fois dans un acte public, les liquis « rejetèrent sans réserve » les attaques contre les monolithes de Juan Mari Jauregi et Fernando Mugica, autre dirigeant du PSOE exécuté en 1996. « Il n’est pas admissible que l’on attaque ainsi la mémoire des victimes de la violence » (74). Le 16 août, Juan Karlos Izagirre trinquait avec les élus du PP (75) ! Cela fit d’ailleurs scandale au sein du PP… Le 19 août, Txelui Moreno osait dire que  « le conflit armé est terminé ou presque terminé » (76), avec 700 prisonniers qui croupissent dans les geôles espagnoles et françaises ! Le même jour, dans une conférence en Catalunya, le député général de Gipuzkoa Martin Garitano, déclarait : « Ce qui s’est passé en Catalogne fut plus qu’une erreur », en parlant de l’attentat d’Hipercor à Barcelone en1987, qui fit 21 victimes.

Cela est simplement honteux, car la responsabilité de ce massacre est totalement celle de la police espagnole, qui refusa d’évacuer le magasin malgré les multiples appels d’ETA. Même la « justice » espagnole dut le reconnaître en condamnant l’Etat à verser des indemnités aux familles des victimes.

A ceux qui lui demandaient pourquoi il ne demandait pas « clairement » la dissolution d’ETA, il répondit  « Si tu dis que tu ne veux pas qu’il y ait de violence politique, tu es en train de dire que tu ne veux pas que ces formations existent. Ce qui ne me plaît pas à moi est que quelqu’un me dicte les paroles que j’ai à dire. » « Si nous le faisions, ça ne servirait à rien non plus. Ils nous exigeraient autre chose » (77).

Fin août apparurent lors des fêtes de Bilbo des dizaines de « Gora ETA » (78).

Début septembre, Bildu annonçait qu’il ne boycotterait pas la « Vuelta » d’Espagne, qui passait par Euskal Herria pour la première fois depuis 33 ans : « En tenant en compte la situation politique que vit Euskal Herria il est temps de participer et, pour cela, au passage de la Vuelta nous agirons avec responsabilité et respect, mais en même temps, en revendiquant que nous sommes en faveur du cyclisme, contre les impositions et qu’Euskal Herria est une nation » (79).

Le 26 septembre les princes d’Espagne devaient assister à l’inauguration du « Basque Culinary Center » à Donosti. Martin Garitano et Juan Karlos Izagirre devaient y assister aussi. Le 14 septembre, les porte-paroles du conseil municipal déclaraient qu’ »en principe », Izagirre assistera « sans aucun type de problèmes » à cet acte avec les princes. Martin Garitano ne confirma pas ni ne nia sa présence à l’inauguration. Il déclarait qu’ »il est très tôt pour annoncer quoi que ce soit, et l’acte n’est pas encore dans l’agenda » (80).

Le 19 septembre Garitano disait « qu’il est invité à l’événement et l’agenda de la semaine qui vient n’est pas clôt ». Sur la coïncidence possible avec les princes, il affirma que « la diputacion ne fera pas question de principes de ces choses ». « Ce n’est pas une photographie, plus ou moins spectaculaire, qui va conditionner notre action de Gouvernement. Nous travaillons dans notre maison et donnons la bienvenue à qui vient avec bonne volonté, avec respect pour le lieu où il arrive, et nous allons faire de la politique sans simagrées. » « Le protocole est le protocole, et le respect mutuel est le respect mutuel » « Nous voudrions s qu’on respecte aussi notre peuple et sa capacité de décision » (81). Et le 20 septembre, il affirmait enfin qu’il n’irait pas à l’acte avec les princes, « parce qu’ils sont le symbole de la négation de ce peuple ».

Le 23 septembre 2011 fut créé la « Commission internationale de vérification » du cessez-le-feu d’ETA, formée entre autres par Ray Kendall, secrétaire général d’Interpol pendant 15 ans (également membre du Groupe international de contact), Ram Manikkalingam, conseiller principal de l’ancien président du Sri Lanka dans le « processus de paix », et qui « participa dans la résolution des conflits » en Irak (!!!) et en Irlande où il fut « facilitateur » dans les « négociations » pour le désarmement de l’INLA, et Satish Nambiar, ex-vice-chef de l’Etat major des forces armées génocidaires d’Inde… (82). ETA annonça le 1er  octobre « sa disposition à collaborer avec cette commission ». (83)

A la fin du mois de septembre, la mairie PNV de Bilbo ordonnait la destruction du gaztetxe Kukutza du quartier Errekalde, pour satisfaire les intérêts immobiliers du propriétaire.

Face à cette agression contre tout un quartier ouvrier et populaire et à la sauvagerie sans limite des zipaio (agents de la ertzaintza), qui blessèrent des dizaines et des dizaines de personnes, et en arrêtèrent autant, le peuple répondit par la résistance, une résistance admirable (84). Démenti cinglant de tout les discours pacifiste et social-traître de la direction de la gauche abertzale, preuve éclatante que nier et « rejeter » misérablement un principe universel et fondamental tel que « Là où il y a oppression, il y a résistance », n’a jamais empêché que, tôt ou tard, la résistance populaire ressurgisse toujours face à l’injustice. En plus des milliers de manifestants, le bilan officiel fut de près de 600 containers renversés dans toute la ville, dont 60 et plusieurs véhicules incendiés, deux sièges du PNV caillassés, un distributeur bancaire incendié.

La direction de la gauche abertzale, comme à son habitude, eut des déclarations tordues, en condamnant une partie des « incidents », ceux qui eurent lieu dans le quartier Uribarri, « hors de propos et injustifiables ». Ils exprimèrent « leur solidarité » à un homme qui subit des brûlures en essayant de retirer un container en flammes, et aux « habitants du quartier ». « Ce qui est arrivé à Uribarri dénature la lutte en défense de Kukutza et renforce la position intransigeante d’Azkuna. » (85)

Enfin, le 17 octobre 2011, avait lieu la fameuse « Conférence de Paix », avec les criminels impérialistes Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU entre autres au moment de l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, Jonathan Powell, chef de cabinet de Tony Blair, et Pierre Joxe, entre autres ministre de l’Intérieur français à l’époque des assassinats du GAL en Iparralde (Pays Basque Nord). A ceux-ci ajoutons l’exportateur de capitulation en chef Gerry Adams, l’ancien premier ministre irlandais Berthie Ahern et l’ancienne première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland. (86)

Voici la conclusion de la déclaration qu’ils rédigèrent :

« Nous invitons l’ETA à déclarer publiquement l’arrêt définitif de toute action armée et à solliciter le dialogue avec les gouvernements d’Espagne et de France pour aborder exclusivement les conséquences du conflit. Si une telle déclaration est faite, nous encourageons vivement les gouvernements d’Espagne et de France à bien l’accueillir et à consentir à l’ouverture d’un dialogue traitant exclusivement des conséquences du conflit. De notre expérience dans la résolution de conflits, il y a souvent d’autres sujets qui, s’ils sont abordés, peuvent aider à atteindre une paix durable. Nous suggérons que les représentants politiques et acteurs non-violents se rencontrent pour discuter des questions politiques et, en consultation avec la population, de tout autre sujet qui pourrait contribuer à créer une nouvelle ère pacifique. De notre expérience, les observateurs tiers ou les médiateurs facilitent un tel dialogue. Ici, le dialogue pourrait, si les personnes impliquées le souhaitent, être accompagnées par des médiateurs internationaux. Nous conseillons que des mesures conséquentes soient prises pour promouvoir la réconciliation, apporter reconnaissance, compensation et assistance à toutes les victimes, reconnaître le tort qui a été causé et tenter de soigner les plaies, au niveau des individus comme de la société. Nous sommes disposés à constituer un comité pour accompagner la mise en œuvre de ces recommandations. » (87)

Comme on le voit, évidemment pas la moindre allusion aux CAUSES du conflit, la négation du droit à l’autodétermination (et ne parlons même pas de l’oppression capitaliste et fascisante des Etats !). C’est le propre d’une capitulation. Rien de moins que Jimmy Carter, Tony Blair et George Mitchell déclarèrent soutenir la déclaration… (88) Le lendemain, les liquidationnistes de la gauche abertzale exprimèrent « leur adhésion à toutes et à chacune des conclusions de la conférence » (89). Le 20 octobre, venait donc le fameux communiqué d’ETA…

 


NOTES
18. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20100330/191128/fr/Initiative-internationale-pour-le-Pays-Basque
http://www.lejpb.com/paperezkoa/20100416/194218/fr/Un-soutien-international
19. http://www.gara.net/paperezkoa/20100625/206832/es/La-izquierda-abertzale-situa-ataque-Agurain-fuera-su-estrategia
20. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2010/08/zutik-eh-se-desmarca-de-las-acciones.html
21. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2010/09/batasuna-acata-la-prohibicion-de-la.html

22. http://servirlepeuple.over-blog.com/article-quelques-actions-en-euskal-herria-60312323.html
23. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2010/11/los-reformistas-ya-no-saben-que-hacer.html
24. http://www.publico.es/espana/351254/no-cabe-la-violencia-en-nuestra-estrategia-independentista
25. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/02/txelui-morenoquien-no-este-de-acuerdo.html
26. http://gicpaisvasco.org/miembros/
27. http://www.elpais.com/articulo/espana/claves/estatutos/Sortu/elpepuesp/20110209elpepunac_37/Tes
28. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110208/247277/fr/Nouvelle-donne-politique
29. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/03/sortu-dice-en-el-supremo-que-su.html

30. http://www.elpais.com/articulo/espana/Sortu/dice/puede/condenar/ETA/imponer/disolucion/elpepiesp/20110316elpepinac_6/Tes

31. http://www.elpais.com/articulo/espana/Sortu/dice/puede/condenar/ETA/imponer/disolucion/elpepiesp/20110316elpepinac_6/Tes

32. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/03/la-disidencia-se-manifiestaun-grupo-de.html

33. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/03/sortu-recuerda-que-rechaza-todo-tipo-de.html

34. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/03/sortu-se-desmarca-de-eta-y-de-la-kale.html

35. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110412/259641/fr/La-gauche-abertzale-denonce-fusillade

36. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/04/batasuna-sobre-el-tiroteo.html

37. http://www.gara.net/azkenak/04/259745/es/Sortu-rechaza-tiroteo-pasado-sabado-e-insta-ETA-tomar-medidas

38. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/04/zutik-eh-y-lab-ya-publicamente.html

39. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110415/260259/fr/Bildu-signe-contre-lusage-violence

40. http://eu.wikipedia.org/wiki/2011ko_udal_eta_foru_hauteskundeak_Hego_Euskal_Herrian

41. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/05/entre-70mil-y-130mil-votos-nuevos-bildu.html

42. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/05/bildu-ya-carga-contra-eta.html

43. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110623/274322/fr/Socialistes-et-conservateurs-Navarre-scellent-l%E2%80%99accord-anti-Bildu

44. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/el-pse-organiza-con-el-apoyo-de-bildu.html
http://www.deia.com/2011/07/03/politica/euskadi/bildu-apoya-al-pp-para-tratar-de-minimizar-la-presencia-del-pnv-en-entes-publicos-y-comisiones

45. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/05/garaikoetxea-niega-que-la-victoria-de.html

46. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/c-garaikoetxeabildu-esta-influenciada.html

Sur la politique économique de Bildu : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=135227

47. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/compromiso-y-sensatez-ya-son-palabras.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/el-sindicato-amarillo-ela-adelanta-por.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/ela-bildu-deberia-darlo-por-roto-si.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/ela-reitera-su-oposion-al-acuerdo-de.html

48. Le document est disponible sur internet : http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/mugarri-txostena.html

49. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/06/porque-no-se-debatio-la-ponencia.html
http://www.gara.net/paperezkoa/20110701/275991/es/Dos-arrestos-sin-orden-prueban-que-Garzon-Policia-iban-improvisando

50. Déclaration d’1h30 d’Otegi : http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/declaracion-de-arnaldo-otegi-en-el.html

51. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/06/los-diarios-fachas-mienten-otegi.html

52. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/06/los-diarios-fachas-mientenotegila.html

53. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/tribunales-juicio-por-el-caso-de.html
http://videos.vidayestilo.es/nacional/20110707/otegi-asegura-que-violencia-sobra-estorba/23906.shtml

54. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2010/11/otegi-se-desenmascara-como-lo-que-es.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/40-anos-de-comportamiento-ejemplar-de.html
55. http://www.communisme-bolchevisme.net/download/Ludo_Martens_Un_autre_regard_sur_Staline.pdf
56. http://www.kaosenlared.net/noticia/memoria-de-un-revolucionario
57. http://liberationirlande.wordpress.com/2011/01/13/gerry-adams-lodieux-manipulateur/
58. http://liberationirlande.wordpress.com/histoire-de-lira-provisoire-1970-76/histoire-de-lira-provisoire-1976-86/
59. http://liberationirlande.wordpress.com/histoire-de-lira-provisoire-1970-76/histoire-de-lira-provisoire-1987-2007/
60. http://servirlepeuple.over-blog.com/article-situation-decisive-au-nepal-83180812.html
61. http://servirlepeuple.over-blog.com/article-nepal-a-va-barder-83101919.html
62. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/bildu-inagura-una-nueva-era-en-la.html
63. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/un-ayuntamiento-de-bildutolosa.html
64. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/07/larreina-de-bildubildu-no-es-eta-y.html
65. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/oferta-electoral-de-bildu-al-pnv-y.html
66. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/estaba-cantado-los-socialdemocratas.html
67. http://www.publico.es/espana/351254/no-cabe-la-violencia-en-nuestra-estrategia-independentista
68. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/02/txelui-morenoquien-no-este-de-acuerdo.html
69. http://www.gara.net/bereziak/20n/artikuluak/artes302323/Izquierda-abertzale-Aralar-revalorizan-voto-Amaiur
70. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/ya-esta-aqui-ya-vamos-los-homenajes.html
71. http://www.gara.net/azkenak/08/283699/es/Miembros-EA-Diputacion-Gipuzkoa-asisten-homenaje-Joxe-Mari-Korta
72. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/excusatio-non-petita-accusatio.html
73. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/alcalde-de-donosti-bildurriel-fin-de.html
74. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/la-izquierda-abertzale-rechaza-ante.html
75. http://sareantifaxista.blogspot.com/2011/08/no-hay-nada-que-celebrar.html
76. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/la-ia-da-por-acabado-o-casi-acabado-el.html
77. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/bildu-tacha-de-mas-que-un-error-que-eta.html
78. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/08/en-fiestas-de-bilbo-los-criticos-mueven.html
79. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/nuevos-tiempos-bildu-no-boicoteara-la.html
80. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/bildu-recibira-los-principes-de.html
81. http://www.elmundo.es/elmundo/2011/09/19/paisvasco/1316419143.html
82. http://paperekoa.berria.info/harian/2011-09-29/006/001/Su-etena_egiaztatzeko_batzordea_osatu_dute_nazioarteko_bost_adituk.htm
http://www.gara.net/paperezkoa/20111009/295856/es/Los-cinco-verificadores-lideres–conflictos-claves-decadas-
83. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/tocado-y-hundidoeta-anuncia-que.html
84. Chronique de la résistance populaire : http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/gure-harrotasuna-by-un-vecino-de_2587.html
85. http://www.elcorreo.com/vizcaya/noticias/201109/27/izquierda-abertzale-ares-azkuna.html
86. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20111018/297716/fr/Communaute-internationale–long-chemin-
87. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20111018/297739/fr/Declaration-finale
88. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/nos-hablan-todavia-de-independentzia-ta.html
89. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/elkarri-aralar-gesto-por-la-paz-ez.html

 


Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Peuples en lutte - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 19:11

 

INTRODUCTION PAR LIBERATION IRLANDE

 

Voici, en trois partie, un document dense, informé et solide, écrit pas un communiste du Pays Basque qui nous l’a communiqué pour publication. Nous le remercions mille fois. Il s’agit d’une analyse politique du processus de capitulation au Pays basque, dans ses développements les plus récents. Comme pour l’histoire de l’IRA provisoire que nous avons publiée, nous pensons que l’étude de ce document important nous aidera à avancer dans nos efforts pour briser le consensus capitulard et sortir du bourbier réformiste.


Le Mouvement de Libération Nationale et Sociale Basque (MLNV) est aujourd’hui clairement à la croisée des chemins. La direction de la gauche abertzale, principalement du parti Batasuna, illégalisé depuis 2002 comme toutes les autres organisations, grâce à la « Loi des Partis », a réalisé une série d’initiatives et d’accords depuis novembre 2009 (1), date à laquelle ils proclamèrent le lancement d’un « processus démocratique ».

Le principe central et fondamental en est  »l’utilisation exclusive de moyens de lutte politiques et démocratiques », affirmant explicitement qu’aujourd’hui, face à un Etat bourgeois impérialiste, qui plus est avec de tels vestiges de fascisme comme l’est l’Etat espagnol (vestiges inévitablement appelés à retrouver une seconde jeunesse) que la lutte armée d’ETA,  mais aussi n’importe quelle lutte un tant soit peu « violente », n’aurait aucune légitimité, n’aurait rien de démocratique, ni même de… politique ! (on se demande alors pourquoi on continue à parler de « prisonniers politiques » !!!)

La direction du mouvement a totalement assimilé l’idéologie et le langage de l’ennemi. A présent la « pacification » et la « normalisation » sont devenues des buts en soi, alors que le MLNV a lutté pendant 50 ans pour que la « paix » ne soit pas celle des cimetières et des oppresseurs, mais la conséquence naturelle du respect par les Etats des droits du peuple travailleur basque. En l’espace de quelques mois, la logique s’est complètement inversée.

Les « actes clés » ont été le « texte fondateur » du réformisme « Zutik Euskal Herria » (2) en février 2010 ; des « accords stratégiques » depuis juin 2010 avec EA (Eusko Alkartasuna), aile « gauche » du PNV pendant 23 ans, et Alternatiba, scission « souverainiste » des sociaux-démocrates collabos d’Izquierda Unida ; l’ »Accord de Gernika » en septembre 2010 (3), demandant une série d’engagements à l’Etat espagnol et à ETA ; puis la présentation et la demande d’inscription du nouveau parti « démocratique » Sortu ; et suite à son interdiction, la participation aux élections du 22 mai 2011 de la coalition Bildu, formée par Batasuna-Sortu, EA et Alternatiba, réalisant un score de 313 000 voix. Enfin, à la suite d’une Conférence de « paix » à Donostia, ETA annonçait le 20 octobre 2011 qu’elle  »arrêtait définitivement son action armée » (4).

Les dirigeants de la gauche abertzale n’ont eu de cesse de répéter que le choix des voies « politiques et démocratiques », était  « unilatéral », « totalement irréversible », « non soumis à des variables tactiques », ce qui en fait quelque chose de complètement antimatérialiste et antidialectique, sans la moindre prise avec la réalité. C’est tout simplement le reniement absolu, brutal et indécent de 50 ans de lutte, de cohérence et de dignité révolutionnaires, de toute l’expérience accumulée par le peuple basque dans sa lutte de libération, en particulier le fait prouvé chaque jour depuis 50 ans de l’impossibilité absolue de faire avancer la lutte pour la libération nationale et le socialisme par la voie du parlementarisme et du légalisme ; la voie de la trahison réformiste prise par les polimilis/Euskadiko Ezkerra il y a 30 ans (qui finit par s’intégrer dans le PSOE en 1993 !), et par la scission Aralar en 2001.

Le leader et idéologue de ce « processus démocratique », qui n’a de « processus » et de « démocratique » que le nom, est incontestablement Arnaldo Otegi (5), dirigeant important de la gauche abertzale de ces 15 dernières années aujourd’hui incarcéré, à qui est quasiment voué un culte de la personnalité, avec une campagne spéciale uniquement pour sa libération, car c’est un « homme de paix indispensable », « sans qui rien n’est possible », à l’image de son modèle et ami personnel, la pourriture social-traître Gerry Adams.

Cet oubli volontaire de toute notre Histoire lui fait tenir un discours ridicule où il rêve d’une « confrontation démocratique », entre deux adversaires « civilisés » que seraient une « gauche abertzale » réformiste et un Etat espagnol « démocratique », comme on l’a vu dans une interview en octobre 2010, qui a fait date, dans le grand quotidien bourgeois espagnoliste « El Pais » (6) (puis, entre autres, en décembre 2010 dans le Wall Street Journal !), où il déclarait :

« Il n’y a pas d’autre chemin pour l’indépendance que celui qui se développe par des voies pacifiques et démocratiques. Nous n’envisageons pas compatible le recours à la violence armée avec la stratégie indépendantiste. C’est une des conclusions à laquelle nous sommes arrivés et nous l’exprimons sans ambiguïté [50 ans pour y arriver quand même !!!]. Cela dit, j’espère et je souhaite que le peuple espagnol, ses pouvoirs publics, ses partenaires sociaux, politiques, son Gouvernement acceptent avec autant de force que l’utilisation de la coaction, la torture, l’illégalisation de partis, la fermeture de médias… ne peuvent et ne doivent pas faire partie de leur stratégie pour essayer d’empêcher le projet indépendantiste. » (On notera au passage son chauvinisme certain, les masses populaires de l’Etat espagnol étant mises sur le même plan que « leur » gouvernement !)

Il fait là honteusement mine d’oublier que c’est précisément la nature profondément antidémocratique et fasciste de l’Etat espagnol qui amenèrent les révolutionnaires basques à prendre les armes et à continuer la lutte après la « Transition » jusqu’à aujourd’hui. Par l’opération du Saint-Esprit, l’Etat espagnol changerait subitement. On voit là son incapacité totale à comprendre la lutte de classes et le fait que la bourgeoisie recourt TOUJOURS à la violence lorsqu’elle voit ses intérêts menacés. Ce que le MLNV a toujours su.

Depuis deux ans, les dirigeants liquidationnistes (ou « liquis », comme étaient appelés les polimilis) ont multiplié les déclarations de « rejet » (parce que ça passe mieux que « condamnation ») « ferme et absolu » de « toutes formes de violence », celle d’ETA, mais également la kale borroka (la lutte de rue menée par la jeunesse révolutionnaire, allant du lancer de cocktail molotov à l’organisation d’émeutes, en passant par des sabotages en tout genre), mettant sur le même plan violence de l’oppresseur et violence de l’opprimé.

Comme disait Argala : « Condamner n’importe quel type de violence populaire est une sottise brutale et une preuve claire d’incapacité (de la part de qui la condamne) à sortir des perspectives idéologiques de la classe exploiteuse. Les peuples ne pratiquent pas la violence par plaisir de le faire mais poussés par la nécessité pressente d’acquérir un droit humain : le droit à la liberté dans les relations sociales. La violence populaire est toujours défensive face à la violence institutionnalisée de la classe exploiteuse, et par conséquent complètement légitime. »

Cependant, pour certains dans la gauche abertzale, même les pire barbaries verbales depuis deux ans n’étaient « que des paroles », car les dirigeants « ne pensent pas (tout) ce qu’ils disent », ils font ça « juste pour pouvoir être légalisés et participer aux élections ». C’étaient des paroles, certes, mais qui ont été suivies d’innombrables ACTES, sur lesquelles a reposé un virage à 180° de la pratique et de la stratégie.

S’il ne s’agissait « que de mots », pourquoi la gauche abertzale ne l’a-t-elle pas fait il y a des décennies ? Pourquoi les prisonniers « repentis » étaient-ils expulsés du Collectif des Prisonniers Politiques Basques ? Pourquoi une telle intransigeance révolutionnaire pendant 50 ans face aux vendus et aux collabos de toutes espèces ?

Tout simplement, parce que l’Histoire nous a démontré que tout mouvement qui ne se base pas, comme a su si bien le faire le MLNV pendant ses 50 années de lutte, sur l’honnêteté, la dignité et la cohérence, est condamnée à finir dans les caniveaux de l’Histoire.

Lorsque l’on s’engage sur la pente du renoncement à des principes révolutionnaires basiques, celle-ci mène inévitablement à la capitulation idéologique totale, qui précède toujours la capitulation matérielle, notamment militaire. Ceux qui ont vendu en paroles la « paix », la « normalisation », la « réconciliation », les ont toujours mises en pratique, que ce soit, pour ne parler que de l’Etat espagnol, le P »c »E de Carrillo, Euskadiko Ezkerra, ERC en Catalunya, Aralar… et ils on fini en misérables laquais de la bourgeoisie.

Il est en plus impensable pour tout révolutionnaire d’accepter,  au nom d’une légalisation à tout prix et d’une pseudo-manœuvre machiavélique, la diffusion au sein du peuple d’un discours cherchant à semer de graves illusions réformistes et légalistes (même si c’est avec peu de succès), véritable appel à la démobilisation des masses en pleine crise générale du capitalisme !

Un signe révélateurs de cette capitulation idéologique ont été, au nom de l’ »accumulation de forces souverainistes et de gauche »,  les alliances très étroites avec leurs nouveaux amis, les sociaux-démocrates les plus putrides comme EA, alors qu’ils étaient combattus sans concession jusque là, pour leur rôle éminemment coupable d’exploiteurs du peuple aux cotés de la bourgeoisie du PNV, et dans la répression, avec la gestion de la politique pénitentiaire et des criminels et tortionnaires de la police autonomique, la Ertzaintza.

Il est sans doute intéressant de mettre ici un exemple significatif, parmi des milliers d’autres, de ce que sont les nouveaux alliés de la direction de la gauche abertzale. En juillet 2009, après l’exécution de deux guardia civil par ETA, Nafarroa Bai, coalition formée par EA, Batzarre, le PNV et Aralar, de même qu’ERC et BNG (également nouveaux amis des liquis) signaient la déclaration suivante au Congrès espagnol :

« Nous voulons manifester à tous les membres de la Garde Civile notre reconnaissance pour leur travail et leur sacrifice permanent en défense de l’Etat de Droit, de notre liberté et de nos droits. De la même façon, nous soutenons et remercions le travail que réalisent toutes les Forces et Corps de Sécurité de l’Etat, qui obtiendront, comme tant d’autres fois, que les assassins soient livrés à la justice et payent pour leur crime. » (7)

Alors certes, EA a subi une scission en 2009, où ses éléments les plus grands-bourgeois et réactionnaires, les plus proches du PNV, quittèrent le parti (et encore, pas tous (8) !) pour former « Hamaikabat », mais il n’empêche que ceux qui restent sont ceux qui n’ont vu aucun problème pendant des années, 23 ANS, à être les zélés serviteurs de la grande bourgeoisie espagnoliste et de son Etat fascisant. A ce titre, il est intéressant et amusant de voir ce que déclarait le président de Hamaikabat en juillet 2010 : « Ce qui retient notre attention est qu’il semble maintenant  que, après 30 ans, la seule chose qui séparait EA de ce monde était ETA et le positionnement de la gauche abertzale par rapport à la violence, alors que nous avions toujours pensé que ce qui le séparait était beaucoup plus que cela, que c’était un projet de société. » (9)

Principes et objectifs sont indissolublement liés. On ne renie les principes que lorsqu’on renie les objectifs, et les traîtres sociaux-démocrates ont tombé le masque en avouant sans complexe leur volonté de création d’un Etat basque au sein de l’Union Européenne impérialiste (10) ! D’un Etat, ils ont encore osé le dire (enfin, plus trop maintenant…), « socialiste » !!! (L’UE, c’est bien ce « truc » dont font partie les Etats français et espagnol ?)

Même si on avait déjà entendu par le passé des appels en direction des institutions impérialistes, ils en sont à présent arrivés à considérer l’UE et l’ONU comme pouvant et devant « aider à la résolution du conflit ». Leur but proclamé dès le début était de faire de la « communauté internationale », c’est-à-dire une partie des impérialistes européens et nord-américains, leur « alliée » dans la « résolution du dernier conflit armé en Europe » (L’Irlande, la Corse… ça n’existe pas ! Tous des maffieux et des terroristes !), et à présent, surtout depuis la Conférence de Donostia, ils considèrent cela comme acquis.

Ainsi, une grande nouveauté fut qu’en novembre 2009 les dirigeants de la gauche abertzale acceptèrent que les pseudo- « négociations de paix » devraient suivre les « Principes » établis par le sénateur US Mitchell, qui ont servi à la (très relative) pacification impérialiste en Irlande et à tenter de couvrir le régime fasciste sioniste en Palestine, encore récemment.

Dans la droite ligne de cette capitulation idéologique, la référence au socialisme a été quasiment liquidée par la direction réformiste. Déjà depuis quelques années, on parlait beaucoup de  »socialisme du XXIe siècle » ou de « socialisme identitaire » (11).

Le « socialisme du XXIe siècle » semblait être devenu la référence idéologique indépassable de la direction de la gauche abertzale. Si les bourgeoisies nationales d’Amérique latine qui s’en réclament, ont joué un rôle progressiste ces dernières années, aujourd’hui leur dérive réactionnaire est très claire : en Equateur depuis un certain temps déjà, au Venezuela où la bourgeoisie chaviste collabore à présent activement avec l’Etat fasciste colombien, et a de plus livré plusieurs militants basques à l’Etat espagnol. Et Otegi, dans sa dernière interview à Gara (12), exprimait entre autres choses sa joie pour la victoire du valet de l’impérialisme et ex-militaire génocidaire Ollanta Humala à la présidentielle du Pérou !

Mais aujourd’hui même le « socialisme du XXIe siècle » semble être abandonné, au profit d’un  « modèle social alternatif », d’ »un Etat au sein de l’Europe, construit depuis la gauche ». A présent, les liquis semblent ne définir leur mouvement que comme « progressiste ».

A son procès, Otegi disait clairement que pour la « lutte politique » (c’est-à-dire électorale et parlementaire en langage réformiste), son but était de former un « bloc » avec des forces « progressistes » et « indépendantistes », c’est-à-dire bourgeoises et petite-bourgeoises, et que pour cet objectif la lutte armée était un obstacle absolu, et que des trêves temporaires d’ETA ne le permettaient pas non plus (13). Pour ces alliances, les réformistes se voient donc dans l’obligation de répudier et liquider les formes de lutte véritablement révolutionnaires et conséquentes. La subordination du mouvement populaire aux intérêts de la bourgeoisie va toujours accompagnée du renoncement aux formes révolutionnaires de lutte : les moyens deviennent en accord avec les buts.

Clairement, cette « nouvelle stratégie » de la gauche abertzale n’est rien de plus que l’éternelle stratégie réformiste, et tout simplement impossible, de pseudo-conquête du « pouvoir » par les urnes. Comme l’avait si bien dit Otegi, répondant à la question « Croyez-vous que vous reviendrez à la vie démocratique, siéger au Parlement basque un jour ? » : « Sans aucun doute, et permettez-moi de vous faire une prédiction: je vais m’asseoir sur le banc du groupe majoritaire au Parlement, celui des indépendantistes de gauche. Cela arrivera probablement plus tard que nous ne le souhaiterions, mais beaucoup plus tôt que ce que souhaiteraient nos adversaires. » (14)

Malgré tout cela, le propre d’un processus de capitulation social-démocrate, est qu’on tente toujours de le couvrir d’un vernis pseudo- »révolutionnaire », aussi mince soit-il. En Euskal Herria, on a pu compter sur un habillage théorique « révolutionnaire » par le « marxiste » (comme il s’est défini à l’occasion…) Arnaldo Otegi. Par exemple, dans sa fameuse interview, il déclarait (ce qu’il a par ailleurs répété à son procès en juin 2011 (15), ce qui montre au moins la cohérence de son discours social-démocrate !) :

« Dans le domaine politique, cependant, et c’est un phénomène qui se produit au niveau international, on observe clairement le passage de la grande majorité des organisations de caractère politico-militaires avec des identités et natures socialistes et transformatrices, de position insurgées à des positions de caractère et de stratégies démocratico-populaires. La Bolivie, El Salvador, le Nicaragua, l’Uruguay sont un bon exemple de ce que je dis. En définitive, je crois qu’une stratégie efficace pour l’obtention de nos objectifs doit reposer sur notre seule capacité de séduction démocratique. Par conséquent, la gauche abertzale, en tenant compte de variables géopolitiques, économiques et sociales et, fondamentalement, en analysant la situation spécifique du processus politique basque, l’a intériorisé ainsi, et l’a écrit noir sur blanc dans son document de conclusions. »

Ainsi, comme tout social-traître digne de ce nom, il veut faire passer les défaites et les redditions des organisations révolutionnaires armées du siècle dernier, notamment d’Amérique latine, pour des victoires, et tente la même chose avec le mouvement de libération basque : lui et sa clique vendent (le plus souvent plutôt en privé), l’arrivée au « processus démocratique » comme une victoire permise par toutes les années de lutte, notamment de lutte armée ! Avec des jongleries dialectiques comme « La gauche abertzale n’est pas née pour résister, elle est née pour gagner » (Otegi), ou d’autres lamentables escroqueries : « Sur le terrain militaire, l’Etat est plus fort que nous, mais sur le terrain politique il est faible et n’a aucun argument, donc la victoire viendra par le terrain politique »… (16)

Mais ce qui est véritablement triste, est que d’autres, notamment ETA, vendent également officiellement cette version pour essayer de « justifier » la capitulation.

Malgré tout, peu nombreux sont ceux qui y croient vraiment, tout le monde étant plus ou moins conscient que c’est exactement l’inverse : la répression et les insuffisances et les erreurs du mouvement de libération, ont mené à cette situation. En effet, car la contradiction de ce discours saute très vite aux yeux : d’un coté les réformistes affirment que le « changement stratégique » était une nécessité car la gauche abertzale était très affaiblie, c’est-à-dire pour eux, sans représentation institutionnelle, tandis que beaucoup de militants honnêtes en sont venus à penser que ce processus était la seule alternative à l’affaiblissement militaire d’ETA et de la kale borroka. Mais de l’autre côté, ils affirment que « la lutte armée a créé les conditions pour le processus démocratique »… C’est-à-dire qu’elle aurait apparemment changé quelque chose à la situation, qui permette un développement de la lutte de libération dans la légalité et le pacifisme !!

Une autre tentative absolument ridicule a été la récente interview de Rufi Etxeberria, où il osait parler de « révolution démocratique nationale » (17). Alors que depuis deux ans celui-ci s’était borné à faire des déclarations parmi les plus honteuses…

Le vernis pseudo- »révolutionnaire » ne pouvait évidemment pas cacher grand chose. Si pendant longtemps, beaucoup ont nié avec force l’évidence de la trahison, cela est devenu chaque fois plus difficile, au fur et à mesure que l’on a assisté à des déclarations et des initiatives, avec une multiplication ces derniers mois, de plus en plus abjectes.

 


 

NOTES
1. http://www.ezkerabertzalea.info/altsasu.php

2. http://www.ezkerabertzalea.info/zutikeuskalherria.php

3. http://www.gara.net/agiriak/20100925_acuerdogernika.pdf

4. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20111021/298421/fr/ETA–arret-definitif-des-activites-armees

5. D’ailleurs ex-polimili qui fit partie d’un groupe qui s’autocritiqua et intégra ETA (m) : http://www.elcorreo.com/vizcaya/prensa/20070609/politica/diez-anos-arnaldo-otegi_20070609.html

6. http://www.ezkerabertzalea.info/irakurri.php?id=5656

7. http://www.congreso.es/portal/page/portal/Congreso/Congreso/SalaPrensa/NotPre?_piref73_7706063_73_1337373_1337373.next_page=/wc/detalleNotaSalaPrensa&idNotaSalaPrensa=1006&anyo=2009&mes=7&pagina=1&mostrarvolver=S&movil=null

8. Un bon échantillon des bourgeois d’EA : http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/05/nuestros-camaradas-de-bildu.html

9. http://www.diariovasco.com/v/20100725/politica/necesario-acuerdo-para-contrarrestar-20100725.html

10. http://www.gara.net/azkenak/02/247398/es/Sortu-es-nombre-nueva-formacion-que-marca-antes-despues

11. Analyse du « socialisme identitaire » dans la dernière partie de ce document : http://servirlepeuple.over-blog.com/pages/Un_apport_au_debat_politique_et_ideologique_Democratie_et_socialisme_pour_Euskal_Herria-2785191.html

12. http://www.gara.net/paperezkoa/20110619/273532/es/El-tiempo-corre-nuestro-favor-seguir-acumulando-fuerzas-es-importante

13. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/declaracion-de-arnaldo-otegi-en-el.html

14. http://www.ezkerabertzalea.info/irakurri.php?id=5656

15. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/09/declaracion-de-arnaldo-otegi-en-el.html

16. Une analyse de cette escroquerie : http://www.gara.net/paperezkoa/20100701/207788/es/Fuerza-ideologica-debilidad-militar

17. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/rufi-saca-su-teoria-revolucionaria-en.html

 

 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Peuples en lutte - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 16:32

 

Servir le Peuple salue chaleureusement et relaie cette initiative pour le droit au logement en Seine Saint-Denis, soutenue par La Cause du Peuple. Le droit au logement est le droit humain essentiel le plus piétiné de tous par le capitalisme, le plus en CONTRADICTION avec la propriété privée, qui a fait du m² un 'capital' à faire fructifier... Etudiant-e-s ou travailleur-euse-s, jeunes ou âgé-e-s, 'français-es' ou immigré-e-s, c'est une question ESSENTIELLE pour les masses populaires !

 

Les comités de lutte se réunissent pour une mobilisation extraordinaire !
En Seine Saint-Denis, la situation du logement est catastrophique : mal logement, insalubrité, sans abris, squats, campements... Chacun tente de s'en sortir mais c'est dans l'unité que nous pourrons avancer ! Les expulsés de la Courneuve, Les résidents du Foyer-taudis d'Epinay, les Sorins de Montreuil et bien d'autres se bouge et ouvre une voie vers la création d'une coordination.
C'est pourquoi, Mercredi 2 novembre 2011, nous devons être nombreux devant la Préfecture de Bobigny pour montrer notre détermination et notre solidarité.
LA NUIT DU LOGEMENT ! Artistes qui souhaitez soutenir les luttes pour le logement, venez apporter votre contribution ! Tous ensemble, nous allons faire de la nuit du 2 novembre une nuit de solidarité, de convivialité et d'unité !
CHAUD, CHAUD, L'HIVER SERA CHAUD !!!
OSONS LUTTER, OSONS VAINCRE !!! 
Divers groupes, associations et partis soutiennent cette initiative et seront présents cette nuit.  
 
                                                                                                                                                                                                                                 
 
LE TRACT DE LA CAUSE DU PEUPLE
                                                                                                                                                                                                                                 





L’unité pour la lutte pour le logement !
Chaque travailleur le sait : le logement est un problème. Aujourd’hui, ce problème est de pire en pire car les responsables de la crise veulent la faire payer à ceux qui sont exploités et laissés dans la misère. Alors que les plans d’austérité sont annoncés d’un côté et que les banques sont renflouées de l’autre, le nombre de mal-logés et de sans-abris augmente dramatiquement. Dans un contexte où les licenciements se poursuivent, le budget pour les solutions d’urgence à la crise du logement est sabré !
Mais où il y a oppression, il y a résistance !
C’est ainsi qu’à Montreuil, ce sont 300 personnes qui luttent pour un logement décent. Après avoir occupé une usine désaffectée et effectué des travaux de rénovation (douches, WC, etc.), ils se sont fait expulser début août 2011. Depuis, ils ont monté un campement sur le stade André Blain. Grâce à leur détermination et leur combattivité, la lutte avance. La mairie de Montreuil et les ambassades des différentes nationalités du Collectif des Sorins affichent désormais leur soutien au mouvement. Comme on dit au campement : « Colonisés hier, exploités aujourd’hui, régularisés demain ! »
A la Courneuve, ce sont 80 familles qui se retrouvent à la rue après la démolition de la barre Balzac. Elles avaient été évacuées de cette barre en juillet 2010 et placées dans des hôtels avec la promesse de la préfecture d’un relogement ; promesse qui n’a jamais été tenue jusqu’à présent. Un campement est donc installé place de la Fraternité depuis avril 2011. La mairie de la Courneuve a récemment envoyé un courrier à la préfecture demandant une table ronde. Entre temps, la Plaine Commune a été déboutée de sa demande d’expulsion de la place et condamnée à 100 euros par personne assignée pour procédure abusive. En tout cas, les familles l’ont dit : « Nous ne passerons pas une seule nuit d’hiver dehors ! »
A Epinay, ce sont 80 travailleurs immigrés, jeunes et anciens, qui vivent dans un foyer-taudis, le foyer AFTAM République. Les conditions de vie y sont terribles car aucun des gestionnaires (AFTAM, ADOMA, ADEF) ne bouge. Chacun se renvoie la responsabilité, n’assurant même pas le plus simple entretien des locaux qui datent de 1970 et qui devaient être « temporaires ». Leur lutte est double car ils demandent le relogement et la rénovation des locaux qui mettent en péril leur santé. Comme l’affirment les résidents : « Relogement tous ensemble avant l’hiver ! ».
Au square Boucicaut, à Paris, ce sont les familles oubliées du DALO, ce soi-disant « droit au logement opposable » qui n’a rien changé, qui campent dehors ensemble pour éviter de se retrouver chacune dans son coin et surtout s’inscrire dans la dynamique de la lutte TOUS ENSEMBLE !
Cette coordination entre nos luttes doit s’élargir à toutes les catégories d’expulsés de mal-logés, de sans-logis : expulsés des HLM  ou du privé, habitants en foyers, squatteurs (massifs, groupes ou isolés), en logements individuels, sans-logis, mal-logés (logements insalubres, surface insuffisante, foyers taudis, hôtels ou appartements des marchands de sommeil) qui vivent en célibataires, attendent un logement de taille suffisante pour obtenir un regroupement familial, familles avec ou sans enfants à scolariser ou en bas âge, etc.
C’est l’union qui fait la force ! Cette situation où les travailleurs construisent les logements mais n’en ont pas eux-mêmes doit cesser !
Des logements vides il y en a 50 000 dans le 93 et 2,1 millions en France ! Si la loi de réquisition n’est pas appliquée nous l’appliquerons nous-même !
Un logement digne pour toutes et tous !
Oser lutter, oser vaincre !
Rendez-vous à la Préfecture de Bobigny
 Mercredi 2 novembre 2011
dès 17 heures jusqu’au lendemain midi
Pour passer la nuit des luttes pour le logement ensemble !

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Luttes - Hexagone - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 23:57

 

Voici quelques actions de Guerre populaire, et plus largement de lutte armée révolutionnaire, ces dernières semaines :

Inde :

Encore un succès naxalite en Inde

Plusieurs brigades policières ont été déployées dans les zones forestières du Bastar (Chhattisgarh) ce matin pour tenter d’appréhender un groupe de maoïste au lendemain d’une attaque au cours de laquelle six policiers sont décédés.

Vendredi après-midi, des douzaines de guérilleros ont tendu une embuscade à un contingent de seize membres de la force du district dans le village de Netanar, à 30 kilomètres de Jagdalpur. Ceux-ci revenaient d’une mission d’inspection de bâtiments suspectés d’avoir été endommagés par la guérilla. Six policiers sont morts sur place alors que cinq autres ont été grièvement blessés. Les guérilleros ont d’abord pris d’assaut les policiers à moto avant d’ouvrir le feu.

Le directeur général de la police a annoncé que plusieurs brigades de la force du district ratissaient les alentours du village de Netanar et les environs afin d’appréhender les guérilleros responsable de l’attaque. (Source: Secours Rouge / APAPC – 22 octobre)

Inde : Guérilla et contre-guérilla

En début de semaine, le CPI(M) a lancé un appel à la grève générale dans l’Andhra Pradesh afin d’exiger que la police traduise en justice l’un de ses dirigeants, actuellement détenu sans avoir été jugé. Dans ce cadre, un groupe de guérilleros armés accompagnés par des sympathisants ont abattu des arbres le long de nombreuses routes principales du district de Visakhapatnam, bloquant ainsi la circulation pendant plusieurs heures. Par ailleurs, la chute d’arbres a également partiellement détruit un poste de surveillance du département forestier.

Dans le district de Narayanpur (Chhattisgarh), les maoïstes et les forces de sécurité se sont affrontés tôt ce matin. Le face à face a eu lieu à proximité d’un village quand les maoïstes ont ouvert le feu contre une équipe conjointe de la CRPF  et de la police de l’état qui patrouillait dans la zone. Un guérillero, pour la capture duquel était promise une récompense de 5000 roupies (75 euros) avait été annoncée, a été tué durant la fusillade. Selon les autorités, il s’agirait de Negi Rawat, un maoïste recherché pour plusieurs crimes et attaques contre la police. Sur place, les forces de sécurité ont saisi des armes et de la littérature maoïste. (12 octobre)
 
 

 Inde : Un policier tué dans une fusillade  

Un policier de 40 ans a été tué au cours d’un combat avec les maoïstes dans la soirée de samedi. Il faisait partie d’une équipe de quatorze hommes envoyés dans la région de Belthangady (district de Dakshina Kannada) sur base de renseignements faisant état de mouvements naxalites. Un collègue du policier abattu a déclaré qu’ils étaient tous les deux lorsqu’ils ont repéré les guérilleros, vers 23h30. Au moins un d’entre eux transportait une lampe de poche. Il a ouvert le feu, mais son collègue a presqu’immédiatement été touché par une balle maoïste. La fusillade a duré une dizaine de minutes. Selon les membres de la force anti-naxalites, ces derniers seraient retournés sur place plus tard, ont scandé des slogans et récupérés leurs affaires. Le porte-parole de la police locale a annoncé que, malgré l’obscurité, plusieurs guérilleros avaient pu être identifiés et qu’une enquête avait été ouverte à leur encontre pour meurtre et tentative de meurtre. C’est la première fois qu’une telle opération policière est organisée dans le district de Kakshina Kannada (Mangalore), les maoïste n’y était pas présents jusqu’il y a peu. (10 octobre)
 
 

 Inde : Les forces de sécurité attaquent un camp de la guérilla  

Une force combinée du Groupe d’Opérations Spécial (SOG) et de la CRPF effectuait une opération de ratissage hier dans la jungle de Kuleijharan près de Tampersingha (dans l’Etat de Jharkhand), quand elle s’est heurtée à une unité de la guérilla maoïste. Une violente fusillade a eu lieu, qui ne semble pas avoir fait de victime. La force combinée a pu s’emparer d’un camp abandonné par la guérilla, récupérant une grande quantité d’explosifs et de matériel.

Une seconde fusillade s’est déroulée aux premières heures ce dimanche matin dans le district de Dakshina Kannada (Karnataka). Celle-ci s’est tenue après qu’une bande de guérilleros ait attaqué un contingent de 25 membres de la force anti-maoïste du Karnataka dans la forêt. Selon les porte-parole de la police, un policier serait décédé au cours de l’affrontement et une vaste opération de ratissage a été déclenchée dans toute la région.

GPP Inde

 

Philippines :

Philippines : Quatre guérilleros maoïstes tués, trois capturés

(27 octobre) Au moins quatre combattants présumés de la NPA ont été tués dans des accrochages avec l’armée gouvernementale, dans la province de Cagayan, au nord des Philippines, jeudi. C’est aux environs de 05H00 heure locale que les soldats du 17ème bataillon d’infanterie ont croisé une unité de la guérilla dans le village de San Miguel, près de la ville de Baggao. Les combats ont duré longtemps. Les militaires ont récupérés sur les lieux des combats les corps de quatre guérilleros ainsi qu’une certaine quantité d’armes et de documents appartenant aux maoïstes.

Par ailleurs, une task force de la police et de l’armée a capturé trois étudiants de la Polytechnic University of the Philippines, accusés d’être de jeunes membres de la NPA, dans les environs de la ville de Tanay (province de Rizal). Les trois étudiants étaient armés d’un fusil d’assaut M16, d’un fusil à pompe cal.12, et d’un lance-grenade M-203. (Secours rouge APAPC)

Philippines : Combats meurtriers

Le 75e Bataillon d’Infanterie de l’armée gouvernementale menait mardi une opération dans la province d’Agusan del Sur quand il s’est sont heurté à une unité du "Front de Guérilla 20" de la NPA. Un guérillero a été tué et deux soldats blessés. Deux fusils d’assaut ont été récupérés sur le terrain par les militaires. Jeudi, un autre guérillero de la NPA a été tué, et un soldat de forces spéciales de l’armée philippine blessé, dans un autre combat dans la province de Cotabato du Nord. (20 octobre)

Philippines : Deux policiers blessés par la guérilla maoïste

Deux policiers a été blessés dans une fusillade avec des combattants de la NPA vendredi soir dans la province de Surigao Del Norte. La fusillade est survenue tandis qu’une unité du 13ème Bataillon Public Régional de Sécurité effectuait une mission de patrouille. Trois unités mixte police-armée ont été envoyées en renfort dans le secteur. (15 octobre)

Philippines : Combat entre l’armée et la guérilla maoïste

Un soldat a été tué et trois autres ont été blessés dans un combat entre la NPA et l’armée gouvernementale dans un village proche de la ville d’Esperanza (province d’Agusan del Sur) jeudi matin. Ce sont des militaires de la 5ème compagnie de Scout Ranger ont engagé les guérilleros et attaqué leur camp. Les pertes de la guérilla sont inconnue, les militaires ont pu récupéré dans le camp douze armes à feu. (7 octobre)

philippines_mabuhay-guerilla.jpg

 

Pérou :

Pérou : Une embuscade et trois arrestations

La guérilla du PCP-SL a tendu une embuscade dimanche après-midi dans la province de Llochegua, une zone de montagnes et de forêts de la région de la Vallée des Rivières Apurímac et Ene (Vrae). Un sergent de l’armée a été tué. Des opérations de ratissage ont échoués à retrouver la colonne de guérilleros qui a effectué cette embuscade.

La DIRCOTE a également arrêté dans le district de Rupa Rupa (province de Leoncio Prado) Moïse Aróstegui (32), alias "camarade Tito", militant recherché du PCP-SL pour plusieurs actions de guérilla réalisées entre 2008 et 2010. La Division Régionale Contre le Terrorisme (DIRCOTE) à également arrêté, dans deux villages des environs d’Ayacucho, deux personnes qu’elle accuse de jouer un rôle important dans le service médical de la guérilla maoïste. Ils auraient été signalés dans les bases de la guérilla donnant des soins aux combat, l’un comme dentiste, l’autre comme médecin. Ils sont aussi accusé d’avoir communiqué par radio à la guérilla des information sur les mouvements des forces de sécurité.

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Paraguay :

Depuis quelques années, une Armée du Peuple paraguayen (EPP) fait parler d'elle. Elle s'est faite connaître par des attaques contre des postes de police, des grandes propriétés terriennes (haciendas), des enlèvements et des attaques ciblées contre des membres de la classe dominante. Localisée dans le Nord pauvre du pays (près de la Bolivie), elle ne compterait pas plus de quelques dizaines de membres. Suffisamment, néanmoins, pour que le gouvernement 'de gauche' de l'ancien évêque Fernando Lugo décide de prononcer l'état d'exception et d'envoyer l'Armée nationale dans 5 départements du Nord. En début de mois, des sources de presse ont informé de larges convois de camions et de blindés prenant la direction de ces provinces. De même, des liens sont 'évoqués' entre l'EPP et les FARC ou encore le PCP-"Sentier Lumineux", pour demander un appui de la DEA nord-américains (qui, sous couvert de lutte anti-drogue, assure l'appui de l'impérialisme de tutelle contre tous les 'groupes subversifs' du continent : Plan Colombie etc.). Source : Correo Vermello

Ces derniers jours, une lettre de revendication a été retrouvée près d'un poste de police attaqué à Hugua Ñandu dans le département de Concepción (Nord, proche du Mato Grosso brésilien).  La lettre parle de "mettre un terme à ce régime dans lequel la culture est le patrimoine des riches et l'ignorance, maître de l'esprit des pauvres. Paraguayens, dans ce misérable régime économique une poignée possède tout et la grande majorité n'a rien. La richesse de quelques uns naît de la pauvreté de millions d'autres. L'histoire de l'humanité montre qu'aucune classe dominante n'a renoncé à cette position par bonté, toutes ont dû être délogées par la force de la classe révolutionnaire. L'oligarchie paraguayenne oppose et opposera une résistance désespérée, cruelle et criminelle. Elle est habituée à faire courir des rivières de sang populaire pour défendre ses intérêts. Pour elle la vie des pauvres ne vaut rien. Ses vaches sont plus importantes". (Source)

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Kurdistan :

Turquie/Kurdistan : Action de la guérilla

Deux officiers de police ont été tués dans une attaque de présumés guérilleros du PKK ce matin dans la province d’Osmaniye (sud du pays). Selon les autorités, les officiers auraient été attaqués par un groupe de guérilleros et auraient répliqué. Deux d’entre eux et un guérilleros sont décédés au cours de la fusillade qui a suivi. (28 octobre)

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2006/03/31/h_9_ill_756765_kurdes.jpghttp://turquie.20minutes-blogs.fr/images/medium_manifestation_pro_pkk.jpg

 

Irlande occupée :

Irlande du Nord : La Real IRA revendique les dernières attaques

Dans un communiqué au quotidien The Guardian, la Real IRA a reconnu être responsable des attaques contre deux banques en Irlande du Nord ainsi que de celle contre les bureaux de la ’City of Culture’ à Derry la semaine dernière. L’organisation affirme qu’elle va continuer à viser les intérêts économiques, comme elle l’avait affirmé en septembre dernier, lorsqu’elle avait publié une déclaration affirmant que les banques et les banquiers pourraient être visés par diverses actions.

Aujourd’hui, un de ses représentants a déclaré au Guardian que les dernières attaques, ainsi que celles à venir, sont la réponse de l’organisation à la cupidité des banquiers et qu’elles visent à délivrer le message que bien que la lutte nationale irlandaise et la lutte des classes soient distinctes, elles ne sont pas séparées. Il a affirmé que les bureaux de la ’City of Culture’ était une cible symbolique parce que la décision de les attribuer à la ville de Derry sous-tendait l’autorité britannique sur la ville. ’De telles attaques font partie intégrante de notre stratégie qui consiste à viser l’infrastructure financière qui soutient le système colonial capitaliste du gouvernement britannique en Irlande. L’impulsion pour mettre à exécution ce genre d’attaque est directement liée à la pression des communautés ouvrières en Irlande dans leur ensemble. Il est évident que notre objection à la ’City of Culture’ est concentrée sur l’exploitation politique du nom et de la culture de Derry par les britanniques’.

Militant de la Real IRA

 

 

 

 



 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Impérialisme et résistance (internationalisme) - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 17:14

 

... et pas une de plus.

L'article sera bref : tout le monde a suivi les résultats des 'premières élections libres' après la chute de l'autocrate Ben Ali. Avec 41% et 90 sièges (sur 217) promis, les z'islamiiiiiistes d'Ennahda ('Renaissance') seront la principale force du nouveau 'paysage' politique. Il va de soi, et cela commence déjà à s'exprimer un peu partout sur la toile, qu'à l'extrême-droite fasciste il va s'en trouver pour claironner "voilà le résultat !" ; Marine Le Pen ayant d'ailleurs été très claire là dessus : "(Ben Ali, Kadhafi, Moubarak etc.) c'était des dictateurs, certes, mais laïcs"... Mais ce n'est pas tout, comme d'habitude : il s'en trouve également à 'gauche' qui, après avoir célébré la 'Révolution du Jasmin' et même inauguré des 'rues Mohamed Bouazizi', commencent presque à regretter le sublime mouvement populaire et la chute du tyran, sur l'air de 'tout ça pour ça ?'. Et d'espérer, presque, un 'sursaut', que 'quelque chose' se produise pour conjurer l'horrible 'scénario iranien'. Quelque chose comme... quoi ? Comme le coup d’État militaire de 1992 en Algérie, début d'une décennie de massacres ? Social-impérialisme, incapable de considérer les peuples arabes et de culture musulmane comme 'majeurs', quand tu nous tiens... On rappellera que le RCD de Ben Ali, comme le PND de Moubarak, furent jusqu'à leur chute membres de... l'Internationale socialiste, sans que cela ne gène d'aucune manière les hiérarques 'roses' d'Europe.
Et puis, bien sûr, des 'communistes' qui considèrent que 'tout ça, c'est parce qu'il n'y a pas de Parti', et donc... il fallait garder Ben Ali ? On ne voit guère d'autre option. Mais, au juste, les exploité-e-s, les affamé-e-s qui se sont levé-e-s 'comme d'un seul homme' ou ‘comme d'une seule femme’ après le suicide atroce de Mohamed Bouazizi, avant de faire 'boule de neige' dans tout le pays et d'acculer le tyran à la fuite... attendaient-ils/elles leur avis éclairé ? Évidemment que non. Il y a eu un 'fait divers', affreux, et les gens ont considéré que 'ce n'était plus possible'. Toute la colère accumulée depuis 23 ans (et même plus) a explosé. Bien heureux le 'Parti', quel qu'il soit, qui saurait ‘contrôler' cela. Ce sont les masses qui font l'histoire.
Les masses se lèvent, balayent les tyrans qu'on croyait indéboulonnable (comme le tsar en Russie)... Et, ensuite, un éventuel Parti intervient pour décider de 'réforme ou révolution', de construire un avenir nouveau ou 'tout changer pour que rien ne change'. Mais c'est tout.


Effectivement, ce résultat était totalement prévisible. Il va falloir admettre une chose une fois pour toutes. La spontanéité des masses, on le sait, n'est jamais révolutionnaire. En Occident, elle est réformiste, pour les conquêtes économiques et 'aller au bout' de la démocratie bourgeoise ; avec une tendance prononcée (en situation de crise) au social-chauvinisme. Dans les pays arabes, elle est 'islamiste', point. Disons plus exactement que, dans tous les pays dominés par l'impérialisme, elle est un mélange d'aspiration à l'indépendance nationale et à la justice sociale. En Amérique latine, c'est un puissant nationalisme contre le gringo, et une aspiration à la 'justice sociale' d'inspiration chrétienne. Elle a récemment trouvé à 's'incarner' dans le bolivarisme. Dans les pays arabes, cela a pu être le national-populisme 'moderniste', le 'kémalisme arabe' de Nasser, de Ben Bella ou de Bourguiba. Mais le nassérisme, le ben-bellisme et le bourguibisme n'existent plus. Les années ont passé et leur nature s'est révélée : le nassérisme a engendré Sadate puis Moubarak, le FLN a donné la junte actuelle, le bourguibisme a donné Ben Ali. Alors, elle s'incarne dans cet 'islam politique' (c'est le terme là-bas) qui peut finalement se résumer très simplement : à toutes les questions de masse, toutes les aspirations à l'indépendance nationale (contre l'impérialisme) et à la justice sociale (contre la hogra), une seule réponse : "il faut revenir à l'islam" ; ou, plus exactement, il faut revenir à AVANT la domination impérialiste. N'était-on pas 'si bien' ?
Telle est la spontanéité des masses et, lorsque le mouvement communiste est encore faible comme il l'est (bien qu'existant, et SLP salue ici tous les camarades du Maroc, de Tunisie etc.), il n'y a rien d'autre à attendre d'une élection bourgeoise pour une Assemblée bourgeoise.

L'autre grande force qui émerge de ces élections du week-end dernier, c'est (pour faire court) la social-démocratie : 30 sièges pour le Congrès pour la République (CPR), 'nationaliste de gauche' de Moncef Marzouki ; 21 pour 'Ettakatol' (social-démocrate) ; 17 pour le Parti démocrate progressiste (social-libéral, très lié dit-on à l'impérialisme, en particulier US) ; 5 pour le Pôle démocrate moderniste du Mouvement Ettajdid, ancien... PC tunisien. Ou encore, 1 siège pour le Mouvement démocrate socialiste. Soit 74 sièges pour la social-démocratie (allant de l'équivalent de Hollande à l'équivalent de Mélenchon). Les marxistes-léninistes 'albanais' ('frères' du PCOF) du PCOT récolteraient 3 sièges, selon une estimation constante ; il y aurait également un ou deux sièges pour le Mouvement des patriotes démocrates, qui se réclame 'marxiste et panarabe'.
A noter les scores de listes considérées comme 'néo-benalistes', 'émanation du RCD' : la Pétition populaire d'un mystérieux milliardaire basé à Londres (19 sièges), L'Initiative (5) ou encore Afek Tounes (4). C'est ce que représentent les partisans de l'ancien régime ; ceci dit, Ennahda aurait aussi, dit-on, recyclé beaucoup de 'petits RCDistes'. Les 'libéraux' du Parti libéral maghrébin et de l'Union patriotique libre ont un siège chacun.

[Il y a, toutefois, une chose à souligner ABSOLUMENT : les "90%" de participation avancés par les médias bourgeois sont en réalité "90%" des INSCRITS. Sur les 7,5 millions de Tunisien-ne-s en âge de voter, seul-e-s un peu plus de 4 millions étaient inscrit-e-s sur les listes, soit à peine un peu plus de la moitié ! En définitive, par rapport au corps électoral de 7,5 millions, la participation est de 48% et non 90%. Tous les résultats ci-dessus sont donc à relativiser à cette aune.]

En fait, comme pour l'Amérique latine, mais avec un phénomène de longue poussée puis d'explosion soudaine, ce que montrent les résultats de cette élection, c'est l'émergence de nouvelles couches bourgeoises longtemps écrasées sous la botte de l'appareil politico-économique RCDiste. Car si celui-ci a écrasé la Tunisie sous une poigne de fer, il l'a également considérablement développée, il a développé les forces productives, à travers notamment les 'mannes' du tourisme et de la sous-traitance. On peut dire que :
- la social-démocratie représente plutôt (et traduit l'influence sur les masses de) la nouvelle couche intellectuelle, 'tertiaire' et urbaine ;
- Ennahdha, bien que sa direction soit composée de hauts diplômés, universitaires et professions libérales, représente plutôt la nouvelle couche industrieuse, 'industrielle et commerciale' : des bourgeois pas forcément très éduqués, mais 'entrepreneurs'. Et, là encore, leur influence sur les masses, de préférence des régions reculées ou des zones déshéritées.
Au niveau de l'électorat de masse, le clivage est peut-être (comme on l'a lu ici et là) un clivage côte/arrière-pays, mais plutôt, plus certainement, un clivage de formation scolaire, de diplôme. L'électorat nahdaoui a probablement, sous réserve d'enquête, un niveau de diplôme moins élevé et un taux d'analphabétisme supérieur, un accès plus limité à internet, à la presse etc. que l'électorat social-démocrate. La jeunesse diplômée sans emploi ni avenir, qui joue un rôle moteur et essentiel dans les processus en cours, a probablement voté social-démocrate ou PCOT. Mais l'électorat d'Ennahda, ce sont les pauvres entre les pauvres. Les communistes ne doivent jamais perdre de vue cela.

Est-ce que ce 'triomphe' (avec 41%, c'est un peu exagéré : ils ne peuvent pas gouverner seuls) des 'islamistes' pourrait représenter, pour la Tunisie, le risque du FASCISME ?
Et bien, si l'on considère le fascisme non comme une idéologie précise, mais comme un mode de gouvernement, c'est à dire, dans un pays comme la Tunisie, une dictature réactionnaire terroriste au service de l'impérialisme, tentant de mobiliser une partie des masses contre une autre, alors... assurément, oui. Comme en Iran. Et exactement... comme l'était Ben Ali et son RCD, "laïc", "défenseur des femmes" et membre, comme on l'a dit, de l'Internationale socialiste.
Ça pourrait... ou pas. Ou pas, si l'impérialisme et la classe dominante locale a d'autres plans, comme par exemple d'enfermer les masses dans une 'réforme démocratique' de façade. Un plan qui, avec les scores de la social-démocratie, semble être une 'proposition stratégique' sérieuse d'un partie de la nouvelle bourgeoisie tunisienne aux tuteurs impérialistes.
Dans ce cas, Ennahda, ce ne sera pas la mollarchie iranienne mais... l'AKP turc (dont ils se réclament, d'ailleurs). Il est d'ailleurs à noter que l'AKP, en Turquie, représente aussi ces nouvelles couches bourgeoises qui se sont formées dans le dernier quart du 20e siècle, dans le pays comme dans la diaspora. Une nouvelle bourgeoisie plus anatolienne (même 'migrée' à Istanbul ou en Europe), moins 'bosphorienne' et 'égéenne'. Moins européanisée, d'où l'attachement à la culture islamique mise en avant par l'AKP. D'où, aussi, l'"ouverture" apparente (en mode libéral, bourgeois) sur les minorités arabe ou kurde, laze ou alévi, l'ouverture (toute limitée) sur les questions de langue, d'affirmation culturelle. D'où, enfin, le "néo-ottomanisme", la politique étrangère tournée vers l'Orient, débouché capitaliste 'naturel' pour cette nouvelle bourgeoisie. L’État profond, lui, avec notamment le Conseil des Forces Armées, restant kémaliste fasciste et tourné vers l'Occident - l'AKP, histoire de 'ne pas faire de vagues', lui laissant carte blanche sur le dossier kurde, par exemple.
Ennahda, ce pourrait donc être un conservatisme démocrate-bourgeois bon teint, une manière de démocratie chrétienne musulmane, en Große Koalition avec la social-démocratie (c’est déjà en discussion, avec le CPR et Ettakatol en tout cas). Gérant tranquillou, sous couvert de "le peuple tunisien s'est exprimé", les intérêts de l'oligarchie compradore-bureaucratique-foncière et de l'impérialisme ; avec ce qu'il faut de démocratie de façade et ce qu'il faut de répression des ‘partageux’. Et, peut-être, une pointe de nationalisme bourgeois du 21e siècle, de ce nouveau Bandung de notre époque : le classique discours sur les 'relations Sud-Sud', le rapprochement avec les 'émergents' etc. (et bien sûr, l’hostilité diplomatique à Israël).

Pour les masses exploitées de Tunisie et pour les révolutionnaires, qui continuent quotidiennement la lutte, rien donc de fondamentalement changé dans la misère et l'exploitation par rapport à l'ère Ben Ali, voire... peut-être une légère marge de manœuvre en plus, dont il faudra voir comment l'utiliser à bon escient. Et si c'est le fascisme, parce que le maintien des intérêts dominants l'exige, alors ce sera le fascisme EXACTEMENT COMME ça l'était sous Ben Ali, et comme ça aurait pu l'être sous une coalition "libérale" ou "social-démocrate" des 60% de non-Ennahda, ou encore sous une "reprise en main" militaire à l’algérienne.
Ce que veut dire SLP ; c'est que ce à quoi il faut absolument tordre le cou ; c'est cette idée que "Voilà, on a tout gagné : on a les islamistes" ; et que, finalement, il valait mieux que les masses restent bien tranquilles chez elles, l'échine courbée, et gardent Ben Ali. Idée que l'on retrouve de l'extrême-droite jusqu'aux gauchistes (dont c'est la caractéristique, de toute façon, d'être sur des positions de droite ou d'extrême-droite), en passant par la 'gauche coloniale' qui ne parvient pas à considérer les peuples arabes comme des peuples majeurs.

POUR LES COMMUNISTES, il n'y a que DEUX QUESTIONS à se poser, et pas trois :
- à quelles BONNES QUESTIONS le vote populaire, prolétaire et paysan pauvre pour Ennahda (c'est-à-dire : pour 'revenir à l'islam') est-il une MAUVAISE RÉPONSE ;
ET
- quelles sont les BONNES RÉPONSES, les réponses MARXISTES, à ces questions ?

C'est seulement en se posant ces questions, et en y répondant correctement, qu'un GRAND MOUVEMENT COMMUNISTE pourra se construire et se développer en Tunisie [Il y a, pour le moment, deux petites organisations maoïstes, peut-être en voie d'unification].

Au temps de la Révolution bolchévique, le bolchévik tatar Mirzayet Soltan-Galiev le disait déjà clairement : ce que les masses musulmanes voient dans les 'prophéties coraniques', dans la promesse de 'royaume du Mahdi', c'est finalement leur profonde (et humaine) aspiration au communisme. Ceci est également valable pour le 'royaume du Christ' des chrétiens ou le 'retour du Messie' des juifs.

Dans les masses exploitées, affamées et opprimées de la Terre entière, la soif de communisme est là. AUX COMMUNISTES DE JOUER !

 

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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 19:51

 

+ Déclaration finale du meeting de Paris (15 octobre)

 

Aujourd'hui, samedi 22 octobre, une centaine de personnes se sont réunies à Toulouse pour exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah. De nombreuses organisations étaient représentées : Coup Pour Coup 31, OCML-VP, NPA 31, Secours Rouge Arabe, Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah, AGEN, Comité Anti-Impérialiste, AFPS Pau, EuroPalestine Toulouse, PCmF, JCML, Libertat, AGET-FSE etc.

L'article s'enrichira dans les prochains jours, notamment des interventions des autres organisations.

Par ailleurs, un rassemblement lundi 24 octobre est organisé à Clermont Ferrand, voir l'appel ICI

Un rassemblement a eu lieu aussi vendredi 21 octobre organisé par le Secours Rouge/APAPC à Bruxelles, voir le compte rendu du rassemblement ICI

 

Ci-dessous l'intervention de Georges Ibrahim Abdallah faite à l'occasion du rassemblement :


 

Cher«e»s Camarades, cher«e»s ami«e»s,

 

À l’aube de cette 28e année de captivité votre mobilisation solidaire me va droit au cœur ; elle m’apporte beaucoup de force et d’enthousiasme.

Ce ne sont pas que des mots ! Vous savez Camarades, quand on est dans ces sinistres lieux depuis tant d’années, c’est toujours avec une intense émotion que l’on perçoit les initiatives des ami«e»s et des camarades rassemblés tout près ou à quelques kilomètres seulement de nos lieux de détention… Et c’est toujours avec une vive émotion aussi que l’on peut leur signaler, et souvent maladroitement d’ailleurs, la chaleur et la force qu’ils nous apportent ici par leur simple présence solidaire…

Vous voyez Camarades, votre rassemblement aujourd’hui ne peut certainement pas mieux tomber… En effet, cette semaine a été vraiment très riche en événements ayant rapport à la captivité, la solidarité et la lutte derrière les abominables murs, tout particulièrement en Palestine. Cette Palestine, quoi que l’on dise, demeure un des principaux leviers de la révolution arabe ; un trait d’union entre le mouvement des masses dans les diverses entités arabes. Tout ce que s’y passe trouve un grand écho immédiat dans tout le monde arabe ; et à ce niveau, les impérialistes de tous bords ne s’y trompent pas. C’est pourquoi d’ailleurs les États-Unis ont vite exprimé leur désapprobation de l’accord concernant la libération des combattants Palestiniens ces derniers jours.

Des milliers, des dizaines de milliers attendaient à Gaza et en Cisjordanie ce mardi 18 octobre ; tout un peuple attendait : des vieux, des jeunes, des enfants, tous attendaient de très bonne heure…Ils attendaient le père, la mère, le frère, la sœur, le fils, la femme, le mari ou tout bonnement le camarade ou le voisin… En fait ils les attendaient depuis toujours depuis une éternité… Pour certains d’entre eux depuis avril 1978, jour de leur enlèvement et de leur disparition derrière les abominables murs…

Finalement Camarades, la Résistance Palestinienne vient de les arracher aux griffes sionistes… Un peu plus de mille combattantes et combattants viennent d’être libérés…

C’est un grand jour dans l’histoire de la lutte palestinienne…

La Résistance a pu imposer la libération des camarades originaires du territoire occupé en 1948 et du plateau de Golan ainsi que d’Al Qods. C’est une première dans le parcours de la lutte antisioniste et c’est vraiment très important… L’unité de tout le peuple palestinien se trouve ainsi affirmée avec force et c’est d’une importance capitale dans la période actuelle.

Certes, la Résistance a dû accepter que certains des camarades originaires de Cisjordanie soient obligés de rester à Gaza loin de leur famille. Pire encore, elle a dû accepter aussi que 40 de ses plus valeureux combattants soient expulsés pour un temps en dehors de la Palestine vers des pays frères ou amis et bien entendu c’est contraire aux lois internationales. Cependant, ce qui est le plus douloureux Camarades, c’est que la Résistance n’a pas pu obtenir la libération de tous les camarades, surtout pas ceux dont les conditions de détention sont les pires, à savoir ceux qui se trouvent à l’isolement depuis, pour certains d’entre eux, une bonne dizaine d’années…

Camarades, il en est toujours ainsi des tourments du peuple palestinien : les moments d’allégresse et de grande joie ne sont que l’autre face de profondes blessures et d’énormes douleurs que les criminels sionistes font tout pour démultiplier et pérenniser.

Quoi de plus douloureux camarades, qu’au moment de la libération après 33 longues années de captivité le militant s’en allant vers la liberté se voit obligé de laisser dans les sinistres lieux des camarades en pleine grève de la faim !

Certainement, il va falloir compter, entre autres, sur la mobilisation solidaire pour faire cesser les mauvais traitements dont nos camarades font l’objet dans les geôles sionistes et en premier lieu en finir avec le régime d’isolement qui leur est appliqué… En attendant que la Résistance fasse le nécessaire et les arrachent aux griffes des leurs geôliers, il faut tout faire Camarades, pour être à leurs côtés dans cette grève de la faim qu’ils observent depuis le 27 septembre…

Camarades, comme vous savez, la solidarité et particulièrement la solidarité internationale, est une arme indispensable pour ceux et celles qui résistent dans les geôles sionistes de triste mémoire.

Je sais très bien, camarades, et notre peuple le sait aussi. Quand il s’agit de solidarité prolétarienne internationale les communistes répondent toujours : présents. Leur place est aux premiers rangs de ceux et celles qui se mobilisent contre l’injustice et pour l’avènement d’un monde meilleur.

 

À bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes
et autres réactionnaires arabes !

Toute la solidarité avec les camarades qui résistent dans les geôles sionistes !

Honneur aux martyrs et aux peuples en lutte !

La solidarité est une arme, faisons-en bon usage !

 

Ensemble, Camarades, nous vaincrons et certainement ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons.

À vous tous, mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires camarades et à travers vous à tous les camarades qu’on vient de libérer et à ceux et celles qui résistent dans les geôles sionistes.

 

Votre camarade Georges Abdallah.

22/10/2011



Intervention de notre collectif Coup Pour Coup 31 :



Je vais prendre la parole au nom du collectif Coup Pour Coup 31. Nous sommes un collectif anti-impérialiste qui milite à Toulouse et plus particulièrement dans les quartiers populaires de Bagatelle, de la Reynerie et d'Empalot.

 

Nous sommes à l'initiative de ce rassemblement afin d'exiger la libération de Georges Abdallah, à la veille de sa 28ème année d'incarcération. Nous remercions les différentes organisations et militants présents qui ont contribué à faire de ce rassemblement une réussite.

 

Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste libanais emprisonné à Lannemezan et incarcéré en France depuis 1984 pour des actions de résistance antisioniste. D’abord militant au Front Populaire de Libération de la Palestine, il a ensuite lutté au sein des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises.

 

S’il est emprisonné depuis 1984, c’est parce qu’il a été condamné pour complicité dans l’exécution d’un responsable du Mossad (les services secrets israéliens) en France et d’un attaché militaire états-unien à Paris. Or, il faut savoir que particulièrement dans les années quatre-vingt, le Mossad parcourait le monde afin de tuer des militants progressistes. Les FARL, en réaction, décidèrent de mener la lutte de résistance en frappant les intérêts impérialistes et sionistes.

 

Durant le premier procès, Georges Ibrahim Abdallah est jugé pour détention d’armes et d’explosifs et est condamné à quatre ans de détention. Le président des États-Unis, Reagan intervient au près de Mitterrand trouvant cette peine trop clémente. Les services secrets français vont alors découvrir opportunément de nouvelles armes qui permettent de le rejuger. Il requiert alors en 1987 une peine de dix ans. Cette décision paraissant encore trop « indulgente » aux yeux des États-Unis et d’Israël, il est alors condamné à perpétuité par une cours d’exception. L’acharnement judiciaire ne s’arrête pas là : il est prouvé quelque temps après le procès que l’avocat de Georges Ibrahim Abdallah, Jean-Paul Mazurier, lorsqu’il plaidait sa défense était un agent des services secrets français et la régularité du procès ne fut même pas remise en question !

 

En 1999, la juridiction régionale autorise sa libération mais le ministre de la justice de l’époque, Dominique Perben, intervient directement pour qu’il soit maintenu en prison.

 

L'histoire judiciaire de Georges Abdallah est l'illustration d'une justice aux ordres des intérêts impérialistes et de la bourgeoisie.

 

Nous soutenons la libération de G. Abdallah car c'est un militant révolutionnaire, anti-sioniste et anti-impérialiste. Son combat est aussi le notre.

 

Le fait qu'il soit incarcéré en France n'a rien d'anodin. En effet,  le soutien de la France à l'État sioniste n'est pas nouveau et n'a jamais été caché. C'est un soutien largement partagé par tous nos gouvernements successifs. C'est aussi un soutien actif : la France vend par exemple des armes à Israël.

Si les puissances impérialistes appuient si largement et activement Israël, c'est qu'elles y ont des intérêts, qu'ils soient économiques, politiques ou géo-stratégiques.

 

Lutter pour la libération immédiate de G. Abdallah ici en France, c'est aussi un moyen de lutter contre notre propre impérialisme, qui opprime et exploite de nombreux peuples. Les évènements récents au Maghreb et au Proche-Orient en sont par ailleurs d'autres manifestations.

Au delà de la solidarité, qui est nécessaire, lutter contre notre propre impérialisme est la meilleure façon d'appuyer ceux qui luttent dans leur pays pour leur émancipation.

 

G Adballah à toujours été clair sur ses opinions politiques et ses positions sur la Palestine.

Il revendiquait et revendique toujours :

– Une Palestine, libre, laïque et multiculturel. Un seul état sur le territoire historique de la Palestine.

– Le droit au retour de tous les palestiniens qui ont du s'exiler suite aux multiples agressions et à la colonisation sioniste depuis 1947.

Ces positions sont les positions historiques du mouvement de résistance palestinien, revendiquées par l'ensemble de la résistance pendant très longtemps.

Elles sont minoritaires aujourd'hui, notamment depuis les accords d'Oslo de 1993 où l'OLP négocia un compromis avec l'Etat sioniste.

Elles restent une ligne de démarcation claire avec le Hamas et le Fatah. Le Fatah, au pouvoir reconnaît l'Etat d'Israël. Le Hamas lui, porte des positions clairement réactionnaires: création d'un Etat religieux, volonté de combattre les juifs et présenter le conflit comme un conflit religieux.

Reconnaître Israël et soutenir la création de deux États, comme l'a par exemple demandé l'Autorité Palestinienne à l'ONU récemment, c'est oublier que l'État sioniste est un état colonial par nature. De plus seul la création d'un État laïc, démocratique et multiculturel peut créer les conditions de l'unité de toutes les classes populaires israélienne et palestiniennes nécessaires à leur émancipation.

Lutter pour la libération de G. Abdallah est donc aussi un moyen de soutenir la frange progressiste de la résistance Palestinienne comme le FPLP ou le FDLP, et de populariser ces positions.

 

Enfin, soutenir Georges Abdallah c'est aussi soutenir la lutte des prisonniers palestiniens en grève de la faim depuis le 27 septembre.

 

Georges Abdallah a préparé une déclaration depuis sa prison que nous allons diffuser et nous invitions les différentes organisations à prendre la parole. Merci.

 

Palestine vivra ! Palestine vaincra !

Vive la lutte des peuples contre l'impérialisme !

Libérez Georges Abdallah !

 


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Meeting international à Paris : Résolution commune (Fr & Eng)

 

Le meeting international « De la révolte des pays arabes à la révolution de nouvelle démocratie vers le socialisme et le communisme », convoqué par le Parti Communiste maoïste d’Italie et le Parti Communiste maoïste de France, a été un succès avec la participation et interventions des partis, organisations et camarades d’Italie, de France (PCmF, Coup pour Coup, Voie Prolétarienne, Comité Anti-impérialiste, Collectif Georges Ibrahim Abdallah), Maroc, Tunisie, Philippines, Indonésie, Turquie, Canada, Angleterre, Pays-Bas ;  avec des messages du Népal, Galice (Etat espagnol), Palestine, Autriche ; et avec le soutien du Pérou et de Turquie.

Le meeting a commencé par une introduction présentant le caractère du travail et du débat militant, de l’unité internationaliste et du meeting lui-même. Le document commun envoyé pour le meeting par les deux organisations maoïstes tunisiennes a ensuite été lu, suivi de la longue intervention des camarades du Maroc. Puis ont suivi les déclarations du Parti Communiste maoïste de France et du Parti Communiste maoïste - Italie.

Après ces interventions, le débat s’est ouvert avec les interventions des camarades de « Coup pour Coup » de Toulouse, du Comité Anti Impérialiste, du camarade du Maroc sur la situation particulière des prisonniers politiques maoïstes au Maroc, puis a été lu le texte d’avril 2011 de Georges Ibrahim Abdallah.

Puis a suivi l’intervention du Parti Communiste des Philippines.

Une autre phase du débat s’est alors ouverte, au cours de laquelle sont intervenus des camarades d’Indonésie, de France, d’un camarade se référant à la « nouvelle synthèse » de Bob Avakian, sur la question de l’influence de l’Islam au sein des masses et comment traiter cette contradiction d’un point de vue marxiste-léniniste-maoïste, dans le monde arabe et les autres pays du monde, et comment  affronter la question des forces intégristes islamistes.

Tous les camarades qui sont intervenus et qui étaient présents ont soutenu que l’on doit respecter les sentiments religieux des masses, construire les partis communistes sur la base solide du matérialisme dialectique et combattre les forces intégristes islamistes comme des réactionnaires s’opposant à la libération des peuples.

Après cet intéressant débat, au nom des organisateurs, le PCm Italie a exposé les résolutions, initiatives et propositions que le meeting lance et propose.

Avant tout, il a été annoncé que toutes les interventions, documents et messages seront publiés en français et dans toutes les langues possibles dans un numéro spécial de la revue « Maoist Road » au cours de cette année afin de permettre à toutes les forces présentes  et à tout le mouvement  communiste de prendre connaissance des analyses, discussions, positions et traitements des problèmes et ainsi pouvoir poursuivre dans toutes les formes possibles ce débat militant, dans l’esprit de l’internationalisme prolétarien et avec la méthode d’unité-lutte-unité.

Puis ont été annoncées les trois grandes initiatives :

1. Une journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques maoïstes du Maroc, à développer dans le plus grande nombre de pays du monde, sous toutes les formes possibles.

2. Un appel pour un meeting maoïste en Tunisie pour le printemps de 2012 auquel  pourront participer des délégués provenant de divers pays.

3. Une déclaration de soutien, à diffuser parmi les masses prolétariennes des pays impérialistes et dans tous les pays possibles, en soutien aux luttes ouvrières en Egypte et aux syndicats indépendants qui les organisent et les guident, contre le nouveau régime militaire-islamique qui veut les étouffer et interdire le droit de grève.

Ces propositions ont été approuvées par le meeting, qui s’est terminé par le chant de l’Internationale et en lançant les mots d’ordre suivant :

 

VIVE LE MARXISME-LENINISME-MAOISME !

VIVE L’INTERNATIONALISME PROLETARIEN !

VIVE LA REVOLTE DES MASSES ARABES

POUR LA REVOLUTION DE NOUVELLE DEMOCRATIE,

LE SOCIALISME ET LE COMMUNISME !

 

PCm - Italie – PCm de France

le 16.10.11

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Impérialisme et résistance (internationalisme) - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 19:47

 

Jeudi dernier, 20 octobre, se déroulait à Athènes une gigantesque manifestation et grève générale, à l'occasion du vote par le Parlement grec de la loi sur l'austérité.

Voyons le récit qu'en donne la presse 'alternative' : de 'violents affrontements' ont éclaté et, notamment, de violents affrontements devant le Parlement ; des 'jeunes radicaux' y attaquant la 'manifestation pacifique' du KKE et de son 'Front ouvrier', le PAME. La police (une des plus violentes d'Europe) a alors répliqué à coup de gaz lacrymogènes (quasi asphyxiants là-bas...). Un syndicaliste du PAME, ouvrier du bâtiment de 53 ans, s'est alors effondré et est décédé d'un arrêt respiratoire (ce sont donc bien les gaz de la police qui ont tué cet ouvrier syndicaliste - c'est en tout cas la version donnée par le Grand Soir, pro-KKE/PAME).

Le KKE s'est fendu d'un communiqué dénonçant violemment les 'groupes' et 'agents provocateurs', les 'cagoulés', voire les... 'anarcho-fascistes'. En réalité, un discours totalement huilé et une constante de ce Parti. Nous y reviendrons.

De l'autre côté, les milieux anarchistes et totos francophones de tout poil se répandent en vomissures 'anti-autoritaires', autrement dit antimarxistes : 'crapules staliniennes' (le terme 'stalinien' englobant de fait tout marxiste) etc. Le site Rebellyon va jusqu'à proclamer "Qu’on arrête d’accep­ter les fran­ges les plus auto­ri­tai­res du mouvement révo­lu­tion­naire à nos côtés. Non pas qu’il faut leur décla­rer la guerre car il se pas­sera demain la même chose à Lyon mais les nier dans leur existence et dans leur expression politique, si celle-ci existe", ou carrément (en commentaire) "Faut faire pareil avec nos staliniens à nous ! Ils arrêteront peut-être d’arracher des trucs CNT et Anti-Fa ou encore de coller et tagguer les portes de locaux libertaires ces putains de fascistes rouges !"... CQFD. On a envie de leur répondre, à ces petits bourgeois 'ultra-révolutionnaires' mais syndicalo-réformistes en pratique (et souvent 'no border' mais 'jacobins rouges et noirs' et islamophobes en pratique...) que certes, nous sommes bien obligés de nous retrouver à leurs côtés, car la place d'un communiste est là où se trouvent les masses, donc dans les manifestations et autres mouvements qu'ils infestent généralement ; mais qu'ils ne peuvent pas imaginer à quel point ça nous gonfle... Et que les communistes (le 'drapeau rouge de la collaboration' !) les emmerdent, accessoirement.
D'ailleurs, non seulement nous en reparlerons plus volontiers quand les milieux anarcho-totos francouilles arriveront à la CHEVILLE de leurs homologues grecs, mais là-bas, les actions de certains groupuscules mystérieux et non-identifiés soulèvent aussi les interrogations et sont rejetées par beaucoup d'anarcho-communistes et autres libertaires eux-mêmes... La frontière entre marxistes et libertaires est d'ailleurs souvent mouvante, au point qu'il est difficile de 'classer' un groupe 'combattant' comme Lutte révolutionnaire, par exemple.

En réalité, et sans mauvais jeu de mot, c'est toute la TRAGÉDIE GRECQUE actuelle qui s'étale dans ces évènements. D'un côté, une situation OBJECTIVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE comme jamais, et nulle part en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Première (et sans doute précurseuse !) en Europe, la Grèce s'apprête ni plus ni moins qu'à liquider le 'capitalisme à visage humain', le soma de 'niveau de vie' et de 'citoyenneté' qui enferme les masses populaires d'Europe de l'Ouest depuis 1945, et celles d'Europe du Sud (Grèce, Portugal, État espagnol) depuis la fin des dictatures terroristes ouvertes en 1974-75...
Et de l'autre... un mouvement de résistance populaire gigantesque, certes, mais de résistance. Qui ne débouche sur aucune réelle perspective révolutionnaire.

Un mouvement PRIS EN ÉTAU, et on l'a vu tragiquement la semaine dernière devant le Parlement, entre le mouvement de masse réformiste et défenseur des institutions du KKE/PAME et le mouvement 'minoritaire-activiste' SANS PERSPECTIVE des 'cagoulés' (kokoulophori : c'est leur nom officiel là-bas).

Le KKE, pas plus qu'aucun Parti de la première Internationale communiste, n'a jamais été 'parfait'. Mais, dans les années 30 et surtout 40, c'était un Parti révolutionnaire, objectivement. Un Parti qui a mené la résistance populaire héroïque contre l'occupation nazie-fasciste du pays (574.000 morts, 8% de la population...). Puis, qui a résisté et affronté les troupes britanniques venues pour les désarmer et réinstaller la monarchie réactionnaire, en 1944. Il y aura ensuite une 'pause tactique' en 1945-46, à laquelle il est fait allusion dans le communiqué de l'Assemblée de Syntagma (cf. ci-dessous, 'Varkiza'). Mais, contrairement au PCF et au PCI, le KKE reprendra la lutte dès 1946 contre la monarchie réactionnaire restaurée et ses soutiens impérialistes anglo-américains. Cette guerre civile sera perdue, en raison d'erreurs de stratégie militaire (pas réellement basée sur la Guerre populaire ; trop considérée comme une 'nouvelle résistance' contre une 'nouvelle occupation' anglo-US : dans les zones contrôlées, il n'y aura pas de réforme agraire, pas de socialisation des moyens de production etc.), ainsi qu'en raison de la trahison de Tito (qui cesse en 1948 la fourniture d'armes, alors qu'il était le principal pourvoyeur).

Cette vidéo (pro-KKE) retrace, certes de manière 'elliptique', ces évènements :

 
Récit poignant... et évocateur : à aucun moment, ce petit clip n'évoque ni ne remet en question les erreurs du Parti (notamment l'absence de réformes économiques et sociales) durant cette guerre. La tentative révolutionnaire grecque a péri sous les bombes anglaises et U$, point... Si c'est l'état d'esprit qui prévalait déjà en 1950, alors il est clair que 'le ver était dans le fruit'. La cause principale de l'échec est toujours intérieure. Un Parti qui ne se remet pas en question ne peut que finir comme le KKE aujourd'hui...

La direction du Parti, suivie d'une grande partie des troupes, prend alors le chemin de l'exil vers l'Albanie, la Bulgarie, l'URSS. Une partie reste en Grèce (KKE 'intérieur'). Installée à Tashkent, au Tadjikistan, la direction 'stalinienne' du KKE (c'est à dire, encore un tant soit peu révolutionnaire) est liquidée par les khrouchtchéviens en 1956. Le secrétaire général, Nikos Zachariadis, finira ses jours au fin fond de la Sibérie.
C'est le 'tournant révisionniste'. A partir de là, le KKE se lancera dans l'alliance avec (et la soumission à) la 'gauche' bourgeoise, contre les forces conservatrices et réactionnaires (cette alliance est aujourd'hui évidemment rompue). Il redeviendra légal après la chute des Colonels, en 1974.

Depuis plus de 40 ans, le KKE joue un rôle trouble, déconcertant, avec un discours invariant (on l'a vu plus haut : 'provocateurs', 'anarcho-fasciste' etc. dès qu'il est question de radicalité, d'antagonisme assumé, de révolte physique contre l'oppression...).
Contrairement à beaucoup de Partis (ou ex-Partis) révisionnistes en Europe, le KKE garde une réelle base de masse. Aux élections, il obtient encore de 8 à 10% des suffrages (PCF en 2007 : 1,5% ; Refondation communiste et PdCI en Italie, en 2008 : 3%). Et surtout, contrairement là encore à beaucoup, il garde une réelle base ouvrière. On ne peut pas le nier. Même si on y trouve beaucoup, aussi, de ce 'petit emploi public tertiaire' développé par l’État depuis 30 ans pour lutter contre la crise ; et que l'austérité consiste tout simplement à liquider.
Il en découle une apparente radicalité, une combattivité qui est l'expression de cette nature de classe. La banderole 'Peoples of Europe, rise up !' hissée sur le Parthénon, et reprise par SLP comme titre pour sa catégorie sur les luttes de classe en Europe, c'était eux. Mais voilà : cette base ouvrière et de 'petit emploi public' paupérisé par la crise, radicale et combattive, reste 'attachée' (la version anglaise du texte ci-dessous dit 'glued' : collée, engluée) à une direction idéologique qui n'a rien, mais alors rien de révolutionnaire, et même bien au contraire.
Le KKE ne lutte pas contre la bourgeoisie grecque, ni même contre la très haute bourgeoisie à tendance oligarchique, et encore moins contre l’État. Son ennemi, il  le dit très clairement, c'est l'UE et l'OTAN (dont est membre la Grèce), et les 'ploutocrates' et 'politiciens vendus' à leur service. Si la Grèce sortait de l'UE et de l'OTAN, tout serait en grande partie résolu : le 'Peuple grec' est 'organiquement' bon, c'est un 'grand peuple' qui a résisté aux Ottomans, aux dynasties d'origine étrangère, aux nazis-fascistes et maintenant à l'UE et à l'OTAN... Impression de 'déjà vu' ? Ne vous étonnez pas : le KKE est considéré par le PRCF et toute la 'gauche du PCF' à la André Gerin comme un 'Parti frère'.
Ce chauvinisme ultra est dénoncé par l'intégralité de la gauche radicale et révolutionnaire du pays : anarchistes et libertaires, ML, maoïstes, trotskistes, 'eurocommunistes' etc. SLP est bien d'avis que la Grèce n'est pas un pays impérialiste, mais un pays 'dominé avancé' comme les pays d'Europe de l'Est et des Balkans, la Turquie 'européenne' (région d'Istanbul et Mer Egée), etc. ; et qui est passé en 1974 (avec la chute du régime des Colonels) d'une tutelle plutôt anglo-américaine à une tutelle 'UE' c'est-à-dire franco-allemande. Mais il y a libération nationale et nationalisme bourgeois. Le KKE, c'est du nationalisme bourgeois.
Du coup, les choses vont encore beaucoup plus loin. Le KKE ne supporte pas qu'on 'abîme sa Grèce'... On l'a dit, depuis plus de 40 ans, le positionnement est constant et le discours invariant :
- le 17 novembre 1973, soulèvement étudiant de l’École polytechnique à Athènes. Précipitant la chute des Colonels (même si ce fut pour une 'démocratie' soumise à l'axe franco-allemand), cet évènement est encore célébré chaque année par les forces révolutionnaires grecques. Mais le KKE parlait alors de... 'provocation policière' !
- en 1979, les forces du KKE interviennent directement pour briser un soulèvement étudiant à l’École de chimie. Rebelote en 1998 à Polytechnique, où ils collaboreront directement avec la police pour l'arrestation de 100 personnes.
- fin 2008, c'est évidemment le positionnement ignoble sur l'insurrection de la jeunesse, suite à l'assassinat policier d'un jeune. Le KKE parlera encore une fois de 'provocateurs', 'agents du gouvernement Karamanlis', 'fascistes cagoulés' etc.

Et ainsi de suite... Ici, abstraction faite du vomi anticommuniste anar-con, les témoignages sont fiables sur le fait que le rassemblement KKE/PAME protégeait, de facto, le Parlement d'un assaut populaire. Dans toutes les mobilisations sociales et populaires, le KKE fait 'bande à part' avec un sectarisme certain, refusant de côtoyer le reste de la gauche radicale et révolutionnaire. Et son service d'ordre, constitué par sa jeunesse (KNE), intervient systématiquement en appui au 'système' qu'ils prétendent combattre, dès qu'il y a 'débordement'. Au point que les 'jeunes radicaux' parlent de 'KNAT', jeu de mot entre KNE et MAT, la force anti-émeute du capitalisme.
C'est véritablement une constante, pas un 'échauffement des esprits' localisé, qui pourrait surgir ponctuellement dans une manif que les uns voudraient 'propre et ordonnée' et les autres 'radicale et bruyante'. Si le KKE peut jouer ce rôle, c'est parce qu'il est (encore) une organisation de masse. Il va de soi que le PCF, tentant de garder ses derniers électeurs (et la CGT ses derniers adhérents), connaissant actuellement un certain 'regain' avec des adhésions importantes à la JC, ne peut pas se permettre de jouer aussi ouvertement le rôle de supplétif des institutions ; et d'ailleurs, sa 'force de frappe' n'intéresse plus guère le Pouvoir... En revanche, PCF et CGT jouaient clairement ce rôle dans les 'années 68'.
Pour le KKE, il y a finalement un 'Peuple travailleur' pris entre les 'casseurs d'en haut' (les 'ploutocrates' européistes, 'laquais du FMI' etc.) et les 'casseurs d'en bas' (la jeunesse radicalisée). C'est presque du Soral. Le KKE n'assume tellement pas l'antagonisme avec les institutions de la bourgeoisie, que lorsque les gaz de la police tuent un de ses militants (père de deux enfants), il préfère vomir sur les 'anarcho-fascistes' !

Tel est, donc, le premier grand frein à la 'révolution grecque' : la classe ouvrière, les petit-e-s employé-e-s, les travailleurs/euses gagnant autour de 800 euros par mois, sont largement prisonnier-e-s de ce qui précède.
Mais, de l'autre côté... Les jeunes 'radicaux' qui se sont heurté-e-s à la 'manifestation' du PAME voulaient 'prendre d'assaut le Parlement'. Admettons (ce qui paraît déjà délirant, tant l'édifice est évidemment protégé) qu'ils y soient parvenus. Qu'auraient-ils alors fait ? Ils y auraient 'proclamé' quelque chose ? Mais quoi ? Les anarchistes refusent en bloc, bondissent au plafond quand on leur parle de toute organisation politique autre qu'affinitaire. Pour eux, les mots 'Parti' ou même 'organisation' signifient la fin de tout 'mouvement insurrectionnel'... Alors, quoi ? Ils y auraient mis le feu, avant de regagner leurs 'squats autogérés' ? Et après ? Croit-on réellement que l'incendie du Parlement suffise à détruire l’État du Capital ??!!? C'est bien sûr tout à fait ridicule. Mais totalement dans l'idéologie anarchiste (plus que 'communiste libertaire') : l’État (symbole de toutes les oppressions : sociale, patriarcale, raciste, impérialiste etc.) peut être 'dissous' à force de groupes d'individus lui 'tournant le dos' et se regroupant en 'communautés' et lieux de vie anarchistes. Et il peut s'effondrer sous les 'coups' d'actions 'symboliques' comme l'incendie d'un Parlement (ou, autour de 1900, l'exécution d'un chef d’État). Absurde.
Pour les marxistes révolutionnaires, c'est à dire les maoïstes (qui sont les seuls véritables de notre époque), le CAPITALISME et son État (l’État ayant toujours une nature de classe ; et pouvant être prolétarien, révolutionnaire) ne peuvent être détruits que par une LONGUE LUTTE RÉVOLUTIONNAIRE à la base, une Guerre populaire prolongée. Une lutte qui, dans son déroulement, transforme à la base la société, jetant les fondations d'une organisation politique et économique socialiste (en route vers le communisme). Ce qui n'a rien à voir avec se regrouper de manière 'affinitaire' dans un bâtiment occupé, pour y mener une vie communautaire, 'égalitaire', 'autogérée', 'anti-consumériste' etc. (ou se voulant telle) ; en 'espérant' que 'un jour', des 'millions' suivront le même chemin. Tout ceci abstraction faite, bien sûr, des 'anarchistes' qui, en dehors de la manif ou du rassemblement de temps en temps, mènent une vie parfaitement 'petite-bourgeoise', enfin... de Monsieur tout le monde, quoi !
En définitive, la révolution prolétarienne est un affrontement de classe de type militaire. La bourgeoisie a ses institutions, sa police, son armée, son état-major, son Chef des Armées... et les prolétaires doivent avoir les leurs : leur Parti avec son Front uni, leur Armée révolutionnaire, leurs organes de Pouvoir populaire. Ceci, organisé et coordonné au niveau de chaque État bourgeois. Mais dites cela à un anarchiste, il éructera, il s'étranglera : "ah non !!! jamais !!! si c'est ça, la révolution est finie !". En attendant, c'est la 'révolution grecque' qui est finie, d'ores et déjà, quel que soit le temps que ça prendra en pratique...

D'un point de vue de classe, les kokoulophori grecs représentent plutôt la jeunesse scolaire et étudiante des 'futurs diplômés au chômage', ou 'génération 800 euros', et ceux qui en sont déjà là... Leurs parents sont généralement PASOK, 'gauche radicale' diverse de type SYRIZA, voire de droite. C'est une (pour faire court) 'petite-bourgeoisie déclassée' ; ce qui n'est en rien une insulte : SLP a toujours dit très clairement que, dans une société 'moyennisée' pendant des décennies et à présent re-prolétarisée, c'est un ferment révolutionnaire essentiel. Mais voilà : cela se traduit aussi par une tendance à l'individualisme ou au 'groupisme', à l'idéalisme sur la nature du 'système' qui exploite et opprime...
La mouvance KKE, elle, en dehors d'une jeunesse liée à une certaine culture d'engagement politique 'de père/mère en fils/fille', représente plutôt les 'installés', les personnes d'un certain âge, ouvriers ou 'petit emploi public', qui ont construit une petite 'situation' personnelle et ne veulent pas la perdre : ce sont les 'moyennisés' des années 70-80 (typiquement la génération du syndicaliste mort devant le Parlement) qui ne veulent pas mourir... Mais leur combat n'est pas tourné vers un futur communiste : il est tourné vers un passé idéalisé (a-t-il vraiment existé, d'ailleurs ?) dont les liquidateurs seraient (simplement) l'UE, le FMI, l'OMC, le G8... et leurs 'ploutocrates' locaux.

Si l'on résume les choses à l'extrême, la contradiction de cette sombre affaire apparaît dans toute sa TERRIBLE DIMENSION : le PAME protégeait le Parlement tandis que les jeunes 'radicaux' voulaient l'attaquer ; MAIS la victime de ces affrontements est un OUVRIER, tandis que les assaillants 'radicaux' étaient vraisemblablement des étudiants ou des lycéens petits-bourgeois... Ce n'est pas, comme le font autant le KKE que les anarchistes de Rebellyon et du Jura Libertaire, une simple question de se traiter mutuellement de 'flics' : 'flics staliniens' contre 'provocateurs anarcho-fascistes'. C'est une contradiction réelle et PROFONDE de tout mouvement de lutte, particulièrement dans les pays impérialistes ou 'dominés avancés' comme la Grèce (dans les pays 'semi-coloniaux/semi-féodaux', le caractère de classe des 'identités politiques' est plus 'logique'...).

Voilà donc où l'on en est en Grèce : la situation objectivement la PLUS RÉVOLUTIONNAIRE d'Europe... et, en même temps, sur la plan SUBJECTIF, une 'décantation' des forces révolutionnaires LENTE, très lente, freinée par le sectarisme (comme d'ailleurs en Hexagone, il faut d'ailleurs souligner la 'francophilie' de la 'gauche radicale' grecque) et par une certaine culture de l'engagement politique 'de père/mère en fils/fille'. Existe-t-il une alternative ?
Il y a un KKE-ML, issu de la réaction, dans les années 1960, contre la liquidation du KKE historique par les khrouchtchéviens. Il a émis un communiqué dont l'analyse est globalement celle exposée ici : un mouvement avec un potentiel révolutionnaire évidemment énorme, mais pris en étau entre gauchisme 'cagoulé' et social-populisme KKE rempart du système ; et qui n'arrive pas à se développer qualitativement (tout en s'amplifiant toujours en quantité). Mais ce KKE-ML a-t-il réellement dépassé les limites du mouvement 'marxiste-léniniste' issu des années 60, limites consistant justement en une défense dogmatique de Lénine-Staline sans voir les limites qui, dans le Komintern, ont conduit à la victoire du révisionnisme ? Il est permis d'en douter...
Il y a le KOE, Organisation communiste de Grèce formée récemment à partir des ruines de ce qui était le mouvement ML à la fin des années 80. Il se veut 'penseur avec sa tête', 'créatif' dans l'application de la science communiste. Il se réclame du maoïsme. Mais en pratique ? Sa position sur l'équivalent grec des 'indignés' ibériques (socialement, globalement : les 'parents' des kokoulophori), au printemps dernier, était totalement pourrie ; CAUDISTE c'est à dire 'à la queue' du mouvement : il ne fallait 'surtout pas' intervenir avec des 'mots d'ordre idéologiques' ; autrement dit, surtout pas essayer de porter ce mouvement à un niveau supérieur, révolutionnaire. Il fallait s'en remettre à sa 'spontanéité', or la spontanéité des masses est réformiste ; et, en Grèce, implantation de masse du KKE oblige, elle n'est jamais exempte d'un certain chauvinisme (auquel n'échappe d'ailleurs pas le KOE lui-même, avec des allusions tendancieuses sur les banques 'grecques' entre guillemets, etc.). Globalement, il considère que l'étape préalable à la refondation du Parti communiste de Grèce et du mouvement communiste, est d'abord la refondation d'une vraie 'Gauche' populaire, qui aurait été 'dissoute' dans le néolibéralisme des années 80-90. Une 'Gauche' qui, si l'on veut bien admettre l'importance du terme dans la culture politique de masse, ne veut strictement rien dire en termes de classe ! SLP l'a déjà expliqué mille fois : il y a une 'gauche' BOURGEOISE, qui est la partie de la classe dominante qui pense sauver sa peau par des concessions (et qui 'prend bouche' avec des leaders du mouvement ouvrier organisé, qui deviennent ses agents). C'est mieux que la partie qui pense se sauver par un massacre ; mais aujourd'hui, en crise pour ainsi dire terminale du capitalisme, cette 'gauche' bourgeoise tend à se rétrécir lentement, face à la montée en force de la 'droite'. On le voit bien en Grèce, où il n'y a plus qu'une droite modérée : le PASOK qui met en œuvre l’austérité de l'UE et du FMI. Il y a une 'gauche radicale' PETITE-BOURGEOISE, représentant l'aile 'démocratique' et 'progressiste' des petites classes moyennes, des travailleurs intellectuels, des fonctionnaires etc. ; et non l'aile populiste et fascisante (plutôt représentée par les petits producteurs 'indépendants'). Mais celle-ci reste soumise idéologiquement à la 'gauche bourgeoise', comme 'aile radicale', et elle tend à suivre le même déclin. En Grèce, c'est typiquement la coalition SYRIZA autour de Synapsismos (SYN), 'gauche' de type 'eurocommuniste' associée avec des post-trotskistes de type NPA. Le KOE, depuis 2004, participe 'critiquement' à cette coalition... Parfois, le réformisme petit-bourgeois, quand les perspectives réformistes se ferment, peut évoluer vers un social-populisme au discours de plus en plus douteux : c'est le cas du KKE (mais, là encore, ce social-populisme sera toujours débordé par les vrais fascistes). Et puis il y la GAUCHE RÉVOLUTIONNAIRE du prolétariat et des classes populaires : les personnes non-soumises à la 'gauche' bourgeoise ou petite-bourgeoise, qui veulent renverser le capitalisme et instaurer le communisme ; soit directement, soit à travers une transition socialiste : autrement dit, le mouvement communiste (marxiste révolutionnaire) et le mouvement anarchiste ou libertaire. Le KOE comprend-il bien ces différences ? Rien n'est moins sûr...
Au niveau international, le KOE est membre de l'ICMLPO (qui regroupe aussi bien le PC des Philippines, les CARC ou VP que des organisations comme 'Patria Roja', hostile à la Guerre populaire au Pérou, etc.). Et il est de tendance 'campiste', c'est à dire soutenant le rôle 'positif' d’États 'anti-impérialistes' comme l'Iran, la Syrie, la Libye de Kadhafi ou ‘l’État Hamas’ de Gaza ; sans voir la dialectique 'd'unité et lutte' qui existe entre le sentiment réel anti-impérialiste, aspirant à la libération nationale, et parfois la résistance active à l'impérialisme que ces entités incarnent (Gaza, Liban), et le caractère nationaliste bourgeois et réactionnaire de celles-ci... Là encore, c'est se 'mettre à la queue' de la spontanéité des masses : l'anti-impérialisme 'populaire', ne distinguant pas entre nationalisme bourgeois et libération nationale faisant partie de la révolution mondiale, est effectivement la spontanéité des masses dans les pays dominés. Donc, pour le KOE, c'est 'bien'. En définitive : le problème du KOE est le spontanéisme ; ce qui obère considérablement ses chances de prendre la tête d'une libération révolutionnaire de la Grèce.

Il y a également une coalition formée récemment, ANT.AR.SY.A, apparemment dominée par le trotskisme 'dur' mais qui peut contenir des éléments intéressants...

Finalement, c'est de la pratique que naissent les idées justes. Ainsi, un exemple de 'Guerre populaire à l'étape zéro' (à laquelle manque simplement un Parti), pourrait être la grande et glorieuse résistance des masses populaires de Keratea, contre un projet de décharge à ciel ouvert, dont a parlé SLP il y a quelques mois. Une lutte défensive*, par l'absence d'un Parti révolutionnaire pour poser la question du pouvoir. Mais un bel exemple de la manière dont le Pouvoir populaire (et, par suite, l'économie collective) se CONSTRUIT A LA BASE, dans et par les masses, avec la nécessité d'un Parti entouré d'un Front uni, dirigeant une Armée du Peuple, pour arracher les milles luttes populaires à la 'défensive' (autrement dit, l'arrêt une fois les revendications satisfaites) et leur donner une VISION D'ENSEMBLE et une perspective révolutionnaire : ravir le Pouvoir des mains de la bourgeoisie, détruire son État, et le remplacer par le leur ; avec pour objectif le COMMUNISME !

Il va sans dire que tout cela n'est nullement 'oublier la France et les Français' (monsieur !), mais au contraire totalement d'actualité et lié avec la situation en Hexagone. Car l'austérité, ici, c'est pour demain (Hollande s'y collera peut-être, comme 'Papandréou bleu-blanc-rouge'). Et si le 'milieu militant' (globalement, les gens qui descendent dans la rue) continue à se structurer et se bi-polariser de cette manière, avec un pôle 'social-populiste' se structurant autour du Front de Gauche de Mélenchon, et une nébuleuse 'ultra-radicale/ultra-révolutionnaire/ultra-tout' gravitant autour de délires comme l'Appel ou 'Voie lactée' (ces derniers semblent toutefois avoir renoncé à 'diriger' quoi que ce soit : ils attendent qu'on 'vienne à eux', leur 'légitimité' naissant de la 'perfection scientifique') ; on pourrait bien se retrouver dans la même situation**. Et qui tirera les marrons du feu ? D'après vous... Les FASCISTES, bien évidemment !

Voici la Résolution de l’Assemblée Populaire de la place Syntagma :

Original statement : http://www.occupiedlondon.org/blog/2011/10/22/resolution-by-the-popular-assembly-of-syntagma-s

Note du traducteur : notez bien qu’il s’agit d’une traduction à partir d’un texte anglais lui-même traduit du grec, et qui est donc tributaire des approximations de cette première traduction, sans compter les miennes…

Après Varkiza [1], Polytechnique [2], l’école de chimie (1979) [3], décembre [2008] [4], et de nombreux autres événements, les fait ont une fois de plus mis au jour l’attitude du Parti, qui trahit systématiquement les luttes populaires. Et si jusqu’à présent ils ont étranglé, avec leur bureaucratie, toute grève généralisée et déterminée de ces dernières années, s’ils ont stigmatisé toute révolte comme étant une “provocation”, désormais l’histoire montre qu’il ne s’agissait nullement de “simples erreurs politiques”, mais d’un effort conscient et coordonné de défense de la dictature parlementaire et des relations sociales et financières instituées par le capitalisme. C’est cet effort qui s’est également exprimé hier (20/10), et ce malgré les appels qu’ils ont lancé au peuple à manifester pour renverser le gouvernement. Ils ont assuré la bonne garde du parlement et, au lieu de l’encercler, ont agi encore plus sauvagement que la police, brisant des crânes et livrant des manifestants aux forces de répression. Le pire étant que par leurs actes ils ont offert à l’État une légitimité, quand celui-ci assassinait l’un de leurs camarades, dont le meurtre a été attribué à une violence para-étatique.

Depuis hier, de façon définitive et irréversible, le mal-nommé “Parti Communiste” n’est rien de plus qu’un obstacle à la crémation du cadavre parlementaire. Tout homme libre combattant pour sa dignité en ces heures cruciales doit en représailles s’attaquer politiquement à lui. Cette proposition ne doit pas être comprise comme une scission au sein du mouvement. Nous avons peut-être des problèmes communs, des cibles communes avec les électeurs de base du “Parti Communiste”, mais les politiques et les actions de la direction à laquelle ils sont attachés suivent à la lettre les ordres du gouvernement et des envoyés du FMI, de l’UE et de la BCE. Nous n’avons jamais marché à leurs côtés, ils ne seront jamais des nôtres. Nous devons nous rappeler que le “Parti Communiste” agira comme une cinquième colonne du régime dictatorial, espérant une fois de plus grappiller les miettes tombées de la table parlementaire, ainsi qu’ils l’ont prouvé en 1990 [5].

Les attitudes de chacun des groupes politiques, qu’ils soient parlementaires ou non, apportant un soutien aux actions du “Parti Communiste”, par leur silence ou par des déclarations claires, sont également condamnables. Car, aussi longtemps que ces partis agiront par le biais d’un parlement de laquais de la Troïka, et continueront à recevoir leurs gras salaires, ils seront entièrement co-responsables de ce qui est arrivé et de ce qui va arriver. Leurs votes contre les mémorandums et les lois qui en découlent montre bien leur rôle dans la dictature : ils fournissent l’alibi de la polyphonie et de la démocratie à un parlement fantoche [NDT : ici, formulation anglaise peu claire, remplacée par une assertion que j’espère proche du sens original], afin de pousser une population paupérisée à continuer de compter les voix à chaque échéance d’un vote joué d’avance et destiné à abolir leur futur, tout en les nourrissant de l’illusion que quelqu’un parle en leur nom et en leurs intérêts. Ainsi, cette population abandonne l’opposition aux professionnels de la politique, et ne ressent pas le besoin de réagir immédiatement et en personne. Tout vote, y compris à l’endroit des partis extra-parlementaires de “l’extrême-gauche”, dans les scrutins nationaux et locaux, n’est rien de plus qu’un peu d’huile pour les rouages de la machine et une légitimation de la “justesse” de la dictature parlementaire en place.

Depuis le 25 mai, lorsque nous nous sommes pour la première fois rassemblés sur la place [Syntagma], nous avons montré que la démocratie directe donnait à chacun la possibilité de participer, de se consulter les uns les autres, de construire des idées ensemble, de façon autonome, loin des labels idéologiques et parlementaires. Nous resterons là, contre leur parlementarisme de la banqueroute et leur bureaucratie.

NOUS PRENONS EN MAIN NOS VIES

DÉMOCRATIE DIRECTE, MAINTENANT

Assemblée Populaire de la Place Syntagma, le 21/10/2011

[1] Référence au traité de Varzika, signé en 1945, par lequel le Parti Communiste a trahi la lutte armée et les milliers de combattants de la guerre civile, en échange de la légalité au sein du nouveau régime. [N'importe-quoi anarchiste anticommuniste, NDLR. Il s'agissait d'une 'pause' tactique avant de déclencher en 1946 la 'guerre révolutionnaire', le 'second maquis partisan'. Celui-ci sera vaincu (1949) par insuffisance de stratégie militaire révolutionnaire ; mais aussi parce que le grand 'anti-stalinien', le grand 'anti-totalitaire' Tito leur coupera l'approvisionnement...]

[2] Référence à la déclaration initiale du Parti Communiste contre le soulèvement de Polytechnique en 1973, désignant les participants de ce soulèvement comme étant des “provocateurs de la police”.

[3] Référence aux incidents de 1979 à l’école de chimie d’Athènes, durant lesquels des membres du Parti Communiste ont cassé l’occupation de l’école, en coopération directe avec la police.

[4] Référence, bien sur, à la condamnation récente de la révolte de décembre 2008.

[5] Référence au partage du pouvoir entre le Parti Communiste et les deux principaux partis parlementaires, la ND et le PASOK, en 1990.

ΜΑΤ-ΚΚΕ ΚΟΙΝΟΣ ΑΓΩΝΑΣ ! MAT-KKE, MÊME COMBAT ! MAT-KKE, SAME FIGHT !

Source : laguerredanslame.tumblr.col



[* On pourrait encore citer les "Robin des bois" de l'électricité, qui rétablissent le courant aux foyers qui ne peuvent plus payer (près de 1 million de personnes sur 11 !). Et toutes sortes d'initiatives "Je ne paie plus". Initiatives, bien sûr, dénoncées par le KKE comme... 'antipatriotiques' ]

[** Soit (c'est en répétant les choses que ça rentre) : d'un côté les bureaucrates qui rêvent de postes ministériels, parlementaires ou locaux dans un 'nouveau Front populaire' ; de l'autre les intellectuels 'ultra-radicaux' petits ou grands bourgeois, qui se rêvent en 'gourous' ou 'cadres rouges' de la révolution ou de 'l'insurrection qui vient'. Et leurs troupes respectives : paumé-e-s issus de la décomposition des petites classes moyennes, idéalistes croyant qu'on peut changer le monde sans organisation allant au-delà d'un groupe affinitaire local (mais avec des slogans poétiques sur les murs) ; ou (pour les réformistes et social-populistes 'remparts' du système)... moutons, tout simplement (la fameuse 'spontanéité réformiste/légaliste des masses').]

 

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Peoples of Europe, rise up ! - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 02:25

 

La thèse développée par SLP, aussi bien dans son article La Question nationale au 21e siècle que dans les Considérations diverses : un (gros) pavé sur la Question nationale..., appelle une clarification afin d'éviter 'préventivement' toute confusion et donc tout 'procès' basé sur une fausse interprétation du concept.

Au préalable, il est important de rappeler que cette thèse :
1°/ est une 'piste de réflexion', qu'elle est peut-être erronée en tant que telle ou (plus probablement) imparfaite ; et que SLP, contrairement à 'd'autres', n'a pas la prétention de détenir la vérité ;
2°/ est 'maximaliste', 'gauchiste' dans le sens où la conscience réelle de masse est actuellement bien en-deçà ; ou plutôt, ce qui serait gauchiste, serait d'en faire une ligne de démarcation absolue à l'heure actuelle.

Ensuite, la confusion très importante à dissiper, c'est que l'encerclement des Centres par les Périphéries n'est pas une substitution de ceux-ci aux classes et à leur lutte. Il n'y a pas une 'lutte de la Périphérie contre le Centre' remplaçant la lutte des classes. Dans toutes les Périphéries et tous les Centres, il y a une bourgeoisie dominante (éventuellement aussi des féodaux dans le 'tiers-monde') et un prolétariat (parfois allié à une paysannerie pauvre et aux 'indépendants' pauvres) ; et ces deux 'pôles' idéologiques, de la Révolution et de la Réaction, s'affrontent avec les forces que chacun aura gagné à lui.
Simplement, l'encerclement du Centre par la Périphérie est le SENS DE DÉPLOIEMENT de cette lutte de classe. Autrement dit, le NIVEAU DE LA LUTTE DE CLASSE, le niveau d'antagonisme et, en définitive, le niveau d'avancement vers le communisme, est d'autant plus élevé que l'on s'éloigne des 'Centres' du capitalisme monopoliste mondial. Important à souligner aussi, ici, qu'il ne faut chercher à tout prix à matérialiser géographiquement le 'Centre'. Le Centre, c'est là où se trouve et décide, là où vit et sévit la classe dominante. Typiquement, on pourrait dire que son symbole est les tours des quartiers d'affaires qui s'élèvent à des centaines de mètres vers le ciel... Mais il ne faut pas avoir une vision romantique du Centre (pensant qu’on pourrait simplement ‘faire sauter les tours’, par exemple…) ; celui-ci a avant tout une caractérisation scientifique, en termes de rapports d'exploitation et de domination.
Il n'y a donc là AUCUNE NÉGATION DE LA LUTTE DES CLASSES, mais simplement une analyse de 'là d'où souffle le vent' (et de pourquoi il souffle dans cette direction).

Ce que SLP assume, en revanche, c'est que cette théorie nie la France ; ou plutôt, non : elle la reconnaît comme l'objectif principal et absolu à détruire. La France est pour SLP l'expression administrative, répressive et idéologique de la classe exploiteuse et oppresseuse de cette centaine de départements (de métropole et d'outre-mer), mais aussi de dizaines de néo-colonies (d’Afrique et d’ailleurs). SLP, on l'a dit, est conscient que c'est une prise de conscience qui sera longue et qui ne doit pas devenir une ligne de démarcation dans l'immédiat. Mais très sérieusement, alors que nous approchons du 11-Novembre, quand on y réfléchit, la France, qu'est-ce d'autre que CELA :


Il y a chez certain-e-s une contradiction ahurissante, quand on peut lire un jour que 'la France a fait son temps', qu'il n'y a 'qu'un drapeau, le drapeau rouge', et le lendemain, que des gens (comme SLP...) 'nient la lutte des classes en France en niant la France', sont à la fois 'cosmopolites' et 'identitaires de gauche', etc. etc. Ahurissant, ou plutôt... pas du tout : car rien là de bien neuf que la vieille conception trotskiste à la Lambert, qui va dénoncer comme 'identitaire', 'nationaliste petit-bourgeois' etc. toute expression d’une culture populaire et de refus d'une domination nationale, d'une négation culturelle (minorités) ou d'une quelconque 'inégalité territoriale' ; clamant alors que 'le seul drapeau de la classe ouvrière est le rouge'  ; puis défendre la construction monarcho-bonapartiste 'France' (sur une ligne quasi jacobine à la Charasse et compagnie), sous prétexte de 'cadre national de la lutte de classe'...

Cette thèse des Centres et des Périphéries a déjà pu être exposée par un théoricien 'altermondialiste' comme Samir Amin, ce qui n'enlève rien à sa validité : combien de phénomènes, avant d'être définis de manière scientifique, ont pu être perçus et (déjà) dénoncés de manière idéaliste ? Il suffit de penser à... l'impérialisme qui, avant de faire l'objet de l'ouvrage de référence de Lénine, avait déjà été dénoncé sous ce nom par des 'démocrates de gauche' idéalistes comme Mark Twain. De plus, Samir Amin n'est pas un écrivain idéaliste 'de gauche' à la Mark Twain : c'est un économiste de renommée internationale, et de formation marxiste (il fut même 'maoïsant'). Il est devenu 'post-marxiste', 'repenseur', 'marxiste du 21e siècle', ce qui l'a conduit au révisionnisme, mais sa démarche est forcément empreinte de traces de scientificité marxiste. Le vrai problème, pourrait-on dire, ne sont pas ses constats ni même ses analyses, mais ses conclusions, qui ne sont pas révolutionnaires. Altermondialiste, Samir Amin est un idéologue de la contestation, et non de la révolution : en définitive, pour des raisons évidemment de classe, il ne va pas, ne veut pas aller au bout de l'antagonisme que portent ses analyses. Et puis, effectivement, il peut se laisser aller à un certain 'tiers-mondisme' tendant à l'interclassisme (à l'analyse erronée des classes et des 'camps' dans les pays dominés) ; tout en considérant que les prolétariats du 'Nord' ne sont 'plus révolutionnaires', etc. On rejoindrait ici une vieille déviation 'maoïste' qui considérait, déjà dans les années 1960, que le 'Nord' était la 'ville' et le 'Sud' la 'campagne' du monde ; amenant par exemple une organisation comme la RAF à tourner complètement le dos au prolétariat en Allemagne ; et qu'on retrouve aujourd'hui (en version très violente : ceux qui gagnent le salaire minimum en Europe ou aux États-Unis sont des 'bourgeois mondiaux') dans le communisme 'Lumière Guide' (Leading Light) nord-américain.
Pour SLP, les Périphéries sont concentriques et ne sont pas antagoniques entre elles (pas d'elles mêmes en tout cas : elles sont éventuellement opposées par la classe dominante, qui va piller l'Afrique pour assurer le 'petit confort' des classes populaires en France, mais ce n'est pas une opposition naturelle). La seule chose qui les distingue, c'est le niveau de conscience et de lutte révolutionnaire.

Le point le plus élevé de cette conscience et de cette lutte, que cela nous plaise ou non, est éminemment dans les pays dominés, les pays du 'tiers-monde'. C'est le sens de la Guerre populaire menée en Inde et aux Philippines, et à moindre intensité au Pérou et dans l’État turc ; mais aussi de dizaines de guérillas populaires d'inspiration plus ou moins marxistes en Amérique latine (EPR au Mexique etc.), de résistances populaires anti-impérialistes (éventuellement sous un drapeau religieux) comme en Palestine, en Irak et en Afghanistan, ou d'autres moins connues comme celle de l'Irian Jaya (Papouasie indonésienne) ou du Delta du Niger ; de gigantesques mouvements populaires comme les Sans-Terres au Brésil et autres mouvements paysans de toutes les Amériques, les piqueteros en Argentine, toutes sortes de mouvements des classes populaires pauvres en Afrique du Sud, et bien sûr les immenses mouvements arabes de cette année. Lorsqu'il y a un Parti assumant la ligne révolutionnaire (c'est à dire maoïste), alors il y a Guerre populaire. Dans les autres cas, il y a 'mouvement', 'résistance', 'guérilla armée' : on peut dire que la Guerre populaire est à 'l'étape zéro'.
La Guerre populaire en Inde est assurément la plus importante du monde, succédant à celle du Népal après son interruption (et finalement sa trahison). L'Inde pourrait bien un jour, comme l'avait annoncé Mao Zedong il y a plus de 60 ans, être le nouveau Soleil Rouge qui se lève sur le monde, après la Russie soviétique et la Chine populaire. Cela confirme tellement la thèse de SLP, dirait-on, qu'il se trouve maintenant même des 'maoïstes' pour critiquer cette lutte révolutionnaire héroïque.
Par la 'morphologie' de son organisation économique et sociale, l'Inde, comme la Chine de Mao, est TYPIQUEMENT un pays d'encerclement des villes par les campagnes. Cela ne signifie NULLEMENT que la classe ouvrière, le prolétariat des villes, ne joue aucun rôle dans la Guerre populaire. JAMAIS Mao (pour la Chine) ni aucun maoïste (pour où que ce soit) n'a affirmé une telle chose ; que la Ville ou le Centre ne joue aucun rôle sinon passif, 'attendant' l'Armée rouge venant des campagnes. Et les maoïstes indiens pas plus que les autres. Depuis de nombreuses années maintenant, ils ont établi des passerelles avec le mouvement ouvrier et populaire dans les grandes villes, et parviennent à organiser de gigantesques bandh (grandes grèves et manifestations). A travers leur Front révolutionnaire, ils s'efforcent aussi d'agréger les forces démocratiques de la petite-bourgeoisie, de la petite classe moyenne qui s'est développée depuis quelques décennies, parfois issue des 'basses castes' de l'ancienne organisation sociale féodale. MAIS VOILA, il ne faut pas se faire d'illusions, il faut se faire une raison, que cela nous plaise où non : le niveau de lutte ouvrière et populaire dans les grands centres urbains grandira à mesure que grandira la Guerre populaire dans les campagnes reculées et les zones 'aborigènes', comme 'phare' de toutes les luttes du pays (de classe, de caste, de libération nationale...). Un des pays du monde où la lutte révolutionnaire est au plus haut est l'Inde ; et l'endroit du pays où cette lutte est la plus 'haute' est le corridor rouge, que cela nous plaise ou non. Tel est le constat, et le constat s'impose préalablement à toute analyse scientifique de la réalité, qui ne peut que découler du constat. De plus, dire que les Naxalites se 'moquent' (pratiquement) de la classe ouvrière, c'est nier le très important prolétariat rural ainsi qu'un important semi-prolétariat des campagnes (des paysans ayant une petite terre, mais très insuffisante pour les faire vivre : ils vendent donc, une partie de l'année, leur force de travail au centre industriel le plus proche, à la mine, la plantation agro-capitaliste ou l'exploitation forestière voisine). Le salariat, depuis 30-40 ans, a très largement pénétré dans les campagnes indiennes, comme dans toutes les 'campagnes' du monde.
Et tout ce processus, de plus, sera TRÈS LONG. Il est aussi grotesque que délirant d'affirmer que 'les prochains mois, la prochaine année' seront décisifs : cela revient tout simplement à affirmer que, lorsque le PC et l'Armée rouge de Chine ont entamé leur retraite stratégique dans la célébrissime 'Longue Marche', 'tout était fini'... C'est totalement anti-scientifique.
Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'une prochaine étape CAPITALE pour l'extension de la Guerre populaire en Inde, sera son extension aux slums, les immenses bidonvilles des mégalopoles (à commencer par Calcutta, la 2e du pays et la plus accessible aux maoïstes) ; slums où s'entassent les masses chassées des campagnes par la misère et l'agro-business, qui se 'réfugient' en quelque sorte (à la fois politiquement et économiquement) à la PÉRIPHÉRIE (encore une fois !) des grands centres urbains, et y survivent comme ils peuvent... Les bases rouges de la Guerre populaire seraient alors aux portes des villes. Mais il va de soi que les maoïstes indiens n'ont pas attendu SLP, ni qui que ce soit pour y penser !

Ailleurs qu'en Inde, ce sont d'autres 'campagnes', d'autres Périphéries qui encerclent d'autres Centres. En Europe, toujours plus 'intégrée' économiquement (même si les contradictions et la concurrence, entre États et entre monopoles, est toujours bien présente), c'est au Sud (État espagnol, Italie, Portugal, Grèce), dans une certaine mesure à l'Ouest (Irlande, Écosse, Pays de Galle etc.) ainsi qu'à l'Est (malgré un certain discrédit de l'idée révolutionnaire à cause du révisionnisme ; et une certaine nostalgie du révisionnisme y faisant face) que se trouve la 'Périphérie' où le niveau des luttes, sans pouvoir être comparé à l'Inde ni même aux pays arabes, est le plus élevé. Elle entoure un 'Centre' autour d'un axe allant de l'Italie du Nord au Sud de l'Angleterre ; ou, pourrait-on dire, entre une ligne Trieste-Hambourg et une ligne Marseille-Le Havre. Dans l’État français lui-même, sans préjudice ni irrespect pour aucune lutte ni militant-e héroïque où qu'elle se trouve, on trouvera un niveau de conscience et de lutte de classe plus élevé et répandu au Sud et à l'Ouest, par rapport à la population, que dans le Grand Paris ou le Grand Lyon. On trouvera également un bon niveau le long de la frontière Nord, du Pas-de-Calais à la Moselle en passant par les Ardennes ; sans toutefois perdre de vue l'importance historique et culturelle de la social-démocratie dans le Nord-Pas-de-Calais (comme d'ailleurs en Wallonie voisine) ; et d'une certaine droite ouvrière dans le Nord-Est, qui se traduit aujourd'hui par un fort vote FN.
Globalement, il faut bien faire ce constat, le prolétariat ouvrier (si l'on fait bien la distinction avec l'aristocratie ouvrière) se trouve désormais moins dans les grandes métropoles économiques que dans des zones qu'on peut qualifier de semi-rurales : des 'vallées' ou des 'bassins' industriels entourés de zones agricoles ou naturelles. Ce n'est pas 'nouveau', cette industrie rurale est même une constante historique du capitalisme français. Mais aujourd'hui, si elle est peut-être numériquement plus nombreuse, la classe ouvrière l'est proportionnellement moins dans les grandes métropoles, qui se sont largement tertiarisées. Elle est de surcroît plus aristocratisée, sauf bien sûr les colonies intérieures (que la bourgeoisie ostracise en encourageant le racisme) ; et tout cela joue sur sa culture politique. Et les nouvelles 'classes tertiaires' trustent de manière très importante le 'milieu militant', 'radical' mais aussi syndical, avec une proportion toujours croissante de militants fonctionnaires ou travailleurs intellectuels par rapport aux militants organisés ouvriers et prolétaires, et même aristocrates-ouvriers...
Dans les zones semi-rurales, au contraire, la condition ouvrière est objectivement très prolétarienne, d'une pauvreté parfois effroyable, qui fait parler les petits-bourgeois 'charitables' de 'quart-monde'... Subjectivement, les choses sont malheureusement moins évidentes. Parfois, on trouve une tradition locale de droite ouvrière (liée à l’imbrication avec une ruralité conservatrice); mais, d'une manière générale, la conscience et le niveau de lutte de classe souffrent d'un 'repli métropolitain' et d'un abandon par le 'milieu militant', non seulement révolutionnaire (ou prétendu tel...) mais aussi 'réformiste radical'. Le Front National, lui, ne s'y trompe pas et étend ses tentacules (surtout au Nord, à l'Est et au Sud-Est). Pour autant, lors d'un plan social ou de toute autre saloperie patronale, on verra s'exprimer une combattivité admirable et nettement supérieure à celle d'une grande métropole (où simplement, parfois, la perspective de retrouver un emploi avant la fin de droits et les minima sociaux apparaîtra plus probable...). Dans ces bassins ouvriers 'relégués' et périphériques, la fermeture de 'l'usine du coin' a souvent des conséquences catastrophique et irrémédiables, même pour ceux et celles qui n'y travaillent pas : c’est la condamnation sans appel au 'quart-monde'.
A la périphérie des grandes métropoles se trouvent encore d'autres zones de relégations, les GHETTOS URBAINS, où se concentre la population la plus objectivement prolétarienne et, de manière sur-représentée, les minorités national-culturelles des colonies intérieures. Là, avec la désindustrialisation des grandes métropoles, et particulièrement chez les jeunes (parfois 50% au chômage), ce n'est pas tant le bleu de travail qui règne, mais le 'on tient les murs'. Les vieilles cultures populaires 'locales' se mêlent aux cultures nationales des colonies intérieures, et à la culture des ghettos new-afrikans d'Amérique du Nord (qui s'est 'mondialisée' avec le hip-hop). On peut dire que le Grand Paris, le Grand Lyon où Marseille sont quelque part des 'nations multiculturelles' en formation, des métropoles multiculturelles préfigurant la société internationale communiste. Malheureusement (c'est la contradiction fondamentale dans le champ de la culture et de la conscience politique), c'est aussi là que le Centre est culturellement et politiquement le plus fort (c'est moins vrai pour Marseille)...

On voit bien là autant de Périphéries que seul un Parti organisé au niveau de l’État bourgeois peut coordonner dans leurs luttes, pour détruire ce dernier en étranglant lentement le Centre. Sans cela, la classe dominante parviendra évidemment à dresser les consciences et les luttes les unes contre les autres, à transformer en contradictions au sein du peuple la contradiction NORMALE qui oppose les masses à son règne pourrissant. Mais ce Parti devra correctement saisir le 'sens du vent'. Au 20e siècle, le PCF mythifiant '1793' rêvait encore d'une révolution dont le centre serait Paris ; et les trotskystes et même les anarcho-syndicalistes ne voyaient pas les choses différemment. Aujourd'hui, des 'maoïstes' semblent lui emboîter le pas...

Dans tout ce processus de lutte révolutionnaire, mettre en avant la CULTURE POPULAIRE contre la culture académique de la 'France des Siècles' est évidemment un aspect de la lutte, mais un aspect ESSENTIEL pour, justement, sortir de l'économisme (la lutte uniquement 'contre les patrons').
Parfois, cette culture populaire a un caractère NATIONAL (principalement par l'existence d'une langue).

C'est le cas au PAYS BASQUE, où la bourgeoisie tant espagnoliste que 'basquiste' et les néo-bourgeois en herbe du réformisme abertzale 'célèbrent' la 'fin d'ETA'. La 'dérive' d'ETA, nous dit-on, remonterait aux années 1970 : c'est là que prendrait source leur 'identitarisme de gauche'... Étrange ! Pour qui connaît l'histoire populaire et révolutionnaire au Sud des Pyrénées, on retiendrait plutôt que les années 1975-85 marquent l'apogée du Mouvement de Libération Nationale Basque (MLNV). C'est en effet l'époque où le MLNV (à sa tête, ETA) cesse d'être seulement antifasciste pour devenir révolutionnaire ; en étant une des rares organisations (avec le PCE(r), les GRAPO etc.) à rejeter le 'ravalement de façade démocratique' de Juan Carlos de Bourbon ; et en restant convaincu que l’État profond restait inchangé par rapport au franquisme. Il faut songer au naufrage total du PC 'historique' à cette époque (et dès les années 60, en vérité) ; tandis que sa scission 'orthodoxe' de 1984, le PCPE, gardera la ligne de '3e République' mais sur une pratique totalement syndicalo-réformiste ; ne comprenant pas que si l'on pouvait désormais, peut-être, mener une certaine activité 'au grand jour' et qu'il fallait en profiter, le juan-carlisme n'était nullement une 'étape intermédiaire' à ‘mener à son terme’ en abolissant la monarchie, mais le nouveau visage ('moderne') d'un État inchangé. Quant aux expressions de la bourgeoisie 'basquiste' (PNV), catalaniste (CiU) etc., elles tombèrent complètement le masque en se ralliant à la 'Réforme' et en devenant la déclinaison locale de l’État espagnol. C'est donc, en outre, à ce moment-là que le MLNV devient majoritairement progressiste, alors que jusqu'à la mort de Franco, y était encore majoritaire le 'peuple PNV' tenu par un nationalisme bourgeois de droite, conservateur, clérical, 'JEL' (acronyme de 'Dieu et les vieilles lois'). Le prolétariat et les classes populaires basques avaient en outre fusionné avec l'importante immigration (tout au long du franquisme) venue du reste de la péninsule : les personnes portant là-bas le nom du père ET de la mère, il est fréquent que les militant-e-s de cette gauche abertzale portent un nom basque ET un nom 'espagnol'. Ethnique, quasi racialiste, le nationalisme PNV était donc là aussi dépassé par l'histoire (et condamné à n'être plus que ce qu'il était : un parti bourgeois).
Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'ETA et la gauche du MLNV n'avaient pas bien compris la nature de l’État espagnol... Mais à vrai dire, pas moins bien que le PC basque dans sa déclaration fondatrice de 1935 (que met en avant Voie Lactée) ! L’État espagnol est en effet décrit comme un État 'impérialiste' et 'colonisant' les Peuples basque, catalan, galicien, canarien etc. Une erreur en apparence 'légère' mais en définitive fondamentale, dont ressort cette impression de 'racisme anti-espagnol' que donnera parfois le mouvement ; et dont pourront se repaître tous les social-démocrates 'à la botte', lecteurs d'El Pais et électeurs du félipisme et du zapaterisme... Qui fera le jeu, aussi, des partisans abertzale de 'l'abandon de la violence' et de la 'solution politique' : la violence révolutionnaire étant, selon eux, l'origine de ce 'malentendu'.
En effet, le moins qu'on puisse dire est que le Pays Basque 'colonisé' était, en fait... la 2e région de la péninsule en développement économique et en niveau de vie, après la Catalogne ! Difficilement argumentable...
L'analyse correcte (où y tendant) de l’État espagnol, et bien... c'est celle que SLP a transposée à l’État français. A noter que ces deux États sont les plus vastes, en superficie, d'Europe hors Russie. L’Espagne est un ensemble de peuples que Charles Quint, avec une poésie certaine, disait unis pour l'accomplissement de destinées universelles. En réalité, unis par un mariage féodal (Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon), ainsi que quelques conquêtes (Andalousie en 1492, Navarre en 1512, Canaries), et mis au service de la lignée issue de ce mariage (et sa Cour) dans l'accomplissement, en effet, de leurs fantasmes d'Empire mondial. Dans le cadre de cet État monarchique s'est alors développée une bourgeoisie espagnole qui a pris le pouvoir au 19e siècle, en s'appuyant sur des militaires libéraux entourant la reine Isabelle II. Cette bourgeoisie fusionnait les différentes bourgeoisies du royaume (celle du Pays Basque côtier, des ports de la côte Nord et des mines des Asturies, de Madrid, de Séville et du Bas Guadalquivir 'débouché des Amériques' etc.). Ici et là (à vrai dire, surtout en Euskadi et Catalunya), une bourgeoisie particulièrement dynamique put développer un sentiment anti-centraliste, ressentant la Castille et l'Aragon comme 'parasitaires' (effectivement bien moins développés d'un point de vue capitaliste : les bourgeois basques et catalans pouvaient avoir l'impression que l'aristocratie et la haute bourgeoisie de l'intérieur 'profitaient' de leur travail). Au niveau féodal et clérical, il y eut aussi des résistances à l'abolition de la Generalitat catalane (en 1714) et des fueros basques au 19e siècle. Curieusement, avec la Galice (parlant une langue proche du portugais, mais alors très conservatrice et immédiatement franquiste en 1936), ces zones de nationalisme bourgeois fort sont les seules 'nations opprimées' par 'l'impérialisme espagnol' que retient le document de 1935 (avec bien sûr les colonies du Maroc)...
Pourtant la réalité semble bien être qu'il y a TOUJOURS EU (en tenant compte, bien sûr de l'importante immigration intérieure... mais aucun peuple n'est 'biologique' !) au moins 10 Peuples : Catalans, Basques, Galiciens, Asturiens, Cantabres, Canariens, Castillans, Aragonais, Andalous... on est déjà à 9. Et UNE bourgeoisie ESPAGNOLE, avec ici et là une bourgeoisie 'régionaliste' en contradiction trop forte avec les autres (moins dynamiques économiquement, en général) et souhaitant son autonomie économique, politique, fiscale etc.  Quant à ‘l’impérialisme espagnol’, il n’est sans doute une réalité qu’à partir des années 1960-70, ce qui est aussi le sens de la ‘Réforme’ juan-carliste : auparavant, l’Espagne semblait plutôt, vis-à-vis de la France, dans la situation du Portugal vis-à-vis de l’Empire britannique : un ‘vieil Empire colonial’ sous tutelle et ‘relais’ de l’Empire tricolore. Et s’il est devenu impérialiste… c’est grâce au dynamisme des capitalismes basque, catalan, de la côte Nord etc. ! D’où tout l’intérêt d’intégrer les bourgeoisies ‘régionalistes’ à travers le système des ‘autonomies’ ;  en ‘gérant’ la contradiction de la bourgeoisie espagnoliste (ultra-majoritaire partout ailleurs) avec elles : ‘nous avons besoin de votre dynamisme… mais vous avez besoin de nos flics, de notre justice, et peut-être un jour de notre Armée, pour tenir vos prolétaires !’.

Il faut voir aussi la SIGNIFICATION POLITIQUE de cela : dans l’État espagnol, l'idéologie qui serait celle des Identitaires, du Vlaams Blok ou de la Ligue du Nord est rarissime et extrêmement isolée (bien qu'elle se développe un peu en Catalogne, mais se veut autonomiste et 'culturaliste' et rejette l'indépendance). Généralement, si l'on déborde (dans une conversation...) de la question nationale sur les autres questions du vaste monde, ce qui est espagnoliste est RÉACTIONNAIRE (y compris chez certains 'communistes', d'une idéologie proche d'André Gerin ou du POI), ce qui est autonomiste (ou favorable aux autonomies comme le PSOE 'national') est de 'droite modérée' ou de 'centre-gauche' bourgeois... et ce qui assume la position ci-dessus exposée est clairement progressiste (comme la 'gauche abertzale') ou clairement RÉVOLUTIONNAIRE, assumant l'antagonisme contre le capitalisme et les institutions comme bien peu l'assument dans l’État français.
N'avoir pas compris cela est sans doute, après le militarisme, l'autre grande erreur d'ETA et du 'socialisme révolutionnaire de libération nationale' basque. Mais ce n'est sans doute pas l'erreur que va lui reprocher 'Voie lactée', qui lui reprocherait au contraire de n'avoir pas été la 'branche basque' d’un PC révolutionnaire espagnol, qui aurait ensuite 'reconnu' les 'droits nationaux démocratiques' des basques (et des catalans etc.), de manière octroyée et presque opportuniste, limite profonde de la conception ML du monde au 20e siècle, que nos 'maoïstes' semblent bien en peine de dépasser... Il est d'ailleurs cocasse que leurs grands potes d'OdC, bien que s'exprimant exclusivement en castillan (alors que le Comité 'Manolo Bello', galicien, publie à 50% dans cette langue), se veuillent un 'blog révolutionnaire CANTABRE'... bouh, ‘identitaires de gauche’ va !

Enfin, une dernière 'considération' pourrait peut-être porter, justement, sur les Identitaires - au moment où 'identitaire de gauche' a quitté la sphère CNT-AIT pour devenir un nom d'oiseau à la mode, semble-t-il. Qu'en est-il de cette idéologie ? Et bien, les Identitaires sont tout simplement les fascistes qui ont le mieux saisi l'air de leur temps. Et qui, plutôt que de tenter tous seuls, en étant relativement peu nombreux, d'imposer leur vision, ont pris le parti de pousser le FN (caisse de résonance autrement plus grosse !) à... leur courir après ! Ils ont tout simplement compris, contre un fascisme trop ouvertement BBR, nationaliste étroit façon 3e République, l'attachement spontané des masses populaires à... leur culture populaire ; et le ridicule qu'il y avait à  prôner, à l’heure de l’Europe et des ‘Etats-continents’, un nationalisme étroit anti-européen, anti-allemand etc. (ce qui les rattache en plus à un vieux rêve 'France-Allemagne-Russie' de l'impérialisme français, une 'Grande Europe forte' contre à la fois les États-Unis et les 'émergents', en premier lieu la Chine).

Mais voilà :
1°/ leur défense des cultures populaires est ethniciste, 'biologique', 'organique' : ce n'est en rien la définition scientifique, matérialiste historique de ce qui fonde une culture populaire régionale, ou à caractère national. Pour eux, la 'patrie charnelle' telle qu'ils l'appellent est ORGANIQUE et plonge ses racines jusqu'aux peuples gaulois dont ils aiment d'ailleurs prendre les noms ('Arvernes' en Auvergne, 'Allobroge' en Savoie). Elle peut absorber 'à petite dose' de nouveaux arrivants 'civilisationnellement compatibles' (autrement dit, Européens chrétiens) et tolérer des Juifs 'patriotes' (à la Zemmour) ou 'identitaires’, 'enracinés' et pas 'diasporiques', 'luttant contre l'islamisation' à la LDJ ; mais c'est tout. Ils ne vont, bien sûr, jamais reconnaître l'influence méditerranéenne et ARABE qui marque l'Occitanie, revendiquant au contraire la 'Recounquista' du Moyen-Âge contre les implantations arabo-berbères. Dans les grandes métropoles comme Paris, Lyon ou Marseille, ils vont bien sûr rejeter le multiculturalisme, qui préfigure le communisme universel.
2°/ Dans tous les cas, particulièrement dans les grandes métropoles contre le multiculturalisme, mais à vrai dire PARTOUT, la culture 'populaire' qu'ils vont revendiquer est figée (normal, puisque 'organique') et, finalement, digne du pire folklore pour touristes. Normal : leur essence de classe est petite-bourgeoise et ils sont incapables de voir la culture populaire comme un phénomène vivant. Ce qui est arrivé jusqu'à saouler les nationalistes bretons très à droite d'Adsav, qui ont fini par rejeter la direction du 'Bloc' (toujours intéressant à relever, les contradictions au sein du fascisme...).
3°/ Ils ne rejettent pas la 'France des Siècles' ; ils l'assument au contraire totalement, comme 'patrie historique' (à côté de la 'patrie charnelle' locale et de la 'patrie civilisationnelle' européenne). Autrement dit (et c'est là qu'ils ne sont en rien des 'libérationnistes nationaux' même bourgeois, mais des RABATTEURS de la bourgeoisie impérialiste BBR), ils assument la construction nationale bourgeoise 'France' dans tous ses crimes, non seulement (bien sûr) coloniaux mais aussi intérieurs : écrasement du peuple occitan depuis la Croisade des Albigeois jusqu'aux Camisards, écrasement du peuple breton depuis le mariage féodal d'Anne de Bretagne jusqu'aux guerres de Chouans en passant par les Bonnets rouges, bûchers des 'sorcières' basques etc. ; tout cela jusqu'aux tranchées de 14-18 où tous périrent côte à côte, avec les soldats des colonies (Maghrébins, Antillais, 'Sénégalais'), dans une gigantesque apothéose de barbarie impérialiste... Ils 'assument' bien sûr 'toute l'histoire' du sombre 20e siècle : le 'bouclier' maurassien Pétain (lui aussi très 'terroir' et 'régionaliste'... mais auteur de nos actuelles régions administratives, complètement basées sur la 'zone d'attraction' d'une métropole capitaliste, donc les intérêts des monopoles) ;  comme 'l'épée' De Gaulle et son régime 'keynésien Croix-de-Feu', construisant la 'société de consommateurs' BBR sur la sueur et le sang de la Françafrique (génocide du Cameroun etc.). Ils assument et... tant mieux ! Les lignes de démarcation sont claires ; et il n'y a que les petits-bourgeois gauchistes pour voir des 'identitaires de gauche' et finir... 'jacobins rouges'.
4°/ Bien entendu, dernier point et le plus important, leur 'patrie charnelle' est aussi biologique et 'organique' qu'interclassiste : elle célèbre les notables 'couleur locale' et respecte, on l'a dit, la bourgeoisie francouille de la 'patrie historique', et même les bourgeoisies impérialistes de la 'patrie civilisationnelle'  européenne (qu'ils espèrent alliées) ; tant que celles-ci ne sont pas 'mondialistes' (c'est à dire démocratiques, universalo-humanistes, de 'gauche' ou de 'droite modérée' bourgeoise). Ils ne sont bien sûr nullement anticapitalistes, mais pour un capitalisme 'populaire', 'relocalisé' et 'démondialisé' : d'autres organisations fascistes font même bien plus semblant de l'être qu’eux. BREF, ils n'assument aucun antagonisme que ce soit avec le Capital et son État ; mais s'efforcent simplement de... détourner celui-ci, dans un sens réactionnaire. Ce qui pourrait éventuellement 'prendre' dans les bassins ouvriers semi-ruraux dont on a parlé... mais là est leur dernière limite : leur implantation est essentiellement dans les villes d'une certaine taille, à population étudiante. Les idéologues sont généralement des petits bourgeois intellectuels, piliers de 'corpos' de Droit, Médecine ou Pharma, adeptes de la ‘faluche’ etc. La jeunesse prolétaire 'blanche' des 'quart-mondes' semi-ruraux tombe généralement bien plus dans les bras de groupes néo-nazis montés par des ex-militaires en retraite, qui 'doublent' les Identitaires sur le terrain de la radicalité 'antimondialiste', populiste sociale, ultra-chauvine et barbare ('défoulant' la rancœur de classe accumulée sur les minorités, les homosexuel-le-s, les 'faibles'...plutôt que sur les exploiteurs).

 

 


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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 07:08

 

Egoitz Larrañaga : Des otages ayant une cause

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Nous avons fondé notre groupe il y a deux ans comme un petit engin de lutte contre le révisionnisme, le capitulationnisme et la social-démocratie, en Irlande comme ailleurs. C’était le moment où l’INLA annonçait qu’elle rendait les armes. Mais nos épées sont celles du peuple et, bien que fracassées par l’histoire récente, elles sont reforgées patiemment et souterrainement dans le deuil des défaites, trahisons et liquidations, contre la ‘normalisation’, la paix impérialiste.

Au Pays basque, comme au Népal, les vautours de la capitulation, après avoir tournoyé, fondent sur leurs proies. Mais des minorités honorables se dressent, sur la défensive, pour sortir la tête de l’eau. Ce sont elles qui incarnent la continuité du combat et cherchent à tenir ferme.

Voici donc un article d’Egoitz Larrañaga, publié initialement sur le site Euskal Herria Sozialista, puis paru en français dans le journal papier Ekaitza, qui nous a été envoyé par une personne du Pays Basque que nous saluons chaleureusement.

Dans la contexte politique actuel, il était prévisible que le rôle de premier plan des prisonniers politiques ne tarderait pas à se manifester, pour différents motifs. En premier lieu, le plus important, à cause de leur résistance à la politique répressive de l’Etat, faisant d’eux des références morales et politiques. Il était également prévisible que le chantage permanent qu’ils subissent allait s’intensifier pour conditionner l’avenir du mouvement populaire révolutionnaire, en particulier le mouvement de libération nationale basque, MLNV.

Dans l’Etat espagnol, les prisonniers politiques sont une référence fondamentale de la mémoire collective populaire. Depuis la création de l’Etat bourgeois moderne, érigé sur le mode de production capitaliste et sur le régime politique d’exploitation et d’oppression, l’existence de prisonniers politiques de diverses conditions et idéologies a été une constante historique. En outre, nous pourrions même dire que l’existence de prisonniers politiques est un bon baromètre pour constater le déficit démocratique d’un pays capitaliste.
Encore aujourd’hui, nous ne possédons pas tous les éléments et nous n’avons pas honoré comme il se doit la mémoire des centaines de milliers de prisonniers politiques qui ont rempli les prisons et les camps de concentration et de travail forcé durant l’étape franquiste du régime. En est responsable cette gauche institutionnelle et domestiquée. A la répression la plus féroce qui s’est acharnée sur eux s’est ajoutée une insalubrité fondamentale. Mais en dépit de cela, ils ont résisté à cette situation infra-humaine et ont donné un exemple d’organisation, de solidarité collective et de dignité que le pays n’avait pas connue auparavant.

Pour toutes ces raisons et d’autres encore, les prisonniers politiques ont toujours été une référence du mouvement populaire, démocratique et révolutionnaire. Ce n’est pas un hasard si les manifestations les plus importantes des années 1970 concernaient la revendication de l’amnistie. Ce n’est pas un hasard non plus qu’alors même que les prisons se vidaient de prisonniers grâce à la pression du mouvement populaire, d’autres prisonniers politiques commençaient à les remplir de nouveau. Ce fut le premier signe que la transition du régime dictatorial vers un régime démocratique n’était pas une réalité.

Les conditions de détention que subissent les prisonniers politiques dans cette période « démocratique » sont marquées au fer rouge dans la lutte de résistance et dans le mouvement de solidarité. Les décès en prison, les maladies de toutes sortes, les grèves de la faim provoquées par les conditions d’incarcération inhumaines ont été et sont la constante de cette période. Avec les anarchistes, les opposants au système, les anticapitalistes, les antifascistes, deux blocs de prisonniers politiques caractérisent la résistance à la répression du régime : les prisonniers du mouvement de libération nationale basque et ceux du PCE(r) et des GRAPO, ainsi que les organisations démocratiques, solidaires et populaires que la police considère comme proches des précédentes. Le crédit éthique, moral et politique acquis par ces collectifs de prisonniers durant toutes ces années est une référence claire pour le mouvement ouvrier et populaire. Il ne pouvait en être autrement quand il s’agit de ceux qui résistent aux assauts répressifs dans le ventre même de la bête fasciste sans renoncer à leurs idéaux et à leurs principes politiques révolutionnaires.

Pour cette raison, et alors que s’intensifie la crise économique et politique du système capitaliste et que la classe dominante renforce les mesures répressives de surexploitation et d’oppression, l’exemple de résistance des prisonniers politiques représente pour les travailleurs et les peuples opprimés une référence obligée que l’appareil répressif, médiatique et de propagande de l’Etat tente par tous les moyens de neutraliser.

Nous pouvons constater tous les jours cette intensification du chantage à l’encontre des prisonniers politiques au moyen des serviteurs du régime : politiciens de tout bord, police, journalistes, intellectuels liés au régime, etc. La campagne orchestrée par l’appareil de propagande lié au secteurs des socialos dirigé par Rubalcaba (les galeux, pour être clair) est particulièrement significative. Sa première manifestation eut lieu le premier jour de la deuxième semaine du mois d’août. Le média emblématique de ce groupe (le journal El Pais) a consacré deux pages entières au renforcement de la campagne de pression sur les prisonniers politiques, en particulier ceux du mouvement de libération nationale basque. La forme choisie (ne faisant preuve d’aucune originalité) est un sommet d’intoxication : « La décision est déjà prise, je ne comprends pas ce qu’attend ETA. »
Cette phrase, prononcée, selon ce journal, par un prisonnier démontrerait que « la nervosité, l’impatience et même l’anxiété commencent à se répandre parmi les prisonniers ». Ils en concluraient presque à l’imminence d’une suicide collectif. Or, c’est un garde civil qui a déclaré avoir entendu cette phrase de la bouche d’un prisonnier (on sait déjà que le contrôle des prisonniers politiques est total). Peu importe ce que pense le reste des 800 prisonniers, environ, mais cette supposée déclaration s’étend par opération du Saint Esprit, des intoxicateurs, à l’ensemble du collectif. Evidemment, tout n’est pas mensonge dans cette publication. On sait que certains prisonniers manifestent un souhait certain de sortir de prison, en particulier ceux qui y ont passé plus de 20 ans. Mais, surtout, ce sont les traîtres au collectif, les repentis et les liquidationnistes, à la tête desquels se trouve Urrusolo Sistiaga, qui manifestent la plus grande nervosité, car ils ne reçoivent pas la récompense promise pour leur trahison.

Le chantage fait aux prisonniers politiques est une constante, mais actuellement il représente un intérêt tout particulier pour le groupe de Polanco : faire pression sur ETA pour qu’elle diffuse un communiqué de « liquidation » avant les élections. Ainsi, Rubalcaba le candidat du PSOE, son champion politique, aurait en main une carte (la seule) pour revendiquer le partage du pouvoir avec ceux du PP. Le même chantage s’étend à toutes les organisations solidaires des prisonniers politiques. A titre d’exemple, il suffit de voir comment les chiens de garde des grands monopoles médiatiques aiguisent leurs crocs à l’affût du moindre geste de Bildu vis-à-vis des prisonniers, aussi superficiel soit-il. Ne parlons pas d’Etxerat et des autres organisations de solidarité qu’ils traitent quotidiennement comme des pestiférés. Nous en avons un exemple avec la réaction des milices de Covite, suite à l’invitation du maire de Donostia à une réception pour toutes les victimes. En apprenant la présence d’Etxerat, elles ont décliné l’invitation et déclaré dans leur communiqué : « Que peuvent bien faire les victimes dans la maison du bourreau? ».

Les leaders de la gauche abertzale avaient-ils bien calculé la situation dans laquelle allaient se trouver les prisonniers avec leur « changement de cycle »? ETA jettera-t-elle l’éponge en laissant ses prisonniers aux mains de la « générosité » des galeux et franquistes tardifs du PP? Justement, pour parler de « générosité » : dans ces médias, ils fait référence, dans un but d’intoxication, aux prisonniers des GRAPO. Ils développent leur message venimeux en disant que « sans jamais annoncer leur dissolution de manière officielle, ils se sont transformés d’abord en bande de malfrats, puis en rien. » Avec cette appréciation, le message du journaliste-policier semble vouloir dire que sans morts en contrepartie, tu n’es rien. Une chose est sûre, cette organisation ne mène aucune action armée depuis 5 ans et, malgré tout, ses prisonniers sont toujours maintenus dans les mêmes conditions infra-humaines ou pire encore, plus que tous les autres. « Bel » exemple de la « générosité » de l’Etat.

Evidemment, une chose semble claire : le mouvement de solidarité et de soutien aux prisonniers politiques ne va pas abandonner la lutte sachant la situation qu’ils subissent. Et cela avec raison car une bonne partie du crédit moral et politique qui constitue le capital politique de la gauche abertzale repose sur ces prisonniers, même si, en dehors et dans ce mouvement, on fait mine de minimiser ou de nier ce fait. Ce n’est pas un hasard si les premiers courts-circuits sabotés par les forces de répression ont été la relation entre les prisonniers et la rue, en dispersant et en isolant encore davantage les prisonniers et en incarcérant les avocats les plus engagés dans leur assistance juridique sous prétexte qu’ils seraient « les courriers entre les prisonniers et la direction d’ETA », selon les experts du corps « digne de mérite » (la garde civile), experts dont l’opinion (et non les preuves objectives) est parole sacrée pour cette bande de prévaricateurs compulsifs qui composent l’Audience Nationale autoproclamée.

A plus long terme, l’Etat et toute sa cohorte politique et médiatique tente de miner et de brouiller les valeurs éthiques, morales et politiques représentées par les prisonniers et prisonnières politiques. Ce sont elles et eux, comme personne, qui représentent la dignité de la résistance. Ce sont elles et eux qui concentrent la majeure partie de ceux et celles qui ont lutté en première ligne du front. Ce sont elles et eux qui rassemblent la jeunesse la plus engagée d’Euskal Herria et les cadres et dirigeants des organisations les plus combatives du mouvement de libération nationale basque. Pour cela, leur cause est notre cause, celle que l’Etat cherche à salir à tout prix et effacer de la mémoire collective. Il a fait de même avec les prisonniers politiques de l’étape franquiste. Il fait de même avec la mémoire historique : une révision pour rendre méconnaissable leur héritage de dignité et de résistance.


Source : Euskal Herria Sozialista, ‘Rehenes con causa’, 6 septembre 2011, traduction par Ekaitza (légèrement modifiée).

 

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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 06:52

 

Mayotte. La police coloniale française a tué
FKNG ! dénonce ce crime et soutient la juste lutte du peuple des Maorais !

Gwadloup. Colonie française. jeudi 20 octobre 2011. Le scenario est chaque fois identique. Les colonisés qu’ils soient Martiniquais, Guyanais, Guadeloupéens, Kanaks ou Maorais , paient toujours prix fort, quand ils s’opposent au système capitaliste colonialiste français.
Mercredi 19 octobre à Mamoudzou, Elanziz Ali Madi Saïd alias «Babazi», 39 ans a été a première victime du puissant mouvement social, contre la pwofitasyon déclenché par le peuple maorais. Une fois de plus, la seule réponse du pouvoir français, face à de justes revendications c’est la répression.
Chez nous dans les Caraïbes, les gréves et manifestations réprimées dans le sang par l’armée coloniale française sont encore dans toutes les mémoires

14 février 1952 dans la ville du Moule (Guadeloupe) pendant une gréve de travailleurs de l’industrie sucrière, l’armée tire sur la foule pacifique : 6 morts

27 mai 1967 à Pointe à Pitre (Guadeloupe). Les légionnaires français, sur ordre du ministre des colonies en accord avec la patronat décident de réprimer dans le sang une gréve de ouvriers du bâtiment : près d’une centaine de morts et des dizaines de bléssés

13 mai 1971 à Fort de France ( Martinique) le lycéen Gérard Nouvet est froidement abattu par les militaires français , pendant de la visite du ministre des colonies de l’époque : Pierre Messmer

14 février 1974 à Chalvet (Martinique) 2 travailleurs sont assassinés pendant la longue gréve des ouvriers de la banane

18 février 2009, à Pointe à Pitre Jacques Bino syndicaliste CGTG et militant du LKP est mystérieusement abattu.

Cette fois c’est à Mamoudzou, qu’un manifestant est assassiné par l’armée coloniale. Ce n’est pas un hasard, les colonialistes français utilisent toujours la violence militaire pour tenter de casser les mouvements de protestations dans les dernières colonies
FKNG ! Organisation patriotique guadeloupéenne , dénonce avec la plus grande fermeté ce nouveau crime colonial
FKNG ! Accuse le pouvoir français et sa ministre des colonies d’avoir joué le pourrissement, plutôt que de satisfaire aux justes revendications des Maorais

FKNG! Soutient sans réserve les justes revendications de maorais et les incite à la vigilance, car comme pour Eloi Machoro en I985 en Kanaky, ce crime peut être le prélude d’autres …

FKNG ! dénonce l’hypocrisie de ML Penchard, qui fait mine de s’apitoyer sur la mort de « Babazi » alors que son Préfet et ses fonctionnaires ont montré leur incapacité à satisfaire aux revendications des maorais

FKNG ! Souhaite que les maorais amplifient leur mouvement, car leur combat est juste et rejoint ceux de tous les exploités des dernières colonies françaises contre la pwofitasyon !

Vive la juste lutte du peuple maorais !


Danik Ibrahim Zandwonis
Direction Nationale Fkng !

 

http://data.keldom.com/cms/photos/400/149192547656251.jpg

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