Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 19:05

 

(Cliquer sur les images pour les infos)


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dimanche 3 juin 2012 à la Bourse du Travail de Saint-Ouen

Un accueil aura lieu à 13h30 et la projection commence à 14h. Nous commençons tôt car autour de 16h30, nos camarades sans-papiers de la coordination 93 devront partir pour leur Assemblée Générale hebdomadaire.


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Manifestation Samedi 9 juin à 11h 
Place du Capitole

 

Premiers signataires: FSU, CGT, C&A, PG, ATTAC, LDH, Les Alternatifs, MRAP, FASE, La Riposte, MJCF, PCF, SUD Etudiant, RUSF, NPA, UL CNT31, Comité de soutien à Andrés, EELV, Solidaires, RESF, Coup Pour Coup 31, OCML-VP, UAT, AL...


Rejoignez nous à cette manifestation autour de notre banderole :

"Face à l'impérialisme et au racisme, 
Construisons l'unité populaire!" 

 



 


ET AUSSI, tous les jours :

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REJOIGNEZ NOUS
ORGANISONS NOUS POUR CONTRE ATTAQUER !

Chaque jour au CREA :
14h : Actions / 17h-19h : Permanence / 19h :Assemblée
Marche contre toutes les expulsions
RDV Mercredi 30 mai à 14h au CREA
Rassemblement devant le tribunal administratif
RDV Vendredi 1er juin dès 8h00 Place Jeanne d’Arc puis devant le tribunal administratif ( 68 rue Raymond IV)

TOUT POUR TOU-TE-S !
POUVOIR AU PEUPLE !

70 allées des Demoiselles ; crea@squat.net creatoulouse.squat.net

 

       

Et découvrez un nouveau venu : le site du FRONT pour la LIBÉRATION de CLASSE. Longue vie, camarades !      

 

       

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Luttes - Hexagone - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 13:25

 

Matérialisme dialectique et matérialisme historique

Cet article publié il y a peu donne un aperçu des principales notions du matérialisme dialectique et de la "dialectique matérialiste de l'histoire", avec des liens renvoyant vers des documents explicitant ces notions : La "négation de la négation" et le maoïsme

On peut se référer aussi au texte de référence de Staline : Matérialisme dialectique et matérialisme historique.

Ou encore cette exposé assez clair et précis (de communistes suisses) : Le matérialisme dialectique.
Servir le Peuple a donné également un exposé du processus dialectique de la révolution prolétarienne dans les deux articles suivants :
-
Sur le processus révolutionnaire
- Sur le processus révolutionnaire (2) : vers le communisme
http://1.bp.blogspot.com/-UWIYv40GXiI/TgI7U6zLcgI/AAAAAAAAAaQ/OxM0QdFtm0s/s1600/Engels.jpg
La conception matérialiste dialectique/historique de SLP repose sur l'idée que l'histoire humaine, comme tout phénomène vivant, progresse par des "cycles", des processus complexes de négation de l'ordre social existant qui ne se referment, cependant, pas "à la case départ", mais à un niveau supérieur. Chaque "grand cycle" se subdivisant en "petits cycles" qui en sont les étapes, chacun rapprochant de l'objectif final de l'humanité, qui est le communisme. Le point de rupture de chaque "grand cycle" étant le moment où le rapport de force entre les deux classes principales formant l'"unité des contraires sociale" (l'unité des contraires qu'est la société), s'inverse ; où la classe dominée principale devient la classe dominante. Ainsi, si l'on prend l'espace géographique appelé "France" : la négation de l'ordre social féodal par le capitalisme commence avec le mouvement communaliste du Moyen-Âge (13e, 14e, 15e siècle) et s'achève, pour ainsi dire, dans le "capitalisme triomphant" de la fin du 19e siècle, symbolisé par exemple par l'Exposition universelle de 1889 à Paris ; ou peut-être carrément à la fin du 20e siècle, quand le capitalisme a finalement englobé toute la société, tous les rapports sociaux. Son "point de rupture" est la Révolution de 1789 : quand la bourgeoisie est devenue la classe dirigeante de l’État. Mais la Renaissance et son "humanisme", le siècle des Guerres de religion, puis l'absolutisme sur lequel celui-ci débouche (et où la monarchie se fait objectivement l'alliée du développement capitaliste), ou encore les révolutions de 1830 et 1848, ou enfin la "révolution républicaine" de 1870-1905 (négation des dernières traces féodales, dont le pouvoir de l’Église), sont des "petits cycles" de ce "grand cycle". Avec les luttes ouvrières du 19e siècle (en 1848 notamment, quand le mouvement ouvrier rompt définitivement avec le mouvement démocratique bourgeois) commence le "grand cycle" de la Révolution prolétarienne, de la négation du capitalisme pour instaurer, cette fois-ci, le communisme. Mais la négation capitaliste de la féodalité a elle-même rapproché l'humanité du communisme, en développant le caractère social de la production (en grands collectifs de travail) et une société basée sur la connaissance scientifique, la technologie etc.

Cette vision rejette la vision "étapiste mécanique" des processus historiques, qui a été celle des mencheviks mais aussi, malheureusement, de beaucoup de ML (il faut d'abord une révolution démocratique bourgeoise, puis on fera une révolution socialiste, etc.) ; mais aussi la vision d'un processus révolutionnaire "linéaire et sans accroc", qui est celle de certains trotskistes (la "révolution permanente") mais aussi de certains "maoïstes", pour lesquels à la première embûche, "tout est fini", "les carottes sont cuites"... NON, messieurs les doctes "gardiens" de la "science MLM", au Népal "tout" n'est pas fini ! Au Népal, il y a eu un CYCLE (1990-2010), un "petit" cycle du grand processus qui est celui de la libération démocratique et anti-impérialiste des masses travailleuses. Comme la période 1911-27 a été un cycleLgtang2-28 du même processus en Chine. Aujourd'hui, le "bloc" Prachanda-Bhattarai a rejoint l'UML et d'autres groupes "marxistes" révisionnistes dans le camp de la Réaction, de l'oligarchie et de l'impérialisme, comme le Kuomintang chinois en 1927 ; mais cela ne veut nullement dire que "tout est fini" ! Un nouveau cycle s'ouvre (le rejet de l'état de fait actuel est déjà puissant dans les masses), un nouveau Parti révolutionnaire émergera, et il mènera cette fois-ci les masses populaires opprimées, sous la conduite du prolétariat, au pouvoir...

Réforme et Révolution

L'histoire des sociétés humaines est un phénomène dont la force motrice est la lutte des classes : la contradiction déterminante (à chaque époque) entre une classe dominante et une classe dominée principale, dirigeante dans la lutte contre la dominante (car il y a, toujours, plusieurs classes dominées). Sous la féodalité, étaient dominées et opprimées la bourgeoisie, la paysannerie (plus ou moins riche ou pauvre) et les ancêtres de la classe ouvrière (compagnons etc.) ; mais la classe dirigeante de la lutte contre les féodaux était la bourgeoisie, ainsi qu'une certaine paysannerie aisée (fermiers etc.). Sous le capitalisme, au stade des monopoles, toutes les classes (même une certaine "moyenne bourgeoisie" : patrons de PME etc.) sont d'une certaine manière "dominées" par la bourgeoisie monopoliste ; néanmoins, la seule classe révolutionnaire jusqu'au bout est le prolétariat.
Dans cette lutte entre classes, ce qui anime chaque classe en présence est, en définitive, la reproduction de ses conditions d'existence. Sachant que l'espèce humaine est douée d'intelligence, et ne se limite donc pas à des motivations communes à tous les animaux (se nourrir etc.), mais a aussi des motivations spécifiquement humaines : la connaissance et la compréhension du monde qui l'entoure (culture), le divertissement et autres plaisirs qui ne sont pas strictement nécessaires à la survie (mais le sont à l'équilibre mental), etc.

Globalement, "parallèlement" (en quelque sorte) à cette contradiction entre classe dominante et classes dominées, la contradiction motrice de chaque mode de production est qu'il développe les forces productives (qui ne cessent jamais de se développer, contrairement à l'affirmation de Trotsky dans le "Programme de transition"), que ce développement génère des besoins, des aspirations, un "seuil minimum de satisfaction/tolérance" dans l'existence, et en définitive une conscience collective ; et qu'en fin de compte les rapports de production et l'ensemble des rapports sociaux (y compris non-liés au procès de production), bref l'organisation sociale créée par la classe dominante se retrouve obsolète, dépassée. Comme si un adolescent en pleine croissance avait les mêmes vêtements qu'à 12 ans : il est évident que ceux-ci craqueraient de toute part.

Cela amène parfois à dire, "parallèlement" à la contradiction de classe bourgeoisie monopoliste / prolétariat, que la contradiction motrice du capitalisme est celle entre le caractère social de la production (en grands collectifs de travail, permettant un grand développement des forces productives) et la propriété privée des moyens de production (qui permet l'accaparement capitaliste de la plus-value, fait de la force de travail une marchandise et sous-tend toutes les relations humaines et l'organisation sociale). Dans la féodalité, c'était la contradiction entre la propriété utile du bourgeois et du paysan sur ses http://img.over-blog.com/489x421/0/12/64/13//Paysans5.jpgmoyens de productions, et la propriété éminente du seigneur qui lui permettait de s'accaparer une partie de la production (en taxes, "taille", péages etc.) ou carrément une partie de la force de travail, gratuitement (corvées) ; d'où l'expression "taillable et corvéable". Au début de la féodalité, cette propriété éminente était justifiée par la protection du roturier par le seigneur, contre les guerres incessantes, invasions ou crises alimentaires ; mais il est clair qu'au 15e ou 16e siècle elle était devenue complètement inutile et parasitaire, permettant uniquement aux aristocrates et aux religieux de vivre grassement sans travailler, en entravant le développement de la production et de l'échange (commerce). 

C'est la même chose pour le capitalisme : au début, la nécessité de rentabiliser son capital a donné une impulsion colossale au développement de la production, de la science, des techniques, des échanges ; mais, aujourd'hui, la propriété capitaliste des moyens de production permet surtout à une classe de rentiers (actionnaires, dirigeants sociaux, banquiers etc.) de http://www.geo.fr/var/geo/storage/images/media/images/rubrique-geo-infos/images-une-actu-une-question/embouteillage-sur-le-peripherique/436540-1-fre-FR/embouteillage-sur-le-peripherique_940x705.jpgvivre parasitairement en ne travaillant pas ou peu (uniquement pour assurer la survie de leur affaire), pendant que des millions de gens se lèvent le cul à 5 heures du matin pour gagner 1000 € par mois (ici) ou carrément 200 ou 300 € (ailleurs). Et le développement des forces productives développe parallèlement la conscience, dans les masses, de mériter mieux que cette vie-là. Cette conscience se heurte aux rapports de production (patron/salariés, cadres/exécutants) et à l'ensemble des relations sociales découlant de la propriété privée des moyens de production (et de l'accaparement capitaliste de la plus-value) : elle entre en lutte et, en s'organisant pour agir, devient une force matérielle.

A partir de là, le mouvement réel de la lutte a deux débouchés possibles :
-> soit, la classe principale des classes dominées (ici, le prolétariat) renverse la classe dominante, sa propriété des moyens de production et son État, qu'elle remplace par sa propre propriété (collective) et son propre État : c'est la révolution, on change de classe dominante et de mode de production (progressivement, les rapports de production et tous les rapports sociaux capitalistes sont abolis et remplacés par des rapports collectivistes, égalitaires, solidaires, amenant au communisme) ;
-> soit, la classe dominante s'adapte et réussit à améliorer l'organisation sociale, pour la faire "coller" (ou presque) au niveau des forces productives et au niveau de conscience engendré : c'est une réforme, un processus réformiste. C'est le cas des grandes réformes de la Libération (reprenant celles de 1936, abolies par Vichy, et en ajoutant d'autres). Ou encore, les réformes sociales post-Grenelle (1968) et de 1981-82, couplées aux réformes politiques et "sociétales" entre (globalement) 1975 et 1985 (sous Giscard et "Mitterrand I").

Dans le langage politique courant, la partie de la bourgeoisie qui "milite" pour cette nécessaire adaptation est appelée la GAUCHE (plus ou moins modérée ou "radicale"). La partie qui y résiste, plus ou moins fort, est la DROITE (plus ou moins modérée ou réactionnaire). Il s'agit d'une contradiction au sein de la classe dominante (comme peut l'être la concurrence entre entreprises au quotidien), elle peut parfois prendre un caractère très aigu (par exemple, la droite éliminant physiquement la gauche, comme au Chili en 1973), mais c'est une contradiction secondaire : elle n'est pas motrice en tant que telle de l'histoire ; elle est subordonnée, déterminée par la contradiction bourgeoisie/prolétariat, caractère social de la production/propriété privée des moyens.

Le mouvement réel de la lutte des classes ne se déroule pas de manière linéaire, "en ligne droite" : il a des cycles, des fluctuations ; comme parallèlement le développement des forces productives par le capitalisme a des cycles, des fluctuations. Le capitalisme, par sa nature même, traverse des CRISES.

Certaines sont des crises cycliques de surproduction de marchandise (excès de l'offre par rapport à la capacité d'absorption de la demande). Ces crises sont généralement temporaires : le capitalisme "fait le ménage tout seul", par la "sélection naturelle", les faillites suffisent à réajuster l'offre avec la demande. Depuis le 20e siècle et jusqu'à nos jours, l'intervention de l’État, avec divers "amortisseurs", suffit à en limiter les conséquences humaines (chômage et tout ce qui en découle).
Mais d'autres, beaucoup plus graves et longues, sont les crises de SURPRODUCTION ABSOLUE DE CAPITAL. Il y a trop de Capital (C) accumulé, on ne sait plus qu'en faire ; le réinjecter dans la production ne donne pas un profit (P) supérieur (ou alors, très faiblement) et, donc, un taux de profit (P/C) inférieur à ce qu'il était avant (P/C', avec un C' < C et un P inchangé ou presque)... Le taux de profit s'effondre.
Ce sont des crises terribles, qui s'étalent sur des dizaines d'années. Elles ne touchent pas seulement l'économie (le secteur productif), mais l'ensemble de la société et des rapports sociaux : ce sont des crises économiques, politiques, sociales et morales (culturelles).
Ces crises sont : celle (relativement courte) qu'a traversé le monde capitaliste dans les années 1870-80 ; celle qui a dominé la première moitié du 20e siècle (avec les deux guerres mondiales) ; et celle toujours en cours, qui dure depuis les années 1970.

Pour ces crises, il n'existe que deux voies de sortie :

-> une refonte complète et planétaire de l'organisation productive et sociale capitaliste, pour déboucher sur un "monde neuf" où peut reprendre l'accumulation du capital. C'est un processus terriblement douloureux pour les masses de l'humanité, qui passe par des guerres locales ou mondiales exterminatrices, des destructions colossales de forces productives, des régimes fascistes qui balayent tous les acquis humanistes et démocratiques des révolutions bourgeoises, une tendance du Capital (monopoliste) à modeler toute la société à son image et selon ses intérêts. Cette réorganisation de l'organisation sociale, peut prendre la forme de grandes concessions démocratiques et économiques aux masses populaires : c'est ce qu'on appelle la social-démocratie. Mais alors, le pays concerné se transforme en "cité grecque" qui a besoin, pour son confort de vie et sa prospérité, d'une masse 10 fois plus nombreuse d'"esclaves"... Cette foule "esclave", il va la trouver dans les pays dominés par l'impérialisme. Le fascisme, lui aussi, ne peut assurer le niveau de vie qu'il veut offrir aux masses (sans l'aspect démocratique) que dans la conquête et le pillage. Au final, les guerres sur lesquelles débouchent obligatoirement ces tentatives, débouchent elles-mêmes sur un monde reconfiguré. La crise de 1873 s'est résolue, assez rapidement, par le partage du monde entre grands pays capitalistes (Conférence de Berlin en 1885 etc.), l'exploration et la colonisation de régions jusque là "vierges" (c'est-à-dire, encore dans la société primitive, ou féodale). Ce fut l'entrée totale et définitive dans l'époque de l'impérialisme (l'exportation de capitaux devenant principale sur l'exportation de http://juliendaget.perso.sfr.fr/Clem/3102Paris.jpgmarchandise). Mais, une fois le monde partagé, comme l'explique Lénine dans L'Impérialisme, il ne reste plus que le repartage ; donc, la GUERRE MONDIALE. C'est donc par les deux guerres mondiales, et des dizaines d'autres "petits" conflits localisés entre 1905 et 1945 (guerre russo-japonaise, guerres balkaniques, guerres gréco-turques, guerre du Chaco, guerre sino-japonaise, guerre d’Éthiopie, et même guerre d'Espagne, qui fut aussi une lutte d'influence entre italo-allemands et franco-anglais), que se résolut la deuxième grande crise générale du capitalisme. Elle déboucha sur un repartage des zones d'influence, l'émergence d'une superpuissance (les États-Unis) dont les autres impérialismes devinrent des "vassaux" (plus ou moins fidèles ou turbulents) ; superpuissance contrebalancée uniquement (jusqu'en 1990) par l'URSS, mais celle-ci devint progressivement une puissance impérialiste comme les autres ; la fin des grands Empires coloniaux (et leur remplacement par une domination indirecte) ; la transformation des pays impérialistes et avancés (Europe de l'Ouest, Amérique du Nord, Japon et Asie-Pacifique, Australie etc.) en sociétés de consommateurs ; et surtout, l'inclusion (progressivement, jusqu'à la fin du siècle) de la quasi-totalité de l'humanité dans les rapports de production capitalistes (dominés par les monopoles européens, anglo-saxons et japonais), donnant une nouvelle division internationale du travail. La dernière crise, commencée dans les années 1970, est entrée depuis le milieu des années 2000 dans sa phase terminale ; et l'on ignore comment elle se terminera.
OU ALORS
-> la révolution prolétarienne ; l'abolition du mode de production capitaliste et l'instauration de rapports sociaux transitoires ("socialistes") vers le communisme. En plus de la crise elle-même (effondrement du taux de profit), le fait que la révolution soit à l'ordre du jour renforce la férocité des dominants, leurs massacres et guerres d'extermination, et la nécessité d'une réorganisation totale des rapports sociaux.
La crise générale de la première moitié du 20e siècle déboucha sur une PREMIÈRE VAGUE de révolutions prolétariennes, qui couvrirent au milieu du siècle jusqu’à 1/3 de la population mondiale. Mais, pour de multiples raisons, les "cadres" de ces États révolutionnaires se muèrent en néo-bourgeoisie et rétablirent le capitalisme. Le vague "mourut" dans les années 1975-90. Aujourd'hui, avec la nouvelle crise générale, une DEUXIÈME vague de révolutions prolétariennes se lève dans le monde. On peut dire que la Guerre populaire du Pérou (1980-93) a été la "passerelle" entre la première et la deuxième vague ; laquelle a ensuite pris son essor avec la Guerre populaire au Népal (1996-2006), la reprise de Guerre populaire aux Philippines (fin des années 90), et maintenant en Inde. 

En résumé :

> Réforme = adaptation des rapports de production et de l'ensemble de l'organisation sociale, par des mesures politiques ("droits", "libertés" etc.) et économiques (augmentation des salaires, diminution du temps de travail, congés payés, salaire minimum etc.), au niveau de conscience de masse induit par le niveau des forces productives. L'ensemble de ces mesures a un coût élevé. Elles sont permises par http://idata.over-blog.com/1/76/20/75//Gdes-conquetes-sociales-PC-36-.jpgl'exploitation accrue des pays dominés, de leurs ressources et de leur force de travail. En temps de crise, elles sont intenables et conduisent à la guerre. Dans les pays dominés, elles peuvent être permises par une certaine réappropriation du produit national (comme au Venezuela, avec Chavez), mais mènent au conflit avec l'impérialisme (et au renversement des réformistes, ou à leur "retour dans le rang"). Dans les pays "émergents", elles peuvent être permises par le fait que les pays impérialistes, en crise, vont y transférer la production pour essayer de maintenir le taux de profit (coût du travail moindre), permettant une forte croissance du PIB (cependant, cela restera très limité : dans chacun des B-R-I-C-S, la pauvreté relative du prolétariat par rapport aux classes favorisées reste terrible, idem dans les "dragons" et "tigres" asiatiques, les pays du Golfe etc.).
Dans les pays impérialistes, la grande crise générale de 1905-1945 a liquidé les forces politiques bourgeoises traditionnelles, "conservateurs", "libéraux" ou "radicaux", et polarisé la politique bourgeoise autour de la social-démocratie bourgeoise (symbolisée par Keynes, le New Deal, le Front populaire, la Suède) et du fascisme. Après 1945, le fascisme (de temps de crise et de guerre) a été remplacé en période de paix et de croissance par un "social-conservatisme" plus ou moins autoritaire (gaullisme, "système DC" en Italie, "système PLD" au Japon, "système CDU-CSU" en Allemagne etc. ; recyclant les vieux personnels fascistes (pétainistes en France), voire carrément les programmes - le programme du gaullisme était totalement repris des Croix-de-Feu des années 30).
Dans la nouvelle crise générale (depuis les années 1970), l'option social-démocrate/keynésienne semble se réduire comme une peau de chagrin (et ses forces politiques avec). Les deux partis qui (en général) polarisent la politique bourgeoise glissent inexorablement vers la droite, dans la liquidation des conquêtes démocratiques et sociales, le contrôle et la répression "préventive" des masses populaires ; tandis que les forces fascistes (parfois rebaptisées "droites populistes") ressurgissent en force.
lenin1917
> Révolution = renversement de la classe dominante et de tout l'ordre social existant ; négation du mode de production et des rapports sociaux capitalistes ; affirmation d'un mode de production et de rapports sociaux communistes ; dans une phase de transition appelée SOCIALISME. Organisés démocratiquement, les prolétaires et les autres classes populaires autour d'eux exproprient et s'emparent des moyens de production ; ils détruisent le vieil État bourgeois (n'en laissant pas "pierre sur pierre") avec toutes ses institutions, son organisation administrative, ses "relations sociales entre territoires" etc. ; et fondent leur propre État sur ces nouvelles bases.

Un grand débat, dans le mouvement communiste, depuis les origines (en tout cas, depuis le début du 20e siècle), consiste en l'analyse des "réformes" : lorsque le "système" de domination capitaliste, sous la pression de la lutte du prolétariat et des classes populaires comme de sa propre crise, est amené à se réorganiser ainsi, a-t-on avancé ou reculé par rapport à l'objectif (conquête du pouvoir) ? Beaucoup pensent que l'on a reculé, que le système de domination capitaliste est renforcé, "plus fort que jamais"... C'est une thèse erronée, pessimiste et anti-dialectique. Aucun "cycle", aucun "processus" de négation du capitalisme par le prolétariat (par le caractère social de la production) ne "ramène en arrière". La défaite est éclatante en apparence : on n'a pas réussi à renverser la classe dominante / conquérir le pouvoir ; les consciences sont "endormies" par les concessions accordées... Mais c'est une défaite temporaire. Ne serait-ce que parce que les concessions accordées vont créer un "niveau de conscience supérieur" : une conception d'une "vie digne", des attentes et des aspirations, des notions d'"acceptable" et d'"inacceptable" plus élevées, plus avancées vers le socialisme et le communisme. Et lorsque, sous l'effet d'une nouvelle crise (brusque chute du taux de profit), la bourgeoisie va tenter de "reprendre de la main droite ce qu'elle a accordé de la main gauche", elle va se heurter à une nouvelle résistance acharnée du prolétariat et des masses, qui peut déboucher sur une situation d'ingouvernabilité, une situation révolutionnaire, si les communistes savent la conscientiser et l'organiser dans la durée. C'est ce que l'on voit en Grèce, où il n'y a malheureusement pas de Parti greek-riots-2communiste à la hauteur des enjeux (car la prise du pouvoir serait possible), mais où le pays entier est en feu. Le capitalisme, aujourd'hui en France, se donnerait beaucoup d'air en ramenant les masses populaires à leur condition de 1920 ou 1930 (48 heures de travail par semaine, pas de congés, pas de protection sociale etc.)... mais ce n'est pas possible sans provoquer une situation d'ingouvernabilité du pays, sans compter que cela impacterait la consommation (qui ne pourrait plus absorber l'offre) ; et c'est une contradiction intenable.
Si, aujourd'hui, la remise en cause du "modèle social" dans les pays impérialistes ("grand chantier" des bourgeoisies depuis les années 1980) ne débouche pas sur une situation révolutionnaire, c'est en raison de la faiblesse du mouvement communiste et (partant de là) du mouvement ouvrier/populaire organisé en général. C'est parce que (cf. ci-dessous) beaucoup préfèrent regarder les places à prendre au niveau électoral (ou bureaucratique-syndical) tandis que d'autres préfèrent se regarder le nombril en s'imaginant être Lénine réincarné, plutôt que de reconstruire un mouvement communiste digne de ce nom. Partant de là, les travailleurs luttent pour sauver ce qu'ils peuvent, sous la conduite de partis et syndicats réformistes (chargés de négocier le "moindre mal" avec la bourgeoisie) toujours plus tirés vers la droite. Prière, donc, de ne pas faire porter le chapeau de sa propre incompétence, aux conquêtes que les masses en lutte ont (malgré tout) réussi à arracher au siècle dernier...

Le Parti
révolutionnaire

Le Parti révolutionnaire communiste, guidé par la conception communiste du monde et la stratégie révolutionnaire adaptée à la situation concrète (élaborées à la lumière de la science marxiste de notre époque : le marxisme-léninisme-maoïsme) ; est l'avant-garde la plus consciente et organisée de la seule classe révolutionnaire jusqu'au bout : le prolétariat.http://idata.over-blog.com/1/86/47/22/partisans.jpg
Le Parti ne descend pas du ciel, apporté par le "génie" de quelques cercles "éclairés" : il naît, se forge et grandit dans le mouvement réel de la lutte des classes au quotidien, dans la résistance quotidienne (pas seulement lors de "grands mouvements" médiatisés) du prolétariat et des classes populaires opprimé-e-s contre l'oppression de la classe dominante ; car "là où il y a oppression, il y a résistance", tel est le mouvement dialectique de toutes les luttes entre classes sous tous les modes de production ; et "le marxisme comporte de multiples principes, mais ils peuvent tous se ramener en dernière analyse à une seule phrase : on a raison de se révolter contre les réactionnaires" (Mao).
Ainsi, du mouvement dialectique de résistance (du prolétariat) contre l'oppression (capitaliste), naît la conscience de classe (d'être opprimé en tant que classe), la volonté d'en finir avec "ce qui cause nos misères", et la nécessité de s'organiser et d'agir pour cela. Lorsque la conscience s'organise pour agir, elle devient une force matérielle. Ensuite, dans le mouvement réel de la lutte, de la résistance à l'oppression, différents degrés de conscience (des problèmes et des buts) et d'organisation se détachent au sein des masses...
http://www.fideus.com/pce%20-%20cartell.jpgAinsi naît une avant-garde à la conscience (de la situation et des objectifs, du problème - le capitalisme - et de sa solution - son renversement révolutionnaire) et à l'organisation plus avancée, et qui, en forgeant encore dans la science marxiste ET dans la pratique sa conception du monde et sa stratégie révolutionnaire, devient le Parti ; et agrège alors autour d'elle toutes les luttes des opprimé-e-s et des exploité-e-s dans la grande lutte pour le renversement de la domination : la GUERRE POPULAIRE.

Ce phénomène, appelé le Parti, est, il faut le dire, beaucoup plus rare en réalité qu'en apparence. Il ne suffit pas de se dire "Parti" pour l'être ; il ne suffit pas de se dire communiste pour être communiste. C'est malheureusement ce que de nombreux-ses jeunes (ou moins jeunes) prolétaires, venus frapper à telle ou telle porte sur laquelle est écrit "communiste", expérimentent tous les jours.

Sur l'ensemble du mouvement se déclarant "communiste", pris au sens le plus large (incluant les anarcho-communistes ou les communistes libertaires), que pouvons nous distinguer ?

Nous pouvons dire, en dernière analyse, qu'il existe deux sortes de personnes se proclamant "communistes" ou plus largement "révolutionnaires" :

- les vrais révolutionnaires, qui correspondent à la définition du Parti donnée plus haut, sont les personnes à la conscience forgée dans le mouvement réel oppression/résistance, qui se donnent pour but de SERVIR LE PEUPLE (les masses du prolétariat et des autres classes populaires opprimées), d'en
 élever la conscience et l'organisation jusqu'à leur permettre de balayer la cause de leurs souffrances : http://www2.pslweb.org/images/content/pagebuilder/49317.jpgla classe dominante - en ce qui nous concerne, les capitalistes (et leurs cadres supérieurs et dirigeants, leurs politiciens, leur appareil d’État, leurs serviteurs idéologiques, leurs agents de répression etc.). Pour être plus précis : le Parti est l'élément moteur et directeur de ces forces révolutionnaires, car il possède la meilleure conception révolutionnaire du monde et la meilleure stratégie pour la victoire ; toutes deux forgées dans la lutte réelle de classe, à la lumière de la science marxiste. Le Parti ne peut donc être que les révolutionnaires armés de la science marxiste la plus élaborée de notre époque, qui est le marxisme-léninisme-maoïsme.

- et puis, il y a les personnes qui ne mènent la lutte révolutionnaire que pour ELLES-MÊMES, pour s'auto-satisfaire. Chez un grand nombre de personnes, existe une divergence entre l'importance qu'elles se donnent à elles-mêmes, et l'importance que leur offre la société capitaliste en son sein. Ces personnes vont donc affronter le capitalisme, afin d'essayer de "conquérir" l'importance sociale qu'elles estiment mériter. Ce serait une grave déformation du marxisme, de considérer que l'être humain est motivé uniquement par des considérations matérielles : bien sûr, le rôle de "dirigeants révolutionnaires" dans lequel se voient certain-e-s n'est sans doute pas exempt d'avantages matériels ; mais la reconnaissance par les autres, la satisfaction que l'on a de soi, la "vibration existentielle" d'être sur le pavois, sont également des moteurs importants du comportement humain.
A partir de là, ces personnes se subdivisent en deux catégories :

> Les personnes qui, dans le mouvement réel de la lutte, s'aperçoivent qu'une simple réforme de la société capitaliste actuelle, une simple mise à niveau de l'organisation sociale avec les forces productives et la conscience engendrée, peut suffire à satisfaire leurs ambitions. Ces personnes sont les OPPORTUNISTES, elles sont la direction réformiste d'une grande partie du mouvement ouvrier/prolétaire/populaire organisé. D'autres (de culture suffisamment réactionnaire) peuvent devenir des cadres fascistes.http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/47/Eduard_Bernstein.jpg
Leur "base" va être constituée par les larges masses dans lesquelles domine le sentiment possibiliste : l'idée que, lorsque l'on souffre (de la misère, de l'exploitation, de l'oppression en tout genre etc.), il vaut mieux améliorer sa condition "un peu, tout de suite" que d'espérer en une révolution qu'on ne verra peut être jamais de son vivant. Bien sûr, les communistes ne s'opposent à la conquête d'améliorations immédiates pour la vie des masses (sachant que la bourgeoisie cherchera tôt ou tard à les reprendre "de la main droite", et que ce sera l'occasion de nouveaux affrontements de classes). Mais les réformistes sont ceux qui font des ces conquêtes immédiates la fin en soi de leur militantisme. Les opportunistes (ceux qui se cherchent une place, un strapontin dans une politique réformiste de la bourgeoisie) et leurs troupes possibilistes forment le réformisme.
En définitive, ils vont se placer, et placer leurs troupes, sous l'hégémonie idéologique et culturelle de la gauche réformiste bourgeoise : la frange de la bourgeoisie qui considère que pour se maintenir il faut faire des concessions (démocratiques et sociales) aux masses, essayer de mettre les rapports sociaux en adéquation avec la conscience collective engendrée, dans les masses, par le niveau des forces productives. C'est le destin qu'ont connu, pratiquement sans exception, tous les Partis communistes issus de la IIIe Internationale, à partir d'une interprétation erronée du Front populaire antifasciste dans les années 1930, et du triomphe du révisionnisme dans les années 1950. Dans l’État bourgeois "France", le dernier aboutissement de ceci est le Front de Gauche.

> Les personnes pour qui même une réforme importante de l'organisation sociale, n'offrirait pas de "place" conforme à l'importance qu'elles se donnent. Elles sont donc condamnées à la "surenchère" révolutionnaire. Ce sont ceux qu'on appelle les "gauchistes", les "dogmato-sectaires" et autres gourous "ultra-maximalistes", "plus rouge que moi tu meurs". Plusieurs choses les caractérisent. D'abord, le sentiment de frustration qui les anime, confinant à la névrose, les pousse à une grande agitation, une grande surenchère "radicale", à l'impatience, à ne pas se satisfaire devant la "lenteur", la "timidité" apparente du mouvement réel, qui ne trouve par conséquent jamais grâce à leurs yeux.
http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/291/Kakashi_Rouge2.jpgEnsuite, ils ne peuvent tolérer un mouvement réel qu'ils ne dirigent pas (c'est à dire aucun). Forcément, si un tel mouvement se transformait en situation révolutionnaire, ils n'en seraient pas les glorieux dirigeants ! Ainsi, s'ils peuvent parfois fantasmer sur telle ou telle cause lointaine et/ou ancienne (la Guerre populaire au Pérou, l'Autonomie italienne), ils rejetteront et vomiront toujours sur les avancées du mouvement réel se déroulant à leur porte (en Europe, ou juste au Sud de la Méditerranée). Une autre caractéristique est que leurs rapports avec les autres forces révolutionnaires ne sont pas sur le registre du "débat franc et ouvert" et du "voyons ce qu'on peut faire ensemble", mais de la concurrence de boutiquier et de l'attaque, du crachat systématique.
Enfin, à la frustration causée par le capitalisme lui-même, s'ajoute celle du rejet qu'ils suscitent, instinctivement, dans les masses populaires. Celle-ci débouche sur l'aigreur, et sur le repli sectaire, considérant que si tout le monde les rejette, c'est qu'ils ont raison contre tout le monde.
Leurs "troupes" sont ce qu'on peut appeler les "petit-e-s névrosé-e-s occidentaux-ales" : cette frustration existentielle, confinant à la névrose, touche en effet de nombreuses personnes du prolétariat et des classes populaires. Face au "néant" apparent de l'existence, beaucoup de ces personnes sont tentées de "vivre leur vie comme un jeu de rôle" : comment résister à l'attrait d'un groupe, qui vous propose (rien de moins !) que d'être les nouveaux bolchéviks !?
Parfois, les groupes ne survivent pas à leur leader "charismatique". Parfois, cependant, ils sont auto-reproductifs (il se trouve toujours de nouveaux "cadres éclairés" pour remplacer les anciens) et peuvent même atteindre une certaine taille, comme certaines organisations trotskistes bien connues.
Il arrive également, assez souvent, que ces groupes "lâchent l'affaire" après un certain temps et versent dans le réformisme (si la bourgeoisie sait leur proposer des strapontins).
Dans tous les cas, ils sont (heureusement) infiniment moins nombreux que les opportunistes et leurs troupes possibilistes...

Malheureusement, les organisations, le mouvement communiste et le mouvement ouvrier/populaire en général peuvent être complètement prisonniers de ce "dialogue du berger et de la bergère" entre opportunistes et sectaires, entre ceux que parviennent à capter les opportunistes et les disciples des gourous gaucho-sectaires. Lorsque les uns passent sous la coupe de la gauche réformiste bourgeoise et que les autres, en réaction, se replient sur le dogme et le sectarisme ; il est clair que la classe dominante a remporté une grande victoire. Ainsi l'explique le (nuovo)PCI dans son Manifeste Programme : "Ils [la gauche réformiste bourgeoise] ne sont un danger pour notre cause que dans la seule mesure où ils réussissent à influencer la conduite du Parti communiste [on pourrait dire : du mouvement communiste en général], à alimenter dans nos rangs l'opportunisme et le révisionnisme par émulation, timidité idéologique ou corruption, ou le sectarisme et le dogmatisme par réaction défensive : en somme, dans la mesure où ils parviennent à agir sur nos contradictions internes."  

D'une manière générale
, les forces ouvertement réformistes ou gauchistes sont incapables de mener à bien la révolution, d'assurer la prise du pouvoir par le prolétariat.
Pour autant, lorsque le Parti accomplit cette tâche, et remplace l’État du Capital par l’État révolutionnaire du prolétariat, il emmène automatiquement avec lui des contradictions importantes du capitalisme et de la société de classe en général : dirigeants/dirigés, cadres/exécutants, etc. C'est sur la base de ces contradictions que peut se reformer, à tout moment, une nouvelle bourgeoisie qui ramènera le pays sur la voie du capitalisme. Contre cela, c'est un enseignement essentiel du maoïsme, de nouvelles révolutions devront avoir lieu.

MAIS, sans Parti, il n'est pas possible de conduire le mouvement réel de la lutte de classe jusqu'au renversement de la classe dominante. Tout au plus obtiendra-t-on une grande réforme de l'organisation sociale, qui tentera de mettre les rapports de production et l'ensemble des rapports sociaux, l'organisation sociale, "à la hauteur" du niveau des forces productives et de la "conscience de masse" qu'il engendre (aspirations des masses, notion de "ce qui est acceptable" et ce qui ne l'est pas, etc.), afin d'abaisser le niveau de contestation. Telle est la limite du spontanéisme, qui considère qu'un mouvement social suffisamment massif et déterminé peut suffire à renverser la classe dominante. Lénine nous a enseigné, sur la base de l'expérience concrète, que "les masses sont spontanément trade-unionistes" (c'est-à-dire réformistes, se contentant de petites améliorations immédiates de leurs conditions de vie, et rentrant dans leurs chaumières une fois satisfaction obtenue). Seul le Parti rend possible de maintenir la conscience et l'organisation du prolétariat dans la durée, dans un processus prolongé.

Toutefois, l'erreur inverse serait le "partidisme", la croyance élitiste en la "supériorité" du Parti, considérer que le Parti a "toujours raison", y compris contre les masses. Comme nous l'enseigne (là encore) Lénine : "Une des plus grandes erreurs des communistes (comme généralement de tous les leninerévolutionnaires qui ont accompli victorieusement le début d'un grande révolution), c'est l'idée qu'une révolution peut-être faite par les révolutionnaires seuls.
Au contraire, tout travail révolutionnaire sérieux nécessite, pour son succès, la compréhension et la traduction en actes de l'idée que les révolutionnaires sont seulement capables de jouer le rôle d'avant-garde de la classe vraiment dynamique et avancée.
Une avant-garde ne remplit sa tâche d'avant garde qu'en se montrant capable d'éviter le divorce d'avec les masses qu'elle mène et quand elle est vraiment capable de mener toute la masse en avant. Sans une alliance avec les non-communistes dans les domaines les plus divers, il ne peut être question d'une œuvre constructive communiste couronnée de succès.
"

Ou encore, comme disait Mao Zedong : "Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes, nous sommes souvent d'une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d'acquérir les connaissances même les plus élémentaires".

Être révolutionnaire, être communiste, être marxiste

Être révolutionnaire est une conscience qui se développe, chez les individus, dans le mouvement dialectique entre l'oppression de la classe dominante et la résistance des classes exploitées, en particulier la plus exploitée, qui dans le capitalisme est le prolétariat. Être révolutionnaire est un sentiment "viscéral", qui "vient des tripes" ; il vient du fait que l'espèce humaine est une espèce sociale qui, à l'origine, est programmée pour ne pas être insensible à la souffrance de ses semblables - en plus d'avoir, comme tout être vivant, le souci individuel d'assurer sa propre existence matérielle.http://blog.francetv.fr/nng_images.php?img=/BABABE-Loti/files/B/A/B/BABABE-Loti/images/che22.jpg
La meilleure définition en a été donnée par Ernesto "Che" Guevara de la Serna qui, bien que de famille bourgeoise, se rangea dans le camp de la Révolution prolétarienne mondiale et y fit don de sa vie : "Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, où que ce soit dans le monde. C'est la plus belle qualité d'un révolutionnaire".

Ceci est le prérequis : si l'on n'est pas un révolutionnaire, on ne peut pas être un communiste, encore moins un marxiste. On peut avoir "toujours une citation au coin de la bouche", connaître par cœur ses "classiques", on n'en reste pas moins qu'un phraseur. Exemple : on peut regretter que des forces réactionnaires et/ou pro-impérialistes aient pris la direction des masses populaires en Libye et en Syrie. Pour autant, ne ressentir aucune émotion, aucune révolte lorsque Kadhafi et Assad font massacrer les masses populaires, car, après tout, "Marx a expliqué que la fonction de l’État, c'est de maintenir par la violence la domination d'une classe", ce n'est pas être marxiste ni communiste. Car on n'est pas un révolutionnaire.

Être communiste, c'est avoir déjà une vision précise de ce que l'on veut à la place de la société actuelle : une société sans classes et sans exploitation, sans oppression, où "le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous", "de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins". Ce terme regroupe les communistes marxistes et les communistes libertaires. Les marxistes considèrent que l'instauration du communisme sera le fruit d'un long processus de négation du capitalisme, par la lutte révolutionnaire prolongée (Guerre populaire) puis par la transition socialiste : un long processus de liquidation des rapports de production, de tous les rapports sociaux et de la culture capitaliste, et de remplacement par des rapports et une culture communiste. Les libertaires et les anarcho-communistes considèrent qu'il est possible de renverser la classe dominante "d'un coup", par une "grève générale insurrectionnelle" se transformant en "Grand Soir" ; et d'instaurer immédiatement le communisme.

Enfin, être marxiste, c'est être armé d'une théorie scientifique élaborée, permettant d'avoir une compréhension scientifique du monde et du pays dans lequel on vit, et d'élaborer une stratégie révolutionnaire adaptée, se déclinant en tactiques correctes dans les différentes étapes du processus révolutionnaire.
En somme, ce qui définit un marxiste, c'est la scientificité de sa démarche. En presque 170 ans d'existence (depuis les années 1840), la théorie scientifique marxiste a avancé par bonds, toujours sur la base de l'expérience pratique du mouvement réel et de l'analyse concrète de la situation concrète. Marx et Engels (et d'autres encore, mais essentiellement eux) ont élaboré la théorie marxiste, dont l'ouvrage phare est bien sûr Le Capital. Au début du 20e siècle, pourtant, cette théorie se révéla insuffisante, car nous étions entrés dans l'ère de l'impérialisme, des monopoles, du capitalisme réactionnaire sur toute la ligne, et les dirigeants socialistes d'alors, impuissants à comprendre la réalité qui les entourait, en étaient venus à rejeter les thèses même du marxisme (nécessité d'une révolution au profit d'une "évolution pacifique, réformiste" vers le socialisme etc.). En comprenant ce passage de l'humanité à mao-zedong-1.jpgl'ère impérialiste, Lénine enrichit la compréhension scientifique marxiste du monde : son apport deviendra le marxisme-léninisme et sera mis en pratique par les dirigeants communistes des années 1920-30-40, tels que Staline, Dimitrov, Gramsci, Ho Chi Minh, Mariategui etc. Mais ce n'était pas encore suffisant : après la Seconde Guerre impérialiste mondiale, le capitalisme connut un nouveau cycle d'accumulation, la révolution prolétarienne ne parvint toujours pas à gagner les pays impérialistes d'Europe de l'Ouest, les révolutions nationalistes bourgeoises dans les colonies et les semi-colonies maintinrent ces pays dans les griffes de l'impérialiste ; et, surtout, une nouvelle bourgeoisie prit le pouvoir en URSS et, véritables capitalistes d’État, ramenèrent celle-ci vers le capitalisme pur et simple (processus achevé en 1990). Face à tout cela, Mao Zedong en Chine et d'autres à travers le monde après lui (Mazumdar en Inde, Sison aux Philippines, Kaypakkaya en Turquie, Gonzalo au Pérou, d'autres en Italie etc. etc.) enrichirent encore la théorie, pour aboutir au marxisme-léninisme-maoïsme, qui est le marxisme révolutionnaire de notre époque.

Le Che, que l'on a cité plus haut, était assurément un communiste, de formation marxiste-léniniste. Mais sa démarche manqua de scientificité, elle fut imprégnée d'idéalisme et de volontarisme ; il crut que l'on pourrait répéter indéfiniment la prise de pouvoir très rapide réalisée à Cuba (dans des conditions très particulières), et ces erreurs finirent par lui coûter la vie. Ceci est une illustration de l'importance de la scientificité, dans la direction du processus révolutionnaire.

Pour autant, la science marxiste ne doit pas devenir un dogme. Comme toute science, elle est un phénomène vivant, appelée à se développer encore et encore dans l'analyse concrète de la situation et dans la pratique ; c'est une science JEUNE (un siècle et demi) qui a encore devant elle mille et une situations concrètes qui n'ont pas été affrontées et analysées à ce jour. Dans l'Anti-Dühring, Engels appelait à faire preuve de la plus grande prudence, dans la prétention à la vérité scientifique absolue : même dans les sciences exactes et, a fortiori, dans les sciences humaines, nous devons être méfiants à l'égard de nos connaissances, car "nous sommes encore plutôt au début de l'histoire de l'humanité et que les générations qui nous corrigeront doivent être bien plus nombreuses que celles dont nous sommes en cas de corriger la connaissance, - assez souvent avec bien du mépris". Si Engels avait une grande sympathie pour les théories de Darwin, il affirmait ainsi que "la théorie de l'évolution elle-même est encore très jeune et on ne saurait donc douter que la recherche future ne doive modifier très sensiblement les idées actuelles, voire les idées strictement darwiniennes, sur le processus de l'évolution des espèces"... Le marxisme étant une science, il en va de même pour le marxisme. On l'oublie souvent, mais Galilée ne fut pas jugé (et Giordano Bruno brûlé !) en vertu d'obscures superstitions ne reposant sur rien, mais d'une théorie parée de toute la scientificité de son époque : le "système de Ptolémée" ; d'un astronome gréco-égyptien du 2e siècle après Jésus-Christ, qui considérait que la Terre était le centre de l'univers et que la Lune, le Soleil et tous les astres et la voûte céleste tournaient autour... ce qui est effectivement la première impression que l'on a si l'on observe l'univers depuis la Terre ! On voit bien que la connaissance humaine est vivante et évolutive, et que les "vérités" les plus "établies" peuvent être complètement à côté de la réalité. Il en va de même avec la compréhension de l'évolution des sociétés humaines, qu'est le marxisme.

Rien n'est plus insupportable que ces "communistes" se drapant dans la "scientificité" alors qu'ils ne font que réciter un dogme... Cela renvoie à ces personnes étudiée plus haut, qui ne cherchent pas à SERVIR LE PEUPLE (et donc, à donner au marxisme la meilleure compréhension du monde possible), mais à satisfaire leur égo en se posant en "Gardiens du Temple".
Attention cependant : il y a aussi, toujours pour satisfaire leur égo, des gens qui prétendront au contraire "repenser" ou "dépasser" le marxisme. Des exemples récents sont Toni Negri, ou encore Bob Avakian (du PCR-USA) avec sa "nouvelle synthèse". Mais, dans ce cas, le rapprochement avec des théories révisionnistes passées permet assez facilement de les démasquer ; ainsi que leur pratique (chercher la reconnaissance des médias et des intellectuels bourgeois ; ou carrément devenir un notable bourgeois dans toute sa splendeur, comme Prachanda). La pratique est souvent bien plus parlante que les discours théoriques, en ce qui concerne les motivations de tel ou tel "génial leader"... Là encore (cf. plus haut), le résultat pratique de ces "révisions" du marxisme est de placer le prolétariat organisé sous la coupe de la "gauche" de la classe dominante.


L’État révolutionnaire, le socialisme


Il faut reconnaître que les expériences révolutionnaires du siècle dernier ont été soumises à des attaques et des manœuvres d'encerclement contre-révolutionnaires féroces. Pour autant, une grande limite de la conception communiste du monde, au 20e siècle, est sans doute de n'avoir pas assez saisi la vocation de l’État révolutionnaire (et du Parti à sa tête) à viser son propre dépérissement. Même en http://www.leblogauto.com/wp-content/uploads/2010/08/revolution-culturelle.jpgChine, la Révolution culturelle, plus exaltante expérience révolutionnaire du siècle, a finalement donné lieu à une "reprise en main" (1969-71) sous le prétexte d'éviter le "chaos"... Les partisans de la ligne d'une Révolution culturelle comme "mobilisation de masse contre la clique révisionniste" l'emportèrent sur les partisans d'une Révolution culturelle comme négation gigantesque et sans précédent de tous les vieux rapports sociaux, les vieilles habitudes, mentalités et pratiques bourgeoises et féodales qui traversaient la société chinoise millénaire, et formaient le terreau matériel, concret, des idées révisionnistes (les partisans de cette deuxième vision des choses étaient essentiellement la "Bande des Quatre", autour de Jiang Qing, l'épouse de Mao).
C'est sur cette limite de la conception communiste du monde que purent s'infiltrer ou se former (c'est la condition matérielle qui détermine la conscience...) des éléments néo-bourgeois, ne voyant la société socialiste ou "démocratique populaire" que comme le moyen d'être "importants", d'être des "cadres", de "diriger", et au final de prospérer en "dignitaires" sur l'accaparement d'une fraction (toujours plus importante) de la richesse produite par les travailleurs.

Le problème, en réalité, est que le socialisme ne doit pas être vu comme un mode de production en tant que tel. Le socialisme, pour SLP, est un processus de négation du mode de production et des rapports sociaux capitalistes, et d'affirmation de la propriété collective (démocratique) des moyens de production et de rapports sociaux communistes : "de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins". Un processus qu'il est facilement possible, à son début (dans les 40, voire 50 premières années) d'inverser ; et dans lequel, d'une manière générale, c'est reculer que d'être stationnaire.

Le révisionnisme, justement, désigne (dans les pays socialistes ou de "démocratie populaire") cette inversion du processus ; une liquidation graduelle de la propriété collective-démocratique et des rapports sociaux collectivistes déjà institués, un renforcement des rapports de production et des rapports sociaux capitalistes persistants (notamment sous la forme d'un capitalisme d’État), puis carrément une remise en vigueur des formes de propriété et de production capitalistes abolies - pour finir, comme en URSS en 1991-92, par une "mise à la découpe" de la propriété (formelle, non-démocratique) d’État, constituant d'immenses monopoles attribués à des "oligarques".http://medias.francetv.fr/bibl/url_images/2009/06/16/image_55379072.jpg
Ce processus est permis par une dynamique insuffisante de la ligne rouge révolutionnaire, qui empêche les "sauts qualitatifs" nécessaires pour transformer la société (hier capitaliste et/ou féodale) en société égalitaire communiste, empêche la "relance" régulière du processus socialiste de négation du capitalisme et d'affirmation du communisme ; et permet, au final, aux néo-bourgeois de s'affirmer à la tête du Parti et de l’État, ramenant la société vers le capitalisme. Certes, ce processus ne ramène jamais au point de départ (1917 en Russie et dans les autres ex-Républiques, 1949 en Chine) : en général, il a permis une formidable modernisation du pays, une "révolution" industrielle, technologique et scientifique, l'anéantissement total des formes sociales féodales etc. Mais ce qui, à son terme, est au pouvoir, correspond à la définition marxiste d'une bourgeoisie (que ce soit en Russie - où le capitalisme est "officiellement" rétabli - ou en Chine, au Vietnam etc.).

Face à cela, la solution, ébauchée par les maoïstes dans les années 1960, est ce qu'ils appelaient de "nouvelles révolutions" : une relance par les masses (et non par des "purges" internes au Parti) de la "marche au communisme", de la transformation révolutionnaire, socialiste, de la société en une société communiste (collectiviste, démocratique, égalitaire, où "le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous").


L'encerclement du Centre par les Périphéries

Ce n'est pas un "substitut" à la lutte des classes, qui serait remplacée par une "lutte du Centre et des Périphéries". Il s'agit du "sens d'où le vent souffle", du sens de déploiement de la Révolution prolétarienne mondiale.

Et pour savoir d'où le vent souffle, pas besoin d'un présentateur météo (don't need a weatherman to know which way the wind blows): il suffit d'ouvrir les yeux.
Il suffit d'ouvrir les yeux pour voir qu'il souffle de l'Inde et de l'Asie du Sud, des Philippines, de l’État turc ; des révoltes populaires qui ont secoué les pays arabes et se poursuivent ; de celles qui éclatent à leur tour en Afrique (dernièrement au Sénégal) contre l'ordre néo-colonial ; de la Palestine qui résiste encore et encore sous la botte des héritiers fascistes de Jabotinsky ; de l'Amérique latine où les gouvernement "de gauche" parviennent de moins en moins à contenir les aspirations des peuples à la justice et à la dignité ; et il souffle en direction de la "forteresse Europe" et de la "citadelle yanqui" qui tirent les ficelles de l'exploitation.
En Europe même, il souffle de la Grèce en feu, il se lève d'Italie, de l’État espagnol, du Portugal et d'Irlande, et bientôt sans doute d'Europe de l'Est ; vers l'axe impérialiste franco-allemand et leurs marionnettes de la BCE et de la Commission de Bruxelles. Dans chaque pays, il se lève de ces territoires déshérités, relégués et "tiers-mondisés", du Mezzogiorno et des corons du Nord, de Marseille et de Glasgow, du Borinage wallon et de Sardaigne, vers les capitales politiques et économiques. Dans chaque grande métropole, il se lève des quartiers populaires, des ghettos de relégation du prolétariat, vers les centres bourgeois où brillent les néons et les vitrines du capitalisme.
zone tempêtes
Ce n'est pas de la théorie pour le plaisir de la théorie ; c'est un constat de fait, objectif. Le même constat de fait que celui de Mao, dans les années 1930, lorsqu'il arriva à la conclusion que la guerre révolutionnaire devait naître et grandir dans les campagnes écrasées par la misère, par les féodaux et les bureaucrates à la solde de l'impérialisme ; pour encercler et étrangler les villes, forteresses du pouvoir, et enfin y faire leur jonction avec la classe ouvrière pour l'assaut final...

La réalité est que le capitalisme (devenu monopoliste, impérialiste) s'appuie sur des Centres, où se concentrent non seulement la richesse mais aussi le POUVOIR, politique, économique et culturel ; généralement là d'où est partie la "révolution" et le développement capitaliste. A partir de là, le capitalisme a "rayonné" progressivement, par cercles concentriques, en "aménageant" toujours le territoire et en pliant toujours la société à ses intérêts, à SON objectif existentiel : l'accumulation du capital. Ce phénomène s'est amplifié au 20e siècle, lorsque la haute bourgeoisie, devenue monopoliste, a voulu modeler toute la société à son image.
Ainsi, en cercles concentriques, le capitalisme a pénétré et déstructuré les vieilles sociétés paysannes et mercantiles (voire primitives, outre-mer) et créé des Périphéries où se concentrent l'exploitation, l'oppression et l'aliénation.
A la périphérie des grandes métropoles économiques se trouvent les quartiers populaires, les ghettos pour prolétaires. Dans les pays impérialistes s'y concentre la force de travail importée des ex- et néo-colonies, et ces ghettos font parfois l'objet d'un véritable "traitement colonial intérieur" par les autorités. Dans les pays dominés, pauvres ou "émergents", ce sont les fameux "bidonvilles", "slums", "favelas", "townships", "barriadas" etc.
Dans chaque pays (impérialiste comme dominé ou "émergent") se trouvent des régions périphériques (pas forcément au sens géographique : c'est une image) où se concentrent le taux de pauvreté et de chômage, les "déciles inférieurs de revenus", l'espérance de vie au dessous de la moyenne, l'illettrisme et/ou la faible qualification, le manque d'infrastructures et de services publics, etc.
Enfin, au niveau mondial, il y a évidemment les pays "développés" et les pays "en développement", le "tiers-monde" ; pour les marxistes, il y a des pays impérialistes (ou "dépendants" mais hautement avancés, comme la Corée du Sud, Taïwan ou les pays du Golfe) et des pays dominés, exploités et affamés. Telle est la répartition mondiale des richesses par l'impérialisme.

A présent, "la balle revient à l'envoyeur" et c'est des Périphéries vers les Centres que se déploie la négation du système capitaliste et impérialiste sur la planète.
Au niveau planétaire, dans la division internationale du travail qui s'est mise en place au cours du 20e siècle impérialiste, il est évident (sauf pour un aveugle, ou celui qui ne veut pas voir) que les masses les plus exploitées et opprimées se trouvent dans les pays du "tiers-monde" : Afrique, Asie, Océanie et Amérique latine. Les luttes révolutionnaires des masses de ces continents vont donc encercler et étrangler les métropoles impérialistes (Europe de l'Ouest, Amérique du Nord, Japon, Australie etc.), dans lesquelles va grandir à son tour la conscience et la lutte de classe.
GPP Inde
Ensuite, dans chaque pays, les communistes travaillant à la Guerre populaire doivent déterminer  quelles sont les "villes" et les "campagnes". Dans les pays dominés et arriérés, ou même "émergents" comme l'Inde ou le Brésil ou l'Afrique du Sud, ou "jeunes impérialismes" comme la Russie et la Chine, c'est généralement assez évident. En Chine, les "villes" sont les gratte-ciels de Pékin, Shangaï, Canton, Shenzen etc. ; en Russie, Moscou et Saint-Pétersbourg : dans ces pays la classe ouvrière est très clairement la force principale, et les "campagnes" sont les bassins ouvriers géants comme Chongqing, Chengdu et la Mandchourie en Chine, ou l'Oural en Russie. En Inde, les grands centres sont Bombay ou Delhi ; au Brésil, Rio ou Sao Paulo ; en Afrique du Sud, Johannesbug et Le Cap. Dans chacun de ces pays, les luttes ouvrières et paysannes doivent se combiner et c'est aux communistes de définir les tâches de chacunes. En Inde, les luttes paysannes, des sans-terres et du prolétariat rural (et des populations "premières") ont été définies comme principales par les maoïstes, qui déploient en même temps un important travail de mobilisation et d'organisation en direction de la classe ouvrière des grands centres industriels.

http://anaram.pagesperso-orange.fr/oc-antifa1.gifDans les pays impérialistes (ou, en tout cas, hautement industrialisés et avancés), c'est également aux communistes de définir, dans chaque cadre étatique bourgeois (Italie comme État espagnol, Royaume-Uni comme État français), quelles sont les "campagnes". Il est évident qu'avec 5 à 10% de paysans, même s'ils sont généralement très pauvres et doivent être défendus (contre les géants de la distribution et leurs centrales d'achats, les banques et leurs prêts hypothécaires etc.), la question paysanne ne peut être que corollaire : la force motrice est le prolétariat, la classe ouvrière et les autres salariés pauvres (30% de la population touche moins de 1200 € par mois, 50% moins de 1500€) qui sont ses alliés naturels.
Pour Servir le Peuple, l’État bourgeois "France" a la particularité (historique) d'avoir une importante industrie rurale, des "bassins ouvriers" et autres "vallées industrielles" de "province" entourés (et étroitement imbriquées) de campagnes à la petite agriculture peu rentable, qui sont des zones particulièrement reléguées ; situées au Nord, Nord-Est, Ouest ou Sud de l'entité étatique. Ceci recoupant parfois une question nationale (occitane, bretonne, picarde/ch'ti, lorraine, basque, corse, arpitane (Alpes du Nord) etc.), ou en tout cas d'"identité culturelle populaire forte" ; c'est même quasi systématique, car la "France" est quelque part l’État d'une bourgeoisie (bleu-blanc rouge) dominant plusieurs peuples. Ces questions démocratiques nationales, ou ces sentiments culturels populaires forts, sont un point d'appui important pour la mobilisation révolutionnaire, en plus de l'oppression de classe proprement dite (rapports de production) : nombre de prolétaires ont le souvenir d'un-e grand-père/mère puni-e à l'école "républicaine" pour avoir "parlé patois", par exemple. La culture populaire d'entraide, de solidarité, de coopération est également une base d'appui forte pour une culture révolutionnaire, en comparaison avec l'individualisme des grandes métropoles. Dans certains secteurs, comme le Limousin ou d'autres parties d'Occitanie, le Nord/Picardie ou encore l'Allier, malgré la faillite du vieux PC, il peut rester une empreinte de culture communiste (associée, par breizh gwenhadu komunourexemple, au souvenir de la Résistance antifasciste) qui peut
être également une solide base d'appui.
Ensuite, il y a les ghettos urbains, où la question de classe recoupe celle des colonies intérieures : la force de travail importée d'Afrique, du Maghreb, d'Anatolie, des Caraïbes ou d'ailleurs, notamment durant les "Trente Glorieuses", et qui se voit reléguée dans des cités-ghettos et appliquer un traitement de type colonial, de véritable "territoire occupé".
Ce sont les deux "campagnes" essentielles du "bateau France" dans lequel nous sommes embarqués, de l’État bourgeois dans lequel nous vivons. Le racisme, qui se traduit par un fort vote FN dans les zones "ouvrières semi-rurales" (à dominante "blanche"), est notamment une arme de la classe dominante pour les diviser. Le rôle du Parti est de relier, de coordonner ces "Périphéries" pour les faire étrangler les Centres (régionaux et parisien) comme les anneaux d'un serpent !

En définitive, et pour résumer, on peut dire que :
- dans chaque grande région, la "métropole" locale est encerclée, d'abord par ses quartiers-ghettos urbains, puis par les zones de relégation (poches de misère/précarité, exploitation, oppression) alentour ;
- dans chaque pays, les régions "pauvres" (où se concentrent la relégation, l'exploitation et l'oppression, les "problèmes sociaux" comme disent les bourgeois) encerclent les régions "riches" (où il fait "mieux vivre") ; dans certaines régions ceci se couple à une question nationale. Ce raisonnement peut être élargi à l'échelle d'un continent relativement "intégré" comme l'Amérique du Nord ou l'Europe : en Europe, il n'est pas difficile de voir que les pays méditerranéens sont particulièrement écrasés et "à la pointe" de la lutte de classe ;
- au niveau mondial ; les pays dominés, écrasés, affamés par l'impérialisme encerclent les pays impérialistes.
euskal herria drapeaurougeLe NIVEAU de la lutte de classe, d'antagonisme révolutionnaire assumé, va crescendo du premier cas au troisième (sauf, peut-être, dans les colonies intérieures des ghettos urbains occidentaux, où le niveau pourrait être supérieur au "deuxième cercle" (régions "pauvres") même dans les régions "riches" (comme l'Île-de-France ou Rhône-Alpes) ; mais c'est parce que ces "colonies intérieures" se rattachent, quelque part, au "troisième cercle").
L'étau des 3 "cercles" se resserre concentriquement pour étrangler les "Centres", les "donjons" du capital impérialiste.

Rappelons que Lénine disait, de la révolution prolétarienne, qu'elle ne devait "pas laisser pierre sur pierre" du vieil appareil d’État bourgeois. On pourrait étendre ce raisonnement à l'ensemble de la superstructure, des institutions et des "normes" écrites et non-écrites de l'organisation sociale capitaliste : la révolution doit renverser totalement l'ordre existant. Et, dans cette organisation sociale réactionnaire, il y a notamment l'organisation territoriale de la construction étatique bourgeoise ; avec ses zones concentrant la richesse, le pouvoir, la culture, les infrastructures, le "bien-vivre" ; et celles concentrant la pauvreté, l'exploitation, l'oppression, le désert culturel et l'absence de services, le mal-être existentiel (toxico-dépendances, suicides) ; en plus de la négation des cultures nationales ou "populaires régionales" !
big provence flag
Dans cette optique, Servir le Peuple est d'avis que, comme en URSS (ni plus ni moins), le nouveau Parti
   communiste révolutionnaire "de France" devra, en réalité, fédérer plusieurs Partis communistes nationaux. Tout comme le PCbUS était composé d'un PC de Russie, d'un PC d'Ukraine, d'un PC de Géorgie etc., notre futur PC révolutionnaire du prolétariat devra être composé d'un PC d'Occitanie, un PC de Bretagne (Strollad Komunour Vreizh), un PC d'Elsass, un PC de Corse, un PC d'Ipar Euskal Herria, etc. etc.

 

Sur le fascisme

Les thèses fondamentales de Servir le Peuple sur le fascisme sont que :


1 - en opposition aux thèses de Zeev Sternhell, qui met en avant un fascisme "venant de la gauche anti-libérale" en se basant sur quelques cas célèbres mais minoritaires (Mussolini, Otto Strasser, Georges Valois, Doriot) ; SLP défend les thèses de Gossweiler et Robert Soucy (pour le fascisme français) : le fascisme s'inscrit clairement dans le prolongement de la tradition de droite réactionnaire bourgeoise (avec laquelle il présente une différence de degré - dans la brutalité assumée - plus que de nature). Le terme de "national-socialisme" (en Allemagne) ne doit pas porter à confusion : il ne fait que reprendre, pratiquement mot pour mot, le nom d'un parti réactionnaire de la fin du 19e siècle, le Nationalsoziale Partei  de Friedrich Naumann et Helmut von Gerlach, scission du Deutschkonservative Partei du pasteur Stöcker, parti ultra-conservateur à tendance "sociale" (prônant une "politique sociale monarchiste et chrétienne") et profondément antisémite (les Juifs incarnant à la fois le libéralisme politique bourgeois et le mouvement socialiste). Tous les leaders de la prétendue "gauche" du NSDAP (Goebbels, Röhm, Gregor Strasser) avaient fait partie des "corps-francs" (Freikorpen) d'extrême-droite qui écrasèrent la Révolution allemande de 1918-19, et ne faisaient que prôner ce "socialisme" petit-bourgeois réactionnaire allemand.
2 - (en lien avec ce qui précède) le fascisme n'est pas l'expression d'une "autre classe" que la classe dominante (une "bourgeoisie financière/impérialiste" qui s'opposerait à une "bourgeoisie traditionnelle/industrielle", par exemple) : pour tout léniniste ou prétendu tel (y compris les trotskistes !), la seule et unique classe dirigeante depuis la fin du 19e siècle est la bourgeoisie monopoliste. Le fascisme n'est en rien une "alternative révolutionnaire" à la révolution prolétarienne, comme si les masses avaient deux "voies" révolutionnaires devant elles, l'une rouge et l'autre brune. Le fascisme est l'expression de la frange la plus réactionnaire de la classe dominante, dont les rangs grossissent en temps de crise (effondrement du taux de profit, guerre impérialiste et révolution à l'ordre du jour), et qui s'oppose aux courants "moins réactionnaires", "libéraux" ou encore "sociaux-humanistes".
3 - le fascisme est une idéologie composite et mouvante, difficile à caractériser par son discours, qui permettrait parfois de classer une grande partie des progressistes et même des marxistes comme "fascistes" (les fascistes reprenant des thèmes sociaux sur l'air des "petits" contre les "gros") : le fascisme doit être avant tout identifié par son programme de gouvernement, qui est une dictature terroriste ouverte de la classe dominante contre les masses prolétaires et populaires (même si cette dictature peut commencer "soft"), et généralement un militarisme chauvin poussant à la guerre impérialiste (même si ce discours peut parfois se camoufler : ainsi les fascistes américains des années 1930 étaient "neutralistes", tout en soutenant en sous-main l'effort de guerre et de propagande nazi ; les fascistes français étaient "pacifistes" pour ne pas favoriser le Front populaire contre Hitler et Mussolini...).

http://67.img.v4.skyrock.net/67f/de1940a1945/pics/691363122_1.jpgLe fascisme s'inscrit en réalité totalement dans la tradition idéologique la plus réactionnaire, conservatrice autoritaire éventuellement à tendance "sociale", des différents pays ; tout en étant en même temps profondément "moderne", car la crise générale du capitalisme (surproduction absolue de capital) exige une restructuration complète de l'organisation sociale capitaliste (à l'intérieur comme au niveau "impérial").
Sa réorganisation totale de la société (économique, politique, culturelle), visant notamment à faire des métropoles impérialistes des sociétés de "producteurs-consommateurs" assises sur les surprofits de l'exploitation impérialiste, se différencie du keynésianisme en ce que pour Keynes (militant du Parti libéral britannique) cette réorganisation est indissociable du libéralisme politique (uniquement dans la métropole impérialiste, bien entendu). Le fascisme (et le conservatisme autoritaire fascisant à la Henry Ford), au contraire, prône un encadrement répressif et idéologique "dur" des masses populaires.
C'est pourquoi le modèle social-démocrate, social-libéral ou "humaniste social" keynésien est plutôt adapté en période de prospérité (lorsque la guerre impérialiste mondiale a permis de relancer l'accumulation, de résoudre la surproduction de capital) alors que le modèle fasciste est plutôt lié à la crise générale, et à ses nécessités de guerre et de lutte contre-révolutionnaire. En période d'accumulation (de "forte croissance") le fascisme cède le pas à un "social-conservatisme autoritaire" de type gaulliste, "régime DC" en Italie ou "franquisme final" (des années 60-70) dans l’État espagnol.
Finalement, dans la réorganisation sociale du capitalisme au 20e siècle, en sociétés de "citoyens producteurs-consommateurs", la démocratie social-libérale keynésienne est "Athènes" et le fascisme "Sparte" ; mais dans les deux cas, il faut la masse esclave autour de la "cité grecque" impérialiste (ce seront les peuples du "tiers-monde", massivement intégrés dans la chaîne de production capitaliste mondiale, et soumis à des régimes "gardes-chiourme" sanguinaires).http://blogs.warwick.ac.uk/images/michaelwalford/2006/10/06/triumph_of_the_will_stadium_shot.jpg?maxWidth=800&maxHeight=600

Dans tous les cas, le fascisme n'est jamais ni "anticapitaliste" ni "révolutionnaire". L'"anticapitalisme" dont il peut parfois se parer, par un discours contre la "banque" ou la "finance", contre les "gros", les "nantis" et autres "élites" (surtout intellectuelles), se situe dans le prolongement de deux traditions ultra-réactionnaires du 19e siècle, déjà décrites et dénoncées par Marx et Engels :
- le "socialisme" féodal et clérical, dénonçant le capitalisme... car celui-ci a remis en cause la position sociale de l'aristocratie et du clergé (il dénonce alors un "monde sans valeurs", "tout pour l'argent", alors que l’Église et la noblesse d'autrefois "protégeaient les faibles") ;
- le "socialisme" petit-bourgeois, "socialisme" de la petite et moyenne bourgeoisie (ou paysannerie) écrasée par le Grand Capital, regrettant l'époque "protectrice" des corporations.
L'un comme l'autre tendent bien sûr à l'antisémitisme ; l'irruption des Juifs dans l'économie nationale (avec leur émancipation par les révolutions bourgeoises) étant pour eux indissociable et emblématique des "malheurs de l'époque", d'un monde qui "fout le camp" avec la disparition de la société immuable des privilèges et des corporations... [Cet antisémitisme ne peut plus être aussi explicite aujourd'hui, mais les mêmes ressorts apparaissent en filigrane dans la dénonciation des "élites mondialistes", de l'"hyper-classe" et des "lobbies" etc.]

Ces deux courants fusionnent (en Allemagne, comme en France ou en Italie) entre 1870 et 1910, à l'époque de la "deuxième révolution industrielle" et de l'entrée dans l'impérialisme, dans un "conservatisme social autoritaire" qui pourfend aussi bien le libéralisme politique bourgeois (parlementarisme, franc-maçonnerie, république radicale en France etc.) que les idées socialistes.
PUIS, avec la crise générale du capitalisme, cette composante idéologique du fascisme rejoint les intérêts de la bourgeoisie impérialiste la plus réactionnaire. En effet :
- la dénonciation de "la banque", des "financiers", de l'"hyper-classe" etc. (toujours avec "le Juif" en filigrane) rejoint l'"insurrection" du Grand Capital contre sa propre crise générale, qui est une surproduction absolue de capital ; elle rejoint la nécessité d'une "caporalisation" de l'économie capitaliste et d'une réorganisation complète de la société pour fonder une nouvelle base d'accumulation, pour lutter contre cette surproduction absolue ;
- la dénonciation du libéralisme politique bourgeois, de la bourgeoisie "décadente" (
bourgeois libéraux, démocrates, hédonistes, "complaisants" envers le marxisme) et des "élites" intellectuelles, du parlementarisme, rejoint les nécessités d'un régime politique "fort", autoritaire, pour mener cette réorganisation et contrer efficacement la poussée révolutionnaire des masses populaires ;
- le discours viril, chauvin, exaltant les valeurs militaires et "spartiates", méprisant la "décadence", la "faiblesse" et la "mignardise", rejoint les nécessités de mobilisation de masse pour la guerre impérialiste, la contre-révolution et la réorganisation totale (économique, politique, culturelle) de la société ;
- enfin, bien sûr, cet "anticapitalisme" réactionnaire est profondément hostile au mouvement socialiste/communiste et au prolétariat organisé en général ; il rejoint donc les nécessités d'une lutte contre-révolutionnaire sans pitié.

Bien sûr, la bourgeoisie monopoliste la plus réactionnaire va "modeler" le mouvement fasciste selon ses intérêts, et donc limiter les expressions les plus "radicales" de cet héritage "anticapitaliste" féodal et petit-bourgeois : c'est le sens du "virage à droite" de Mussolini fin 1919 et de sa rupture avec les Arditi et autres éléments "révolutionnaires", ou de l'élimination des SA en Allemagne (1934).

En fin de compte, on peut dire que le fascisme est une insurrection de la bourgeoisie capitaliste contre sa propre crise (par surproduction absolue de capital), crise qui fait s'effondrer le taux de profit et met la révolution prolétarienne à l'ordre du jour ; exigeant une restructuration complète de l'organisation sociale, la guerre impérialiste pour le repartage du monde et la militarisation contre-révolutionnaire de la société : la dictature terroriste ouverte conduite par la frange la plus réactionnaire, chauvine et militariste des monopoles. En période de crise générale, c'est ce "pôle" le plus réactionnaire de la http://www.ilsussidiario.net/img/IMAGOECONOMICA2/Bossi_pugnoR400_4ott10.jpgclasse dominante qui exerce sa force d'attraction sur l'ensemble de celle-ci, attirant à lui la droite conservatrice "traditionnelle" et même des éléments de la "gauche" bourgeoise, comme les néo-socialistes de Déat (ou aujourd'hui des gens comme Gerin ou certains éléments de "Riposte laïque"). Cette force d'attraction est encore plus forte aujourd'hui que lors de la crise des années 30, car l'option keynésienne (alliant politique sociale généreuse et libéralisme politique dans la métropole impérialiste) ne semble à présent plus viable.
A l'inverse, en période d'accumulation/croissance, ce sera plutôt la "gauche" social-libérale et réformiste de la grande bourgeoisie qui exercera sa force d'attraction sur l'ensemble de la classe dominante, la "droite" bourgeoise devenant alors essentiellement un conservatisme paternaliste à coloration "sociale" ("association Capital-Travail" etc.).

Une autre thèse fondamentale de Servir le Peuple est qu'il ne faut pas attendre le fascisme dans les mêmes habits que ceux des années 30. Certains mouvements, en Hongrie notamment, reprennent effectivement (et ouvertement) les uniformes de l'époque ; mais celui qui, au 21e siècle, attend de voir des défilés en chemises noires ou brunes pour dire "voilà le fascisme", risque de ne le voir... que lorsqu'il aura un pistolet derrière la nuque ! Peut-être, justement, qu'au siècle dernier, le problème a été que les marxistes et les progressistes n'ont réalisé l'existence du fascisme que lorsque celui-ci http://tundratabloids.com/wp-content/uploads/2012/02/Jobbiks-Hungarian-Guard-a-001.jpgs'est manifesté sous la forme de milices paramilitaires.
Aujourd'hui, avec l'expérience du passé, les communistes et les progressistes peuvent être plus attentifs au glissement réactionnaire général de la classe dominante et des ses représentants politiques, glissement qui pousse en avant (y compris de manière non-voulue et non-contrôlée, pour les éléments les plus extrémistes de type néo-nazi ou Breivik) la frange ultra-violente et paramilitaire du fascisme.

Des facteurs nouveaux entrent aussi en ligne de compte. Ainsi, nous sommes aujourd'hui dans une "société de consommateurs" alors que, dans les années 1920-30, il s'agissait justement de construire celle-ci (chose rendue possible, après-guerre, par une nouvelle division internationale du travail, en "déplaçant" l'exploitation la plus dure vers les pays dominés du "tiers-monde") ; de même, pour lutter contre la chute du taux de profit, existe à présent une "marge" sur le "coût du travail" : celle des conquêtes sociales arrachées par les luttes (et accordées par la bourgeoisie pour "conjurer" des luttes plus dures encore), qui dans les années 30 n'existaient pas (ou si peu) et que la classe dominante s'efforce (depuis les années 1980) de reprendre au prolétariat et aux travailleurs en général ; ceci est une composante nouvelle (et essentielle !) du glissement réactionnaire général. Le mouvement ouvrier organisé n'a plus, dans ce contexte, la force et la combativité de l'entre-deux-guerres ; il a été happé par l'effondrement (dans le révisionnisme puis la restauration capitaliste ouverte) des expériences révolutionnaires du 20e siècle. Cette combinaison entre effondrement du mouvement communiste, de la "menace" communiste mondiale pour la bourgeoisie et du mouvement ouvrier organisé en général (y compris réformiste) ; crise générale du capitalisme entraînant la liquidation par la bourgeoisie des concessions du passé ; et "répression permanente de basse intensité" contre la résistance des masses populaires à cette paupérisation ; forme ce que le PCmF et le PCm d'Italie (Proletari Comunisti) appellent le fascisme moderne. Cette thèse peut-être débattue et critiquée ; elle a cependant le mérite de poser la question du fascisme à notre époque, des éléments nouveaux qui différencient notre 21e siècle des années 20-30 du siècle dernier, et de mettre en garde contre l’"attente" du fascisme dans les "mêmes habits" qu’à l’époque d’Hitler et Mussolini. Elle évite de tomber dans le schématisme qui, comme l'expliquait Dimitrov, "désarme la classe ouvrière contre son pire ennemi".

 

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Théorie - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 10:57

 

Les tueries du 19 mars dernier, à Toulouse et Montauban, faisant 7 morts ; et particulièrement celle de l'école juive toulousaine Ozar Hatorah, faisant 4 morts (et un blessé grave) dont 3 enfants, ont saisi d'horreur les masses populaires de l'Hexagone. Les innocents assassinés avaient pour nom Arieh et Gabriel Sandler (5 et 4 ans), leur papa Jonathan (30 ans), et Myriam Monsonego (7 ans).
Ces faits ont particulièrement choqué les masses de la terre qui en a reçu le sang : l'Occitanie. En effet, la région toulousaine a une longue et profonde tradition progressiste et antifasciste, issue du "Midi rouge" de la 3e République bourgeoise, ainsi qu'à travers l'exil politique de l’État espagnol, de l'Italie mussolinienne, ou encore d'Amérique latine dans les années 1970. Dans les années 1930-45, l'Occitanie a accueilli des milliers de personnes juives d'Europe de l'Est, d'Allemagne/Autriche ou encore d'Alsace-Moselle annexée, fuyant les pogroms puis la terreur nazie. Puis, dans les années 1960, des milliers d'autres venant du Maghreb, chassées de leur terre millénaire par un nationalisme bourgeois étroit et excluant, "copié-collé" des États modernes annihilateurs européens ; les mêmes cliques qui pillent et vendent à l'impérialisme ces pays depuis 50 ans.
Mais surtout, au Moyen-âge (12e/13e siècle), l'Occitanie fut, littéralement, l'Al-Andalus du nord des Pyrénées : une terre d'humanisme et de tolérance, de culture et de civilisation, d'où rayonnait la Renaissance médiévale. Un héritage profondément ancré dans la conscience populaire... Les plus grands érudits d'Europe et de Méditerranée, comme Abraham ibn Ezra, se retrouvaient dans les Écoles de Narbonne, de Béziers, d'Avignon ou de Montpellier (qui allaient former la plus vieille université de l'Hexagone). Cet accueil fait aux Juifs, aux musulmans d'Andalousie et bien sûr aux Cathares allait d'ailleurs être la cause principale de la Croisade contre les Albigeois menée par Simon de Montfort ; et la liquidation de l'Occitanie, vite suivie de l'expulsion des Juifs (en 1310 de Toulouse ; une petite communauté subsistant dans le Comtat (Vaucluse) sous administration papale, puis il y aura les communautés séfarades de Bordeaux et Bayonne), fut réellement un acte fondateur de l’État français moderne - comme la liquidation d'Al-Andalus, par ailleurs, fut l'acte fondateur de l’État espagnol. Partout en Europe, les Juifs (comme les musulmans - "mauresques" - et autres "hérétiques" - cathares, vaudois, hussites etc.) furent les victimes expiatoires de la formations de ces États modernes ; car il symbolisaient les lumières humanistes et universalistes de la "Renaissance médiévale" face à l'obscurantisme des Églises nationales, des monarques et des grands féodaux, dont le symbole est bien sûr l'Inquisition d'un Bernard Gui ou Thomas de Torquemada... Telle est la racine la plus profonde de l'antisémitisme européen. A la même époque, dans les pays musulmans, les Juifs soumis au statut de "gens du Livre" ne subissaient pas de persécutions de masse particulières.

Finalement, après deux jours de traque acharnée, l'identité de l'assassin a enfin été révélée : Mohamed Merah, de la minorité maghrébine (arabo-amazighe) d'Hexagone, se revendiquant "djihadiste" et membre d'Al-Qaïda...

Un fait notable est que, pendant les 36 heures où le tueur n'était pas encore identifié, la grande majorité des commentateurs médiatiques COMME des masses populaires pensait qu'il s'agissait d'un fasciste "blanc" néo-nazi (et non d'un "Breivik", car Anders Behring Breivik était "occidentaliste" et pro-Israël). Il va de soi que, si l'horreur aurait été la même, la signification en aurait été considérablement différente : les militaires visés l'auraient été en tant que représentants des minorités, d'une armée "pas assez blanche", et non en tant que corps d'élite impérialiste occupant (notamment) l'Afghanistan ; et les personnes juives auraient été visées en tant que "cosmopolites sans racines, ennemis des nations" et non en tant qu'"incarnation" (absurde et criminelle) de l'occupation sioniste au Machrek arabe...
Pour autant, voilà qui en dit long, s'il était nécessaire, sur le caractère ultra-réactionnaire de l'idéologie salafiste animant Mohamed Merah. Tout comme les assassinats de masse commis pendant le "nettoyage" ethnique sioniste de la Palestine, en 1947-49, n'avaient rien à envier aux assassinats de type Oradour-sur-Glane commis par les armées nazies en Europe occupée : et pourtant, certains de leurs auteurs venaient de perdre toute leur famille dans la Shoah ! Car, si là où il y a oppression, il y a résistance ; il y a révolte ; toute révolte n'est pas forcément progressiste en elle-même, et peut même être franchement réactionnaire. Elle n'a alors qu'une seule vertu : celle de CONTRE-EXEMPLE absolu de ce qu'il ne faut PAS faire...

Pour autant, si le sentiment d'horreur devant le massacre, en particulier d'enfants innocents, est la première réaction humaine, bien naturelle, la démarche scientifique marxiste impose d'aller plus loin : il faut rechercher qui a armé le bras de l'assassin, quel mouvement dialectique l'a conduit de "jeune difficile de banlieue" à tueur froid et sanguinaire. Sans quoi, on tombera dans l'explication idéaliste qui fleurit déjà sur le web fasciste et fascisant : "c'est dans la nature de l'islam" patati patata ; ou celle, non moins idéaliste, de nos ultra-gauchistes de "Voie lactée" : "anticapitalisme romantique" etc. etc.
Dans le cas de Breivik, l'explication était simple : la construction idéologique animant la tuerie était le prolongement DIRECT de la  récente (15-20 ans) mais puissante idéologie de "droite populiste", "occidentaliste", pro-Israël, xénophobe et anti-musulmane qui fleurit partout en Europe et tend à supplanter le vieux fascisme "old school". Autrement dit : le massacre sanguinaire d'Oslo (10 fois plus de mort-e-s qu'à Toulouse !) était dans un lien DIRECT, de cause à effet, avec la petite musique que distillent, depuis des années, non seulement un parti comme le FN (ou le MPF de De Villiers, ou les Identitaires, ou l'UDC en Suisse, ou Wilders aux Pays-Bas, ou la Ligue du Nord en Italie), mais aussi un Guéant ou ses amis de la "Droite populaire" et de la "Droite libre", un Gerin ou un Raoult, un Rioufol ou un Millières, un Philippe Val ou un Redeker (à "gauche"), ou encore des officines comme Riposte Laïque ou Résistance Républicaine...
Dans le cas de Mohamed Merah, c'était au contraire une RÉACTION (réactionnaire) à ce discours, et aux guerres impérialistes que (finalement) il accompagne à travers le monde, en Irak ou en Afghanistan, en Palestine ou au Liban. Bref, Mohamed Merah, c'est l'EFFET BOOMERANG du discours (et des actes !) anti-musulman. Mais voilà : le boomerang est un outil imprécis, et bien souvent il ne retombe pas directement sur son envoyeur...
En l’occurrence, bien qu'appartenant à un corps d'élite particulièrement meurtrier de l'armé impérialiste, et sans rentrer dans le discours trotskyste des "prolétaires en uniforme", les militaires visés étaient des troufions de base, gagnant vraisemblablement autour de 1500€ par mois (hors 'OpEx') ; et non des décideurs des guerres impérialistes BBR sévissant à travers le monde (et qu'ils sont payés pour mener). Quant aux enfants juifs... c'est évidemment l'horreur, l'effroi, l'abasourdissement qui frappent n'importe quelle conscience humaine devant un tel acte ; et, sous prétexte de "venger les petits palestiniens", le PIRE service qui pouvait être rendu au Machrek arabe occupé. Car des enfants n'ont, bien évidemment, aucune conscience politique formée, sinon éventuellement dans l'imitation de leurs parents. S'en prendre à des enfants, c'est bien clairement considérer une population (ici, les Juifs) comme organiquement mauvaise, en tant que telle.
Mais voilà : sans que cela ne justifie ni ne valide quoi que ce soit, il faut bien COMPRENDRE que sans l'oppression quotidienne, permanente et diffuse de l'islam en Occident, comme religion d'une partie considérable du prolétariat, et d'un prolétariat "ambassadeur" du "tiers-monde" opprimé ; il est peu probable que les minorités maghrébine arabo-amazigh, sahélienne ou encore anatoliennes (turque ou kurde) des quartiers populaires auraient engendré un Mohamed Merah, comme hier un Khaled Kelkal et un Karim Koussa, un gang de Roubaix ou même un Youssouf Fofana (même si les motivations, ici, étaient essentiellement crapuleuses : c'est seulement depuis son arrestation que Fofana se revendique "un moudjahid"). Dans le cas de Mohamed Merah, à l'école Ozar Hatorah, le "monstre" engendré par l'oppression s'est abattu, tel un boomerang fou, sur des têtes particulièrement innocentes de cette oppression.

Mohamed Merah, donc, on l'a dit, et bien que menant une vie assez "dissolue" (d'où l'incompréhension des personnes le connaissant), se revendiquait de l'idéologie salafiste. Étudions un instant cette idéologie, question que SLP avait déjà abordée à l'occasion de la mort d'Oussama Ben Laden.

Qu'est ce que le salafisme ? Le salafisme, qui s'est développé dans le monde arabo-musulman au long du 20e siècle, est ce qu'on peut appeler une idéologie "anti-impérialiste réactionnaire".
En pénétrant, à partir du 19e siècle, dans les pays à majorité musulmane (depuis le Maroc et le Sénégal jusqu'à l'Indo-Malaisie), le capitalisme impérialiste occidental a profondément bouleversé, déstructuré ces société traditionnelles. Des sociétés de type féodal et, en tant que telles, oppressives, notamment pour les femmes, les jeunes et les personnes en bas de l'échelle sociale ; mais néanmoins, des sociétés cohérentes et équilibrées. La déstructuration sociale causée par l'irruption de l'impérialisme est comparable, finalement, au bouleversement produit par la "révolution industrielle" en Europe, au 19e siècle.
Dès lors, deux voies s'ouvraient devant les masses :
- analyser de manière conséquente, c'est à dire marxiste, l'étape historique de l'impérialisme ; et la dépasser par la libération populaire anti-impérialiste ;

OU
- regarder vers "le temps d'avant", la "splendeur" révolue, un passé idéalisé. Pour les salafistes "purs et durs", ce passé idéalisé est celui des "4 premiers califes de l'islam", successeurs du prophète Mohamed. Mais, pour les masses en général, ce peut être globalement "avant la venue des infidèles", ou des périodes historiques "brillantes" comme le califat de Bagdad ou l'époque de Salah-ed-Din (Saladin) au Machrek ; Al-Andalus, les royaumes almohades et almoravides au Maghreb ; l'Empire moghol en Inde-Pakistan ; les sultanats d'Indonésie-Malaisie, etc. ; toutes civilisations bien plus avancées que l'Europe à la même époque. Dès lors, les masses passent sous la coupe des vieilles classes nationales, "bousculées" et "contrariées" par l'irruption impérialiste : la vieille féodalité des cheikhs, imams et autres oulémas, ou encore la bourgeoisie mercantile des souks et des bazars (dans ce cas, le fondamentalisme religieux s'apparente à un calvinisme musulman de caractère social-corporatiste). Tel est le salafisme : les salaf désignent les compagnons du prophète, au 7e siècle, dont la société basée sur la parole divine (Coran) est jugée "idéale".

Par la suite, dans les années 1980, un autre phénomène est intervenu. Les pays de la péninsule arabique sont devenus le Centre d'une très importante concentration de Capital. Mais tous ces pétro-milliards, qui s'expriment dans des réalisation titanesques comme le Burj Khalifa (gratte-ciel de 1000 mètres de haut à Dubaï !), n'ont qu'une seule base d'accumulation : les ressources hydrocarbures, qui se tariront un jour. C'est ainsi qu'une frange particulièrement agressive de ce Grand Capital va chercher à se constituer une base d'accumulation plus large et plus solide : de "vrais" pays (et non des tas de sable), avec une industrie et une agriculture, des ressources naturelles et de la force de travail, pour y investir leurs milliards et les faire fructifier. Dans la culture religieuse féodale qui les imprègne, la "solution politique" à ce problème fut toute trouvée : "restaurer le Califat", un grand Empire réunissant tous les musulmans depuis l'Afrique de l'Ouest jusqu'au Sud des Philippines... Dès lors, ce Grand Capital a commencé à appuyer les forces salafistes organisées, "modérées-pragmatiques" comme les organisations de type Frères musulmans, ou combattantes comme les djihadistes, afin de libérer les terres d'islam des "mécréants" vendus aux "Croisés et aux Juifs" (les oligarques "interface" de l'impérialisme) et d'en faire leurs terrains d'investissement.
Parfois, en outre, en fonction des pays déstabilisés par ces forces, ces intérêts peuvent rejoindre ceux de certaines puissances impérialistes contre leurs rivaux : d'abord le "monde libre" contre les Soviétiques en Afghanistan, puis les salafistes tchétchènes utilisés par les Occidentaux contre les Russes dans le Caucase, ou encore les salafistes libyens et syriens contre les "BRICSiens" Kadhafi et Assad ; mais aussi (tout le monde le sait) les islamistes du FIS par les impérialistes US, contre l'impérialisme BBR en Algérie ; ou aujourd'hui, les islamistes soudanais, somaliens ou d'AQMI par l'impérialisme émergent chinois contre les intérêts occidentaux en Afrique... D'autre part, lorsque la "révolution islamique" khomeyniste a triomphé en Iran (version chiite du salafisme), elle a très rapidement cherché à s'exporter pour briser son encerclement. Or, non seulement le Liban et l'Irak, mais aussi les pays du Golfe comptent de très importantes communautés chiites... Il importait donc d'opposer, à ces menées iraniennes, une autre mobilisation de masse, religieuse également, mais sunnite. Cependant, et le 11-Septembre en est l'exemple absolu, toutes ces manœuvres peuvent se retourner soudainement et spectaculairement contre leurs auteurs.
Il va de soi que Mohamed Merah n'avait aucun lien, ni d'organisation, ni financier avec tout cela. Mais voilà : à partir du moment où le "label" Al-Qaïda existe, comme "unité spirituelle" entre des groupes très éloignés dans l'espace et très différents, il est facile à n'importe quel élément du peuple, "paumé" et écorché vif, de s'en emparer pour cracher sa haine et sa révolte individualiste et réactionnaire, éventuellement par des tueries aveugles. On a là un autre point commun avec le néo-nazisme, qui n'a pas d'organisation centralisée, mais est plus un "label" que peuvent s'attribuer de petits groupes affinitaires, comme des "loups solitaires" isolés...

Cette idéologie salafiste a parmi ses composantes essentielles une très forte haine des Juifs. Il faut bien préciser ici qu'il ne s'agit pas d'antisémitisme (à base raciale) mais bien d'anti-JUDAÏSME, à base de sectarisme religieux. Le Coran comporte des mots très durs envers les Juifs, qui étaient des adversaires importants des premiers musulmans dans la péninsule arabique, au 7e siècle ; il reprend en outre le discours chrétien sur la responsabilité des Juifs dans la mort du prophète Issa (Jésus). Aujourd'hui, sur la base des exactions sionistes au Machrek, les Juifs sont systématiquement associés aux "Croisés" (= l'impérialisme) dans le rôle de l'ennemi juré ; pour certains courants, ils sont même "derrière" : ce sont eux qui "poussent" en avant les "Croisés". Il est d'ailleurs très significatif que Mohamed Merah ait visé des Juifs particulièrement "visibles" : une école religieuse orthodoxe, un professeur avec grand chapeau et papillotes ; alors que l'antisémitisme nazi vise plutôt les Juifs intégrés et "cachés", qu'il s'évertue à "démasquer". Les Juifs sont néanmoins, pour le salafisme, associés en tant que tels à la "Croisade" et au projet colonial israélien, et non pas seulement lorsqu'ils soutiennent l'idéologie sioniste : il est "dans leur nature" d'être les ennemis de l'islam, et ils n'ont d'autre "échappatoire" que la conversion à celui-ci... ou la mort. Évidemment, le salafisme est totalement incapable de comprendre un certain sionisme "affectif" des masses populaires juives comme une contradiction au sein du peuple, à résoudre démocratiquement par le travail politique... Au contraire, sa haine en bloc envers les Juifs renforce le sentiment sioniste dans les masses, et le sentiment d'être la cible d'un "antisémitisme éternel".
Et, pour avoir un caractère différent de l'antisémitisme nazi, la haine salafiste des Juifs peut en être non moins barbare, comme le montrent les faits de Toulouse, ou encore l'assassinat atroce du coopérant Nick Berg en Irak, il y a quelques années : le "groupe Zarkaoui" d'"Al-Qaïda en Mésopotamie" l'avait lentement égorgé jusqu'à la séparation complète de la tête, simplement parce qu'il était juif... Il est évident qu'une telle barbarie ne peut pas du tout servir la cause de la libération arabe, et que le projet de société qu'elle traduit ne peut être qu'affreusement obscurantiste et anti-populaire.

Enfin, un dernier point doit être abordé ; et SLP assumera ici pleinement l'étiquette de "complotiste", comme après tout... les communistes cantabres d'Odio de Clase, grands copains de "Voie-Lactée.fr" sur la question népalaise : c'est la question de l'inscription de ces évènements dans une STRATÉGIE DE LA TENSION. Servir le Peuple n'a jamais été "grand fan" des théories du complot, mais enfin, il y a un moment où "trop de coïncidence tue la coïncidence"... Les interrogations jaillissent jusqu'au coeur même de l'appareil répressif d'État (le fondateur du GIGN himself etc.).
Car Mohamed Merah était connu des services de renseignement, fiché et surveillé par la DCRI depuis des années, après avoir effectué plusieurs séjours au Pakistan et en Afghanistan. Il était carrément interdit de vol aux États-Unis, pour ses présumées accointances terroristes. On se demande, dès lors, comment il a réussi à se procurer tranquillement des armes de gros calibre, puis à se promener pendant deux semaines, tuant des militaires d'élite de l'armée impérialiste bleu-blanc-rouge, avant de finir par les enfants juifs d'Ozar Hatorah ; rentrant chez sa mère après chaque action ; sans être le moins du monde appréhendé. Et puis bien sûr sa mort, alors qu'il y avait mille moyens de le neutraliser vivant, comme Sarkozy et Guéant eux-mêmes le demandaient : gaz paralysants, 'souricière' à l'extérieur etc. Abattu d'une balle en pleine tête alors qu'il "sautait par sa fenêtre" : un tir d'une précision incroyable pour ne pas dire "pas crédible", digne du sniper allemand de "Stalingrad" ! Le tout, à un mois de l'élection présidentielle ; et l'on voit subitement les courbes se resserrer entre Sarkozy et Hollande, le discours de Marine Le Pen renforcé, de nouvelles lois scélérates sur la navigation internet proposées (sous lesquelles pourrait bien tomber SLP, pour son soutien aux "terroristes" des mouvements basque ou irlandais, des guérillas latino-américaines, des maoïstes indiens, philippins ou turcs, etc.). Il ne s'agit d'accuser personne ; l'émotion de Sarkozy (notamment) ne semblait pas feinte (mais est-il autre chose, lui-même, qu'une marionnette du "petit théâtre de la politique bourgeoise" ?) ; ni les commanditaires ni les mobiles d'une telle manipulation n'apparaissent évidents... Mais voilà : il y a de quoi se poser des questions, désolés.

Les masses populaires savent bien que derrière nos hommes et femmes politiques, qui sont la "vitrine" de la dictature bourgeoise, il y a des FORCES, celles du Grand Capital, de "l’État profond" militaro-sécuritaire, des réseaux françafricains ou "françarabes" ; des forces viscéralement hostiles au "socialo-communisme" (même 100% bourgeois) que semblent promettre, pour 5 ans, les sondages de Hollande et Mélenchon. Des forces obscures (oui !) qui ne reculent devant aucun crime, pas même la mort de "nos chers soldats" ni même celle d'enfants, dès lors qu'il s'agit de leurs intérêts. Les masses populaires savent cela ; elles ne sont pas dupes. Mohamed Merah, jeune homme ne portant ni barbe ni tunique salafiste, sortant en boîte de nuit, volant des voitures pour faire des rodéos, mais attiré "sentimentalement" par le djihad, a-t-il rencontré quelqu'un lui ayant dit "c'est la présidentielle, c'est le moment de passer à l'action" ? Quel a été le rôle de son frère, qui semble beaucoup plus impliqué dans l'idéologie et l'activisme salafiste ? Ce sont là des questions auxquelles il aurait eu à répondre lors de son procès... mais, quel heureux hasard, il n'y en aura pas !

En conclusion, QUI A TENU L'ARME DU CRIME plus sûrement que Mohamed Merah lui-même ?
1°/ D'abord, le terreau : celui de la haine, de la stigmatisation et des "petites phrases" islamophobes, qui fleurissent depuis plus de 20 ans et particulièrement depuis 2001, y compris dans des milieux prétendument "de gauche" ; et qui heurtent des sentiments populaires profonds, même chez des gens peu "observants" dans leur vie quotidienne ;
2°/ Ensuite, l'idéologie : le salafisme entretenu par des oligarques grand-capitalistes du Golfe, avec leur projet de "Califat", d'"Empire" musulman où investir leurs pétro-milliards ; une idéologie dont, maintenant, toute personne du peuple "paumée" peut facilement s'emparer pour justifier un "défoulement" barbare ;
3°/ Enfin, à un mois des présidentielles, la thèse d'une manipulation de type "stratégie de la tension" ne peut pas être écartée totalement ; à moins de vivre dans le monde des bisounours...

Mais toutes ces barbaries du capitalisme pourrissant, en crise terminale, vont inexorablement sur leur fin. En Occitanie comme ailleurs, la CLASSE DE DEMAIN, le prolétariat, balayera les États modernes produits de l'absolutisme et du capitalisme. Alors renaîtra Al-Andalus, à un niveau mondial et supérieur : une Terre entière de paix et de civilisation, de lumière et de Fraternité humaine entre les êtres et entre les peuples ; une Humanité unie, sans exploitation de classe ni oppressions entre les nations : le COMMUNISME !

 

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Le RAID cernant le domicile de Mohamed Merah à Toulouse

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Considérations diverses - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 20:35

 

L'article qui suit n'est pas d'un auteur communiste ; mais il présente néanmoins un exposé très bien documenté et une analyse de classe (finalement) intéressante de la naissance de l'antisémitisme moderne (à l'époque capitaliste) en Allemagne. Une analyse qui montre bien que le nazisme exterminateur n'est nullement tombé du ciel ; contre la thèse qu'il serait une "crise de folie" ou un "envoûtement" collectif dans le contexte terrible de la crise de 1929... Au contraire, on voit bien comment l'antisémitisme nazi est clairement le prolongement de l'idéologie réactionnaire (à la fois antilibérale - au sens de libéralisme politique - et antisocialiste) qui a sous-tendu la formation de l'Allemagne, entre 1870 et 1900, d'Etat bourgeois fraîchement unifié à puissance impérialiste mondiale.

Une idéologie, également, nullement "anticapitaliste", mais au contraire totalement bourgeoise et petite-bourgeoise ; et nullement "révolutionnaire", mais au contraire impulsée au plus haut sommet de l'Etat (Bismarck, puis l'empereur Guillaume II lui-même...). Elle naît, en définitive, de "l'immigration intérieure" (couplée à une véritable immigration étrangère, aussi) des Juifs, émancipés (entre 1847 et 1869) des restrictions féodales qui pesaient sur eux et faisant "irruption" dans la société capitaliste allemande, aussi bien en tant qu'entrepreneurs, commerçants ou banquiers qu'en tant que travailleurs (vendeurs de force de travail), les uns se heurtant à leurs concurrents capitalistes, les autres aux autres vendeurs de force de travail... L'aristocratie (mutée en capitalisme agraire), quant à elle, associant irrémédiablement cette émancipation à la mort de la vieille société féodale, chrétienne, où "chacun était à sa place". Ce sentiment antijuif sera considérablement renforcé par la crise mondiale de 1873 et ses terribles conséquences (faillites entrepreneuriales, chômage). Et de ce sentiment, ne tardera pas à s'emparer la grande bourgeoisie (associée à l'aristocratie capitaliste agraire) la plus réactionnaire, comme instrument de lutte anti-démocratique, anti-progressiste, anti-socialiste.

Voilà qui fait penser, finalement, au discours anti-immigrés d'aujourd'hui : fondé sur le sentiment de concurrence ressenti aussi bien par les salariés que par les petits entrepreneurs ou commerçants ; associant l'immigré à "l'ennemi intérieur" depuis la guerre d'indépendance algérienne jusqu'à notre monde post-11-Septembre en passant par les attentats de 1986 et 1995 ; permettant de viser, à travers l'immigration, ses "complices socialo-communistes" ; il mute finalement en véritable théorie du complot : "Eurabia", un "djihad sournois" démographique et culturel, favorisé par les "mondialistes" qui veulent "détruire les nations", les Etats-Unis qui veulent anéantir la vieille Europe, et financé par l'argent du Qatar et autres...

A noter que cette analyse, portant sur l'Allemagne, est totalement transposable à l'entité francouille (où les Juifs ont été émancipés en 1791), à quelques détails près : l'aristocratie, catholique et non protestante, n'a pas muté en agro-capitalisme mais en une classe de rente foncière (plus faible) ; l'idéologie intégratrice des Lumières, plus forte qu'en Allemagne, amena une distinction précoce (dès la 1ère Guerre mondiale) entre "Juifs français, patriotes, anciens combattants, de droite" et "cosmopolites sans racines, anti-France, francs-maçons ou socialistes" ; tandis qu'en Allemagne, qui se voit depuis le Moyen-Âge comme le "fer de lance de l'Occident contre l'Asie", le caractère "asiatique", "khazar" des Juifs sera nettement plus mis en avant et le caractère "biologique" de l'antisémitisme triomphera au 20e siècle.

 

2.2 - Nationalisme, théorie des races, antisémitisme: l'antisémitisme dans l'empire de Bismarck

 

C’est ici le moment d’aborder la question de l’antisémitisme. Ce phénomène n’est nullement nouveau. Partout et à toutes les époques de l’histoire, les Juifs ont été persécutés, expulsés et assassinés. Tantôt on invoquait l’argument religieux, tantôt la fonction spoliatrice des Juifs ou encore leur qualité d’étrangers. Il n’est pas de notre tâche d’écrire cette histoire. Ce qui nous intéresse ici est le tournant qu’a pris le mouvement antisémite à la fin du siècle dernier en Allemagne.

À partir de 1870, l’antisémitisme s’est revivifié en Allemagne et a pris des formes tout à fait nouvelles. C’est ce pays qui le premier a organisé politiquement l’antisémitisme.[54] Des partis se formèrent, ayant pour seul but de combattre les Juifs. Les véritables origines du NSDAP, où l’élément antisémite joue un grand rôle, se situent à la jonction de ces courants politiques et du racisme biologique esquissé ci-dessus. Un historien du national-socialisme à même pu dire : « On ne peut comprendre l’histoire de ce parti que par l’esprit antisémite qui a influencé pendant presque 30 ans la politique intérieure de l’Empire allemand ».[55] Nous croyons donc utile de raconter brièvement les origines et l’évolution de cet antisémitisme. Nous essayerons en même temps d‘en expliquer les véritables mobiles.

La révolution française, en jetant à bas les privilèges féodaux et en émancipant le Tiers État par la proclamation de l’égalité entre tous les hommes, avait inséré les Juifs dans le reste de la nation. Ceux-ci devenaient citoyens au même titre que les Français. Peu à peu leur sort s’améliora aussi dans d’autres pays économiquement avancés, comme la Hollande et l’Angleterre. En Allemagne, cependant, l’industrialisation capitaliste se développa lentement et la féodalité subsista encore plusieurs décennies après sa chute dans les pays plus évolués d’Europe occidentale. Mais une fois en marche, l’évolution capitaliste ne pouvait s’arrêter en chemin.

Les privilèges dynastiques et féodaux qui empêchent ce développement sont foulés aux pieds et remplacés par la libre concurrence. Les capitalistes ont besoin de capitaux et de force de travail pour l’extension de leur entreprises. On ne pouvait exclure plus longtemps les Juifs de cette évolution. Comme le dit Kautsky : « Plus la concurrence est grande entre les fournisseurs de crédit, plus l’industrie en profite. »[56] Vis-à-vis de ces nécessités économiques, l’inégalité politique dans laquelle se trouvaient les Juifs était devenue par trop intenable. En 1847, après beaucoup de tergiversations, la Diète prussienne donna aux Juifs des droits égaux à ceux des citoyens chrétiens. Si en théorie les Juifs avaient ainsi obtenu l’égalité, ils restaient dans la pratique soumis à des mesures d’exception. Malgré cette loi, un Juif ne pouvait pas devenir juge, ni officier dans l’armée. En 1869 une loi, soutenue par le Premier ministre Bismarck, supprima ces dernières restrictions. Dans la classe féodale, cependant, ces mesures ne firent pas disparaître l’antisémitisme. Tout au contraire, il s’y revivifia. Quand les classes inférieures montent dans les classes supérieures, elles rencontrent des sentiments de répulsion et d’hostilité, surtout quand elles menacent l’existence de celles-ci, le phénomène est connu.[57] Ce n’est pas le sang étranger, mais le succès du sang étranger qui a fait naître le problème juif (Olda Olberg – Nationalsozialismus, p. 33). Ainsi le professeur Sulzbach montre que l’ascension des nègres est considérée aux États-Unis comme une perversité, tandis que les descendants des peaux-rouges occupent des fonctions élevées et jouissent de l’estime générale.[58]

L’opposition des « Junkers » prussiens à l’avancement des Juifs, tout en étant vive, demeurait inorganisée. Elle consistait surtout en intrigues sournoises pour bloquer l’ascension de cette nouvelle couche sociale. L’antisémitisme se constitua en mouvement politique au moment où la petite-bourgeoisie commença à embrasser ce type d’idées.

La crise violente, qui atteignit l’Allemagne après la guerre de 1870 contre la France, frappa surtout la petite-bourgeoisie. Favorisée par l’abondance de l’or français résultant du paiement de l’indemnité de guerre, l’économie allemande connut un incomparable essor qui dura jusqu’en 1873. Les succès sur les champs de bataille et la fondation de l’Empire, joints à cette prospérité économique, avaient réveillé dans la bourgeoisie allemande des espoirs illimités. La spéculation se propagea et on crut à un progrès indéfini. Mais l’évolution de l’industrialisation avait, pour la première fois dans l’histoire, déplacé le foyer de la crise, de la France et de l’Angleterre, vers l’Allemagne et les États-Unis.[59] En mai 1873, éclata un krach général. Les faillites se multiplièrent et toutes les classes furent cruellement touchées par ce formidable bouleversement économique. La panique fut générale dans ce pays qui n’avait jamais connu une pareille crise et la bourgeoisie vit brusquement fondre ses espoirs. On chercha les causes et on trouva le Juif. La colère de tous ceux qui avaient perdu leur capital par la spéculation se dirigea contre les banquiers juifs dont certains s’étaient maintenus. Ce courant de haine se manifesta chez les artisans et les petits boutiquiers qui se virent menacés dans leur existence par la concurrence des grands magasins, fréquemment entre les mains des Juifs. Sans doute y eut-il des Juifs qui avaient souffert par la crise, tout comme certains chrétiens en avaient tiré profit. Ce ne sont pas eux qui retenaient l’attention. On retenait seulement « Monsieur Kohn » qui, vingt ans auparavant, avait immigré sordide et crasseux en Allemagne et qui, maintenant, participait à la pompe resplendissante de l’Empire.

La presse commença à travailler. Bismarck, qui s’était engagé dans les opérations financières avec des banquiers juifs, fut soupçonné d’avoir favorisé ces derniers et fut attaqué par des journaux conservateurs (Kreuz-Zeitung). En général ces idées se limitèrent à un milieu assez restreint qui n’entretenait guère de contacts avec la petite-bourgeoisie. Il appartint à Adolf Stöcker, le prédicateur de la Cour impériale de Guillaume 1er, d’opérer l’union de ce milieu conservateur avec les grandes masses de la classe moyenne et ainsi de propager les idées antisémites dans de larges couches de la population. Vers 1880, il fonda un parti – appelé dans ses débuts Christlich-soziale Arbeiterpartei (parti chrétien social ouvrier) – par lequel il entendait combattre le matérialisme de la social-démocratie et résoudre le problème social par le recours à la charité.

Peu à peu, le parti se transforma. Après avoir été dissoute par Bismarck, la social-démocratie avait disparu de la scène politique. Resté seul, sans adversaire politique, Stöcker continua cependant son agitation. Devant l’insuccès qu’il rencontra dans la classe ouvrière, il dirigea son attention principalement sur la petite-bourgeoisie. Le nom du parti fut alors changé : on laissa tomber le qualificatif « ouvrier ». Stöcker découvrit que la cause de l’esprit matérialiste et mammoniste, résidait dans le Juif. La boucle est fermée. Un parti ouvrier utopique a donné naissance à un parti petit-bourgeois et antisémite, soucieux d’instaurer un soi-disant capitalisme chrétien. Il est impossible d’insister ici sur les pérégrinations de celui-ci. Wawrzinek a étudié l’origine et les changements de ce parti dans un excellent ouvrage.[60] Nous nous contenterons d’en résumer l’essentiel.

Bismarck qui, personnellement, se méfiait de Stöcker, n’interdit pas sa propagande et même la considérait d’un bon œil. Les milieux possédants craignaient l’influence grandissante de la social-démocratie qui, au début de son existence, entretenait une agitation violente. Ils voyaient dans l’antisémitisme un moyen pour détourner l’attention de la lutte des classes. Bien qu’il réprouvât les exigences sociales sur lesquelles Stöcker voulait fonder le capitalisme chrétien, Bismarck voyait également dans son antisémitisme une arme qui pouvait être employée dans la lutte contre le socialisme.[61] Or, ce mouvement ne se bornait pas à cette fonction de soupape de sécurité contre les tendances anti-capitalistes. La propagande antisémite avait sa dynamique propre. À Berlin, des Juifs furent molestés. Dans certaines provinces de Prusse, des Juifs s’étaient établis en grand nombre et faisaient la concurrence aux ouvriers et commerçants chrétiens. Parmi ces derniers, Stöcker avait trouvé un terrain propice. En Poméranie et dans la Prusse occidentale la persécution commençait. Des synagogues furent incendiées (Neustettin). Le mythe du crime rituel refit surface. Bismarck refusait toujours d’intervenir. Des journaux antisémites surgirent de tous côtés. Des congrès antisémites furent organisés. L’héritier de la couronne, le futur Empereur Frédéric III s’opposait bien à l’antisémitisme, mais il ne régna que cent jours. Dans un premier temps, son successeur, l’Empereur Guillaume II, se révélât un fidèle ami de Stöcker. Toutefois, par la suite, l’influence de celui-ci sur l’empereur s’affaiblit. Il est possible que les milieux financiers d’Angleterre et des États-Unis, avec lesquels l’Allemagne était contrainte de traiter, n’aient pas été étrangers à cette évolution. Stöcker fut poussé à démissionner de sa charge de prédicateur de la Cour. Son parti se divisa. Sous la direction de Friedrich Naumann, les éléments les plus radicaux formèrent un nouveau parti, le « National Sozialverein », qui fut absorbé en 1909 par la « Freisinnige Vereinigung ».

L’antisémitisme atteignit son apogée en 1889. La majorité de la petite-bourgeoisie était alors mobilisée sous le drapeau des partis antisémites. En 1892, le grand parti conservateur inséra encore dans son programme, connu sous le nom de « Tivoliprogramm », certaines revendications antisémites. Mais, au fur et à mesure que la situation économique s’améliorait, les conservateurs perdaient des voix. La bourgeoisie commença à oublier les catastrophes de « la période de la fondation ». Les ouvriers, quant à eux, étaient toujours restés en dehors de ce courant.

À ce moment précis, toutefois, apparaît un facteur tout à fait nouveau. L’antisémitisme avait jusqu’alors masqué les intérêts économiques qui le guidaient derrière des motivations religieuses. Le programme de Tivoli exprime encore très bien cette tendance quand il énonce qu’il veut éliminer les influences destructrices des Juifs en instaurant une autorité chrétienne pour le peuple allemand chrétien et en exigeant des instituteurs chrétiens pour un système scolaire chrétien. Avec l’amélioration de la situation économique, cet appel à la religion perdait de sa force. Qui plus est, les Juifs pouvaient se dérober facilement à cet antisémitisme religieux par la conversion.

L’apparition de la théorie des races donnera à l’antisémitisme nouveau une justification idéologique ainsi qu’un regain de vigueur. Déjà, en 1880, avait paru un livre dont le titre indiquait cette nouvelle orientation.[62] Ce livre constitue un document historique car il contient, de manière plus ou moins développée, toutes les idées et tous les arguments qui sont à la base de l’antisémitisme hitlérien. Le Dr Dühring reproche aux Juifs leur influence dans la presse et les finances, leur pénétration dans les professions libérales. Selon lui, cela prouve leur esprit corrompu, leur égoïsme et leur désir de dominer les autres peuples. Il en arrive ainsi à conclure qu’ils sont une race inférieure : « La physiologie et la biologie ne sont pas encore assez avancées pour émettre des jugements sur les fonctions organiques : les sécrétions, le sang, les nerfs, les muscles ; mais par l’observation, on peut déterminer la valeur des personnes et des peuples entiers d’après leurs actions. »[63] Il serait intéressant de rapprocher les écrits nationaux-socialistes de cet ouvrage et de comparer les arguments : même critique et même conclusions. Il existe cependant une différence : le racisme de Dühring se dirige exclusivement contre les Juifs. Ceux-ci sont inférieurs à tous les autres peuples qui ne peuvent être sauvés de la judaïsation que par l’exclusion des Juifs de la politique, de la jurisprudence, de la finance, de la presse de l’enseignement, etc. Pour être efficaces, ces principes d’exclusion doivent se baser sur la race et non sur la religion, qui permettrait toujours aux Juifs d’éluder ces mesures par le baptême. Les mariages mixtes sont une honte pour le peuple supérieur et doivent être légalement défendus.

Le parallélisme est frappant. Si le Dr Dühring n’établit pas de hiérarchie entre les autres peuples, il adresse tout de même un avertissement significatif à la France et à l’Angleterre qui se laissent gouverner par les Juifs comme Crémieux, Gambetta et Disraëli. À l’Allemagne incombe la tâche d’inaugurer la politique antisémite qui affranchira les peuples d’une domination insupportable. Voici l’essentiel de ce livre qui connut un assez grand succès. Il a influencé de nombreux auteurs antisémites et a directement contribué à la multiplication de leurs ouvrages. Par la suite, ce courant d’idées convergera avec les théories esquissées ci-dessus pour fournir une base unifiée à tout l’antisémitisme futur.

 

Source

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 20:13

(Copié-collé de l'article Wikipédia) :

 

Robert Soucy se démarque des vues de nombreux chercheurs français selon lesquelles les http://pmcdn.priceminister.com/photo/Soucy-Robert-Fascisme-Francais-1933-1939-Mouvements-Antidemocratiques-Livre-894528574_ML.jpgorganisations fascistes de la France de la fin des années 1930 furent « marginales », que le « vrai fascisme » ne peut être défini que comme la synthèse du nationalisme et du socialisme (« ni droite, ni gauche »), et que l'une des raisons pour lesquelles les Croix de Feu/Parti social français (CF/PSF) du colonel François de La Rocque ne peuvent être considérés comme fascistes est qu'elles étaient socialement trop conservatrices. Soucy reconnait que certains mouvements fascistes français, tels que le Front commun de Gaston Bergery et les néo-socialistes de Marcel Déat ont été – ne fût-ce que pour de courtes périodes – plus de gauche que de droite, mais il soutient que les plus grands mouvements fascistes français (le Faisceau de Georges Valois, les Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger, Solidarité française de François Coty, le Parti populaire français de Jacques Doriot et les CF/PSF du colonel de La Rocque) ont été d'ardents défenseurs du conservatisme social et des intérêts économiques de la grande bourgeoisie. Soucy soutient que les hommes de gauche qui ont rejoint ces mouvements ont rapidement abandonné leurs convictions de gauche, que les objectifs de ces fascismes (y compris ceux du mouvement de Doriot après 1937) allaient du conservatisme social à la réaction, que leurs principaux bailleurs de fonds étaient issus du monde de l'entreprise (La Rocque et Doriot touchaient tous deux des fonds du Comité des forges), et que, exception faite du PPF de Doriot avant 1937, aucun de ces mouvements ne jouissait de soutien significatif de la classe ouvrière1. Soucy fait valoir que trop d'historiens ont pris pour argent comptant la rhétorique « socialiste », ou le double langage de certains de ces mouvements, en oubliant la façon dont celle-ci a pu être contredite à maintes reprises par leurs positions touchant aux questions sociale, économique et politique. Comme l'un de leurs précurseurs, le cercle Proudhon, qui honorait moins le premier Proudhon de « la propriété, c'est le vol » que le second, beaucoup plus conservateur, ces organisations étaient beaucoup plus nationalistes que socialistes.

Robert Soucy souligne que tous les conservateurs français des années 1920 et 1930, en particulier les membres de l'Alliance démocratique et du Parti démocratique populaire des années 1930, n'ont pas subi l'attrait du fascisme, mais il considère les fascismes français les plus aboutis de l'époque, ceux comptant le plus grand nombre d'adhérents, comme des « variantes » ou des « extensions » du conservatisme social en crise, comme autant de mouvements à avoir bénéficié de la réaction de la droite à la victoire du cartel des Gauches en 1924 et du Front populaire en 1936. Il soutient notamment que les Croix de Feu/Parti social français, le plus grand mouvement de la droite française en 1937, avec un nombre d'adhérents supérieur à celui des partis communiste et socialiste réunis, ont constitué l'une de ces variantes fascistes. Soucy décrit plusieurs caractéristiques partagées par les CF/PSF avec les autres fascismes européens de l'époque et il élabore une définition également à multiples facettes du fascisme lui-même.

Là où Robert Paxton et Philippe Burrin ont décrit certains conservateurs des classes supérieures à avoir soutenu le fascisme comme « alliés » ou « complices » du fascisme, mais non comme fascistes eux-mêmes, Soucy fait valoir que cet « essentialisme sélectif » évite aux membres des élites traditionnelles, mais non à ceux au-dessous eux, d'être considérés comme fascistes. Pour Soucy, les différences entre conservateurs autoritaires non-fascistes et conservateurs autoritaires fascistes étaient souvent plus une question de gradation et de tactiques que d'essences fixes ou irréconciliables. Par comparaison avec les conservateurs autoritaires non-fascistes, les fascistes affichaient une haine plus virulente de la « décadence », un désir plus nettement marqué d'engendrer un grand nombre d'« hommes nouveaux », un plus grand recours à la jeunesse – la « virilité » étant érigée en idéal –, et le caractère plus farouche de leur nationalisme. La démonologie pratiquée par les fascistes, qui accusaient plus durement les communistes, les socialistes, les francs-maçons, les internationalistes, ainsi que – mais pas toujours – les Juifs, de la plupart des maux de la nation, était également plus virulente que celle de nombre de conservateurs. Le goût pour la répression de ces éléments « antipatriotiques » était beaucoup plus marqué chez les fascistes, qui étaient également plus disposés à s'engager dans des activités paramilitaires et qui voulaient appliquer les valeurs militaires de discipline, d'obéissance, d'anti-hédonisme, etc. à l'ensemble de la société. Alors que les conservateurs traditionnels se méfiaient du populisme, fût-il d'extrême-droite, les fascistes ambitionnaient de mobiliser « les masses ». Ce faisant, les fascistes faisaient écho à un idéal également encouragé par d'autres conservateurs, à savoir l'insignifiance des différences matérielles entre classes sociales par rapport aux valeurs « spirituelles » et à l'unité de la nation. Les fascistes français exhortaient leurs adhérents à revitaliser « l'esprit des tranchées » de la Première Guerre mondiale, lorsque travailleurs et bourgeois, paysans et aristocrates avaient combattu côte à côte les ennemis de la nation. Soucy soutient que le mouvement de La Rocque présentait, à divers moments, toutes ces caractéristiques.

Soucy estime que, dans les années 1930, plus les conservateurs autoritaires non-fascistes français (et même conservateurs précédemment démocratiques) s'estimaient menacés par la gauche, plus ils étaient sensibles aux sirènes du fascisme. Aucune attaque sérieuse contre les élites traditionnelles ou de leurs intérêts économiques n'était (du moins en temps de paix) exigée des conservateurs sociaux qui optaient pour l'alternative fasciste. Un thème récurrent dans les écrits des fascistes français de Valois, Taittinger et Coty à La Rocque, Bucard et Doriot (ainsi que de Mussolini à Hitler), était que la conciliation – sur une base conservatrice – entre les classes devait se substituer aux luttes de classe (en particulier les grèves ouvrières). Dans un certain nombre de cas durant la Grande Dépression, les intérêts communs entre fascistes et conservateurs non-fascistes ont effacé des divergences pour les remplacer par une « fusion » accompagnée d'une interpénétration idéologique dans les deux sens.

Pour Soucy, la rhétorique « anti-bourgeoise » d'intellectuels fascistes, comme Robert Brasillach ou Pierre Drieu La Rochelle, faisait référence aux bourgeois « décadents », c'est-à-dire les bourgeois libéraux, démocratiques, hédonistes, complaisants envers le marxisme, non les bourgeois « virils »2. En réponse au Front populaire, de nombreux anciens fascistes et d'autres qui étaient contre-révolutionnaires, catholiques, traditionalistes et réactionnaires, rejoignirent le PSF de La Rocque. Un grand nombre de conservateurs précédemment démocrates, qui avaient regardé La Rocque avec répugnance avant 1936, furent dès lors prêts à passer sur ses nombreuses déclarations antidémocratiques et ses menaces paramilitaires de renverser le gouvernement par la force des deux années précédentes. Lorsque le nouveau gouvernement du Front populaire interdit les CF à l'été 1936, La Rocque les remplaça par le PSF, affirmant qu'il était maintenant un politicien démocrate ; cette conversion supposée fut vite oubliée en 1941 lorsque La Rocque devient un fervent partisan du régime de Vichy. Soucy fait remarquer aux historiens qui affirment que les discours « démocratiques » de La Rocque dans les années 1936 à 1940 prouvent qu'il n'était pas fasciste (et que ceux qui l'ont soutenu, y compris d'anciens membres des CF, l'ont également cru), que La Rocque n'a pas été le seul fasciste de l'époque à avoir tenté de parvenir au pouvoir par la voie démocratique, dès lors que les chances de succès d'un coup d'État paramilitaire s'avéraient irréalistes : tel était le choix qu'avait effectué par Hitler, après l'échec du putsch de Munich en 1923, il a accédé légalement au pouvoir une décennie plus tard.

Soucy affirme que la « fluidité » de l'idéologie et des tactiques fascistes constitue un défi pour les historiens qui insistent pour imposer des taxonomies statiques à une idéologie fasciste en mouvement. Le fascisme italien donne un exemple majeur de cette fluidité lorsque Mussolini, d'abord socialiste, effectua un virage à droite brutal, après l'énorme défaite subie par son mouvement du Fascio national « syndicaliste » aux élections de 1919. Soucy critique également les définitions du fascisme qui exigent que les fascistes, pour être considérés comme tels, se soient comportés, avant leur arrivée au pouvoir, exactement de la même façon « totalitaire » qu'après leur arrivée au pouvoir. Soucy considère que trop d'historiens ont eu tendance à exonérer les CF/PSF en définissant le fascisme de façon ahistorique et en prenant pour argent comptant la rhétorique « démocratique » de La Rocque après l'interdiction des CF en 1936.

Soucy est également en désaccord avec les historiens qui dépeignent La Rocque comme trop « modéré » pour être fasciste, et comme quelqu'un qui croyait en la « légalité républicaine », qui désapprouvait la violence politique, qui était un vrai démocrate, et qui était, de surcroît, opposé à l'antisémitisme. Soucy cite diverses déclarations de La Rocque qui contredisent ces interprétations, parmi lesquelles : en 1935, La Rocque condamnait « les modérés » devenus, selon lui la proie du « compromis et de l'hésitation3 », appelant les Français à se dresser contre la menace de la révolution communiste et de « son alliée sordide la révolution »3. En 1941, il rappela à ses lecteurs « combien de fois, jadis, n’avons-nous pas condamné les « modérés » 4? » « Ce sont gens de mignardise. Ce sont gens de mollesse5. » Parvenu, au cours de l'hiver 1935-36, à la conclusion que les circonstances n'étaient pas favorables à un coup paramilitaire, La Rocque choisit de briguer l'accès au pouvoir par les voies électorales, bien qu'il ait, à cette époque, déclaré à ses troupes que « La seule idée de briguer un mandat me donne des nausées : c’est une question de tempérament6. » « L’hitlérisme, a-t-il rappelé, est devenu une force politique prépondérante seulement le jour où, en 1930, il a fait entrer cent sept des siens au Reichstag7. »

Soucy indique également que La Roque félicita, en 1933, les membres des CF qui se livrèrent, de 1931 à 1933, à de « nombreux » assauts contre les réunions pacifistes. Il en dirigea d'ailleurs une lui-même en 1933. En 1934, il commandait, à partir de son « poste de commande » à quelques rues de la Chambre des députés, la participation (de façon « disciplinée ») de ses troupes aux émeutes « fascistes » du 6 février 1934 qui se soldèrent par la démission de Daladier et la chute de son gouvernement du Cartel des gauches le lendemain. En octobre 1936, trois mois après la création du PSF « démocratique », quelque 15 000 à 20 000 militants du PSF affrontèrent violemment des militants communistes lors d'un meeting du PCF au Parc des Princes. Trente policiers furent blessés dans les affrontements. Un mois plus tard, La Roque décrivait la violence de ses partisans au Parc des Princes comme une « levée en masse » spontanée, qui avait contenu « l'arrivée au pouvoir d'un complot communiste8. »

Bien que La Rocque se soit, comme Mussolini au cours de sa première décennie au pouvoir, opposé à l'antisémitisme biologique et qu'il ait défendu les juifs assimilés, en particulier ceux de droite, dont Kaplan, le rabbin de Paris et les anciens combattants de 14-18, La Roque s'est, après 1936, laissé aller de plus en plus à un antisémitisme culturel et politique ciblant les immigrants juifs, en particulier, ceux du Front populaire. En 1940, il dénonce la « purulence juive9 » soutenue par les « complots9 » francs-maçons et, en 1941, il accuse les immigrants juifs d'avoir sapé la « moralité9 » et la « santé9 » de la nation et – de nouveau avec les francs-maçons – d'avoir contribué aux « vices mortels9 » de la France. En 1941, il exhorta Vichy à entreprendre, avec « une résolution impitoyable9 », l'« extirpation intégrale des éléments contaminés9 » de la société française.

Soucy remet également en cause l'argument selon lequel le mouvement de La Rocque n'était pas fasciste parce qu'il était une forme de « catholicisme social patriotique », c'est-à-dire trop nationaliste et trop catholique pour être fasciste. Pour Soucy, on pourrait appliquer la même description à la faction dominante du Partito Nazionale Fascista (PNF) de Mussolini après la signature des accords du Latran réconciliant le régime fasciste et le Vatican en 1929. Non seulement le grand nombre de catholiques qui affluèrent au PNF après 1929 laissèrent leur marque sur l'idéologie fasciste en Italie, mais Pie XI remercia Mussolini d'avoir mis en œuvre le « catholicisme social » prôné par l’encyclique Rerum novarum. De même, tous les fascistes n'étaient pas non plus « modernistes » esthétiques. Les historiens qui supposent que le fascisme et le catholicisme (en particulier de droite) sont comme l'huile et l'eau ignorent que, pendant les années 1930, un bon nombre de « fusions » eurent lieu, y compris l'existence d'importantes mouvements fascistes catholiques en Espagne, au Portugal, en Pologne, en Autriche, en Hongrie, en Croatie, en Bolivie, en Argentine, au Chili et au Brésil. Soucy affirme que, même si de nombreux catholiques ont rejeté le fascisme au cours de l'entre-deux-guerres (il note, par exemple, que plus de protestants que de catholiques ont soutenu le nazisme en Allemagne dans les élections de juillet 1932, 38% contre 16%), des catholiques comme Valois, Taittinger, Coty, Bucard et de La Rocque ont bien été les porte-parole d'une forme française de fascisme, dont les origines intellectuelles en France remontent aux années 188010.

Soucy récuse également l'hypothèse selon laquelle La Rocque n'était pas fasciste parce qu'il était très nationaliste et très opposé à une invasion de la France par l'Allemagne dans les années 1930. Il fait remarquer que La Rocque était loin d'être le seul fasciste européen de l'époque à être très nationaliste. La plupart d'entre eux, y compris Hitler et Mussolini, l'étaient et aucun ne voulait voir son pays conquis par une autre nation, fût-elle fasciste. Ceci n'a toutefois pas empêché de La Rocque d'écrire en 1934 que le Duce est un « génie11. » et que « l'admiration que mérite Mussolini est incontestable11 ». Tant dans les années 1930 qu'en 1941, La Rocque demandait à la France de s'engager dans une « solidarité continentale » (non un assujettissement) avec l'Italie fasciste. En 1941, il a également soutenu la « collaboration continentale » avec l'Allemagne nazie à la condition que la France soit traitée en partenaire égale. C'est quand il est parvenu à la conclusion, au début de 1942, que celle-ci n'allait pas se produire et que la guerre commençait à tourner au désavantage des Allemands, qu'il a formé son propre réseau de Résistance, avant d'être arrêté par la Gestapo et de passer le reste de la guerre dans les prisons allemandes. La Rocque est d'ailleurs loin d'avoir été le seul fasciste français à rejoindre la Résistance. Pour Soucy, cet engagement prouve que La Rocque était un fasciste français ultranationaliste.

 

 


 

Robert Soucy, né le 25 juin 1933 à Topeka, est un historien américain.

Il est surtout connu pour ses travaux sur le fascisme français qui portent, en particulier, sur les intellectuels et les écrivains appartenant à cette mouvance. 

Ses thèses ne font pas l’unanimité auprès de certains fascistologues qui mettent en question le rapprochement qu’il fait entre Maurice Barrès et le fascisme. Ses travaux ont été remis en question notamment par les historiens Zeev Sternhell, Michel Winock et Serge Berstein. Soucy a répondu à ces critiques dans deux ouvrages1. Dans ses deux derniers livres, Soucy se concentre beaucoup plus sur les mouvements fascistes que sur les intellectuels fascistes, en s’appuyant amplement sur les rapports de la police française de l’époque2.

Dans son livre Fascismes français ? 1933-1939 : mouvements antidémocratiques, il présente une version révisée et augmentée de l’édition américaine française French Fascism, the Second Wave, 1933-1938, avec un chapitre sur les intellectuels fascistes français Bertrand de Jouvenel, Pierre Drieu La Rochelle, Robert Brasillach et Louis-Ferdinand Céline.

 

Une analyse dans laquelle peut se retrouver à 99% Servir le Peuple.

Pour comparaison, voici la thèse de Zeev Sternhell, que SLP rejette globalement, comme thèse se posant en défense du libéralisme bourgeois pour lequel "les extrêmes se rejoignent" (puisqu'il est dit, explicitement, que c'est sa tradition "anti-libérale" qui fait de la France la "matrice" du fascisme) :

 

L’historien Zeev Sternhell a renouvelé l’approche du fascisme français exposant que la France est le vrai berceau du fascisme, même si celui-ci n'est pas arrivé au pouvoir avant 1940. Zeev Sternhell expose que l’idéologie fasciste est née en France de la rencontre intervenue peu avant la Première Guerre mondiale d’un nationalisme anti-républicain (Action française) et du syndicalisme révolutionnaire (Georges Sorel), au sein notamment du Cercle Proudhon de Georges Valois. Pour Zeev Sternhell, la France est même une terre propice au fascisme compte tenu d’une forte tradition anti-libérale prônant une société organique (anti-individualisme, anti-parlementarisme). Cependant, le fascisme ne saurait se confondre avec l’ancienne idéologie contre-révolutionnaire. Le fascisme étant un mouvement propre à l’ère de masse du XXe siècle, il naît de la fusion du nationalisme, d’éléments d’extrême droite et d’éléments de gauche (Mussolini en Italie ; Georges Valois, Marcel Déat et Jacques Doriot en France ; Goebbels en Allemagne, etc.).

Dans Ni droite, ni gauche, l’idéologie fasciste en France, Zeev Sternhell étend ainsi le terme fasciste aux néo-socialistes, planistes, technocrates, voire certains personnalistes des années 1930 (tous groupes que l’on peut regrouper sous l’appellation large de non-conformistes des années 1930, en reprenant le titre d'un ouvrage de Jean-Louis Loubet del Bayle.) Cette extension du terme « fasciste » est contestée par la majorité des historiens français, sur le fond et pour sa méthode, qui amalgame des textes détachés de leur contexte logique et chronologique, tout en donnant à ce qu'il appelle le « fascisme » des caractéristiques qui ne lui sont pas habituellement associées.

En fait, les années 1920 et encore plus 1930 ont été marqués par un intense bouillonnement idéologique. Au sein de tous les partis, des hommes réfléchissent à des solutions nouvelles. À gauche (SFIO et même PCF) pour renouveler la vieille pratique guesdiste au profit d’un socialisme réformiste qui n’avait jamais auparavant été théorisé. À droite pour dépasser le libéralisme parlementaire alors que la Troisième République ne parvient pas à se réformer pour gagner en stabilité (voir la tentative avortée du président Gaston Doumergue pour renforcer les institutions en 1934).

Des hommes de tous bords ont pu échanger des idées nouvelles au sein de multiples groupes de réflexions (X-Crise, etc.) et revues (Nouveaux cahiers, Plans, etc.). Ces hommes rentrent, pour Zeev Sternhell, dans le cadre large du fascisme pour les raisons suivantes :

  • Dans leur quête de nouveauté, ils envisagent de nouvelles solutions non libérales et antiparlementaires et regardent même parfois explicitement du côté des régimes fascistes qui paraissent alors jeunes et modernes. Plutôt que de « fascisme » au sens plein, on peut souvent parler pour ces hommes de « tentation fasciste » ou de « séduction fasciste », du moins tant que l’intérêt ne dure pas.
  • Au sein de ces groupes et revues, les futurs résistants travaillent avec les futurs vichystes ou collaborateurs, avec les mêmes mots et les mêmes idées. La distinction entre fascistes et non-fascistes n’est souvent possible qu’après 1940. C’est alors que se fait le choix décisif : profiter de la chute de la République pour imposer ses idées alors qu'il y a place pour des expériences nouvelles (ceux-là tomberont dans le régime de Vichy et la collaboration), ou donner priorité (par patriotisme ou par républicanisme) à la Libération du pays avant de le réformer (ceux-là seront résistants, puis mèneront les grandes réformes des Quatrième République et Cinquième République). L’attitude sous l’occupation reste le juge de paix entre fascistes et non fascistes qui ne doit pas faire oublier les convergences de projets avant-guerre.

Le cas de Georges Valois est mis en exergue, mais c'est évacuer un peu vite qu'il fut UN cas au milieu de centaines de milliers de "SR" qui, eux, tout en ayant des théories erronées (anti-Parti) combattirent vaillamment la montée du fascisme, le régime de Vichy et l'occupation nazie jusqu'en 1945... De la même manière que, si Mussolini venait du socialisme italien, des millions de socialistes combattirent vaillamment contre sa montée au pouvoir (1919-22), et tout au long de son régime jusqu'en 1945.

Et Doriot, lui, n'était-il pas issu du "PCF révolutionnaire des années 30-40" que célèbrent les partisans "maoïstes" de Sternhell ?

En réalité, le "Faisceau" de Valois, financé par des grands capitalistes comme François Coty, semble avoir été une tentative "mécanique" de copier le modèle fasciste italien, jusque dans le leader venu du mouvement socialiste... Une "greffe" qui ne prit pas, et le mouvement s'effondra après 2 ans et demi d'existence. Valois (on omet souvent de le dire) reviendra vers la social-démocratie (mais la SFIO, en raison de son passif, ne l'acceptera plus dans ses rangs).

 

A noter que le fait que Robert Soucy soit américain est évidemment d'une grande importance, face à toute une "école française" incarnée notamment par René Rémond, cherchant à nier qu'il y ait jamais eu un véritable fascisme en France, pour faire de Vichy et de ses crimes une simple conséquence accidentelle de l'invasion allemande... Le discours, en somme, de Vichy "nul et non avenu" tenu par les gaullistes en 1944, prétendant couper la "Révolution nationale" de tout le background de l'extrême-droite et de l'ultra-conservatisme BBR des années 20-30... background dont beaucoup étaient eux-mêmes issus !

 

croix-de-feu.jpg

 

Voir aussi :

Enjeux - La Rocque et le fascisme français

Réponse à Michel Winock - par Robert Soucy

 

 


 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 17:31

 

Autant prévenir : l'article qui suit va être COMPLEXE. Lecteurs, lectrices, il va falloir faire l'effort de suivre. Nous allons en effet toucher là au CŒUR, aux tréfonds de la théorie marxiste ; le matérialisme dialectique.
Pour certain-e-s, cela pourrait même sembler être de la "théologie sur la Lune"... MAIS, pourtant, cette réflexion théorique est d'une extrême importance : vous allez découvrir pourquoi dans ce qui suit.
 
Si l'on veut résumer à l'extrême : le matérialisme dialectique est la théorie scientifique qui sous-tend toute la pensée marxiste. Classiquement, de l’œuvre théorique de Marx et Engels, ressortent 3 lois essentielles du matérialisme dialectique. Ce sont :

1- Première et principale (les autres ne font qu'en découler), la loi de la contradiction ; dite aussi "de l'unité relative des contraires". C'est le principe qui veut que toute chose, tout phénomène, soit déterminé par une contradiction principale. Avant que cette contradiction existe, le phénomène n'existait pas. Si la contradiction disparaît, le phénomène disparaît sous sa forme actuelle ; c'est à dire qu'il se transforme en quelque chose d'autre, qui sera déterminé par une nouvelle contradiction principale. La chose / phénomène a aussi des contradictions secondaires, qui ne sont pas "sans importance" (chacune est susceptible de devenir un jour principale !), mais sont subordonnées à la contradiction principale, déterminées par elle. Les deux principaux aspects en contradiction forment un tout, une unité (par exemple, une société), mais sont en LUTTE et cette lutte est ABSOLUE, déterminante, jusqu'à devenir antagonique et transformer la chose/phénomène en "autre chose". L'unité est seulement relative (on parle donc d'"unité relative des contraires").

2- La loi de la transformation de la quantité en qualité et inversement. Pour faire simple : l'évolution des choses et des phénomènes procède par accumulation quantitative, qui entraîne à un moment donné un saut qualitatif vers "autre chose". Attention cependant : cela ne doit pas mener (et a trop souvent mené) à des raisonnements mécanistes. Ainsi, durant la construction socialiste en URSS, on avait tendance à considérer que "développer la production", "accroître les forces productives" etc., sous la dictature du prolétariat, suffirait à conduire (en quelques générations) au communisme. De la même façon, il était considéré par les social-démocrates de la IIe Internationale (Bernstein etc.) que la simple accumulation de conquêtes démocratiques et sociales suffirait, un jour, à produire le "saut" de l'humanité dans le socialisme, sans le processus révolutionnaire (luttes violentes, guerre civile, dictature du prolétariat) décrit par Marx...

3- Enfin, la loi de la négation de la négation ; que nous allons étudier plus loin.

Le fond du débat est que, pour bon nombre de maoïstes, Mao aurait rejeté la loi de la "négation de la négation" (et, également, la loi de la quantité/qualité : en fait, toute autre loi que la contradiction). Mais d'autres (comme nous allons le voir) contestent la réalité de cette prise de position. D'autres, encore, affirment que Mao a simplement subordonné la transformation quantité/qualité et la "négation de la négation" à l'"unité relative des contraires"... ce qui est certes vrai, et que cautionne totalement Servir le Peuple ; mais était déjà le cas chez Marx, Engels, Lénine et tous leurs contemporains marxistes ! [En réalité, les 3 lois décrivent des caractères différents du mouvement dialectique des choses : l'unité relative des contraires en est le moteur, la transformation de la quantité en qualité en est la "mécanique", et la "négation de la négation" en est l'aspect extérieur (pour un observateur externe) ; nous y reviendrons plus loin.]
mao-zedong-1.jpg
La question de la "négation de la négation" n'a jamais fait l'objet d'un ouvrage spécifique de Mao. Mao a rédigé un ouvrage de référence sur le matérialisme dialectique : De la contradiction (1937), ainsi qu'un essai en 1938, Le Matérialisme dialectique.
Il y fait, très clairement, de la contradiction la loi déterminante de la dialectique ; de fait, cette loi sous-tendra toute son œuvre théorique. Mais on n'y voit nul rejet, explicite, des autres lois posées par Marx et (surtout) Engels. Pas plus que dans un autre ouvrage... Les Notes de "De la contradiction" comportent même plusieurs références à l'Anti-Dühring d'Engels (cf. ci-dessous), chapitre 12 "Quantité et qualité", sans que nulle part dans cet ouvrage Mao ne conteste cette loi-là. Le Matérialisme dialectique contiendrait même [mais il est impossible de trouver la source sur internet, il n'est que très incomplet ici] une énumération des "lois fondamentales" du matérialisme, telles qu'exposées ci-dessus : loi de l'unité des contraires, loi de la transformation de la qualité en quantité et inversement, loi de la négation de la négation [Mao Zedong ji, Vol. 6, p. 300 ; Mao Zedong ji bujuan, Vol. 5, p. 237]. En 1938, donc...

Le rejet explicite de la "négation de la négation" (et, en fait, de toute autre chose que la loi de la contradiction) aurait, d'après les sources qui l'évoquent, été affirmé en 1964 au cours d'une discussion très informelle avec quelques responsables du Parti (Kang Sheng, Chen Boda, Lu Ping...). Cette conversation est notamment rapportée par un certain Stuart Schram, dans son ouvrage Mao Zedong Unrehearsed (qu'on pourrait traduire par "Mao Zedong apocryphe" ou "Mao Zedong 'off'")... Vous pouvez trouver cette citation en français ici, page 19 ; et en anglais dans le document en lien plus bas, page 3.
La réalité et (plus encore) l'exactitude des propos tenus sont donc sujettes à caution, puisque ces propos n'apparaissent nulle part dans ses Œuvres. Mais partons du principe de leur réalité et de leur exactitude, et voyons ce qui a/aurait précisément été dit.

Ce qu'aurait en réalité dit Mao, c'est : "L'unité des contraires est la loi la plus fondamentale. La transformation de la quantité en qualité et inversement, n'est que l'unité des contraires "qualité" et "quantité". Il n'existe rien de tel que la "négation de la négation". Affirmation, négation, affirmation, négation... dans le développement de toute chose, chaque maillon de la chaîne des évènements est à la fois une affirmation et une négation. La société esclavagiste niait la société primitive mais, en revanche, vis-à-vis de la société féodale elle constituait une affirmation. La société féodale constituait une négation de la société esclavagiste mais était en revanche une affirmation vis-à-vis de la société capitaliste. Le capitalisme était la négation de la société féodale mais, en revanche, l'affirmation vis-à-vis de la société socialiste...".
Ce que Mao semble vouloir dire par là, c'est que toute chose qui en nie une autre est en même temps une affirmation, affirmation (en fin de compte) d'elle-même face à ce qui vient (à son tour) la nier... Bref, rien de plus ni de moins que la pure et simple logique. Mais, si la féodalité est la négation de l'esclavagisme, lorsque le capitalisme vient à son tour nier la féodalité, il nie la négation de l'esclavagisme : c'est bien une négation de la négation. Ce que semble viser ici Mao, c'est plus le terme employé ("négation de la négation"), qui semble selon lui porter à confusion, que la substance, le signifié du terme.

Dans ce document en anglais, sont énumérées un nombre considérable d'occasions, depuis les années 1930 jusqu'aux années 1960, dans lesquelles Mao met en avant, soit explicitement (nommément), soit implicitement (comme, finalement, dans ce qui précède), la négation de la négation.

En réalité, que nous dit la théorie de la négation de la négation ? Il faut bien comprendre, ici, que par "négation" on entend le fait de "faire disparaître", "supprimer", "abolir" ; ou "affronter jusqu'à détruire" (dans une contradiction antagonique) ; ou encore "rejeter dans les poubelles de l'histoire" (lorsqu'il est question d'un processus historique).
L'image la plus connue est celle donnée par Engels dans l'Anti-Dühring : celle du grain de blé
 qui donne une plante, disparaissant lui-même (nié), puis la plante, disparaissant (niée) à son tour, donne un épi, soit plusieurs dizaines de grains de blé. Ainsi, par un processus de négation de la négation (la plante nie le grain puis est niée elle-même), le grain de départ s'est multiplié par plusieurs dizaines. Ainsi, on est revenu au stade de la graine, mais "à un niveau supérieur" (des dizaines de graines).
Bien sûr, toutes les plantes ne fonctionnent pas comme ça, et certaines vivent plusieurs années (voire des siècles) en donnant des graines ou des fruits tous les ans... Mais l'idée était de donner une image simple et claire. C'est la même chose (pour prendre un autre exemple) lorsque l'on marche : chaque jambe effectue un mouvement de flexion, puis d'extension, chaque extension nie la flexion qui précède et inversement, et chaque pas de la jambe droite
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b5/Friedrich_Engels_HD.jpg/170px-Friedrich_Engels_HD.jpg nie le pas précédent de la jambe gauche. Pourtant, comme vous pouvez le constater tous les jours, on ne fait pas du surplace : on avance.
Ce que veut exprimer Engels (qui en vient, ensuite, à l'exemple de l'esclavagisme, de la féodalité et du capitalisme), c'est que les sociétés humaines (comme toutes les choses et le phénomènes de la nature) avancent EN SPIRALE, par CYCLES, par des PROCESSUS qui débutent et s'achèvent (comme la plante de blé germe, grandit, fane et meurt) ; mais qui ne ramènent pas la communauté humaine au "point de départ" : ils l'amènent A UN NIVEAU SUPÉRIEUR (de forces productives, de conditions de vie, de culture, de civilisation)...
Et, ce qu'explique le marxisme, c'est que le MOTEUR de ces processus, dans toute chose, c'est la CONTRADICTION, c'est "l'unité relative des contraires", c'est l'unité et la LUTTE des contraires ; l'unité étant relative et la lutte étant ABSOLUE. Dans les sociétés humaines, le moteur de tout processus d'évolution est la LUTTE DES CLASSES. La société est une unité formée de contraires : une CLASSE DOMINANTE, et des classes dominées, mais parmi lesquelles il y a UNE classe principale dans son affrontement avec la classe dominante. Cet affrontement, cette LUTTE entre les classes fait l'histoire de la société en question.
Dans la féodalité, la classe dominante est l'aristocratie (flanquée du clergé) et la classe principale qui l'affronte (et dirige les masses à l'affronter) est la bourgeoisie. A partir du http://s4.e-monsite.com/2011/05/30/01/resize_550_550//sans-culotte-copie-1.jpgmoment où la bourgeoisie s'affirme en tant que classe (avec la Réforme et l'humanisme, puis les Lumières), on rentre dans le processus de négation de la féodalité et d'affirmation (d'abord contre la féodalité, ce qu'oublie de dire Mao !) du capitalisme. La Révolution bourgeoise (comme 1789 en France) marque le moment où l'unité des contraires s'inverse : le moment où la bourgeoisie DEVIENT la classe dominante et où l'aristocratie perd cette position (elle disparaît alors, en moins d’un siècle, pratiquement en tant que classe ; sa contradiction avec la bourgeoisie devient secondaire ; la contradiction bourgeoisie/prolétariat devient motrice de l’histoire). Au terme de ce processus (qui débouche sur la Révolution industrielle, toutes les avancées scientifiques et technologiques du 19e siècle et nous amène pratiquement au début du 20e), il va sans dire que l'humanité (dans son ensemble, jusqu'aux classes les plus opprimées !) a grandement progressé depuis l'époque de l'Inquisition et des Guerres de Religion ! En terme de productivité du travail, de connaissances scientifiques et technologiques, tout ceci se répercutant sur la vie quotidienne des masses, leur bien-être, leur accès aux activités spécifiquement humaines (culture etc.).
Mais, à un moment donné, le capitalisme a fait son temps : ce qu'il apporte, ou a apporté à l'humanité, ne vaut plus le prix qu'il lui coûte... A partir du moment où le prolétariat s'affirme en tant que classe, avec le SOCIALISME SCIENTIFIQUE (marxisme), commence le processus de NÉGATION DU CAPITALISME.

Le SOCIALISME n'est pas exactement, comme le dit Mao, la "négation du capitalisme". Penser cela est sans doute une grande limite de la conception marxiste-léniniste au 20e siècle. Il serait plus exact de dire que le socialisme est le processus de négation du capitalisme et d'affirmation du communisme, à partir du moment où le prolétariat a renversé la bourgeoisie et l'a remplacée comme classe dominante (la phase précédente du processus de négation/affirmation, lorsque le prolétariat n'a pas encore pris le pouvoir, est la GUERRE POPULAIRE).

Prenons, puisqu'on en a beaucoup parlé ces derniers temps, l'exemple du Népal. Ce petit pays a, finalement, l'"avantage" d'avoir connu une évolution rapide (en moins de 3 siècles) qui donne un aperçu en "modèle réduit" d'une série d'affirmations-négations, qui dans d'autres pays ont pu s'étaler sur 1000 ans, 1500 ans ou plus.
Au début du 18e siècle, le Népal n'était encore, pratiquement dans chaque vallée, qu'un ensemble de royaumes féodaux archaïques (avec, globalement, une caste dominante, une famille principale en son sein, et une masse paysanne servile) ; guerroyant entre eux. Au terme de ces guerres incessantes, le royaume de Gorkha finit par unifier le pays dans ses frontières actuelles, en 1768. A cette époque, toutefois, ce genre d'unification était généralement éphémère et, effectivement, le royaume commençait déjà à se désintégrer au début du 19e siècle ; lorsque sa destinée rencontra celle de l'EMPIRE BRITANNIQUE DES INDES. Celui-ci permit à l’État monarchique népalais de se consolider, et de se maintenir jusqu'à nos jours (après 1947, la tutelle britannique fut remplacée par celle de l'Inde "indépendante"). Ce processus, nous sommes tous d'accord, a donc consisté en la négation de la féodalité archaïque ; et l'affirmation d'un État moderne, le Népal que nous avons actuellement. En termes de forces productives, de développement économique, de connaissance scientifique et technique, de diffusion de la connaissance, il a conduit le Népal à un niveau bien supérieur à celui du 18e siècle, époque des petits royaumes archaïques.
Mais justement, dans ce processus, s'était formée une bourgeoisie, flanquée d'une classe intellectuelle (celle à qui s'était diffusée la connaissance, à son niveau mondial d'alors). Et celle-ci débuta, au milieu du 20e siècle, le processus de négation de l’État monarchique et de ses tuteurs impérialistes. Elle constitua des partis "libéraux", comme le Congrès népalais ; des éléments plus avancés, toutefois, s'emparant des idées marxistes qui étaient très fortes, dans le monde, entre les années 1950 et 1970 (ce gens constituent aujourd'hui, globalement, des partis comme l'UML).

Le maoïsme nous enseigne que, dans les pays actuellement dominés par l'impérialisme, il n'y a plus d'étape bourgeoise, d'étape capitaliste "nationale indépendante" possible entre la situation actuelle (domination du Capital étranger à travers ses intermédiaires locaux, restes de féodalité, bourgeoisie bureaucratique de "gardes-chiourme", absence totale de démocratie bourgeoise telle que conçue en Occident) et la révolution prolétarienne : si une révolution se veut "bourgeoise", elle ne sera qu'une réforme du vieil État légué par l'impérialisme ; c'est la prise de pouvoir par le prolétariat qui permet l'accomplissement des tâches démocratiques bourgeoises, et qui "embraye" ensuite immédiatement sur les tâches socialistes, les tâches de transition vers le communisme.

C'est un principe absolu, mais, justement, on imagine l'ampleur et la complexité d'un tel processus de luttes ! Il va donc de soi que celui-ci ne peut avancer que par cycles, "en spirale". Chaque "cycle" se refermant sur un point plus avancé, pour les masses, sur le chemin de l'émancipation démocratique, du socialisme et du communisme. Et, à chaque cycle qui se referme, une grande partie de ce qui a fait (hier) partie du nouveau, de la lutte pour l'émancipation, se retrouve désormais dans le camp de l'ancien, de la Réaction, de ce qui "empêche d'aller de l'avant". Ces éléments sont alors niés par les forces qui, elles, continuent d'aller de l'avant vers l'émancipation humaine.
Entre 1950 et 1990, la lutte au Népal fut principalement dirigée contre le caractère absolutiste de la monarchie. Cette lutte s'acheva en 1990 par l'instauration d'un régime parlementaire. Fin d'un premier cycle. Les forces qui s'étaient limitée à cet objectif, comme le Congrès (rallié rapidement par l'UML et d'autres forces "marxistes") cessèrent alors de faire partie du nouveau, pour se retrouver dans le camp de l'ordre établi, que d'autres continuaient à combattre. Après avoir nié l'absolutisme au profit de la monarchie parlementaire, elles furent alors niées à leur tour, comme composante de celle-ci, par les forces souhaitant l'abolition pure et simple de la monarchie et l'instauration d'une république démocratique.
La force dirigeante de ce combat, souhaitant même (en principe) une République démocratique populaire, vous l'aurez reconnue : c'était le PC maoïste de Prachanda. Mais celui-ci abandonna peu à peu ses objectifs initiaux, pour se replier sur les mots d'ordre d'"abolition de la monarchie et élection d'une Constituante". Ce qui fut fait (respectivement) en 2006 et 2008. Dès lors (après quelques valse-hésitations), on peut considérer que l'année dernière, en 2011, un deuxième cycle de la longue marche des masses népalaises vers l'émancipation (démocratique, socialiste puis communiste de manière ininterrompue) s'est refermé. Désormais, aux côtés de ceux qui s'étaient contentés d'une monarchie parlementaire (et ralliés à la République in extremis, contraints et forcés, pour sauver leur peau), il y a une grosse aile droite du Parti maoïste qui se contente (comme soi-disant "étape") de la République parlementaire bourgeoise actuelle, et une petite aile gauche qui doit (sans plus attendre) choisir son camp. Ceux qui composent aujourd'hui ce régime républicain bourgeois, et ceux qui feront le choix de le rallier demain, sont et seront dès à présent niés par les forces qui dirigeront le dernier cycle du processus : la nouvelle Guerre populaire qui ne peut désormais plus viser autre chose que la prise du pouvoir par le prolétariat et ses alliés paysans, indépendants pauvres, intellectuels progressistes, bref les masses populaires...
Cette négation (de la négation qu'avait été, en 1994, le fondation du PCN(m) et le lancement deux ans plus tard de la Guerre populaire !) pourra prendre la forme d'une scission des éléments révolutionnaires de l'actuel PCNU, ou la formation totalement externe d'un nouveau Parti... nous verrons bien.
Quoi qu'il en soit, irait-on affirmer que le cycle qui se referme (par la capitulation d'une majorité du Parti de 1994, dont son leadership), se referme "à la case départ" ? Soyons sérieux ! La nepalconscience révolutionnaire, la combattivité, la culture d'organisation (pour se libérer des chaînes de l'exploitation) sont aujourd'hui à un niveau bien supérieur et bien plus vaste (dans tout le pays, et non les seules grandes villes) qu'au début des années 1990, il y a 20 ans !
Ces "petits" cycles (à l'échelle historique... 40 ans et 20 ans tout de même !) sont en quelque sorte des "sous-cycles" d'un grand processus, commencé vers le milieu du siècle dernier, lorsque le Népal fut totalement entré dans le "monde moderne" : le processus de négation de l'état de fait de l'époque (qui perdure encore de nos jours...), l'état de fait semi-colonial semi-féodal. Le moteur de ce processus, dans son entier comme dans chacun de ses cycles, est toujours le même : c'est la contradiction entre, la LUTTE entre les masses exploitées, opprimées, affamées ; et leurs affameurs, qui sont la grande bourgeoisie oligarchique locale, le Capital impérialiste (directement ou par l'intermédiaire de l'Inde) et la féodalité rurale. Ce processus s'achèvera au COMMUNISME (car tel est, à notre époque, le seul destin commun à toute l'humanité) ; la phase précédant la prise de pouvoir des masses populaires sous la direction du prolétariat est la GUERRE POPULAIRE ; la phase suivant cette prise de pouvoir (dans le cas du Népal) est la NOUVELLE DÉMOCRATIE et le SOCIALISME (sous lesquels il y aura encore de grandes luttes, de grandes conflagrations sociales contre les partisans d'un rétablissement du capitalisme à leur profit).

Si l'on prend maintenant (puisqu'il est, au départ, question de Mao) l'exemple de la Chine... Nous n'allons pas, bien sûr, revenir ici sur des millénaires de civilisation chinoise. Nous dirons simplement que, au travers de ces millénaires, la civilisation chinoise a connu des cycles entrecoupés de périodes de décadence, de décomposition, qui ne l'ont toutefois jamais ramenée "à la case départ", à un niveau de développement inférieur à celui du début du cycle. Tout le monde a entendu parler du très haut niveau technologique et scientifique de la Chine comparativement à l'Europe de l'an 1000, par exemple.
Néanmoins, la dernière période de décadence, à partir du 17e siècle, se traduisit d'abord par la prise de pouvoir d'une dynastie "périphérique" (les Qing mandchous), puis par l'installation d'une DOMINATION OCCIDENTALE. Celle-ci se consolida, globalement, au milieu du 19e siècle, dans les années 1840-60. Après quelques guerres, la dynastie Qing se fit l'alliée des impérialistes. Le capitalisme occidental, ses marchandises, puis ses capitaux pénétrèrent ainsi dans le vieil Empire du Milieu : ce fut la négation de la Chine millénaire.
Ensuite, qu'a-t-on eu ? Dans un premier temps, des révoltes populaires spontanées, sans forcément de projet politique bien établi, parfois d'inspiration mystique (comme les Tai'ping), et souvent appuyées par des éléments féodaux hostiles à l'intrusion occidentale. La dernière en date fut celle des Poings de Justice, vers 1900. C'est à cette même époque, que commença à se constituer un nationalisme bourgeois, partisan d'une République bourgeoise qui abolirait la dynastie des Qing et, en même temps, libérerait le pays de la mainmise occidentale. Celui-ci se concrétisa dans le parti du KUOMINTANG.
Ce fut la révolution Xinhai, la révolution bourgeoise de Sun Yat-sen, et l'instauration de République de Chine en 1911-12. Mais la contre-révolution, appuyée par les impérialistes et les partisans de la monarchie défunte, veillait au grain : le général Yuan Shikai renversa et exila Sun Yat-sen, puis se proclama... empereur, mais mourut l'année suivante ; et la Chine se désagrégea en territoires de "seigneurs de la guerre" (chacun appuyé par une ou plusieurs puissances impérialistes).
Le Kuomintang, avec son Armée Nationale Révolutionnaire, se lança alors à la reconquête du pays sur les "seigneurs de la guerre", dans les années 1920. Reconquête à laquelle participa le Parti communiste (fondé en 1921), aux côtés du Kuomintang... eh oui ! On connaît des "maoïstes" qui seraient bien incapables de comprendre pourquoi, dans la Chine de Mao (et encore aujourd'hui, mais c'est une autre histoire^^), on élevait des statues à Sun Yat-sen et on lui vouait une grande vénération, alors qu'il avait fondé le parti... renversé par Mao en 1949 !!!
C'est, tout simplement, que le GRAND processus de négation (de l'ordre des choses "semi-féodal semi-colonial" qui régnait en Chine au début du 20e siècle : un Empire millénaire pourrissant, passé sous domination impérialiste étrangère), avec, pour contradiction motrice, la contradiction masses populaires / impérialisme + serviteurs locaux ; s'est lui-même composé de plusieurs cycles (*) : le cycle des "révoltes spontanées et mystiques" (des Tai'ping aux "Boxers") ;  le cycle 1911-27, durant lequel la bourgeoisie Kuomintang était objectivement du côté des masses ; et le cycle 1927-49 où, malgré l'intermède du "Front uni" contre les http://www.chine-informations.com/images/upload2/Communists_enter_Beijing_28194929.jpgJaponais, le KMT était globalement (mis à part une petite fraction ralliée au PC) du côté de l'impérialisme et de ses agents locaux (tels de nouveaux Qing)... En rompant avec le KMT (par la force des choses, après les massacres de 1927...) et en engageant bientôt la Guerre populaire, le PC de Chine a nié la République de Chine du KMT, pour affirmer la République populaire. Et même après 1949, la lutte des classes se poursuivant sous la dictature du prolétariat, il y eut d'autres cycles : le "cycle de la démocratie nouvelle" s'achevant par la mise en retrait de Mao au milieu des années 60 (et un "premier triomphe révisionniste"), puis le "cycle de la Révolution culturelle" 1966-76, de loin la plus exaltante expérience révolutionnaire du 20e siècle...

En fait, si l'on essaye de décrypter la pensée de Mao, ce qu'il semble avoir voulu dire, c'est que la "négation de la négation" ne signifie pas un "retour à la case départ" : c'est pourquoi il tient à souligner que toute négation est en même temps une affirmation. En somme : nier ne veut pas dire annuler. La négation de la négation ne signifie pas N + (-N) = 0.
Si l'on reprend l'exemple des modes de production, la négation de la féodalité, "négation de la négation" de l'esclavagisme, signifie le capitalisme, pas le retour à l'esclavagisme ! Et, dans le processus de la Révolution chinoise, la négation du "cycle KMT" ne signifie pas le retour aux Qing, mais la Guerre populaire avec la Démocratie Nouvelle au bout !
Voilà ce que feraient bien (et l'on revient ici à l'exemple du Népal) de méditer certains "maoïstes"... Mais non : ils préfèrent affirmer que "la négation de la négation n'existe pas", car c'est pour eux le moyen de renier toute notion de tactique, toute notion d'étape, de "cycle" dans un processus révolutionnaire prolongé.

Mais, allez-vous nous dire, la révolution chinoise a finalement été vaincue ! Deng Xiaoping n'a-t-il pas rétabli le capitalisme ? La Chine n'est-elle pas aujourd'hui le pays le plus capitaliste au monde ?
C'est vrai... Mais, sur tous les plans, entre la condition des masses chinoises aujourd'hui et en 1900 ou 1920, y a-t-il photo ? Soyons sérieux... Malgré les inégalités intolérables qui se sont réinstallées, la main du progrès est clairement passée par là. La Chine n'est plus un pays arriéré, féodal et dominé par l'impérialisme : c'est un pays hautement développé, sans doute impérialiste, ce qui signifie que la révolution doit désormais être SOCIALISTE (il n'y a plus de féodalité ni de domination étrangère à éliminer). Au niveau universel, la lutte du prolétariat a gagné un apport considérable à sa théorie scientifique : le maoïsme.
Bref... La défaite de la révolution chinoise s'inscrit dans un contexte mondial, celui du reflux de la première vague de révolutions prolétariennes. Le processus de la révolution prolétarienne, commencé au 19e siècle, a culminé (globalement) entre 1917 et 1976, mais, dans le dernier quart du 20e siècle, on peut dire qu'un cycle s'est refermé. POUR AUTANT, NI pour la Chine NI pour le monde dans son ensemble, les choses ne sont (et ne seront jamais) comme avant la révolution chinoise, et comme avant ce cycle de révolutions qui va des années 1910 aux années 1970. Sur la route du communisme, la Chine a reculé par rapport à 1970, mais n'est pas revenue en 1910, 1920, ni même 1945 ! Le Népal a reculé, sans aucun doute, par rapport à la veille de la chute de la monarchie, en 2005-2006, quand seule Katmandou échappait au Pouvoir rouge ; mais il n'est pas revenu au début des années 90 (encore moins à avant 1990)... La fin d'un cycle ramène au-dessous de son point culminant, mais jamais au point de départ.

En définitive, toute la question de l'activité des communistes, de la justesse de la ligne suivie, est la question d'à quel point (de la "marche vers le communisme") va nous "déposer" le cycle de luttes de classe dont nous sommes partie prenante. On en revient à ce qui était expliqué ici, dans l'article "Sur le processus révolutionnaire" : soit l'on change de classe dominante, donc de mode de production, et c'est une révolution ; soit l'on reste dans le même mode de production, mais on a une mise à niveau de l'organisation sociale avec le niveau des forces productives (et de la "conscience collective engendrée"), et c'est une réforme. En France, il n'y a pas eu, à ce jour, de révolution socialiste. Il y a eu, après la Libération, des réformes, une mise à niveau de l'organisation sociale (ainsi que, dans une moindre mesure, dans les années 70-80, suite à l'"effervescence" post-68). Il n'y a pas eu de révolution, de prise du pouvoir par la classe ouvrière, parce qu'aucune organisation révolutionnaire n'a suivi une ligne correcte, suffisante. Pour autant, celui qui irait dire que ces cycles de luttes du 20e siècle, que le PC révolutionnaire des années 20-30-40 ou encore le mouvement de Mai 68 n'ont "servi à rien" ; que nous sommes "plus éloignés du communisme qu'auparavant" ; serait volontiers invité à remonter le temps et à aller passer quelques jours dans un coron du Nord en 1910...
Au Népal, le "cycle maoïste" des années 1990-2000 a amené à l'abolition de la monarchie et à une république parlementaire "démocratique" bourgeoise, sans remettre en cause la domination impérialiste et l’oligarchie locale, et très partiellement seulement la féodalité. Bien sûr, si le PCN(m) avait eu une meilleure compréhension du marxisme-léninisme-maoïsme, ce "cycle" aurait pu "déposer"
directement le peuple népalais dans une République populaire, une république "démocratique bourgeoise de nouveau type", avec au pouvoir le prolétariat et ses alliés paysans, petits-bourgeois aux conditions de vie prolétariennes etc. Il y aurait eu une révolution et non une réforme. Mais les communistes ne sont pas là pour "refaire l'histoire" avec des "si"... Leur rôle serait plutôt de rechercher, en tirant les leçons de l'expérience, les moyens de lancer un nouveau cycle qui, cette fois-ci, amènera le prolétariat népalais au pouvoir.

Aujourd'hui, nous sommes entrés dans la NOUVELLE VAGUE DE LA RÉVOLUTION MONDIALE. Dans les dernières décennies du siècle dernier, les limites de la compréhension du monde (entre autres, de la compréhension de tout ce qui précède...), par les communistes, ont conduit la totalité des États révolutionnaires, socialistes ou de démocratie populaire, qui s'étaient construits, à disparaître. Mais, à présent, la dynamique est à nouveau ascendante. Peut se poser, bien sûr, la question des souffrances que l'humanité aura à traverser (et c'est une question que les communistes doivent prendre en compte : une de leurs tâches, est d'essayer d'éviter au maximum possible ces souffrances). Tel est le sens du mot d'ordre "socialisme ou barbarie". Mais, c'est une certitude, la fin de ce siècle verra une humanité bien plus proche du communisme qu'elle ne l'est aujourd'hui !

EN RÉSUMÉ :

- Le rejet, par Mao, de la "négation de la négation", semble être plus un rejet du TERME, que de la substance de celui-ci (ce que Marx et Engels entendaient par ce terme). Dans son histoire, le PC de Chine a très fréquemment fonctionné par "négation de la négation" : négation du "premier Front uni" (contre les seigneurs de guerre) en 1927, négation du Front antijaponais en 1946, négation de la "démocratie bourgeoise de nouveau type" par le Grand Bond en 1958 et la Révolution culturelle en 1966 (pour avancer dans le socialisme, vers le communisme). Mais il est vrai que le terme peut prêter à confusion : laisser entendre que, par la "négation de la négation", on revient "à la case départ". C'est bien entendu faux. Il vaut mieux parler de "cycles", de "processus" qui amènent la société humaine, l'organisation sociale, la reproduction des conditions d'existence, la civilisation, à un niveau supérieur.

- Mao affirme que la "négation de la négation" est, dans tous les cas, subordonnée à la loi de la contradiction. C'est exact : on peut dire, plus clairement, que la "négation de la négation" est l'apparence vue de l'extérieur, le rythme que prend l'évolution de la société humaine (et le mouvement dialectique de toute chose en général) ; tandis que la loi de la contradiction, l'"unité relative des contraires" (unité et lutte, principalement lutte) en est la FORCE MOTRICE (dans la société humaine, c'est la lutte des classes).

- Sous ce point de vue, il y a de GRANDS cycles, qui font passer l'humanité d'une classe dominante, d'un mode de production et d'un type de société à un autre (par exemple : de la féodalité au capitalisme, ou bien sûr du capitalisme au communisme) ; et des petits cycles qui sont les subdivisions du grand. Chacun amenant l'humanité plus près de son but (négation de la féodalité par le capitalisme, négation du capitalisme par le communisme), l'évènement déterminant étant bien sûr le changement de classe dominante aux commandes de l’État. Les petits cycles qui échouent à accomplir ce changement, débouchent sur une réforme de l'organisation sociale (dans le cadre du même mode de production). Le rôle des communistes, dans les luttes présentes qu'ils vivent, est bien sûr de faire en sorte qu'il n'en soit pas ainsi, mais qu'il y ait bien prise de pouvoir par le prolétariat. Si cela échoue, ils doivent faire en sorte que cet objectif soit beaucoup plus proche qu'il ne l'était au début du cycle (c'est le cas au Népal : l'objectif est beaucoup plus proche qu'il ne l'était en 1990 ; toutefois, il aurait pu y avoir prise du pouvoir par le prolétariat, et c'est ce qui est douloureux à supporter pour beaucoup de communistes à travers le monde).

- Cette distinction entre "grands" et "petits" cycles recoupe, finalement, la distinction stratégie/tactique. La stratégie des communistes, c'est la négation du capitalisme par le communisme, essentiellement en deux phases : la GUERRE POPULAIRE jusqu'à la prise du pouvoir par le prolétariat (dans un pays donné) ; le SOCIALISME (ou la démocratie nouvelle puis le socialisme) ensuite. Au sein de ce grand processus prolongé (très long), chaque période historique immédiate a ses grands affrontements de classe, ses grandes luttes contre la classe dominante (puis, sous le socialisme, contre la restauration capitaliste, les anciens et néo-bourgeois), avec leurs flux et reflux. Dans chacune de ces périodes historiques, les communistes déterminent leurs TACTIQUES, avec pour objectif, à l'issue de chaque cycle, de rapprocher au maximum le prolétariat, et les masses populaires derrière lui, de son objectif (conquête du pouvoir, puis communisme)**.
Il est donc parfaitement logique que les prétendus "maoïstes" (ultragauchistes petits-bourgeois) qui veulent nier toute idée d'étape, de flux et reflux, de tactique ; afin de satisfaire leurs fantasmes "puristes" d'intellectuels ; affirment que Mao a rejeté la théorie de la "négation de la négation". Pour eux, le Parti est une "Lumière" qui descend du ciel sur les masses, produit de leur "Génie éclairé" ; et non l'avant-garde (la plus consciente et organisée) des exploité-e-s, qui se forge dans le mouvement réel de la lutte de classe, avec ses avancées et ses reculs, avec ses cycles... Si "tout n'est pas parfait" dès le départ, alors tout est foutu : il va sans dire que l'histoire du PC de Chine, à elle seule, suffit à démentir une telle conception.

- Une "question-piège" pourrait alors être posée : comment se fait-il, comment s'est-il fait (au siècle dernier), qu'il ait pu y avoir restauration capitaliste (en URSS et Europe de l'Est, en Chine, au Vietnam, à Cuba : partout) ; autrement dit, négation du socialisme par le capitalisme ? Comment le socialisme peut-il être nié par le capitalisme ? Ne doit-il pas l'être (logiquement) par le communisme ?
Et bien, c'est tout simplement (et c'est peut-être là une grande limite de la compréhension communiste au 20e siècle) que la négation du capitalisme n'est pas le socialisme, mais le COMMUNISME : le socialisme est le processus de cette négation, après la conquête du pouvoir par le prolétariat (avant, c'est la Guerre populaire). Un processus qui, lui aussi, avance par cycles ; chaque cycle amenant la société plus près du communisme qu'à son commencement. Mais, à ses débuts, le Pouvoir prolétarien est fragile, surtout si nous sommes dans la première vague de révolutions prolétariennes de l'histoire humaine (pas ou peu d'expérience antérieure, donc) et surtout si (justement) il y a une mauvaise compréhension de ce qu'est le socialisme. Il peut donc être défait, non seulement par la Réaction extérieure et les vieilles classes déchues, mais (grand acquis du maoïsme) par la néo-bourgeoisie se formant au sein même du Parti et de l’État révolutionnaire. En URSS, le "cycle révolutionnaire bolchévik" a amené le prolétariat au pouvoir et culminé avec le lancement de la collectivisation (vers 1930), mais le Pouvoir prolétarien a commencé à se déliter, processus achevé à la fin des années 50. En Chine, la Révolution maoïste a mis les ouvriers et les paysans pauvres au pouvoir, a culminé dans la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne, mais s'est aussi délitée et la contre-révolution a triomphé à la fin des années 70.
Ces processus ont amené (comme toujours) les masses populaires plus près du communisme qu'au départ, mais les ont ramenées dans le capitalisme, après que le prolétariat ait été au pouvoir pendant une certaine période. Au final (de ce qui reste aujourd'hui, ce qui n'a pas été détruit), seules auront été accomplies les tâches révolutionnaires bourgeoises, dans des pays encore arriérés et féodaux : cela aura été la révolution industrielle de la Russie et de la Chine, en définitive. Pour autant, les masses populaires chinoises, les masses populaires russes (et ukrainiennes, etc.) sont objectivement plus près du communisme qu'elles ne l'étaient sous Tchang Kaï-chek et Nicolas II. Si l'on prend l'exemple de la révolution bourgeoise en France : la Restauration de 1815 a-t-elle ramené la société au Moyen-Âge, ou même sous Louis XIV ou Louis XV ? Bien sûr que non... Elle n'aura été qu'un recul (temporaire) dans le processus bourgeois de négation de la féodalité et d'affirmation du capitalisme (et du système politique parlementaire-libéral). Quelques "ultras" monarchistes auront simplement tenté de ramener le capitalisme au 18e siècle : un capitalisme "encadré" par une bureaucratie féodale (noblesse d'office), vivant sur son dos en parasite... Mais sans succès (la révolution bourgeoise reprendra le dessus en 1830 et 1848).
De la même manière, le rétablissement du capitalisme dans tous les pays engagés sur la voie socialiste au 20e siècle, n'est qu'un recul temporaire (dû aux limites de la compréhension du monde, des mécanismes de la transition vers le communisme etc.). En prenant appui sur l'expérience passée, la nouvelle vague de la révolution mondiale saura éviter le rétablissement du capitalisme, la prise de pouvoir par une néo-bourgeoisie, dans les pays où le prolétariat aura conquis le pouvoir : elle saura dans ces pays (et, à terme, dans le monde entier !) poursuivre la négation socialiste du capitalisme, jusqu'au communisme !



[(*) Ainsi que l'expose Mao, justement, dans De la contradiction, chapitre 3 "Le caractère spécifique de la contradiction" : "Bien que la nature de la contradiction fondamentale du processus pris dans son ensemble, c'est-à-dire le caractère de révolution démocratique anti-impérialiste et antiféodale du processus (l'autre aspect de la contradiction étant le caractère semi-colonial et semi-féodal du pays), n'eût subi aucun changement, on vit se produire au cours de cette longue période des événements aussi importants que la défaite de la Révolution de 1911 et l'établissement du pouvoir des seigneurs de guerre du Peiyang, la création du premier front uni national et la révolution de 1924-1927, la rupture du front uni et le passage de la bourgeoisie dans le camp de la contre-révolution, les conflits entre les nouveaux seigneurs de guerre, la Guerre révolutionnaire agraire (19), la création du second front uni national et la Guerre de Résistance contre le Japon - autant d'étapes de développement en l'espace de vingt et quelques années."]

[(**) Le "destin" communiste de l'humanité est inéluctable. La valeur d'un Parti communiste se mesure à combien, dans le mouvement réel auquel il participe (n'est pas un Parti communiste un Parti qui n'y participe pas...), il réussit à avancer les masses de son pays vers cet objectif. Combien chaque cycle se referme loin, ou au contraire ridiculement près, de son point de départ : élever (beaucoup ou peu) la conscience et l'organisation révolutionnaire dans les masses (dans l'objectif de la conquête du pouvoir), conquérir ou non le pouvoir, réussir (lorsqu'il est conquis) à le conserver ou au contraire laisser le capitalisme se rétablir dans les rapports sociaux, puis à la tête de l’État, etc. Une grande question, qui traverse le mouvement communiste depuis longtemps, étant : l'humanité peut-elle avoir un autre avenir que le communisme ? On pense notamment à une régression vers la barbarie... Servir le Peuple ne le croit pas, il ne croit pas à ces scénarios post-apocalyptique de cinéma, à la "Mad Max". Le slogan "socialisme ou barbarie", parfois mis en avant par SLP, fait simplement référence au niveau de souffrances que l'humanité devra traverser d'ici à la chute du capitalisme, niveau que les communistes doivent se donner pour objectif, même si cela semble "impossible", de rendre minimal. "Socialisme ou barbarie" signifie que le plus vite, et le plus largement nous ferons triompher le socialisme sur la Terre, le plus nous pourrons éviter à l'humanité, ou limiter dans l'espace et dans la durée, les souffrances des crises (comme en Grèce), des guerres exterminatrices (comme en Afrique centrale ou en Irak), du fascisme et autres dictatures terroristes réactionnaires (comme celles qui écrasent les peuples arabes, de nombreux peuples d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine etc.). Mais l'humanité s'ouvrira, quoi qu'il arrive, la voie vers le communisme. La seule "variable" consiste en les souffrances qu'il faudra endurer pour y parvenir. L'humanité actuelle ne peut régresser à un niveau pré-capitaliste, encore moins archaïque ou primitif. Ainsi, les "invasions barbares" et les "âges obscurs" (du 5e-6e siècles de notre ère) sont très largement un mythe de la bourgeoisie (qui célébrait l'Antiquité gréco-romaine, et voyait dans les féodaux les descendants des "barbares") : c'est l'Empire romain qui était décadent, et cette décadence s'est simplement poursuivie avant que ne se "stabilise" la féodalité (vers le règne de Charlemagne) ; en aucun cas la civilisation n'a régressé au niveau (par exemple) de la Gaule pré-romaine ; et la Méditerranée (avec les Byzantins, l'Espagne wisigothique, puis les Arabes) a même gardé un très haut niveau de civilisation (au 8e siècle, de l'Espagne à l'Irak, la civilisation arabe dépassait déjà largement la civilisation romaine antique). Ce processus de "négation" de l'Antiquité par la féodalité court globalement du 3e au 8e siècle de notre ère. Tout au plus, la brutalité et les dévastations des "invasions" (mais aussi, déjà, des guerres civiles du Bas-Empire romain décadent) sont les équivalentes des grandes dévastations guerrières que le capitalisme inflige à l'humanité depuis plus d'un siècle ; mais l'humanité euro-méditerranéenne s'est néanmoins frayée un chemin vers un niveau de civilisation supérieur, celui du califat de Bagdad et d'Al-Andalus, de l'Occitanie, de l'Italie et de la Flandre des 12e-15e siècle, etc. Il en sera de même pour la négation du capitalisme par le communisme !]
 

 

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Théorie - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 09:53

 

Servir le Peuple relaye cet appel du PCmF.

La classe ouvrière vaincra ! Nous ne sommes rien, soyons tout !

 

 

http://www.leparisien.fr/images/2012/01/18/1816596_652428e6-4166-11e1-8941-00151780182c.jpg

 

Les TOTAL, BNP, ARCELOR MITTAL, etc. empochent des milliards de plus-value sur le travail des ouvriers. Ils ne conservent l’emploi que lorsque celui-ci rapporte le taux de plus value le plus élevé possible, sinon ils ferment leurs usines, leurs entreprises, les démantèlent pour les installer dans d’autres pays où le coût du travail est moins cher et où il n’y a pas ou peu de charges.


Dans les pays dont ils exploitent la main d’œuvre bon marché et pillent les richesses naturelles, ils ont mis en place des hommes de paille, des gouvernements corrompus à leur solde qui leur servent de « chiens de garde » pour opprimer et exploiter les travailleurs. Ils sont prêts à massacrer les peuples innocents et à intervenir militairement, comme en Irak, pour préserver leurs intérêts. Pour se maintenir, ils renforcent leur armée et leur police et paient des sociétés de mercenaires privées.


Ils tentent de diviser les travailleurs entre eux, français et immigrés, croyants et non croyants,… alors qu’ils les exploitent de la même façon, leur enlevant leur outil de travail, les réduisant au chômage et à la galère, les chassant de leurs logements qu’ils soient locataires ou petits propriétaires.


Les travailleurs de PSA Aulnay ont raison de dire que « PSA est une entreprise riche à milliards », que leur but en fermant l’usine d’Aulnay est de « surcharger de travail les uns et envoyer les autres au chômage pour faire plus de profit. » « Avec la fermeture de PSA Aulnay, toute la population est attaquée…commerçants, services publics. » « Plus de 10.000 emplois de sous-traitants seront supprimés ». Le PDG de PSA est un « valet » grassement payé du capital. Bien que salarié, il n’a rien à voir avec les travailleurs. Il fait partie du camp des exploiteurs, de l’ennemi de classe.


Les usines ferment et l’Etat exonère de charges sociales les patrons, baisse les impôts et les contributions des plus riches, diminue le remboursement des frais médicaux, supprime des centaines de milliers d’emploi dans le secteur public.


Nous devons nous organiser pour résister comme l’ont fait les travailleurs de Continental, ceux de Goodyear et biens d’autres pour limiter la suppression des emplois, obtenir des indemnités « conséquentes ». Cela règle le problème à court terme, mais n’arrête pas la machine infernale du capitalisme, la concurrence infernale, la destruction des économies et pour finir la guerre qui se profile pour un repartage des zones d’influence et de la répartition des profits entre groupes et Etats impérialistes.


Il ne suffit pas de changer d’équipe gouvernementale si l’on veut arrêter le chômage et les délocalisations en restant dans le système. C’est comme faire un ravalement de façade alors que les fondations sont pourries. Le problème n’est pas de nationaliser les grandes entreprises, les banques, mais de les exproprier sans indemnités, de supprimer les marchés financiers. Il s’agit de rompre avec ce système.


Dans tous les pays, devant la juste révolte des peuples, les classes exploiteuses renforcent leur appareil d’Etat (armée, police, justice). En France c’est la même logique : la bourgeoisie capitaliste ne va pas céder la place de son plein gré.


Nous devons donc nous apprêter à lutter et commencer par se révolter contre ce système criminel comme le font les peuples arabes et le peuple grec qui refuse de se mettre à genoux et de sombrer dans la misère.


Nous devons nous organiser sur chaque lieu de travail pour empêcher par tous les moyens le patronat de poursuivre ses plans de liquidation de l’outil de travail et de l’emploi et dans chaque quartier pour s’opposer aux expulsions en réquisitionnant en masse les logements vides et en organisant l’entraide populaire.


C’est ainsi que nous prendrons conscience que nous sommes des millions, que nous sommes l’immense majorité et que, unis, nous pouvons vaincre la minorité exploiteuse.


La classe ouvrière à « raison de se révolter », tout comme les travailleurs et peuples du monde entier !


C’est une lutte, une guerre prolongée, que nous devons mener étape par étape contre les forces de l’argent, la bourgeoisie, jusqu’à la destruction de la dictature du capital et la prise en main de l’économie, de la politique, de l’éducation, de la culture, etc. par le prolétariat et les peuples du monde.


Organisons atelier par atelier des comités unitaires regroupant syndiqués et non syndiqués sur toute l’usine, en liaison avec les autres unités de production de Mulhouse et Poissy !

 

TOUS UNIS, PRENONS NOS AFFAIRES EN MAIN !
ENSEMBLE NOUS VAINCRONS LE CAPITALISME !

 

PC maoïste de France

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Luttes - Hexagone - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 22:12

 

 


 

 

 

Questa nostra lotta è la lotta di chi non vuole più servir

di chi è ormai cosciente della forza che ha e non ha più paura del padrone 

di chi vuol trasformare il mondo in cui viviamo nel mondo che vogliamo 

di chi ha ormai capito che è ora di lottare che non c'è tempo di aspettare

 


Refrain : Dalle fabbriche in rivolta un vento soffia già, ovunque arriverà

è proprio un vento rosso che non si può fermare e unisce chi ha deciso di lottare

Per il comunismo, per la libertà prendiamoci la città

per il comunismo, per la libertà prendiamoci la città !

 


Se occupa le case chi non ce le ha unisce tutta la città

si lotta nei quartieri per non pagare i fitti, difendere le case dagli sfratti

si lotta e si vive in maniera comunista, non c'è posto per il fascista

la giustizia proletaria ricomincia a funzionare con il processo popolare


(Refrain)


Proletari in divisa si ribellano perchè hanno capito che

anche la caserma come la prigione è un'arma del padrone

e la loro lotta avanza con la nostra unità verso la libertà

dai quartieri alle caserme, dalla fabbrica alla scuola, è tutta una lotta sola

 

(Refrain)


La scuola dei padroni non funziona più ma solo come base rossa

la cultura dei borghesi non ci frega più, l'abbiamo messa nella fossa

Anche nelle galere della repressione cresce l'organizzazione

svuoteremo presto tutte le prigioni per fare posto a tutti i padroni


(Refrain) 

 

Cette lutte à nous, est la lutte de qui ne veut plus servir

de qui est désormais conscient de la force qu'il a, et n'a plus peur du patron

de qui veut transformer le monde où nous vivons, en le monde que nous voulons

de qui a désormais compris qu'il est l'heure de lutter, que ce n'est plus le moment d'attendre

 

Refrain : Des usines en révolte un vent souffle déjà, partout il arrivera

c'est un vent rouge qui ne peut s'arrêter, et unit ceux qui ont décidé de lutter

Pour le communisme, pour la liberté, nous prendrons la ville !

(2X)

 

Si occupe les maisons celui qui n'en a pas, il unit toute la ville

On lutte dans les quartiers pour ne pas payer les loyers, défendre la maison des expulsés

On lutte et on vit de manière communiste, pas de place pour le fasciste

la justice prolétaire recommence à fonctionner, avec le procès populaire !

 

(Refrain)

 

Les prolétaires sous l'uniforme se révoltent, car ils ont compris

que la caserne comme la prison, est une arme du patron

et leur lutte avance avec notre unité vers la liberté

des quartiers aux casernes, de l'usine à l'école, c'est toute une seule lutte

 

(Refrain)

 

L'école des patrons ne fonctionne plus, sinon comme base rouge

la culture des bourgeois ne nous intéresse plus, nous l'avons mise à la fosse

Dans les prisons aussi, dans la répression, grandit l'organisation

Nous viderons bientôt toutes les prisons, pour faire de la place à tous les patrons !

 

(Refrain)

 

 

 

http://www.workerspower.co.uk/wp-content/uploads/2011/06/greek-riot-1.jpg

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Culturel - Musique - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 21:38

 

1. Ces derniers jours, la résistance populaire en Grèce a encore atteint des sommets, encore franchi un cran dans l'affrontement avec le Capital et son État. Un État désormais incarné par un gouvernement "technique" ouvertement fantoche, marionnette de l'UE et sa BCE, créature de l'axe impérialiste franco-allemand.
La Grèce est en effet, et cela apparaît ici clairement, un pays capitaliste dépendant, "avancé mais dominé", comme peut l'être l'Argentine ou la Corée du Sud : le mode de production capitaliste y est très clairement dominant (bien que des forces féodales y soient encore importantes, comme l’Église orthodoxe, plus grand propriétaire foncier du pays et jusqu'à récemment exemptée de taxes et d'impôts...), mais les capitaux étrangers (principalement des "grands" pays d'Europe : France, Allemagne, Italie...) y sont archi-dominants dans ladite production. Jusqu’aux années 1970, la Grèce était un pays ultra-arriéré, sous protectorat US de fait (anglais jusqu'en 1940), pour le contrôle géostratégique de la Méditerranée orientale ; ce qui se traduisit notamment par la terrible dictature des Colonels (1967-74). Mais après la chute de celle-ci (suite à des contradictions nationalistes avec l’État turc, autre allié régional de premier plan de l'impérialisme US), une "démocratie" bourgeoise aux mains de quelques "dynasties" politiques (les Papandréou, Karamanlis...) fut instaurée et la Grèce fut progressivement intégrée à l'UE (1981), comme "champ d'investissement" et débouché commercial pour les impérialistes français, allemands, anglais, italiens, d'Europe du Nord etc. (les nord-américains gardant de solides positions). Comme le furent à la même époque l’Espagne et le Portugal, et quelques années plus tard, les pays d'Europe de l'Est "libérés" du "socialisme réel" révisionniste.

La bourgeoisie locale revêt un caractère oligarchique (voire bureaucratique-féodal, comme on l'a vu avec l’Église) caractéristique d'un pays non-impérialiste. Néanmoins, celle-ci, "les yeux plus gros que le ventre", a voulu "singer" les "grands frères" ouest-européens et "moyenniser" les masses populaires (par l'emploi public, l'aide sociale), pour en faire un grand marché intérieur (ce sur quoi ne crachaient pas non plus, sur le moment, les monopoles étrangers). Mais cela était complètement artificiel, et ne pouvait PAS tenir au regard de la base d'accumulation et des ressources de la bourgeoisie grecque. L’État se révéla finalement, à la fin des années 2000, surendetté à quelques 120% du PIB national ; et voilà l'effondrement où nous sommes, avec des masses populaires ravalées (bientôt) au niveau de vie du Proche-Orient ou de l'Afrique du Nord, voire pire. Un crash économique et social qui rappelle, furieusement, celui de l'Argentine en 2001-2002 (ou encore, à la fin des années 90, celui des "dragons" est-asiatiques).
Une anecdote terrible : des paysans, venus en solidarité distribuer (à prix coûtant voire gratuitement) leurs produits aux masses des villes en lutte, ont vu se ruer sur leurs stands des milliers de personnes qui commencent à ne plus manger à leur faim !

Les services vitaux (eau, électricité) sont coupés à des millions de personnes, des millions encore sont en impayés de loyers et menacées d'expulsion, ou se privent de soins médicaux. Des travailleurs jetés à la rue, des petits entrepreneurs ruinés se suicident par le feu, comme dans les pays arabes. La prostitution, dans une société très patriarcale où les femmes dépendent souvent économiquement des hommes, est en explosion.

Comment s'étonner, alors, du déchaînement de rage prolétaire et populaire qui a explosé à travers tout le pays, le week-end dernier ? Malheureusement, comme bien des fois auparavant, l'explosion risque de retomber comme un soufflé. Car il n'y a pas, dans ce pays, d'avant-garde organisée du mouvement qui soit susceptible de structurer, orienter et surtout MAINTENIR la lutte de masse dans la durée, de manière prolongée, jusqu'au renversement de la classe dominante. On remerciera, au passage, une certaine misérable petite "avant-garde autoproclamée" de nous faire remarquer cette absence, dont les communistes conséquents sont bien conscients depuis le début de la "crise grecque" ; et, surtout, de ne rien proposer comme perspective (comme d'habitude : toujours que critiquer).

Il faut être bien clairs sur une chose : les masses populaires grecques, dans leurs souffrances comme dans leur insurrection et leur refus de la fatalité, sont HÉROÏQUES et ne méritent que notre respect, et rien d'autre. Ce n'est pas du côté de Servir le Peuple, que l'on déversera sur elles des tombereaux de mépris et d'aigres vomissures, comme le font (fidèles à eux-mêmes) les "jefaturas" aussi éclairées qu'autoproclamées de Voie Lactée : "aucune culture communiste" (dans le pays de la plus héroïque guerre antifasciste d'Europe, 1940-49 !), "chauvinisme" (alors que la Grèce, on l'a dit, est un pays dépendant : il est donc normal que des sentiments nationaux se greffent sur la question sociale ; et ces sentiments peuvent même être utilisés tactiquement, maintenant qu'il y a un gouvernement ouvertement fantoche de Paris et Berlin !), etc. etc. La meilleure, c'est quand même lorsqu'ils disent que "dans un émeute du 1er Mai à Berlin, on arrive au même résultat (que dans la nuit d'émeute de dimanche dernier), avec seulement quelques milliers de personnes" ; autrement dit, les mobilisé-e-s de Grèce seraient des "couilles molles" : voilà une analyse qui sent bon le "concours de bites" et guère l'"anti-virilisme" pourtant sans cesse proclamé. Et, de surcroît, c'est complètement faux : il n'y pas "quelques milliers" de manifestant-e-s à Berlin le 1er Mai, mais des centaines de milliers (des partis, syndicats etc.) ; ce qu'il y a, c'est quelques milliers de black- et red-blocks ; et c'était exactement la même chose en Grèce le week-end dernier : des centaines de milliers de manifestant-e-s, mais seulement quelques milliers allant "au fight" à Athènes et quelques centaines dans les autres villes, l'immense majorité restant dominée par le légalisme de type KKE ou SYRIZA - et c'est bien là TOUT LE PROBLÈME. Mais, pour nos avant-gardes autoproclamées, le problème serait que... les manifestant-e-s ne se sont pas fait-e-s tirer dessus comme des lapins (ce qui démontrerait que "l’État maîtrise le processus") ! Fidèles à eux-mêmes, on vous dit...

2. Le problème en Grèce, donc, est là. Ce n'est pas, comme diraient les trotskistes, un simple "problème de directions" bureaucratiques et réformistes, qu'il suffirait de mettre face à des revendications "débordant automatiquement le cadre du capitalisme" (ce que les trotskistes s'échinent à faire depuis 70 ans). Les directions traîtres, bureaucratiques, néo-bourgeoises (la bureaucratie syndicale est effectivement un gros problème en Grèce, peut-être l’équivalent de l'Argentine...) s'appuient évidemment sur une culture politique qu'elles ont injecté dans les masses, et qui leur donne une base populaire.
Quelles sont, en Grèce, les organisations se réclamant du communisme ?

- Il y a d'abord le "célèbre" KKE, avec sa jeunesse (KNE) et son syndicat "de lutte", le PAME. Le bloc KKE/KNE/PAME est réellement massif, il compte plusieurs centaines de milliers de militant-e-s (et pèse entre 8 et 10% aux élections). Par rapport à beaucoup de P"c" européens issus du défunt Komintern (sans même parler de ceux devenus explicitement soc'dem', comme l'ancien PCI), son discours apparaît à beaucoup d'égards "radical". Certes, la banderole "Peoples of Europe, rise up !" hissée sur le Parthénon est devenue célèbre... Mais c'est un Parti qui joue le rôle, pour faire court, du couple PCF/CGT de l'époque Marchais, au temps de "Raymond (Marcellin) la Matraque" : c'est un défenseur des institutions et de l’État bourgeois, sous un discours "souverainiste" (social-chauvin) selon lequel tous les problèmes viennent de Bruxelles. Depuis 1973 (déjà, à l'époque des Colonels !), lors de la célèbre insurrection de l’École polytechnique d'Athènes, il est connu pour son rôle de défenseur politique, et parfois PHYSIQUE du Pouvoir : tout antagonisme de classe assumé est pour lui de la "provocation fasciste" ! Son mot d'ordre actuel est que la révolution grecque se fera "sans casser une seule vitrine" : autant dire que ça va aller loin... Malheureusement, la grande majorité de la classe ouvrière et du petit emploi public sont sous sa coupe.

- Il y a la coalition dite "SYRIZA" (Coalition de la Gauche radicale), constituée autour des soc'dem' de Synapsismos (SYN), issus de l'eurocommunisme des années 80. Ses résultats électoraux tournent autour de 5%. On y trouve divers groupes "alternatifs", "écologistes de gauche", trotskistes "modérés", mais aussi, dans une participation "critique", une organisation se réclamant de Mao Zedong : le KOE. C'est une organisation assez importante, qui compterait un gros millier de militant-e-s (soit, rapporté à la population grecque, l'équivalent de Lutte Ouvrière ici). Malheureusement, dans sa pratique, elle est un peu l'équivalent de la LCR des années 1990-2000... Sa position vis-à-vis du mouvement "indigné" de Syntagma (assez radical, par rapport à la moyenne "indignée" en Europe) était suiviste, droitière : ne surtout pas venir "perturber" le mouvement avec des mots d'ordre marxistes révolutionnaires, "dogmatiques" selon eux, etc. Au final, les déclarations de l'"Assemblée de Syntagma" étaient plus radicales, plus révolutionnaires que les positions de l'organisation elle-même !

- Une dernière coalition a vu le jour en 2009 : ANT.AR.SY.A, acronyme de "Front de la Gauche anticapitaliste", en grec "Coordination de la Gauche anticapitaliste pour le Renversement" (le mot grec "antarsya" signifie "soulèvement", "révolte", "mutinerie"). Elle est en grande partie issue de l'ancien "Front de la Gauche radicale" (MERA). Là aussi, la coalition regroupe essentiellement des formations trotskistes (OKDE-Spartakos, SEK "frère" de SWP), de "gauche anticapitaliste", des Jeunesses issues du KKE (sorties lorsque celui-ci, à la fin des années 80, alla jusqu'à faire alliance avec la droite réactionnaire de Karamanlis !) ; mais aussi une organisation "pensée Mao Zedong", l'EKKE (Mouvement Communiste Révolutionnaire de Grèce). Nous n'avons pas plus d'informations sur celle-ci, hormis cette courte présentation en anglais. La coalition a fait une (petite) percée aux régionales de 2010, avec 1,8%.

Globalement, l'idée qui sous-tend les deux "coalitions" ci-dessus, avec des alliances qui peuvent paraître, ici, tellement contre-nature (des "maos" avec des trotskistes et des "anticapitalistes" divers), c'est l'idée qu'avant d'envisager tout processus révolutionnaire, il faut reconstituer en Grèce une "vraie gauche", "populaire, radicale, anticapitaliste", "en rupture" avec le système politique dominé par deux partis-familles (PASOK-Papandréou et ND-Karamanlis) et le KKE dénoncé comme leur "caution de gauche". Ceci reflète bien l'ampleur du traumatisme des communistes grecs, le vide béant laissé par la trahison du KKE dans les années 50 (la direction révolutionnaire, réfugiée en URSS, fut liquidée sur ordre de Moscou), trahison qui laissa les masses désarmées face aux sanglants Colonels, et à la république oligarchique qui leur succéda...
Mais c'est prendre les choses totalement à l'envers : c'est en construisant, en développant, en perfectionnant le Parti que l'on agrège, développe et renforce autour de lui le Front populaire anticapitaliste ; et non l'inverse (le renforcement du Front qui développe le Parti).

En dehors de ces coalitions se trouve également un KKE(ml), issu de la rupture antirévisionniste "historique" (années 60), qui se réclame lui aussi de Mao Zedong. Il fait cavalier seul depuis le début des années 2000. Il se présente également aux élections, avec des résultats extrêmement faibles (de l'ordre de quelques milliers de voix). Il est peu probable, quoi qu'il en soit, qu'il ait réussi à surmonter les limites qui ont conduit le marxisme-léninisme, en Grèce comme ailleurs, à la faillite révisionniste (la première des années 50-60 (khrouchtchévisme) ; comme la deuxième, de la plupart des "antirévisionnistes" des années 60, à partir des années 80).
Il y a, encore, cette découverte marrante (et récente) : l'OAKKE. Fondée au milieu des années 1980, issue d'un certain "atlanto-trois-mondisme" de ces années-là, elle est tout simplement l'équivalent (en peut-être plus "franc du collier") de ce qu'était ici le 'p''c''mlm' en 2008-2010 : l'ennemi principal pour l'humanité d'aujourd'hui est l'impérialisme russe (!), héritier du social-impérialisme soviétique, équivalent au 21e siècle du IIIe Reich nazi ; et ceux qui dénoncent et combattent les impérialistes ouest-européens, nord-américains ou encore les crimes colonialistes du sionisme, sont ses alliés objectifs. CQFD...

Et puis, enfin, il y a le "BLOC" ANARCHISTE. Si l'on peut parler d'un "bloc"... Car, si le mouvement anarcho-communiste et libertaire est d'une ampleur inégalée en Europe, il est divisé, groupusculo-sectaire, les groupes n'ayant aucune coordination (autre que très formelle), voire parfois étant rivaux entre eux. Ceci se surajoute à la limite historique (et éternelle) de l'anarchisme : penser que l'on peut "nier", "dissoudre" l’État, refuser son renversement et son remplacement par un État révolutionnaire du prolétariat, bref, le non-dépassement total des limites de la Commune de Paris, du mouvement révolutionnaire du 19e siècle... l'incompréhension que "HORMIS LE POUVOIR, TOUT EST ILLUSION" !
Les "black-blocks" hellènes sont une véritable armée qui pourrait, sur une lutte prolongée de plusieurs années, balayer le vieil État pourri et ses maîtres impérialistes de Paris, Berlin et Bruxelles... Mais ils ne prendront jamais le pouvoir (pour instaurer le communisme dont ils se réclament), puisqu'ils... ne le veulent pas !
Parallèlement, existent quelques groupes menant la lutte armée, correspondant à la définition (et à toutes les limites) des "minorités agissantes" et de la "théorie de la suppléance" : Lutte Révolutionnaire est actuellement le plus connu ; l'historique "17-Novembre" a été démantelé en 2002.

3. On voit donc toute l'ampleur du problème en Grèce... Le pays s'enfonce inexorablement dans une "re-tiers-mondisation" ; tandis qu'au vu du panorama ci-dessus, la décantation permettant l'émergence d'un Parti révolutionnaire du prolétariat (et, de là, d'un Front anticapitaliste autour de lui) pourrait prendre des années, voire une décennie... Car il ne suffit pas de "balayer les directions pourries" comme le pensent les trotskistes : il faut d'abord qu'une avant-garde émerge, se fasse reconnaître par la frange avancée du prolétariat, puis, seulement, commence à arracher les larges masses à l'emprise néfaste des réformistes, des révisionnistes, des partis bourgeois (pour lesquels il y a bien des millions de gens qui votent !) sans parler des fascistes, qui commencent à monter en puissance. Et les conceptions d'aucune organisation marxiste-léniniste, "pensée Mao" ou maoïste ne semblent pour le moment à la hauteur...
Il faut dire aussi, sans doute, que le mouvement révolutionnaire en Grèce souffre d'un terrible tare : si le pays, en effet, fut avant-guerre surtout un protectorat britannique (et US ensuite), l'influence intellectuelle y est largement FRANÇAISE : autrement dit, amour du dogme et de la phrase intellectuelle, certitude de "détenir LA Vérité" et tendance au génie autoproclamé, faible propension à l'autocritique etc. etc. Ceci côtoyant une forte culture syndicalo-réformiste et légaliste (ce qui tombe bien : comme la bourgeoisie argentine, la bourgeoisie grecque a besoin d'un fort encadrement bureaucratique-syndical des masses laborieuses), à laquelle "réagit" un anarchisme décomposé ; tandis que le trotskisme (mécaniste cartésien) pense qu'il suffit de mettre les "directions" face à des revendications "débordant automatiquement le cadre du capitalisme" pour les "démasquer" et lancer les masses "à l'assaut du Palais d'Hiver", "comme en 17" !
POUR AUTANT, non seulement CE SONT LES MASSES QUI FONT L'HISTOIRE et elles méritent notre respect (et non notre "regret" qu'elles ne se soient pas faites trouer la peau, parce qu'une "vraie révolution", vous comprenez, "faut que ça saigne" !) ; mais c'est de leur MOUVEMENT RÉEL, celui de la lutte de classe, que naît et émerge l'avant-garde la plus consciente et organisée, le PARTI. Et pas "d'en haut", des sphères "éclairées" de quelques petits-bourgeois intellectuels déclassés, cherchant dans la révolution l'importance existentielle que leur (très haute) estime d'eux-mêmes, bien au-dessus de la réalité, ne rencontre pas dans la société actuelle ; puants d'arrogance et de prétention ; "Parti" autoproclamé de la "Science" et de "l'Intelligence"... qui croit que Michel Aflaq, chrétien syrien et fondateur du Baas laïc, est (tenez-vous bien) un fondamentaliste musulman !

Les communistes, non seulement se tiennent fermement et indéfectiblement aux côtés des masses dans leurs souffrances et leurs luttes, où que ce soit sur la Terre (cosmopolitisme pour nos "lumières éclairées") ; mais ont une FOI ABSOLUE dans celles-ci et dans leur capacité à trouver la voie et les instruments (dont l'avant-garde) de leur émancipation. "Les masses sont la lumière même du monde... elles sont la fibre, la palpitation inépuisable de l'histoire ; quand elles parlent tout tremble, l'ordre chancelle, les cimes les plus hautes s'abaissent, les étoiles prennent une autre direction, parce que les masses font et peuvent tout", disait le grand dirigeant communiste Gonzalo, dont ces imposteurs aiment à vernir leur mascarade de "MLM". Avant de préciser "le Parti les dirige" ; et c'est tout ce que nos "génies" entendent et qui les intéresse : "diriger" les masses et la révolution parce qu'ils n'ont pas réussi (eh oui, la vie est dure !) à trouver leur place "brillante" dans le capitalisme... Mais voilà, le Parti est l'émanation des masses et de leurs luttes réelles ; les masses le reconnaissent et lui donnent en quelque sorte "mandat" de les organiser et de les diriger ; alors que, gageons que tout ce qu'elles donneront à nos "avant-gardes autoproclamées" (ceux-là comme d'autres de leur acabit), c'est une bonne volée de caillasse ou pourquoi pas de plomb !

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Sur le site de La Cause du Peuple, une chronologie des évènements de dimanche dernier :

Grèce : Résumé chronologique des événements du 12 février

 

 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Peoples of Europe, rise up ! - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 23:37

 

Source : La Cause du Peuple

 

La journée d'hier a été chaude en Grèce, comme en témoignent ces vidéos. La mobilisation fut très importante, ce qui n'a évidemment pas empêché le parlement d'approuver le plan d'austérité voulu par l'Union Européenne et le FMI.

Bientôt plus d'infos.

 


 

 

Ou encore celle-ci, sur le site du Jura Libertaire :

 

 

Sur le même site, voici un descriptif des nouvelles mesures anti-populaires prises par le gouvernement "technique", laquais de l'axe impérialiste Paris-Berlin, et incluant des néofascistes nostalgiques des Colonels :

Les présidents des partis qui forment le gouvernement de coalition (socialiste, droite et extrême droite) se sont mis d’accord pour l’application des exigences de la Troïka (FMI, Union Européenne, Banque Centrale Européenne). Un nouveau plan d’austérité est prêt à être voté au parlement grec le dimanche 12 février.

Une partie des mesures que la Troïka veut imposer pour l’aboutissement du PSI (le dit “haircut”/”la coupe” de la dette) :

• -22% pour le SMIC, à savoir 480 euro par mois net (586€ brut de 751€ brut actuellement) ;

• Pour les jeunes de 18-25 ans, la réduction s’élève à -32% donnant environ 430€ brut (510€ brut de 592€ brut actuellement) ;

• Les réductions vont s’appliquer, de manière rétroactive à partir de janvier 2012, dans tous les salaires, retraites et allocations chômage (allocation de chômage : 359€ euro de 461€ actuellement, touchable uniquement lors d’un an) ;

• La retraite minimum chute à 392€ de 503€ euro aujourd’hui ;

• Abolition des conventions collectives (par branche/métier), remplacement par des conventions individuelles au niveau de l’entreprise ;

• Suppression de 150.000 postes de fonctionnaires lors de 2012-2015 ;

• Levage de permanence dans le secteur public “large” comme l’énergie ;

• Les pertes de salaires — s’étendant aux primes de pénibilité, à ceux pour les enfants, aux retraites, et aux allocations chômage — peuvent arriver jusqu’à -40% par rapport aux revenus actuels ayant déjà subi de réductions entre 20% et 30%.

La liste est longue…

 

Victoire à la NOUVELLE RESISTANCE du Peuple grec ! Vive les Nouveaux Partisans !

 

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Peoples of Europe, rise up ! - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 12:57

 

Dernière ‘sortie’ de campagne en date, cette fois par la bouche du président-candidat lui-même (et non de son éminence grise Guéant) : après l’inégalité des civilisations et des cultures, voilà qu’est proposé un référendum sur l’obligation des chômeurs (‘ces parasites’ !) d’accepter n’importe quelle offre d’emploi, à n’importe quel salaire (‘on ne va quand même pas les payer éternellement à rien foutre, ces fainéants’ !).

Bien entendu, il est toujours bon de le rappeler (d’autres s’en sont déjà chargés), le http://www.article11.info/spip/local/cache-vignettes/L400xH300/manif051-5727a.jpgchômage est une conséquence inévitable du capitalisme, pour lequel la force de travail est une marchandise, mise en concurrence sur le marché du travail, et en surproduction lorsque les crises frappent des secteurs productifs entiers, voire l’ensemble de la production d’un pays, amenant le capitalisme à se restructurer ; et, bien sûr, le socialisme le fera disparaître (mais cela, quel candidat bourgeois à la présidentielle ne l’a jamais promis ? les révolutionnaires ne peuvent donc pas se contenter de le proclamer…).

http://lesindivisibles.fr/wp-content/uploads/2011/06/Claude-Gu%C3%A9ant.jpgCe qu’il faut (surtout) retenir, c’est que Sarkozy et l’UMP font là un nouveau pas de plus dans la mobilisation réactionnaire de masse, dans le travail contre-révolutionnaire de dresser une partie des masses contre une autre, les ‘bons citoyens’ contre les ‘mauvais’ : la semaine dernière, Guéant avec les musulman-e-s, cette semaine Sarkozy avec les chômeurs-euses. Mais cela, bien sûr, on ne peut pas le voir lorsque l'on martèle la thèse (anti-dialectique) d'un Sarkozy et d'un sarkozysme 'absolument non-fasciste', voire 'antifasciste' (car représentant une soi-disante 'bourgeoisie traditionnelle' opposée à la bourgeoisie impérialiste... alors qu'il ne représente, en réalité, que la bourgeoisie monopoliste/impérialiste 'un cran au dessous' de la plus réactionnaire, représentée par le FN).

La candidate FN Marine Le Pen a d’ailleurs immédiatement revendiqué la paternité de la mesure et, dans son petit jeu de Calimero au sujet des 500 signatures, clamé que Nicolas Sarkozy ‘se prépare à son absence’ à l'élection présidentielle, car 'il sait que sa seule chance d'être au second tour, c'est que (elle) ne soit pas candidate'… Ceci dit, au demeurant (mais y a-t-elle fait gaffe ?), voilà qui enfonce un sérieux coin dans la façade ‘sociale’ dont se pare la candidate fasciste.

Mais voilà : on voit bien comment, avec un FN crédité de 20% dans les sondages, la droitisation ultra voire la fascisation du champ politique bourgeois est en marche à tout crin. On peut comprendre qu’il soit tentant, pour certain-e-s, de se rassurer en se disant que non, ce n’est pas possible, même avec 25% de l’électorat, le FN ne peut pas accéder au pouvoir, puisqu’aucun parti ne veut faire alliance avec lui… C’est oublier l’exemple hongrois.

Dans ce pays, l’adoption d’une nouvelle Constitution ultra-réactionnaire, qui a fait jaser les démocrates et sociaux-démocrates bourgeois de toute l’Europe, ouvre clairement la porte au fascisme : tout ne sera désormais qu’une question de degré, non de nature. On voit mal ce qui sépare à présent le type de gouvernement en Hongrie de celui en Russie, en Ukraine etc. Et au même moment, comme une sorte d'écho sinistre à la proposition de Sarkozy, le gouvernement vient de promulguer... le travail obligatoire pour les chômeurs, dans de véritables chantiers-camps où ils seraient logés dans des containers, surveillés par des policiers à la retraite. Une mesure dont il ne faut chercher bien loin pour comprendre qu'elle vise principalement la minorité Rrom, dont la majorité est au chômage...

Mais ceci n’est que l’aboutissement d’un processus de 10 ans, durant lesquels le parti national-conservateur d’ultra-droite Fidesz (Union civique hongroise), déjà au pouvoir de 1998 à 2002, opposé à un pouvoir de ‘centre-gauche’ absolument catastrophique, s’est approprié les thèmes de l’extrême-droite (regroupée en 2003 dans le parti Jobbik, dont la branche paramilitaire, la Garde Hongroise, est connue pour ses défilés au grand jour). Rognant petit à petit du terrain au niveau local, il a finalement remporté les élections nationales en 2010, et très rapidement instauré un style de gouvernement réactionnaire et ultra-autoritaire, anti-libéral et anti-progressiste*, en se présentant comme la seule alternative à la montée du Jobbik (qui a, quant à lui, remporté 16,7% des voix à cette élection, soit 47 députés).  

[*La nouvelle Constitution rend tout parti ou mouvement socialiste ou communiste, 'rétroactivement responsable des crimes commis' avant 1989...]

http://internetfigyelo.files.wordpress.com/2010/07/magyargarda.jpg

On voit donc comment, au prétexte de ‘barrer la route’ à une extrême-droite ouvertement fasciste (d’ailleurs moins forte que le FN en France, puisque ‘seulement’ à 16%), la ‘droite de la droite’ bourgeoise peut finalement reprendre et appliquer son programme : où est la différence pour les masses ? Ceci s’inscrit d’ailleurs dans la tradition historique de ce pays : instauré après l’écrasement du mouvement révolutionnaire de 1919-20, le régime conservateur autoritaire du régent Horthy fut ‘doublé à droite’, dans les années 1930, par un mouvement ouvertement fasciste et pro-nazi, les Croix-Fléchées. Le régime horthyste put alors s’affirmer de plus en plus réactionnaire et fascisant, s’alliant avec l’Allemagne nazie à partir de 1938 (pour dépecer la Tchécoslovaquie, puis la Pologne), tout en se présentant comme une alternative ‘raisonnable’ aux ‘extrémistes’ des Croix-Fléchées, qui ne prendront réellement le pouvoir qu’en 1944, à la toute fin (et au plus fort) de la guerre…

Et, en France, cela ne fait-il pas 25 ANS que ce petit jeu dure entre la droite (RPR, aujourd’hui UMP) et le FN ? ‘Votez pour nous, acceptez toutes nos mesures plus réactionnaires, sécuritaires et anti-populaires les unes que les autres, ou alors ce sera Le Pen !’… Aujourd’hui, alors que nous sommes entrés dans la phase terminale de la crise générale du capitalisme (débutée dans les années 70), l’UMP, s’il veut conserver le pouvoir, n’a absolument pas d’autres solutions que de reprendre des pans entiers du programme de Marine Le Pen (expression de la bourgeoisie impérialiste la plus réactionnaire et agressive), pour essayer de capter son électorat. Il n’est alors pas ‘fantasmagorique’ d’imaginer un fascisme s’instaurant ainsi, pas à pas, avec un FN à plus de 20%, voire 25%, et une droite bourgeoise ultra se chargeant d’appliquer par petites touches son programme, sur l’air de ‘c’est nous… ou vous préférez eux ?’…

Dans le ‘meilleur’ des cas, cela va ‘trop loin’, la tradition ‘radicale’, démocrate-bourgeoisie centriste BBR est encore suffisamment forte, et nous aurons la ‘droite modérée’, Hollande ou Bayrou, pour un ‘répit’ de 5 ans avant un raz-de-marée ultra-réactionnaire et fasciste. Mais ne nous leurrons pas : il n’est pas du tout exclu que Sarkozy (flanqué de ses Guéant, Hortefeux et autre ‘Droite populaire’ Mariani-Luca) soit reconduit au printemps prochain. Les sondages bourgeois reflètent sans doute très mal les reports de voix de l’électorat FN sur lui au dernier moment (le 6 mai), sur le thème du ‘moindre mal’ : ‘c’est un guignol, il fait honte à la France, mais avec la gauche ? c’est la faillite comme en Grèce !’…

Tel est le résultat de la crise générale, en phase terminale, du capitalisme ; et de l’hégémonie intellectuelle réactionnaire et fascisante qui domine en l’absence d’un Parti révolutionnaire conséquent, agrégeant un mouvement progressiste fort autour de lui.

La crise, puisqu’il en est question, SLP vous livre à ce sujet l’analyse de l’organisation communiste Voie Prolétarienne.

Celle-ci n’est pas totalement partagée par SLP, dont la position est celle des camarades italiens du (nouveau)PCI (pour lesquels SLP appelle, encore une fois, à la solidarité internationale contre la répression : suite à des vices de procédure, le procès politique qui se tient à Bologne est reporté au 2 mai). La crise actuelle du capitalisme N’EST PAS une crise ‘cyclique’ de surproduction de marchandise, que le capitalisme a, au fil du temps, appris à surmonter à travers des ‘amortisseurs sociaux’ (pour les masses), une réorganisation rapide et divers instruments régulateurs (Formes Antithétiques de l'Unité Sociale). C’est une crise par SURPRODUCTION ABSOLUE (mondiale) DE CAPITAL, comme cela est expliqué ici. Il y a trop de Capital surproduit sur la planète, si bien que si on le réinjectait dans l’activité productive, le taux de profit serait absolument ridicule, voire nul**. [**« ... Dès que le capital aurait augmenté par rapport à la population ouvrière dans des proportions telles que ni le temps de travail absolu que fournit cette population ne pourrait être prolongé, ni le temps de surtravail relatif étendu (ce qui, de toute manière, serait impossible dans une situa­tion où la demande de travail serait si forte; car les salaires auraient tendance à monter), donc, si le capital accru ne produisait qu'une masse de plus-value tout au plus égale et même moindre qu'avant son augmentation, alors il y aurait surpro­duction absolue de capital; c'est-à-dire que le capital augmenté C +  C ne produirait pas plus de profit ou même en produirait moins que le capital C avant qu'il ne s'accroisse de  C. Dans les deux cas se produirait une forte et brusque baisse du taux général de profit, mais cette fois en vertu d'un changement dans la composition du capital qui ne serait pas dû au développement de la force productive, mais à une hausse de la valeur argent du capital variable (en raison de la hausse des salaires) et à la diminution corres­pondante dans le rapport du surtravail au travail nécessaire » (Capital, livre III, I, p. 233, trad. Éditions Sociales, p. 264, t. 6)]

http://www.politis.fr/local/cache-vignettes/L350xH259/jean-luc_melenchon-3-3-7744e.jpgUne des expressions de cette surproduction de Capital, dont les capitalistes ne savent que faire, c'est la spéculation : on fait de l’argent avec de l’argent. Voilà pourquoi les discours fascistes, et les discours populistes de droite comme de gauche, qui expriment une ‘insurrection’ du capitalisme contre sa propre crise, s’en prennent si violemment aux ‘spéculateurs’ et à la finance, appelant à un capitalisme ‘raisonnable’, ‘régulé’, ‘productif’, 'créateur de richesse'…

Mais voilà : la ‘régulation’, la ‘caporalisation’ du capitalisme qui est d'ailleurs une définition du fascisme, ne fonctionne qu’un temps. A terme, il faudra ‘purger’ : il faudra LIQUIDER http://static.lexpress.fr/medias/180/1-palestinian-man-surveys-ruins-of-destroyed-office-in-gaza_87.jpgdu Capital surproduit. Et il n’est pas possible de détruire du Capital immatériel, des ‘flux financiers’… On ne peut détruire que du Capital matériel : des moyens de production, des FORCES PRODUCTIVES, incluant de la force de travail humaine. Bien entendu, pas chez soi : comme la surproduction absolue est mondiale, et que nous vivons dans un monde de concurrence entre monopoles et Etats impérialistes, ce Capital sera détruit chez les autres. Cela s’appelle tout simplement la GUERRE MONDIALE IMPERIALISTE, qui est une GUERRE D’EXTERMINATION pour les masses populaires des contrées concernées… Seule cette guerre d’extermination permet de faire ‘place nette’ pour permettre une nouvelle accumulation. C’est ce qui s’est produit entre 1914 et 1945. Mais aujourd’hui, selon SLP, les ‘capacités de relance’  du capitalisme sont bien moindre qu’à cette époque, et n’existe plus, en outre, ‘l’option keynésienne’ d’une ‘reprise en main’ démocratique bourgeoise (laquelle implique de toute manière, dans tous les cas, la guerre et une exploitation féroce des nations opprimées). Le guerre mondiale impérialiste, déjà rampante, sera beaucoup plus longue et terrible pour un résultat moindre.

A l’horizon du milieu du siècle, l’humanité n’a qu’une alternative : SOCIALISME OU BARBARIE !

 

Voici l'article de VP :

Crise : C'est par où la sortie ?

Malgré une flopée de plans d’austérité, la crise s’installe, faisant craindre aux bourgeois leur propre faillite. Noyés sous les chiffres et les analyses « d’experts », c’est pas facile de comprendre. On a l’impression d’une « catastrophe naturelle » qui s’abattrait sur nous, alors que c’est un fléau chronique du capitalisme !

 

Un ennemi sans visage ? Est-ce la faute de la finance, des spéculateurs, des agences de notation ? Les gouvernements bourgeois, eux, ont leurs coupables tout désignés : les immigrés, les chômeurs, les soi-disant « assistés » vivant aux minima sociaux. Foutaises ! Les Etats ne sont pas au bord de la faillite pour quelques fraudes individuelles, mais à cause de leur politique au service du capital.
Les milliards pour renflouer les banques, le bouclier fiscal, Total qui ne paye pas d’impôts en France, voilà les vrais profiteurs, la fraude « légalisée ».
Dénoncer exclusivement la dictature des « marchés », c’est faire diversion pour masquer la réalité d’une classe possédante qui nous opprime. C’est déplacer le problème pour détourner notre révolte, et permettre aux capitalistes de nous pressurer toujours plus : en reculant l’âge de la retraite, en augmentant les impôts les plus injustes, comme la TVA qui pénalise au quotidien les plus exploités. Chacun peut voir l’écart se creuser entre des riches toujours plus riches et les travailleurs toujours plus pauvres. Aujourd’hui sur un smic (faut-il encore travailler à plein temps...) les ¾ du salaire passent tous les mois dans les charges. Ce qu’il reste pour bouffer et vivre : rien, à peine de quoi reproduire notre force de travail.

 

Certains en viennent à penser que la crise est un prétexte pour nous dépouiller encore plus, une espèce « d’arnaque », vu que les profits n’ont pas l’air de baisser pour tout le monde !
La crise est pourtant bien réelle, et elle accentue la concurrence entre les capitalistes. Au jeu du « manger ou être mangé », les gros s’en tirent toujours mieux, il n’y a qu’à voir les fermetures de boîtes et les PME qui mettent la clé sous la porte. Mais dans cette guerre économique, c’est toujours les prolos qui paient les pots cassés.

 

L’issue de la crise est incertaine, elle dépend de notre résistance, de notre capacité à ne pas nous laisser diviser, à nous organiser pour combattre les politiques anti-populaires. Sarkozy voulait déjà en 2008 « moraliser » le capitalisme, taxer le capital, mais l’exploitation n’aura jamais un « visage humain ». C’est eux ou nous. Avec le capitalisme le pire est forcément à venir, mais une alternative existe, c’est le communisme. Ce n’est pas une voie facile, mais rompre avec la logique du profit est le seul moyen pour construire une société sans chômage, une société « durable », sans amiante et sans nucléaire, une société solidaire plutôt qu’individualiste. Pour cela, les prolétaires doivent défendre eux-mêmes leurs intérêts. Pour cela, il faut le pouvoir, car malgré ses crises, le capitalisme ne s’effondrera jamais tout seul.

 

C’est la crise de quoi ? C’est le capitalisme qui est en crise !

Crise et crise financière

 

Les capitalistes recherchent le profit (ou la plus-value) qui permet d’avoir toujours plus de capital. Les marxistes expliquent que leur but est « l’accumulation » du capital. Ce capital peut servir à frimer avec des yachts ou des ferraris mais il n’a de valeur que s’il est ré-investi dans de nouveaux moyens de production (pour nous exploiter encore plus). Ce cycle ne s’inter­rompt jamais, c’est une fuite en avant. Les capitalistes mesurent leurs gains en milliards, mais surtout en pourcentage, c’est-à-dire un taux de rentabilité du capital qu’ils veulent maintenir coûte que coûte. Pour les capitalistes, une crise c’est la baisse de ce taux de rentabilité (ou « taux de profit ») qui signifie concrè­tement pour eux le ralentissement de l’accumulation. La mesure du profit en milliards se voit dans les résultats des entreprises, mais pas le taux. La crise actuelle est une crise de surproduction de capital, il y en a trop par rapport à ce qui peut être réinvesti dans la production. La surproduction de marchandises — qui ne sont pas achetées — où les capitalistes ne récupèrent pas le profit espéré, n’est qu’un aspect de la crise. Les réformistes en restent là et pensent sauver le système par la relance de la consommation.
En situation de crise, les capitalistes vont vouloir engranger un maximum et le plus vite possible, ce qui pro­voque une frénésie spéculative. D’une part, une partie des valeurs aux mains des capitalistes ne vont plus à la production (de plus-value), mais au gain immédiat (bourse). D’autre part, le crédit, mais aussi les dépenses d’Etat, permettent de soutenir la consommation. Le crédit permet d’écouler le capital et de spéculer en anticipant sur des gains futurs (ils parient et parfois ils perdent, comme cela s’est manifesté dans la crise de l’immobilier américain).

 

Désigner les agences de notation comme responsables de la crise, c’est confondre l’indication du thermo­mètre et la maladie. Qu’elles soient privées comme la bande des trois (S&P, Moody’s et Fitch) ou publiques comme l’agence européenne prônée par Sarkozy ne change rien. Elles notent les équilibres commerciaux du marché capitaliste, et la possibilité pour un créancier de récupérer ses investissements. La régulation par la dette a toujours été un outil d’asservissement des peuples, en premier lieu des pays dominés, auxquelles le FMI impose l’austérité depuis des décennies. _ Maintenant, via les agences de notation, on nous explique que c’est notre tour ! Si elles ne provoquent pas les crises, elles sont de bonnes justifications aux politiques d’austérité (sous couvert de garder les AAA), et sont de parfaits épouvantails pour détourner notre colère.

 

Un Etat peut il faire faillite ?

 

La faillite ou cessation de paiement, c’est la situation d’une personne, d’une entreprise, d’un Etat qui ne peuvent plus faire face à leurs obligations financières : payer les fournisseurs, rembourser ses dettes, payer les salariés. Ça correspond aussi à une situation où la valeur des « actifs » détenus (pour une entreprise, un Etat), c’est-à-dire la valeur de ce qu’ils possèdent : machines, bâtiments, terrains, créances sur d’autres, placements financiers, est inférieure à la valeur de ce qu’elle doit (dettes, placements faits chez elle par d’autres, factures dues à ses fournisseurs…). Par exemple en France, la dette publique est de 1 646 milliards d’euros, mais les actifs publics de 2 273 milliards d’euros. N’oublions pas qu’en situation d’endettement, ceux qui « prêtent » en tirent profit comme l’Allemagne et la France aux dépends de la Grèce.

 

Pour éviter la faillite, c’est-à-dire continuer à payer leurs emprunts ou leur fournisseurs, les Etats très endettés se voient imposer :

 

- > d’augmenter l’exploitation directe ou indirecte (réduction des salaires, des dépenses de santé, d’éducation)
- > de privatiser des biens publics (des « actifs ») souvent au bénéfice de leur prêteurs. La Grèce se voit imposer des privatisations pour 50 Md d’Euros
- > d’obtenir des rééchelonnements de leurs dettes…

 

Dans tous les cas, lorsqu’un pays a des difficultés à faire face au remboursement de ses emprunts, le rapport de force passe du côté des prêteurs ou des institutions internationales (FMI, etc) dominés par les pays impérialistes. Il y a donc une perte d’autonomie voire une mise sous tutelle politique comme pour la Grèce ou l’Italie.

 

Les crises ont pour conséquence une hausse importante du chômage pour les ouvriers. 900 sites industriels ont fermé en France ces trois dernières années. Mais le capitalisme peut être prospère avec un niveau relativement élevé de chômage, ce n’est pas pour les capitalistes un indice d’une crise économique.
Les crises sont aussi l’occasion pour la bourgeoisie de liquider ce qui n’est pas rentable (les moyens de production mais aussi les hommes), d’augmenter la rentabilité de ce qui reste en durcissant l’exploitation.

 

Aujourd’hui, pour restaurer son taux de profit, la bourgeoisie impose :

- > la baisse du pouvoir d’achat ouvrier
- > l’intensification du travail (chasse aux temps morts)
- > les attaques sur les salaires indirects (santé, éducation,....)
- > les délocalisation vers les pays aux salaires les plus bas 

Pourquoi la crise est-elle mondiale ?

La crise est d’autant plus grave qu’elle frappe les deux principaux pôles économiques impérialistes : les Etats-Unis et l’Europe. Le reste du monde (Chine, Russie, Brésil…) est en position de prêteur. La dette et la crise rebattent les cartes entre tous les pays impérialistes. La Chine détenant plus du quart de la dette extérieure des USA, elle n’a pas pourtant intérêt à voir les USA en difficulté financière. En effet, si les USA ne pouvaient pas payer leur dettes, ou s’ils dévaluaient leur monnaie, la Chine verrait ses avoirs en dollars perdre de la valeur, et d’autre part elle serait moins en condition de vendre sur le marché américain. Ça voudrait dire moins d’exportations et donc la nécessité d’augmenter les salaires pour vendre plus de marchandises aux travailleurs de Chine. De son côté, si les USA dévaluaient le dollar, ils auraient encore plus de mal à trouver des prêteurs et les tensions sociales à l’intérieur du pays s’exacerberaient. C’est la mondialisation capitaliste !

 

Tous les pays impérialistes sont profondément endettés. Une bonne partie de cet endettement est dû à des dépenses illégitimes, en particulier des dépenses militaires (pour mener les guerres en Irak, Afghanistan, etc…) qui ont augmenté dans le monde de 50 % en 10 ans. Avec la crise, la concurrence entre pays impéria­listes est plus ouverte que jamais, et chacun essaie de tirer son épingle du jeu, sur le dos des peuples. Dans la guerre économique, les bourgeoisies européennes veulent préserver leur place et sont sans pitié pour les maillons faibles. Le « sauvetage » de la Grèce ne visait qu’à sauver les banques, complices et profiteuses de l’endettement, et la construction européenne qui bénéficie d’abord aux grandes puissances comme la France et l’Allemagne.

 

Démondialisation, protectionnisme, préférence nationale : des fausses solutions !

Rétablir les frontières nationales ou européennes et les barrières douanières en taxant les importations, réindustrialiser les bassins d’emplois avec l’appui de l’Etat et des pouvoirs publics : toutes ces propositions électorales vont dans le sens de la préférence économique à la production nationale, du « fabriquons français », du protectionnisme.
Nous refusons la mondialisation capitaliste, mais ces mesures n’ont aucun sens à l’époque de l’impérialisme. La plupart des entreprises à l’origine des suppressions récentes d’emplois en France n’ont rien de « françaises » : Continental, Goodyear, Fralib (groupe Unilever) Arcelor-Mittal, Molex, General Motors, Ford... En 2007, dans l’industrie manufacturière, les entreprises étrangères ont contribué pour 26 % à l’emploi en France. Les mono­poles français, bien « de chez nous », Renault, EDF, France-Télécom, Véolia, Saint-Gobain, Areva, Total, etc. sont aussi largement implantés sur toute la planète pour préserver leur compétitivité.
Beaucoup de politiques mettent en avant la recherche et l’innovation pour créer des emplois. On a vu que les progrès techniques ne sont pas neutres, les chaînes de production de plus en plus sophistiquées et productives sont encore plus aliénantes pour les ouvriers. Et surtout c’est être pris au piège de la guerre éco­nomique internationale où les pays impérialistes s’arrogent les brevets et la puissance intellectuelle, renforçant leur domination sur le monde. Nous refusons la mise en concurrence internationale des travailleurs et des pays. Ces mesures prétendent restaurer le pouvoir du politique sur l’économique, mais elles nous enchaînent à la logique de nos exploiteurs, du marché, de la concurrence. Elles détournent la lutte des classes en nous enfermant dans la question nationale ou européenne.

 

Enfin, les suppressions d’emplois sont dues largement à la hausse de la productivité du travail. D’une part, la machine a remplacé l’homme et il faut moins de travailleurs pour produire une quantité équivalente. D’autre part, les capitalistes ont intensifié considérablement le travail et les cadences. C’est le capitalisme qui fabrique le chômage. Si on veut en sortir, il faut libérer le travail de la logique du profit pour pouvoir travailler tous, moins, autrement.

 

Sortir de la crise, c’est en finir avec le capitalisme

Pour en finir avec les crises, il faut se battre pour construire une autre société, où nos besoins plutôt que le profit dirigeront la production. Cela veut dire aussi consommer autrement. Par exemple, sortir du nucléaire demandera à consommer moins d’énergie, en la consommant mieux, ce n’est pas revenir à la bougie ! Construire une société où le temps de travail sera partagé entre tous et toutes, où l’intérêt collectif nous guidera (plus de travail à la chaîne, réduction du travail de nuit au strict nécessaire : hôpitaux...). C’est libérer les travailleurs de la concurrence qui les réduit à se vendre aux moins mauvaises conditions. Construire une société où les hommes et les femmes politiques seront révocables à tout moment, où il fera bon vivre pour les prolétaires.

 

Sortir du capitalisme, c’est rompre avec l’économie de marché et avec la finance qui lui est indissolublement liée. C’est l’annulation de la dette, comme l’ont fait les bolcheviques en Russie en 1917. Rompre avec le capitalisme ne sera pas facile, mais ces efforts ne seront pas « des sacrifices », car ils seront au service de la libération de tous, et non au service de l’enrichissement d’une minorité. Pour que les travailleurs ne soient pas « volés de leurs efforts », il faudra qu’ils aient effectivement le pouvoir politique et économique.

 

Face à l’austérité générale, comment agir ?

Si les prochaines élections laissent espérer que la clique de Sarkozy soit dégagée, elles ne changeront quasi rien sur la question de l’emploi face à la crise du capitalisme. Nous ne pouvons pas nous en remettre à l’Etat, car si les têtes changent, il reste au service de la classe bourgeoise qui détient le pouvoir économique.
Pour changer ça, il nous faut notre propre parti, une organisation com­muniste dirigée par des ouvriers et des prolétaires, de toutes origines, avec ou sans emploi, qui fera exister politiquement nos besoins fondamentaux. Un parti pour lutter et pour réfléchir, comprendre le monde dans lequel nous vivons, tirer les leçons de nos échecs (comme pour les retraites), pour avancer pas à pas.
Au quotidien, nous résistons, nous luttons, nous soutenons les luttes ouvrières, les luttes démocratiques et progressistes, nous créons des solidarités ici et dans le monde, qui seront l’embryon d’une plus grande force collective pour demain. Sans parti communiste, les ouvriers sont les acteurs de combats dont seuls les réformistes bourgeois tirent profit politiquement. On le voit bien un an après les soulèvements dans le monde arabe. Alors que les luttes au Népal, en Inde, aux Philippines, montrent que les travailleurs peuvent s’organiser pour faire l’histoire selon leurs intérêts, en vue de mettre fin à toute oppression et exploitation.

 


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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 19:18

 

Face à moultes prises de position de l'année écoulée, sur les révoltes populaires dans les pays arabes, les indignad@s et autres occupyers, les luttes de libération nationale etc. :

"Supposer qu'une révolution sociale est pensable sans une révolte des petites nationalités dans les colonies et en Europe, sans des explosions révolutionnaires de la petite bourgeoisie avec tous ses préjugés, sans le mouvement des masses prolétariennes et semi-prolétariennes inconscientes contre l'oppression de la noblesse, des églises, des monarchies et des nations étrangères - supposer cela serait ABJURER la révolution sociale. C’est s’imaginer qu’une armée prendra position en un lieu donné et dira “Nous sommes pour le socialisme”, et qu’une autre, en un autre lieu, dira “Nous sommes pour l’impérialisme”, et que ce sera alors la révolution sociale! C’est seulement en procédant de ce point de vue pédantesque et ridicule qu’on pouvait qualifier injurieusement de “putsch” l’insurrection irlandaise.

Quiconque attend une révolution sociale “pure” ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une véritable révolution. (...)

La révolution socialiste en Europe ne peut être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement – sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible – et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais, objectivement, ils s’attaqueront au capital, et l’avant-garde consciente de la révolution, le prolétariat avancé, qui exprimera cette vérité objective d’une lutte de masse disparate, discordante, bigarrée, à première vue sans unité, pourra l’unir et l’orienter, conquérir le pouvoir, s’emparer des banques, exproprier les trusts haïs de tous (bien que pour des raisons différentes !) et réaliser d’autres mesures dictatoriales dont l’ensemble aura pour résultat le renversement de la bourgeoisie et la victoire du socialisme, laquelle ne “s’épurera” pas d’emblée, tant s’en faut, des scories petites-bourgeoises."

Lénine, Bilan d'une discussion sur le droit des nations à disposer d'elles-mêmes, chap.10 "L'insurrection irlandaise de 1916", Œuvres vol. 22

 

Voir aussi : Lénine : La révolution socialiste en Europe... ("Democracia Real Ya" & Cie)

 

A méditer...

 

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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 10:41

 

Rassemblement pour les 40 ans de la mort de Pierre Overney

 

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/205030527444844614/pierre_overney_40_ans.png

 

Tract pour les 40 ans de la mort de Pierre Overney

 

Rendons hommage à Pierre Overney
ouvrier maoïste abattu il y a 40 ans

 

Il y a 40 ans, un homme est mort. Pierre Overney, ouvrier maoïste et militant de la Gauche Prolétarienne, était abattu par Jean Antoine Tramoni, membre de la milice patronale de l’usine Renault Billancourt. En plein milieu de la vague de crimes racistes d’alors, Pierrot distribuait un tract pour une manifestation antifasciste au métro Charonne en souvenir de la manifestation réprimée dans le sang par la police 10 ans plus tôt.


De celles et ceux qui l’ont connu, tous racontent son enthousiasme et sa vivacité, son énergie dédiée à la révolution, à la cause du peuple. Au-delà de ses traits personnels, Pierre Overney est un symbole de cette jeunesse qui voulait tout changer, tout bouleverser en se plaçant du côté des exploités et des opprimés. Cette jeunesse qui ne se satisfaisait pas des acquis de mai 68 et qui voulait aller plus loin, cette jeunesse qui montait « à l’assaut du ciel ».


C’est aujourd’hui un devoir de mémoire de rendre hommage à Pierre Overney, de saluer son combat et surtout de le reprendre entre nos mains. Pour les camarades plus anciens, il s’agit de transmettre l’esprit de lutte qui animait l’époque, l’histoire comme on ne la lit pas dans les livres, l’histoire d’en bas, l’histoire du côté du peuple. Pour les jeunes camarades, il s’agit de s’approprier notre histoire, l’histoire du mouvement ouvrier, l’histoire de la Gauche Prolétarienne qui fut sûrement l’expérience révolutionnaire contemporaine la plus poussée et la plus porteuse dans notre pays.


S’approprier notre histoire ça veut dire la faire vivre concrètement, chaque jour, dans chaque lutte, partout où il y a oppression et exploitation. Notre passé doit nous permettre de comprendre notre présent et doit servir pour le futur. C’est le devoir des jeunes générations, aidées par les anciennes.

 

Rendons hommage au camarade Pierre Overney, tombé il y a 40 ans !


Transformons la nostalgie en énergie pour la lutte et la révolution !


Pierre Overney vit par notre combat !

 

 

samedi 25 février

 

11h00

Rassemblement hommage
au cimetière du père lachaise

rendez-vous
au M° Père Lachaise
Ligne 2 - sortie 1

 

 

15h30

Rencontre, témoignages, discussion,
chansons de Dominique Grange

CICP - 21 ter rue Voltaire - 75011

M° Rue des Boulets

Ligne 9

 

http://www.cicp21ter.org/squelettes/NAVPICS/accescicp.gif

 

 

 

PC maoïste de France
drapeaurouge@yahoo.fr
drapeaurouge.over-blog.com


La Cause du Peuple
lacausedupeuple@gmail.com
lacausedupeuple.blogspot.com



-------
Le Drapeau Rouge,
Organe du Parti Communiste maoïste de France

http://drapeaurouge.over-blog.com
drapeaurouge@yahoo.fr

 


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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 00:02

 

Le collectif Coup Pour Coup 31 vous invite à une rencontre "Femmes en lutte!" le samedi 25 février à 14h.

Voir ci-dessous l'affiche et la présentation des intervenantes.

 

Venez nombreux !

Samedi 25 février à 14h

Amphi 9 (dans l'Arche) - Université du Mirail / Métro Mirail Université

afficheCPCfemmes.png

Présentations des intervenantes :

 

Soha Bechara est née à Beyrouth en 1967 dans une famille engagée au sein du Parti Communiste Libanais. Elle passe son enfance dans la capitale, ne retournant au Sud-Liban, région d'origine de sa famille, que pour les vacances. Mais avec l'occupation israélienne de 1978 - qui se poursuit avec celle de l'Armée du Sud-Liban, sous contrôle israélien -, elle ne peut plus retourner sur la terre de sa famille. Très jeune, Soha entre alors dans la résistance contre l'occupation. Étudiante de 21 ans, membre du Front national de la résistance libanaise (FNRL), elle tente en 1988 d'éliminer le général Antoine Lahal, chef de l'Armée du Sud-Liban. Son acte lui vaudra dix ans de détention sans jugement dans le camp de Khiam, mis en place par le pouvoir israélien en 1985. Elle y subira la torture et plus de six ans d'isolement. Une campagne internationale inlassable la fera libérer le 3 septembre 1998.
Symbole du combat contre l'occupation israélienne, elle témoignera de la place et du rôle des femmes dans la résistance palestinienne et libanaise.

GABRIELA (alliance nationale des organisations de femmes aux Philippines) a été fondée en avril 1984 après une manifestation à Manille (capitale des Philippines) de 10.000 femmes contre la dictature de Marcos. Son nom est en l'honneur de Gabriela Silang, qui a participé à une révolte contre le colonialisme espagnol dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Gabriela regroupe plus de 250 organisations de femmes de tous les horizons sociaux : paysannes, ouvrières, religieuses et professionnelles. Ces organisations travaillent aux enjeux touchant les femmes tels que la négation de leurs droits, la violence contre les femmes et les enfants, la prostitution, le trafic sexuel et l'homophobie. Ses membres mettent en avant une approche intégrale de l’émancipation des femmes. Elles croient que celle-ci passera notamment par la résolution des problèmes issus de la domination étrangère et de la dépossession des terres.
Une représentante de GABRIELA viendra expliquer le rôle et l'action de son organisation pour les femmes philippines, dans un pays d'Asie dominé par l'impérialisme américain.

Femmes En Lutte 93 est une association née en Seine-Saint-Denis à l'automne 2010. Regroupant des femmes de tous âges et de toutes origines, Femmes En Lutte 93 se donne comme objectif de donner la parole aux femmes des milieux populaires, de construire des solidarités concrètes entre elles et de populariser les luttes des femmes en France et dans le monde.
Elles viendront témoigner des conséquences de la crise du capitalisme pour les femmes des quartiers populaires de France.

 

 


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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 19:44

 

Bien que SLP ne partage pas l'intégralité des positions du Parti communiste maoïste d'Italie, il estime que cette organisation qui, contrairement à beaucoup de ses détracteurs, mène héroïquement le travail révolutionnaire dans la réalité de la lutte de classe, notamment dans les régions les plus déshéritées (Sud) de l'Italie, au sein de syndicats basistes de travailleurs/euses (Slai Cobas etc.), a le droit de s'exprimer pour sa défense. Depuis plusieurs mois, ces camarades sont en effet la cible particulière des attaques cyber-gauchistes contre le 'centrisme' (c'est à dire les organisations qui, dans le mouvement communiste international, agissent selon les principes du maoïsme : essayer d'amener la gauche du Parti maoïste unifié népalais, les éléments les moins contaminés par le révisionnisme, sur les positions du MLM plutôt que de les laisser à la merci du révisionnisme Prachanda-Bhattarai...). Il est évident que, tel que l'enseigne l'histoire du mouvement socialiste (jusqu'à la Première Guerre mondiale) puis communiste (depuis), le rôle des ultra-gauchistes est encore une fois d'assurer le triomphe du révisionnisme et, par là, de la Réaction mondiale.

 

Source

 

Il y a à ce sujet une campagne internet d'intoxication par des 'cybergroupes gauchistes pseudo-maoïstes'.

Notre Parti dans plusieurs et différents textes, meetings internationaux, mais aussi divers meetings bilatéraux avec des camarades indiens, afghans, européens ou népalais, des Partis et des organisations, a exprimé sa critique de l'approche 'centriste' des camarades de la gauche népalaise, dans la lutte interne au PCNUm, et notre Parti a demandé à ces camarades de changer leur approche.
Cette lutte n'est pas achevée et continuera jusqu'à la victoire du MLM au Népal et au niveau international.

Notre Parti est un membre historique du MRI et tous dans le MRI (moins en dehors et c'est notre limite) connaissent notre lutte interne contre la tendance Avakian ainsi que les positions centristes du PCNm sur les questions internationales.

Notre Parti a été dans toute la vie du MRI le seul Parti allié au PCP comme fraction rouge du MRI et nous avons organisé trois meetings publics internationaux sur ce sujet avec le MPP.

Notre Parti a été le seul dans le MRI (avec les camarades du PCP) à soutenir la ligne de la Guerre Populaire pour les pays impérialistes et sur cette question, a mené une dure lutte y compris en direction du PC des Philippines et du PC d'Inde (maoïste).

Notre Parti, dans le cadre du séminaire international au Népal avec tous les Partis et organisations participants, PC des Philippines et PC d'Inde maoïste inclus, a analysé les positions du PC népalais maoïste comme de mauvaises réponses à de bonnes questions (de très, très bonnes questions qui attendent toujours une réponse correcte). Pour cela, dans la conférence internationale à venir, lorsque celle-ci se tiendra, notre Parti exprimera toute son approche radicale sur ces questions... et l'heure est proche.

Dans le même temps, alors que le CoRIM stoppait ses activités, notre Parti menait tout le travail nécessaire pour reconstruire une organisation internationale MLM et pour ceci, le problème n'est pas d'imposer nos positions à tous les Partis et toutes les organisations MLM dans le monde, mais pour réaliser un meeting au sein du MRI avec les Partis et organisations qui ne soutiennent pas les positions d'Avakian et la ligne Prachanda, et ensuite une Conférence internationale de tous les Partis et organisations MLM dans le monde, dans et en dehors du MRI, principalement les PCIm, PC des Philippines, PC maoïste de France, PCR Canada ainsi que des organisations d'Amérique latine (Colombie, Brésil) etc. pour reconstruire une organisation et un centre international basé sur les enseignements positifs et négatifs des approches du MRI et du CoRIM/PCR-USA.
Au cours de cette Conférence, nous soutiendrons la ligne de la Guerre populaire et d'un centre basé sur la Guerre populaire. Notre tâche internationale actuelle et notre engagement lorsque cette Conférence internationale se tiendra, sera accompli dans cette forme.
La Conférence internationale ne demande pas seulement un simple appel, mais un accord entre les Partis et les organisations participantes, un climat positif d'unité et lutte, dans le cas contraire nous n'aurons pas une Conférence internationale, mais un meeting fractionnel qui n'apportera rien, ni au sein ni en dehors de lui, au Mouvement communiste international MLM.
 
Dans le cadre de cette conférence, différentes positions pourront débattre, lutter, il y aura une lutte entre deux lignes sur maintes questions et notre Parti luttera pour contribuer à affirmer et développer le MLM, dont a besoin notre 21e siècle de Guerres populaires vers le communisme.

Pour finir encore sur le Népal, nous souhaitons et luttons pour la participation de maoïstes népalais à la Conférence internationale ; des maoïstes népalais qui s'opposent aux positions de Prachanda et Bhattarai, qui sont engagés dans la continuation de la révolution népalaise, qui appellent à la révolte populaire, à la lutte armée, à la stratégie de Guerre populaire. La présence de ces maoïstes népalais à la Conférence serait une victoire pour le MCI, tous doivent travailler pour cela.
Nous espérons que les vrais et sérieux Partis et organisations MLM qui veulent une Conférence internationale auront et prendront la responsabilité se s'y joindre.

PCm Italie
janvier 2012

 

http://4.bp.blogspot.com/-4nEznwiPY1U/TaXn5Hos64I/AAAAAAAAAkE/dtNvNEm2Hos/s1600/partisans.jpg

 

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du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)

 

(Chapitre I): PDF - WORD

 

Le Plan Général de Travail ((n)PCI)


 MANIFESTE COMPLET

(version non-définitive ; chap. 4 et 5 pas encore validés par les camarades italiens)


IMPORTANT pour la compréhension du Manifeste :

La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)

article de 1985 paru dans Rapporti Sociali n°0

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