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Peoples of Europe, rise up !

Mercredi 23 janvier 2013 3 23 /01 /Jan /2013 12:18

 

youfeed-e-morto-prospero-gallinari-brigatista-del-rapimento.jpgUne semaine après sa disparition, les camarades du (nouveau) Parti communiste italien, qui ont eux-mêmes fort à faire avec la répression de l’État calotin, fascistoïde et mafieux dénommé 'République italienne', saluent la mémoire du camarade Prospero GALLINARI, ancien combattant et cadre des Brigades rouges (BR), qui nous a quitté le 14 janvier dernier, sans doute victime des séquelles de ses graves blessures, reçues lors de son arrestation en 1979, et des dures conditions éprouvées 15 années durant dans les cachots de la Réaction. Au cours de sa vie de combattant révolutionnaire, puis de prisonnier politique, et jusqu'à son 'dernier rivage' du 14 janvier, ce fils de paysans des alentours de Reggio Emilia (plaine du Pô) n'a jamais abaissé le drapeau rouge de la lutte prolétarienne pour le communisme.

Au total, le bilan de la période, appelée par la bourgeoisie 'années de plomb', et que l'on fait traditionnellement courir de fin 1969 (attentat de piazza Fontana) jusqu'au début, voire à la fin des années 1980, varie entre 380 et 415 mort-e-s selon les sources : pour la grande majorité, dans des attentats et des violences néofascistes, ou sous les balles ou les coups de la répression d'État ; mais il est courant (sur Wikipédia par exemple) d'attribuer l'intégralité de ces victimes... aux BR. Il y aurait eu, également, environ 2.000 blessé-e-s sérieux-ses (là encore, 80% des violences étaient policières ou néofascistes). Enfin, l'on estime qu'en 1980, quelques 4.000 personnes croupissaient pour des raisons politiques dans les geôles du régime démocrate-chrétien (qui dirigea le pays sans interruption de 1947 à 1992) : pour l'essentiel, des communistes combattant-e-s, des prolétaires en lutte ou des 'autonomes' du mouvement de 1977 ; et une petite minorité d'activistes d'extrême-droite (cherchez l'erreur...).    

C’est un fait connu de tous et toutes, qui nous suivent depuis un petit moment déjà, que la ‘Guerre populaire de basse intensité’ menée par les organisations communistes combattantes italiennes, dans les années 1970-80, est un patrimoine politique et historique identitaire pour Servir le Peuple - là où d'autres, personnes ou groupes, se l'approprient de manière purement opportuniste, pour 'faire plus rouges que rouge'. C'est pourquoi nous nous joignons, avec toute notre ferveur révolutionnaire, à cet hommage.

"Il y a des hommes qui luttent un jour et qui sont bons. Il y en a d’autres qui luttent un an et qui sont meilleurs. Il y en a qui luttent pendant des années et qui sont excellents. Mais il y en a qui luttent toute leur vie ; et ceux-là sont indispensables." Bertolt Brecht

ONORE PROLETARIO, ONORE PARTIGIANO AL COMPAGNO GALLINARI !                                                                                                                                                                                                              

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[SOURCE] 

210284_0_1.jpgLundi 14 janvier est mort Prospero Gallinari.

Prospero Gallinari et les autres camarades des Brigades Rouges ont réalisé dans notre pays une œuvre pionnière et généreuse pour la renaissance du mouvement communiste, même s'ils n'ont pas réussi à trouver la voie de la renaissance. La bourgeoisie et le clergé italiens sont convaincus d'avoir réussi à écraser les Brigades Rouges grâce à la féroce répression qu'ils ont déchaînée contre elles, tout comme, au niveau international, ils sont convaincus d'avoir brisé la première vague de la révolution prolétarienne grâce à leur force. Mais en réalité, les Brigades Rouges, tout comme les promoteurs de la première vague de la révolution prolétarienne, ont été vaincus par leurs propres limites dans la compréhension des conditions, des formes et des résultats de la lutte de classe, qu'ils n'ont pas réussi à surmonter. Le nouveau Parti communiste a tiré les enseignements de leur expérience.  

 

[Extrait du Manifeste Programme du (nouveau)PCI, traduit en français par SLP ici, chap. 2, sous-chapitre 2.1.3 Les premières tentatives de reconstruire le Parti communiste]

Autonomi3À la fin des années 1960 et au début des années 1970, en Italie comme dans d’autres pays, il y eut une grande période de luttes (1968 et l'Automne chaud). La lutte pour arracher à la bourgeoisie de nouvelles conquêtes de civilisation et de bien-être atteignit son sommet et toucha à ses limites : pour aller au-delà, elle devait se transformer en lutte pour la conquête du pouvoir et l'instauration du socialisme. La lutte contre le révisionnisme moderne atteignit un grand développement, sur le plan politique, dans les années 1970, lorsque des luttes revendicatives de la classe ouvrière et des masses populaires naquît un mouvement diffus de lutte armée, incarné par les Brigades Rouges. Il recueillait et donnait une expression politique à la nécessité de conquérir le pouvoir et de transformer la société, nécessité que les mêmes luttes revendicatives alimentaient dans la classe ouvrière et dans les masses populaires. De là le soutien, l'adhésion et la faveur des masses populaires vis-à-vis des Brigades Rouges, dont témoignent leur enracinement dans des usines importantes (FIAT, Alfa Romeo, Siemens, Pirelli, Petrolchimico, etc.), mais plus encore, les mesures que la bourgeoisie dût adopter pour en contrer l'influence et les isoler des masses, et la persistance de leur influence même après leur défaite.

Par leur initiative pratique, les Brigades Rouges rompirent avec la conception de la forme de la révolution socialiste qui avait prédominé dans les Partis communistes des pays impérialistes, au cours de la longue situation révolutionnaire 1900-1945. Contrairement au Parti communiste d'Italie (Nouvelle Unité), les Brigades Rouges commencèrent à faire le bilan des erreurs et des limites qui avaient empêché les Partis communistes des pays impérialistes de mener à une conclusion victorieuse la Anni di piombo2situation révolutionnaire engendrée par la première crise générale du capitalisme. De là la richesse des enseignements qui peuvent être tirés de leur activité, en particulier à propos des lois de l'accumulation des forces révolutionnaires (qui est la tâche principale de la première phase de la guerre populaire révolutionnaire de longue durée) et du passage de la première à la seconde phase de celle-ci (construction des Forces Armées révolutionnaires).

Elles ne réussirent toutefois pas à se libérer de l'influence de la culture bourgeoise de gauche, en particulier dans la version donnée par l'École de Francfort, que le révisionnisme moderne avait rendu culture courante et presque incontestée. Ce fait eut deux importantes conséquences :

1. Les Brigades Rouges ne réussirent pas à corriger les erreurs d'analyse de l'époque, qui avaient dans cette culture leur fondement. Quant aux rapports entre les masses populaires et la bourgeoisie impérialiste, ils confondirent la phase culminante de la lutte des masses pour arracher des conquêtes dans le cadre de la société bourgeoise avec le début de la révolution. Quant aux rapports entre les groupes et les États impérialistes, ils confondirent l'atténuation des contradictions liée à la période 1945-1975, de reprise et de développement du capitalisme, avec la disparition définitive de l'antagonisme. Ils ignorèrent l’alternance des crises générales du capitalisme avec des périodes de reprise de l'accumulation du capital : les années 1970 étaient justement la période de passage entre la période de reprise et de développement qui avait suivi la Seconde Guerre mondiale, et la nouvelle crise générale par surproduction absolue de capital.

2. Les Brigades Rouges ne réussirent pas à s'approprier consciemment la méthode de la ligne de masse pour rester à l'avant-garde du mouvement des masses, y compris dans la nouvelle phase produite par le début, au milieu des années 1970, de la nouvelle crise générale. Ils ne firent pas un bilan juste du mouvement communiste : ils combinèrent des illusions envers les révisionnistes modernes, dans les pays socialistes et dans les Partis communistes dirigés par eux, avec l'abandon de l'expérience historique du mouvement communiste à cause des succès que les révisionnistes modernes avaient réussi à remporter dans celui-ci.

prosperogallinariSuite à ces erreurs, le lien des Brigades Rouges avec les masses cessa de croître et commença au contraire à s’affaiblir, les Brigades Rouges se mirent à fulminer contre "l'arriération" des masses et sombrèrent dans le militarisme (théorie de la 'suppléance'). De cette manière, ils favorisèrent l’attaque de la bourgeoisie qui était centrée sur l’exploitation de leurs erreurs et de leurs limites pour les isoler de masses.

C’est à cause de ces pas en avant non accomplis, de cette autocritique non menée à son terme, que leur lien avec les masses populaires, plutôt que de se développer, s'affaiblit ; et les Brigades Rouges furent écrasées par l'offensive de la bourgeoisie, à laquelle les révisionnistes modernes participèrent comme à une entreprise vitale pour eux.

La lutte menée par les Brigades Rouges montra, pour la troisième fois dans l'histoire du mouvement communiste de notre pays, après la période du Biennio Rosso et la Résistance, comment, dans un pays impérialiste, peuvent se présenter les conditions pour le passage de la première à la seconde phase de la guerre populaire révolutionnaire de longue durée. Elle montra aussi, d'autre part, que la possibilité d'exploiter avec succès les conditions favorables dépend étroitement de la qualité de l'accumulation des forces révolutionnaires qui a précédé leur apparition.

politicaerivoluzione 500Le PCd'I et les BR constituent les deux principales tentatives infructueuses de reconstruction du Parti communiste. Les deux cherchèrent à répondre à cette nécessité pour la classe ouvrière et les masses populaires de notre pays. Mais ni l'un ni l'autre n’atteignirent leur objectif. Pour recueillir ce qu’ils ont produit de positif et tirer les enseignements de leur expérience, il est indispensable de comprendre les motifs de l'échec.

L'histoire du mouvement communiste est riche en succès et en défaites. Les uns et les autres nous montrent que la contradiction entre théorie et pratique se manifeste dans les contradictions entre théorie révolutionnaire et construction de l'organisation révolutionnaire, entre le Parti révolutionnaire et le mouvement des masses, et dans d’autres encore. Quel est le juste rapport entre les deux termes de chacune de ces contradictions ? L'histoire du mouvement communiste nous enseigne :

1. l'unité des deux termes : l’un ne peut se développer au-delà de certaines limites, que si l'autre se développe aussi dans une mesure adéquate ;

2. que dans la lutte de la classe ouvrière pour le pouvoir, en général, sauf exceptions, la priorité revient au premier terme, bien que dans l'absolu, c'est-à-dire en considérant les choses dans un horizon plus vaste, la priorité revient au second.

En effet, en termes généraux, la théorie du mouvement communiste est le reflet dans nos esprits, la synthèse, de l'expérience pratique de la lutte de la classe ouvrière et des masses populaires. Marx et Engels ont produit une théorie révolutionnaire en synthétisant l'expérience de la lutte des ouvriers. C’est grâce à cette théorie que le mouvement communiste a créé les Internationales et les Partis socialistes d'abord, les Partis communistes ensuite. Lénine a résumé la lutte qu’il mena dans les premières années du siècle dernier, en disant : « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire ». Mao Zedong a fait en 1940 le bilan de la révolution chinoise en disant : « Depuis presque vingt ans, nous avons fait la révolution sans avoir une conception claire et juste de la révolution, nous agissions à l'aveuglette : de là la cause des défaites que nous avons subi ».

autonomia operaiaDe même, en termes généraux, le Parti révolutionnaire est produit par la rébellion des masses opprimées. Mais dans les conditions auxquelles est arrivé le mouvement communiste, le mouvement des masses opprimées ne réussit à se développer au-delà d'un niveau élémentaire, revendicatif, que grâce à l'activité du Parti communiste. Les communistes n’ont pas réussi à construire un Parti communiste à la hauteur de son rôle et de la tâche de promouvoir et diriger la guerre populaire révolutionnaire de longue durée, et ceci a empêché l'instauration du socialisme dans les pays impérialistes. Ce n'est pas "l'intégration de la classe ouvrière dans le système capitaliste", ce n'est pas "l'incorporation des rapports de production capitalistes dans les forces productives" (donc la disparition de la contradiction entre les rapports de production et les forces productives), comme le soutient l'École de Francfort, qui a empêché la révolution socialiste dans les pays impérialistes. Le chaînon manquant est un Parti communiste adapté à sa tâche historique et à son rôle, et ce qui est principal pour rendre le Parti communiste adapté à sa tâche historique et à son rôle, c'est la conception du monde sur laquelle il se fonde et par laquelle il oriente son activité. Donc, la solution est dans la lutte entre deux lignes dans la construction du Parti communiste.

NapLa bourgeoisie cherche de toutes ses forces à empêcher une telle construction du Parti. C’est un aspect essentiel de la contre-révolution préventive. Par la répression lorsqu’elle ne peut pas faire autrement, mais normalement, à travers son influence parmi les communistes. Dans tout Parti communiste et dans chacune de ses organisations, face à chaque pas en avant et à chaque décision importante, il y a une gauche et une droite. La gauche reflète la position de la classe ouvrière qui lutte pour le pouvoir ; la droite reflète la position de la bourgeoisie. La droite personnifie l'influence de la bourgeoisie dans le mouvement communiste et la véhicule. La bourgeoisie est au pouvoir depuis des siècles et a beaucoup hérité des précédentes classes exploiteuses. La classe ouvrière lutte pour le pouvoir depuis seulement 160 ans et ne l'a exercé que durant de brèves périodes et dans quelques pays où le capitalisme était relativement peu développé. Donc, la bourgeoisie a encore aujourd'hui une expérience du pouvoir incomparablement plus vaste que celle de la classe ouvrière. Dans le champ superstructurel, la bourgeoisie a un système complet de conceptions, lignes et méthodes. Sa conception du monde s'est consolidée en habitudes et préjugés. Elle a acquis la force, l'évidence et l'objectivité du lieu commun. Il s’ensuit que dans les Partis communistes, la droite a la vie plus facile que la gauche. La droite s'appuie sur ce qui existe déjà, est évident, est habitude, ce que "l'on a toujours fait ainsi", ce que "tout le monde pense". La gauche doit élaborer, découvrir, se projeter dans le nouveau, risquer de commettre des erreurs, corriger le tir jusqu'à trouver la voie vers la victoire. À la droite, il ne faut pas une théorie révolutionnaire ; la gauche ne peut pas progresser sans, et doit la synthétiser. La droite peut se renforcer des erreurs de la gauche et de la confusion de la contradiction entre théorie révolutionnaire et influence de la bourgeoisie avec la contradiction entre théorie juste et théorie erronée, entre nouveau et ancien. La droite entrave la création d'une théorie révolutionnaire, la gauche la promeut et sans théorie révolutionnaire elle ne peut pas diriger. Les erreurs du Parti dans la compréhension de la situation profitent à la droite, et sont délétères à la gauche.

gallinari_prospero_cella.jpgLa gauche du PCI ne réussit pas à développer une théorie de la révolution socialiste dans notre pays au cours de la première crise générale du capitalisme, bien que le Parti se fût proposé de guider la révolution socialiste. Pour cette raison, la droite réussit à prévaloir dans le Parti. Mao nous a enseigné que si le Parti n'applique pas une ligne juste, il en applique une erronée ; que s’il n'applique pas consciemment une politique, il en applique une à l'aveuglette. Il est très difficile que le Parti communiste réussisse à remporter la victoire avec une ligne appliquée à l'aveuglette ; il est plus probable qu’une ligne appliquée à l'aveuglette favorise ce qui existe déjà, la direction de la bourgeoisie, plutôt que ce qui doit émerger : la direction de la classe ouvrière.

Le Parti communiste d'Italie (Nouvelle Unité) et les Brigades Rouges ne comprirent pas que pour avancer, il fallait un bilan de l'expérience de la première vague de la révolution prolétarienne et de la construction du socialisme, qui était synthétisé à son plus haut niveau dans le maoïsme ; ils ne comprirent pas que le révisionnisme moderne ne consistait pas seulement en un reniement de la révolution comme moyen pour instaurer le socialisme, mais exploitait les limites de la conception du monde et de la méthode de direction et de travail des communistes : il fallait dépasser ces limites pour vaincre le révisionnisme moderne ; ils ne comprirent pas, enfin, que le capitalisme, dans notre pays aussi, était au sommet d'une période de développement et que la seconde crise générale du capitalisme s'annonçait à peine. Pour ces raisons, leurs tentatives de reconstruire le Parti communiste furent défaites.

 


 

Paris ouvrier, avec sa Commune, sera célébré à jamais comme le glorieux fourrier d'une société nouvelle. Le souvenir de ses martyrs est conservé pieusement dans le grand cœur de la classe ouvrière. Ses exterminateurs, l'histoire les a déjà cloués à un pilori éternel, dont toutes les prières de leurs prêtres ne parviendront pas à les libérer. K. Marx, La guerre civile en France (1871)


Aux révolutionnaires emprisonnés

[Appel du n°1 de La Voce - mars 1999]


 

La Commission préparatoire au Congrès de fondation du (nouveau) Parti communiste italien, en débutant ses travaux, adresse un salut chaleureux aux révolutionnaires emprisonnés, exilés et en cavale des Brigades Rouges et des autres Organisations Communistes Combattantes qui, dans les années 1970, ont empoigné l'étendard de la lutte pour le communisme.

savasta Vous avez été l’expression la plus haute et êtes aujourd'hui les témoins vivants de la lutte vaste, généreuse et acharnée menée à cette époque par la classe ouvrière, le prolétariat et les masses populaires. L’importance que revêt cette lutte pour la cause du communisme, est à la hauteur de l’ecration sous laquelle la classe des oppresseurs et des exploiteurs cherche à en enterrer jusqu'au souvenir. La défaite, le dénigrement et les trahisons n'effaceront jamais la contribution que cette lutte a apporté à la cause du communisme, car les communistes sauront mettre à profit ses enseignements. La lutte pour le communisme menée en Italie dans les années 1970 a été la répétition générale de la future révolution socialiste. Elle a rendu le nom des Brigades Rouges célèbre dans le monde entier, et fait en sorte que celles-ci soient encore invoquées aujourd'hui par les prolétaires indignés des vexations que la bourgeoisie impérialiste inflige aux masses populaires. Les BR vivent encore aujourd'hui dans les mémoires, et inspirent des sentiments et des élans positifs, en particulier parmi les jeunes. Ceux qui se sont érigés comme vos vainqueurs ont montré leur véritable nature en éliminant les conquêtes de bien-être et de civilisation arrachées par les masses populaires, et en poussant celles-ci, autant qu'ils le peuvent, vers un avenir synonyme pour elles d'exclusion, de misèred'abrutissement, de barbarie et de souffrance. Les noms de vos vainqueurs, de Moro à Andreotti, du Pape à Berlinguer, sont d'ores et déjà couverts d'opprobre et seront pour toujours maudits par les travailleurs, que leur victoire a maintenu dans une condition qui chaque jour devient plus dure. Leur victoire est la mère de toutes les barbaries auxquelles les masses populaires doivent aujourd'hui faire face.

  La lutte pour le communisme reprendra, corrigeant les erreurs et surmontant les limites qui l’ont hier conduite à la défaite, parce que la classe ouvrière, le prolétariat et les masses populaires n'ont pas d'autre porte de sortie positive, à la crise générale du capitalisme, que l'instauration du socialisme. Le prolétariat ne s'est pas repenti ! 
 
250px-Br processo  Au nom du (nouveau) Parti communiste italien, nous demandons à chacun de vous de contribuer par votre propre expérience et votre propre témoignage à la reconstruction du Parti communiste. Chacun de vous est dépositaire d'un patrimoine de confiance et d'espérance accumulé par tous ceux qui dans les années 1970 ont combattu. C'est ce patrimoine que la bourgeoisie impérialiste fait tout pour détruire ou mettre à son service, en cherchant à vous contraindre à la reddition. Ce patrimoine est précieux pour la cause du communisme : mettez-le à profit !   

 Dans le même temps, au nom du (nouveau) Parti communiste italien, nous faisons appel à toutes les FSRS (Forces subjectives de la Révolution socialiste) pour que soient poursuivies et intensifiées toutes les initiatives, comme celles prises dans le passé par l’ASP, permettant de promouvoir la solidari des masses populaires à votre égard : la solidarité des masses populaires est la force principale dont vous disposez contre les pressions de la bourgeoisie impérialiste.

 Les camarades tombés en combattant pour la cause du communisme resteront toujours dans le cœur et dans la mémoire des membres du (nouveau) Parti communiste italien ; les organisations du (n)PCI porteront leurs noms aux côtés de ceux des dirigeants et des combattants qui se sont distingués au cour des 150 années d'histoire du mouvement communiste.

intervista-a-loris-paroli.jpg

 

Intéressant à parcourir également, ce document publié à l'origine par l'AA Bordeaux, sur la 'grande' organisation révolutionnaire de la première moitié des années 1970 (les BR étaient alors embryonnaires) : Lotta Continua - "Prenons la Ville !" (1970)

Certes, Lotta Continua acheva sa course dans l'illusion électoraliste (avec Democrazia Proletaria), mais ce document du tout début des 'années de plomb' jette néanmoins brillamment les bases (avec, certes, beaucoup de 'spontanéisme') d'une stratégie de Guerre populaire en pays impérialiste ou industriel-avancé. Après l'auto-dissolution de l'organisation (1976), beaucoup de militant-e-s s'orienteront à leur tour vers la lutte armée, dans l'autre 'grande' OCC de la seconde moitié de la décennie : Prima Linea (1976-81).

Et pour finir en musique, deux airs emblématiques de l'époque :

   Paroles
 
    Paroles
 


Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Peoples of Europe, rise up ! - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 21:38

 

1. Ces derniers jours, la résistance populaire en Grèce a encore atteint des sommets, encore franchi un cran dans l'affrontement avec le Capital et son État. Un État désormais incarné par un gouvernement "technique" ouvertement fantoche, marionnette de l'UE et sa BCE, créature de l'axe impérialiste franco-allemand.
La Grèce est en effet, et cela apparaît ici clairement, un pays capitaliste dépendant, "avancé mais dominé", comme peut l'être l'Argentine ou la Corée du Sud : le mode de production capitaliste y est très clairement dominant (bien que des forces féodales y soient encore importantes, comme l’Église orthodoxe, plus grand propriétaire foncier du pays et jusqu'à récemment exemptée de taxes et d'impôts...), mais les capitaux étrangers (principalement des "grands" pays d'Europe : France, Allemagne, Italie...) y sont archi-dominants dans ladite production. Jusqu’aux années 1970, la Grèce était un pays ultra-arriéré, sous protectorat US de fait (anglais jusqu'en 1940), pour le contrôle géostratégique de la Méditerranée orientale ; ce qui se traduisit notamment par la terrible dictature des Colonels (1967-74). Mais après la chute de celle-ci (suite à des contradictions nationalistes avec l’État turc, autre allié régional de premier plan de l'impérialisme US), une "démocratie" bourgeoise aux mains de quelques "dynasties" politiques (les Papandréou, Karamanlis...) fut instaurée et la Grèce fut progressivement intégrée à l'UE (1981), comme "champ d'investissement" et débouché commercial pour les impérialistes français, allemands, anglais, italiens, d'Europe du Nord etc. (les nord-américains gardant de solides positions). Comme le furent à la même époque l’Espagne et le Portugal, et quelques années plus tard, les pays d'Europe de l'Est "libérés" du "socialisme réel" révisionniste.

La bourgeoisie locale revêt un caractère oligarchique (voire bureaucratique-féodal, comme on l'a vu avec l’Église) caractéristique d'un pays non-impérialiste. Néanmoins, celle-ci, "les yeux plus gros que le ventre", a voulu "singer" les "grands frères" ouest-européens et "moyenniser" les masses populaires (par l'emploi public, l'aide sociale), pour en faire un grand marché intérieur (ce sur quoi ne crachaient pas non plus, sur le moment, les monopoles étrangers). Mais cela était complètement artificiel, et ne pouvait PAS tenir au regard de la base d'accumulation et des ressources de la bourgeoisie grecque. L’État se révéla finalement, à la fin des années 2000, surendetté à quelques 120% du PIB national ; et voilà l'effondrement où nous sommes, avec des masses populaires ravalées (bientôt) au niveau de vie du Proche-Orient ou de l'Afrique du Nord, voire pire. Un crash économique et social qui rappelle, furieusement, celui de l'Argentine en 2001-2002 (ou encore, à la fin des années 90, celui des "dragons" est-asiatiques).
Une anecdote terrible : des paysans, venus en solidarité distribuer (à prix coûtant voire gratuitement) leurs produits aux masses des villes en lutte, ont vu se ruer sur leurs stands des milliers de personnes qui commencent à ne plus manger à leur faim !

Les services vitaux (eau, électricité) sont coupés à des millions de personnes, des millions encore sont en impayés de loyers et menacées d'expulsion, ou se privent de soins médicaux. Des travailleurs jetés à la rue, des petits entrepreneurs ruinés se suicident par le feu, comme dans les pays arabes. La prostitution, dans une société très patriarcale où les femmes dépendent souvent économiquement des hommes, est en explosion.

Comment s'étonner, alors, du déchaînement de rage prolétaire et populaire qui a explosé à travers tout le pays, le week-end dernier ? Malheureusement, comme bien des fois auparavant, l'explosion risque de retomber comme un soufflé. Car il n'y a pas, dans ce pays, d'avant-garde organisée du mouvement qui soit susceptible de structurer, orienter et surtout MAINTENIR la lutte de masse dans la durée, de manière prolongée, jusqu'au renversement de la classe dominante. On remerciera, au passage, une certaine misérable petite "avant-garde autoproclamée" de nous faire remarquer cette absence, dont les communistes conséquents sont bien conscients depuis le début de la "crise grecque" ; et, surtout, de ne rien proposer comme perspective (comme d'habitude : toujours que critiquer).

Il faut être bien clairs sur une chose : les masses populaires grecques, dans leurs souffrances comme dans leur insurrection et leur refus de la fatalité, sont HÉROÏQUES et ne méritent que notre respect, et rien d'autre. Ce n'est pas du côté de Servir le Peuple, que l'on déversera sur elles des tombereaux de mépris et d'aigres vomissures, comme le font (fidèles à eux-mêmes) les "jefaturas" aussi éclairées qu'autoproclamées de Voie Lactée : "aucune culture communiste" (dans le pays de la plus héroïque guerre antifasciste d'Europe, 1940-49 !), "chauvinisme" (alors que la Grèce, on l'a dit, est un pays dépendant : il est donc normal que des sentiments nationaux se greffent sur la question sociale ; et ces sentiments peuvent même être utilisés tactiquement, maintenant qu'il y a un gouvernement ouvertement fantoche de Paris et Berlin !), etc. etc. La meilleure, c'est quand même lorsqu'ils disent que "dans un émeute du 1er Mai à Berlin, on arrive au même résultat (que dans la nuit d'émeute de dimanche dernier), avec seulement quelques milliers de personnes" ; autrement dit, les mobilisé-e-s de Grèce seraient des "couilles molles" : voilà une analyse qui sent bon le "concours de bites" et guère l'"anti-virilisme" pourtant sans cesse proclamé. Et, de surcroît, c'est complètement faux : il n'y pas "quelques milliers" de manifestant-e-s à Berlin le 1er Mai, mais des centaines de milliers (des partis, syndicats etc.) ; ce qu'il y a, ce sont quelques milliers de black et red blocks ; et c'était exactement la même chose en Grèce le week-end dernier : des centaines de milliers de manifestant-e-s, mais seulement quelques milliers allant "au fight" à Athènes et quelques centaines dans les autres villes, l'immense majorité restant dominée par le légalisme de type KKE ou SYRIZA - et c'est bien là TOUT LE PROBLÈME. Mais, pour nos avant-gardes autoproclamées, le problème serait que... les manifestant-e-s ne se sont pas fait-e-s tirer dessus comme des lapins (ce qui démontrerait que "l’État maîtrise le processus") ! Fidèles à eux-mêmes, on vous dit...

2. Le problème en Grèce, donc, est là. Ce n'est pas, comme diraient les trotskistes, un simple "problème de directions" bureaucratiques et réformistes, qu'il suffirait de mettre face à des revendications "débordant automatiquement le cadre du capitalisme" (ce que les trotskistes s'échinent à faire depuis 70 ans). Les directions traîtres, bureaucratiques, néo-bourgeoises (la bureaucratie syndicale est effectivement un gros problème en Grèce, peut-être l’équivalent de l'Argentine...) s'appuient évidemment sur une culture politique qu'elles ont injecté dans les masses, et qui leur donne une base populaire.
Quelles sont, en Grèce, les organisations se réclamant du communisme ?

- Il y a d'abord le "célèbre" KKE, avec sa jeunesse (KNE) et son syndicat "de lutte", le PAME. Le bloc KKE/KNE/PAME est réellement massif, il compte plusieurs centaines de milliers de militant-e-s (et pèse entre 8 et 10% aux élections). Par rapport à beaucoup de P"c" européens issus du défunt Komintern (sans même parler de ceux devenus explicitement soc'dem', comme l'ancien PCI), son discours apparaît à beaucoup d'égards "radical". Certes, la banderole "Peoples of Europe, rise up !" hissée sur le Parthénon est devenue célèbre... Mais c'est un Parti qui joue le rôle, pour faire court, du couple PCF/CGT de l'époque Marchais, au temps de "Raymond (Marcellin) la Matraque" : c'est un défenseur des institutions et de l’État bourgeois, sous un discours "souverainiste" (social-chauvin) selon lequel tous les problèmes viennent de Bruxelles. Depuis 1973 (déjà, à l'époque des Colonels !), lors de la célèbre insurrection de l’École polytechnique d'Athènes, il est connu pour son rôle de défenseur politique, et parfois PHYSIQUE du Pouvoir : tout antagonisme de classe assumé est pour lui de la "provocation fasciste" ! Son mot d'ordre actuel est que la révolution grecque se fera "sans casser une seule vitrine" : autant dire que ça va aller loin... Malheureusement, la grande majorité de la classe ouvrière et du petit emploi public sont sous sa coupe.

- Il y a la coalition dite "SYRIZA" (Coalition de la Gauche radicale), constituée autour des soc'dem' de Synapsismos (SYN), issus de l'eurocommunisme des années 80. Ses résultats électoraux tournent autour de 5%. On y trouve divers groupes "alternatifs", "écologistes de gauche", trotskistes "modérés", mais aussi, dans une participation "critique", une organisation se réclamant de Mao Zedong : le KOE. C'est une organisation assez importante, qui compterait un gros millier de militant-e-s (soit, rapporté à la population grecque, l'équivalent de Lutte Ouvrière ici). Malheureusement, dans sa pratique, elle est un peu l'équivalent de la LCR des années 1990-2000... Sa position vis-à-vis du mouvement "indigné" de Syntagma (assez radical, par rapport à la moyenne "indignée" en Europe) était suiviste, droitière : ne surtout pas venir "perturber" le mouvement avec des mots d'ordre marxistes révolutionnaires, "dogmatiques" selon eux, etc. Au final, les déclarations de l'"Assemblée de Syntagma" étaient plus radicales, plus révolutionnaires que les positions de l'organisation elle-même !

- Une dernière coalition a vu le jour en 2009 : ANT.AR.SY.A, acronyme de "Front de la Gauche anticapitaliste", en grec "Coordination de la Gauche anticapitaliste pour le Renversement" (le mot grec "antarsya" signifie "soulèvement", "révolte", "mutinerie"). Elle est en grande partie issue de l'ancien "Front de la Gauche radicale" (MERA). Là aussi, la coalition regroupe essentiellement des formations trotskistes (OKDE-Spartakos, SEK "frère" de SWP), de "gauche anticapitaliste", des Jeunesses issues du KKE (sorties lorsque celui-ci, à la fin des années 80, alla jusqu'à faire alliance avec la droite réactionnaire de Karamanlis !) ; mais aussi une organisation "pensée Mao Zedong", l'EKKE (Mouvement Communiste Révolutionnaire de Grèce). Nous n'avons pas plus d'informations sur celle-ci, hormis cette courte présentation en anglais. La coalition a fait une (petite) percée aux élections locales de 2010, avec 1,8%.

Globalement, l'idée qui sous-tend les deux "coalitions" ci-dessus, avec des alliances qui peuvent paraître, ici, tellement contre-nature (des "maos" avec des trotskistes et des "anticapitalistes" divers), c'est l'idée qu'avant d'envisager tout processus révolutionnaire, il faut reconstituer en Grèce une "vraie gauche", "populaire, radicale, anticapitaliste", "en rupture" avec le système politique dominé par deux partis-familles (PASOK-Papandréou et ND-Karamanlis) et le KKE dénoncé comme leur "caution de gauche". Ceci reflète bien l'ampleur du traumatisme des communistes grecs, le vide béant laissé par la trahison du KKE dans les années 50 (la direction révolutionnaire, réfugiée en URSS, fut liquidée sur ordre de Moscou), trahison qui laissa les masses désarmées face aux sanglants Colonels, et à la république oligarchique qui leur succéda...
Mais c'est prendre les choses totalement à l'envers : c'est en construisant, en développant, en perfectionnant le Parti que l'on agrège, développe et renforce autour de lui le Front populaire anticapitaliste ; et non l'inverse (le renforcement du Front qui développe le Parti).

En dehors de ces coalitions se trouve également un KKE(ml), issu de la rupture antirévisionniste "historique" (années 60), qui se réclame lui aussi de Mao Zedong. Il fait cavalier seul depuis le début des années 2000. Il se présente également aux élections, avec des résultats extrêmement faibles (de l'ordre de quelques milliers de voix). Il est peu probable, quoi qu'il en soit, qu'il ait réussi à surmonter les limites qui ont conduit le marxisme-léninisme, en Grèce comme ailleurs, à la faillite révisionniste (la première des années 50-60 (khrouchtchévisme) ; comme la deuxième, de la plupart des "antirévisionnistes" des années 60, à partir des années 80).
Il y a, encore, cette découverte marrante (et récente) : l'OAKKE. Fondée au milieu des années 1980, issue d'un certain "atlanto-trois-mondisme" de ces années-là, elle est tout simplement l'équivalent (en peut-être plus "franc du collier") de ce qu'était ici le 'p''c''mlm' en 2008-2010 : l'ennemi principal pour l'humanité d'aujourd'hui est l'impérialisme russe (!), héritier du social-impérialisme soviétique, équivalent au 21e siècle du IIIe Reich nazi ; et ceux qui dénoncent et combattent les impérialistes ouest-européens, nord-américains ou encore les crimes colonialistes du sionisme, sont ses alliés objectifs. CQFD...

Et puis, enfin, il y a le "BLOC" ANARCHISTE. Si l'on peut parler d'un "bloc"... Car, si le mouvement anarcho-communiste et libertaire est d'une ampleur inégalée en Europe, il est divisé, groupusculo-sectaire, les groupes n'ayant aucune coordination (autre que très formelle), voire parfois étant rivaux entre eux. Ceci se surajoute à la limite historique (et éternelle) de l'anarchisme : penser que l'on peut "nier", "dissoudre" l’État, refuser son renversement et son remplacement par un État révolutionnaire du prolétariat, bref, le non-dépassement total des limites de la Commune de Paris, du mouvement révolutionnaire du 19e siècle... l'incompréhension que "HORMIS LE POUVOIR, TOUT EST ILLUSION" !
Les "black-blocks" hellènes sont une véritable armée qui pourrait, sur une lutte prolongée de plusieurs années, balayer le vieil État pourri et ses maîtres impérialistes de Paris, Berlin et Bruxelles... Mais ils ne prendront jamais le pouvoir (pour instaurer le communisme dont ils se réclament), puisqu'ils... ne le veulent pas !
Parallèlement, existent quelques groupes menant la lutte armée, correspondant à la définition (et à toutes les limites) des "minorités agissantes" et de la "théorie de la suppléance" : Lutte Révolutionnaire est actuellement le plus connu ; l'historique "17-Novembre" a été démantelé en 2002.

3. On voit donc toute l'ampleur du problème en Grèce... Le pays s'enfonce inexorablement dans une "re-tiers-mondisation" ; tandis qu'au vu du panorama ci-dessus, la décantation permettant l'émergence d'un Parti révolutionnaire du prolétariat (et, de là, d'un Front anticapitaliste autour de lui) pourrait prendre des années, voire une décennie... Car il ne suffit pas de "balayer les directions pourries" comme le pensent les trotskistes : il faut d'abord qu'une avant-garde émerge, se fasse reconnaître par la frange avancée du prolétariat, puis, seulement, commence à arracher les larges masses à l'emprise néfaste des réformistes, des révisionnistes, des partis bourgeois (pour lesquels il y a bien des millions de gens qui votent !) sans parler des fascistes, qui commencent à monter en puissance. Et les conceptions d'aucune organisation marxiste-léniniste, "pensée Mao" ou maoïste ne semblent pour le moment à la hauteur...
Il faut dire aussi, sans doute, que le mouvement révolutionnaire en Grèce souffre d'une terrible tare : si le pays, en effet, fut avant-guerre surtout un protectorat britannique (et US ensuite), l'influence intellectuelle y est largement FRANÇAISE : autrement dit, amour du dogme et de la phrase intellectuelle, certitude de "détenir LA Vérité" et tendance au génie autoproclamé, faible propension à l'autocritique etc. etc. Ceci côtoyant une forte culture syndicalo-réformiste et légaliste (ce qui tombe bien : comme la bourgeoisie argentine, la bourgeoisie grecque a besoin d'un fort encadrement bureaucratique-syndical des masses laborieuses), à laquelle "réagit" un anarchisme décomposé ; tandis que le trotskisme (mécaniste cartésien) pense qu'il suffit de mettre les "directions" face à des revendications "débordant automatiquement le cadre du capitalisme" pour les "démasquer" et lancer les masses "à l'assaut du Palais d'Hiver", "comme en 17" !
POUR AUTANT, non seulement CE SONT LES MASSES QUI FONT L'HISTOIRE et elles méritent notre respect (et non notre "regret" qu'elles ne se soient pas faites trouer la peau, parce qu'une "vraie révolution", vous comprenez, "faut que ça saigne" !) ; mais c'est de leur MOUVEMENT RÉEL, celui de la lutte de classe, que naît et émerge l'avant-garde la plus consciente et organisée, le PARTI. Et pas "d'en haut", des sphères "éclairées" de quelques petits-bourgeois intellectuels déclassés, cherchant dans la révolution l'importance existentielle que leur (très haute) estime d'eux-mêmes, bien au-dessus de la réalité, ne rencontre pas dans la société actuelle ; puants d'arrogance et de prétention ; "Parti" autoproclamé de la "Science" et de "l'Intelligence"... qui croit que Michel Aflaq, chrétien syrien et fondateur du Baas laïc, est (tenez-vous bien) un fondamentaliste musulman !

Les communistes, non seulement se tiennent fermement et indéfectiblement aux côtés des masses dans leurs souffrances et leurs luttes, où que ce soit sur la Terre (cosmopolitisme pour nos "lumières éclairées") ; mais ont une FOI ABSOLUE dans celles-ci et dans leur capacité à trouver la voie et les instruments (dont l'avant-garde) de leur émancipation. "Les masses sont la lumière même du monde... elles sont la fibre, la palpitation inépuisable de l'histoire ; quand elles parlent tout tremble, l'ordre chancelle, les cimes les plus hautes s'abaissent, les étoiles prennent une autre direction, parce que les masses font et peuvent tout", disait le grand dirigeant communiste Gonzalo, dont ces imposteurs aiment à vernir leur mascarade de "MLM". Avant de préciser "le Parti les dirige" ; et c'est tout ce que nos "génies" entendent et qui les intéresse : "diriger" les masses et la révolution parce qu'ils n'ont pas réussi (eh oui, la vie est dure !) à trouver leur place "brillante" dans le capitalisme... Mais voilà, le Parti est l'émanation des masses et de leurs luttes réelles ; les masses le reconnaissent et lui donnent en quelque sorte "mandat" de les organiser et de les diriger ; alors que, gageons que tout ce qu'elles donneront à nos "avant-gardes autoproclamées" (ceux-là comme d'autres de leur acabit), c'est une bonne volée de caillasse ou pourquoi pas de plomb !

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Sur le site de La Cause du Peuple, une chronologie des évènements de dimanche dernier :

Grèce : Résumé chronologique des événements du 12 février

 

 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Peoples of Europe, rise up ! - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 23:37

 

Source : La Cause du Peuple

 

La journée d'hier a été chaude en Grèce, comme en témoignent ces vidéos. La mobilisation fut très importante, ce qui n'a évidemment pas empêché le parlement d'approuver le plan d'austérité voulu par l'Union Européenne et le FMI.

Bientôt plus d'infos.

 


 

 

Ou encore celle-ci, sur le site du Jura Libertaire :

 

 

Sur le même site, voici un descriptif des nouvelles mesures anti-populaires prises par le gouvernement "technique", laquais de l'axe impérialiste Paris-Berlin, et incluant des néofascistes nostalgiques des Colonels :

Les présidents des partis qui forment le gouvernement de coalition (socialiste, droite et extrême droite) se sont mis d’accord pour l’application des exigences de la Troïka (FMI, Union Européenne, Banque Centrale Européenne). Un nouveau plan d’austérité est prêt à être voté au parlement grec le dimanche 12 février.

Une partie des mesures que la Troïka veut imposer pour l’aboutissement du PSI (le dit “haircut”/”la coupe” de la dette) :

• -22% pour le SMIC, à savoir 480 euro par mois net (586€ brut de 751€ brut actuellement) ;

• Pour les jeunes de 18-25 ans, la réduction s’élève à -32% donnant environ 430€ brut (510€ brut de 592€ brut actuellement) ;

• Les réductions vont s’appliquer, de manière rétroactive à partir de janvier 2012, dans tous les salaires, retraites et allocations chômage (allocation de chômage : 359€ euro de 461€ actuellement, touchable uniquement lors d’un an) ;

• La retraite minimum chute à 392€ de 503€ euro aujourd’hui ;

• Abolition des conventions collectives (par branche/métier), remplacement par des conventions individuelles au niveau de l’entreprise ;

• Suppression de 150.000 postes de fonctionnaires lors de 2012-2015 ;

• Levage de permanence dans le secteur public “large” comme l’énergie ;

• Les pertes de salaires — s’étendant aux primes de pénibilité, à ceux pour les enfants, aux retraites, et aux allocations chômage — peuvent arriver jusqu’à -40% par rapport aux revenus actuels ayant déjà subi de réductions entre 20% et 30%.

La liste est longue…

 

Victoire à la NOUVELLE RESISTANCE du Peuple grec ! Vive les Nouveaux Partisans !

 

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Peoples of Europe, rise up ! - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 19:44

 

Bien que SLP ne partage pas l'intégralité des positions du Parti communiste maoïste d'Italie, il estime que cette organisation qui, contrairement à beaucoup de ses détracteurs, mène héroïquement le travail révolutionnaire dans la réalité de la lutte de classe, notamment dans les régions les plus déshéritées (Sud) de l'Italie, au sein de syndicats basistes de travailleurs/euses (Slai Cobas etc.), a le droit de s'exprimer pour sa défense. Depuis plusieurs mois, ces camarades sont en effet la cible particulière des attaques cyber-gauchistes contre le 'centrisme' (c'est à dire les organisations qui, dans le mouvement communiste international, agissent selon les principes du maoïsme : essayer d'amener la gauche du Parti maoïste unifié népalais, les éléments les moins contaminés par le révisionnisme, sur les positions du MLM plutôt que de les laisser à la merci du révisionnisme Prachanda-Bhattarai...). Il est évident que, tel que l'enseigne l'histoire du mouvement socialiste (jusqu'à la Première Guerre mondiale) puis communiste (depuis), le rôle des ultra-gauchistes est encore une fois d'assurer le triomphe du révisionnisme et, par là, de la Réaction mondiale.

 

Source

 

Il y a à ce sujet une campagne internet d'intoxication par des 'cybergroupes gauchistes pseudo-maoïstes'.

Notre Parti dans plusieurs et différents textes, meetings internationaux, mais aussi divers meetings bilatéraux avec des camarades indiens, afghans, européens ou népalais, des Partis et des organisations, a exprimé sa critique de l'approche 'centriste' des camarades de la gauche népalaise, dans la lutte interne au PCNUm, et notre Parti a demandé à ces camarades de changer leur approche.
Cette lutte n'est pas achevée et continuera jusqu'à la victoire du MLM au Népal et au niveau international.

Notre Parti est un membre historique du MRI et tous dans le MRI (moins en dehors et c'est notre limite) connaissent notre lutte interne contre la tendance Avakian ainsi que les positions centristes du PCNm sur les questions internationales.

Notre Parti a été dans toute la vie du MRI le seul Parti allié au PCP comme fraction rouge du MRI et nous avons organisé trois meetings publics internationaux sur ce sujet avec le MPP.

Notre Parti a été le seul dans le MRI (avec les camarades du PCP) à soutenir la ligne de la Guerre Populaire pour les pays impérialistes et sur cette question, a mené une dure lutte y compris en direction du PC des Philippines et du PC d'Inde (maoïste).

Notre Parti, dans le cadre du séminaire international au Népal avec tous les Partis et organisations participants, PC des Philippines et PC d'Inde maoïste inclus, a analysé les positions du PC népalais maoïste comme de mauvaises réponses à de bonnes questions (de très, très bonnes questions qui attendent toujours une réponse correcte). Pour cela, dans la conférence internationale à venir, lorsque celle-ci se tiendra, notre Parti exprimera toute son approche radicale sur ces questions... et l'heure est proche.

Dans le même temps, alors que le CoRIM stoppait ses activités, notre Parti menait tout le travail nécessaire pour reconstruire une organisation internationale MLM et pour ceci, le problème n'est pas d'imposer nos positions à tous les Partis et toutes les organisations MLM dans le monde, mais de réunir un meeting au sein du MRI avec les Partis et organisations qui ne soutiennent pas les positions d'Avakian et la ligne Prachanda, et ensuite une Conférence internationale de tous les Partis et organisations MLM dans le monde, dans et en dehors du MRI, principalement le PCI(m), le PC des Philippines, le PC maoïste de France, le PCR Canada ainsi que des organisations d'Amérique latine (Colombie, Brésil) etc. pour reconstruire une organisation et un centre international basé sur les enseignements positifs et négatifs des approches du MRI et du CoRIM/PCR-USA.
Au cours de cette Conférence, nous soutiendrons la ligne de Guerre populaire et d'un centre basé sur la Guerre populaire. Notre tâche internationale actuelle et notre engagement, lorsque cette Conférence internationale se tiendra, sera accompli dans cette forme.
La Conférence internationale n'exige pas seulement un simple appel, mais un accord entre les Partis et les organisations participantes, un climat positif d'unité et lutte : dans le cas contraire, nous n'aurions pas une Conférence internationale, mais un meeting fractionnel qui n'apportera rien, ni au sein ni en dehors de lui, au Mouvement communiste international MLM.
 
Dans le cadre de cette conférence, différentes positions pourront débattre, lutter, il y aura une lutte entre deux lignes sur maintes questions et notre Parti luttera pour contribuer à affirmer et développer le MLM, dont a besoin notre 21e siècle de Guerres populaires vers le communisme.

Pour finir encore sur le Népal, nous souhaitons et luttons pour la participation de maoïstes népalais à la Conférence internationale ; des maoïstes népalais qui s'opposent aux positions de Prachanda et Bhattarai, qui sont engagés dans la continuation de la révolution népalaise, qui appellent à la révolte populaire, à la lutte armée, à la stratégie de Guerre populaire. La présence de ces maoïstes népalais à la Conférence serait une victoire pour le MCI, tous doivent travailler à cela.
Nous espérons que les vrais et sérieux Partis et organisations MLM, qui veulent une Conférence internationale, auront et prendront la responsabilité se s'y joindre.

PCm Italie
janvier 2012

 

http://4.bp.blogspot.com/-4nEznwiPY1U/TaXn5Hos64I/AAAAAAAAAkE/dtNvNEm2Hos/s1600/partisans.jpg

 

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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 19:47

 

Jeudi dernier, 20 octobre, se déroulait à Athènes une gigantesque manifestation et grève générale, à l'occasion du vote par le Parlement grec de la loi sur l'austérité.

Voyons le récit qu'en donne la presse 'alternative' : de 'violents affrontements' ont éclaté et, notamment, de violents affrontements devant le Parlement ; des 'jeunes radicaux' y attaquant la 'manifestation pacifique' du KKE et de son 'Front ouvrier', le PAME. La police (une des plus violentes d'Europe) a alors répliqué à coup de gaz lacrymogènes (quasi asphyxiants là-bas...). Un syndicaliste du PAME, ouvrier du bâtiment de 53 ans, s'est alors effondré et est décédé d'un arrêt respiratoire (ce sont donc bien les gaz de la police qui ont tué cet ouvrier syndicaliste - c'est en tout cas la version donnée par le Grand Soir, pro-KKE/PAME).

Le KKE s'est fendu d'un communiqué dénonçant violemment les 'groupes' et 'agents provocateurs', les 'cagoulés', voire les... 'anarcho-fascistes'. En réalité, un discours totalement huilé et une constante de ce Parti. Nous y reviendrons.

De l'autre côté, les milieux anarchistes et totos francophones de tout poil se répandent en vomissures 'anti-autoritaires', autrement dit antimarxistes : 'crapules staliniennes' (le terme 'stalinien' englobant de fait tout marxiste) etc. Le site Rebellyon va jusqu'à proclamer "Qu’on arrête d’accep­ter les fran­ges les plus auto­ri­tai­res du mouvement révo­lu­tion­naire à nos côtés. Non pas qu’il faut leur décla­rer la guerre car il se pas­sera demain la même chose à Lyon mais les nier dans leur existence et dans leur expression politique, si celle-ci existe", ou carrément (en commentaire) "Faut faire pareil avec nos staliniens à nous ! Ils arrêteront peut-être d’arracher des trucs CNT et Anti-Fa ou encore de coller et tagguer les portes de locaux libertaires ces putains de fascistes rouges !"... CQFD. On a envie de leur répondre, à ces petits bourgeois 'ultra-révolutionnaires' mais syndicalo-réformistes en pratique (et souvent 'no border' mais 'jacobins rouges et noirs' et islamophobes en pratique...) que certes, nous sommes bien obligés de nous retrouver à leurs côtés, car la place d'un communiste est là où se trouvent les masses, donc dans les manifestations et autres mouvements qu'ils infestent généralement ; mais qu'ils ne peuvent pas imaginer à quel point ça nous gonfle... Et que les communistes (le 'drapeau rouge de la collaboration' !) les emmerdent, accessoirement.
D'ailleurs, non seulement nous en reparlerons plus volontiers quand les milieux anarcho-totos francouilles arriveront à la CHEVILLE de leurs homologues grecs, mais là-bas, les actions de certains groupuscules mystérieux et non-identifiés soulèvent aussi les interrogations et sont rejetées par beaucoup d'anarcho-communistes et autres libertaires eux-mêmes... La frontière entre marxistes et libertaires est d'ailleurs souvent mouvante, au point qu'il est difficile de 'classer' un groupe 'combattant' comme Lutte révolutionnaire, par exemple.

En réalité, et sans mauvais jeu de mot, c'est toute la TRAGÉDIE GRECQUE actuelle qui s'étale dans ces évènements. D'un côté, une situation OBJECTIVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE comme jamais, et nulle part en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Première (et sans doute précurseuse !) en Europe, la Grèce s'apprête ni plus ni moins qu'à liquider le 'capitalisme à visage humain', le soma de 'niveau de vie' et de 'citoyenneté' qui enferme les masses populaires d'Europe de l'Ouest depuis 1945, et celles d'Europe du Sud (Grèce, Portugal, État espagnol) depuis la fin des dictatures terroristes ouvertes en 1974-75...
Et de l'autre... un mouvement de résistance populaire gigantesque, certes, mais de résistance. Qui ne débouche sur aucune réelle perspective révolutionnaire.

Un mouvement PRIS EN ÉTAU, et on l'a vu tragiquement la semaine dernière devant le Parlement, entre le mouvement de masse réformiste et défenseur des institutions du KKE/PAME et le mouvement 'minoritaire-activiste' SANS PERSPECTIVE des 'cagoulés' (kokoulophori : c'est leur nom officiel là-bas).

Le KKE, pas plus qu'aucun Parti de la première Internationale communiste, n'a jamais été 'parfait'. Mais, dans les années 30 et surtout 40, c'était un Parti révolutionnaire, objectivement. Un Parti qui a mené la résistance populaire héroïque contre l'occupation nazie-fasciste du pays (574.000 morts, 8% de la population...). Puis, qui a résisté et affronté les troupes britanniques venues pour les désarmer et réinstaller la monarchie réactionnaire, en 1944. Il y aura ensuite une 'pause tactique' en 1945-46, à laquelle il est fait allusion dans le communiqué de l'Assemblée de Syntagma (cf. ci-dessous, 'Varkiza'). Mais, contrairement au PCF et au PCI, le KKE reprendra la lutte dès 1946 contre la monarchie réactionnaire restaurée et ses soutiens impérialistes anglo-américains. Cette guerre civile sera perdue, en raison d'erreurs de stratégie militaire (pas réellement basée sur la Guerre populaire ; trop considérée comme une 'nouvelle résistance' contre une 'nouvelle occupation' anglo-US : dans les zones contrôlées, il n'y aura pas de réforme agraire, pas de socialisation des moyens de production etc.), ainsi qu'en raison de la trahison de Tito (qui cesse en 1948 la fourniture d'armes, alors qu'il était le principal pourvoyeur).

Cette vidéo (pro-KKE) retrace, certes de manière 'elliptique', ces évènements :

 
Récit poignant... et évocateur : à aucun moment, ce petit clip n'évoque ni ne remet en question les erreurs du Parti (notamment l'absence de réformes économiques et sociales) durant cette guerre. La tentative révolutionnaire grecque a péri sous les bombes anglaises et U$, point... Si c'est l'état d'esprit qui prévalait déjà en 1950, alors il est clair que 'le ver était dans le fruit'. La cause principale de l'échec est toujours intérieure. Un Parti qui ne se remet pas en question ne peut que finir comme le KKE aujourd'hui...

La direction du Parti, suivie d'une grande partie des troupes, prend alors le chemin de l'exil vers l'Albanie, la Bulgarie, l'URSS. Une partie reste en Grèce (KKE 'intérieur'). Installée à Tashkent, au Tadjikistan, la direction 'stalinienne' du KKE (c'est à dire, encore un tant soit peu révolutionnaire) est liquidée par les khrouchtchéviens en 1956. Le secrétaire général, Nikos Zachariadis, finira ses jours au fin fond de la Sibérie.
C'est le 'tournant révisionniste'. A partir de là, le KKE se lancera dans l'alliance avec (et la soumission à) la 'gauche' bourgeoise, contre les forces conservatrices et réactionnaires (cette alliance est aujourd'hui évidemment rompue). Il redeviendra légal après la chute des Colonels, en 1974.

Depuis plus de 40 ans, le KKE joue un rôle trouble, déconcertant, avec un discours invariant (on l'a vu plus haut : 'provocateurs', 'anarcho-fasciste' etc. dès qu'il est question de radicalité, d'antagonisme assumé, de révolte physique contre l'oppression...).
Contrairement à beaucoup de Partis (ou ex-Partis) révisionnistes en Europe, le KKE garde une réelle base de masse. Aux élections, il obtient encore de 8 à 10% des suffrages (PCF en 2007 : 1,5% ; Refondation communiste et PdCI en Italie, en 2008 : 3%). Et surtout, contrairement là encore à beaucoup, il garde une réelle base ouvrière. On ne peut pas le nier. Même si on y trouve beaucoup, aussi, de ce 'petit emploi public tertiaire' développé par l’État depuis 30 ans pour lutter contre la crise ; et que l'austérité consiste tout simplement à liquider.
Il en découle une apparente radicalité, une combattivité qui est l'expression de cette nature de classe. La banderole 'Peoples of Europe, rise up !' hissée sur le Parthénon, et reprise par SLP comme titre pour sa catégorie sur les luttes de classe en Europe, c'était eux. Mais voilà : cette base ouvrière et de 'petit emploi public' paupérisé par la crise, radicale et combattive, reste 'attachée' (la version anglaise du texte ci-dessous dit 'glued' : collée, engluée) à une direction idéologique qui n'a rien, mais alors rien de révolutionnaire, et même bien au contraire.
Le KKE ne lutte pas contre la bourgeoisie grecque, ni même contre la très haute bourgeoisie à tendance oligarchique, et encore moins contre l’État. Son ennemi, il  le dit très clairement, c'est l'UE et l'OTAN (dont est membre la Grèce), et les 'ploutocrates' et 'politiciens vendus' à leur service. Si la Grèce sortait de l'UE et de l'OTAN, tout serait en grande partie résolu : le 'Peuple grec' est 'organiquement' bon, c'est un 'grand peuple' qui a résisté aux Ottomans, aux dynasties d'origine étrangère, aux nazis-fascistes et maintenant à l'UE et à l'OTAN... Impression de 'déjà vu' ? Ne vous étonnez pas : le KKE est considéré par le PRCF et toute la 'gauche du PCF' à la André Gerin comme un 'Parti frère'.
Ce chauvinisme ultra est dénoncé par l'intégralité de la gauche radicale et révolutionnaire du pays : anarchistes et libertaires, ML, maoïstes, trotskistes, 'eurocommunistes' etc. SLP est bien d'avis que la Grèce n'est pas un pays impérialiste, mais un pays 'dominé avancé' comme les pays d'Europe de l'Est et des Balkans, la Turquie 'européenne' (région d'Istanbul et Mer Egée), etc. ; et qui est passé en 1974 (avec la chute du régime des Colonels) d'une tutelle plutôt anglo-américaine à une tutelle 'UE' c'est-à-dire franco-allemande. Mais il y a libération nationale et nationalisme bourgeois. Le KKE, c'est du nationalisme bourgeois.
Du coup, les choses vont encore beaucoup plus loin. Le KKE ne supporte pas qu'on 'abîme sa Grèce'... On l'a dit, depuis plus de 40 ans, le positionnement est constant et le discours invariant :
- le 17 novembre 1973, soulèvement étudiant de l’École polytechnique à Athènes. Précipitant la chute des Colonels (même si ce fut pour une 'démocratie' soumise à l'axe franco-allemand), cet évènement est encore célébré chaque année par les forces révolutionnaires grecques. Mais le KKE parlait alors de... 'provocation policière' !
- en 1979, les forces du KKE interviennent directement pour briser un soulèvement étudiant à l’École de chimie. Rebelote en 1998 à Polytechnique, où ils collaboreront directement avec la police pour l'arrestation de 100 personnes.
- fin 2008, c'est évidemment le positionnement ignoble sur l'insurrection de la jeunesse, suite à l'assassinat policier d'un jeune. Le KKE parlera encore une fois de 'provocateurs', 'agents du gouvernement Karamanlis', 'fascistes cagoulés' etc.

Et ainsi de suite... Ici, abstraction faite du vomi anticommuniste anar-con, les témoignages sont fiables sur le fait que le rassemblement KKE/PAME protégeait, de facto, le Parlement d'un assaut populaire. Dans toutes les mobilisations sociales et populaires, le KKE fait 'bande à part' avec un sectarisme certain, refusant de côtoyer le reste de la gauche radicale et révolutionnaire. Et son service d'ordre, constitué par sa jeunesse (KNE), intervient systématiquement en appui au 'système' qu'ils prétendent combattre, dès qu'il y a 'débordement'. Au point que les 'jeunes radicaux' parlent de 'KNAT', jeu de mot entre KNE et MAT, la force anti-émeute du capitalisme.
C'est véritablement une constante, pas un 'échauffement des esprits' localisé, qui pourrait surgir ponctuellement dans une manif que les uns voudraient 'propre et ordonnée' et les autres 'radicale et bruyante'. Si le KKE peut jouer ce rôle, c'est parce qu'il est (encore) une organisation de masse. Il va de soi que le PCF, tentant de garder ses derniers électeurs (et la CGT ses derniers adhérents), connaissant actuellement un certain 'regain' avec des adhésions importantes à la JC, ne peut pas se permettre de jouer aussi ouvertement le rôle de supplétif des institutions ; et d'ailleurs, sa 'force de frappe' n'intéresse plus guère le Pouvoir... En revanche, PCF et CGT jouaient clairement ce rôle dans les 'années 68'.
Pour le KKE, il y a finalement un 'Peuple travailleur' pris entre les 'casseurs d'en haut' (les 'ploutocrates' européistes, 'laquais du FMI' etc.) et les 'casseurs d'en bas' (la jeunesse radicalisée). C'est presque du Soral. Le KKE n'assume tellement pas l'antagonisme avec les institutions de la bourgeoisie, que lorsque les gaz de la police tuent un de ses militants (père de deux enfants), il préfère vomir sur les 'anarcho-fascistes' !

Tel est, donc, le premier grand frein à la 'révolution grecque' : la classe ouvrière, les petit-e-s employé-e-s, les travailleurs/euses gagnant autour de 800 euros par mois, sont largement prisonnier-e-s de ce qui précède.
Mais, de l'autre côté... Les jeunes 'radicaux' qui se sont heurté-e-s à la 'manifestation' du PAME voulaient 'prendre d'assaut le Parlement'. Admettons (ce qui paraît déjà délirant, tant l'édifice est évidemment protégé) qu'ils y soient parvenus. Qu'auraient-ils alors fait ? Ils y auraient 'proclamé' quelque chose ? Mais quoi ? Les anarchistes refusent en bloc, bondissent au plafond quand on leur parle de toute organisation politique autre qu'affinitaire. Pour eux, les mots 'Parti' ou même 'organisation' signifient la fin de tout 'mouvement insurrectionnel'... Alors, quoi ? Ils y auraient mis le feu, avant de regagner leurs 'squats autogérés' ? Et après ? Croit-on réellement que l'incendie du Parlement suffise à détruire l’État du Capital ??!!? C'est bien sûr tout à fait ridicule. Mais totalement dans l'idéologie anarchiste (plus que 'communiste libertaire') : l’État (symbole de toutes les oppressions : sociale, patriarcale, raciste, impérialiste etc.) peut être 'dissous' à force de groupes d'individus lui 'tournant le dos' et se regroupant en 'communautés' et lieux de vie anarchistes. Et il peut s'effondrer sous les 'coups' d'actions 'symboliques' comme l'incendie d'un Parlement (ou, autour de 1900, l'exécution d'un chef d’État). Absurde.
Pour les marxistes révolutionnaires, c'est à dire les maoïstes (qui sont les seuls véritables de notre époque), le CAPITALISME et son État (l’État ayant toujours une nature de classe ; et pouvant être prolétarien, révolutionnaire) ne peuvent être détruits que par une LONGUE LUTTE RÉVOLUTIONNAIRE à la base, une Guerre populaire prolongée. Une lutte qui, dans son déroulement, transforme à la base la société, jetant les fondations d'une organisation politique et économique socialiste (en route vers le communisme). Ce qui n'a rien à voir avec se regrouper de manière 'affinitaire' dans un bâtiment occupé, pour y mener une vie communautaire, 'égalitaire', 'autogérée', 'anti-consumériste' etc. (ou se voulant telle) ; en 'espérant' que 'un jour', des 'millions' suivront le même chemin. Tout ceci abstraction faite, bien sûr, des 'anarchistes' qui, en dehors de la manif ou du rassemblement de temps en temps, mènent une vie parfaitement 'petite-bourgeoise', enfin... de Monsieur tout le monde, quoi !
En définitive, la révolution prolétarienne est un affrontement de classe de type militaire. La bourgeoisie a ses institutions, sa police, son armée, son état-major, son Chef des Armées... et les prolétaires doivent avoir les leurs : leur Parti avec son Front uni, leur Armée révolutionnaire, leurs organes de Pouvoir populaire. Ceci, organisé et coordonné au niveau de chaque État bourgeois. Mais dites cela à un anarchiste, il éructera, il s'étranglera : "ah non !!! jamais !!! si c'est ça, la révolution est finie !". En attendant, c'est la 'révolution grecque' qui est finie, d'ores et déjà, quel que soit le temps que ça prendra en pratique...

D'un point de vue de classe, les kokoulophori grecs représentent plutôt la jeunesse scolaire et étudiante des 'futurs diplômés au chômage', ou 'génération 800 euros', et ceux qui en sont déjà là... Leurs parents sont généralement PASOK, 'gauche radicale' diverse de type SYRIZA, voire de droite. C'est une (pour faire court) 'petite-bourgeoisie déclassée' ; ce qui n'est en rien une insulte : SLP a toujours dit très clairement que, dans une société 'moyennisée' pendant des décennies et à présent re-prolétarisée, c'est un ferment révolutionnaire essentiel. Mais voilà : cela se traduit aussi par une tendance à l'individualisme ou au 'groupisme', à l'idéalisme sur la nature du 'système' qui exploite et opprime...
La mouvance KKE, elle, en dehors d'une jeunesse liée à une certaine culture d'engagement politique 'de père/mère en fils/fille', représente plutôt les 'installés', les personnes d'un certain âge, ouvriers ou 'petit emploi public', qui ont construit une petite 'situation' personnelle et ne veulent pas la perdre : ce sont les 'moyennisés' des années 70-80 (typiquement la génération du syndicaliste mort devant le Parlement) qui ne veulent pas mourir... Mais leur combat n'est pas tourné vers un futur communiste : il est tourné vers un passé idéalisé (a-t-il vraiment existé, d'ailleurs ?) dont les liquidateurs seraient (simplement) l'UE, le FMI, l'OMC, le G8... et leurs 'ploutocrates' locaux.

Si l'on résume les choses à l'extrême, la contradiction de cette sombre affaire apparaît dans toute sa TERRIBLE DIMENSION : le PAME protégeait le Parlement tandis que les jeunes 'radicaux' voulaient l'attaquer ; MAIS la victime de ces affrontements est un OUVRIER, tandis que les assaillants 'radicaux' étaient vraisemblablement des étudiants ou des lycéens petits-bourgeois... Ce n'est pas, comme le font autant le KKE que les anarchistes de Rebellyon et du Jura Libertaire, une simple question de se traiter mutuellement de 'flics' : 'flics staliniens' contre 'provocateurs anarcho-fascistes'. C'est une contradiction réelle et PROFONDE de tout mouvement de lutte, particulièrement dans les pays impérialistes ou 'dominés avancés' comme la Grèce (dans les pays 'semi-coloniaux/semi-féodaux', le caractère de classe des 'identités politiques' est plus 'logique'...).

Voilà donc où l'on en est en Grèce : la situation objectivement la PLUS RÉVOLUTIONNAIRE d'Europe... et, en même temps, sur la plan SUBJECTIF, une 'décantation' des forces révolutionnaires LENTE, très lente, freinée par le sectarisme (comme d'ailleurs en Hexagone, il faut d'ailleurs souligner la 'francophilie' de la 'gauche radicale' grecque) et par une certaine culture de l'engagement politique 'de père/mère en fils/fille'. Existe-t-il une alternative ?
Il y a un KKE-ML, issu de la réaction, dans les années 1960, contre la liquidation du KKE historique par les khrouchtchéviens. Il a émis un communiqué dont l'analyse est globalement celle exposée ici : un mouvement avec un potentiel révolutionnaire évidemment énorme, mais pris en étau entre gauchisme 'cagoulé' et social-populisme KKE rempart du système ; et qui n'arrive pas à se développer qualitativement (tout en s'amplifiant toujours en quantité). Mais ce KKE-ML a-t-il réellement dépassé les limites du mouvement 'marxiste-léniniste' issu des années 60, limites consistant justement en une défense dogmatique de Lénine-Staline sans voir les limites qui, dans le Komintern, ont conduit à la victoire du révisionnisme ? Il est permis d'en douter...
Il y a le KOE, Organisation communiste de Grèce formée récemment à partir des ruines de ce qui était le mouvement ML à la fin des années 80. Il se veut 'penseur avec sa tête', 'créatif' dans l'application de la science communiste. Il se réclame du maoïsme. Mais en pratique ? Sa position sur l'équivalent grec des 'indignés' ibériques (socialement, globalement : les 'parents' des kokoulophori), au printemps dernier, était totalement pourrie ; CAUDISTE c'est à dire 'à la queue' du mouvement : il ne fallait 'surtout pas' intervenir avec des 'mots d'ordre idéologiques' ; autrement dit, surtout pas essayer de porter ce mouvement à un niveau supérieur, révolutionnaire. Il fallait s'en remettre à sa 'spontanéité', or la spontanéité des masses est réformiste ; et, en Grèce, implantation de masse du KKE oblige, elle n'est jamais exempte d'un certain chauvinisme (auquel n'échappe d'ailleurs pas le KOE lui-même, avec des allusions tendancieuses sur les banques 'grecques' entre guillemets, etc.). Globalement, il considère que l'étape préalable à la refondation du Parti communiste de Grèce et du mouvement communiste, est d'abord la refondation d'une vraie 'Gauche' populaire, qui aurait été 'dissoute' dans le néolibéralisme des années 80-90. Une 'Gauche' qui, si l'on veut bien admettre l'importance du terme dans la culture politique de masse, ne veut strictement rien dire en termes de classe ! SLP l'a déjà expliqué mille fois : il y a une 'gauche' BOURGEOISE, qui est la partie de la classe dominante qui pense sauver sa peau par des concessions (et qui 'prend bouche' avec des leaders du mouvement ouvrier organisé, qui deviennent ses agents). C'est mieux que la partie qui pense se sauver par un massacre ; mais aujourd'hui, en crise pour ainsi dire terminale du capitalisme, cette 'gauche' bourgeoise tend à se rétrécir lentement, face à la montée en force de la 'droite'. On le voit bien en Grèce, où il n'y a plus qu'une droite modérée : le PASOK qui met en œuvre l’austérité de l'UE et du FMI. Il y a une 'gauche radicale' PETITE-BOURGEOISE, représentant l'aile 'démocratique' et 'progressiste' des petites classes moyennes, des travailleurs intellectuels, des fonctionnaires etc. ; et non l'aile populiste et fascisante (plutôt représentée par les petits producteurs 'indépendants'). Mais celle-ci reste soumise idéologiquement à la 'gauche bourgeoise', comme 'aile radicale', et elle tend à suivre le même déclin. En Grèce, c'est typiquement la coalition SYRIZA autour de Synapsismos (SYN), 'gauche' de type 'eurocommuniste' associée avec des post-trotskistes de type NPA. Le KOE, depuis 2004, participe 'critiquement' à cette coalition... Parfois, le réformisme petit-bourgeois, quand les perspectives réformistes se ferment, peut évoluer vers un social-populisme au discours de plus en plus douteux : c'est le cas du KKE (mais, là encore, ce social-populisme sera toujours débordé par les vrais fascistes). Et puis il y la GAUCHE RÉVOLUTIONNAIRE du prolétariat et des classes populaires : les personnes non-soumises à la 'gauche' bourgeoise ou petite-bourgeoise, qui veulent renverser le capitalisme et instaurer le communisme ; soit directement, soit à travers une transition socialiste : autrement dit, le mouvement communiste (marxiste révolutionnaire) et le mouvement anarchiste ou libertaire. Le KOE comprend-il bien ces différences ? Rien n'est moins sûr...
Au niveau international, le KOE est membre de l'ICMLPO (qui regroupe aussi bien le PC des Philippines, les CARC ou VP que des organisations comme 'Patria Roja', hostile à la Guerre populaire au Pérou, etc.). Et il est de tendance 'campiste', c'est à dire soutenant le rôle 'positif' d’États 'anti-impérialistes' comme l'Iran, la Syrie, la Libye de Kadhafi ou ‘l’État Hamas’ de Gaza ; sans voir la dialectique 'd'unité et lutte' qui existe entre le sentiment réel anti-impérialiste, aspirant à la libération nationale, et parfois la résistance active à l'impérialisme que ces entités incarnent (Gaza, Liban), et le caractère nationaliste bourgeois et réactionnaire de celles-ci... Là encore, c'est se 'mettre à la queue' de la spontanéité des masses : l'anti-impérialisme 'populaire', ne distinguant pas entre nationalisme bourgeois et libération nationale faisant partie de la révolution mondiale, est effectivement la spontanéité des masses dans les pays dominés. Donc, pour le KOE, c'est 'bien'. En définitive : le problème du KOE est le spontanéisme ; ce qui obère considérablement ses chances de prendre la tête d'une libération révolutionnaire de la Grèce.

Il y a également une coalition formée récemment, ANT.AR.SY.A, apparemment dominée par le trotskisme 'dur' mais qui peut contenir des éléments intéressants...

Finalement, c'est de la pratique que naissent les idées justes. Ainsi, un exemple de 'Guerre populaire à l'étape zéro' (à laquelle manque simplement un Parti), pourrait être la grande et glorieuse résistance des masses populaires de Keratea, contre un projet de décharge à ciel ouvert, dont a parlé SLP il y a quelques mois. Une lutte défensive*, par l'absence d'un Parti révolutionnaire pour poser la question du pouvoir. Mais un bel exemple de la manière dont le Pouvoir populaire (et, par suite, l'économie collective) se CONSTRUIT A LA BASE, dans et par les masses, avec la nécessité d'un Parti entouré d'un Front uni, dirigeant une Armée du Peuple, pour arracher les milles luttes populaires à la 'défensive' (autrement dit, l'arrêt une fois les revendications satisfaites) et leur donner une VISION D'ENSEMBLE et une perspective révolutionnaire : ravir le Pouvoir des mains de la bourgeoisie, détruire son État, et le remplacer par le leur ; avec pour objectif le COMMUNISME !

Il va sans dire que tout cela n'est nullement 'oublier la France et les Français' (monsieur !), mais au contraire totalement d'actualité et lié avec la situation en Hexagone. Car l'austérité, ici, c'est pour demain (Hollande s'y collera peut-être, comme 'Papandréou bleu-blanc-rouge'). Et si le 'milieu militant' (globalement, les gens qui descendent dans la rue) continue à se structurer et se bi-polariser de cette manière, avec un pôle 'social-populiste' se structurant autour du Front de Gauche de Mélenchon, et une nébuleuse 'ultra-radicale/ultra-révolutionnaire/ultra-tout' gravitant autour de délires comme l'Appel ou 'Voie lactée' (ces derniers semblent toutefois avoir renoncé à 'diriger' quoi que ce soit : ils attendent qu'on 'vienne à eux', leur 'légitimité' naissant de la 'perfection scientifique') ; on pourrait bien se retrouver dans la même situation**. Et qui tirera les marrons du feu ? D'après vous... Les FASCISTES, bien évidemment !

Voici la Résolution de l’Assemblée Populaire de la place Syntagma :

Original statement : http://www.occupiedlondon.org/blog/2011/10/22/resolution-by-the-popular-assembly-of-syntagma-s

Note du traducteur : notez bien qu’il s’agit d’une traduction à partir d’un texte anglais lui-même traduit du grec, et qui est donc tributaire des approximations de cette première traduction, sans compter les miennes…

Après Varkiza [1], Polytechnique [2], l’école de chimie (1979) [3], décembre [2008] [4], et de nombreux autres événements, les fait ont une fois de plus mis au jour l’attitude du Parti, qui trahit systématiquement les luttes populaires. Et si jusqu’à présent ils ont étranglé, avec leur bureaucratie, toute grève généralisée et déterminée de ces dernières années, s’ils ont stigmatisé toute révolte comme étant une “provocation”, désormais l’histoire montre qu’il ne s’agissait nullement de “simples erreurs politiques”, mais d’un effort conscient et coordonné de défense de la dictature parlementaire et des relations sociales et financières instituées par le capitalisme. C’est cet effort qui s’est également exprimé hier (20/10), et ce malgré les appels qu’ils ont lancé au peuple à manifester pour renverser le gouvernement. Ils ont assuré la bonne garde du parlement et, au lieu de l’encercler, ont agi encore plus sauvagement que la police, brisant des crânes et livrant des manifestants aux forces de répression. Le pire étant que par leurs actes ils ont offert à l’État une légitimité, quand celui-ci assassinait l’un de leurs camarades, dont le meurtre a été attribué à une violence para-étatique.

Depuis hier, de façon définitive et irréversible, le mal-nommé “Parti Communiste” n’est rien de plus qu’un obstacle à la crémation du cadavre parlementaire. Tout homme libre combattant pour sa dignité en ces heures cruciales doit en représailles s’attaquer politiquement à lui. Cette proposition ne doit pas être comprise comme une scission au sein du mouvement. Nous avons peut-être des problèmes communs, des cibles communes avec les électeurs de base du “Parti Communiste”, mais les politiques et les actions de la direction à laquelle ils sont attachés suivent à la lettre les ordres du gouvernement et des envoyés du FMI, de l’UE et de la BCE. Nous n’avons jamais marché à leurs côtés, ils ne seront jamais des nôtres. Nous devons nous rappeler que le “Parti Communiste” agira comme une cinquième colonne du régime dictatorial, espérant une fois de plus grappiller les miettes tombées de la table parlementaire, ainsi qu’ils l’ont prouvé en 1990 [5].

Les attitudes de chacun des groupes politiques, qu’ils soient parlementaires ou non, apportant un soutien aux actions du “Parti Communiste”, par leur silence ou par des déclarations claires, sont également condamnables. Car, aussi longtemps que ces partis agiront par le biais d’un parlement de laquais de la Troïka, et continueront à recevoir leurs gras salaires, ils seront entièrement co-responsables de ce qui est arrivé et de ce qui va arriver. Leurs votes contre les mémorandums et les lois qui en découlent montre bien leur rôle dans la dictature : ils fournissent l’alibi de la polyphonie et de la démocratie à un parlement fantoche [NDT : ici, formulation anglaise peu claire, remplacée par une assertion que j’espère proche du sens original], afin de pousser une population paupérisée à continuer de compter les voix à chaque échéance d’un vote joué d’avance et destiné à abolir leur futur, tout en les nourrissant de l’illusion que quelqu’un parle en leur nom et en leurs intérêts. Ainsi, cette population abandonne l’opposition aux professionnels de la politique, et ne ressent pas le besoin de réagir immédiatement et en personne. Tout vote, y compris à l’endroit des partis extra-parlementaires de “l’extrême-gauche”, dans les scrutins nationaux et locaux, n’est rien de plus qu’un peu d’huile pour les rouages de la machine et une légitimation de la “justesse” de la dictature parlementaire en place.

Depuis le 25 mai, lorsque nous nous sommes pour la première fois rassemblés sur la place [Syntagma], nous avons montré que la démocratie directe donnait à chacun la possibilité de participer, de se consulter les uns les autres, de construire des idées ensemble, de façon autonome, loin des labels idéologiques et parlementaires. Nous resterons là, contre leur parlementarisme de la banqueroute et leur bureaucratie.

NOUS PRENONS EN MAIN NOS VIES

DÉMOCRATIE DIRECTE, MAINTENANT

Assemblée Populaire de la Place Syntagma, le 21/10/2011

[1] Référence au traité de Varzika, signé en 1945, par lequel le Parti Communiste a trahi la lutte armée et les milliers de combattants de la guerre civile, en échange de la légalité au sein du nouveau régime. [N'importe-quoi anarchiste anticommuniste, NDLR. Il s'agissait d'une 'pause' tactique avant de déclencher en 1946 la 'guerre révolutionnaire', le 'second maquis partisan'. Celui-ci sera vaincu (1949) par insuffisance de stratégie militaire révolutionnaire ; mais aussi parce que le grand 'anti-stalinien', le grand 'anti-totalitaire' Tito leur coupera l'approvisionnement...]

[2] Référence à la déclaration initiale du Parti Communiste contre le soulèvement de Polytechnique en 1973, désignant les participants de ce soulèvement comme étant des “provocateurs de la police”.

[3] Référence aux incidents de 1979 à l’école de chimie d’Athènes, durant lesquels des membres du Parti Communiste ont cassé l’occupation de l’école, en coopération directe avec la police.

[4] Référence, bien sur, à la condamnation récente de la révolte de décembre 2008.

[5] Référence au partage du pouvoir entre le Parti Communiste et les deux principaux partis parlementaires, la ND et le PASOK, en 1990.

ΜΑΤ-ΚΚΕ ΚΟΙΝΟΣ ΑΓΩΝΑΣ ! MAT-KKE, MÊME COMBAT ! MAT-KKE, SAME FIGHT !

Source : laguerredanslame.tumblr.col



[* On pourrait encore citer les "Robin des bois" de l'électricité, qui rétablissent le courant aux foyers qui ne peuvent plus payer (près de 1 million de personnes sur 11 !). Et toutes sortes d'initiatives "Je ne paie plus". Initiatives, bien sûr, dénoncées par le KKE comme... 'antipatriotiques' ]

[** Soit (c'est en répétant les choses que ça rentre) : d'un côté les bureaucrates qui rêvent de postes ministériels, parlementaires ou locaux dans un 'nouveau Front populaire' ; de l'autre les intellectuels 'ultra-radicaux' petits ou grands bourgeois, qui se rêvent en 'gourous' ou 'cadres rouges' de la révolution ou de 'l'insurrection qui vient'. Et leurs troupes respectives : paumé-e-s issus de la décomposition des petites classes moyennes, idéalistes croyant qu'on peut changer le monde sans organisation allant au-delà d'un groupe affinitaire local (mais avec des slogans poétiques sur les murs) ; ou (pour les réformistes et social-populistes 'remparts' du système)... moutons, tout simplement (la fameuse 'spontanéité réformiste/légaliste des masses').]

 

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Peoples of Europe, rise up ! - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 21:09

Toute ressemblance avec certains évènements de l'automne dernier, de ce côté-ci des Alpes, serait purement fortuite...

Chez Servir le Peuple, on parle de la France (monsieur !), enfin de l'espace géographique portant ce nom, notamment beaucoup l'automne dernier ; mais on assume aussi le cosmopolitisme euh... l'internationalisme que SLP considère sans la moindre hésitation, à la suite de Marx et Engels (au sujet de l'Irlande et de la classe ouvrière anglaise), comme le secret de l'impuissance (lorsqu'il est absent) de tout prolétariat dans tout pays. A l'heure où le monde est devenu un village (merci la mondialisation, merci la division internationale du travail !), Servir le Peuple considère résolument que chaque lutte des opprimé-e-s dans le monde (a fortiori sur un même continent) est un EXEMPLE qui galvanise toutes les autres !

Vive les révolté-e-s de Rome ! Vive la lutte héroïque de masses populaires de Grèce ! Vive la révolte des ghettos d'Angleterre ! Vive les soulèvements démocratiques des masses arabes ! Vive les Guerres populaires en Asie du Sud, aux Philippines, en Amérique latine et ailleurs ! Vive les résistances populaires en Irlande, en Euskal Herria, en Palestine, à Istanbul et au Kurdistan, partout !

Peuples d'Europe et du Monde, debout !

 

Parti des CARC :


Rome, 15 octobre, une journée de riposte populaire qui fait trembler patrons, spéculateurs et Vatican et ouvre grand la voie à la construction d'un gouvernement populaire d'urgence

 Contenu, sens et perspectives de la mobilisation du 15 octobre

Le changement et l'alternative ne sont pas compatibles avec le respect du système qui d'abord tue les ouvriers et ensuite les pleure, comme à Barletta, qui d'abord permet que les jeunes soient de la chair à canon et ensuite exige des peines exemplaires pour qui se rebelle.

 

·  Ceux qui voulaient chevaucher le mouvement populaire pour le rendre inoffensif et docile, pour le neutraliser, récoltent aujourd'hui les fruits de la paix sociale sans principes derrière laquelle prospèrent l’exploitation, les morts au travail, la précarité. La bataille de Piazza San Giovanni balaye définitivement les espérances de Draghi [Ndlr : nouveau gouverneur de la BCE] (‘les jeunes ont raison et doivent être écoutés’) et des laquais qui se sont employés à le soutenir avec les mains sales du sang des travailleurs, des migrants, des milliers de prolétaires qui se suicident en proie au désespoir face aux effets de la crise.

· Une mobilisation permanente pour chasser le gouvernement de la droite réactionnaire, barrer la route aux « solutions de rechange » promues de FMI et BCE (gouvernements de techniciens, unité nationale, etc.) et construire un gouvernement d'émergence populaire. 

· Solidarité aux camaradEs arrêté-e-s et détenu-e-s, aux blessé-e-s, aux perquisitionné-e-s et à ceux et celles qui seront dénoncé-e-s : à la réaction rageuse et décomposée des Autorités qui cherchent les coupables, nous répondons par une grande mobilisation de solidarité !

· Les dirigeants de la gauche syndicale, des syndicats de base, les promoteurs de la manifestation du 15 octobre, jusqu'aux maires comme De Magistris (qui a lui aussi adhéré à la manifestation) et Pisapia doivent condamner le lynchage auquel sont soumis les organisations, les forces et les camarades individuels qui croient - et en montrent l’exemple – qu’un autre monde est possible.

 

Le contenu du 15 octobre

Des millions de personnes, dans au moins 80 pays, se sont mobilisées en même temps autour du cri de Rise up ! , pour déclarer haut et fort qu’ils et elles ne payeront pas la crise engendrée et alimentée par les patrons. Dans notre pays, des centaines de milliers de personnes ont répondu à l'appel : « nous ne paierons pas la dette ». Il y avait là toutes les composantes du mouvement ouvrier et populaire, des batailles contre la spéculation et la dévastation environnementale, les réseaux pour la défense des biens communs et des immigrés, les mouvements antiracistes et les femmes organisées. Une mobilisation impulsée par le bas, par la coordination des meilleures forces qui ces dernières années ont dirigé le mouvement contre les effets de la crise (syndicats de base, gauche syndicale, réseaux des auto-organisé-e-s, des étudiants, des centres sociaux, des centaines d'organisations ouvrières et populaires qui sont levées ces derniers mois, etc.), et qui posaient un objectif clair et commun : « assiéger les palais du pouvoir ». Lorsque, face à la charge d'attentes rassemblées autour de ce mot d’ordre, est allée en se consolidant la certitude que ce serait aussi une manifestation de masse, ont débuté les tentatives de surfer la vague : des « salutations » des politiciens bourgeois aux mots de compréhension et d'encouragement des chefs de clan de la bourgeoisie et de la finance (Draghi est le plus représentatif, mais aussi Montezemolo, etc.), jusqu'à la tentative de dévier de l'objectif originel : abandonner le siège des palais au profit d'un campement sur la place S. Giovanni. En d'autres termes : la tentative de retirer la charge de combattivité et l'envie de riposte, pour les transformer en un plus compatible « évènement politique » à dispenser dans le petit théâtre de la politique bourgeoise.

En dépit de cela, ce ne sont pas 100 encapuchés, 300 black blocks ou un nombre indéfini d'infiltrés, mais des milliers de jeunes, de précaires, d'étudiants, de chômeurs, de travailleurs qui ont refusé la farce de la compatibilité, de la « liberté et de la légitimité (bourgeoises) de manifester », qui ont décidé de ne pas subir les impositions et les provocations du Gouvernement et des forces de répression. Encore une fois le 15 octobre, comme le 14 décembre 2010 à Rome et début juillet dernier en Vallée de Suse, ils se sont rebellés, ils se sont heurtés avec générosité et courage aux forces antiémeute de la Police, des carabiniers et de la Garde de Finance, ont défié les canons à eau, les charges avec les blindés, les lacrymogènes et les coups de matraque, ils ont combattu des heures durant sur la place S. Giovanni, ont porté la révolte dans la ville de Rome, centre du pouvoir de la République Pontificale.

 

Le sens du 15 octobre

Une si grande mobilisation, une si grande et généreuse rébellion, une aussi large volonté de s'insurger sont la démonstration que dans notre pays s'est ouverte une phase politique nouvelle dans laquelle, face à la gravité de la crise, à la férocité des attaques contre les droits et les conquêtes, face aux manœuvres qui étranglent les masses populaires, ce sont les masses populaires elles-mêmes qui imposent par leur mobilisation des solutions urgentes, nouvelles, extraordinaires et radicales.

La journée du 15 octobre est une ligne de partage des eaux, aussi et surtout pour les organisations ouvrières et populaires, un affrontement entre l’ancien et le nouveau : qui n'a pas une perspective, qui n'a pas compris ou ne veut pas comprendre le sens de cette journée, qui n'a pas la capacité ou volonté d'assumer la responsabilité politique de construire une alternative au système de la crise, de l'exploitation, de la dette, de la précarité et du plan Marchionne, masque son impuissance en gonflant le chœur qui s’élève de la bourgeoisie (sans distinctions Berlusconi, Alemanno [Ndlr : maire de Rome, néofasciste], Vendola [de ‘gauche’], la Camusso [syndicaliste, ‘patronne’ de la CGIL], Di Pietro* [le célèbre juge anti-corruption, de ‘centre-gauche’], Bersani [‘centre-gauche’] et Bagnasco [cardinal de l’Eglise] disent les mêmes choses : isoler et dénoncer les violents, condamner les violences, exécrer les terribles dévastations).

Qui cherche une voie, qui aspire à une transformation, au changement, avec toutes les inclinaisons dans lesquelles se conjugue ce concept, rejette la division entre bons et mauvais, entre pacifiques et violents, entre qui est légitime à manifester et qui ne l’est pas ; repousse et condamne les appels à la délation : collaborer avec les autorités bourgeoises est l'antithèse de construire un monde nouveau.

De la place S. Giovanni, entre la fumée des lacrymogènes et des camionnettes en feu, s'élève un cri plus de fort que toute délation : nous ne nous payerons pas la crise des patrons, nous sommes prêts à nous organiser pour lutter, pour combattre, pour vaincre et conquérir un monde nouveau. Ceci est le sens que chaque organisation ouvrière et populaire, chaque élément avancé des masses populaires, chaque ouvrier et travailleur doit et peut recueillir, alimenter, étendre.

 

Les perspectives du 15 octobre

Dès le 16 octobre 2010, la grande manifestation appelée par la FIOM contre le plan Marchionne, sont allées croissantes les mobilisations dans les usines, dans les écoles, dans les rues (impossible ne pas se rappeler la journée du 14 décembre), et ce climat de riposte a contaminé et a influé jusque dans le champ du petit théâtre de la politique bourgeoise, avec les résultats des référendums et des élections municipales du printemps dernier. Et ensuite, encore, la lutte du Val Susa, la résistance active contre les licenciements de masse des ouvriers Fincantieri. Avec la grève générale des 6 septembre a débuté de fait une mobilisation permanente (bien qu'encore fragmentée) contre la bande Berlusconi et les pouvoirs forts, jusqu'au 15 octobre. Ce qui se produit déjà spontanément peut et doit être alimenté et renforcé par des propositions concrètes, possibles, constructives, une solution politique qui rassemble et valorise la poussée positive et radicale des masses populaires et des travailleurs.

Une mobilisation permanente pour rendre ingouvernable le pays par tout gouvernement émanation des autorités bourgeoises. Dans les rues, sur les routes, dans les lieux de travail, dans les écoles et au-delà.

Le plus la riposte populaire alimente et étend le protagonisme, la coordination et la conscience des organisations populaires et ouvrières, le plus le pays sera ingouvernable pour les autorités bourgeoises, et les conditions seront favorables à la construction d'un gouvernement d'urgence populaire, un gouvernement composé des représentants de la gauche syndicale et des syndicats de base, des représentants les plus progressistes et courageux des associations, des mouvements, des coordinations, qui déjà jouissent de la confiance des travailleurs et des masses, un gouvernement d'urgence qui réalisera un programme articulé autour de six mesures urgentes et nécessaire :

1. assigner à chaque entreprise des tâches productives (de biens ou de services) utiles et adaptées à sa nature, selon un plan national (aucune entreprise ne doit être fermée),

 2. distribuer les produits aux familles et aux individus, aux entreprises et aux usages collectifs selon des plans et des critères clairs, universellement reconnus et démocratiquement décidés,

 3. assigner à chaque individu un travail socialement utile et lui garantir, en échange de sa scrupuleuse exécution, les conditions nécessaires pour une vie digne et pour la participation à la gestion de la société (aucun travailleur ne doit être licencié, à chaque adulte un travail utile et un digne, aucun individu ne doit être négligé),

 4. éliminer les activités et les productions inutiles ou nuisibles pour l'être humain ou pour l'environnement, en assignant aux entreprises d’autres tâches,

 5. entamer la réorganisation des autres relations sociales conformément à la nouvelle base productive et au nouveau système de distribution,

 6. établir des relations de solidarité et de collaboration ou d'échange avec les autres pays disposés à les établir avec nous.

Ceci et seulement ceci est le débouché positif et constructif des énergies, des forces, du protagonisme qui ont conduit le 15 octobre et conduiront les mois à venir des milliers de jeunes, de travailleurs, de femmes, d’immigrés, de précaires, d’étudiants à se révolter. Qui nie ce débouché, qui s’y oppose et s’agrippe au respect des règles, de la ‘démocratie’, de la représentativité, de la paix sociale (quelles règles ? quelle démocratie ? quelle représentativité ? quelle paix sociale ?) se place contre le changement et la transformation et, en substance, travaille afin que tout reste comme il l’est.

Les prochaines semaines sont décisives. Les patrons, le Vatican, les banquiers et leurs autorités sont dans la panique et dans le chaos. Pour remédier à la faillite de leurs plans sur le 15 octobre, ils recourent aux fantômes qu'ils agitèrent au lendemain du massacre du G8 de Gênes, et ils s'appellent ouvertement et sur grande échelle à la délation de la part des manifestants pacifiques pour identifier et punir les violents.

A la porte, frappent d’importantes mobilisations, à partir de la grève et de la manifestation des ouvriers FIAT et Fincantieri du 21 octobre et des mobilisations des étudiants.

Pour la bourgeoisie, pour la droite de la CGIL et pour les promoteurs de la protestation contrôlée et responsable, il est particulièrement important, il est déterminant, que l'exemple de la rébellion de Rome reste isolé. Que les rebelles de Rome soient criminalisés. Que les chômeurs, les chômeurs partiels, les licenciés soient disposés à accepter pacifiquement et de bon gré le destin de rebuts, de mis à l’écart, de miséreux que Marchionne, Draghi et compagnie préparent pour eux et leurs familles.

 

Repousser la délation, faire de la répression un moyen pour la lutte de classe. Voici que monte la chasse au ‘voyou’, au ‘fasciste rouge’, déchaînée par le gouvernement, alimenté par les belles âmes de la démocratie bourgeoise, monte la chasse à l'homme ; tandis que nous écrivons sont perquisitionnés les sièges et habitations de camaradEs appartenant à diverses composantes du mouvement dans toute Italie, Di Pietro et Maroni en appellent à de nouvelles lois spéciales comme en 77 (c'est-à-dire, en appellent aux homicides comme celui de Giorgiana Masi et Francesco Lorusso), la partie des ‘indignés’ la plus disposée à céder aux flatteries de Draghi  répond avec enthousiasme à l'appel à dénoncer les violents en publiant quatre vingt photographies, écran et reconstructions des faits…

Telle est la réaction décomposée et rabique d'une bande de gredins qui actionne tous les leviers dont elle dispose pour terroriser, démoraliser, ridiculiser et écraser un mouvement qui, de la protestation, passe à la rébellion ; qui, d'être seulement contre, commence à avancer le pour.

En ce qui nous concerne, Parti de CARC et plus généralement la Caravane du (n)PCI, voilà 30 ans que les autorités bourgeoises nous persécutent : filatures, interceptions, diffamations, campagnes de presse, perquisitions, arrestations, détentions… Nous avons appris combien est facile pour les media de la bourgeoise d’influencer, de polluer, de confondre, de semer le trouble. Et combien, au final, chaque tentative de criminaliser et réprimer, si elle est affrontée avec une ligne d'unité, de lutte, avec la conception de travailler pour unir ce que les autorités bourgeoises veulent diviser, se transforme en son contraire.

Pour cette raison, nous adressons notre inconditionnelle solidarité aux camaradEs arrêté-e-s et détenu-e-s, aux blessé-e-s, aux perquisitionné-e-s et à ceux et celles qui seront dénoncé-e-s.

En outre, nous appelons les dirigeants de la gauche syndicale, des syndicats de base, des associations progressistes et démocratiques, les promoteurs de la manifestation du 15 octobre, jusqu'aux maires comme De Magistris (qui a lui aussi adhéré à la manifestation) et Pisapia à condamner le lynchage auquel sont soumis les organisations, les mouvements et les camarades individuels qui croient - et en montrent l’exemple – qu’un autre monde est possible.

C’est une part importante de l'autoproclamée gauche de ce pays qui, sur sa réaction à la journée du 15 octobre, joue sa crédibilité et l’avenir même de son existence.

Dans la situation de crise, de pauvreté envahissante, d'exploitation, de misère à laquelle les patrons condamnent les masses populaires, les prétentions d’être le changement et l'alternative ne sont pas compatibles avec le respect du système qui d'abord tue les ouvriers et ensuite les pleure, comme à Barletta, qui d'abord permet la construction de camps de concentration à ciel ouvert et ensuite les critique, comme à Lampedusa, qui d'abord permet que les jeunes soient de la chair à canon et ensuite exige des peines exemplaires pour ceux qui se rebellent.

Pour cette raison, qui prétend être et représenter le changement et l'alternative doit en premier lieu rompre le cercle vicieux de la criminalisation et de l'isolement.

[* Il aurait appelé à réactiver la loi Reale, loi ‘scélérate’ des années 70, équivalente des lois Marcellin ou ‘Sécurité et Liberté’…]

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****************

Proletari Comunisti / PCm Italia :


15 octobre : On a raison de se révolter ! La révolte prolétaire et populaire est une nécessité ! Une seule solution, la révolution !

Le15 octobre, plus de 300.000 personnes ont convergé à Rome pour une grande manifestation, venant des postes de travail, des écoles, des quartiers de toute l'Italie, organisés par toutes les forces qui s'opposent au gouvernement (pas au Parlement, où il n'y a pas de véritable opposition) et au déchargement de la crise sur les épaules des masses populaires de notre pays. Beaucoup sont aussi venus non-organisés.

La grande majorité d'entre eux est venue à Rome pour développer le conflit ; non pas pour faire une nouvelle (fut-ce avec plus de participation et de couleur) promenade romaine, traditionnelle et inopérante, mais avec la volonté, le souhait et l'espérance d'assiéger les palais du pouvoir, les banques, pour frapper politiquement socialement les responsables de la crise, avec la volonté, le souhait et l'espérance d'agir réellement sur la situation politique et sociale.


Contre cette volonté, ce souhait et cette exigence, une minorité d'"indignés", de pacifistes institutionnels et d'organisations et dirigeants "désobéissants unis pour l'alternative", l'aile DROITE du syndicalisme de base et de classe, la confédération Cobas etc. ont prétendu au monopole, agi pour que la manifestation soit au contraire tranquille et ordonnée, pour écouter leurs allocutions finales et les traditionnels concerts, en harmonie avec les vœux de l'opposition parlementaire (qu'ils disent pourtant combattre), en harmonie avec cette frange du Capital financier et industriel qui voulait utiliser, lui aussi, cette manifestation d'"indignation" pour favoriser le remplacement du gouvernement Berlusconi, débauché et putassier au niveau national et international, par un gouvernement plus sérieux des patrons. Une manifestation en accord avec le Ministère de l'Intérieur (avec lequel travaillent les messieurs leaders du comité du 15 octobre, Bernocchi, Casarini etc.) ayant accordé un parcours voué à dévitaliser la manifestation ; une véritable instrumentalisation des masses affluées à Rome, pour chevaucher le tigre de la grande participation, par des politiciens experts voulant et ayant utilisé le niveau actuel de conscience d'une part importante du cortège à leurs propres fins conscientes de réformistes, politiciens, marchands de fumée, et à leurs carrières personnelles.

Il était absolument nécessaire de faire voler en éclat ce plan, il était nécessaire de se révolter de toutes les manières possibles contre l'échec programmé de la manifestation, qui était son innocuité, sa retransmission dans le vide blabla médiatique et télévisuel, ainsi unanimement accueilli par la bourgeoisie et ses mass médias.
La révolte organisée et spontanée advenue dès le début, d'abord par plusieurs centaines de jeunes étudiants, prolétaires, précaires, chômeurs, puis par plusieurs milliers, a vu la réaction immédiate et planifiée de la police sur le pied de guerre, et usant comme toujours (depuis Gênes jusqu'aux No TAV du Val Susa) de moyens militaires illégaux pour réprimer avec des blindés et véhicules qui mettent en danger l'intégrité et la vie de tant de manifestants. Et alors ce fut la bataille, une GRANDE BATAILLE qui a mis à plusieurs occasions en fuite les "forces de l'ordre".

Le blindé abandonné par la police, livré aux flammes, avec l'inscription 'Carlo Giuliani est vivant' a été l'extraordinaire image et la substance de cette journée. Elle a uni cette rébellion aux rébellions qui ont traversé et traversent l'Europe, elle a indiqué clairement et nettement que ce qui est nécessaire c'est la révolte sociale, elle a rendu vie au spectre, craint de tous les bourgeois, les réformistes, les vendeurs et escrocs du peuple à la Casarini et Bernocchi, le spectre de la RÉVOLUTION NÉCESSAIRE ET POSSIBLE, unique solution pour sortir de la crise du Capital et de l'impérialisme.
Pour cela, on ne peut qu'être aux côtés, du côté des révoltés !

Certes, notre Parti et nous tous aurions voulu (et, avec les forces actuelles disponibles, nous sommes montés à Rome pour cela), qu'effectivement des centaines de milliers de personnes marchent sur le Palais Chigi (siège du gouvernement) et le Parlement - et c'est ce que voulaient la majorité des prolétaires et des masses populaires italiennes, nous défions quiconque de dire le contraire - pour donner un sens politique et objectif à cette bataille ; mais si cela n'a pas été, ce n'est certainement pas la faute de ceux qui ont soutenu cette bataille, payant même le prix de blessés, d'arrêtés, d'une odieuse et vile campagne fasciste de criminalisation médiatique, à laquelle se joignent en qualité de serviteurs les pacifistes et les Casarini-Bernocchi ; serviteurs des serviteurs car naturellement il n'y a aucun doute sur le rôle de serviteurs joué par les dirigeants syndicaux et des partis de la "gauche" officielle, qui sont depuis toujours et quotidiennement de l'autre côté vis-à-vis des luttes véritables, des véritables mouvements, des révoltes juvéniles, prolétaires et populaires quand elles s'expriment.

Certes nous aurions préféré un développement de la bataille comme celle menée avant, pendant et après le 3 juillet, par le mouvement No TAV ; mais ce sont d'autres qui n'ont pas joué ou n'ont pas réussi à jouer leur rôle à Rome, certainement pas les révoltés. Nous ne sommes certes pas 'black block', nous sommes et nous soutenons les 'red blocks', mais nous sommes par dessus tout des prolétaires communistes impliqués quotidiennement dans la construction du PC maoïste, dans la lutte de classe que nous menons pour construire le Parti communiste maoïste, révolutionnaire, un Front uni révolutionnaire, un exercice de la force de la classe ouvrière, des prolétaires et des masses car nous pensons, en toute sincérité, que seulement ainsi les objectifs de la révolte peuvent être atteints. Mais la révolte ne contredit pas, elle alimente au contraire cette nécessité urgente de marcher sur cette voie.

A présent la bourgeoisie déchaîne la répression, veut voter des lois spéciales, veut profiter des évènements pour interdire les cortèges à compter de ceux prévus par les ouvriers de la FIAT et de la Fincantieri le 21 octobre ; détourner l'attention des masses de la crise et la concentrer sur les "véhicules brûlés, propriétés brûlées de citoyens ordinaires".
Le gouvernement Berlusconi, Bossi, Romano, Scilipoti, épaulé par le petit préfet de police fasciste Di Pietro (qui retourne aux origines) et par l'opposition parlementaire bavarde et au service du nouveau gouvernement des patrons en gestation, veut échapper au discrédit et à la crise de légitimité, la jetant sous le tapis de l’État policier.

Il faut avec force barrer la route à cela, et ceci devrait être clair à tous les types d'opposition à ce gouvernement. Pour le faire, il y a besoin de s'appuyer sur les prolétaires en lutte, le mouvement des étudiants, les masses précaires et sans emploi. Se défendre de la répression, signifie s'unir aux revendications et aux bonnes raisons des révoltés, dont nous faisons et nous sentons partie ; s'unir à la lutte démocratique et antifasciste contre les lois spéciales, s'unir aux luttes sociales.
La force des arguments de toujours des communistes et des révolutionnaires : qu'est-ce qu'une vitrine de banque brisée, comparée à la rapine permanente que le système bancaire et financier représente, comparée à la crise dévastatrice de ces derniers mois qui est l'expression naturelle du système capitaliste ?
Qui devrait aller en prison ; les banquiers et les politiciens corrompus ou les jeunes qui se révoltent ? Comment peut-on sortir de tout cela sans une révolte prolétarienne et sociale qui renverse cette classe dominante et ouvre la voie à une révolution qui mettra le pouvoir entre les mains des prolétaires et des masses populaires ?
 
Nous avons, comme toute lutte d'avant-garde et de masse, besoin d'unité des communistes pour construire le Parti révolutionnaire authentique, le Parti communiste marxiste-léniniste-maoïste, besoin d'un Front révolutionnaire, besoin d'un Front prolétarien, mais ces instruments doivent servir pour être des révoltés conscients, organisés, non pour reproposer les vieilles routes qui ont mené aux misérables de Rome, aux Bernocchi, Casarini etc.

Liberté pour les camarades arrêtés !
Front uni contre la répression et l’État policier !
La répression n'éteint pas, mais alimente la révolte !
La révolution n'est pas un dîner de gala ! 

 

http://2.bp.blogspot.com/-xTPC-FC-6mw/TpsIRSfLVII/AAAAAAAAAKM/XwatZmT-Obk/s320/320756_136177273151065_100002763806323_134812_321692887_n.jpg

 


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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 21:12

 

En réponse au déchaînement de répression policière contre les quelques 200.000 manifestant-e-s pacifiques de la Journée internationale des Indigné-e-s ; plusieurs centaines d'héroïques combattant-e-s prolétarien-ne-s (rouges et noir-e-s) ont appliqué le principe révolutionnaire : là où il y a oppression, il y a résistance ; et pris d'assaut le Ministère de l'Intérieur, repaire du fasciste leghiste Maroni.

Photos et vidéo (tiré du site Proletari Comunisti) :

 

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http://2.bp.blogspot.com/-omRX_oWMHLA/TprQMcigUxI/AAAAAAAABBc/xrgvohFWDtw/s400/e63b28cf154a1a455edf6adbc076ed84.jpghttp://2.bp.blogspot.com/-Pwut9eJSFVo/TprQJdZ0aOI/AAAAAAAABBQ/wPkhavTbmc4/s400/e60efeb16904d9204ffad7bb195fe5dd.jpg

http://2.bp.blogspot.com/-HBYih203tlc/TprP7pjfvPI/AAAAAAAABAg/LGE4glcAY_8/s400/aa7bcefff4e454aec070a7355e38678f.jpghttp://4.bp.blogspot.com/-xCkSKF1txHo/TprPyaJKjoI/AAAAAAAABAI/ihrs1W08Af8/s400/05553054fbc440efd84664a0655a46ae--499x285.jpg

http://3.bp.blogspot.com/-Y64zko7wG9E/TprPtn68-HI/AAAAAAAAA_8/ULdg0EowJmY/s400/3ece48193ab8eeeac658991da9754bdb.jpghttp://2.bp.blogspot.com/-xTPC-FC-6mw/TpsIRSfLVII/AAAAAAAAAKM/XwatZmT-Obk/s320/320756_136177273151065_100002763806323_134812_321692887_n.jpg

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Photo de Rosa Paterna

 

 

 

 

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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 11:34

 

SRI Baiona

 

LIBERTÉ IMMÉDIATE POUR PABLO HASÉL !

Il est Communiste, les terroristes c'est vous.

 

pablo Liberté !Détention du rappeur, poète et solidaire Pablo HASÉL.

 

Message de ses ami(e)s :

Hier le mardi 4 octobre 2011 à Lleida (Pays Valencien) [NdlR : c'est en Catalunya, en fait] en milieu de matinée, tandis qu'il marchait dans la rue, le rappeur combatif de 22 ans a été détenu  par un groupe de la Police Nationale de l'État espagnol qui l'a assailli pour le détenir.

 

Après l'avoir menotté, ils l'ont emmené chez lui et après avoir fouillé le domicile familial durant plus de 3 heures (en emportant une énorme quantité de matériel informatique, musical et y compris des livres dont aussi ceux de sa soeur), ils l'ont emmené au Tribunal fasciste d'Exception de l'Audiencia NAZIonal à Madrid pour le juger*.


Diffuser la nouvelle le plus possible dans tout les médias (Facebook, Twitter, Tuenti, Forum, ...) et celui/celle qui s'y connaît en "sujet judiciaire" qu'il/elle collabore activement pour sa liberté. "

 

Note. *Selon les agences médiatiques fascistes, il serait accusé  «d'apologie du terrorisme» du fait d'«exalter un membre des GRAPO dans une chanson».

 

 


 

Libertad para Pablo Hasél !

Libertad para Arenas !


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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 19:52

 

Depuis de nombreuses années, voire depuis sa création (1992), le Parti des CARC et le reste de la ‘caravane’ du (nouveau) PCI fait l’objet en Italie d’une persécution judiciaire visant à instaurer la crainte parmi ses militant-e-s et (surtout) ceux et celles qui voudraient le devenir. Cette persécution se base sur un article pénal hérité… de l’époque fasciste : l’association subversive (article 270 du Code pénal).

Après 4 audiences préliminaires (le 25 mai, le 13 juillet, les 15 et 21 septembre), le juge Gamberini (de Bologne) a donc rendu son verdict : les communistes sont ‘subversifs’ et seront poursuivis ! C’est le début d’un procès POLITIQUE. Le 8 février 2012 comparaîtront donc 12 militant-e-s (ou ex-militant-e-s) du (nouveau) PCI, du Parti des CARC et de l’Association Solidarité Prolétarienne (membre de l’ILPS), autrement dit la ‘caravane’ du (n)PCI. C’est l’aboutissement d’une persécution judiciaire commencée en 1999, par une sorte de jeu de ‘passe à dix’ entre différents parquets (Bologne, Rome, Naples, Milan…), permettant de prolonger indéfiniment les poursuites. La ‘croisade’ menée par le parquet de Bologne dure depuis plus de 8 ans… De ce côté des Alpes, elle a connu son épisode le plus retentissant avec l’arrestation et l’emprisonnement pendant plusieurs années (au milieu des années 2000) de Giuseppe Maj et Giuseppe Czeppel (fondateurs du Parti) et pendant plusieurs mois d’Angelo D’Arcangeli, secrétaire national des CARC ; par le juge Thiel, sur accusation de vouloir ‘reconstituer les Brigades rouges’. Mais le dossier était tellement vide que le (tristement) célèbre juge anti-terroriste évoquera lui-même… avoir été ‘instrumentalisé’ par la justice italienne.

Néanmoins, de véritables organismes politico-militaires ad hoc se sont mis en place entre les deux Etats, comme le ‘Groupe bilatéral sur le terrorisme et les menaces graves’ dont le juge Giovagnoli (en charge du dossier de Bologne jusqu’en 2008) est un grand thuriféraire. On voit là, comme avec le Mandat d’Arrêt Européen permettant de déporter, vers les geôles fascistes espagnolistes, des militant-e-s basques ‘français-e’, se mettre en place l’Europe de la répression, se dessiner les contours d’un véritable ‘Plan Condor européen’ prêt pour quand les Etats bourgeois auront totalement basculés dans le fascisme.

Du côté italien, c’est un véritable ‘pool’ de magistrats spécialisés qui est chargé de multiplier les procédures tous azimuts pour délits politiques : de véritables auxiliaires de police politique. Car le procès de Bologne s’inscrit dans un total de 42 procédures contre près de 180 personnes (parfois mises en cause dans plusieurs), faisant partie à un titre ou un autre de la ‘caravane’ : (n)PCI, CARC, ASP ou SLL (Syndicat des Travailleurs en Lutte) ; pour des accusations allant de l'association subversive à la réunion séditieuse, en passant par la résistance à un fonctionnaire public, la 'violence privée' (ainsi sont qualifiés les piquets contre le démantèlement d'un hôpital !) ou encore la manifestation non-autorisée... Parmi ces procédures, on peut citer celle visant (encore une fois) Angelo D’Arcangeli ainsi que Romano Rosalba (CARC), et Vincenzo Cinque (SLL), sur l’accusation d’’atteinte à la vie privée’ pour le site ‘Chasse au sbire’ visant à médiatiser et dénoncer les violences policières [http://cacciaallosbirro.awardspace.info/].

Dans toute l'Europe, la persécution des communistes étend donc ses noires tentacules à mesure que progresse la crise générale du capitalisme et la montée du fascisme ; tandis qu’en Italie le ‘système Berlusconi’, qui contrôle le pays depuis 1994, s’enfonce dans un véritable crépuscule des Borgia : il est donc pris de panique devant tout ce qui conteste et remet en cause son ordre impitoyable pour les masses populaires.

Les CARC déclarent qu'ils utiliseront ce procès pour "mettre en accusation les seuls et véritables terroristes : ceux qui siègent au gouvernement de la République pontificale, au Vatican, dans les institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale, BCE, UE), dans les conseils d'administration des grandes entreprises capitalistes, des banques et des sociétés financières, à la tête des services secrets, des Carabiniers et de la Police, au sommet des institutions nationales et internationales de l'ordre impérialiste mondial".

Tous les communistes d’Europe doivent se mobiliser contre ce nouveau progrès quantitatif de la répression réactionnaire, qui un jour produira le saut qualitatif vers le fascisme. Ils ne doivent en aucun cas s’arrêter aux divergences qu’ils peuvent avoir avec les CARC et le (n)PCI, car la Réaction vise LE COMMUNISME dans son entier et se moque des divergences que nous pouvons avoir entre nous : nous sommes tous et toutes dans le collimateur.

De la même manière doivent se mobiliser tou-te-s les progressistes et les antifascistes sincères, attaché-e-s à ce qu’il reste de conceptions humanistes et démocratiques léguées par la révolution bourgeoise : jamais ils/elles ne doivent oublier cette célèbre phrase d’un pasteur antinazi allemand (popularisée par Brecht) : «Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste (…) Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait personne pour protester.»


Contre la persécution des communistes, solidarité internationale !

 

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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 20:05

 

Secours Rouge APAPC - Servir le Peuple relaie cet appel à la solidarité internationaliste :

 

En Espagne, sept prisonniers et prisonnières antifascistes sont gravement malades, une campagne est animée pour leur libération. Il s’agit de :

Enrique KUADRA ETXEANDIA, militante des GRAPO. Depuis 23 ans en prison, en 4 fois, autant en Espagne qu’en France. Cancer de la prostate. Sa prochaine opération nécessitera une récupération très délicate, impossible en prison. Détenu 2.000 km de sa famille.

Manuel PÉREZ MARTÍNEZ, secrétaire sénéral du PCE(r), âgé de 67 ans. Depuis 18 ans en prison, en 3 fois. Grave maladie occulaire, hernie du hiatus et faiblesse générale. Détenu à l’isolement à 840 km de sa famille.

María José BAÑOS ANDUJAR, militante des GRAPO. Depuis 18 ans en prison, en 2 fois. Elle a besoin de l’implantation d’un rein et elle est malade du H.I.V. Depuis 2010, elle est dans l’attente d’une implantation d’une déviation coronaire. Détenue à 2.000 km de son entourage.

Manuel ARANGO RIEGO, militant du PCE(r), âgé de 65 ans. Depuis 10 ans en prison, en 2 fois. Il souffre d’une grave sciatique chronique. Graves problèmes de mobilité. Hypermédicalisé. Détenu à 670 km de sa famille.

Carmen MUÑOZ MARTÍNEZ, militante du PCE(r). Depuis 28 ans en prison, en 2 fois. Elle souffre d’un cancer du sein dont elle a du être opérée puis se soumettre à de dures séances de chimiothérapie et d’autres séances de réhabilitation. Etat de santé général très mauvais. Hypermédicalisée. Détenu à 800 km de sa famille.

Laureano ORTEGA ORTEGA, militante des GRAPO. Âgée de 49 ans. Depuis 22 ans en prison, en 3 fois. En septembre 2010, elle a souffert d’une attaque au coeur qui lui a valu une entrée en hospitalisation dans un état très grave et désormais très médicalisée et épuisée. Détenue à l’isolement, à 2200 km de sa famille.

Isabel APARICIO SÁNCHEZ, militante du PCE(r). Âgée de 57 ans. Depuis 8 ans en prison, en 2 fois. Elle a de l’arthrose et de l’ostéoporose générale, une flébite, une sinusite chronique grave, des cataractes et les vertèbres lombaires qui nécessitent plusieurs opérations obligatoires pour ne pas finir définitivement en chaise roulante. Détenu à 240 km de sa famille.

 

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ESTADO FASCISTA, ABAJO !

 

VIVA EL COMUNISMO Y LA LIBERTAD !

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Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 19:13

 

Suivant la ligne de conduite "ne s'interdire aucune source, du moment qu'elle dit des choses intéressantes", SLP publie ici cet article, vraisemblablement trotskisant (en tout cas repris par la LCR belge et le NPA) mais qui dit des choses très justes. Il contient quelques erreurs (de type "gauche antilibérale") qui sont soulignées en italique par SLP et font l'objet d'un renvoi (*) en bas de page.
 

Grande-Bretagne : la révolte logique

mercredi 17 août 2011

« Nous massacrerons les révoltes logiques » (Arthur Rimbaud)

1. L’imagination, disait Spinoza, fonctionne comme un ensemble de conclusions séparées de leurs prémisses. C’est par un imaginaire exquis, autrement dit idéologique, que les médias ont présenté les peu surprenantes révoltes qui se sont déroulées ces derniers jours en Angleterre.

Si on se forçait à regarder les événements au travers des chaînes de télévision, la question idiote la plus entendue était : « quel est l’état d’esprit maintenant à Londres ? ». La réponse logique était : « crainte et inquiétude » mais, en aucun cas, les journalistes ne posaient la question de savoir ce qui se passait et pourquoi. Avec cette logique implacable, que partage la géométrie avec l’imagination et le délire idéologique, on associait les images des jeunes pilleurs à capuches, noirs et blancs, avec la vieille peur des « classes dangereuses », cette hydre aux multiples têtes magistralement décrite dans le livre de Peter Linebaugh et Marcus Rediker. (1)

Les pauvres étaient ainsi le côté obscur et nécessaire d’une société qui se présentait comme libre et prospère. Ce côté obscur a commencé à bouger sous les pieds des bien-pensants et à perturber leur équilibre. Ce qui se passait ne pouvait s’expliquer que par le « manque d’intégration » des différentes communautés de « couleur », dans une sorte de réappropriation de la figure du terrible « Caliban » shakespearien (2). Mais ce nouveau Caliban, dans les nombreux individus qui l’incarnaient, était souvent de « couleur blanche » et avait participé aux révoltes étudiantes massives contre le saccage de l’enseignement public provoqué par le gouvernement de Cameron.

Pour ce dernier, tout comme pour les différentes forces de la droite britannique ou internationale, il s’agit d’une affaire « criminelle », de la délinquance qu’il faut combattre avec les moyens les plus rigoureux, en remplissant encore plus ces authentiques dispositifs du nouvel apartheid que sont les prisons. En réalité, la vague de pillages et d’affrontements avec la police de ces derniers jours n’est rien d’autre que l’envers de la violence structurelle que produit à la fois la pauvreté et la « dangerosité » des pauvres.

2. Le Royaume-Uni, avec le Chili de Pinochet et les Etats-Unis de Ronald Reagan, fut l’un des premiers pays où s’appliqua la contre-révolution néolibérale*. Elle fut imposée, comme on le sait, par le déploiement de formes plus ou moins intenses de violence d’Etat contre les travailleurs et leurs droits. L’exemple le plus spectaculaire et sanguinaire fut, sans aucun doute, celui du Chili du dictateur Augusto Pinochet Ugarte, dont le bilan s’est soldé par des milliers de personnes assassinées par l’armée et la police et des centaines de milliers d’exilés. Le meilleur symbole de la fraternité entre les différents processus néolibéraux fut « l’émouvante » rencontre entre Margaret Thatcher et Augusto Pinochet dans le Surrey, autour d’une tasse de thé qui scella définitivement leur amitié à un moment difficile pour le vieux général.

Les autres contre-révolutions néolibérales ne furent pas pour autant plus « douces » ; il suffit de rappeler les opérations paramilitaires de la police britannique dans le conflit des mineurs (en 1984, Ndt) ou les interventions brutales des différents Etats du centre et de la périphérie impérialiste contre les droits des syndicats et des travailleurs en général.

Les épisodes initiaux de violence qui ont fondé l’ordre actuel formaient partie d’une stratégie cohérente de limitation – quand il ne s’agissait pas de pure liquidation – de la démocratie dans des pays capitalistes où les conquêtes sociales du mouvement ouvrier – unies à la nouvelle force incarnée par les pays du « tiers monde » - mettaient en péril le taux de profit du capital. Cette stratégie est décrite dans le célèbre texte de la Commission Trilatérale (3) éloquemment intitulé « La crise de la démocratie », où Samuel Huntington – le même du « choc des civilisations » – soutenait que « Le fonctionnement efficace d’un système politique démocratique requiert un degré déterminé d’apathie et de non participation de la part de certains individus et groupes ». Nous savons de quelle manière on obtint cette « apathie » et cette « non participation » au Chili et dans le reste de l’Amérique latine. Aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans les autres pays du centre capitaliste, les méthodes furent sans doute plus subtiles, mais le résultat fut le même.

3. Depuis les années 1970, l’histoire du néolibéralisme n’est autre que celle de l’exclusion systématique des classes populaires de toute décision politique effective. C’est, en conséquence, l’histoire de la « crise de la gauche », affaiblie par son incapacité de médiation effective en faveur des intérêts des travailleurs dans le nouveau cadre social et économique post-fordiste**.

Cette exclusion a pris les deux formes décrites et préconisées par Huntington: l’apathie et la marginalisation. L’apathie a surtout touché les « classes moyennes », qui ont cessé de s’identifier avec les conquêtes sociales de l’après-guerre et – comme les y incitaient les idéologues néolibéraux – ont placé le cœur de la « démocratie » dans le marché. Pour les autres groupes, on appliqua des mesures d’exclusion. Ces dernières ont touché de manière privilégiée les enfants des ouvriers, dont les perspectives professionnelles se sont faites sans cesse plus précaires, ainsi que les immigrés, dont les possibilités « d’ascension sociale » par le travail dans leur société d’accueil furent liquidées par la suppression des mesures de protection sociale et d’insertion.

La combinaison de ces politiques permit d’atteindre l’objectif de réduire de manière effective la valeur de la force du travail, en augmentant l’offre de marchandises à des prix de plus en plus réduits, et divisa les classes ouvrières entre les « apathiques » et les « marginalisés ». Les apathiques furent représentés par une gauche « social-démocrate » et « euro-communiste », ainsi que par des syndicats intégrés au nouveau régime. Les marginalisés furent l’objet de mesures d’exclusion et de contrôle sans cesse plus rigoureuses.

Dans la société britannique, mais aussi dans d’autres pays tels que la France, les marginalisés s’assimilent dans une grande mesure aux immigrés. Ces personnes, provenant des anciennes colonies, sont l’objet, depuis le blocage des possibilités « d’ascension sociale » dans les années 1970, d’une authentique politique de marginalisation coloniale à l’intérieur des métropoles impérialistes elles-mêmes : concentration dans des ghettos urbains ou des cités-dortoirs, contrôle policier permanent, humiliations racistes permanentes de la part de l’Etat, etc.

La division entre travailleurs organisés, représentés, avec des contrats stables et les - sans cesse plus nombreux - travailleurs précaires s’est ainsi articulée avec une « frontière ethnique » dont la gestion repose sur la riche expérience de contrôle et de répression des « indigènes » acquise en outre-mer par les vieilles puissances coloniales européennes. Africains, Arabes, Indiens, Antillais et autres groupes d’immigrés des colonies obtenaient ainsi dans la métropole un traitement similaire à celui de leurs pères dans les pays colonisés. L’espace colonial a été transféré avec eux dans les métropoles et englobe aujourd’hui une couche croissante de précaires « blancs ». Comme l’affirmait à la BBC un historien britannique populaire et un peu réactionnaire ; « les blancs sont devenus noirs ».

4. La « paix » néolibérale est parvenue, malgré tout, à se maintenir grâce à la substitution partielle de l’Etat-Providence géré par les dépenses publiques par une forme supplétive d’Etat-Providence alimenté par la rente financière et le crédit facile. Le secteur « apathique » de la classe ouvrière, tout comme l’ensemble de la « classe moyenne », fut initialement le principal bénéficiaire de ces mesures, bien que, dans une certaine mesure, au travers des « crédits poubelle », elles finirent par s’étendre aux secteurs les plus insolvables de la population. Or, nous assistons aujourd’hui à la faillite du système financier provoqué par cette substitution de la dépense publique par le crédit.

Aujourd’hui, ni les marginalisés ni les apathiques ne peuvent plus compter sur la rente financière et encore moins avec les dépenses publiques pour obtenir des conditions de vie décentes. Du point de vue de la gestion des équilibres et du consensus social, le capitalisme est entré dans une voie sans issue. Tant en Angleterre que dans le reste de l’Europe et du monde, le capitalisme ne peut plus offrir aux classes populaires un système de protection sociale et de bien-être ; il ne peut que leur imposer par la violence un travail précaire dans des conditions de vie de plus en plus dégradées.

Les ripostes pacifiques du Mouvement du 15-M (dans l’Etat espagnol) et moins pacifiques en Grèce, ou celles des jeunes de Tottenham face au pillage capitaliste participent d’un même processus mais dans des conjonctures politiques distinctes. Il y a quelques années, un groupe de jeunes français « anti-système » avait prophétiquement intitulé un pamphlet « L’insurrection qui vient ». Aujourd’hui, l’insurrection est arrivée et elle est parmi nous.

John Brown. Publié sur : http://iohannesmaurus.blogspot.com/. Traduction française pour le site www.lcr-lagauche.be

Notes du traducteur :

(1) http://www.contretemps.eu/lectures/lhydre-mille-tetes

(2) Caliban est un personnage de fiction de la pièce de théâtre La Tempête de William Shakespeare. Il s'agit d'un personnage monstrueux et vil, esclave du mage Prospero et fils de la sorcière Sycorax. Son nom serait une anagramme de « canibal » (Source : Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Caliban_%28Shakespeare%29 )

(3) La Commission Trilatérale (parfois abrégée en Trilatérale) est une organisation privée qui fut créée en 1973 à l'initiative des principaux dirigeants du groupe Bilderberg et du Council on Foreign Relations, parmi lesquels David Rockefeller, Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinski. Regroupant 300 à 400 personnalités parmi les plus distinguées et influentes – hommes d’affaires, politiciens, décideurs, « intellectuels » – de l’Europe occidentale, de l’Amérique du Nord et de l'Asie Pacifique (États dont la plupart sont également membres de l'OCDE), son but est de promouvoir et construire une coopération politique et économique entre ces trois zones clés du monde, pôles de la Triade (Source : Wikipédia)

 

(*) : Le terme de "néolibéralisme" est couramment employé et admis dans la gauche révolutionnaire internationale. Néanmoins, il est erroné. Car il n'y a dans ce phénomène rien de nouveau, mais simplement un retour à la réalité de ce que Lénine décrivait en 1916 : l'impérialisme, l'époque des monopoles ("multinationales"), la réaction sur toute la ligne : un impérialisme libéré, depuis les années 70-80, par le recul mondial du mouvement révolutionnaire, et la disparition d'un camp socialiste (URSS, Chine populaire) qui agissait en centre d'agrégation mondial de toutes les luttes ouvrières, populaires-démocratiques et de libération nationale. L'autre facteur, simultané (années 70-80) étant la fin du cycle d'accumulation capitaliste 1945-75, et le retour de la chute tendancielle du taux de profit, impliquant la fin des "modèles sociaux", le renforcement brutal de l'exploitation des travailleurs/euses, le développement des guerres impérialistes pour le repartage du monde : le retour, finalement, à la situation d'avant 1914, "avec la fibre optique" en plus...

(**) : La "gauche" bourgeoise et ses affidés petit-bourgeois et syndicalo-réformistes (aristocrates ouvriers) n'ont jamais été des "médiateurs" entre le prolétariat et la bourgeoisie capitaliste, mais le cache-sexe et le rempart de celle-ci. Cela n'a pu cependant fonctionner, dans les années 50-60-70, que grâce au taux de profit élevé et aux surprofits de l'économie capitaliste. Ceci a aujourd'hui disparu, laissant "les réformistes sans réformes" (c'est l'autre aspect de l'époque "néolibérale", avec la défaite du camp révolutionnaire)...

 

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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 18:31

 

Phénomène frappant toutes les sociétés capitalistes occidentales, la gentrification consiste en une appropriation des quartiers populaires des grandes villes par les classes moyennes-supérieures, entraînant une augmentation considérable des loyers et du m² locatif, et ainsi une expulsion du prolétariat et des classes populaires vers les zones de relégation périurbaines... Mais parfois, contre ce phénomène, les masses se révoltent. Et elles ont raison de le faire ! Car c'est une oppression et, là où il y a oppression, il y a résistance !

 

Secours Rouge APAPC :

Allemagne : Troubles à Hambourg, incendies à Berlin

La vague d’incendies de véhicules se poursuit à Berlin. Dans la nuit de samedi à dimanche, une voiture, un scooter et des équipements de chantier ont été détruit, toujours dans les quartiers de l’ancien Berlin-est qui subissent un processus de gentrification important depuis plusieurs années.

Par ailleurs, de violents affrontements ont opposé les forces de l’ordre et un groupe de personnes participant à une fête de rue dans un quartier populaire en voie de gentrification de Hambourg. 2100 policiers étaient présents pour encadrer les festivités, et des heurts les ont opposés aux participants dans le courant de la nuit. Ils ont fait usage de canons à eau pour répliquer aux jets de pierre et de feux d’artifice. Quatre véhicule de police ont également été endommagés. Les autorités ont procédé à une trentaine d’arrestations.

 

TF1 News :

Incidents à Hambourg après une fête de rue: 30 interpellations

Des incidents ont opposé la police à des émeutiers dans la nuit de samedi à dimanche à Hambourg à l'issue d'une fête de quartier, et 30 personnes ont été arrêtées et deux policiers légèrement blessés, a indiqué la police de cette ville du nord de l'Allemagne. A l'issue du "Schanzenfest", une fête de rue annuelle dans un quartier de la ville réputé comme un bastion d'extrême-gauche mais en voie d'embourgeoisement, des groupes de jeunes ont incendié des poubelles et attaqué une agence bancaire, a indiqué Karina Sadowski, porte-parole de la police de la ville. Cette fête - qui a attiré cette année quelque 10.000 personnes - donnant régulièrement lieu à des incidents, 2.100 policiers avaient été mobilisés. Par ailleurs, la police de Berlin a indiqué qu'une voiture, un scooter et des équipements de chantier avaient été incendiés dans la nuit de samedi à dimanche. Quelques dizaines de voitures ont été incendiées dans la semaine dans la capitale.

 

Et puis, intéressant de voir comment en pleine campagne électorale, les "socialistes" berlinois en mauvaise posture cherchent à dépolitiser la question, pour en faire une affaire de pur "vandalisme et actions criminelles" ; alors que la droite ne s'y trompe pas, faisant même clairement allusion au mouvement armé des années 70 :

 

RTBF

A Berlin, des voitures incendiées entrent dans la campagne électorale

Depuis quelques jours, Berlin connaît une épidémie d’incendies de voitures de luxe. La police estime qu’il n’y a aucune visée politique derrière ces attentats. Mais ils pourraient mettre en danger la réélection du maire actuel.

A Berlin, 9 voitures au total ont été incendiées dans la nuit de mercredi à jeudi, après 15 la nuit précédente, selon la police qui suppose qu'il s'agit de vandalisme et a offert 5000 euros de récompense à toute personne susceptible de l'aider à résoudre cette affaire.

Actuellement, une centaine de policiers sont mobilisés pour tenter de mettre fin à cette série, patrouillant avec l'aide d'un hélicoptère avec une caméra à infrarouge.

Personne n'a été blessé jusqu'à présent, et il n’y a eu aucune revendication des ces incendies. Mais brûler des voitures de luxe est parfois une forme de protestation utilisée par l’extrême-gauche dans certaines villes allemandes, particulièrement le 1er mai. En 2010, le nombre de véhicules incendiés à Berlin avait reculé à 54, contre 221 en 2009. Selon les autorités, 300 voitures ont été incendiées à Berlin depuis le début de 2011. Les chiffres se sont emballés ces derniers jours. Mais ce ne sont pas que des voitures de luxe qui sont visées : il y a aussi des camionnettes et des camions de livraison.

La chancelière allemande Angela Merkel a condamné ces incendies de véhicules. "Qu'est-ce que c'est que ce comportement ?", s'est-elle emportée, se disant "préoccupée" par des actes qui "jouent froidement avec des vies humaines". La chancelière appelle à un renforcement de la présence des forces de l'ordre dans les lieux publics et ajoute que, "pour ce faire, le gouvernement est mobilisé".

Motivation politique ?

"D'après les premiers résultats de l'enquête, il n'y a pas de motivation politique derrière les incendies actuels", a déclaré le ministre régional de Berlin, Ehrhart Körting, au quotidien Berliner Zeitung.

"Nous avons affaire à du pur vandalisme et à des actions criminelles", a de son côté estimé le maire actuel de la capitale allemande, Klaus Wowereit (SPD).

"Nous avons besoin de mesures dissuasives difficile", a déclaré Rainer Wendt, chef du DPoIG, le deuxième syndicat de police du pays, dans le journal à grand tirage Bild.

Ces incendies arrivent à un très mauvais moment pour le maire sortant Klaus Wowereit et ses colistiers. Leur campagne pour l’élection municipale du 18 septembre prochain se déroulait jusqu’à maintenant sans incident. Mais la coalition sortante n’a rien à gagner dans un débat sur les voitures incendiées : elle a échoué à mettre en place ces dernières années une véritable lutte contre la criminalité dans la rue.

Le parti rival du maire sortant, les conservateurs de la CDU, a flairé un thème de campagne intéressant : il va commencer à coller une série d'affiches sur la sécurité à Berlin. Et l'un de ses élus, critiquant l'impuissance du maire actuel, a estimé que les attaques pourraient conduire à des formes plus dangereuses de protestation. "Le terrorisme de la Fraction armée rouge (ou gang de Baader-Meinhof, qui ont bombardé des cibles politiques dans les années 1970) a commencé avec ‘juste’ des incendies criminels", a-t-il dit. "Pour cette raison, il y a un danger que la violence pourrait cibler les personnes d'un jour."

A.L. avec Der Spiegel et AFP

 

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Vendredi 19 août 2011 5 19 /08 /Août /2011 18:30

 

Lorsque les émeutes prolétaires ont embrasé le royaume d'Elisabeth II, la rédaction de SLP était en vacances. Eh oui, comme cela arrive, et c'est pleinement mérité, aux gens qui travaillent (mais il est vrai que lorsqu'on vit de ses rentes, on peut aisément s'en passer...).

 

C'est donc un retour a posteriori que constitue cet article. Cela dit, il n'y a pas grand chose à épiloguer sur ce qui s'est passé. C'est exactement le même scénario que dans l'entité BBR en octobre-novembre 2005 : la mort, abattu par la police, d'un jeune des quartiers populaires (fut-il un "voyou", ce n'est pas la question principale !), est l'étincelle qui met le feu à la plaine. Toute la colère et la frustration accumulée par la jeunesse des quartiers, devant l'exploitation capitaliste, le chômage, les boulots de misère, le racisme et le flicage quotidiens, explose. Sauf que, surprise, l'explosion ne se limite pas à un quartier, mais gagne le pays entier. Il faut dire que l'Angleterre, citée en modèle de capitalisme triomphant au début des années 2000, est plongée depuis fin 2008 dans une des plus terribles déclinaisons de la crise capitaliste mondiale. Le chômage a explosé et, en l'absence de toute aide sociale ou presque, la misère encore plus, dans un pays où la vie est extrêmement chère (surtout à Londres).

 

Le monde, depuis quelques années, s'embrase ; même non (ou mal) organisée et formalisée, la nouvelle vague de la révolution mondiale avance tandis que le capitalisme s'enfonce inexorablement dans la crise ; et cette fois-ci, l'incendie a gagné le cœur d'une grande métropole impérialiste : l'Empire britannique.

 

Spontanée, inorganisée, cette révolte a été aussi spectaculaire... qu'un feu de paille : impressionnant, mais s'éteignant aussi vite qu'il a pris. Les masses prolétaires, en particulier des minorités "ethniques", on toutefois montré là leur SOIF de révolution, leur SOIF de socialisme, leur soif d'en finir avec leurs misères et ce système pourri. Elles ont montré, même sans le dire voire en le niant, qu'elles ont soif d'une AVANT-GARDE qui les conduira à la réalisation de ce but, à ce qu'enfin, LA VIE SOIT A NOUS. Cette avant-garde, dans la conception communiste du monde, c'est le Parti révolutionnaire communiste.

 

La tâche des communistes conscients et organisés est de le construire. Mais ce Parti doit être construit dans la LIGNE DE MASSE (voir "Le Maoïsme"). C'est à dire sans populisme, sans mouvementisme, sans caudisme (attitude qui consiste à se mettre à la queue, à la remorque du mouvement réel des masses, comme le KOE en Grèce face au mouvement de masse de ce printemps : "surtout pas de slogans révolutionnaires" etc. etc. … absolument n'importe quoi !). Mais également sans élitisme, sans aristocratisme, sans pédantisme intellectuel, sans "j'ai tout compris, vous rien".

Ainsi, après avoir copieusement vomi sur les mouvements de révolte arabes, clamant que "sans le Parti, il n'y a rien !", l'ultra-gauchiste illuminé de "Contre-informations" (avec sa poignée de hare krishnas) poursuit bien entendu sur sa lancée au sujet de la révolte d'Angleterre. Soulignant lourdement les seuls aspects négatifs (et absolument secondaires) : attaques contre des particuliers du Peuple ou des petits commerces, "virilisme", "culture de gang", "de voyou" etc. etc. On croirait (mais ce n'est pas la première fois) lire Le Figaro...

L'aspect principal de ces évènements n'est bien évidemment pas là. L'aspect principal, c'est le développement de l'ANTAGONISME, le développement de la conscience de rupture prolétaire et populaire, qui est la base, le socle indispensable sans lequel tout "Parti" autoproclamé n'est que du vent : l'étape zéro de la Guerre du Peuple.

L'aspect principal, c'est que les masses prolétaires assimilent qu'on a raison de se révolter contre les réactionnaires ; que là où il y a oppression, il y a (il doit y avoir !) résistance ! L'aspect principal, ça a bien sûr été l'affrontement avec l'Etat, à travers son bras armé, la police. L'aspect principal, ça a été les AUTOREDUCTIONS de grands magasins et supermarchés, dans un pays où la vie est extrêmement chère et où le pouvoir d'achat, avec la crise, s'effondre : ce que le capitalisme ne nous autorise pas à avoir, et bien, prenons-le ! Il n'y a pas de leçons de morale à donner, "c'est consumériste" gnagnagni gnagnagna. Nous vivons, que nous le voulions ou non, dans des sociétés capitalistes occidentales où l'on nous abreuve de "besoins" induits (par la pub, les magazines etc.) à longueur de journée. Que les prolétaires brisent les barrières pour vivre leurs envies, est en soi révolutionnaire.

 

Bien sûr, des petits commerces ont aussi été attaqués, et l'Etat bourgeois britannique a réussi un joli coup en dressant la communauté Indo-Pakistanaise contre les émeutiers en majorité Afro-Caribéens (même si de toutes origines, y compris Anglais pure souche !). C'est là son boulot de contre-révolution préventive bourgeoise. Ce qui est encore plus grave (pour des "communistes"), c'est de s'en réjouir, de le souligner de manière narquoise, pour "bien montrer" que ce mouvement spontané "n'allait nulle part", sans rappeler le rôle fondamental de la division ethnique des masses prolétaires/populaires dans la contre-révolution préventive en Angleterre.

 

Donc voilà. Profitons de l'occasion pour ouvrir une parenthèse et émettre une thèse fondamentale, qui guide toute la démarche de Servir le Peuple : "Feu sur les avant-gardes autoproclamées !". Dire que "sans le Parti il n'y a rien", sinon de la merde, que les masses n'ont même pas le droit à la révolte, c'est vraiment de la merde, ce n'est pas la conception communiste du monde. C'est la conception de personnes qui, ayant assimilé le matérialisme dialectique, ayant compris que la révolution est inévitable, se demandent comment, dans le processus révolutionnaire, elles vont réussir à rester sur le dessus du panier. Être les "cadres" de la future société ; et se sentir importants, s'exciter sur leur piédestal d'ici-là... Le mouvement communiste, marxistes et libertaires confondus, regorge de ces personnes. La Gauche Prolétarienne en est morte… Au contraire, le révolutionnaire communiste n'est guidé que par un seul leitmotiv : SERVIR LE PEUPLE, SERVIR LE PEUPLE et SERVIR LE PEUPLE (le prolétariat et les classes populaires voisines). A vrai dire, le Parti ne devrait même pas se concevoir comme un "guide éclairé" pour les masses, mais simplement comme leur fraction la plus avancée, consciente et organisée, qui agit comme une aide, un point de repère et de ralliement, un FIDELE SERVITEUR. Car les vrais communistes, ce sont les masses prolétaires et populaires avancées. Fin de la parenthèse.

 

De leur côté, les révisio-réformistes (comme la Youth Communist League anglaise) nous servent le même discours qu'au moment des émeutes de 2005 : "oui, c'est la société capitaliste qui est pourrie, le chômage, l'exclusion, la pauvreté", mais "la violence c'est pas bien", "nous la condamnons fermement". Ici, ce n'est pas seulement la révolte non-organisée par leurs lumières éclairées qui est rejetée, mais bien l'ANTAGONISME lui-même. Les révisio-réformistes se positionnent clairement à l'extrême-"gauche" de l'ordre bourgeois, "critiques radicaux", mais en rien porteurs d'une société nouvelle...

 

Les masses prolétaires/populaires qui s'expriment ainsi (caillassage de flics et pillage d'enseignes capitalistes hors-de-prix) expriment au contraire leur soif d'une société nouvelle où chacun-e aura droit à une vie digne : le socialisme. Elles expriment leur aspiration à l'organisation, armée de la juste conception du monde et de la juste stratégie révolutionnaire, qui les aidera à atteindre ce but. Cette organisation ne pourra être formée de personnes qui prétendront expliquer aux masses qu'elles n'ont rien compris à rien. Mais au contraire de personnes décidées à servir l'émancipation du prolétariat et, par là, de l'humanité entière.

D'autre part, parmi ce prolétariat d'Angleterre en révolte, comme en Hexagone en 2005, se trouvent de manière importante (même si non-exclusive) des personnes des minorités issues de l'immigration de travail. Il y a là une oppression spécifique (raciste) en plus de l'oppression capitaliste, et une indispensable AUTO-ORGANISATION face à cette oppression spécifique. Aller vers un BLACK PANTHERS PARTY dans les conditions spécifiques de la Grande-Bretagne et de l'Hexagone BBR, voilà une autre nécessité historique...

 

Pour voir plus loin, l'article des camarades de Feu de Prairie :

Comme à Londres!

Et ce document très intéressant (en deux parties) traduit par les camarades de Libération Irlande :

WSM : Londres brûle – causes et conséquences des émeutes, une perspective anarchiste (première partie)

WSM : Londres brûle – causes et conséquences des émeutes, une perspective anarchiste (deuxième partie)

 

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Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 23:48

 

 

Après l'échec lumineux de l'arrestation d'Aurore Martin, grâce à la mobilisation des habitant-e-s du Petit Bayonne, encore un bel exemple de mobilisation populaire victorieuse contre les saloperies de la flicaille, venant cette fois de l'Etat espagnol. Construire l'antagonisme !

 

Le 5 juillet dernier, la population du quartier populaire de Lavapiès, à Madrid, repousse la police venue arrêter des travailleurs-euses immigré-e-s. Face à la détermination des habitant-e-s, la milice du Capital finit par quitter les lieux, brocouille...

 

(Vidéo en castillan) :

 


 

 

 

 

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Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 19:51

 

Tandis que la Grèce est secouée par un grand mouvement populaire, peut-être sans précédent depuis 1973, contre la bourgeoisie oligarchique et la "république des deux familles" (les Papandréou et les Caramanlis qui s'alternent au pouvoir depuis 60 ans...) au service des monopoles de la "banane bleue" européenne qui dominent cette "périphérie méditerranéenne moins développée" ; l'Italie connaît elle aussi une grande ébullition. Décidément, dans l'encerclement du Centre par la Périphérie qui est le mouvement scientifique de la révolution prolétarienne mondiale, il apparaît de plus en plus clairement que les PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne) encerclent la "banane bleue", centre du monopolisme européen.

Depuis plus de 10 ans, avec une parenthèse de 2 ans de "centre-gauche", l'Italie expérimente avec Berlusconi la droite extrême de la démocratie bourgeoise la plus proche du fascisme ; et même étroitement imbriquée avec lui, puisque des formations ouvertement fascistes (comme La Destra ou l'Action Sociale d'Alessandra Mussolini), ou de "droite régional-populiste" mais "au fond (...) toujours les mêmes" (la Ligue du Nord de Bossi et Borghezio), soutiennent le gouvernement.

Mais, alors qu'ici la crise générale du capitalisme et le pourrissement de la démocratie bourgeoise poussent inexorablement les masses vers la mobilisation réactionnaire de Marine Le Pen (comme hier de Sarkozy), à laquelle le "populisme de gauche" de Mélenchon ou Besancenot ne parvient pas à barrer la route (et, encore moins, à inverser la tendance...), voilà qu'en Italie il en va tout autrement : aux municipales, les deux plus grandes villes du pays, Milan au Nord et Naples au Sud, sont passées à des candidats certes réformistes, mais en rupture et en opposition quasi-antagonique autant avec la "droite radicale" de Berlusconi et Bossi, qu'avec "l'opposition de régime", la droite modérée du prétendu "centre-gauche". L'un est l'ancien avocat du leader kurde Öcalan et de la famille de Carlo Giuliani (le martyr de Gênes 2001), l'autre un de ces "juges rouges" que pourfend ouvertement Berlusconi, tandis que toute la mouvance politicienne bourgeoise impliquée avec les mafias n'en pense pas moins (dans une ville comme Naples, c'est un coup de tonnerre). Et dans la foulée, 3 référendums d'initiative populaire (système inconnu ici), sur l'interdiction du nucléaire, contre la privatisation de l'eau et contre l'impunité pénale des politiciens bourgeois, se sont traduits par une victoire écrasante du OUI...

ALORS, BIEN SÛR... On pourra arguer que tout cela n'est pas séparable des contradictions qui, après 10 ans de "berlusconisme", secouent la bourgeoisie réactionnaire et sa représentation politique (le "post-fasciste" Gianfranco Fini a rompu avec Berlusconi et fondé un "Troisième pôle" qui se veut... centriste). Que ces candidats victorieux sont des bourgeois "de gauche", réformistes bon teint, que les référendums sont "démocratiques petits-bourgeois"... On pourra même s'amuser à dire que "la soupape de sécurité de la dictature de classe bourgeoise a bien fonctionné". C'est vrai, et ni le (n)PCI et sa "caravane", ni Proletari Comunisti (les deux principales organisations maoïstes du pays) n'en sont dupes.

Mais, qu'on le veuille ou non, il y a eu une MOBILISATION DE MASSE prolétaire et populaire ; et cette mobilisation ne s'est pas faite dans un sens réactionnaire (vers les discours "populaires" de la droite radicale et des fascistes), mais dans un sens progressiste. Les masses prolétaires et populaires ont exprimé, à leur niveau de conscience actuel, leur besoin de révolution. Et elle est là, bel et bien là sous nos yeux, cette mobilisation. Elle n'a désormais que deux voies devant elle : la déception par les réformistes et la démobilisation, voire le retournement en son contraire (en mobilisation réactionnaire) ; ou alors, sous l'impulsion de communistes authentiques, se poursuivre et s'élever à un niveau supérieur, de mobilisation révolutionnaire.

Pour l'heure, l'atmosphère est à l'effervescence, à la joie d'une victoire qu'on savoure d'autant plus que l'on sait qu'elle est certainement éphémère, que ces maires si "progressistes" qu'ils soient ne pourront rien changer, car le capitalisme ne se "change" pas, il s'abat...

 

C'est dans ce contexte, que se tiendront ce mois de juillet deux évènements dans la Péninsule.

 

A Naples, dans l'atmosphère qu'on a décrite ci-dessus, se tiendra du 15 au 30 juillet une Fête de la Riposte Populaire, avec concerts, conférences, débats et sans doute des milliers de personne ; au Parco Robinson. On peut en consulter le programme ICI.

RoscossapopolareNA.jpg

A Gênes, comme il a déjà été publié ici, se tiendront dès cette semaine et surtout à partir de la mi-juillet des dizaines d'initiatives, en commémoration des 10 ans de la mobilisation et de la répression sauvage du contre-G8 de 2001.

Pour les révolutionnaires communistes du pays et du monde entier, en plus de se souvenir et d'avoir bien en tête qui l'on a en face de nous, le mot d'ordre sera l'enterrement de l'altermondialisme, social-démocratie idéaliste de notre époque : le capitalisme ne "s'humanise" pas, le Monde tremble de toute part, l'ordre du jour est au changement révolutionnaire de mode de production et de société !

 

http://2.bp.blogspot.com/-tbiMSYs1s7g/TfHMdDSe73I/AAAAAAAAA9I/lg4oYPDF7io/s1600/GE2011.jpg

 

 

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