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Quartiers Populaires (colonies intérieures)

Lundi 29 avril 2013 1 29 /04 /Avr /2013 15:01

 

md0.libe.com.jpgDimanche matin, une explosion due au gaz a soufflé un pan entier d’une barre HLM d’un quartier prolétaire de Reims, en Champagne. Le bilan, toujours provisoire (il reste des ‘personnes manquantes’) est de 3 mort-e-s, 14 blessé-e-s dont un (au moins) très grièvement, parmi lesquel-le-s des enfants ; tandis que plus de 300 personnes se retrouvent délogées de leur habitation, dont 53 (sans solution immédiate de relogement) s’entassent à l’heure actuelle dans un gymnase comme des réfugié-e-s de guerre.

Des réfugié-e-s de guerre… OUI, car cette tragédie est un nouvel épisode, particulièrement meurtrier, de la GUERRE NON-DÉCLARÉE CONTRE LES CLASSES POPULAIRES que mène, depuis maintenant des siècles mais avec une intensité renouvelée depuis les années 1970 (seconde crise générale du capitalisme), le système bourgeois. Une guerre que le grand capitaliste US Warren Buffet (mais ç’aurait pu être n’importe lequel de ses comparses BBR), il y a quelques années, reconnaissait mener avec une mine enjouée et affirmait que ‘sa classe’, ‘celle des riches’, était ‘en train de (la) gagner’ – de cela, nous nous ferons un jour un plaisir de le démentir (lui et ses semblables) en le collant contre un mur.

Un épisode particulièrement insupportable, rapporté par des témoins (habitant-e-s du quartier), est que, alors que des victimes émergeaient des décombres et suppliaient à l’aide, plus de 40 hommes du peuple en parfaite condition physique ont été empêchés, par les ‘premiers secours’, de procéder à un début de déblaiement qui aurait peut-être pu sauver des vies ; cela au nom des ‘procédures’, ce maître-mot de l’ordre capitaliste crachant quotidiennement au visage des masses le mépris et l’infantilisation qu'il leur voue. D’ailleurs (et pire), à l’écoute des premiers témoignages des personnes présentes, il est même permis de se demander si le bilan humain n’est pas bien plus lourd que ce que nous annoncent les merdias aux ordres…

L’immeuble, nous disent ces même merdias, était ‘vétuste’… En réalité, cette ‘vétusté’ n’est en rien une exception ; mais au contraire une parfaite généralité de la relégation qui frappe, en Hexagone, des millions et des millions de personnes du peuple : l’on estime ni plus ni moins qu’à 8 millions le nombre de personnes, en ‘France’, ayant des ‘difficultés’ pour se loger, parmi lesquelles 3,6 millions de ‘mal-logé-e-s’ proprement dit-e-s et de sans-domiciles (au nombre de 685.000). Plus de 4 millions de logements (soit, potentiellement, dans les 10 millions de personnes) relèvent du logement dit ‘social’, autrement dit, des HLM dont bon nombre sont en tout point comparables à la barre qui a sauté à Reims. En 2011 a été procédé à pas moins de 113.000 expulsions : des personnes qui, faute provo 01de revenus suffisants pour SE PAYER le droit élémentaire qu’est un toit, se retrouvent jetées sur le trottoir avec toute leur vie et leurs maigres biens personnels… Cela parce que dans le système capitaliste à son apogée réactionnaire, lorsque le Capital a englobé tous les aspects de la vie sociale, le mètre carré habitable devient comme tout le reste une VALEUR MARCHANDE, un capital à valoriser. Et, depuis maintenant plus d’une décennie, la valeur ‘locative’ du mètre carré habitable a, sous l’effet de la spéculation (inévitable en temps de crise généralisée), explosé, rendant le logement décent (en termes d'espace, de commodités et de non-vétusté) tout simplement inaccessible pour des revenus populaires de 1.000-1.500 euros par mois, voire moins. Reste donc, à portée de budget... le 'social' et le 'vétuste', avec ses odeurs de moisi, ses cafards, ses ascenseurs en panne, et parfois... ses explosions au gaz ou ses incendies d'installation électrique défectueuse. Ou carrément, parfois... rien du tout : on reste chez ses parents, on co-loue avec des amis ou parfois des inconnus, on s'exile à perpète du centre-ville et de son travail, ou on dort dans la rue et les foyers d'hébergement d'urgence. Peu importe que se loger soit un droit humain fondamental, élémentaire, inaliénable… La ‘France’ n’est-elle pas, d’ailleurs, depuis qu’elle est ‘république’, une république de propriétaires et particulièrement de propriétaires fonciers (ils sont des millions, particuliers ou régies immobilières, sans oublier les offices HLM ou... l'État lui-même – et bien sûr les bailleurs ruraux à la campagne) ; dont toutes les lois (sur les baux immobiliers, le logement, l’urbanisme etc.) vont littéralement dans ce sens ?

Reims, située au cœur indiscutable de la ‘France proprement dite’, est la capitale de la Champagne (bien que la capitale administrative, on-ne-sait-trop pourquoi, soit à Châlons – sans doute en raison du lien historique de Reims avec la monarchie)… et du Champagne : c’est une ville BOURGEOISE, irriguée par les millions d’euros de revenus du célèbre vin blanc des ‘grandes occasions’. Mais toutes les grandes villes, même (et à fortiori) les plus riches et les plus ‘centrales’ qui soient, ont leurs zones de relégation, leurs ‘périphéries intérieures’ où se concentrent les prolétaires (notamment les prolétaires ‘indigènes métropolitains’, issus de l’empire néocolonial) qui ne peuvent même pas penser à se payer un 20 m² ailleurs (alors que là, bon, 10 m² par personne c’est jouable, en mangeant des pâtes au beurre à partir du 15 du mois...). Donc Reims, cité du Champagne et du sacre des rois sous l’Ancien régime, a aussi ses (quelques) dépotoirs à prolos et, comme chez nous (en Occitanie) à Aix-en-Provence ou sur la ‘Côte d’Azur’, la relégation sociale ne s’en ressent que plus durement...

Dans les premières images de la catastrophe aux JT de dimanche, la RAGE des masses populaires du quartier était palpable ; et ce ne sont pas l’"émotion" et les appels à "une enquête approfondie" de la ministre du Logement, la conne de service écolo-sert-à-rien bobo-catho-de-gauche Duflot, qui y changeront quoi que ce soit.

region-paris-squat-social-1972-1973.pngAlors que vient d’être publiée ici même la Déclaration internationale maoïste du 1er Mai, saluant les progrès de la GUERRE DE CLASSE à travers le monde et appelant à toujours plus de mobilisation, de résistance et de lutte ici et maintenant, on ne peut que reprendre haut et fort le mot d’ordre du camarade Mao Zedong : ON A RAISON DE SE RÉVOLTER ; et appeler les masses prolétaires et populaires de tous les ‘logements vétustes’ d’Hexagone à lever l’étendard rouge sang de la révolte, rouge du sang de tou-te-s les martyr-e-s de cette guerre d’extermination non-déclarée contre ceux et celles qui produisent.

Il suffit, pour cela, de penser que cette tragédie survient quelques semaines à peine après l’affaire Cahuzac (et quelques mois après l’affaire Depardieu, etc.), un de ces ‘scandales de la République’ désormais innombrables : le ministre (et ‘de gôôôche’ s’il vous plaît !) du Budget, autrement dit l’homme chargé de s’assurer que des millions de personnes du peuple s’acquittent de leurs prélèvements obligatoires, avait quant à lui planqué ses millions de chirurgien capillaire en Suisse… et il va de soi, bien sûr, que lui s’est fait choper (suite à on-ne-sait quelle embrouille avec Edwy Plenel ; lui aurait-il foiré ses implants ?), mais qu’ils/elles sont des milliers et des milliers (de grands bourgeois comme lui, avec sans doute de ‘jolis’ placements immobiliers qui font exploser le mètre carré, d’ailleurs) dans le même cas. Et de penser que, dans quelques mois… des millions de personnes et de ménages prolétaires et populaires vont recevoir leur avis d’échéance pour l’un des impôts les plus injustes qui soit : la TAXE D’HABITATION, impôt local ultra-variable selon les communes et même les quartiers (servant notamment à 'financer'... le 'logement social' qui ensuite explose ou crame !), et basé non pas sur les revenus mais sur la ‘valeur locative’ du logement – autrement dit, payée pareillement, pour la même surface dans le même secteur, par un ‘jeune cadre dynamique’ célibataire à 3.000 euros par mois ou par un couple ouvrier/employé (... en HLM) à 1.800 euros au total pour eux et trois enfants, ou encore par un étudiant boursier (à moins, là encore, de se loger dans un taudis à la valeur locative proche de zéro, ou tant qu’à faire, de louer une cabane de jardin chez des bourgeois : vous seriez ‘chez l’habitant’, donc non-assujetti… 100% garanti !). Et bien, cette année… et si on les envoyait à la merde ? Grève générale de la TH ! Lettre circonstanciée à votre centre des impôts : « Je ne paierai pas votre merde de taxe à la con… tant que le sieur Cahuzac et ses semblables, sans oublier toutes les têtes de cons parties se planquer en Belgique ou en Russie (après que des millions de personnes du peuple aient fait leur 5octobreCarnavalet.jpgfortune en écoutant leur musique ou en regardant leurs films de merde), n'auront pas PAYÉ ce qu’ils doivent à la collectivité… OU ALORS, que TOUT leur patrimoine sur le territoire ‘français’ soit saisi au bénéfice des masses populaires dans le besoin (pour en faire... du 'logement social', tiens, par exemple ; pour le coup ce serait 4 étoiles !) »… autrement dit, je ne paierai JAMAIS, vu que seule une révolution prolétarienne (faisant se dresser vers les cieux les belles jambes de bois de quelques joyeuses veuves Guillotin) peut permettre une telle chose : jamais l’État bourgeois n’ira aussi loin avec… des grands bourgeois, même fraudeurs, qui sont sa base de classe. Tant qu’à faire, le même raisonnement pourrait aussi, carrément, s’appliquer aux loyers… ou encore au gaz, à l'eau et à l'électricité, ou aux transports en commun (indispensables à la vie de la grande majorité des prolétaires) ; vu tous les logements luxueux (et tout-équipés), les grosses cylindrées et autres ‘avantages de fonction’ que l’État ou les grandes entreprises fournissent gratuitement à des personnes (cadres dirigeants ou politicards) qui gagnent, pourtant, en un mois ce qu’un-e prolétaire gagne en un, deux voire dix ans ! Ne vous en faites pas pour les éventuel-le-s ‘petit-e-s propriétaires’ derrière, qui ‘galèreraient comme vous’ (ce qui serait étonnant, mais bon) : ils/elles sont assuré-e-s (c’est justement à ces polices d’assurance que sert la corvée de la quête du ‘garant’, ou l’exigence de gagner trois fois le montant du loyer)...

Cela, ce qui est sûr, c'est que ce n’est pas monsieur Mélenchon qui va y appeler, tout occupé qu’il est à aller manifester le 5 mai pour se poser (enfin... fantasmer de se poser) en ‘homme du prendiam.jpg recours’, en ‘De Gaulle de gauche’ face à la putréfaction terminale de la ‘République’ des monopoles… Mais pas plus que bien des ‘marxistes révolutionnaires’, des ‘anarchistes’, des ‘marxistes-léninistes’ ou même des ‘maoïstes’ : on allait (presque) oublier, tout à notre révolte, qu’en ‘France’, appeler à ce type de grève des prélèvements obligatoires c’est ‘populiste’, ‘poujadiste’… Payer ce que l'on 'doit' à l'État, appareil politico-militaire et idéologique de notre oppression de classe, payer son loyer, payer son eau, son gaz et son électricité, payer ses transports, payer gentiment sa pitance à la caisse du supermarché, c'est un 'devoir citoyen' auquel il n'est pas question de se soustraire, même si l'on peut (quand même, faut pas pousser...) râler contre le 'coût de la vie'. Peu importe que cela ait pu être, en Italie, dans les années 1970, une arme de masse dans des quartiers populaires entiers ! Comme disait une boutade des bolchéviks envers, il nous semble, les sociaux-démocrates allemands de l'époque : si nos 'marxistes' et autres 'anticapitalistes' hexagonaux devaient occuper une gare et s'emparer des trains... ils paieraient sagement leur billet avant d'accéder aux quais.

« La révolte qui gronde, au foyer noir d’Ivry, annonce la vengeance des morts d’Aubervilliers » [foyer de travailleurs immigrés où 5 prolétaires africains étaient morts asphyxiés par un chauffage de fortune, NDLR], chantait Dominique Grange de la Gauche prolétarienne en 1970 (une toute autre époque hélas, avec de tout autres révolutionnaires)… Osons rêver que bientôt, très bientôt, mille révoltes de ‘mal-logé-e-s’ annoncent la vengeance des vies brisées de Reims !

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Quartiers Populaires (colonies intérieures) - Communauté : les marxistes léninistes
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 20:26

Il y a 50 ans, le massacre organisé par le préfet de l'entité francouille MAURICE PAPON faisait entre 150 et 300 mort-e-s à Paris. S'inscrivant bien sûr dans le contexte des "évènements" de la Guerre de Libération algérienne, le 17 Octobre sanglant (pire massacre de prolétaires, en métropole bleu-blanc-rouge, depuis la Commune !) marque aussi, pour Servir le Peuple, l'acte de naissance de l'Empire colonial intérieur : les populations "importées" pour leur force de travail depuis les jeunes ex- (et néo-)colonies, parfois au moyen de véritables "sergents recruteurs" de Bouygues, Renault etc. ; parquées alors dans les bidonvilles et bientôt dans les cités-ghettos HLM, et se voyant appliquer en métropole même des méthodes d'administration et de contrôle directement inspirées (en les modernisant) du colonialisme. Une situation d'oppression particulière appelant une auto-organisation particulière, en lien indissociable, dialectique, avec la révolution prolétarienne hexagonale et mondiale. Situation qui peut aussi expliquer (même si ce n'est pas le seul facteur) le sentiment de fraternité éprouvé vis-à-vis de la Palestine, même si l'oppression y est, disons, "un cran au dessus" (mais bien sûr, il y aura toujours des gens pour mettre cela sur le dos de "l'antisémitisme culturel des banlieues islamo-fascistes").

C'est cette continuité que l'article des Indigènes de la République, ci-dessous, ne manque pas de souligner en prenant pour exemple la "chasse aux racailles" lancée en 2007, par Sarkozy, à Villiers-le-Bel.

Continuité frappante, aussi, bien sûr, à travers la figure de Papon, emblème de l'administration francouille "vichysto-résistante" de l'époque : le déporteur de Juifs devenu massacreur de Maghrébins, après s'être rallié au "Général Micro" de 1940. Passerelle entre le fascisme d'hier et d'aujourd'hui, de Barrès (d'ailleurs célébré par... Sarkozy, en 2007 !) aux "apéros" anti-musulmans (et autres "marches des cochons"). Un esprit vichyste toujours bien vivant aujourd'hui, comme peuvent en témoigner Rroms et autres sans-papiers. Quand elle vous le dit, Marine, que la fRance est éternelle !!!

 

Article du PIR : 17 octobre 1961 : notre mémoire ne se brade pas !

 

L’année 2011 marque le 50e anniversaire d’une date funeste : le massacre du 17 octobre 1961. Ce jour là, des manifestants (femmes, hommes et enfants) marchaient pacifiquement, à l’appel du FLN, pour dénoncer le couvre-feu discriminatoire dont ils étaient victimes et la dure répression qu’ils subissaient alors.

Même s’il a fallu pour ce faire attendre quarante années, la plaque commémorative inaugurée en 2001 sur le pont Saint-Michel par le maire de Paris a constitué un premier pas dans la reconnaissance officielle de ce crime. Cette avancée est le fruit du travail de nombreuses générations d’immigrés et de leurs enfants, et perpétué notamment par le collectif « 17 octobre 61 » qui, cette année encore, se mobilise pour que soient pleinement reconnues les responsabilités de l’État français dans ce massacre.

 

Un arc de forces de plus en plus large se prononce en faveur de cette revendication. Il faut s’en réjouir. Mais, il est nécessaire également de s’interroger sur les conditions et les ambiguïtés de ce grand ralliement.

« Ni vengeance, ni repentance », voilà en effet le credo final de l’appel signé par nombre de personnalités et relayé par Mediapart pour la « reconnaissance officielle de la tragédie du 17 octobre 1961 à Paris ». Pour ses rédacteurs, c’est la « justice de la vérité » et la « réconciliation des peuples » qui motivent leur initiative.

Si l’on s’accorde sur la nécessité d’une reconnaissance du crime par l’État français, qu’est-ce qui est au juste mis en cause sous les termes de « vengeance » et de « repentance » ? Les initiateurs de cet appel craignent-ils que les anciens colonisés et leurs descendants aillent « trop loin », qu’ils et elles fassent preuve de « ressentiment » ou de « haine » ? Même si ces craintes ne sont pas forcément partagées par tous les signataires, cette mise en garde (« Ni vengeance, ni repentance ») est au moins un gage que cette revendication sera portée par des mains supposées responsables. Des mains dont les intentions seraient claires, et qui sauraient, elles, les expliciter face aux sommations récentes pour « en finir avec la repentance coloniale ». Des sommations comme celles énoncées par Nicolas Sarkozy lors de son discours de Toulon (début 2007), qui nous demandait, à propos des colons d’hier, « de quel droit jugez-vous », « de quel droit demandez-vous aux fils de se repentir des fautes de leurs pères, que souvent leurs pères n’ont commises que dans votre imagination ? » Le Président de la République nous a ainsi prévenus : « si la France a une dette morale, c’est d’abord envers eux ». Pour contrer cette injonction et ce renversement des torts, un débat responsable impliquerait notamment de reconnaître la légitimité du ressentiment des anciens colonisés et de leurs descendants. Nous n’exigeons pas de chaque Français qu’ils se « repente » mais de l’État qu’il reconnaisse ses crimes comme nous exigeons de lui des excuses officielles ainsi que l’inscription dans les programmes scolaires des crimes coloniaux. Les mises en garde de l’appel parrainé par Mediapart sont donc au mieux inappropriées, au pire insultantes.

La « soirée de fraternité » qui a médiatisé l’appel de Mediapart a aussi été l’occasion de donner une tribune à David Assouline, sénateur, secrétaire national à la communication et la mobilisation du Parti socialiste, et acteur de l’équipe de campagne de Martine Aubry. À ce titre, et à l’aune des prochaines élections présidentielles, il est clair que sa présence et sa prise de parole n’ont rien d’hasardeux. Il est pour le moins particulièrement optimiste d’attendre du Parti socialiste qu’il se saisisse de l’occasion pour entreprendre la reconnaissance de sa propre implication dans les exactions coloniales et sa collaboration dans la consolidation de l’État raciste. L’histoire de ce parti en est indissociable. Souvenons-nous de François Mitterrand, qui en 1954, alors ministre de l’Intérieur, parlait d’ « abjecte rébellion algérienne », de sa « volonté de maintenir l’Algérie dans la République Française » ainsi que celle d’« employer tous les moyens pour préserver la France » : c’est bien lui qui n’admettait pas « de négociations avec les ennemis de la patrie » car « avec eux, la seule négociation, c’est la guerre, la guerre totale jusqu’à leur élimination. » C’est aussi le gouvernement du socialiste Guy Mollet qui, ayant obtenu des « pouvoirs spéciaux », donna pleins pouvoirs à l’armée qui en disposa de la manière que l’on sait en Algérie (tortures à échelle de masse, quadrillage de la population, etc.). Cette politique se poursuit aujourd’hui dans l’implication de ce parti dans toutes les politiques impériales de l’État français, sans négliger son soutien à la colonisation de la Palestine.

Le rôle des collectifs engagés autour de la mémoire du 17 octobre 1961 n’est pas de livrer cet engagement sur un plateau au Parti socialiste qui feint de se montrer tout disposé à entendre nos revendications alors que des échéances électorales de premier ordre l’attendent.

La mémoire de cette histoire n’est pas à brader, elle doit être une force vive pour façonner nos luttes d’aujourd’hui et pour comprendre les défis auxquels nous faisons face. Se contenter de mettre l’accent sur la responsabilité exclusive du préfet Maurice Papon constitue, par exemple, un obstacle à la prise en considération de l’implication des plus hauts niveaux de l’appareil d’État dans le crime du 17 octobre.

Notre travail consiste à faire le lien entre cet événement et le racisme qui organise notre société contemporaine, et notamment avec la perpétuation de violences policières systématisées. Pour exemple, on relève souvent que c’est la petite phrase de Papon (« Pour un coup donné, nous en porterons dix ») qui a donné l’élan suffisant aux agents de la police française et à ses supplétifs pour déchaîner une violence hors du commun qu’ils savaient « autorisée ». Mais aujourd’hui, combien de petites phrases pour déchaîner l’appareil policier ou judiciaire à l’encontre des descendants de colonisés ?

Deux jours après les révoltes de Villiers-le-Bel, le 29 novembre 2007, Nicolas Sarkozy déclarait devant des policiers et les gendarmes réunis au ministère de la Défense : « Mettez les moyens que vous voulez (...), ça ne peut pas rester impuni, c’est une priorité absolue. » Ces moyens ont notamment consisté en une distribution massive de tracts proposant la rémunération de témoignages anonymes. Il ne faut pas non plus oublier l’extraordinaire descente de CRS, de membres du Raid comme de la police judiciaire, tous en tenues anti-émeutes, qui ont pénétré les immeubles des habitants du quartier, armés de béliers pour défoncer les portes. Aujourd’hui, on parle de probables subornations de témoins. Ces déploiements d’exception ont conduit à l’arrestation de cinq présumés coupables dont le procès en appel est aujourd’hui en cours.

Garder en mémoire le massacre organisé du 17 octobre 1961, c’est ne pas cesser de remettre en cause le caractère colonial, racial et impérialiste de l’État français.

Parti des Indigènes de la République, Le 16 octobre 2011.

 

Article aussi de Rebellyon, avec lien vers des documents d'époque :

La rafle du 17 octobre (documents d’archives)

Le 17 octo­bre 1961, en plus du mas­sa­cre per­pé­tré dans les rues de Paris, la Préfecture de police a pla­ni­fié l’incar­cé­ra­tion d’au moins 11 538 per­son­nes d’ori­gine algé­rienne – et 12 520 au plus, en recou­pant dif­fé­ren­tes sour­ces docu­men­tai­res de l’admi­nis­tra­tion. Des per­son­nes entas­sées durant plu­sieurs jours au Stade Coubertin, au Palais des sports de la porte de Versailles, dans le hall du Palais des expo­si­tions, et dans deux cen­tres poli­ciers du 3e arron­dis­se­ment et du quar­tier de l’Opéra.

Dans ces lieux, selon des témoi­gna­ges concor­dants, plu­sieurs d’entre elles ont été vic­ti­mes d’exé­cu­tions som­mai­res – on estime qu’au moins 200 per­son­nes d’ori­gine algé­rienne ont péri dans la nuit du 17 octo­bre. Des notes confi­den­tiel­les de la Préfecture de police de Paris, alors diri­gée par Maurice Papon, et datées du 18 octo­bre 1961 à 6h30 du matin, comp­ta­bi­lise cette hor­reur. Les per­son­nes arrê­tées sont réper­to­riées par la police sous l’acro­nyme “FMA”, pour Français musul­mans d’Algérie.

La suite à lire sur : http://owni.fr/2011/10/14/la-rafle-du-17-octobre-1961

 

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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 22:38

 

La mort de Djamal G. a fait l'objet de la création d'un groupe Facebook :

 

La Prison tue !

Djamal G. a fêté ses 23 ans le 30 septembre, il était détenu à la maison d’arrêt de Nanterre. Il a passé une semaine dans le coma avant de partir dans la nuit de vendredi 7 à samedi 8 octobre.

L’administration pénitentiaire affirme que son état fait suite à une tentative de suicide au Quartier d’isolement (QI). Le mitard est une cellule de garde à vue sans lumière ou les restrictions sont les mêmes que durant celle-ci (absences d’objets et de lacets). Djamal aurait dû passer en appel cette semaine (mardi 4/10), sa famille ne lui reconnait aucun comportement suicidaire. Les hématomes de Djamal sont impressionnants et pourtant il n’a aucune marque de strangulation. Il y a beaucoup de doutes sur le comportement de l’administration pénitentiaire de Nanterre autour de la mort de Djamal. Cette même administration soutient que Djamal serait passé en commission disciplinaire pour avoir agressé un surveillant, à l’annonce de la sanction (isolement) il se serait tapé la tête contre le mur. Cet argument justifierait les multiples hématomes de Djamal.

Sa famille et ses proches ont saisi la justice en prenant des avocats et en déposant une plainte afin d’obtenir la vérité. Tout détenu a droit à une protection, et à un respect de sa dignité. Pourtant pour Jamal cela n’a pas été le cas.

De 1991 à 2010 on a recensé 125 décès et d’innombrable blessés par ou à cause de la police. Il est temps que les pratiques des forces de l’ordre (de la simple provocation verbale à l’homicide) cessent impérativement. Se battre est une question de survie, si on ne fait rien aujourd’hui, demain la sombre liste des familles endeuillées s’allongera.

Pour toutes les familles et les proches de détenus, pour tous ceux qui ont perdu un être cher dans des violences policières ou pénitentiaires nous devons réclamer la vérité pour que justice soit rendue de façon impartiale et que les responsables de la mort des nôtres soit punie.

Rassemblement devant la Maison d’arrêt de Nanterre
Lundi 10 Octobre à 11h

Marche silencieuse à partir du Luth à 13h30
Samedi 15 Octobre à 13h30 (Metro 13-Les Courtilles)

Collectif Vérité et Justice pour Djamal
(contact : veritejusticepourdjamal@gmail.com)
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Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 19:08

 

Il risque d'être licencié après avoir récupéré des melons jetés à la poubelle

 

Midi Libre

 

Un employé de Monoprix à Marseille a été mis à pied lundi et entendu par sa direction lors d'un entretien préalable à licenciement mercredi pour avoir tenté de sortir six melons et deux salades récupérés dans le conteneur à poubelles, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

"Les faits constatés dans le magasin et reprochés à ce collaborateur sont contraires au règlement intérieur du magasin", a affirmé un porte-parole de l'enseigne.

Cet employé de 59 ans, père de six enfants et travaillant chez Monoprix depuis huit ans, "a été contrôlé à la sortie du magasin avec des melons et des salades", a-t-il ajouté, refusant de confirmer que ces fruits et légumes avaient été récupérés dans les poubelles du magasin.

Selon Avelino Carvalho, représentant CGT du Monoprix situé sur la Canebière, "il n'est pas sorti du magasin, il a récupéré dans le conteneur à poubelles des fruits et salades périmées". "Un cadre du magasin l'a vu faire et a demandé l'intervention des agents de sécurité", a-t-il ajouté.

"Que ce soit pris dans les poubelles ou dans le magasin, ce n'est pas autorisé sans avoir demandé au préalable une autorisation pour les prendre", a souligné le porte-parole de Monoprix. "Quand il y a une infraction au règlement intérieur, il y a une mise à pied à titre conservatoire" qui "n'est pas une sanction" mais qui "vise à faire la lumière sur ce qui s'est passé", a-t-il ajouté, précisant que l'employé conservait son salaire, un élément mis en doute par le représentant CGT.

La décision sera signifiée à l'employé lundi matin après le respect du délai légal obligatoire. "Une décision de sanction peut être prise mais elle n'est pas automatique et cette sanction est proportionnée à la gravité de l'agissement, ce qui veut dire que ce n'est pas parce que c'est un entretien préalable à licenciement que derrière il y a un licenciement", a-t-il précisé.

"Il y a tout une gamme de sanctions, ça peut être un avertissement, ça peut être une mise à pied disciplinaire (sans salaire : NDLR) de un à quatre jours", a-t-il détaillé. "On est scandalisé par la disproportion totale entre le licenciement envisagé et ce qui s'est passé", a souligné M. Carvalho.

"Kader est vraiment abattu. Il est à deux ans de la retraite. Il a mis au courant sa femme et ses enfants au bout d'une semaine parce que c'est paru dans la presse", a-t-il ajouté.

 

... ben ouais, le con, fallait réfléchir ! Si tout le monde faisait comme lui, qui voulez-vous qui achète les melons au supermarché ? (à 1,50€ pièce, achetés 10 centimes au producteur...) Telle est la logique du capitalisme.

C'est bien... Qu'ils continuent comme ça, bientôt ils récolteront la juste VENGEANCE DE CLASSE !

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Mercredi 22 juin 2011 3 22 /06 /Juin /2011 21:02

 

La logique implacable du capitalisme en crise n'ira pas en s'arrangeant, au fur et à mesure qu'il s'enfonce dans celle-ci. Le seul "changement de logique", la seule "rupture", la seule "alternative", la seule "démocratie réelle" qui existe à l'époque du monopolisme / impérialisme, du capitalisme réactionnaire sur toute la ligne, c'est la révolution prolétarienne !

Avec les prolétaires de tous les pays, construisons-la ici, maintenant, jour après jour !

 

Le Monde :

Des migrants tunisiens expulsés du parc des Buttes-Chaumont à Paris

http://s1.lemde.fr/image/2011/06/22/508x254/1539434_3_8f30_mercredi-22-juin-les-forces-de-l-ordre-ont.jpg

Vingt et un Tunisiens ont été interpellés, mercredi 22 juin en fin de matinée, dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris, pour être conduits au commissariat du 19e arrondissement de la capitale. Ces migrants campaient là, après leur expulsion le 16 juin d'un immeuble situé à proximité, au 36, rue Botzaris, qu'ils occupaient depuis le 31 mai.

Pour des raisons autant humanitaires que politiques, le cas de ces migrants agite la Twittosphère. Avant la "Révolution de jasmin", le 36, rue Botzaris abritait un local du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti du président déchu Zine El-Abidine Ben Ali dissous en mars. Selon plusieurs militants qui ont pu y pénétrer entre le 31 mai et le 16 juin, l'immeuble renferme de nombreux documents sensibles datant de la présidence de l'ancien homme fort de Tunis. Elisabeth Magda Anh Laude Leng, militante connue sur le Net sous le pseudonyme MsTeshi, a filmé quelques-unes de ces archives et évoque ses découvertes sur le site Puzzle.eu. Pourtant, elle ne dit rien du contenu des documents : "Ce qui m'exaspère le plus dans cette affaire, c'est que tout le monde veut ces putains d'archives. Et on s'en fout des Tunisiens dehors, écrit-elle. Alors, encore une fois : les médias, vous aurez Wallou tant qu'aucune solution pérenne ne sera trouvée pour la trentaine de jeunes qui sont dehors en ce moment même et que l'on harcèle de toutes parts pour qu'ils dégagent."

Lire la suite  

 

La Cause du Peuple : 

Grand rassemblement contre les expulsions le 29 juin !

Mercredi 29 juin 2011
- dès 15 heures -
Rassemblement devant la Préfecture de Bobigny
Expulsés de la barre Balzac - Occupants de la Fraternité


Ce mercredi 29 juin 2011 est organisé un grand rassemblement à 15 heures devant la préfecture de Bobigny. Ce sera l'occasion d'afficher notre soutien aux expulsés de la barre Balzac - Occupants de la Fraternité, mais aussi de se réunir pour s'opposer de manière générale aux expulsions, qu'elles aient lieu à la Courneuve, Montreuil ou ailleurs. 

Élargissons la résistance !
Partout, discutons, créons des comité de lutte 
et organisons-nous contre les expulsions !

Soyons nombreux pour cet après midi de solidarité et de résistance !
 
 
Vous pouvez télécharger ici :

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Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 21:58

 

Jura Libertaire

[Val-d’Oise et Essonne] Deux interpellations de Kurdes tournent à une révolte

Plusieurs blessés dont un entre la vie et la mort
Val-d’Oise et Essonne : deux interpellations de Kurdes tournent à une révolte

La confédération des associations kurdes en France (FEYKA) appelle toutes les associations kurdes en France à protester demain dimanche 5 juin.

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Ce matin (4 juin) à Arnouville (Val d’Oise) et à Évry (Essonne), des policiers sont intervenus dans deux centres culturels pour interpeller des militants kurdes pendant des réunions publiques.

Cela a dégénéré en raison de l’intervention d’autres Kurdes qui se sont opposés aux arrestations. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et de tirs de flash-ball.

De nombreux policiers ont été appelés en renfort. Des jeunes Kurdes ont rejoint leurs camarades et des heurts avec la police ont eu lieu. Cela a duré pendant plusieurs heures.

Dix Kurdes sont blessés dont un très grièvement et sont transportés à l’hôpital de Gonesse. La personne est entre la vie et la mort.

6 personnes ont été interpellées.

La Confédération des associations kurdes en France (FEYKA) a appelé toutes les associations kurdes en France à protester demain [dimanche 5 juin].

Mille Babords, 4 juin 2011.

 

Val d’Oise, Essonne : émeutes après des interpellations de Kurdes

Des échauffourées ont éclaté samedi dans un quartier situé à la limite d’Arnouville, Gonesse et Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise. D’après les éléments recueillis sur place, il s’agirait d’une interpellation qui aurait mal tourné. Onze personnes de la communauté kurde ont été blessées et transportées à l’hôpital de Gonesse, selon le maire PS de cette ville, Jean-Pierre Blazy.

Des évènements de même nature se sont produits au même moment dans l’Essonne, à Évry.

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« Deux personnes ont été interpellées à Évry et une à Arnouville dans le cadre d’une enquête préliminaire, ouverte par la parquet de Paris, et confiée à la sous-direction anti-terroriste (SDAT) », a annoncé dans la soirée une source judiciaire, sans préciser leur identité.

Voitures caillassées, poubelles incendiées — Tout aurait commencé dans la matinée, vers 10 heures, lorsque des policiers ont effectué une perquisition au Centre culturel d’Arnouville « Le Refuge », 11 rue Jean-Jaurès, près de la gare d’Arnouville-Villiers-le-Bel-Gonesse, et interpellé deux ressortissants kurdes. Les forces de l’ordre auraient été empêchées d’intervenir par d’autres membres de la communauté et l’arrestation aurait dégénéré. Dans la rue, les voitures des policiers été caillassées et des poubelles incendiées en début d’après-midi. Des magasins ont baissé le rideau. Un subit accès de violence qui a nécessité le déploiement d’un important dispositif de sécurité.

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De nombreux CRS casqués et équipés de gilets pare-balles ont été appelés en renfort pour contenir les débordements. Environ quarante voitures de police, des camions de pompiers et un hélicoptère de de la sécurité civile ont été déployés sur place, alors que d’autres ressortissants kurdes, parmi lesquels de nombreux jeunes, arrivaient pour prêter main forte à leur compatriotes. L’accalmie n’est intervenue qu’après plusieurs heures de heurts. Vers 15h45, le plus gros du dispositif de sécurité a pu être levé.

« C’était très impressionnant, raconte une habitante du quartier dont le pavillon se situe à proximité du centre. Quand les violences ont commencé les policiers étaient peu nombreux, il y avait une cinquantaine de manifestants tout au plus, et à la fin ils étaient au moins deux cents ! » Cette habitante a constaté les dégâts. « Le quartier est dans un état pitoyable, la poubelle de mon voisin s’est retrouvée de l’autre côté de la rue et ma cour était jonchée de cailloux. Le gaz lacrymogène est entré jusque chez moi, j’ai dû déplacer mes enfants à l’étage… Plusieurs voitures de policiers et de particuliers ont été caillassées, c’était vraiment inquiètant, ça m’a fait penser à ce qui s’est passé à Villiers-le-Bel, de l’autre côté de la gare, il y a trois ans. »

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« Des gaz lacrymogènes en présence des enfants » — Contacté par leparisien.fr, Daniel Auguste, élu délégué au commerce et à l’artisanat à Villiers-le-Bel, confirme les circonstances de la descente de police. « Ils venaient chercher deux personnes au moment où il y avait un cours de danse folklorique pour les enfants. L’ambiance était très tendue, la police a utilisé des gaz lacrymogènes en présence des enfants et ça a dégénéré. Après ça, il y a eu des commerces saccagés, des feux allumés un peu partout… Les forces de l’ordre ont déployé un dispositif très conséquent. Je n’ai pas vu une présence policière aussi importante depuis 2007, même s’ils ne sont quand même pas aussi nombreux qu’à cette époque… »

Dans un communiqué diffusé samedi, le Parti communiste estime que « la France se couvre de honte en utilisant contre ces hommes les mêmes pratiques que celles qu’ils ont fuies en quittant la Turquie ». Il demande la libération immédiate des militants kurdes et l’arrêt des violences sur leurs soutiens. Selon le PCF et le président de la Maison culturelle kurde d’Arnouville, l’homme interpellé samedi dans cette ville est Nedim Seven, membre actif du PKK, considéré comme un groupe « terroriste » par de nombreux pays. Les sources policières et judiciaires n’avaient pas pu confirmer l’information samedi soir.

Nedim Seven « s’est déjà vu refuser l’autorisation d’entrer à l’Assemblée nationale lundi dernier pour participer à un colloque », a ajouté le PCF dans un communiqué. Le président de la Maison culturelle kurde d’Arnouville, Maxime Tosun, présent lors de l’interpellation, décrit son association comme « culturelle et folklorique ». « Quand les policiers sont entrés, a-t-il ajouté, ils nous ont demandé de nous mettre par terre. Il y a avait des femmes et des enfants. Une femme a reçu un coup de matraque. »

À Évry aussi, des interpellations dégénèrent — À Évry, peu après 14 heures, une cinquantaine de personnes se sont attaqué aux policiers, place des Miroirs, dans le quartier des Pyramides. À l’aide de pierres, de morceaux de fer ou de bois, ces hommes âgés d’une quarantaine d’années ont caillassé les agents présents sur place. Vers 15 heures, les manifestants, qui s’étaient déplacés devant le restaurant McDonald’s situé près du centre commercial Évry II, ont de nouveau lancé des projectiles sur les policiers. Ceux-ci ont riposté avec des tirs de flash-ball et de grenades lacrymogènes. Aucun blessé n’est à déplorer dans les rangs des fonctionnaires. Un individu a été interpellé. Les forces de l’ordre ont sécurisé les abords de l’hôtel de police.

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Trois personnes ont été très légèrement blessées dans ces heurts, selon l’AFP, mais ont refusé d’être prises en charge par les pompiers. Le cortège, qui a atteint une centaine de personnes, s’est ensuite dissous dans le calme.

Là aussi, comme dans le Val d’oise, c’est l’interpellation par la police de deux personnes d’origine kurde qui serait à l’origine de ces échauffourées.


Leur presse (Le Parisien.fr), 4 juin 2011.

 

 

Le Parisien

 

Evry : les policiers caillassés aux Pyramides

Scènes de violence urbaine à Evry. Peu après 14 heures, une cinquantaine de personnes se sont attaqué aux policiers, place des Miroirs, dans le quartier des Pyramides. A l’aide de pierres, de morceaux de fer ou de bois, ces hommes âgés d’une quarantaine d’années ont caillassé les agents présents sur place.

Vers 15 heures, les manifestants, qui s'étaient déplacés devant le restaurant McDonald's situé près du centre commercial Evry II, ont de nouveau lancé des projectiles sur les policiers.

Ceux-ci ont riposté avec des tirs de flash-ball et de grenades lacrymogènes. Aucun blessé n’est à déplorer dans les rangs des fonctionnaires. Un individu a été interpellé. Les forces de l'ordre ont sécurisé les abords de l'hôtel de police. 

Trois personnes ont été très légèrement blessées dans ces heurts, selon l'AFP, mais ont refusé d'être prises en charge par les pompiers. Le cortège, qui a atteint une centaine de personnes, s'est ensuite dissous dans le calme.

C'est l'interpellation par la police de deux personnes d'origine kurdes qui serait à l'origine de ces échauffourées. Des évènements de la même nature se sont produits dans le Val d'oise, à Arnouville, également à la suite d'une descente de police dans la communauté kurde.

 

 

Mille Babords

L’explosion de colère kurde en France

Par Maxime-Azadi

05 Juin 2011

La police française mène systématiquement des opérations musclées ces dernières années contre la communauté kurde, criminalisant leurs activités culturelles et politiques. Des perquisitions, arrestations politiques, écoutes téléphoniques, interdictions de voyage, signatures obligatoires et des emprisonnements en étroite coopérations avec la Turquie ont conduit finalement à une explosion de colère. Deux associations culturelles kurdes ont été perquisitionnées samedi 4 juin par la police antiterroriste pour des raisons inconnues. D’après les témoins, la police a fait une descente vers 11.30 dans l’association kurde à Evry, tentant d’arrêter les personnes qui étaient en train de faire le nettoyage. Un groupe de kurdes, habitant de banlieue, se sont rassemblé devant le bâtiment de l’association pour dénoncer la perquisition, mais la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de matraques, blessant six personnes. Deux autres personnes ont été arrêtées. Pour la plupart des médias français, « les kurdes ont caillassés les policiers ».

IRRUPTION AVEC DES ARMES AUTOMATIQUES

A Villiers-le-Bel, la police a fait irruption au siège de l’association kurde avec des armes automatiques, selon des témoins. Quatre personnes, dont Nedim Seven, un politicien connu dans la diaspora kurde, ont été arrêtées et menottées, en présence des femmes et des enfants. Ils ont tous été enfermées à l’intérieure de l’association et l’attaque a commencé. Les policiers ont fait usage massivement de gaz lacrymogènes, de matraques et de balles en caoutchouc, blessant plusieurs manifestants. L’un d’entre eux a été touché à la tête par une balle en caoutchouc. D’autres personnes ont été arrêtées au cours de violents affrontements, dont le nombre n’a pas été communiquée.

69 ARRESTATIONS DEPUIS DÉBUT 2010

Depuis 2006, envions 160 kurdes, dont 51 en 2010 et 18 depuis janviers, ont été arrêtés pour des motifs politiques, sous prétexte de lutter contre le financement du terrorisme. Aujourd’hui, neuf d’entre eux sont toujours en prison.

Sept kurdes avaient été arrêtés les 12 et 13 avril derniers en France, dont trois à Paris, deux à Marseille et deux à Bordeaux, par la police antiterroriste qui avait procédé des perquisitions à leurs domiciles. Ces arrestations, considérées comme un cadeau à la Turquie, étaient intervenues au moment où le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s’était rendu à Strasbourg pour une visite de deux jours, les 12 et 13 avril, assistant à la session plénière de Printemps 2011 de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (A.P.C.E.).

LA COMPLICITÉ DE LA FRANCE AVEC LA TURQUIE

Les aveux de l’ancien Ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner explique clairement les motifs de ces opérations spectaculaires. « Dans le domaine de la sécurité enfin. Nous évoquerons notre travail en commun pour la lutte contre le terrorisme et, en particulier, notre coopération avec la Turquie dans son combat contre le PKK qui figure sur les listes des organisations terroristes de l’Union européenne. Nous rappellerons les décisions prises par notre pays pour démanteler les ramifications de cette organisation sur notre territoire » avait-il déclaré avant la visite officielle du Premier ministre de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, du 6 au 7 avril 2010. Cette déclaration faisait suite à des opérations menées les 4 et 9 mars 2010 à Paris et à Bruxelles au cours desquelles dix-sept kurdes avaient été arrêtés. En février 2010, au moins 30 personnes avaient été arrêtées dans les villes de Marseille, Montpelliers, Draguignan et de Grenoble.

La collaboration entre la France et la Turquie « pour la lutte contre le terrorisme et, en particulier contre le PKK », Parti des travailleurs du Kurdistan, avaient été évoquée. « Nous sommes dans le même camp » avait déclaré le ministre français.

La coopération étroite entre la France et la Turquie se solde souvent par le sacrifice des kurdes pour des intérêts politiques et économiques. Ces deux pays avaient augmenté de 50%, à 15 milliards d’euros, le volume des échanges commerciaux d’ici 2012.

 

 

 

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Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 01:15

 

Pour des raisons évidentes, no comment... On publie juste l'info. A chacun(e) de se faire une opinion :

 

Marseille: Tirs à la kalachnikov dans les quartiers nord après la mort de l’ado tué lundi
Les quartiers nord de Marseille sont toujours sous le choc de la mort, lundi, d'un adolescent de 15 ans, tué par un quinquagénaire alors qu'il entrait par effraction dans une société de gardiennage. Des tensions sont toujours vives dans ces quartiers, où, rapporte la chaîne I-Télé, une grenade a été dégoupillée et des tirs de kalachnikov ont été entendus dans la nuit de jeudi à ce vendredi. A Septemes-les-Vallons, le journaliste rapporte qu'aucun blessé n'est à déplorer, mais parle d'«acte raté». Une flambée de violence qui intervient au lendemain de la visite du ministre de l'Intérieur Glaude Guéant qui a annoncé un renfort de 139 policiers dans la ville, dont les élus réclamaient plus de moyens après la mort du jeune de 15 ans. Jeudi, l'auteur du coup de feu mortel a été mis en examen pour homicide volontaire et infraction à la législation sur les armes et écroué. Il a tiré à trois reprises avec une carabine 22 Long Rifle, alors qu'il n'était pas menacé. La légitime défense n'a donc pas été retenue.(20minutes)

 


 

 


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Mercredi 4 mai 2011 3 04 /05 /Mai /2011 23:26

 

Le grand mouvement démocratique qui a secoué la Tunisie, et secoue encore la Libye mais avec une intervention impérialiste en prime, n'a pas seulement libéré d'immenses énergies populaires, mais aussi toute la misère et la désespérance accumulées par la domination impérialiste dans ces pays (qu'on disait pourtant "bien lotis pour le Maghreb" et bien notés par le FMI...).

Des milliers de jeunes essaient de gagner l'Europe dans la logique de "récupérer" un petit peu du bonheur volé, chez eux, par l'impérialisme et ses satrapes. Et dans la logique que SLP a déjà expliquée, ajoutée de l'argument que "maintenant c'est la démocratie", "ils doivent reconstruire leur pays etc.", les Etats policiers de l'impérialisme veulent les déporter, les ramener vers la misère et la hogra (qui, avec les "démocrates" cooptés par l'impérialisme, n'est pas prête de s'améliorer !).


Cela surtout en France, contre qui l'Italie joue de l'arme du "tsunami migratoire" pour régler ses comptes dans le dossier libyen...

Mobilisation prolétarienne générale ! La solidarité avec les "clandestins" est la plus claire et la plus pure solidarité internationaliste et anti-impérialiste !

 

La police évacue le 51 avenue Simon Bolivar occupé par des sans-papiers Tunisiens et Lybiens

Résumé évolutif du déroulé de l’occupation, de sa fin et de ses suites, communiqués des occupants, liens et autres infos.

 

Peu avant d’occuper le 51 avenue Simon Bolivar, les sans-papiers Tunisiens et Lybiens ont commencé à s’organiser collectivement en prenant part à la manif’ du 1er mai avec une banderole. Ni police ni charité, un lieu pour s’organiser !

 

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait qualifié la réaction de l’Etat face aux migrants tunisiens de "minable" ; il a l’occasion de mettre ses actes en adéquation avec ces déclarations à propos des sans papiers tunisiens et aussi plus généralement : "Selon moi le bon candidat doit répondre à trois exigences : avoir un projet et une personnalité qui représentent un potentiel de changement vraiment à gauche, porter très haut le sens de la dignité, de l’Histoire, avoir le potentiel de rassemblement de la gauche, de toute la gauche, des écologistes, et des Français" (3 mai 2011).

 

 

Lundi 2 mai, la police a mis l’immeuble sous blocus. Les occupants appellent à venir sur place de suite.
13h30 : Des négociations sont en cours avec la Ville de Paris... Première victoire : le blocus policier est en train d’être levé.
Rassemblement de solidarité à 18h - 19h. La Ville a proposé d’abord 40 chambres d’hôtel et des hébergements Emmaüs, puis 95 nuitées en 3 lieux ; après en avoir débattu, l’assemblée des occupants, considérant que cela ne permettait d’héberger ni les présents, ni les tunisiens à la rue, a refusé et maintient ses revendications. Les occupants restent dans les lieux.

 

Mardi 3 mai
La Ville a proposé ce matin de loger 100 sans papiers tunisiens dans un immeuble géré par l’association Aurore, une association qui s’est vu confier un grand nombre de marchés municipaux. L’assemblée des occupants discute actuellement de cette proposition.
15H Les occupants acceptent la proposition de la Ville et soulignent, lors de la délégation, qu’une centaine de sans-papiers présents restent sans autre logement que le 51 avenue Simon Bolivar et appellent à un rassemblement de solidarité à 18h.

 

23h Malgré un dispositif policier sur les trajets possibles, les occupants ont été rejoints par d’autres sans-papiers venu de Porte de la Villette.
L’absence de réponse de la Ville pour les personnes non hébergées a fait qu’aucun occupant n’est finalement allé au foyer Aurore.
De plus, ce foyer est fermé la journée, les hébergés auraient du errer dans le 8e où il est situé, avec les risques que cela suppose.

 

Mercredi 4 mai : rassemblement de solidarité à 18h
Besoin de monde, nourriture, lait, jus de fruits, tabac, couvertures, duvets, matelas, vêtements et sous-vêtements pour homme, médicaments de base, serpillères, pelles, balais, seaux, sacs poubelle,

 

13h50 : La police est en train d’essayer d’évacuer les occupants, besoin de soutien sur place de suite !

 

Peu après : Avec de très gros moyens policiers : Gardes mobiles, hélicoptère, et Claude Guéant himself signalé au commissariat du 19e. Les militants restés dehors ont pu contenir les gardes mobiles pendant un temps, mais ils ont quand même pu entrer en défonçant la porte. Maintenant, les Tunisiens sont extraits du bâtiment, et mis dans des paniers à salade… on ne connaît pas leur nombre.

 

Des sans-papiers ont réussi à fuir.

 

Un bref récit illustré de l’opération policière : Le savoir-faire français

 

A 15h, 20 manifestants sont interpellés.
Une partie au moins des sans-papiers arrêtés sont au commissariat de la rue de Clignacourt

 

16H : Les sans-papiers arrêtés sont répartis dans les commissariats suivants :

 

-  80, avenue Daumesnil, 12e.
-  79, rue Clignancourt, 18e : 01 5341 5000 begin_of_the_skype_highlighting              01 5341 5000      end_of_the_skype_highlighting
-  3, rue Eric Satie, 19e : 01 5556 5800 begin_of_the_skype_highlighting              01 5556 5800      end_of_the_skype_highlighting
-  3, rue des Gâtines, 20e : 01 4462 4800 begin_of_the_skype_highlighting              01 4462 4800      end_of_the_skype_highlighting

 

Appel à se rendre devant ces commissariats ou pour ceux et celles qui ne peuvent pas, à harceler par téléphone pour demander la libération de tout le monde !

 

Les 20 "Français" arrêtés sont passage charles Dallerey, 11e

 

16h30 Rassemblement en cours aux commissariats Dallerey, Gambetta, Clignancourt.

 

Prévenir tout sans-papier qui sortirait de faire leur recours contre les APRF (arrêté préfectoral de retour à la frontière) dans les 48h, délai légal. De nombreuses tentatives d’expulsions échouent juridiquement, à Marseille (où il y eu de grosses rafles) et ailleurs.

 

AFP (A Fond, le Pipo...), 17h :
"L’évacuation s’est faite à la demande de la Ville : ce lieu est reconnu comme dangereux et n’est nullement conçu pour servir d’hébergement", a confirmé la mairie de Paris propriétaire de cet immeuble insalubre, situé à proximité directe du parc des Buttes Chaumont."
En fait d’insalubrité il s’agit d’une norme nouvelle de 2008 qui classe la peinture utilisée dans ce local -qui fut durant des années celui de la Direction de l’architecture, plutôt bien placée en matière de construction- comme "inflammable".
En fait d’hébergement d’urgence, la Ville attribue les marchés à l’association Aurore, présidée par des membres du conseil d’administration de Vinci (foyer caserne, fermé le jour).

 

"La mairie de Paris a précisé qu’avant l’évacuation, des élus et des représentants de la ville ont tenté de convaincre les ressortissants tunisiens présents de quitter le lieu pour rejoindre les hébergements financés par la Ville."
Elle [laV.P] a appelé l’Etat à "mettre en place un dispositif adapté à ces circonstances exceptionnelles, notamment en proposant une aide au retour revalorisée". Cette aide au retour est de 300 euros, quand bien même elle atteindrait les 2000€, réclamés par certaines associations, ce n’est pas tout à fait pour une telle peccadille qu’on risque sa peau, la prison, etc., spécialement lorsque l’on vient, par exemple de la région de Sidi Bouzid, épicentre du soulèvement tunisien qui accueille actuellement des centaines de milliers de réfugiés Lybiens pendant que l’Otan bombarde cette dernière et que l’on a manifesté ici en affichant :

 

 

18h30 : à Clignancourt, une partie de sans papiers arrêtés a été transférée on ne sait où...
Un rassemblement est en cours devant le commissariat Gambetta

 

La préfecture annonce 138 interpellations, dont on ne sait combien de sans papiers.

 

Lire aussi :

 

Paris : les réfugiés Tunisiens occupent en ce moment un immeuble de la mairie - Besoin de soutien

 

 

 

à bas l'État, les flics et les patrons, c'est les Tunisiens qui ont raison !

 

 

 

 

 

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Mercredi 27 avril 2011 3 27 /04 /Avr /2011 22:11

 

L'automne dernier, plus de 500 personne manifestant pour la défense des retraites (et pour ne pas payer la crise des capitalistes en général !) ont été arrêtées, traînées en comparution immédiate et, pour beaucoup, condamnées à des peines de prison ferme...

 

Les familles, les amis, les proches et tous les quartiers populaires de Clichy-sous-Bois, eux, attendent justice pour Zyed et Bouna depuis maintenant plus de 5 ans. On a connu la "justice française" plus expéditive... Enfin, aujourd'hui, le "verdict" est tombé, si on peut appeler ça un verdict :

 

Clichy-sous-Bois : non lieu pour les policiers mis en cause dans la mort de Zyed et Bouna

 

Les deux policiers jugés en correctionnelle pour "non assistance à personne en danger" après la mort de deux adolescents fin octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, ont bénéficié d’un non-lieu. Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, sont morts électrocutés dans le transformateur EDF dans lequel ils avaient trouvé refuge, alors qu’ils étaient poursuivis par la police. Leur décès a été le déclencheur des émeutes de novembre 2005.

Le non-lieu est donc confirmé. La cour d’appel de Paris a suivi l’avis du parquet, et a confirmé l’ordonnance déjà rendue en octobre dernier par des juges de Bobigny. Les deux policiers mis en cause dans la mort de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, le 27 octobre 2005, à Clichy-sous-Bois, en Seine-saint-Denis, n’ont pas commis le délit de “non assistance à personnes en danger”, pour lequel ils étaient poursuivis. Il s’agit d’une policière stagiaire, qui était de permanence au standard téléphonique ce soir-là, et d’un gardien de la paix présent sur le terrain. L’avocat des familles des victimes annonce son intention de se pourvoir en cassation.

réactions et suite :

http://www.france-info.com/france-justice-police-2011-04-27-clichy-sous-bois-non-lieu-pour-les-policiers-mis-en-cause-dans-la-532546-9-11.html

 

Non-lieu : cela ne signifie pas qu'il y a circonstances atténuantes, excuse d'irresponsabilité (dans ce cas on parle d'acquitement). NON, cela signifie qu'il n'y a PAS CRIME, pas délit, même pas une petite "non-assistance à personne en danger", rien ! Cela signifie que Zyed et Bouna ne sont... pas morts. Et pourtant, ils le sont bel et bien.

Quelques mois après les comparutions immédiates de cet automne (frappant essentiellement des jeunes des quartiers populaires), ou encore l'hallucinant "punishment park" à ciel ouvert de Lyon Bellecour (là aussi, basé sur l'aspect "coloré" ou "wesh" des retenu-e-s), c'est un nouveau signal fort que nous envoie la "justice" sur la direction prise par la "démocratie" bourgeoise. Un signal fort, pour montrer qui commande dans cet Hexagone bleu-blanc-rouge, qui a des droits et qui n'en a pas. Quand "les coeurs et les esprits" seront prêts, alors la fRance tombera le masque et montrera son vrai visage.

 

Prolétaire, "racaille", "arabe", "négro" : la "justice" est l'arme des bourgeois !

Notre seule arme, c'est la Révolution !

Oppression  =  Résistance

VICTOIRE AU PEUPLE !

 

http://blogs.chuila.net/mathieu/wp-content/uploads/2006/10/zyedbouna.jpg

http://www.le-buzz-immobilier.com/wp-content/uploads/2010/05/emeutes-banlieues-2005.jpg

http://fc02.deviantart.net/fs71/f/2010/045/f/c/Power_to_the_People_by_ACFF.jpg

 

 

 

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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 01:22

 

Depuis une semaine 80 personnes campent place de la Fraternité à La Courneuve. (Seine saint-Denis) Elles avaient été expulsées de la tour Balzac en juillet dernier.

Ces familles faisaient partie des 186 locataires, expulsés de la tour Balzac, un immeuble promis à la destruction. Il y a 9 mois, elles étaient revenues camper au pied de leur immeuble avant d'être évacuées vers des hôtels et des hébergements provisoires. La préfecture de Seine Saint-Denis s'était engagée à examiner leur dossier. Le provisoire a pris fin une nouvelle fois lundi dernier. Les familles ont du quitter leur hébergement d'urgence. Seules 33 d'entre elles ont pu rester dans les hôtels en accord avec la Préfecture. Les autres sont donc revenues au point de départ : place de la Fraternité.

Aujourd'hui les familles d'origine ivoirienne et sans-papier pour certaines d'entre elles tentent de s'organiser. Les habitants du quartier ont fourni matelat et nappes pour dormir. Les enfants jouent sur le bitume. Parmi eux, un enfant de 3 mois.

 

UN TRAVAIL, UN EMPLOI, UN LOGEMENT, DES PAPIERS !
C’EST UN DROIT POUR TOUS !

Un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre !

 


La Révolution bourgeoise de 1789 a écrit sur le fronton des mairies « Liberté, Egalité, Fraternité », mais l’époque de la bourgeoisie révolutionnaire est finie. Napoléon a rétabli l’esclavage, au 19ème la bourgeoisie française a colonisé l’Afrique, les africains ont été enrôlés parfois de force dans les deux boucheries impérialistes, les deux guerres mondiales. Ils se sont battus pour leur indépendance mais les élites locales ont remplacés les colonisateurs qui les avaient formés à leur image. Elles ont réduit leur peuple à la misère, empochant l’argent de leurs maîtres, devenant leurs « chiens de garde ».

Pour fuir les « seigneurs de la guerre » et les dictateurs au service de la lutte entre les impérialistes pour le partage du gâteau, pour survivre et faire survivre leurs familles, ils ont bravé tous les dangers, payé très cher leur voyage afin d’arriver sur le sol pour lequel leurs ancêtres avaient versés leur sang. Mais quand arrivèrent sur l’autre rive, sans papiers, ils furent obligés d’accepter n’importe quel travail à n’importe quel prix. Ils devinrent la proie des marchands de sommeil sans scrupules qui leur ont dit : « si tu n’es pas content retourne chez toi » ! Ils sont « les parias de la Terre » comme l’a écrit Franz Fanon, les esclaves modernes traqués par les flics de l’Etat policier.

Mais trop, c’est trop ! Ils n’acceptent plus d’être traités comme des citoyens de seconde zone et luttent comme leurs frères de classes nés dans le pays contre l’exploitation et l’oppression. Ils exigent un logement décent, des papiers pour pouvoir travailler comme tout le monde, avoir les mêmes droits que tous les travailleurs de ce pays.

Ce sont les travailleurs qui créent les richesses accaparées par une minorité exploiteuse.

Il n’y a qu’une classe ouvrière, c’est ce qu’a reconnu la Commune de Paris en 1871, où l’immigré combattait au côté de l’ouvrier parisien sur les barricades pour la république des travailleurs. Le pays où les travailleurs vivent et travaillent, c’est leur pays. Ils doivent avoir les mêmes droits.

Ces droits au travail, au logement, aux papiers sont refusés aux expulsés de la tour Balzac à la Courneuve.

Lutter pour leurs droits, c’est lutter pour les nôtres. Nous sommes tous dans la même galère ici en France et dans les pays d’où viennent nos frères de classe.

C’est pourquoi nous appelons les travailleurs de la Courneuve et alentours ainsi que les universitaires à rejoindre le comité de soutien et de lutte.
Le 18 avril 2011, la préfecture n'a pas voulu prolonger la prise en charge des expulsés. 
Ils ont dû quitter leurs chambres d'hôtels avec leurs bagages pour s'installer sur la place de la Fraternité. Ils occuperont jusqu'à ce qu'ils obtiennent un relogement.
Nous appelons à soutenir les occupants de la place de la Fraternité, par toutes les formes. 

Un logement c'est un droit !
Exigeons un logement pour tous !!
Contre les expulsions, RESISTONS !!!


Comité de Soutien et de Lutte – la Cause du Peuple 93


 

Le comité de soutien et de lutte des expulsés de la Barre Balzac

appelle à un rassemblement :

 

mercredi 27 avril 2011 à 18 heures

 

place de la Fraternité

A la Courneuve


 


 Ci-dessous, l'affiche de soutien aux Expulsés de la Courneuve - Occupants de la Fraternité, en PDF à faire circuler et à afficher !


 

Vous expulsez Kader, Mohamed se dresse
Car on n’expulse pas la révolte du peuple
Peuple qui se prépare à reprendre les armes
Que des traîtres lui ont volé en 45
Oui bourgeois contre vous, le peuple veut la guerre !!!

 

 


Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Quartiers Populaires (colonies intérieures) - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Samedi 30 octobre 2010 6 30 /10 /Oct /2010 13:19

 

Un (long mais passionant) texte, publié par les camarades de Coup pour Coup. A l'heure où les Indigènes, qui ont pu légitimiment suciter l'espoir au moment de l' hystérie collective raciste de la loi anti-voile (2004), ont dérivé dans la démagogie petite-bourgeoise interclassiste (personnes éduquées des minorités, qui ne trouvent pas leur place dans la société raciste), le lobbyisme "gauche de la gauche", un "antisionisme" obsessionnel (non, les sionistes ne dirigent pas les pays impérialistes, ils en sont l'instrument !) et le folklore "décolonial", pour être finalement qualitativement inférieurs au MIB (Mouvement de l'immigration et des banlieues) ; il est plus important que jamais de faire vivre le souvenir d'un véritable mouvement de classe des minorités "colonisées intérieures" comme le Mouvement des Travailleurs Arabes !

Un mouvement armé d'une véritable théorie révolutionnaire, pour la révolution, la libération de l'oppression raciste ET du capitalisme, qu'il s'agit de faire renaître de ses cendres, à un niveau encore supérieur ! Pour un Black Panthers Party d'Hexagone !

 

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Mohamed Bachiri, alias Mokhtar, a été un pionnier des luttes de l’immigration ouvrière après Mai 68, des comités Palestine, du MTA (Mouvement des Travailleurs Arabes) et de l’expression culturelle de l’immigration. Il nous a quitté le 3 février 2010. Militants anti-impérialistes, nous affirmons qu'il est nécessaire de faire vivre cette histoire, celle du mouvement anti-impérialiste en France et ailleurs. 

 

“Chaque fois qu’on avance dans la libération du peuple arabe, on avance aussi dans la révolution française.” 

 

Cette interview de Mokhtar est extraite de l’ouvrage « les Maos en France », de Michèle Manceaux (Gallimard, 1972). Elle a été faite en 1971. Mokhtar a alors 24 ans. Il est en France depuis presque trois ans, et il travaille dans une grande usine de la région lyonnaise, comme manœuvre. Il évoque déjà la nécessiter d’organiser la lutte des travailleurs arabes. Et présente les comités Palestine.

 

Mokhtar.jpg MOKHTAR.- j’ai toujours vécu dans un village ouvrier. Au Maroc oriental il y a des villages miniers. Mon père est mineur depuis l’âge de quatorze ans, dans les mines de plomb. Il a travaillé jusqu’à sa retraite, enfin pas sa retraite, une maladie : il a perdu la vue. Moi, j’allais à l’école et j’ai réussi à avoir mon certificat d’études primaires, mais dans le village où j’étais il n’y avait pas de cours secondaire, fallait que j’aille dans la grande ville et ça demandait beaucoup d’argent. Je fais partie d’une nombreuse famille où on est treize enfants parce qu’il y a eu deux morts, on était quinze. Je suis l’aîné de la famille. Il y avait des problèmes avec mon père parceque je suis descendu à la ville, mais je faisais l’école buissonnière. A l’école secondaire, je me sentais un peu... tous les copains avaient plus ou moins de l’argent... ils parlaient de cinéma, ils parlaient de tas de trucs. Moi je me sentais gêné, j’avais pas du tout de fric, j’étais pas très bien habillé. Et puis, vu la façon dont j’allais à l’école avant, enfin à l’école primaire, j’apprenais jamais mes leçons, c’est-à-dire, non, j’apprenais mes leçons mais c’était pas en revenant chez moi : tout mon cartable, mes cahiers et tout, je les laissais à l’école. En sortant de l’école, j’oublie l’école, mais j’étais bien vu par les instituteurs parce que j’avais de la mémoire. J’avais toujours des bonnes notes mais c’était pas en étudiant chez moi. En sixième il y avait des tas de trucs à apprendre. Moi, j’avais jamais fait ça et c’était pratiquement impossible chez moi : on était nombreux et je ne pouvais pas me mettre dans un coin pour apprendre quoi que ce soit.

 

Mais c’était pas surtout ça. Je me rappelle d’une chose : j’étais en classe et je pensais (j’étais jeune, j’avais onze ans je crois), bon, j’ai pas de fric, il faut que je vole un peut de fric à mon père. Un peu de fric ça veut dire un franc ou deux francs. Alors le matin en me réveillant pour aller à l’école, je fouille dans les poches de la veste de mon père, mais je trouve vingt centimes et c’est tout. J’ai dit : « Ça y est, voilà, mon père il est pauvre, il a pas d’argent » ; ça m’a vachement choqué. En étant à l’école, j’ai beaucoup réfléchi à ça. J’arrivais pas ce jour-là à suivre les cours, et celui qui nous faisait les cours, tout d’un coup, il me pose une question sur la leçon qu’il faisait. Je me lève, je ne savais pas ce qu’il disait, alors je n’ai pas pu répondre, et devant tous les copains de l’école il commence à me dire :»Voilà, si tu veux dormir, tu n’as qu’à rester chez toi, ici on vient pour étudier. » Alors tous les gars se foutaient plus ou moins de ma gueule. Depuis ce jour-là, j’ai pas osé retourner à l’école. Mon père m’a di t : « Bon tu vas travailler. »

Parce que mon père est ancien dans la mine, ils ont accepté de m’embaucher malgré que j’avais pas dix-huit ans. Ça me faisait un drôle d’effet de descendre dans la mine avec les vieux. J’ai quand même continué dans la mine mais j’ai commencé à voir toutes les injustices. La plupart des chefs dans cette mine, c’est des Français. Moi j’étais manœuvre mais, comme j’étais jeune, j’étais pas très fort. Le premier jour que je travaille on me donne une pioche et une pelle. On me dit : « Tu vas creuser. » Il fallait arranger des tas de pierres pour le passage d’une machine qui transporte le minerai. Je commence à taper mais comme j’étais encore maladroit, la pioche me paraissait très lourde, la pelle aussi, alors le chef, qui connaissait mon père et qui me connaissait un peu, me disait : « Tu vois, c’est bien fait pour toi. Il faut foncer c’est ce que tu as toujours voulu. Maintenant c’est plus l’école ici, on rigole pas ici, il faut creuser sinon tu vas être mis à la porte. » Je faisais mon possible mais je voyais que les gens ressentaient pas ce que je ressentais. Mon père me disait : « Si tu ne vas plus à l’école, si tu arrêtes, tu es plus un homme. » Moi, je réfléchissais, et je me disais : « C’est pas normal, l’école avant, elle n’existait pas et pourtant il y avait des hommes. C’est pas par l’école que ça veut dire qu’il y a des hommes. Il y a bien des hommes qui n’ont jamais été à l’école mais c’est des hommes quand même. Homme, ça veut dire sérieux et tout. » Vu que j’avais quitté l’école c’était comme si j’étais devenu quelque chose de mauvais. C’est ça que me disaient les chefs : « Bon maintenant tu vaux rien, il faut travailler parce que tu n’as pas été à l’école. »

 

Je me rappelle que les premiers jours en sortant du travail j’allais directement chez moi, je mangeais pas, je m’endormais directement, et le lendemain je me réveillais pour retourner à mon travail. Ma famille me disait : « Tu vois ce que ça veut dire le travail, c’est dur. » Je comprenais « c’est dur ». Après je me suis un peu habitué. Dans le village on se connaît entre nous et il y a un commissariat. Là-bas, les policiers avaient une allure de gens respectables, ils étaient invités par tout le monde. C’est ça qui me tracassait beaucoup. Dans les cafés, tout le monde leur offrait à boire. Et puis il y a eu une histoire : j’ai eu un petit frère qui se battait avec un autre garçon, des histoires de gosses, mais un policier est venu qui a pris mon frère qui avait à ce moment-là dix ans, et l’a battu. Le flic était un peu bourré je crois. Moi, j’étais dans un café et des gens m’ont dit : « Il y a ton frère qui est battu par un policier », alors je sors du café et je trouve le policier qui coince mon frère et lui met des menottes. Je dis : « Mais pourquoi tu le frappes ? » Il m’a dit : « De quoi te mêles-tu ? » J’ai dit : « C’est mon frère... » Alors il m’a donné un coup. Sur le moment, j’ai rien fait mais ça m’a vachement travaillé. Après, dès que je voyais ce policier, je ne me sentais pas très bien. Le jour de la paye, quinze jours plus tard, je vais au bar à côté pour boire un coup. Là, je trouve un mec qui parle de la politique, sur les syndicats et tout. Il commence à discuter avec moi : « Vous les jeunes vous avez un grand rôle à jouer... » J’écoutais pas très bien et tout d’un coup le policier entre avec un ouvrier que je connaissais bien. Le mec qui était avec le policier me dit : « Alors, Moktar, tu me payes à boire ? » Comme il était avec le policier j’ai dit : « Je paye ni à toi ni à personne ». Alors le flic me dit : « Ça y est vous êtes devenu grand, mais vous allez voir, maintenant on va s’occuper de vous. » Il m’a dit des tas de conneries et puis enfin : « Vous ne servez qu’à être enculé. « Alors je me lève et je dis : « Il y a pas un grand enculé comme toi. » Alors le policier me donne une gifle. Je ne sais pas comment j’ai fait, je me bagarre pas beaucoup, mais ce jour-là, je l’ai complètement esquinté, ça saignait, il avait le nez aplati. On m’emmène au commissariat. Les policiers dans le commissariat se foutaient pas mal de ce que j’avais fait. Dès qu’ils entraient, ils disaient : Voilà, celui-là qui a frappé Hamid « (le policier s’appelait Hamid), ça suffisait pour que je reçoive des coups de pieds. C’était comme si j’avais commis un crime. J’expliquais mais ça ne servait à rien. Je commençais à voir qu’il n’y a pas de justice mais c’était surtout quand on m’emmène au tribunal... c’était un tribunal de village. Là le policier dit : « Je passais dans le café. Lui, il faisait déjà la bagarre. Quand je suis entré il m’a tapé. « Moi j’ai dit : « Non, voilà ce qui s’est passé », mais le commissaire qui est aussi dans le tribunal avec le juge a dit : « Celui-là, on le connaît, il a quitté ses études », et on m’a mis un mois et demi de prison. C’est là que j’ai beaucoup réfléchi. Je me posais des tas de questions. C’était une petite pièce avec des gardes. Pas vraiment une prison, mais je pensais que même si on me disait que j’étais libre, que je pouvais sortir, en fait, je n’étais pas libre. « Même si tu n’es pas enfermé, tu n’es pas libre.. » C’est à ça que je réfléchissais beaucoup. Comment des gens ont le droit de me dire que je suis pas libre. Quand je réfléchissais que j’avais rien fait, que c’était une injustice, je pensais que je me vengerais de ce flic parce que c’est pas normal, parce que c’est lui qui doit être en prison et pas moi.

 

Quand enfin je suis sorti de ce truc, les gens voyaient en moi comme un voyou, comme quelqu’un qui a fait des crimes. Moi au contraire je pensais que la justice doit me revenir. Je retourne pour travailler, on refuse de me reprendre : « Le commissaire a dit qu’on ne peut pas t’accepter. » Je commence à chômer. J’ai chômé pendant un an. Qu’est-ce que je devais faire ? On parle beaucoup de l’étranger parce qu’il n’y a pas de boulot dans le pays. Il y a eu autre chose aussi. En 67, il y avait ce qui se passe en Palestine. Je ne quittais pas la radio une seconde. Avant je ne m’occupais pas de ces choses, mais pendant que je chômais j’avais toujours l’oreille à la radio, depuis le matin jusqu’à ce que j’en peux plus, je dors. En 68 également je quittais pas la radio, pour les bagarres qu’il y a eu ici... La France me paraissait, c’est ça qui court là-bas, un pays civilisé. J’écoutais beaucoup la radio française et je me disais : « C’est bien. la France, c’est pas comme Je Maroc. Il y a la justice, les gens trouvent du boulot. » Je me disais, c’est bien.

 

Mon père a toujours été dans les syndicats. Il a été dans un parti qui a fait la résistance contre le colonialisme, le parti de l’Istiqlal. Moi, dès que j’ai été dans la mine, je croyais à aucun parti au Maroc. Il y avait deux partis et deux syndicats. Ce que je ne comprenais pas c’est que si un syndicat lance une grève, c’est pour les salaires, pour des trucs qui intéressent tout le monde, alors pourquoi l’autre syndicat parce qu’il est pas d’accord avec l’autre parti, ne fait pas grève. Ça fait la division alors que le parti qui n’est pas d’accord c’est pour des choses qui n’intéressent personne. Avant il y avait un seul syndicat. Quand il y avait des grèves générales dans la mine, il y avait ni police, ni soldats, ni rien, mais quand il y a eu deux syndicats, deux partis, dès que l’un faisait grève, l’autre disait « non » et il y a eu la police, les soldats qui viennent dans le village. Il y a eu des morts, des ouvriers tués parce qu’ils ont travaillé alors que les autres ont fait grève. Ou vice versa. Des ouvriers qui se tuaient les uns les autres.

Mon père se trompait. Il restait dans ces trucs-là. Il disait que ceux qui dirigeaient l’autre parti étaient des salauds. Il me disait : « Je suis vieux maintenant et toute ma vie était dans ce parti. On a eu l’Indépendance grâce à ce parti. Maintenant si je fais quelque chose ça va servir à rien. » Je le comprenais plus ou moins. C’est le minerai qui lui a esquinté la vue. Quand sa vue a commencé à diminuer il a acheté des lunettes, au marché aux puces, des lunettes qui lui montraient les lettres plus grosses, mais après il pouvait plus lire. Il me prenait moi pour que j’achète le journal et que je lui lise. Pendant les Six Jours de la guerre d’Israël l’atmosphère a changé dans la ville. Les petits commerçants sortent leur radio, ils augmentent le son à fond quand il y a les informations, des groupes se font devant chaque boutique. Le parti U.N.E.F.P.L. a essayé de faire une manifestation. pour soutenir les Arabes, mais la police a matraqué tout le monde parce que tout le monde est pour la lutte du peuple palestinien.. Ce qui n’est pas clair, c’est la question sionisme, juifs, tout ça... Pour la Palestine, les gens disent : « Bon on va partir », ça s’est vu partout. C’est même pour ça qu’ Hassan II a voulu envoyer des soldats là-bas. Il les montrait à la télé, dans les journaux, en défilé dans toutes les villes pour calmer les gens qui disaient : « Nous, on veut partir volontaires », mais on n’enrôlait personne.

 

En écoutant les trucs de Mai 68 à la radio, en lisant le journal, ça m’a encore fait penser que la France c’était bien. Surtout quand il y avait des reportages des bagarres. La radio disait que même les journalistes étaient tapés par la police, même des journalistes de France-Inter étaient matraqués alors je voyais qu’il y avait le gouvernement, la police mais que tous les autres gens étaient contre. Les radios elles-mêmes disaient beaucoup de mal de la police. Je me suis dit : « Décidément la France c’est bien. »

 

Comment j’ai fait pour venir ? Il y a un bureau de placement et dès que le bruit court qu’il y a du recrutement pour l’étranger, les gens passent la nuit, font la queue devant le bureau de placement. Ils peuvent rester une semaine comme ça en se relayant entre copains pour aller chercher des casse-croûte. Moi, on m’a dit : « Qu’est-ce que tu sais faire ? » J’ai dit que j’étais mineur. On m’a dit : « Va à Djerada, c’est une mine de charbon. »

 

J’ai travaillé dans les mines de plomb, mais je ne savais pas qu’il y avait encore plus dégueulasse dans les mines de charbon. Quand je rentrais dans la mine de charbon je me considérais comme mort, et tous les ouvriers comme moi. En sortant de là j’hésite plus beaucoup à frapper n’importe qui parce que moi, maintenant, c’est fini, chaque fois que je descends, je rencontre la mort en bas. Je voulais pas mourir. J’en pouvais plus de ramper pendant des kilomètres avec des charges trop lourdes. Je suis resté deux mois, j’ai pas pu résister. J’ai même pas attendu mon compte. Ils me payaient six francs la journée pour le travaille plus dur. Au bureau de placement, on donne une carte pour venir voir chaque semaine, s’il y a du boulot. Je retournais, je retournais. Un jour, on me dit : « Est-ce que tu as fait de la soudure ? » Moi j’ai jamais fait de la soudure. J’ai dit : « Oui j’ai fait de la soudure. - Est-ce que tu as un certificat ? » J’ai dit : « Je l’ai mais je l’ai pas ici. - Va le chercher, Rabat nous a appelés, on a besoin de soudeurs là-bas. » J’avais un copain qui était avec moi à l’école, qui travaillait dans le bureau de cette mine où je travaillais avant. Je lui dis : « Il me faut un papier blanc avec l’en-tête de la mine. » Il me donne le papier, là je vais voir un autre copain qui, son père est commerçant, a une machine à écrire. Il écrit le certificat et je me présente au bureau de placement comme « soudeur ». On me dit : « C’est bien. »

 

Au bout de deux mois je reçois une convocation comme quoi je devais me présenter à l’Office français d’immigration à Casablanca. Je ne savais même pas où j’allais. Est-ce qu’il y a du travail à Casablanca ? On nous parle des usines Chausson à Paris. On nous dit : « Vous, vous allez partir pour la France, il faut que vous passiez des tests. » Ils discutaient avec nous pour savoir si on parlait le français. Ils nous disaient que là-bas c’était comme au Maroc, qu’il y avait pas le racisme, qu’il y avait aussi des « souks », etc., enfin la propagande. Ils nous passent une visite médicale. J’ai jamais vu une visite comme ça. On était en file tout nus, une infirmière passait. Elle nous regardait les dents. Pour une prise de sang, on tendait tous le bras. Chaque opération, elle la faisait comme ça, rapidement, comme si on n’était pas des hommes. C’était vraiment pas bien mais à ce moment-là, moi, j’étais très content, je pensais : « Maintenant, ça s’est arrangé. »

 

On nous avait dit que le voyage était payé, la nourriture et tout. On arrive à Casablanca, on nous donne un sac en papier avec deux petites boîtes de conserve pour tenir cinq jours de train de troisième classe. En France, ça n’existe plus, des trains avec des bancs de bois. On nous dit que des gens vont nous attendre à notre arrivée en France. On était malades tellement on était fatigués, sans manger. On arrive ici avec beaucoup de gens venus avec des contrats pour Chausson, pour Simca. Il y avait des cars qui attendaient ceux qui sont venus pour Simca. Nous, on se retrouve à huit dans la gare. On sait pas où aller. Aucun de nous n’a de l’argent. Il y en avait encore un qui avait des cigarettes, c’est tout. On est arrivé à six heures et on a attendu jusqu’à minuit. Là, un mec de Chausson est arrivé, il nous prend avec des voitures et nous emmène à Chausson. Celui qu’on a vu au Maroc est venu. Il a répété au moins cinq fois : « Surtout pas de politique. Vous êtes là pour travailler. Vous gagnerez assez d’argent pour l’envoyer à vos parents. » On faisait pas de politique à ce moment-là. On pensait que l’essentiel, c’est travailler. Mais à l’usine on voit que c’est pas bien. que le travail est très dur. On se rencontrait entre nous, on disait : « Ça va pas. » On pensait que la France, c’était pas ça.

 

On était logés dans des foyers de travailleurs, la société gérante dit que le foyer est pour le bien des travailleurs, qu’elle a pas de bénéfices, mais en voyant de près la chose, on voit qu’elle fait des bénéfices très importants. Ils louent des piaules à 15 000 balles. Il y a le lit où s’allonger et c’est tout. Et ce foyer-là était pas le plus dégueulasse. Souvent ils sont à dix par chambre. On n’a pas le droit que quelqu’un vienne nous rendre visite, pas le droit de faire du bruit, pas le droit de rentrer à une heure tardive, vraiment une prison. Je me suis dit : « C’est clair que c’est pas bien, alors je vais faire comme tout le monde, je vais résister. » Ça commence à travailler dans la tête ; je vais à l’usine, le travail est dur, les chefs gueulent, les cadences me rendent fou, la paye est mauvaise. Je reviens chez moi, le gérant gueule, j’ai pas le temps de faire la cuisine... Alors à peine le contrat fini - c’était un contrat de six mois on quitte tous Chausson. On dit qu’on va aller autre part. On parlait à ce moment-là de Renault.

 

Avant, dans le foyer j’écoutais toujours la radio, j’achetais beaucoup de journaux. J’avais beaucoup de copains qui quelquefois n’osaient pas parler avec le gérant pour des draps, pour toutes les histoires... enfin ils osaient pas, alors je descendais avec eux. Pour tous les papiers de Sécurité sociale les gens venaient me voir, ils me racontaient tout sur le gérant : un officier dans l’armée française en Tunisie, qui parlait bien l’arabe, et qui disait : « Moi, je suis comme les Arabes », mais en fait il était très raciste. Il rentrait dans les chambres à n’importe quelle heure, il réveillait les gens. Il disait : « Vous êtes dégueulasses, vous n’avez qu’à retourner chez vous, vous ne savez pas lire, ni écrire. Normalement vous ne devriez pas vivre, vous n’avez pas le droit de vivre. » Moi je l’engueulais, je lui disais : « C’est pas vrai ».

 

En travaillant à Renault-Flins, c’est là que j’ai commencé à voir des tracts, à entendre qu’il y avait des maoïstes. Sur la Chine, je savais que c’était très bien. J’ai jamais vu quelqu’un dire que la Chine est mauvaise. Je comprenais que c’était un pays progressiste, mais différent des autres vu que personne ne dit de mal de la Chine, pas comme la Russie. Le fait que la Chine était pas à l’O.N.U. c’était très bien aussi. Et même j’expliquais aux gens pourquoi la Chine, c’est bien ; la Chine sait que les autres gouvernements sont tous des salauds, alors elle va pas à l’O.N.U. J’ai vu des tracts signés « les maoïstes » qui étaient distribués à Flins. Je lisais et je faisais la différence avec les autres tracts distribués par la C.F.T.C. et tous les autres syndicats. Les tracts des maos expliquaient, s’il y a un chef dégueulasse, voilà comment il faut faire. Pour les cadences, voilà comment il faut faire. En prenant un tract de la C.G.T. on voyait des tas de chiffres pour les coefficients machin et tout, je comprenais pas. Enfin, je savais que ça intéressait personne. Que les ouvriers aient une grille de salaire de plus ou de moins, c’est pas ça qui va diminuer les cadences. C’étaient aussi les seuls tracts qui défendaient les immigrés, qui disaient qu’il n’y avait pas de différence entre Français et immigrés, qu’ils ont tous les mêmes droits et que tous doivent s’unir. La chose qui m’a frappé aussi, c’est les ouvriers qui sont à la C.G.T., en fait, c’est pas les ouvriers qui parlent, c’est la C.G.T. Si la C.G.T. voit que les immigrés ont pas les mêmes droits que les Français, elle voit aussi que le gouvernement ne leur donne pas ces droits. Comme elle dit qu’elle est contre le gouvernement, moi, je dis que la seule chose à faire, c’est que les immigrés soient délégués eux aussi, qu’ils aient les mêmes droits. Mais la C.G.T s’intéressait pas aux immigrés.

 

Avant de connaître les copains maoïstes pour organiser des luttes, je faisais des trucs surtout sur le foyer. Ça veut pas dire qu’il y a eu des victoires, j’ai pas su m’y prendre. Mais il y avait un ouvrier qui s’est engueulé avec le gérant pour payer le loyer... Ça criait fort. Moi, je travaillais la nuit, j’étais encore en pyjama, je sors à la fenêtre et je trouve tous les gens aux fenêtres pour voir ce qui se passait en bas. Alors je suis descendu et j’entends le gérant qui dit à l’ouvrier : « Tu n’as pas le droit de parler parce que tu ne sais pas lire. T’as intérêt à monter dormir. » Moi, je gueule aussi : « C’est ça, tu crois que s’il sait pas lire, c’est une bête, c’est un animal. » Et je dis aux autres ouvriers : « Il faut descendre. » Tous les ouvriers sont descendus mais je ne savais plus quoi faire. Les ouvriers ont dit : « Il faut que le gérant choisisse, soit il s’en va, soit on le tue. Et même si la police vient, on va tout brûler. » Ils disaient n’importe quoi. On est resté, dans le foyer, à peu près 350 personnes, en bas. Le gérant avait peur, la femme du gérant voulait me parler, elle me disait : « Vous ne comprenez pas ! » Les gens de l’Amicale - ce sont les représentants du gouvernement algérien - viennent et commencent à dire : « Du calme ! on est bien d’accord que le gérant est salaud avec vous, on va arranger ça. » Qu’est-ce qu’ils font ? Ils entrent avec le gérant pour discuter. La majeure partie des ouvriers de ce foyer sont des Algériens, un peu moins des Marocains et puis beaucoup moins des Tunisiens. Les gens de l’Amicale disent : « C’est nous les représentants des Algériens, on va lutter. » Moi, je dis : « Mais y a aussi des Marocains. C’est pas l’Amicale qui va s’occuper de ça, c’est nous. » Ils m’ont dit : « Nous, on est pour l’intérêt de tous les ouvriers. » C’est pas vrai... Il y a même pas trois jours, j’ai eu une discussion avec un Algérien. Il m’a dit : « Tu as raison, ce qui se passe dans l’Amicale c’est que dans chaque section, si c’est un chef kabyle, tous les autres, c’est uniquement des Kabyles. Si c’est un chef qui n’est pas kabyle, il n’y a pas de Kabyles », etc. Si l’Amicale représentait vraiment les ouvriers, elle devrait déjà unir les gens sur ces trucs simples et pas favoriser ces contradictions de rien du tout.

 

Donc au foyer, un grand responsable de l’Amicale arrive - un vieux qui était dans le F.L.N. ici, en France - il passe dans toutes les chambres et il dit : « Ce soir, on va avoir une grande réunion pour discuter. » On descend. Primo, il ne parle que de l’Algérie, que des Algériens, que du F.L.N., que du gouvernement algérien, et à la fin il dit qu’il jure, au nom du sang qui a coulé, des martyrs qui sont tombés pendant la guerre d’Algérie, que le gérant quittera avant la fin du mois, et cela, grâce aux démarches faites par Je Consulat d’Algérie. Alors les ouvriers disent : « Si c’est comme ça, on est d’accord, le gérant va quitter, c’est ce qu’on veut. » Il a jamais quitté ! Maintenant, quand les gens de l’Amicale viennent, on se fout pas mal d’eux.

 

C’est après cette histoire que j’ai commencé à rencontrer les copains maoïstes. Avant j’achetais La Cause du peuple, j’étais très content parce que c’était simple. Ce qu’ils disaient était vrai. La rencontre avec les maoïstes a changé mes perspectives parce que j’ai vu qu’il fallait s’organiser, j’ai vu déjà comment faire. Dans le foyer, il y avait des copains qui avaient des idées, des expériences mais je ne savais pas ce qu’on pouvait faire de plus. J’ai pas fini sur le foyer parce qu’après j’ai fini par être expulsé.

 

Je voyais que c’était très bien quand on est descendus, qu’on était tous contents, et que le gérant avait peur mais je ne savais pas comment continuer pour qu’on ait la parole et que le gérant parte. Après, dès que quelqu’un avait un problème, c’était moi qui descendais engueuler le gérant, jusqu’au jour où il est venu avec des gendarmes. Il m’a dit : « Tu vas être expulsé. » J’ai dit : « Donne-moi un papier. » Il avait peur de me donner le papier. Je savais pas ce que je pourrais faire avec ce papier, mais comme il avait peur, je me disais il me faut un papier. Il me l’a pas donné, mais après j’ai dit aux copains : « Je vais pas partir comme ça. Je veux rester pour voir jusqu’où il peut aller ».

 

Un jour, je vais au boulot et quand je reviens je trouve dans ma chambre des nouveaux qui installent leurs bagages. Je leur dis : « Qu’est-ce que vous faites là ? » Ils me disent : « C’est le gérant qui nous a donné la chambre ». Moi, je dis : « Non, il faut sortir. » Ils voulaient se bagarrer avec moi. Alors, je leur ai expliqué que nous sommes pareils, que si c’est le gérant qui leur a donné la chambre, ils doivent retourner au gérant pour lui demander pourquoi il donne une chambre où il y a quelqu’un dedans. Ils ont compris et on est descendus ensemble voir le gérant qui a dit : « Bon, je vais appeler la police. » Je suis allé avertir mes amis, on est restés dans la chambre à attendre. A onze heures tout le monde est allé se coucher parce qu’ils travaillaient le lendemain. Je suis resté avec un type. Alors y a quatre gendarmes qui entrent. Le gérant dit : « C’est un rebelle, il porte atteinte à la sûreté de l’État, c’est un agitateur, c’est un maoïste. » Moi, je comprenais pas ce qu’il disait. C’est vrai, j’étais seul avec les ouvriers, j’avais jamais eu de contacts avec d’autres personnes, je connaissais pas encore les camarades. Je savais pas ce que ça voulait dire : maoïste. Quand il me disait : « Tu es maoïste », je me disais : « Si les maoïstes font comme je fais, alors c’est très bien. » Les gendarmes me prennent à deux, par les épaules, ils me descendent jusqu’en bas. Deux se mettent à la porte du foyer et me disent : « Barre-toi. » C’était la nuit, vers onze heures, minuit. Je dis : « Je remonte prendre mes bagages pour aller à l’hôtel, j’ai pas où aller. Non, non. Ce soir tu ne rentres pas. Un autre jour peut-être, mais pas aujourd’hui. » Ils avaient peur que j’aille réveiller tous les copains. Alors je suis parti seul dans la nuit.

 

C’est là que j’ai contacté des camarades et qu’on a vu beaucoup plus sérieusement ce qu’on pouvait faire. J’ai vu qu’il y a beaucoup à faire. On est sur la même route. Dans le foyer, je me disais que je suis peut-être tout seul à voir comme ça ; peut-être je pense mal, mais quand j’ai vu qu’il y avait beaucoup de gens, beaucoup d’ouvriers qui réfléchissaient comme moi, qui se disaient : « Ça va me servir à quoi devenir ici en France : ramasser des petites économies, retourner chez soi, revenir ici. » Je voyais que ça n’avait aucun sens de continuer comme ça. Qu’il fallait qu’on se retrouve ensemble, même ceux qui avaient peur, même ceux que la famille empêchait de lutter. La lutte que je mène ici et la lutte que je mènerai chez moi, c’est la même. La question de l’unité avec les travailleurs français doit venir des travailleurs immigrés parce qu’ils sont beaucoup plus disposés à s’unir : ils ont échappé à toute l’intoxication du parti communiste français, il y a pas beaucoup de choses qui les arrêtent. Les travailleurs immigrés sont conscients du besoin d’unité avec les travailleurs français. Par exemple, ce qui s’est passé dernièrement à Chausson : la concentration du travail le plus dur est pour les Marocains et les Arabes, c’est eux qui déclenchent le mouvement. La C.G.T. sort un tract pour calmer. La réaction des Français à ce moment, c’est : « Les Arabes, ils en veulent. » Être maoïste, pour moi, ça veut dire qu’ici, en France, les ouvriers et surtout les ouvriers immigrés vont relever la tête.

 

Je me dis que le jour où je décide de retourner chez moi, ce sera beaucoup plus simple qu’ici parce que chez nous les gens sont pauvres et c’est clair : il y a pas toutes ces C.G.T. qui trompent les gens. Là-bas, ils comprendront tout de suite. Je lutte ici vu qu’actuellement les ouvriers immigrés sont exploités ici. Je lutte pas uniquement pour retourner chez moi, mais pour faire la révolution ici en France et chez moi.

 

Si les travailleurs immigrés sont une force pour la révolution en France ? Sûrement. S’il n’y a pas de participation des ouvriers immigrés dans la révolution en France, il y aura peut-être quelque chose mais ce ne sera jamais une révolution en France, il y aura peut-être quelque chose mais ce ne sera jamais une révolution, - ce ne sera jamais les ouvriers au pouvoir. Tous les ouvriers immigrés doivent penser comme moi, mais pour nous, les Arabes, c’est rare de penser qu’on est définitivement en France, alors beaucoup disent : « Ça va me servir à quoi ? D’accord je suis exploité, les ouvriers sont exploités, il faut lutter mais on va retourner chez nous et ça va pas servir à grand-chose. » Moi je pense que si on lutte pas ici, on va rien faire chez nous non plus. Si on vient ici où il y a tous les ennemis, les patrons, et tout, on doit faire l’unité avec les travailleurs français : c’est la meilleure solution pour écraser les patrons, mais la C.G.T. empêche les Français de lutter, alors que la lutte est claire à ce moment-là, pour les cadences et tout. Si le mouvement de lutte se déclenche à la base, si c’est les ouvriers qui décident la grève, ils la suivent tous, que ce soit les immigrés ou les autres, mais comment veux-tu que les ouvriers immigrés suivent un mot d’ordre de la C.G.T. alors qu’ils savent que la C.G.T. ne fait rien pour eux ? C’est comme si la C.G.T. disait que les immigrés et les Français c’est pas la même chose. La C.G.T. lance des mots d’ordre, comme « La retraite à 60 ans ». Tout le monde voudrait bien avoir sa retraite à 60 ans, même les immigrés, mais les immigrés pensent qu’ils vont rester ici trois ans, cinq ans (dans la réalité ils sont forcés de rester beaucoup plus), mais la retraite à 60 ans, ça les concerne pas vraiment. C’est pas tant la peur de la répression qui empêche les immigrés de lutter mais qu’ils ne voient souvent pas le but de la lutte qu’ils vont mener. Les ouvriers français de leur côté, se rendent pas compte encore des conditions réelles de la vie des immigrés, parce que s’ils se rendaient compte, il y aurait beaucoup de choses de changées.

 

Sur l’unité avec les Français, avant, je pensais qu’il y avait des Français pas racistes, mais qu’en général, ils étaient tous des racistes. Je pensais pas qu’un jour des Français puissent s’unir comme des frères pour mener une bataille où les risques et les buts sont les mêmes, comme on le fait maintenant. Je me disais : il y aura peut-être des exceptions comme pendant la guerre d’Algérie où il y a des Français qui ont participé au truc, mais je pensais qu’il y avait beaucoup d’idées racistes chez les Français. Maintenant je le pense plus et je vois qu’on avance à grands pas vers l’unité entre les immigrés et les Français. Si la majeure partie des Français ont des réactions racistes, c’est qu’ils tombent dans le panneau des patrons, mais jamais ils tombent au point de se mettre contre la lutte des immigrés. Ils disent que les immigrés c’est une chose, eux, c’est autre chose. Pourtant je sens que ça a changé et que ça change de plus en plus, parce que les travailleurs français sentent de plus en plus leur exploitation. Avec la nouvelle génération d’ouvriers français c’est beaucoup plus facile. Les jeunes échappent à l’expérience des vieux ouvriers français. J’ai discuté avec pas mal d’ouvriers français. Le niveau de conscience des vieux ouvriers est vachement net sur la question des patrons, mais sur la question des immigrés, c’est dur. Le barrage de la langue n’est pas le principal parce que les immigrés, dès qu’ils sont en France, font beaucoup d’efforts pour parler le français. L’alphabétisation, c’est une bonne chose pour la compréhension entre les ouvriers, mais la question de l’unité c’est dans la lutte à l’usine que ça va s’apprendre, en multipliant les luttes ici et en soutenant les luttes des peuples arabes. L’étape de la prise de conscience et l’étape de l’agitation sont largement dépassées. On est dans une étape beaucoup plus sérieuse, il faut penser à l’organisation. Maintenant, on peut parler d’une force des travailleurs en France.

 

La question de la Révolution française et de la Révolution arabe est très liée. Si je prends ce qui s’est passé au Maroc le 10 juillet (Skirat), d’après tous les gens que j’ai vus, c’était l’affolement total à la télévision française. Ça prouve que le gouvernement français tire encore beaucoup de profits des pays des pays arabes, ne serait-ce que la main d’œuvre.Y a même un ouvrier qui a fait enregistrer une chanson populaire vachement connue - c’est pas politique la chanson - mais il raconte très bien la situation dans laquelle vit un ouvrier ici. La chanson s’appelle Le Passeport : il raconte comment l’ouvrier a eu le passeport, comment il arrive ici, comment il se réveille le matin, la pluie, la chambre à six, l’usine, le racisme, etc. Le racisme est toujours présent mais il y a des victoires sur ce racisme, c’est ça que je voulais dire.

 

Chez les larges masses immigrées, quand il y a le truc des élections ils disent que si un jour c’est Duclos ou le parti communiste qui gagne, on va nous chasser. Sur le parti communiste, les immigrés ont les idées claires. La prise de conscience des ouvriers se forge. Ils comprennent bien que si tous les ouvriers ne luttent pas pour la victoire, ça ne veut rien dire de continuer de trimer pendant toute la vie et, à la fin, il y a la mort.

 

J’ai reparlé avec mon père, surtout sur le Maroc. Je lui ai montré qu’il n’y avait même pas la liberté d’expression au Maroc, et que l’on ne peut pas attendre que la loi ou je ne sais quoi donne la parole ou la démocratie. « La seule chose, maintenant, c’est les armes. » Il paraissait plus ou moins d’accord, mais mon père respecte la religion. La question de la religion chez les travailleurs immigrés a perdu tout son sens. La religion, c’est devenu comme un rite. La seule chose que pratiquent encore les immigrés c’est le carême et le Ramadan, mais la façon dont ils pratiquent - est totalement différente de ce que dit la religion. D’année en année ça change, les gens commencent à arranger à critiquer, à dire : « Ça sert à rien.” Non, la question de la religion ne pose pas de problèmes. Dans la religion musulmane, il y a d’ailleurs beaucoup de bonnes choses, sur la question de l’égalité des hommes. C’est clair pour tous les émigrés, et surtout les Arabes, que la meilleure solution pour gagner c’est la violence, la lutte violente et les armes. C’est rare de trouver quelqu’un qui dira qu’il faut discuter. Si demain, par exemple, la révolution palestinienne avait besoin de volontaires, il y en a des millions qui voudraient partir. La question des armes pour les immigrés s’est vachement propagée. Les Français, eux ont tendance à régler les problèmes pacifiquement et c’est ça qu’il faut combattre.

 

Il faut une organisation maoïste de tous les travailleurs en France, avec une autonomie, de mouvement pour les travailleurs immigrés, enfin surtout pour les travailleurs arabes, je ne connais pas les problèmes pour les autres nationalités. On est entrain de constituer cette organisation au même titre qu’on est en train de constituer celle de tous les travailleurs. C’est dans le mouvement qu’on voit comment il faut faire et ce qu’on veut concrètement. J’ai travaillé dans des usines de voitures et je sais ce que sentent tous les ouvriers : qu’ils sont pas en train de faire des voitures mais qu’ils sont entrain de faire n’importe quoi. L’important c’est que les gens comprennent ce qu’ils font pour le faire mieux. L’organisation de la lutte, c’est que les gens comprennent qu’ils doivent compter sur leurs propres forces pour changer ça. Un maoïste arabe, quand il lutte ici contre les patrons, contre la bourgeoisie, en même temps il lutte et il s’organise contre les réactionnaires des pays arabes. Pour arriver à la libération de la Palestine et des pays arabes il faut qu’il y ait un front de lutte pas seulement en Palestine. Il faut que les fronts soient dans tous les pays contre les réactionnaires.

 

Un militant maoïste arabe qui aura acquis ici une expérience de lutte fera l’effet d’une bombe atomique quand il retournera dans un pays arabe. Là-bas, il y a les paysans et peu d’ouvriers et puis, il y a ceux qui gouvernent, c’est le féodalisme. On n’aura pas à régler les problèmes P.C.F., C.G.T., etc. ; ce sera beaucoup plus simple et plus rapide, mais il faut savoir qu’un militant maoïste, là-bas, ne pourra pas bouger. Il ira directement en taule. Tout de suite en débarquant, parce que les gouvernements ont déjà tous les renseignements sur lui. Il faudra avoir des méthodes de travail clandestines que nous, ici, on a pas encore. J’ai lu l’autre jour le rapport du parti maoïste de l’Inde. C’est un truc analogue qu’il faut faire au Maroc. Pour un pays comme le Maroc, où la répression est à un haut niveau, il faudra physiquement éliminer les ennemis de classe. Dans le rapport indien c’est très clair.

 

Pour la France, c’est pas ça. En septembre 70, il y a eu une levée, dans les cafés,dans tous les foyers, partout, des travailleurs arabes qui ont commencé à discuter, à bouger, à bouillonner. La répression féroce du peuple palestinien a fait que tous les travailleurs arabes se sont reconnus dans le peuple palestinien parce qu’il faut avoir ça en tête : même ici, les travailleurs arabes, ils appartiennent au peuple arabe. En septembre 70, on a compris qu’il existe, ici, un peuple arabe, un peuple uni, que nous, ouvriers arabes, nous sommes l’avant-garde pour la lutte de libération du peuple arabe. C’est ce qui nous permet d’entrer dans la lutte ici en France parce que la question nationale et la question de la lutte de classes sont, pour nous, deux choses qui sont unies. Les comités Palestine naissent en septembre 70. Il y avait un certain nombre de militants maoïstes arabes qui, d’ailleurs, pour dire la vérité, se posaient des questions : « Qu’est-ce qu’on fait ici ? » Pour nous, faire la révolution en France c’était un problème. Le travailleur immigré, il pense toujours qu’il va rentrer, qu’ici c’est pas la peine de lutter. S’ils ne pensaient pas ça, tous les travailleurs arabes seraient déjà avec nous. C’est contre ça qu’on doit lutter. Maintenant, c’est clair, les Arabes comprennent, la solution est apportée par septembre 70.

 

Avant septembre 70, l’esprit c’était souvent : « Tu vas lutter ici mais qui est-ce qui va aller au pouvoir, c’est les Français. Alors pourquoi lutter ? » Avant septembre 70, c’était l’esprit national. Les Arabes disaient : « Les patrons, c’est tous des sionistes.” Quand on disait pas : « C’est tous des Juifs » Maintenant, le courant maoïste, l’esprit de la lutte de classes, est passé : les Arabes savent qu’ils ont le même ennemi que les français ça se voit à la Goutte d’Or quand les Arabes sont entrés chez la boulangère parce que c’est une raciste. Ils lui ont pas tout saccagé, ils ont tout vidé mais pas saccagé. Pourquoi ? Parce qu’ils ont pensé : « Si on fout tout en l’air, après les Français comprendront pas »

 

Maintenant, il y a vraiment des ouvriers maoïstes arabes. C’est comme ça que l’autre semaine à Barbès pour Djellali(1), les frères algériens sont descendus avec le drapeau algérien, pas celui de la Révolution bourgeoise de Boumediene, celui de la Révolution algérienne. Et aussi avec le drapeau rouge, de la Révolution française. Chaque fois qu’on avance dans le sentiment qu’on est des Arabes, chaque fois qu’on avance dans la libération du peuple arabe, on avance aussi dans l’unité avec les Français, on avance dans la Révolution française. Tout est lié. Dans la lutte commune, le racisme, il tombe. Ça, on le voit déjà au moment des grèves...

 

Note : 1. Djellali Ben Ali, un jeune Algérien de seize ans, assassiné dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris, en novembre 71, par un concierge Français.

 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Quartiers Populaires (colonies intérieures) - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 21:14

 

Un nouveau site vient de naître, consacré au travail révolutionnaire de la JCML de Lyon dans le quartier de la Guillotière, contre l'offensive réactionnaire de la bourgeoisie dans ce quartier :

  http://guillotiereresistance.over-blog.com/

 

Présentation

La Guillotière, centre ville des classes populaires de Lyon, est la cible de la bourgeoisie qui n'accepte pas la Guillotière telle qu'elle est, mais qui l'envisage plutôt comme un espace à conquérir. Expulser les classes populaires pour y installer des bourgeois, tel est son objectif.

Pour y parvenir, elle sort l'artillerie lourde : CRS qui quadrillent tout le quartier,  la BAC, rénovations, suppression de sièges devant l'arrêt de tram... Malgré diverses stratégies déployées depuis 30 ans pour le démolir, le quartier résiste aux attaques. C'est l'organisation des habitants et usagers qui a permis de sauver le quartier, et cette organisation doit être renforcée.

Guillotère Résistance est l'un des moyens proposé par le ROC-ML pour s'organiser. La médiatisation des événements et des attaques qui marquent le quartier, permet de construire un rapport de force. Tant que personne ne dénonce les abus policiers, ils continuent et s'amplifient, téléguidés par la bourgeoisie. Ce blog a aussi pour objectif de reccuellir des témoignages anonymes pour que ne soient plus passés sous silence les violences subies par la population du quartier.

 

Construisons la Résistance du quartier !

 

 

Que mille initiatives révolutionnaires fleurissent !

 

El pueblo, unido, jamas sera vencido !

 

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Quartiers Populaires (colonies intérieures) - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 18:23

 

Source

 

Trois policiers agressés : «Ils étaient là pour casser du flic»

«Ils nous sont tombés dessus. Ils étaient là pour casser du flic... On a de la chance qu'aucun de nous n'y soit resté. Je ne sais pas si vous imaginez la scène, deux de police en pleine nuit qui partent en courant. C'est nous les victimes. On est poursuivis par 50 mecs, on reçoit des cailloux...»

Ecoeurés et choqués, un des policiers victimes d'une agression dans la nuit de mardi à mercredi à Gennevilliers, raconte les minutes infernales qu'il a vécues.

Cette nuit-là, cité du Luth à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), trois fonctionnaires ont été attaqués par une trentaine de personnes à coups de pierres. L'un des policiers a été assez sérieusement blessé. «C'est clairement un guet-apens», a déclaré , le ministre de l'Intérieur, qui a fait le déplacement mercredi après-midi au commissariat de Colombes, où sont affectés ces policiers. 

Selon Laurent Arnaudas, le secrétaire départemental du SGP 92, ce guet-apens pourrait avoir un lien avec une interpellation survenue dans l'après-midi précédant l'agression. Vers 17 heures, une patrouille à pied avait déjà été agressée. D'après les témoignages, un jeune en moto leur aurait foncé dessus. Le jeune a finalement chuté avant d'être rattrapé et interpellé. Aussitôt une trentaine de personnes avaient pris à partie les fonctionnaires qui ont dû faire usage d'une grenade lacrymogène pour les disperser.

«Une cinquantaine de pavés autour du véhicule»

Selon les premiers éléments, les trois policiers, membres du commissariat de Colombes (Hauts-de-Seine), ont été pris à partie en début de nuit aux abords de la cité du Luth, alors qu'ils intervenaient sur un feu de véhicule situé sur un chantier. Alors que deux des trois fonctionnaires étaient partis en direction de l', le troisième, resté dans le véhicule, a été violemment agressé par une trentaine de personnes munies de pierres et de pavés.

«Les deux autres policiers sont aussitôt revenus en renfort, mais ils ont été victimes eux aussi de jets de projectiles», a raconté une source policière, en précisant que les agresseurs avaient réussi à prendre la fuite. Touché au visage et victime de multiples contusions, le policier blessé dans le véhicule a été transporté à l'hôpital. Il a pu ressortir en fin de matinée ce mercredi. «On a retrouvé une cinquantaine de pavés autour du véhicule, qui a été complètement détruit», a ajouté cette source.

Dans la foulée, deux jeunes ont été interpellés à proximité en possession d'un bidon pouvant contenir de l'essence. Ils ont été placés en garde à vue. L'enquête a été confiée à la brigade de sûreté urbaine de Gennevilliers.

Extension des peines-planchers aux auteurs de violences aggravées

«C'est totalement inadmissible», a réagi Brice Hortefeux, confirmant ce qu'avait annoncé le président de la République le 30 juillet à Grenoble après des tirs à balles réelles contre des policiers. Le président avait déclaré : «Dès le 7 septembre prochain, les peines plancher seront désormais étendues à toutes les formes de violences aggravées c'est-à-dire notamment les violences sur des personnes dépositaires d'une autorité publique». Il avait aussi demandé «l'instauration d'une peine de prison incompressible de 30 ans» pour les assassins de policiers ou de gendarmes, ce qu'a également confirmé le ministre de l'Intérieur à Colombes.

Le ministre qu'elle serait proposée lundi et mardi prochains, par le biais d'amendements, lors de l'examen de la loi d'orientation et de programmation de la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2).

 

Là où il y a oppression, il y a résistance : l'autodéfense populaire, première étape de la Guerre du Peuple. 

 

 

 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Quartiers Populaires (colonies intérieures)
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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /Juil /2010 18:18

 

Suite à un braquage qui a mal tourné, dans la nuit de jeudi à vendredi dernier (15-16), un homme est abattu par la police. Immédiatement, la rage du prolétariat exploité-opprimé et des colonies intérieures africaines-maghrébines-caraïbes-turque-kurde éclate dans le quartier de Villeneuve.

Encore un fois, comme à Villiers-le-Bel dont le verdict scélérat est tombé au début du mois, comme encore à Fréjus l'automne dernier, une étincelle suffit à mettre le feu à la plaine.

Concernant le fait que l'homme abattu était un braqueur, nous avons déjà donné notre point de vue concernant l'insurrection populaire en Jamaïque, en mai dernier : faute de mouvement communiste ou même de mouvement révolutionnaire conséquent, le Peuple se trouve les héros qu'il peut, parfois (même assez souvent) dans des hors-la-loi.

 

Article Indymédia Grenoble :

 

Les nuits dernières dans le quartier Villeneuve

Dans la nuit de jeudi à vendredi, deux hommes soupçonnés d’avoir participé au braquage du casino d’Uriage sont pris en chasse par la police, des coups de feu sont échangés. Ils sont finalement rattrapés par la police Galerie de l’Arlequin. L’un d’eux parvient à s’enfuir. L’autre s’écroule, mort, une balle dans la tête, à quelques mètres de chez lui.

Pendant le reste de la nuit, les flics se prennent toutes sortes d’objets volants plus ou moins identifiés en provenance des immeubles. Selon le daubé, fait odieux, des menaces de mort sont même lancées à l’intention des fonctionnaires. Un hélico dépêché de la région Lyonnaise tourne et balaye le quartier de son projecteur.

Vendredi matin le quartier est bouclé pour que des perquisitions puissent avoir lieu Galerie de l’Arlequin. Les flics se protègent entre eux : la BAC protège ceux qui perquisitionnent, les gendarmes mobiles protègent la BAC, etc.

Vendredi soir, la colère s’est encore exprimée. Des dizaines de caisses ont brûlé, le tram et ses arrêts ont été caillassés, et des projectiles ont encore pris leur envol en direction des policiers, qui restaient stationnés aux alentours de l’avenue Marie Reynoard, sans oser avancer plus. Vers quatre heures du mat’, l’hélico encore présent quittait les lieux et ça semblait se calmer un peu.

Ce samedi matin, sur Rance Info, seuls les témoignages de personnes pleurant leur voiture calcinée sont diffusés. Une journaliste de Rance Bleu Isère nous affirme même que « tous les habitants le disent : ce soir ils restent cloitrés chez eux car ils craignent de nouvelles échauffourées ».

Ce n’est pas ce que j’ai vu hier soir : de nombreuses personnes ne participant pas directement aux affrontements étaient dehors jusqu’à tard dans la nuit, manifestement du côté des jeunes en colère, visant l’hélico avec un lance-roquette imaginaire.

Dans les médias, le discours dominant distille l’idée que la mort du jeune homme était méritée. Il faut bien que tout le monde comprenne que si on pense à prendre la thune là où elle est, c’est une balle dans la tête et c’est normal. Jean Philippe, procureur de la république de Grenoble, parlait hier de « truand » et disait dans le micro que « les victimes principales de cet incidents sont les policiers. »

Pendant ce temps-là, chez les Bettencourt-Sarkozy-UMP, on continue de brasser illégalement des millions sans trop risquer une balle perdue. Ce qui s’est passé à la Villeneuve n’est pas une bavure, c’est l’expression limpide d’une justice de classe.

 

Sur LePost :

Emeutes à Grenoble: "Le dispositif de sécurité est maintenu pour cette nuit"

 

 

Les policiers surveillent le quartier de la Villeneuve, à Grenoble
Les policiers surveillent le quartier de la Villeneuve, à Grenoble
MAXPPP

Ces trois individus, âgés de 20 ans, ont été interpellés, vendredi soir, à Grenoble, au moment de la première nuit de violences urbaines qui a secouée le quartier de la Villeneuve, à Grenoble.

Des émeutes qui faisaient suite à la mort de Karim Boudouda, un des braqueurs du casino d’Uriage-les-Bains, tué par la police, à la suite d’un échange de tirs.

Ce lundi, en comparution immédiate, les trois suspects, ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Grenoble, pour avoir tenté de cambrioler un commerce de motos, à des peines de six mois de prison avec sursis à six mois de prison ferme, rapporte Le Parisien.

Selon Benoît Bachelet, le procureur de la République de Grenoble, "ces faits ne s'inscrivent pas dans les émeutes mais ne leur sont à mon avis pas totalement étrangers".

Le magistrat a ajouté:

"Car lorsque vous avez l'ensemble des forces de l'ordre mobilisées sur des faits aussi graves que ceux qui ont été commis ce week-end, vous avez toujours des petits malins qui se disent que c'est le moment d'aller faire des choses ailleurs".

La famille de la victime a de nouveau lancé un appel au calme, après les trois nuits de violence qui ont secoué ce quartier de La Villeneuve.

Au cours des trois nuits précédentes, les forces de l’ordre ont été la cible de tirs à balles réelles de la part des émeutiers. "On nous tire dessus comme des lapins", nous confiait un policier.

 

Contacté par Le Post, le parquet de Grenoble indique que "des cocktails Molotov ont été jetés sur la brigade de Saint-Egrève hier soir, mais on ne sait pas, pour l'instant, si c'est lié aux événements de Grenoble".

"Il n'y a toujours pas d'interpellation suite aux tirs survenus hier soir. Le dispositif de sécurité est maintenu ce soir".

De son côté, la mère de Karim a affirmé avoir porté plainte contre X, dimanche.

Mais le parquet indique ne "pas avoir eu de contact personnel avec elle, elle n'a pas contacté le parquet".

"Une enquête de l'IGPN (l’Inspection générale de la police nationale) est en cours". Maisselon le parquet, "on s'oriente toutefois a priori sur un cas de légitime défense".

 

Bien sûr, signe des temps :

 Après Grenoble : "Il faut la loi martiale dans les cités"


Les Français sont sous le choc après les émeutes de Grenoble. Sur RMC, certains auditeurs exaspérés ont une solution radicale : envoyer l’armée dans les cités pour combattre les "guerriers" qui sèment la terreur, afin d’éviter l’éclatement d’une guerre civile. D’autres affirment qu’ils sont en train de s’armer pour passer à l’action... tandis qu’un auditeur, qui se dit juif algérien, affirme n’avoir d’autre recours que le vote Marine Le Pen en 2012...
 
Moins radical, Christophe Barbier tire les leçons des émeutes de Grenoble : il faut selon lui stopper le trafic d’armes lourdes, il faut mettre l’argent au service des populations et relancer l’économie, sinon les jeunes désoeuvrés fourniront la main-d’oeuvre aux vrais criminels... Beaucoup d’incantations (y a qu’à... faut que...), entendues mille fois.
 
Le socialiste Manuel Valls encourage l’organisation d’un "Grenelle de la sécurité"...
 
Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Quartiers Populaires (colonies intérieures)
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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 13:22

 

Source

 

La « justice » française : une arme contre la jeunesse populaire

 

 

La JCML est solidaire avec les 4 accusés de Villiers Le Bel, condamnés à de lourdes peines ce dimanche 4 Juillet.

 

Ces condamnations sont la vengeance spectaculaire de l'État bourgeois et de sa police à l'encontre de ceux qui ont osé le défier et s'attaquer à elle. Les condamnés l'ont été sur la foi de témoignages anonymes, obtenus après une campagne d'appel à la délation rémunérée, en l'absence de toute preuve matérielle et malgré la rétractation de certains témoins.

 

La jeunesse des quartiers populaires s'est dressée à de maintes reprises ces dernières années contre l'État. En 2005, elle a su mener un mouvement qui malgré les couvre-feux et la répression policière a embrasé durant 3 semaines toute la France. D'importantes émeutes ont eu lieu depuis dans plusieurs villes, dont Villiers-Le-Bel, en 2007.

 

Ce procès était celui d'individus, de la jeunesse populaire d'une ville et de toutes les banlieues de l'État français. La jeunesse de banlieue a été décrite lors du procès comme une horde de barbares, dont la révolte n'aurait aucun sens autre qu'une violence innée : telle est la vision d'eux qu'a la bourgeoisie.

 

Alors que dans le même temps, l'enquête sur la mort des deux adolescents percutés par une voiture de police qui avait déclenché les émeutes de Villiers-Le-Bel est enterrée. La jeunesse de cette ville a rendu la seule justice qu'elle pouvait espérer en se révoltant contre la police et l'État bourgeois.

 

Les peines visent à terrifier cette jeunesse des banlieues et à la dissuader de se mettre en mouvement pour lutter contre ses ennemis, la bourgeoisie et l'État qui la sert.

 

Mais cette répression ne pourra arrêter la révolte de la jeunesse des quartiers populaires. Le capitalisme en crise est incapable d'assurer le minimum d'avenir à une masse croissante de la jeunesse. La bourgeoisie, chaque jour, mène des attaques contre nos droits. Les mouvements des banlieues et leur revendication d'égalité portent l'intérêt de la majorité de la jeunesse de toute la France.

 

Néanmoins, tant qu'existeront des exploiteurs et des exploités, cette revendication d'égalité sera impossible à mettre en œuvre. Pour que tous puissent étudier, travailler, et recevoir en fonction de son travail, il est nécessaire que ce soient les travailleurs eux mêmes qui soient aux commandes de l'économie et de l'État,. Il faut une révolution et détruire le pouvoir de la bourgeoisie.

 

Nos révoltes ne seront victorieuses que si nous avons une stratégie pour vaincre. Il nous faut un État-major, un parti révolutionnaire. D'autre part, la grande masse de la jeunesse révolutionnaire doit s'organiser pour résister à la répression et mener l'offensive avec un plan de bataille contre la bourgeoisie.

 

La JCML a pour objectif d'organiser tous les jeunes qui souhaitent travailler à la révolution.

 

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