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Réaction, Fascisme & Antifascisme

Lundi 6 mai 2013 1 06 /05 /Mai /2013 09:18

 

Lu sur le site du Monde (passages surlignés par nous) :06f84e5e-f1b6-11e1-ad05-94c6c3ae2c22-493x328

"La France a besoin d'un nouveau 1958."Telle est la conviction de Jean-François Copé, exprimée dans une tribune publiée samedi 4 mai dans Le Figaro. "En 1958, certains pensaient que (l'Hexagone) était condamné à l'écrasement, prise entre deux blocs et trahie par des élites à bout de souffle. Le général de Gaulle a montré que la France avait toujours les ressorts pour repartir à l'offensive", écrit le président de l'UMP.

À en croire ce dernier, le pays "a besoin d'une reprise en main, d'un sursaut national. Comme en 1958, ce sursaut ne viendra pas de la gauche, incapable de s'élever au-dessus de ses intérêts clientélistes". "Le pouvoir est faible, sans ressort, ni vision pour la France. Bringuebalé par le cours des événements, il fait honte aux Français. (...) Les dirigeants, dignes héritiers de la SFIO finissante, ne comprennent rien au nouveau monde en train de naître". ajoute-t-il.

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"Tous les grands engagements de François Hollande ont tourné au fiasco", estime Jean-François Copé, qui veut lancer "quatre grandes batailles". "Lançons la bataille de l'économie en renforçant le couple école-entreprise au lieu de les opposer", avance-t-il, tout comme "la bataille de l'autorité", celle des "institutions, pour réformer en urgence, sur la base d'un contrat clair avec les Français", et enfin, "la bataille de l'Europe, une Europe qui protège, une Europe des solutions". 

... CQFD 

1958, pour rappel, c'est d'abord un coup d'État militaire et une insurrection réactionnaire de la (grande, moyenne et petite) bourgeoisie coloniale d'Algérie 'française', suivis d'un 'rappel en ALG-58-226-R128sauveur' (minutieusement orchestré par ses partisans) du général De Gaulle (qui avait dirigé, jusqu'en 1955, le RPF, formation de 'droite radicale' d'après-guerre "la moins éloignée de ce que l'on avait pris l'habitude, en France, de désigner comme le fascisme" dixit René Rémond), et de l'instauration au forceps d'une 'monarchie républicaine' qui, pour ne pas être strictement fasciste (n'étant pas dans un contexte de crise générale capitaliste, mais au contraire de prospérité), en présentait néanmoins bien des caractères...

 '1958', c'est donc un signifiant de 'reprise en main' et de 'remise en ordre' brutale de l’État et de la société hexagonale, signifiant que Copé ne peut évidemment pas ignorer et qu'il oppose, naturellement, à '1968', le grand mouvement populaire contre le régime gaulliste (précisément), à composante révolutionnaire mais avant tout ultra-démocratique et 'libertaire', synonyme pour lui de 'début de la décadence', une décadence qui s'est prolongée jusqu'à nos jours à page10atravers les honnies 'années Mitterrand'... il n'est nul besoin, à vrai dire, de parler de 'Mai 68 de droite' pour décrire l’époque que nous vivons : '1958' suffit ! Régime et 'classe' politique considérés comme en agonie terminale, avec une direction de ‘centre-gauche’ bourgeoise incompétente, pays en guerre (hier Algérie ou Cameroun, au lendemain du camouflet de Diên Biên Phu ; aujourd’hui Afghanistan, Mali etc.), ‘menace terroriste’ et ‘ennemi intérieur’ omniprésents, etc. etc. La 'révolution conservatrice' (déjà bien entamée ces dix dernières années) est résolument dans l'air du temps...

Quant à Marine Le Pen, elle partage (évidemment) le même objectif et, à vrai dire, peu ou prou le même programme (Copé peut-être plus 'libéral-thatchérien', elle plus 'dirigiste-colbertiste' et ‘souverainiste’ sur la question européenne)... ils sont, tout simplement, deux sur la ligne pour un seul et unique fauteuil de Führer suprême ; d'où leur 'haine' de façade (vouée, de plus en plus, à s'estomper sous la 'pression de la base' des petits élus UMP) ! Selon les derniers - et terrifiants - sondages, si la présidentielle avait eu lieu ce dimanche, Sarkozy (mais ce pourrait être Copé) et Marine Le Pen (avec respectivement 34% et... 23% !) auraient éliminé Hollande dès le premier tour ; et au second, Sarkozy l'emporterait par environ 2/3 des voix (contre 82% pour Chirac face à Le Pen en 2002...). Nous assistons exactement à ce que nous avions annoncé dès avant l'élection présidentielle, mais encore plus rapidement que prévu : après à peine un an 11666 bigde pouvoir 'socialiste', de trahison social-libérale absolue des espoirs populaires, le 'peuple de gauche' est écœuré et désabusé, et la droite et l'extrême-droite ont conquis définitivement l'hégémonie intellectuelle en Hexagone. Autant dire que les 'jumeaux' de la réaction sur toute la ligne, Copé (Patrick Buisson en arrière plan…) et Le Pen, flairent le 'moment propice'... pour ne même pas attendre 2017 ! Et les appels démagogiques du sieur Mélenchon (et de ses suiveurs opportunistes NPA ou Verts) à une 'VIe République' bourgeoise, loin d'ouvrir la moindre perspective révolutionnaire, ne font qu'alimenter encore un peu plus cet 'air du temps' sinistre.algerie-de Gaulle1958

On remarquera, aussi, que "l'Europe" est parfaitement saisie par Copé comme la seule voie praticable pour la bourgeoisie monopoliste BBR et ses comparses européennes ; ce qu'ont d'ailleurs compris toutes les 'droites radicales'/'populistes' et extrême-droites du continent, sauf la britannique (qui n'en a pas besoin, ayant l'alliance US et le Commonwealth)... et le FN, raison pour laquelle il reste encore 'marginalisé' malgré des scores électoraux de plus en plus importants. "L'Europe", donc, mais une Europe qui, face à sa crise actuelle, peut être 'repensée', par exemple vers une Europe 'à géométrie variable', ou 'resserrée' sur un 'noyau dur'... Lorsque l'intellectuel organique de la 'droite radicale' Éric Zemmour eric_zemmour_i.jpgdit que "la seule Europe qui eut été viable, c'est l'Europe de 1957, l'Europe carolingienne et napoléonienne, l'Europe des Six", il ne fait que dire tout haut ce que les bourgeoisies monopolistes des 'Six' en question (si l'on considère l'Italie dans sa seule moitié Nord) pensent tout bas : pourquoi avoir intégré, avec les mêmes droits et avantages, une représentation dans les institutions communes et un arrosage permanent d'argent public, des pays qui étaient censés être le 'premier cercle' de semi-colonies de la 'Banane bleue' France-Allemagne-Italie du Nord-Benelux ? La Grèce, la Roumanie, le Portugal ou encore l'Irlande étaient 'faits' pour être des terrains d'investissements juteux, nom de nom, pas des 'partenaires' dont les technocrates et les élus au Parlement strasbourgeois sont sur un strict pied guillaume-peltier-secretaire-national-ump.jpgd'égalité avec les nôtres ! Et, 'pire que tout', pourquoi avoir accueilli, en 1973, une Angleterre (avec sa néo-colonie irlandaise et son proche vassal danois) qui veut tous les avantages sans aucune des contraintes, et n'agit en toutes circonstances que comme 'cheval de Troie' de Washington ? Parmi les soutiens de Copé, l'on trouve une 'Droite populaire' (Mariani, Luca etc.) ou encore une 'Droite forte' (Guillaume Peltier, Geoffroy Didier) qui sont, globalement, sur cette ligne : celle de la fraction ultra-réactionnaire mais réaliste des monopoles bleu-blanc-rouges...

"Come un vecchio discende il fascismo / Succhia la vita ad ogni gioventù / Ma non sentite il grido, la sulla barricata / LA CLASSE OPERAIA L’ATTENDERA ARMATA !" (Luna rossa, chanson révolutionnaire italienne des années 1970)

  Anni di piombo2


Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Jeudi 25 avril 2013 4 25 /04 /Avr /2013 10:50
Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Vendredi 23 novembre 2012 5 23 /11 /Nov /2012 10:07

  

Tout le monde aura constaté, sur Servir le Peuple, la nette diminution de la production d’articles : aujourd’hui, c’est un constat de fait que le mouvement authentiquement maoïste, agrégeant autour de lui un mouvement révolutionnaire conséquent, a ‘pris son envol’ en Hexagone ‘français’ ; et SLP ne se consacre plus qu’à des réflexions théoriques ‘poussées’, et très occasionnellement à des analyses de l’actualité politique et sociale (et/ou internationale) récente. 

Tout(e) un(e) chacun(e) est au fait des récents évènements qui secouent l’UMP, le grand parti de la droite bourgeoise au pouvoir de 2002 à 2012. Et ceux et celles qui connaissent nos analyses, depuis maintenant 3 ans, sauront en voir là la confirmation TOTALE. Il ne sera donc pas nécessaire de pondre un roman… Nous nous contenterons donc d’un rapide survol/analyse des faits.

La DÉCANTATION, que SLP pointe depuis des années, du champ politique bourgeois face à la crise générale – entrée en phase terminale – du système capitaliste, touche désormais à son terme avec la scission de fait de la grande formation de la droite bourgeoise, première formation politique bourgeoise du paysex æquo avec le PS…

 

CopéAu niveau de la direction du parti, peu importe qui a réellement gagné à quelques dizaines, au maximum centaines de voix près : l’incarnation de la droite modérée, ‘pragmatique’, ‘post-chiraquienne’, François Fillon ; et celle de la droite radicale, ‘décomplexée’, ‘clivante’, la droite Patrick Buisson qui, après la ‘retraite’ (temporaire ?) de Sarkozy s’est trouvée un nouveau corps en la personne de Jean-François Copé ; sont à 50-50.

Mais les militant-e-s ne se prononçaient pas seulement sur un président du parti, ils devaient également (avec, peut-être, moins de participation) départager des motions, qui, si elles franchissaient la barre des 10%, se verraient reconnaître comme ‘courants’, autrement dit comme ‘sous-partis’. Six au total étaient présentées. Parmi celles-ci, les motions que l’on peut qualifier de ‘modérées’ (libéral-démocrates, démocrates-chrétiennes, gaullistes ‘humanistes et sociales’), la Droite sociale du filloniste Wauquiez et la France moderne et humaniste de Raffarin, totalisent un peu moins de 40% des voix. Nettement plus ‘à droite’, comptant aussi bien des fillonistes que des 35773 fillon-inquiet-imagepro-Copé, menée par Michèle Alliot-Marie (‘ni-ni’) et Henri Guaino (pro-Copé) et avec, dans ses parrainages (le parrainage multiple étant autorisé) un certain Lionnel Luca de la Droite populaire, Le Gaullisme, une voie d’avenir pour la France recueille 12,3%. Mais la motion arrivée en tête, avec 27,77%, est la Droite forte pilotée par Brice Hortefeux et emmenée par Guillaume Peltier (ex… FNJ, puis mégrétiste ( !) et enfin villiériste, avant de rejoindre l’UMP en 2009), c’est-à-dire la ligne Sarko-Copé-Buisson (son nom est d’ailleurs inspiré du slogan ‘la France forte’ de la présidentielle), le mariage de l’orléanisme de droite, du libéral-conservatisme reagano-thatchérien, avec le maurasso-pétainisme ‘pragmatique’ (Buisson). Plus ‘droite radicale’ encore, 10,87% des voix militantes échoient au fameux collectif de la Droite populaire, qu’un de ses ténors les plus glaçants, le député azuréen Lionnel Luca, décrivait il y a peu comme ‘la garde de fer de Sarkozy’ – propos dont ce roumain d’origine ne peut ignorer la signification. Soit, selon que l’on inclue ‘Gaullisme voie d’avenir’ ou pas, un total de 4445771-guillaume-peltier-responsable-de-la-620x345-138,64% ou près de 51% pour la droite ‘dure’. Cela… pour les militant-e-s, mais il est évident que dans le peuple de droite, l’électorat de Sarkozy au premier tour et (a fortiori) au second tour de la présidentielle, c’est le discours des deux dernières motions qui est ultra-majoritaire. Enfin, résultat d’une grande signification, la motion Boîte à idées, soutenue par des figures ‘historiques’ telles qu’Alain Juppé et Édouard Balladur, ne recueille que 9,2% et ne se verra donc pas reconnaître comme ‘courant’. Cette motion se voulait ‘anti-division’, autrement dit, préserver l’unité du parti envers et contre sa tendance naturelle à la bipolarisation…

Il faut noter, ici, que le clivage relevant entre les deux ‘prétendants au trône’ (le vainqueur sera quasi-automatiquement candidat de la ‘droite républicaine’ à la présidentielle de 2017) ne se situe pas entre gaullistes et ‘orléanistes’ ou ‘reagano-thatchériens’, puisque Fillon se réclame de l’héritage gaulliste au même titre qu’Henri Guaino (qui, lui, soutient Copé), ou la très grande majorité de la Droite populaire qui, elle aussi, est très majoritairement pro-Copé ; mais bien un clivage de ‘degré de décomplexitude’, autrement dit, de la taille du gourdin avec lequel on va taper sur les masses populaires (cela dit, paradoxalement, Guéant, qui fut la ‘matraque’ de Sarkozy pendant sa dernière année de règne et son ‘conseiller privé’ auparavant, auteur des ‘meilleurs’ sorties lepénoïdes de la fin du quinquennat, soutient… Fillon). Le camp de chaque ‘champion’ est donc ainsi lui-même très a79d87cb463170efd16f7611a9b78dbe76aaa32ddivisé ; par exemple, le Droite populaire (plutôt dans la lignée du gaullisme de 1958-69, de ‘l’ère Marcellin’ 1968-74 et du ‘premier RPR’ – très à droite – de la fin des années 70) peste violemment contre la ‘Droite forte’, qui a failli l’empêcher de passer la barre des 10%, en présentant un programme extrêmement similaire, mais rattaché à une autre ‘tradition’ réactionnaire BBR…

 

Avec, à présent, la contestation par le camp Fillon des résultats donnant Copé vainqueur, c’est l’éclatement du grand ‘parti unique de la droite républicaine’, voulu en 2002 tant par les ‘chiraquiens’ que par les ‘sarkozystes’, qui est à l’ordre du jour – en réalité, la scission est déjà là de fait. Les fillonistes envisagent ouvertement la scission tandis que Guaino, soutien de Copé, clame que ‘pour ceux qui ne reconnaissent pas les résultats (donnant Copé vainqueur), la porte est ouverte’…

À la ‘gauche’ de l’UMP en perdition, la nouvelle formation de centre-droit (libéral-démocrate, démocrate-chrétien, ‘social-humaniste’, radical ‘valoisien’) de Jean-Louis Borloo, l’Union des démocrates indépendants (UDI), annonce ‘faire le plein’ d’adhérent-e-s : ‘plus de 1.200 rien que dans la nuit de mercredi à jeudi’ ; et vient d’enregistrer le ralliement du ‘centriste historique’ démocrate-chrétien Pierre Méhaignerie.

Marine-Le-PenEt à sa ‘droite’, le FN de Marine Le Pen se lèche les babines devant l’explosion du principal ‘barrage’ sur sa route vers le pouvoir (en tout cas, de ses idées vers le pouvoir) : l’UMP est ‘fracturée’ et ‘définitivement plus une opposition crédible face aux socialistes’. Comme le souligne à juste titre la fille de son père, c’est ‘l’heure de vérité’ qui a sonné : non seulement l’impossibilité, à terme, de faire cohabiter dans l’UMP une droite ‘modérée’, héritière (finalement) du ‘radicalisme Queuille’, et la droite ‘décomplexée’ des reagano-thatchériens à la Sarkozy-Copé et autres maurasso-pragmatiques à la Buisson et Peltier, est dévoilée dans toute sa ‘splendeur’ ; mais le camp Copé va se trouver lui-même, très rapidement, face à ses propres contradictions : ‘on ne peut pas aller sur les thématiques du FN, et en même temps indiquer que le FN c’est le diable’, ‘une grande partie de ceux qui l’ont élu (Copé), l’ont élu parce qu’ils veulent des accords locaux avec le FN (…) ils s’apercevront aux prochaines municipales qu’il n’en est rien’ ; autrement dit, à très court terme, soit la mouvance Copé-Buisson-Peltier-‘Droite forte’-Droite populaire va ‘au bout de sa logique’, assume l’alliance avec le FN, toutes ses idées et toutes leurs conséquences, et porte de fait le FN au pouvoir à travers elle ; soit elle va subir une désertion massive de sa base militante, et plus encore électorale, vers le Front et son ‘Rassemblement Bleu Marine’ (à la fois plus dur sur les questions démocratiques – ‘sécurité’, ‘immigration’, ‘sujets de société’ etc.[1] – et en apparence plus… ‘centre-droit’, plus ‘à gauche’, plus ‘social’ sur les questions socio-économiques, ce qui est une stratégie classique, typiquement Croix-de-Feu années 1930).

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Quoi qu’il en soit, pour l’heure, alors que le FN apparaît de plus en plus comme les nouvelles Croix-de-Feu (parti réactionnaire-fascisant de masse, ‘populaire-social’, ‘tribunicien’, énormément d’électeurs et de plus en plus d’élus locaux, mais peu de député-e-s en raison du mode de scrutin), l’aile droite de l’UMP – désormais scindée en deux de fait, ‘épurée’ de ses éléments défenseurs inconditionnels de la démocratie bourgeoise – se pose comme la Fédération républicaine de notre époque : cette ‘droite décomplexée’ des années 1930, qui fournira le gros des troupes de la Révolution nationale vichyste, en tout cas ‘première mouture’ (1940-42), et des cadres de tout premier ordre (Philippe Henriot le ‘Goebbels français’, Xavier Vallat, Marcel Boucher, plus ou moins Paul Touvier, etc.).

67695960 pTandis qu’encore à la droite du FN lui-même, l’Union de la Droite nationale regroupant les nationalistes/national-catholiques (MNR, NDP, Parti de la France, Œuvre française/Jeunesses nationalistes, Jeune Nation, Renouveau français), les solidaristes nouveau PPF de Serge Ayoub, les nationalo-identitaires du Front comtois ou les notables maurassiens de la Ligue du Sud de Bompard, d’un côté ; et la mouvance identitaire de l’autre, ou encore le Parti solidaire de Werlet (se revendiquant ouvertement du PPF de Doriot, et connu pour son soutien ‘antisioniste’ à Dieudonné, Kemi Seba etc.) ; représentent clairement l’équivalent des ligues d’avant-guerre (Action française/Camelots du Roi, Francisme, Solidarité française, Jeunesse patriotes/Parti républicain national et social, PPF de Doriot après 1936, etc. etc.), du Front national de 1934-36 et du Front de la Liberté de 1937-38 (celui-ci piloté… par la FR contre l’expansion des Croix-de-Feu/PSF) : nous avons là les fascistes proprement dits, les jusqu’au-boutistes de la terreur réactionnaire contre les forces subjectives de la révolution prolétarienne (marxistes, libertaires), les masses populaires progressistes/antifascistes et les ‘ennemis intérieurs’ en tout genre (hier juifs, aujourd’hui musulmans, et hier comme aujourd’hui ‘rouges’). Des éléments qui ne seront, sans doute, jamais au pouvoir en tant que tels ; mais qui, dans un futur fasciste entendu comme forme de gouvernement, se verraient offrir ‘pignon sur rue’ et totale liberté d’action (y compris d’action ultra-violente), alors que parallèlement le militantisme progressiste, même le plus mollement légaliste, serait brutalement réprimé…p16kcs6eff12q1q871lol1p695801

 

Le triptyque de la montée du fascisme à la française semble donc bel et bien posé là devant nous, en ce début de quinquennat d’une ‘gauche’ bourgeoise promise à la faillite la plus cinglante. Un triptyque avec ses antagonismes – en apparence – irréductibles et ses – innombrables – passerelles en réalité ; qui n’attend que l’évènement déclencheur pour amener la mutation de la forme de gouvernement du Capital, de la démocratie de façade vers la DICTATURE TERRORISTE OUVERTE contre le mouvement révolutionnaire et toute contestation des masses populaires !

 

Donc voilà, ce n’est pas histoire d’épiloguer… mais il est toujours agréable de voir ses analyses confirmées par les faits.



[1] Encore que… même sur ces thèmes, le FN tente parfois de doubler l’UMP ‘sur sa gauche’. Ainsi, en 2004, Le Pen (père) pouvait-il déclarer n’être nullement choqué par le fait que ‘deux hommes qui s’aiment souhaitent se marier’, ceci montrant pour lui un ‘retour de la valeur mariage’… à mettre en parallèle avec l’hystérie qui s’empare à l’heure actuelle d’une bonne partie de l’UMP quant à la perspective du mariage homosexuel, ‘fin de toute notion de famille’ etc. etc. Ou encore, l’on peut citer le fameux ‘discours d’Argenteuil’ (inspiré, à l’époque, par Soral) où Le Pen expliquait en substance que des musulmans, des afro-descendants ou des métis ‘intégrés’, ‘patriotes’ et ‘respectueux des valeurs de la France’ valaient finalement mieux que des ‘français’ réputés ‘de souche’, mais ‘mondialistes’… La ligne politique se centrant, finalement, sur l’idée d’un ‘bien-être social des Français’ indissociable du ‘patriotisme’ politique et économique, de la lutte (‘réelle’ et pas ‘cosmétique’) contre l’immigration ‘sauvage’ et ‘ceux qui ne se sentent pas chez eux en France’, et contre la ‘subversion’ des ‘valeurs républicaines’ par l’’islamisation’, le ‘communautarisme’ des ‘ghettos créés par la gauche comme par la droite’, etc. ; ce qui est finalement une ligne d’apparence modérée totalement ‘Croix-de-Feu’ – ces discours ont, d’ailleurs, largement été à l’origine de la scission des éléments ‘durs’ qui se retrouvent aujourd’hui à l’UDN.

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme - Communauté : les marxistes léninistes
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Lundi 22 octobre 2012 1 22 /10 /Oct /2012 11:11

 

La question de la caractérisation du fascisme est une question qui traverse le mouvement communiste (si l’on fait débuter celui-ci avec la Révolution russe de 1917, et que l’on parle de ‘mouvement socialiste’ antérieurement) pratiquement depuis ses origines.

Ici même, sur Servir le Peuple, nous avons abordé récemment la question de la caractérisation comme ‘fascistes’, par certaines organisations maoïstes d’Amérique du Sud, des régimes de type Chavez, qui sont selon SLP des gouvernements réformistes bourgeois (résultant de la pression des ‘mouvements sociaux’ sur l’oligarchie, de l’ingouvernabilité générée – parfois – par ces mouvements sociaux, et éventuellement de l’émergence de ‘nouvelles couches’ et d’aspirations ‘émergentistes’ à tous les niveaux de la bourgeoisie – petite, moyenne, grande), démago-populistes, ‘endormeurs’ redistributifs des luttes ouvrières et populaires, social-traîtres, tout ce que l’on voudra, mais pas fascistes. Il ne s’agit pas là, pourtant, d’une élucubration groupusculaire, mais bien de la thèse d’Abimaël Guzmán ‘Gonzalo’, du Parti communiste du Pérou ‘Sentier Lumineux’ ; selon lequel ce qui caractérise principalement le fascisme, ce n’est pas la répression terroriste et systématique (policière, militaire et paramilitaire) de tout mouvement de masse organisé, révolutionnaire ou progressiste, associé à une certaine mobilisation de masse (par la propagande, l’appel à la délation, l’embrigadement dans des organisations de masse réactionnaires et/ou paramilitaires), mais AVANT TOUT la négation de la lutte des classes au profit d’une fraction de la bourgeoisie, à travers un discours (et un programme) ‘social’ en direction des classes populaires. En Amérique latine, ce ‘fascisme’ serait l’expression d’une branche spécifique de la grande bourgeoisie, la bourgeoisie bureaucratique qui prospère à travers l’appareil d’État, tandis que les dictatures militaires réactionnaires comme au Chili (Pinochet) ou en Argentine, les golpes réactionnaires comme au Honduras en 2009 ou la tentative de 2002 au Venezuela, seraient l’expression de la classe compradore.

dimitrovIl s’agit là, c’est le moins que l’on puisse dire, d’une thèse en ‘rupture’ avec la définition ‘classique’ du fascisme, celle donnée par l’Internationale communiste de Dimitrov en 1934 : "le fascisme est la dictature ouverte, terroriste, des éléments les plus réactionnaires et les plus impérialistes du capital financier" ; Dimitrov qui mettait également en garde contre le ‘schématisme’ qui, selon lui, ‘’désoriente le prolétariat dans la lutte contre son pire ennemi’’ [N'est-ce pas une manifestation de cette attitude schématique que l'affirmation de certains communistes assurant que l' « ère nouvelle » de Roosevelt représente une forme encore plus nette, plus aiguë de l'évolution de la bourgeoisie vers le fascisme que, par exemple, le « gouvernement national » d'Angleterre ? Il faut être aveuglé par une dose considérable de schématisme pour ne pas voir que ce sont justement les cercles les plus réactionnaires du Capital financier américain en train d'attaquer Roosevelt, qui représentent, avant tout, la force qui stimule et organise le mouvement fasciste aux Etats-Unis. Ne pas voir le fascisme réel prendre naissance aux Etats-Unis sous les phrases hypocrites de ces cercles en faveur de la « défense des droits démocratiques des citoyens américains », c'est désorienter la classe ouvrière dans la lutte contre son pire ennemi’ - Pour l'unité de la classe ouvrière contre le fascisme ; août 1935]

Pour SLP, la caractéristique principale du fascisme selon Gonzalo pourrait tout aussi bien s’appliquer à la social-démocratie, au réformisme bourgeois (certes considéré, un temps, comme ‘jumeau du fascisme’ par l’IC, avant de rejeter cette conception face aux évènements en Allemagne, et de prôner ‘l’unité à la base’ avec celui-ci à partir de 1934). Celui-ci, dans une société confrontée à une vaste agitation/contestation de masse, à un large ‘mouvement social’, ne consiste-t-il pas en effet à mettre en avant ‘l’intérêt général’, la ‘fraternité’ entre les ‘citoyens’, la ‘justice’ dans la ‘répartition des richesses’, un programme de ‘concessions’ démocratiques et sociales aux revendications populaires, une mobilisation dans de larges partis et syndicats réformistes – contre l’organisation révolutionnaire de classe ? Pourtant, s’il a souvent pu être dit (et bien souvent à raison) que la social-démocratie ‘pave la voie’ au fascisme, qu’elle ‘désarme le prolétariat et les masses populaires’ contre celui-ci, il ne viendrait pas à l’esprit d’un communiste sérieux de dire que la social-démocratie EST le fascisme…

La différence, dans le ‘sens commun’ des masses populaires (qui toujours 'indique le chemin' de la vérité), réside bien entendu dans le caractère répressif terroriste, violemment réactionnaire du fascisme – comme forme de gouvernement – contre toute organisation autonome, révolutionnaire ou simplement progressiste, du prolétariat et des classes populaires ; dans la conception du monde (celle de la social-démocratie étant humaniste, universaliste, libérale-progressiste bourgeoise et petite-bourgeoise, alors que celle du fascisme est nationaliste voire raciste, obscurantiste, barbare, autoritariste, policière ultra-répressive, militariste, vouant une haine meurtrière à l’’ennemi’ politique, national ou ‘racial’, etc. etc.). Le fascisme, lorsqu’il a écrasé toute organisation autonome (fut-elle totalement réformiste) de la classe ouvrière, de la paysannerie pauvre, des quartiers populaires etc., va certes généralement les remplacer par des organisations de masse de type corporatiste, liant les classes laborieuses aux intérêts du Capital et totalement contrôlées par le régime. Mais cela n’a rien à voir avec la social-démocratie, la ‘gauche’ bourgeoise qui, dans une situation de mécontentement social fort, va tenter par le biais d’organisations de masse réformistes de ‘concilier’, d’’équilibrer’ les intérêts du Capital et de la force de Travail. On peut dire, dans un sens, que dans tout ‘mouvement social’ de revendication il y a des ‘jaunes’, des ‘briseurs de grève’, des travailleurs qui se mettent au service du patronat (ou de l’État-employeur) contre le mouvement et ses revendications ; et que le corporatisme fasciste c’est le ‘jaunisme organisé’, systématisé voire (para)militarisé... mais le ‘jaunisme’ au sens de trahison totale des intérêts ouvriers, pas de tentative de concilier ceux-ci avec l’économie capitaliste (par l’obtention de concessions). Le fascisme ce n’est pas, contrairement à la ‘gauche’ bourgeoise,l’expression d’une bourgeoisie ‘faible’, qui ‘recule’ face à la contestation et ‘lâche’ des concessions démocratiques et sociales pour préserver l’essentiel – le système capitaliste. Le fascisme, c’est l’expression d’une bourgeoisie ‘DURE’, jusqu’au-boutiste, qui écrase sans pitié la contestation du capitalisme (et ensuite seulement, éventuellement, -notamment- par le pillage d’autres pays ou l’extorsion et l’exploitation impitoyable de secteurs ‘désignés’ de la population, accorde quelques mesures de ‘bien-être social’).

Certes, le débat a pu exister, parmi les intellectuels progressistes et démocrates bourgeois, mais aussi dans le mouvement communiste, sur la nature ‘fasciste’ de tel ou tel régime (Espagne franquiste, Portugal salazariste, Grèce des colonels, dictatures sud-américaines ou régimes autoritaires du ‘cordon sanitaire’ -anticommuniste- d’Europe de l’Est dans l’entre-deux-guerres), en raison de leur caractère ‘traditionaliste’ ou ‘ultra-conservateur’ et non ‘moderniste’, 'révolutionnaire', du caractère réduit de la mobilisation de masse, de l’absence de dirigisme étatique de l’économie, etc.

grand messe nazieSi l’on associe systématiquement le fascisme à la démarche ultra-moderniste qui animait l’Allemagne nazie ou l’Italie mussolinienne, alors, malgré la répression contre-révolutionnaire et anti-progressiste terrible qui frappait les masses populaires (bien plus qu’en Italie fasciste !), que dire de l’Espagne de Franco, avec son traditionalisme catholique et sa volonté, pratiquement, en tout cas jusqu’au milieu des années 1960, de maintenir ‘dans le formol’ l’Espagne semi-féodale du début du 20e siècle (en réprimant même les éléments modernistes que pouvaient être les bourgeoisies industrielles basque et catalane) ? Que dire du corporatisme d’Ancien régime et du conservatisme social catholique mis en avant par Salazar au Portugal, Degrelle en Belgique, et dans une large mesure Pétain en France ? Si l’on associe le fascisme à un guardiacivilÉtat ‘fort’ économiquement dirigiste, alors dans une certaine mesure le franquisme, ou les militaires brésiliens (1964-85) firent preuve d’un tel dirigisme. Mais la plupart des dictatures sud-américaines (Chili, Argentine etc.), généralement caractérisées comme fascistes pour leur extermination systématique des forces révolutionnaires et progressistes, firent au contraire de leurs pays les laboratoires du ‘néolibéralisme’, de la remise au capital privé de toute l’activité productive et de la plupart des ‘services publics’, à l’exception bien sûr des fonctions ‘régaliennes’ (répressives). Ceci n’empêchant nullement une forte mobilisation de masse, puisqu’il apparaît qu’encore aujourd’hui 1/3 des Chiliens (pas forcément des gens aisés) ont une vision positive de l’ère Pinochet, et qu’une nette majorité de Péruviens et de Colombiens approuvaient la politique contre-révolutionnaire terroriste (et économiquement ‘néolibérale’) de Fujimori et d’Uribe.

 

Faisons rapidement le point :

-         À l’origine, le fascisme, tel que défini par l’Internationale communiste de Dimitrov, paraît indissociable de l’impérialisme, du caractère impérialiste d’un pays donné. Ou, en tout cas, d’un très grand développement capitaliste et d’une très importante (sur)accumulation de capital et de la volonté d’’affirmer’  celui-ci sur la scène internationale (comme l’Italie ou le Japon). Il apparaît également indissociable d’un contexte de crise capitaliste profonde, d’agitation sociale forte avec des forces révolutionnaires en développement rapide, et (en raison de la crise) de course à la guerre pour le repartage impérialiste du monde.

-         Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, l’économie monopoliste mondiale s’est ‘réorganisée’, selon une nouvelle ‘division internationale du travail’, et une part considérable de la production de biens s’est déplacée vers les pays soumis à l’impérialisme, où s’est renforcée également la production de matières premières et des ressources énergétiques essentielles, tandis que les pays impérialistes évoluaient vers des économies de services et de consommation. L’on peut alors envisager l’apparition d’une nouvelle forme de fascisme : non pas la dictature terroriste de la bourgeoisie monopoliste la plus réactionnaire (directement) sur les masses laborieuses du pays impérialiste, mais la dictature des agents Relatives-of-victims-of-General-Augusto-Pinochets-military-(locaux) de la frange la plus réactionnaire de la bourgeoisie impérialiste ‘de tutelle’, sur les masses d’un pays semi-colonial. Les exemples furent légion au cours de la ‘Guerre froide’ (1945-90), et  beaucoup ne manquèrent pas d’une férocité de type nazi : Suharto en Indonésie, Mobutu au ‘Zaïre’, dictatures argentines des années 1960-80, dictatures guatémaltèques de 1978-86, régime d’apartheid sud-africain, dictatures militaires turques, sud-coréennes etc. etc. Et depuis 1990, malgré le proclamé ‘règne éternel de la démocratie’, les exemples n’ont pas manqué non plus : Fujimori et Uribe (chef de file des paramilitaires colombiens qui existaient déjà depuis des décennies) en Amérique latine, régime du ‘Hutu power’ au Rwanda, et une ribambelle de satrapes africains à la Idriss Déby, Sassou Nguesso, Charles Taylor, etc. etc. Avec la nouvelle division internationale du travail, et la mode rnisation subséquente des sociétés concernées, ces régimes ne se contentent plus de la dictature ‘traditionnelle’ des caudillos sud-américains d’antan ou des chefs traditionnels africains ‘relais’ de la colonisation directe, dictature faite d’encadrement des masses ignorantes (préoccupées essentiellement par la survie) par le clergé et les notables locaux, et de quelques fusillades à l’occasion : ils mobilisent en masse, sur des bases ethniques et/ou confessionnelles en Afrique et au Moyen-Orient (on peut inclure dans ce cas y compris les ‘blancs’ et plus largement les ‘non-noirs’ d’Afrique du Sud), ou en générant des ‘courants d’opinion’ contre le ‘terrorisme’ des forces révolutionnaires. L’on a vu le soutien populaire conséquent dont pouvaient bénéficier Pinochet au Chili, Fujimori au Pérou ou Uribe en Colombie ; on pourrait y ajouter les juntes guatémaltèques de 1978-86 avec leurs troupes d'élite ‘Kaibiles’ et leurs milices ‘d’autodéfense’ contre-révolutionnaires, mobilisées sur une base traditionaliste et nationaliste (contre une ‘agression russo-cubaine’) et auteures des pires exactions, qui comptaient près de… 900.000 hommes pour un pays de 7 millions d’habitants ( !) ; sans parler du ‘Hutu power’ mobilisant des centaines de milliers de Hutus rwandais contre la population tutsie (réputée soutenir les visées de l'Ouganda voisin et de l’impérialisme US contre la Françafrique), de la mobilisation des croyants indonésiens (musulmans, chrétiens ou hindouistes) contre les communistes et les progressistes en 1965-66, etc. Cependant, ces masses mobilisées, de manière paramilitaire ou au moins idéologiques, derrière la terreur contre-révolutionnaire, restent ‘coiffées’ par les ‘structures de domination traditionnelles’ : armée, clergé, appareil administratif bureaucratique et maillage local de ‘notables’ etc. Les organisations ultra-réactionnaires de masse restent ‘sous contrôle’ et ne se substituent pas, comme le NSDAP avec son appareil bureaucratique et militaire (Waffen SS) en Allemagne, à l’appareil d’État ‘traditionnel’.

Déjà, dans l’entre-deux-guerres, les pays d’Europe (non-impérialistes) situés entre l’Allemagne et l’URSS connaissaient des régimes comparables, pilotés par l’impérialisme (allemand ou franco-anglais) : des dictatures conservatrices, répressives, avec (et appuyées sur) des éléments fascistes (mouvements de masse mobilisés sur une base nationaliste ‘populaire’ et anticommuniste/anti-progressiste), mais gardant ceux-ci ‘sous contrôle’[1]. Les dictatures réactionnaires sud-européennes subsistant après 1945 (Espagne, Portugal, Grèce des colonels) présentaient également ces caractéristiques, dans des pays qui n’étaient pas, alors (l’Espagne a pu le devenir depuis), impérialistes (ces régimes étaient soutenus par l’impérialisme occidental dans le contexte anticommuniste de la Guerre froide).

-    TOUTEFOIS, parallèlement, cette nouvelle division internationale du travail a amené également un phénomène nouveau, quasi inexistant avant 1945. Dans certains pays, particulièrement d’Amérique latine et d’Afrique du Nord/Moyen-Orient, une classe dominante ‘forte’, conséquente, souvent préexistante à la domination impérialiste, a réussi à accumuler (voire à sur-accumuler) beaucoup de capital, pour lequel elle va chercher des débouchés d’investissement, et/ou qu’elle va utiliser pour ‘s’affirmer’ sur la scène internationale. Il va s’agir d’une bourgeoisie nationale (soumise à l’oligarchie liée à l’impérialiste, et ne supportant plus cette soumission), ou d’éléments de la bourgeoisie d’État (ayant ‘la main’ sur des ressources nationales lucratives), de grands propriétaires terriens ayant évolué vers l’agro-capitalisme, etc. En plus de la surproduction planétaire générale (absolue) de capital, à laquelle se heurtent les monopoles impérialistes eux-mêmes (d’où la ‘course à la guerre’), ce capital suraccumulé va se heurter aux capitaux étrangers (impérialistes) présents massivement dans son pays, et aux structures politiques, économiques et sociales (souvent archaïques) sur lesquelles s’appuie la domination impérialiste.

En prenant le pouvoir dans cette volonté d’affirmation, elle va tenir un discours évidemment nationaliste (contre l’impérialisme), et souvent ‘social’, ‘populaire’ (pour mobiliser les masses derrière elle contre celui-ci). Elle va, assez souvent, mettre en œuvre des mesures sociales améliorant conséquemment la vie quotidienne des masses. Mais, de par sa nature de classe (bourgeoise, ‘possédante’), elle va également (alternativement) encadrer ou réprimer les expressions/organisations autonomes du prolétariat et des classes populaires. Ses relations avec le mouvement socialiste/communiste seront variables, allant de la tentative d’’apprivoisement’ (des éléments les plus opportunistes) à la répression ouverte et chaveznodsystématique, ou parfois ‘en dents de scie’ (selon les périodes).

Les idéologies exprimant les visées de ce capital suraccumulé du ‘tiers-monde’ sont typiquement, en Amérique latine, le péronisme, l’APRisme ou le PRIsme mexicain (tous bien ‘rentrés dans le rang’ depuis), le ‘développementisme’ d’un certain nombre de juntes militaires ‘progressistes’ dans les années 1960-70, et aujourd’hui le chavisme et les ‘bolivarismes’ de tout poil ; dans les pays d’Orient, ce furent d’abord des idéologies 'laïcistes' telles que le baathisme ou le nassérisme arabes, le kémalisme turc antérieurement dans l’entre-deux-guerres (rentré dans le rang et totalement lié à l’impérialisme US après 1945), ou le mossadeghisme iranien, puis à partir de 1980 des idéologies national-islamistes, sur le modèle khomeyniste iranien chez les musulmans chiites, ou pilotées par l’Arabie saoudite, le Qatar et plus généralement les oligarchies pétrolières du Golfe chez les sunnites (salafisme, Frères musulmans, djihadisme type Al-Qaïda, etc.). Certaines de ces idéologies ressembleront fortement à la social-démocratie ou au social-libéralisme de type européen, d'autres au social-christianisme (comme l'AKP turc ou les Frères musulmans) avec un beaucoup plus fort conservatisme 'sociétal' sur une base religieuse, d'autres (toujours sur une base religieuse) présenteront des traits violemment réactionnaires (khomeynisme, salafisme), d'autres enfin, autour d'un leader 'charismatique' (souvent issu des forces armées), auront un aspect 'césariste', tribunicien, plébiscitaire faisant penser au fascisme (ou au gaullisme), tout en menant souvent une réelle politique de progrès social (l'Amérique latine est 'abonnée' à ces régimes, avec Perón hier et Chavez aujourd'hui, mêlant caractéristiques populistes 'fascistes' et politique social-réformiste généreuse ; Perón était toutefois plus ouvertement social-conservateur - inspiré, à l'origine, par la 'doctrine sociale' catholique de l'encyclique Rerum novarum -, anticommuniste, assumant la défense des intérêts capitalistes par sa politique sociale, tandis que Chavez se veut plus 'révolutionnaire', 'socialiste' voire 'marxiste'). L''émergentisme', la volonté de 's'affirmer' (affirmer le caractère national de la production) face aux 'grands' impérialistes de ce monde, est leur unique dénominateur commun.

La question de ces régimes et de ces idéologies a traversé (et souvent déchiré) le mouvement communiste tout au long de la seconde moitié du siècle dernier, et jusqu’à nos jours (à l’exception de l’islam politique sunnite, lié aux pétrodollars du Golfe, qui fait généralement l’unanimité contre lui - alors qu'il n'est pas forcément plus réactionnaire et sabre-peuple que certains régimes 'laïcs'). Pour certains, ils sont ‘anti-impérialistes’ et (au moins objectivement) ‘progressiste’ – les courants révisionnistes de type brejnéviens, tels que le PC syrien ou les PC du Venezuela, de Bolivie ou d’Équateur, allant jusqu’à se placer sous leur direction au nom de cela. Pour d’autres, leur caractère de mobilisation de masse derrière la bourgeoisie, sur une ligne nationaliste (ou religieuse) et ‘populiste’, en fait clairement des fascismes… Mais leur ‘rébellion’ vis-à-vis de l’impérialisme (même s’ils ne peuvent, comme régimes et idéologies bourgeoises, s’extraire sérieusement du système impérialiste mondial), le fait qu’ils ne soient pas l’émanation directe d’une fraction ‘dure’ d’une bourgeoisie impérialiste donnée, interroge cette définition ; même si d’un autre côté, dans certains cas (Iran, Syrie etc.) leur répression des forces communistes et authentiquement progressistes, et des aspirations démocratiques des masses populaires en général, peut au contraire pencher en ce sens. La vérité la plus probable est qu’ils sont, sur ‘’l’échiquier’’ de la révolution mondiale, des ‘’pions gris’’ qui peuvent, au gré des circonstances concrètes, être objectivement contre l’impérialisme et donc du côté de la révolution mondiale, ou (en écrasant les revendications populaires démocratiques) son farouche adversaire. La position de SLP serait finalement que chacun de ces régimes (et de ces forces lorsqu’elles ne sont pas au pouvoir) doit être analysé et jugé au cas par cas, en fonction de son attitude envers les masses populaires (le camp du peuple est notre camp) et le mouvement communiste/progressiste (internationalisme prolétarien).

-         De leur côté, les pays impérialistes actuels se divisent en deux groupes : les ‘déclinants’ (la ‘triade’ Amérique du Nord - Europe de l’Ouest - Japon) et les ‘émergents’ que sont la Russie et la Chine. Dans les premiers, avec la nouvelle crise générale qui sévit depuis les années 1970, on observe un ‘glissement réactionnaire général’ affectant tout le spectre politique bourgeois, depuis la social-démocratie de plus en plus ‘gestionnaire’ jusqu’au libéral-conservatisme de plus en plus ‘décomplexé’, avec la liquidation progressive de toutes les conquêtes sociales obtenues par les masses entre les années 1930 et 1970 (favorisée par la faiblesse et la veulerie du mouvement syndical et des forces réformistes et révisionnistes), le recul des conquêtes démocratiques pour aller vers un encadrement policier croissant des masses populaires, et la montée en puissance de forces d’extrême-droite ‘populistes’ qui s’installent durablement dans le paysage politique. C’est le phénomène que les PC maoïstes de France et d’Italie définissent comme ‘fascisme moderne’. Chez les seconds, l’affirmation sur la scène mondiale se fait sous la direction de régimes autoritaires, ‘verticalistes’, mobilisant les masses sur un fort nationalisme antioccidental et une accession progressive à la ‘petite prospérité’ (pour reprendre le terme chinois), c’est-à-dire la constitution d’une ‘classe moyenne’, permise par une croissance économique (malgré la crise) forte (prévisionnel 2012 : Russie 5,7%, Chine 7,5 à 8%) ; mais pratiquant également une forte répression policière contre toute ‘dissidence’. Ils appuient des régimes aussi ‘sympathiques’ que la junte de Birmanie, la dynastie ‘communiste’ de Corée du Nord, l’Iran des mollahs, la Syrie d’Assad, la Libye de Kadhafi etc. Les autres ‘émergents’, qui ne sont pas des pays impérialistes (Inde, Brésil, Afrique du Sud), mettent largement en avant les formes de la démocratie bourgeoisie, ce qui ne les empêche pas, ‘sur le terrain’, de pratiquer une violente répression contre-révolutionnaire et antipopulaire (comme le montrent l’opération Green Hunt contre les maoïstes en Inde, la répression des paysans sans terre ou les opération militaires ‘anti-criminalité’ dans les favelas au Brésil, ou le récent massacre de mineurs sud-africains en grève).

Ce qui ressort de ce ‘panorama’, c’est que dans la caractérisation du fascisme, les communistes, évitant l’écueil du schématisme dénoncé par Dimitrov, doivent en quelque sorte ‘doser’ correctement leur analyse de tel ou tel régime bourgeois : la mobilisation de masse, certes, dans des structures contrôlées par la bourgeoisie, mais sans aller jusqu’à oublier complètement l’aspect répressif terroriste et systématique, et confondre ainsi des social-démocrates ou des ‘tribuns’ réformistes bourgeois avec le fascisme ; et la violence répressive ouverte, la négation de toutes les formes ‘démocratiques’ libérales bourgeoises, mais sans oublier l’aspect mobilisateur de masse et ‘moderniste’ qui distingue le fascisme de la dictature réactionnaire ‘classique’. Il faut tenir compte du lien avec les monopoles d’une (ou d’un cartel de) puissance(s) impérialiste(s), sans réduire celles-ci aux seules puissances de la ‘triade’ occidentale (Amérique du Nord, Europe de l’Ouest et Japon, en ignorant la Russie et la Chine), et sans oublier non plus que des régimes ‘anti-impérialistes’ (‘émergentistes’) peuvent aussi être brutalement réactionnaires – comme suffit à le montrer l’exemple syrien…

 

Si l’on en revient au cadre politique dans lequel nous luttons, celui de la construction politico-militaire bourgeoise nommée ‘République française’, en quels termes se pose la question ?

Si par ‘fascisme’ l’on entend exclusivement les courants mettant en avant un programme ‘social’, ‘populaire’ voire ‘révolutionnaire’ de restructuration en profondeur du capitalisme et de l’organisation img 161211sociale hexagonale, dans un esprit d’"insurrection du capitalisme contre sa propre crise" ; alors, il faut le dire, nous n’avons affaire qu’à des courants relativement marginaux : l’Œuvre française/Jeunesse nationaliste ouvertement nostalgique du régime de Vichy (finalement héritière du francisme, cf. plus bas) ; le Front populaire solidariste de Serge Ayoub ; le Parti solidaire français de Thomas Werlet (qui se revendique ouvertement de l'héritage du PPF, cf. plus bas idem) ou encore les ‘nationalistes révolutionnaires’ de Christian Bouchet, évoluant au sein du FN (mais là, attention : il y a l’aspect ‘lobby russe’, qui veut placer l’impérialisme BBR dans l'orbite d'une ‘Eurasie’ dominée par la Russie ; comme il y a des ‘néocons’ (Droite libre) et une droite ‘ultra’ occidentaliste (des gens comme Guy Millières) militant pour un ’ancrage atlantique’ de l’impérialisme français). Sachant que mettre en avant tel ou tel alignement géopolitique n’est pas en soi synonyme d’une telle ‘révolution’/restructuration, pas plus que de prôner le ‘bon vieux’ protectionnisme comme le fait le FN (et quelques courants néo-gaullistes ‘souverainistes de droite’) – quant à la ‘relocalisation’ de la production prônée parfois, par les Identitaires notamment, elle devra très certainement être abandonnée une fois au pouvoir : même en passant littéralement au pilon le Code du Travail, on voit bloc identitaire Europeens et fiers de l etremal ce qui pousserait des capitalistes à exploiter la force de travail en Hexagone, plutôt que dans des pays où elle ne coûte que quelques euros par jour, pour des journées de 10 à 12 heures, corvéable et jetable à merci, etc.

Pour le reste, y compris la grande majorité du FN et de ses ‘dissidences’ d’extrême-droite récemment regroupées dans l’Union de la Droite nationale, et même pour les Identitaires, il conviendrait plus de parler de ‘DROITE RADICALE’, assumant l’accentuation plus ou moins progressive et radicale de la répression et de l’exploitation bourgeoise sur les masses populaires. Une caractérisation dans laquelle il n’y aurait, alors, aucun problème à inclure l’aile droite de l’UMP (notamment la Droite populaire) et ses satellites (MPF, CPNT), les ‘souverainistes de droite’ divers (qu’ils soient issus du gaullisme ou anti-européens sur une ligne occidentalo-atlantiste), les 'électrons libres' comme Eric Zemmour, Richard Millet ou le 'conseiller du prince' Patrick Buisson, etc. Les divergences apparaissant, finalement, secondaires : le FN assume plus la répression des masses populaires et la limitation des ‘libertés publiques’ et moins la destruction des concessions sociales arrachées par les travailleurs au long du 20e siècle (ceci amenant un euroscepticisme de type gaulliste ‘social’) ; tandis que l’UMP (sans être ‘laxiste’ sur le plan répressif !), assume plutôt l’inverse ; alignement géopolitique plus ‘euro-atlantiste’ de l’UMP et plus ‘eurasiste’ du FN, etc. Ou alors, il faut être cohérent-e-s et inclure TOUT sous la dénomination de 'fascisme' ou, en tout cas, de composante de la montée du fascisme en cours.

Et il en allait exactement de même dans les années 1930. Pour René Rémond, historien ‘officiel’ des Trente Glorieuses, il n’a même jamais existé, à proprement parler, de fascisme français, seuls des courants marginaux se réclamant ouvertement du fascisme italien (et pratiquement aucun, croix de feuouvertement, du nazisme allemand), et le principal parti de masse à la ‘droite de la droite’, les Croix-de-Feu/Parti social français du colonel De La Rocque, étant selon lui ‘trop conservateur’ et ‘pas assez hostile au régime parlementaire’… Un ‘travail de commande’ qui s’explique aisément dans son contexte historique ; puisqu’après-guerre, le programme politique, économique et social des Croix-de-Feu fut essentiellement repris… par le GAULLISME, notamment dans le programme du RPF (1947-55) – dont Rémond admettra, du bout des lèvres, qu’il était ‘’le moins éloigné de ce que l’on avait pris en France l’habitude de désigner comme le fascisme’’... – et dans celui du ‘coup d’État’ de 1958 qui verra la mise en place de la Ve République (si l’on ne peut pas parler, pour la France gaullo-pompidolienne de 1958-74, de fascisme, c’est uniquement parce que le contexte de prospérité économique et de mouvement ouvrier ‘contrôlé’ par le révisionnisme PCF-CGT ne s’y prêtait pas).

Il est clair que, si l’on entend le fascisme exclusivement comme programme ‘social’, ‘populaire’ voire ‘révolutionnaire’ de restructuration profonde du capitalisme contre sa propre crise, pratiquement personne dans les années 1930 ne se réclamait du nazisme allemand et seuls des courants très minoritaires se réclamaient du fascisme italien : le Faisceau (1925-28)[2], le PPF de Doriot (1936-44)[3] ou encore le Francisme (1933-44)[4]. De plus, dans cette acception du terme et contrairement à la thèse de Rémond, les Croix-de-Feu étaient beaucoup plus ‘fascistes’ que l’Action française (avant tout ultra-conservatrice, traditionnaliste) ou les formations successives de Pierre Taittinger (Jeunesses patriotes 1924-35, Parti républicain national et social ensuite), pour lesquelles on peut également et avant tout parler de ‘droite radicale’.

Et puis, étudier et comprendre le seul régime à caractéristiques fascistes qu’ait à ce jour connu la France, la Révolution nationale de Pétain (dans des conditions très particulières d’occupation étrangère, d’indépendance limitée puis proche de zéro à partir de l’automne 1942), c’est ne pas pouvoir ignorer le rôle de la Fédération républicaine (équivalent de l’époque… de notre UMP) tout au long des deux décennies qui précèdent : parti/groupe parlementaire de la bourgeoisie républicaine conservatrice et des ‘ralliés’ (bonapartistes, orléanistes, catholiques) au ‘compromis républicain’, connaissant après la Première Guerre mondiale (face à l’émergence du mouvement communiste) une évolution de plus en plus ultra-réactionnaire, et dont seront issus des cadres de premier ordre de la ‘Révolution nationale’ et de la collaboration, tels que Xavier Vallat (maître d’œuvre de la politique antijuive entre 1940 et 1942, connu aussi – entre parenthèses – pour ses fameux ‘’Mes raisons d’être sioniste’’ et ‘’Vive Israël, mort aux youpins !’’, lors de la Guerre des Six-Jours en 1967), ou encore Philippe Henriot, figure de la Milice et ‘’Goebbels français’’ de la propagande collabo… Taittinger, http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/1e/Pierre_Taittinger.jpg/450px-Pierre_Taittinger.jpgautre ‘’chef d’orchestre’’ des l’extrême-droite des années 30, siégeait également – en tant que député – dans le groupe de la FR, dont les Jeunesses patriotes assuraient le service d’ordre. Ce personnage avait d’ailleurs la caractéristique – expliquant, peut-être, son rôle ‘central’ dans la ‘fascisation’ de l’époque – d’être à la croisée des deux ‘traditions’ réactionnaires françaises : bonapartiste de conviction (président de l’Union de la Jeunesse bonapartiste de la Seine) mais également lié à la droite nationale-catholique des notables de ‘province’, parisien (né et mort à Paris) mais ‘provincial’ (mosellan) d’origine, élu député et conseiller municipal de Paris mais aussi maire d’une petite commune de Charente, fondateur à Reims du champagne portant son nom, ‘un pied’ dans la capitale et ‘un pied’ dans le ‘terroir’…

 

En résumé, si l’on part de l’affirmation que ‘’nous sommes au seuil des années 1930’’, l’on peut constater – il est vrai – un certain nombre de parallèle et de ‘troublantes’ similitudes politiques :

- http://medias.lepost.fr/ill/2011/09/05/h-4-2583035-1315235906.jpgl’UMP, avec ses tendances modérées, ‘humanistes et sociales’, ou ‘dures’, ‘reagano-thatchériennes’, conservatrices autoritaires, rappelle fortement la Fédération républicaine. Les Jeunesses patriotes de Taittinger assuraient, dans la seconde moitié des années 1920, le ‘service d’ordre’ de la FR ; l’UMP d’aujourd’hui peut compter dans les facs (contre les mouvements sociaux et les ‘gauchistes’) sur les gros bras de l’UNI et des diverses ‘corpos’ étudiantes (de Médecine et de Droit, surtout), électeurs du parti mais globalement beaucoup plus à droite que les ‘vieux’, et entretenant parfois des liens ouverts avec les groupes fascistes/fascisants (FNJ, Jeunesses identitaires, GUD etc.).

- la droite modérée (Modem, Nouveau Centre, Alliance centriste, villepinistes, radicaux de Borloo) se retrouve globalement assez bien dans l’Alliance démocratique, ou la droite libérale hostile au fascisme d’un Georges Mandel [dernière minute : la plupart de ces courants, à l’exception du Modem de Bayrou et des villepinistes, viennent de s’unir dans l’Union des Démocrates indépendants (UDI), ce qui devrait logiquement accélérer la droitisation de l’UMP] ;

- le PS, parti de la gauche bourgeoise (ultra) modérée, de pure gestion ‘sociale’ du capitalisme et ‘universaliste/droits-de-l’hommiste’ des intérêts de l’impérialisme BBR, rappelle fortement le Parti républicain radical et radical-socialiste de l’époque ;

-  le Front de Gauche rappelle la SFIO (bien que beaucoup moins important que celle-ci en 1930, beaucoup plus proche de son importance avant 1914) ; la ‘gauche radicale’ NPA ou LO évoque les courants à la gauche de celle-ci (notamment les pivertistes du PSOP, les socialistes/syndicalistes révolutionnaires etc.) ;

-  marinelepen alatribunele Front national/Rassemblement Bleu Marine trouve clairement son équivalent dans les Croix-de-Feu/PSF ; pour le coup, son importance est proche de celle de ces derniers juste avant la guerre (en tant que PSF, 1936-40) ;

-  le reste de l’extrême-droite fasciste/fascisante, de la ‘droite radicale’ des années 1930 retrouve aussi son équivalent dans l’extrême-droite ‘extra-FN’ d’aujourd’hui, essentiellement l’Union de la Droite nationale regroupant divers scissionnistes (MNR de 1999, Parti de la France et Nouvelle Droite Populaire de 2008-2009), exclus (Œuvre française/Jeunesses nationalistes, Terre et Peuple) et ‘recalés’ ('solidaristes' de Serge Ayoub, Renouveau français) du Front national ; et la mouvance du Bloc identitaire (souvent rejeté par les autres pour sa quête de 'respectabilité', accusé de se 'vendre au système' et à l'UMP). On y retrouve aussi bien des courants catholiques traditionnalistes (Renouveau français ou 'réseaux' de Bernard Antony - un temps proche du PdF, mais s'en est éloigné, hostile à l'alliance avec la NDP où milite le néo-païen Vial) et ‘mille terroirs’/'socialistes féodaux' (identitaires) qui font penser à l’Action française (le royalisme en moins), que des courants très proches de la définition ‘étroite’ du fascisme (Œuvre française/Jeunesses nationalistes) et des courants ‘populaires et sociaux’ rappelant le PPF de Doriot (Troisième Voie/Front populaire solidariste, qui entretient également des liens avec Égalité et Réconciliation d’Alain Soral, les nationalistes-révolutionnaires de Christian Bouchet, etc.). Ces courants sont unis dans une hostilité au FN/RBM de Marine Le Pen (jugé trop ‘complaisant’ et ‘respectable avec le système’), qui n’est pas sans rappeler celle de l’extrême-droite des années 1930, regroupée dans le ‘’Front de la Liberté’’, vis-à-vis des Croix-de-Feu (pour des raisons assez similaires). A l’époque, la Fédération républicaine appuyait ce Front pour affaiblir les Croix-de-Feu ; et c’est généralement l’accusation (d’être ‘pilotés par l’UMP’) que le FN adresse aux ‘dissidents’ (Identitaires ou UDN) d’extrême-droite actuels…

-  une différence ESSENTIELLE, c’est qu’il existe aujourd’hui une ‘gauche révolutionnaire’, un mouvement communiste au sens large (personnes rejetant le capitalisme et souhaitant une société socialiste, ou directement communiste), mais totalement atomisée, prisonnière de mille petits sectarismes (de 'cour de récré') ou prise dans la force d’attraction de la social-démocratie ‘radicale’ électoraliste (Front de Gauche, NPA, LO) ; et il n’y a pas, comme ‘au seuil des années 30’, un grand PARTI COMMUNISTE pour diriger et être le centre d’agrégation de toutes les forces révolutionnaires, anticapitalistes et antifascistes. L’ensemble de ces forces anticapitalistes et antifascistes est même quantitativement très inférieur au seul PCF (sans compter le reste : anarchistes, marxistes dissidents et socialistes révolutionnaires de la frange extrême-gauche de la SFIO) de 1930 ou 1935. Cela, alors même que le FN et l’extrême-droite en général ont largement atteint, voire dépassé, le niveau de leurs prédécesseurs de 1936-40…

 

Dans cette configuration, la 'formule' de mise en place du 'fascisme à la française' semble être la suivante :
- une 'radicalisation' réactionnaire, sous la pression de la crise générale capitaliste et de la montée de la contestation et des explosions populaires, de la 'droite de la droite' bourgeoise ; mouvement dans lequel sont également entraînés des éléments de la social-démocratie (comme aujourd'hui un Manuel Valls) voire des 'communistes' révisionnistes particulièrement social-républicains (comme André Gerin) ;
- émergence d'un grand parti 'césariste' réactionnaire (avec un discours ‘populaire’ et 'social') de masse (Croix-de-Feu, FN) ;
- ‘à l'ombre’ de ceci, un pullulement et un développement de courants 'ultras', fascistes 'révolutionnaires' à la Ayoub ou puisant dans la tradition national-catholique hexagonale (comme l’essentiel de l’UDN), avec parfois un côté 'socialisme féodal' (comme les Identitaires avec leur ‘relocalisation’, leurs thèmes ‘décroissants’ et écologistes ‘paysagistes’) ;
- impuissance et errements de la gauche réformiste bourgeoise, toujours face à la crise générale (échec des expériences de 1924-26, 1932-34 et même Front populaire de 1936, qui cède le pouvoir en 1938 à Daladier ; fiasco chaque fois plus grand des quinquennats PS depuis 1981).

- faiblesse et emprise réformiste, économiste, sur le mouvement ouvrier organisé, erreurs et opportunisme du mouvement communiste.

L’État français semble être une terre de fascisme s'installant 'à pas feutré', en préservant les http://img.over-blog.com/600x434/1/35/08/38//affiche-r-vachert-revolution-nationale.jpg'formes', à coup de 'petites phrases', seuls des courants marginaux (et non-unifiés) faisant beaucoup de ‘bruit’ (comme les Identitaires, spécialistes du 'buzz' médiatique 'métapolitique', avec leur récente action à Poitiers, pour 'l'anniversaire' de la victoire de Charles Martel sur les 'Sarrasins')... Ceci, jusqu'à ce qu'une 'catastrophe nationale' amène tout-un-chacun à tomber les masques, et à choisir son camp (il peut alors y avoir des surprises : ainsi, un Pierre Laval n'était pas spécialement à la 'droite de la droite' avant-guerre ; il était un Président du Conseil de centre-droit, pour finir en 1942-44 chef de gouvernement de la collaboration ultra).

La (grande) inconnue étant quel sera cet évènement ‘majeur’, ce ‘séisme politique’ qui sera le ‘catalyseur’ du saut qualitatif de la dictature bourgeoise vers la dictature réactionnaire terroriste ouverte. Une invasion et occupation étrangère, comme en 1940, paraissant aujourd’hui hautement improbable… Crise économique et sociale comme en Grèce, rendant le pays ingouvernable par les voies démocratiques bourgeoises ‘traditionnelles’, sans toutefois de véritable mouvement communiste fort et organisé présentant une alternative révolutionnaire ? Vague d’attentats ‘islamistes’ faisant des centaines voire des milliers de victimes ? On ne peut que se perdre en spéculations…

En attendant, le ‘fascisme moderne’ dont parle le PCmF fait penser à l’ambiance militaro-chauvine, colonialiste (hier au nom de la ‘civilisation’ contre la ‘barbarie’, aujourd’hui au nom des ‘droits de l’homme’ et contre le ‘terrorisme’), policière, antipopulaire et contre-révolutionnaire qui régnait dans les premières décennies du 20e siècle (‘ambiance’ évidemment renforcée, après 1918, par l’émergence de l’URSS et de l’Internationale communiste, dont nous n’avons pas l’équivalent aujourd’hui). À la différence, peut-être… que c’était alors une époque de progrès et de concessions sociales, alors que notre époque est celle du ‘grapillage’ par la bourgeoisie de tout ce qu’elle a dû accorder depuis 1945.

 

Finalement, en conclusion, si l’on essayait d’établir les ‘lignées généalogiques’ de la ‘droite radicale’ BBR, qu’obtiendrait-on ?

1°/ Une lignée bonapartisme (du 19e siècle) – boulangisme – Croix-de-Feu – gaullisme (RPF, UNR/SAC, puis RPR de Chirac à ses débuts) ; dont le FN tend depuis les années 1990 à se poser en continuateur (avec un certain nombre de ‘souverainistes de droite’ dont certains (Paul-Marie Coûteaux) sont pris dans son champ de gravitation) ; c’est finalement le ‘bonapartisme’ de René Rémond ;

2°/ Une lignée Adolphe Thiers – Fédération républicaine – CNIP – ‘droite décomplexée’ actuelle (Sarkozy-Copé) ; qui est finalement l’orléanisme de Rémond (sachant qu’il existe une ‘aile gauche’ de cet orléanisme, des gens comme Mandel hier et aujourd’hui les ‘dissidents’ du sarkozysme à la Bayrou, Borloo ou Nouveau Centre, hostiles à la ‘dérive droitière’ de l’aile droite) ;

3°/ En version ‘radicale’ de cette dernière, une lignée Maurras/Action française – ‘extrême-droite Taittinger’ des années 1920-30 – ‘Révolution nationale’ – ‘Algérie française’ et qui se retrouve aujourd’hui dans la mouvance du MPF (De Villiers) et de CPNT, du Bloc identitaire, de l’UDN, des ‘réseaux’ d’un Jacques Bompard ou d’un Daniel Simonpieri (‘notables’ provençaux d’extrême-droite) ; c’est, peu ou prou, le ‘légitimisme’ de Rémond ;

4°/ Enfin, il y a le courant ‘national et social’, partant du ‘fricotage’ de Georges Valois avec l’Action française dans les années 1910 (‘Cercle Proudhon’), passant par le PPF de Doriot et le nationalisme-révolutionnaire des années 1960-90, pour aboutir aujourd’hui dans le ‘solidarisme’ de Serge Ayoub, la ‘mouvance’ Dieudonné-Soral, le Parti solidaire de Werlet ou les ‘NR’ de Christian Bouchet. Ceux-ci étaient les seuls ‘véritables’ fascistes selon la mouvance 'antifasciste' qui s’était constituée autour du ‘p’’c’’mlm’...

La ‘gauche’ bourgeoise étant, elle, partagée entre ses deux traditions ‘historiques’, girondine (allant des sociaux-libéraux à la Strauss-Kahn aux libéraux-libertaires à la Cohn-Bendit) et jacobine (plus étatiste-dirigiste, ‘verticaliste’, ‘républicaine’, souvent eurosceptique : Montebourg, Emmanuelli etc.). L’une et l’autre étant toujours plus tirées vers la droite, soit sur la ligne de la ‘loi du marché’, de la ‘compétitivité’ dans une ‘économie mondialisée’ etc. (girondins), soit sur celle des ‘valeurs républicaines’, de la ‘laïcité’ et compagnie (jacobins)...

Enfin, on l’a dit, le mouvement communiste et le mouvement révolutionnaire anticapitaliste au sens large en sont, pour ainsi dire, à leur niveau idéologique et de structuration d’avant 1914, alors que le fascisme au sens large (fascisme ‘révolutionnaire’ et ‘droite radicale’) est à son niveau des années 1930…

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[1] Voici ce qu’en disait Dimitrov en 1935 : Nous en avons des exemples tels ceux de la Bulgarie, de la Yougoslavie, de la Finlande, où le fascisme, tout en manquant de base large, n'en est pas moins arrivé au pouvoir en s'appuyant sur les forces armées de l'Etat, et où il a cherché ensuite à élargir sa base en se servant de l'appareil d'Etat.

[2] Il s’agissait d’un mouvement monté de toute pièce par le grand-bourgeois (parfumeur) François Coty, cherchant à ‘plaquer’ artificiellement le modèle fasciste italien sur la réalité français, jusque dans le leader ‘venu de la gauche’ : Coty ‘dégotta’ ainsi un représentant de l’aile droite du syndicalisme révolutionnaire, Georges Valois, qui avait dans les années 1910 ‘fricotté’ avec l’Action française pour un programme antiparlementaire ‘national et social’. Mais ce plaquage artificiel se révéla rapidement impossible, n’’accrocha’ pas les couches populaires et se désintégra en à peine plus de deux ans, sous le poids de ses contradictions (entre la grande bourgeoisie anticommuniste et anti-réformiste de Coty et le social-réformisme ‘radical’ sincère de Valois, entre le programme ‘révolutionnaire’ initial du fascisme italien, qu’admirait Valois, et sa réalité réactionnaire de 1926-27, etc.). Valois (avec la plupart des cadres issus du syndicalisme révolutionnaire) revint vers la gauche ; il ne fut jamais réintégré par la SFIO, mais entra en résistance dès 1940 et mourut à Bergen-Belsen. Dans la seconde moitié des années 1920, la principale formation paramilitaire ultra-réactionnaire, qu’affrontait le jeune Parti communiste, était les Jeunesses patriotes de Taittinger.

[3] Formé, quant à lui, avec le financement du banquier Gabriel Le Roy Ladurie et dirigé par l’ancien cadre communiste et maire de Saint-Denis Jacques Doriot, exclu en 1934. Doriot était un personnage dévoré d’ambitions personnelles - devenues insupportables au sein du Parti - et qui, après son exclusion, poursuivait alors une quête de revanche personnelle contre celui-ci, qui se concrétisa lors de sa rencontre avec Le Roy Ladurie. Le PPF se voulait à l’origine un parti ‘populaire’ et ‘de gauche’ concurrent du PC, mais évolua rapidement (dès 1937) vers des positions fascistes ultras et sera sous l’Occupation le mouvement le plus farouchement collaborationniste et pro-nazi.

[4] Troisième plus important mouvement impliqué dans la collaboration en 1940-44. Le deuxième plus important (après le PPF) et ‘troisième larron’ fasciste ‘venu de la gauche’, était le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat, ‘néo-socialiste’ (aile ultra-droite de la SFIO) dont le ‘profil politique’, au ‘seuil des années 30’, évoque celui d’un Éric Besson ou d’un Manuel Valls (pour une gauche ‘moderne’, rompant avec le ‘marxisme archaïque’ etc.)

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 20:35

 

L'article qui suit n'est pas d'un auteur communiste ; mais il présente néanmoins un exposé très bien documenté et une analyse de classe (finalement) intéressante de la naissance de l'antisémitisme moderne (à l'époque capitaliste) en Allemagne. Une analyse qui montre bien que le nazisme exterminateur n'est nullement tombé du ciel ; contre la thèse qu'il serait une "crise de folie" ou un "envoûtement" collectif dans le contexte terrible de la crise de 1929... Au contraire, on voit bien comment l'antisémitisme nazi est clairement le prolongement de l'idéologie réactionnaire (à la fois antilibérale - au sens de libéralisme politique - et antisocialiste) qui a sous-tendu la formation de l'Allemagne, entre 1870 et 1900, d'Etat bourgeois fraîchement unifié à puissance impérialiste mondiale.

Une idéologie, également, nullement "anticapitaliste", mais au contraire totalement bourgeoise et petite-bourgeoise ; et nullement "révolutionnaire", mais au contraire impulsée au plus haut sommet de l'Etat (Bismarck, puis l'empereur Guillaume II lui-même...). Elle naît, en définitive, de "l'immigration intérieure" (couplée à une véritable immigration étrangère, aussi) des Juifs, émancipés (entre 1847 et 1869) des restrictions féodales qui pesaient sur eux et faisant "irruption" dans la société capitaliste allemande, aussi bien en tant qu'entrepreneurs, commerçants ou banquiers qu'en tant que travailleurs (vendeurs de force de travail), les uns se heurtant à leurs concurrents capitalistes, les autres aux autres vendeurs de force de travail... L'aristocratie (mutée en capitalisme agraire), quant à elle, associant irrémédiablement cette émancipation à la mort de la vieille société féodale, chrétienne, où "chacun était à sa place". Ce sentiment antijuif sera considérablement renforcé par la crise mondiale de 1873 et ses terribles conséquences (faillites entrepreneuriales, chômage). Et de ce sentiment, ne tardera pas à s'emparer la grande bourgeoisie (associée à l'aristocratie capitaliste agraire) la plus réactionnaire, comme instrument de lutte anti-démocratique, anti-progressiste, anti-socialiste.

Voilà qui fait penser, finalement, au discours anti-immigrés d'aujourd'hui : fondé sur le sentiment de concurrence ressenti aussi bien par les salariés que par les petits entrepreneurs ou commerçants ; associant l'immigré à "l'ennemi intérieur" depuis la guerre d'indépendance algérienne jusqu'à notre monde post-11-Septembre en passant par les attentats de 1986 et 1995 ; permettant de viser, à travers l'immigration, ses "complices socialo-communistes" ; il mute finalement en véritable théorie du complot : "Eurabia", un "djihad sournois" démographique et culturel, favorisé par les "mondialistes" qui veulent "détruire les nations", les Etats-Unis qui veulent anéantir la vieille Europe, et financé par l'argent du Qatar et autres...

A noter que cette analyse, portant sur l'Allemagne, est totalement transposable à l'entité francouille (où les Juifs ont été émancipés en 1791), à quelques détails près : l'aristocratie, catholique et non protestante, n'a pas muté en agro-capitalisme mais en une classe de rente foncière (plus faible) ; l'idéologie intégratrice des Lumières, plus forte qu'en Allemagne, amena une distinction précoce (dès la 1ère Guerre mondiale) entre "Juifs français, patriotes, anciens combattants, de droite" et "cosmopolites sans racines, anti-France, francs-maçons ou socialistes" ; tandis qu'en Allemagne, qui se voit depuis le Moyen-Âge comme le "fer de lance de l'Occident contre l'Asie", le caractère "asiatique", "khazar" des Juifs sera nettement plus mis en avant et le caractère "biologique" de l'antisémitisme triomphera au 20e siècle.

 

2.2 - Nationalisme, théorie des races, antisémitisme: l'antisémitisme dans l'empire de Bismarck

 

C’est ici le moment d’aborder la question de l’antisémitisme. Ce phénomène n’est nullement nouveau. Partout et à toutes les époques de l’histoire, les Juifs ont été persécutés, expulsés et assassinés. Tantôt on invoquait l’argument religieux, tantôt la fonction spoliatrice des Juifs ou encore leur qualité d’étrangers. Il n’est pas de notre tâche d’écrire cette histoire. Ce qui nous intéresse ici est le tournant qu’a pris le mouvement antisémite à la fin du siècle dernier en Allemagne.

À partir de 1870, l’antisémitisme s’est revivifié en Allemagne et a pris des formes tout à fait nouvelles. C’est ce pays qui le premier a organisé politiquement l’antisémitisme.[54] Des partis se formèrent, ayant pour seul but de combattre les Juifs. Les véritables origines du NSDAP, où l’élément antisémite joue un grand rôle, se situent à la jonction de ces courants politiques et du racisme biologique esquissé ci-dessus. Un historien du national-socialisme à même pu dire : « On ne peut comprendre l’histoire de ce parti que par l’esprit antisémite qui a influencé pendant presque 30 ans la politique intérieure de l’Empire allemand ».[55] Nous croyons donc utile de raconter brièvement les origines et l’évolution de cet antisémitisme. Nous essayerons en même temps d‘en expliquer les véritables mobiles.

La révolution française, en jetant à bas les privilèges féodaux et en émancipant le Tiers État par la proclamation de l’égalité entre tous les hommes, avait inséré les Juifs dans le reste de la nation. Ceux-ci devenaient citoyens au même titre que les Français. Peu à peu leur sort s’améliora aussi dans d’autres pays économiquement avancés, comme la Hollande et l’Angleterre. En Allemagne, cependant, l’industrialisation capitaliste se développa lentement et la féodalité subsista encore plusieurs décennies après sa chute dans les pays plus évolués d’Europe occidentale. Mais une fois en marche, l’évolution capitaliste ne pouvait s’arrêter en chemin.

Les privilèges dynastiques et féodaux qui empêchent ce développement sont foulés aux pieds et remplacés par la libre concurrence. Les capitalistes ont besoin de capitaux et de force de travail pour l’extension de leur entreprises. On ne pouvait exclure plus longtemps les Juifs de cette évolution. Comme le dit Kautsky : « Plus la concurrence est grande entre les fournisseurs de crédit, plus l’industrie en profite. »[56] Vis-à-vis de ces nécessités économiques, l’inégalité politique dans laquelle se trouvaient les Juifs était devenue par trop intenable. En 1847, après beaucoup de tergiversations, la Diète prussienne donna aux Juifs des droits égaux à ceux des citoyens chrétiens. Si en théorie les Juifs avaient ainsi obtenu l’égalité, ils restaient dans la pratique soumis à des mesures d’exception. Malgré cette loi, un Juif ne pouvait pas devenir juge, ni officier dans l’armée. En 1869 une loi, soutenue par le Premier ministre Bismarck, supprima ces dernières restrictions. Dans la classe féodale, cependant, ces mesures ne firent pas disparaître l’antisémitisme. Tout au contraire, il s’y revivifia. Quand les classes inférieures montent dans les classes supérieures, elles rencontrent des sentiments de répulsion et d’hostilité, surtout quand elles menacent l’existence de celles-ci, le phénomène est connu.[57] Ce n’est pas le sang étranger, mais le succès du sang étranger qui a fait naître le problème juif (Olda Olberg – Nationalsozialismus, p. 33). Ainsi le professeur Sulzbach montre que l’ascension des nègres est considérée aux États-Unis comme une perversité, tandis que les descendants des peaux-rouges occupent des fonctions élevées et jouissent de l’estime générale.[58]

L’opposition des « Junkers » prussiens à l’avancement des Juifs, tout en étant vive, demeurait inorganisée. Elle consistait surtout en intrigues sournoises pour bloquer l’ascension de cette nouvelle couche sociale. L’antisémitisme se constitua en mouvement politique au moment où la petite-bourgeoisie commença à embrasser ce type d’idées.

La crise violente, qui atteignit l’Allemagne après la guerre de 1870 contre la France, frappa surtout la petite-bourgeoisie. Favorisée par l’abondance de l’or français résultant du paiement de l’indemnité de guerre, l’économie allemande connut un incomparable essor qui dura jusqu’en 1873. Les succès sur les champs de bataille et la fondation de l’Empire, joints à cette prospérité économique, avaient réveillé dans la bourgeoisie allemande des espoirs illimités. La spéculation se propagea et on crut à un progrès indéfini. Mais l’évolution de l’industrialisation avait, pour la première fois dans l’histoire, déplacé le foyer de la crise, de la France et de l’Angleterre, vers l’Allemagne et les États-Unis.[59] En mai 1873, éclata un krach général. Les faillites se multiplièrent et toutes les classes furent cruellement touchées par ce formidable bouleversement économique. La panique fut générale dans ce pays qui n’avait jamais connu une pareille crise et la bourgeoisie vit brusquement fondre ses espoirs. On chercha les causes et on trouva le Juif. La colère de tous ceux qui avaient perdu leur capital par la spéculation se dirigea contre les banquiers juifs dont certains s’étaient maintenus. Ce courant de haine se manifesta chez les artisans et les petits boutiquiers qui se virent menacés dans leur existence par la concurrence des grands magasins, fréquemment entre les mains des Juifs. Sans doute y eut-il des Juifs qui avaient souffert par la crise, tout comme certains chrétiens en avaient tiré profit. Ce ne sont pas eux qui retenaient l’attention. On retenait seulement « Monsieur Kohn » qui, vingt ans auparavant, avait immigré sordide et crasseux en Allemagne et qui, maintenant, participait à la pompe resplendissante de l’Empire.

La presse commença à travailler. Bismarck, qui s’était engagé dans les opérations financières avec des banquiers juifs, fut soupçonné d’avoir favorisé ces derniers et fut attaqué par des journaux conservateurs (Kreuz-Zeitung). En général ces idées se limitèrent à un milieu assez restreint qui n’entretenait guère de contacts avec la petite-bourgeoisie. Il appartint à Adolf Stöcker, le prédicateur de la Cour impériale de Guillaume 1er, d’opérer l’union de ce milieu conservateur avec les grandes masses de la classe moyenne et ainsi de propager les idées antisémites dans de larges couches de la population. Vers 1880, il fonda un parti – appelé dans ses débuts Christlich-soziale Arbeiterpartei (parti chrétien social ouvrier) – par lequel il entendait combattre le matérialisme de la social-démocratie et résoudre le problème social par le recours à la charité.

Peu à peu, le parti se transforma. Après avoir été dissoute par Bismarck, la social-démocratie avait disparu de la scène politique. Resté seul, sans adversaire politique, Stöcker continua cependant son agitation. Devant l’insuccès qu’il rencontra dans la classe ouvrière, il dirigea son attention principalement sur la petite-bourgeoisie. Le nom du parti fut alors changé : on laissa tomber le qualificatif « ouvrier ». Stöcker découvrit que la cause de l’esprit matérialiste et mammoniste, résidait dans le Juif. La boucle est fermée. Un parti ouvrier utopique a donné naissance à un parti petit-bourgeois et antisémite, soucieux d’instaurer un soi-disant capitalisme chrétien. Il est impossible d’insister ici sur les pérégrinations de celui-ci. Wawrzinek a étudié l’origine et les changements de ce parti dans un excellent ouvrage.[60] Nous nous contenterons d’en résumer l’essentiel.

Bismarck qui, personnellement, se méfiait de Stöcker, n’interdit pas sa propagande et même la considérait d’un bon œil. Les milieux possédants craignaient l’influence grandissante de la social-démocratie qui, au début de son existence, entretenait une agitation violente. Ils voyaient dans l’antisémitisme un moyen pour détourner l’attention de la lutte des classes. Bien qu’il réprouvât les exigences sociales sur lesquelles Stöcker voulait fonder le capitalisme chrétien, Bismarck voyait également dans son antisémitisme une arme qui pouvait être employée dans la lutte contre le socialisme.[61] Or, ce mouvement ne se bornait pas à cette fonction de soupape de sécurité contre les tendances anti-capitalistes. La propagande antisémite avait sa dynamique propre. À Berlin, des Juifs furent molestés. Dans certaines provinces de Prusse, des Juifs s’étaient établis en grand nombre et faisaient la concurrence aux ouvriers et commerçants chrétiens. Parmi ces derniers, Stöcker avait trouvé un terrain propice. En Poméranie et dans la Prusse occidentale la persécution commençait. Des synagogues furent incendiées (Neustettin). Le mythe du crime rituel refit surface. Bismarck refusait toujours d’intervenir. Des journaux antisémites surgirent de tous côtés. Des congrès antisémites furent organisés. L’héritier de la couronne, le futur Empereur Frédéric III s’opposait bien à l’antisémitisme, mais il ne régna que cent jours. Dans un premier temps, son successeur, l’Empereur Guillaume II, se révélât un fidèle ami de Stöcker. Toutefois, par la suite, l’influence de celui-ci sur l’empereur s’affaiblit. Il est possible que les milieux financiers d’Angleterre et des États-Unis, avec lesquels l’Allemagne était contrainte de traiter, n’aient pas été étrangers à cette évolution. Stöcker fut poussé à démissionner de sa charge de prédicateur de la Cour. Son parti se divisa. Sous la direction de Friedrich Naumann, les éléments les plus radicaux formèrent un nouveau parti, le « National Sozialverein », qui fut absorbé en 1909 par la « Freisinnige Vereinigung ».

L’antisémitisme atteignit son apogée en 1889. La majorité de la petite-bourgeoisie était alors mobilisée sous le drapeau des partis antisémites. En 1892, le grand parti conservateur inséra encore dans son programme, connu sous le nom de « Tivoliprogramm », certaines revendications antisémites. Mais, au fur et à mesure que la situation économique s’améliorait, les conservateurs perdaient des voix. La bourgeoisie commença à oublier les catastrophes de « la période de la fondation ». Les ouvriers, quant à eux, étaient toujours restés en dehors de ce courant.

À ce moment précis, toutefois, apparaît un facteur tout à fait nouveau. L’antisémitisme avait jusqu’alors masqué les intérêts économiques qui le guidaient derrière des motivations religieuses. Le programme de Tivoli exprime encore très bien cette tendance quand il énonce qu’il veut éliminer les influences destructrices des Juifs en instaurant une autorité chrétienne pour le peuple allemand chrétien et en exigeant des instituteurs chrétiens pour un système scolaire chrétien. Avec l’amélioration de la situation économique, cet appel à la religion perdait de sa force. Qui plus est, les Juifs pouvaient se dérober facilement à cet antisémitisme religieux par la conversion.

L’apparition de la théorie des races donnera à l’antisémitisme nouveau une justification idéologique ainsi qu’un regain de vigueur. Déjà, en 1880, avait paru un livre dont le titre indiquait cette nouvelle orientation.[62] Ce livre constitue un document historique car il contient, de manière plus ou moins développée, toutes les idées et tous les arguments qui sont à la base de l’antisémitisme hitlérien. Le Dr Dühring reproche aux Juifs leur influence dans la presse et les finances, leur pénétration dans les professions libérales. Selon lui, cela prouve leur esprit corrompu, leur égoïsme et leur désir de dominer les autres peuples. Il en arrive ainsi à conclure qu’ils sont une race inférieure : « La physiologie et la biologie ne sont pas encore assez avancées pour émettre des jugements sur les fonctions organiques : les sécrétions, le sang, les nerfs, les muscles ; mais par l’observation, on peut déterminer la valeur des personnes et des peuples entiers d’après leurs actions. »[63] Il serait intéressant de rapprocher les écrits nationaux-socialistes de cet ouvrage et de comparer les arguments : même critique et même conclusions. Il existe cependant une différence : le racisme de Dühring se dirige exclusivement contre les Juifs. Ceux-ci sont inférieurs à tous les autres peuples qui ne peuvent être sauvés de la judaïsation que par l’exclusion des Juifs de la politique, de la jurisprudence, de la finance, de la presse de l’enseignement, etc. Pour être efficaces, ces principes d’exclusion doivent se baser sur la race et non sur la religion, qui permettrait toujours aux Juifs d’éluder ces mesures par le baptême. Les mariages mixtes sont une honte pour le peuple supérieur et doivent être légalement défendus.

Le parallélisme est frappant. Si le Dr Dühring n’établit pas de hiérarchie entre les autres peuples, il adresse tout de même un avertissement significatif à la France et à l’Angleterre qui se laissent gouverner par les Juifs comme Crémieux, Gambetta et Disraëli. À l’Allemagne incombe la tâche d’inaugurer la politique antisémite qui affranchira les peuples d’une domination insupportable. Voici l’essentiel de ce livre qui connut un assez grand succès. Il a influencé de nombreux auteurs antisémites et a directement contribué à la multiplication de leurs ouvrages. Par la suite, ce courant d’idées convergera avec les théories esquissées ci-dessus pour fournir une base unifiée à tout l’antisémitisme futur.

 

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http://www.resistances.be/images/enfantn.jpg

 

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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 20:13

(Copié-collé de l'article Wikipédia) :

 

Robert Soucy se démarque des vues de nombreux chercheurs français selon lesquelles les http://pmcdn.priceminister.com/photo/Soucy-Robert-Fascisme-Francais-1933-1939-Mouvements-Antidemocratiques-Livre-894528574_ML.jpgorganisations fascistes de la France de la fin des années 1930 furent « marginales », que le « vrai fascisme » ne peut être défini que comme la synthèse du nationalisme et du socialisme (« ni droite, ni gauche »), et que l'une des raisons pour lesquelles les Croix de Feu/Parti social français (CF/PSF) du colonel François de La Rocque ne peuvent être considérés comme fascistes est qu'elles étaient socialement trop conservatrices. Soucy reconnait que certains mouvements fascistes français, tels que le Front commun de Gaston Bergery et les néo-socialistes de Marcel Déat ont été – ne fût-ce que pour de courtes périodes – plus de gauche que de droite, mais il soutient que les plus grands mouvements fascistes français (le Faisceau de Georges Valois, les Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger, Solidarité française de François Coty, le Parti populaire français de Jacques Doriot et les CF/PSF du colonel de La Rocque) ont été d'ardents défenseurs du conservatisme social et des intérêts économiques de la grande bourgeoisie. Soucy soutient que les hommes de gauche qui ont rejoint ces mouvements ont rapidement abandonné leurs convictions de gauche, que les objectifs de ces fascismes (y compris ceux du mouvement de Doriot après 1937) allaient du conservatisme social à la réaction, que leurs principaux bailleurs de fonds étaient issus du monde de l'entreprise (La Rocque et Doriot touchaient tous deux des fonds du Comité des forges), et que, exception faite du PPF de Doriot avant 1937, aucun de ces mouvements ne jouissait de soutien significatif de la classe ouvrière1. Soucy fait valoir que trop d'historiens ont pris pour argent comptant la rhétorique « socialiste », ou le double langage de certains de ces mouvements, en oubliant la façon dont celle-ci a pu être contredite à maintes reprises par leurs positions touchant aux questions sociale, économique et politique. Comme l'un de leurs précurseurs, le cercle Proudhon, qui honorait moins le premier Proudhon de « la propriété, c'est le vol » que le second, beaucoup plus conservateur, ces organisations étaient beaucoup plus nationalistes que socialistes.

Robert Soucy souligne que tous les conservateurs français des années 1920 et 1930, en particulier les membres de l'Alliance démocratique et du Parti démocratique populaire des années 1930, n'ont pas subi l'attrait du fascisme, mais il considère les fascismes français les plus aboutis de l'époque, ceux comptant le plus grand nombre d'adhérents, comme des « variantes » ou des « extensions » du conservatisme social en crise, comme autant de mouvements à avoir bénéficié de la réaction de la droite à la victoire du cartel des Gauches en 1924 et du Front populaire en 1936. Il soutient notamment que les Croix de Feu/Parti social français, le plus grand mouvement de la droite française en 1937, avec un nombre d'adhérents supérieur à celui des partis communiste et socialiste réunis, ont constitué l'une de ces variantes fascistes. Soucy décrit plusieurs caractéristiques partagées par les CF/PSF avec les autres fascismes européens de l'époque et il élabore une définition également à multiples facettes du fascisme lui-même.

Là où Robert Paxton et Philippe Burrin ont décrit certains conservateurs des classes supérieures à avoir soutenu le fascisme comme « alliés » ou « complices » du fascisme, mais non comme fascistes eux-mêmes, Soucy fait valoir que cet « essentialisme sélectif » évite aux membres des élites traditionnelles, mais non à ceux au-dessous eux, d'être considérés comme fascistes. Pour Soucy, les différences entre conservateurs autoritaires non-fascistes et conservateurs autoritaires fascistes étaient souvent plus une question de gradation et de tactiques que d'essences fixes ou irréconciliables. Par comparaison avec les conservateurs autoritaires non-fascistes, les fascistes affichaient une haine plus virulente de la « décadence », un désir plus nettement marqué d'engendrer un grand nombre d'« hommes nouveaux », un plus grand recours à la jeunesse – la « virilité » étant érigée en idéal –, et le caractère plus farouche de leur nationalisme. La démonologie pratiquée par les fascistes, qui accusaient plus durement les communistes, les socialistes, les francs-maçons, les internationalistes, ainsi que – mais pas toujours – les Juifs, de la plupart des maux de la nation, était également plus virulente que celle de nombre de conservateurs. Le goût pour la répression de ces éléments « antipatriotiques » était beaucoup plus marqué chez les fascistes, qui étaient également plus disposés à s'engager dans des activités paramilitaires et qui voulaient appliquer les valeurs militaires de discipline, d'obéissance, d'anti-hédonisme, etc. à l'ensemble de la société. Alors que les conservateurs traditionnels se méfiaient du populisme, fût-il d'extrême-droite, les fascistes ambitionnaient de mobiliser « les masses ». Ce faisant, les fascistes faisaient écho à un idéal également encouragé par d'autres conservateurs, à savoir l'insignifiance des différences matérielles entre classes sociales par rapport aux valeurs « spirituelles » et à l'unité de la nation. Les fascistes français exhortaient leurs adhérents à revitaliser « l'esprit des tranchées » de la Première Guerre mondiale, lorsque travailleurs et bourgeois, paysans et aristocrates avaient combattu côte à côte les ennemis de la nation. Soucy soutient que le mouvement de La Rocque présentait, à divers moments, toutes ces caractéristiques.

Soucy estime que, dans les années 1930, plus les conservateurs autoritaires non-fascistes français (et même conservateurs précédemment démocratiques) s'estimaient menacés par la gauche, plus ils étaient sensibles aux sirènes du fascisme. Aucune attaque sérieuse contre les élites traditionnelles ou de leurs intérêts économiques n'était (du moins en temps de paix) exigée des conservateurs sociaux qui optaient pour l'alternative fasciste. Un thème récurrent dans les écrits des fascistes français de Valois, Taittinger et Coty à La Rocque, Bucard et Doriot (ainsi que de Mussolini à Hitler), était que la conciliation – sur une base conservatrice – entre les classes devait se substituer aux luttes de classe (en particulier les grèves ouvrières). Dans un certain nombre de cas durant la Grande Dépression, les intérêts communs entre fascistes et conservateurs non-fascistes ont effacé des divergences pour les remplacer par une « fusion » accompagnée d'une interpénétration idéologique dans les deux sens.

Pour Soucy, la rhétorique « anti-bourgeoise » d'intellectuels fascistes, comme Robert Brasillach ou Pierre Drieu La Rochelle, faisait référence aux bourgeois « décadents », c'est-à-dire les bourgeois libéraux, démocratiques, hédonistes, complaisants envers le marxisme, non les bourgeois « virils »2. En réponse au Front populaire, de nombreux anciens fascistes et d'autres qui étaient contre-révolutionnaires, catholiques, traditionalistes et réactionnaires, rejoignirent le PSF de La Rocque. Un grand nombre de conservateurs précédemment démocrates, qui avaient regardé La Rocque avec répugnance avant 1936, furent dès lors prêts à passer sur ses nombreuses déclarations antidémocratiques et ses menaces paramilitaires de renverser le gouvernement par la force des deux années précédentes. Lorsque le nouveau gouvernement du Front populaire interdit les CF à l'été 1936, La Rocque les remplaça par le PSF, affirmant qu'il était maintenant un politicien démocrate ; cette conversion supposée fut vite oubliée en 1941 lorsque La Rocque devient un fervent partisan du régime de Vichy. Soucy fait remarquer aux historiens qui affirment que les discours « démocratiques » de La Rocque dans les années 1936 à 1940 prouvent qu'il n'était pas fasciste (et que ceux qui l'ont soutenu, y compris d'anciens membres des CF, l'ont également cru), que La Rocque n'a pas été le seul fasciste de l'époque à avoir tenté de parvenir au pouvoir par la voie démocratique, dès lors que les chances de succès d'un coup d'État paramilitaire s'avéraient irréalistes : tel était le choix qu'avait effectué par Hitler, après l'échec du putsch de Munich en 1923, il a accédé légalement au pouvoir une décennie plus tard.

Soucy affirme que la « fluidité » de l'idéologie et des tactiques fascistes constitue un défi pour les historiens qui insistent pour imposer des taxonomies statiques à une idéologie fasciste en mouvement. Le fascisme italien donne un exemple majeur de cette fluidité lorsque Mussolini, d'abord socialiste, effectua un virage à droite brutal, après l'énorme défaite subie par son mouvement du Fascio national « syndicaliste » aux élections de 1919. Soucy critique également les définitions du fascisme qui exigent que les fascistes, pour être considérés comme tels, se soient comportés, avant leur arrivée au pouvoir, exactement de la même façon « totalitaire » qu'après leur arrivée au pouvoir. Soucy considère que trop d'historiens ont eu tendance à exonérer les CF/PSF en définissant le fascisme de façon ahistorique et en prenant pour argent comptant la rhétorique « démocratique » de La Rocque après l'interdiction des CF en 1936.

Soucy est également en désaccord avec les historiens qui dépeignent La Rocque comme trop « modéré » pour être fasciste, et comme quelqu'un qui croyait en la « légalité républicaine », qui désapprouvait la violence politique, qui était un vrai démocrate, et qui était, de surcroît, opposé à l'antisémitisme. Soucy cite diverses déclarations de La Rocque qui contredisent ces interprétations, parmi lesquelles : en 1935, La Rocque condamnait « les modérés » devenus, selon lui la proie du « compromis et de l'hésitation3 », appelant les Français à se dresser contre la menace de la révolution communiste et de « son alliée sordide la révolution »3. En 1941, il rappela à ses lecteurs « combien de fois, jadis, n’avons-nous pas condamné les « modérés » 4? » « Ce sont gens de mignardise. Ce sont gens de mollesse5. » Parvenu, au cours de l'hiver 1935-36, à la conclusion que les circonstances n'étaient pas favorables à un coup paramilitaire, La Rocque choisit de briguer l'accès au pouvoir par les voies électorales, bien qu'il ait, à cette époque, déclaré à ses troupes que « La seule idée de briguer un mandat me donne des nausées : c’est une question de tempérament6. » « L’hitlérisme, a-t-il rappelé, est devenu une force politique prépondérante seulement le jour où, en 1930, il a fait entrer cent sept des siens au Reichstag7. »

Soucy indique également que La Roque félicita, en 1933, les membres des CF qui se livrèrent, de 1931 à 1933, à de « nombreux » assauts contre les réunions pacifistes. Il en dirigea d'ailleurs une lui-même en 1933. En 1934, il commandait, à partir de son « poste de commande » à quelques rues de la Chambre des députés, la participation (de façon « disciplinée ») de ses troupes aux émeutes « fascistes » du 6 février 1934 qui se soldèrent par la démission de Daladier et la chute de son gouvernement du Cartel des gauches le lendemain. En octobre 1936, trois mois après la création du PSF « démocratique », quelque 15 000 à 20 000 militants du PSF affrontèrent violemment des militants communistes lors d'un meeting du PCF au Parc des Princes. Trente policiers furent blessés dans les affrontements. Un mois plus tard, La Roque décrivait la violence de ses partisans au Parc des Princes comme une « levée en masse » spontanée, qui avait contenu « l'arrivée au pouvoir d'un complot communiste8. »

Bien que La Rocque se soit, comme Mussolini au cours de sa première décennie au pouvoir, opposé à l'antisémitisme biologique et qu'il ait défendu les juifs assimilés, en particulier ceux de droite, dont Kaplan, le rabbin de Paris et les anciens combattants de 14-18, La Roque s'est, après 1936, laissé aller de plus en plus à un antisémitisme culturel et politique ciblant les immigrants juifs, en particulier, ceux du Front populaire. En 1940, il dénonce la « purulence juive9 » soutenue par les « complots9 » francs-maçons et, en 1941, il accuse les immigrants juifs d'avoir sapé la « moralité9 » et la « santé9 » de la nation et – de nouveau avec les francs-maçons – d'avoir contribué aux « vices mortels9 » de la France. En 1941, il exhorta Vichy à entreprendre, avec « une résolution impitoyable9 », l'« extirpation intégrale des éléments contaminés9 » de la société française.

Soucy remet également en cause l'argument selon lequel le mouvement de La Rocque n'était pas fasciste parce qu'il était une forme de « catholicisme social patriotique », c'est-à-dire trop nationaliste et trop catholique pour être fasciste. Pour Soucy, on pourrait appliquer la même description à la faction dominante du Partito Nazionale Fascista (PNF) de Mussolini après la signature des accords du Latran réconciliant le régime fasciste et le Vatican en 1929. Non seulement le grand nombre de catholiques qui affluèrent au PNF après 1929 laissèrent leur marque sur l'idéologie fasciste en Italie, mais Pie XI remercia Mussolini d'avoir mis en œuvre le « catholicisme social » prôné par l’encyclique Rerum novarum. De même, tous les fascistes n'étaient pas non plus « modernistes » esthétiques. Les historiens qui supposent que le fascisme et le catholicisme (en particulier de droite) sont comme l'huile et l'eau ignorent que, pendant les années 1930, un bon nombre de « fusions » eurent lieu, y compris l'existence d'importantes mouvements fascistes catholiques en Espagne, au Portugal, en Pologne, en Autriche, en Hongrie, en Croatie, en Bolivie, en Argentine, au Chili et au Brésil. Soucy affirme que, même si de nombreux catholiques ont rejeté le fascisme au cours de l'entre-deux-guerres (il note, par exemple, que plus de protestants que de catholiques ont soutenu le nazisme en Allemagne dans les élections de juillet 1932, 38% contre 16%), des catholiques comme Valois, Taittinger, Coty, Bucard et de La Rocque ont bien été les porte-parole d'une forme française de fascisme, dont les origines intellectuelles en France remontent aux années 188010.

Soucy récuse également l'hypothèse selon laquelle La Rocque n'était pas fasciste parce qu'il était très nationaliste et très opposé à une invasion de la France par l'Allemagne dans les années 1930. Il fait remarquer que La Rocque était loin d'être le seul fasciste européen de l'époque à être très nationaliste. La plupart d'entre eux, y compris Hitler et Mussolini, l'étaient et aucun ne voulait voir son pays conquis par une autre nation, fût-elle fasciste. Ceci n'a toutefois pas empêché de La Rocque d'écrire en 1934 que le Duce est un « génie11. » et que « l'admiration que mérite Mussolini est incontestable11 ». Tant dans les années 1930 qu'en 1941, La Rocque demandait à la France de s'engager dans une « solidarité continentale » (non un assujettissement) avec l'Italie fasciste. En 1941, il a également soutenu la « collaboration continentale » avec l'Allemagne nazie à la condition que la France soit traitée en partenaire égale. C'est quand il est parvenu à la conclusion, au début de 1942, que celle-ci n'allait pas se produire et que la guerre commençait à tourner au désavantage des Allemands, qu'il a formé son propre réseau de Résistance, avant d'être arrêté par la Gestapo et de passer le reste de la guerre dans les prisons allemandes. La Rocque est d'ailleurs loin d'avoir été le seul fasciste français à rejoindre la Résistance. Pour Soucy, cet engagement prouve que La Rocque était un fasciste français ultranationaliste.

 

 


 

Robert Soucy, né le 25 juin 1933 à Topeka, est un historien américain.

Il est surtout connu pour ses travaux sur le fascisme français qui portent, en particulier, sur les intellectuels et les écrivains appartenant à cette mouvance. 

Ses thèses ne font pas l’unanimité auprès de certains fascistologues qui mettent en question le rapprochement qu’il fait entre Maurice Barrès et le fascisme. Ses travaux ont été remis en question notamment par les historiens Zeev Sternhell, Michel Winock et Serge Berstein. Soucy a répondu à ces critiques dans deux ouvrages1. Dans ses deux derniers livres, Soucy se concentre beaucoup plus sur les mouvements fascistes que sur les intellectuels fascistes, en s’appuyant amplement sur les rapports de la police française de l’époque2.

Dans son livre Fascismes français ? 1933-1939 : mouvements antidémocratiques, il présente une version révisée et augmentée de l’édition américaine française French Fascism, the Second Wave, 1933-1938, avec un chapitre sur les intellectuels fascistes français Bertrand de Jouvenel, Pierre Drieu La Rochelle, Robert Brasillach et Louis-Ferdinand Céline.

 

Une analyse dans laquelle peut se retrouver à 99% Servir le Peuple.

Pour comparaison, voici la thèse de Zeev Sternhell, que SLP rejette globalement, comme thèse se posant en défense du libéralisme bourgeois selon lequel "les extrêmes se rejoignent" (puisqu'il est dit, explicitement, que c'est sa tradition "anti-libérale" qui fait de la France la "matrice" du fascisme) :

 

L’historien Zeev Sternhell a renouvelé l’approche du fascisme français exposant que la France est le vrai berceau du fascisme, même si celui-ci n'est pas arrivé au pouvoir avant 1940. Zeev Sternhell expose que l’idéologie fasciste est née en France de la rencontre intervenue peu avant la Première Guerre mondiale d’un nationalisme anti-républicain (Action française) et du syndicalisme révolutionnaire (Georges Sorel), au sein notamment du Cercle Proudhon de Georges Valois. Pour Zeev Sternhell, la France est même une terre propice au fascisme compte tenu d’une forte tradition anti-libérale prônant une société organique (anti-individualisme, anti-parlementarisme). Cependant, le fascisme ne saurait se confondre avec l’ancienne idéologie contre-révolutionnaire. Le fascisme étant un mouvement propre à l’ère de masse du XXe siècle, il naît de la fusion du nationalisme, d’éléments d’extrême droite et d’éléments de gauche (Mussolini en Italie ; Georges Valois, Marcel Déat et Jacques Doriot en France ; Goebbels en Allemagne, etc.).

Dans Ni droite, ni gauche, l’idéologie fasciste en France, Zeev Sternhell étend ainsi le terme fasciste aux néo-socialistes, planistes, technocrates, voire certains personnalistes des années 1930 (tous groupes que l’on peut regrouper sous l’appellation large de non-conformistes des années 1930, en reprenant le titre d'un ouvrage de Jean-Louis Loubet del Bayle.) Cette extension du terme « fasciste » est contestée par la majorité des historiens français, sur le fond et pour sa méthode, qui amalgame des textes détachés de leur contexte logique et chronologique, tout en donnant à ce qu'il appelle le « fascisme » des caractéristiques qui ne lui sont pas habituellement associées.

En fait, les années 1920 et encore plus 1930 ont été marqués par un intense bouillonnement idéologique. Au sein de tous les partis, des hommes réfléchissent à des solutions nouvelles. À gauche (SFIO et même PCF) pour renouveler la vieille pratique guesdiste au profit d’un socialisme réformiste qui n’avait jamais auparavant été théorisé. À droite pour dépasser le libéralisme parlementaire alors que la Troisième République ne parvient pas à se réformer pour gagner en stabilité (voir la tentative avortée du président Gaston Doumergue pour renforcer les institutions en 1934).

Des hommes de tous bords ont pu échanger des idées nouvelles au sein de multiples groupes de réflexions (X-Crise, etc.) et revues (Nouveaux cahiers, Plans, etc.). Ces hommes rentrent, pour Zeev Sternhell, dans le cadre large du fascisme pour les raisons suivantes :

  • Dans leur quête de nouveauté, ils envisagent de nouvelles solutions non libérales et antiparlementaires et regardent même parfois explicitement du côté des régimes fascistes qui paraissent alors jeunes et modernes. Plutôt que de « fascisme » au sens plein, on peut souvent parler pour ces hommes de « tentation fasciste » ou de « séduction fasciste », du moins tant que l’intérêt ne dure pas.
  • Au sein de ces groupes et revues, les futurs résistants travaillent avec les futurs vichystes ou collaborateurs, avec les mêmes mots et les mêmes idées. La distinction entre fascistes et non-fascistes n’est souvent possible qu’après 1940. C’est alors que se fait le choix décisif : profiter de la chute de la République pour imposer ses idées alors qu'il y a place pour des expériences nouvelles (ceux-là tomberont dans le régime de Vichy et la collaboration), ou donner priorité (par patriotisme ou par républicanisme) à la Libération du pays avant de le réformer (ceux-là seront résistants, puis mèneront les grandes réformes des Quatrième République et Cinquième République). L’attitude sous l’occupation reste le juge de paix entre fascistes et non fascistes qui ne doit pas faire oublier les convergences de projets avant-guerre.

Le cas de Georges Valois est mis en exergue, mais c'est évacuer un peu vite qu'il fut UN cas au milieu de centaines de milliers de "SR" qui, eux, tout en ayant des théories erronées (anti-Parti), combattirent vaillamment la montée du fascisme, le régime de Vichy et l'occupation nazie jusqu'en 1945... De la même manière que, si Mussolini venait du socialisme italien, des dizaines de milliers de socialistes combattirent vaillamment contre sa montée au pouvoir (1919-22), et tout au long de son régime jusqu'en 1945.

Et Doriot, lui, n'était-il pas issu du "PCF révolutionnaire des années 30-40" que célèbrent les partisans "maoïstes" de Sternhell ?

En réalité, le "Faisceau" de Valois, financé par des grands capitalistes comme François Coty, semble avoir été une tentative "mécanique" de copier le modèle fasciste italien, jusque dans le leader venu du mouvement socialiste... Une "greffe" qui ne prit pas, et le mouvement s'effondra après 2 ans et demi d'existence. Valois (on omet souvent de le dire) tentera de revenir vers la social-démocratie (mais la SFIO, en raison de son passif, ne l'acceptera plus dans ses rangs).

À noter que le fait que Robert Soucy soit américain est évidemment d'une grande importance, face à toute une "école française" incarnée notamment par René Rémond, cherchant à nier qu'il y ait jamais eu un véritable fascisme en France, pour faire de Vichy et de ses crimes une simple conséquence accidentelle de l'invasion allemande... Le discours, en somme, de Vichy "nul et non avenu" tenu par les gaullistes en 1944, prétendant couper la "Révolution nationale" de tout le background de l'extrême-droite et de l'ultra-conservatisme BBR des années 1920-30... background dont beaucoup étaient eux-mêmes issus !

 

croix-de-feu.jpg

 

Voir aussi :

Enjeux - La Rocque et le fascisme français

Réponse à Michel Winock - par Robert Soucy

 

 


 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 18:06

 

Ce qui suit peut venir en excellent complément à l'article Critique des ralliements "ML" au Front de Gauche, sur la nature de la gauche bourgeoise.


Sur Le Progrès (quotidien de la région lyonnaise) : http://www.leprogres.fr/politique/2011/10/08/les-identitaires-appellent-a-voter-pour-montebourg

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/06/Arnaud_Montebourg2.jpg/220px-Arnaud_Montebourg2.jpgManifestement, la volonté d'Arnaud Montebourg de s'opposer à la mondialisation peut séduire au-delà de la gauche. Le Bloc Identitaire a créé la surprise aujourd'hui non seulement en appelant ses sympathisants à participer à la primaire socialiste mais en donnant qui plus est une consigne de vote.

Mouvement politique de petite taille, contraint de se retirer de la course à l'Elysée faute de parrainnages, le Bloc Identitaire veut soutenir le concept de "démondialisation" prôné par Arnaud Montebourg.

Voilà une contre-publicité dont Arnaud Montebourg, qui n'est pas donné favori, se serait certainement bien passé.

Le BI regrette toutefois «qu’Arnaud Montebourg et ses partisans ne (soient) pas encore prêts (...) à s’attaquer à cet aspect de la mondialisation que constitue l’immigration massive et incontrôlée».

Fondé en 2003 sur les cendres d’Unité Radicale, groupuscule d’ultra-droite dissous après l’attentat manqué de Maxime Brunerie contre Jacques Chirac, le Bloc Identitaire est spécialisé dans l’activisme sur internet. Il défend une vision «ethnique» de l’"identité européenne» et rejette avec virulence l’immigration et l’islam.

C’est ce mouvement qui avait été à l’origine du groupe Facebook pour un apéro-géant «saucisson-pinard» dans le quartier multiethnique de la Goutte d’Or (nord de Paris), en juin 2010, initiative finalement annulée mais qui lui avait offert une tribune médiatique considérable.


Ou encore sur le site des Inrocks : http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/70606/date/2011-09-21/article/montebourg-3/

En luttant contre la mondialisation, Arnaud Montebourg réussit l’exploit de séduire autant la gauche de la gauche que la droite de la droite. Interrogé en juin dernier sur les primaires du PS, Marine Le Pen n’hésitait pas à dire que "si elle faisait partie de la famille socialiste, elle glisserait un bulletin pour Arnaud Montebourg".

Egalement séduit par son discours antimondialiste, le Bloc identitaire compte aller jusqu’à soutenir sa candidature dans une lettre ouverte que nous nous sommes procurée (dont nous reproduisons des extraits à la fin de l'article). 

Depuis la publication de son livre Votez pour la démondialisation en juin, Arnaud Montebourg est ardemment sollicité par les identitaires qui ont le sentiment de l’avoir influencé. Il y a trois mois, Projet Apache, un groupe rassemblant les jeunes identitaires parisiens et franciliens réfléchissaient déjà au meilleur moyen de le soutenir. Par le biais de cette lettre ouverte, c'est aujourd'hui l'ensemble du mouvement qui a décidé de le supporter officiellement lors de la primaire socialiste. 

"Depuis le lancement de notre mouvement en 2002, les identitaires combattent la mondialisation. Bien que le PS soit un parti du système, je ne vois pas pourquoi nous nous mettrions à l'écart de ce débat", se justifie le patron du Bloc, Fabrice Robert qui "espère peser sur cette campagne interne". 

"Encore un petit effort Arnaud"

Localiste et farouchement européen, le Bloc identitaire s’estime sur la même longueur d’onde idéologique qu’Arnaud Montebourg même si ce mouvement d’extrême droite s’en distingue par son prisme culturel et identitaire.

"Nous lui demandons encore un petit effort pour rejoindre totalement nos positions", explique Fabrice Robert.

Dans leur lettre ouverte à Arnaud Montebourg, les identitaires encouragent donc le député de Saône-et-Loire à aller au bout de sa réflexion en participant notamment à des assises communes contre la mondialisation. Sur le même modèle que ceux contre l’islamisation qu’ils avaient lancés en décembre, les identitaires souhaitent inviter le député de Saône-et-Loire à la tribune.

A la question de savoir si ce soutien ne risque pas plutôt d'handicaper le candidat socialiste, Fabrice Robert répond:

"Il n'y a aucune volonté de nuire à Arnaud Montebourg, simplement la volonté de provoquer un débat. Il reconnait lui-même que ce sujet doit dépasser les clivages politiques."

Les jeunes identitaires veulent voter Montebourg

Pour bousculer le résultat de la primaire socialiste, les jeunes identitaires parisiens ont même l’intention de voter pour lui. Pas gêné le moins du monde par la signature obligatoire d’une adhésion aux valeurs de gauche, Frédéric Robillard, l’un des responsables des jeunes identitaires, explique qu’ils "partagent des valeurs communes". Un site internet devrait également voir le jour pour soutenir cette campagne et débattre sur la démondialisation.

Arnaud Montebourg se passerait bien de ses soutiens. Visiblement embarrassé, Thierry Mandon, l’un de ses porte-parole, se dit "très surpris" par ces initiatives.

"Je ne comprends pas qu’ils puissent se retrouver dans nos idées, il n’y a pas de dimension culturelle ou identitaire dans notre discours, notre critique de la mondialisation est uniquement économique et social."

Phénomène singulier ou mouvement d’ampleur? En juillet, le site Fdesouche avait organisé un petit sondage pour connaître les intentions de vote de son lectorat. 13% d’entre eux avaient répondu qu’ils comptaient voter à la primaire socialiste…

David Doucet


L'article complet du Bloc Identitaire est disponible ici : fr.novopress.info/99409/le-bloc-identitaire-vote-montebourg


La "surprise" du porte-parole de Montebourg ferait presque éclater de rire, si le sujet n'était pas aussi grave. Cette déclaration (qui se veut surprise et "buzz" comme les Identitaires savent bien le faire), ne fait que montrer les tréfonds dans lesquels sombre une "gauche dure" bourgeoise, tréfonds de populisme à force de vouloir "faire tourner la roue de l'histoire en arrière", en tentant de retrouver son lustre des années 70, de la "marche au pouvoir" de François Mitterrand. Cela montre la réalité scientifique des choses, à savoir, qu'à la base de la politique il y a l'économie. Or, que nous dit l'économie aujourd'hui ? Elle nous dit qu'il n'y a plus de possibilité réformiste dans la démocratie bourgeoise.

La crise générale du capitalisme de la première moitié du 20e siècle, celle de la "Guerre mondiale de 30 ans" 1914-1945, a eu en réalité 3 voies de sortie : la voie de la révolution prolétarienne, celle de Lénine ; la voie fasciste, celle de Mussolini, Hitler etc. ; ET la voie keynésienne, celle de Roosevelt, des travaillistes anglais, de la social-démocratie scandinave etc. La voie keynésienne et la voie fasciste n'étaient pas imperméables l'une à l'autre, et s'influencèrent beaucoup mutuellement ; mais la voie keynésienne se voulait démocratique-parlementaire, elle n'assumait pas le rejet du libéralisme, de l'universalisme et de l'humanisme bourgeois, la barbarie militariste et suprématiste, comme le faisaient le nazisme et le fascisme (ce qui n'empêcha pas la bombe atomique d'Harry Truman, à deux reprises, de carboniser 100.000 personnes en quelques secondes...).

La bourgeoisie des pays concernés (parfois coupée en deux dans un même pays : gaullistes et pétainistes en France) anticipait, en fait, sur les immenses potentialités de "relance" capitaliste que recelait encore le monde : force de travail et ressources du vaste monde colonisé (une première grande crise "annonciatrice", dans les années 1870-80, s'était soldée par l'extension de l'impérialisme colonial à toute la planète), possibilité de transformer les populations des métropoles impérialistes en "forces de consommation", etc. Face au fascisme, qui n'a finalement concerné que des impérialisme "déchus" (Allemagne, Autriche, dans une moindre mesure la France) ou "derniers venus" souhaitant se faire une "place au soleil" (Italie, Japon), c'est finalement cette "voie" qui a eu le dessus ; et qui a même eu le dessus sur la révolution prolétarienne (en faisant tomber des forces immenses dans le réformisme, puis en opposant son "économie sociale de marché" ou "socialisme démocratique" au capitalisme d'Etat autoritaire et paupérisant des pays révisionnistes).

Mais cette capacité de relance du capitalisme monopoliste, impérialiste, était bel et bien la dernière. La voie keynésienne n'existe plus. C'est une évidence qui saute aux yeux de tous et toutes : c'est justement parce qu'elle a été tentée envers et contre tout, ces 30 dernières années, pour "soutenir la demande" par l'emploi public, la subvention à l'emploi privé, l'aide sociale etc., que les Etats capitalistes sont en faillite !

Il ne reste donc que deux voies de sortie : la révolution prolétarienne, OU LE FASCISME (qui pourrait être une plongée lente dans le fascisme, et non une "révolution nationale" brutale comme en Allemagne en 1933, en Italie au milieu des années 20, en France en 1940). N'assumant pas le ralliement à la révolution prolétarienne, la "gauche bourgeoise" à la Montebourg ou Mélenchon est donc condamnée à verser toujours plus dans un social-populisme permettant aux fascistes de célébrer ce "ralliement à leurs idées de toujours", en regrettant toutefois que "Arnaud Montebourg (ou Mélenchon) ne renonce pas à l'immigrationnisme" et autres "vieilles lunes mondialistes"... Le fascisme, SLP l'a déjà dit, est plutôt de "droite radicale" bourgeoise mais pas seulement, il aime d'ailleurs lui-même se proclamer "ni droite ni gauche" ; "nous ne sommes pas d'extrême-droite, nous sommes populistes et patriotes européens" assument ouvertement les Identitaires. Il est avant tout une forme de gouvernement (dictature terroriste ouverte de la classe dominante, avec une certaine mobilisation de masse qui le différencie d'un "Parti de l'Ordre" classique) et, après deux ans d'existence et de travail idéologique antifasciste, Servir le Peuple en est arrivé à la conclusion qu'il est vain de vouloir le caractériser idéologiquement ("ultra-réaction" ou "bonapartisme", "révolution conservatrice" ou "nationale et sociale", "néo gaullisme" ou "anticapitalisme romantique" etc.). Cela ne pourrait conduire qu'au schématisme c'est à dire, pour reprendre la phrase de Dimitrov, désorienter le prolétariat dans la lutte contre son pire ennemi.

Le fascisme est volontairement un fourre-tout idéologique bourgeois, totalement fluctuant et d'ailleurs multiforme. Sa seule caractéristique générale est d'être entre tradition et modernité : exalter un passé idéalisé qu'il veut faire "revivre" dans le présent, s'inscrire dans une "tradition nationale" (qui fait, déjà, qu'il y a autant de fascismes que d'Etats bourgeois), tout en étant totalement de leur temps dans leurs idées comme dans leur pratique. Ainsi, les Identitaires rejettent le traditionnel "souverainisme" à la Le Pen pour une "Europe-civilisation" en rupture avec "l'Europe technocratique, mondialiste, sans âme" actuelle ; les "nationalistes révolutionnaires" reprennent les thèses d'"Empire eurasien" du fasciste russe Douguine ; un groupe comme "Terre et Peuple" se fait le chantre de "l'Europe biologique" : tout cela en fait les forces montantes du fascisme aujourd'hui, qui doivent maintenant "prendre les commandes" de la "machine FN". Car aujourd'hui, Servir le Peuple en est convaincu, la bourgeoisie monopoliste la plus réactionnaire et terroriste qui est la plus dangereuse, est celle qui est consciente de l'impossibilité du "cavalier seul" pour l'impérialisme français. C'est absolument clair et ça a été la GRANDE LIMITE du FN quand on compare sa trajectoire avec le succès de "droites nationales et populaires" du même type en Europe (certaines ayant accédé au gouvernement etc.).

Face à cela, les communistes doivent opposer une CONCEPTION COMMUNISTE DU MONDE, noyau dur d'une conception progressiste plus large. Ils doivent agréger autour de celles-ci les Forces subjectives de la révolution socialiste [FSRS : les prolétaires et autres membres des classes populaires, révolutionnaires (pour le renversement du capitalisme, pour le communisme) ou de conscience progressiste ; et organisées (ou ayant soif d'organisation) en défense de leurs intérêts de classe] dans leur FRONT UNI. Bien sûr, ce Front uni proprement dit ne peut exister qu'autour du Parti, que les communistes de l'Etat bourgeois France essayent de construire (ce à quoi SLP participe). En attendant, les FSRS peuvent s'agréger autour de "centres d'agrégation" que peuvent être le FRAAP du PCmF (et son journal la Cause du Peuple), les groupes "Coup pour Coup" à Toulouse et à Limoges, ou même des médias comme Radio Clash à Limoges ou "Radio Galère" à Marseille (mais SLP, mine de rien, cahin-caha, commence aussi à "agréger" son petit monde...). Et les communistes, par dessous tout, doivent tirer ces consciences progressistes à eux (ce qui passe par une distinction stricte entre réformisme sincère prolétarien-populaire et réformisme bourgeois "sauver sa peau"), les arracher à cette "gauche" bourgeoise qui refuse la révolution prolétarienne, fera tout pour l'empêcher, ne s'y ralliera (peut-être, rien de sûr...) qu'en dernière minute et pour sauver sa peau ; et en attendant, dans une tentative de faire vivre un "réformisme" qui n'a plus d'avenir, tire les consciences populaires progressistes vers elle et les tire de plus en plus vers le populisme ; vers finalement... un "fascisme humaniste et social", un "populisme de gauche" incohérent auquel les masses préféreront... l'ORIGINAL !

Les communistes doivent élaborer (car encore faut-il l'avoir !) et mettre en avant une conception communiste prolétarienne du monde, notamment des valeurs prolétariennes ABSOLUES, irrécupérables par le fascisme : l'INTERNATIONALISME (dont l'insuffisance, disons-le bien haut, est le secret de l'impuissance du prolétariat dans un pays impérialiste) ; le rejet de tout suprématisme civilisationnel (qu'il repose sur une "race européenne vieille de 10.000 ans" ou... sur les "Lumières") ; le rejet de l'oppression des femmes, des minorités sexuelles (mais aussi, vis-à-vis de ces oppressions dans les minorités culturelles, le refus de toute attitude "civilisatrice"... vous voyez comme c'est compliqué !) ; l'OPPOSITION ABSOLUE au militarisme impérialiste, même "libérateur", même lorsque la "cible" est une ordure finie comme Kadhafi ou Saddam Hussein (ce qui n'implique pas de défendre ceux-ci contre les peuples) ; la SUBVERSION absolue dans la remise en cause de la légitimité même de l'entité, de la construction absolutiste puis bourgeoise nommée France (refus de la "république une et indivisible") ; la subversion absolue contre l'idéologie républicaine bourgeoise en général (et son "église" : l'école de Jules Ferry) ; un VRAI ANTICAPITALISME prônant l'expropriation et la mise en commun des moyens de production par les travailleurs (et pas un "capitalisme national" ou "démondialisé", pas un "capitalisme de producteurs" contre la "spéculation", ni de "lourdes charges patronales" que le NPA peut présenter sans rire comme "une mesure vraiment anticapitaliste"). Et, bien sûr, mener un grand travail de masse contre l'aliénation sincère de tou-te-s les prolétaires aliéné-e-s par ce qui précède...

 

http://www.leprogres.fr/fr/images/33474FB3-0EBE-4539-A04E-131B40FD1A4F/LPR_03/arnaud-gouillon-le-leader-du-bloc-identitaire-photo-joel-philippon.jpg

 


Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme
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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 20:54

 

Voici un article bourgeois (LibéLyon) sur le mouvement de protestation contre les conditions carcérales, à la prison de Corbas près de Lyon :

"Nous sommes privés de liberté et non de vivre" protestent des détenus de la prison de Corbas

PRISON - Plus de 200 détenus de la maison d'arrêt de Lyon-Corbas ont signé une pétition pour demander l'amélioration de leurs conditions de détention, a indiqué dimanche l'avocat de l'un des détenus, confirmant une information d'Aujourd'hui en France.

Dans un texte en cinq points, rédigé cet été, les 225 signataires (qui indiquent leurs noms, numéro d'écrou et bâtiment) reprochent notamment à l'administration de la prison de les maintenir en cellule jusqu'à 24H/24, de les empêcher de cantiner (acquérir des produits en sus du minimum fourni par la prison) ou de limiter les activités sportives.

"Il n'y a aucune activité pour les détenus à Corbas", affirment-ils. "Ici, il n'y a que la lutte et la boxe. Huit détenus sur 600 y participent (...) et vous en avez 592 qui crèvent en cellule", est-il écrit.

"Comment cette administration peut refuser les PlayStation et autres effets personnels de ceux qui sont transférés à Corbas alors qu'ils ont été autorisés à cantiner ces biens dans d'autres établissement pénitentiaires ?", interrogent également les détenus, qui dénoncent un "abus de pouvoir".

A propos des cantines, "infectes", ils reprochent à l'administration de leur vendre les produits "au prix fort". "Cette prison vous met à la diète", poursuivent-ils.

"Nous sommes privés de liberté, et non pas de vivre", affirment les signataires dans ce texte.
Me David Metaxas, défenseur d'un des détenus à l'origine de la mobilisation - transféré depuis en centrale - a annoncé son intention de saisir dès aujourd'hui le procureur général de Lyon et le garde des Sceaux, Michel Mercier. "Il appartient à l'autorité de tutelle de faire respecter les droits des détenus" sans quoi "nous introduirons un recours administratif", a-t-il ajouté.

"On observe une longue série de dysfonctionnements" dans ce centre de détention, "on a serré la vis au maximum" et certains détenus "ne peuvent pas voir leur avocat" ou avoir des parloirs, selon Me Metaxas, qui accuse entre autres l'architecture de cette nouvelle prison, le manque de surveillants et la surpopulation carcérale.

Deux hommes et une femme ont mis fin à leurs jours à la prison de Lyon-Corbas depuis le début de l'été.

(AFP)

 

Hasard ou coïncidence, un mouvement similaire court actuellement aux Etats-Unis, après la très médiatisée (en Amérique du Nord) grève de la faim de Pelican Bay (un documentaire d'il y a quelques années avait montré les conditions effroyables de détention dans cette prison de haute sécurité californienne : isolement, division ethnique et guerre des gangs permanente, prisonniers tirés à vue depuis les miradors, viols etc.) :

PCR Canada

GRÈVE DE LA FAIM DES PRISONNIERS CALIFORNIENS
Le début d’un mouvement contre les prisons
Partisan No7Le 27 août 2011

La grève de la faim amorcée dans la section à sécurité supermaximale de la prison d’État de Pelican Bay en Californie a peut-être été temporairement suspendue à la fin juillet, mais la lutte pour les droits des prisonniers, y compris ceux des prisonniers politiques qui s’opposent au système capitaliste, est loin d’être terminée.

Les grévistes de Pelican Bay ont souffert d’une perte de poids extrême et ont vraiment mis leur vie en danger. Ceux qui ont participé au mouvement ont également été victimes de représailles, alors qu’on leur a retiré du temps de cour et certaines possibilités de travail. Les grévistes ont averti que de nouvelles actions de protestation seront entreprises si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Parmi ces revendications, on retrouve une nourriture suffisante, la fin de l’isolement carcéral à long terme, l’abolition de la politique qui force les détenus à fabriquer des mensonges au sujet de leurs codétenus, et la fin des punitions de groupe fondées sur la race.

La suspension de la grève se voulait une démonstration de bonne foi, en réponse aux concessions symboliques faites par les autorités carcérales de l’État (on a par exemple permis aux détenus d’apposer des calendriers sur les murs de leurs cellules, quoiqu’à leurs propres frais). Les autorités se sont de plus engagées à étudier la possibilité d’apporter d’autres changements plus significatifs.

Au Canada, le nouveau projet de loi du gouvernement conservateur en matière de lutte à la criminalité coûtera quelque 5 milliards de dollars. Les coûts pourraient même augmenter jusqu’à 15 milliards de dollars d’ici 2015! On prévoit que la population carcérale augmentera de 30% à la suite de sa mise en vigueur.

Plus de 2 500 cellules supplémentaires seront construites au sein des institutions existantes; cela aura pour effet que des établissements à sécurité moyenne seront convertis en établissements hybrides. En général, les prisons dans lesquelles on retrouve plusieurs niveaux de sécurité sont gérées comme si elles étaient à sécurité maximale. Les personnes qui devraient être détenues dans des conditions de sécurité minimale sont alors soumises à un environnement faits de fils barbelés et de miradors. Ce sont les pauvres, les personnes marginalisées et les «fauteurs de trouble» qui osent prendre la parole qui se retrouveront dans ces nouvelles cellules.

Non seulement les prisons géantes cachent-elles les ravages que le capitalisme sème dans les communautés, mais elles sont également utilisées par le gouvernement canadien comme un moyen de financer ses amis au sein des grandes sociétés. Nous devons dénoncer cette volonté de la part de nos oppresseurs d’envoyer en prison un plus grand nombre encore de nos camarades. Nous devons lutter pour la liberté de tous les prisonniers et toutes les prisonnières!

Pour plus d’information:
prisonerhungerstrikesolidarity.wordpress.com

 

Bien sûr, des petits malins trouveront rigolo de qualifier cette article de "mal venu" : "et vous les communistes alors, ça vous connaît les prisons, les camps de travail, le goulag" etc. etc.

Certes, les systèmes pénitentiaires soviétique ("goulag", nom sinistre mais qui veut simplement dire... administration pénitentiaire) et chinois ("laogai" qui veut dire "rééducation par le travail") n'étaient pas des lieux de villégiature tous roses bonbon. Certes, il était sans doute largement prisonnier des conceptions limitées de son époque, abstraction faite de la juste haine de classe contre les réactionnaires... Néanmoins, l'idée y était déjà : "rééduquer", réhabiliter, améliorer le condamné et non l'éliminer, pendant un certain temps ou définitivement.  Le système capitaliste, avec ses inégalités et sa mentalité de "guerre de tous contre tous", produit irrémédiablement des délinquants et des criminels, soit pour l'appât du gain, soit que leur rapport aux autres soit venu à relever du trouble mental. Face à cela, la société capitaliste élimine, son système pénal est purement "immunitaire" (sans compter, bien sûr, la répression politique des révolutionnaires et autres insurgé-e-s). La société socialiste, elle, en dehors d'exercer la dictature du prolétariat contre les réactionnaires, se donne pour but de réhabiliter les individu-e-s que le capitalisme a rendu-e-s inaptes à la vie en collectivité (en plus, bien sûr, de faire disparaître les causes sociales de la criminalité !). La peine de mort, plusieurs fois abolie et rétablie (puis conservée définitivement par les révisionnistes...) ne concernait que les crimes contre-révolutionnaires ou de droit commun les plus graves (en Chine, elle était beaucoup plus rare qu'aujourd'hui !). Les peines excédant 10 ans étaient rarissimes (et généralement pour activité contre-révolutionnaire grave). Et le travail obligatoire, aujourd'hui mis en parallèle avec les travaux forcés de Cayenne ou du Sud des USA, voire avec les camps nazis (où il visait à tuer !), ne visait pas à "faire expier" mais avant tout à "réapprendre la vie sociale". D'ailleurs, il était généralement rémunéré ! Bien sûr, les méthodes du 20e siècle n'étaient sans doute pas au point, et dans beaucoup de cas ce fut un échec ; et bien sûr il y avait des gens jugés "non-réhabilitables" qui ne le seraient pas aujourd'hui. Ce n'est pas un modèle pour les communistes d'aujourd'hui, que ce soit bien clair. La "manière socialiste" de réduire (et un jour, faire disparaître) la criminalité est encore (presque totalement) à imaginer...

Ce qu'il faut dire, et sur quoi il faut bien insister, car il faut faire le bilan critique des expériences socialistes passées sur la base de la réalité et non de la propagande, c'est que le système pénal socialiste n'était pas cet "archipel" de camps d'extermination par le travail, le froid et la faim, que nous décrivent les propagandistes contre-révolutionnaires, notamment le célèbre tsariste, pro-Franco et pro-Pinochet SOLJENYTSINE, dont le premier torche-cul qualifié de bouquin était consacré à se scandaliser... d'avoir été soigné de son cancer (!), mais aussi d'autres, comme Robert Conquest. Il suffit pour s'en convaincre de lire cette étude, en insistant bien sur le fait (même si le site est "stal") qu'elle se base pour l'essentiel sur des travaux d'historiens OCCIDENTAUX et ANTICOMMUNISTES (mais simplement épris de vérité historique) : Ce que les études russes montrent*. Rien à idéaliser, rien dont on puisse chanter les louanges, mais un système pénal finalement très (trop ?) ordinaire (c'était en URSS, en Chine c'était encore différent).

A la même époque, comme encore aujourd'hui mais de manière plus "soft" et "présentable", le système capitaliste visait à l'élimination des "monstres" qu'il a lui-même engendré (et bien sûr, mais c'est une autre histoire, de ceux et celles qui le contestent un peu trop radicalement). Ainsi le célèbre "bagne de Cayenne" (ensemble de colonies pénitentiaires en Guyane), où la mortalité atteignait... 40% en 1942 (18% la même année dans les camps soviétiques, pour les mêmes raisons : difficultés de ravitaillement pendant la guerre). Les marlous de la "Belle" époque parlaient d'ailleurs de "guillotine sèche". Et encore, c'était un bagne pour "blancs" : on n'ose donc imaginer ce qu'il en était dans les bagnes pour colonisé-e-s.

Dignes ancêtres pour les POURRISSOIRS que sont aujourd'hui les prisons en Hexagone et dans tous les pays capitalistes occidentaux...

[ Toujours intéressant à étudier : le célèbre Surveiller et Punir de Michel FOUCAULT ]

[ * Ainsi, à titre d'exemple, la mortalité en prison aujourd'hui en France se situe entre 0,4 et 0,5% (39 à 49 pour 10.000). C'était le taux du "goulag" en 1952-53, lorsque la médecine a commencé à approcher de son niveau actuel - et c'était, pourtant, l'époque où il y avait le plus de prisonniers ! ]

 


 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme
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Mercredi 3 août 2011 3 03 /08 /Août /2011 12:47

 

Au cours de ces 20 jours d'interruption de SLP, s'est produit en Norvège la tragédie du massacre de 76 personnes (militant-e-s social-démocrates), par Anders Breivik...

Breivik : NON PAS un néo-nazi (bien qu'il ait fréquenté quelques forums) mais bel et bien un FASCISTE DE NOTRE EPOQUE, dans la pure ligne occidentalo-identitaire, plus précisément sur la ligne de l'English Defence League [qui rejette en apparence les expériences fascistes du 20e siècle, allant jusqu'à brûler des drapeaux nazis en public, mais comme le dit bien le leghiste italien Borghezio à la fin de cette vidéo, "dans le fond, nous sommes toujours les mêmes"...]. Et NON PAS un déséquilibré, comme les jeunes de Columbine aux USA (1999) ou le jeune de Cuers en Provence (1995), des individus frustrés et marginalisés (particulièrement à un âge où se construisent les hiérarchies sociales, dans le capitalisme mais aussi dans le patriarcat), qui versent dans un nihilisme autodestructeur et cherchent une figure pour incarner celui-ci (et c'est généralement Adolf Hitler qui s'impose : ne s'est-il pas suicidé après avoir mis l'Europe à feu et à sang ?) ; mais bien un individu à la pensée CONSTRUITE, extrêmement élaborée, qui (contrairement aux précédents) ne s'est pas suicidé après son carnage, mais s'est tranquillement rendu à la police et espère bien, sans doute, faire de son procès une tribune politique...

Ainsi, tout en faisant plusieurs fois référence au nazisme, son manifeste "2083, une déclaration d'indépendance européenne" contient plus de 300 références à Israël... toutes positives ! L'Etat sioniste y est cité (parfois de manière totalement erronée, voir le lien ci-dessus) comme un exemple de lutte contre l'islamisation et de défense de l'Occident. [Il faut préciser, tout de même, que la Norvège est une "pétro-monarchie des glaces" qui s'inscrit pleinement dans l'alliance anglo-américaine, refusant notamment de rejoindre l'UE (instrument du tandem impérialiste franco-allemand) ; et que Breivik tend à inscrire son fascisme meurtrier dans ce bloc impérialiste là : ainsi De Gaulle (un des "pères" de l'axe franco-allemand avec Adenauer) est-il attaqué pour sa "politique pro-arabe"]

Le massacre d'Oslo est, en réalité, l'occasion unique d'une véritable AUTOPSIE POLITIQUE du fascisme du 21e siècle.

Servir le Peuple y reviendra plus longuement dans un prochain article. En attendant, vous pouvez lire l'article des camarades de Feu de Prairie : 

 

On assiste depuis plusieurs décennies à l’émergence d’une extrême droite européenne nouvelle, aussi appelée « droite populiste », basant son pseudo programme politique sur un rejet maladif des musulmans (pour ne pas dire: les étrangers) et un nationalisme exacerbé.

Dans un contexte d’économie capitaliste mondiale en crise, c’était prévisible et prévu que les réactionnaires récupèrent la détresse d’une partie des travailleurs en divisant aléatoirement le peuple entre « de souche » et « dangereux envahisseurs ».

La réaction a donc progressé, de l’UDC au FN de Marine Le Pen. Alors, cette droite light, sans prose raciste ni crânes rasés, cette droite chrétienne, prétendument opposée au « système mondialiste » (mais pourtant très libérale), cette droite qui maquille si bien son racisme et son mépris des travailleurs, ça donne quoi dans les faits?

A partir de ce triste jour de juillet en Norvège où 76 innocents ont été massacrés par un militant de cette droite, personne ne pourra faire semblant d’ignorer ce qui se prépare.

Face au fascisme, même caché sous les plus respectables partis républicains, face à la violence pogromiste contre les minorités et les progressistes, il n’y a qu’une seule voie: une riposte populaire à la hauteur !

 

Il y a aussi, comme analyse intéressante, celle de RS2F. Il est en effet à noter, et c'est un fait PARTICULIEREMENT IMPORTANT, que pour le tueur l'immigration et l'"islamisation" étaient finalement secondaires : son ennemi principal est le "marxisme culturel" (c'est à dire, non seulement le marxisme proprement dit et le communisme libertaire, mais aussi la social-démocratie et toute forme d'humanisme et d'universalisme issus de la période progressiste de la bourgeoisie, lorsque celle-ci était révolutionnaire, et encore portés aujourd'hui par une gauche bourgeoise de plus en plus minoritaire). C'est là un grand pas en avant du fascisme, dans l'affirmation de sa dimension contre-révolutionnaire et anti-démocratique, réactionnaire sur toute la ligne.

Quoi qu'il en soit, après les évènements de mai à Lyon (violences, pogroms contre les kebabs et affrontement directs avec les antifas) suivis du viol d'une militante début juillet dans la même ville, c'est toute l'image de "respectabilité" que voulait se donner cette mouvance de "droite populaire" occidentaliste et identitaire qui vole en éclat. Cela peut être l'occasion d'une grande mobilisation antifasciste démocratique et populaire (à condition que les organisations communistes antifascistes assurent celle-ci, et ne la laissent pas à la gauche bourgeoise qui fera encore et toujours appel à l'Etat...). Mais c'est aussi le signe de quelque chose : les fascistes se sentent le vent en poupe. Ils sont en train de tester la capacité d'indifférence (envers leurs actes) de la société capitaliste occidentale. La mobilisation de masse fasciste, c'est aussi cela : la conquête de l'indifférence. C'est dans l'indifférence, et non de grandes manifestations de haine, que furent déporté-e-s les Juif-ve-s d'Allemagne (fin 1941)...

  http://www.cnt69.org/images/2010/antifa/antifa.jpg

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 20:29

 

Collectif de vigilance 69

 

Le samedi 2 juillet, à l’aube, une jeune femme, identifiée par ses agresseurs comme proche de militant-e-s du collectif de vigilance 69, a été sauvagement agressée en rentrant à son domicile. Communiqué du Collectif de Vigilance 69.

Un véri­ta­ble piège, une action pré­pa­rée, atten­dait la jeune femme à l’entrée de son immeu­ble. En effet, 3 hommes guet­taient la vic­time dans la cage d’esca­lier de son domi­cile, à 6 h du matin. Après l’avoir pous­sée dans les esca­liers puis rouée de coups, les agres­seurs ont pro­cédé à un vio­lent inter­ro­ga­toire, cher­chant à sou­ti­rer des infor­ma­tions sur les milieux anti­fas­cis­tes.
Compte tenu leur tenue ves­ti­men­taire et leurs dis­cours, il ne fait aucun doute que ces indi­vi­dus appar­tien­nent aux mou­van­ces d’extrême-droite.

Cette agres­sion s’ajoute à une liste déjà trop longue de vio­len­ces graves per­pé­trées à Lyon. Les vic­ti­mes font les frais d’une stra­té­gie cal­cu­lée d’ins­tal­la­tion d’une ambiance de peur sur le ter­ri­toire lyon­nais.

Plus que jamais déter­miné, le Collectif de vigi­lance 69 pour­sui­vra ses actions contre toutes les mou­van­ces de l’extrême droite, contre la bana­li­sa­tion de ses idées et contre la vio­lence de ses dif­fé­ren­tes com­po­san­tes.

Collectif 69 de vigi­lance contre l’extrême droite

http://cliparts101.com/files/238/F672219FFA06945C5F687EECFD682C02/lrg_Smash_fascism.png 

 

NDLR : conformément à l'information qui circulait sur Facebook dans les premiers jour, sans qu'aucune source ne se trouve sur la Toile, la militante agressée et torturée aurait également subi une AGRESSION SEXUELLE.

À Lyon, le 2 juillet 2011, une militante a été interceptée en rentrant chez elle, interrogée sur ses contacts avec le milieu antifa, tabassée. Face à la résistance dont elle a fait preuve, elle a été violée ….

Les 3 courageux agresseurs étaient des militants d’extrême-droite. Leurs derniers mots en partant furent : « à bientôt »

La concernée affirme qu’elle a toujours lutté contre le système, qu’en aucun cas elle ne se réfugiera dans ses bras … elle ne portera donc pas plainte.

Dans un acte de courage de sa part, elle surmonte sa peur, sa douleur, et choque en décidant de communiquer sur ce qui lui est arrivé. Son objectif, c’est que cela ne se reproduise plus.

Et en effet, il est très important (et VOUS TOU-TE-S lecteurs et lectrices êtes mis-es à contribution) de faire circuler l'info, à un moment où les fascistes, notamment, se plaisent à récupérer la "cause des femmes" contre la "racaille islamique"... Que ce CRIME DE GUERRE (puisque les fascistes se considèrent "en guerre" contre "l'invasion" et ses "collabos", et ça tombe bien, les "collabos de l'invasion" sont en guerre contre eux !) permette d'ouvrir les yeux des larges masses populaires sur la nature de ces individus ! Des individus à côté desquels Marine Le Pen posait tout sourire il y a quelques mois....

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme
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Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 11:39

 

Le 14 mai a finalement eu lieu le rassemblement fasciste prévu, mais sous un autre nom : la "Marche des cochons" ayant été interdite, s'est finalement tenu un "rassemblement pour la liberté"... Traditionnel jeu de cache-cache des fascistes avec l'Etat bourgeois, comme pour les reconstitutions d'orgas dissoutes. Au total, 400 personnes venues de toute la France et même de l'étranger (Anglais de l'EDL etc.), tandis que plus de 1000 antifascistes se mobilisaient de l'autre côté de la ville (des hordes de flics au milieu pour éviter toute tentative de contact, qui aurait forcément terrorisée les rupins de la Presqu'île). Mais le soir venu, les forces de "l'ordre" ont lâché les fauves, et là...

Pogrom à Lyon

 

Samedi 14 mai devait être pour les identitaires lyonnais le grand jour, où tous les vrais défenseurs des vraies valeurs du pays vrai allaient défiler pour protester contre… La nourriture Halal (sic). Oui, en ce temps de crise généralisée du capitalisme, il n’y a rien de plus important à faire pour cette petite bourgeoisie désoeuvrée et en manque de sensations fortes.

Visiblement, leur vie est (très moyennement) un combat puisque leur marche a été interdite en préfecture, et transformée en rassemblement statique pour la « liberté d’expression » (re-sic). Alors, ça a donné quoi, ce raz-de-marée des fascistes « propres »?

Déjà, la dédiabolisation a bien moins marché qu’au FN. Ensuite, les nombreuses troupes de « l’élite de la race aryenne » n’étaient pas au rendez-vous… Entre 300 et 400 militants nationalistes se sont rassemblés place St Jean sous la pluie.

Frustrés, quelques fafs tentant de se diriger vers la Croix-Rousse se sont brièvement affrontés avec les antifascistes à St Paul (4 camarades ont alors été arrêtés, témoignages et soutiens bienvenus).

Pendant ce temps, la manifestation antifasciste elle, aura fait le plein avec environ un millier de personnes dont de nombreux jeunes très remontés.

Finalement les fascistes repoussés dans le Vieux Lyon ont fini leur journée par un véritable pogrom, attaquant au hasard bars, kebabs, locaux associatifs et passant, faisant plusieurs dizaines de blessés dans le quartier de la Croix-Rousse.

Tout le monde est ainsi fixé sur la valeur du slogan des identitaires « 0% racisme, 100% identité » et sur leur version de la « liberté d’expression ».

 

Sur Rebellyon :

Samedi après-midi vers 16h30, après la dis­per­sion du ras­sem­ble­ment isla­mo­phobe, les iden­ti­tai­res sont passés à l’acte : 3 com­mer­ces de St Jean tenus par des per­son­nes d’ori­gine immi­grée ont été atta­qués, dont un kebab van­da­lisé rue de la Quarantaine, qui n’a pas com­pris ce qui lui arri­vait, il ne savait pas qu’il était dans leur ligne de mire.

Des per­son­nes (jeunes d’ori­gine turque et magh­ré­bine) auraient également été lyn­chées en plein samedi après-midi. Des cris, des insul­tes, et également des dégra­da­tions. Les cibles sont choi­sies. Des com­mer­çants étrangers qui tien­nent des kebabs. L’un d’eux a vu sa vitrine voler en éclats. « On a eu peur, raconte-t-il, je ne com­pre­nais parce ce qu’ils me vou­laient, je ne savais pas que j’étais dans leur ligne de mire. Vais-je être rem­boursé pour ma vitrine ? » s’inquiète-t-il. Plusieurs com­mer­çants de la rue raconte­ront des scènes iden­ti­ques.

A 17 h, un simple détour par le pont La Feuillée, près des Terreaux, d’une petite cen­taine de mili­tan­tEs anti­fas, pour rap­pe­ler qu’aucun quar­tier ne doit rester inter­dit à per­sonne dans Lyon, s’est fait atta­qué conjoin­te­ment par la police et les fafs. Rappelons que la pré­fec­ture avait publi­que­ment déconseillé aux Lyonnais-e-s de fré­quen­ter le quar­tier St Jean pen­dant tout l’après-midi. Dans quelle mesure est-ce tolé­ra­ble ? Combien de fois faudra-t-il faire atten­tion où les gens met­tent les pieds, en fonc­tion de leurs ori­gi­nes ou de leurs opi­nions poli­ti­ques ? Des mili­tan­tEs anti­fas­cis­tes ont alors été arrê­tés, et sont tou­jours en garde à vue (dimanche, sorties depuis bien sûr). Un ras­sem­ble­ment de sou­tien a eu lieu ce diman­che à partir de 13h devant le com­mis­sa­riat du 2e arron­dis­se­ment, situé 47, rue de la Charité. Un point info aura également lieu en début d’après midi au Salon du livre Libertaire.

 

Dans la nuit, une raton­nade poli­ti­que a été orga­ni­sée par les nazis sur les pentes de la Croix-Rousse, atta­quant les lieux alter­na­tifs, bars du quar­tiers, et sur­tout de nom­breu­ses per­son­nes, sou­vent au hasard. Vers une heure du matin notam­ment, le bar le Phoebus, situé juste à côté du Centre Social Autogéré de la Croix-Rousse, a été atta­qué. Bilan : 3 per­son­nes tabas­sées, dont une per­sonne a dû être hos­pi­ta­li­sée, des dégâts maté­riels (vitres cas­sées) sont à déplo­rer également. Une atta­que pure­ment moti­vée par la pré­sence de per­son­nes n’ayant pas la bonne « cou­leur de peau » devant le bar. Témoignage :

« Hier soir, alors que nous allions au Phoebus, un groupe d’au moins 20 néo-nazis ont atta­qué le bar. Je ne savais pas qu’il y avait une mani­fes­ta­tion nazie donc je n’ai com­pris ce qui se pas­sait que lorsqu’ils ont com­mencé à scan­der des « bam­bou­las » à l’adresse du videur, « zieg heil » etc... ils ont balancé des bou­teilles sur la devan­ture, ils sont même rentré un peu à l’inté­rieur malgré les grilles, puis se sont dis­per­sés. Nous étions deux et étant basané, je me suis éloigné dès que j’ai com­pris (ils étaient vrai­ment ultra vio­lents) et on a appelé la police, qui pour le coup sont arri­vés en grand nombre peu de temps le moment où on a appelé. »

J’étais au Phoebus, dans la nuit de samedi à diman­che. Nous étions une tren­taine de per­son­nes à l’inté­rieur, en train d’écouter un concert de musi­que séné­ga­laise. Quelque fumeurs était sur le tro­toir devant le bar. L’ambiance était pai­si­ble depuis le début de soirée. Vers 1h30 du matin, nous avons entendu des secous­ses venant de la porte vitrée. Ca com­men­çait à cogner assez fort puis­que ça cou­vrait la musi­que à l’inté­rieur, malgré le sas d’entrée. J’ai d’abord pensé à une bagarre... puis j’ai vu plu­sieurs per­son­nes à l’exté­rieur qui s’achar­nait sur la vitre, et qui se sont enfuies en cou­rant et en remon­tant la rue des Tables Claudiennes. J’ai pu voir des têtes blan­ches aux che­veux ras, et des tenues noires. Ca s’est calmé un ins­tant. et puis ça a recom­mencé ; les secous­ses sur l’entrée du bar étant beau­coup plus fortes, au point de casser aussi la deuxième rangée de vitres qui sépare le sas de la salle... et là j’ai vu les mêmes têtes blan­ches et che­veux ras qui reve­naient en cou­rant et s’abat­taient lit­té­ra­le­ment sur l’entrée du bar... à l’inté­rieur la pani­que, les éclats de verre, des cris, des pleurs... cer­tains recom­man­daient aux « femmes incein­tes de se mettre der­rière » d’autres vou­laient ouvrir les portes et « aller se battre » ; d’autres encore appel­laient la police.... ce que j’ai pensé à ce moment là : « s’ils jètent un truc inflam­ma­ble dans le bar, nous sommes tous morts... »... je suis encore sous le choc 2 jours après.

Lire aussi un autre Témoignage de l’atta­que du bar « Le Phoebus » dans la nuit de samedi à diman­che

Auparavant, une des­cente des fas­cis­tes s’est passée sur la place Colbert. Selon nos sour­ces plu­sieurs per­son­nes ont été hos­pi­ta­li­sées suite à ces vio­len­ces (dans la zone autour du Phoebus et de la place Colbert), cer­tai­nes dans un état grave, dont une per­sonne (exté­rieure aux mou­ve­ments liber­tai­res ou anti­fas­cis­tes a priori) placé en réa­ni­ma­tion pour la durée de la nuit !

 

Les antifascistes arrêté-e-s sont toujours dans le collimateur de la "justice", SOUTENONS-LES !!!

 

PAGHERETE CARO...

             PAGHERETE TUTTO !

 

http://www.2iemeguerre.com/historique/images/29avril45.jpg

 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 17:44

 

 

Et voilà, ça n'a pas manqué... Les "menaces" de Ben Laden, mises en ligne par des "islamistes" peu après sa "mort" :

 

Ben Laden menace les Etats-Unis via un message audio posthume

 

Et "AQMI" qui s'y met :

AQMI veut venger Oussama Ben Laden

http://www.menly.fr/wp-content/uploads/2011/05/Ben-Laden-menace-les-Etats-Unis-via-un-message-audio-posthume-300x238.jpg

 


Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme
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Jeudi 28 avril 2011 4 28 /04 /Avr /2011 01:13

 

Dans les premières semaines de mai qui viennent, trois grandes mobilisations d’extrême-droite sont prévues.

Ces initiatives doivent être l’occasion de réfléchir à QUELLE RIPOSTE populaire antifasciste apporter, pour ENFIN (après de multiples tentatives ces dernières années, sabotées par les sectarismes, les délires décompos divers, les égos surdimentionnés) amener l’antifascisme à un niveau supérieur, requis par les exigences historiques de notre époque (1) (2).

 

La première de ces dates sera le 1er Mai. C’est le rassemblement traditionnel du Front National, celui au cours duquel Brahim Bouarram fut jeté d’un pont dans la Seine par des boneheads, et mourut noyé.

Cette année, Marine Le Pen, poursuivant sur sa lancée de récupération de la colère sociale (dont les braises couvent encore sous les cendres de la défaite de novembre), veut son 1er mai résolument « social » (et accessoirement « respectable », sans boneheads… encore faut-il que leurs grands frères du SO les virent !). Mais est-ce vraiment bien nouveau (sous le soleil) ?

On a l’habitude de dire que le 1er mai est la Fête de Jeanne d’Arc… laquelle est prévue, par le calendrier de l’épiscopat, le 12 mai, tandis qu’on célèbre le 8 la victoire d’Orléans. En réalité, le 1er Mai FN a TOUJOURS été une récupération de la Journée des Travailleurs et de la « question sociale ». Et ça ne date pas d’hier ! Cela s’inscrit dans la pure tradition fasciste.

Le 1er mai est la Journée Internationale des Travailleurs, cela n’est pas en cause. Nous reviendrons, dans un prochain article, sur son histoire. Mais il faut savoir que, dès les origines, le fascisme a cherché à récupérer cette date pour célébrer le « Travail » (et non les travailleurs : un « Travail » vidé de son contenu de classe et vu comme une « fierté », la fierté de la soumission au Capital). Le IIIe Reich nazi (face au plus important mouvement ouvrier organisé du monde, socialiste et communiste) fit ainsi du 1er mai un jour férié, chômé et payé, et en France c’est… Vichy, en 1941, qui en fit un jour férié !

Face à cela, que faire, sinon affirmer sans faiblir l’identité, l’histoire… et l’actualité prolétarienne du 1er Mai, lutter contre la routine, la tendance à un rituel pantouflard syndicalo-réformiste, lever bien haut le drapeau rouge (ou noir !) et autres (si on en a) drapeaux révolutionnaires du monde, chanter l’Internationale et d’autres chants révolutionnaires, surtout les plus antagonistes (comme les Nouveaux partisans), assumer l’héritage révolutionnaire, la fierté d’être communiste !

Faire comme en Allemagne ? Le débat mérite d’être ouvert, mais il n’est pas dit que le modèle soit transposable (qu’on le veuille ou non, Journée internationale des travailleurs ou pas, chaque pays a sa propre histoire et sa propre culture de lutte de classe). En Allemagne, le 1er Mai fait suite à la nuit de Walpurgis, fête païenne devenue célébration nazie ; ainsi qu’à l’anniversaire de la mort d’Hitler. C’est l’occasion d’un affrontement traditionnel entre néo-nazis et antifascistes, qui s’est ritualisé, un peu comme le 9 mai chez nous. D’où le niveau d’antagonisme de la démonstration des black et red blocks.

Un principe du marxisme est que la violence révolutionnaire, incontournable, doit être précédée d’un travail de masse, comprise et acceptée au moins par la frange la plus avancée des masses populaires, sans quoi elle est contre-productive. Bref : on ne « décrète » pas un 1er Mai « à l’allemande » du jour au lendemain.

 

Venons-en donc au 9 mai. C’est le jour de « commémoration » traditionnelle de l’extrême-droite « radicale », musclée, néo-nazie/néo-fasciste ou à la limite. Le 9 mai 1994, à l'approche des commémorations du Débarquement allié de 1944, les fascistes se découvraient soudainement une vocation « anti-impérialiste » et décidaient de manifester contre l’impérialisme… américain bien sûr ("Bienvenue aux ennemis de l'Europe !"). Il faut dire que la guerre (et le génocide) faisaient rage au Rwanda, d’où les rebelles tutsis soutenus par les USA tentaient de virer notre bonne vieille Françafrique... D’une manière générale, la frange la plus réactionnaire de l’impérialisme bleu-blanc-rouge vivait mal l’hyperpuissance US post-89.

Cependant, au pouvoir à Matignon se trouvait le courant balladurien de la droite bourgeoise (dont est issu Sarkozy), plutôt occidentaliste et pour le partenariat (donnant-donnant mais solide) avec les States. Les « nationalistes-révolutionnaires », qui dominaient la manif, devaient savoir jusqu’où ne pas aller trop loin : la manif fut interdite par le préfecture. Ils ne sûrent pas, et la répression policière s’abattit, faisant (une fois n’est pas coutume) un mort chez les fafs : le ‘NR’ Sébastien Deyzieu.

Une belle occasion pour les fafs de se montrer « anti-système », « résistants à l’ordre mondialiste », « bien plus que ces idiots utiles de gauchistes ». Ni une ni deux, le 9 mai est depuis célébré comme le « jour du martyr Deyzieu » par les fafs de tous poils, beaucoup de « NR » ayant depuis viré identitaires, « nationalistes autonomes », FN, occidentalistes etc. La veille, en outre, a lieu la « vraie » fête de Jeanne d’Arc, qui rassemble l’extrême-droite plutôt national-catholique.

Et depuis 15 ans, ce rassemblement fasciste annoncé avec tambours et trompettes est l’occasion d’un grand (et tout aussi ritualisé) contre-rassemblement antifasciste. Qui effectivement, depuis quelques années, tourne en rond.

Ce sont là les limites de l’antifascisme « de rue » qui prévaut depuis les années 80, symbolisé par cette banderole « Fascistes hors de nos vies » à la manif de Lyon le 9 avril, l’antifascisme qui considère qu’il faut « tenir le terrain » sans combat idéologique et culturel... certes. Mais ce sont aussi, surtout, les limites de l’antifascisme… uniquement ANTI, l’antifascisme qui se positionne contre le fascisme sans assumer aucun patrimoine, aucun héritage propre.

Le 9 mai, on « monte » à Paris « contre » les fachos… Qui ont beau jeu de dire « Et nous, est-ce qu’on va emmerder les gauchistes quand ils célèbrent leurs morts ? ». Mais enfin ! Comment est-il possible de se mobiliser tous les ans le 9 mai, et de ne jamais mettre en avant que ce jour (et la veille, le 8) est celui de la VICTOIRE ANTIFASCISTE de 1945 en Europe !!!? C’est que, bien sûr, cette date est une date « stalinienne », et donc rejetée par une gauche radicale essentiellement anarchiste et trotskyste, perçue comme la victoire « d’impérialismes contre d’autres impérialismes » voire « d’Etats contre d’autres Etats »…

Mais cela n’est pas « typiquement » anarchiste et trotskyste… c’est en fait typiquement français. C’est unique au monde. Partout ailleurs, non seulement les communistes ML ou MLM, mais toute personne « de gauche », « anticapitaliste et antifasciste » (donc trotskyste, anarchiste, autogestionnaire…), assume le patrimoine et la culture révolutionnaire, anticapitaliste et antifasciste du pays.

En Italie, le 25 Avril est une journée de célébration, mais aussi d’offensive, d’affirmation de la culture antifasciste de gauche, une journée où les fascistes (les plus puissants d’Europe de l’Ouest) se terrent dans leurs trous. En Allemagne, on l’a dit, il y a le 1er mai qui coïncide avec la chute du IIIe Reich (30 avril – 8 mai) ; dans l’Etat espagnol, il y a encore d’autres dates liées à la République des années 30, à la Guerre antifasciste et à la lutte contre le franquisme…

Mais voilà : bastion de la gauche anticommuniste, de la gauche radicale petite-bourgeoise, universitaire et phraseuse (et du syndicalo-réformisme chez les ouvriers), le territoire hexagonal « France » a subi, dans les années 80-90, une véritable liquidation culturelle de l’héritage et de la fierté révolutionnaires, sans équivalent en Europe continentale. Une liquidation largement orchestrée par la social-démocratie (au pouvoir 15 ans entre 1981 et 2002).

 

C’est tout l’intérêt de l’idée, lancée à son petit niveau par SLP, de faire de la période du 25 avril au 9 mai une QUINZAINE INTERNATIONALE DE L’ANTIFASCISME.

25 avril : chute du fascisme en Italie (1945) et au Portugal (1974) ; 9 mai : jour de la victoire antifasciste à l’Est (il était 24h le 8 mai à l’heure de l’Ouest, mais 1h du matin le 9 à l’heure de l’Est) ; et au milieu, la Journée Internationale des Travailleurs ou encore (le 2 mai) l’anniversaire du glorieux drapeau rouge surplombant Berlin du toit du Reichstag.

Toute l’Europe serait concernée, même les Peuples de l’Etat espagnol, qui ont eu leur propre guerre antifasciste avant, mais dont beaucoup de réfugiés en Hexagone furent déportés, ou prirent part à la Résistance et à l’offensive finale (avec la « France libre ») contre le Reich nazi.

C’est réellement quelque chose que TOUTES les forces de gauche révolutionnaire, antifascistes et anticapitalistes sincères, devraient réfléchir à mettre en œuvre.

 

Enfin, dernière date, le 14 mai à Lyon aura lieu une « Marche des cochons » fasciste, sur le thème identitaire et anti-islam. Ce n’est pas une date récurrente (quoi qu’elle « célèbre » une action coup de poing dans un Quick « halal » l’an dernier) mais un rassemblement ponctuel. De prochains articles y reviendront. La riposte antifasciste s’organise déjà à Lyon, mais il faut aussi garder la tête froide : le dernier « apéro républicain » du 4 septembre dernier a été un relatif fiasco, avec franchement 3 tondus… C’est que, faire des beaux sites, à la Novopress ou Fdesouche, c’est une chose ; mais organiser des rassemblements en centre-ville c’en est une autre : c’est en effet aller se frotter aux masses populaires des minorités, beaucoup plus craintes (et tant mieux quelque part !) par les fafs que les militant-e-s antifas.

L’islamophobie, grande mobilisation réactionnaire de masse de notre époque, progresse (malheureusement) beaucoup plus vite dans les esprits, à coup de JT quotidiens, de presse locale ultra-réactionnaire, de « débats sur l’identité nationale » et de « petites phrases » des politiques, que dans des actions de terrain comme celle-ci. Et elle est amenée à se concrétiser beaucoup plus massivement dans les urnes aux prochaines échéances (à commencer par 2012) qu’autour d’une rosette et d’un beaujolais sur le parvis d’une cathédrale… Là encore, le combat est politique, idéologique, culturel avant toute chose !!!

 

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  Le soldat soviétique (daghestanais) Abdulhakim Ismaïlov hissant le drapeau rouge de la victoire sur le Reichstag

 

 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme
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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 15:57

 

L’annonce a fait grand bruit dans le microcosme politico-médiatique bourgeois : jeudi soir, Jean-Louis Borloo a annoncé que sa formation, le Parti radical, allait quitter l’UMP à son prochain congrès. Il n’a pas exclu, dans la foulée, de se présenter à l’élection présidentielle de 2012, comme représentant de la « droite sociale et humaniste ».

Annonce aussitôt suivie par celle de Rama Yade (que les fascistes se plaisent à cibler en l’appelant « Ramtoulaye »), affirmant sa « rupture idéologique » avec le parti présidentiel. De son côté, celui qui était il y a encore 1 an le chef de file de la droite anti-sarkozyste, Dominique de Villepin, n’a pas exclu de soutenir la candidature éventuelle de Borloo.

Mais pour SLP, rien de bien surprenant. Rien de plus que la confirmation de notre analyse d’il y a quelques semaines, qui nous a d’ailleurs valu la visite d’un petit comique de « Contre-informations » en commentaires :

=> Sarkozy a été en 2007, et déjà entre 2002 et 2007 comme Premier flic, vice-Premier ministre de fait et idéologue du gouvernement, « l’homme de la situation ».

=> Mais fin 2008 a éclaté la phase terminale de la crise capitaliste commencée dans les années 1970. Avec tout ce que cela implique : contradictions inter-impérialistes décuplées à travers le monde, et besoin de réaction tous azimuts à l’intérieur.

=> Dès lors, Sarkozy n’est plus l’homme de la situation. Ne reste plus, aux yeux des médias porte-voix des monopoles qui font « l’opinion », que les défauts : bling-bling, langage de charretier, pro-américanisme débridé, girouette, manque d’ancrage dans la « France profonde » etc.

=> Ayant pratiqué la « mise à jour du logiciel idéologique » refusée pendant 30 ans par son père, « l’homme » de la situation est devenu une femme, Marine Le Pen. Son « recentrage » apparent a croisé le chemin de l’évolution du Grand Capital vers la solution fasciste.

=> Malgré tout, « l’opinion », patiemment forgée à coup d’éditoriaux et de JT de 20h, n’est pas encore prête au fascisme ouvert. On s’achemine donc, très probablement, vers une parenthèse de « gauche » de 5 ans, avec un DSK incarnant la cible parfaite du discours fasciste. Parenthèse durant laquelle l’extrême-droite acquerra totalement l’hégémonie intellectuelle, idéologique et culturelle sur les masses populaires, après déjà 20 ans d’hégémonie intellectuelle bien à droite. Les tendances « eurasiste » (Bouchet, Soral) ou « occidentaliste » (rebelles-info, Riposte laïque, Bivouac-ID), soutenant l’une et l’autre Marine Le Pen, domineront selon que la contradiction principale de l’impérialisme BBR sera avec les US ou avec le « nouvel Est » (Chine, djihadisme, Iran etc.). De même que les Identitaires, Marine Le Pen joue strictement le « non-alignement » sur ce point.

=> Enfin, malgré tout le « lissage » de Marine Le Pen, le FN ne pourra jamais arriver au pouvoir tout seul. Car il a besoin non seulement de cautions « républicaines » et bourgeoises « respectables », mais aussi d'un réseau de notables et de grands capitalistes qu’il n’a pas suffisamment pour le moment. On l’oublie souvent, mais Hitler n’est pas arrivé au pouvoir seul : le NSDAP n’avait que 33% des voix en novembre 1932. Il est arrivé au pouvoir avec l’alliance des conservateurs de Von Papen et Hindenburg (président de la République de Weimar)… De la même manière, Mussolini est arrivé au pouvoir appelé par le Roi, donc le parti conservateur, monarchiste, catholique (accord de 1929 avec le Vatican) etc.


Il faudra donc à Marine Le Pen des alliés conservateurs, « républicains ». Cela passe par un éclatement de l’UMP.

Et c’est exactement, alors même que l’échec de Sarkozy en 2012 n’est pas encore joué, ce à quoi nous sommes en train d’assister.

Sarkozy est désemparé comme un Jospin en 2000-2002, ne sachant plus où il doit donner de la tête. Tantôt il va « chercher le centre » (comme avec la guerre en Libye), tantôt la « droite de la droite ». Toutes ses gesticulations sont de toute manière vaines : il n’est plus l’homme de la situation, la bourgeoisie des monopoles l’a abandonné, c’est fini pour lui, point à la ligne.

En attendant, il essaye de réchauffer sa vieille recette de 2007 : récupérer les électeurs du FN. Ce sont les rafles de Roms de l’été dernier. Ce sont les propos accumulés par le nouveau Ministre de l’Intérieur, Guéant. C’est le débat sur « la laïcité et l’islam », énième resucée sur le thème de « l’identité nationale ». C’est le refus (historique !) du « front républicain » aux cantonales. Tout cela, sans doute, en pure perte : les électeurs que perd l’UMP, et que gagne le FN, sont déjà ceux et celles que Sarkozy avait soustraits au FN en 2007, et qui y retournent… Par définition, ils ne reviendront pas vers celui qui les a « déçus », « trahis ».

Au sein même de la majorité, le « lobby de l’alliance » avec le FN se structure et se fait entendre. C’est la « Droite populaire » de Mariani, Luca et Vanneste. C’est la « Droite libre » (très islamophobe, mais aussi très voire trop atlantiste) de Del Valle et Kaci.

Et ces milliers d’élus locaux, qui sont autant de petits barons de villages, de bourgades, de cantons : accepteront-ils indéfiniment de « perdre leur siège plutôt que leur âme » ? Soyons sérieux… Aucun politicien bourgeois, même animé des meilleures « convictions républicaines », ne peut arrêter la marche du fascisme, qui est un mécanisme inéluctable du monopolisme en crise. Seule la riposte populaire antifasciste, conçue comme première étape de la révolution socialiste (et non comme défense des « institutions républicaines », conception thorézienne), le peut !

De l’autre côté, donc, les « centristes » font défection. Il y a déjà eu Bayrou, avant 2007. Puis Villepin. Et maintenant Borloo, Yade, Morin (Nouveau Centre). Même Fillon prend ses distances avec le coup de barre à droite de Sarkozy. C’est la droite de la démocratie bourgeoise, la droite « sociale et humaniste » dont se réclame aujourd’hui Borloo, incarnée à la perfection par Chirac en 1995 (et pendant ses deux mandats) et avant lui par Chaban-Delmas, Servan-Schreiber ou Simone Veil, etc.

Mais cette droite est complètement dépassée historiquement pour la bourgeoisie des monopoles, puisqu’on l’a dit, même Sarkozy n’est plus assez réactionnaire… Sa seule perspective politique, c’est de quasiment assurer que Sarkozy soit exclu du 2e tour en 2012. A moins qu’elle ne soit choisie, plutôt que la « gauche », pour la « parenthèse social-libérale » en attendant de préparer l’opinion au fascisme. Mais c’est peu probable…

On voit donc bien, comme prévu et même avec de l’avance, la « droite républicaine » éclater en deux. En 2017, le processus sera terminé. Il y aura la « gauche » bourgeoise, la bourgeoisie qui pense qu’il faut concéder des miettes (mais lesquelles ? nous sommes en crise terminale !) aux masses du Peuple pour sauver l’essentiel ; celle qui aime le « droit international » en politique extérieure, etc. Cette « gauche » sera ralliée en « front républicain », pour « sauver la démocratie », par la « droite sociale et humaniste » de Borloo.

Et puis il y aura le fascisme, derrière son front électoral FN, rallié par la droite « dure », celle pour laquelle « être juste » (discours social) n’est que le préalable à « être ferme » (la dictature de classe tous azimuts).

Et bien sûr, le fascisme l’emportera (avec ses nouveaux Von Papen). Car avec la crise en phase terminale, l’heure n’est plus à concéder des miettes, ce qui est une politique de périodes de croissance capitaliste (comme pendant les Trente Glorieuses, ou à la fin des années 90). Ce n’est plus soutenable. La bourgeoisie monopoliste doit aujourd’hui assumer la concurrence inter-impérialiste par tous les moyens, dont la guerre, comme on le voit en Libye et en Côte d’Ivoire (même si, sur la Libye, on voit que la guerre de Sarko ne fait pas l’unanimité) ; et en métropole, la répression sans pitié de tout mouvement des classes populaires « sortant des clous », comme on a pu le voir fin octobre à Lyon, avec la « souricière » de Bellecour, garde-à-vue géante en plein air pour des centaines de personnes, encadrées par les fusils du GIPN.

Cela, c’est dans 6 ans. En n’excluant pas (et en nous préparant à ce) que ce soit plus tôt, dès 2012 ou lors d’une « crise » entre 2012 et 2017. Car, disons-le clairement, en 2007, on voyait bien Sarkozy au pouvoir pour 10 ans, reprenant peu à peu le programme du FN pour finir en pure copie (mais « présentable ») de celui-ci. Or, les évolutions de la crise capitaliste ont précipité les choses. De nouvelles « accélérations » du processus ne sont donc pas à exclure.


La situation actuelle donne lieu à diverses analyses antifascistes, dont celle de « Contre-informations » dont il a été question plus haut.

Passons sur le ton, comme à l’ordinaire arrogant, règlement de comptes et donneur de leçons. Quelques points de l’analyse sont justes : ainsi le rappel que la marche au fascisme est irrésistible dans le cadre du capitalisme en crise, de la chute tendancielle du taux de profit ; ou lorsque la revue libertaire RéflexeS dit que « Marine Le Pen a séduit les médias », à quoi CI répond très justement que ce sont au contraire les médias, porte-voix de la bourgeoisie impérialiste, qui lui ouvrent les allées du pouvoir, fermées à son père pendant 30 ans en raison de son archaïsme idéologique.

Mais la colonne vertébrale de l’analyse repose sur 2 postulats traditionnels de CI, qui sont FAUX :

1°/ Il y a en France une lutte entre la bourgeoisie impérialiste et une bourgeoisie « traditionnelle » dont Sarkozy serait le représentant… Impossible : à l’époque de l’impérialisme, AUCUN pays impérialiste ne peut être dirigé par autre chose que la bourgeoisie impérialiste. Sarkozy ne représente pas la « bourgeoisie traditionnelle soumise aux USA », curieux écho au « gouverneur US de la France » des social-chauvins ; il représente la sensibilité atlantiste de l’impérialisme BBR, venue à l’ordre du jour en 2005-2006 avec la poussée mondiale de la Chine. Atlantisme qui ne l’a pas empêché de diligenter un violent coup d’Etat à Madagascar, contre un homme (Ravalomanane) de l'impérialisme US… La bourgeoisie impérialiste BBR est ainsi traversée de tendances et de « traditions » : plus ou moins pro- ou anti-US, orléaniste ou bonapartiste (et à « gauche » jacobine ou girondine), « sociale et libérale » ou « conservatrice répressive » etc.

2°/ Le fascisme n’est pas la « réaction immunitaire », ultra-réactionnaire, du capitalisme monopoliste face à la crise générale et/ou la menace révolutionnaire (en l’occurrence, celle-ci est encore faible, d’où le fascisme moderne dont parle le PCmF) ; mais le « passage à la dictature des monopoles »… Absurdité ! La dictature des monopoles, nous y sommes déjà : Lénine a expliqué, il y a plus de 90 ans, que l’époque de l’impérialisme était précisément celle de la dictature des monopoles, y compris sur la bourgeoisie non-monopoliste. En France, nous sommes donc sous la dictature des monopoles, depuis 1900 au moins, et sans équivoque depuis 1945. Le fascisme, c’est la mutation ultime, ultra-brutale et ultra-réactionnaire (aspect principal ; le paravent « social » populiste est totalement secondaire) de cette dictature des monopoles, face à la crise et/ou la menace révolutionnaire, rendant nécessaire la caporalisation de la bourgeoisie sous la houlette de sa frange la plus réactionnaire, pour la guerre impérialiste et la contre-révolution terroriste. Point barre : cette analyse des ML des années 30 (comme Dimitrov) a toujours été vérifiée par l’histoire ; elle n’a pas à être remise en cause. L’erreur du KPD allemand n’est pas celle-là, mais d’avoir placé la contradiction avec les progressistes sincères prisonniers du SPD (pas les ordures à sa tête, bien sûr !) au même niveau que la contradiction avec le NSDAP. Faisant ainsi le jeu de l’anticommunisme des social-traîtres. Cela, tout le monde le sait et la ligne de Front populaire, adoptée par l’Internationale communiste en 1934, en est la reconnaissance claire et nette ; mais ce n’est pas le "p""c""mlm", avec son sectarisme vis à vis des autres révolutionnaires et progressistes, qui va l’admettre !

 

Mais peu importe, en vérité. Le mouvement communiste renaît en Hexagone et surtout, plus important et plus rapide et massif encore, la poussée révolutionnaire des masses populaires et de leur noyau le plus exploité, le prolétariat. Le Parti ne sera pas le groupuscule qui se proclamera tel avec le plus d'assurance, mais celui qui naîtra, ou rencontrera, et dans tout les cas prendra la tête de cette soif populaire de révolution. Sans quoi, celle-ci ira grossir la démobilisation, l'apathie, voire le courant "social" du fascisme...


 

Le fascisme est en marche, mais entendez-vous le cri là sur la barricade ? La classe prolétaire l’attendra en armes !


RIPOSTE POPULAIRE ANTIFASCISTE !

 

 

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Réaction, Fascisme & Antifascisme - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 18:54

 

Un an presque jour pour jour après la manif monstre du 10 avril 2010, le fascisme continue de pourrir les rues de la capitale de la Résistance antifasciste... Mais le fascisme n'est plus seulement un phénomène de rue, ce temps-là est révolu : il devient un horizon politique de plus en plus (dangereusement) proche... Pendant que le FN (leur front électoral) caracole dans les sondages et les élections, et se "normalise" dans les médias bourgeois, les discours fascistes se diffusent et s'expriment de plus en plus ouvertement, aussi bien dans les masses populaires que dans "l'élite" politique, montrant à ceux qui en douteraient encore que le fascisme n'est pas un truc de "décérébrés" ou de "gros cons", mais bien la réaction immunitaire désespérée d'un capitalisme en crise terminale et agonisant ! On voit bien, désormais, que le fascisme n'est pas une "gangrène", une "lie de la société", mais au contraire que sa matrice est au coeur du système capitaliste bourgeois.

On peut voir ainsi un ministre de l'Intérieur dire tranquillement que le nombre de musulman-e-s "pose problème", une autre ministre dire que "les homosexuels propagent le SIDA", etc. Et loin des réactions indignées qu'il y aurait eu il y a encore 15 ans, le Premier ministre lui-même monte au créneau, pour qualifier les condamnations de la "gauche" bourgeoise de... "procès stalinien".

Et bien, n'ayons pas peur de leur dire : "Nous ne sommes pas la "gauche" bourgeoise et OUI messieurs, des procès STALINIENS, comme il y en a eu dans tout l'Hexagone en 1944, c'est ce qui vous attend, quand le capitalisme que vous aurez échoué à sauver s'effondrera !!!"

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Une nouvelle fois, donc, la riposte populaire s'impose :

 

Local néo-nazi à Gerland (Lyon 7e), multiplication des agressions fascistes, racisme d’État : STOP !!!

Ne lais­sons pas le racisme d’État, la xéno­pho­bie et la stig­ma­ti­sa­tion de boucs émissaires gan­gre­ner notre société !

La poli­ti­que actuelle du gou­ver­ne­ment vise à dési­gner des boucs émissaires : chasse aux sans-papiers, lan­ce­ment d’un débat raciste (cette fois sur l’islam), nou­velle réduc­tion des droits des étrangerEs et délit de soli­da­rité (loi Besson). Ceci afin de casser les soli­da­ri­tés et faire taire la contes­ta­tion contre l’accrois­se­ment des iné­ga­li­tés socia­les et contre celles et ceux qui ont pro­fité de la crise.
Les « déra­pa­ges » ver­baux de mem­bres du gou­ver­ne­ment se suc­cè­dent, la droite décom­plexée la plus réac­tion­naire revient aux affai­res. Ces dis­cours conta­mi­nent à pré­sent l’ensem­ble de la classe poli­ti­que et de l’espace public.
Le FN pro­fite de sa nou­velle porte-parole pour essayer de se faire passer pour social, alors que son pro­gramme ne vise qu’à divi­ser les clas­ses popu­lai­res afin de briser tout mou­ve­ment soli­daire et d’ampleur en leur sein. Nous voyons les consé­quen­ces direc­tes de cette bana­li­sa­tion à Lyon, où les agres­sions néo-fas­cis­tes se sont mul­ti­pliées.

Combattons cette bana­li­sa­tion des dis­cours racis­tes, anti-sémi­tes, isla­mo­pho­bes, sexis­tes et homo­pho­bes, qui encou­ra­gent la haine de l’autre et pous­sent à la vio­lence.
Ces faits, inquié­tants, ne sont mal­heu­reu­se­ment que la partie la plus visi­ble du déve­lop­pe­ment et de la dif­fu­sion des idées racis­tes, hai­neu­ses des partis d’extrême-droite.
Ces partis, et les grou­pus­cu­les qui leur sont asso­ciés, repré­sen­tent un danger réel sur le plan poli­ti­que, quand ils défor­ment les réa­li­tés socia­les à leurs fins pour déve­lop­per un dis­cours de haine et d’exclu­sion de l’autre.

Des mem­bres de l’extrême-droite occu­pent l’espace public et s’en pren­nent à des mani­fes­tan­tEs.

Quelques illus­tra­tions :
- l’atta­que d’un ras­sem­ble­ment contre le débat sur l’iden­tité natio­nale : un blessé grave (jan­vier 2010).
- l’agres­sion de che­mi­nots tenant un piquet de grève à la gare de Perrache, pen­dant le mou­ve­ment de défense des retrai­tes (octo­bre 2010).
- le tabas­sage d’un jeune à Saint-Jean, parce qu’il por­tait un pin’s de Che Guevara (08/12/10).
- l’agres­sion à coups de batte de base-ball d’un couple à la sortie d’un concert de soli­da­rité à Villeurbanne, occa­sion­nant de graves bles­su­res et des séquel­les à vie (15/01/11).
- l’atta­que à coups de cutter d’une lycéenne après un ras­sem­ble­ment (04/02/11).
- le vol de titres de séjours à des étrangerEs lors d’agres­sions.

Un local néo-nazi, le Bunker Korps Lyon, a pignon sur rue dans le 7e arron­dis­se­ment de Lyon

Dans ce local, situé au 22, impasse de l’Asphalte, sont orga­ni­sés des concerts, des entraî­ne­ments au combat, la dif­fu­sion des matchs de l’Olympique Lyonnais pour les inter­dits de stade et autres « acti­vi­tés cultu­rel­les » qui dif­fu­sent les idées fas­cis­tes. Lors de leurs concerts où sont invi­tés des grou­pes néo-nazis euro­péens, les saluts hit­lé­riens fusent, accom­pa­gnés de « sieg, heil ». Leur logo contient le dessin d’une tête de mort, l’emblème des SS char­gés de l’enca­dre­ment des camps de concen­tra­tion et d’exter­mi­na­tion. Ils uti­li­sent comme para­vent l’appel­la­tion Lyon Dissident et se sont signa­lés en ten­tant d’orga­ni­ser un concert néo-nazi en 2008 à Vaise (le concert avait été annulé suite à une cam­pa­gne d’infor­ma­tion). À tra­vers ce local, ils pro­pa­gent leur idéo­lo­gie de haine raciale et vio­lence réac­tion­naire.

Après les succès du ras­sem­ble­ment du 23 février et de la réu­nion du 28 mars, touTEs ensem­ble contre l’extrême droite !

Le 23 février, nous étions entre 600 et 700 ras­sem­bléEs devant la mairie de Lyon 7e, pour récla­mer la fer­me­ture du local néo-nazi de Gerland et l’arrêt des agres­sions fas­cis­tes. Une délé­ga­tion a été reçue par le maire de l’arron­dis­se­ment et des adjoin­tEs. Ils ont indi­qué étudier des solu­tions et mettre le local sous sur­veillance admi­nis­tra­tive. Pour les per­son­nes pré­sen­tes, pour les rive­rai­nEs qui conti­nuent à subir les mena­ces, pro­vo­ca­tions et autres inti­mi­da­tions des nazis, cela n’est pas suffi­sant. La mairie cen­trale et le Préfet doi­vent pren­dre leurs res­pon­sa­bi­li­tés. Tout le monde est menacé par les agres­sions de ces fran­ges les plus radi­ca­les de l’extrême-droite.
Lundi 28 mars, une réu­nion publi­que a été orga­ni­sée avec succès dans le quar­tier de Gerland pour infor­mer les habi­tan­tEs du quar­tier.

MANIFESTATION SAMEDI 09 AVRIL 14H30 PLACE BELLECOUR

- pour dire NON à la pro­pa­ga­tion de la haine et de la vio­lence racis­tes et xéno­pho­bes.
- pour l’égalité des droits humains et sociaux pour tous et toutes.
- pour la fer­me­ture du local néo-nazi de Gerland.
- pour dire stop à l’extrême-droite et à ses agres­sions phy­si­ques.

P.-S.

Premiers signataires, par ordre alphabétique :
Attac, Cabiria, CGA, FSE, Gauche Unitaire, JCML, LDH Lyon 8e, MJCF, MRAP, NPA, PCF, PG, Planning Familial, la Rafal, Ras l’Front, CGT-Vinatier, Résistances Mornantaises, ROC ML, SUD Éducation, UJFP, Union départementale CNT, Union syndicale Solidaires, les Voraces.

 

http://rebellyon.info/local/cache-vignettes/L301xH450/antifa2logo-e73b0-db0c0.jpg

 

Servir le Peuple, média révolutionnaire communiste et antifasciste, se joint à cet appel, avec quelques réserves : sur l'appel (notamment) à l'Etat bourgeois (mairie, Préfet), la nécessité de mettre en avant le caractère totalement lié à la classe dominante des fascistes (y compris les plus radicaux et incontrôlables comme les hools du local), la nécessité de l'autonomie prolétaire et populaire dans la riposte au fascisme.

Mais Servir le Peuple défend absolument la nécessité d'un Front uni antifasciste de tou-te-s les révolutionnaires et les progressistes sincères.

 


 

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Le 18 Juin, une date symbolique pour les fascistes


Réflexion sur la déviation ouvriériste – Avant-propos

Réflexion sur la déviation ouvriériste : la classe ouvrière, le prolétariat et la révolution. 


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du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)

 

(Chapitre I): PDF - WORD

 

Le Plan Général de Travail ((n)PCI)


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IMPORTANT pour la compréhension du Manifeste :

La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)

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