par Mohammed Ghobari et Mohamed Soudam
SANAA (Reuters) - Les forces de sécurité yéménites ont tué trois manifestants lundi dans les villes de Taïz, d'Ibb et dans la région d'Al
Baïda.
Il y a eu des dizaines de blessés, tandis que l'incertitude entoure un projet de règlement politique prévoyant le départ prochain du président Ali
Abdallah Saleh.
A Taïz, au sud de la capitale Sanaa, des milliers de manifestants qui défilaient dans les rues ont été pris pour cibles par des policiers et des
hommes armés, a déclaré l'un des organisateurs de la manifestation, Djamil Abdallah.
Une femme qui était à son balcon a été tuée et il y a eu 25 blessés parmi les contestataires, a-t-on précisé de source médicale. Les heurts ont duré
plusieurs heures et il y a eu des dizaines d'arrestations.
Selon des témoins, les forces de l'ordre ont ouvert le feu pour empêcher les manifestants de traverser la ville, à 200 km au sud de Sanaa, en suivant
un itinéraire qui passait devant un palais présidentiel.
"Il y avait un cortège de plusieurs milliers de personnes qui venaient de l'extérieur de Taïz, mais la police, l'armée et des hommes armés en civil
les ont affrontées en ouvrant le feu et en tirant des grenades lacrymogènes", a dit Djamil Abdallah.
Taïz est l'un des principaux foyers du mouvement de contestation qui touche le pays depuis trois mois.
RÉGLEMENT POLITIQUE DANS LES LIMBES
A Ibb, des policiers en civil ont abattu un manifestant en ouvrant le feu pour mettre fin à une marche de protestation contre le régime du président
Saleh. Trente contestataires ont en outre été blessés, huit par balles et les autres par jets de pierres ou à coups de matraque, a-t-on déclaré de mêmes sources.
Un deuxième manifestant a été tué dans la province méridionale d'Al Baïda.
L'incertitude entoure un projet de règlement politique prévoyant le départ prochain du président Saleh.
Le risque de voir le Yémen s'enfoncer davantage dans des affrontements sanglants inquiète l'Arabie saoudite et les Etats-Unis, qui soupçonnent la
branche régionale d'Al Qaïda (Aqpa) de chercher à exploiter le chaos qui s'ensuivrait et à s'incruster toujours plus dans ce pays de la péninsule Arabique.
Saleh, dont la rue exige la démission depuis trois mois, a donné son accord de principe à un projet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) aux
termes duquel il démissionnerait dans quelques semaines en échange d'une immunité contre toutes poursuites qui viseraient sa famille, ses collaborateurs ou lui.
La principale coalition d'opposition yéménite, composée d'islamistes et de groupes de gauche, a fait bon accueil au projet de règlement mais en
formulant des réserves. Elle a notamment exclu de participer à un gouvernement d'union nationale au cours d'une période transitoire.
Aucun accord officiel n'a été signé.
Les manifestants, qui réclament des poursuites contre Saleh en raison d'une répression qui s'est soldée par plus de 120 morts jusqu'ici, se sont juré
d'intensifier leur mouvement, de crainte que l'entourage de Saleh ne retarde son départ.
Saleh a déclaré dans un premier temps qu'il ne briguerait pas sa réélection à l'expiration de son mandat en 2013, puis il a exprimé l'intention de se
retirer cette année après avoir organisé des élections législatives et présidentielle.
Il est au pouvoir depuis près de 33 ans.
Jean-Stéphane Brosse, Philippe Bas-Rabérin et Guy Kerivel pour le service français
Bahreïn: un procureur demande la peine de mort contre sept protestataires
De The Associated Press – Il y a 1 jour
MANAMA, Bahreïn — L'agence de presse officielle du Bahreïn a annoncé qu'un procureur militaire avait demandé la peine de mort pour sept manifestants
anti-gouvernementaux dans le cadre d'un procès lié à la mort de deux policiers lors de protestations.
Selon l'agence, le procureur a présenté des preuves lors d'une audience, samedi, qui démontraient que les partisans de l'opposition avaient attaqué le
policier «de façon délibérée et a demandé la peine capitale».
Les sept individus ont été accusés de meurtre prémédité d'employés du gouvervenement dans une cour militaire.
Les avocats de la défense ont nié les accusations, révèle l'agence.
La prochaine audience est prévue jeudi. Des centaines de manifestants demandant davantage de droits et libertés ont été détenus depuis que le Bahreïn
a instauré la loi martiale le mois dernier.
Et chez le "meilleur ennemi" de l'Entité sioniste :
Manifestations en Syrie: l'armée se déploie en force à Deraa, faisant cinq morts
De Elizabeth Kennedy et Diaa Hadid, The Associated Press – Il y a 20 minutes
BEYROUTH — Nouvelle étape dans la répression en Syrie. L'armée est entrée en force lundi à Deraa, berceau de la contestation contre le régime de
Bachar El-Assad, où cinq personnes ont été tuées et plusieurs dizaines arrêtées, selon des témoins et des militants pour les droits de la personne.
Par ce déploiement massif, le plus important depuis le début du mouvement de révolte à la mi-mars, le régime de Damas semble appliquer une nouvelle
stratégie: frapper l'opposition au coeur en occupant le terrain, plutôt que de réagir aux manifestations qui se multiplient. C'est en effet de Deraa qu'est partie la contestation, et c'est
également dans cette ville que deux conseillers locaux ont démissionné ce week-end, chose extrêmement rare en Syrie, pour protester contre la violente répression menée par Damas.
Les violences ont fait plus de 300 morts en cinq semaines, selon des organisations de défense des droits de la personne. Lundi, cinq personnes qui ont
été tuées à Deraa par des tirs des forces de sécurité sur une voiture, selon un témoin ayant requis l'anonymat.
«Il faut une intervention internationale! Il faut que des pays nous aident», a déclaré ce témoin par téléphone à l'Associated Press.
Selon un autre témoin, les habitants ont appelé à l'aide dans les haut-parleurs des mosquées, demandant à des médecins de venir secourir les blessés,
alors que les forces de sécurité fouillaient chaque maison, déclenchant la panique dans la ville.
Des militants syriens ont mis en ligne des vidéos présentées comme des images de soldats ouvrant le feu dans Deraa, tôt lundi matin. On y entend des
tirs nourris ainsi que la voix de l'homme qui filme et qui répète: «les forces de l'armée sont en train d'entrer dans Deraa. Elles bombardent la ville de Deraa».
Les vidéos et témoignages n'ont pas pu être confirmés de source indépendante, le régime baasiste ayant interdit presque tous les médias étrangers et
restreint l'accès aux sites les plus sensibles.
À Genève, les Nations unies ont de nouveau dénoncé la répression meurtrière menée par Damas. La Haute commissaire aux droits de l'Homme, Navi Pillay,
a déclaré lundi que la Syrie avait tourné le dos aux appels de la communauté internationale demandant qu'elle «arrête de tuer sa propre population».
«Au lieu de ça, la réponse du gouvernement a été désordonnée, avec des réformes de papier suivies de violentes répressions des manifestations», a
affirmé Mme Pillay. «Les meurtres doivent cesser immédiatement.»
Par ailleurs, à Amman, un responsable des services de sécurité jordaniens tenu à l'anonymat a fait savoir que la Syrie avait fermé sa frontière avec
la Jordanie et que Damas empêchait la population de sortir du pays. À Damas, le directeur du département des douanes syriennes, Moustafa al-Bouqai, a démenti ces informations, affirmant que le
poste-frontière, situé non loin de Deraa, fonctionnait normalement.
Des témoins ayant requis l'anonymat ont également affirmé lundi que les forces de sécurité avaient bouclé Douma, un faubourg de la banlieue de Damas
qui a été le théâtre ces dernières semaines d'importantes manifestations, avant d'ouvrir le feu.
Des tirs ont également été signalés dans la ville côtière de Jableh où, selon des témoins, des forces de sécurité en tenue de camouflage, parfois le
visage dissimulé, et des tireurs cagoulés vêtus de noir, arpentaient les rues.
«Jableh est encerclée par les forces de sécurité», a affirmé un résidant par téléphone. «Les morts sont dans les mosquées et les maisons. On ne peut
pas les sortir.»
Au cours du week-end, des témoins affirmé que la police et l'armée avaient tiré depuis des toits, alors qu'il n'y avait pas de menace apparente et
qu'aucune manifestation n'était en cours.
La répression en Syrie fait au moins 120 morts en deux jours, selon une ONG
De Bassem Mroué--, The Associated Press – Il y a 2 jours
BEIRUT — La répression de manifestations vendredi et samedi en Syrie a fait au moins 120 morts, selon un nouveau bilan annoncé par une organisation
syrienne de défense des droits de l'Homme. Les dernières violences ont conduit deux députés et le mufti de Deraa (sud) à présenter leur démission, chose extrêmement rare dans le pays.
Selon Ammar Qourabi, président de l'Organisation nationale pour les droits de l'Homme, 112 personnes ont été tuées vendredi et au moins huit samedi.
Ce bilan fait de vendredi la journée de loin la plus sanglante depuis le début du mouvement de contestation contre le pouvoir de Damas à la mi-mars. Plus de 300 personnes ont trouvé la mort en
cinq semaines, selon des militants pro-démocratie et des ONG.
Les forces de sécurité ont ouvert le feu à balles réelles et fait usage de gaz lacrymogène vendredi pour disperser des dizaines de milliers de
personnes manifestant contre le régime du président Bachar el-Assad, notamment à Homs (centre) et à Izraa (sud), selon des témoins. Elles ont à nouveau tiré samedi alors que des milliers de
personnes étaient rassemblées notamment à Douma, dans la banlieue de Damas, et à Izraa pour les funérailles des protestataires tués la veille.
Ces informations ne pouvaient être confirmées de source indépendante, la Syrie ayant expulsé les journalistes étrangers et restreint l'accès aux sites
des manifestations.
Les dernières violences ont conduit deux députés à annoncer leur démission. Nasser Hariri et Khalil Rifaï sont tous deux originaires de Deraa, cette
ville du sud du pays d'où est parti le mouvement de contestation. "Si je ne peux pas protéger la poitrine de mon peuple de ces tirs de traîtres, alors rien ne justifie que je reste au Conseil
du peuple. Je donne ma démission", a déclaré M. Hariri dans un entretien à la chaîne Al-Jazira.
Ces démissions sont largement symboliques dans la mesure où le Parlement syrien n'a aucun pouvoir réel, note Radwan Ziadeh, de l'Institut d'études du
Moyen-Orient à l'Université George Washington. Mais elles sont extrêmement rares en Syrie, régime autocratique où la grande majorité des opposants sont soit en prison, soit en exil.
Le mufti de Deraa, Cheikh Rizq Abdul-Rahim Abazeid, a également renoncé à ses fonctions pour protester contre la répression. "Je ne peux pas tolérer
que le sang de nos fils et enfants innocents soit versé", a déclaré à l'Associated Press le dignitaire religieux musulman.
A Paris, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a dénoncé samedi une "répression aveugle et brutale" qui "contredit la levée de l'état
d'urgence", annoncée dans la semaine par le gouvernement syrien. "La France condamne les violences extrêmes exercées par les forces de sécurité syriennes", a déclaré le chef de la diplomatie
française dans un communiqué. "Les responsables et les auteurs de ces crimes devront répondre de leurs actes".
Vendredi soir, le président américain Barack Obama avait estimé que l'usage "scandaleux" de la force contre les manifestants devaient "cesser
maintenant".
Le régime syrien a levé cette semaine l'état d'urgence, en vigueur dans le pays depuis 1963, une des principales demandes des manifestants. Le fils
dB'Hafez el-Assad avait en revanche prévenu qu'une fois cette mesure prise, il n'y aurait plus d'"excuse" pour les manifestants et que tout mouvement de contestation serait considéré comme du
"sabotage" de l'Etat. AP
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