Notre
article sur "L'offensive Identitaire, peste brune de notre
époque" a suscité des réactions.
Pas sur le fond de notre analyse de la menace, mais : - sur notre usage erroné de la langue euskara ;-)
- sur notre "défense" du NPA ("défense" qui les qualifie d'hypocrites et de démagos électoralistes, tout de même...). (mail d'un camarade)
Résumons les choses aussi clairement que possible :
- nous considérons le NPA comme un "mouvement" petit-bourgeois, réformiste, "sociétal" et démago-électoraliste, mais
- nous avons considéré que la critique qu'il subissait ne portait pas sur ça, mais sur la
possibilité même d'accueillir des croyants dans un
Front.
En fait, nous avons l'impression d'assister à un débat où les injures politiques volent haut, mais qui est un FAUX débat.
Un débat dont LES 2 PARTIES sont les représentants d'une extrême-gauche petite-bourgeoise et (disons le) majoritairement "caucasienne", qui n'a pas réellement de
ligne de masse en direction des classes populaires issues, à plus ou moins de générations, d'autres continents et en particulier de pays à majorité
musulmane.
Ils ne les connaissent pas, et s'en font donc une image stéréotypée, fantasmée : des personnes n'ayant pas les préoccupations sociales et démocratiques de Monsieur tout-le-monde, forcément
CROYANTES, pratiquantes et portant leur religion en étendard, entièrement focalisées sur l'oppression raciste et culturelle qu'elles subissent (qui existe, bien sûr !).
Cela amène aux deux conceptions suivantes :
- "Ces masses populaires sont du "
lumpen-prolétariat", conscience politique "zéro", elles "suivront le mouvement", ou pas, mais en
attendant on s'organise et on mène le travail révolutionnaire de masse sans eux".
Ou alors : - "Ils nous les faut dans nos rangs, à n'importe quel prix", mais pour cela, on va voir non pas les masses, mais les "leaders" (autrement dit les bourgeois) "communautaires", comme
interlocuteurs.
Deux conceptions, en apparence, radicalement opposées, mais qui partent à la base de la même chose : on l'a dit, une extrême-gauche petite-bourgeoise "blanche", qui ne connaît des masses
"musulmanes" que la représentation qu'elle s'en fait.
Dans le premier cas, on se prive de toute ligne de masse vis à vis d'une portion conséquente des masses populaires, et on ignore complètement le problème spécifique de la DOUBLE OPPRESSION que
subissent les personnes à la fois populaires et "non-européennes" (d'origine), sans parler de la TRIPLE oppression que subissent les femmes.
Dans le deuxième... et bien, c'est pareil, car on ne s'adresse qu'à des notables. Et on en vient aux PIRES compromis avec des discours obscurantistes et réactionnaires, sexistes, homophobes ou
anti-juifs, portés par ces bourgeois ou petit-bourgeois, en s'imaginant que c'est la
vox populi des "masses musulmanes". Populisme et alliances sans principes... C'est le genre de chose
qu'évoquait le camarade dans son mail, notamment au sujet des manifestations pour Gaza.
Que faire alors ? Pour y répondre, il est important d'abord d'insister sur la distinction entre Parti (ligne de classe) et Front (ligne de masse).
C'est à notre avis (si leur camp est toujours celui de la déviation, et non de la réaction), l'erreur du P"cmlm". Ils confondent les conditions d'adhésion au Parti, et les conditions du Front.
Le Parti, avant-garde de classe du prolétariat, applique le centralisme démocratique. Il est donc clair, qu'une personne croyante aura du mal à s'y plier, puisqu'un pilier du marxisme est que la
religion est l'opium du Peuple, et qu'à terme, avec l'émergence d'une société sans exploitation, elle doit disparaître (pas par décret, mais par la disparition de ses causes matérielles -
souffrance, injustice - et l'éducation de masse).
Le Front, en revanche, applique également le centralisme démocratique, mais sur une plateforme beaucoup plus "light", reposant sur des questions de lutte immédiate (antifasciste par exemple). Dans
ce cas, nous ne voyons pas pourquoi une personne croyante ne pourrait pas adhérer à une plateforme dégagée par le travail politique de masse, de revendications sociales ET démocratiques, comportant
évidemment la lutte contre l'oppression raciste, contre le traitement colonial des masses issues de l'immigration, pour les droits culturels des
minorités etc.
A moins de considérer que ces personnes ne vivent que pour leur religion, et pour l'oppression culturelle qu'elles subissent, se foutent d'être exploitées du moment que c'est par un co-originaire
ou un co-religionaire... Il y en a, sûrement, mais combien ? Selon nous,
une infime minorité.
Donc, la porte est ouverte. Mais,
sur la base de la plateforme. Il ne s'agit pas d'en négocier les points, encore moins les points essentiels. Il est clair que l'instauration de
"municipalités islamiques" et l'application de la charia ne fera jamais partie de ces points. Tout simplement, parce que ce n'est pas une revendication du Peuple (en tout cas, qui ne
vient
pas de lui) mais de la bourgeoisie "communautaire", qui rêve d'être la "sous-traitante" de l'oppression bourgeoise dans les quartiers.
Et d'une adhésion
sincère à la platefrome : pas d'entrisme, qui sera démasqué et éjecté. Cela dit, il faut être dialectique, quand on croit à son idéologie : autant les entristes peuvent
pervertir le Front, autant le Front dirigé par le Parti peut influencer positivement les entristes. Tout dépend du rapport de force.
Dans tous les cas, on l'a dit, la plateforme doit résulter de la ligne de masse, du travail d'enquête et de lutte au sein des masses.
Nous ne savons pas ce qu'il en est du NPA. Si le problème est uniquement que leur plateforme est réformiste petite-bourgeoise, nous ne pouvons pas leur reprocher : c'est leur classe et ils
défendent leur programme de classe. C'est cohérent.
Ce que nous pourrions leur reprocher (et ça semble ressortir, d'après des témoignages, de la mobilisation pour Gaza dans certaines sections), c'est de mettre en oeuvre la stratégie de George
Galloway ou du Parti du Travail de Belgique à Anvers. C'est à dire, que la plateforme ne ressorte pas du travail de masse, mais soit
négociée avec des "représentants communautaires"
autoproclamés, bourgeois ou petit-bourgeois et réactionnaires.
C'est ce qu'a fait le PTB à Anvers, et ça a été un FIASCO : ni leur base ni celle de leurs "alliés" n'a finalement "accroché". Si l'on juge au résultat, qui est quand même le premier juge, c'était
une stratégie complètement erronée, car d'alliance sans principes. D'autant plus grave, qu'il s'agissait d'un front
antifasciste (contre le Vlaams
Blok). Un échec dans ce domaine est particulièrement grave.
Si le NPA met en avant un programme petit-bourgeois, c'est cohérent avec sa nature de classe.
Si il veut appeler les masses "musulmanes" (musulmanes dans le regard des fascistes), premières cibles de l'offensive fasciste, à se ranger sous le drapeau de la petite-bourgeoisie, c'est cohérent
aussi mais nous le combattrons sur une base de classe, car nous considérons que sous le drapeau de la petite-bourgeoisie on ne vient pas à bout du fascisme.
Si il veut passer des alliances sans principes avec des bourgeois "communautaires", même sur le critère "sélectif" d'être "de gauche sur l'essentiel", nous le combattrons sur le plan
idéologique, car là, il conduit les masses dans l'impasse - le "communautarisme" bourgeois est l'équivalent du sionisme ou du bundisme, réponses erronées au fascisme antisémite.
Mais d'un point de vue organisationnel (pas du point de vue des masses), c'est son problème : dans 5 ans, ils n'existent plus.
En tout cas, les choses sont claires et il faut les dire clairement : la contre-révolution préventive, le fascisme n'attendront pas que 40% ou même 20% de la population adhére au
marxisme-léninisme-maoïsme et le comprenne comme nous le comprenons.
La Résistance antifasciste passe donc par un Front de masse, avec des gens qui ne partagent pas notre idéologie.
Croyant, croyante, tu es le/la bienvenu-e dans ce Front !
"Celui qui croyait au Ciel, et celui qui n'y croyait pas" !
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