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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 11:45

 

Voici un article d'Isabelle Garo (philosophe spécialiste de Marx et Engels, mélenchoniste revendiquée mais bon, ce n’est pas le débat ici...), paru sur son site personnel et repris par les camarades de Libération Irlande.

maocIl est en effet capital de définir clairement ces notions d'un point de vue marxiste authentique, tant elles font l'objet de confusionnismes et de débats contre-productifs. Comme certains "maoïstes" le disent à raison, il est facile d'"escamoter" la bourgeoisie derrière une vague notion de "peuple", ce dont les fascistes sont spécialistes ; mais pas seulement la bourgeoisie en réalité : toute personne non-prolétaire qui va se vouloir "révolutionnaire" va chercher à s'inclure (et inclure sa classe) dans le "peuple" (ou "les travailleurs") et mettre cela particulièrement en avant - aristocrates ouvriers (qui pourront cependant parler souvent de "classe ouvrière"), petits bourgeois divers etc. Mais comme ces mêmes "maoïstes" ne le disent pas (puisqu'ils le font...), il est également vite fait de qualifier tous ceux qui parlent de "peuple" de "populistes" et de fasciste en puissance.

Voyons rapidement, en synthèse, ce qu'entend Servir le Peuple par ces différents termes :

- Le prolétariat consiste en les personnes ne possédant que leur force de travail (aucun moyen de production ni "capital" d'aucune sorte, fut-ce sous forme de diplômes, savoir-faire rare etc.) et louant quotidiennement celle-ci (salariat) à un employeur, qui possède les moyens de production, contre en principe le strict nécessaire pour reproduire cette force. Suivant cette définition, il n'y aurait pas beaucoup de prolétaires dans les pays dits "développés", c'est pourquoi nous intégrons la notion de "dignité minimale d'existence", sur la base non seulement de besoins objectifs mais de besoins induits par les maîtres capitalistes de la production, qui rappelons-le remplissent ainsi leurs caisses ("société de consommation" inventée au début du 20e siècle notamment par Henry Ford : on paye le prolétaire plus que le strict nécessaire pour survivre, mais c'est pour qu'il consomme donc participe, non plus comme producteur mais comme acheteur, à la création de plus-value). Par sa force de travail, dans ces strictes conditions salariales, le/la prolétaire crée la plus-value capitaliste (la valeur ajoutée) ou participe à sa réalisation financière (transformation du "capital-marchandise" en plus-value proprement dite : ce sont tou-te-s les agent-e-s de la commercialisation des produits).

- Le peuple ou masses ou classes populaires (nous parlerons parfois aussi de "travailleurs") désigne les personnes tirant uniquement ou principalement leurs revenus de l'usage qu'elles font de leur force de travail. Ce ne sont pas forcément des salarié-e-s : ce peut être des paysan-ne-s, des artisan-e-s, toutes sortes de personnes "à leur compte". Pour les salarié-e-s, cela n'implique pas qu'ils/elles ne perçoivent que la stricte "dignité minimale d'existence" : le "peuple" inclut l'aristocratie du travail, les petits et moyens cadres etc., qui perçoivent (mais en proportion minime) de la valeur créée par le travail d'autrui, notamment (dans les pays impérialistes) par les travailleurs des pays dominés. On peut aussi dire que le peuple est la nation sans la classe dominante. Dans ce cas, on parle d'un Peuple en particulier et l'on met un P majuscule (Peuple occitan, Peuple breton etc.).

- La bourgeoisie ou "Capital" ou "classe dominante" ou "possédants", ce sont les personnes qui vivent principalement de la force de travail d'autrui, qu'elles "possèdent" d'une manière ou d'une autre (en possédant des moyens de production et donc "louant" contre salaire la force de travail du salarié, ou encore en possédant une terre agricole exploitée par un fermier ou métayer qui paye sa "redevance" - féodalité mais cela existe encore beaucoup, ou autrefois - esclavage - en possédant directement, en plus des moyens de production, la personne du travailleur, mais cela a en principe quasiment disparu), ou dont elles perçoivent d'une manière ou d'une autre la richesse produite (ce qui constitue l'essentiel de leurs moyens d'existence). Cela implique évidemment un niveau de vie "correct" et n'inclut pas les personnes qui, privées d'emploi (armée de réserve du Capital) ou ne pouvant travailler (invalides, âgées), perçoivent une petite misère de la "solidarité publique" que les luttes des travailleurs ont péniblement conquise au 20e siècle. Cela implique, plus ou moins directement, une notion d'exploitation d'autrui. Dans les pays coloniaux ou semi-coloniaux, un grande partie de la bourgeoisie/classe dominante est vendue à la bourgeoisie impérialiste de la nation dominante, mais une partie conséquente peut rester en forte contradiction (c'est celle que le marxisme-léninisme appelle "bourgeoisie nationale", dont une partie progressiste/démocratique peut être l'alliée de la révolution jusqu'à un certain point). Dans les provinces périphériques des grands États contemporains, la bourgeoisie "nationale" (au sens d'autochtone) sera généralement totalement intégrée, économiquement et culturellement, à la classe dominante de l’État en question, une petite minorité restera "autonomiste" ou "régionaliste" et encore moins sera indépendantiste, sauf dans des cas particuliers (État espagnol où la bourgeoisie castillane n'est pas dominante économiquement, État britannique où la bourgeoisie anglaise n'est "plus ce qu'elle était" et où de surcroît les bourgeoisies continentales tendent la main aux bourgeoisies périphériques).

- La nation est une réalité totalement objective et infrastructurelle. Elle se forme sur la base d'un grand "bassin" géographiquement défini (puis éventuellement politiquement "remodelé") de vie économique productive commune, avec une dose minimale d'économie marchande capitalisante (aube du capitalisme, qui unifie le marché dans une certaine mesure - Kayppakaya) – lorsqu'il n'y a pas de capitalisme embryonnaire, on parlera plutôt d'"ethnie", de "tribu", il n'existe plus que très peu de populations dans ce cas sur la planète (on parle toutefois de "Premières Nations" en Amérique du Nord). En Europe, les nations sont apparues au Moyen Âge dit "médian" ou "classique" (entre 1000 et 1300 de l'ère chrétienne) ; on peut en dire autant de la plupart des nations d'Asie et d'une partie de l'Afrique. Ailleurs, elles sont nées avec l'arrivée du capitalisme qui a souvent été celle des Européens. Une nation se caractérise par les critères posés en 1913 par Joseph Staline : communauté de territoire [encore qu'il puisse y avoir selon nous des nations avec éclatement territorial, comme les Yiddish d'Europe de l'Est avant la Shoah ou les Roms], de langue [encore qu'il puisse y avoir des nations avec deux voire trois langues, comme en Bretagne (brezhoneg/gallo/français), en Franche-Comté (arpitan jurassien/comtois d'oïl/français), en Écosse (scots/anglais/gaélique), en Irlande (anglais/gaélique) etc. etc.], de culture et de "formation psychique", donnant naissance à un "sentiment d'appartenance commune". La première chose qui pourrait distinguer "nation" de "peuple", c'est donc déjà ce caractère objectif et le fait que la nation en tant que telle ne "pense" pas, et encore moins met la pensée en action. La nation est mue par une classe donnée, qui pense et agit. Pendant fort longtemps (pratiquement du 11e au 19e siècle) cette classe fut la bourgeoisie, que l'on pouvait considérer alors comme partie et "tête" du peuple, si on limite les classes dominantes à l'aristocratie et au clergé (la bourgeoisie aura toutefois un rôle tout sauf négligeable dans les États modernes "absolutistes" entre le 13e et les 18e-19e siècles). Aujourd'hui, elles ont vocation à être mues par le prolétariat à la tête des masses populaires, du "peuple". Toutes les classes d'une société sont toujours en mouvement, mais c'est lui qui aujourd'hui et demain écrit et écrira l'histoire des nations apparues au Moyen Âge "classique", et déterminera ce qu'elles deviendront (car les nations ne sont pas "intemporelles" ni "éternelles", ainsi il y avait des sortes de "nations" dans l'Antiquité, où existait une sorte de "capitalisme à force de travail esclave", mais elles ont disparu dans les grands bouleversements qui ont secoué l'Europe, l'Asie et l'Afrique du Nord entre le 4e et le 10e siècle). De l'apparition des nations actuelles jusqu'au 19e siècle, toutes les classes étaient en mouvement mais l'histoire était écrite par les bourgeoisies. Même si c'étaient les nobles qui guerroyaient et les religieux qui encadraient les esprits,  ce sont notamment elles qui, par leurs victoires pour les unes (anglaise, française, castillane, piémontaise et lombarde, rhénane et brandebourgeoise) et par leurs défaites pour les autres (occitane ou bretonne, galloise ou irlandaise ou écossaise, corse ou sarde, catalane ou basque, andalouse ou "deux-sicilienne", bavaroise ou hanovrienne etc.), ont construit les États que nous connaissons actuellement. L’on peut dire que la bourgeoisie européenne a globalement construit (par l’activité économique et toute l’activité sociale qui en découle) les nations entre l’An 1000 et le 16e siècle, et les États (pratiquement aucun État européen ne correspondant exactement à une nation) entre le 13e et le 19e, jusqu’aux "petits derniers" de 1919 – résultant de l’effondrement des Empires austro-hongrois, russe et ottoman. 

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La question du peuple chez Marx est une question complexe, en dépit des thèses tranchées qu’on lui prête volontiers sur ce sujet. Au premier abord en effet, on a tendance à penser que Marx construit la catégorie politique de prolétariat précisément contre la notion classique de peuple, trop englobante et surtout trop homogénéisante, qui gomme les conflits de classe. En ce sens, la notion de peuple serait illusoire, voire dangereusement illusionnante lorsqu’elle est politiquement instrumentalisée.

Pourtant, si Marx se défie bien de toute conception organique du peuple, il reprend le terme à plusieurs occasions et, en particulier, pour penser les luttes nationales de son temps, lorsqu’elles visent à conquérir l’indépendance contre des puissances colonisatrices. Il l’utilise également pour désigner les spécificités nationales, qui caractérisent les rapports de force sociaux et politiques toujours singuliers et que, selon lui, il faut toujours analyser dans un tel cadre national. Enfin, le terme de peuple désigne un certain type d’alliance de classes dans le cadre de conflits sociaux et politiques de grande ampleur.

Lors de ces trois usages, le terme de « peuple » n’est jamais détaché par Marx de tout clivage social, bien au contraire. Il faut rappeler qu’il est, chez lui, directement hérité de la Révolution française et des œuvres politiques qui l’encadrent, de Rousseau jusqu’à Babeuf et Buonarroti : selon cette tradition, le terme de peuple désigne les groupes sociaux opposés à l’aristocratie, et il n’est pas le substantif indifférenciant que des usages postérieurs valoriseront.

Je voudrais aborder ici successivement ces différents usages marxiens, en les confrontant à la question du prolétariat, que Marx élabore parallèlement. Au cours de cette élaboration, et surtout à partir de la fin des années 1850, Marx va s’intéresser de façon précise aux luttes d’émancipation et à la colonisation, en Inde et en Chine, s’engageant activement dans le soutien à l’Irlande et à la Pologne, tout particulièrement.

I. Peuple et prolétariat, des concepts antagonistes ? 

onheireannIl faut rappeler que l’apparition de la notion de prolétariat est ancienne. Dès l’origine, elle désigne non le peuple mais une fraction du peuple, fraction caractérisée par sa situation sociale. Cette situation peut-être définie de deux façons distinctes : soit comme dénuement et pauvreté ; soit comme situation d’exploitation et de domination, si l’on analyse un mode de production et donc une fonction sociale active, non pas seulement un statut économique subalterne. On peut dire, schématiquement, qu’avec Marx, le terme va transiter irréversiblement de son premier vers son second sens.

Reprenons rapidement cette histoire : dans le droit romain, les prolétaires, du latin « proles », « lignée », constituent la dernière classe des citoyens, dépourvus de toute propriété et considérés comme utiles seulement par leur descendance. C’est à ce titre qu’ils sont exemptés d’impôts. Repris dans le moyen français, le terme connaît un fort regain d’intérêt au XIXe alors que se développe la critique sociale, politique et économique du monde industriel naissant.

Dans ce contexte, le substantif "prolétariat" apparaît en 1832 pour désigner l’ensemble des travailleurs pauvres, dont la misère est perçue comme le résultat de l’égoïsme des classes dirigeantes. C’est la thèse défendue par celui qui est premier à l’utiliser, Antoine Vidal, dans le premier journal ouvrier de France, L’écho de la fabrique. Et c’est en référence directe à la révolte des canuts lyonnais de 1831 qu’il invente le terme en 1832. Pour Vidal, la « classe prolétaire » est à la fois la plus utile à la société et la plus méprisée. Il est frappant qu’il revendique aussitôt qu’elle soit « quelque chose », reprenant ainsi les mots et la thématique de Sieyès, dans Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? (1789), tout en redécoupant les frontières sociales d’une classe populaire qui ne coïncide plus avec les contours juridiques du tiers-état d’Ancien régime.

Dans un second temps, le terme se trouve transposé en allemand en 1842 par l’économiste Lorenz von Stein qui étudie les courants socialistes, notamment français, tout en étant hostile au communisme. Puis il est repris par le Jeune Hégélien Moses Hess, alors proche d’Engels et de Marx, tous trois revendiquant leur adhésion au communisme. On le rencontre dès 1843 sous la plume de Marx, chez qui il acquiert un sens nouveau et une importance théorique centrale. Sa redéfinition marxienne s’élabore en trois étapes.

1/ D’abord, le terme apparaît fin 1843, au terme de la critique engagée par le jeune Marx concernant la philosophie hégélienne du droit. Dans la préface qu’il rédige pour le manuscrit de Kreuznach, qui engage la critique de la conception hégélienne de l’Etat, il désigne le sujet social enfin identifié de l’émancipation générale de la société civile moderne. Le prolétariat, parce qu’il est cette classe qui "subit l’injustice tout court", ne peut viser qu’ "une reconquête totale de l’homme".

2/ Dans l’Idéologie allemande (1845) puis dans le Manifeste du Parti communiste (1848), Marx et Engels affirment le rôle historique moteur des luttes de classe et ils définissent l’antagonisme moderne qui oppose le prolétariat et la bourgeoisie. Ils précisent ainsi une analyse d’abord engagée par Engels dans son étude de la Situation de la classe laborieuse en Angleterre. Le prolétariat se définit par sa place au sein d’un mode de production et des rapports sociaux qui lui correspondent. Il est à la fois la classe qui produit les richesses sans posséder de moyens de production, et celle qui est appelée, de ce fait même, à la transformation radicale du capitalisme.

3/ Enfin, dans le Capital et dans le vaste ensemble des manuscrits préparatoires, la découverte de la survaleur et de son origine : la fraction de temps de travail non payé que s’approprie le capitaliste, permet à Marx de préciser cette notion et d’en exposer la dimension dialectique. Le prolétariat n’est pas avant tout pauvre, il est dépossédé de la richesse sociale qu’il crée. Par suite, son unité et son identité de classe se construisent en contradiction avec le caractère privé de l’appropriation bourgeoise et visent le communisme. Mais, d’un autre côté, le prolétariat subit aussi une concurrence vive entre ses membres, concurrence entretenue par la classe capitaliste et qui fait puissamment obstacle à sa prise de conscience unitaire et à son rôle révolutionnaire.

Le prolétariat au sens marxien est une notion qui se veut socialement descriptive mais qui présente toujours en même temps une dimension politique et philosophique constitutive. Je voudrais insister principalement sur le premier moment de cette construction.

En effet, dès l’Introduction de la contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, rédigée à partir de la fin 1843, Marx développe sa thèse concernant le rôle historique du prolétariat moderne, et plus particulièrement du prolétariat allemand. Or, loin de proposer de substituer le prolétariat au peuple, on y rencontre précisément la mise en relation dialectique des notions de prolétariat et de peuple. D’une part, Marx distingue deux histoires nationales et deux scénarios d’émancipation : « nous avons en effet partagé les restaurations des peuples modernes (die modernen Völker) sans partager leurs révolutions. Nous avons connu des restaurations, premièrement parce que d’autres peuples ont osé faire une révolution, et deuxièmement parce que d’autres peuples ont subi une contre-révolution ».

Ici, les notions de peuple et de révolution (ou de contre-révolutions) se font immédiatement écho. Il existe des cultures politiques populaires, et ces cultures politiques conduisent à se déterminer pour ou contre la révolution, cette dernière ayant avant tout pour modèle la « grande » révolution anti-féodale française. En rapport avec cet horizon, qui lie peuple et révolution anti-féodale comme des entités politiques associées, indissociables même, Marx va utiliser la notion de prolétariat pour la relier à un nouveau type de révolution, plus avancée, qu’on peut qualifier d’anti-capitaliste ou de communiste, radicalisant la révolution précédente. Il en résulte, d’une part, que les luttes allemandes, aussi arriérées soient-elles, présentent pourtant une portée universelle, au même titre qu’en son temps la Révolution française.

On retrouvera par la suite, bien plus développée, l’idée que les luttes émancipatrices d’un peuple importent au sort de tous les autres. De ce point de vue, la solidarité avec les peuples opprimés est bien plus que de la philanthropie. Pour le dire autrement, elle n’est pas seulement de nature morale, elle est d’ordre fondamentalement politique : « Et même pour les peuples modernes, cette lutte contre le contenu borné du statu quo allemand ne peut être sans intérêt, car le statu quo allemand est l’accomplissement avoué de l’ancien régime et l’ancien régime est le défaut caché de l’Etat moderne ».

Ainsi, la notion de peuple conserve-t-elle sa validité, en dépit de ses limites, du fait du maintien de l’Ancien Régime, y compris au sein des nations qui ont réalisé leur révolution anti-féodale. En d’autres termes, cette révolution partielle et inachevée se fait matrice de révolutions plus radicales, de la même manière que les peuples se déterminent comme classes populaires elles-mêmes plus ou moins radicales, le prolétariat étant le nom de cette radicalisation populaire, à la fois sociale et politique.

STA73515C’est en ce point, qu’on rencontre une définition du prolétariat très originale : à la fois fraction du peuple, elle représente le peuple tout entier et tendanciellement l’humanité même, du fait de la condition qu’elle subit en même temps que des exigences politiques et sociales elle est porteuse. Loin de proposer une sécession sociale, qui isolerait le prolétariat des autres composantes et en ferait une avant-garde sociale et politique, c’est bien comme représentant universel, représentant de fait de la souffrance, de l’exploitation et de la volonté d’émancipation, que le prolétariat se découpe et se singularise, en tant que classe offensive, apte à s’organiser politiquement.

Mais il faut aussitôt préciser que c’est précisément en vertu de cette dimension universelle que la révolution à venir n’est pas, ne sera pas une simple révolution politique. « Où réside la possibilité positive de l’émancipation allemande ? » s’interroge Marx. Et il répond : « Dans la formation d’une classe aux chaînes radicales, d’une classe de la société civile qui ne soit pas une classe de la société civile, d’un état social qui soit la dissolution de tous les états sociaux, d’une sphère qui possède un caractère d’universalité par l’universalité de ses souffrances (…), qui ne puisse plus se targuer d’un titre historique mais seulement du titre humain (…), d’une sphère enfin qui ne puisse s’émanciper sans s’émanciper de toutes les autres sphères de la société et sans émanciper de ce fait les autres sphères de la société, qui soit, en un mot, la perte totale de l’homme et ne puisse donc se reconquérir sans une reconquête totale de l’homme. Cette dissolution de la société réalisée dans un état social particulier, c’est le prolétariat ».

Marx ne changera jamais d’avis quant au caractère humain, c’est-à-dire universellement humanisant, de l’émancipation sociale. En revanche, après être entré dans ce qu’il nomme le « laboratoire de la production » c’est-à-dire après avoir engagé la critique de l’économie politique, il développera une conception plus complexe et moins optimiste du prolétariat comme classe offensive, faisant toujours davantage place aux contradictions qui le divisent d’avec lui-même. La concurrence ouvrière est à la fois inscrite dans les rapports de production capitalistes et systématiquement instrumentalisée par la bourgeoisie, en particulier par sa fraction industrielle. Mais il insistera également sur l’émergence, dans le cadre de la grande industrie naissante, du travailleur polyvalent, porteur d’une culture et de facultés humaines développées, loin de tout misérabilisme et de toute « victimisation ». Enfin, il fera place à la complexité du processus politique qui doit parvenir à l’abolition de l’appropriation privée des richesses socialement produites, au communisme donc.

Quoi qu’il en soit, la conception du rapport entre prolétariat et peuple se révèle dès le départ contradictoire, ou plus exactement : éminemment dialectique, ce qui est bien différent. Car Marx, qu’il traite de politique ou d’économie, ne cesse d’être philosophe. Ici, la singularité est le lieu où émerge l’universel, non le lieu de formation d’une identité séparée et close sur elle-même. Il en ira de même des nationalités : découpage de l’humanité en entités politiques jamais complètement isolées, les nations sont dans certains cas et à certains moments porteuses d’une histoire émancipatrice qui les rend universelles.

II. Peuples en luttes et libérations nationales 

Ainsi, parallèlement à la spécification sociale et politique des classes dans le cadre du mode de production capitaliste, la notion de peuple reste pourtant utilisée par Marx pour penser des réalités nationales diverses, irréductibles, où se spécifient singulièrement les rapports de classes. Sur ce point encore, on attribue souvent à Marx une sous-estimation profonde de la question des nationalités et des différences nationales, en vue de penser un prolétariat d’emblée mondialisé, formé d’ouvriers qui « n’ont pas de patrie » comme le proclame le Manifeste du parti communiste en 1848, à la veille du « printemps des peuples » et alors que s’éveillent les consciences nationales. Là encore, l’analyse marxienne est bien plus complexe qu’on ne le dit habituellement.

D’une part, Marx et Engels, reconnaissent, dès cette époque, cette dimension nationale, constitutive de la construction de mouvements ouvriers distincts, fonction d’un degré de développement économique et social donné, fonction également d’un niveau de culture politique déterminé : « bien qu’elle ne soit pas, quant au fond, une lutte nationale, la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie en revêt cependant d’abord la forme. Le prolétariat de chaque pays doit, bien entendu, en finir avant tout avec sa propre bourgeoisie » .

Ici, l’idée de nation tend à remplacer l’idée antérieure de peuple, défini par son antagonisme avec l’aristocratie. La nation est le cadre d’un rapport social qui met aux prises toutes les classes, qu’elles soient dominantes ou dominées. Mais l’analyse se situe également à un autre niveau : elle s’arrête sur la capacité d’uniformisation du marché mondial d’un côté, qui entre en contradiction, de l’autre côté, avec le maintien voire le renforcement des spécificités nationales. Ainsi, Marx et Engels continuent-ils pendant un temps de penser que c’est la révolution allemande, d’abord anti-féodale ou bourgeoise, qui « ne saurait être que le prélude d’une révolution prolétarienne ». Ce scénario sera profondément bouleversé par la suite, et à plusieurs reprises.

Si la dimension nationale est bel et bien prise en considération, Marx et Engels affirment dans le même temps la force d’expansion mondiale du capitalisme, force estimée d’abord socialement homogénéisante, thèse que Marx corrigera par la suite. On peut supposer que dans un texte qui a vocation de manifeste politique, ils s’emploient d’abord à faire valoir une perspective qu’on qualifiera plus tard d’ « internationaliste », de même ampleur que le marché mondial en voie de formation, mais porteuse de perspectives tout autres. De fait, le texte qui prolonge l’affirmation célèbre « les ouvriers n’ont pas de patrie » ajoute: « comme le prolétariat doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe nationale, se constituer lui-même en nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens où l’entend la bourgeoisie ». On peut ajouter bien évidemment : nullement au sens où les nationalismes chauvins l’entendront par la suite.

puño con banderasMarx et Engels continuent : « déjà les démarcations nationales et les oppositions entre les peuples disparaissent de plus en plus avec le développement de la bourgeoisie, la liberté du commerce, le marché mondial, l’uniformité de la production industrielle et les conditions d’existence qui lui correspondent. Le prolétariat au pouvoir les fera disparaître plus encore ». Et quelques lignes plus loin on lit : « du jour où tombe l’opposition des classes à l’intérieur de la nation, tombe également l’hostilité des nations entre elles ». Internationales, mais seulement par anticipation, les luttes des prolétariats nationaux ont bien la nation pour cadre mais non pour but.

Le prolétariat est-il encore ici, au moins pour un temps, la figure du peuple, ou plus exactement : sa reconfiguration sociale et politique ? Oui et non. Non, eu égard à l’argumentaire que je viens de préciser. Oui pourtant, dans le cadre de luttes nationales qui visent l’émancipation. En ce cas, un parallélisme apparaît entre la lutte du prolétariat, dans un cadre national quel qu’il soit, et la lutte de certains peuples, auxquels l’oppression subie confère un rôle historique majeur et, une fois encore, une portée universelle.

Le mot de « peuple » voit alors coïncider ses deux sens, fondus en une nouvelle définition. Le peuple est à la fois une entité politique délimitée nationalement, mais il est aussi cette entité sociale qui lutte avec et contre d’autres, au plan international : disons que la portée descriptive ou analytique du terme retrouve de nouveau sa dimension politique, ouverte aux radicalisations que Marx appelle de ses vœux. Si le terme de « peuple » ne devient pas pour autant l’occasion d’une théorisation séparée, il ne disparaît pas du vocabulaire marxien parce que lui seul permet de comprendre les mouvements d’indépendance nationale en tant que luttes elles aussi porteuses d’universalité, et cela par-delà même leur composante prolétarienne. C’est bien entendu le cas lorsque des paysanneries luttent contre une puissance coloniale.

Cette reprise ouvre à une réflexion nouvelle et tout à fait essentielle sur les perspectives de révolution communiste. Car, à partir de là, Marx va s’orienter vers des scénarios qui échappent à toute linéarité et ne font pas de la constitution d’un prolétariat national la condition sine qua non de l’émancipation. Autrement dit, il en vient à penser qu’il est possible d’accéder au communisme sans passer nécessairement par la voie capitaliste. Et la notion de peuple est finalement et de nouveau la plus utilisable pour penser ces processus différenciés.

En effet, Marx va abandonner au cours des années 1850 la thèse de la portée civilisatrice de la colonisation, dont on trouve quelquefois trace dans ses textes antérieurs. A la lumière en particulier des situations indienne et chinoise, qu’il étudie alors, il juge que la pire barbarie se trouve en réalité du côté des colons britanniques. Parallèlement, il s’intéresse et prendre parti pour la Pologne et l’Irlande, en faveur des anti-esclavagistes américains, avant de se pencher sur la Russie.

Le cas de l’Irlande est particulièrement intéressant, en ce qui concerne le rapport entre peuple, classe ouvrière et nation tel que Marx s’efforce de le concevoir, modifiant au cours du temps ses conceptions initiales. Je m’appuie ici sur le remarquable ouvrage de Kevin Anderson : Marx at the Margins. Dans ses articles et ses déclarations au sujet de l’Irlande, à cette époque, Marx s’emploie à combiner les questions de classe, d’identité ethnique et de réalités nationales, déjà abordées précédemment.

En Irlande, le prolétariat se présente comme fraction du prolétariat britannique, fraction surexploitée et dominée. Dans le même temps, l’Irlande se présente comme colonie britannique, luttant pour son indépendance nationale. Face à cette situation complexe, d’une part, Marx et Engels conseillent aux révolutionnaires irlandais de donner toute son importance à la question des classes, et leur reprochent l’utilisation de la violence autant que la fixation religieuse identitaire.

D’autre part, Marx en vient peu à peu à considérer que le mouvement irlandais est le point d’appui des luttes ouvrières anglaises, et non l’inverse. Dans une lettre à Engels du 10 décembre 1869, il écrit : « longtemps j’ai pensé qu’il était possible de renverser le régime actuel de l’Irlande grâce à la montée de la classe ouvrière anglaise (…) Or une analyse plus approfondie m’a convaincu du contraire. La classe ouvrière anglaise ne fera jamais rien tant qu’elle ne se sera pas défaite de l’Irlande. C’est en Irlande qu’il faut placer le levier. Voilà pourquoi la question irlandaise est si importante pour le mouvement social en général » .

Présente également sur le sol anglais, la classe ouvrière irlandaise est l’occasion de dissensions internes au mouvement ouvrier, qui paralysent ce dernier et qui sont sciemment entretenues par le patronat anglais, sur le modèle du racisme et de l’esclavagisme nord-américain. Sur ce point, Marx accorde une conscience bien supérieure à la classe capitaliste, tandis que la classe ouvrière, qu’elle soit anglaise ou irlandaise, ne parvient pas à surmonter son antagonisme, la lutte de races, la xénophobie, l’emportant sur les luttes de classe, qui devraient logiquement fédérer prolétariat britannique et sous-prolétariat irlandais.

Pour conclure sur la portée politique considérable de ces réflexions, deux remarques sur la question du peuple me semblent importantes.

La première concerne le débat fameux qui opposera Marx à Bakounine au sein de la 1ère Internationale. On connaît l’accusation d’autoritarisme et d’étatisme adressée par Bakounine à Marx. On sait moins que cette opposition concerne aussi la situation en Irlande. Pure diversion, pour les bakouninistes, la cause irlandaise nuit selon eux à la cause révolutionnaire. Pour Marx, elle en est une composante, l’émancipation des peuples opprimés contribuant à l’émancipation ouvrière, et plus largement à l’émancipation humaine.

La seconde concerne la spécificité de la société irlandaise : l’Irlande est avant tout une colonie agricole de l’Angleterre, qui incite les indépendantistes à faire de l’insurrection paysanne le point de départ de la révolution nationale. C’est contre l’oligarchie foncière anglaise que lutte avant tout le peuple irlandais, Marx donnant alors à la question de la propriété de la terre un rôle politique clé, comme point de départ d’une révolution sociale en Angleterre même.

eta3.jpgCela pose à la fois le problème des alliances de classes, notamment celui de l’alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie, bien loin de l’idée que le prolétariat serait à lui seul la classe destinée à conduire l’histoire et à conduire les révolutions. Par ailleurs, cette analyse s’inscrit dans la réflexion de plus en plus affinée de Marx sur des voies de développement non capitalistes. Dans ces cas, qui concernent bien des sociétés dans le monde, qu’il analyse plus ou moins précisément (Chine, Inde, Russie, Mexique, Pérou, Algérie, etc), la révolution communiste n’a pas pour préalable l’industrialisation capitaliste et la formation d’une classe ouvrière.

Toute linéarité historique disparaît alors, et la succession obligée des modes de production cède la place à une attention portée à des formes de propriétés traditionnelles, communales. Pour Marx, ces formes persistantes pourraient bien fournir le point de départ concret d’une réorganisation économique et sociale égalitaire, faisant l’économie du passage de certains peuples par le capitalisme et par les souffrances qu’il entraîne.

Conclusion 

On le voit, la figure du prolétariat est complexe. Pour la saisir, il faut prendre en compte la spécificité de sa formation nationale et donc la mettre obligatoirement en relation avec l’idée de peuple. Mais, selon Marx, il faut aussi, à terme, viser une émancipation qui sache dépasser les barrières nationales et les antagonismes, sans unifier pour autant les voies politiques, ni les cultures au sein d’un scénario unitaire, pré-écrit, de dépassement du capitalisme. L’attention à la périphérie non-occidentale du capitalisme, dont les enjeux se révéleront pleinement dans le cadre des décolonisations du XXe siècle, se trouve déjà chez Marx lui-même, qui envisage que des sociétés puissent passer au communisme sans passer par le capitalisme, faisant ainsi l’économie de sa violence sociale et de sa barbarie coloniale.

Au total, on peut conclure que le prolétariat n’est pas une catégorie sociologique stable, encore moins le nom d’un sujet de l’histoire unifié, mais une construction dynamique, toujours définie par son antagonisme avec certaines classes et ses alliances avec d’autres classes sociales. Cet antagonisme autant que ces alliances sont à concevoir avant tout comme des constructions politiques, selon une perspective stratégique qui fera parfois défaut au marxisme ultérieur mais sera reprise par certaines de ses composantes.

Et c’est en raison même de cette plasticité de la notion, que la catégorie de peuple se maintient, en vue de penser le caractère toujours national d’une telle construction. Pour autant, le peuple n’est jamais lui non plus une entité substantifiée ou figée. C’est donc bien la dialectique prolétariat-peuple, soumise à l’examen précis de ce qu’elle est dans chaque situation historique, qui fait sens, c’est-à-dire qui ouvre (ou qui referme) des perspectives politiques d’émancipation qui, elles, visent bien, au bout du compte, l’humanité tout entière.

 


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Published by Servir_Le_Peuple - dans Théorie
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Pascal 24/11/2013 12:15

Peut on parler d'une nation rom ? Les Roms se définissent en fait par rapport aux populations sédentaires qu'ils appellent "paysans" (gatches). En Alsace (Yeniches), en Irlande, il y a des
populations au mode de vie similaire sans être de lointaine origine indienne.
Pouvait on parler d'une nation yiddish ? Il y a un parler yiddish mais dont l'élément essentiel est l'allemand. Créer une région autonome juive en Sibérie était quand même étrange, ça n'a
d'ailleurs pas été un franc succès.
Sinon, je crois que Lénine était favorable à un État black indépendant dans le Sud des USA. Les marxistes les plus sévèrement orthodoxes ont dû penser que cela divisait le prolétariat.

Servir_Le_Peuple 24/11/2013 15:38



Tout à fait, il y a des populations nomades qui ne sont pas Rroms et son simplement un héritage de l'époque, pas si lointaine (avant la "révolution" bourgeoise !) où une grande partie, peut être
10% de la population europénne était itinérante : les fameux "vagabonds", "sans feu ni lieu", "beggars", colporteurs, montreurs d'ours et autres vanniers qui est l'autre nom des yéniches en
Alsace. En Irlande et Grande-Bretagne (où ils sont aussi présent) on les appelle Travellers ou Pavees et Libération Irlande a largement popularisé leur cause : http://liberationirlande.wordpress.com/tag/travellers/


Pour les ashkénazes/yiddish, c'est effectivement un grand débat. Leur langue vient de l'allemand certes mais avec une grammaire hébraïque (or la grammaire fait autant une langue que le
vocabulaire, sans quoi on dirait que nous d'Hexagone, les peuples italiques et ibériques parlent "latin moderne"...). Et puis la langue n'est pas l'unique déterminant d'une nation (combien de
nations parlent anglais ? combien parlent portugais ? castillan ?), en fait c'est surtout la culture et là on peut dire qu'il y avait une véritable culture yiddish. Les ML ont évacué ça par
l'absence de territoire contigu... mais la population juive yiddish avait quand même une aire de repartition bien circonscrite, entre Baltique et Mer Noire, avec d'autres isolats juifs d'origine
khazare (juifs de la Volga, juifs du Caucase) qui n'en faisaient pas partie (ne parlant pas yiddish). Le projet Birobidjan (aux confins de la Mandchourie, pour ceux qui sauraient pas) était
effectivement assez pourri. En fait je pense que la question aurait pu se résoudre par la commune populaire (les shtetl seraient devenus de telles communes, socialistes et juives), mais la
conception bolchévique de l'État était encore très imprégnée de jacobino-radicalisme.


Je ne savais pas que Lénine était favorable à un État black dans le Sud des USA, mais le 'black bolshevik' Harry Haywood, grand ami de Staline, lui l'était.


 



G. 22/11/2013 12:01

merci camarade :)

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L'affaire Dieudonné-Valls :
Plutôt bon article sur la ‘Déclaration de guerre de la République à Dieudonné’ (la pseudo-controverse réactionnaire entre l’antisémite dégénéré et les gardiens du temple républicain)
Quelques mises au point complémentaires (et conclusives) sur la ‘‘question Dieudonné’’ (et Dreyfus, le Front populaire, l’antisémitisme etc.)
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Dossier Breizh :
Breizh : comment l'étincelle écotaxe a mis le feu à la lande
"Esclave", "identitaire", chouan, cul-terreux arriéré de service : pour paraphraser Césaire, "n'allez pas le répéter, mais le Breton il vous EMMERDE"
Considérations diverses – en guise de ‘‘petit debriefing’’ de ces derniers mois : Bretagne, fascisme, ‘‘Lumières’’ et Kaypakkaya… (point 1)
Considérations diverse (26/11/2013) : eh oui, Servir le Peuple a toujours quelques petites choses à vous dire ;-) (point 1)
Appel de la gauche indépendantiste bretonne (Breizhistance) pour le 30 novembre (avec notre critique de la position du ROCML)
Le Top Five des drapeaux qui n'ont PAS été inventés par un druide nazi  (mortel !)
Et en guise (provisoire) de conclusion : La Gauche indépendantiste bretonne revient sur la mobilisation de Karaez/Carhaix

Comité de Construction du PCR des Terres d'Òc : Déclaration du 11 Novembre

La phrase du moment :

"La tyrannie cessera parmi mon peuple ; il n'y aura que liberté, liberté toute nue, sans déguisement. Bouleversements d’États entiers : je les renverserai de fond en comble, il n'y aura rien de reste. Il va y avoir de terribles renversements de conditions, de charges et de toutes choses. Je veux faire un monde nouveau, je veux tout détruire. Je veux appeler à moi la faiblesse, je veux la rendre forte. Pleurez gens du monde, pleurez grands de la terre, vos puissances vont tomber. Rois du monde, vos couronnes sont abattues !"

Élie Marion, "prophète" et guérillero camisard cévenol, 1706.

Amb l'anma d'un Camisart, Pòble trabalhaire d'Occitània endavant !

 

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  • ANTARSYA - France (site en français)
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Fil d'actu "Inde - Népal" du Secours Rouge - APAPC

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Revolution in South Asia (en anglais)

Maoist Resistance (guérilla maoïste indienne - en anglais)

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Banned Thought (en anglais)

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The Next Front (Népal - anglais)

Signalfire (sur la GPP en Inde et aux Philippines, le Népal et les luttes populaires dans le monde - en anglais)

Communist Party of India (Marxist-Leninist) Naxalbari (a fusionné avec le PC d'Inde maoïste le 1er mai 2014)

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Guerre pop' - Philippines :

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Guerre pop' & Luttes armées - Amérique latine :

CEDEMA - actualité des mouvements armés en Amérique latine (+ qqs documents historiques)

 

Nuevo Peru (Pérou, basé en Allemagne, en castillan et allemand principalement)

Guardias Rojos (Pérou, page FB)

Fil d'actu "Amérique latine" du Secours Rouge - APAPC

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Autres documents théoriques

 

Récapitulatif des "grandes thèses" de Servir le Peuple


À lire également, les Considérations Diverses, petits "billets" trop courts pour faire un article et donc regroupés par trois, quatre ou plus, exprimant notre CONCEPTION DU MONDE sur toute sorte de sujets. 


En finir avec la 'France', appareil politico-militaire et idéologique de nos oppresseurs ! (1) et (2) 

En finir avec la 'France' (3) : l'État bourgeois contemporain et nos tâches

Même étude sur l'État espagnol (1 et 2) ; le Royaume-Uni (1 et 2) et l'Italie.

 

APRÈS 8 SÈGLES… (Huitième centenaire de la bataille de Muret 1213 & DÉCLARATION FONDATRICE de notre Comité de Construction du PCR-Òc)

 

V. I. Lénine : "Il y a deux guerres" 

 

Le 18 Juin, une date symbolique pour les fascistes


Réflexion sur la déviation ouvriériste – Avant-propos

Réflexion sur la déviation ouvriériste : la classe ouvrière, le prolétariat et la révolution. 


Sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Rectificatif sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Encore une fois sur le "Bloc populaire" et la QUESTION ELECTORALE


Harry Haywood contre la Théorie des Trois Mondes et les dérives réactionnaires des « prochinois »


TKP(ML) : On ne peut pas être communiste sans défendre le maoïsme


La Question nationale au 21e siècle 

Considérations diverses : un (gros) pavé sur la Question nationale...

Clarification sur l'encerclement du 'Centre' par la 'Périphérie'

 

Pour comprendre la Tempête arabe, avoir une analyse de classe correcte de la situation

(n)PCI : La révolution démocratique anti-impérialiste des pays arabes et musulmans

 

2011 : un point indispensable sur le fascisme et l'antifascisme pour les années à venir

 

Thèses fondamentales pour la construction partidaire


Sur le processus révolutionnaire

Sur le processus révolutionnaire (2) : vers le communisme

 

La "négation de la négation" et le maoïsme


Considérations diverses : Sur la question du SECTARISME

 

(Conception du monde) Le Parti révolutionnaire : ARTISAN conscient... ou 'accompagnateur contemplatif' du mouvement historique ?


Sur la 'révolution permanente' et le trotskysme

 

Le 'centre mlm' de Belgique, la Guerre populaire et le (n)PCI (sur la stratégie révolutionnaire en pays impérialiste) ; et dans la continuité :

Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (1ère partie)

et Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (2e partie)

 

 

Sur le document "Expériences, débats et perspectives" du PC d'Équateur - Comité de Reconstruction, adressé au Mouvement communiste international

 

EXCLUSIF : Lotta Continua - "Prenons la Ville !" (1970) [avec un salut rouge et fraternel à l'AA Bordeaux ]


Manifeste Programme du (n)PCI

Présentation

du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)

 

(Chapitre I): PDF - WORD

 

Le Plan Général de Travail ((n)PCI)

 

 MANIFESTE COMPLET

(version non-définitive ; chap. 4 et 5 pas encore validés par les camarades italiens)

 

IMPORTANT pour la compréhension du Manifeste :

La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)

article de 1985 paru dans Rapporti Sociali n°0

[en bas de la page en lien, icône
PDF - Télécharger le fichier pour télécharger le document]

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