Partager l'article ! Considérations diverses - 11/02/2012: Dernière ‘sortie’ de campagne en date, cette fois par la bouche du prési ...
Dernière ‘sortie’ de campagne en date, cette fois par la bouche du président-candidat lui-même (et non de son éminence grise Guéant) : après l’inégalité des civilisations et des cultures, voilà qu’est proposé un référendum sur l’obligation des chômeurs (‘ces parasites’ !) d’accepter n’importe quelle offre d’emploi, à n’importe quel salaire (‘on ne va quand même pas les payer éternellement à rien foutre, ces fainéants’ !).
Bien entendu, il est toujours bon de le rappeler (d’autres s’en sont déjà chargés), le
chômage est une conséquence inévitable du capitalisme, pour lequel la force de travail est une marchandise, mise en concurrence sur le marché du travail, et en
surproduction lorsque les crises frappent des secteurs productifs entiers, voire l’ensemble de la production d’un pays, amenant le capitalisme à se restructurer ; et, bien sûr, le socialisme
le fera disparaître (mais cela, quel candidat bourgeois à la présidentielle ne l’a jamais promis ? les révolutionnaires ne peuvent donc pas se contenter de le proclamer…).
Ce qu’il faut (surtout) retenir, c’est que Sarkozy et l’UMP font là un nouveau pas de plus
dans la mobilisation réactionnaire de masse, dans le travail contre-révolutionnaire de dresser une partie des masses contre une autre, les ‘bons
citoyens’ contre les ‘mauvais’ : la semaine dernière, Guéant avec les musulman-e-s, cette semaine Sarkozy avec les chômeurs-euses. Mais cela, bien sûr, on ne peut pas le voir lorsque l'on
martèle la thèse (anti-dialectique) d'un Sarkozy et d'un sarkozysme 'absolument non-fasciste', voire 'antifasciste' (car représentant une soi-disante 'bourgeoisie traditionnelle' opposée à la
bourgeoisie impérialiste... alors qu'il ne représente, en réalité, que la bourgeoisie monopoliste/impérialiste 'un cran au dessous' de la plus réactionnaire, représentée par le
FN).
La candidate FN Marine Le Pen a d’ailleurs immédiatement revendiqué la paternité de la mesure et, dans son petit jeu de Caliméro au sujet des 500 signatures, clamé que Nicolas Sarkozy ‘se prépare à son absence’ à l'élection présidentielle, car 'il sait que sa seule chance d'être au second tour, c'est que (elle) ne soit pas candidate'… Ceci dit, au demeurant (mais y a-t-elle fait gaffe ?), voilà qui enfonce un sérieux coin dans la façade ‘sociale’ dont se pare la candidate fasciste.
Mais voilà : on voit bien comment, avec un FN crédité de 20% dans les sondages, la droitisation ultra voire la fascisation du champ politique bourgeois est en marche à tout crin. On peut comprendre qu’il soit tentant, pour certain-e-s, de se rassurer en se disant que non, ce n’est pas possible, même avec 25% de l’électorat, le FN ne peut pas accéder au pouvoir, puisqu’aucun parti ne veut faire alliance avec lui… C’est oublier l’exemple hongrois.
Dans ce pays, l’adoption d’une nouvelle Constitution ultra-réactionnaire, qui fait jaser les démocrates et sociaux-démocrates bourgeois de toute l’Europe, ouvre clairement la porte au fascisme : tout ne sera désormais qu’une question de degré, et non de nature. On voit mal ce qui sépare à présent le type de gouvernement en Hongrie de celui en Russie, en Ukraine etc. Et, au même moment, comme une sorte d'écho sinistre à la proposition de Sarkozy, le gouvernement vient de promulguer... le travail obligatoire pour les chômeurs, dans de véritables chantiers-camps où ils seraient logés dans des containers, surveillés par des policiers à la retraite. Une mesure dont il ne faut chercher bien loin pour comprendre qu'elle vise principalement la minorité Rrom, dont la plus grande partie est au chômage...
Mais ceci n’est que l’aboutissement d’un processus de 10 ans, durant lesquels le parti national-conservateur d’ultra-droite Fidesz (Union civique hongroise), déjà au pouvoir de 1998 à 2002, opposé à un pouvoir de ‘centre-gauche’ absolument catastrophique, s’est approprié les thèmes de l’extrême-droite (regroupée en 2003 dans le parti Jobbik, dont la branche paramilitaire, la Garde Hongroise, est connue pour ses défilés au grand jour). Rognant petit à petit du terrain au niveau local, il a finalement remporté les élections nationales en 2010, et très rapidement instauré un style de gouvernement réactionnaire et ultra-autoritaire, anti-libéral et anti-progressiste*, en se présentant comme la seule alternative à la montée du Jobbik (qui a, quant à lui, remporté 16,7% des voix à cette élection, soit 47 députés).
[*La nouvelle Constitution rend tout parti ou mouvement socialiste ou communiste, 'rétroactivement responsable des crimes commis' avant 1989...]
On voit donc comment, au prétexte de ‘barrer la route’ à une extrême-droite ouvertement fasciste (d’ailleurs moins forte que le FN en France, puisque ‘seulement’ à 16%), la ‘droite de la droite’ bourgeoise peut finalement reprendre et appliquer son programme : où est la différence pour les masses ? Ceci s’inscrit d’ailleurs dans la tradition historique de ce pays : instauré après l’écrasement du mouvement révolutionnaire de 1919-20, le régime conservateur autoritaire du régent Horthy fut ‘doublé à droite’, dans les années 1930, par un mouvement ouvertement fasciste et pro-nazi, les Croix-Fléchées. Le régime horthyste put alors s’affirmer de plus en plus réactionnaire et fascisant, s’alliant avec l’Allemagne nazie à partir de 1938 (pour dépecer la Tchécoslovaquie, puis la Pologne), tout en se présentant comme une alternative ‘raisonnable’ aux ‘extrémistes’ des Croix-Fléchées, qui ne prendront réellement le pouvoir qu’en 1944, à la toute fin (et au plus fort) de la guerre…
Et, en France, cela ne fait-il pas 25 ANS que ce petit jeu dure entre la droite (RPR, aujourd’hui UMP) et le FN ? ‘Votez pour nous, acceptez toutes nos mesures plus réactionnaires, sécuritaires et anti-populaires les unes que les autres, ou alors ce sera Le Pen !’… Aujourd’hui, alors que nous sommes entrés dans la phase terminale de la crise générale du capitalisme (débutée dans les années 70), l’UMP, si elle veut conserver le pouvoir, n’a absolument pas d’autres solutions que de reprendre des pans entiers du programme de Marine Le Pen (expression de la bourgeoisie impérialiste la plus réactionnaire et agressive), pour essayer de capter son électorat. Il n’est alors pas ‘fantasmagorique’ d’imaginer un fascisme s’instaurant ainsi, pas à pas, avec un FN à plus de 20%, voire 25%, et une droite bourgeoise ultra se chargeant d’appliquer par petites touches son programme, sur l’air de ‘c’est nous… ou vous préférez eux ?’…
Dans le ‘meilleur’ des cas, cela va ‘trop loin’, la tradition ‘radicale’, démocrate-bourgeoise centriste BBR est encore suffisamment forte, et nous aurons la ‘droite modérée’, Hollande ou Bayrou, pour un ‘répit’ de 5 ans avant un raz-de-marée ultra-réactionnaire et fasciste. Mais ne nous leurrons pas : il n’est pas du tout exclu que Sarkozy (flanqué de ses Guéant, Hortefeux et autre ‘Droite populaire’ Mariani-Luca) soit reconduit au printemps prochain. Les sondages bourgeois reflètent sans doute très mal les reports de voix de l’électorat FN sur lui au dernier moment (le 6 mai), sur le thème du ‘moindre mal’ : "c’est un guignol, il fait honte à la France, mais avec la gauche ? c’est la faillite, comme en Grèce !"…
Tel est le résultat de la crise générale, en phase terminale, du capitalisme ; et de l’hégémonie intellectuelle réactionnaire et fascisante qui domine en l’absence d’un Parti révolutionnaire conséquent, agrégeant un mouvement progressiste fort autour de lui.
La crise, puisqu’il en est question, SLP vous livre à ce sujet l’analyse de l’organisation communiste Voie Prolétarienne.
Celle-ci n’est pas totalement partagée par SLP, dont la position est celle des camarades italiens du (nouveau)PCI (pour lesquels SLP appelle, encore une fois, à la solidarité internationale contre la répression : suite à des vices de procédure, le procès politique qui se tient à Bologne est reporté au 2 mai). La crise actuelle du capitalisme N’EST PAS une crise ‘cyclique’ de surproduction de marchandise, que le capitalisme a, au fil du temps, appris à surmonter à travers des ‘amortisseurs sociaux’ (pour les masses), une réorganisation rapide et divers instruments régulateurs (Formes Antithétiques de l'Unité Sociale). C’est une crise par SURPRODUCTION ABSOLUE (mondiale) DE CAPITAL, comme cela est expliqué ici. Il y a trop de Capital surproduit sur la planète, si bien que, si on le réinjectait dans l’activité productive, le taux de profit serait absolument ridicule, voire nul**. [**« ... Dès que le capital aurait augmenté par rapport à la population ouvrière dans des proportions telles que ni le temps de travail absolu que fournit cette population ne pourrait être prolongé, ni le temps de surtravail relatif étendu (ce qui, de toute manière, serait impossible dans une situation où la demande de travail serait si forte; car les salaires auraient tendance à monter), donc, si le capital accru ne produisait qu'une masse de plus-value tout au plus égale et même moindre qu'avant son augmentation, alors il y aurait surproduction absolue de capital; c'est-à-dire que le capital augmenté C + C ne produirait pas plus de profit ou même en produirait moins que le capital C avant qu'il ne s'accroisse de C. Dans les deux cas se produirait une forte et brusque baisse du taux général de profit, mais cette fois en vertu d'un changement dans la composition du capital qui ne serait pas dû au développement de la force productive, mais à une hausse de la valeur argent du capital variable (en raison de la hausse des salaires) et à la diminution correspondante dans le rapport du surtravail au travail nécessaire » (Capital, livre III, I, p. 233, trad. Éditions Sociales, p. 264, t. 6)]
Une des
expressions de cette surproduction de Capital, dont les capitalistes ne savent que faire, c'est la spéculation : on fait de l’argent avec de l’argent. Voilà pourquoi les discours fascistes,
et les discours populistes de droite comme de gauche, qui expriment une ‘insurrection’ du capitalisme contre sa propre crise, s’en prennent si violemment aux ‘spéculateurs’ et à la finance,
appelant à un capitalisme ‘raisonnable’, ‘régulé’, ‘productif’, 'créateur de richesse'…
Mais voilà : la ‘régulation’, la ‘caporalisation’ du capitalisme qui est d'ailleurs une définition du
fascisme, ne fonctionne qu’un temps. A terme, il faudra ‘purger’ : il faudra LIQUIDER
du Capital surproduit. Et il n’est pas possible de détruire du
Capital immatériel, des ‘flux financiers’… On ne peut détruire que du Capital matériel : des moyens de production, des FORCES PRODUCTIVES, incluant de la force de travail humaine. Bien
entendu, pas chez soi : comme la surproduction absolue est mondiale, et que nous vivons dans un monde de concurrence entre monopoles et Etats impérialistes, ce Capital sera détruit chez les autres. Cela s’appelle
tout simplement la GUERRE IMPERIALISTE MONDIALE, qui est une GUERRE D’EXTERMINATION pour les masses populaires des contrées concernées… Seule cette guerre
d’extermination permet de faire ‘place nette’ pour permettre une nouvelle accumulation. C’est ce qui s’est produit entre 1914 et 1945. Mais aujourd’hui, selon SLP, les ‘capacités de
relance’ du capitalisme sont bien moindre qu’à cette époque, et n’existe plus, en outre, ‘l’option keynésienne’ d’une ‘reprise en main’ démocratique bourgeoise (laquelle implique de toute
manière, dans tous les cas, la guerre et une exploitation féroce des nations opprimées). La guerre impérialiste mondiale, déjà
rampante, sera beaucoup plus longue et terrible pour un résultat moindre.
A l’horizon du milieu du siècle, l’humanité n’a qu’une alternative : SOCIALISME OU BARBARIE !
Voici l'article de VP :
Malgré une flopée de plans d’austérité, la crise s’installe, faisant craindre aux bourgeois leur propre faillite. Noyés sous les chiffres et les analyses « d’experts », c’est pas facile de comprendre. On a l’impression d’une « catastrophe naturelle » qui s’abattrait sur nous, alors que c’est un fléau chronique du capitalisme !
Un ennemi sans visage ? Est-ce la faute de la finance, des spéculateurs, des agences de notation ? Les gouvernements bourgeois, eux, ont
leurs coupables tout désignés : les immigrés, les chômeurs, les soi-disant « assistés » vivant aux minima sociaux. Foutaises ! Les Etats ne sont pas au bord
de la faillite pour quelques fraudes individuelles, mais à cause de leur politique au service du capital.
Les milliards pour renflouer les banques, le bouclier fiscal, Total qui ne paye pas d’impôts en France, voilà les vrais profiteurs, la fraude
« légalisée ».
Dénoncer exclusivement la dictature des « marchés », c’est faire diversion pour masquer la réalité d’une classe possédante qui nous
opprime. C’est déplacer le problème pour détourner notre révolte, et permettre aux capitalistes de nous pressurer toujours plus : en reculant l’âge de la retraite, en augmentant les impôts
les plus injustes, comme la TVA qui pénalise au quotidien les plus exploités. Chacun peut voir l’écart se creuser entre des riches toujours plus riches et les travailleurs toujours plus pauvres.
Aujourd’hui sur un smic (faut-il encore travailler à plein temps...) les ¾ du salaire passent tous les mois dans les charges. Ce qu’il reste pour bouffer et vivre : rien, à peine de quoi
reproduire notre force de travail.
Certains en viennent à penser que la crise est un prétexte pour nous dépouiller encore plus, une espèce « d’arnaque », vu que les profits
n’ont pas l’air de baisser pour tout le monde !
La crise est pourtant bien réelle, et elle accentue la concurrence entre les capitalistes. Au jeu du « manger ou être mangé », les gros s’en tirent
toujours mieux, il n’y a qu’à voir les fermetures de boîtes et les PME qui mettent la clé sous la porte. Mais dans cette guerre économique, c’est toujours les prolos qui paient les pots
cassés.
L’issue de la crise est incertaine, elle dépend de notre résistance, de notre capacité à ne pas nous laisser diviser, à nous organiser pour combattre les politiques anti-populaires. Sarkozy voulait déjà en 2008 « moraliser » le capitalisme, taxer le capital, mais l’exploitation n’aura jamais un « visage humain ». C’est eux ou nous. Avec le capitalisme le pire est forcément à venir, mais une alternative existe, c’est le communisme. Ce n’est pas une voie facile, mais rompre avec la logique du profit est le seul moyen pour construire une société sans chômage, une société « durable », sans amiante et sans nucléaire, une société solidaire plutôt qu’individualiste. Pour cela, les prolétaires doivent défendre eux-mêmes leurs intérêts. Pour cela, il faut le pouvoir, car malgré ses crises, le capitalisme ne s’effondrera jamais tout seul.
Crise et crise financière
Les capitalistes recherchent le profit (ou la plus-value) qui permet d’avoir toujours plus de capital. Les marxistes expliquent que leur but est
« l’accumulation » du capital. Ce capital peut servir à frimer avec des yachts ou des ferraris mais il n’a de valeur que s’il est ré-investi dans de nouveaux moyens de
production (pour nous exploiter encore plus). Ce cycle ne s’interrompt jamais, c’est une fuite en avant. Les capitalistes mesurent leurs gains en milliards, mais surtout en pourcentage,
c’est-à-dire un taux de rentabilité du capital qu’ils veulent maintenir coûte que coûte. Pour les capitalistes, une crise c’est la baisse de ce taux de rentabilité (ou « taux de
profit ») qui signifie concrètement pour eux le ralentissement de l’accumulation. La mesure du profit en milliards se voit dans les résultats des entreprises, mais pas le taux. La
crise actuelle est une crise de surproduction de capital, il y en a trop par rapport à ce qui peut être réinvesti dans la production. La surproduction de marchandises — qui ne
sont pas achetées — où les capitalistes ne récupèrent pas le profit espéré, n’est qu’un aspect de la crise. Les réformistes en restent là et pensent sauver le système par la relance de la
consommation.
En situation de crise, les capitalistes vont vouloir engranger un maximum et le plus vite possible, ce qui provoque une frénésie spéculative.
D’une part, une partie des valeurs aux mains des capitalistes ne vont plus à la production (de plus-value), mais au gain immédiat (bourse). D’autre part, le crédit, mais aussi les dépenses
d’Etat, permettent de soutenir la consommation. Le crédit permet d’écouler le capital et de spéculer en anticipant sur des gains futurs (ils parient et parfois ils perdent, comme cela s’est
manifesté dans la crise de l’immobilier américain).
Désigner les agences de notation comme responsables de la crise, c’est confondre l’indication du thermomètre et la maladie. Qu’elles soient privées comme la bande des trois (S&P, Moody’s et Fitch) ou publiques comme l’agence européenne prônée par Sarkozy ne change rien. Elles notent les équilibres commerciaux du marché capitaliste, et la possibilité pour un créancier de récupérer ses investissements. La régulation par la dette a toujours été un outil d’asservissement des peuples, en premier lieu des pays dominés, auxquelles le FMI impose l’austérité depuis des décennies. _ Maintenant, via les agences de notation, on nous explique que c’est notre tour ! Si elles ne provoquent pas les crises, elles sont de bonnes justifications aux politiques d’austérité (sous couvert de garder les AAA), et sont de parfaits épouvantails pour détourner notre colère.
Un Etat peut il faire faillite ?
La faillite ou cessation de paiement, c’est la situation d’une personne, d’une entreprise, d’un Etat qui ne peuvent plus faire face à leurs obligations financières : payer les fournisseurs, rembourser ses dettes, payer les salariés. Ça correspond aussi à une situation où la valeur des « actifs » détenus (pour une entreprise, un Etat), c’est-à-dire la valeur de ce qu’ils possèdent : machines, bâtiments, terrains, créances sur d’autres, placements financiers, est inférieure à la valeur de ce qu’elle doit (dettes, placements faits chez elle par d’autres, factures dues à ses fournisseurs…). Par exemple en France, la dette publique est de 1 646 milliards d’euros, mais les actifs publics de 2 273 milliards d’euros. N’oublions pas qu’en situation d’endettement, ceux qui « prêtent » en tirent profit comme l’Allemagne et la France aux dépends de la Grèce.
Pour éviter la faillite, c’est-à-dire continuer à payer leurs emprunts ou leur fournisseurs, les Etats très endettés se voient imposer :
> d’augmenter l’exploitation directe ou indirecte (réduction des salaires, des dépenses de santé, d’éducation)
> de privatiser des biens publics (des « actifs ») souvent au bénéfice de leur prêteurs. La Grèce se voit imposer des privatisations pour 50 Md
d’Euros
> d’obtenir des rééchelonnements de leurs dettes…
Dans tous les cas, lorsqu’un pays a des difficultés à faire face au remboursement de ses emprunts, le rapport de force passe du côté des prêteurs ou des institutions internationales (FMI, etc) dominés par les pays impérialistes. Il y a donc une perte d’autonomie voire une mise sous tutelle politique comme pour la Grèce ou l’Italie.
Les crises ont pour conséquence une hausse importante du chômage pour les ouvriers. 900 sites industriels ont fermé en France ces trois dernières années.
Mais le capitalisme peut être prospère avec un niveau relativement élevé de chômage, ce n’est pas pour les capitalistes un indice d’une crise économique.
Les crises sont aussi l’occasion pour la bourgeoisie de liquider ce qui n’est pas rentable (les moyens de production mais aussi les hommes), d’augmenter la rentabilité de ce qui reste en
durcissant l’exploitation.
Aujourd’hui, pour restaurer son taux de profit, la bourgeoisie impose :
> la baisse du pouvoir d’achat ouvrier
> l’intensification du travail (chasse aux temps morts)
> les attaques sur les salaires indirects (santé, éducation,....)
> les délocalisation vers les pays aux salaires les plus bas
La crise est d’autant plus grave qu’elle frappe les deux principaux pôles économiques impérialistes : les Etats-Unis et l’Europe. Le reste du monde (Chine, Russie, Brésil…) est en position de prêteur. La dette et la crise rebattent les cartes entre tous les pays impérialistes. La Chine détenant plus du quart de la dette extérieure des USA, elle n’a pas pourtant intérêt à voir les USA en difficulté financière. En effet, si les USA ne pouvaient pas payer leur dettes, ou s’ils dévaluaient leur monnaie, la Chine verrait ses avoirs en dollars perdre de la valeur, et d’autre part elle serait moins en condition de vendre sur le marché américain. Ça voudrait dire moins d’exportations et donc la nécessité d’augmenter les salaires pour vendre plus de marchandises aux travailleurs de Chine. De son côté, si les USA dévaluaient le dollar, ils auraient encore plus de mal à trouver des prêteurs et les tensions sociales à l’intérieur du pays s’exacerberaient. C’est la mondialisation capitaliste !
Tous les pays impérialistes sont profondément endettés. Une bonne partie de cet endettement est dû à des dépenses illégitimes, en particulier des dépenses militaires (pour mener les guerres en Irak, Afghanistan, etc…) qui ont augmenté dans le monde de 50 % en 10 ans. Avec la crise, la concurrence entre pays impérialistes est plus ouverte que jamais, et chacun essaie de tirer son épingle du jeu, sur le dos des peuples. Dans la guerre économique, les bourgeoisies européennes veulent préserver leur place et sont sans pitié pour les maillons faibles. Le « sauvetage » de la Grèce ne visait qu’à sauver les banques, complices et profiteuses de l’endettement, et la construction européenne qui bénéficie d’abord aux grandes puissances comme la France et l’Allemagne.
Rétablir les frontières nationales ou européennes et les barrières douanières en taxant les importations, réindustrialiser les bassins d’emplois avec l’appui de
l’Etat et des pouvoirs publics : toutes ces propositions électorales vont dans le sens de la préférence économique à la production nationale, du « fabriquons
français », du protectionnisme.
Nous refusons la mondialisation capitaliste, mais ces mesures n’ont aucun sens à l’époque de l’impérialisme. La plupart des entreprises à l’origine des suppressions
récentes d’emplois en France n’ont rien de « françaises » : Continental, Goodyear, Fralib (groupe Unilever) Arcelor-Mittal, Molex, General Motors, Ford... En 2007, dans l’industrie
manufacturière, les entreprises étrangères ont contribué pour 26 % à l’emploi en France. Les monopoles français, bien « de chez nous », Renault, EDF, France-Télécom, Véolia,
Saint-Gobain, Areva, Total, etc. sont aussi largement implantés sur toute la planète pour préserver leur compétitivité.
Beaucoup de politiques mettent en avant la recherche et l’innovation pour créer des emplois. On a vu que les progrès techniques ne sont pas
neutres, les chaînes de production de plus en plus sophistiquées et productives sont encore plus aliénantes pour les ouvriers. Et surtout c’est être pris au piège de la guerre économique
internationale où les pays impérialistes s’arrogent les brevets et la puissance intellectuelle, renforçant leur domination sur le monde. Nous refusons la mise en concurrence internationale des
travailleurs et des pays. Ces mesures prétendent restaurer le pouvoir du politique sur l’économique, mais elles nous enchaînent à la logique de nos exploiteurs, du marché, de la concurrence.
Elles détournent la lutte des classes en nous enfermant dans la question nationale ou européenne.
Enfin, les suppressions d’emplois sont dues largement à la hausse de la productivité du travail. D’une part, la machine a remplacé l’homme et il faut moins de travailleurs pour produire une quantité équivalente. D’autre part, les capitalistes ont intensifié considérablement le travail et les cadences. C’est le capitalisme qui fabrique le chômage. Si on veut en sortir, il faut libérer le travail de la logique du profit pour pouvoir travailler tous, moins, autrement.
Pour en finir avec les crises, il faut se battre pour construire une autre société, où nos besoins plutôt que le profit dirigeront la production. Cela veut dire aussi consommer autrement. Par exemple, sortir du nucléaire demandera à consommer moins d’énergie, en la consommant mieux, ce n’est pas revenir à la bougie ! Construire une société où le temps de travail sera partagé entre tous et toutes, où l’intérêt collectif nous guidera (plus de travail à la chaîne, réduction du travail de nuit au strict nécessaire : hôpitaux...). C’est libérer les travailleurs de la concurrence qui les réduit à se vendre aux moins mauvaises conditions. Construire une société où les hommes et les femmes politiques seront révocables à tout moment, où il fera bon vivre pour les prolétaires.
Sortir du capitalisme, c’est rompre avec l’économie de marché et avec la finance qui lui est indissolublement liée. C’est l’annulation de la dette, comme l’ont fait les bolcheviques en Russie en 1917. Rompre avec le capitalisme ne sera pas facile, mais ces efforts ne seront pas « des sacrifices », car ils seront au service de la libération de tous, et non au service de l’enrichissement d’une minorité. Pour que les travailleurs ne soient pas « volés de leurs efforts », il faudra qu’ils aient effectivement le pouvoir politique et économique.
Si les prochaines élections laissent espérer que la clique de Sarkozy soit dégagée, elles ne changeront quasi rien sur la question de l’emploi face à la crise du
capitalisme. Nous ne pouvons pas nous en remettre à l’Etat, car si les têtes changent, il reste au service de la classe bourgeoise qui détient le pouvoir économique.
Pour changer ça, il nous faut notre propre parti, une organisation communiste dirigée par des ouvriers et des prolétaires, de toutes origines,
avec ou sans emploi, qui fera exister politiquement nos besoins fondamentaux. Un parti pour lutter et pour réfléchir, comprendre le monde dans lequel nous vivons, tirer les leçons de nos échecs
(comme pour les retraites), pour avancer pas à pas.
Au quotidien, nous résistons, nous luttons, nous soutenons les luttes ouvrières, les luttes démocratiques et progressistes, nous créons des solidarités ici et dans
le monde, qui seront l’embryon d’une plus grande force collective pour demain. Sans parti communiste, les ouvriers sont les acteurs de combats dont seuls les réformistes bourgeois tirent profit
politiquement. On le voit bien un an après les soulèvements dans le monde arabe. Alors que les luttes au Népal, en Inde, aux Philippines, montrent que les travailleurs peuvent s’organiser pour
faire l’histoire selon leurs intérêts, en vue de mettre fin à toute oppression et exploitation.
Récapitulatif des "grandes thèses" de Servir le Peuple
du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)
(version non-définitive ; chap. 4 et 5 pas encore validés par les camarades italiens)
La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)
article de 1985 paru dans Rapporti Sociali n°0
[en bas de la page en lien, icône
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Questions-réponses sur la situation au Népal
Discussion sur la "gauche" en Amérique latine et la bourgeoisie bureaucratique
Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria : l'analyse d'un communiste abertzale
Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria, 2e partie
Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria, 3e et dernière partie
25 avril 1945 : le Peuple italien terrasse le fascisme
Comité de Soutien à la Révolution en Inde
Comité de solidarité franco-népalais
Revolution South Asia (en anglais)
Maoist Resistance (guerilla maoïste indienne - en anglais)
NaxalRevolution (Naxalite Maoist India, en anglais)
Banned Thought (en anglais)
Indian Vanguard (en anglais)
The Next Front (Népal - anglais)
Signalfire (sur la GPP en Inde et aux Philippines, le Népal et les luttes populaires dans le monde - en anglais)
Communist Party of India (Marxist-Leninist) Naxalbari (n'a pas fusionné avec le CPI(maoist), mais soutient la GPP)
Philippine Revolution (en anglais) - Guerre populaire aux Philippines
Groupes antifascistes Hexagone :
Action Antifasciste Bordeaux
Action Antifasciste Montpellier
Propaganda Act
Solidarité Résistance Antifa
REFLEXes - site d'informations antifascistes
Rebellyon - rubrique "Facho"
Libertat - issu de plusieurs organisations révolutionnaires occitanes - en français et en occitan. Contre l'Occitanie identitaire des Roudier et Bompard, vive l'Occitanie révolutionnaire !
Breizh Komunour - Bretagne communiste
Collectif Vienne Antifa (30 km au Sud de Lyon)
Généraliste :
Droites extrêmes - blog Le Monde (site d'information bourgeois bien fourni, parfait pour le "watch")
A l'étranger :
Sare Antifaxista - en castillan et euskara
RASH Madrid - en castillan
RASH Los Caracas - en castillan
RASH Bogota - en castillan
Colectivos de Jovenes Comunistas - en castillan, catégorie Antifascismo.
Site d'information antifa italien
Antifa England - en anglais
Antifa Bruxelles - en français, issu du Bloc ML
Document :
Ascenseur pour les fachos (série de 6 vidéos Youtube, Antifascisme.org, site social-démocrate)
Le père Le Pen a tout compris quand il a déclaré apparemment : "Après les élections, il n'y aura plus d'UMP".
Sinon, cette sous-merde de Guéant se croit malin avec sa phrase "à double tranchant", car si certains commentateurs bourgeois essayent de lui trouver des excuses : "le mot "civilisation" n'est pas approprié, il voulait dire société, régime politique...", les fascistes ne s'y trompent pas, Gollnisch déclarant ainsi : "J'ai le droit de penser que l'orchestre symphonique, c'est supérieur au tam-tam"...
http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/02/08/avis-divergents-a-l-extreme-droite-sur-les-propos-de-gueant_1640303_1471069.html