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Afrique

Mercredi 27 mars 2013 3 27 /03 /Mars /2013 15:32

 

jpg Ange Diawara2-300x258Servir le Peuple vous offre aujourd'hui un nouveau document historique, portant sur des faits largement méconnus de cette Françafrique qui, pourrait-on dire en paraphrasant Marx (au sujet de l'Irlande et du prolétariat anglais), est réellement le secret de l'impuissance du prolétariat d'Hexagone métropolitain.

Il y a 40 ans, en avril 1973, au Congo-Brazzaville, était assassiné dans des conditions particulièrement sordides Ange DIAWARA, héroïque fils du peuple et révolutionnaire marxiste, qui avait pris la tête d'une lutte armée contre le pouvoir en place. Contrairement au cas de Pierre MULELE (lui aussi affreusement assassiné, 5 années plus tôt), au Congo-Kinshasa voisin, ce régime avait la particularité de se vouloir "marxiste", "république populaire", "sur la voie du socialisme", et c'est justement ce qu'il est intéressant d'étudier.

Retraçons donc rapidement l'histoire de cette néocolonie de l'Empire BBR. Lorsqu'il se voit, en 1960, octroyer sa pseudo 'indépendance' par la métropole impérialiste, le Congo voit placée à sa tête l'une des plus grotesques satrapies néocoloniales de la 'Françafrique' : celle de l'abbé Fulbert YOULOU, anticommuniste rabique, vouant (on ne sait trop pourquoi) une haine toute particulière à la République populaire de Chine ("Le péril qui menace l'Afrique aujourd'hui est teinté du jaune communiste de Pékin (...) C'est la race noire tout entière qui est menacée d'extermination sous l'occupation massive des vagues chinoises"), défenseur de "l'Occident chrétien", ami de Moïse Tschombé au Congo ex-belge voisin, etc. etc. Mais, en août 1963, un soulèvement populaire éclate et en trois jours Youlou est renversé : ce sont les 'Trois Glorieuses', qui donneront leur nom à l'hymne officiel du pays. C'est un enseignant 'de gauche', Alphonse MASSAMBA-DÉBAT, qui assume alors la présidence de l'État congolais. Le régime de Massamba est typiquement le genre de régimes que soutient à cette époque la Chine de Liu Shaoqi : un régime nationaliste bourgeois 'progressiste' et 'non-aligné', refusant aussi bien le néocolonialisme de l'ancienne métropole et des ses alliés occidentaux que l'alignement sur Moscou - pour le coup, les pires cauchemars de l'abbé Youlou semblent se réaliser. Des liens sont également noués avec Cuba (le Che rend visite à Massamba en janvier 1965). Mais l'expérience 'progressiste' de Massamba-Débat se révèle instable, traversée par le clivage Nord/Sud du pays (sur lequel nous reviendrons), menacée par la droite youliste (Bernard ngouabi.jpgKolelas, Pierre Kinganga) et contestée par de jeunes officiers 'marxistes' de l'armée, emmenés par le capitaine Marien NGOUABI. Le pays va vers la guerre civile et, entre août et décembre 1968, Ngouabi démet progressivement Massamba de ses fonctions et prend la direction du pays, à la tête d'un Conseil National de la Révolution. À la toute fin de 1969, celui-ci deviendra le Parti congolais du Travail (PCT), 'parti unique d’avant-garde, d’idéologie marxiste-léniniste', et le Congo sera proclamé 'République populaire'. Alors que les amitiés internationales de Massamba étaient plutôt chinoises et cubaines, le pouvoir de Ngouabi est clairement tourné vers l'URSS et le COMECON (en gardant des liens avec Cuba, qui a entre temps choisi l'orbite soviétique) ; mais aussi... vers l'ancienne métropole BBR, et notamment son monopole pétrolier ELF Aquitaine, qui a ses 'hommes' dans l'aile 'droite' du PCT (Ngouabi lui-même représentant plutôt le 'centre'), en particulier dans la clique autour de Denis SASSOU-NGUESSO. C'est ainsi que, dès octobre 1968, le Congo-Brazzaville ngouabiste livre ignominieusement, à son voisin Mobutu, le héros révolutionnaire marxiste-léniniste Pierre Mulele, qui est massacré dans des conditions atroces... De fait, Ngouabi restait peut-être, dans une certaine mesure, un progressiste sincère ; mais, au fil du temps, il se révèle de plus en plus l'otage de la clique Sassou. Quelques années plus tard, en 1977, ce dernier 'bouclera' définitivement la boucle en faisant assassiner Ngouabi, puis en accusant du crime Massamba et ses partisans, qui seront condamnés à mort et exécutés. Il règnera sur le Congo-Brazzaville jusqu'en 1992, puis reprendra le pouvoir en 1997 (son successeur, Pascal Lissouba, s'étant trop rapproché des Anglo-saxons), au terme Denis Sassou Nguessod'une guerre civile qui fera encore des centaines de milliers de victimes (on parle généralement de 400.000...). Il y est toujours. Tout cela au service commandé et au plus grand bénéfice d'ELF Aquitaine devenu TOTAL, ce que résumera parfaitement Albin Chalandon, PDG de la compagnie entre 1977 et 1983 (avant de devenir ministre RPR de la Justice, puis mentor d'une certaine Rachida Dati...), dans un fameux documentaire : "Il vaut mieux avoir un régime... comment dire... 'communisant', mais stable, que des régimes comme on a eu après... républicains, calqués sur notre République, nos mauvaises méthodes politiques, et qui étaient tout le temps renversés. C’est pire que tout pour des industriels...". CQFD. 

 C'est donc dans ce contexte troublé qu'émerge, au début des années 1970, la figure lumineuse d'Ange Diawara. Marxiste conséquent, homme intègre, il dirige sous Massamba la Jeunesse du Mouvement national révolutionnaire (MNR, le Parti dirigeant) ainsi que la Défense civile, milice populaire formant la garde rapprochée du président progressiste. C'est lui qui, finalement, 'tranche' en 1968 le conflit entre Massamba et Ngouabi, en faisant pencher la Défense civile en faveur de ce dernier - elle sera alors intégrée dans l'armée, où Diawara reçoit le grade de lieutenant. Il intègre également le PCT, dont il devient rapidement un chef de file de l'aile gauche.

Flag_of_the_Congo_Army_-1970-1992-.pngIl avait aussi, comme Massamba-Débat et ses partisans, la particularité d'être originaire du Sud du pays ('Pool' autour de Brazzaville et région atlantique de Pointe-Noire), alors que Ngouabi, Sassou et leurs 'jeunes officiers progressistes' prosoviétiques étaient plutôt originaires du Nord (région de la 'Cuvette'). C'est là une autre caractéristique absolue du colonialisme et du néocolonialisme en Afrique : l'hinterland arriéré est le siège de la féodalité tribale, qui engendre la bourgeoisie bureaucratique et la caste militaire garde-chiourme de l'impérialisme ; tandis que les régions côtières, aux forces productives plus avancées, sont le siège de la bourgeoisie nationale (entrepreneuriale, commerçante et intellectuelle), de la classe ouvrière et des classes populaires semi-prolétariennes, donc des forces qui vont contester la domination impérialiste. Nous avons pu voir, dans la dernière décennie, exactement le même schéma en Côte d'Ivoire, avec Ouattara l'aristocrate dioula du Nord et ses 'Forces nouvelles' nordistes, formées en fait... des meilleures troupes de l'armée ivoirienne d'avant-guerre civile (l'armée étant souvent le seul 'ascenseur social' des jeunes hommes de ces régions déshéritées), tandis que Gbagbo 'l'indocile' était typiquement le prof de lycée (petit-bourgeois intellectuel) d'Abidjan, originaire de la 'boucle du cacao' bété (Sud-Ouest, terre de prolétariat agricole produisant le cacao, première richesse du pays), le bourgeois national par excellence qui voulait desserrer l'étau françafricain sur son pays en se tournant vers les impérialismes concurrents, d'abord US/Anglo-saxons/Israël puis Russie/Chine/'émergents' (BRICS).

Diawara conceptualisera brillamment cela à travers le terme d'OBUMITRI : oligarchie bureaucratique militaro-tribale ; éventuellement (comme dans le cas congolais) 'socialiste' (voire 'marxiste') et 'anti-impérialiste' en parole, mais toujours et systématiquement garde-chiourme des monopoles impérialistes dans les faits (analyse totalement valable, par ailleurs, dans des pays arabes comme la Syrie ou hier la Libye). Il sera d'ailleurs, pour cela, dénoncé non seulement (on s'en serait douté...) comme un 'agent de la CIA', mais aussi comme un homme de la 'revanche du Sud' massambiste contre les populations du Nord ; alors qu'il voulait au contraire en finir avec cette 'ethno-féodalité', cette 'division régionale et tribale des tâches' au service de l'impérialisme, pour forger, sur le découpage colonial dénommé 'Congo', une base rouge de la révolution anti-impérialiste en Afrique...

À partir de 1971, donc, Ange Diawara, avec l'aile gauche du PCT, va de plus en plus fustiger l'embourgeoisement, la corruption et les tendances au népotisme 'nordiste' du régime de Ngouabi ; ce qui lui vaudra d'être écarté de tout poste à responsabilité à la fin de l'année. Il tente alors un coup de force le 22 février 1972, qui échoue, et suite à celui-ci (sans doute était-ce prévu), il déclenche une guérilla révolutionnaire dans le 'Pool' autour de Brazzaville, à la tête du M22 (Mouvement du 22-Février). Celle-ci se battra vaillamment pendant un peu plus d'un an, mais, en avril 1973, Ange Diawara et 13 de ses camarades seront capturés et abattus ; sous la pression de Sassou-Nguesso, Ngouabi devra se livrer à la sinistre mise en scène de l'exposition publique des corps, affreusement jpg mobutuprofanés, dans le Stade de la Révolution à Brazzaville. Il semblerait, en réalité, qu'ils aient été arrêtés au 'Zaïre' par les forces de sécurité de Mobutu, alors qu'ils tentaient d'y fuir après leurs revers militaires ; ce qui serait alors un joli 'renvoi d'ascenseur' de la part du sinistre satrape de Kinshasa, après la traîtreuse livraison de Pierre Mulele par Ngouabi en 1968...

L'on pourra bien sûr dire, bien que Diawara ait été (d'après tous les témoignages) un marxiste 'solide', que tout cela est fort éloigné des 'canons' du marxisme-léninisme-maoïsme. Mais SLP a, d'une part, toujours eu pour ligne de témoigner le plus grand respect à ceux et celles qui sont tombé-e-s, sacrifiant leur vie avec abnégation, pour la cause de l'émancipation des travailleurs contre les oppresseurs et les exploiteurs. Et, d'autre part, dans un Congo-Brazza mis en coupe réglée, devenu la véritable propriété privée du monopole BBR TOTAL et de son contremaître Sassou-Nguesso, la figure héroïque d'Ange Diawara revêt une signification toute particulière, celle d'une lueur d'espoir sur un continent dévasté par la Françafrique, qu'elle soit ouvertement bourgeoise et garde-chiourme, ou peinturlurée de 'rouge'.

C'est donc d'un sincère élan internationaliste que Servir le Peuple, média communiste révolutionnaire marxiste-léniniste-maoïste, rend un rouge hommage prolétarien au héros révolutionnaire Ange DIAWARA, combattant et martyr de la Libération africaine !

 

En 2009, l'intellectuel progressiste congolais Pierre EBOUNDIT a rendu hommage, dans un livre, à Ange DIAWARA et à la guérilla du M22. Voici la présentation de celui-ci :


Le M22, une expérience au Congo, devoir de mémoire

L’histoire contemporaine du Congo Brazzaville, dès l’aube des indépendances, est une histoire effervescente. A l’événement politique brutal, explosif, massif qui détruit les complexités sociales et psychologiques, s’ajoute le diptyque terrible suivant : Violence et Exclusion.

La Violence qui transforme l’événement politique en événement-traumatisme d’une part ; l’Exclusion, produit d’exclusivismes identitaires centrifuges (tribal, ethnique ou régional), menaçant en permanence l’altérité et le vivre-ensemble d’autre part, sont les deux faces de ce diptyque qui impose à la société congolaise, et plus particulièrement à son élite, des silences et des peurs, parfois, coupables. C’est ainsi qu’à la suite des différents épisodes douloureux qui jalonnent l’histoire du Congo Brazzaville, il n’y a presque pas de témoignages directs des protagonistes, pour la plupart encore en vie, laissant volontiers la place aux légendes et autres mystifications.

Le « M22 » (le mouvement du 22 février 1972), n’échappe pas à la règle. Le mouvement d’Ange Diawara traîne ainsi son lot de légendes, de mythes, de fantasmagories dans l’imaginaire des congolais, mais aussi, de mensonges nourris souvent par le discours officiel. C’est pourquoi le témoignage de Pierre Eboundit, l’un des acteurs du réseau urbain qui faisait jonction avec le maquis de Goma Tsé-tsé, rompt avec les conséquences du diptyque Violence/Exclusion, mais aussi servira d’aiguillon, nous l’espérons en tout cas, tel un pionnier, à d’autres acteurs encore en vie du « M22 » afin que toutes les facettes de cette histoire soient connues, au nom de la vérité historique.

Les mensonges du pouvoir d’alors

Groupe d’aventuriers hirsutes, tribalistes assoiffés de pouvoir, agents à la solde de la CIA (Central Intelligence Agency) donc contre la révolution… tels sont les arguments du régime d’alors pour justifier la répression aveugle contre les dirigeants du « M22 ». Evidemment, le résultat est éloquent : car dès l’échec de l’action du 22 février 1972, le pouvoir opère près de 1600 arrestations [1] sur tout le territoire national, trois camarades, compagnons de Ange Diawara, sont arrêtés et froidement assassinés : Prosper Mantoumpa-Mpollo à Pointe-Noire, Elie Théophile Itsouhou et Franklin Boukaka [2] à Brazzaville. Ensuite, un an plus tard après le lancement du « M22 », Ange Diawara et ses compagnons seront assassinés sans procès, respectivement le 16 mars 1973 pour Jean-Pierre Olouka, le 21 avril 1973 pour Ikoko Jean-Baptiste et Jean-Claude Bakékolo, et enfin le 23 avril 1973 pour Ange Diawara, suivie d’une scène macabre puisque son cadavre sera exposé devant le public au Stade de la Révolution, puis sillonnera par la suite dans les rues de la capitale congolaise.

Photo d’Ange Diawara au maquis de Goma Tsé-tsé Ange Diawara {JPEG}

Or, à la lecture du témoignage de Pierre Eboundit, on apprend que ceux que l’on a présentés comme étant un groupe d’aventuriers hirsutes, dès l’échec de leur action le 22 février 1972, avec les conséquences que l’on sait en termes de répression, sans en être impressionnés, se sont retirés dans la campagne au sud de Brazzaville, principalement à Goma Tsé-tsé. Leur première réaction est de publier une brochure pour expliquer aux populations le sens de leur combat.

C’est ainsi qu’un document intitulé « L’Autocritique du M22 », va circuler sous le manteau à Brazzaville et à l’intérieur du pays. Les groupes de discussion se forment clandestinement autour de ce document, preuve de sa puissance d’analyse. Si la verve est révolutionnaire, fruit du discours de l’époque, à savoir : « la destruction de l’appareil d’état bourgeois bureaucratique et néocolonial, instrument de domination et d’exploitation des masses populaires, au service de l’impérialisme et des classes dominantes », on y découvre surtout une dénonciation lucide des contraintes de servages économiques et les infirmités culturelles qui pèsent sur nos « pays nains » affectant ainsi son métabolisme de base. Par conséquent, si l’on peut discuter des moyens choisis par les dirigeants du « M22 » pour arriver à leur fin, on ne saurait par contre honnêtement nier la réalité des problèmes posés par ceux-ci.

L’autre accusation mensongère du pouvoir d’alors est de traiter les dirigeants du « M22 » de tribalistes assoiffés de pouvoir. Evidemment, dans un pays où 13 ans plus tôt, avait éclaté une guerre civile opposant Youlou le sudiste à Opangault le nordiste, événement que d’aucuns ont qualifié de « déterminisme historique », quand on sait que le président de la république d’alors, Marien Ngouabi était du Nord et Ange Diawara, leader du « M22 », originaire du Sud, les esprits simplistes se laissent naturellement abusés par une telle propagande.

Cependant, on y voyant de très près, on s’aperçoit que le « M22 » fut un mouvement basé réellement sur des idées, dépassant le cadre ethnique car comment expliquer la présence de nombreux compagnons de Ange Diawara tels que Ikoko et Olouka, assassinés comme lui et originaires de la région de la Cuvette, donc de la même région que le Président de la République ? Et plus particulièrement, le cas de Pierre Eboundit, jugé et condamné, qui n’avait que 21 ans et lycéen encore, neveu du Colonel Yhombi Opango, chef d’État Major Général des armées d’alors, et de surcroit cousin du Président de la République, le Commandant Marien Ngouabi ?

Par ailleurs, cette instrumentalisation du tribalisme par le pouvoir pour cacher les véritables revendications des insurgés était de bonne guerre d’autant que dans la brochure « l’Autocritique du M22 », Diawara et ces compagnons avaient magistralement mis à nu le tribalisme au sommet de l’Etat qui régnait comme dans une organisation scientifique de travail, à travers le slogan : O.BU.MI.TRI. (Oligarchie Bureaucratique Militaire et Tribale).

Enfin, agents à la solde de la CIA (Central Intelligence Agency) donc contre la révolution est un autre argument développé par les autorités d’alors pour discréditer le « M22 ». Or, dans un texte intitulé "Lettre du Zaïre", [3] et repris par Pierre Eboundit dans ce livre, on peut lire : (…) Diawara et ses amis s’étaient repliés sur le territoire zaïrois où ils disposaient de « complicités », semble-t-il pour des questions de ravitaillement (les contacts Brazzavillois étaient « grillés »). Ils sont tombés dans un piège sans aucune possibilité de retraite. Pour Mobutu et Ngouabi il ne restait qu’à négocier la livraison du groupe Diawara contre celle du groupe des douze militaires (dont deux généraux et un colonel) qui avaient tenté de renverser Mobutu pendant son voyage en Chine et s’étaient enfuis à Brazzaville à la suite de l’échec de leur tentative.

Comment alors traiter les dirigeants du « M22 » d’agents à la solde de la CIA, quand on sait qu’ils ont été livrés par Mobutu, élément notoirement reconnu comme étant l’allié des Américains en Afrique centrale, à un pouvoir se réclamant lui-même anti-impérialiste ? La ficelle, n’est-elle pas trop grosse ?

Le « M22 », vue de l’intérieur et le procès

A travers le témoignage de Pierre Eboundit, on découvre pour la première fois, l’organisation interne du « M22 », du maquis de Goma Tsé-tsé au réseau urbain avec différents tentacules dans toutes les couches sociales.

Autant, on est pris d’admiration devant le dévouement et la foi dans l’idéal qui anime les fugitifs dans le dénuement total, ce qui humanise ce combat ; autant, on y découvre aussi des amateurismes criards dus à l’inexpérience des dirigeants du « M22 ». Or, l’existence du maquis dépendant de la capacité du mouvement à trouver un fonctionnement quasiment clandestin, si les héroïsmes et la fidélité des compagnons ne manquent pas, comme le REMO (Réseau Moundélé, essentiellement constitué de ressortissants étrangers, blancs pour la plupart, dont Paule Fioux, Paule Deville, Kempf ou Mathis, Arthur ou Elico, Bernard Boissay ...), on relève aussi malheureusement l’existence de la traitrise, de la lâcheté, des agents doubles…

Enfin, arrive le procès. L’avant procès est caractérisé par les tortures d’une cruauté inimaginable sur les cadres du réseau urbain décapité. Ce qui donnera lieu, pour certains d’entre eux, aux aveux ; et pour d’autres, au reniement de leur appartenance au « M22 » ou d’une quelconque relation avec Ange Diawara.

Nous découvrons aussi les tractations entre le président de la Cour, Henri Lopès, représentant d’un pouvoir prétendument progressiste et anti-impérialiste, et l’avocate Gisèle Halimi, chargée de la défense des expatriés, associés au « M22 ». C’est ainsi qu’il y avait une différence dans le traitement des détenus. Les uns "épargnés" parce que ressortissants de la puissance coloniale, les autres (congolais) abandonnés à la merci des agents de la répression locale.

Pierre Eboundit, pionnier à contre courant

Les guerres civiles à répétition subies par les congolais ces dernières décennies ont, non seulement rendu vermoulue une conscience nationale, déjà bien tenue, en la minant avec les larves d’insectes, de plus, elles ont développé une espèce de mentalité conditionnée ethniquement où les faits socio-politiques du passé comme ceux du présent, avec leur lot de déformation, viennent valider. C’est pourquoi, il faut un sacré courage aujourd’hui pour ramer à contre courant tel un pionnier.

Lucien Febvre, grand historien français, disait, je cite : Le sort du pionnier est décevant : ou bien sa génération lui donne presque aussitôt raison et absorbe dans un grand effort collectif son effort isolé (…) ; ou bien elle résiste et laisse à la génération d’après le soin de faire germer la semence prématurément lancée sur les sillons. (…).

Dans ce rôle du pionnier contre les conséquences du diptyque Violence/Exclusion, l’hostilité à cette initiative de Pierre Eboundit pourrait d’ailleurs venir des siens propres. Car l’affaire « M22 », à l’instar des autres épisodes douloureux du Congo Brazzaville, a été conscientisée comme une validation d’une mentalité collective conditionnée ethniquement.

Mais « pionnier hérétique » déjà hier sous la « révolution » en rejoignant le « M22 », pionnier encore aujourd’hui en allant à contre courant d’une société dont la conscience nationale est en lambeau, c’est un nouveau défi à relever pour Pierre Eboundit.

Car l’Histoire vraie, assumée, peut servir de ciment social en faisant d’une population un Peuple, Uni et Solidaire dans la construction du présent et de l’avenir.

Panafricainement !

[1] Gisèle Halimi, “Avocate irrespectueuse”, éd. Plon, février 2002, p.164

[2] Prosper Mantoumpa-Mpollo est Lieutenant de l’armée - Elie Théophile Itsouhou est membre du Comité Central, ancien Ministre - Franklin Boukaka, Chanteur très populaire dans son pays et à travers l’Afrique pour ses chansons engagées.

[3] Publié dans l’ouvrage de Woungly-Massaga, « La Révolution au Congo », p.155 - p.157, Ed. François Maspero - Janvier 1974

 

Autres liens sur le thème :

http://www.mampouya.com/article-le-m-22-l-assassinat-de-ange-diawara-53368945.html

http://pierreboundit.unblog.fr/tag/ange-diawara/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ange_Diawara

22 février 1972 – 22 février 2012 : Il y a 40 ans éclata la rupture au sein du P.C.T : récit de l’événement

22 février 1972, le M22 a 40 ans!

 

"La question de l'appareil d'État compte incontestablement parmi celles qui se posent communément à tous les pays désireux de lutter contre l'impérialisme. Lorsque nous analysons l’échec de N'Krumah au Ghana, nous constatons que l'erreur la plus importante que commit ce grand militant africain fut de ne pas s'être attaqué radicalement à l'appareil d'État." (Extrait de l'Autocritique du M22, L'Harmattan, p.60)

AfricaFistZm

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Afrique - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Samedi 12 janvier 2013 6 12 /01 /Jan /2013 13:34

 

INTER-201242-Mali-intervention-vignette.jpgC'en est donc fait. Après des mois à jurer ses 'grands dieux' qu'il n'en ferait rien sans les 'partenaires africains', et moins de deux ans après la sanglante expédition néocoloniale en Côte d'Ivoire (plus de 2.000 mort-e-s rien qu'à Abidjan, massacres innombrables par les tirailleurs 'forces nouvelles' dans l'Ouest du pays, etc.), pour porter au pouvoir le FMIste Ouattara, et le début du 'licenciement musclé' de l'ex-laquais Kadhafi, l'impérialisme BBR est passé à l'offensive directe dans sa néocolonie malienne. Il faut dire que le déclenchement 'surprise', par les forces djihadistes du Nord, d'une attaque massive sur le 'goulet' qui sépare les ailes Nord et Sud du 'papillon' malien, menaçant le Mali 'utile' méridional (dans leur conception mystique du djihad, les islamistes recherchaient sans doute ainsi cet affrontement direct avec les 'Croisés'), a quelque peu bousculé l'agenda politico-militaire. Des frappes aériennes ont donc stoppé cette poussée vers le Sud, avec également des moyens d'intervention plus 'rapprochés' (hélicoptères, un pilote aurait déjà été tué par une riposte à l'arme automatique), et très certainement des troupes terrestres 'd'élite'.

lepen_desir_cope.jpgPar la voix de politiciens d'extrême-droite ou à la 'gauche de la gauche', Kadhafi ou Laurent Gbagbo bénéficiaient d'un certain nombre de soutiens dans la mouvance des monopoles BBR : 'risque d'instabilité régionale', de 'mettre les islamistes au pouvoir', de 'se battre encore une fois pour Washington et le Nouvel Ordre Mondial' etc. etc. Cette fois-ci, le soutien à l'intervention est assez unanime dans la 'classe' politique, hormis quelques réserves d'ordre formel, du côté de Mélenchon ou de Noël Mamère, sur la nécessité de 'consulter le Parlement' ou 'd'associer les pays africains' (histoire que cela ne fasse pas trop néocolonial...) [depuis s'y sont ajoutés Villepin, qui tente certainement ainsi - encore une piètre fois - d'exister politiquement, ou encore... Giscard d'Estaing, qui met en garde contre une... "dérive néocolonialiste" (!), ce qui ne manque pas de sel pour l'homme de Kolwezi et des diamants de Bokassa...]. Même le Front national soutient à 100%, déplorant simplement que la situation au Mali soit le 'fruit' de la liquidation de Kadhafi (qu'il soutenait) et de la déstabilisation qu'elle a provoqué.

mali-ansar-dine-combattants-reuters-930620-02.07.12 scalewiIl faut bien souligner ici quelle est la nature de cette guerre contre la 'menace djihadiste'. Cela est important, pour bien tordre le cou, par exemple, à certaines analyses tendant vers le complotisme : les 'islamistes' seraient des 'agents' de l'impérialisme, financés par les pétrodollars du Golfe, servant à 'donner un prétexte' à des expéditions impérialistes pour le contrôle des ressources naturelles ; de même qu'il faut tordre le cou à certaines analyses minoritaires voyant dans les djihadistes des forces 'révolutionnaires' et 'anti-impérialistes'. Comme l'a déjà - et justement - analysé Servir le Peuple, les forces 'djihadistes' à travers le monde sont bel et bien l'expression militaire des grandes oligarchies capitalistes multi-milliardaires basées dans le Golfe arabo-persique et la Péninsule arabique. Ces forces capitalistiques, depuis près d'un quart de siècle, sont avec les grandes puissances impérialistes (occidentales ou orientales) dans un rapport d'unité et lutte. Unité, car leur base d'accumulation repose entièrement sur leurs ressources hydrocarbures, et donc sur les pays industrialisés qui les leurs achètent (et qui eux-mêmes en dépendent, de manière vitale, pour leur vie productive et sociale en général) : pour cela, l'affrontement direct est impossible et, du côté sud du Golfe, ces pays font figure d'alliés indéfectibles de la 'Triade' Amérique du Nord – Europe occidentale – Asie-Pacifique (sauf Chine) ; l'Iran ou les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, eux, penchant plutôt vers l'axe russo-Soldats-intervention-Mali-armee-francaise_pics_390.jpgchinois 'de Shanghai'. Unité... mais LUTTE, car ces États réactionnaires producteurs d'énergies fossiles, 'inféodés' à l'impérialisme occidental, ont aussi leurs propres ambitions, leur propre agenda. La vente de ces gigantesques ressources hydrocarbures génère en effet des milliards et des milliards de pétro-dollars, dont le millième suffit largement à assurer aux pétro-oligarques, ainsi qu'à leurs héritiers pour deux ou trois générations, toute une vie de jet set sans jamais fournir le moindre travail ; et le reste... qu'en faire ? Car, dans le système capitaliste qui domine notre monde, un dollar n'est réellement un dollar que s'il 'vit', s'il fructifie, s'il est investi. Après ce que l'on peut qualifier d''accumulation primitive' (globalement, des années 1930 aux années 1970-80) des pétro-dollars, les oligarchies des pays producteurs sont donc en quête de terrains d'investissement, que ce soit à travers leurs 'fonds souverains' ou des initiatives privées. C'est le sens des très nombreux investissements jusqu'au coeur même des métropoles impérialistes, comme les investissements qataris en Hexagone, dans les quartiers populaires (suscitant "l'inquiétude de la droite") ou dans le secteur sportif avec le rachat du PSG, suscitant la colère des identitaires parisiens... C'est le sens du soutien aux forces politiques 'islamistes' (Frères musulmans, salafistes etc.), dans le contexte des mouvements populaires arabes qui déstabilisent voire mettent à bas des régimes à la botte aussi bien des Occidentaux (Tunisie, Égypte) que des Russes et des Chinois (Libye, Syrie) - dans ce dernier cas, les agendas 'golfiens' et occidentaux 'collent' (et c'est la grande incompréhension de la grande majorité des forces progressistes et marxistes anti-impérialistes : comment se fait-il donc que 'nous' (notre impérialisme BBR) allions combattre, au Mali, des 'islamistes' que 'nous' soutenons en Libye et en Syrie ???). Et lorsque 'ça coince', lorsque la contradiction atteint un certain degré d'antagonisme, l'affrontement direct restant impossible, surgit alors une force militaire 'par procuration' : les 'djihadistes', animés par la même idéologie wahhabite que celle des États de la péninsule arabique, une idéologie dont le puritanisme religieux et le messianisme évoquent 1815474 5 1769 le-conseil-de-securite-a-demande-un 9c91539bd'ailleurs – non par hasard, le hasard n'existant pas pour le matérialisme historique – les temps de l'accumulation primitive capitaliste en Europe (avec le calvinisme, le jansénisme etc.). De même et de plus, dans le panier de crabes que constitue le 'concert' des États fantoches néocoloniaux africains, il est fréquent que les groupes armés soient utilisés par tel ou tel pour déstabiliser ses voisins : il est ainsi de notoriété publique que les 'islamistes' somaliens sont appuyés par l'Érythrée (État laïc...) pour emmerder son grand rival éthiopien, qui appuie quant à lui le gouvernement 'internationalement reconnu' ; que le Soudan 'islamiste' appuyait les rébellions armées au Tchad et réciproquement, ainsi que 'l'Armée de Résistance du Seigneur' (fondamentaliste... chrétienne) en Ouganda ; que l'Algérie à longtemps appuyé le Front Polisario (Sahara occidental) dans sa rivalité régionale avec le Maroc, etc. etc. Au Mali, le premier mouvement à être passé à l'action, le MNLA (nationaliste touareg laïc), était à l'origine une 'légion' touarègue de Kadhafi, pour 'faire pression' sur ses voisins du Sud, et qui s'est retrouvée 'sans maître' après la chute de celui-ci. Et l'Algérie soutient certains groupes islamistes, et a été l'une des plus farouches opposants à une intervention militaire BBR ou CEDEAO...

Finalement, après avoir été pendant quatre décennies le 'gendarme' du continent africain face à la 'menace communiste', puis avoir été contesté dans ce 'pré carré' par la superpuissance US (une fois ce rôle devenu obsolète), l'impérialisme BBR se retrouve à nouveau propulsé 'gendarme de l'Afrique' face à la 'menace islamiste' – d'ailleurs, concomitamment à l'intervention au Mali, se déroulait une autre Intervention-au-Mali article mainopération plus limitée en Somalie, visant à libérer un otage tricolore, 'détaché' de la DGSE pour former les forces de sécurité de l'État fantoche et enlevé par les 'islamistes' locaux. Une 'menace' qui n'a pas, loin de là, les aspects progressistes de la précédente – et c'est bien tout le dilemme des internationalistes. Il n'y a pas d''islam révolutionnaire', les forces djihadistes sont des forces nationalistes réactionnaires (elles sont généralement d'ancrage national, même s'il y a des 'volontaires' étrangers), leur idéologie wahhabite est celle de leurs maîtres 'golfiens' : amputation des voleurs, lapidation des femmes adultères etc. Ces limites idéologiques, déjà soulignées par un article du (n)PCI, les empêchent de gagner la sympathie des larges masses : au Mali, il est clair que les masses du Sud (80% de la population), musulmanes mais pratiquant un islam maraboutique et 'souple', n'ont aucune sympathie pour les djihadistes du Nord et soutiennent, dans l'ensemble, leur gouvernement et l'intervention BBR. Mais une ‘menace, néanmoins, - presque - toute aussi STRATÉGIQUE... Car pouvoir investir, valoriser leur masse de pétro-dollars, cela veut dire, pour les pays producteurs, s’émanciper, être en mesure de ‘poser leurs conditions’ dans l’arène impérialiste internationale - or, on l’a dit, les ressources de ces pays sont VITALES pour le système impérialiste mondial. De même que, lors de la première vague de la révolution prolétarienne (1918-années 1980), la ‘menace rouge’, outre son antagonisme avec le système capitaliste en tant que tel, avait aussi le ‘malheur’ d’affecter principalement la ‘région intermédiaire’ mondiale, région stratégique pour les ressources naturelles de toute sorte, de l’Afrique jusqu’à la Sibérie... Ces considérations entraient nécessairement en ligne de compte, aux côtés de la lutte de classe contre-révolutionnaire de la bourgeoisie monopoliste mondiale. Les champs pétroliers de Bakou étaient un objectif militaire d'Hitler, au même titre que l’anéantissement du Komintern...

hollande.jpgLe rôle de ‘gendarme’ d’un continent, comme celui de l’impérialisme BBR en Afrique, n’est jamais gratuit : il permet également de faire main basse sur toutes les forces productives (matières premières, ressources énergétiques, force de travail) du continent en question, pour engraisser les caisses des monopoles. En ce qui concerne le Mali, celui-ci est, après l’Afrique du Sud (Azanie) et le Ghana, le troisième producteur africain d’or, métal qui n’a pas de véritable valeur productive en lui-même, mais sert, comme chacun le sait, de ‘mesure’ internationale de la valeur - un instrument sur lequel les impérialistes peuvent s’appuyer dans leurs rivalités. Son sous-sol recèle, en outre, de l’uranium dont on connaît le caractère essentiel pour l’impérialisme BBR (75% de sa consommation énergétique est nucléaire), et des hydrocarbures (pétrole et gaz) qui intéressent évidemment le monopole hexagonal Total... tout comme ses concurrents anglo-saxons, chinois, russes ou encore la compagnie nationale algérienne.

int-36247Pour tout cela, comme hier en Côte d’Ivoire et en Libye (dans ce dernier cas, il fallait toutefois combattre sur le plan idéologique la ‘kadhafomania’ de certains révisionnistes, le social-libéral Gbagbo n’ayant quant à lui pas la ’chance’ d'un tel engoument), quelle que soit la nature de ‘ceux d’en face’, la position de tous les révolutionnaires et de tous les internationalistes doit être celle d’une OPPOSITION FERME et TOTALE, par tous les moyens, à la ‘politique de la canonnière’ de l’impérialisme, SURTOUT lorsque c’est le nôtre, l’impérialisme BBR, opérant dans son ‘pré carré’ françafricain ! Comme le disait déjà Lénine en 1919 ou 1920 (cité par Staline dans les Principes du léninisme , 1924), «la lutte de l’émir afghan pour l’indépendance de l’Afghanistan est OBJECTIVEMENT une lutte révolutionnaire, malgré le tour monarchiste des conceptions de l’émir et de ses partisans, car elle affaiblit, désagrège et sape l’impérialisme, cependant que la lutte des démocrates et des ‘socialistes’ à tous crins, des ‘révolutionnaires’ et des républicains tels [toute une ribambelle de Hollande-Ayrault-Le Drian de l’époque], pendant la guerre impérialiste, était une lutte réactionnaire, car elle avait pour résultat de maquiller, de consolider, de faire triompher l’impérialisme».

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À BAS L’INTERVENTION IMPÉRIALISTE BBR AU MALI !

‘FRANCE’ HORS D’AFRIQUE !

VICTOIRE AUX PEUPLES OPPRIMÉS D’AFRIQUE ET DU MONDE DANS LEUR LUTTE POUR LA LIBÉRATION !!!



Les premières réactions africaines et internationalistes à l’intervention (attention, SLP n'a pas forcément d'affinité idéologique avec les auteurs de celles-ci ; ces prises de position sont là à titre informatif) : 

Guerre au Mali : Les dessous d’une "intervention contre le terrorisme"

Comment se fait-il que lorsque des criminels coupent, au nom d’un certain islam, des mains et des pieds aux gens au Mali, les intérêts de l’Europe seraient en jeu ?.... Pourquoi des mausolées détruits et des coups de fouet administrés aux nègres qui ne sont "pas assez entrés dans l’histoire" au Mali constituent-ils une menace pour la sécurité de l’Europe ? Eh bien vous allez comprendre ce qui se joue au Mali, territoire où les Etats-Unis d’Amérique travaillent sur l’ouverture d’une base de lancement de drones après celles ouvertes en Ouganda, en Ethiopie et à Djibouti aux côtés des flottes aériennes de surveillance basées en Mauritanie, Burkina et au Soudan du Sud. 

Ayant refusé de nous organiser pour acquérir la capacité de lire les évènements et entre les lignes et ainsi savoir de quoi il est question et comment nous positionner, voici ce que dit Yves Le Drian, ministre français de la défense dans Libération : "Nous avons appelé l’attention de nos partenaires sur le fait que la sécurité de l’Europe est en jeu au Mali. Les Britanniques et les Allemands ont répondu présents. Nous avons alors mandaté Catherine Ashton pour qu’elle établisse un concept d’opération, dont nous discuterons le 19 novembre à vingt-sept. Au Mali, ce n’est pas la France qui va aider les Africains à mener cette opération, mais bien l’Europe...On ne peut pas laisser s’installer un sanctuaire terroriste majeur à nos portes." Voilà qui est clair : LA SECURITE DE L’EUROPE EST EN JEU AU MALI. Ceci pour plusieurs raisons. Mais comme Jean-Yves Le Drian ne mentionne pas ces raisons, nous allons le faire à sa place :

1- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que toute la région sahélo-saharienne est en reconfiguration. L’idée étant de morceler davantage l’espace pour mieux le contrôler et maîtriser ses ressources : En 2011, on a eu la naissance du Sud Soudan sous l’instigation du trio Israël, USA et Europe avec l’acceptation de la Chine qui a réussi à sauver sa part d’approvisionnement en pétrole en s’accrochant au Soudan de Béchir. En 2012, on est allé dans le même sens au Mali avec le squelettique Azawad. En toile de fond, l’or et bien d’autres ressources.

2- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que pas loin de là l’Europe (l’Allemagne en tête) réalise actuellement un énorme projet d’installation de panneaux solaires géants appelé DESERTEC. Ce parc solaire fournira de l’électricité à l’Europe gratuitement. Donc, il faut faire en sorte que cet espace soit sécurisé.

3- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que, des orpailleurs français appelés des chercheurs avaient découvert en début de cette année 2012, de gigantesques réserves d’eau dans le Sahara. La guerre de l’eau qui se déroule actuellement sous nos yeux dans le monde et qui va s’accentuer eu égard à la rareté vers laquelle on se dirige pousse l’Europe à parler de sa sécurité au Mali.

4- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que la France qui n’a pas d’uranium sur son sol est quand même le premier exportateur de l’énergie nucléaire au monde. Pourquoi ? Tout simplement parce que la France dispose sur sa préfecture du NIGER des mines gigantesques d’uranium qu’elle exploite depuis 60 ans bientôt gratuitement. Une mine énorme est découverte à Imouraren au Niger. Ce qui a poussé AREVA à investir actuellement au moins 1,5 milliards d’euros en vue de racler proprement cette mine. Des centaines de français et d’européens affluent actuellement dans le coin où ils sont en train de construire une sorte de ville minière. Les prises d’otage et autres révoltes armées peuvent gêner un peu la chose. La Chine n’est pas loin non plus de là. Donc, l’Europe a ici aussi sa sécurité en jeu.

5- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce qu’il faut que l’Europe démontre à ses ressortissants qui aiment le tourisme exotique que leur sécurité est et sera garantie un peu partout, notamment dans cette région.

6- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce qu’après avoir armé et utilisé ces islamistes pour détruire la Libye, la France surtout espérait qu’avec ce "geste d’amitié", ces gars libéreraient ses ressortissants. Il n’en est rien. Les gars disent que ce ne sont pas eux qui détiennent les français, mieux qu’ils ne savent pas où ils sont exactement. Parfois, ils disent "on va vous aider à les libérer" puis, c’est Jacques où es-tu ? La patience a ses limites. Même si les otages risquent la mort, eh bien, mieux vaut une fin effroyable qu’un jeu de nerfs sans fin, surtout que l’Europe sait ce qu’elle gagne par rapport à la vie de 3 ou 5 otages.

Voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles les bruits de bottes résonnent là. Qu’on détruise des mausolées ou qu’on coupe des mains, des pieds aux Nègres, ou qu’on viole les filles africaines sous l’autel d’un islamisme poussiéreux là-bas, ça n’est pas le problème de l’Occident. Au demeurant, comme ces faits criminels émeuvent la masse, eh bien, les stratèges les mettent devant pour mieux atteindre, avec le consentement tacite ou expresse des spectateurs que nous sommes, leurs buts. En parlant uniquement de la sécurité de l’Europe avec la mise en avant du TERRORISME qui serait aux portes de l’Europe, le ministre français de la défense nous montre l’arbrisseau qui cache mal la forêt.

Quant au rôle des petits préfets tels que Blaise Compaoré, Alassane Ouattara, Faure Gnassingbé...et leur CEDEAO, il a suffi qu’on lance la bombe mensongère d’une alliance future avec les coupeurs de mains au Mali avec leurs fameux opposants en vue de leur ravir leur trône pour qu’ils enfilent leurs costumes de petits chefs de guerre. Nul autre que Ouattara, le préfet du territoire de Côte d’Ivoire ne symbole mieux ce petit spadassin au garde-à-vous. On lui a dit que les partisans du président Laurent Gbagbo "sont en contact avec les islamistes" et qu’après le Mali, cette mythique alliance marcherait sur son territoire. Cela a largement suffi pour le mobiliser. Ces gens là également, ce n’est pas les mains et les pieds coupés des Africains du Mali qui les préoccupent. Si ces gars là étaient des "humanistes" ou des Africains de coeur, on l’aurait su. Eux-mêmes sont de grands massacreurs des peuples qu’ils régentent au profit de qui on sait. Qu’est-ce qui mobliserait un Blaise Compaoré assassin de son compagnon d’armes, Thomas Sankara et de bien d’autres dont Norbert Zongo ? Des petits mains coupées au Mali ? Faure Gnassingbé, le tueur, héritier du trône qu’il conquit en 2005 après avoir sacrifié au moins 1000 personnes et qui depuis lors assassine et qui, par sa soldatesque, fait régulièrement ouvrir le crâne aux populations qui manifestent contre lui ? Ou bien, est-ce Alassane Ouattara, le boucher transporté dans les chars français encadrés par l’ONU qui serait offusqué par des pieds coupés et des mausolées détruits ? Ou encore est-ce Soro Guillaume, l’éventreur, en bon chrétien qui n’a jamais vu couler une goutte de sang qui serait révolté de voir à la télévision pour la première fois de sa vie de moine isolé des mondanités des gouttes de sang ? Allons ! Allons !

15 novembre 2012 mis à jour le 12 janvier 2013

KPOGLI Komla.

Web. http://lajuda.blogspot.com/

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Parti communiste révolutionnaire de Côte d'Ivoire :  L’intervention militaire française au Mali : un péril pour l’avenir de l’Afrique !  

La situation au Mali avec la menace d’interventions extérieures constitue un sujet de préoccupation depuis quelque temps. La position des partis communistes d’Afrique de l’ouest a été synthétisée dans une déclaration partagée en date du 10 décembre 2012.  Dans l’ambiance des menaces d’interventions armées annoncées par des gouvernements africains avec la bénédiction des puissances occidentales, les signataires de la déclaration citée ont estimé que la situation était grave et lourde de dangers pour le prolétariat et les peuples du Mali et des autres pays de la sous-région ouest-africaine. Ils ont :

1) Dénoncé la présence  des troupes d’agression étrangères impérialistes en Afrique de l’Ouest, particulièrement dans la zone sahélo-saharienne et exigé leur départ.

2) Condamné les pouvoirs fantoches qui ont ouvert leurs territoires à ces troupes (notamment le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger, le Sénégal, la Mauritanie)

3) Condamné le plan réactionnaire de la CEDEAO, de l’UA et des impérialistes notamment français pour l’envoi des troupes des pays membres de la CEDEAO et de l’UA au Mali.

4) Condamné la politique aventuriste et criminelle du clan mafieux de Blaise Compaoré qui représente un danger pour le prolétariat et les peuples du Mali, du Burkina Faso et l’ensemble de la sous-région ouest africaine. Dénoncé et condamné la politique de va-t-en-guerre de Boni Yayi, Président en exercice de l’Union Africaine, porte-voix des agresseurs impérialistes français et américains et chaud partisan de l’intervention militaire au Mali.

5) Condamné la proclamation de l’indépendance de l’Etat de l’AZAWAD par le MNLA comme  la manifestation d’un complot ourdi par l’impérialisme français contre les peuples du Mali afin de les diviser pour mieux les asservir et les exploiter. Appelé les révolutionnaires maliens à  veiller à la mise en œuvre d’une juste politique nationale permettant à chaque Malien (quelles que soient sa nationalité, sa race, ses origines) de se sentir à l’aise dans un Mali indépendant et unifié) ; car dans tous les pays africains, la question nationale se pose et nécessite d’être traitée avec beaucoup de circonspection sur des bases correctes.

6) Soutenu fermement les exigences des forces patriotiques et démocratiques maliennes qui s’opposent à toute intervention étrangère sur leur sol et demandé que les propres problèmes du Mali soient réglés en toute souveraineté par le peuple malien lui-même sans ingérence étrangère.

7) Dénoncé et condamné les crimes perpétrés contre les peuples du Nord-Mali par le groupe terroriste AQMI, le MNLA et les groupes djihadistes Ansar Dine, MUJAO. Soutenu la résistance courageuse des peuples notamment les jeunes contre l’oppression et les politiques moyenâgeuses de ces groupes réactionnaires et obscurantistes.

8) Réaffirmé leur opposition au terrorisme et au putschisme qui ne sont pas les voies indiquées pour la révolution et l’instauration du socialisme.

9) Affirmé leur engagement sur  la base de l’internationalisme prolétarien  à :

- Travailler pour mobiliser et organiser le prolétariat et les peuples de leurs pays respectifs pour lutter contre l’intervention des troupes étrangères au Mali, pour exiger le départ de l’Afrique de l’ouest des troupes d’agression des grandes puissances (USA-France-UE)

- Soutenir de manières multiformes le prolétariat et les peuples du Mali dans la situation difficile qu’ils connaissent.

Le rôle du président ivoirien, Alassane Ouattara, en sa qualité de président en exercice de la CEDEAO a été dénoncé en tant que l’un des maîtres d’œuvre de la construction de la coalition paravent de l’intervention impérialiste au Mali et de la consolidation de la domination impérialiste, notamment française en Afrique de l’Ouest.

Les partis adhérant à la déclaration ont lancé un appel au prolétariat, aux peuples, aux forces démocratiques et révolutionnaires des pays impérialistes pour qu’ils s’opposent à l’intervention militaire de pays impérialistes au Mali, pour qu’ils se solidarisent avec la lutte du prolétariat et des peuples du Mali et de l’ensemble de la sous-région Ouest-africaine.

L’issue que les partis communistes de la région redoutaient a commencé à se produire le vendredi 11 janvier 2013 avec le début de l’intervention française. Le gouvernement français a décidé d’engager 750 militaires au Mali, des avions et des chars. Les objectifs affichés de cette intervention sont :

- Stopper la progression des islamistes vers Bamako ;

- Eviter l’effondrement du pouvoir de Bamako et la déstabilisation de l’Afrique de l’ouest.

Comme conséquence immédiate de cette situation, l’ONU dénombre déjà 150.000 réfugiés et 230.000 déplacés du fait des affrontements armés. 

Malgré le caractère salvateur que veulent conférer les acteurs et soutiens de cette autre intervention à leur opération, celle-ci, n’est pas différente de celle qui s’est produite en Côte d’Ivoire et en Libye en 2011. Cette intervention suggère les observations essentielles suivantes :

- Le caractère néocolonialiste de l’intervention visant à préserver les intérêts économiques et stratégiques de l’impérialisme international, français en particulier, ne peut échapper aux observateurs avisés ;

- La faillite des régimes néocoloniaux africains n’en est que plus visible ; ces régimes honnis, incapables de défendre leurs peuples, n’ont pas trouver mieux à faire que de transformer les armées nationales en supplétifs de l’armée française ; c’est une raison de plus pour que ces régimes aient de plus en plus de mal à diriger les peuples africains ;

- Le peuple malien qui voulait, pour préserver l’avenir, engager le combat pour sa souveraineté, en a été empêché ; il a été empêché, par la CEDEAO d’entrer en possession de ses armes qui devaient être débarquées dans différents ports africains ; pour les régimes pro-impérialistes africains et leurs maîtres, il faut empêcher les exemples montrant que les peuples sont capables de se battre pour leur liberté et leur souveraineté ;   

- En Côte d’Ivoire, tous les bourgeois, sans exception, acclament cette intervention ; même le Front Populaire Ivoirien (FPI), anticolonialiste de circonstance, s’est joint à cet unanimisme, confirmant son caractère pro-impérialiste que le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire a toujours dénoncé ; ces partis sont entrain de légitimer le rôle de l’impérialisme français en tant que gendarme de l’Afrique avec la Côte d’Ivoire  comme plaque tournante de l’intervention française contre la volonté des peuples africains ; ces bourgeois ivoiriens, toute tendance confondue, consciemment ou inconsciemment, préparent le terrain pour le choix du prochain président ivoirien par la France.

Le peuple malien a été soumis à des pressions de toutes sortes afin que, exténué par les multiples souffrances, l’intervention extérieure apparaisse comme une opération de sauvetage, que l’armée française apparaisse comme le seul recours, comme un « sauveur suprême ». Le peuple malien et avec lui les peuples africains  viennent de perdre une bataille, mais pas la guerre. Comme en Afghanistan, en Somalie et ailleurs,  les armées impérialistes ne feront que disperser les djihadistes et autres terroristes. Ces derniers n’ont d’ailleurs pu s’installer dans le nord Mali et menacer d’autres régions d’Afrique qu’à cause de la misère engendrée par le système capitaliste et sa politique néocolonialiste. La destruction des économies africaines par les programmes d’ajustement structurel depuis les années 1980 et le développement prodigieux de la misère qui a suivi, sont parmi les causes des crises politiques et sociales endémiques et le développement des mouvements djihadistes et terroristes.

Lorsque les objectifs des impérialistes qui ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux des travailleurs et des peuples auront été atteints, ils laisseront ces derniers à leur sort. L’expérience montre que les interventions armées impérialistes ne résolvent pas les problèmes essentiels (Irak, Afghanistan, Somalie, etc.). Les masses maliennes paupérisées seront abandonnées face à leurs difficultés et elles continueront avec l’appui des révolutionnaires et démocrates à chercher des solutions à travers diverses stratégies. Les questions fondamentales de la conquête des libertés politiques, de l’obtention de meilleures conditions de vie demeurent des préoccupations majeures pour les masses africaines et maliennes en particulier. Ces préoccupations seront satisfaites dans l’adoption de stratégies révolutionnaires qui apparaissent de plus en plus incontournables. L’impérialisme et les régimes fantoches qui le servent finiront par apparaître comme les cibles privilégiées à abattre pour ouvrir la voie à des pouvoirs aux mains des travailleurs et des peuples. Les leçons de choses qui se déroulent sous nos yeux accélèrent la conscience que seule la révolution est susceptible de mettre l’Afrique sur le chemin de la sortie de l’asservissement, de la misère et de la honte.

                                               Fait à Abidjan, le 15 janvier  2013.

                                          Le Parti  Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

                            
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['Gauche radicale'] 
Déclaration du PCF Paris 15, repris sur le site Solidarité Internationale PCF

Le pays et la représentation nationale sont devant le fait accompli.

François Hollande a déclaré que la France était en guerre au Mali le lendemain des premiers affrontements. Depuis des semaines, il préparait l’opinion à cette intervention. Mais il promettait de placer de la chair à canon africaine en première ligne, ce qui s’est révélé impossible. Il y a déjà un soldat français mort au Mali et au moins deux dans le ratage de l’opération coordonnée en Somalie. Hollande se réjouit de « lourdes pertes chez les adversaires ». Oui la guerre, ça coûte et ça tue !

Personne ne peut être dupe des raisons avancées le Président. On connaît trop les refrains à la George Bush sur la guerre « humanitaire » et la « lutte contre le terrorisme » et les résultats des guerres d’Irak, d’Afghanistan ou d’ailleurs.

En Libye, les impérialistes français et britanniques ont servi de sous-traitants à l’impérialisme américain pour des questions principalement de pétrole. Cette guerre a décomposé le pays, ravivé et militarisé des conflits préexistants dans plusieurs pays d’Afrique noire dont le Mali. Elle a fait le lit d’une radicalisation politique « islamiste ».

Maintenant, les intérêts impérialistes, notamment français, l’accès aux minerais, à l’uranium du Niger par exemple, se trouvent menacés par la déstabilisation de toute la région.C’est là qu’il faut chercher les vrais objectifs de guerre de l’Etat français. Certainement pas dans les appels à l’aide du président fantoche placé par l’Occident à Bamako.

Le déroulement militaire et les conséquences politiques de cette nouvelle aventure guerrière , en Afrique mais aussi ailleurs, sont imprévisibles. Afghanistan, Irak, Libye : la terreur de la guerre n’a fait que renforcer les « terroristes » ou les « islamistes » que l’OTAN prétendait combattre. La population du Mali, dans toutes ses composantes, du nord et du sud, vit des heures sombres. Mais l’issue d’une guerre menée par la puissance néocoloniale qui poursuit l’exploitation du pays, le maintient dans une extrême pauvreté et une dépendance politique, condamne une partie de sa jeunesse à l’émigration est douteuse.

François Hollande se prévaut d’un appui international général. Les puissances impérialistes chinoise et russe n’ont pas d’intérêts économiques et géopolitiques divergents avec les Etats-Unis et l’UE , dans le cas du Mali, contrairement à celui de la Syrie. Elles ne bloqueront pas les résolutions de l’ONU.

En France, les médias prétendent qu’il existe un consensus en faveur de cette guerre, de la gauche à l’extrême-droite. Là encore, le changement, ce n’est vraiment pas pour maintenant. Hollande met ses pas dans ceux de ses prédécesseurs, Sarkozy en Libye et en Côte d’Ivoire, Jospin en Afghanistan, sans remonter la sinistre guerre mitterrandienne au Tchad. 

Communistes, nous ne rentrerons pas dans cette « Union sacrée », pas plus aujourd’hui qu’hier.

Nous demandons l’arrêt immédiat des opérations militaires françaises au Mali et l’ouverture de pourparlers de paix entre tous les belligérants.

Plus que jamais, nous demandons le retour en France de tous les soldats déployés en « opérations extérieures » : Plus un seul soldat français hors de France ! 

Nous demandons la sortie de la France de l’OTAN et de la politique extérieure intégrée de l’Union européenne.

Plus un homme, plus un sou pour la guerre impérialiste !

Toujours dans la mouvance PCF, la position (très voisine) de la JC des Bouches-du-Rhône : Non à la guerre impérialiste française au Mali 

NPA (communiqué laconique...) :  Non à l'intervention militaire française au Mali 

Lutte ouvrière : À bas l'intervention militaire française au Mali ! 

Collectif 'Afriques en Lutte' (proche NPA) : Sur l’intervention de la France au Mali et Mali La France en pompier pyromane

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[Mouvement ML et MLM] 

Déclaration de l'OCML - Voie prolétarienne : Non à l'intervention militaire au Mali ! Ceux qui ont mis le feu sont mal placés pour éteindre l'incendie !   

Depuis le vendredi 11 janvier, l’armée française intervient par des moyens aériens et au sol pour bloquer l’avancée des jihadistes vers Bamako. Nous connaissons et condamnons les crimes commis par ces derniers contre les hommes et les femmes maliennes des régions qu’ils contrôlent. Nous savons aussi qu’une bonne partie du peuple malien et parmi eux les travailleurs immigrés en France approuvent cette intervention qu’ils voient comme la seule issue immédiate.

Pourtant, en tant que communistes et anti-impérialistes, nous condamnons cette intervention militaire, car nous savons que ceux qui mettent le feu, et qui prétendent ensuite jouer les pompiers, sont le problème, la cause, et non la solution des crises qui frappent de nombreux pays d’Afrique.

La déstabilisation du Mali a pour origine immédiate l’éclatement de la Libye dans lequel la France a joué un grand rôle. Elle a permis aux divers groupes islamistes de s’équiper d’un matériel de guerre puissant avec lequel ils ont mis en déroute l’armée malienne. Mais l’incapacité du Mali à se défendre, à assurer la sécurité des étrangers (français) qui y résident n’est pas une fatalité. Le Mali est dit « pauvre » mais son économie est pillée et étouffée par les exigences des impérialistes qui organisent le commerce mondial. Son or est exploité au bénéfice de sociétés étrangères. Son coton est concurrencé par le coton américain subventionné. Ses créanciers pompent ses ressources financières. Ses principales entreprises sont contrôlées par des sociétés étrangères dont beaucoup sont françaises. Ses terres irrigables sont louées à des Etats étrangers. La faiblesse du Mali est là, aggravée par la corruption de ses bourgeois prêts à brader à leur profit les ressources de leurs pays. La force du Mali est l’énergie de ses travailleurs, de ses paysans, de ses immigrés qui tentent de pallier les défaillances de l’Etat.

Pillage de ses ressources et du travail de son peuple : voilà pourquoi le Mali n’est pas en mesure de se défendre, d’assurer son indépendance nationale et doit s’en remettre à un « protecteur impérialiste ». Voilà aussi pourquoi la France ne peut apporter une solution à la crise, car elle défend le système économique (FMI, Banque Mondiale, privatisations) qui appauvrit le pays. Les impérialistes n’ont pas d’amis, seulement des intérêts. Et les gouvernements français, de droite ou soi-disant de gauche, agissent pour préserver ces intérêts.

La France en intervenant renforce son rôle et sa position dans une région où sa présence économique a régressé au profit d’autres pays, dont la Chine. De plus, la reconquête du Nord du pays, qui sera autrement plus difficile que les opérations récentes d’interception de convois armés, permettra d’affirmer une présence dans une région riche en pétrole et en divers métaux rares. Enfin la stabilité du Sahel est stratégique pour la France qui exploite au Niger l’uranium qui alimente ses centrales et lui assure une soi-disant « indépendance énergétique », assise sur la dépendance du Niger. Enfin, la déstabilisation du Mali entraînerait une immigration nouvelle d’hommes et de femmes en France. La « France généreuse » de « gauche » poursuivant la politique sarkoziste, est l’« amie des maliens », pourvu qu’ils supportent leur misère chez eux.

L’armée française a contribué à arrêter l’avancée de jihadistes, mais l’intervention étrangère n’est pas la solution, et reste le problème.

En tant que communistes, nous affirmons notre solidarité avec le peuple malien et nos camarades immigrés. Nous soutenons leur lutte pour le développement d’un Mali véritablement indépendant et juste, ce qu’il ne peut être que si les travailleurs et paysans maliens :
- contrôlent les richesses qu’ils créent par leur travail et pour cela chassent du pouvoir la bourgeoise corrompue docile aux impérialistes,
- exproprient les entreprises étrangères qui exploitent les ressources de leur pays,
- dénoncent la dette qui les saigne,
- reçoivent l’appui des travailleurs des autres pays, en particulier de leurs camarades de classe d’ici, appui qui implique l’exigence de la régularisation de tous les sans papiers (qu’ils soient maliens ou non) et l’égalité totale des droits politiques et sociaux entre travailleurs français et immigrés.

Le 13 janvier 2013

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Déclaration du collectif anti-impérialiste Coup Pour Coup 31.   

Non à l'intervention de l'impérialisme français au Mali ! 

François Hollande avait déclaré que la Françafrique était finie, s'il fallait une preuve de son hypocrisie la voilà.

Après avoir joué au grand intermédiaire, défenseur d'une pseudo conciliation pacifique, le voilà qui annonce que la France entre en guerre au Mali.

On nous vend une intervention contre les islamistes radicaux djihadistes pour «sauver » les musulmans du Sud (80% de la population) qui se réclament d'un islam maraboutique et souple. En somme une guerre de civilisation. Mais derrière cette façade se disant démocratique et en soutien au peuple se cache les vrais enjeux de l'intervention impérialiste.

Le Mali est, après l’Afrique du Sud et le Ghana, le troisième producteur africain d’or. De plus, son sous-sol recèle de l’uranium (qui sert dans le nucléaire). Uranium qui a un rôle clef dans l'impérialisme français puisque la France créée 75% de son énergie avec. Ce n'est pas pour rien si AREVA vient récemment d'investir 1,5 milliard d'euro au Niger (pays frontalier du Mali). Enfin le sol malien est riche en hydrocarbures (pétrole et gaz) qui intéressent évidemment des groupes comme Total.

Il est nécessaire pour les impérialistes européens, et en particulier pour l'impérialisme français, de « stabiliser » cette région afin de continuer son pillage tranquillement.

On le voit cette intervention sous direction française avec ses « alliés » africains repose donc sur des enjeux géostratégiques clairs, stabiliser la région pour pouvoir profiter pleinement du pillage des ressources du Mali ainsi que de pouvoir disposer pleinement de son peuple afin de mieux l'exploiter. Enfin, en retour, François Hollande passe pour le sauveur du Mali contre les terroristes, tout comme les américains qui allaient en Afghanistan pour y sauver les femmes des talibans ! 

Arrêt immédiat de l'offensive militaire !

Troupes impérialistes hors d'Afrique !

 

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À peine les troupes combattantes d’Afghanistan retirées (1400 restent tout de même sur place pour la « formation » et la « logistique »), l’impérialisme français intervient au Mali.

Lorsque nous parlons d’intervention militaire :

  • Nous ne saurions oublier que ce sont les impérialistes américains qui ont soutenu les forces réactionnaires en Afghanistan pour lutter contre l’invasion du social-impérialisme soviétique.
  • Nous ne saurions oublier l’intervention impérialiste américaine qui a détruit l’Irak et qui laisse le chaos.
  • Nous ne saurions oublier les résolutions jamais appliquées de l’ONU contre la politique colonialiste d’Israël en Palestine.
  • Nous ne saurions oublier l’intervention des différents impérialistes dans les pays arabes pour soutenir de nouvelles forces réactionnaires, conquérir des marchés et des zones d’influence et dévoyer la juste révolte populaire.

L’Afrique est devenu le champ de bataille économique entre les impérialistes occidentaux et les nouveaux impérialistes (Chine, Russie) et grands pays émergents (Brésil et Inde). Les anciens impérialistes qui détiennent des intérêts en Afrique grâce à la colonisation et au colonialisme moderne veulent les défendre jusqu’au bout, tandis que les nouveaux impérialistes et les émergents cherchent à tout prix à en conquérir de nouveaux.

C’est dans ce contexte que l’impérialisme français intervient régulièrement en Afrique sous différentes formes pour préserver ses intérêts, comme récemment en Côte d’Ivoire. Il se prépare aussi à renforcer sa présence en Somalie. Plusieurs pays sont même concernés par des clauses confidentielles d’intervention française en cas de déstabilisation du pouvoir.

Aujourd’hui l’impérialisme français, qui soutient les anciens chiens de garde au Mali, a pour objectif de préserver les intérêts de la France, c’est-à-dire poursuivre et développer le pillage organisé des matières premières. L’intervention contre les groupes islamistes est le prétexte qui sert à la France pour justifier l’intervention militaire.

Bien sûr, les forces islamistes fondamentalistes sont réactionnaires et sont des ennemis du peuple qui s’appuient sur la misère causée par l’impérialisme. Mais ce qu’il faut voir ici c’est que le « danger islamiste » est utilisé comme prétexte par les impérialistes pour combattre les révoltes populaires en Afrique et dévier la colère du peuple en Europe et dans les autres pays. Cette manœuvre participe à dresser une partie de la classe ouvrière contre l’autre et à préparer ainsi les solutions fascistes à la crise. A terme, la mobilisation pour une nouvelle guerre de repartage au niveau mondial n’est pas à exclure. L’objectif des gouvernements, de droite ou de gauche, est de maintenir à tout prix la domination du capitalisme sur l’ensemble des peuples du monde.

Mais dans le monde des forces se dressent contre les exploiteurs et les oppresseurs et mènent la guerre populaire sous la direction des partis communistes maoïstes comme en Inde, aux Philippines, en Turquie, pendant que dans de nombreux pays se développent et se reconstruisent les nouveaux partis communistes maoïstes pour préparer et étendre la guerre populaire contre les impérialistes et les chiens de garde, quel que soit le masque sous lequel ils se dissimulent, laïcs ou religieux.

Comme il a été déclaré à la Conférence Internationale de Soutien à la Guerre Populaire en Inde, qui a regroupé des représentants des forces révolutionnaires de 20 pays, le meilleur soutien aux peuples en lutte que nous pouvons apporter est de développer la lutte révolutionnaire dans nos pays respectifs. Ici en France, notre tâche première est de nous opposer à notre propre impérialisme. C’est la seule façon d’en finir avec l’impérialisme, le système capitaliste d’exploitation et d’oppression, la seule façon d’en finir avec la guerre.


A bas les interventions et les manœuvres de l’impérialisme en Afrique !

Vive la lutte des peuples contre les chiens de garde et les réactionnaires de tous bords ! 

PC maoïste de France

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Vendredi 11 janvier, une intervention française au Mali, baptisée « opération Serval », a été lancée. Chacun a pu en voir les premières images et apprendre la mort au combat de l’officier français Damien Boiteux, membre des forces spéciale [1]. Selon les déclarations de F. Hollande, président de l’Impérialisme Français, cette guerre est justifiée car  il s’agit  de « sauvegarder un pays ami » et de combattre le « terrorisme ». La quasi-totalité des partis politiques a applaudi l’initiative. Comme souvent, les guerres de la France en Afrique consacrent l’Union Sacrée drapée sous les plis du drapeau national.

Pourtant, les pays occidentaux avaient d’abord juré durant des mois qu’ils n’enverraient pas de troupes au sol. Il y a quelques mois, cette mission au Nord-Mali avait même été proposée au Maroc, en sous-traitance, en échange de l’effacement de sa dette militaire. Mais, l’occasion d’intervenir directement a été saisie par les forces françaises et dans une moindre mesure allemandes et anglaises. Une colonne d’une coalition de djihadistes et d’indépendantistes touaregs avançait vers la ville malienne de Mopti, un des derniers verrous sur la route de la capitale Bamako. Cette coalition regroupe Ansar Eddine, Aqmi, Mujao, qui avec le MNLA, contrôle le Nord du pays depuis 10 mois. La colonne  « qui met en cause l'existence même du Mali » est composée de 1000 hommes armés et d’une centaine de 4x4 selon J. M Merchet, journaliste à Marianne et itélé, spécialiste de la Défense.

Les partisans de l’intervention avancent des arguments nobles. Face à l’horreur des mains coupées,  face à la barbarie des viols collectifs pour refus de mariage avec un « djihadiste », face à la lapidation des couples non mariés, face à la destruction des mausolées de Tombouctou, une intervention armée pourrait sembler salutaire à beaucoup. Mais cette guerre n’est pas une guerre juste. C’est une guerre réactionnaire. C’est une guerre impérialiste. Elle peut transformer la région en enfer pour les peuples comme c’est le cas au Moyen-Orient. Elle ne servira pas le peuple malien ni les peuples de la sous-région ouest-africaine. Elle servira le capitalisme français et ses sous-préfets africains et elle renforcera l’islam politique à visage barbare.

Le rôle de notre Comité Anti-Impérialiste est en premier lieu de combattre les mensonges de guerre de notre propre pays. Aujourd’hui, le grand désarroi des populations maliennes, leurs aspirations légitimes à se débarrasser de la barbarie mais aussi l’extrême vulnérabilité d’un Etat malien en décomposition permettent de faire gober n’importe quoi. La bonne conscience impérialiste fait consensus national et dégouline de partout. Les médias vont couvrir avec excitation les opérations éblouissantes  de « bombardements de choc » et de « frappes chirurgicales » en expurgeant docilement les images gênantes. Mais, la vérité c’est que le Mali ne sera pas libéré de la terreur des fondamentalistes par cette intervention. Les interventions impérialistes faites au nom du combat « contre la terreur islamiste » ont toutes abouti à le renforcer. Les précédents de l’Irak et de  l’Afghanistan et les résultats de la « guerre contre la terreur » devraient vacciner définitivement ceux qui pensent qu’une première « victoire » des impérialistes sera gage de paix civile. Les grands barnums militaires de la démocratie capitaliste renforcent les courants les plus réactionnaires tout en piétinant la dignité des peuples.

Qui sont les « ennemis » au Mali ? Selon le discours de la guerre antiterroriste il s’agit des « terroristes », c’est-à-dire d’Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) ou sa dissidence le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Pourtant ces groupes fanatiques sont aujourd’hui liés à des mouvements qui ont un réel ancrage dans les populations locales : Ansar Eddine qui revendique aussi l’instauration d’un régime de l’Islam politique au Mali et d’autre part le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) qui est séparatiste touareg. Dans cette situation complexe, la guerre sera indifférenciée et les racines de la rébellion touareg resteront. De nombreux Maliens veulent à juste titre en finir avec ces forces rétrogrades. Mais miser sur l’intervention des puissances impérialistes c’est creuser son propre tombeau.

En dix mois, le Mali s’est vu amputé de 2/3 de son territoire avec une imposition de la charia. Pourquoi cet effondrement si subit? Il faut comprendre que le Mali paye la note de la guerre impérialiste en Libye et des stratégies impérialistes de contrôle du sous-sol sahélien.
La guerre en Libye a transformé ce qui devait être la protection de la ville de Benghazi en renversement du régime libyen, suivi de la mise mort de Khadafi. Ce viol de la résolution 1973 du Conseil de sécurité s’est réalisé par une alliance entre des mercenaires de « l’islam radical », de l’OTAN et des pétromonarchies (Qatar en tête). Ces mercenaires ont ensuite rejoint les séparatistes touaregs avec un arsenal issu de la guerre en Libye. Les forces qui déstabilisent le Mali ont donc été armées par la France ou par ses alliés. Le Qatar par exemple, que les autorités françaises veulent étrangement intégrer à l’Organisation de la Francophonie, est le sponsor officiel d’Ansar Eddine. Les coupeurs de mains sont financés par le patron du PSG comme l’a révélé le journaliste Claude Angéli du Canard Enchaîné. De son côté, l’Etat malien est dirigé par une clique bourgeoise véreuse, corrompue et compradore. Elle n’a pu aligner qu’une armée de pacotille, spécialiste des putschs à répétition et des débâcles. En 2012, l’aide extérieure a été supprimée grevant le budget de 429 milliards de francs CFA et créant un drame économique. Les autorités maliennes ont été sommées d’accepter l’intervention militaire pour que l’aide reprenne. Finalement, le président par intérim, Dioncounda Traoré, symbolise bien l’humiliation nationale en mendiant une intervention française. Le Mali de Modibo Keïta, qui depuis 1960 a toujours refusé l’installation d’une base militaire française à Mopti, va se retrouver sous contrôle total de l’ancienne puissance coloniale.

Le contrôle du sous-sol malien et régional est le second aspect à comprendre. Le Mali n’est pas un « Etat ami » de l’impérialisme français contrairement à ce que dit F. Hollande, c’est un Etat vassalisé. Un Etat dont les relations monétaires sont gérées par la Banque de France.  Les rapports France-Mali sont toujours ceux qui existent entre le prédateur et la proie. La région regorge de gisements d’uranium et d’or. F. Hollande ment lorsqu’il dit que la guerre n’a pas « d’autre intérêt et d’autre but que la lutte contre le terrorisme » (déclaration du dimanche 13 janvier). Pourquoi cacher les intérêts économiques et stratégiques français dans cette affaire ? Areva est le groupe nucléaire spécialiste de l’extraction de l’uranium et il gère les immenses mines du Niger. Cette multinationale bataille depuis plusieurs mois pour obtenir l’exploitation du minerai de Faléa à 350 kilomètres de Bamako. Les experts en énergie de la société internationale Golder Associate indiquent que « le Mali offre un environnement de classe mondiale pour l’exploitation d’uranium ». Les entreprises canadiennes Rockgate et française Foraco s’occupent  actuellement des forages. La France semble donc bien engagée sur le dossier de l’uranium malien. D’ailleurs, son ambassadeur au Mali, Christian Rouyer, déclarait il y a quelques mois qu’ « Areva sera le futur exploitant de la mine d’uranium à Faléa ». Il y a aussi d’autres intérêts stratégiques comme  le projet à long terme nommé « Désertec », un projet géant de centrales solaires et éoliennes. C’est un enjeu immense dans la guerre économique avec les groupes asiatiques et américains, c’est-à-dire dans la guerre pour s’emparer des ressources de la planète.

La mise sous tutelle du Mali est une opération de brigandage. Le Mali est un otage des pays impérialistes. Pas seulement des impérialistes français mais aussi des USA qui vont installer des bases de lancement de drones au Mali, via le projet Africom, après ceux déjà installés en Ouganda, en Ethiopie et à Djibouti et des forces de surveillance aériennes US basées en Mauritanie. Transformer le Sahel en « sanctuaire terroriste » permet de légitimer des buts stratégiques planifiés. 

Les impérialistes prétendent mener partout des « guerres contre le terrorisme » qui sont en réalité des prétextes rêvés pour contrôler des ressources et des Etats fantoches. Là où le chaos n’existe pas, ils lui donnent vie comme en Libye et en Syrie. Pour contrôler des ressources, détruire la résistance des peuples opprimés, installer leurs bases militaires et contrecarrer les appétits des autres pays impérialistes. Notre devoir ici est de dénoncer sans relâche le maintien des pays africains dans un statut de soumission. Notre devoir est de démasquer la soi-disant « guerre contre l’islamisme » qui aboutit à détruire la vie sociale des peuples là-bas, loin de la Métropole, et qui alimente ici une psychose raciste « décomplexée ».  
 
NON A LA MISE SOUS TUTELLE DU MALI!

A BAS L’IMPERIALISME FRANÇAIS !

UN PEUPLE QUI EN OPPRIME UN AUTRE NE SERAIT ETRE LIBRE !
 
Comité Anti-Impérialiste (13 janvier 2013)

[1] La biographie du lieutenant Boiteux diffusée par l'armée de terre confirme pour la première fois de manière officielle la présence, depuis 2010, de militaires français des opérations spéciales en Mauritanie et au Burkina Faso

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Un nouveau communiqué de l'Organisation communiste "Futur rouge" (rien à voir avec le défunt blog qui avait lamentablement attaqué SLP). Celle-ci est issue d'une scission du ROCML-JCML : SLP ne prend aucunement parti dans ces dissensions entre des forces qui ne se réclament pas du MLM. Le communiqué est simplement reproduit parce qu'il dit des choses intéressantes et justes : 

 

481370 246352992163708 67316163 nAu Mali comme ailleurs, l’impérialisme français n'a pas ôté son costume de colon. Ce jeudi 11 janvier, la France a demandé une réunion d'urgence à l'ONU, dans le but d'organiser l'intervention militaire dans le cadre d'une coalition internationale. L'impérialisme français va donc intervenir, une fois de plus, militairement sur le territoire du Mali, l'une de ses anciennes colonies. Les premiers renforts militaires français et allemands sont déjà arrivés. Une fois de plus, le parti «socialiste» décide de semer la guerre pour défendre les intérêts de la bourgeoisie française, sous couvert bien sûr de lutte contre une «menace terroriste islamiste».

La soit disant «guerre contre le terrorisme» c'est en réalité une guerre contre les classes populaires maliennes, une guerre de rapine menée par l'État français, et ses alliés locaux pour défendre leurs intérêts de classe et s'assurer une main mise toujours plus importante sur les ressources naturelles au Mali (or, uranium, hydrocarbures...). La situation au Mali est depuis un an explosive et la France en est elle même directement responsable. Le mercredi 10 janvier, le président malien Dioncounda Traoré a envoyé une lettre à la France pour demander urgemment son aide militaire. Cela faisait plus d'un an que l'État français cherchait a imposer son intervention militaire au Mali sous prétexte de mettre fin au chaos qu'il avait lui même suscité en envahissant la Libye.

 

L'intervention en Lybie a en effet surarmé les touaregs qui ont ensuite mené une offensive contre le gouvernement malien. Un mouvement séparatiste existe depuis longtemps au Nord Mali., l'Azawad. Après l'intervention en Lybie, les touaregs du MNLA (Mouvement National de Libération de l'Azawad) ont mené des opérations militaires contre le gouvernement de Bamako. Un coup d'état militaire a eu lieu contre le gouvernement, accusé d’être corrompu et incapable de rétablir la situation. Pourtant l’armée n’est pas parvenu à reprendre le contrôle du Nord, et le MNLA a perdu à son tour du terrain face à ses anciens alliés islamistes d’Ansar Dine .

La scission du Mali a servi de prétexte à l’État français pour réclamer une intervention militaire. Depuis un an, de fortes résistances se manifestaient au sein des peuples du Mali et des éléments progressistes et patriotes de l'armée pour refuser cette ingérence impérialiste, en mettant en avant l’idée que c’est aux peuples du Mali de régler leurs propres problèmes et non aux impérialistes. Par ailleurs l'État algérien freinait des quatre fers, en exigeant de la France des garanties sérieuses pour que l'armée française ne profite pas d'une guerre pour violer l'intégrité nationale algérienne et mettre la main sur le pétrole du Sahara, dont l'impérialisme français n'avait jamais fait le deuil. Nous ne savons pas ce qu'Hollande a négocié lors de son récent voyage en Algérie, mais nous pouvons d'ores et déjà constater que la fraction de la bourgeoisie malienne la plus soumise à l'impérialisme l'a emporté en soutenant cette intervention de l'ancienne puissance coloniale qui a toujours dénié aux peuples du Mali leur droit à l'indépendance réelle, en s'ingérant régulièrement dans leurs affaires depuis le renversement du président Modibo Keita en 1968.

 

Les armées coloniales ont toujours été et resterons les bourreaux des peuples. Les guerres impérialistes ne sont jamais justes, en tant que prolétaires nous n'avons jamais à les soutenir. L'intervention au Mali n'est en aucun cas dans l'intérêt des peuples du Mali, elle sert au contraire les intérêts coloniaux de la bourgeoisie impérialiste de l'État français. Dans l'échiquier politique Français, pas une voix ne s'élève pour dénoncer l'agression impérialiste au Mali. Quand il s'agit de piller un peuple, toutes les forces de la bourgeoisie hexagonale oublient leurs querelles pour crier à l'union nationale et chanter à la gloire de la patrie. Même les réformistes du Front de gauche y vont de leurs couplets patriotiques toute en gardant quelques réserves d'ordre formel (il fallait consulter les députés, attendre une résolution de l'ONU...).

 

Notre rôle en tant que militants communistes est de combattre notre propre impérialisme, où qu'il s'exprime et quelle que soit la forme qu'il prenne. Nous sommes solidaires des peuples du Mali comme de tous les peuples victimes des agressions militaires des imperialistes. Nous reconnaissons le droit à l'autodétermination des Touaregs, pris dans les feux croisés d'impérialismes concurrents depuis la colonisation. Nous ne soutenons pas les islamistes qui sont une force réactionnaire ne portant pas l'intérêt des peuples du Mali. Nous nous étonnons de voir que l'État français prétend faire la guerre a des islamistes soutenus par le Qatar, qui ressemblent comme des frères a ceux que l'État français arme et soutient en Syrie [NDLR c'est simple comme bonjour : en Syrie (comme hier en Libye) les intérêts BBR et qataris convergent, au Mali ils sont contradictoires... tout simplement].

Le MNLA a annoncé son soutien à l'intervention française, il se met ainsi à la traîne des impérialiste et des factions pro-impérialistes des classes dominante du Mali. Nous ne soutenons pas les chiens de guerre de l'État français et leurs alliés sur place. Nous souhaitons la défaite militaire de la France. Notre devoir est d'organiser la résistance face à son intervention militaire au Mali avec l'ensemble des forces anti-imperialistes conséquentes de l'Hexagone. Après la Lybie et la Côte d'Ivoire, les interventions militaires se succèdent à un rythme effrayant, à nous de réagir.


Pour ne pas faire de "jaloux", le communiqué du ROCML :

COMMUNIQUE DU ROCML et de La JCML –FRANCE –

Halte A la recolonisation de l’Afrique

par l’impérialisme français   


Après l’intervention armée en Côte d’Ivoire pour écarter Laurent Gbagbo, après l’agression militaire contre la Libye pour éliminer Mouammar Kadhafi, après la guerre internationale menée pour se débarrasser de Bachar El Assad, c’est maintenant le tour du Mali d’être reconquis militairement par l’impérialisme occidental avec l’Etat impérialiste français aux premiers postes.

Les prétextes sont toujours les mêmes : combattre les dictatures, combattre les terroristes, installer la démocratie. Qu’en Libye et en Syrie on arme les groupes terroristes de même obédience que ceux qu’on pourchasse au Mali permet pourtant de douter des intentions et des buts réels des puissances impérialistes occidentales [NDLR : ibidem supra].

Les vraies raisons sont différentes en effet, géostratégiques et économiques. Il s’agit de contrôler l’exploitation (en fait le pillage) des richesses naturelles et humaines des régions du monde où elles se trouvent et leurs voies d’acheminement vers les métropoles impérialistes.

Le Mali est le troisième producteur d’or d’Afrique, et récemment on a découvert dans le nord du pays d’importantes réserves de gaz et de pétrole. Proche du Niger, le sous-sol du Mali contient sans doute aussi des réserves d’uranium.

La vraie raison de l’intervention française au Mali est là : rétablir sa domination coloniale sur ce pays africain qui fait partie de son pré carré et où les monopoles français comme TOTAL et AREVA pourront à piller le sol et le sous-sol.

Dans la situation de crise générale où se trouve désormais l’impérialisme mondial, le contrôle des richesses de la planète est devenu une question de vie ou de mort pour les puissances impérialistes, et la guerre est devenue pour eux la seule solution pour atteindre ce but.

Le ROCML condamne cette nouvelle aventure militaire menée par l’Etat français en Afrique. et dénonce les mensonges du gouvernement socialiste qui prétend combattre les terroristes  djihadistes au Mali alors que c’est  l’Etat impérialiste français qui les a armés en Libye pour supprimer Khadafi, et alors qu’il les soutient maintenant financièrement et militairement en Syrie.

Le ROCML observe que des organisations communistes et anti-impérialistes s’opposent à cette nouvelle aventure militaire africaine de l’Etat impérialiste français. Il souhaite que ces organisations manifestent leur volonté de la combattre dans l’unité d’action. Le ROCML, pour sa part, est prêt à participer à toute initiative allant dans ce sens.

 

Paris Le 13 janvier 2013

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Mouvement libertaire :

Guerre au Mali, merci AREVA (Alternative libertaire Montpellier)


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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Afrique - Communauté : les marxistes léninistes
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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 19:02

 

Après la "reprise en main" musclée de la Côte d'Ivoire en avril, le mouvement de contestation populaire qui a ébranlé en juin le laquais et protégé Abdoulaye WADE (qui voulait instaurer un pouvoir héréditaire) pousse l'impérialisme francouille à déployer sa "prévention stratégique" tout azimut.

A la légitime résistance des masses contre la domination françafricaine et ses garde-chiourmes (là où il y a oppression, il y a résistance !), s'ajoutent des préoccupations d'ordre "géostratégique" (inter-impérialiste) : après 15 ans à lutter contre les visées US sur le continent (dans les Grands Lacs, au Libéria et en Sierra Leone, en Côte d'Ivoire...), l'impérialisme bleu-blanc-rouge est maintenant confronté à la montée en puissance des "BRICS" (cartel de grands capitalistes russes (R), chinois (C), brésiliens (B), indiens (I) et sud-africains (S), et de leurs Etats respectifs, pour tenter de briser la domination mondiale de la "Triade" Amérique du Nord - Europe de l'Ouest - Japon) et au développement des "relations Sud-Sud"... La crise mondiale aiguise les mille et uns appétits capitalistes de la planète et la compétition entre eux, en même temps qu'il développe la poussée objective libératrice des masses (auxquelles manque encore le facteur subjectif : les Partis communistes et leur Internationale), annonçant (si nous n'y sommes déjà, sous forme "non-déclarée") une nouvelle guerre impérialiste mondiale.

Voici un article des Jeunes Communistes (pour répondre par avance aux critiques des critiqueurs professionnels : vous préfèreriez pas d'info du tout ?) :

 

La France sécurise ses intérêts impérialistes au Sénégal

 

Le mouvement Jeunes Communistes de France est inquiet par rapport aux actions réactionnaires et anti-démocratiques que peuvent prendre le clan Wade après le revers populaire qu’il a connu. En effet, le peuple sénégalais, avec à l’avant-garde sa jeunesse, a rejeté massivement la volonté de modification de la constitution par le clan Wade qui prévoyait de reconduire Abdoulaye Wade comme président et son fils, Karim, comme vice-président en obtenant moins de 25% des suffrages.
Face à ce mouvement populaire, le gouvernement sénégalais, d’après plusieurs sources, font appel aux actions les plus réactionnaires pour tenter de stigmatiser et de réduire en poussière l’opposition. Après la déroute du Parti Démocratique du Sénégal (PDS) le 23 juin 2011, Karim Wade a sollicité l’Elysée en contactant Robert Bourgi, le M. Francafrique du Président Sarkozy, pour que la France fasse intervenir les 1200 soldats français présents sur le territoire sénégalais.
Officiellement la réponse de la France fut négative en indiquant que les ressortissants français n’étaient pas en danger. Malgré tout, au vue de l’attitude guerrière de notre président et pour conforter les intérêts des puissances financières, il y a lieu de s’inquiéter dans les vélléités impérialistes de la France dans toute l’Afrique de l’Ouest et de son imposition à renforcer son contrôle (Côte d’Ivoire, Mauritanie, Guinée, Burkina Faso, Maroc, etc.).
Ce contexte ne peut être déconnecté des prises de conscience de ces populations à plus de liberté, d’égalité, de dignité et d’autonomie, mais aussi de l’émergence de pays comme la Chine, l’Inde ou l’Amérique Latine. La nomination de Ouattara en Côte de d’Ivoire et l’attitude de l’armée française est un des premiers signe de cette stratégie de renforcement. Tout cela n’a qu’un seul but, conforter les positions des grandes multinationales et le contrôle des matières premières aux mains des capitalistes.
En s’interressant plus précisement au Sénégal, Nicolas Sarkozy vient de nommer à la tête du contingeant français, le Général Saint Quentin, une sorte de préfet de la Francafrique. Ce Général a démontré par le passé ces actes sanguinaires à réprimer toutes émergences populaires et démocratique mais aussi à manipuler les populations entre elles. Cet homme est le « présumé génocidaire » du massacre au Rwanda, celui là même où la France refuse de le présenter devant le « Tribunal Pénal International », pour des faits corroborés dans un rapport de l’ONU. Le Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT) comprend bien les enjeux qui se jouent et a adressé une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy (http://cinquieme-congres-du-pit-sen...).
Le soutien appuyé des jeunes communistes français envers l’UJDAN et le PIT n’est pas seulement le rapprochement entre des organisations progressistes mais un lien stratégique et durable pour contrer l’impérialisme et le nationalisme. C’est pourquoi il nous apparaît necessaire de renforcer ces liens. L’UJDAN et le PIT font apparaître un espoir de voir émerger des forces populaires révolutionnaire et démocratique dans cette région.
L’expèrience récente du BENNO SIGGIL et du M23 (sorte de front populaire) avec la participation active de l’UJDAN et du PIT montrent leurs capacités de rassemblement à l’intérieur du Sénégal mais aussi au delà de leur frontières en essayent de reconstruire un lien avec d’autres forces progressistes dans cette région non sans difficulté. Le MJCF réitère son soutien fraternel au mouvement populaire sénégalais et aux organisations sœurs que sont l’UJDAN et le PIT pour la démocratie, le développement productif, les services publics et la justice sociale.
Nous condamnons fermement toute intrusion potentielle de la France pour soutenir les actions anti-démocratiques du clan Wade et du PDS qui vont à l’encontre du mouvement populaire sénégalais. La connivence de Sarkozy avec le clan Wade (cf http://www.youtube.com/watch?v=3bSL...) est un signe du néocolonialisme encore existant, le MJCF combat et combattra toujours les forces qui vont à l’encontre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !


Et voici la lettre ouverte du Parti de l'Indépendance et du Travail :

Lettre Ouverte à Nicolas SARKOZY, Président de la République Française

 

Monsieur le Président : Que veut faire Votre Gouvernement au Sénégal ?

 

Monsieur le Président, Vous venez d’envoyer au Sénégal le Général Saint Quentin,  « présumé génocidaire au Rwanda », que la France refuse de présenter devant le « Tribunal Pénal International sur le Rwanda » qui l’a convoqué à plusieurs reprises pour l’entendre sur les faits graves qui lui sont reprochés dans le «  Rapport de l’ONU sur le Rwanda ».

 Le Général Saint Quentin vient, dans notre pays, pour prendre le Commandement de ce qui reste, au Sénégal, des troupes françaises, rebaptisées «  Eléments Français au Sénégal » (EFS).

Vous comprenez dès lors, Monsieur le Président, qu’il soit légitime de vous interroger sur les raisons d’un tel choix, dans un contexte pré électoral au Sénégal, marqué par la «  stratégie de chaos » de Wade, qui veut à tout prix imposer sa candidature inconstitutionnelle pour un 3ème mandat, en vue  de mettre en œuvre son plan de dévolution monarchique du pouvoir à son fils.

Du reste, il se dit que Vous avez, jusqu’à récemment, soutenu ce projet et même tenté  de le « vendre » à OBAMA, de la manière que l’on sait …

Toujours est-il,  que l’envoi de ce  Général « présumé génocidaire »  à Dakar fait suite à la demande de Votre Ambassadeur à Dakar, qu’il a adressée à l’Opposition sénégalaise, de « permettre à Wade de briguer un 3ème mandat », en violation flagrante de notre Constitution et de la déclaration fracassante de Votre Ministre, chargé de la Coopération,  soutenant que «  c’est au peuple Sénégalais de résoudre cette question de candidature » !

Cette attitude de Votre Gouvernement sur la question du 3ème mandat de Wade,  disqualifie d’office le Conseil Constitutionnel du Sénégal, qui vient pourtant  d’achever une mission de concertation avec son homologue français à Paris.

L’on devrait donc s’attendre, en suivant Votre logique, à ce que le Conseil Constitutionnel du Sénégal se « déclare incompétent », pour permettre au peuple  sénégalais de trancher la question !

Or, notre Peuple ne la trancherait que dans  la « Rue »,  précisément parce qu’il serait ridicule d’organiser un référendum sur la question, à sept mois des élections présidentielles auxquelles Wade veut se présenter.

Encore une fois, ce qui précède autorise à se demander  si le Gouvernement français a  déjà pris fait et cause pour la « stratégie de chaos » de conservation du pouvoir de Wade, même si Vous  semblez, personnellement ne plus soutenir son projet de succession monarchique au profit de son fils biologique.

C’est donc à cette confrontation majeure avec le peuple, que  Wade se prépare, même s’il  déclarait récemment, par pure démagogie, qu’il se conformerait aux décisions du Conseil Constitutionnel, dont les Autorités Françaises attendent qu’il se  déclare « incompétent ».

Cependant, tout en demandant, par pur esprit de propagande,  à l’opposition,  de s’en remettre au Conseil Constitutionnel, Abdoulaye Wade peaufine en même temps sa « stratégie de chaos » et mobilise publiquement des nervis pour se préparer à imposer sa candidature dans la « Rue »,  le cas échéant.

En envoyant un Général « présumé génocidaire » à Dakar, dans un tel contexte, vous émettez un signal fort et sans équivoque de votre soutien à cette stratégie de Wade !

Ainsi, les conditions vont donc être réunies, pour rééditer au Sénégal, la tragédie du peuple de Côte d’Ivoire.

En effet, nous ne pouvons jamais oublier  que la crise en Côte d’Ivoire a eu pour origine la question de « l’inconstitutionnalité de la candidature de OUATTARA » que BEDIE, appuyé par la France sous CHIRAC, avait fait adopter par référendum à son peuple.

Le caractère ouvertement « ethniciste »  et réactionnaire de cette Constitution, n’avait pas empêché la France, sans hésitation aucune, d’appuyer BEDIE pour  lui  permettre d’écarter OUATTARA, plongeant ainsi ce peuple dans une décennie de tragédie innommable.

Aujourd’hui, et vous le savez bien, l’inconstitutionnalité de la candidature de Wade à un 3ième  mandat résulte de considérations fondamentalement démocratiques, inscrites dans la Constitution de notre pays, en phase avec l’évolution du monde moderne vers le progrès du genre humain.

Paradoxalement, la France dont le Gouvernement mène une guerre contre la Lybie au nom de la Démocratie, de la Liberté et de l’Etat de Droit,  soutient Wade dans son refus de se conformer à cette Constitution, et semble s’inscrire, ouvertement, dans sa stratégie pour imposer sa candidature au peuple dans la « Rue » !

Ainsi, les risques d’ « ivoirisation » du Sénégal sont énormes et ne peuvent, par conséquent être conjurés  que par une puissante campagne d’information sur ce drame qui se trame contre notre peuple.

Nous sommes décidés de faire porter cette campagne, dans le pays et dans la Diaspora, par un vaste rassemblement de toutes les Forces Vives de notre Nation qui sont  prêtes à faire face à la forfaiture que prépare Wade.

C’est  d’ailleurs de cette manière  que l’on a pu obliger Votre Gouvernement, le 23 Juin 2011,  à prendre acte de la volonté du peuple Sénégalais qui, ce jour là, dans la « Rue »,  avait  rejeté, sans ambigüité, le projet de Wade de  transmission monarchique du pouvoir à son fils biologique.

C’est dans  cette perspective que nous exigeons le départ immédiat  du Sénégal, de ce Général « présumé génocidaire », et la fin de toutes Vos immixtions dans les affaires politiques intérieures de notre pays.

Car, ce n’est pas à la France de décider du choix de qui va gouverner demain le Sénégal, mais bien notre  peuple dans le respect  strict des dispositions de la Constitution qu’il s’est donnée.

Cinquante ans après les Indépendances africaines, les Patriotes, Démocrates et Républicains sénégalais ne sauraient plus  tolérer de voir leur pays réduit en succursale  ou filiale des Entreprises Françaises du CAC 40.  Pas plus qu’ils ne peuvent accepter que les dirigeants de leur Etat soient  choisis par des officines au service du  Gouvernement Français.

Plus vite Vous et Votre Gouvernement  comprendrez ce tournant historique dans les relations entre nos Etats, davantage sera fraternelle et mutuellement bénéfique la coopération entre nos deux pays et nos deux peuples.

C’est dans la paix et la stabilité qu’une telle coopération se construit et non dans le chaos et dans la tragédie, comme en atteste éloquemment la Côte d’Ivoire, après plus d’une décennie de guerre civile dans laquelle, la France était partie prenante du début jusqu’à son épilogue tragique  récent.

Dans le même temps, nous attirons l’attention  du Conseil de Sécurité de l’ONU,  des Autorités de l’Union Européenne, et de l’Union Africaine, sur la responsabilité pleine et entière de Votre Gouvernement, dans la tragédie que Wade est entrain de planifier contre le peuple Sénégalais, et que Vous et Vos services êtes activement et publiquement entrain d’appuyer.

 Du fait de leur responsabilité dans le maintien de la paix et de la sécurité des peuples dans le monde, ces Institutions sont interpelées, pour éviter que le Sénégal ne plonge dans l’horreur, avant qu’elles ne soient  contraintes à agir en « sapeurs pompiers » pour mettre notre peuple sous tutelle, sous prétexte de sauver des vies.

Elles doivent peser de tout leur poids, dès maintenant, pour empêcher le Gouvernent de la France de parrainer une nouvelle tragédie au Sénégal, après celles de la Côte d’Ivoire et de la Lybie.

C’est cela aussi que nous attendons des authentiques amis français du Sénégal, qui sont soucieux des récents développements de Votre politique envers notre pays et qui tiennent à  bâtir avec nous de solides relations de coopération entre nos peuples, dans  le cadre de nos valeurs partagées  d’indépendance nationale, de liberté,  d’égalité , de démocratie et de fraternité.

Le Sénégal ne saurait être  ni la Côte d’Ivoire, encore moins la Lybie.

Votre Gouvernement ne devrait jamais l’oublier et devrait, dès maintenant, en tirer toutes les conséquences avant qu’il ne soit trop tard.

Le Secrétariat du Comité Central

Fait à Dakar le 9 Août

 

 

Certes, on pourra toujours dire que ces sources sont "révisios" ou réformistes (notamment l'appel du PIT aux "institutions internationales")... Mais le scandale, c'est qu'il n'y ait qu'eux qui en parlent !

 

La Françafrique est le SECRET DE L'IMPUISSANCE du prolétariat d'Hexagone !

 

LE DEVOIR DE TOUT COMMUNISTE EST DE LA COMBATTRE SANS MERCI !

 

AfricaFistZm

 

 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Afrique - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Mardi 28 juin 2011 2 28 /06 /Juin /2011 19:42

 

Sur LE JURA LIBERTAIRE :

 

[Sénégal] Émeutes contre les coupures de courant / Le pouvoir recule face aux émeutiers

Au Sénégal, l’été sera chaud
Dakar et sa banlieue théâtre de nombreux incendies

Depuis jeudi, et la forte mobilisation face au très controversé projet de loi d’Abdoulaye Wade qui a rapidement viré à l’émeute dans le centre-ville de Dakar, les violences continuent. Excédées par les coupures de courant, de plus en plus longues et de plus en plus fréquentes, les populations se sont principalement attaquées, lundi, aux locaux de la société publique d’électricité.

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Dakar et sa banlieue en flammes ! Lundi, des bâtiments publics, des mairies et des locaux de la Senelec, la société publique d’électricité, ont été saccagés et incendiés par des jeunes en colère. Ce nouvel embrasement du pays intervient seulement quatre jours après une précédente journée de violences, jeudi. Face au projet de réforme constitutionnelle d’Abdoulaye Wade visant à se faire réélire l’année prochaine en compagnie d’un vice-président pouvant lui succéder avec seulement 25% des voix, des milliers de Sénégalais avaient fait le siège de l’Assemblée nationale pour réclamer le retrait du projet. La contestation avait rapidement tourné à l’émeute, faisant une centaine de blessés dont 13 policiers.

Malgré l’abandon du projet de loi par le président Wade, la température ne retombe pas. Et la contestation à caractère politique légitime a laissé place au vandalisme et au pillage. En proie à des coupures régulières d’électricité depuis des mois, qui se sont aggravées ces dernières semaines, durant parfois jusqu’à 24 heures d’affilée dans certains quartiers, les Sénégalais sont à cran. Il n’en fallait pas plus que de longs délestages ce lundi pour rallumer la mèche. Les barrages de fortune faits de pierres ou de pneus enflammés se sont répandus dans la ville comme une traînée de poudre. Une éruption brutale à la mesure de la frustration des Sénégalais.

Des agences de la Senelec et des bâtiments publics incendiés

Lundi soir à Dakar, les agences de la Senelec étaient en feu dans le quartier de la Patte d’Oie ainsi qu’à Ouakam. Des locaux de la société d’électricité ont également été incendiés dans la banlieue à Yeumbeul, à Daroukhane et aux Parcelles assainies. La mairie des Parcelles a également fait les frais du ras-le-bol des Sénégalais. Dans la banlieue de Guédiawaye, c’est le siège des services fiscaux qui a été totalement saccagé et incendié. D’après la police, les pillards n’auraient évidemment rien laissé sur place et surtout pas le coffre-fort. Un déferlement de violences qui a eu lieu un peu partout dans la capitale et sa banlieue obligeant en plusieurs endroits, les forces de l’ordre à intervenir et à disperser les manifestants à coup de gaz lacrymogènes.

Plus tôt dans la journée, une violente manifestation avait éclaté à Mbour, à 80 km au sud de la capitale, plongée dans le noir depuis deux jours. Des forces de l’ordre sont intervenues pour les disperser à coups de grenades lacrymogènes. Les protestataires se sont alors disséminés dans différents quartiers de la ville, bloquant des voies, brûlant des pneus, et saccageant les locaux de la Sénelec.

L’armée en renfort

Dans le quartier de Yoff à Dakar, c’est carrément le domicile d’Oumou Khairy Guèye Seck, ministre de l’élevage, qui a été attaqué par les manifestants lundi soir. Même chose dans le quartier des Maristes où la maison de Serigne Mbacké Ndiaye, porte-parole du gouvernement, a été incendiée. Les forces de police n’étant plus en mesure de contenir la situation, les autorités ont eu recours à l’armée pour protéger des sites stratégiques et les domiciles de certaines personnalités de l’État face à cette flambée de violence. Des jeunes étaient alors en route vers le monument de la Renaissance africaine et vers le siège du parti au pouvoir.

Ce n’est certes pas la première fois que les Sénégalais descendent dans la rue et saccagent des agences de la compagnie publique d’électricité pour protester contre les coupures de courant, un problème qui empire d’année en année. Mais, jamais autant de foyers de contestation se sont allumés en même temps. Dans la ligne de mire, le ministre de l’Energie, qui n’est autre que Karim Wade, a du souci à se faire. Depuis plusieurs jours, les appels à Abdoulaye Wade se multiplient afin qu’il renonce à se présenter à la prochaine élection présidentielle, prévue en février. De son côté, le président, qui ne s’est toujours pas exprimé depuis les évènements de jeudi poursuit ses consultations. Il a ainsi convié au Palais de la République ses proches collaborateurs vendredi, ses alliés de la coalition « Sopi pour toujours » samedi, et le comité directeur de son parti dimanche. Dans un communiqué, ce dernier estime que « l’intention de certains des organisateurs de ces manifestations de jeudi dernier était de déstabiliser le pays et de l’installer dans la violence ». Le comité directeur du Parti démocratique sénégalais prévient qu’il « veillera au strict respect du calendrier républicain qui sera poursuivi jusqu’à son terme ». Le bras de fer engagé entre le régime et une partie de la population risque de durer, les violences aussi.

Leur presse (Simon Maro, Afrik.com), 28 juin 2011.

 

Nouvelles manifestations violentes après celles du « 23 juin » : La rue contre la loi des délestages

La capitale du Sénégal, a renoué hier, avec les manifestations contre les coupures intempestives d’électricité. Dans les différents quartiers de la capitale, la nuit a été mouvementée, avec des manifestants très remontés contre les délestages, et qui ont entrepris de saccager les édifices publics et les bureaux de la Senelec.

Faute d’être dans le réseau, l’électricité était hier dans l’air. Des jeunes ont encore mis le feu sur Dakar, hier. Sacré-Cœur 3, Sicap-Liberté 1, 2, 3, Médina, Grand-Dakar, ou les Parce­lles Assainies, entre autres, ont été transformés en théâtre de contestation par des groupes de jeunes frustrés par le manque de courant. Armés de pierres, les manifestants ont pris d’assaut la Voie de dégagement nord (Vdn), à hauteur du terrain de football et les principales artères de Sicap-Liberté. Surexcités, ils ont dressé des barrières, en brûlant des pneus. Les nuages de fumée noire s’apercevaient de loin. Automobilistes, piétons, sportifs étaient contraints de rebrousser chemin. Car au-delà des flammes, des pierres jaillissaient de partout.

Quelques minutes après le début des échauffourées, environ 16 véhicules de la Légion de gendarmerie d’intervention (Lgi) font irruption sur la Vdn. Quelques minutes suffisent aux gendarmes, armés de lance-grenades, pour disperser la foule. Pollué par le gaz des grenades lacrymogènes, l’air ambiant dans cette zone est irrespirable.

 

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Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 23:47

 

Le tigre en papier de la Françafrique tremble...

 

Chronologie du 4 mai au 4 juin 2011 : Le Burkina entre chaos et mouvement social

 


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Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 21:15

 

 

Source

04.05.2011

ABIDJAN – Les bombardements aériens de l’aviation onusienne ont repris mercredi matin dans la commune populaire de Yopougon, jugée acquise au Président Laurent Gbagbo, a constaté un journaliste de DirectScoop.

« Vers 10 heures, nous avons vu survoler les hélicoptères MI-24 de l’ONUCI survolé la capitale en direction de l’ouest », rapporte-t-il. D’autres témoignages situent les premiers bombardements aux alentours de 10 heures 30 où « de fortes détonations ont été entendus jusqu’à Angré », un quartier de la commune de présidentielle de Cocody, jouxtant le quartier nord d’Abobo ».

Les forces loyales à Alassane Ouattara ont lancé lundi un nouvel « assaut final » sur les positions tenues par les résistants à Yopougon.

Selon plusieurs sources concordantes, les combats feraient rage, les deux camps ayant  enregistré de sérieuses pertes. Des communes avoisinantes auraient été gagnées par les affrontements. Des affrontements ont été signalés à Dabou, une petite ville située à 30 km.

Mardi, c’était autour du Plateau, quartier des affaires séparés de Yopougon par la lagune, de faire les frais de la farouche opposition FRCI-Résistants. L’on a signalé aussi des échanges de tirs à Adjamé. Le retour au calme espéré par les nouvelles autorités installées par la communauté internationale  semble de plus en plus incertain.

Les forces d’Alassane Ouattara font face depuis la capture du Président Laurent Gbagbo à une résistance farouche de la part de ses partisans. Les nombreux assauts répétés se sont soldés par des échecs, les pro-Ouattara essuyant de sérieux revers.

Des négociations ont été engagées et ont abouti vendredi à une cérémonie de dépôt d’armes par une cinquantaine de combattants. Pour les résistants, il s’agissait de montrer leur bonne foi après tous les nombreux appels.  Pour l’essentiel de leurs revendications, les résistants exigent la cessation immédiate des exactions commises envers les populations jugées proches du Président Gbagbo.

Source DirecScoop

 

Yopougon bombardé par l'onu et la France

 

Yopougon bombardé par l'onu et la France

 

Yopougon bombardé par l'onu et la France

 

Yopougon bombardé par l'onu et la France

 

Yopougon bombardé par l'onu et la France

 

Yopougon bombardé par l'onu et la France

 

 

 

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Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 21:01

 

La crise au Burkina : vers un second souffle de la révolte contre le régime ? Chronique des évènements au jour le jour du 18 avril 2011 au 1er mai 2011

Pour les chronologies des 2 précédentes semaines voir à http://www.thomassankara.net/spip.php?article1062

18 avril Alors qu’à Po on signale des négociations entre les militaires et les autorités, de nouvelles mutineries ont éclaté à Tenkodogo et à Kaya, où les gendarmes étaient de la partie, dans la nuit du 17 au 18. Les menaces des autorités selon lesquels les coups de feu seraient sanctionnés ne semblent pas freiner les militaires.

Selon l’AFP il y aurait 45 blessées par balle à Ouagadougou depuis le jeudi 7 avril.

Des appels à des manifestations continuent à être lancés sur des pages facebook notamment la page « Mouvement Blaise Compoaré doit partir » à http://www.facebook.com/home.php?sk=group_164052476977948&ap=1

Les élèves de la ville de Koudougou descendent de nouveau dans la rue incendiant de nouveaux bâtiments dont le siège du CDP. Ils demandent toujours vérité et justice pour justice Zongo, mais entendent aussi de protester contre les milices mis en place par le CDP. En effet dans la région, à Pouni zawara, le délégué des élèves à été passé à tabac en début mars. A Didyr, le lundi 11 avril, une assemblée générale des élèves a été sauvagement « réprimée » par une milice conduite par le maire adjoint CDP et le responsable local CDP de la commune de Didyr.

Les élèves de la ville de Ouahigouya décrète une grève illimitée

19 avril Luc Adolphe Tiao est nommé premier ministre. Journaliste de profession il a notamment dirigé la presse écrite les deux dernières années de la révolution avant d’être nommé directeur de Sidwaya en octobre 87, date de l’assassinat de Thomas Sankara où il restera jusqu’en 1990. Il occupé différents postes de responsabilité, souvent liés à la communication avant d’être nommé ambassadeur à Paris, son dernier poste.

Les militaires du régiment de sécurité présidentielle expliquent dans un communiqué publié par la Direction de la communication de la présidence du Faso qu’ils ont manifesté « pour réclamer le versement des arriérés de nos indemnités de logement et nos primes d’alimentation, retard dû aux lenteurs administratives ». Ils se déclarent satisfaits des propositions que leur a faites le commandant qu’ils se gardent bien de détailler, s’excusent pour les « pour les désagréments subis » et appellent les autres militaires à cesser leurs manifestations.

21 avril Un nouveau gouvernement est rendu public. L’équipe passe de 38 à 29 membres. Aucune personnalité de l’opposition n’y est intégrée.

Le deux poids lourds sont des anciens de la révolution Arsène Ye Bongnessan, ministre d’Etat a été secrétaire général des CRD puis des CR après la mort de Sankara, et Djibril Bassolet était capitaine de gendarmerie. Il a été ministre de l’intérieur au plus fort du mouvement social après l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Il a depuis été formé à la diplomatie et revient d’une mission au Darfour.

Blaise Compaoré s’est réservé le poste de ministre de la Défense.

26 avril Le Chef de file de l’opposition Bénéwendé Sankara appelle, au nom de toute l’opposition, à un meeting le 30 avril pour demander la démission de Blaise Compaoré. Il annonce la mise en place d’un comité d’organisation regroupant 34 partis.

Les commerçants dont les boutiques avaient été vandalisés par les militaires les 13, 14 et 15 avril reçoivent des indemnisations.

27 avril A Koudougou, les commerçants, qui protestaient contre la décision du maire, Seydou Zagré, membre du parti au pouvoir, de fermer une quarantaine de boutiques pour non-paiement d’arriérés de taxes locales, ont ensuite été rejoints par des jeunes élèves.

Ils ont mis le feu au domicile du maire, a siège de l’EPDC, (Établissement public de développement communal) au siège de la police municipale, ainsi qu’à celui de l’établissement public communal pour le développement, chargé de la gestion du marché de la ville.

28 avril . Nouvelles mutineries cette fois des CRS de Ouagadougou, mais aussi de Bodo Dioulasso et Dédougou. Ils sont sortis pendant le couvre feu et ont tiré avec leurs armes. Le mouvement aurait touché les policiers des villes de Gaoua et Banfora.

Les policiers ont continué les mutineries dans la matinée notamment autour du commissariat central. Des négociations ont été engagées entre les mutins et des représentants des ministères des finances, de la sécurité et de la justice. Les policiers demanderaient la libération des policiers arrêtés à la suite des évènements de Koudougou, la mise en place effective d’un statut du policier dont on parle depuis 20 ans. Ils expriment aussi le ras le bol d’être les boucs émissaires dans des affaires dont ils ne sont pas à l’origine.

A l’issue d’une rencontre avec la coalition contre le vie chère et des syndicats, le Premier ministre annonce la suppression de la Taxe de Développement Communal, un des motifs de mécontentement de la population, une baisse de 10% de l’IUTS (impôt unique sur les traitements et salaires) , l’annulation de l’augmentation des prix des consultations dans les établissements sanitaires, mais aussi des subventions pour les produits de première nécessité.

A Koudougou, les commerçants ont de nouveau manifesté en ville. La ville ressemble à une ville morte car les commerçants ont fermé les boutiques. Ils réclament la baisse des loyers boutiques du marché central.

Blaise Compaoré annonce que les militaires ont promis de mettre fin à leurs mouvement de protestation après avoir reçu la promesse que des mesures seraient prises pour améliorer le logement, l’habillement et les allocations alimentaires des soldats.

29 avril . Manifestation des élèves du lycée professionnelle sous les mots d’ordre « Blaise dégage », avec sifflets et xlaxons.

A Manga, à une centaine de km au sud-est de la capitale, les élèves ont manifesté par solidarité avec une fillette blessée, deux jours plus tôt par la police. Ils ont mis le feu au commissariat de police. 10 élèves ont été blessés. Le maire de la commune voisine de Bindé qui se trouvait en réunion à proximité a lui aussi reçu une balle perdue, mais il se porte bien ce soir.

Le musicien Sams’K Le Jah annonce par la voix de son fan club que ses émissions de reggae sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. S’il ne donne pas de précision, compte tenu de la popularité de cette émission parmi la jeunesse et sa liberté de parole contre le régime on est amené à penser que le régime a fait pression sur le directeur de la radio Ouaga FM.

30 avril Le meeting des partis d’opposition organisé pour demander le départ de Blaise Compaoré a réuni environ 3000 personnes sur la place de la révolution. On notera la présence de Sams’K Le Jah et de Smockey, ce dernier ayant tenu sa promesse faite le 17 mars 2011 (voir la video de son intervention à à l’adresse http://www.thomassankara.net/spip.php?article1057 ) en tenant ostensiblement une pancarte « Blaise dégage ».

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Smockey avec les dirigeants de l’opposition et sa pancarte (photo Georges Kabore)

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« Justice pour Sankara » (photo Nignan Rodrigue)

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(photo Nignan Rodrigue)

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(photo Nignan Rodrigue)

A Ouagadougou, Amadou Maïga, 11 ans, élève de CM1 décrit comme brillant (il était le premier de sa classe), touché par une balle perdue alors qu’il était en train de réviser ses cours, est décédé dans la nuit du 29 avril. L’annonce de sa mort a provoqué la colère des élèves qui se sont rendus à la morgue de l’hôpital Yalgado et ont dressé pendant une heure quelques barricades.

1er mai Le CCVC (collectif contre la vie chère) qui rassembles les syndicats et des organisations de la société civile a tenu un meeting rassemblent 2000 personnes. Les orateurs ont déclaré avoir renoncé à une marche pour des questions de sécurité. Ils ont reconnu que le gouvernement avait fait quelques concessions mais ont appelé à poursuivre la lutte.

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Afrique
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 21:41

 

Voilà une déclaration qui date un peu (presque un mois) mais provenant d'Afrique même, du Parti communiste du Bénin (marxiste-léniniste "albanais"), et qui dit à peu de choses près la même chose qu'ici :


http://blaisap.typepad.fr/mon_weblog/images/2007/11/16/flamme_2.gif

En début d’après-midi du lundi 11 Avril 2011 à Cotonou, la nouvelle est tombée comme une traînée de poudre. Laurent GBAGBO vient d’être arrêté en sa résidence et conduit à l’Hôtel du Golfe siège du gouvernement de OUATTARA. Dans les bar-restaurants, dans les débits de boisson, dans les établissements scolaires, c’est la consternation. « Bah ! C’est la recolonisation de l’Afrique ! » entend-on par ci, par là, dans la bouche des gens visiblement entre la révolte et la prostration. L’opinion béninoise ne s’en fait aucun mystère. Ce sont les troupes françaises qui ont capturé GBAGBO et non comme le déclarent les officiels français depuis le ministre des Affaires étrangères Alain JUPPE et celui de la Défense Gérard LONGUET, les Forces Républicaines de OUATTARA. En écoutant les dénégations mêmes des officiels français, tout apparait pourtant clair. Ce sont les hélicoptères de la Licorne et celles de l’ONUCI qui dans la journée de dimanche 10 avril ont jeté des bombes sur la résidence où se trouvait Laurent GBAGBO et l’ont détruite à moitié. Dans l’opération ayant conduit à l’arrestation de Laurent GBAGBO, le lundi 11 Avril, les officiels français reconnaissent avoir opéré au sol avec des blindés qui ont ceinturé la résidence et « permis l’arrestation ». Et du reste, l’Agence REUTERS (selon des témoignages convergents de Toussaint ALAIN  - pro-GBAGBO - et Hervé COHX  - pro-OUATTARA -) a mis à nu la manipulation française en écrivant très vite (18 H 45) : "Le président GBAGBO a été arrêté par les forces spéciales françaises et remis à des chefs de la rébellion" !

Depuis le lundi 4 avril 2011, le président Sarkozy a ordonné aux troupes d’occupation de l’armée française stationnée en Côte d’Ivoire de bombarder les camps militaires, le palais présidentiel, la résidence du chef de l’Etat et la télévision ivoirienne qui sont pourtant protégées par un bouclier humain civil. Dans une sorte de partage des rôles dans l’occupation de la ville d’Abidjan, les forces françaises Licorne et l’ONUCI s’occupent des bombardements par les airs pour la protection des troupes de OUATTARA, occupent le port et l’aéroport et bombardent la résidence de GBAGBO « soi-disant pour détruire les armes lourdes à la disposition des troupes pro-GBAGBO  et protéger la population civile».

Il  est apparu clairement aujourd’hui que ce ne sont pas les forces dites républicaines de OUATTARA qui ont vaincu les forces de Laurent GBAGBO, mais plutôt les forces françaises avec les forces ouest-africaines notamment nigérianes et burkinabè et la couverture de l’ONUCI.

Dans notre déclaration du 07 Décembre 2010, nous disions :

«  les Français avaient fait leur choix avant le scrutin et c’était OUATTARA et ils ont mis et mettent tout en œuvre pour qu’il triomphe et accède au palais présidentiel pour servir leurs intérêts. Toute la ‘’ communauté internationale’’ est mobilisée à cette fin et on a même inventé un concept nouveau : la certification du résultat par l’ONUCI qui se place ainsi au-dessus des instances nationales, comme si la Côte-d’Ivoire était sous protectorat. Il est donc en tout cas inadmissible pour tout patriote et démocrate cette ingérence des puissances étrangères en Côte-d’Ivoire qui piétine sa souveraineté, ingérence allant jusqu’à des menaces d’interventions armées. »

Dans la déclaration en date du 27 Décembre 2010 nous disions :

« Mais quelle que soit leur provenance, une intervention étrangère en Côte-d’Ivoire qui n’a agressé aucun pays, est inadmissible. Les interventions armées étrangères pour des "missions civilisatrices", " rétablir la démocratie" ou des "raisons humanitaires" ont fait trop de dégâts de par le monde et notamment en Afrique. On ne peut accepter le renouvellement de tels crimes de droit international sous aucun prétexte. La question de la démocratie en Côte-d’Ivoire, comme dans tout pays, doit et ne peut être durablement réglée que par les peuples de ces pays eux-mêmes.

L’histoire, même récente, a suffisamment montré que les puissances occidentales ne sont pas des philanthropes et que face à leurs intérêts vitaux (énergie, marchés, etc.) elles ne reculent devant aucune forfaiture : manipulations, mensonges, assassinats, crimes de masses. Ainsi, de même que l’on sait aujourd’hui les mensonges pour justifier l’invasion et la guerre en Irak, de même les raisons et la vérité sur ce qui se passe en Côte-d’Ivoire seront un jour connues. Mais ces expériences donnent suffisamment de leçons aux peuples pour dire NON à toute intervention étrangère pour soi-disant régler des problèmes, en lieu et place d’un peuple.

C’est pourquoi, le Parti Communiste du Bénin reste convaincu que les solutions à la crise que traverse la société ivoirienne viendront avant tout du peuple ivoirien lui-même. Il dénonce toute intervention armée étrangère en Côte d’Ivoire, d’où qu’elle vienne, et exige le départ de toutes les forces étrangères présentes sur le territoire ivoirien, qu’elles soient officielles (ONU-CI, Licorne, 43ème BIMA) ou officieuses (mercenaires). »

A propos de Laurent GBAGBO, il est dit (dans notre déclaration du 07/12/11) :

« … derrière ses discours et airs nationalistes, il a fini de tout brader aux multinationales françaises et autres, n’a plus rien à offrir ; ses manières brutales, tyranniques et de corruption ont fini par lasser nombre de ses partisans de première heure et font de lui un agent usé et moins crédible pour les Français ; il ne peut contenir la rébellion créée par ces mêmes Français et OUATTARA, et il faut que ce dernier prenne les rênes pour éteindre le feu de la guerre allumée par eux-mêmes et stabiliser le pays. GBAGBO est lâché et doit partir.».

GBAGBO vient de partir. Mais dans quelles conditions ? GBAGBO et OUATTARA sont tous deux des agents de l’impérialisme, français notamment, qui se battent pour être les meilleurs serviteurs* ; pour le pouvoir et l’enrichissement personnels sur le dos des peuples. Dans ces conditions, l’intervention étrangère, jusques y compris armée, pour soutenir l’un - jugé désormais plus sûr -  contre l’autre ne peut être qu’une agression contre la Côte d’Ivoire. Et c’est ce qui a été, avec comme conséquence des destructions massives d’infrastructures et de vies humaines. Avec toutes les forces coalisées, américaines, françaises et ouest-africaines (notamment nigérianes, maliennes et burkinabè selon les propres déclarations des experts français sur la télévision France 24) qui fournissent hommes et armements sans oublier l’encadrement et le déploiement (Licorne, etc.) militaires nécessaires, avec tout l’ostracisme diplomatique mondial et l’embargo économique dont il est l’objet, le régime de GBAGBO, antipopulaire par nature, ne peut qu’être défait.

De la sorte, ce qui a triomphé aujourd’hui en Côte d’Ivoire ce n’est pas le peuple ivoirien mais l’intervention étrangère en Côte d’Ivoire et la transformation plus que jamais de ce pays en une néo-colonie classique (du type 1960) sinon un protectorat. Il s’agit d’une recolonisation.

Le régime de Laurent GBAGBO n’a jamais par le passé, bénéficié d’une quelconque sympathie de la part du peuple béninois. Au contraire ! Les crimes commis sous ce régime sont tels qu’ils inspirent l’horreur et le dégoût.  Alors comment comprendre qu’aujourd’hui son arrestation ait suscité tant de tristesse au sein du peuple béninois ? C’est simplement l’agression française contre la Côte d’Ivoire et l’arrogance du dominateur français en une terre africaine qui font mal. C’est le principe éthique qui veut que « l’agression d’un peuple ou d’une nation, par une puissance quels qu’en soient les mobiles est inadmissible » qui est en œuvre.  Et si le criminel GBAGBO qui a été pendant longtemps un serviteur fidèle des intérêts français est devenu si gênant pour ces mêmes intérêts au point que les impérialistes français doivent lui faire la guerre, il ne peut que susciter de la sympathie populaire au Bénin, en Afrique et dans le monde. D’autant que le cas qui est en train de se dérouler en Côte d’Ivoire ne peut être dissocié de la provocation dont le peuple béninois est l’objet de la part de ces mêmes impérialistes français qui, avec une LEPI truquée, viennent de couvrir une imposture et de nous imposer un dictateur en la personne de Boni YAYI.

Une page vient d’être tournée en Côte d’Ivoire, une nouvelle vient de s’ouvrir. Celle où le prolétariat et les peuples ivoiriens désormais unifiés sous la férule d’un pouvoir du capital financier (celui de OUATTARA imposé à bout de fusil par les impérialistes français) devront faire face à une domination impérialiste française renforcée  avec toujours la présence des troupes françaises LICORNE et autres 43ème BIMA. Et la lutte du prolétariat et des peuples ivoiriens contre cette domination et cette exploitation ne tardera pas à se déployer pour leur émancipation véritable.

Cotonou le 12 Avril 2011.

Le Parti Communiste du Bénin.

 

*Un unique désaccord sur ce point, mais les lecteurs/lectrices connaissent maintenant la position de SLP, basée sur de multiples études de la situation ivoirienne : Gbagbo et Ouattara ne sont pas simplement "deux serviteurs de la Françafrique" qui se battent pour ses faveurs ; Ouattara est clairement un homme de la Françafrique la plus réactionnaire et de la pire domination impérialiste, comme il a pu le montrer en tant que Premier ministre (1990-93), gouverneur de la BECEAO ou au FMI ; Gbagbo était effectivement proche de la "Françafrique de gauche", il a passé de nombreux contrats avec les monopoles bleu-blanc-rouges (comme le groupe Bolloré), toutefois en "cohabitation forcée" depuis 2003 avec ses opposants RDR, PDCI et Forces "nouvelles", mais son "crime" absolu est d'avoir voulu "ouvrir" la Côte d'Ivoire à d'autres impérialismes, rivaux de la France, notamment la Chine, pensant ainsi la rendre plus "indépendante".

 

AfricaFistZm

 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Afrique - Communauté : Communisme - maoïsme (.org)
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 18:55

 http://d.yimg.com/i/ng/ne/figaro/20110405/19/3691167314-gbagbo-refuse-de-se-plier-aux-exigences-de-paris-et.jpg?x=310&y=231&q=75&wc=371&hc=277&xc=62&yc=1&sig=K_JlVIpT4BfOmVT8NFFSIw--

Le "feuilleton" ivoirien touche donc à sa fin. Après une offensive éclair et spectaculaire (avec des équipements flambant neufs qui laissent présumer de grosses livraisons ces derniers mois), les Forces "républicaines" pro-Ouattara se sont emparée d'Abidjan où elles ont trouvé le renfort... des forces "impartiales" de l'ONUCI et de la force impérialiste BBR ("d'interposition") Licorne. Le bilan serait lourd : 2.300 mort-e-s...
Laurent Gbagbo, élu d'après son Conseil Constitutionnel par 51% des voix et battu, selon ses adversaires, avec 46% (les "battus" en Afrique tournant en général autour de 2% et les "élus" de 98%...), est désormais terré dans un bunker sous sa résidence présidentielle et sous les roquettes françaises. Sa capitulation, d'après Alain Juppé, serait "inéluctable" mais la résistance de ses dernières forces, et son caractère obstiné empêcheraient de dire si c'est une question de jours ou de semaines. D'après Longuet, l'ancien milicien d'extrême-droite et ministre de la Défense, il pourrait encore compter sur un gros millier d'hommes, dont 200 autour de son refuge.

L'ère Gbagbo s'achève donc ainsi : sous un déluge de feu sans précédent dans ce pays, terré dans un bunker.

Laurent Gbagbo, on l'a dit et on le redira, est en fait une sorte de "Chavez africain". Chavez se dit "socialiste" ou "social-démocrate" (par opposition à Fidel Castro qui serait "marxiste-léniniste") ; Gbagbo veut son Front "populaire", membre de l'Internationale socialiste et toujours proche de certaines figures de la "gauche" du PS (Emmanuelli, Guy Labertit etc.).
Et l'un comme l'autre tiennent un discours de "souveraineté nationale" face à la puissance tutélaire de leur pays. Pour contrer l'hégémonie US sur le continent américain, Chavez s'est tourné vers ses concurrents, non seulement le "nouvel Est" russe et chinois, mais aussi les puissances impérialistes européennes. Gbagbo, pour desserrer les griffes de la Françafrique, a ouvert la Côte d'Ivoire aux investissements chinois et russes (la Russie qui critique vertement "l'ingérence" française actuelle), mais s'était aussi tourné vers les États-Unis de Bush (!), à l'époque ou celui-ci voulait "punir la France" pour son attitude sur le dossier irakien... Ce lien s'est cependant rompu et aujourd'hui Obama, beaucoup plus proche de l'allié-concurrent BBR, s'est rallié (et a rallié le pilier de l'Afrique anglophone, le Nigéria) à la croisade anti-Gbagbo.


La seule différence, finalement, c'est que l'impérialisme bleu-blanc-rouge n'a pas les moyens de financer des "révolutions colorées" de la "société civile" à coup de millions de dollars : il doit armer des milices et, lorsque celles-ci sont insuffisantes, intervenir directement, militairement, de manière "voyante".

Donc, on l'a dit, c'en est fini. Mais là encore, il y a de grandes leçons à en tirer pour la lutte de libération des Peuples africains.

La principale leçon des malheurs de Gbagbo, c'est que quoi que l'on veuille faire (le projet de Gbagbo n'avait rien de révolutionnaire...), on ne peut le faire avec les instruments issus et au service de l'état de fait que l'on combat.
Laurent Gbagbo voulait mener une politique bourgeoise de redistribution sociale, en instituant une "concurrence libre et non faussée" entre les monopoles impérialistes rivaux en Côte d'Ivoire, afin d'obtenir les meilleurs prix pour les produits du travail ivoirien, ou les meilleurs offres pour des travaux publics par exemple.
Laurent Gbagbo disait combattre la Françafrique, fidèle au programme initial de son parti, le FPI. Mais combattre la Françafrique, non seulement sans jamais remettre en cause le capitalisme (ce qui est déjà impossible), mais encore, en "affirmant" face à elle la "souveraineté" de l'État et des institutions ivoiriennes... En affirmant face aux monopoles BBR, Bouygues et autres Bolloré, que l'État "souverain" ivoirien a le "droit" de passer contrat avec qui il veut. En affirmant face à la Commission électorale "indépendante" de la "communauté internationale", que l'institution habilitée à proclamer le résultat des élections est le Conseil constitutionnel ivoirien. Etc. etc.
Or voilà : le hic, c'est que l'État ivoirien "offert" par l'impérialisme français à Houphouët-Boigny est une création de la Françafrique, par et pour la domination françafricaine !!! L'État ivoirien, comme tous les États d'Afrique, est un territoire d'outre-mer qui n'a d'indépendant que le nom. Ses institutions "souveraines" sont une farce, une mascarade, une vague décalcomanie des institutions hexagonales. Il n'a pas ce qui fait la colonne vertébrale de l'État : une force armée digne de ce nom. L'armée nationale ivoirienne (FANCI) est une petite brigade d'infanterie sous équipée, sans grands moyens lourds ni blindés, et dont les maigres moyens aériens ont été détruits par les frappes françaises de novembre 2004.
Il n'a pas, non plus, le nerf de la guerre : la Côte d'Ivoire n'a pas sa propre monnaie (elle partage le franc CFA avec les autres néo-colonies francophones d'Afrique), elle n'a pas sa propre banque centrale (là aussi, partagée avec ses voisins ouest-africains francophones ; et qui elle-même, ne peut prendre aucune décision sans l'aval... de la Banque de France !).


En réalité, il a été très facile d'asphyxier financièrement Gbagbo (décimant du même coup ses forces armées, son administration etc.) tout en finançant et armant massivement* les anciens rebelles des "Forces nouvelles", rebaptisées "républicaines", qui le moment venu ont mené une véritable guerre éclair sans rencontrer (pratiquement) aucune résistance.
Gbagbo a voulu aller dans la confrontation avec l'impérialisme de la Françafrique, dans l'esprit d'une confrontation d'État "souverain" à État souverain. Ce qui était suicidaire, perdu d'avance...

La leçon à retenir, c'est quelque chose qui serait paru une évidence dans les années 60 ou encore 70, mais qui s'est perdu dans le grand reflux de la révolution mondiale, dans les années 1975-2000. La leçon, c'est que pour vaincre l'impérialisme, il faut la Guerre révolutionnaire du Peuple. La Guerre du Peuple qui construit, à mesure qu'elle avance, le NOUVEL ÉTAT, populaire, révolutionnaire, démocratique, anti-impérialiste et préparant le socialisme, en détruisant le vieil État sur son chemin...
La Révolution implique de détruire l'État de la classe combattue, comme en 1789 les révolutionnaires bourgeois ont complètement restructuré l'État de Louis XV et Louis XVI, des Parlements féodaux etc. ; comme en 1917 les bolchéviks ont détruit l'État tsariste et construit l'État révolutionnaire prolétarien. Ici, en Côte d'Ivoire, l'ennemi est double : ce sont les classes dominantes locales (les oligarques et bureaucrates intermédiaires de l'impérialisme, mais aussi les notables-caciques locaux), et la bourgeoisie impérialiste bleu-blanc-rouge. Il s'agit de détruire un État, mais aussi de mettre un coup de boutoir dans un Empire, de créer (peut-être, mais cela pourrait être ailleurs) le premier territoire libre d'Afrique.

Cela, seule la Guerre du Peuple le peut. Par ses limites de classe (un bourgeois national), Laurent Gbagbo n'a évidemment pas pu se montrer à la hauteur de la tâche historique ; alors que la société traditionnelle ivoirienne est constamment avalée (et déstructurée) par le capitalisme "mondialisé" et que les condition sont de plus en plus mures pour un révolution de libération. Ouattara, grand bourgeois "coopté" comme au temps des "élites indigènes" coloniales, ex-dirigeant d'une grande institution inter-impérialiste (le FMI) et pour qui les gens votent "parce qu'il est du Nord", est quand à lui le représentant type (comme son allié et ancien rival Bédié, l'homme du Centre) de cette société traditionnelle, ethno-féodale (les Ouattara sont une lignée aristocratique), qui n'en finit pas de disparaître et d'empêcher le bond qualitatif, maintenant l'Afrique dans la domination impérialiste néo-coloniale.
Là est le clivage principal, pas ailleurs... Cependant, même si Gbagbo n'a jamais été un partisan de l'ivoirité, le concept fasciste de Konan Bédié (aujourd'hui allié du dioula Ouattara !!!), même s'il y a mis fin en 2005 (permettant à Outtara d'être candidat aux dernières élections), il a pu s'appuyer sur le sentiment ivoiriste de beaucoup de ses partisans, les "Patriotes". Encore une erreur : il aurait fallu au contraire viser la plus large unité populaire, et vis-à-vis des 25% d'"étrangers" (des pays voisins) que compte le pays, le plus strict panafricanisme.

Gbagbo n'a donc pas été à la hauteur de la situation. Aujourd'hui, Gbagbo c'est fini, mais pas la Côte d'Ivoire, car ce sont les masses qui font l'Histoire. Près, ou un peu plus de la moitié des masses populaires ivoirienne ont voté pour lui, et n'accepteront pas facilement qu'il soit éjecté (ou liquidé !) de manière aussi ouvertement impérialiste, par les blindés et les hélicoptères de l'impérialisme français. Ces masses sont les masses travailleuses, les classes populaires d'Abidjan, de la côte Sud ou encore de la Boucle du Cacao, les masses qui de plus en plus rompent avec l'allégeance ethnique pour développer un sentiment de classe, le sentiment d'être des travailleurs africains écrasés par l'impérialisme.
Déjà, les grands médias impérialistes de l'Hexagone s'inquiètent de comment Ouattara, arrivé au pouvoir sur un char de la force Licorne, va "gérer l'après-Gagbo"...

Si Gbagbo reste comme un symbole et un signe de ralliement pour ces masses-là, après tout pourquoi pas, du moment que ses conceptions bourgeoises sont rendues inactives et que se développe le plus important : une résistance populaire à ce qu'il faut bien appeler par son nom, l'occupation impérialiste Licorne-ONUCI avec ses tirailleurs FRCI et son homme de paille Ouattara.

Puisse dans cette résistance populaire se forger l'organisation et l'armée révolutionnaire, qui un jour, dans 10 ou 20 ans ou pourquoi pas moins, feront de la terre d'EBURNIE le premier territoire libre d'Afrique !

 

frappes_abidjan.jpg

Bombardements sur Abidjan

http://static.lexpress.fr/pictures/169/86612_les-soldats-francais-de-la-force-licorne-patrouillent-a-abidjan-le-1er-avril-2011.jpg

 

 

* Ce que reconnaît tranquillement le très bourgeois "de gôôôche" Nouvel Obs n° 2422 du 7 avril 2011 : "Les voilà (les forces pro-Ouattara NDLR) soudain dotés de véhicules, de mitrailleuses lourdes, de munitions. 'Leurs pick-up sont neufs, leurs canons aussi, tout est neuf', note un expert militaire. Un matériel livré par le Nigéria (= Shell, BP, Exxon NDLR) et le Burkina Faso (Compaoré, pilier de la Françafrique NDLR), selon plusieurs sources. Plutôt que d'intervenir directement, les deux pays les plus hostiles à Gbagbo ont décidé d'aider Ouattara à former un embryon d'armée. Lui envoient-ils aussi des conseillers militaires ? Une chose est sûre, dans cette guerre de l'ombre, le président élu bénéficie d'un soutien tous azimuts. L'ONUCI, chargée de faire respecter un embargo sur les armes qui s'applique à toutes les parties, ferme les yeux sur les convois qui traversent la frontière nord. 'Les services britanniques et français ont dû apporter une aide en terme de renseignement', présume par ailleurs un ancien de l'Elysée.

A Abidjan, un mystérieux 'commando invisible' commence à harceler les FDS de Gbagbo. Son chef n'est autre qu'Ibrahim Coulibaly, alias IB, un ex-sergent-chef condamné par le tribunal de Paris pour une tentative de coup d'Etat contre Gbagbo en 2003. Coïncidence ? Son jugement vient d'être annulé en cassation. Comment IB ressurgit-il à la tête de centaines de combattants dans la mégalopole ivoirienne ? 'Ce sont sans doute les Français qui l'ont remis dans le jeu' avance Antoine Glaser, ex directeur de la meilleure revue confidentielle sur l'Afrique, la Lettre du Continent." CQFD...

 

Post-scriptum : un tout récent article du Point, l'hebdomadaire de la bonne droite réac bons-pères-de-famille en costard bien repassé, est un MANIFESTE d'impérialisme "décomplexé", à visage découvert... C'est très important. Car même si, on l'a dit, l'intervention en Libye est loin de faire l'unanimité dans la bourgeoisie impérialiste BBR, elle montre néanmoins, avec les récents évènements en Côte d'Ivoire (2.300 morts !) une FUITE EN AVANT de l'impérialisme tricolore. Qui n'est pas sans lien, qui est même totalement parallèle à la montée du fascisme en métropole hexagonale !

 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Afrique
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Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 23:17

 

Ce qu'il se passe en Libye, à Bahreïn (avec l'occupation émirato-saoudienne) et maintenant en Côte d'Ivoire est bien le signe d'un changement d'époque. Jamais l'impérialisme en général, et l'impérialisme BBR en particulier, n'avait auparavant osé se montrer aussi ouvertement dans un camp lors d'une "guerre civile" en Afrique. Même au Rwanda : sans le travail d'enquêteurs sérieux et obstinés comme François-Xavier Verschave et Odile Tobner, jamais le rôle de la France aux côtés des génocidaires interhamwe n'aurait percé au grand jour, l'opération Turquoise s'étant toujours présentée comme "neutre" et "humanitaire"... Pendant la première guerre de Côte d'Ivoire (2002-2004), Chirac avait toujours pris le plus grand soin à présenter l'armée française comme "neutre", "protégeant les ressortissants français" et "évitant un massacre ethnique" (sauf en novembre 2004, mais là, il pouvait invoquer la "légitime défense")... alors que le moindre début d'analyse sérieuse permettait de comprendre que si les Forces "nouvelles" avaient le Burkina de Compaoré et le Libéria de Taylor comme base arrière, c'est qu'elles étaient un bras armé de la Françafrique. 

Mais aujourd'hui 4 avril 2011, an IV de l'ère Sarkozy, les forces armées BBR "Licorne" sont OUVERTEMENT entrées en guerre... aux côtés des Forces "républicaines" de Ouattara, contre les dernières forces de Laurent Gbagbo. Alors même que la Croix-Rouge vient de mettre en cause les forces de Ouattara dans d'effroyables massacres à l'Ouest du pays. Toute la réalité des évènements en cours depuis 4 mois éclate au grand jour, sauf qu'il est maintenant trop tard (Gbagbo n'en a plus que pour quelques heures et les morts se comptent par milliers) : le soutien de la "communauté internationale" (en fait, de la Françafrique ayant rallié à son panache blanc les Anglo-saxons et l'Afrique anglophone) au FMIste pseudo-"démocratiquement élu" Ouattara (l'affameur du Peuple ivoirien dans les années 90), n'est rien d'autre que l'offensive finale de ladite Françafrique contre le gêneur, le roublard Gbagbo, qui a essayé de jouer la "concurrence libre et non faussée" entre les impérialismes, hier homme de la "vengeance" de Washington contre Chirac (2002-2004), aujourd'hui homme des monopoles "BRICS" (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à l'assaut de l'Afrique de l'Ouest. Un soutien offert comptant : il n'y a qu'à voir les équipements flambant neufs des Forces "républicaines" et leur offensive fulgurante, maintenant rejointe ouvertement en plein Abidjan par l'ONUCI et la force Licorne ; tandis que Gbagbo est étranglé financièrement depuis plusieurs mois.

Les contradictions inter-impérialistes et la peur panique de chaque impérialisme pour son "pré carré" s'expriment de plus en plus à visage découvert, une évolution vers la guerre mondiale qui rejoint la montée actuelle du fascisme dans les métropoles, et dont l'offensive en Côte d'Ivoire n'est que la dernière manifestation en date.

Une offensive dont voici l'épilogue :

 

Libération

Côte-d’Ivoire : Paris à l’assaut du camp Gbagbo

En appui des Casques bleus de l’Onuci, les forces françaises ont bombardé, hier soir, les bastions tenus par les partisans du président sortant à Abidjan.

 

Par THOMAS HOFNUNG

Photo prise le 2 avril 2011 montrant les troupes françaises patrouillant à Abidjan.

Photo prise le 2 avril 2011 montrant les troupes françaises patrouillant à Abidjan. (© AFP Sch Blanchet)

 

Peu avant 20 heures, hier soir, l’ONU et la France sont entrés en guerre contre Laurent Gbagbo. C’est l’Elysée qui a annoncé ce tournant majeur dans la crise qui secoue la Côte-d’Ivoire depuis l’élection contestée de novembre. Paris a précisé avoir autorisé la force Licorne à soutenir l’action militaire des Casques bleus, comme le prévoit une résolution votée en 2004. Cette intervention menée conjointement par l’ONU et une ancienne puissance coloniale est sans doute une première depuis la décolonisation.

Alors que la nuit tombait sur la lagune, les hélicoptères de l’Onuci (la mission des Nations unies en Côte-d’Ivoire), mais aussi français, sont entrés en action, bombardant plusieurs bastions tenus par les partisans du président ivoirien sortant, qui refuse de céder le pouvoir à son rival, Alassane Ouattara, déclaré vainqueur par la communauté internationale. Parmi les objectifs visés : la résidence de Laurent Gbagbo à Cocody ; le palais présidentiel, situé dans le quartier du Plateau ; le camp militaire d’Agban, dans la commune d’Adjamé ; celui d’Akouédo… Dans la soirée, on apprenait que l’armée française avait tiré des missiles sur un dépôt de munitions du camp Gbagbo.

Tirs. Paris a justifié son action en vertu de la résolution 1975, adoptée la semaine dernière par le Conseil de sécurité, qui interdit les tirs à l’arme lourde dans la capitale économique ivoirienne. L’Onuci «vient d’engager des actions visant à neutraliser les armes lourdes utilisées contre les populations civiles et les personnels des Nations unies à Abidjan», a déclaré l’Elysée. Un peu plus tard, les Nations unies précisaient, de leur côté, avoir demandé l’intervention des forces françaises. Dans une lettre, citée par l’AFP, adressée à Nicolas Sarkozy dimanche, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, juge «urgent de lancer les opérations militaires nécessaires pour mettre hors d’état de nuire les armes lourdes qui sont utilisées contre les populations civiles et les Casques bleus».

Depuis plusieurs semaines, les troupes de Gbagbo n’hésitaient pas, en effet, à tirer des obus en pleine ville, notamment dans le quartier d’Abobo, tombé aux mains d’insurgés pro-Ouattara, faisant de nombreuses victimes civiles. Ces derniers jours, le quartier général de l’ONU à Abidjan avait lui aussi été pris pour cible, tandis que des Casques bleus étaient fréquemment attaqués par des éléments pro-Gbagbo. Quatre soldats onusiens ont ainsi été blessés sérieusement le week-end dernier.

Mais l’Onuci et Paris se sont résolus à lancer leur opération après l’échec des forces pro-Ouattara à s’emparer du pouvoir dans la ville. Après avoir déclenché une offensive éclair à travers le pays, il y a une semaine, les Forces républicaines de Côte-d’Ivoire (FRCI) ont buté, ce week-end, sur la résistance acharnée du dernier carré des fidèles de Gbagbo, solidement armés, et n’ayant plus rien à perdre.

Un vide politique et sécuritaire s’est alors installé, plongeant Abidjan, mais aussi le reste du pays, dans le chaos. Depuis plusieurs jours, la capitale économique était en proie aux pillages et à la violence. Des centaines de Français disséminés dans la ville ont appelé au secours la force Licorne. Dimanche, l’Elysée avait décidé de regrouper la communauté française - environ 12 000 personnes, dont plus de la moitié sont binationaux - en trois points, sans ordonner leur évacuation.

A l’intérieur, notamment dans l’ouest du pays, de nombreuses exactions auraient été commises, par des miliciens pro-Gbagbo mais aussi par des partisans de Ouattara. La révélation d’un carnage commis à Duékoué et imputé par des organisations internationales aux forces soutenant le nouveau président risquait de mettre en porte-à-faux ses soutiens diplomatiques. Avec le risque, en cas de multiplication de telles exactions, de rendre le pays ingouvernable et d’initier un cycle de violences incontrôlable.

Processus. Hier soir, un conseiller de Laurent Gbagbo, Toussaint Alain, a qualifié les raids menés par les forces française et onusienne d’«actes illégaux», évoquant aussi une «tentative d’assassinat» de Laurent Gbagbo. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a assuré que les frappes visaient seulement à protéger les civils. L’intervention d’hier soir apparaît comme l’aboutissement d’un processus lancé au lendemain de la présidentielle. En opposition au Conseil constitutionnel, qui avait donné Gbagbo vainqueur, l’Onuci avait proclamé la victoire de Ouattara. Dès cet instant, les Nations unies ont pris parti. Paris, réticent à s’impliquer militairement, a dû s’y résoudre face au chaos grandissant.

 

La Françafrique, fluide vital de l'impérialisme bleu-blanc-rouge !

Pour les Peuples d'Afrique, d'Hexagone, du Monde : A bas la Françafrique !

Résistance populaire ivoirienne & panafricaine à l'impérialisme BBR et ses séides "ivoiriens" génocidaires !

 

AfricaFistZm

 

 

 

 


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Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 19:55

 

Les pro-Ouattara contrôlent la capitale ivoirienne

Source

 

Des combattants pro-Ouattara mardi à Duekoue, dans l'ouest du pays.
Des combattants pro-Ouattara mardi à Duekoue, dans l'ouest du pays. Crédits photo : ZOOM DOSSO/AFP

Les forces du président reconnu par la communauté internationale sont entrées mercredi à Yamoussoukro. À Abidjan, capitale économique, le camp Gbagbo se prépare à riposter.

Au troisième jour de leur offensive, les forces d'Alassane Ouattara ont fait une prise de taille mercredi : Yamoussoukro. Les combattants du président élu le 28 novembre et reconnu par la communauté internationale ont pris le contrôle de la capitale administrative ivoirienne dans l'après-midi, après s'être emparés de la ville de Tiébissou.

«Tout est OK, la gare routière, la gendarmerie», a témoigné un habitant par téléphone, affirmant qu'on ne voit plus dans la ville de Forces de défense et de sécurité, fidèles au président sortant Laurent Gbagbo. D'autres habitants ont fait état de scènes de liesse dans les rues.

Vers la côte ouest, les forces d'Alassane Ouattara ont également pris mercredi la ville de Soubré, ont indiqué des habitants. Soubré est située à 130 km au nord de San Pedro, le plus important port d'exportation de cacao du monde. Prochain objectif probable des Forces républicaines (le nouveau nom des forces pro-Ouattara): la capitale économique, Abidjan.

 

«C'est à Gbagbo de déposer les armes»

Désormais le camp Ouattara - qui contrôlait déjà la moitié nord du pays, aux mains depuis 2002 de la rébellion des Forces nouvelles - revendique la mainmise sur «trois quarts» du pays. «Il y a les trois quarts du territoire ivoirien qui sont aujourd'hui entre les mains des Forces républicaines, ce sont des forces de libération», a déclaré sur RTL l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en France nommé par Ouattara, Ally Coulibaly. «Il n'y aura pas de guerre civile, les choses vont se régler assez rapidement», a-t-il assuré.

Rien n'est pourtant moins sûr. Dans leur offensive, les forces pro-Ouattara, équipées notamment de mortiers et de lance-roquettes, progressent sur trois fronts vers Abidjan, coeur du régime Gbagbo. Craignant le pire, de nombreux habitants de la capitale économique ont d'ores et déjà commencé à fuir. Car en face, il y a fort à parier que Laurent Gbagbo ne pliera pas sans combattre. Selon un communiqué officiel lu sur la télévision d'État mardi soir, son armée devait d'ailleurs enrôler de nouvelles recrues à partir de mercredi. Plusieurs milliers de jeunes s'étaient déjà inscrits la semaine dernière pour s'engager, à l'appel du camp Gbagbo.

Mardi, devant l'avancée de Forces républicaines (Duékoué, Daloa, Bondoukou et Abengourou), le camp du président sortant Laurent Gbagbo avait appelé au cessez-le-feu. «Une diversion», a dénoncé mercredi le camp Ouattara. «C'est à Gbagbo de déposer les armes, c'est à Blé Goudé (leader des jeunes patriotes, fervents partisans du président sortant) d'arrêter de manipuler la jeunesse», a déclaré la porte-parole d'Alassane Ouattara.

 

Paris pousse une résolution de l'ONU

Face au risque de guerre civile, la France fait pression en vue d'un vote mercredi ou jeudi sur un projet de résolution de l'ONU demandant le départ de Laurent Gbagbo, ont indiqué des diplomates mercredi. Mais plusieurs pays ont manifesté des réserves sur certains passages du projet de résolution. La Chine, la Russie, le Brésil et l'Inde seraient ainsi opposés à l'étendue des sanctions proposées.

Le projet de résolution, soumis par la France et le Nigeria au Conseil de sécurité, prévoit des sanctions à l'encontre de Laurent Gbagbo et de quatre personnes de son entourage, y compris sa femme. Il s'agit d'un gel des avoirs financiers et d'une interdiction de voyager. L'Union européenne et les États-Unis ont déjà imposé des sanctions similaires contre Laurent Gbagbo et son entourage. La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) s'est déjà déclarée favorable à ce que l'ONU adopte des sanctions «plus contraignantes» à l'encontre de Laurent Gbagbo.

 

 

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Et sur le chemin des Forces "nouvelles" "républicaines", c'est la FÊTE !!! lien 1 - lien

 

Dernières news 31/03 : les ouattaristes ont pris le port cacaoyer stratégique de San Pedro et approcheraient d'Abidjan. La PRISE D'ABIDJAN que Chirac avait toujours voulu éviter (privilégiant le dégageage politico-diplomatique de Gbagbo), vu le carnage inter-communautaire que ce serait, est à l'agenda de "Lawrence de Libye" Sarkozy !!!

 

 

 

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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 17:13

 

Burkina Faso :La révolte de la jeunesse gagne l’ensemble du pays, chronologie des évènements jour par jour

Le 20 février décédait Justin Zongo élève de 3eme. Il avait reçu des mauvais traitements de la part de la police. Les autorités parlent alors d’un décès suite à une méningite.

Les jeunes de Koudougou vont se révolter rapidement, deux d’entre eux vont encore perdre la vie, puis deux autres dans deux villes voisines, certains par balles semble-t-il.

La révolte va s’étendre dans de nombreuses villes du pays. Parfois Souvent les manifestations sont pacifiques, mais d’autre fois beaucoup plus violentes. Mais elles sont, en règle générale, très largement suivies rassemblant souvent plusieurs milliers de jeunes. De nombreux commissariats de police, vont bruler suivis souvent de bâtiments abritant les différentes autorités locales. Elle est essentiellement le fait de la jeunesse dans un pays ou 60% de la population à moins de 21 ans.

La révolte qui s’exprime aujourd’hui couve depuis longtemps suite à 23 ans d’impunité, et l’arrogance du pouvoir, de la richesse qui s’étale pendant que la pauvreté est partout présente. Plusieurs élèves ont succombé à des séjours dans les locaux de la police, le plus connu étant un militant de l’ANEB, Dabo Boukary, sans que les coupables n’aient été jugés. Déjà, l’’assassinat du journaliste Norbert Zongo avait fait trembler le pouvoir. La jeunesse exprime sa défiance totale avec la justice de son pays.

Si les manifestations sont violentes c’est aussi que les marches pacifiques nombreuses par la passé, n’ont rien donné puisque le procès s’est terminé par un non lieu alors que les enquêtes indépendantes mettaient en cause la sécurité présidentielle. Blaise Compaoré vient d’être élu avec 80% des suffrages exprimés mais avec seulement 1,5 millions de voix sur 15 millions d’habitants.

Nous vous livrons ci-dessous le fil des évènements jour par jour.

La rédaction du site http://thomassankara.net/


20 février 2011 Décès de Justin Zongo, élève de 3eme à Koudougou. Les autorités parlent de méningite, les élèves de décès suite à des mauvais traitements de policier.

Manifestation violente à Koudougou les 22 et 23 février. Deux élèves vont trouver la mort.

Le jeudi 23, les scolaires de Poa, Réo, Kindi, Ouahigouya, Ouagadougou manifestent à leur tour. Deux élèves trouvent la mort à Poa et à Kindi. En tout 6 personnes ont trouvé la mort dont 4 élèves certains par balles semble-t-il. Le gouvernement ferme les établissements scolaires.

25 février : publication d’une déclaration des partis de l’opposition, sous l’égide du chef de l’opposition, qui appelle ses militants à se tenir prêts à se mobiliser voir à l’adresse http://www.citizensforearth.info/De....

26 février Le Commissaire de Police Alfred T. BANCE, matricule 12 652 A, directeur régional de la Police nationale du Centre-ouest et Commissaire central de Police de la ville de Koudougou, est relevé de ses fonctions

28 février Les élèves de Koudougou organisent une marche pacifique en direction du gouvernorat pour demander que la lumière soit faite sur la mort de leurs camarades.

les élèves manifestent à Léo et incendient les locaux de la police. 1er mars : Déclaration de la CGTB . Elle appelle à la mobilisation sans donner de date voir à l’adresse http://www.citizensforearth.info/BU...

déclaration de l’UGEB appelant ses militants à se mobiliser contre l’impunité et pour que justice soit rendue à Justin Zongo voir à http://www.citizensforearth.info/De... déclaration du syndicat des avocats du Faso qui déclare qu’il va prendre en charge gratuitement la défense des familles des victimes http://www.citizensforearth.info/De... 300 jeunes manifestent à Kaya 2 mars. Echec de la manifestation sur la place de la Révolution appelée par le réseau Barké.

2 mars AG de l’ANEB qui réunit environ 2000 étudiants à Ouagadougou qui appelle à un meeting le 4 mars.

4 mars : Meeting de l’ANEB au campus de Zogona à Ouagadougou : environ 5000 étudiants excités selon des présents. Beaucoup voulaient manifester tout de suite. L’ANEB appelle à une manifestation le 9 mars à Ouagadougou.

7 mars à Manga , chef lieu du département du même nom et de la province Zoundwéogo, les élèves on fait un sit in au niveau de la mairie et au commissariat de police.

Dans la commune rurale de Korismoro à 32 km de kaya et relève donc de cette province, les élèves sont descendus dans la rue, chasser les policiers, ouvrir la prison et faire de nombreux dégâts dans la rue en incendiant pneus et autre.

A Dori il y a eu 2 marches. Une marche de la population qui protestait contre le projet d’utilisation de l’eau du barrage de Yakuta par une société minière et les déviations de la route Bitumée Terra-Dori à cause d’une station de carburant. La deuxième marche qui a suivi le premier et concernait les élèves qui s’en sont pris au commissariat de Police de Dori où ils ont mis le feu.

Manifestation de la jeunesse à Dori contre l’impunité le 7 mars 2011 Les élèves manifestent aussi à Yako et à Koupéla. Dans ces deux villes ils ont incendié le commissariat.

Des manifestations pacifiques ont été signalées lundi à Bobo Dioulasso , deuxième ville du pays, Koudougou (ouest), Gaoua (sud-ouest), Fada N’Gourma (est), Tenkodogo (nord), Pô et Léo (sud). (AFP)

Le site http://www.afreekelection.com/crise... écrit : « Brûlant quatre commissariats à Yako (100 km au nord de Ouaga), à Koupéla (140 km à l’Est), à Gourcy (au nord) et à Dori (Nord Est). »

8 mars 2011. Echec de ma manifestation appelée sur la page facebook « Mouvement Blaise Compaoré doit partir ». Manifestation à Ouahigouya et

9 mars . L’ANEB reporte ses manifestations à Ouagadougou et à Bobo Dioulasso à Vendredi 11 mars. Nouvelles manifestations dans de nombreuses villes du pays notamment Ouahigouya, Diebougou, PO, Leo, Nanoro, Diapaga et Tougan . A Ouahigouya de nombreux batiments officiels ont été incendiés (voir là http://www.lobservateur.bf/spip.php....

A Bogandé, chef-lieu de la province de la Gnagna, que de violents heurts ont opposé, tôt le matin, les forces de sécurité et les élèves qui voulianet bruler le commissariat. Lesélèves ont aussi affronté les ofrces de police à Fada N’Gourma pour mettre le feu au gouvernorat de la région.

Le gouvernement décrète de nouveau la fermeture des classes jusqu’à nouvel ordre.

Dans une interview publié le 9 mars le père de Justin Zongo (voir http://www.lefaso.net/spip.php?arti...) déclare refuser l’autopsie et ajoute Nagoukonba Zongo : « Je m’oppose parce que je sais ce qui est arrivé à mon enfant. Je suis convaincu que c’est suite aux coups reçus à la police. Il avait un traumatisme crânien, il n’arrivait pas à uriner et avait même perdu deux dents. Il y a même des témoins que sont certains de ses camarades d’école. »

10 mars La coalition contre la vie chère tient une conférence de presse pour protester dirigée par Tolé Sagnon le président de la CGTB. Il s’agissait de protester contre la Taxe de développement communal qui n’allait qu’aggraver les difficultés. Sur les évènements que vivaient le pays, il a déclaré que c’était l’impunité qui en était responsable. Il a confirmé la manifestation de l’ANEB pour le lendemain et appelé à un meeting le 19 mars.

11 mars Manifestation organisée par l’ANEB à partir du campus de Zogona à Ouagadougou vers la direction générale de la police.

Source : http://thomassankara.net/

 

Burkina Faso : Déclaration du « Mouvement Blaise Compaoré doit partir »

Peuples démocrates d’ Afrique et du monde !!

Peuple opprimé du Burkina Faso depuis le 15 Octobre 1987 !!

Peuples tyrannises par la dictature en Afrique !!

Amis de la liberté et de la justice dans le monde !!

Organisations internationales soucieuses de la valeur humaine !!

Amis de la Démocratie.

Toutes les victimes du système d’oppressions mis en place par le pouvoir tyrannisé de Blaise Compaoré au Burkina depuis 23 ans.

Les peuples opprimés du Burkina Faso rendent hommage a toutes les victimes de la tyrannie de Moammar Kaddafi en Lybie depuis 1969 et surtout de la boucherie organisée depuis le premier jour du soulèvementt du peuple libyenn pour dire non a la terreur de ce dictateur féroce et de son système d’oppression. Nous demandons l’ assistance urgente au peuple libyen de tous ceux qui sont amoureux de la valeur humaine. Messieurs et Dames de la communauté internatinale allez vous attendre que tous les libyens soient massacres avant d’intervenir ? C’est une question de vies en danger et non d’ingérence. Le criminel Kaddaffi doit être mis aux arrêts immédiatement avant qu’il ne crée un holocaustee au 21eme siècle.. Sauvons le peuple libyen maintenant.

Au Burkina Faso tyrannise et meurtrie par le regime de Blaise Compaore, meilleur élève du Dictateur Libyen Kaddaffi. C’est lui Blaise Compaore qui a brise l’embargo que toute la communaute internationnale avait impose a ce chef de rebellions en Afrique et guerrier féroce pour avoir assassine plusieurs centaines de victimes d’ UTA et de Loquerbie. En 1990 en effet M Compaore alors President en Exercice de l’Organistion de l’ Unite Africaine( OUA), viola l’embargo aerien impose par les Nations Unies en echange des petro dollars et l’argent sales Libyens permettant ainsi au Dictateur libyen de refaire surface sur la scene internationale et se rendre au siege des Nations Unies pour aller dechirer une copie de la charte de cette organistion devant les cameras du monde. Voila qu’aujourd’hui ce dernier se croit roi du monde et dit vouloir massacre tous les libyens pour son pouvoir tyrannique et clanique.

Le malin Blaise Compaore, apres que son regime est opte pour la dynamique de tueries douces et d’assassinats au Burkina Faso depuis le premier jour de sa prise du pouvoir le 15 Octobre 1987 ; des milliers de personnes de toutes les couches sociales perdent la vie prematurement : Thomas Sankara et ses 12 compagnons, le massacre de Koudougou en 1987,Pr. Guillaume Sessouma, Dr Dabo Boukari, Oumarou Clement Ouedraogo, Norbert Zongo et ses trois compagnons le 13 Decembre 1998 suivi de morts d’eleves et d’ecoliers, de commercants, travaileurs du secteur publique comme prive. Bref des vies innocentes civiles comme militaires sont banalisees par le regime familiale et clanique de monsieur le Faiseur de crises puis Facilitateur, Mediateur, Pyromane Blaise Compaore. Par ses pseudo mediations il seduit la diplomatie francaise et croire atteindre meme les Nations Unies.

Charles G. Taylor a prepare le massacre des peuples liberiens et Sierra Leonais a Ouaga. Son premier domicile etait situe sur l’ Avenue du President Saye Zerbo ensuite a la villa des Hautes de la SOCOGIB derrier la MACO ( Maison d’Arret et de Correction de Ouagadougou) avant de se hisser sa luxueuse villa a Ouaga 2000 avec les rebelles Ivoiriens qui revendiquent le pouvoir avec le Pr Alassane Dramane Ouattara aujourd’hui. Combien de temps encore faudra t’il attendre afin que son regime couvert par l’impunite continue de massacrer les pauvres vies burkinabe ? Combien de temps faudra t’il observer ce malin soit disant Grand Mediateur, pardon Manipulateur d’opinion continue de massacrer les vies en Afrique ?

Pour une raison bannale, la securite du regime Compaore croit etre propritaire de la vie au Burkina Faso.

Le dimanche 19 Fevrier, pour une affaire bannale, un membre des forces de police de la troisieme ville du Burkina Faso Koudougou aurait torturé un eleve de la classe de 3eme. Il meurt a l’ Hopital suite a ses blessures. Pour le Gouvernement qui ne connait que la voie de la transformation des faits, l’eleve Justin Zongo serait decede de Méningite sans qu’une autopsie ne determine les causes exactes de sa mort, il est inhumé. Apres on ira donner l’argent sale a la famille et demander d’organiser une journee de pardon inhumain et continuer a propagander Burkina emergent, Blaise le Batisseur pour sauver le regime dictatorial et familial. Aujourd’hui les forces de terreur onf fait 2 autres victimes a Koudougou durant les manifestations entre populations et forces de désordres.

Tous les peuples amoureux de la liberte et de la justice disent assez a la tyrannie en Libye et au Burkina Faso.

Moammar Kaddafi et Blaise Compaore dégagez du pouvoir que vous avez volé au peuple Libyen et Burkinabe.

Non a Kaddafi et Compaore !!

Non a la Tyrannie !!

Non a la Dictature !!

Non a l’oppression !!

Non aux leaders bouchés en Afrique !!

Vive la Democratie

“Blaise Compaore Doit Partir”

“Compaore Doit Partir= CDP”

source : http://www.facebook.com/home.php?sk...


 

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Jeudi 3 mars 2011 4 03 /03 /Mars /2011 22:44

 

Le Jura Libertaire

 

Émeutes au Burkina-Faso


Burkina Faso : Koudougou à feu et à sang 

Cinq tués dans de violentes manifestations après la mort suspecte d’un élève 

Koudougou, la troisième ville du Burkina Faso, à 100 km à l’ouest de Ouagadougou, brûle depuis mardi. Des milliers de jeunes ont affronté jeudi la police. Bilan : cinq manifestants tués, de nombreux blessés graves, les locaux du gouvernorat et une douzaine de véhicules incendiés. À l’origine de cet accès de fièvre subit, la mort dans des conditions troubles, de l’élève Justin Zongo.

 

Situation quasi-insurrectionnelle à Koudougou et ses environs. Jeudi, deux élèves et un policier ont été tués à Poa et à Kindi, alors qu’au même moment les manifestants séquestraient les policiers de Réo, à une dizaine de kilomètres de Koudougou, d’où est parti, mardi, un vaste mouvement de contestation populaire suite à la mort «suspecte», dimanche, de l’élève Justin Zongo. Mercredi déjà, de violentes manifestations avaient opposé les forces de l’ordre à des milliers d’élèves et d’étudiants à Koudougou. Deux manifestants avaient été tués au cours des échauffourées qui ont fait de nombreux blessés de part et d’autre. Selon certains manifestants et des agents de santé, cités par le quotidien L’Observateur Paalga, la police aurait fait usage de balles réelles. Dans leur colère, les manifestants ont incendié une douzaine de véhicules appartenant à la police, à la gendarmerie et au gouvernorat de la région du Centre-Ouest dont ils ont réduit les bureaux en cendres.

Des versions contradictoires

À l’origine de cet accès de fièvre subit, la mort de Justin Zongo, décédé dans des conditions troubles. La famille du défunt, soutenue fortement par la rue, affirme que Justin Zongo a rendu l’âme suite aux sévices corporels que lui aurait fait subir la police. L’infortuné y avait été convoqué fin décembre début janvier, après la plainte déposée contre lui par Aminata Zongo, une de ses camarades de classe, avec qui il avait eu une altercation. La thèse de la bavure policière est formellement rejetée par les autorités locales qui évoquent plutôt la méningite, comme cause de la mort de Justin Zongo.

Dans un communiqué radiodiffusé mercredi, à l’issue de l’hebdomadaire Conseil de ministres, le gouvernement burkinabè a réaffirmé la thèse de la méningite et «condamné fermement ces actes de vandalisme». Il a invité les étudiants au calme et à la retenue tout en promettant que «des enquêtes seront diligentées avec la contribution de toutes les parties afin de situer les responsabilités pour une suite judiciaire». Ces appels au calme n’ont pas été entendus à Koudougou plus qu’ailleurs. L’embrasement a gagné d’autres villes dont notamment Ouagadougou et Ouahigouya, où des élèves ont investi les rues, obligeant le gouvernement à fermer les écoles jusqu’à lundi.

Leur presse (P. Boureima Salouka,
 Afrik.com),  25 février 2011.

Manifestations à Koudougou

La contagion gagne Ouagadougou, Ouahigouya, Poa…

À la suite du décès d’un élève, imputé par ses camarades et sa famille à la police, Koudougou a connu mardi et mercredi 48 heures de manifestations qui se sont soldées par des morts et plusieurs blessés. Hier la tension était retombée dans le chef-lieu de la région du Centre-Ouest (dont le gouvernorat a été incendié) tandis que la contagion semblait gagner d’autres localités du Burkina, dont Ouagadougou, Ouahigouya ou encore Poa, où un élève a été tué.

Deux élèves et un policier morts à Poa et à Kindi

Koudougou s’est réveillée hier jeudi dans une sorte de torpeur, provoquée, entre autres, par le décès de deux manifestants. Comme nous le disions dans notre édition d’hier, le bilan est très lourd. Si un calme précaire règne à Koudougou, la contestation a gagné les autres localités de la province, où des manifestations sont organisées par les scolaires. Des scolaires, touchés par balles réelles tirées par des policiers, sont morts à Poa et à Kindi.

On ne sait vraiment pas ce que les jours à venir nous réserveront, tant la tension est palpable. Les rencontres succèdent aux rencontres à la recherche de la formule magique pour éteindre l’incendie de la contestation scolaire. Les étudiants sont également dans une dynamique de concertation pour faire le point des dégâts dans leurs rangs. Ces dégâts, on s’en doute, sont essentiellement humains. Au niveau du CHR de Koudougou, on a enregistré 30 blessés pour la journée du mardi 22 février et 64 autres pour la journée du mercredi ; soit 94 en deux jours de fronde. Ces blessés sont majoritairement des élèves et des étudiants. Trois étaient dans un état critique et ont été évacués à Ouagadougou.

Comme on le sait déjà, deux manifestants ont trouvé la mort : il s’agit d’Assad Ouédraogo, né le 5 août 1993, élève en classe de 3e au lycée municipal, et d’un autre toujours gardé à la morgue et dont on ignore l’identité. Par ailleurs, parmi les évacués à Ouaga, un étudiant de 1re année d’économie à l’Université de Koudougou aurait succombé. On a appris que deux agents, blessés grièvement, ont été évacués à Ouagadougou. Calme à Koudougou certes, mais les autres localités de la province du Boulkiemdé ont pris le relais. Dans presque toutes les localités, les scolaires sont descendus dans les rues et se sont heurtés aux agents de sécurité.

Là aussi, le bilan est macabre : à Kindi (50 km de Koudougou), un élève du nom de Michel Bouda, 16 ans, de la classe de 4e, a succombé, touché par des balles en plein cœur. Un autre, Bougouma Kuilga, de la classe de 5e, a été blessé à la main et soigné sur place au CSPS de Kindi. En réplique, les élèves ont fait le tour de la ville, saccageant des maisons et brûlant les biens mobiliers et immobiliers des policiers.

Autre point chaud, Poa (25 km de Koudougou) : Là-bas, un écolier du CE2 qui traversait la route pour faire une commission a été touché par des balles et en est mort. Un commerçant de Poa a reçu trois balles au niveau des membres supérieurs et à la poitrine. Le policier qui a tiré a été pourchassé et lynché alors qu’il avait trouvé refuge dans la maison d’un agent de santé. À Réo (15 km de Koudougou), des manifestants ont incendié le commissariat de police et le haut- commissariat.

À Nandiala (25 km de Koudougou) et à Kokologho (55 km de Koudougou), des manifestations ont été organisées avec fort heureusement des bilans moins dramatiques. Espérons que les différentes médiations entreprises par les autorités de la place, les sages de Koudougou et les leaders d’opinion permettront d’éteindre cette crise qui commence à se généraliser et à prendre des proportions inquiétantes. Quand nous tracions ces lignes, la tension n’était pas totalement retombée dans ces localités, surtout à Kindi, où les manifestants étaient toujours dans la rue et se livraient à la destruction de certains biens publics et privés.

Cyrille Zoma

… à Ouagadougou

L’onde de choc

Les élèves de la capitale se sont joints au mouvement de protestation de Koudougou consécutif au décès de Justin Zongo. Hier, jeudi 24 février 2011, plusieurs dizaines de lycéens sont allés réclamer «Justice, vérité et égalité» à leur ministère de tutelle puis au palais de justice.

«Justice», «lumière», «vérité». Ce sont les mots qu’ont écrits à la craie sur le pavé de la cour et une partie de la terrasse du bâtiment abritant le ministère des Enseignements secondaire et supérieur et celui de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation les élèves qui ont envahi l’enceinte de leur ministère de tutelle hier, jeudi 24 février 2011, aux environs de 10 heures.

Auparavant, ils sont passés à la télévision nationale pour tenter de faire passer leur message. Ils sont même parvenus aux portes de l’immeuble abritant le ministère mais n’ont pas pu y pénétrer. Selon le directeur de la Communication et de la Presse ministérielle (DCPM) du ministère des Enseignements secondaire et supérieur, Aboubacar Sy, que nous avons joint au téléphone, les lycéens ont exigé de voir les ministres.

Ces derniers étant en réunion en ville, il aurait proposé aux manifestants de rencontrer leurs représentants en vue de recueillir leurs revendications afin de les transmettre à qui de droit. La désignation de ces représentants aurait été finalement réfutée par la foule réclamait haut et fort : «Vérité et justice». Les lycéens ont ensuite quitté le ministère pour prendre la direction du palais de justice.

Lorsque nous les avons rejoints sur l’avenue Kwame-N’Krumah à la devanture du palais, nous avons été littéralement assailli, chacun voulant placer un mot ou sa phrase choc. «Il faut l’écrire dans votre journal : si justice n’est pas rendue, nous allons nous rendre justice nous-mêmes», crie l’un d’entre eux. «Si la justice ne fait pas bien son travail, nous allons passer d’un État de droit à un État d’exception», renchérit un autre. Aux autorités administratives de la région du Centre-Ouest, les élèves entendent donner une leçon de biologie : «On n’a jamais vu la méningite en février. S’ils n’ont pas fait la 3e, qu’ils viennent nous voir nous leur expliquerons comment se manifeste la méningite.»

À vue d’œil, les manifestants venaient de différents établissements de la capitale, car rien qu’à regarder les uniformes, on pouvait distinguer, entre autres, des élèves du lycée technique de Ouagadougou (LTO), du lycée Philippe-Zinda-Kaboré (LPZK), et du lycée Bogodogo. «La lutte continue tant que justice n’est pas faite !», criaient-ils en quittant les lieux. Ambiance.

Hyacinthe Sanou

… à Ouahigouya

Des élèves dans la rue

Les élèves des différents établissements secondaires de la ville de Ouahigouya ont déserté les classes la matinée du jeudi 24 février 2011 pour demander des éclaircissements sur les circonstances du décès de leur camarade Justin Zongo à Koudougou et celui des deux étudiants de la même ville. Ils exigent également la libération des élèves incarcérés par suite des différentes manifestations à Koudougou.

 

Rassemblés à la place de la nation, les frondeurs ont multiplié les va-et-vient entre la résidence du gouverneur de la région du Nord, le siège du conseil régional, la direction régionale de la police nationale, le commissariat central et la mairie de Ouahigouya. Multipliant les slogans liberté et justice, les jets de pierres, brûlant par–ci par-là des pneus sur certaines chaussées, les élèves ont fait le «chaud» une heure durant sans être inquiétés par les forces de sécurité.

Après avoir cassé les vitres de la guérite du conseil régional, certains se sont introduits dans l’enceinte de la direction régionale de la police du Nord, où ils ont essayé de défoncer les fenêtres du bâtiment principal, pendant que d’autres cassaient les ampoules et brûlaient des pneus devant et à l’intérieur. Un chauffeur de l’Administration conduisant un véhicule fond rouge, qui a voulu se frayer un passage dans la foule, a vu briser les vitres de son véhicule. Acculée, la police a dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogène.

Après cette sortie, la police s’est repliée, les laissant faire le pied de grue à la résidence du gouverneur puis devant le commissariat central. Ils sont revenus aux environs de 11 heures contraindre les commerçants en face de la place de la Nation à fermer boutique avant de se disperser. Il faut signaler que cette manifestation des élèves a fortement perturbé la cérémonie d’ouverture de l’atelier de validation du rapport provisoire du plan stratégique décennal de modernisation de l’État et de son premier plan d’action.

La cérémonie d’ouverture, qui était prévue pour 8h30 à la salle de conférences du conseil régional du Nord, n’a pu se tenir. Les autorités ont préféré éviter la confrontation en ne se présentant pas à la cérémonie. C’est finalement aux environs de 13 heures que le ministre Soungalo Ouattara est arrivé sur les lieux de la rencontre. Aux dernières nouvelles, les autorités locales auraient rencontré les responsables des élèves afin de calmer les esprits.

Emery Albert Ouédraogo 
Leur presse (L’Observateur Paalga), 24 février

AfricaFistZm

Pour info, rappelons les conditions dans lesquelles le sinistre Compaoré est arrivé au pouvoir : http://www.thomassankara.net/spip.php?article679
On y retrouvera un personnage qui fait la Une de l'actualité en ce moment. Un héroïque "anti-impérialiste" victime d'un complot monarchiste Al-Qaida US... dixit une certaine gauche "radicale".

SANKARA, A JAMAIS INVAINCU !
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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Afrique
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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 22:31

 

Depuis quelques semaines, le monde, les yeux tournés vers la Tempête arabe et en particulier l'Afrique du Nord, a quelque peu oublié le "Grand Jeu" impérialiste qui se déroule à l'Ouest du continent.

Tandis que Kadhafi, l'"anti-impérialiste" traître et assassin du révolutionnaire Sankara et parrain des hordes de Charles Taylor qui ont ravagé la région, vacille mais s'accroche ; les milices des "Forces nouvelles", précisément parrainées par Compaoré le satrape de Ouagadougou (successeur et assassin de Sankara) et renforcées de soldats perdus libériens de Taylor, sont passé à l'offensive pour chasser l'indocile Gbagbo et imposer l'homme de paille de la Françafrique, du FMI et désormais des Américains, Ouattara, sur le trône.

D'ores et déjà les réfugiés fuient en masse pour sauver leur vie des pillards égorgeurs du "Premier ministre" Soro-Tschombé...

 

Source

Les rebelles disent marcher vers le Sud de la Côte d'Ivoire

Les Forces nouvelles, qui soutiennent Alassane Ouattara et contrôlent le nord de la Côte d'Ivoire, ont pris vendredi la ville occidentale de Zouan-Hounien aux forces fidèles à Laurent Gbagbo et ont dit se diriger vers le sud.

Des partisans de Laurent Gbagbo, qui s'accroche au pouvoir en contestant la victoire d'Alassane Ouattara à l'élection présidentielle du 28 novembre, ont confirmé la chute de Zouan-Hounien et annoncé qu'ils combattraient pour reprendre la ville.

"Nous sommes en cours de réorganisation", a déclaré par téléphone à Reuters Yao Yao, chef des opérations du Front pour la Libération du Grand Ouest, une milice pro-Gbagbo.

Petite ville reculée, Zouan-Hounien se trouve non loin de la frontière avec le Liberia, à l'écart des axes stratégiques, mais les affrontements qui s'y sont déroulés marquent une nouvelle escalade après une semaine de violences croissantes.

Ouattara Seydou, porte-parole des rebelles, a déclaré que les Forces nouvelles avaient été la cible d'une attaque provenant de Zouan-Hounien et qu'elles se dirigeaient vers le sud, en direction d'une autre ville aux mains de partisans de Gbagbo.

La Côte d'Ivoire risque de replonger dans une guerre civile alimentée par des antagonismes ethniques après l'élection de novembre.

Ouattara a été déclaré vainqueur de la présidentielle par la commission électorale indépendante, mais le résultat, validé par les Nations unies, a été annulé par le Conseil constitutionnel, dirigé par un pro-Gbagbo.

La crise a déjà fait plus de 300 morts et poussé le prix du cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, à son plus haut niveau depuis 30 ans.

Plus de 80.000 personnes ont fui leurs foyers, dont la moitié vers le Liberia voisin, selon l'Onu.

Aux Nations unies, le secrétaire général, Ban Ki-moon, a déclaré que les affrontements mettaient la Côte d'Ivoire au bord de la guerre civile et il a invité toutes les parties à faire preuve d'un "maximum de retenue".

Dans une déclaration transmise par son porte-parole, Ban a aussi exhorté le camp de Gbagbo à cesser de bloquer et de menacer les casques bleus de l'Onu.

A Abidjan, capitale économique du pays, des fusillades et explosions ont retenti dans la nuit de jeudi à vendredi dans le quartier d'Abobo, théâtre d'affrontements depuis mardi entre partisans de Gbabgo et de Ouattara.

La presse locale rapporte que de mystérieux insurgés qu'elle baptise les "commandos invisibles" se sont soulevés contre le président sortant.

"Des tirs ont retenti partout cette nuit. Il y avait des tirs d'armes lourdes. Nous n'avons pas dormi une minute", a déclaré Souala Tiemoko. "Ce matin, les rues étaient remplies de gens qui essayaient de partir. Ils vont dans les autres quartiers ou dans les villages."

Par centaines, portant sacs ou valises, des habitants marchent le long de la route qui permet de quitter Abobo, un quartier d'environ 250.000 habitants, a constaté un correspondant de Reuters.

Le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello, a déclaré que les insurgés d'Abobo étaient des rebelles du Nord mais le gouvernement parallèle de Ouattara, reclus dans l'hôtel du Golf à Abidjan sous la protection de casques bleus de l'Onu, assure qu'il s'agit de civils qui ont décidé de prendre les armes contre Gbagbo ou de soldats ayant fait défection.

Dans d'autres quartiers d'Abidjan, des membres des "Jeunes Patriotes", pro-Gbagbo, ont érigé des barricades et mis le feu à des autobus et à des taxis en réponse à un appel de leur chef, Charles Blé Goudé, qui les a invités à créer des unités "d'autodéfense", pour se protéger contre les rebelles.

Des habitants de Yamoussoukro, la capitale, ont aussi fait état de tirs au cours de la nuit.

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a dit avoir des informations selon lesquelles le nombre de personnes franchissant la frontière avec le Liberia était passé d'une centaine par jour à 5.000 depuis les récents affrontements dans l'ouest du pays.

Avec Ange Aboa, Luc Gnago et Tim Cocks, Lou Charbonneau aux Nations unies; Jean-Stéphane Brosse et Nicole Dupont pour le service français

Par Reuters

http://s2.lemde.fr/image/2011/02/24/540x270/1484946_3_c0c7_photo-prise-apres-des-affrontements-a-abidjan.jpg

 

Ah tiens : voilà que le satrape françafricain de première SASSOU N'GUESSO, laquais de TOTAL, reconnaît la présidence de Ouattara... La "légitimité démocratique" a de ces amis...

 

 

 

Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Afrique
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Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 21:37

 

Survie France

 

[Notes de Servir le Peuple] - Les passages soulignés le sont par SLP.

 

Qu’on ne s’y trompe pas, les victimes de cette élection ne sont pas à chercher du côté des candidats. Tout porte à croire que chaque camp préparait depuis longtemps le troisième tour. Celui dans lequel s’opposent actuellement Gbagbo et la « communauté internationale ».

Mais c’est bien la population ivoirienne, à qui l’on servait depuis 2007, que la présidentielle allait clore la crise, qui se retrouve otage d’une situation politique binaire et violente. Les positions sont tranchées et les moyens mis en avant extrémistes.

De Marcoussis aux isoloirs, huit ans de statu-quo militaire, de tensions toujours entretenues, de régression sociale et de marginalisation de la société civile. Huit ans ponctués d’accords politiques de dupes, de reconduction des contrats aux Bouygues et Bolloré. Huit ans dont le bilan le plus marquant est celui des exactions. Celles des rebelles, celles des milices et paramilitaires loyalistes, ou celles des soldats français.

On se souvient de Michel de Bonnecorse, conseiller de Chirac pour l’Afrique, sortant, en janvier 2007, d’une audience avec Blaise Compaoré, le président burkinabé. C’était quelques semaines avant les accords de Ouaga qui firent du leader rebelle, Guillaume Soro, le premier ministre de Gbagbo [ça alors !]. Bonnecorse annonçait (Billets n°157) un règlement de la crise seulement à l’issue des élections : « Le but des pays raisonnables est qu’il y ait des élections libres et honnêtes en octobre, ce qui donnera un président légitime qui sera soit élu, soit réélu, et c’est à ce président de mettre un terme à cette crise. »

Il sous-entendait des élections sans réunification du pays et sans désarmement des rebelles. Au lendemain des accords de Ouaga, la rumeur annonçait Gbagbo tranquille jusqu’en 2010. Bonnecorse et la rumeur ont eu raison. Dans son communiqué de presse du 23 décembre, « Côte d’Ivoire : la France pyromane ne doit pas jouer au pompier », Survie constatait donc la « responsabilité de la diplomatie française dans l’impasse » actuelle. Rappelant plus particulièrement la tuerie de novembre 2004, l’association Survie réclamait de la France « le retrait de son opération militaire au profit de troupes internationales sous commandement onusien.  » [Illusion totale de Survie sur la nature impérialiste de l'ONU]

Par ailleurs, le descriptif du Programme d’appui au processus électoral impulsé par l’UE au travers du PNUD annonçait : « Pour les prochaines échéances électorales, il est à prévoir que le problème de confiance se posera avec une acuité encore plus grande et exigera le recours à des pouvoirs décisionnels exceptionnels pour contrecarrer l’incapacité d’atteindre des consensus politiques en temps utile. »

De 2006 à aujourd’hui, deux programmes se sont succédé, au bénéfice principalement de la Commission électorale Indépendante (CEI) pour des montants de 58 et 75 millions de dollars. Les organisations de la société civile en ont aussi bénéficié, dans une moindre mesure.

La résurrection du vieux parti d’Houphouët-Boigny ?

Fin 2010, c’est enfin l’heure du vote pour les Ivoiriens. Le premier tour a vu la mise à la retraite de l’ancien président Henri Konan Bédié, héritier du vieux parti unique (PDCI) d’Houphouët- Boigny.

L’entre-deux tours a vu la réactivation de l’accord politique scellé à Paris en 2005 réconciliant Ouattara et Bédié pour défaire Gbagbo au second tour. Oublié, le fait que le second instrumentalisa l’ivoirité, dans les années 1990, pour écarter le premier de l’arène politique. Le PDCI et le RDR de Ouattara, né d’une scission PDCI, se retrouvent artificiellement réunis au sein du nouveau parti Houphouëtiste, le RHDP.

Commission électorale non indépendante contre Conseil constitutionnel aux ordres

La composition de la CEI a été fixée par l’accord de Pretoria de 2005, qui se réfère aux signataires de l’accord de Linas-Marcoussis. Ces derniers accords rassemblaient trois mouvements rebelles – qui rapidement n’en firent plus qu’un –, quatre partis aujourd’hui rassemblés au sein du RHDP, le FPI de Gbagbo, et deux partis plus ou moins associés à Gbagbo. Compte tenu de son alliance réussie avec les rebelles et les Houphouëtistes, la CEI est très majoritairement favorable à Ouattara. Pour compenser sa composition partisane, les décisions de la CEI doivent être prises par consensus. Début 2010, Gbagbo avait obtenu la démission de la CEI après des manoeuvres douteuses de son président lors de la constitution des listes électorales. Le camp présidentiel avait tenté en vain de changer la distribution des cartes. À peine évoquée, l’idée d’y faire entrer la société civile avait avorté.

En revanche, le Conseil constitutionnel, calqué sur le modèle français, est contrôlé par le camp Gbagbo. Le scénario qui a mené au bicéphalisme actuel est le suivant : alléguant des fraudes, les membres de la CEI favorables à Gbagbo ont bloqué tout consensus sur les résultats du second tour. Le porte-parole de la CEI – issu des rebelles – tenta de passer outre et voulu annoncer des résultats régionaux. Devant les caméras, il en fut empêché par deux autres membres. Après trois jours de blocage, le Conseil constitutionnel prit le dossier en main. Avant que ce dernier ne se prononce, Youssouf Bakayoko, le président de la CEI, se rendit à l’hôtel du Golf, d’où il déclara Ouattara vainqueur. Le lendemain, le Conseil constitutionnel invalida le scrutin dans sept départements et déclara Gbagbo vainqueur.

La question de la fraude

Les chiffres de la participation ont alimenté les soupçons de gonflement des suffrages. La bonne participation annoncée le jour du vote (estimée entre 65% et 70%) est devenu excellente quelques jours plus tard avec les chiffres de la CEI (84% au premier tour, 81% au second). Six départements auraient connu un bond de participation entre les deux tours de 6 à 9,5 points, atteignant de 87% à 94% de participation au second tour. Tous ces départements, contrôlés par les rebelles, ont accordé leurs faveurs à Ouattara. Dans son rapport sur le second tour, la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI) a regretté de ne pas pouvoir confronter ses données avec les procès verbaux recueillis par la CEI. Pour aller dans ce sens, il faut noter que la confrontation des données régionales ou nationales est insuffisante. Dans le même ordre d’idée, le nombre d’observateurs (100 observateur de l’UE, 1000 de la CSCI) devrait être accompagné de leur répartition sur le territoire, surtout dans le cas ivoirien. On sait par exemple que les renforts militaires de l’ONUCI, arrivés du Libéria pour les élections, se sont concentrés dans les zones où la mixité ethnique est la plus forte : Abidjan, Bouaké et les régions de l’ouest et du centre-ouest.

La « République du Golf »

Depuis les accords de Marcoussis, l’hôtel du Golf, où résident les ministres issus de la rébellion, est sécurisé par les casques bleus. Lorsque Bakayoko s’y rend, Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara, Guillaume Soro, le représentant du secrétaire général de l’ONU et les ambassadeurs français et américain s’y trouvent déjà. Ces derniers lui promettent protection jusqu’à l’aéroport, en échange de la proclamation de résultats. Bakayoko annonce la victoire de Ouattara devant les caméras occidentales avant de s’envoler pour Paris.

Depuis, Ouattara et Soro vivent dans l’hôtel, véritable enclave sous protection de l’ONUCI et des militaires rebelles. Leur stratégie pour obtenir le départ de Gbagbo a connu trois phases. La première fut l’appel à leur partisans avec, le 16 décembre, un mot d’ordre lancé pour « libérer la RTI [Radio Télévision ivoirienne]  », qui s’est transformé en mot d’ordre de grève – peu suivi, sauf dans les transports. La seconde est la demande aux institutions internationales de geler les comptes de l’État ivoirien, de sanctionner l’entourage de Gbagbo et de ne plus reconnaître les ambassadeurs nommés par Gbagbo. Et finalement, l’appel à une intervention militaire étrangère pour déloger Gbagbo.

La mobilisation des jeunes patriotes

On note dans le gouvernement de Gbagbo la présence de Charles Blé Goudé, le « général » auto-proclamé des « jeunes patriotes ». Blé Goudé organise des meetings dans certains quartiers d’Abidjan pour mobiliser contre Ouattara, Soro, l’ONUCI, Licorne. Sans appeler directement à la violence, il dérape volontiers, annonçant un génocide à venir perpétré par les « forces impartiales », appelant des manifestations « à mains nues » à déloger par tous les moyens Soro, ses rebelles de la « République du Golf » et les « forces impartiales ».

Il appelle en même temps à ne pas s’en prendre aux résidents français, ni à leurs entreprises. Blé Goudé espère montrer, en mobilisant les foules, que Gbagbo est indélogeable.

Les deux visages d’Abidjan

Il existe actuellement deux visages d’Abidjan. La capitale ivoirienne est fortement divisée, comme le montrent les chiffres acceptés par les deux parties, même s’ils sont légèrement à l’avantage de Gbagbo avec 52% des suffrages exprimés et 83% de participation au second tour. D’une part, les quartiers huppés et une partie des quartiers populaires ont majoritairement voté Gbagbo [L'ascension de Gbagbo, comme l'émergence du "bolivarisme" en Amérique du Sud ou de l'AKP en Turquie, est liée à l'émergence d'une nouvelle bourgeoisie voulant un "capitalisme national indépendant". Mais il ne faut pas oublier que cette bourgeoisie représente au maximum 5% de la population d'Abidjan ! L'assise de Gbagbo est largement populaire (et désethnicisée)]. Les autres sont, depuis la manifestation du 16 décembre, sous l’étroite surveillance des « corps habillés » – policiers, gendarmes, paramilitaires... – restés fidèles à Gbagbo. La journée du 16 a enregistré entre vingt et trente morts selon les deux camps. À en croire l’ONU, un mois après le second tour, le bilan serait proche de 173 morts, principalement parmi les partisans de Ouattara. La peur règne dans les quartiers Dioulas. Des informations inquiétantes circulent, faisant état de barrages tenus par des paramilitaires anglophones, d’enlèvements de nuit. Le 19 décembre, un charnier aurait été découvert près d’Abidjan. L’ONU n’a pas encore pu se rendre sur place.

Soro et Choi, le représentant de l’ONU, évoquent des escadrons de la mort à la solde de Gbagbo, des mercenaires angolais, libériens ou sierra-léonais. Le diplomate français, Alain Le Roy, chef du département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, a confirmé la présence de mercenaires libériens.

Retour à la case CPI ?

Comme en 2003, la possibilité de traduire Gbagbo et son entourage devant la justice internationale est évoquée. La liste des crimes impunis en Côte d’Ivoire est longue, tant de la part des loyalistes que des rebelles. Mais jusqu’ici les menaces d’inculpation sont restées au stade du chantage diplomatique.

Début 2003, les médias français se sont fait l’écho d’une enquête en cours liant l’entourage du président ivoirien aux escadrons de la mort qui sévissait à Abidjan (Billets n°113). Elle est toujours restée à l’état d’enquête ouverte et ne s’est jamais concrétisée par une inculpation. Il s’agit manifestement d’un dossier qu’on gardait sous le coude... Le Monde et Paris- Match ont été condamnés pour avoir lié la présidence ivoirienne aux escadrons de la mort. La mouvance rebelle proche d’Ibrahim Coulibaly (surnommé « IB », ancien garde du corps de la famille de Ouattara, mêlé au renversement de Bédié en 1999 et présenté en 2002 comme le parrain de la rébellion) avait constitué un dossier sur les crimes du régime Gbagbo, mais pendant l’été 2003, elle avait été mise hors jeu, suite à l’arrestation d’IB par la DST à Paris, après une enquête du juge Bruguière (Billets n°188).

C’est à ce moment que Soro a vraiment pris les rênes de la rébellion, que le chemin de fer ivoiro-burkinabé exploité par Bolloré a pu à nouveau circuler. C’est aussi à cette période que l’État ivoirien a renoué avec le grand patronat français. En mai 2008, Gbagbo pouvait déclarer « il faut quand même que les gens sachent que dans tous les grands choix que nous avons opérés, ce sont les entreprises françaises que nous avons choisies » [Survie oublie ici qu'à cette date, comme d'ailleurs sans interruption depuis 2005 (et dans les premiers mois de 2003, après Marcoussis), Gbagbo a toujours cohabité avec des gouvernements très largement composés d'opposants : PDCI, RDR, Forces "nouvelles", avec SORO lui-même comme Premier ministre depuis 2007*... Imposer cette "cohabitation" à Gbagbo était le but de la guerre !].

*D'ailleurs ces manifestants contre les prix de l'alimentaire, en 2008, ne se trompaient pas d'interlocuteur...

Impatience française

Pour le Grigri International (24 décembre), « Aurore Bergé, ambitieuse candidate en 2008 à la direction des Jeunes populaires de l’UMP » est la première à annoncer une victoire de Ouattara, le lendemain du second tour. Deux jours plus tard, le site d’information Euronews affichait un bandeau annonçant la victoire du même Ouattara, avant de s’excuser, invoquant un « problème technique » – (sic) [ouppps ! même...]. Mais dès la nuit du second tour, le journaliste Jean-Paul Ney annonçait sur son site (LesGrandesOreilles) la victoire de Ouattara en accumulant des faits grossièrement faux : « Le couvrefeu n’est plus respecté par les gens qui dansent dans les rues », « le mouvement militaro-civil pour la libération du peuple (MCLP) menace de faire sauter le président sortant », « À Paris, une source de la DGSE confirme la victoire sans appel de Ouattara ».

L’audiovisuel français tape d’ailleurs fort en matière de désinformation. Sur France 5 les téléspectateurs ont appris qu’en 2000, c’est Gbagbo qui a surfé sur l’ivoirité pour évincer Alassane Ouattara (C dans l’air, 06 décembre). Antoine Glaser, dans une grande confusion, met tout sur le dos de Gbagbo sur France Inter « [Gbagbo] est arrivé au pouvoir en ayant écarté Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Et finalement les socialistes à l’époque quand Henri Konan Bédié a [subi] le coup d’état, on était en cohabitation, Jacques Chirac à l’époque avec le conseiller Michel Dupuech, ils étaient pour remettre Bédié au pouvoir. Les socialistes ont dit non, il y a notre camarade Laurent Gbagbo qui peut quand même arriver » N’oublions pas enfin Michèle Alliot- Marie (Europe 1, 1er décembre) : « La Côte d’Ivoire a toujours été un modèle de démocratie en Afrique ».

Sanctions

Il existe un groupe d’experts nommé par l’ONU dont nous avons salué le travail à plusieurs reprises (Billets n°192). Son rôle est de contrôler l’efficacité de l’embargo sur les armes et de rapporter les infractions relevant du comité des sanctions. On s’étonne que son rôle n’ait pas été mis en avant à l’heure où tombent de nouvelles sanctions. Il a sans doute le tort d’avoir mené son travail en zone rebelle aussi bien qu’en zone gouvernementale. C’est sans doute pour cette raison que son rapport annuel, qui aurait dû être publié mi-octobre, est inaccessible ! Notons que parmi la soixantaine de personnes sous le coup de sanctions de la part de l’UE figure l’ex-légionnaire Frédéric Lafont (Billets n°196).

Offensive sarko-américaine

Devançant l’Élysée, l’administration américaine a été la première à soutenir le « nouveau président » Ouattara. L’offensive diplomatique américaine contre Gbagbo éclaire d’un jour nouveau deux incidents relevés précédemment (Billets n°195) : l’interdiction faite au président du FPI de se rendre aux États-Unis cet été et l’arrestation d’un militaire envoyé par le gouvernement ivoirien pour acheter du matériel de maintien de l’ordre peu avant les élections. Le duo franco-américain à l’ONU s’est dans un premier temps heurté à la Russie avant que celle-ci accepte la position occidentale.

L’Union africaine s’est alignée tandis que la CEDEAO, emmenée par le Nigérian Jonathan Goodluck, prenait les devant, menaçant très tôt Gbagbo d’un recours à la force. Le téléphone a bien fonctionné entre Obama, Sarkozy et Goodluck.

Dès le 8 décembre, donc moins d’une semaine après la dispute électorale, Soro déclarait au Parisien : « J’espère pouvoir compter sur la capacité de tous les défenseurs de la démocratie, des Africains comme de la communauté internationale, pour imposer à Gbagbo de céder le pouvoir comme hier les Etats-Unis l’ont fait avec Charles Taylor au Liberia. » Soro a retrouvé sa hargne du début de la rébellion, celle qui laissait deviner qu’il s’appuyait sur de puissants appuis.

Cet appel fait froid dans le dos à plus d’un titre. L’Ecomog – l’armée nigériane sous couvert de la CEDEAO – avait été envoyée combattre Charles Taylor et c’est bien ce dont on menace aussi Gbagbo. Mais cette force et ses nombreuses exactions sont de sinistre mémoire. Elle fut totalement inefficace. Assez ironiquement, la rébellion ivoirienne dont Soro est le leader avait reçu le soutien du criminel de guerre Charles Taylor. Ce sont finalement des milices libériennes, appuyées par les États-Unis et, régionalement par Gbagbo, qui renversèrent Taylor. Quant au Sierra Leone, l’Ecomog n’y a pas évité l’intervention britannique. Si le Nigeria intervenait en Côte d’Ivoire, ce serait le signe d’un tournant stratégique considérable.

Le consentement de l’Élysée pour cette solution, serait un nouveau signe de la proximité de vue entre le locataire de l’Élysée et la diplomatie américaine. Certains réseaux français verraient d’un très mauvais oeil une intervention anglo-saxonne lourde en Françafrique [s'exprimant sans doute par la voix de Probst, Evanno, Dumas etc.].

Du point de vue régional, le tandem Foccart-Houphouët avait donné à la Côte d’Ivoire un rôle de pivot de l’impérialisme français dans l’aire ouest-africaine face au géant nigérian. Cette rivalité avait atteint son paroxysme avec la guerre du Biafra et dans une moindre mesure la guerre du Libéria.

Au moment de l’arrivée annoncée d’un bâtiment militaire néerlandais à la demande des autorités françaises (RNW, 22 décembre), on lit dans un télégramme de la diplomatie américaine que les Néerlandais sont un allié très important en Europe qui « envisage d’accroître sa présence militaire en Afrique », particulièrement, mais pas seulement, en Côte d’Ivoire.

Mi-décembre, le premier ministre kenyan suggérait de déloger Gbagbo par la force. Deux semaines plus tard, l’UA lui demande d’assumer ses propos et « d’assurer le suivi de la situation en Côte d’Ivoire et de renforcer les chances de succès des efforts en cours » !

 

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Afrique
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