Toute ressemblance avec certains évènements de l'automne dernier, de ce côté-ci des Alpes, serait purement fortuite...
Chez Servir le Peuple, on parle de la France (monsieur !), enfin de l'espace géographique portant ce nom, notamment beaucoup l'automne dernier ;
mais on assume aussi le cosmopolitisme euh... l'internationalisme que SLP considère sans la moindre hésitation, à la suite de Marx et Engels (au sujet de l'Irlande et de la classe ouvrière anglaise), comme le secret de l'impuissance
(lorsqu'il est absent) de tout prolétariat dans tout pays. A l'heure où le monde est devenu un village (merci la mondialisation, merci la division internationale du travail !), Servir le
Peuple considère résolument que chaque lutte des opprimé-e-s dans le monde (a fortiori sur un même continent) est un EXEMPLE qui galvanise toutes
les autres !
Vive les révolté-e-s de Rome ! Vive la lutte héroïque de masses populaires de Grèce ! Vive la révolte des ghettos d'Angleterre ! Vive les soulèvements
démocratiques des masses arabes ! Vive les Guerres populaires en Asie du Sud, aux Philippines, en Amérique latine et ailleurs ! Vive les résistances populaires en Irlande, en Euskal Herria, en
Palestine, à Istanbul et au Kurdistan, partout !
Peuples d'Europe et du Monde, debout !
Parti des CARC :
Rome, 15 octobre, une journée de riposte populaire qui fait trembler patrons, spéculateurs et Vatican et ouvre
grand la voie à la construction d'un gouvernement populaire d'urgence
Contenu, sens et perspectives de la mobilisation du 15 octobre
Le changement et l'alternative ne sont pas compatibles avec le respect du système qui d'abord tue les ouvriers et ensuite les
pleure, comme à Barletta, qui d'abord permet que les jeunes soient de la chair à canon et ensuite exige des peines exemplaires pour qui se rebelle.
· Ceux qui voulaient chevaucher le mouvement populaire pour le rendre inoffensif et docile, pour le neutraliser,
récoltent aujourd'hui les fruits de la paix sociale sans principes derrière laquelle prospèrent l’exploitation, les morts au travail, la précarité. La bataille de Piazza San Giovanni
balaye définitivement les espérances de Draghi [Ndlr : nouveau gouverneur de la BCE] (‘les jeunes ont raison et doivent être écoutés’) et des laquais qui se sont employés à le
soutenir avec les mains sales du sang des travailleurs, des migrants, des milliers de prolétaires qui se suicident en proie au désespoir face aux effets de la crise.
· Une mobilisation permanente pour chasser le gouvernement de la droite réactionnaire, barrer la route aux « solutions
de rechange » promues de FMI et BCE (gouvernements de techniciens, unité nationale, etc.) et construire un gouvernement d'émergence populaire.
· Solidarité aux camaradEs arrêté-e-s et détenu-e-s, aux blessé-e-s, aux perquisitionné-e-s et à ceux et celles qui seront
dénoncé-e-s : à la réaction rageuse et décomposée des Autorités qui cherchent les coupables, nous répondons par une grande mobilisation de solidarité !
· Les dirigeants de la gauche syndicale, des syndicats de base, les promoteurs de la manifestation du 15 octobre, jusqu'aux
maires comme De Magistris (qui a lui aussi adhéré à la manifestation) et Pisapia doivent condamner le lynchage auquel sont soumis les organisations, les forces et les camarades
individuels qui croient - et en montrent l’exemple – qu’un autre monde est possible.
Le contenu du 15 octobre
Des millions de personnes, dans au moins 80 pays, se sont mobilisées en même temps autour du cri de Rise up ! , pour déclarer
haut et fort qu’ils et elles ne payeront pas la crise engendrée et alimentée par les patrons. Dans notre pays, des centaines de milliers de personnes ont répondu à l'appel : « nous ne paierons
pas la dette ». Il y avait là toutes les composantes du mouvement ouvrier et populaire, des batailles contre la spéculation et la dévastation environnementale, les réseaux pour la défense des
biens communs et des immigrés, les mouvements antiracistes et les femmes organisées. Une mobilisation impulsée par le bas, par la coordination des meilleures forces qui ces dernières années ont
dirigé le mouvement contre les effets de la crise (syndicats de base, gauche syndicale, réseaux des auto-organisé-e-s, des étudiants, des centres sociaux, des centaines d'organisations ouvrières
et populaires qui sont levées ces derniers mois, etc.), et qui posaient un objectif clair et commun : « assiéger les palais du pouvoir ». Lorsque, face à la charge d'attentes rassemblées
autour de ce mot d’ordre, est allée en se consolidant la certitude que ce serait aussi une manifestation de masse, ont débuté les tentatives de surfer la vague : des « salutations » des
politiciens bourgeois aux mots de compréhension et d'encouragement des chefs de clan de la bourgeoisie et de la finance (Draghi est le plus représentatif, mais aussi Montezemolo, etc.), jusqu'à
la tentative de dévier de l'objectif originel : abandonner le siège des palais au profit d'un campement sur la place S. Giovanni. En d'autres termes : la tentative de retirer la charge de
combattivité et l'envie de riposte, pour les transformer en un plus compatible « évènement politique » à dispenser dans le petit théâtre de la politique bourgeoise.
En dépit de cela, ce ne sont pas 100 encapuchés, 300 black blocks ou un nombre indéfini d'infiltrés, mais des milliers de jeunes, de
précaires, d'étudiants, de chômeurs, de travailleurs qui ont refusé la farce de la compatibilité, de la « liberté et de la légitimité (bourgeoises) de manifester », qui ont décidé de ne pas subir
les impositions et les provocations du Gouvernement et des forces de répression. Encore une fois le 15 octobre, comme le 14 décembre 2010 à Rome et début juillet dernier en Vallée de Suse, ils se
sont rebellés, ils se sont heurtés avec générosité et courage aux forces antiémeute de la Police, des carabiniers et de la Garde de Finance, ont défié les canons à eau, les charges avec les
blindés, les lacrymogènes et les coups de matraque, ils ont combattu des heures durant sur la place S. Giovanni, ont porté la révolte dans la ville de Rome, centre du pouvoir de la République
Pontificale.
Le sens du 15 octobre
Une si grande mobilisation, une si grande et généreuse rébellion, une aussi large volonté de s'insurger sont la démonstration que dans
notre pays s'est ouverte une phase politique nouvelle dans laquelle, face à la gravité de la crise, à la férocité des attaques contre les droits et les conquêtes, face aux manœuvres qui
étranglent les masses populaires, ce sont les masses populaires elles-mêmes qui imposent par leur mobilisation des solutions urgentes, nouvelles, extraordinaires et radicales.
La journée du 15 octobre est une ligne de partage des eaux, aussi et surtout pour les organisations ouvrières et populaires, un
affrontement entre l’ancien et le nouveau : qui n'a pas une perspective, qui n'a pas compris ou ne veut pas comprendre le sens de cette journée,
qui n'a pas la capacité ou volonté d'assumer la responsabilité politique de construire une alternative au système de la crise, de l'exploitation, de la dette, de la précarité et du plan
Marchionne, masque son impuissance en gonflant le chœur qui s’élève de la bourgeoisie (sans distinctions Berlusconi, Alemanno [Ndlr : maire de Rome, néofasciste], Vendola [de ‘gauche’], la
Camusso [syndicaliste, ‘patronne’ de la CGIL], Di Pietro* [le célèbre juge anti-corruption, de ‘centre-gauche’], Bersani [‘centre-gauche’] et Bagnasco [cardinal de l’Eglise] disent les mêmes
choses : isoler et dénoncer les violents, condamner les violences, exécrer les terribles dévastations).
Qui cherche une voie, qui aspire à une transformation, au changement, avec toutes les inclinaisons dans lesquelles se conjugue ce
concept, rejette la division entre bons et mauvais, entre pacifiques et violents, entre qui est légitime à manifester et qui ne l’est pas ; repousse et condamne les appels à la délation :
collaborer avec les autorités bourgeoises est l'antithèse de construire un monde nouveau.
De la place S. Giovanni, entre la fumée des lacrymogènes et des camionnettes en feu, s'élève un cri plus de fort que toute délation :
nous ne nous payerons pas la crise des patrons, nous sommes prêts à nous organiser pour lutter, pour combattre, pour vaincre et conquérir un monde nouveau. Ceci est le sens que chaque
organisation ouvrière et populaire, chaque élément avancé des masses populaires, chaque ouvrier et travailleur doit et peut recueillir, alimenter, étendre.
Les perspectives du 15 octobre
Dès le 16 octobre 2010, la grande manifestation appelée par la FIOM contre le plan Marchionne, sont allées croissantes les
mobilisations dans les usines, dans les écoles, dans les rues (impossible ne pas se rappeler la journée du 14 décembre), et ce climat de riposte a contaminé et a influé jusque dans le champ du
petit théâtre de la politique bourgeoise, avec les résultats des référendums et des élections municipales du printemps dernier. Et ensuite, encore, la lutte du Val Susa, la résistance active
contre les licenciements de masse des ouvriers Fincantieri. Avec la grève générale des 6 septembre a débuté de fait une mobilisation permanente (bien qu'encore fragmentée) contre la bande
Berlusconi et les pouvoirs forts, jusqu'au 15 octobre. Ce qui se produit déjà spontanément peut et doit être alimenté et renforcé par des propositions concrètes, possibles, constructives, une
solution politique qui rassemble et valorise la poussée positive et radicale des masses populaires et des travailleurs.
Une mobilisation permanente pour rendre ingouvernable le pays par tout gouvernement émanation des autorités
bourgeoises. Dans les rues, sur les routes, dans les lieux de travail, dans les écoles et au-delà.
Le plus la riposte populaire alimente et étend le protagonisme, la coordination et la conscience des organisations populaires
et ouvrières, le plus le pays sera ingouvernable pour les autorités bourgeoises, et les conditions seront favorables à la construction d'un gouvernement d'urgence populaire, un
gouvernement composé des représentants de la gauche syndicale et des syndicats de base, des représentants les plus progressistes et courageux des associations, des mouvements, des coordinations,
qui déjà jouissent de la confiance des travailleurs et des masses, un gouvernement d'urgence qui réalisera un programme articulé autour de six mesures urgentes et nécessaire :
1. assigner à chaque entreprise des tâches productives (de biens ou de services) utiles et adaptées à sa nature, selon un plan national
(aucune entreprise ne doit être fermée),
2. distribuer les produits aux familles et aux individus, aux entreprises et aux usages collectifs selon des plans et des
critères clairs, universellement reconnus et démocratiquement décidés,
3. assigner à chaque individu un travail socialement utile et lui garantir, en échange de sa scrupuleuse exécution, les
conditions nécessaires pour une vie digne et pour la participation à la gestion de la société (aucun travailleur ne doit être licencié, à chaque adulte un travail utile et un digne, aucun
individu ne doit être négligé),
4. éliminer les activités et les productions inutiles ou nuisibles pour l'être humain ou pour l'environnement, en assignant aux
entreprises d’autres tâches,
5. entamer la réorganisation des autres relations sociales conformément à la nouvelle base productive et au nouveau système de
distribution,
6. établir des relations de solidarité et de collaboration ou d'échange avec les autres pays disposés à les établir avec
nous.
Ceci et seulement ceci est le débouché positif et constructif des énergies, des forces, du protagonisme qui ont conduit le 15
octobre et conduiront les mois à venir des milliers de jeunes, de travailleurs, de femmes, d’immigrés, de précaires, d’étudiants à se révolter. Qui nie ce débouché, qui s’y oppose et
s’agrippe au respect des règles, de la ‘démocratie’, de la représentativité, de la paix sociale (quelles règles ? quelle démocratie ? quelle représentativité ? quelle paix
sociale ?) se place contre le changement et la transformation et, en substance, travaille afin que tout reste comme il l’est.
Les prochaines semaines sont décisives. Les patrons, le Vatican, les banquiers et leurs autorités sont dans la panique
et dans le chaos. Pour remédier à la faillite de leurs plans sur le 15 octobre, ils recourent aux fantômes qu'ils agitèrent au lendemain du massacre du G8 de Gênes, et ils s'appellent ouvertement
et sur grande échelle à la délation de la part des manifestants pacifiques pour identifier et punir les violents.
A la porte, frappent d’importantes mobilisations, à partir de la grève et de la manifestation des ouvriers FIAT et Fincantieri du 21
octobre et des mobilisations des étudiants.
Pour la bourgeoisie, pour la droite de la CGIL et pour les promoteurs de la protestation contrôlée et responsable, il est
particulièrement important, il est déterminant, que l'exemple de la rébellion de Rome reste isolé. Que les rebelles de Rome soient criminalisés. Que les chômeurs, les chômeurs partiels, les
licenciés soient disposés à accepter pacifiquement et de bon gré le destin de rebuts, de mis à l’écart, de miséreux que Marchionne, Draghi et compagnie préparent pour eux et leurs
familles.
Repousser la délation, faire de la répression un moyen pour la lutte de classe. Voici que monte la chasse au ‘voyou’,
au ‘fasciste rouge’, déchaînée par le gouvernement, alimenté par les belles âmes de la démocratie bourgeoise, monte la chasse à l'homme ; tandis que nous écrivons sont perquisitionnés les
sièges et habitations de camaradEs appartenant à diverses composantes du mouvement dans toute Italie, Di Pietro et Maroni en appellent à de nouvelles lois spéciales comme en 77 (c'est-à-dire, en
appellent aux homicides comme celui de Giorgiana Masi et Francesco Lorusso), la partie des ‘indignés’ la plus disposée à céder aux flatteries de Draghi répond avec enthousiasme à l'appel à
dénoncer les violents en publiant quatre vingt photographies, écran et reconstructions des faits…
Telle est la réaction décomposée et rabique d'une bande de gredins qui actionne tous les leviers dont elle dispose pour terroriser,
démoraliser, ridiculiser et écraser un mouvement qui, de la protestation, passe à la rébellion ; qui, d'être seulement contre, commence à avancer le pour.
En ce qui nous concerne, Parti de CARC et plus généralement la Caravane du (n)PCI, voilà 30 ans que les autorités bourgeoises nous
persécutent : filatures, interceptions, diffamations, campagnes de presse, perquisitions, arrestations, détentions… Nous avons appris combien est facile pour les media de la bourgeoise
d’influencer, de polluer, de confondre, de semer le trouble. Et combien, au final, chaque tentative de criminaliser et réprimer, si elle est affrontée avec une ligne d'unité, de lutte, avec la
conception de travailler pour unir ce que les autorités bourgeoises veulent diviser, se transforme en son contraire.
Pour cette raison, nous adressons notre inconditionnelle solidarité aux camaradEs arrêté-e-s et détenu-e-s, aux blessé-e-s, aux
perquisitionné-e-s et à ceux et celles qui seront dénoncé-e-s.
En outre, nous appelons les dirigeants de la gauche syndicale, des syndicats de base, des associations progressistes et démocratiques,
les promoteurs de la manifestation du 15 octobre, jusqu'aux maires comme De Magistris (qui a lui aussi adhéré à la manifestation) et Pisapia à condamner le lynchage auquel sont soumis les
organisations, les mouvements et les camarades individuels qui croient - et en montrent l’exemple – qu’un autre monde est possible.
C’est une part importante de l'autoproclamée gauche de ce pays qui, sur sa réaction à la journée du 15 octobre, joue sa
crédibilité et l’avenir même de son existence.
Dans la situation de crise, de pauvreté envahissante, d'exploitation, de misère à laquelle les patrons condamnent les masses
populaires, les prétentions d’être le changement et l'alternative ne sont pas compatibles avec le respect du système qui d'abord tue les ouvriers et ensuite les pleure, comme à Barletta,
qui d'abord permet la construction de camps de concentration à ciel ouvert et ensuite les critique, comme à Lampedusa, qui d'abord permet que les jeunes soient de la chair à canon et ensuite
exige des peines exemplaires pour ceux qui se rebellent.
Pour cette raison, qui prétend être et représenter le changement et l'alternative doit en premier lieu rompre le cercle
vicieux de la criminalisation et de l'isolement.
[* Il aurait appelé à réactiver la loi Reale, loi ‘scélérate’ des années 70, équivalente des lois Marcellin ou
‘Sécurité et Liberté’…]
****************
Proletari Comunisti / PCm
Italia :
15 octobre : On a raison de se révolter ! La révolte prolétaire et populaire est une nécessité ! Une seule
solution, la révolution !
Le15 octobre, plus de 300.000 personnes ont convergé à Rome pour une grande manifestation, venant des postes de travail, des écoles,
des quartiers de toute l'Italie, organisés par toutes les forces qui s'opposent au gouvernement (pas au Parlement, où il n'y a pas de véritable opposition) et au déchargement de la crise sur les
épaules des masses populaires de notre pays. Beaucoup sont aussi venus non-organisés.
La grande majorité d'entre eux est venue à Rome pour développer le conflit ; non pas pour faire une nouvelle (fut-ce avec plus de
participation et de couleur) promenade romaine, traditionnelle et inopérante, mais avec la volonté, le souhait et l'espérance d'assiéger les palais du pouvoir, les banques, pour frapper
politiquement socialement les responsables de la crise, avec la volonté, le souhait et l'espérance d'agir réellement sur la situation politique et sociale.
Contre cette volonté, ce souhait et cette exigence, une minorité d'"indignés", de pacifistes institutionnels et d'organisations et
dirigeants "désobéissants unis pour l'alternative", l'aile DROITE du syndicalisme de base et de classe, la confédération Cobas etc. ont prétendu au monopole, agi pour que la manifestation soit au
contraire tranquille et ordonnée, pour écouter leurs allocutions finales et les traditionnels concerts, en harmonie avec les vœux de l'opposition parlementaire (qu'ils disent pourtant combattre),
en harmonie avec cette frange du Capital financier et industriel qui voulait utiliser, lui aussi, cette manifestation d'"indignation" pour favoriser le remplacement du gouvernement Berlusconi,
débauché et putassier au niveau national et international, par un gouvernement plus sérieux des patrons. Une manifestation en accord avec le Ministère de l'Intérieur (avec lequel travaillent les
messieurs leaders du comité du 15 octobre, Bernocchi, Casarini etc.) ayant accordé un parcours voué à dévitaliser la manifestation ; une véritable instrumentalisation des masses affluées à Rome,
pour chevaucher le tigre de la grande participation, par des politiciens experts voulant et ayant utilisé le niveau actuel de conscience d'une part importante du cortège à leurs propres fins
conscientes de réformistes, politiciens, marchands de fumée, et à leurs carrières personnelles.
Il était absolument nécessaire de faire voler en éclat ce plan, il était nécessaire de se révolter de toutes les manières possibles
contre l'échec programmé de la manifestation, qui était son innocuité, sa retransmission dans le vide blabla médiatique et télévisuel, ainsi unanimement accueilli par la bourgeoisie et ses mass
médias.
La révolte organisée et spontanée advenue dès le début, d'abord par plusieurs centaines de jeunes étudiants, prolétaires, précaires,
chômeurs, puis par plusieurs milliers, a vu la réaction immédiate et planifiée de la police sur le pied de guerre, et usant comme toujours (depuis Gênes jusqu'aux No TAV du Val Susa) de moyens
militaires illégaux pour réprimer avec des blindés et véhicules qui mettent en danger l'intégrité et la vie de tant de manifestants. Et alors ce fut la bataille, une GRANDE BATAILLE qui a mis à
plusieurs occasions en fuite les "forces de l'ordre".
Le blindé abandonné par la police, livré aux flammes, avec l'inscription 'Carlo Giuliani est vivant' a été l'extraordinaire image et la
substance de cette journée. Elle a uni cette rébellion aux rébellions qui ont traversé et traversent l'Europe, elle a indiqué clairement et nettement que ce qui est nécessaire c'est la révolte
sociale, elle a rendu vie au spectre, craint de tous les bourgeois, les réformistes, les vendeurs et escrocs du peuple à la Casarini et Bernocchi, le spectre de la RÉVOLUTION NÉCESSAIRE ET
POSSIBLE, unique solution pour sortir de la crise du Capital et de l'impérialisme.
Pour cela, on ne peut qu'être aux côtés, du côté des révoltés !
Certes, notre Parti et nous tous aurions voulu (et, avec les forces actuelles disponibles, nous sommes montés à Rome pour cela),
qu'effectivement des centaines de milliers de personnes marchent sur le Palais Chigi (siège du gouvernement) et le Parlement - et c'est ce que voulaient la majorité des prolétaires et des masses
populaires italiennes, nous défions quiconque de dire le contraire - pour donner un sens politique et objectif à cette bataille ; mais si cela n'a pas été, ce n'est certainement pas la faute de
ceux qui ont soutenu cette bataille, payant même le prix de blessés, d'arrêtés, d'une odieuse et vile campagne fasciste de criminalisation médiatique, à laquelle se joignent en qualité de
serviteurs les pacifistes et les Casarini-Bernocchi ; serviteurs des serviteurs car naturellement il n'y a aucun doute sur le rôle de serviteurs joué par les dirigeants syndicaux et des partis de
la "gauche" officielle, qui sont depuis toujours et quotidiennement de l'autre côté vis-à-vis des luttes véritables, des véritables mouvements, des révoltes juvéniles, prolétaires et populaires
quand elles s'expriment.
Certes nous aurions préféré un développement de la bataille comme celle menée avant, pendant et après le 3 juillet, par le mouvement No
TAV ; mais ce sont d'autres qui n'ont pas joué ou n'ont pas réussi à jouer leur rôle à Rome, certainement pas les révoltés. Nous ne sommes certes pas 'black block', nous sommes et nous soutenons
les 'red blocks', mais nous sommes par dessus tout des prolétaires communistes impliqués quotidiennement dans la construction du PC maoïste, dans la lutte de classe que nous menons pour
construire le Parti communiste maoïste, révolutionnaire, un Front uni révolutionnaire, un exercice de la force de la classe ouvrière, des prolétaires et des masses car nous pensons, en toute
sincérité, que seulement ainsi les objectifs de la révolte peuvent être atteints. Mais la révolte ne contredit pas, elle alimente au contraire cette nécessité urgente de marcher sur cette
voie.
A présent la bourgeoisie déchaîne la répression, veut voter des lois spéciales, veut profiter des évènements pour interdire les
cortèges à compter de ceux prévus par les ouvriers de la FIAT et de la Fincantieri le 21 octobre ; détourner l'attention des masses de la crise et la concentrer sur les "véhicules brûlés,
propriétés brûlées de citoyens ordinaires".
Le gouvernement Berlusconi, Bossi, Romano, Scilipoti, épaulé par le petit préfet de police fasciste Di Pietro (qui retourne aux
origines) et par l'opposition parlementaire bavarde et au service du nouveau gouvernement des patrons en gestation, veut échapper au discrédit et à la crise de légitimité, la jetant sous le tapis
de l’État policier.
Il faut avec force barrer la route à cela, et ceci devrait être clair à tous les types d'opposition à ce gouvernement. Pour le faire,
il y a besoin de s'appuyer sur les prolétaires en lutte, le mouvement des étudiants, les masses précaires et sans emploi. Se défendre de la répression, signifie s'unir aux revendications et aux
bonnes raisons des révoltés, dont nous faisons et nous sentons partie ; s'unir à la lutte démocratique et antifasciste contre les lois spéciales, s'unir aux luttes sociales.
La force des arguments de toujours des communistes et des révolutionnaires : qu'est-ce qu'une vitrine de banque brisée, comparée à la
rapine permanente que le système bancaire et financier représente, comparée à la crise dévastatrice de ces derniers mois qui est l'expression naturelle du système capitaliste ?
Qui devrait aller en prison ; les banquiers et les politiciens corrompus ou les jeunes qui se révoltent ? Comment peut-on sortir de
tout cela sans une révolte prolétarienne et sociale qui renverse cette classe dominante et ouvre la voie à une révolution qui mettra le pouvoir entre les mains des prolétaires et des masses
populaires ?
Nous avons, comme toute lutte d'avant-garde et de masse, besoin d'unité des communistes pour construire le Parti révolutionnaire
authentique, le Parti communiste marxiste-léniniste-maoïste, besoin d'un Front révolutionnaire, besoin d'un Front prolétarien, mais ces instruments doivent servir pour être des révoltés
conscients, organisés, non pour reproposer les vieilles routes qui ont mené aux misérables de Rome, aux Bernocchi, Casarini etc.
Liberté pour les camarades arrêtés !
Front uni contre la répression et l’État policier !
La répression n'éteint pas, mais alimente la révolte !
La révolution n'est pas un dîner de gala !
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