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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 11:05

 

Lire la première partie

 

Voici maintenant un autre texte très intéressant, issu quant à lui de la revue marxiste basque Sugarra :

Euskal Herria : Situation actuelle et perspectives (25 août 2011)

http://herridemokrazia.blogspot.fr/2011/11/euskal-herria-situacion-actual-y.html

Euskal Herria 500Les élections municipales et forales [provinciales] du 22 mai dernier ont permis, une nouvelle fois, de montrer la capacité de récupération du mouvement populaire basque après la campagne d'encerclement et annihilation menée, sous prétexte de "lutte contre le terrorisme", par l’État espagnol contre les secteurs les plus dynamiques et combattifs de notre peuple ces 10 dernières années.  

La coalition Bildu, formée par EA, Alternatiba et des indépendants proches de la Gauche abertzale, a reçu l'appui électorale de près de 315.000 personnes en Hegoalde [Pays Basque du Sud, "espagnol"], devenant la deuxième force politique de la Communauté autonome basque. Près de 1.200 mandats électifs (1.138 municipaux et 52 au niveau des provinces) ont permis à la coalition de s'emparer d'une centaine de municipalités, parmi lesquelles celle de Donostia ["Saint-Sébastien"], et de la députation [équivalent du conseil général] du Gipuzkoa [dont Donostia est la capitale]. Évidemment, il s'agit d'un pas important mais qui ne doit pas susciter de fausses illusions.

Il est certain que la nouvelle situation politique créée par le cessez-le-feu d'ETA et la légalisation de Bildu a permis d'initier un processus de large accumulation de forces abertzales et démocratiques, ce qui semblait jusqu'à présent impensable. D'après les dernières enquêtes réalisées par Euskobarómetro: Le différentiel de 150.000 à 170.000 suffrages gagné par Bildu par rapport au vote nul de 2009 (environ 40 % de son score actuel) provient de sa propre abstention antérieure (23 %), de voix prises au PNV (8 %), d'EA (6 %), de nouveaux votants (6 %), d'Aralar (5 %) et d'EB (4 %).” [Euskobarómetro mai 2011. UPV-EHU. Page 36].

Il faut aussi prendre en compte la répercussion qu'ont pu avoir ces élections en Iparralde [Pays Basque du Nord, "français"] où, le 8 juillet dernier, un groupe de 40 élus (maires et conseillers municipaux), membre de différents partis politiques ou indépendants, a lancé un appel (manifeste “Bil Gaiten”) en faveur de l'unité des abertzales de gauche, pour mener un projet commun inspiré des expériences EH-Bai et Bildu, ce qui ouvre de nouvelles perspectives politiques en Ipar Euskal Herria [EH du Nord].

Mais il n'en reste pas moins certain que la lutte au sein des institutions n'est qu'une part, et pas la plus fondamentale, de la lutte pour l'indépendance est le socialisme. Pour cette raison, la proposition de Bildu au PNV pour former une alliance électorale dans le perspective des prochaines législatives générales ["espagnoles"] du 20 novembre nous semble un peu précipitée, au regard du caractère inconséquent, timide et hésitant du PNV (due à la position contradictoire de la classe dont il défend les intérêts : une fraction de la bourgeoisie moyenne basque) [voir là encore la note 2 ci-dessous]. Ceci pourrait être le signe d'une tendance à l'électoralisme de Bildu, à moins que le but de sa proposition ait été précisément de mettre en évidence les hésitations du PNV et de tenter d'aiguiser les contradictions internes qui existent à la base de ce parti.

1901116 713418255377502 836621131 nDans tous les cas, la légalisation de Bildu et sa participation aux élections municipales et forales du 22 mai ont permis une véritable bouffée d'oxygène pour la Gauche abertzale, et lui ont permis de récupérer de larges secteurs de sa base sociale qui courraient le danger de se dissocier ou diluer petit à petit, comme le recherchait précisément l’État espagnol. Des secteurs qui, par leur extraction sociale, font partie du Peuple travailleur basque ; et que les communistes ont intérêt à voir maintenir leur unité dans une perspective stratégique. Telle a été la principale raison pour laquelle, aux dernières élections, nous avons choisi d'appuyer tactiquement Bildu, appelant à voter pour cette coalition.

Sur la nature de Bildu 

Quoi qu'il en soit, nous sommes conscients à SUGARRA qu'une coalition électorale, pour autant qu'on la présente comme stratégique et comme un tremplin vers l'avenir, n'est pas pas la même chose qu'une accumulation de forces populaires luttant pour l'autodétermination et l'indépendance, ni (encore moins) qu'une union de forces révolutionnaires pour prendre le pouvoir. Si la première ne requiert que des accords “au sommet” entre les  directions des différents partis signataires, ce qui lui donne une moindre consistance et un caractère plus conjoncturel et temporaire (malgré l'importance tactique qu'elle peut avoir) ; la seconde et la troisième requièrent le développement de toute une structure commune dans les quartiers et les villages, créant une série d'organismes unitaires servant à forger l'unité populaire et/ou révolutionnaire depuis la base.

D'autre part, nous sommes également conscients qu'aucune des organisations ou courants formant actuellement Bildu n'ont un caractère socialiste révolutionnaire, mais qu'au contraire leur orientation s'inscrit dans ce que nous pouvons qualifier de social-démocratie, tandis que par la composition sociale (interclassiste) de elur électorat et par la position de classe que dénote leur programme, elles n'ont pas un caractère prolétarien. Ce qui fait que, n'ayant pas non plus un caractère à proprement parler bourgeois, on ne peut définir la ligne de cette coalition que comme petite-bourgeoise. Concernant la Gauche abertzale, nous devons apporter quelques précisions.

Courants au sein de la Gauche abertzale

kaleborrokaherriborrokaEn ce moment l'on peut observer en son sein deux courants principaux. L'un propose le dit “socialisme identitaire”, de type social-démocrate et que nous pouvons qualifier de néo-keynésien. Il ne prétend pas à la prise de pouvoir par le Peuple travailleur ni à la création d'un État socialiste, sinon à la restauration de l'“État-providence” et à une distribution plus “équitable” de la richesse, base de la “justice sociale”. Il ne prétend pas mener une transformation révolutionnaire, vouée à l'élimination du capitalisme et à la disparition des classes sociales. Il aspire seulement à une économie mixte, avec un fort secteur public, et son modèle sont les pays capitalistes du Nord de l'Europe. D'autre part, ce courant défend la création d'un État basque indépendant au sein de l'Union européenne.

L'autre courant, que nous pouvons qualifier de gauche radicale, aspire lui à une transformation révolutionnaire de la société. D'un point de vue idéologique, il a des caractéristiques spontanéistes. Il est lié aux idées du “conseillisme” et avec l'“opéraïsme” ou l'“autonomie ouvrière”. Il possède aussi une certaine composante libertaire. Il a des sympathies pour le processus bolivarien au Venezuela, surtout pour les expériences “communautaristes”, bien qu'il soit critique envers Hugo Chávez, surtout pour sa personnalisation du pouvoir et pour l'extradition de réfugiés des FARC.

La lutte idéologique

Notre attitude envers ces courants se base sur la logique unité-critique-unité. Partant du principe que les contradictions entre eux et nous ne sont pas antagoniques ni inconciliables mais qu'il s'agit de contradictions au sein du peuple (qui doivent être surmontées au moyen de la critique et de l'autocritique, pour aller vers une nouvelle et plus étroite unité), nous devons éviter tout type de critique destructive, calomnieuse ou visant à creuser les différences, vu que si nous ne traitons pas correctement ce type de contradictions, nous pouvons en venir à changer leur nature, à les transformer en contradictions inconciliables comme celles qui existent entre nous et nos ennemis.

Le but de la critique n'est pas de détruire ceux que l'on critique (à moins qu'il ne s'agisse d'un ennemi de classe) mais, comme disait Mao, de “sauver le patient”. Pour cela, nous devons toujours bien avoir à l'esprit les nuances et les différences entre tel ou tel courant et les autres, entre telles positions idéologiques et politiques et les autres. Même si, parfois, elles ont entre elles des points communs et se manifestent simultanément dans un même secteur socio-politique, nous ne pouvons pas toutes les mettre dans le même sac. La lutte idéologique que nous devons mener envers les unes et les autres ne peut pas être identique. Nous devons être capables de les différencier et de mener envers chacune d'elles un “traitement” différencié.

Sur les aspects stratégiques

PP-Donostia-profusion-izquierda-abertzale EDIIMA20130816 03Comme nous l'avons dit plus haut, l'essentiel n'est pas les élections ni les institutions bourgeoises, bien qu'il puisse être opportun de participer aux processus électoraux et d'avoir une présence institutionnelle. Mais en fin de compte, cela n'est que considérations tactiques. Pour élaborer une ligne révolutionnaire correcte, nous devons étudier de fond en comble notre propre réalité, et tenir compte des conditions concrètes de la société basque : sa structure économique et sociale, les aspirations les plus communes pour le Peuple travailleur, l'état d'esprit des masses etc. Mao disait, se référant à ces communistes qui sans aucune connaissance de cause ne faisaient que bonimenter, que “sans enquête, pas de droit à la parole”. C'est seulement sur la base de l'analyse concrète de la réalité concrète que nous pourrons tracer les lignes générales d'un travail révolutionnaire avec possibilités de succès.

En tenant compte de ces aspects, à moyen et long terme s'impose la nécessité d'impulser une solide articulation de forces qui aille au-delà de simples coalitions électorales (comme Bildu aujourd'hui), afin de promouvoir la lutte démocratique et révolutionnaire pour la conquête des objectifs stratégiques du Peuple travailleur basque : l'indépendance et le socialisme.

À SUGARRA, nous considérons que nous atteindrons ces objectifs au travers d'un processus de lutte pour l'émancipation nationale et la transformation sociale, que nous appelons Révolution basque. Ce processus devra se dérouler sur la base de deux contradictions, l'une de caractère social (de classe) et l'autre de caractère national. Ce qui nous amène à considérer que l'accumulation de forces, pour être possible, devra se faire sur la base de deux axes distincts et pour cela, cette accumulation de forces devra aller vers la constitution de deux blocs distincts, bien qu'interdépendants : un bloc  révolutionnaire (anticapitaliste et socialiste) et un bloc démocratique national plus large et ouvert que celui-ci, qui pour cela devra être interclassiste. Nous commencerons par définir ce que nous entendons par ce dernier.

Le bloc démocratique national

Sous cette appellation nous nous référons à une sorte de front élargi dans lequel prennent place des forces politiques et sociales de différente nature de classe. Certaines pourraient être petites bourgeoises voire même de la bourgeoisie moyenne [1], mais en feraient aussi nécessairement partie des forces politiques et sociales de la classe ouvrière (partis, syndicats et autres types d'organisations de masse). Pour autant, un bloc de ce type requiert l'établissement d'alliances de classe autour des objectifs nationaux démocratiques. Et seule l'hégémonie de la classe ouvrière, au sein de ce bloc, serait la garantie que la lutte pour ces objectifs s'inscrive dans la perspective de la révolution socialiste. Pour que ceci soit possible, la classe ouvrière basque doit se doter d'un instrument organisatif d'intervention politique, un Parti communiste basque. SUGARRA travaille à créer les conditions idéologiques, politiques et organisatives qui le permettent.

Le bloc révolutionnaire

hasiSous cette appellation, nous nous référerons à un bloc qui regroupe toutes les forces susceptibles d'impulser le processus révolutionnaire et le changement social. Ces forces représenteraient toutes les classes, couches et secteurs sociaux ayant intérêt, objectivement, au socialisme. Pourraient y participer une bonne part de ceux qui font aussi partie du bloc démocratique national, mais pas la bourgeoisie moyenne.

En menant une politique habile et flexible face aux différentes couches de la petite bourgeoisie, une partie d'entre elles pourrait être gagnée à la cause révolutionnaire, faisant qu'elles se sentent motivées et attirées par le changement révolutionnaire. Gagner ces couches est une question cruciale pour la classe ouvrière étant donné qu'elles ont un poids considérable dans la structure sociale basque, représentant près d'un tiers de la population active. Pour cette raison, nous ne pouvons pas sous-estimer l'importance de la petite bourgeoisie et encore moins la mépriser. Si la classe ouvrière n'était pas capable de la tirer à elle, ce serait la bourgeoisie basque ou l'oligarchie espagnole qui le feraient et, dans ce cas, les possibilités révolutionnaires se compliqueraient considérablement.

________________________

NOTES :

1.- Nous pouvons dire que la bourgeoisie moyenne (non monopoliste) est organiquement intégrée au mécanisme global d'accumulation et de reproduction des rapports de production capitalistes, hégémonisés par la grande bourgeoisie. Cela signifie qu'elle fonctionne, se développe et se reproduit comme partie intégrante du fonctionnement, du développement et de la reproduction du système capitaliste. Le Grand Capital (monopoliste) cherche à maintenir subordonnée la bourgeoisie moyenne, tant pour des raisons économiques que politiques. Cependant le développement du capitalisme, surtout dans les périodes de profonde crise économique, accentue les contradictions entre le moyenne et la grande bourgeoisie. Dans le même temps le fait national, comme c'est le cas en Euskal Herria, conditionne et module la relation dialectique entre les deux. Nous pouvons ainsi dire qu'entre la grande et la moyenne bourgeoisie, il y a une relation simultanée (dialectique) d'antagonisme et de complémentarité.

En parlant de cette bourgeoisie moyenne basque, il convient de clarifier que cette classe est formée par les propriétaires de la grande majorité des entreprises de taille moyenne, aussi bien industrielles que commerciales ou de services, ainsi que d'une partie du secteur bancaire [faire partie du secteur bancaire nous semble totalement incompatible avec faire partie d'une bourgeoisie "moyenne" NDLR]. D'après les données dont nous disposons, on comptait en 2009 dans la Communauté autonome basque quelques 2.174 entreprises de taille moyenne (entre 50 et 250 salariés), soit 1,1% du total, employant quelques 208.453 salariés, soit 21,8% de la population active. On peut également y inclure les agriculteurs aisés. Sans le moindre doute, il s'agit d'une classe exploiteuse.

1220011477220 fEn outre, on peut aussi y inclure les cadres dirigeants et supérieurs des entreprises. Toujours selon les données dont nous disposons, au premier trimestre 2011, le nombre de cadres dirigeants et supérieurs dans la Communauté autonome était de 46.500, ce qui représente 4,95% de la population active à cette période.Bien que ces secteurs ne fassent pas partie stricto sensu de cette classe, faute de posséder des moyens de production, ils sont de par leur position dans la division du travail (planification, organisation et contrôle) incontournables pour assurer le fonctionnement de la production, l'accumulation du capital et la reproduction des rapports de production capitalistes, basées sur l'exploitation du travail salarié.

La moyenne bourgeoisie basque est une classe contradictoire. D'un côté, elle est soumise à une spoliation de la part de la grande bourgeoisie monopoliste et des multinationales, mais de l'autre elle a besoin de l’État espagnol pour survivre. Elle est économiquement subordonnée à la haute bourgeoisie et à son État (à travers le crédit, les politiques de prix et de salaires, la politique fiscale, les subventions, les plans de stabilisation et/ou de reconversion, et dans une moindre mesure à travers son éventuel actionnariat dans les entreprises de la grande bourgeoisie, etc.). 

Un secteur de la bourgeoisie moyenne basque, le plus fort et dynamique, a tenté de s'extraire des étroites limites du marché espagnol, et a réussi à s'associer avec des entreprises étrangères et à innover sa technologie. Dans le même temps, dans les années de prospérité, à la chaleur de l'expansion économique, il a aussi tenté de se doter de sa propre structure financière, afin d'être en condition de rivaliser avec la bourgeoisie monopoliste et, en même temps, faire son trou sur le marché européen et asiatique. [NDLR une activité économique transnationale qui exclut donc de parler de bourgeoisie "nationale", dont la base d'accumulation et la zone de chalandise est forcément autochtone ou, tout au plus, au niveau de l’État dominant et/ou de l'étranger immédiat : Occitanie pour la Catalogne et inversement, etc.]

Dans la recherche d'une position plus avantageuse pour défendre ses intérêts économiques et accéder dans de meilleures conditions au marché international, une fraction de la bourgeoisie moyenne, représentée par le PNV, défend l'élargissement du cadre autonomique actuel voire l'instauration d'un nouveau, dans lequel il bénéficierait de plus larges compétences. C'est la raison pour laquelle le Gouvernement autonome basque a présenté le fameux Plan Ibarretxe (approuvé par le Parlement basque le 30 décembre 2004 et rejeté par le Parlement espagnol un mois plus tard). Par son caractère fortement contradictoire, la bourgeoisie moyenne est une classe hésitante ayant fortement tendance à la conciliation et à pactiser avec les différents gouvernements de l’État espagnol, que ce soit du PSOE ou du PP.

Nous, communistes basques, devons être capables de mettre à profit les contradictions entre la bourgeoisie moyenne basque et la grande bourgeoisie espagnole ; soit pour tenter d'amener cette bourgeoisie basque, ou des secteurs significatifs de celle-ci, sur le terrain de la lutte d'émancipation nationale de façon à ce qu'elle s'intègre au bloc démocratique national, soit tout au moins pour la neutraliser.

 

Et voici un autre texte beaucoup plus récent (octobre 2013) qui revient sur la situation dans l’État espagnol et dans les provinces basques qui en font partie, avec une première évaluation de la gestion locale Bildu (de cet article sont tirées les citations du camarade basque en commentaires de cet article ; camarade auteur de la longue et intéressante étude publiée fin 2011 : 1 - 2 et 3) :

RÉFLEXIONS SUR LA SITUATION BASQUE

La crise économique frappe violemment l’État espagnol et, bien qu'avec une intensité atténuée, également en Hegoalde (Pays Basque "espagnol"). D'après les données du Service public de l'Emploi, citées par le cabinet d'étude de ELA (principal syndicat nationaliste basque, lié au PNV-EAJ) le 2 octobre 2013, en septembre 2013 le nombre de chômeurs en Hegoalde était de 226.893 personnes, 3.061 de plus que le mois précédent et 13.077 de plus que l'an dernier. Ceci représente un taux de chômage de 17,5%, nettement supérieur à celui de l'Union européenne des 28, qui est de 10,9% [NDLR : le Pays Basque apparaît ici dans sa position ambivalente de pays/peuple économiquement "privilégié" dans l’État espagnol, mais périphérisé dans le système capitaliste européen (qui en a confié la "garde" à une Castille encore au-dessous en termes de e-lutte-des-mineursdynamisme économique)].  

Ce haut niveau de chômage n'est dépassé que par l’État espagnol pris en entier (26,2%) et par la Grèce (27,9%). Il faut en outre tenir compte du fait que presque la moitié des sans-emploi (45,2%) ne bénéficie d'aucune protection sociale, et que 34,7% seulement perçoivent une prestation contributive [les "Assedic" locaux].  

 La crise commence même à affecter un secteur comme celui des coopératives, longtemps considéré comme "à la pointe" de l'économie basque.  

La soumission du gouvernement néo-franquiste du PP aux directives économiques de l'UE a conduit à une série de coupes budgétaires et de restrictions, qui ont aggravé plus que sensiblement les conditions de vie de la majorité de la population et ont dérégulé et précarisé totalement les conditions de travail des salarié-e-s.

Dans le même temps s'aiguise de jour en jour la crise sociale et politique dans l’État espagnol. À la persistance d'un taux de chômage élevé, il faut ajouter l'indignation croissante contre le système financier dans les classes populaires, conséquence des expulsions pour non-paiement des loyers ou des hypothèques. Les scandales de corruption se succèdent l'un après l'autre, éclaboussant les principaux partis du système et l'ensemble des institutions démocratiques bourgeoises, touchant jusqu'à la monarchie elle-même qui commence à être ouvertement remise en cause.

La crise politique affecte aussi d'autres États du Sud de l'Europe comme la Grèce, l'Italie et le Portugal, mettant en péril la stabilité même de l'UE. De plus, "l'axe franco-allemand" qui était il y a peu le moteur de celle-ci s'est affaibli considérablement et c'est l'Allemagne, en solitaire, qui se retrouve à exercer cette fonction.

L’État français, de son côté, a perdu son autonomie politico-militaire [NDLR : constat peut-être un peu rapide et de toute manière, nous n'avons jamais considéré que cette "autonomie" bénéficiait de quelque manière aux travailleurs et aux peuples, à l'intérieur comme à l'extérieur]. Après être revenue dans le Commandement intégré de l'OTAN, dont elle s'était retirée depuis 1966, elle s'est complètement mise à la remorque des États-Unis. Enfin, la Grande-Bretagne exige avec toujours plus d'insistance le renégociation des conditions de son adhésion à l'UE, avec le risque pour cette dernière qu'elle finisse par la quitter. Dans le même temps, l'on observe dans la plupart des pays une montée des courants "eurosceptiques" et de l'extrême-droite raciste et xénophobe.

gudari e05 kasDans ce contexte, la grande mobilisation populaire qui a eu lieu en Catalogne à l'occasion de la fête nationale, le 11 septembre, renforce cette crise politique et menace la sacro-sainte unité de l'"Espagne". Tandis que les deux partis du régime resserrent les rangs, dans une vaine tentative de montrer cette mobilisation du doigt, ressurgissent les groupes nazis-fascistes et s'accentue la répression de l’État bourgeois contre de larges secteurs de notre peuple.

Tout ceci nous amène à considérer que vont en s'accumulant divers facteurs qui, s'ils venaient à agir de manière combinée, pourraient donner lieu à une situation objectivement révolutionnaire. Cependant, la maturation des conditions subjectives est beaucoup plus lente, non seulement dans l'ensemble de l’État espagnol mais aussi en Hego Euskal Herria.

Si nous nous laissions guider par l'autosatisfaction, nous nous contenterions de répéter la phrase tant de fois prononcée que Euskal Herria est une "cadre autonome" de lutte de classe. Mais voilà : si cette affirmation est bien vraie, ce n'est pas vraiment une raison pour sonner les cloches à toute volée. En effet, il en est ainsi parce qu'Euskal Herria a connu une relative régression politique.

Le débat Zutik Euskal Herria, qui a culminé en 2010 ; la constitution de Bildu comme plateforme électorale et sa participation aux élections municipales et forales (22-05-2011) ; le communiqué d'ETA rendant publique sa décision d'abandonner la lutte armée (20-10-2011) ; la constitution d'Amaiur et sa participation aux élections générales "espagnoles" (20-11-2011) ; la légalisation de SORTU par le Tribunal constitutionnel espagnol (20-06-2012), la création d'EH Bildu et sa participation aux élections autonomiques (21-10-2012) ; ont été des évènements qui ont marqué le retour de la gauche abertzale à une situation de légalité.

Sur une position de respect et de non-interférence, nous avons toujours exigé et appuyé la légalisation de la gauche abertzale. Mais cela ne signifie pas que nous devons toujours approuver toutes les actions de celle-ci ni des différentes plateformes électorales auxquelles elle participe, et nous ne le faisons pas non plus pour son parti SORTU.

Concrètement, nous avons pu constater ces deux dernières années le penchant croissant du secteur majoritaire de la gauche abertzale à assumer la légalité bourgeoise et à donner la priorité à l'activité institutionnelle et parlementaire. Son acceptation progressive des "valeurs" éthiques de la démocratie bourgeoise, ses efforts pour être "homologuée" par le PSOE et le PP l'ont conduite à assumer des attitudes et des comportements propres aux partis du système : rejet de tout type de violence ; admission de la nécessité d'un "nouveau récit" des quatre dernières décennies de notre histoire, bien qu'elle le veuille "consensuel" ; question de la "repentance" et du "pardon des victimes" etc.

gudariegunaCette attitude n'est cependant pas exempte de contradictions. Pour éviter que la décision d'ETA puisse être interprétée comme une défaite de l'organisation armée face à l’État espagnol [ce qu'elle est NDLR], la gauche abertzale tente de mettre en scène une "négociation" entre elle et le gouvernement de Madrid, avec pour but de légitimer l'abandon des armes. Mais à chaque pas en arrière sur ses principes, les exigences des partis du système vont croissantes (auto-dissolution, remise des armes etc.) et tout semble indiquer que cette négociation recherchée n'est pratiquement pas viable.

bietan jarraiD'autre part, ce qui n'a pas été fait a été une analyse rigoureuse (politique et non morale) de l'incidence négative qu'a pu avoir l'activité armée d'ETA (basée sur un activisme avant-gardiste et minoritaire) sur le développement du mouvement et la nécessaire accumulation de forces [NDLR : incidence indéniable si l'on parle des 5 ou 10 dernières années].

Néanmoins, la présence dans les institutions de la coalition souverainiste Bildu reste un grave problème tant pour le PNV que pour le PSOE et le PP. Ont été découverts la corruption et beaucoup des manœuvres spéculatives qui fleurissaient à l'ombre de ces partis. Pour cette raison, ils se sont jurés de faire tomber Bildu et consacrent tous leurs efforts à cet objectif.

D'un côté, dans de nombreuses municipalités de Gipuzkoa qui sont aux mains de Bildu, ils profitent de la mise en place du plan de traitement des déchets (qu'essaye de mettre en œuvre la coalition) pour dresser contre elle une partie du voisinage et tenter ainsi de l'"user" et de la discréditer. Mais ce qu'ils ne disent évidemment pas, c'est qu'est en jeu le juteux business de l'incinérateur de Zubieta...

De l'autre, sous prétexte de mener à bien l'accord "fiscal", ils ont formé un front entre PNV, PSOE et PP avec pour objectif est de déloger Bildu de la Députation (gouvernement provincial) de Gipuzkoa et de la mairie de Donostia, si malgré tout la coalition parvenait à gagner les prochaines élections municipales et forales de 2015. Tout ceci nous conduit à penser qu'en dépit de ses penchants réformistes, la gauche abertzale reste l'ennemi à abattre pour l’État espagnol et les classes sociales et forces politiques qui l'appuient.

disturbios-bilbao2-03-03-2014C'est pour cela que la gauche abertzale, considérée dans son ensemble (comme large mouvement populaire), garde une considérable importance stratégique dans la lutte pour le socialisme.

Cependant, son ambigüité quant à l'appartenance d'un futur État basque à l'UE et au changement de modèle socio-économique (qui n'est autre qu'un État-providence néo-keynésien en opposition au modèle néolibéral), ou encore sa confuse et ambiguë conception du socialisme, rendent indispensable un profond travail idéologique et politique, en son sein, par les communistes basques afin de gagner à la cause révolutionnaire les secteurs de gauche les plus conséquents.

 


(2) Nous ajouterons à cela que selon notre analyse, le PNV-EAJ ne représente pas la "bourgeoisie nationale" (bien que celle-ci, appelée "bourgeoisie moyenne" par Sugarra, puisse être sa base militante) mais bel et bien la fraction "basquiste" de la bourgeoisie monopoliste au Pays Basque, faisant face à la fraction "espagnoliste" (PP-PSOE) ; une grande bourgeoisie régnant sur un des territoires au capitalisme le plus puissant d'Europe, aux côtés de l'Île-de-France (Paris), du Grand Londres, de la Bavière, de la Flandre, de la Lombardie etc. (et bien sûr de la Catalogne). La contradiction de ces fractions bourgeoises monopolistes (PNV-EAJ en Euskal Herria et CiU en Catalogne) avec l’État espagnol se situe en réalité entre l'affirmation nationale portée par cette dynamique économique, et le besoin politico-militaire de l'"Espagne" pour "tenir" un prolétariat nombreux (pays très industrialisés) et (surtout) CONSCIENT. Nous avons déjà caractérisé l’État espagnol, avec sa suprématie politico-militaire de la Castille/Meseta malgré un dynamisme économique bien moindre, comme une sorte de "Sainte Alliance ibérique" : un système comparable à celui de l'Europe de la première moitié du 19e siècle, où la Russie et l'Autriche-Hongrie, pays sans doute les plus arriérés économiquement, jouaient le rôle politico-militaire de gendarmes de la Réaction (réaction pour le coup aristocratique-cléricale contre la révolution démocratique bourgeoise ; et aujourd'hui en "Espagne" réaction grand-capitaliste contre révolution prolétarienne et libération révolutionnaire des peuples - "LRP"). La Meseta castillane est cela : un territoire économiquement arriéré mais une redoutable force de frappe contre-révolutionnaire contre les remuants prolétariats du pourtour (Catalogne, Euskal Herria, Asturies, Cantabrie etc.) ; soit en quelque sorte la Russie tsariste de la péninsule ibérique. Ainsi se pose la problématique basque ou encore catalane : ce n'est pas réellement une problématique coloniale comme celle qui peut prévaloir dans le Sud (Andalousie etc.) ou aux Canaries, territoires conquis et soumis militairement au 15e siècle, maintenus dans la féodalité terrienne et le sous-développement etc.

Il suffit de penser que lorsqu'en 1918 les Empires russe et austro-hongrois éclatèrent, sous l'action conjuguées de la Première Guerre mondiale et de la Révolution bolchévique, les États nationaux qui leur succédèrent furent tous plus réactionnaires les uns que les autres : la contradiction qui opposait les élites nationales aux Empires ne se situait pas du tout à ce niveau-là. Il s'agissait simplement de la contradiction entre des bourgeoisies de plus en plus puissantes, se sentant "étouffées" par la bureaucratie impériale, et des Empires forces politico-militaires dont elles avaient en même temps besoin pour tenir leur "chiourme" en respect (mais qui s'effondrèrent militairement et politiquement en 1917-18, donc la question ne se posait plus ; en général elles cherchèrent alors la protection des vainqueurs de la guerre, "France" et Grande-Bretagne).

Ne pas avoir réellement "réglé" la question de la nature de classe et des relations avec le PNV a sans doute été le cancer latent de la gauche abertzale ces 40 dernières années.

punopunopunoA1-1816065934

 

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Published by Servir_Le_Peuple - dans Peuples en lutte
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commentaires

Ekintza 11/03/2014 00:15

Haha, tu veux dire que ça ressemble à une croix celtique ? Non c'était ou c'est le symbole d'une campagne contre les incarcérations de jeunes supposés de Segi : "Gazte bat gehiago ez" "Pas un jeune
de plus".

Je comprends ta position et la partage en partie, il y a toujours des trucs intéressants, mais pour HD, ce qui était véritablement à gerber, en même temps qu'appeler à voter et les conneries sur
les "épithètes" c'est ça :

"D'un côté, il y a ceux pour qui le Parti communiste devrait d'ores et déjà être constitué et qui attaquent violemment la Gauche abertzale en appelant ouvertement à sa scission. (...)
Regrettablement, à côté de ceux qui ont parfois exprimé des critiques légitimes, même si pas toujours mesurées ou correctes, il y a ceux qui passent leur temps à la critique presque toujours
destructive, à l'attaque gratuite et frontale et à semer la division, fustigeant sans mesure les dirigeants et les milliers de militant-e-s de la Gauche abertzale et utilisant des méthodes telles
que l'insinuation, l'intoxication, les demi-vérités, la diffamation, le mensonge et l'insulte au lieu de travailler sérieusement au renforcement du Mouvement communiste basque"

Remarquez son incroyable prudence dans les "critiques", et l'attribution aux "dissidents" des saloperies (aujourd'hui contre IBIL entre autres) des seuls et uniques insinuateurs, intoxicateurs,
diffamateurs et menteurs, les dirigeants otegistes et leurs mercenaires !!!

Prétendre gagner la gauche du mouvement, mais vade retro diabolus scission, my god "semer la division" !!!! Alors que c'était déjà une certaine réalité et que parler de "gauche abertzale"
abstraitement n'a aucun sens, car déjà en 2011, la quantité de militants, par définition révolutionnaires ou avancés (mais certains ayant "raccroché", trop écoeurés), qui se trouvaient à
l'EXTERIEUR des structures réformistes, purgés ou partis, constituaient au moins la MOITIE de la totalité des militants, les autres étant les sincères qui restent, qui eux SEULS forment le MLNV ou
gauche abertzale (attention dans le commentaire des liens que tu a mis, la direction de Sortu-Bildu, et par là même ces "sigles", n'est pas "gauche abertzale", ni de gauche, ni abertzale !!!).

"Dès lors que nous ne perdons pas de vue quels sont nos principes et nos objectifs stratégiques, nous communistes ne devons pas craindre d'arriver, dans certaines circonstances, à des concessions
et des compromis tactiques" (invocation de Lénine et Mao) "Il sera évidemment nécessaire, dans notre pays également, de passer des alliances bien au-delà de la classe ouvrière avec d'autres
classes, couches et secteurs sociaux ; alliances qui seront nécessairement et à divers degrés instables, temporaires et partielles, plus ou moins larges ou limitées et en reconfiguration
permanente. En ce sens, les communistes basques doivent considérer ses alliances comme tactiques et leur apporter leur concours en maintenant leur indépendance idéologique, politique et
organisative ;"

Si le Parti n'existe pas, et encore moins un Parti fort, et alors que lui-même passe des lignes et des lignes à se désoler que les communistes basques soient si nullissimes et agissent comme des
connards, et donc qu'aucun détachement communiste, aussi faible soit-il, ne trouve grâce à ses yeux, quel sens ça a de parler de concessions et compromis ?? Il joue sur l’ambiguïté mais ce n'est
qu'une apologie à peine voilée des alliances avec EA et Aralar, où il en vient à sous-entendre que Sortu est donc le PC (!!!), en cohérence avec tout le reste de son texte, alliances qui seraient
peut-être discutables dans certaines circonstances, mais où ce sont on le rappelle les dirigeants de la gauche abertzale qui ont fait TOUTES les concessions !!!

A comparer avec Lizarra-Garazi par exemple, tactique totalement erronée (mais aucune alliance électorale !) mais refus absolu de la capitulation !!!

Bref, il fait exactement ce qu'il reproche aux communistes, jeter des tombereaux d'anathèmes et d'insultes, sans proposer aucune stratégie concrète... mais 1000 fois sur les communistes que sur les
otegistes !!! Entre les otegistes et les "dissidents", avec tous leurs défauts, il avait choisi son camp, une vraie voiture-balai pour les votes "communistes" pour les otegistes, un EHK "mao"
quoi.

Pour ce qui est des renoncements de Sortu, il faut bien comprendre qu'ils sont extrêmement au-delà que de faire le "minimum syndical". Ce sont des pourritures ULTRA-ZELEES. Par exemple, pour
Errenteria, c'est encore plus génial si on met en rapport avec ça : http://politica.elpais.com/politica/2013/02/09/actualidad/1360435853_428758.html
Enlever la plaque d'Egoitz, chose que n'avait pas faite le PSOE PENDANT DIX ANS.
Ou à l'automne dernier Sortu a condamné des JETS DE PEINTURE :
http://ccaa.elpais.com/ccaa/2013/12/06/paisvasco/1386344230_302429.html
http://ccaa.elpais.com/ccaa/2013/12/08/paisvasco/1386502289_003467.html

Sinon, non, l'Etat espagnol se distingue extrêmement clairement des Brits :

1) On peut dire que l'ascension d'une nouvelle bourgeoisie Sortu-EHBildu a eu lieu, et ça dérange une partie au moins de PPSOEPNV. Mais la seule "concession", ça été la légalisation après
capitulation intégrale, donc pseudo-"concession".
Leur petit pouvoir bourgeois ont peut dire qu'ils se le sont gagné "à la force du poignet", il n'y a pas eu, évidemment, de réforme politico-institutionnelle comme dans le Nord de l'Irlande.

2) La bourgeoisie espagnole cherche une défaite du MLNV, disait IBIL, "à la mesure de celle de 1937" , où malgré le "pacte de Santoña", les franquistes génocidèrent le peuple.
ETA a annoncé le "scellage" de ses armes et se dit prête à les rendre à la "commission internationale", mais le PP lui chie toujours à la gueule, lui dit qu'il ne veut aucun "théâtre", "mise en
scène", lui demande de "se dissoudre immédiatement et sans contrepartie", il convoque devant le juge, suivi par l'Etat français, les "vérificateurs" (abominables) pour des infos sur les membres
d'ETA sur la vidéo, révélateur aussi de contradictions inter-impérialistes avec les impérialistes anglo-saxons et leurs laquais israélien, sud-africain, irlandais, sri-lankais, indien, qui leur
piquent leur boulot, il veut l’humiliation totale, aucune amnistie, que les preso se "repentissent" totalement, s'humilient, avec les otegistes qui poussent au cul, et même là, évidemment
uniquement si c'est vraiment "sincère", "au bout de quelques années" il va "peut-être", "éventuellement" les rapprocher du Pays Basque !!! Démentiel.

Servir_Le_Peuple 11/03/2014 12:11



Oui oui, je suis bien d'accord avec tout ce que tu dis...


Sauf sur le point que je n'ai pas du tout compris (et persiste, pour être franc, à ne pas l'entendre ainsi) que HD et Sugarra, qui appellent à construire le PC d'EH "avec volontarisme" (ça vient
pas tout seul...) mais "sans prendre ses désirs pour des réalités", considèrent... Sortu comme ledit PC, et les "alliances nécessaires" comme celles avec EA et Aralar. J'ai compris et continue à
penser qu'il classe EA et Aralar dans la catégorie des soc-dem et néokeynésiens complets, ainsi qu'une partie "désormais dominante" de Sortu, l'autre étant le courant "radical" bref ce qui reste
du Batasuna des années 90, début 2000.


Je ne crois pas que la liste des saloperies d'EH Bildu va s'arrêter de sitôt, puisque contrairement aux autres partis leurs petits strapontins sont soumis à DEUX conditions en 2015 : garder leurs
votes (le peuple RADICAL abertzale ne représente pas 22%, encore moins avec la direction qu'il a désormais, EH Bildu part donc du principe que ces gens voteront toujours pour eux "faute de mieux"
mais les voix qui comptent sont celles de modérés, des "PNVistes de gauche") ; mais aussi rester légaux... Je te laisse imaginer la masse de trahisons que cela laisse encore en perspective, alors
que la CAV va entrer petit à petit en campagne électorale dans le courant de cette année. Mais là encore le principal n'est pas là : au contraire quelque part, ils vous mâchent le boulot ! La
question est celle de l'attitude à avoir avec ces fameux "écoeurés". De la perspective CREDIBLE à leur offrir. Ce que disent à peu près tous les textes critiques de la dissidence que j'ai
parcourus, ce n'est pas que les dissidents sont des connards et que les otegistes ont raison, mais cette chose fondamentale : une avant-garde ne s'autoproclame pas, elle est "élue" par le "peuple
avancé". Et comme tu n'as pas découvert SLP hier, tu sais bien que c'est ce que SLP dit depuis des années à l'adresse de tous les "Partis" déjà proclamés ou "en formation" d'Hexagone.


Pendant des années le Peuple travailleur basque avancé a considéré la gauche abertzale (KAS puis Batasuna) comme sa direction. Il est évident aujourd'hui que Sortu et Bildu ne peuvent plus être
cette direction si l'objectif reste l'indépendance et le socialisme (s'il est autre chose, peut-être...) et je ne crois pas que HD et Sugarra aient même effleuré cette idée, en tout cas je ne
l'ai pas du tout compris comme ça. À ceux qui veulent toujours un Etat socialiste basque il faut donc proposer une autre direction. Mais cela se conquiert, comme tu dis, à la force du poignet !
Se proclamer tel ne suffit pas.


Nous le voyons bien dans notre cas en Occitanie ; où l'on peut voir les choses sous deux angles : d'un côté on peut penser que "l'écosystème social" dont parle Borroka Garaia fait défaut, encore
qu'au regard de notre histoire de luttes sociales TOUJOURS associées à un certain anti-centralisme-parisien, je relativiserais cette idée. Mais de l'autre, on peut aussi penser que nous n'avons
pas l'OBSTACLE, justement, d'un très large mouvement occitaniste "radical" à qui ravir la légitimité. C'est effectivement l'obstacle qui se dresse devant vous, le communisme abertzale au sens
propre (ni socialiste abertzale 'radical', ni communiste espagnoliste collant 4 photos de gudariak sur son site comme EHS). Sortu-EHBildu n'a plus rien à voir avec le tripode ETA-KAS-HB (ils le
rejettent même ouvertement et chient sur son oeuvre pratique), sauf qu'ils en monopolisent toujours la légitimité en héritage. C'est tout le problème à résoudre.



Ekintza 09/03/2014 22:04

La crapulerie des primes de la mairie de Donostia a eu lieu fin 2012. J'ai oublié leur saloperie ultime qui ne fut pas totalement impunie :
http://rsamadrid.wordpress.com/2013/07/10/el-ayuntamiento-de-errenteria-bildu-retira-una-placa-en-homenaje-a-un-militante-de-eta/

Difficile à dire en tout cas, j'ai l'impression que pour le moment la reconstruction du mouvement révolutionnaire dans l'ensemble d'Euskal Herria va à la même vitesse qu'en Hexagone, pas
exceptionnelle mais correcte.

Je ne pense pas que le PCE(r) dans son ensemble, ni même une partie significative ait adopté cette position à gerber qui va directement contre ses positions historiques. Kimetz y a répondu.

Servir_Le_Peuple 10/03/2014 12:57



En fait j'ai l'impression que comme tu l'as dit (ça m'a fait tilt) il y a typiquement un chantage à l'illégalité... Des espagnolistes et du PNV sur Bildu et de Bildu sur sa militance et le peuple
de gauche abertzale : fermez vos gueules sinon ils vont nous re-illégaliser.


Evidemment cette ligne de conduite favorise automatiquement les tendances qui dès le départ (fin des années 2000) étaient les plus soc-dem voire soc-lib et les plus liquidatrices. Au sein de
Bildu qui rappelons-le est une coalition (Sortu pas encore légalisé sur les premières élections + les trucs historiquement réformistes-légalistes, EA, Aralar, Alternatiba etc.), cela favorise
évidemment ces dernières forces. C'est à dire que finalement, peut-être sans en avoir conscience l'"Espagne" est en train de réussir un coup à l'anglaise : favoriser les courants modérés dans le
"problème" qu'est pour elle la gauche abertzale. Elle avait toujours compris qu'il fallait un gros bâton, mais pas la deuxième partie de la maxime : "parler calmement", c'est à dire être ouvert
aux signes d'"ouverture" (de reddition) de l'adversaire. Elle commence peut-être... Comme tu dis ce n'est pas simple car le caciquisme local est un phénomène très fort et les forces politiques en
EH (aujourd'hui toutes plus ou moins à égalité : 20-25% pour Bildu, PNV, PP et PSOE) ont l'habitude de se tirer dans les pattes pour les places, et cela peut facilement se confondre avec une
campagne "tout sauf Bildu" en effet.


D'ailleurs ils est évident que "les places", pur ceux de Bildu qui maintenant en ont, avec tout ce que cela apporte d'avantage et d'"importance sociale", favorisent aussi mécaniquement de céder
au chantage de l'illégalisation (si on est re-illégalisé on perd tout, donc ok pour le drapeau espagnoliste sur les mairies, ok pour virer le mec qui dit "gora ETA" etc. etc., bref ok pour tous
les signes de "bonne volonté" possibles et imaginables).


Mais cela finalement ce n'est rien d'autre que ce qu'ils s'est passé avec le socialisme sous la 3e République puis avec le PC de Thorez à partir du milieu des années 30... C'est rigolo, dans un
article sur l'Occitanie que j'avais publié, j'avais trouvé un récit d'un journaliste lyonnais de droite (tout pour lui le pauvre hahaha) visitant le "Midi rouge" peu après les Communes, un peu
comme un journaliste du Figaro irait à Cuba ou en Corée du Nord aujourd'hui. Il racontait comment les mairies enroulaient le drapeau tricolore pour ne laisser flotter que le tiers rouge (il était
évidemment interdit d'arborer le drapeau rouge au fronton). Mais évidemment ce genre de facéties n'a pas duré. Et plus tard avec Thorez dès qu'il s'est agi d'avoir des maires et autres, il a tout
de suite été théorisé le mariage du drapeau rouge avec le BBR, "drapeau de la révolution"...


Bref tous ces renoncements là... qui ne sont pas le fait d'avoir des élus, mais le fait d'en faire (d'en avoir et surtout de les garder) une FIN EN SOI. À partir de là il est évident que tu vas
céder à tous les chantages de l'Etat, dont tu n'es rappelons-le que l'échelon local. Bildu est clairement entré dans cette logique. C'est le problème de faire du front électoral (se présenter aux
élections et avoir des élus) le front principal de la lutte et pratiquement une fin en soi ("de l'intérieur des institutions ont pourra changer les choses"). Cela il me semble que Herri
Demokrazia et Sugarra le dénoncent assez clairement. Pure hypocrisie ? Je veux bien mais tu conviendras qu'à plus de 1000 kms de la "cuisine" interne du communisme abertzale, je ne suis pas à
même d'en juger. Ce qui m'est apparu, je le répète, c'est que les arguments me semblaient recevables et pertinents, et même utiles et transposables à nos problématiques "provinciales" d'Hexagone
où à ma connaissance toutes les forces "affirmationnistes" sont réformistes et/ou mouvementistes, même s'il peut y avoir des communistes dedans. Simplement, je ne partage pas l'appel pur et
simple à voter pour des gens décrits quelques lignes plus haut comme étant sur une mauvaise pente, et je l'ai écrit noir sur blanc. Il est tout à fait possible d'écrire qu'on ne jette pas la
pierre aux gens qui sont contents de retrouver, après des années d'illégalisation et même 3 ans et demi de CAV espagnoliste PSOE-PP à cause de cela, une liste "gauche abertzale" pour qui voter ;
mais que malheureusement notre identité de communistes est principale et nous interdit d'appeler (= inciter nos militants et sympathisants, car il s'agit de cela) à voter pour une telle liste.


Tout le reste de la "cuisine" interne je l'ignorait et quelque part l'ignore toujours, car toi et Kimetz dites cela et eux (Sugarra et HD) diront évidemment autre chose ; les seules éléments
factuels sont que vous avez considéré votre attitude comme fondée, nécessaire et parfaitement adaptée à la situation et que eux l'on jugée destructive. Je crains hélas qu'au dessus de 2
personnes, on ne puisse pas éviter ce genre de divergences dans un mouvement.


Je l'ignorais donc et au demeurant les lecteurs de SLP aussi, et la plupart des personnes progressistes en EH même, également... Ce qu'ils voient c'est ce qui est écrit. C'est ça la réalité
tangible pour eux, et c'est ce à quoi vous devez répondre si vous n'êtes pas d'accord. Tu le fais, d'ailleurs, en démontrant par une série d'exemples la crapulerie de Bildu au pouvoir... Mais
cela ne contredit que partiellement ces textes, qui ne nient absolument pas une très mauvaise pente de la direction Sortu-Bildu et une position dominante des tendances les plus
réformistes-soc-dem-soc-lib etc. Et cela laisse entière la question des relations avec leur base, dont tu dis toi-même que beaucoup sont "écoeurés" ; la question du grand mouvement de masse que
doit construire le Parti s'il veut atteindre ses buts, inatteignables en ne "bougeant" que des communistes purs et durs. La question de comment détacher de la direction pourrie une aile gauche
conséquente, neutraliser un centre tout aussi conséquent et isoler la droite (partisans irréductibles du nouveau cours capitulard). Et "accessoirement" mais très importante, la question de
comment construire le Parti en EH et la situation révolutionnaire nécessaire pour obtenir l'indépendance et le socialisme ; les conditions objectives qui sont largement là depuis 2008 mais aussi
les conditions subjectives qui sont totalement entre les mains des communistes (conscience et organisation des masses) ; bref tout ça. C'est cela qui a attiré mon attention sur ces textes, pas le
fait que youpi ! il y ait des communistes basques qui appellent à voter Bildu, ce avec quoi je ne suis pas d'accord et je le dis.


PS : je suis bien d'accord avec ton article du RSA Madrid qui montre bien que les lignes bougent, et au niveau de l'Etat entier en plus. Bon sur une photo il y a un truc un peu bizarre
http://3.bp.blogspot.com/-HSal9hRDrnQ/UdFs5PX3JzI/AAAAAAAAH7E/sgh-XCq8Vgs/s614/bildu-kapiatalistak-1.jpg mais enfin, ce n'est sûrement pas ce que je crois et/ou ça n'a peut-être rien à voir avec
l'inscription à côté. En tout cas ça bouge, et donc la question soulevée dans les articles d'HD et Sugarra, qui est en définitive de comment recueillir toutes ces forces autour d'un PC basque
(qu'il s'agit au demeurant de construire) se pose dans toute sa prégnance.



Ekintza 09/03/2014 00:33

Le PP, PSOE et PNV se bouffent aussi entre eux...
Ca fait un petit moment qu'il n'y a pas eu d'écho de gros "scandale", mais EHBildu a fait d'énormes saloperies, surtout dans la Diputacion de Gipuzkoa et la mairie de Donostia. Leur gestion n'est
même pas socdem (après ça dépend ce qu'on met derrière le mot...), mais néolibérale. La mairie de Donostia ou la diputacion je sais plus, refusait de payer la prime de Noël de ses employés et
autres crapuleries, ce qui entraîna plusieurs luttes d'ELA, celui-ci étant carrément depuis 2009 plus à gauche que LAB dans un certain nombre de secteurs.
EHBildu a viré un de ses propres membres (Josetxo Ibazeta) de son poste de conseiller de la diputacion pour avoir répondu "Gora ETA militarra" à un supporter de foot espagnoliste qui le
provoquait.
Dans leurs mairies ils se plient à l'injonction de placer l'ignoble drapeau semi-franquiste, illustration éclatante de la "désobéissance civile" qu'ils prétendaient appliquer, au début...
Leur campagne pour les élection autonomiques en 2012 était simplement immonde, effrayante : apologie du PNV Agirre, appel à un "Etat libre basque" (référence directe au "Free state" absolument
inédite), "en Europe" cela va de soi, une pourriture qui se voyait déjà "premier zipaio de la CAV"...
Ils y ont perdu beaucoup de votes, surtout là où ils gouvernent, en Gipuzkoa.

Mêmes saloperies en proportion de leur pouvoir actuel que les Provos en Irlande, donc même position.

Sortu-EHBildu est intégralement soumis à la bourgeoise par le chantage permanent à l'illégalisation, il était bien évident que ses immondes statuts de 2011 n'étaient pas "qu'un mauvais moment à
passer" mais étaient le début d'un engrenage infernal, et des macro-procès contre Batasuna, Segi, et les Herriko taberna ont lieu en ce moment même, mais ses dirigeants osent dire que "la politique
d'illégalisation a disparu", ce qui outre tous ses militants.

La "tête visible" de IBIL a donné son nom sur internet depuis longtemps (prof dans une ikastola), lorsque son document alternatif pour le congrès de LAB avait été censuré par la direction, et lui,
IBIL et d'autres membres ont subi des articles de criminalisation dans la presse fasciste. J'ai l'impression qu'ils ont été autant ou plus axé ces derniers temps sur la dénonciation et lutte
"frontales" anti-otegiste que Kimetz, les deux essayent en tout cas de comprendre et dépasser les limites historiques du MLNV.

Servir_Le_Peuple 09/03/2014 19:54



D'après ce que tu racontes ça devrait pas tarder à péter alors... combien de temps la base sincèrement "radicale" va accepter une telle liste de crapuleries ?


Quoi qu'il en soit, l'intérêt (pour ma part en tt cas) de publier ces articles était moins de faire la liste des crapuleries de Bildu que de réfléchir à l'attitude des communistes envers le GRAND
MOUVEMENT POPULAIRE de la gauche abertzale, et plus accessoirement la stratégie pour construire le PC basque authentique et des PC (plus généralement) dans les peuples niés et opprimés.


Je pense et j'ai dit (et je répète) que votre position à toi, Kimetz ou IBIL est tout à fait juste et respectable et je ne cherche qu'à lui permettre d'avancer vers le mieux, par le débat franc
et ouvert et la réflexion sur ces points que j'évoque (ce qui aidera AUSSI le communisme de libération occitane à avancer !).


Et je pense aussi qu'elle a souffert (votre position) d'un malentendu, la reliant indument à des gens qui eux, n'attendaient QUE ce qui s'est passé avec la gauche abertzale pour sortir du bois
avec tout leur espagnolisme refoulé : j'ai cité explicitement EHS, aujourd'hui voilà que le PCE(r) s'y met aussi (je vais chercher le texte en question qui attaque Kimetz)



Ekintza 07/03/2014 22:47

Ouais, le type de Sugarra joue sur l’ambiguïté, on ne sait pas s'il parle de Sortu, moi je l'ai compris comme ça et c'est ce que je trouve honteux, ou alors le minimum c'est qu'il dise les choses
clairement sur Sortu. Pour cerner le personnage, il a fait scission de Kimetz parce qu'il soutenait le "processus", c'est ça son problème, pas un supposé "sectarisme" de Kimetz (qui ne se déclare,
en tout cas plus, proche du ROC à ma connaissance) qui travaille EVIDEMMENT dans les mouvements populaires et dans des comités locaux, entre autres avec Ernai, et parce que, logiquement, il ne
voulait et veut tout simplement pas entreprendre le minimum du minimum de la construction du Parti.

Le type de EHS a complètement pété les plombs en 2012 et encore plus en 2013, tombant dans la caricature du rejet de tout le MLNV, carrément dans le semi-espagnolisme.
Mais en 2011 les "épithètes" de personne n'étaient dirigées contres la majorité des militants (et aujourd'hui ce taré les traite plutôt de "nationalistes", "chauvinistes", voire "racistes"), et
l'article de "Herri Demokrazia" manipulait et calomniait les positions de TOUS les (vrais) "critiques", communistes ou pas d'ailleurs.

Pour la lutte armée dans les années 2000, pour simplifier fortement c'était justement ce qui tirait en bonne partie le mouvement, donc le "bénéfice" il y en avait objectivement. Donc même pour
cette époque, l'affirmation de "la incidencia negativa que haya podido tener una actividad armada como la de ETA (basada en un activismo vanguardista y minoritario) sobre el desarrollo del
movimiento popular y la necesaria acumulación de fuerzas", c'est plutôt complètement l'inverse, c'est ce qui, en bonne partie, avec ses énormes déficiences, en lien dialectique avec les autres
luttes, "rassemblait", mobilisait toutes les forces révolutionnaires et combatives basques, sauf s'il veut parler, comme je le pense, des "accumulations de forces" avec EA et Aralar, voire
maintenant avec le PNV.
Les conditions d'illégalité, il n'y en avait justement plus dans les années 80 et une bonne partie des années 90 : recul tactique de la bourgeoisie qui avait peur d'un plus large mouvement encore
et tentative d'assimiler le MLNV dans les institutions, qui échoua en grande partie, ce qui poussa justement, conjointement à un affaiblissement des luttes militaire et de masses et de son
hégémonie culturelle, et à la contre-révolution mondiale, la bourgeoisie à l'illégaliser.

Servir_Le_Peuple 08/03/2014 10:51



Merci pour ces arguments qui font avancer le débat, c'était justement le but de la publication de ces textes (je parle sur le MLNV, après, qui a fait scission de qui et pourquoi, je pense que les
masses y compris en EH s'en foutent un peu)


Pour Sugarra je ne sais pas, parler de GA "comprise comme large mvt poplaire" ça ne m'a pas l'air trop ambigu mais bon....


Et l'objectif de ces textes n'était pas du tout un coup de couteau dans le dos aux "dissidents" du processus que vous êtes rassure-toi ! je t'écris à ce sujet bientôt.


Je ne vois pas comme cela, en tout cas, le fait d'inciter à réfléchir et à faire carburer les neurones. Tu dis qu'on est plus en 2011... bien d'accord, mais justement : maintenant qu'on a bien
cassé du liki (en des termes peut être plus musclés que HD ou Sugarra, mais sur le fond je ne vois pas la différence : ils sont soc'dem', leur modèle de socialisme est la Suède, ils font des
concessions aux espagnolistes et au PNV sur tout, ils essaient de déguiser la défaite d'ETA en pseudo "processus de paix" dont l’État espagnol se brosse le cul comme le dit explicitement Sugarra,
etc.).... il faut peut-être commencer à PROPOSER. Et proposer CONCRET : révolution, indépendance et socialisme, Guerre populaire tout ça je veux bien, mais COMMENT ? Les masses basques
révolutionnaires ou radicales (potentiellement révolutionnaire) veulent entendre une STRATÉGIE, pas seulement un but (indépendance et socialisme, là-dessus 15% de la population facilement est
d'accord). Nous en Occitanie avons un tel plan stratégique, sauf que nous sommes dans une première étape qui consiste à faire comprendre aux gens qu'ils ne sont pas français, qu'ils doivent se
libérer mentalement de cette baliverne et ensuite leur faire accepter l'idée révolutionnaire socialiste et sinon l'indépendance (jamais trop prônée à travers notre histoire, sauf un peu par
Fontan), du moins un Hexagone refondé, sans centres ni périphéries... bref tout ça. Étape que vous avez largement passé depuis longtemps.

Donc voilà. J'ai publié ces textes parce qu'ils appelaient à la réflexion et soulevaient des interrogations pertinentes, et si tel est leur crime je l'assume complètement. Je les ai appréciés
parce qu'ils considéraient la problématique abertzale actuelle sous tous ses aspects, et non dans une vision unilatérale, Bildu c'est génial aupa aupa aupa (!) ou au contraire Bildu = salopards
de traîtres, une balle dans la tête.
Qu'ensuite ils n'apportent pas que des bonnes réponses, en tout cas des réponses qui me convainquent c'est autre chose, et tu conviendras que je le dis ouvertement. Mais ils soulèvent des
questions qui méritent d'être soulevées.
Il y a aussi peut-être des choses qui pourraient être dites autrement, du genre "ouais Bildu c'est des soc-dem, on en attend pas grand chose mais en même temps, chaque bulletin de vote Bildu est
un crachat de peuple et de classe à la face de l'Espagne, alors vu comme ça....". Et vu comme ça effectivement, ça peut se discuter. Pour moi et nous (les communistes révolutionnaire occitans),
vis à vis de quelque chose qui serait comparable à Breizhistance par exemple, ça mérite d'être discuté. On reste sur une position absolutiste voter = caca ; ou on admet qu'il y a des votes qui,
sans nullement verser dans l'illusion de "changement" à travers les institutions bourgeoises, peuvent être disons des ARMES PSYCHOLOGIQUES contre l'ennemi et pour galvaniser nos troupes ?

Aujourd'hui tu reproches au mec de Sugarra ce que moi je vois comme de simples constats : il y a une gestion locale Bildu qui est bourgeoise par la plupart des aspects, mais qui en même temps
continue à faire chier les espagnolistes et le PNV, qui manœuvrent en coulisse pour avoir sa peau. C'est simplement considérer la réalité sous tous ses aspects que de dire cela. En un sens on
peut presque en arriver à la même position que sur Chavez & co : Bildu est à attaquer pour ses crapuleries contre le peuple travailleur basque et la cause de l'indépendance et du socialisme ;
mais à défendre contre les attaques de l'espagnolisme et du PNV. On pourrait pas voir les choses comme ça ? Évidemment je n'ai aucun souci à dire que l'attitude de LAB et son alignement sur ELA
après les évènements de Bilbao c'est n'importe quoi, un pas de plus vers être l'aile gauche du jeltzalisme. Mais en même temps les attaques PP-PSOE-PNV continuent, alors... c'est complexe. On ne
peut pas avoir de position à l'emporte pièce.

Quand tu dis que le mec de Sugarra a scissionné de Kimetz etc. etc. ben voilà, c'est justement ce que je te disais d'éviter : l'ad hominem. Il est parti avec des arguments non ? Bien sûr. Et moi
qui ne suis pas sur place, il m'en donne aimablement un aperçu sur son site. Discutons donc de ces arguments ! Et la juste compréhension du problème avancera...


Tu sais il y a ce truc maoïste de "un se divise en deux" et des "lignes de démarcation", et franchement des fois ça commence à m'énerver comme c'est mal compris. La seule chose qui se
divise en deux avec des lignes de démarcation, ce sont les idées justes et les idées fausses. Mais dans une controverse les deux parties (deux personnes, deux groupes, deux voix et
positions en tout cas) peuvent détenir CHACUNE un peu des deux, une part d'idées justes et une part de fausses. La victoire dans ce cas là n'est pas qu'une partie dans la controverse écrase
l'autre, mais que les idées fausses soient identifiées et rejetées, et les idées justes recueillies et synthétisées.


Sinon, content car j'avais peur que tu aies compris que je soutenais EHS contre Kimetz et IBIL. Bien sûr que non. Cette petite secte hoxhiste est devenue définitivement une honte... à un moment
ils sont à deux doigts de dire où le mec d'IBIL travaille quand même ! Et de le mettre à la rue vu qu'il est fonctionnaire apparemment. Honteux. Pétainiste. => poubelles de l'histoire. Le "ML"
ossifié dans toute sa splendeur. Pour le reste j'ai plus de sympathies pour les vues "ouvertes" et "carbure-neurone" d'IBIL (même si je peux pas lire grand chose, presque tout est en basque) que
la vision disons plus classique de Kimetz.


À + sur ce débat passionnant.



Ekintza 05/03/2014 23:11

La position de "Herri Demokrazia" était vraiment honteuse, entre autres comme si les "épithètes" étaient lancées contre "la gauche abertzale" et non contre ses dirigeants. Que le seul blog basque
qui se revendiquait "maoïste" écrive ça faisait tout simplement du tort au maoïsme en EH. Mais bon il est mort depuis avril 2012, peut-être parce qu'il a révisé ses positions.

Le type de Sugarra est un escroc sur la durée. Que dans son dernier article sur la situation basque qui date d'octobre il puisse encore écrire :
"No obstante, su ambigüedad sobre la pertenencia del futuro Estado vasco a la UE y el cambio de modelo socioeconómico (que no es otra cosa que un Estado del bienestar neokeynesiano, frente al
modelo neoliberal) o su confusa y ambigua concepción del socialismo, hacen imprescindible un fuerte trabajo ideológico y político, en su seno, por parte de los comunistas vascos de cara a ganar
para la causa de la revolución a los sectores de izquierda más consecuentes."

(Et il se démasque pas mal quand il balance un lapidaire :
"Por otra parte, lo que no han hecho ha sido un análisis riguroso (no ético sino político) de la incidencia negativa que haya podido tener una actividad armada como la de ETA (basada en un
activismo vanguardista y minoritario) sobre el desarrollo del movimiento popular y la necesaria acumulación de fuerzas."
et lui c'est ça son "analyse"...)

Ce que EHK a essayé honnêtement de faire à partir de 1999 un temps, dans des organisations vraiment populaires, sans succès, avant d'abandonner cette tâche et de servir uniquement à dissuader des
communistes honnêtes de construire le Parti, puis de devenir caution "communiste" des pires horreurs otegistes, et de s'être fait en plus virer de Sortu en 2012 pour services loyaux rendus, seul un
escroc peut prétendre le faire aujourd'hui dans Sortu alors que le débat y est tout simplement interdit, et que tous les "centristes" honnêtes imaginables sont écoeurés.

Ceux-là, qui sont une grosse partie de la base de Sortu et Ernai, forment objectivement et subjectivement une partie du MLNV ou gauche abertzale, mais celui-ci a été liquidé organisationnellement à
partir de 2009, à part sans doute le collectif des prisonniers. La majorité des militants qui sont le MLNV ont été expulsés ou sont partis de Sortu and co.
Kimetz et IBIL, principalement, travaillent à la reconstruction du MLNV.

Les génocidaires impérialistes ne sont pas venus impunément à Bilbo. La réponse populaire de lundi est l'événement le plus positif dans le camp populaire basque sans doute depuis 2011, avec la
lutte en défense du gaztetxe Kukutza, à Bilbo aussi.

http://www.lahaine.org/index.php?p=75798

"Balance de la jornada de lucha popular contra la Troika ayer en Bilbo:

- 21 entidades bancarias atacadas.
- 19 grandes comercios atacados.
- Un hotel atacado.
- El palacio Euskalduna atacado.
- Sede del gobierno español atacada.
- 17 contenedores calcinados.
- Otros 160 contenedores cruzados y con desperfectos.
- 6 marquesinas destrozadas.
- Un autobús con todas las persianas rotas, ruedas pinchadas y a punto de ser quemado (al parecer no alcanzaba la gasolina).
- 1 furgón de la policía municipal volcado y destrozado.
- 1 furgoneta de correos igual.
- decenas de parterres destrozados y utilizadas las piedras para destrozar comercios y bancos.
- 7 horas de incidentes.
- 100.000 euros en destrozos solo en el espacio público.
- Algún que otro zipayo herido.

- 7 personas detenidas y más de 50 identificadas."
http://borrokagaraia.wordpress.com/2014/03/04/a-donde-se-pensaban-que-venian/

http://borrokagaraia.wordpress.com/2014/03/05/el-lunes-de-los-cristales-rotos/

Rectification : KAS a été liquidé en tant que bloc, collège d'organisations en 1994, pour devenir une organisation, devenue Ekin en 1999.

Un document en approche très très vite...

07/03/2014 11:20



Je me doutais que ça n'allait pas te plaire... Mais nous sommes à une époque où je pense que sur des sujets compliqués comme celui-là tous les points de vue communistes argumentés doivent pouvoir
s'exprimer et être portés à la connaissance du public de l'Etat plurinational qu'est la "France", pour pouvoir réfléchir.


C'est sûr qu'appeler à voter "sans illusions" pour des gens que l'on vient (quelques lignes au dessus) de qualifier de soc'dem' et de néokeynésiens, c'est un peu n'importe quoi. Mais je pense
aussi que tu es excessivement dur et que ces articles soulèvent des questions pertinentes, auxquelles il vaut le coup de réfléchir. Ce n'est pas "honteux" je trouve, je dirais plutôt que c'est
(n)PCIen : ça me fait beaucoup penser au (n)PCI, le passage sur les deux sortes de communistes notamment est frappant, au point que je suspecte des contacts ou au moins une influence des
italiens. Et ça a donc l'intérêt et le défaut du (n)PCI : soulever de bonnes questions, mais pas forcément apporter que des bonnes réponses...


Les attaques sectaires et antagoniques contre la gauche abertzale dans son ensemble ont existé et tu le sais très bien, je pense notamment à des trucs comme EHS, sorte de ROCML local pour qui le
MLN n'est finalement qu'un faire-valoir et qui se répand en invective contre "l'aranisme", le "txillardegisme" etc. etc. http://euskalherriasozialista.blogspot.fr/2013/11/ideologia-de-ibil.html


À ce niveau-là, ce que je reprocherai aux articles de HD et Sugarra c'est de ne pas avoir poussé le raisonnement jusqu'au bout, et tout simplemen caractérisé ce "communisme abertzale"-là de
"communisme" espagnoliste déguisé, qui jette le MLNV aux orties quand il estime qu'il a cessé de le servir. Je ne sais pas comment classer Kimetz dans tout ça, mais bon quand j'entendais que
l'organisation hexagonale dont ils se sentaient le plus proche était le ROC, tu comprends que ça m'inquiète.


Pour ta citation ""Por otra parte, lo que no han hecho ha sido un análisis riguroso (no ético sino político) de la incidencia negativa que haya podido tener una actividad armada como la de ETA
(basada en un activismo vanguardista y minoritario) sobre el desarrollo del movimiento popular y la necesaria acumulación de fuerzas", je dirais tout simplement que ça dépend de quel époque il
parle... Si c'est de l'ETA mort-vivant des années 2000, je n'ai pas peur de dire que je suis d'accord. Le "bénéfice" apporté par l'activité armée d'ETA au MLNV à cette époque était tout
simplement minuscule par rapport aux dommages causé. J'avais écrit là-dessus à l'époque (octobre 2011) et dit qu'à mesure qu'ETA allait dans le militarisme de plus en plus coupé des
préoccupations populaires, des actions de moins en moins comprises, le mouvement légal tombait dans l'"agitationnisme" réformiste radical, le "tous ensemble tous ensemble" et "motivés motivés"
(genre) et perdait l'habitude d'une lutte dure dans des conditions d'illégalité (comme celles qui prévalaient dans les années 70 et encore 80), conditions qui lui sont tombées dessus brutalement
en 2003. Si bien que si je ne cautionne pas tout ce que disent ces deux articles, du moins je le comprends.


C'est vrai que HD n'existe plus et je le regrette. On aimerait connaître leur position, surtout maintenant que Bildu est à l'oeuvre depuis bientôt 3 ans dans les collectivités qu'elle a conquise
(et au niveau de la CAV je ne sais pas comment ça se passe... ils sont au gouvernement ?).


Sugarra continue à exister apparemment, et dans les citations que tu me fais je ne vois rien de scandaleux... absolument rien dans la première en tout cas : "No obstante, su ambigüedad sobre la
pertenencia del futuro Estado vasco a la UE y el cambio de modelo socioeconómico (que no es otra cosa que un Estado del bienestar neokeynesiano, frente al modelo neoliberal) o su confusa y
ambigua concepción del socialismo, hacen imprescindible un fuerte trabajo ideológico y político, en su seno, por parte de los comunistas vascos de cara a ganar para la causa de la revolución a
los sectores de izquierda más consecuentes"... le castillan est désormais ma deuxième langue courante au quotidien mais bon, quelque chose a pu m'échapper : c'est quoi que tu trouves si
scandaleux ? Dire que la gauche abertzale dérive de plus en plus ouvertement soc'dem' et que les communistes conséquents doivent mener un travail politique profond pour arracher à cette
dérive les éléments avancés, radicaux et combattifs ? Si c'est ça je ne vois franchement rien qui me choque, je ne vois à vrai dire que le b-a-ba d'une position communiste élémentaire.
Et je ne vois nulle part qu'il soit question de le faire au sein des structures militantes de Sortu, effectivement probablement vérouillées. En gros : je pourrais dire exactement la même chose
(que Sugarra de Sortu) du Front de Gauche ou du NPA ; tout en tenant pour évident qu'il n'y a aucun travail sérieux possible de l'intérieur, qu'à
peine tu émets une position communiste authentique t'es ejecté c'est évident. Mais j'ai retrouvé l'article dont tu tires ces citations (et ceux et celles qui lisent le castillan méritent de le
lire en entier : http://sugarra.blogspot.fr/2013/10/reflexiones-sobre-la-situacion-vasca.html), et outre de très nombreuses
critiques sur Sortu, les municipalités Bildu et le cours actuel de la gauche abertzale en général, il n'est question nulle part du "petit comité" qu'est finalement Sortu, mais
bien de la gauche abertzale considérée DANS SON ENSEMBLE (noir sur blanc : "Es por ello que la izquierda abertzale, considerada en su conjunto
(como amplio movimiento popular) sigue teniendo una considerable importancia estratégica de cara a la lucha por el socialismo")... autrement dit les syndicats (LAB etc.), les collectifs
(anti-rep, pour les presos et autres), les gaztetxe, les institutions culturelles, les ikastolak (je sais pas si c'est le terme au Sud) etc. etc. Les points de rencontres entre communistes et
gauche abertzale sont bien plus nombreuses que la militance stricte de Sortu.


Si tu as d'autres citations plus choquantes je suis preneur mais celle-là, franchement... je vois pas. La deuxième comme je t'ai dit, si on parle des toutes dernières années, après l'arrestation
d'Antza disons, ça ne me choque pas non plus. D'ailleurs à un moment (toujours dans l'article de tes citations) ils disent même clairement ce que j'ai moi-même dit dans mon article, la même
critique au sujet du cessez-le-feu : ""Pero esta actitud no está exenta de contradicciones. Para evitar que la decisión de ETA pueda ser interpretada como una derrota de la organización
armada por parte del Estado español, pretenden escenificar una negociación entre esta y el gobierno central con el fin de legitimar el abandono de las armas. Pero, a cada paso que
retroceden en sus planteamientos, las exigencias de los partidos del sistema se hace cada vez mayor (autodisolución, entrega de armas, etc.), y todo parece indicar que esa negociación que buscan
es prácticamente inviable." (Mais cette attitude n'est pas exempte de contradictions : pour éviter que la décision d'ETA soit interprétée comme une défaite
de l'organisation face à l'Etat espagnol, ils essaient de mettre en scène une négociation entre celle-ci et le gouvernement dans le but de légitimer l'abandon des armes. Mais à chaque
concession qu'ils font, les exigences des partis du système se font plus importantes (autodissolution, remise des armes etc.) et tout semble indiquer que cette négociation qu'ils cherchent n'est
pas viable).

Dans tous les cas, l'intérêt que nous avons vu (je ne les ai pas lu seul) à ces textes est de susciter la réflexion et une réflexion transposable à nos peuples opprimés ici en Hexagone. Ne t'en fais pas, ce n'est pas après avoir été attaqué par une photocopie occitane de Batasuna
que je vais être complaisant avec l'otegisme. Il est évident que tout cela personnifie absolument TOUT ce que les luttes de libération des peuples doivent critiquer et dépasser... Pour ne citer
qu'un exemple récent, le fait de planer à 10.000 sur le référendum catalan. Des trucs dans ce genre.

Mais l'article de HD dit aussi un truc intéressant : à quand ça remonte tout ça ? Il y avait un MNLV révolutionnaire jusqu'en 2009-2010, et complètement social-traître ensuite ? Ou y avait-il un
VERNIS RADICAL TACTIQUE avant, qu'après des années de fatigante illégalité on a tout aussi tactiquement retiré ; mais dans le fond l'idéologie
gauche-abertzale n'a guère changé et les gens y croient toujours aussi sincèrement aux même choses ? Dans ce dernier cas tu vois bien que le problème est plus profond qu'Otegi ou les
élus-caciques de Bildu ou qui que ce soit... C'est un problème d'idéologie qui est FONDAMENTALEMENT LA MÊME depuis le début des années 90 (la "fin de l'histoire", comme par hasard), ce que
d'ailleurs HD dit explicitement ("depuis bien 20 ans", ils écrivent en 2011, donc...) et aujourd'hui, dans un sens les masques sont tombés pour les gens qui croyaient sincèrement aux affirmation
"radicales", ceux que tu appelles les "centristes", et les communistes doivent trouver le moyen de mettre à profit positivement cela ; perso j'appellerai ça une occasion historique mais bon...


Par contre y aller en mode gros bourrin, et je peux te dire que je le vois quotidiennement sur les réseaux sociaux, c'est contre-productif et là mon taux d'accord avec HD et Sugarra monte à
99,9%. Globalement si tu parles avec des abertzale "de base" ou des gens qui suivent tout ça de près, le sentiment dominant est (je dirais) que "oui il y a des inquiétudes" quant aux positions de
plus en plus ouvertement réformistes de la direction abertzale, mais "il faut comprendre aussi" que "le peuple abertzale était fatigué de la répression, des coups de matraque, de pas pouvoir
voter, des presos à 800 km", et que critiquer ces gens-là sans tenir compte de ça (a fortiori quand on est pas basque, ou même qu'on est simplement basque du Nord et qu'on a pas affronté cette
ère de répression), c'est "indécent"... Voilà le sentiment dominant. C'est à dire le sentiment avec lequel les communistes doivent faire, et ne peuvent pas faire autrement. À
moins que pour les communistes basques tu aies d'autres alliés à proposer que la gauche abertzale sincère...


Merci en tout cas pour les précisions sur KAS, et dans l'attente de ton document... qui sera évidemment publié sur le champ avec le plus grand plaisir ! Que 100 fleurs s'épanouissent au Pays Basque comme ailleurs !



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Considérations diverses : une mise au point nécessaire sur nos positions internationalistes et aux côtés des Peuples

juin 2014

POSITION DES COMMUNISTES RÉVOLUTIONNAIRES DE LIBÉRATION OCCITANE SUR LES ÉLECTIONS MUNICIPALES ET EUROPÉENNES DES PROCHAINS MOIS

L'affaire Dieudonné-Valls :
Plutôt bon article sur la ‘Déclaration de guerre de la République à Dieudonné’ (la pseudo-controverse réactionnaire entre l’antisémite dégénéré et les gardiens du temple républicain)
Quelques mises au point complémentaires (et conclusives) sur la ‘‘question Dieudonné’’ (et Dreyfus, le Front populaire, l’antisémitisme etc.)
Réflexion théorique : loi Gayssot, lois antiracistes et "mémorielles", "antifascisme" bourgeois etc., quelle position pour les communistes ?

Dossier Breizh :
Breizh : comment l'étincelle écotaxe a mis le feu à la lande
"Esclave", "identitaire", chouan, cul-terreux arriéré de service : pour paraphraser Césaire, "n'allez pas le répéter, mais le Breton il vous EMMERDE"
Considérations diverses – en guise de ‘‘petit debriefing’’ de ces derniers mois : Bretagne, fascisme, ‘‘Lumières’’ et Kaypakkaya… (point 1)
Considérations diverse (26/11/2013) : eh oui, Servir le Peuple a toujours quelques petites choses à vous dire ;-) (point 1)
Appel de la gauche indépendantiste bretonne (Breizhistance) pour le 30 novembre (avec notre critique de la position du ROCML)
Le Top Five des drapeaux qui n'ont PAS été inventés par un druide nazi  (mortel !)
Et en guise (provisoire) de conclusion : La Gauche indépendantiste bretonne revient sur la mobilisation de Karaez/Carhaix

Comité de Construction du PCR des Terres d'Òc : Déclaration du 11 Novembre

La phrase du moment :

"La tyrannie cessera parmi mon peuple ; il n'y aura que liberté, liberté toute nue, sans déguisement. Bouleversements d’États entiers : je les renverserai de fond en comble, il n'y aura rien de reste. Il va y avoir de terribles renversements de conditions, de charges et de toutes choses. Je veux faire un monde nouveau, je veux tout détruire. Je veux appeler à moi la faiblesse, je veux la rendre forte. Pleurez gens du monde, pleurez grands de la terre, vos puissances vont tomber. Rois du monde, vos couronnes sont abattues !"

Élie Marion, "prophète" et guérillero camisard cévenol, 1706.

Amb l'anma d'un Camisart, Pòble trabalhaire d'Occitània endavant !

 

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  • ANTARSYA - France (site en français)
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Document : Ascenseur pour les fachos (série de 6 vidéos Youtube, Antifascisme.org, site social-démocrate)

 

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Comité de Soutien à la Révolution en Inde

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Fil d'actu "Inde - Népal" du Secours Rouge - APAPC

J. Adarshini (excellent site en français)

Revolution in South Asia (en anglais)

Maoist Resistance (guérilla maoïste indienne - en anglais)

NaxalRevolution (Naxalite Maoist India, en anglais)

Banned Thought (en anglais)

Indian Vanguard (en anglais)

The Next Front (Népal - anglais)

Signalfire (sur la GPP en Inde et aux Philippines, le Népal et les luttes populaires dans le monde - en anglais)

Communist Party of India (Marxist-Leninist) Naxalbari (a fusionné avec le PC d'Inde maoïste le 1er mai 2014)

New Marxist Study Group (maoïste, Sri Lanka)

Parti communiste maoïste de Manipur (page Facebook)

 

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Philippine Revolution (en anglais)

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Fil d'actu "Philippines" du Secours Rouge - APAPC

 

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CEDEMA - actualité des mouvements armés en Amérique latine (+ qqs documents historiques)

 

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Guardias Rojos (Pérou, page FB)

Fil d'actu "Amérique latine" du Secours Rouge - APAPC

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Récapitulatif des "grandes thèses" de Servir le Peuple


À lire également, les Considérations Diverses, petits "billets" trop courts pour faire un article et donc regroupés par trois, quatre ou plus, exprimant notre CONCEPTION DU MONDE sur toute sorte de sujets. 


En finir avec la 'France', appareil politico-militaire et idéologique de nos oppresseurs ! (1) et (2) 

En finir avec la 'France' (3) : l'État bourgeois contemporain et nos tâches

Même étude sur l'État espagnol (1 et 2) ; le Royaume-Uni (1 et 2) et l'Italie.

 

APRÈS 8 SÈGLES… (Huitième centenaire de la bataille de Muret 1213 & DÉCLARATION FONDATRICE de notre Comité de Construction du PCR-Òc)

 

V. I. Lénine : "Il y a deux guerres" 

 

Le 18 Juin, une date symbolique pour les fascistes


Réflexion sur la déviation ouvriériste – Avant-propos

Réflexion sur la déviation ouvriériste : la classe ouvrière, le prolétariat et la révolution. 


Sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Rectificatif sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Encore une fois sur le "Bloc populaire" et la QUESTION ELECTORALE


Harry Haywood contre la Théorie des Trois Mondes et les dérives réactionnaires des « prochinois »


TKP(ML) : On ne peut pas être communiste sans défendre le maoïsme


La Question nationale au 21e siècle 

Considérations diverses : un (gros) pavé sur la Question nationale...

Clarification sur l'encerclement du 'Centre' par la 'Périphérie'

 

Pour comprendre la Tempête arabe, avoir une analyse de classe correcte de la situation

(n)PCI : La révolution démocratique anti-impérialiste des pays arabes et musulmans

 

2011 : un point indispensable sur le fascisme et l'antifascisme pour les années à venir

 

Thèses fondamentales pour la construction partidaire


Sur le processus révolutionnaire

Sur le processus révolutionnaire (2) : vers le communisme

 

La "négation de la négation" et le maoïsme


Considérations diverses : Sur la question du SECTARISME

 

(Conception du monde) Le Parti révolutionnaire : ARTISAN conscient... ou 'accompagnateur contemplatif' du mouvement historique ?


Sur la 'révolution permanente' et le trotskysme

 

Le 'centre mlm' de Belgique, la Guerre populaire et le (n)PCI (sur la stratégie révolutionnaire en pays impérialiste) ; et dans la continuité :

Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (1ère partie)

et Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (2e partie)

 

 

Sur le document "Expériences, débats et perspectives" du PC d'Équateur - Comité de Reconstruction, adressé au Mouvement communiste international

 

EXCLUSIF : Lotta Continua - "Prenons la Ville !" (1970) [avec un salut rouge et fraternel à l'AA Bordeaux ]


Manifeste Programme du (n)PCI

Présentation

du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)

 

(Chapitre I): PDF - WORD

 

Le Plan Général de Travail ((n)PCI)

 

 MANIFESTE COMPLET

(version non-définitive ; chap. 4 et 5 pas encore validés par les camarades italiens)

 

IMPORTANT pour la compréhension du Manifeste :

La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)

article de 1985 paru dans Rapporti Sociali n°0

[en bas de la page en lien, icône
PDF - Télécharger le fichier pour télécharger le document]

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