La thèse du CAPITALISME BUREAUCRATIQUE dans les pays dominés (semi-féodaux et
semi-coloniaux) est une thèse maoïste incontestable et incontestée, et personne parmi ceux
que d’aucun-e-s qualifient de ‘centristes’ ne l’a jamais remise en question. Le PROBLÈME est l’utilisation qui en est faite, par certains groupes s’affirmant ‘maoïstes’, pour qualifier (abusivement) certains types de gouvernements
du ‘tiers-monde’ de ‘fascistes’, car ils représenteraient (et ‘restructureraient’) ce capitalisme bureaucratique. Une thèse dangereuse, car rien
n’est plus dangereux – pour des communistes – que de montrer du doigt le ‘fascisme’ là où il n’est pas ; et d’autant plus regrettable qu’elle est partagée par des gens conséquents, comme le
mouvement maoïste brésilien autour d’A Nova Democracia, du MEPR, du CEBRASPO etc.



Visuel du PC d’Équateur ‘Comité
de Reconstruction’… et propagande anti-chaviste d’ultra-droite : où est la différence ?
Cependant, une compréhension sérieuse de la thèse du capitalisme bureaucratique elle-même permet, très facilement, des démonter ces affirmations fumeuses et irresponsables.
- Le capitalisme bureaucratique est une forme de 'capitalisme par en haut', étroitement
associé à l'appareil d’État et appuyé sur le 'fond féodal' de la société d’un pays arriéré-dominé, qui émerge à un certain stade de pénétration des
monopoles impérialistes dans le pays en question. Typiquement, en Chine où il a été caractérisé pour la première fois par Mao Zedong, ce fut sous le régime de Tchang Kaï-chek (1926-49) ; en Inde, sous Nehru (1947-64) ; en Iran, sous les Pahlavi (1925-79) ; dans la plupart des pays d'Amérique latine (sous
divers régimes, souvent dits ‘développementistes’), entre les années 1920 et 1960 ; dans les pays arabes, sous les régimes ‘à la Nasser’ des années 1950-80 et – déjà – sous les régimes
(souvent monarchiques) précédents, etc. etc. Visant la mobilisation de masse au service de la production, ce capitalisme bureaucratique se donne
parfois des airs ‘nationalistes’ et ‘populistes’, d’autant plus qu’il
apparaît souvent dans un contexte de lutte anticoloniale (ou plutôt, le contraire : la lutte anticoloniale se développe rapidement à cause de
lui), et qu’il faut ‘donner le change’. Il revêt souvent un caractère MONOPOLISTE ou ‘oligopoliste’, car il apparaît à un stade où se renforce la division internationale du travail, et donc la spécialisation productive des pays dominés sur une ou quelques
marchandises : pétrole ou gaz ici, tel ou tel métal là, production agro-alimentaire ou pierres précieuses, etc.
- Dès lors, il y a une bourgeoisie/oligarchie/‘caste’ bureaucratique (cela dépend du niveau des forces productives du pays).
- MAIS, aucune classe (comme l'explique brillamment le Manifeste Programme du (n)PCI) n'étant 'imperméable', 'insensible' au mouvement des autres, il va FORCÉMENT, à un moment donné, émerger dans cette bourgeoisie bureaucratique, comme d'ailleurs dans les autres
classes possédantes (compradore, latifundiste et bourgeoisie nationale), une 'GAUCHE', une fraction
pensant qu'il faut
'tout changer pour que l'essentiel ne change pas', qu'il faut faire des réformes, des concessions pour sauver l'essentiel - sa position dominante. Cela existe de la même manière dans les pays impérialistes, et cela s'appelle du RÉFORMISME, pas du fascisme.
Ce phénomène est favorisé par les périodes de développement des forces productives qui font émerger, dans tous les 'secteurs' (bureaucratique, compradore, propriétaire terrien et 'national') de
'nouvelles couches', des 'modernes' comprenant qu'il n'est plus possible de gouverner les masses 'comme avant'.
- Souvent, dans des pays structurellement soumis au capital impérialiste étranger, mener cette politique de réformes/concessions peut impliquer de CHANGER D'ALIGNEMENT géopolitique,de 'changer de
bloc' ou de puissance tutélaire (typiquement, des États-Unis vers l'URSS pendant la Guerre froide), ou de 'diversifier' ses 'partenaires'/tuteurs pour essayer d'en 'dégager' un peu d'autonomie.
Globalement, tout puissance impérialiste (ou expansionniste régionale) sera ravie de nuire ainsi à ses concurrentes, même si elle n'y est pas 'gagnante' au sens sonnant et trébuchant (exemple
type : l'URSS avec Cuba, ou plus près de nous la Russie, la Chine et dans une certaine mesure l'Europe avec le Venezuela).
C'est ce qui s'est
produit au Venezuela : en 1998, le vieux
système puntofijiste, qui gérait le capitalisme bureaucratique depuis 40 ans,
était usé jusqu’à la corde et à bout de souffle, incapable de faire face à l’agitation populaire (situation assez proche, finalement, de celle du Chili en 1970). Une fraction ‘pragmatique’ de
l’oligarchie dominante a alors effectué un ‘repli tactique’ et ‘ouvert les portes’ à un petit lieutenant-colonel, un zambo (métis) d’origine paysanne modeste… condamné quelques années auparavant pour tentative de coup d’État ‘de gauche’, et donnant (alors) de sérieux gages de
modération (un discours, globalement, 'à la Lula'). La suite des évènements est suffisamment connue pour ne pas la retracer ici,
pour la centième fois, dans les détails :
‘emballement’ des concessions sociales et démocratiques pour pouvoir ‘chevaucher’ et maîtriser l’agitation des masses, et (l’un se nourrissant de l’autre) contre-attaques rageuses de la
vieille oligarchie (la DROITE de la grande bourgeoisie bureaucratique), principalement concentrée dans le monopole pétrolier PDVSA et dans
la Fedecamaras (Medef local), avec sa presse aux ordres, contre ‘l’intrus’ ; ceci débouchant sur la tentative de coup d’État d’avril 2002 (le ‘Parisot’ local prenant le pouvoir), soutenue
par l’administration Bush de Washington et déjouée par
la mobilisation des masses ; radicalisation encore plus grande de Chavez et de ses partisans contre l’oligarchie (qui poursuit le bras-de-fer jusqu’encore aujourd’hui), l’impérialisme US et
ses proches alliés (notamment la Colombie voisine) ; proclamation du ‘socialisme du 21e siècle’ ; tissage d’alliances avec tout ce que la planète compte d’hostile ou de rétif
à l’hégémonie US (Russie, Chine, Iran, bourgeoisie arabe antisioniste, Syrie, Libye, guérillas colombiennes, fractions des bourgeoisies européennes etc.) ; mobilisation et (tenant compte de
la tragédie chilienne de 1973) tentative d’armement des masses contre les menées de la droite, etc. etc. Depuis, cependant,
faute… d’être une véritable révolution, le ‘processus’ s’est essoufflé, la condition des masses s’est dégradée et le soutien populaire à Chavez
(face aux ‘candidats uniques’ du vieux puntofijisme, présentés à chaque élection) s’est effrité (son successeur, Maduro, ne l’a emporté que d’une
très courte tête) ; le bloc impérialiste US et l’oligarchie locale ont un peu ‘lâché l’affaire’ et ‘jouent le pourrissement’ ; un rapprochement s’est amorcé avec le (totalement
fasciste, pour le coup !) voisin colombien et des militants révolutionnaires réfugiés au Venezuela ont été livrés (après que Chavez se soit fait ‘choper’ pour son soutien aux guérillas, avec
la saisie de l’ordinateur d’un dirigeant guérillero tué dans une opération militaire) ; une partie des cadres du ‘chavisme’ a formé une nouvelle caste privilégiée et exploiteuse, la
‘boli-bourgeoisie’. En Bolivie et en Équateur, ce sont carrément des présidents qui ont
‘valsé’ à la chaîne devant les explosions de colère des masses (ingouvernabilité totale), ouvrant à un ‘vieux’ syndicaliste paysan indigène et à un
économiste ‘de gauche’ inconnu les portes du pouvoir ; les évènements ont ensuite suivi un déroulement assez similaire. Ailleurs, les oligarchies ont du ‘ouvrir les portes’ à des leaders
plus
modérés, mais néanmoins réformistes. En réalité, l’Amérique latine a ‘vomi’ la ‘potion’ ‘néolibérale’ qui lui a été
administrée, dans les années 1980-90, par la domination impérialiste US, après (et déjà pendant) les grandes dictatures / guerres d’extermination des années 1960-80. Aujourd’hui, même les
opposants aux régimes ‘bolivariens’ se veulent ‘sociaux-libéraux’, ‘proches d’un Lula’, pour un ‘capitalisme intégrant le facteur humain’ ; tandis que les régimes en question se sont
eux-mêmes considérablement ‘recentrés’,
‘face aux réalités’. Le capitalisme bureaucratique de ces pays s’est, oui, dans un sens, ‘restructuré’. Pour autant, dans l’enthousiasme de la ‘rupture’ et la résistance aux menées réactionnaires, les masses ont écrit une page d’histoire qui ne s’effacera pas, elles ont été à une école de révolution . Quelque part, pour dire
les choses clairement : Chavez himself, son idéologie, ses amitiés internationales, ses élucubrations dominicales de 14 heures non-stop, on s’en
brosse le cul ! Ce qui nous intéresse, ce sont les masses vénézuéliennes, et celles-ci ont démontré, le 13 avril 2002, que les masses font et peuvent tout : déjouer un coup d’État made in US en Amérique latine, c’était tout simplement du jamais vu ! Si les PC d’Équateur ‘Sol Rojo’ et ‘Comité de Reconstruction’ peuvent
aujourd’hui trouver un certain écho dans les masses, c’est en ‘capitalisant’ sur la déception envers le social-libéralisme (de fait) du gouvernement Correa, et parce que les masses ont été (pendant toutes les années 2000) à cette ‘école’… Cela aurait été tout simplement impossible il y a encore 15 ou 20 ans ;
d’ailleurs, à cette époque, les membres actuels du ‘Sol Rojo’ étaient dans le mouvement ‘alfariste’, équivalent local du
bolivarisme !
EN AUCUN CAS CELA NE PEUT ÊTRE QUALIFIÉ DE FASCISME : le fascisme ne peut se caractériser que par UN SEUL critère fondamental, celui de la DICTATURE TERRORISTE OUVERTE contre tout mouvement organisé, révolutionnaire ou même réformiste, des masses populaires exploitées ; ceci associé à une certaine MOBILISATION d'une partie des masses ('peuple de droite', 'patriotes', 'honnêtes gens', 'majorité silencieuse' etc. etc.) contre ledit mouvement, ce qui distingue le fascisme de la dictature réactionnaire 'classique' (dans les pays dominés cependant, cette mobilisation revêt souvent un caractère clientéliste ou ethnique/tribal/régionaliste/confessionnel, plus qu'idéologique à proprement parler). Dans les pays impérialistes, il se rattache à la fraction la plus réactionnaire de la bourgeoisie monopoliste et, dans les pays dominés, à la fraction la plus réactionnaire (et soumise à l'impérialisme) des trois classes dominantes (oligarchies bureaucratique, compradore et terrienne) et, à travers celle-ci, à la fraction la plus agressive des monopoles du pays/bloc impérialiste de tutelle. À ceux qui qualifient le réformisme 'bolivarien' de 'fasciste', la première réponse doit être "où sont les milliers de mort-e-s et de disparu-e-s des 'fascistes' Chavez, Morales etc. ?", comme au Chili sous Pinochet, en Argentine sous Videla, au Guatemala sous les juntes de 1978-85, etc. etc. De même, 'nier la lutte des classes' au profit de prétendus 'peuple' (aux contours flous), 'citoyenneté' ou 'intérêt général', ne peut suffire à qualifier le fascisme, car le réformisme bourgeois, le 'rooseveltisme' et autres 'keynésianismes' c'est typiquement cela, et cela n'est pas le fascisme (confusionnisme dénoncé par Dimitrov dès 1935). Même le gaullisme, totalement sur cette ligne corporatiste d''association Capital-Travail', pour ne pas avoir régné dans une période de crise générale, ne peut pas être réellement qualifié de fascisme...

Les néofascistes italiens de Casa Pound saluent la mémoire de Chavez… sauf que ce dernier n’était pas tout à fait du même avis : "Les fascistes ne sont pas des êtres humains, un serpent est plus humain qu’un fasciste"...
Il serait certes tentant (et si simple…) de se contenter d’ânonner dogmatiquement que "le stade impérialiste (du capitalisme) c’est la réaction sur toute la ligne", et que la classe dominante (monopoliste ici, capitaliste bureaucratique là-bas) est intégralement, en bloc, ‘réactionnaire sur toute la ligne’… mais cela n’est pas vrai, ce n’est pas la réalité. AUCUNE classe n’est ‘imperméable’ à l’influence des autres (ne serait-ce que pour ‘prendre en compte’ leurs mouvements dans son intérêt) ; et, si les classes populaires subissent à pleins tubes l’influence de la classe dominante, cette dernière ‘subit’ aussi, directement ou indirectement, l’influence du ‘mouvement ouvrier’. C’est ainsi qu’émerge en son sein une ‘gauche’, qui va chercher à ‘contenir’ celui-ci ‘dans les limites de l’acceptable’ par des concessions (et va, généralement, chercher à se revendiquer de la période où la bourgeoisie jouait encore un certain rôle de progrès humain ; c’est ainsi que la gauche bourgeoise sud-américaine va se revendiquer de Bolivar ou de l’équatorien Alfaro, la gauche BBR des ‘Lumières’ ou du ‘Hugo républicain’ d’après le coup d’État bonapartiste, etc. etc.). Ce n’est en aucun cas une alliée, sinon de circonstances… exceptionnelles (lutte contre le fascisme, occupation étrangère etc.) ; mais c’est un ‘facteur’, un ‘paramètre’ de la réalité sociale qui nous entoure et de notre lutte au sein de celle-ci, paramètre que les communistes ne peuvent ignorer. La ‘gauche’ bourgeoise est matériellement incapable d’initier un début de commencement de processus révolutionnaire, de conduire les masses exploitées vers leur émancipation ; elle a, au contraire, uniquement vocation à ‘contenir’ leur mouvement dans les limites de l’‘acceptable’ et à trahir les espoirs populaires placés en elle ; mais elle est l’expression des contradictions internes à la classe dominante, dont une lutte révolutionnaire conséquente doit savoir tenir compte. Son arrivée au pouvoir exprime, plutôt qu’un besoin de ‘restructuration’ du système capitaliste (idée répandue dans le mouvement communiste ; mais cela, la droite s’en charge très bien, du gaullisme des années 1960 aux ‘thatchériens’ des années 1980-90 !), un repli tactique de la bourgeoisie face à une agitation sociale importante, ou, en tout cas, une crainte des dominants face aux ‘cris du peuple’ (mais des mouvements ou des ‘cris’ qu’ils pensent encore pouvoir conjurer par quelques concessions et réformettes – avant de revenir en force). Mais ce 'repli' des dominants, même s'il prépare un tel ‘retour en force’, même s’il n’est jamais une œuvre de philanthropie, ouvre forcément (mathématiquement) un espace, des 'perspectives', des 'marges de manœuvres' pour le 'mouvement social' des masses opprimées, que les révolutionnaires doivent savoir mettre à profit afin d'en faire, pour les masses, une école de communisme - telle a été l'analyse, profondément CORRECTE, de l'UOC-mlm de Colombie réagissant à la mort de Chavez.
Le fascisme, lui, est
une toute autre chose : c’est l’expression et l’arme de l’aile extrême-droite,
de la fraction réactionnaire ultra des classes possédantes, pour une guerre TOTALE contre tout
mouvement organisé (même réformiste) des classes populaires ; même s’il va souvent (dans un souci de mobilisation de masse, sa caractéristique) reprendre aussi à son compte des
revendications jugées ‘acceptables’ des ‘petites gens’, sur un mode paternaliste (le problème est que les ‘petites gens’, tel qu’il l’entend, englobent tant d’intérêts de classe immédiats contradictoires qu’il est impossible de les satisfaire tous, et au final tout le monde est perdant, sauf la fraction la plus réactionnaire de la
classe dominante). Il va chercher, pour mobiliser, à détourner la colère d’une partie des masses contre les plus opprimés qu’eux (ultra-prolétaires
qualifiés de ‘canaille’ hier et de ‘racaille’ aujourd’hui, prolétaires étrangers ou d’origine étrangère, travailleurs organisés qualifiés de ‘rouges’, ‘assistés’, ‘drogués’ etc. etc.), mais aussi
contre de chimériques ‘mondialisme’, ‘capitalisme sauvage’ (vieille rengaine bourgeoise, partagée par la ‘gauche’, du ‘capitalisme à visage humain’), ‘finance cosmopolite’ etc. etc., visant
généralement, à travers ces mots, les fractions de la classe dominante jugées trop ‘modérées’ et ‘laxistes’. L'objectif visé ici (certes inatteignable, mais néanmoins visé), c'est, pour tout 'mouvement social' organisé, une marge
de manœuvre zéro. Une question fondamentale, pour permettre de répondre à beaucoup de choses, peut en définitive être celle-ci :
est-ce que la situation considérée FAVORISE objectivement l’émergence d’une conscience, d’une organisation et d’une ‘radicalité’ des classes populaires (comme c’est le cas, selon nous, au Venezuela ou en Bolivie, en tout cas dans les
premiers temps – cela s’est peut-être ‘tassé’ depuis) ; ou est-ce qu’elle tend, au contraire, à leur écrasement sans
pitié (comme en Iran dans les années suivant la prise de pouvoir de Khomeyni, pour prendre volontairement l’exemple de régimes
alliés) ?? Pour nous, la première situation est ce qu’il convient de qualifier de régime/’processus’/situation ‘progressiste’ ; la seconde est du fascisme, ou assimilable au
fascisme.
Les classes intermédiaires, elles (petite-bourgeoisie entrepreneuriale, salariat moyen, paysannerie relativement aisée, professions libérales, intellectuels divers etc., et bourgeoisie nationale dans les pays dominés), vont généralement se scinder entre partisans d’une ‘démocratie radicale’, d’une ‘démocratie réelle’, qui vont en dernière analyse converger dans le réformisme ; et individualistes-égoïstes réactionnaires, accrochés à leur petit patrimoine et leur ‘petite position’ comme des singes à leur branche, et qui vont converger dans la mobilisation réactionnaire de masse (en clair : voter Sarko/Copé ou Le Pen). En l’absence de Parti révolutionnaire de classe, comme centre d’agrégation de la mobilisation révolutionnaire, le prolétariat et les classes populaires ‘assimilées’ (petits employés, paysans et indépendants pauvres, etc.) vont généralement ‘suivre’ l’un ou l’autre de ces courants, car ces ‘classes moyennes’ exercent une grande influence sur eux (ils/elles sont perçu-e-s comme ‘le/la cousin-e’ ou ‘le fils/la fille du voisin’ qui a ‘réussi’).
Le ‘premier cercle’ de la mobilisation révolutionnaire de masse, la première ‘terre de mission’ des communistes révolutionnaires, ce sont précisément ces
prolétaires-et-assimilé(e)s qui sont sous l’influence des ‘classes moyennes’ ‘progressistes’/’démocratiques-radicales’, elles-mêmes se plaçant sous la direction de la ‘gauche’
bourgeoise. C’est tout le sens de la démarche de Front populaire à la base
impulsée par l’Internationale communiste dès 1934 ; c’est tout le sens de bien distinguer réformisme bourgeois et fascisme ; et c’est tout
le sens de la dénonciation, par Dimitrov, du ‘schématisme’. Cela est totalement valable dans les pays dominés par l’impérialisme.
Mais, pour le ‘p’’c’’mlm’ et ses (de plus en plus rares) amis internationaux, il va en être tout autrement. Dans nos pays
impérialistes/avancés, les attaques vont se concentrer sur les révolutionnaires non-maoïstes (personne n’étant réellement maoïstes sauf eux, de toute façon…) et les personnes progressistes du peuple, qualifié-e-s (non-exhaustivement) de ‘social-démocrates’, ‘libéraux-libertaires’, ‘révisionnistes’ et
‘nationalistes-révolutionnaires’/’SA’/’fascistes’ en puissance, ‘frères jumeaux’ et fourriers du fascisme, etc. etc. Pour dire les choses clairement, il n’y a pas 36 manières pour des communistes de faire triompher le fascisme, il n’y en a qu’une seule et
c’est celle-là : agir ouvertement et consciemment comme force de répulsion sur les masses progressistes (le ‘peuple de gauche’), et non
comme force d’attraction vers la conception communiste-révolutionnaire du monde. Et dans les pays dominés, semi-coloniaux semi-féodaux, vont être
qualifiés de ‘fascistes’ non pas des régimes laquais de l’impérialisme, massacrant et torturant des milliers de personnes (à la Pinochet ou Videla, Rios Montt ou Mobutu, Suharto ou Ferdinand
Marcos, Bokassa ou Hassan II), mais précisément des régimes qui ‘s’agitent’ et ‘défient’ un petit peu l’impérialisme (en tout cas l’impérialisme occidental), et tentent d’apporter quelques
petites avancées de bien-être aux masses laborieuses. Ceux-là et aucuns autres : il ne s’agit même pas de dire qu’‘au nom de la thèse du
capitalisme bureaucratique’, ‘tous les pays semi-coloniaux sont fascistes’ (ce qui serait simplificateur mais au moins cohérent). Ils ont, toutefois, ‘une tête de turc au-dessus’ de ces régimes –
là encore, en parfaite cohérence avec la pensée dominante impérialiste : les ‘islamistes’… C’est ainsi que, lorsque le régime baathiste syrien se contente d’opprimer
‘tranquillement’ ses masses populaires, tout en appuyant objectivement
la résistance libanaise et palestinienne contre Israël, il est ‘fasciste’… mais lorsqu’il se met à massacrer, avec la plus extrême barbarie, des
milliers de personnes ; et que semble menacer l’instauration d’un ‘émirat djihadiste’ incontrôlable aux portes de l’entité sioniste, tout d’un coup leur ‘anti-impérialisme’ se
réveille ! Comme c’est étrange… En revanche, au Mali, il n’est plus du tout question d’anti-impérialisme (alors même que de très nombreux/euses
militant-e-s démocratiques de ce pays rejettent l’intervention BBR, tout en vomissant les djihadistes) : tout ce que ‘Voie Lactée’ trouve à dire, c’est que "la France est obligée de faire le nettoyage anti-islamistes armés à la place de cet État d'une faiblesse toute
bureaucratique, empêtré dans ses contradictions"… !!!
Il y a en Grèce une organisation ‘maoïste’, l’OAKKE, qui assume elle aussi des positions pour le moins ‘étranges’ : à contre-courant de toute la gauche radicale et révolutionnaire de ce pays, elle considère que l’impérialisme
russe est actuellement la principale menace pour l’humanité, le ‘nouveau 3e Reich’ de notre époque, à la tête d’un ‘axe néo-nazi’ avec la Chine, l’Iran etc. (et donc forcément
l’ALBA sud-américaine) ; et que les forces qui dénoncent principalement l’impérialisme nord-américain et ouest-européen sont ses alliés objectifs. Si l’OAKKE ‘dénonce’ les ‘excès’ et le
‘chauvinisme’ de la politique israélienne, elle revendique néanmoins pour l’État sioniste le ‘droit de se défendre’ (!!!) contre les ‘islamo-nazis’ de la résistance palestinienne, du Hezbollah et
d’Iran, qui sont des ‘pièces maîtresses’ de cet axe. Militer contre les crimes sionistes, appeler à la ‘destruction d’Israël’ (c’est-à-dire à la fin de l’apartheid, de l’État ethnique ‘juif’,
pour une Palestine démocratique et égalitaire), c’est participer d’une théorie du ‘complot juif pour la domination mondiale’, également au service de
ce ‘nouveau Reich’ russo-irano-chinois (un florilège de leurs délires ici)… Dans la même
veine, mais encore plus ‘hardcore’, il y a les ‘anti-deutsch’ d’Allemagne : s'appuyant de manière ‘fondamentaliste’ sur les tous premiers écrits de Marx et Engels, l’impérialisme occidental est pour eux, ‘objectivement’, un ‘progrès’ là où il passe, une ‘condition nécessaire’ à la révolution
prolétarienne : il faut donc soutenir ses interventions contre les régimes ‘despotiques’ en Irak, en Afghanistan etc., il faut soutenir l’apartheid sioniste en Palestine sans quoi l’on est
‘antisémite’, etc. etc. Le ‘p’’c’’mlm’ et ses comparses internationaux (notamment ses pitoyables appendices de la
‘Belgique’ universitaire, elle-même lamentable excroissance de la ‘France’ intello-parisienne) sont,
globalement, exactement sur cette ligne ; mais ils sont plus intelligents, et donc plus 'subtils'. Et leur obsession
de l’‘islamisme’ sunnite va éventuellement les amener, le cas échéant, à soutenir comme ‘moindre mal’ un régime (pourtant ‘fasciste’) de ‘l’axe
néo-nazi’ Russie-Chine-Iran, comme la Libye ou la Syrie (enfin, dans le cas de la Libye, l’Iran avait dans un premier temps salué le ‘réveil islamique’ du peuple, alors…).
Sur ce point d’ailleurs, peut-on ajouter au passage, la thèse du capitalisme bureaucratique permet SEULE de comprendre le phénomène politique
communément appelé 'islamisme'. Dans les pays de la 'région intermédiaire' à majorité musulmane (du Sahel à l'Indonésie en passant par le Maghreb, le Machrek, l'Iran, l'Asie centrale et
le sous-continent indien) ;
1°/ les RÉGIMES, qu’ils soient 'républicains laïcs' ou 'monarchiques de droit divin', représentent le capitalisme
bureaucratique, le capitalisme 'par en haut' impulsé par et au service de l'impérialisme sur la société. L'institution militaire y joue
souvent un rôle central, et elle est (conformément à la thèse du capitalisme bureaucratique) une émanation directe de la féodalité, notamment de la
féodalité tribale du 'pays profond' (en Égypte, par exemple, elle est l’héritière des Mamelouks qui dirigeaient le pays sous la tutelle ottomane, et
le ‘pilier’ de l'État moderne depuis sa naissance avec Mehmet Ali).
2°/ les 'islamistes', eux, sont l'expression politique du 'capitalisme par en bas', le
capitalisme (et la bourgeoisie) qui émerge 'spontanément' des 'entrailles' de la vie sociale, et se heurte au capitalisme bureaucratique impulsé 'd'en haut' par les régimes. Ceci est par exemple
assez bien expliqué (avec des ‘mots’ non-maoïstes, bordiguistes en l’occurrence) dans cet article sur la Syrie, son régime baasiste et son
opposition ‘islamiste’. Les courants de type Frères musulmans représentent une
bourgeoisie plus 'prospère', plus 'installée' et éduquée, politiquement plus 'pragmatique', se faisant parfois 'démocrate-musulmane' sur le modèle
de l'AKP turc ; tandis que les salafistes, eux, représentent une petite et moyenne bourgeoisie (commerçants, artisans, ‘économie informelle’) plus 'rustre' et inculte, plus agressive et
'possédée' par sa mission divine, des 'Savonarole de l'islam' pour ainsi dire. Une bourgeoisie nationale, en réalité, mais ce terme a souvent été accolé automatiquement, par les léninistes, à 'progressiste' (la bourgeoisie nationale serait ‘forcément’
progressiste), alors que personne (ni Lénine, ni le Che, ni Mao : personne) n'a jamais dit cela : en l'occurrence, ce n'est PAS DU TOUT le cas ; les pays musulmans ont en effet une LONGUE
histoire de capitalisme (remontant au Moyen-Âge, comme en Europe, mais il a été surpassé et finalement dominé par le capitalisme européen à partir de la 'découverte' des Amériques), et donc une
bourgeoisie ANCIENNE, consciente ('pour soi') de ses intérêts, avec une
conception du monde 'achevée', cohérente et solide, particulièrement imperméable à l'idéologie
révolutionnaire du prolétariat (alors que les bourgeoisies nationales africaines ou sud-américaines, par exemple, y sont beaucoup plus perméables, se faisant généralement 'démocrates' et
social-réformistes). Il est totalement erroné de voir dans ces ‘islamistes’ des ‘créatures de l’impérialisme’, qui seraient là pour
‘justifier’ la domination et les interventions impérialistes sur ces pays (comme si l’impérialisme en avait besoin !) ; ou encore des ‘agents’ de l’impérialisme qui lui auraient
‘échappé’ (des alliances de circonstances ont pu avoir lieu, au temps de la Guerre froide, contre des régimes ‘républicains laïcs’ souvent pro-soviétiques, ou encore récemment contre Kadhafi et
en ce moment même Assad ; mais les ‘islamistes’ sont des ‘pragmatiques par nature’ qui nouent et rompent les alliances comme ils changent de chemise, qui savent ‘attendre leur heure’, et la
‘géopolitique’ US est culturellement à courte vue) ; de même qu’il est totalement erroné d’y voir
des ‘révolutionnaires de libération nationale’, une ‘forme musulmane de théologie de la libération’ (s’il existe de tels courants, ils sont très minoritaires), etc. etc. Les ‘islamistes’
sont des ‘créatures’ de l’impérialisme, oui… mais au sens de conséquences, de RÉACTION à la pénétration impérialiste dans ces pays, au stade capitaliste-bureaucratique. Une réaction inévitable du corps social, de type ‘réflexe du genou’… mais
une réaction ‘passéiste’, ‘antimoderne’, tournée vers le passé idéalisé d’avant l’intrusion occidentale ou, carrément, des ‘4 premiers califes’
succédant à Mohamed (632-661 de l’ère chrétienne…) ; ou alors une contestation ‘radicale’ petite-bourgeoise de type ‘Savonarole musulman’, mêlant ultra-libéralisme boutiquier en économie
(avec un peu de redistribution par la zakât, aumône obligatoire au bénéfice des plus démunis et troisième ‘pilier’ de l'islam), ‘républicanisme’
égalitaire des pères de famille en politique, et ultra-puritanisme culturel et
moral. Sauf que nous sommes à l’époque de la révolution prolétarienne ; et que de telles
conceptions ne peuvent donc être, aujourd’hui, que 100% réactionnaires… et au final, perdantes. 'Démonisées' depuis une trentaine d'années (globalement, depuis la 'révolution' confisquée iranienne de 1979) sous le vocable d''islamisme', ce
type de réactions 'antimodernes' à la pénétration anti-impérialiste sont en fait aussi anciennes que celle-ci : il suffit de penser à l'insurrection du Mahdi au Soudan, dans les années 1880 (qui reste une référence pour le régime 'islamiste' actuel) ; quant aux révoltes
algériennes contre la colonisation française, au 19e siècle, elles n'étaient sans doute pas moins 'islamistes' et 'djihadistes' (contre les 'infidèles', pour un gouvernement basé sur la charia)
que ce que l'on observe actuellement. Simplement, elles ont été 'occultées', entre les années 1940 et 1970, par un puissant mouvement communiste et par les nationalismes bourgeois à façade
'progressiste', qui ont depuis considérablement reculés. Il n'est toutefois pas possible, pour ces forces, de parler de fascisme néocolonial au sens strict, puisqu'elles ne se rattachent
à la fraction la plus réactionnaire et soumise à l'impérialisme d'une oligarchie BUREAUCRATIQUE - comme Ben Ali en Tunisie après la 'mise à la retraite' de Bourguiba, le régime de
Moubarak en Égypte, le régime Baas irakien après les coups d'État de 1963 et 1968, le régime du shah d'Iran après l'éviction de Mossadegh, le régime de Mobutu au 'Zaïre' ou de Suharto en
Indonésie, etc. ; ou même des régimes à façade 'socialiste' comme celui de la droite du Baas syrien après le coup d'État d'Assad contre Jedid, de la droite du PCT avec Sassou Nguesso au
Congo-Brazzaville, de Boumediene puis Chadli en Algérie etc. etc. (dans ces derniers cas, souvent pour le compte du social-impérialisme soviétique, généralement associé... à l'impérialisme BBR de
l'ancienne métropole coloniale ! - 'Françafrique', 'politique arabe'...). Que ces forces soient 'anticapitalistes romantiques', si l'on entend par là 'passéistes', 'idéalisant un passé mythique'
(car 'anticapitalistes', elles ne le sont nullement !), c'est indéniable... mais voilà : le fascisme, pour les marxistes, ne se définit pas par une idée (comme 'anticapitalisme
romantique', par exemple) ; ceci est de l'idéalisme. Le fascisme répond à une définition MATÉRIALISTE, comme EXPRESSION D'UNE CLASSE ou (plutôt)
d'une fraction de classe : la bourgeoisie monopoliste la plus réactionnaire dans les pays impérialistes, et ses
représentants/agents/valets locaux, l'oligarchie bureaucratique-compradore-terrienne la plus réactionnaire, dans les pays dominés.
3°/ Pour ce qui est des autres classes possédantes, les courants 'libéraux-démocrates', 'libéraux-conservateurs' et 'occidentalophiles'
représentent plutôt la bourgeoisie compradore classique ; les 'conservateurs religieux de régime' (type 'oulémas', comme le PJD désormais au pouvoir
au Maroc,
à ne surtout pas confondre avec les 'islamistes') expriment le 'fond féodal' et arriéré de la société ; et les 'démocrates' et la 'gauche' sont les représentants
de la bourgeoisie nationale de type urbaine-éduquée (professions libérales, enseignants et universitaires, intellectuels divers etc.). Les masses populaires
laborieuses, en l’absence de Parti révolutionnaire authentique, sont amenées (en fonction, souvent, de leur situation géographique – ville, campagne ou bidonvilles (‘paysans en
exil’), ou de leur ‘capital intellectuel’ – niveau d’éducation) à suivre l’une ou l’autre de ces tendances ; hormis le soutien idéologique aux
régimes (le soutien clientéliste/tribal, lui, est omniprésent), qui existe un peu dans les monarchies (légitimité historique et ‘divine’) et pratiquement pas du tout (en tout cas plus) dans les républiques – celles-ci n’ont, de toute façon, pas vraiment d’idéologie, sinon ‘Longue vie au raïs’ et ‘Mort à ces salauds de sionistes qui occupent Al-Qods’
(mais que l’on ne se risquera pas à aller attaquer…).
4°/ Dans certains pays ayant accumulé de grandes masses de capitaux à travers l’exportation de leur production nationale
(notamment pétrolière ou gazière), comme l’Arabie saoudite (qui
‘protectoralise’ de fait les autres émirats du Golfe), le Qatar (seul à ne pas être ainsi ‘protectoralisé’), l’Iran ou encore le Pakistan ou la Turquie,
l’oligarchie bureaucratique ou une fraction de celle-ci, ou encore des oligarques ‘à titre privé’, cherchant à exporter les capitaux sur-accumulés, peuvent commencer depuis quelques dizaines
d’années à mener une politique ‘expansionniste’ relativement ‘autonome’ de l’impérialisme dominant (généralement occidental, sauf pour l’Iran), voire en
contradiction avec celui-ci. Ces politiques vont généralement s’appuyer, dans les différents pays, sur des forces ‘islamistes’ : Frères musulmans (dont le Hamas palestinien) pour le
Qatar, qui en héberge de nombreux militants depuis les années 1950, ou encore pour l'AKP turc (ex-branche locale de la Confrérie)
; salafistes pour l’Arabie saoudite et les oligarques des autres émirats du Golfe ; ‘radicaux’ chiites mais aussi,
parfois, sunnites – Jihad islamique palestinien – pour l’Iran, etc. Des capitaux oligarchiques privés du Golfe et de toute la région
arabe (parfois sous forme d''ONG') alimentent la 'nébuleuse Al-Qaïda'.
En Iran, nous avons l'exemple-type d'une partie de la classe bureaucratique (armée, administration, cadres supérieurs de monopoles productifs etc.) de l'ancien régime (Pahlavi) qui est 'passée'
au
service de la nouvelle 'république islamique' ; et d'une fraction de la bourgeoisie nationale (le bāzār) et du clergé 'contestataire' qui s'est muée en nouvelle caste bureaucratique, à travers notamment la gigantesque armée/entreprise des Gardiens de la
Révolution (Pasdaran) ; en 'réalignant' les allégeances impérialistes (globalement : "tout sauf les USA et leurs satellites", alors que le shah Pahlavi était farouchement pro-US ; il y a à présent une fraction pro-européenne autour d'Hachemi Rafsandjani et Mir Hossein Moussavi, et une
fraction pro-russe et pro-chinoise autour du 'guide' Khamenei et du président Ahmadinejad), et en développant une politique de 'trublion' régional.
Le même phénomène s’est, très certainement, reproduit en Égypte ou encore en Tunisie après les récentes ‘révolutions’, une part conséquente de l’appareil bureaucratique voyant dans les Frères musulmans locaux un ‘moindre mal’ (préservant leurs privilèges) ; sans même parler de la Libye où, devant la perte de contrôle de la situation par Kadhafi, les ‘rats’ ont ‘quitté le navire’ en masse et rallié la rébellion (précipitant, devant la présence d’‘hommes sûrs’ et connus, l’intervention occidentale).
Car dans tous les cas, socialement conservatrice voire réactionnaire (donc opposée aux classes populaires et à leurs revendications économiques et démocratiques), la bourgeoisie nationale 'islamiste', si elle arrive au pouvoir, est vouée à se transformer très rapidement en nouvelle caste bureaucratique au service de l'impérialisme (éventuellement, d'un impérialisme rival du précédent 'suzerain'), et/ou d'une politique expansionniste régionale comme désormais celle de l'Iran ou encore de la Turquie AKP, de l'Arabie saoudite ou du Qatar. C’est ainsi que cette fraction de la bourgeoisie nationale assouvit ses appétits frustrés de classe (quant aux autres… et bien ils restent ‘bourgeois nationaux’ et râlent contre les ‘nouveaux oligarques’ ; c’est ainsi qu’Ahmadinejad a été élu en Iran en 2005)… L'on peut voir cela, chaque jour qui passe, là où les 'islamistes' sont arrivés au pouvoir depuis les grandes révoltes de 2011 : en Tunisie, en Égypte, en Libye, sans parler de la violente oppression imposée par les jihadistes aux masses populaires du Nord du Mali, ou encore des milices chiites pro-iraniennes et des salafistes sunnites 'pro-Golfe' qui s'entre-tuent et égorgent la population aujourd'hui en Syrie, comme hier en Irak…
Telle est la seule compréhension authentiquement marxiste, dialectique, de la thèse fondamentale sur le capitalisme bureaucratique.
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exemple (‘au hasard’), la théorie de l’hégémonie de Gramsci : c’est bel et bien, forcément,
dans les territoires et les populations touchés le plus récemment et (donc) superficiellement
par le capitalisme, que l’hégémonie bourgeoise capitaliste, ‘coercitive’ (politico-militaire) comme intellectuelle/culturelle, va être la moins forte ; et donc, que le NIVEAU
D’ANTAGONISME de la lutte de classe des exploité-e-s contre l’exploitation capitaliste (et, ici où là, ses ‘béquilles’ féodales, cléricales etc.) va être le plus élevé… Cela se constate
aujourd’hui, chaque jour, en Inde, aux Philippines, dans les pays arabes et en Anatolie ‘turque’, en Amérique latine et même dans certaines régions d’Afrique,
Mais ATTENTION : comme nous l’avons dit, l’encerclement des Centres par les Périphéries ne ‘remplace’ pas la lutte des classes, il ne se ‘substitue’ pas aux termes de la grande contradiction motrice de notre époque qui sont le 

de tout genre et aux conservateurs nostalgiques de la noble chevalerie féodale... Comment notre cher Ibn
Driss conçoit-il la modernité ? Elle se réduit pour lui aux boucheries du colonialisme, au racisme et à la guerre. C’est une vision unilatérale et a-historique [11]. La modernité est un
projet contradictoire où la régression (guerre, colonialisme, exploitation, misère...) côtoie le progrès (surtout technique). Ce progrès régressif (ou plutôt régression progressive), selon
l’expression de Michael Lowy, illustre la conception dialectique du mouvement de l’histoire contemporaine. La modernité comporte des avancées sociales et politiques indéniables pour l’humanité
(droits humains, lutte pour la libération des femmes, libertés indivduelles...). Les méconnaitre conduit inévitablement à l’obscurantisme surtout que ces avancées ont souvent été arrachées par le
combat des opprimés eux-mêmes et qu’elles sont continuellement menacées par la bourgeoisie. En effet, ces avancées ne lui appartiennent pas mais bien à l’humanité tout entière. Tout l’enjeu donc
est de les conserver, de les approfondir, et de les dépasser tout en extirpant de la racine les aspects régressifs (misère, colonialisme...). Bien évidemment, le progrès n’est pas inéluctable
mais un possible parmi d’autres [12]. Il s’agit de développer une « vision de la modernité comme étant un processus toujours inachevé, qui ne pourra franchir l’étape de sa crise mortelle en
cours qu’en allant de l’avant, par la réinvention de valeurs universelles porteuses d’une reconstruction économique, sociale et politique de toutes les sociétés de la planète. » [13] C’est
çelà, en fait, l’essence du projet communiste : un projet d’émancipation de tous les opprimés. Pour paraphraser Poulantzas, le socialisme sera démocratique, féministe, écologiste et pour
l’émancipation culturelle et nationale ou ne sera pas.
Globalement, en période de crise capitaliste, il n'existe que 3 options ; et même, en réalité, seulement deux :
sortir les pays concernés de la crise ; avec tous les crimes, n'ayant rien à envier au fascisme, que cela implique : camps de concentration pour les ressortissants
japonais, bombardements incendiaires de Dresde et Tokyo, puis atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, etc. Elle dut s'appuyer sur les forces réactionnaires de la société : beaucoup de "Français
libres" venaient de la droite et de l'extrême-droite (De Gaulle lui-même, Leclerc, etc.) ; les généraux Eisenhower et Mac Arthur étaient (pour ne pas dire plus) "très à droite", et le général
LeMay (du bombardement de Tokyo) sera candidat d'extrême-droite à la vice-présidence en 1968...

Après la chute de l'Empire, l'Italie resta quelques temps unifiée sous le 'patriciat' des Ostrogoths ; et puis... elle ne forma PLUS JAMAIS une unité politique
jusqu'au Risorgimento du 19e siècle. Le Nord fut le royaume des Lombards, puis (avec Charlemagne) passa sous l'autorité des Francs, puis du Saint-Empire (royaume d'Italie), avant de se
désintégrer (vers 1200) en une mosaïque de petits États princiers et de républiques aristocratiques (comme les 'républiques maritimes' de Gênes, Pise, Venise etc.), dont le royaume de 'France' et
l'Empire germanique se disputèrent la tutelle (Guerres d'Italie) ; tandis que le Sud fut sous influence byzantine, puis byzantine et arabe, puis normande (mais maintenant l'héritage
politico-culturel byzantin et arabe), puis arago-catalane et, de là, 'espagnole' (13e-18e siècles) ; et qu'au centre, la Papauté construisait son État séculier de Rome jusqu'à l'embouchure du Pô,
en passant par l'Ombrie : nous avons là, très clairement, la source de deux des grands aspects structurants de l'Italie contemporaine (en laissant de côté les questions nationales 'aux
marges' de l'État) ; le clivage Nord/Sud et l'influence politique du Vatican. Et il va de soi que cette division politique, avec les guerres et autres 'droits de passage' qu'elle entraînait, n'a
pas vraiment facilité la communauté de vie économique productive qui est un autre élément essentiel de la construction nationale. Sur ce plan, l'on pourrait globalement distinguer un
ensemble 'padan', bien délimité par les Alpes et l'Apennin (avec les régions 'particulières' que sont la Ligurie et la Vénétie) ; un ensemble 'toscano-romain' qui est l'Italie 'des arts et des
lettres', du Quattrocento, l'Italie 'médicéenne' qui a donné sa langue à la construction 'nationale' ; et l'ancien royaume de Naples (ou des 'Deux-Siciles') qui est le fameux
Mezzogiorno 'à problèmes' (plus la Sardaigne, longtemps 'espagnole' avant de devenir piémontaise au 18e siècle).
C’est en Italie qu’a commencé à se développer le mode de production capitaliste actuel, qui au
cours des siècles suivants s’est étendu à toute l'Europe, et de celle-ci au monde entier.
Le développement du capitalisme fut, sur le plan politique, à la base des guerres qui sévirent du XIe au XVIe siècle dans la péninsule, entraînant la ruine de beaucoup de familles
nobles et de cours féodales, et portant dans la péninsule un coup irrémédiable au système féodal. Dans le domaine culturel, il fut à la base de la foisonnante culture de l’époque et de
l'influence que, pour la deuxième fois dans son histoire, l'Italie eut en Europe et dans le monde (78). La raison à la base des contradictions politiques et culturelles des XIe-XVIe siècles est
la lutte entre le mode de production capitaliste naissant et le monde féodal qui opposait une résistance acharnée, d’autant plus qu’il trouvait du soutien et des ressources dans les relations
avec le reste de l'Europe alors plus arriérée. Ce n’est qu’à la lumière de cette lutte que les différents épisodes de la vie politique et culturelle de l'époque cessent d'être une succession et
une combinaison d'évènements fortuits et arbitraires, et qu’émerge le rapport dialectique qui les unit (79).
La victoire de la Contre-réforme bloqua dans la péninsule le développement des rapports de production capitalistes. Elle réprima et, de
diverses manières, réduisit l'activité d'entreprise de la bourgeoisie. Elle la conduisit à renoncer en tout ou partie aux affaires et à se transformer en propriétaire terrienne même en maintenant
sa résidence dans les villes. Par la réforme du clergé, et grâce aussi à la disparition du rôle politique propre des propriétaires terriens féodaux, elle renforça l'hégémonie de l'Église sur les
paysans (81).
L'Italie comme État unique et indépendant a été créée il y a un peu plus de 150 ans, entre 1848 et 1870, lorsque le royaume de la maison de Savoie fut étendu à la péninsule entière.
La bourgeoisie qui dirigea l'unification a donné le nom de « Risorgimento » à cette période et à son œuvre. Par cette somptueuse dénomination, elle prétendit représenter dans
l’imaginaire collectif la résurrection d'une nation qui n'avait jamais existé, l'œuvre de construction d'une nation (« faire les Italiens », disait réalistement Massimo D'Azeglio) qu'elle ne
pouvait en réalité pas accomplir, parce que cela aurait demandé la mobilisation de la masse de la population.
Quelle était, dans la péninsule, la position des différentes classes, par rapport
au processus auquel le mouvement européen les poussait ? L'unification politique de la péninsule et le développement capitaliste de son économie comportaient par la force des choses l'abolition
de l'État Pontifical et donc, de toute manière, allaient au détriment du clergé et du reste des forces et des institutions féodales. Mais l'entrave n'était plus insurmontable. La Papauté avait
touché le fond de sa décadence. Le soutien des puissances européennes s’était largement réduit. Le reste des institutions féodales avait suivi la Papauté dans sa décadence. Nombre de familles
nobles restantes étaient déjà assimilées à la bourgeoisie ou subordonnées à elle par des hypothèques et d'autres liens.
Le résultat de ces intérêts de classe contradictoires, fut que le mouvement pour l'unification et l'indépendance de la péninsule fut
dirigé par l'aile conservatrice de la bourgeoisie, les modérés de la Droite dirigée par Cavour, sous le drapeau de la monarchie de Savoie. Celle-ci
réussit à faire travailler à son service l'aile révolutionnaire et populaire de la bourgeoisie, la Gauche dont les représentants les plus illustres furent Mazzini et Garibaldi. Celle-ci, en
effet, ne voulut pas se mettre à la tête des paysans. Le mouvement paysan, pour la terre et pour l'abolition révolutionnaire des vexations féodales restantes, chercha à s'imposer au cours de la
lutte pour l'unification politique de la péninsule, mais il fut justement écrasé par la bourgeoisie en lutte pour l'unification et l'indépendance de la péninsule.
En devant réaffirmer l'asservissement et l'exploitation de la masse des paysans, la bourgeoisie unitaire dut s'appuyer sur l'Église qui depuis longtemps assurait les conditions
morales et intellectuelles de cet asservissement, et évitait donc qu'il soit nécessaire de recourir en permanence à la contrainte des armes et aux autres moyens coercitifs de l'Etat.
Le Risorgimento ne fut pas directement une révolution dans les rapports sociaux. Il instaura cependant dans la péninsule une organisation politique différente (l'unification
politique) et détermina une insertion différente de celle-ci dans le contexte politique et économique européen. La bourgeoisie unitaire ouvrit la voie à une série de transformations et d'œuvres
(réseau de communication routier et ferroviaire, système scolaire national, Forces Armées et de police, développement industriel et scientifique, système hospitalier et d’hygiène publique,
travaux publics, appareil et frais de représentation de l'État, etc.) qui modifièrent les rapports de production que la Contre-réforme avait fixés. Avec le renforcement général des relations
commerciales et capitalistes et avec l'expansion des travaux publics, le marché des terres reçut une grande impulsion. La terre devint un capital, et son rendement fut confronté avec celui des
capitaux investis dans les autres secteurs (86). Ceci et le développement des échanges internes et internationaux transformèrent toujours plus les rapports, dans les campagnes, entre
propriétaires et paysans en rapports mercantiles et capitalistes. L'expulsion massive des paysans du travail agricole qui s’ensuivit, le recrutement de paysans pour les travaux publics,
l'émigration à l'étranger, le développement industriel dans les villes du Nord et les migrations internes changèrent la composition de classe du pays.
malgré tout un pays impérialiste. Dès lors, parler
de « terminer la révolution bourgeoise » en Italie, dans un sens différent de celui valant pour
L'Église fut la principale bénéficiaire du caractère anti-paysan du Risorgimento. La bourgeoisie ne mena pas avec énergie et, par sa nature même, ne pouvait pas mener
avec succès, une action pour éliminer ou au moins réduire l'hégémonie morale et intellectuelle que l'Église avait sur les paysans, sur les femmes et sur une partie de la population urbaine. Son
initiative fut presque nulle sur le plan moral, sur le plan du comportement individuel et social, pour promouvoir une morale adaptée aux conditions de la société moderne. La bourgeoisie renonça à
formuler et à promouvoir en termes de morale (c’est à dire de principes et de règles régissant le comportement individuel) le système de relations sociales (de la société civile) que son État
défendait par la violence et exprimait en termes juridiques dans sa législation.
S’ajoutèrent, à tout cela, la durable opposition qui s'instaura alors et se maintint ensuite entre la masse de la population et les Autorités
du nouvel État, qui se présentaient uniquement ou principalement dans les habits du carabinier, du percepteur d'impôts ou de l'huissier, le service militaire obligatoire au service d'un État
ennemi imposé après l'Unité, l'incitation à la rébellion et le boycottage promus pendant longtemps par l’Église et d'autres groupes anti-unitaires dont la bourgeoisie avait intégralement respecté
le pouvoir social (richesse, prestige et souvent même, charges publiques). En particulier, l'Église obtint d'une part des richesses, des privilèges et du pouvoir du nouvel État, et de l'autre se
donna des airs de protectrice et de porte-parole des masses populaires face aux Autorités du nouvel État, dans une position systématique de chantage.
monétaire était déjà très développée en Italie et la richesse monétaire du pays était abondante et concentrée. Mais elle ne fut
employée que dans une mesure minimale pour les investissements capitalistes. Le caractère anti-paysan du Risorgimento empêcha précisément que se créent les conditions de classe et politiques
nécessaires, pour que la richesse monétaire du pays se canalise vers le développement économique et civil du pays, et pour que l'imposition fiscale soit transparente, équitablement répartie et à
la hauteur des frais de l’Administration Publique.
Plutôt que de trouver les ressources financières pour le développement économique en puisant dans les sacs de parasitisme qu’elle avait
trouvé, jusqu'à les assécher, la bourgeoisie unitaire étendit la Dépense Publique pour financer et élargir le vieux parasitisme qui devint une nouvelle plaie. Ces frais s’ajoutèrent à ceux
auxquels le nouvel État dût faire face pour créer les conditions d'un État moderne, indépendant et avec un minimum d'autorité dans le concert européen, et les augmentèrent : il suffit de
considérer la pléthore d'officiers de grade supérieur et de fonctionnaires publics dès les premières années du Royaume, vu que celui-ci absorba une grande partie de la bureaucratie et des Forces
Armées des États supprimés.
Les paysans furent encore, pendant plusieurs décennies après l'Unité, jusqu'à l'après-guerre, la majorité de la population. Ils furent accablés au-delà de toute limite
imaginable par les vieilles rentes et les nouveaux impôts. La charge globale doubla – environ - avec l'Unité, selon des évaluations crédibles (92). La situation des paysans fut aggravée par le
fait qu’à un certain point, l'État, pour encaisser cet argent qu’il n'avait pas la force de prendre aux riches comme impôts, mit en vente aux enchères et en liquidation les terres domaniales et
des couvents, supprimant sans la moindre indemnité les ‘usages civiques’ (pâture, ramassage de bois, etc.) dont les paysans jouissaient depuis des temps immémoriaux sur ces terrains. Les usages
civiques, avec les cantines des couvents, avaient été des sources dont la masse des paysans, en particulier les plus pauvres et encore plus dans les années difficiles, avaient alors tiré de quoi
survivre.
Le nouvel État n'affirma jamais pleinement sa souveraineté unique sur toute la population vivant à l’intérieur de ses frontières, bien que celle-ci ne jouisse que de peu
ou d’aucune autonomie locale. Il n’eut jamais la volonté d'instaurer sa souveraineté unique, ni n’eut la confiance d'avoir la force pour le faire. Dans le Centre et dans le Nord du pays, le
nouvel État assuma en propre l'exercice de la violence, la répression et la tutelle de l'ordre public et compta sur l'Église qui contrôlait les paysans et les femmes sur lesquelles elle exerçait
une efficace direction intellectuelle et morale. Dans le Sud, la direction intellectuelle et morale de l'Église sur les paysans était moins forte. Là, l'État soutint secteur par secteur la force
sociale capable de tenir en respect, par ses propres moyens, les paysans, de dicter la loi et les règles et de les faire observer. Évidemment, il dut consentir à ce que chacune d'entre elles
dicte sa propre loi et ses propres règles et les fasse respecter à sa manière, bien que dans le cadre d'une certaine reconnaissance d'une certaine suprématie de l'État (93).
De fait l'Église, avec le Pape à sa tête, continua à fonctionner dans tout le pays comme un pouvoir souverain, un État dans
l'État, avec son réseau de fonctionnaires (substantiellement soustraits à l'autorité de l'État) qui depuis le Centre couvrait tout le pays, jusqu'au village le plus reculé. Elle eut en outre
l'avantage que c’était désormais la police, la magistrature, l'administration pénitentiaire du nouvel État, opérant sur toute la péninsule, qui faisaient respecter son intérêt, son pouvoir, ses
spéculations et son prestige et en assumaient la responsabilité auprès des masses populaires. Les fonctionnaires de l'Église étaient sélectionnés, formés, nommés et résignés sur décision
irrévocable du Pape ou des fonctionnaires supérieurs (évêques) délégués par lui dans ce but. Ils jouissaient cependant des rentes des biens diocésains et paroissiaux, des édifices publics et
autres prérogatives et pouvoirs sur la population (baptêmes, mariages, enterrements, etc.). Le nouvel État se contenta d'établir que pour jouir des bénéfices, pouvoirs et immunités, des
garanties, des protections et des exemptions sous la tutelle des Autorités du nouvel État, les fonctionnaires supérieurs (les évêques) nommés par le Pape devaient aussi avoir le consentement de
l'État : chose que de fait, par tacite accord, l'État ne fit jamais manquer.
autres représentants de la
Curie romaine participèrent, pour leur propre compte et pour le compte de l'Église, au « sac de Rome » (la spéculation sur les terrains et sur les immeubles) qui eut lieu dans les décennies après
l'Unité, et à la spéculation financière dont les scandales ont dès lors bouleversé à répétition le système financier et bancaire du pays entier, jusqu'aux récentes affaires Sindona (Banque Privée
Italienne), Calvi (Banco Ambrosiano), Parmalat, Fazio.
La double souveraineté État/Église sur la péninsule a toutefois un caractère
particulier. Elle a créé un régime unique en son genre. Sa particularité consiste en le fait qu’en Italie, l'Église n'est pas une religion. La religion est seulement le prétexte et le revêtement
idéologique d'une structure politique monarchique féodale. Celle-ci a à Rome et dans chaque coin du pays des dirigeants nommés par le monarque. Ils sont sélectionnés pour leur fidélité au chef,
lui jurent fidélité, les fortunes et le rôle de chacun d'eux dépendent de l'irrévocable volonté du monarque dont le pouvoir est absolu et se prétend d'origine divine. À ses fidèles, l'Église
demande fidélité et obéissance. Leurs opinions et leur expérience ne décident pas de l'orientation de l'activité de l'Église : au contraire ce sont eux qui doivent s'adapter aux décisions de
l'Église. Ses directives sont irrévocables et prétendent même jouir d'une autorité divine. L’Eglise et son chef absolu, le Pape, forment le gouvernement suprême de dernière instance de l'Italie.
Elle n'annonce ni programmes ni orientations ni ne présente aucun bilan de ses actes, car elle ne reconnaît sur ses actes, au peuple italien, aucun droit de vote ni même d'opinion. Ce
gouvernement, occulte et irresponsable, dirige pourtant le pays à travers une structure étatique qui prétend être, comme dans toute république bourgeoise constitutionnelle, légitimée par la
volonté populaire et avoir à sa tête un Parlement et un gouvernement qui doivent être sanctionnés par le suffrage populaire. Officiellement, cette structure est l'unique État. Contrairement à
toute autre monarchie constitutionnelle, les frontières de compétences entre l'État constitutionnel et l'Église sont arbitrairement, irrévocablement et secrètement décidées par l'Église au cas
par cas. Ceci confère précisément à l’ensemble du régime une certaine dose de précarité, mais aussi cette flexibilité qui permet des rapports d'unité et de lutte avec tous les autres pouvoirs
autonomes qui ont pied dans le pays. Un pareil régime n'est décrit dans aucun manuel de doctrines politiques mais, pour autant, il n'en est pas moins réel et est celui avec lequel le mouvement
communiste doit compter dans notre pays. L'histoire de sa formation a traversé cinq phases différentes.
La bourgeoisie a mené le Risorgimento avec l'intention de créer son État, mais en
reconnaissant que pour gouverner elle avait besoin de la collaboration de l'Église, étant donné l’hostilité des paysans. L’objet du contentieux était la délimitation des pouvoirs entre les deux
institutions. Il y eut alors une phase de guerre sans combats, d'armistice État/Église, reprise en ce qui concerne l'État dans la Loi des Garanties et en ce qui concerne l'Église dans la ligne du
« non expedit » (95). Cette phase va environ de 1848 à 1898. Dans la bourgeoisie, ont encore un certain poids les courants qui voudraient promouvoir leur hégémonie directe sur les masses
populaires et se défaire de l'Église. La distinction entre l'aile gauche de la bourgeoisie unitaire et le mouvement communiste italien naissant n'est pas encore nette. La bourgeoisie laisse le
temps et les conditions à l'Église pour réorganiser ses forces en Italie et dans le monde. Dans la seconde partie du XIXe siècle, la bourgeoisie passe au niveau international à l’époque de
l'impérialisme, de la contre-révolution préventive, de la mobilisation des forces féodales restantes dans une nouvelle « sainte alliance » pour arrêter l'avancée du mouvement communiste. C’est la
transformation déjà décrite dans le chapitre 1.3 de ce MP. L'Église Catholique, dirigée entre 1878 et 1903 par le Pape Léon XIII, exploite cette situation internationale pour sortir des
difficultés dans lesquelles l'a mise l'unification de la péninsule. Elle devient le principal appui de la bourgeoisie impérialiste au niveau international et, à partir de cette nouvelle
condition, affronte la définition de son nouveau rôle en Italie.
La bourgeoisie et l'Église reconnaissent, par des accords comme le Pacte Gentiloni (1913), qu'elles doivent collaborer dans l'intérêt commun contre le mouvement communiste, en se
partageant les tâches. Le mouvement communiste a maintenant atteint une discrète autonomie idéologique et politique vis-à-vis de la bourgeoisie. Pour le tenir en respect et limiter la liaison
naissante ouvriers-paysans, la bourgeoisie demande à l'Église de restaurer et de renforcer son hégémonie sur les paysans et sur les femmes, hégémonie affaiblie par les progrès du mouvement
communiste, et de prendre des initiatives pour établir son hégémonie sur au moins une partie des ouvriers. L'Église accepte le défi, mais exige l'aide de la bourgeoisie pour réaliser cette œuvre
à l’issue incertaine. Cette phase va grosso modo des mouvements paysans et ouvriers de 1893-1898 jusqu'en 1928. Les catholiques participent aux élections parlementaires et à l'activité
parlementaire en soutien au gouvernement. L'Église crée des organisations de masse dans toutes les classes et couches sociales, en particulier parmi les travailleurs, pour bloquer l'avancée du
mouvement communiste, empêcher l'unité des ouvriers et entraver l'unité ouvriers-paysans. Par celles-ci l'Église appuie l'action du gouvernement, de l'entreprise libyenne (1911) à la
participation de l'Italie à la Première Guerre Mondiale (1915-1918). Lorsque la guerre commence à engendrer une révolte générale des masses populaires, dont le pic le plus haut est la Révolution
d'Octobre, elle assume la direction du mouvement pour la conclusion d'un armistice. Face à la rébellion diffuse des masses populaires qui suit la conclusion de la guerre, l'Église accepte le
fascisme, la dictature terroriste de la bourgeoisie impérialiste, comme solution nécessaire de gouvernement pour rétablir l’ordre. Elle appuie sa venue au pouvoir et la consolidation du
régime.
La bourgeoisie, par la bouche de Benito Mussolini (1883-1945), reconnaît formellement la souveraineté particulière de l'Église en échange de son engagement officiel et public
de fidélité aux Autorités de l'État - sur la base d'un serment fait à Dieu dont l'Église peut délier ses fonctionnaires quand elle veut, tandis que les délits contre l'État dont ceux-ci se
rendent responsables sont protégés par des immunités et dans tous les cas vont en prescription. Le Traité du Latran, le Concordat et la Convention financière, signés le 11 février 1929,
inaugurent cette phase qui durera jusqu'en 1943. L'Église renonce officiellement à la prétention de restaurer le vieil État Pontifical et reçoit en compensation des impôts perdus 750 millions de
lires comptant, 1 milliard en Bons du Trésor à 5% au porteur et une série interminable de privilèges, propriété, droits, exemptions et immunités. Mais le fascisme était aussi l'ultime tentative
de la bourgeoisie pour se rendre pleinement maître du pays et donc également politiquement autonome de l'Église. L'Église négocia soigneusement et encaissa tout ce que le fascisme lui donnait,
mais s’opposa fermement à la tentative de la bourgeoisie, à travers le fascisme, de bâtir son hégémonie directe sur les masses populaires. À cet aspect du fascisme correspondent un effort et un
dynamisme exceptionnels de la bourgeoisie pour renforcer la structure économique et politique du pays. Pendant le fascisme, elle a cherché à étendre le pouvoir de l'État italien en
Méditerranée et a introduit une
grande partie des innovations sur le plan structurel dont a vécu aussi le régime DC : banque centrale, industrie d'État, grands travaux publics, structures pour la recherche, consortiums
agricoles, organismes de prévoyance, etc. En somme, les innovations et les institutions dont le résultat est la création d'un système de capitalisme monopoliste d'État. La tentative de la
bourgeoisie se conclût cependant de manière désastreuse pour elle. Le fascisme fut renversé par l’issue de la guerre et par l'avancée du mouvement communiste. Le risque qu’en Italie, la classe
ouvrière conduisit les masses populaires à instaurer le socialisme, n'avait jamais été aussi grave. Pour conjurer le risque, la bourgeoisie s’en remit complètement à l'Église et à l'impérialisme
américain. Ses velléités de gouverner politiquement le pays cessèrent définitivement.
C’est la phase de direction de l'Église sur l'État légal par la Démocratie Chrétienne : une phase qui va environ de 1947 à 1992. Avec l'accord de l'impérialisme américain, l'Italie devient
un nouveau type d'État Pontifical élargi. L'Église est la plus haute autorité morale du régime, une sorte de monarchie constitutionnelle, sans cependant de constitution. L'État légal œuvre sous
sa haute et incontestable direction. L'Église dirige l'État officiel et gouverne le pays indirectement, par son parti, la DC. L'Église maintient intacte et même renforce sa structure territoriale
(curie, paroisses, associations, congrégations et ordres religieux, écoles, structures hospitaliers et œuvres pieuses, institutions financières, etc.) indépendante de celle de l'État et de plus,
elle scelle une solide alliance avec l'impérialisme américain pour mener ensemble, au niveau international, la lutte contre le mouvement communiste. L'impérialisme américain dans tous les cas
s'installe aussi en Italie directement, avec ses propres forces. L'État officiel fait valoir l'autorité papale, dans les limites imposées par les nécessités de l'Église et dans les limites
permises par l'effective composition de classe du pays et les rapports de force internes et internationaux résultant de la défaite du nazifascisme, œuvre du mouvement communiste. La Constitution
de l'État officiel est une fiction :
toute
institution républicaine doit feindre de la prendre au sérieux (et donc duper les masses), tandis qu'en réalité elle sert seulement à mettre de l’ordre dans l'activité subordonnée des organismes
de l'État légal, à faire taire par des promesses à réaliser dans un futur indéfini les exigences des "amis du peuple", et à étendre un voile de bel aspect sur les relations réelles. En
contrepartie, le Vatican ne porte pas la moindre responsabilité pour les conséquences de son gouvernement. Il est en somme un pouvoir irresponsable et de dernière instance, tacitement accepté par
tous les signataires du « pacte constitutionnel » et leurs héritiers.

85. (p. 114)
mouvements de 1893-98 (des Faisceaux siciliens à la révolte de Milan) furent en revanche des mouvements ouvriers-paysans. Les forces féodales
restantes étaient réduites, comme la bourgeoisie, à la défensive et s'allièrent avec la bourgeoisie : la crise de 1893-98 marque de fait la fin de la ‘paix armée’ entre le Royaume d'Italie et
l'Église Catholique, la fin du
elles ont orchestré une véritable régression
dans des territoires qui avaient atteint, avant l'unification, un degré de développement susceptible de leur 'faire de l'ombre'. En effet, si le royaume bourbon de Naples était
profondément arriéré sur la majeure partie de son territoire, il n'en allait pas de même pour sa capitale : Naples était une ville florissante, un port majeur de la Méditerranée, la ville la plus
peuplée du nouvel État, loin devant Turin, Milan ou Rome (elle le restera... jusqu'au ventennio fasciste), la première de la péninsule dotée d'un éclairage urbain public ou encore d'un
chemin de fer (1839), etc. etc. Lorsque l'on voit Naples aujourd'hui, véritable 'tiers-monde en Europe', avec ses monceaux d'ordures non ramassées, ses rues et ses immeubles insalubres, sa misère
et sa corruption, sa jeunesse livrée à la drogue et à la délinquance supervisée par la sinistre Camorra, l'on mesure toute l'ampleur du génocide social perpétré par la
bourgeoisie du Nord, pour faire du Sud non seulement un grand 'marché unifié', mais aussi ce qu'il faut bien appeler une semi-colonie... C'est là que l'on mesure tout le
grotesque et le pathétique de la Ligue du Nord du bouffon Bossi, avec ses appels à la séparation ou, en tout cas, à une large autonomie du Nord, fustigeant le parasitisme de 'Rome la
voleuse' et l'arriération du Sud terrone ('cul-terreux') ; alors que celui et celle-ci, s'ils plongent - certes - leurs racines dans l'époque pontificale et bourbonienne, sont
manière dont
mondiale
Un nouvel article du site
'Voie
Lactée' nous expose '4 conceptions différentes du maoïsme', la dernière (celle de Gonzalo du Pérou) se subdivisant elle-même en deux interprétations possibles. Mais à chaque fois, nous
disent-ils, les personnes décrites (militant-e-s politiques, y compris eux-mêmes) ont 'choisi' ou 'voulu' ceci, 'décidé' ou 'cru pouvoir' cela ('gérer la réalité' ou simplement l''accompagner',
'reconstruire le vieux MRI' ou 'correspondre à la réalité' en soutenant la Guerre populaire en Inde, 'saluant' celle du Pérou, rejetant la trahison au Népal et appelant à une nouvelle conférence
MLM, etc. etc.). C'est donc bien, dans leur raisonnement et leurs mots mêmes, qu'il y a à un moment donné une 'décision', un 'choix', une 'volonté'
de dire et faire ceci ou cela... non ? Les maoïstes du Pérou, d'Inde, des Philippines ou du Népal ont bien, à un moment donné, après analyse concrète de
la situation concrète,
C'est bien en ayant saisi cette complexité que les marxistes ont toujours
expliqué qu'il y a, au milieu des masses populaires (l'ensemble de la population, sauf la classe qui dirige la production et gouverne/exploite la
société), une 'classe révolutionnaire jusqu'au bout', le prolétariat, qui est la classe totalement plongée dans le caractère social de la production
; mais que, au sein même de cette classe, tout le monde n'a pas le même niveau de conscience, de compréhension du problème-capitalisme et de sa solution révolutionnaire, tout le monde n'a pas la
même VOLONTÉ (eh oui !) de s'organiser et combattre, encore moins de consacrer voire sacrifier sa vie à ce combat ; et donc, cela donne lieu à une AVANT-GARDE RÉVOLUTIONNAIRE que l'on nomme
'Parti' (les éléments les plus conscients, décidés et organisés pour agir de la classe révolutionnaire jusqu'au bout, qui peuvent éventuellement, lorsqu'ils ont longtemps été maintenus dans
l'ignorance, 'recruter' des éléments d'autres classes subalternes, plus 'instruits'). Cette volonté résulte de mille et uns facteurs ne relevant pas
seulement, d'ailleurs, de la 'place dans les rapports de production' (sans quoi, tout-e ouvrier/ouvrière ou 'subalterne' au salaire minimum serait communiste...), ni de la 'place dans
l'organisation sociale/rapports sociaux' (qui ne se limitent pas aux rapports de production), mais aussi, par bien des aspects, du parcours individuel, du vécu personnel de chaque personne...
tout cela constituant le point du vue depuis lequel la personne perçoit la réalité, que sa pensée va refléter. Il en va de même pour les personnes
des classes 'intermédiaires' que l'avant-garde prolétarienne va 'recruter' pour l'aider dans son combat : des milliers de facteurs de vécu personnel
amèneront ces personnes à se ranger sous la bannière du prolétariat, et non de la bourgeoisie ('de droite' ou 'de gauche'). Évidemment, la 'pensée' au sens où l'entend 'Voie Lactée', c'est à dire
la CONCEPTION/COMPRÉHENSION COMMUNISTE de la réalité dans un pays donné, qui va guider l'action du Parti révolutionnaire dans ce pays, n'est pas l’œuvre d'un seul individu : elle est l’œuvre de
l'avant-garde, du Parti comme 'intellectuel collectif', ce qui va permettre (à travers la lutte interne idées justes/idées fausses) de 'lisser', d''épurer' cette pensée des imperfections qu'il y
a inévitablement dans la pensée d'un individu isolé.
populaire... ce que l'on peut, à notre humble avis,
attendre longtemps ! L'on rejoint là, finalement, la critique que font les camarades du (nouveau) Parti communiste italien, dans leur 'bilan-synthèse' de la première vague de la révolution
prolétarienne (1917-92), aux Partis communistes 'kominterniens' des pays occidentaux : ces Partis ont généralement attendu (en ce qui les concerne, dans le travail politique légal, syndicaliste,
électoraliste, d''agitation' par la presse etc.) que 'les conditions soient réunies' pour que la révolution 'éclate'. C'est cela qui les a amenés, toujours selon le (n)PCI, à passer sous la coupe
de la 'gauche' bourgeoise, à s''institutionnaliser' et à s''enkyster' dans l'ordre social qu'ils prétendaient (au départ) combattre ; et ceci a été la base matérielle (pour ces Partis qui n'étaient pas au pouvoir) de l'émergence des idées révisionnistes
(anti-marxistes mais habillées de marxisme 'repensé', un beau 'reflet dans la pensée' pour le coup !), émergence qui a, bien souvent, précédé de beaucoup la prise de pouvoir de Khrouchtchev en
URSS.
'idées
nouvelles' en
derrière les intellectuels humanistes.
3/ Lumières et révolutions bourgeoises proprement dites, qui généralise à l'Europe et à l'Amérique du
Nord les républiques et les monarchies parlementaires bourgeoises (1750-1850). Les dernières survivances féodales sont balayées avec l'absolutisme devenu inutile et obsolète. Les forces
cléricales sont plus ou moins maintenues selon les besoins d'encadrement des masses, mais dans tous les cas amoindries. L'avant-garde est ici les philosophes 'éclairés', puis les 'sociétés' telles que la franc-maçonnerie et enfin les 'clubs' de révolutionnaires bourgeois (de Mirabeau à La Fayette, de
Robespierre à Danton).
Concernant la critique émise à l'encontre de Staline, elle rejoint globalement le point de vue de Servir le Peuple sur la direction soviétique de cette époque-là : les plus graves
dérives n'ont pas été des dérives 'thermidoriennes', de droite, contrairement à ce qu'affirment les trotskystes ; mais au contraire des dérives 'de
gauche', ultra-volontaristes et subjectivistes, cherchant à faire rentrer ('au forceps' si besoin) la réalité matérielle ('Voie Lactée' prend
l'exemple de la nature, mais la société soviétique n'était pas en reste) dans la conception que la direction du PCbUS avait de la société socialiste en marche vers le communisme. Il suffit
d'avoir étudié, même superficiellement, les thèses de Trotsky, pour s'apercevoir qu'elles étaient ENCORE PLUS subjectivistes, ultra-volontaristes et irréalistes : mépris du caractère encore très
majoritairement rural et arriéré de l'URSS ; négation du fait (et controverse avec Lénine sur ce point) que le jeune État révolutionnaire 'populaire' ne soit pas 'parfait' et puisse entrer en
contradiction avec le prolétariat ouvrier proprement dit, celui-ci ayant donc besoin de ses 'conseils' et de ses syndicats pour se défendre, au besoin contre l’État et les cadres de la production
eux-mêmes (Trotsky voulait faire des syndicats des outils d'encadrement militaro-bureaucratique de la production) ; refus de comprendre la 'lenteur objective' d'un processus révolutionnaire
prolétarien, qui ne peut certainement pas embraser le monde, ni même un continent entier, en quelques années, etc. etc. Et lorsque l'on voit la 'social-démocratie radicale' qu'est devenu le
trotskysme aujourd'hui, cela rejoint totalement l'affirmation de 'Voie Lactée' (mais qu'ils feraient bien de méditer pour eux-mêmes...) : la 'phrase d'ultra-gauche', l''ultra-radicalité', le
'super-révolutionnarisme' finissent toujours, face au 'mur du réel', par aller s'échouer dans le marécage de l'opportunisme réformiste.
'Donc', la tâche principale que l’État révolutionnaire doit confier à la société est de 'produire, produire et encore
produire' et, 's'il vous plaît', faire suivre au pas de course les rapports sociaux, conceptions etc... Sauf que (l'on s'en aperçoit très vite), ceux
et celles-ci ne 'suivent' pas ; au contraire, se développent et se renforcent des rapports sociaux qui, jour après jour, préparent le terrain à la
prise de pouvoir révisionniste (restauratrice du capitalisme à travers un processus plus ou moins long). Tout simplement, parce qu'en dernière
analyse les rapports sociaux d'une société dérivent (fut-ce en 'retardant' un peu) des RAPPORTS DE PRODUCTION, et, si la production augmentait effectivement dans des proportions considérables
(équivalentes sur 20 ans aux révolutions industrielle 'françaises' ou 'britanniques' sur trois quarts de siècle), les rapports de production
restaient... profondément arriérés. L'usine ou le sovkhoze pouvaient bien être propriétés de l’État, lui-même (officiellement) 'propriété' de la classe ouvrière et des paysans, mais il y avait
toujours des chefs, des cadres et des exécutants, des dirigeants et des dirigés, des 'qui savent' et des 'qui écoutent (et font ce qu'on leur dit)',
des intellectuels et des manuels, des villes et des campagnes, des centres et des périphéries, une
nation majoritaire et dominante (les Russes) et des nations minoritaires et dominées (Ukrainiens, Baltes, Caucasiens, Sibériens, Centre-asiatiques), etc. etc. ; tout cela agrémenté, évidemment,
d'avantages matériels faisant se dire, aux 'avantagé-e-s', "et pourquoi pas le capitalisme... tout simplement ?" (ou un 'socialisme' plus 'souple',
mettant moins de limites à leurs privilèges...).
n'amène pas une société au communisme, si elle n'amène pas à avoir la capacité de résoudre les contradictions existantes en faveur des travailleurs, si elle ne minimise pas le besoin
de l'Etat et du Parti afin que les travailleurs deviennent les maîtres, et si elle n'est pas capable de diviser le pouvoir dans la société sur la route vers le communisme, alors il y a un
problème. Être au pouvoir est un instrument pour mobiliser les masses travailleuses vers le communisme. Ici, l'importance de la
question de la "révolution socialiste" devient plus apparente. Le pouvoir prolétaire n'est pas le monopole du Parti, il est la force guidant par la gestion de la direction du Parti, et c'est le soutien de ce pouvoir par les
masses travailleuses. Les travailleurs ne peuvent pas être privés du contrôle de la société, du droit à se révolter contre l'injustice, quel qu'en soit le prétexte ; ils ne peuvent pas
être privés de leur droit à la continuation de la révolution"
Disons-le clairement : telle n'est pas notre conception de l'engagement communiste. Nous voulons élever au plus haut possible notre
compréhension communiste du monde, nous organiser sur cette base et AGIR ;
nous voulons être une FORCE MATÉRIELLE de transformation de cette réalité pourrissante qui nous entoure. Le capitalisme, oui, est désormais
condamné à sombrer jour après jour dans toujours plus de barbarie et de souffrances atroces pour l'humanité ; l'époque (de la fin du Moyen-Âge au milieu du 19e siècle) où ses exactions
s'accompagnaient encore de
lorsqu'il
publie des choses intéressantes...). Servir le Peuple n'est qu'un modeste média d'information et de réflexion révolutionnaire basé sur le marxisme-léninisme-maoïsme, ni une organisation
ni un collectif ayant vocation à le devenir ; et il se rattache plutôt à un courant du maoïsme international que le PCE-CR qualifierait de 'centriste' voire d''éclectique'... Néanmoins, la
démarche engagée par le PCE-CR apparaît intéressante, CONSTRUCTIVE pour le MCI, contrairement à celle de certains autres groupes. Les points d'accords avec ce document, comme avec d'autres
précédemment, sont comme vous le verrez nombreux. C'est pourquoi il nous a paru important, sans se donner (et, surtout, sans que le PCE-CR ne nous donne) plus d'importance que nous n'en avons,
d'apporter notre point de vue sur les différents points soulevés. Pour SLP, le débat engagé par le PCE-CR soulève de nombreuses questions de CONCEPTION DU MONDE, en particulier du phénomène
'révolution prolétarienne', qui sont essentielles pour renforcer le marxisme-léninisme-maoïsme comme idéologie guidant la nouvelle vague mondiale de la révolution prolétarienne.
- L'analyse économique de l’Équateur rejoint et confirme, très largement, ce qu'a pu développer SLP dans son article
radicale (1789-94), instaurant le règne de la petite propriété parcellaire qui a ensuite, par 'sélection naturelle', régressé (remembrement) en alimentant
progressivement le prolétariat industriel des grands centres et la petite industrie rurale (ainsi que quelques colonies de peuplement : Algérie, Kanaky ; et une certaine émigration
notamment... vers l'Amérique du Sud). Aujourd'hui, cette situation ne peut être surmontée que par une révolution démocratique qui relève de la mission historique du prolétariat,
organisé derrière son Parti communiste.
son bilan en positif et négatif, et, surtout, la désintégration sous
l'effet de la retraite stratégique mondiale du mouvement communiste dans les années 1970-90, nous ont laissé en héritage une situation d'atomisation des forces révolutionnaires
(et de cloisonnement dans les petits sectarismes) que notre première tâche de communistes révolutionnaires est aujourd'hui de surmonter. Précisément pour cette raison, SLP émettrait une
réserve sur le point "entendu que le prolétariat n'a pas deux ou trois expressions organisationnelles, mais une seule, et centralisée" : il semble y avoir là une erreur
'volontariste'. L'état de dislocation des forces révolutionnaires, y compris les plus avancées (en Équateur, déjà deux organisations différentes, dont le PCE-CR, se réclament du
marxisme-léninisme-maoïsme 'conception Gonzalo'), est un legs de l'histoire du mouvement communiste international, de la première vague mondiale des révolutions prolétariennes (1917-92), et il
semble illusoire d'y remédier par la seule force de la volonté. Cette histoire est désormais trop riche en expériences et en bilans de celles-ci, pour que l'intégralité
du prolétariat et des classes populaires avancées en partagent la même analyse dans une seule et même organisation ; en tout cas, au stade où nous en sommes. Il faudra sans doute
attendre d'en être au seuil de l'équilibre stratégique de la Guerre populaire (double pouvoir, forces armées révolutionnaires consolidées et permanentes), ou même au-delà, au seuil de
l'offensive stratégique, pour voir un Parti émerger de manière incontestée comme force dirigeante du processus, les autres fusionnant avec elle ou intégrant son Armée et/ou son Front
uni. Dans le processus actuel de décantation qu'évoque très justement le PCE-CR, les efforts de chaque organisation qui croit en sa propre ligne (ce qui semble être un
minimum...) doivent tendre à agréger autour de celle-ci le maximum de forces, qu'il s'agisse de militant-e-s recrutées, ou d'autres organisations qu'elle amène à travailler sainement avec elle.
Elle doit devenir un centre d'agrégation ; et pour cela, prioritairement 'travailler sur elle-même' (renforcer sa propre ligne, par l'expérience pratique, le bilan de l'expérience et la
lutte de lignes en son propre sein). Au stade de la défensive stratégique où nous nous trouvons (dans la 'Guerre populaire mondiale'), cela n'est pas possible sans accepter la
réalité concrète d'un certain 'pluralisme révolutionnaire', légué par 160 ans d'histoire, de grandes victoires mais aussi de terribles défaites, du moment que l'on est d'accord sur le
problème (le capitalisme, la semi-féodalité là où elle existe, l'impérialisme) et la solution (la révolution prolétarienne). En cela, le PCE-CR a raison de critiquer la déplorable pratique des
fragments du PC d'Inde marxiste-léniniste qui, dans les années 1970-80, en venaient à l'affrontement armé. En revanche, il a tort de vouloir universaliser abstraitement la ligne de
conduite des organisations maoïstes vis-à-vis du hoxhisme, à partir de ses rapports problématiques avec le PCMLE (nous y reviendrons) ; ou encore, de dénoncer le fait qu'une organisation
marxiste-léniniste équatorienne 'parle' avec des libertaires.
SLP exprime, par ailleurs, son accord total sur le point "Ce qui est correct est la centralisation stratégique (ligne générale) et la
décentralisation tactique (application souple de la ligne générale selon les conditions spécifiques de chaque région ou localité)" (d'autant plus que cette affirmation s'appuie sur
l'expérience concrète de l'organisation). Ce point de vue est d'autant plus partagé que SLP travaille depuis longtemps dans le contexte d'un État européen (le plus grand en taille après la Russie
et l'Ukraine), perclus de questions nationales, avec dans ses quartiers populaires des colonies intérieures (prolétariat/classes populaires issues des semi-colonies)
produites par le caractère impérialiste de l'État : autant de réalités locales particulières et donc de luttes différentes, qu'il faut pourtant coordonner face à un État unifié,
état-major unique des exploiteurs. De la même manière, la perception du développement concentrique du mouvement révolutionnaire et des ses instruments est d'une grande justesse de notre
point de vue.
révisionnistes/réformistes armées et de l’État oligarcho-fasciste colombien, analogie qui avait déjà été critiquée par une organisation maoïste d’Équateur (nous ne nous souvenons plus
laquelle -
Gaurav-Badal et au 'centre-gauche' Basanta-Biplab (la 'ligne rouge', à proprement parler, semblant se réduire au Next Front de Rishi Raj Baral, qui
doit maintenant développer sa 'force d'attraction' révolutionnaire). SLP n'a jamais caché qu'au moment des accords de 2006, il se serait plutôt situé sur la ligne du PC d'Inde marxiste-léniniste
'Naxalbari' (OK pour une 'pause tactique', attention aux possibles dérives réformistes, surveiller de près la lutte de ligne au sein du PCN(m)), avant d'évoluer vers les positions du PC d'Inde
(maoïste), beaucoup plus hostile à la 'tactique' du PCN (maoïste) dès le départ. Le PCE-CR aurait pu, également, évoquer la ligne de 'centre-droite' du PC des Philippines et de José Maria Sison,
ligne de type 'cubain' ('campisme', soutien aux nationalismes bourgeois 'anti-impérialistes' de type Syrie, Libye ou Iran) dont les contradictions avec l'aile 'rouge', MLM, du maoïsme
international ont éclaté en 2011 au sein de l'ILPS (avec l'exclusion du Front révolutionnaire démocratique d'Inde, et d'autres organisations turques et iraniennes). À cette affaire, d'une grande
importance pour le mouvement maoïste international, les 'dénonciateurs' ultra-gauche 'avant tout le monde' de la 'trahison' au Népal (le 'PCMLM' de 'France') n'ont pas consacré une seule ligne
sur leur site 'Voie Lactée'... mais il faut dire, à leur 'décharge', qu'ils avaient eux aussi adopté une position 'campiste' de soutien 'anti-impérialiste' aux régimes Kadhafi et Assad. Sur ce
point, à la lecture de son article critiquant Julian Assange, le PCE-CR semble avoir une position beaucoup plus correcte, prolétarienne, maoïste.
se sont brisées les organisations communistes combattantes d'Italie dans les années 1970, organisations qui fusionnaient Parti et Armée, ce qui a
conduit à une déviation militariste : l'activité militaire a pris l'ascendant sur l'activité partidaire (qui est de développer la théorie à partir de la pratique, d'élaborer une
conception du monde pour mobiliser les masses). Ceci dit, la déviation militariste a aussi existé dans des situations qui distinguaient bien le Parti, l'Armée et le Front, comme en Argentine
(PRT, ERP et FAS) ou au Pays Basque (HASI, ETA et KAS) : dans ces deux cas, le Parti comme centre d'impulsion de la conception prolétarienne/révolutionnaire du monde s'est
progressivement subordonné à la force armée (sous l'influence du guévarisme), ce qui a conduit à l'écrasement. L'Armée a pour vocation offensive de frapper l'ennemi de classe, et pour
fonction défensive d'être la 'cuirasse' du Parti ; mais celui-ci, on l'a dit, n'est pas pour autant un cénacle d'intellectuels avec leur 'garde prétorienne' : ses membres sont également membres
de l'Armée. Autour du Parti et de l'Armée, il y a le Front uni ; et même, pourrait-on dire, deux cercles concentriques formant le Front uni : un Front 'restreint' et 'offensif', formé
d'organisations générées directement par le Parti et d'organisations étroitement alliées (voire en discussion pour la fusion avec celui-ci) ; et un Front plus 'large' et 'défensif', avec des
organisations de masse alliées au Parti (parfois momentanément seulement), pour des luttes économiques 'dures' contre les assauts les plus brutaux du Capital envers les masses, des luttes
démocratiques radicales (femmes, jeunesse, minorités, immigrés etc.), antifascistes, anti-impérialistes, anti-répression, etc. Il est important de distinguer ces deux 'cercles' concentriques du
Front uni, sans quoi celui-ci risquerait d'être instable et insuffisant à former l''écorce' du Parti dans la Guerre populaire. Au contraire, la bonne compréhension de l'articulation
Parti-Armée-'double Front' permet de déployer efficacement le travail politique révolutionnaire de masse, violent et non-violent, armé et non-armé, légal et illégal.
Amérique latine, SLP n'a jamais fait mystère de son
désaccord sur ce point, désaccord qui a d'ailleurs fait exploser les contradictions avec les actuels rédacteurs du site 'Voie Lactée'. SLP considère que cette caractérisation relève du
schématisme que dénonçait
Ce phénomène a, par ailleurs, toujours existé, dans des formes propres à chaque époque : par exemple (exemple extrême, le plus
réactionnaire et proche du fascisme), il y a toujours eu des éléments que l'on qualifiera de 'révolutionnaires anticapitalistes', ou même de 'marxistes' (sans se poser la question du
marxisme-léninisme-maoïsme, qui de toute manière, n'existait pas à cette époque comme supérieur développement du marxisme), tels que le PCR se réclamant du marxisme-léninisme et de Mao
Zedong, ou avant lui le 'Mouvement ouvrier communiste' de Rodolfo Puiggrós (et de nombreux courants trotskystes), pour soutenir 'critiquement' le péronisme argentin qui, pourtant, déniait
Servir le Peuple, depuis sa création (octobre 2009), a toujours considéré que le régime Correa était le plus
'droitier' de l'ALBA ; ou, autrement dit, celui où les contradictions entre les trois forces (nationalisme bourgeois, réformisme petit-bourgeois et révolutionnaires 'insuffisants' - que
les maoïstes doivent évidemment 'capter' à eux en priorité) du mouvement qui, à partir de l'an 2000, l'a conduit au pouvoir en 2007, étaient les
Mais, pour SLP, le fascisme est l'expression de la bourgeoisie impérialiste la plus brutale
et, dans les pays semi-coloniaux, des secteurs oligarchiques liés aux franges les plus brutales de l'impérialisme dominant principal - en Amérique latine, il s'agit de
l'impérialisme nord-américain et plus secondairement européen. En Amérique latine, le fascisme a le visage de Pinochet et Videla, de Banzer et Rios Montt, de Fujimori et Uribe ; il a pour
Mein Kampf la Guerre moderne de Roger Trinquier, pour SS un paramilitaire colombien ou un kaibile guatémaltèque ; et rien d'autre. Au demeurant, telle était la position
des maoïstes (FRP-mlm) de Bolivie en 2008, puisqu'ils titraient l'un de leur communiqués 'Ni fascisme de la Media Luna, ni réformisme du MAS'. Et les
maoïstes du Pérou ont toujours clairement identifié l'impérialisme dominant leur pays comme 'principalement US' et le fascisme comme les secteurs oligarchiques liés à cet impérialisme, même sous
couvert de 'nationalisme' et de social-démocratie (comme l'APRA) : le fascisme de Garcia et Fujimori-Montesinos ; et ce qu'ils reprochent à Humala, c'est son passé génocide (avéré) dans la guerre
contre-révolutionnaire de l'époque Fujimori (cependant, ils - en tout cas leurs médias générés comme 'Sol Rojo' - partagent l'analyse du 'bolivarisme' comme 'fasciste').
- La volonté de rendre universelle sa ligne de conduite envers les hoxhistes équatoriens (PCMLE), qui ont (visiblement) une pratique effectivement
détestable à son encontre. SLP n'est pas, loin de là, un défenseur acharné des adorateurs d'Enver Hoxha. Mais nous pensons, néanmoins, que la ligne de conduite doit être définie par les maoïstes
de chaque pays en fonction de la réalité concrète des forces hoxhistes (sachant qu'il y a, souvent, plusieurs organisations s'en réclamant dans un même pays), et, ajouterait-on, des forces se
réclamant du marxisme en général. Comme toute idéologie erronée, donc impuissante à saisir correctement le monde qui nous entoure, le hoxhisme, qui a déjà 35 ans d'existence,
tend au fil des années à se différencier en de multiples organisations à la ligne et à la conception du monde très variable.
Le fait est qu'en 'France', le hoxhisme est un parangon des deux tares historiques du mouvement communiste dans cet État bourgeois : l'opportunisme 'front large' (ligne
suivie actuellement par le PCOF, 'Parti frère' ICMLPO du PCMLE), et le dogmatisme petit-intellectuel, livresque et ossifié. Ces mêmes tares se retrouvent de pareille manière dans le
mouvement trotskyste (l'un des plus importants du monde, comme le PCE-CR le sait peut-être), tandis que le courant communiste libertaire perpétue, quant à lui, la 'tradition' politique
historique du 'blanquisme' (mouvementisme, syndicalisme révolutionnaire, praxis du 'coup d'éclat'). Universellement, le hoxhisme est caractérisé par les violentes attaques
lancées par Enver Hoxha et le Parti du Travail d'Albanie contre Mao Zedong et la ligne rouge du PC de Chine, au moment même où la contre-révolution venait de triompher dans ce pays, ce
qui a fortement précipité l'effondrement du mouvement communiste international dans la décennie suivante (même si ce ne fut pas le seul facteur, le rôle néfaste de l'URSS et du révisionnisme
pro-soviétique restant principal). Mais même cela, à vrai dire, n'est qu'une conséquence - et non le fond du problème. Le fond du problème du hoxhisme est que pour lui,
il suffit d'appliquer le marxisme-léninisme tel que compris et appliqué par la direction soviétique et les Partis de la 3e Internationale jusqu'en 1956 (deadline absolue !) et,
ensuite, par le PTA d'Enver Hoxha jusqu'en 1985. Ils ne comprennent pas que, si l'URSS et les PC liés à elle ont dégénéré à partir des années 1950 (et parfois, même, dès le milieu des
années 1930), et si le PTA et la 'démocratie populaire' albanaise ont dégénéré très rapidement après la mort d'Hoxha en 1985, c'est
Le problème du collectif Odio de Clase, pour SLP, ce n'est pas en soi de tisser des 'liens de travail' avec une organisation hoxhiste, dans le contexte
spécifique de l'État espagnol, dans une perspective antifasciste (l'État espagnol est toujours semi-fasciste, 35 ans après la 'transition', car la bourgeoisie peut difficilement faire tenir son
édifice par des moyens non-violents d'encadrement des masses) et internationaliste, avec le soutien à la Guerre populaire en Inde : est-il détestable de voir une organisation hoxhiste
évoluer dans le bon sens sur une question comme celle-ci ? C'est précisément lorsque Reconstruccion Comunista avait pris une position positive de soutien à la GPP en Inde,
dénonçant les positions 'brejnévistes' (PTB, KKE, PCPE, PC cubain etc.) de soutien au Left Front contre-révolutionnaire (qui gouverne plusieurs États indien), que SLP avait 'salué' cette
évolution dans le bon sens en pointant un lien vers le site de cette organisation (il y est toujours), laquelle mène par ailleurs un combat anticapitaliste et antifasciste respectable
dans plusieurs parties de l’État espagnol. Le problème n'est pas, non plus, dans l''éclectisme' de la ligne éditoriale d'OdC : qu'y a-t-il de mal, pour un média révolutionnaire, à tenir
factuellement informé-e-s ses lecteurs et lectrices des événements sur la ligne de front de la lutte de classe ou de la lutte anti-impérialiste à travers le monde ; quand bien
même les forces en présence (du côté prolétarien/populaire) ne seraient pas maoïstes ? Ne faudrait-il, alors, jamais parler de la Palestine, sous prétexte qu'il n'y a pas de force maoïste
affrontant l'occupation sioniste ? Et bien d'autres peuples en lutte, dans bien des pays du monde, sont dans la même situation... Non, le problème d'Odio de Clase, en profond
décalage, il est vrai, avec cette ouverture éditoriale et militante, ce sont ses
marxisme-léninisme-maoïsme, comme le PC des Philippines,
entretiennent des relations internationales avec le PCMLE. C'est d'autant plus déplorable que, si ce dernier ne mène pas la Guerre populaire en Équateur, c'est donc qu'il ne considère même
pas la Guerre populaire comme valable 'seulement' pour les pays semi-coloniaux, à dominante rurale et arriérés, comme c'est le cas de l'Équateur (quelle est alors, au juste, sa stratégie de
conquête du pouvoir, à part manifester et présenter des listes aux élections ?). Il ne considère donc même pas que "la lutte armée constitue la ligne fondamentale de la révolution en Amérique
latine", comme pouvait l'affirmer l'OLAS (organisation continentale d'idéologie cubano-guévariste) en 1968... Quelles affinités idéologiques peuvent donc bien exister entre ce Parti
et le PC des Philippines, qui mène vaillamment la Guerre populaire dans son pays depuis près de 45 ans ?
- Dans des documents antérieurs, le PCE-CR a pu parfois évoquer un 'plan impérialiste mondial d''accords de paix''. SLP
ne partage pas ce point de vue 'conspirationniste'. Servir le Peuple ne croit pas qu'il y ait un 'comité' impérialiste quelque part, à Washington ou ailleurs, impulsant des 'accords de paix'
capitulateurs aux forces populaires/prolétariennes organisées, révolutionnaires ou 'radicales', avec l'aide d''agents' sociaux-traîtres infiltrés... ce qui, pour le coup, serait une conception
très 'hoxhiste' ou 'brejnéviste' du monde. Les "accords de paix" et autres "réconciliations nationales", qui se sont multipliés depuis la fin des années 1980, sont simplement l'aboutissement
concret et logique de la grande période de reflux stratégique de la révolution mondiale (1975-92). Ce genre de déroute voit toujours, au sein de toute force organisée
révolutionnaire ou 'radicale', la victoire des tendances conciliatrices et capitulatrices, et la survie pénible et marginale des éléments fidèles aux objectifs initiaux (ceci est valable, même,
à l'intérieur de chaque personne militante, dont la pensée reflète la réalité autour d'elle). Les éléments restés fidèles à la ligne révolutionnaire n'ont alors plus qu'à patiemment
reconstruire... C'est une loi historique. L'exemple du Mouvement de Libération Nationale basque (la gauche abertzale), que SLP a suivi de près en tant que composante maoïste du
MLN occitan, est à ce titre édifiant : l'on y voit parfaitement que la ligne capitulatrice est née spontanément au sein du mouvement, sans aucune 'main tendue' (bien au contraire) de
l'État espagnol, tout simplement comme conséquence de l'échec militaire, dans les années 2000, de l'organisation politico-militaire ETA. Il n'y aucun 'plan' des États bourgeois ni du
'G8' impérialiste à ce sujet. Lorsque leur mouvement subit un grave revers, les révolutionnaires communistes
conséquents doivent se préparer à ce genre
d'événements, quasi inévitables, et se préparer à la reconstruction, qui pourra être longue et difficile. Ils doivent dresser le bilan de leur lutte et de leur échec, comprendre leurs erreurs et
en tirer les enseignements, car, le sens de l'histoire étant la marche au communisme, la cause de l'échec réside toujours principalement dans les erreurs des révolutionnaires
eux-mêmes.
habitant-e de l'Équateur ne fait pas 'nation
commune' avec un-e habitante du Mexique. Cependant, par la langue commune et une histoire largement similaire (colonisation espagnole brutale, puis domination impérialiste principalement
européenne puis US, et résistances à l'une puis à l'autre), les peuples des différentes parties du continent ont un grand et fort sentiment de commune fraternité, un sentiment
'continental' à défaut d'être national, qui sous-tend profondément l'histoire des luttes depuis l'époque des guerres d'indépendance ; même si les oligarchies locales ont (aussi) réussi à impulser
de forts chauvinismes, dans les masses des différents États, contre celles des États voisins (et même, au demeurant, au sein d'un même État, par exemple Quito vs Guayaquil, Sierra vs
Costa). Faut-il considérer que ce sentiment populaire, cette aspiration à la collaboration fraternelle des hermanos pueblos de Nuestra América, comme l'on dit là-bas, est
'petit-bourgeois guévariste' ou 'bolivariste' ? Doit-on considérer que le sentiment populaire, la conscience de masse de centaines de millions d'êtres humains, puisse être une 'déviation
collective' en décalage total avec la réalité matérielle et la manière dont les communistes maoïstes entendent la transformer - ou, dit autrement, que la conscience
collective puisse être autre chose que le reflet de la réalité matérielle ?
etc., cette invasion a la réputation d’avoir été particulièrement brutale, exterminatrice ; mais il s’agit peut-être d’une
construction historique a posteriori : ‘légende nationale’ celtique (propagée sur le continent depuis la ‘Petite Bretagne’ armoricaine), ou réécriture de l’histoire par les nouveaux
maîtres normands de l’île (à partir du 11e siècle), qui s’opposent à la noblesse ‘saxonne’. En tout cas, la langue des envahisseurs s’impose ; elle deviendra, à travers de longues
évolutions, l’anglais que nous connaissons actuellement. Ils fondent sept royaumes : Northumbrie, Est-Anglie et Mercie (Angles), Essex, Wessex et Sussex (Saxons, à l’ouest, à
l’est et au sud de Londres, comme leur nom l’indique), et les Jutes dans le Kent. Aux 9e-10e siècles, ces royaumes sont unifiés par les rois du Wessex : Alfred le Grand,
Édouard l’Ancien, Athelstan. Mais à la même époque, les Vikings danois s’installent dans une bonne moitié (nord et est) de l’actuelle Angleterre (Danelaw, autour des
La Nation
continent… C’est
donc, on l’a dit, sous Henri VIII (qui se proclame ‘roi d’Irlande’ en 1541) que va commencer la réelle annexion et domination anglaise de l’île. Ce processus
La Nation
film Braveheart. Finalement, Robert
Bruce bat les Anglais en 1314 à la bataille de Bannockburn : à l’exception d’une brève (nouvelle) tentative anglo-Balliol au milieu du 14e siècle, l’Écosse devient alors un
royaume indépendant pour près de 300 ans. Cette lutte de plusieurs siècles aura achevé de forger la conscience nationale écossaise. Dans sa lutte contre les Plantagenêt,
l’aristocratie nationale anti-anglaise a recherché l’alliance ‘évidente’ pour l’époque, celle... des Capétiens : c’est l’Auld Alliance entres les royaumes de ‘France’ et d’Écosse, à
l’origine d’une certaine francophilie culturelle dans cette nation. Ce n’est pas non plus un hasard si la dynastie Stuart, qui succède aux Bruce en 1371 et finira par accéder (1603)...
au trône d’Angleterre, aura alors (au 17e siècle) une géopolitique clairement pro-française. Au 16e siècle (prédication de
La Nation
Enfin
indépendants, ‘coiffés’ de très loin par l’autorité de tel ou tel roi, de l’Empereur germanique ou du Pape, avec ses campagnes qui produisent les
bases de la reproduction de l’existence, ses villes où émerge la bourgeoisie capitaliste et ses facultés où se développent la pensée et la connaissance ; et va donner
naissance aux
doute, de rebâtir un de ces ‘empires
gaulois’ du Bas-Empire romain, qui régnaient à la fois sur la Gaule continentale et l’île de Bretagne [la poursuite de ces ‘rêves impériaux’ de l’Empire romain tardif sera un grand
leitmotiv de toute l’époque féodale et même ‘moderne’, que ce soit avec Charlemagne, les empereurs germaniques, les ducs de Bourgogne, Charles Quint, et même Louis XIV voire Napoléon…
Mais ils se briseront systématiquement devant la nouvelle réalité nationale qui émerge alors]. Cependant, elle commence aussi, à cette époque, à se lancer à la
conquête des terres celtiques (Galles,
Henri VIII
compris des ‘terres du commun’ (pâturages, forêts) qui
assuraient une part primordiale de la subsistance des petits paysans yeomen. À ceci s’ajoutent les attaques contre l’Église et ses propriétés, qui jouaient un rôle d’amortisseur
social de premier ordre dans les périodes de disette. C’est le phénomène des enclosures, qui se poursuivra jusqu’au milieu du 18e siècle. Cette
appropriation brutale des terres d’usage collectif, et les innombrables expulsions pour dettes, jettent sur les routes des milliers de pauvres hères qu’une loi de 1531 (Beggars Act)
punit de… marquage au fer rouge, mutilations, travaux forcés ou carrément de pendaison ( !) pour 'vagabondage'. Ces populations errantes, ‘sans feu ni lieu’, seront progressivement prises en
charges sous Elizabeth Ière par les Poor Laws, qui mettent en place dans les paroisses civiles anglicanes un système d’assistance alimentaire minimale (par taxation
des plus aisés) et de… travail obligatoire, dans des ateliers paroissiaux concentrationnaires (workhouses) : la paysannerie sans terre se transformera ainsi,
progressivement, en classe ouvrière qui deviendra au 18e siècle la plus importante du monde. Les workhouses seront abolies en… 1930.
L’aristocratie ‘mutée’ en agro-capitalisme, elle, deviendra un pilier de la révolution industrielle britannique qui commence dès le 18e siècle : non
seulement elle produit l’
verra notamment
l’Invincible Armada de Philippe II, envoyée pour envahir le royaume, être anéantie au large de
aller
jusqu’à l’indépendance US), dont chacun connaît la postérité historique…
(de classe, religieux et national). Mais son successeur Charles Ier épouse, à peine devenu roi, la fille d’Henri IV (et sœur de Louis XIII),
et son contrat de mariage révèle des clauses (au départ secrètes) pro-catholiques et pro-françaises : cela – et ses conceptions absolutistes, dans la lignée paternelle – soulève l’opposition
farouche du Parlement anglais, qui ne cessera de dégénérer jusqu’au conflit ouvert à partir de 1640.
D'ailleurs, un fait
notable est qu'en plus du 1000 ans, du
protestants ont les cheveux plutôt courts, ‘à rebours’ de la mode aristocratique de l’époque). En 1648,
Charles Ier est vaincu, fait prisonnier, amené devant le Parlement, jugé et décapité (janvier 1649). Le ‘général en chef’ des armées Têtes rondes, Oliver
Cromwell, proclame le Commonwealth, une république bourgeoise calviniste radicale.
sud-anglaise, londonienne, qui poursuit et même
renforce,
Succédant à son père en 1685, Jacques II Stuart poursuit la même politique. La ‘solution’, pour les parlementaires et toutes les forces que le développement
capitaliste des forces productives met ‘en ébullition’ sous la chape absolutiste, semble alors être trouvée en la personne d’un prince protestant d’outre-Manche, gendre de Jacques
II : le prince Guillaume III d’Orange-Nassau, stathouder (gouverneur militaire) de Hollande. Il a dirigé, à ce poste, la résistance néerlandaise à la guerre
exterminatrice menée par Louis XIV (1672-78) contre les Provinces-Unies. Il lui voue depuis une haine inexpiable et en 1688, il est l’un des principaux organisateurs de la Grande
Alliance qui se forme en Europe (y compris avec des puissances catholiques comme l’Autriche, l’Espagne, le Portugal, la Bavière et même le Saint-Siège) contre l’hégémonie du Roi Soleil. Jacques
II, lui, demeure un fidèle allié du roi de France. Guillaume d’Orange débarque alors en Angleterre ; Jacques II s’enfuit en France et le stathouder hollandais est proclamé roi par le
Parlement : c’est la Glorieuse Révolution. Le consensus orangiste autour de lui est, cette fois-ci, large : bourgeoisie anglaise protestante et anglicane,
landlords agro-capitalistes
anglais d’Angleterre ou établis dans les terres celtiques, Lowlands presbytériens d’Écosse, etc. Seuls la nation irlandaise et les Highlands écossais s’accrochent encore,
par réaction nationale et religieuse, à Jacques II Stuart (roi catholique et écossais, ‘celte’), que Louis XIV aidera jusqu’à sa mort à tenter de reconquérir son trône ; mais c’est là (comme
le foralisme basque du 19e siècle) un mouvement anti-historique : l’Europe entre peu à peu dans le Siècle des Lumières, et ce sont Guillaume d’Orange et
les parlementaires anglais qui sont ‘dans le sens de l’histoire’. Les jacobites sont globalement vaincus au début du 18e siècle, quelques révoltes seront encore écrasées
jusqu’en 1746. En Écosse, le ralliement d’une forte minorité aux jacobites se solde finalement, en 1707, avec le soutien de la majorité presbytérienne, par
l’Acte d’Union qui supprime les institutions nationales (les représentants écossais siègeront désormais à Westminster), pour donner naissance au Royaume de Grande-Bretagne (un
projet
Ainsi s’achève le siècle des ‘Guerres des Trois Royaumes’
blanc et orange symbolise la volonté d’unité nationale par-delà les religions (le vert symbolise le catholicisme, l’orange le protestantisme et le blanc, la concorde
entre les deux), le catholicisme reste une composante essentielle de la conscience nationale, même si la société s’est – là aussi – beaucoup sécularisée depuis les années 1960-70, et même si cela
est parfois exagéré d’un point de vue ‘continental’ : les choses sont présentées comme un affrontement entre ‘catholiques’ et ‘protestants’, alors que les acteurs du conflit
eux-mêmes,
Royaume-Uni a donc pris, dans les nations celtiques, un aspect
nettement colonial, avec une conscience ‘nette’ (de part et d’autre) d’une nation en soumettant une autre, les plantations (grandes propriétés terriennes, à la condition
paysanne épouvantable) aux mains de landlords anglais implantés ou d’aristocrates locaux ‘vendus’, etc. etc. Il en résulte ce que l’on peut qualifier de contradiction
Centre (Angleterre, surtout le Sud)/Périphéries ‘parfaite’, dans un rapport quasiment métropole-colonies ; par opposition au ‘paradoxe espagnol’ où c’est
le ‘pourtour’ qui est plus avancé et développé que l’intérieur, lequel ‘tient’ pourtant l’appareil politico-militaire ; ou à la construction ‘France’, qui repose plutôt sur une colonne
vertébrale en ‘Y’ Rhône-Seine-Rhin, bordée de régions ‘favorisées’ (non sans ‘îlots’ ghettoïsés comme Marseille, les banlieues de Lyon, Paris ou Strasbourg, Belfort-Montbéliard, le Creusot etc.),
et des territoires marginalisés sur la frontière nord (de la Moselle à la baie de Somme), le Jura et l’arc alpin, et en Occitanie (le ‘Grand Ouest’ avec la Bretagne, la Normandie, l’Anjou, le
Poitou-Charentes étant dans une situation plus ‘moyenne’).
leurs théâtres d’opération) jusqu’à Waterloo (1815) ; on parle parfois de ‘3e Guerre de Cent Ans’ (1689-1815). Contre l’Espagne, elle appuiera également (1810-30) les
guerres d’indépendance des colonies latino-américaines, qui feront de celles-ci des semi-colonies (protectorats de fait) de Londres. L’Angleterre profite alors de sa domination
navale sans partage pour étendre sa domination coloniale d’un bout à l’autre du globe, de l’Inde au Canada, des Caraïbes à l’Australie. On peut peut-être utiliser la Guerre
d’Indépendance/Révolution américaine (1775-83, son unique revers) pour distinguer un premier empire colonial (Empire ‘moderne’) d’un second (Empire ‘contemporain’) ; mais
la ‘rupture’, entre les deux, n’est en aucun cas comparable à celle que représentent, pour l’Empire français, les défaites de Louis XV (1763) puis de Napoléon (1815).
londonienne) sur les masses populaires d’Angleterre, certes, mais aussi et surtout sur les nations
celtiques (toutes classes confondues, avec bien sûr des éléments aristocratiques, cléricaux et bourgeois ‘collabos’), sans même parler des peuples colonisés d’outre-mer. C’est
intéressant à relever, car il y a peut-être, dans le mouvement communiste ‘continental’, une tendance à la ‘déviation
En réalité, la Réforme protestante est née au 16e siècle
comme idéologie, d’une part, de dénonciation de la corruption de la hiérarchie catholique (trafic des indulgences etc.), mais aussi et
Donc, la mutation du
Royaume-Uni en État contemporain (bourgeois, capitaliste) est un processus globalement achevé avec le règne de Victoria (1837-1901). La révolution industrielle triomphe
et la population a plus que triplé (de 7 à 23 millions) entre 1750 et 1830 ; d’immenses cités industrielles (comme Manchester) surgissent de la verte campagne. Le Reform Act de 1832
intègre cette réalité en supprimant les ‘bourgs pourris’ (circonscriptions dépeuplées alors que des ‘villes nouvelles’ immenses, surgies en quelques décennies, n’ont pas de représentants) ;
en revanche, il n’élargit le suffrage (censitaire) que de 300.000 à 600.000 électeurs
30 ans –
et à toutes en 1928, pour le coup, 16 ans avant les ‘françaises’). Les Premiers ministres issus de la Chambre des Lords se ‘clairsement’ sous le règne : seulement quatre (cinq avec Disraeli,
anobli à la fin de sa vie), le dernier sera Robert Gascoyne-Cecil, 3e marquis de Salisbury (1895-1902) ; tous ensuite viendront des Communes (même si c’est une ‘tradition’ :
rien n’y oblige légalement). Le Royaume et l’Empire sont alors au sommet de leur splendeur, l’époque victorienne deviendra un ‘symbole’ de la Grande-Bretagne à
travers le monde entier. On notera toutefois que, vers l’État contemporain au sens où nous l’entendons, la transition est longue et progressive, depuis le milieu du 17e siècle
jusqu’au début du 20e : c’est le fameux ‘évolutionnisme britannique’, célébré par les courants politiques ‘libéraux’ qui l’opposent à la ‘culture française des révolutions’… Mais
la condition ouvrière et populaire, elle, est
effroyable ; comme la lecture de l’écrivain Charles Dickens suffit à s’en donner une idée : des millions de prolétaires de toutes les nations
constitutives (privés, comme on l’a vu, des tous droits civiques jusqu’en 1918) s’entassent dans les slums (taudis misérables) des cités industrielles du Nord
ou de Londres (East End), baignés dans la boue et dans le smog (littéralement : ‘brouillard de fumée’) des cheminées d’usine.
d’oppression et de massacres – encore que cela soit fort possible, en tout cas, il n’y a pas eu de grande guerre
d’extermination contre un mouvement d’indépendance, comme en Indochine et en Algérie. Mais l’Angleterre a toujours cherché à appliquer ce que l’on appelle l’indigenous
rule. L’impérialisme bleu-blanc-rouge, dans l’optique de ses théoriciens (Victor Hugo, Jules Ferry), se voyait dans un rôle d’’éducateur’ mondial : ‘nous sommes les Grecs
du monde’, disait Hugo au génocidaire Bugeaud. La ‘France’ était vue comme investie d’une ‘mission historique’, d’une ‘destinée manifeste’ : apporter la ‘civilisation’ française aux
peuples ‘mineurs’, ‘sauvages’ ou ‘barbares’, dans une forme de ‘tutorat international’. Une fois que les peuples colonisés seraient ‘majeurs’, ‘civilisés’, le régime colonial ne s’appliquerait
plus (il n’était pas, alors, précisé s’ils deviendraient des États ‘indépendants’ sous influence étroite, ou des départements ‘français’ comme le sont devenues les Antilles). Bien sûr, la
base économique était la même que pour tout impérialisme : la domination des monopoles. Mais telle était l’idéologie dont les monopoles se sont emparés
pour servir leurs intérêts – n’était-elle pas, finalement, qu’une transposition outre-mer de la vision que la bourgeoisie révolutionnaire parisienne, et déjà les ‘éclairés’ de la fin de l’Ancien
régime, avaient des ‘provinces reculées’ ?
Pour l’impérialisme ‘britannique’, en revanche, l’’aventure coloniale’ repose sur un seul mot d’ordre :
business as usual. Tant que les peuples colonisés font et fournissent ce que le capitalisme et les monopoles britanniques attendent d’eux, ils conservent leur
‘civilisation’, leurs langues, leurs traditions, et même leurs ‘élites’ et leurs institutions. Là où l’Empire ‘britannique’ veut créer une ‘Nouvelle Grande-Bretagne’ (comme au Canada, en
Australie ou en Nouvelle-Zélande), il la peuple d’Européens (de préférence du Nord…).
(militaire, diplomatique etc.) tout en restant bien sûr des alliés étroits de la métropole (et de l’impérialisme US) ; donnant
naissance à des impérialismes de petit ou moyen rang : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande ; sans compter l’’émergent’ sud-africain. Ils ne sont plus rattachés à
Londres que par le chef de l’
à la Révolution française et à Napoléon, puis dans l’expansion coloniale et face à l’Allemagne pendant les deux guerres mondiales) de
développer un certain ‘patriotisme britannique’, avec le fameux chant
Bien sûr, il y a eu la suppression de toute institution et gouvernement local. En Irlande, sous la pression du
mouvement national qui renaît avec
Pour les besoins
contreviennent pas de manière flagrante aux lois britanniques (évidemment, depuis le 11-Septembre 2001, et encore plus depuis les attentats
de Londres en 2005, les communautés de culture musulmane sont nettement plus ‘surveillées’). Elles continuent, dans leurs quartiers, à parler largement leurs langues nationales d’origine, et
parlent anglais avec un net accent qui les identifie immédiatement. Il n’y a pas de politique d’assimilation (issue, là encore, de la ‘logique’ appliquée outre-mer)
comme en ‘France’.
Le Royaume-Uni n’en reste pas moins une puissance impérialiste de premier plan
Le Royaume-Uni revêt une grande importance dans l’histoire du mouvement communiste international
L’île de Grande-Bretagne comptait, à cette époque, et de loin, le plus important prolétariat ouvrier de la planète - le Royaume-Uni était appelé, à juste titre, ‘l’atelier
du monde’, car à l’époque, les colonies et semi-colonies étaient encore (avant tout) des débouchés commerciaux et des fournisseurs de matières premières et agricoles, mais la transformation
industrielle de la matière s’effectuait quasi-exclusivement dans les pays en révolution industrielle comme l’Angleterre. C’est ainsi que, au-delà du seul marxisme, c’est aussi là que le
mouvement ouvrier au sens large s’est développé en premier. Tout au long du 19e siècle et jusqu’au début du 20e, il s’articule autour de deux axes
essentiels : le chartisme, qui réclame le suffrage universel (obtenu, on l’a dit, seulement en 1918 pour les hommes et 1928 pour les femmes) et le
bénéfice le plus larges des ‘libertés anglaises’ pour les classes populaires ; et le trade-unionisme, qui vise à unir (union) les travailleurs pour l’obtention des
meilleurs salaires, droits, conditions de travail etc. possibles dans les entreprises. Le Royaume-Uni voit aussi (toujours sur la question électorale) l’apparition du premier mouvement
féministe contemporain : les suffragettes qui réclament le droit de vote pour les femmes.
le marxisme, et qui commencera à gouverner en 1924
avec les libéraux (puis 1929-31, puis seuls en 1945-51, 1964-70, 1974-79 et enfin 1997-2010 avec Blair et Brown : autant dire que le travaillisme aura présidé à bon nombre des pires
saloperies de l’État britannique et de son Empire !). Le marxisme, s’il est ‘né’ pour ainsi dire en Grande-Bretagne, y restera toujours très
marginal ; et a fortiori le marxisme-léninisme (le PC ‘historique’ de Grande-Bretagne, celui de 1920, n’aura jamais que quelques dizaines de milliers de membres) et le
maoïsme, malgré des organisations parfois de qualité. Ceci contrairement, d’ailleurs, à bon nombre d’autres pays de culture ‘anglo-saxonne’ : USA (où il a toujours été beaucoup
plus important qu’on ne le pense, donnant des personnalités ‘phares’ du MCI comme Harry Haywood et des expériences lumineuses comme les Black Panthers), Canada (bien qu’il y soit surtout présent
au Québec), ou Nouvelle-Zélande (où la majorité du PC choisît la Chine dans les années 1960, héritage maoïste aujourd’hui poursuivi par le
Il en va sensiblement différemment dans les nations celtiques
(Glasgow). Le summum des conséquences de
cet ordre colonial barbare, tombant d’ailleurs ‘à point nommé’ pour favoriser le ‘nettoyage’ voulu par les landlords d’une île qui commençait à se ‘surpeupler’
À partir de la fin du 18e siècle, le mouvement national irlandais renaît ; il
tourne le dos au ‘passéisme’ jacobite (et, côté ‘protestant’ parfois, à un ‘nationalisme colonial’ sur le modèle américain : des ‘droits’... mais pour les colons seulement), pour
s’emparer des idées démocratiques avancées de la révolution bourgeoise ‘française’. Il repose sur une union de la bourgeoisie libérale et démocratique ‘protestante’, dont la figure la
plus connue est Theobald Wolfe Tone (1763-98), et des masses paysannes et populaires ultra-majoritairement catholiques : de là, on l’a dit, le drapeau irlandais que nous connaissons, symbolisant
de manière idéaliste la concorde (blanc) entre les catholiques (vert) et les protestants (orange). Le soulèvement de Wolfe Tone recevra l’aide du Directoire ‘français en guerre, lui
aussi, contre l’Empire britannique ; il sera néanmoins écrasé et sauvagement réprimé (Wolfe Tone lui-même sera condamné à mort, il se suicidera avant son exécution). Cette première tentative
donne néanmoins subjectivement naissance au nouveau mouvement national, animé d’un contenu progressiste - elle en restera une ‘référence’ jusqu’à nos jours. Le mouvement se ‘relance’ à
partir du milieu du 19e siècle (Grande Famine), notamment au sein de l’émigration en Amérique du Nord : Irish Republican Brotherhood (IRB, née en 1858 à Dublin et New York),
mouvement Fenian (plus large, désigne tou-te-s celles et ceux qui luttent par la violence contre la domination anglaise), et militantisme (plus pacifiste, de concert avec les ‘libéraux
avancés’ anglais) pour le Home Rule - l’autonomie, le retour d’un
Parlement et d’un gouvernement autonome irlandais. Au début du 20e siècle naît le Sinn Féin (1905), fondé par Arthur Griffith, qui
est au départ plutôt un mouvement de renaissance culturelle et ne prônant pas vraiment l’indépendance, mais plutôt une semi-indépendance en union personnelle via le souverain
britannique, sur le ‘modèle’ austro-hongrois. Mais, avec le développement d’une classe ouvrière irlandaise - et la grande importance des Irlandais-es dans le
prolétariat de Grande-Bretagne et d’Amérique du Nord, le mouvement national va bientôt voir naître un courant socialiste, avec notamment James Connolly, qui fonde en 1896 le
(premier) Parti
pour défendre le Home Rule face aux
Ulster Volunteers unionistes, farouchement opposés à celui-ci), pour déclencher l’insurrection de
activité devient alors très marginale. À la fin des années 1960 éclatent, au Nord, les ‘Troubles’ pour l’égalité des droits des ‘catholiques’, citoyens de seconde zone.
L’armée ‘britannique’ intervient, les institutions ‘nord-irlandaises’ sont ‘suspendues’ et l’IRA prend en main la résistance populaire. Dans ce contexte, un courant Officiel de l’IRA et
du Sinn Féin rejette le principe d’abstentionnisme électoral (qui exprime la non-reconnaissance des institutions britanniques, ‘nord-irlandaises’ et d’’Eire’), puis la lutte armée (1972)
et fait passer la libération nationale au 18e plan, pour se transformer en gauche ‘radicale’ électoraliste ; tandis qu’un courant Provisoire, peut-être
moins ‘socialiste’ mais plus intransigeant sur la question nationale, poursuit la lutte, ainsi qu’une scission des Officiels, l'Irish Republican Socialist Party
(IRSP) (
impérialiste mondiale quelques années auparavant…
Les éléments qui refusent cette dérive liquidatrice sont appelés les ‘dissidents’ : Republican Sinn Féin, 32CSM, IRA ‘véritable’ et ‘continuité’, etc. (l’IRSP/INLA
a pour sa part déposé les armes, à son tour, en 2009). Pour s’informer sur tout cela, et c’est très volontiers que pub leur sera faite, il y a le site des camarades de
Les autres nations
signifier en Europe ‘latine’). Nous avons ainsi un mouvement
suit une réelle stratégie de Guerre populaire
pour la libération sociale et nationale : ils se situent clairement sur un terrain légaliste et électoraliste, visant l’indépendance de l’
institutions. Les républicains sont ceux qui se revendiquent de Wolfe Tone, un protestant de l’époque de la révolution bourgeoise en France, qui
a voulu faire pareil en Irlande et chasser le colonialisme anglais, les nobles propriétaires terriens et bien sûr la monarchie. La base de l’idéologie, c’est la démocratie, le pouvoir pour tout
le monde, protestants et catholiques et autres. Rien que ça, c’est révolutionnaire là-bas, il y a des aspects très médiévaux en Irlande. Avec le développement de la classe ouvrière au 20e siècle,
le républicanisme a évolué, en incorporant les besoins et les exigences de la classe ouvrière. D’ailleurs, l’IRA vient de l’insurrection de 1916 à Dublin, où il y a eu la fusion d’une milice
ouvrière et des détachements armés patriotes qui avaient une idéologie nationaliste petite-bourgeoise. Donc les républicains aujourd’hui se disent socialistes, ils se définissent comme un
mouvement de libération national
Tel est le panorama que l’on peut dresser en cette fin d’année 2012
la fin des années 1990, le SNP
venant même de remporter les élections dans cette nation constitutive, ouvrant la voie à un possible référendum d'indépendance (ici un article du 



de
l’héritage civilisationnel antique ; rôle qui sera ensuite repris… par les ‘Maures’, coalition d’Arabes et d’Imazighen (‘berbères’) musulmans qui débarquent en 711 dans l’extrême-sud,
conduits par l’émir Tariq ibn Zyad. Car là est la dernière – et fondamentale – invasion de la péninsule, déterminante, indissociable des processus de formation nationale ET
étatique, tant par la civilisation (la plus brillante de l’époque en Europe et Méditerranée occidentale) qu’elle installera pour plusieurs siècles, transmettant aux langues locales (le castillan,
surtout) un nombre considérables de mots et de phonèmes qui leur sont propres, que par le processus de reconquête catholique contre elle, qui se déroulera, du Nord vers le Sud,
pendant plus de 7 siècles.
- depuis les territoires au sud de la chaîne cantabrique, peu arabisés et rapidement reconquis (9e-10e siècles) par la Galice, les Asturies
et la Cantabrie, en ‘déroulant’ là encore vers le sud : nation portugaise (à partir de la région de Porto-Braga-Bragance, atteignant l’Algarve en 1249, on peut considérer qu’il y a
deux ‘branches’ à cette nation, au nord et au sud du Tage) ; nation léonaise (autour de la ville de León, dont les rois asturiens font leur capitale en 914, et jusqu’à Salamanque à
la fin du 11e siècle) ; et bien sûr la nation castillane, qui démarre d’un petit comté autour de Burgos au 10e siècle, atteint la
Le royaume de León, héritier du royaume des Asturies qui fixe en 914 sa capitale dans cette cité reconquise, comprend en l’An 1000 les
actuelles Asturies et Galice, et le pays léonais (provinces de León, Zamora et Salamanca). En 1037, il fusionne avec un ancien petit comté établi autour de Burgos (comprenant aussi la Cantabrie),
qui s’est étendu vers le Sud jusqu’au-delà du Douro et s’est érigé en royaume : la Castille. Cette
En 1479, par le mariage d’Isabelle I
Concomitamment à ces évènements, survient un évènement historique d’une importance sans précédent, qui va
bouleverser l’histoire de l’humanité : la ‘découverte’par le capitaine génois Christophe Colomb (au service de Ferdinand et Isabelle), la conquête et la colonisation des
AMÉRIQUES
australe extrême de celle-ci,
le cap de Bonne Espérance. Les ‘Espagnols’, eux, ont une autre idée : ‘couper droit’ vers l’Ouest et, logiquement, puisque la Terre est ronde, l’on devrait atteindre en quelques semaines ou
quelques mois... les Indes ou la Chine. C’est ainsi qu’est ‘découvert’ le ‘Nouveau Monde’ (auparavant, des Scandinaves, des Celtes et des Basques en avaient touché les côtes du nord-est, mais n’y
avaient pas fait souche), dont il faudra plusieurs années encore pour réaliser qu’il s’agit d’un nouveau continent inconnu, et non de l’Extrême-Orient. Un évènement aussi important pour
l’humanité, à l’époque, que si l’on découvrait aujourd’hui une nouvelle planète habitée ; et qui lancera réellement (à travers la colonisation et l’exploitation de ce continent) ce que les
marxistes appellent classiquement ‘l’accumulation primitive’ du Capital : en réalité, le ‘boom’ économique du capitalisme (qui existait déjà depuis trois ou quatre siècles), qui le fera balayer
les dernières scories féodales, et débouchera sur les révolutions bourgeoises et la révolution industrielle.
La conquête et la colonisation des Amériques (pratiquement achevée au milieu du 16e siècle) va être, la Reconquista terminée, le formidable ciment de cette
construction politique plurinationale que l’on nomme désormais ‘Espagne’. Une pluri-nationalité qui est d’ailleurs, à l’époque, totalement reconnue : Charles Quint, qui
hérite du trône en 1516, s’il y met peu les pieds (héritier des Habsbourg d’Autriche et de l’Empire bourguignon, il vit surtout à Gand, en Belgique actuelle), dira ainsi de l’Espagne
qu’elle est ‘un ensemble de peuples, réunis pour l’accomplissement de destinées universelles’. L’Hispanité devient alors le grand mythe fondateur de l’État, sa principale
‘idéologie-ciment’, dont Franco (centralisateur espagnoliste autoritaire) usera encore dans les grandes largeurs au siècle dernier ; et encore aujourd’hui, la fête ‘nationale’ est le 12 octobre,
jour de la ‘découverte’ des Amériques par Colomb.
Le jeune royaume est alors la première puissance planétaire de l’histoire, c’est le ‘Siècle d’Or’ de ‘l’Empire sur
lequel le Soleil ne se couche jamais’. À la mort de Charles Quint, son fils Philippe II récupère l’héritage ‘espagnol’ (ainsi que le Portugal, pays de sa mère, annexé en 1580) et bourguignon
(Pays-Bas, Franche-Comté), tandis que son frère Ferdinand, déjà archiduc d’Autriche, récupère l’héritage germanique (la couronne du Saint-Empire).
pas une véritable mise en valeur comme ce qu’ont fait les colons anglais ou hollandais (et dans une moindre mesure,
‘français’) en Amérique du Nord, aux Caraïbes et en Asie. Elle n’en a pas profité, non plus, pour DÉVELOPPER une métropole qui était, à la fin du 15e siècle, très arriérée d’un point
de vue capitaliste (sauf les terres catalanes) ; ceci d’autant plus que Charles Quint, flamand de cœur, fera surtout profiter les ‘Pays-Bas’ (Benelux actuel), déjà - eux - très
développés, de la richesse ainsi accumulée.
L’Empire 'espagnol’ recule inexorablement en Europe. Le Portugal, royaume indépendant (et uni-national) depuis le
12e siècle, résiste à la domination castillane : il reconquiert son indépendance en 1640. Aux Pays-Bas, les provinces du Nord (les Pays-Bas actuels, ou ‘Hollande’) se soulèvent dans
une révolution bourgeoise (et aristocrate-moderniste) sous le drapeau de la Réforme calviniste : dès 1580, elles sont indépendantes de fait (‘République des
Provinces-Unies’), bien que cette indépendance (comme celle du Portugal) ne soit officiellement ‘sanctionnée’ qu’au traité de Westphalie, en 1648.
D’abord, la montée sur le trône d’un petit-fils de Louis XIV scelle une alliance de sang indéfectible du royaume espagnol avec
l’État moderne français, ‘ennemi héréditaire’ encore quelques décennies plus tôt. Mais une alliance qui, de par le développement inégal des forces productives et la
Ensuite, c’est juste à la sortie de la Guerre de Succession (et alors qu’une grande partie des
aristocraties et des bourgeoisies des différentes nations, en particulier en Aragon et Catalogne, avaient soutenu le prétendant habsbourgeois au trône), que suivant le ‘modèle’ de ses cousins
d’outre-Pyrénées, Philippe V de Bourbon va mener une politique de centralisation autoritaire à travers les Décrets de Nueva Planta (‘nouvelle base’, 1707-14).
Jusque là, en effet, s’il y avait bien un royaume d’Espagne ou ‘des Espagnes’ (on employait généralement le pluriel), la Castille-León et l’Aragon-Catalogne continuaient à former des entités
juridiques distinctes, avec leurs Cortes et leurs gouvernements distincts, leurs lois et coutumes propres (fueros) etc. ; de même, continuaient à exister sur le papier
le ‘royaume de Valence’, le ‘royaume de Majorque’, la 'principauté des Asturies', le ‘royaume de Navarre’ etc. etc., voire même le ‘royaume de Grenade’ (présent sur le blason de la monarchie,
encore aujourd’hui sur l’écusson du drapeau ‘espagnol’). On parlait, pour désigner ce système, de polysynodie. Il y avait ‘les Espagnes’, unies par leur souverain commun, la
défense du catholicisme et leur ‘destinée universelle’ d’outre-mer. Tout cela cesse d’exister ; sauf en Navarre et dans les ‘Vascongadas’ (les trois autres provinces basques :
Bizkaia, Gipuzkoa et Alava), où les assemblées et les fueros locaux sont maintenus jusqu’à l’époque isabellienne (années 1830-40).
dans le système
européen de la ‘Sainte Alliance’, entre 1815 et 1848. Car ils sont en réalité, sous la coupe de leur aristocratie qui a suivi la ‘modernité’ en traînant des pieds et de leur bourgeoisie
oligarchique, et bien sûr de l’Église catholique, une masse de manœuvre pouvant ‘voler à la rescousse’ de la grande bourgeoisie ‘du pourtour’, lorsque (hier) la révolution bourgeoise se
faisait un peu trop ‘radicale’ (sous l’influence d’éléments petits-bourgeois), et (aujourd’hui et depuis la fin du 19e siècle) lorsque se lève le vent de la révolution
prolétarienne. Le ‘système Espagne’ est en réalité un ‘cartel’ d’oligarchies (grand-bourgeoises et aristocrates ‘modernisées’), avec leurs ‘centres’ sur tout le pourtour (Barcelone, Bilbao,
Santander, Oviedo-
il suffira de dire de regarder vers le Nord : une ‘France’ conservatrice, c’est (quasi simultanément) une ‘botte castillane’ qui agit dans un sens conservateur ; une ‘France’
libérale, ‘progressiste’, c’est une Castille qui pousse l’‘Espagne’sur le chemin de la modernité capitaliste.
absolutiste et partisan de Louis XVIII. Suite à un coup de force que tente celui-ci, avec l’appui de l’aristocratie conservatrice, contre son père et Godoy, Napoléon
dépose tout ce beau monde (expédié en France) et installe directement son propre frère aîné, Joseph Bonaparte, sur le trône. Celui-ci commence immédiatement à prendre les ‘mesures’
révolutionnaires bourgeoises (refonte de l’administration, du droit etc.) que son cadet a déjà imposé à la ‘France’ et à une bonne partie de l’Europe. Mais cette fois, la
‘suzeraineté’ française se fait beaucoup trop ‘concrète’ : c’est clairement une occupation étrangère. La réaction nationaliste est unanime, panibérique. Au Nord et à l’Ouest,
elle est conservatrice, traditionnaliste, catholique, hostile aux ‘idées nouvelles’ et aux ‘réformes’ bourgeoises importées par les ‘Français’ ; au Sud et à l’Est, en revanche, elle est
libérale, parfois même libérale ‘avancée’ (mais ‘hispaniste’, hostile à la domination étrangère), et adopte en 1812 la Constitution de Cadix – qui
deviendra le ‘Graal’ des libéraux et des progressistes pour plus d’un siècle. Avec l’appui du ‘suzerain’ britannique, le Portugal résiste aux assauts napoléoniens. Les cinq ans de conflit qui
s’ensuivent sont véritablement le ‘Vietnam’ de Napoléon, aux affrontements ‘conventionnels’ avec les troupes anglo-portugaises et ‘espagnoles’ bourbonistes s’ajoutant une guerre de
guérilla (le terme naît à cette occasion) ; l'Empereur reconnaîtra lui-même avoir sans doute plus perdu la guerre en ‘Espagne’ qu’en Russie.
De retour sur le trône, Ferdinand (VII) balaye d’un revers de main la Constitution de Cadix que lui présentent les libéraux : il entend régner en monarque absolu
et ‘très catholique’, et arrime son régime de terreur blanche à la Sainte Alliance de Metternich et à la Restauration française de Louis XVIII, qui l’aide, en 1823, à écraser le
soulèvement andalou constitutionnaliste de
une femme de régner…) : c’est la première guerre carliste (1833-46), dans laquelle la France et l’Angleterre (avec son ‘vassal’ portugais) interviennent en faveur des
modernistes isabellistes, qui remportent finalement la victoire. Une Constitution de 1812 ‘édulcorée’ est adoptée (1837).
Alphonse XII, est couronné (1874), met
fin à la guerre carliste et proclame une nouvelle Constitution – encore une fois, du ‘1812 édulcoré’ (1876). Ayant ‘présenté sa candidature’, aux Cortes de l’oligarchie et à la junte
‘républicaine’, comme celle d’un ‘’prince catholique, espagnol, constitutionnaliste, libéral et désireux de servir la nation’’, il reçoit le titre de Pacificateur. À ce
stade (ère alphonsine, 1874-1931), on peut considérer qu’est achevée la mutation de l’’Espagne’ en État contemporain : une monarchie libérale,
constitutionnelle, avec un Parlement (Cortes) où s’affrontent des libéraux et des conservateurs ; et… totalement en phase avec la ‘république des notables’, du ‘juste
milieu’, qui règne alors à Paris. Cette période voit une première grande phase de
Mais le capitalisme mondial est entré, en même temps que se parachevait l’État contemporain, dans l’époque des crises générales du capitalisme et des
monopoles, et donc, dans l’époque de la révolution prolétarienne : le mouvement ouvrier, prolétaire rural et paysan-pauvre se développe à grande vitesse ; le
Parti socialiste (PSOE) naît en 1879, tandis que se développe (surtout en Catalogne industrielle et dans le prolétariat/semi-prolétariat rural du Sud) un mouvement anarcho-syndicaliste
qui devient en 1910 la CNT. De leur côté, prises entre la classe dominante (qui a trouvé son équilibre) et ce mouvement ouvrier-paysan en pleine expansion, les couches moyennes (intellectuels,
petits fonctionnaires, petits notables locaux, petits entrepreneurs, paysans moyens etc.) abandonnent le ‘libéralisme avancé’ du 19e siècle et s’ouvrent à l’idée
républicaine
Aborder la question de la guerre civile antifasciste
et les républicains
progressistes (centaines de milliers d’exécutions jusqu’en 1943), ne s’engagera cependant pas à leurs côtés dans la Seconde Guerre mondiale. Ce qui lui permettra, après 1945, de prendre toute
sa place dans le ‘dispositif’ anticommuniste du ‘monde libre’... encore une fois, sous le bienveillant ‘parapluie’ de l’impérialisme français, bien que celui-ci (pour faire bonne mesure ?
pour avoir deux fers au feu ?) héberge également l’opposition (modérée) en exil. Dans les années 1960, De Gaulle et Franco sont ‘copains comme cochon’. L’époque voit, surtout à partir de 1957
(avec les ‘technocrates’ de l’Opus Dei), une nouvelle grande vague de modernisation, qui se poursuivra jusqu’aux années 2000. Mais cette modernisation, en plus de se heurter à l’opposition
antifasciste populaire (qui ne pardonne pas l’assassinat de la République et de centaines de milliers de révolutionnaires, démocrates et progressistes), profite une nouvelle fois surtout au
pourtour et voit monter les affirmations nationales des bourgeoisies, supportant de moins en moins la centralisation castillane autoritaire (qui n’a plus vraiment lieu
d’être...).
À la mort du dictateur fasciste, son
les nationalistes bourgeois (catalans, basques, galiciens, andalous etc.) intègrent le ‘système’, les ‘affaires’ (notamment immobilières, secteur très important) de chaque
bourgeoisie nationale étant toujours ‘bien à l’abri’ sous le parapluie politico-militaire castillan. C’est l’État espagnol que nous connaissons aujourd’hui, dans lequel luttent
au quotidien, affrontent la répression, croupissent au cachot, sont torturés et parfois meurent des milliers de révolutionnaires de toutes les nations constitutives. Son capitalisme, 'tiré’ par
les locomotives catalane et basque ou encore cantabre (Banco Santander, première entreprise 'espagnole',
qui ont fourni au capitalisme et aux
révolutions bourgeoises (les transformant en États contemporains) leur ‘cadre propice’ de développement et d’action, sont tous sans exception des États plurinationaux
qui ont nié politiquement (et tenté de nier socialement et culturellement, au stade des monopoles) un ensemble de nations précédemment constituées ; et le ‘retour’ de ces
nations niées à un niveau supérieur (sur une ligne politique révolutionnaire, sous la direction du prolétariat) est une composante intrinsèque du processus de la
révolution prolétarienne (et non un épiphénomène ‘déplaisant’ avec lequel les révolutionnaires marxistes devraient, presque à contrecœur, ‘composer’).
Déjà dans les années 1930, les marxistes-léninistes venus de toute l’Europe, dépêchés par le Komintern pour ‘appuyer’ le jeune mouvement communiste en formation, avec leurs
conceptions ‘kominterniennes’ d’un Lénine ou d’un Staline qui ne s’étaient jamais départis d’un certain jacobinisme, comprirent rapidement avec quelle réalité sociale ils
allaient devoir ‘composer’. Ainsi, en Catalogne, la fédération locale du PCE sera amenée à former un Front, puis à fusionner en juillet 1936 (immédiatement après le pronunciamiento
franquiste) avec la fédération du PSOE, l’Union socialiste de Catalogne et le Parti prolétaire catalan pour former le Parti socialiste unifié de
Catalogne, tandis qu’un Parti communiste basque est créé en 1935. La gauche radicale et révolutionnaire était particulièrement ancrée en Catalogne et Pays valencien (où
s’installeront les institutions républicaines), au Pays Basque côtier (urbain et industriel) qui deviendra République d’Euskadi, en Andalousie, en Cantabrie et dans les Asturies (théâtre
d’une puissante
Aujourd’hui, il
Il y a évidemment, à cela, des raisons de culture politique historique : ‘droite’ = Franco = centralisation castillane autoritaire. Mais
ces ‘raisons historiques’, à moins de considérer que ‘l’histoire flotte dans les airs’, sont en réalité indissociables de la base matérialiste fondamentale sur
laquelle l’’Espagne’ s’est construite comme État moderne, puis comme État contemporain dans lequel se déroule présentement la lutte des classes.
l’histoire) sans le renfort
d’une frange aristocratique ‘éclairée’, moderniste. Et surtout - de ce fait même - elle n’a pas connu l’émergence d’une bourgeoisie dominante, qui aurait imposé sa langue et sa
culture aux autres bourgeoisies nationales puis, de là, à l’époque des monopoles, aux masses populaires. Les tentatives ont bien existé, au 18e siècle sur le ‘modèle français’, sous Primo de
Rivera, puis sous Franco ; sous ce dernier, le castillan s’est effectivement répandu dans toute la péninsule comme langue véhiculaire et ‘d’usage public’ (puisqu’il était interdit d’en parler
publiquement une autre) ; mais globalement, cela n’a jamais ‘pris’. Si bien que les langues, les cultures et les sentiments nationaux sont toujours bien vivants ; la centralisation castillane est
le ‘pilier’ de l’ordre établi, mais un ‘pilier’ strictement politico-militaire : malgré la férocité - et la durée - de la répression franquiste, aucune nation ibérique ne connaît le
niveau d’aliénation culturelle, de perte de conscience d’elle-même que connaissent les nations d’Hexagone après 200 ans de bonapartisme et de ‘République une et indivisible’. Toute
personne un tant soit peu ‘éveillée’ et progressiste en ‘Espagne’
comprend parfaitement la fonction historique et actuelle de l’‘espagnolisme’ ; alors qu’en ‘France’, non seulement le rôle de l’idéologie ‘républicaine’ et
‘française’ est incompris, mais il est de surcroît célébré et défendu, et les affirmations nationales, même sur la ligne la plus prolétarienne et révolutionnaire qui soit, sont rejetées
comme du ‘fascisme masqué’, de l’‘identitarisme de gauche’...
(essentiellement paysannes très pauvres), la
réalité sociale sous l’État espagnol a souvent été perçue – non sans raison – comme une réalité coloniale : terre de ‘reconquête’ tardive (entre 1250-1300 et 1492), le
‘Grand Sud’ a vu la liquidation de tous les éléments porteurs d’un peu de développement économique et d’‘esprit moderne’ (juifs, musulmans, puis ‘marranes’ et ‘morisques’), et le ‘plaquage’ d’une
aristocratie terrienne (ou, souvent, d’une grande propriété ecclésiastique) vieille-castillane sur le ‘substrat’ populaire mozarabe… Ceci donnera naissance à une masse rurale
progressiste : ‘libérale avancée’ voire
– déjà – républicaine au 19e siècle (pour l’aspect bourgeois, les masses tendant alors à se ranger derrière le ‘libéralisme radical’ de la bourgeoisie, souvent issue de l’ancienne
élite andalouse, ‘marrane’ ou ‘morisque’ ‘passée à travers’) ; puis ‘républicaine sociale’, socialiste (l’Andalousie devient un ‘bastion’ du PSOE, créé en 1879), anarcho-syndicaliste et
enfin marxiste-léniniste (pour l’aspect prolétarien). Le mouvement national andalou, fondé vers 1915 par
Le Pays Basque
comme sous Ferdinand VII, ce sont les campagnes/intérieur qui lui sont sympathiques et la bourgeoisie urbaine/côtière qui ‘grogne’, mais sans mettre en avant – à l’époque – une affirmation
nationale basque, sinon marginalement). Lorsque, dans les années 1830-40, au regard de la situation objective en Europe capitaliste (avec ses deux centres dominants, Paris et Londres),
ce traditionalisme historiquement dépassé constitue un obstacle, un frein au développement des forces productives de la péninsule et - par là - du continent tout entier, il va alors
devoir par la force des choses disparaître, et c’est dans ce sens que va s’exercer l’autorité castillane, avec l’appui de toutes les bourgeoisies nationales ibériques (y compris la
basque) ; autorité qui prend garde, toutefois, à contenir les tendances trop ‘radicales’ de Catalogne et du Sud. Au regard du développement global, euro-méditerranéen, du capitalisme et
donc des forces productives, cela est progressiste, comme pourra l’être la conquête de l’Italie méridionale par le Piémont ou même - expliqueront Marx et Engels - la conquête de
l’Algérie par la ‘France’. Pour autant, cela n’en reste pas moins une oppression nationale, qui voit forcément se lever une résistance ; même si celle-ci, à ce moment-là, est
malheureusement réactionnaire, tournée vers le passé et donc ‘perdante’ : ‘paradoxe’ que seule la dialectique marxiste peut permettre de saisir.
Mais cette réalité s’inverse totalement entre la fin de la dernière guerre carliste (1876) et le début de la guerre civile antifasciste (1936). Dès lors, et jusqu’à nos
jours, ce sont les provinces côtières urbanisées qui sont le plus massivement abertzale sur une ligne progressiste radicale, voire révolutionnaire, et les provinces rurales intérieures
(surtout le Sud de l’Alava et de la Navarre) qui sont conservatrices/réactionnaires et… ‘espagnolistes’ (les carlistes, au demeurant, n’étaient nullement abertzale : ils
luttaient pour une ‘Espagne’ unie, mais traditionaliste, respectant les ‘vieilles lois’ médiévales des nations constitutives). Autrement dit, à travers le processus de la ‘révolution industrielle
basque’ (qui correspond globalement à cette période), l’affirmation nationale a
- Au centre, la classe dominante madrilène, ‘aristocrate de Cour’ et grande-bourgeoise, qui ‘pilote’ l’État ; avec ses tendances plus 'libérales avancées’ ou plus
'modérées-conservatrices’. Autour d’elle, la ruralité de la Meseta qui est sa ‘masse de manœuvre’.
- Galice,
La crise générale du capitalisme, commençant dans le pays à peu près concomitamment avec la mort de Franco, avait quelque peu ralenti
l’essor économique lancé dans les quinze dernières années de ce dernier ; cependant, l’‘Espagne’ avait toujours gardé une croissance capitaliste (du PIB) supérieure à celle des autres pays
européens, et jamais connu de véritable récession (hormis en 1992-93) ; en particulier, entre 1995 et 2008, elle avait connu des taux de croissance très élevés, de l’ordre de 4 à 5% voire,
parfois, approchant les 6% du PIB (vers 2000). Tout ceci s’effondre à partir de fin 2008, la récession atteignant... -4% en 2009 (!), et la croissance restant proche de zéro aujourd’hui. Le
chômage, toujours structurellement fort même dans les périodes de croissance (économie fortement basée sur l’immobilier, le tourisme estival, l’agriculture saisonnière), explose pour
avoisiner les... 5 millions de chômeurs/euses, pour un État moins peuplé que la ‘France’, soit près de 25% de la population active (plus du tiers des moins de 30 ans). Dans ce contexte,
les contradictions de classe deviennent évidemment explosives, mais aussi les contradictions inter-bourgeoises, sur une base (avant tout)
nationale. Le sévère ‘empereur germanique’ du bloc impérialiste UE, suivi par son ‘co-empereur’ BBR qui n’en mène pas large (la prébende publique étant aussi un
‘pilier’ de son système), exige une ‘cure d’austérité’ du ‘flamboyant’ semi-impérialisme vassal hispanique (qui a, il faut le dire aussi, beaucoup dépensé dans une réelle modernisation
de ses infrastructures - routes, rail, ports, transport urbain etc.).
Est-il besoin de rappeler, ces deux dernières années, des mouvements comme celui des Indignad@s (expression de la jeunesse
‘moyenne-inférieure’ paupérisée), avec ses ‘séquelles’ mondiales comme le mouvement Occupy aux États-Unis ; ou, côté prolétarien, le magnifique (
l’‘Espagne’ comme État contemporain est la condition d’existence de classe. Il y a en ‘Espagne’ cette
particularité, unique en Europe, que sont les libérationistes révolutionnaires...
bleue’ européenne sur la
péninsule. Autrement dit, les
Dans le même temps, la crise générale capitaliste (entrée dans une phase terminale) et l’’austérité’ conséquente conduisent à un
ébranlement, une remise en cause brutale du ‘pacte’ inter-bourgeois de 1978. Trop faibles militairement pour se passer de l’
nationalisme grand-bourgeois PNV et CiU (respectivement -3
C’est donc dans les toutes dernières années du 18e siècle et les premières du 19e, à partir de 1789, que l’État dans les frontières duquel nous vivons (et
dont nous avons, précédemment, longuement parcouru la formation géographique, la construction politico-militaire et – parallèlement – les constructions nationales sur le territoire qui est le
sien) entre dans sa forme contemporaine, c’est-à-dire, qui est toujours grosso modo la sienne aujourd’hui ; à travers un évènement MAJEUR, d’importance MONDIALE, duquel les
historiens font classiquement débuter l’époque dite (précisément) ‘contemporaine’ : la Grande Révolution bourgeoise française, et ses
répercussions (durant près d’un siècle) à travers toute l’Europe et le monde entier (en particulier l’Amérique latine).
Il faut bien comprendre, à ce sujet, que les révolutions bourgeoises n’interviennent pas à l’aube du capitalisme, comme
nécessités pour le développement de celui-ci. À ce stade, la bourgeoisie capitaliste ‘fait son nid’ dans le cadre politique (semi-féodal semi-grand-bourgeois) de l’État
moderne, ce que les historiens appellent communément la monarchie absolue. C’est ce qui s’est produit en ‘France’, où cet État s’est d’abord construit entre la fin du
12e et la fin du 15e siècle (entre Philippe Auguste et Louis XI), avant de devenir le cadre de l’accumulation capitaliste entre la fin du 15e
siècle et 1789. C’est ce qui s’est produit en Grande-Bretagne où l’État s’est construit entre Guillaume le Conquérant et la guerre des Deux-Roses (1455-85), puis après celle-ci il y eut
l’absolutisme des Tudor et des Stuart, jusqu’aux révolutions bourgeoises de 1640-60 et 1688. C’est ce qui s’est produit en Russie avec les Romanov (du 17e siècle jusqu’en 1917), en
Allemagne/Autriche et en Italie avec de grands États comme la Prusse, la Bavière, le Hanovre, l’Autriche-Hongrie habsbourgeoise ou le Piémont (ici, cependant, le morcellement politique en petits
États princiers entrava le développement capitaliste), en Belgique dans le cadre des ‘Pays-Bas’ espagnols puis autrichiens (du 15e siècle jusqu’en 1793), etc. [certains pays ont connu
très tôt des régimes politiques particuliers, comme la Suisse, confédération de ‘républiques’ paysannes libres et ‘patriciennes’ urbaines du Moyen-Âge jusqu’en 1800, ou les actuels Pays-Bas
(‘Hollande’), qui ont connu dès 1568 une révolution bourgeoise et aristo-moderniste, sous l’étendard du protestantisme, contre la Couronne d’Espagne maîtresse de l’actuel Bénélux]. 
Dans sa forme contemporaine, actuelle, il aura essentiellement été l’œuvre d’un ‘petit caporal’,
issu d’une petite nation fraîchement conquise (notamment avec la complicité… de son paternel) et (alors) pas encore pacifiée : Napoléon Bonaparte. Il faut bien se
représenter à quel point même la période de la Restauration (des frères de Louis XVI, 1815-30) n’a pratiquement rien remis en cause de son œuvre, et combien les grandes ‘modernisations’
postérieures – de son neveu Napoléon III, de la 3e République, de la Libération 1944-47 et de la 5e République avec De Gaulle – n’ont fait que ‘compléter’ l’édifice.
C'est-à-dire que le règne de Napoléon a réellement forgé le centre d’agrégation de l’idéologie bourgeoise régentant l’édifice
‘France’ (avec son culte de l’État déifié, instrument de ‘l’intérêt général’, des institutions, de l’autorité et des ‘valeurs’, de la ‘méritocratie’, des formes et des ‘procédures’ etc.), même si
d’autres courants idéologiques s’y trouvent représentés, avec lesquels il faut composer : la droite contre-révolutionnaire (pour laquelle, comme pour à peu près toute la
bourgeoisie, 1793-94 est un ‘moment de folie’ effroyable, de ‘fanatisme égalitaire’ préfigurant les ‘totalitarismes’ marxistes du 20e siècle, mais est indissociable de 1789, qui a
‘ouvert les portes de l’enfer’ libéral-maçonnique, ultra-démocratique et socialo-communiste ; alors que les autres courants rejettent la Terreur mais célèbrent 1789) ; le
libéralisme, qui a tenté depuis d’innombrables retours en force, dont le plus remarquable fut sans doute la Monarchie de Juillet (1830-48) – aujourd’hui, ce courant va du
‘girondinisme’ social-libéral au libéral-conservatisme reagano-thatchérien type Sarkozy ou Copé, en passant par la libéral-démocratie plus ou moins ‘mariée’ à présent avec la
démocratie-chrétienne (‘démocrates sociaux’ au pays de la laïcité…) et les restes de l’ancien radicalisme 3e République (Borloo) ; et les héritiers du
jacobinisme qui, de fait, a rapidement cessé d’exister, pour ne laisser subsister que des ‘bonapartistes de gauche’ (républicains pour la forme de gouvernement souhaitée, mais
bonapartistes par la conception du monde). D’ailleurs, lorsque le désastre militaire de 1870
son aile
‘provinciale’ (les ‘girondins’, moins radicaux socialement et privés de la base sociale du petit peuple parisien), eût, dans la perspective historique d’alors, le mérite
d’assurer une mobilisation de masse hors-pair face à la contre-révolution extérieure comme intérieure (et de préserver la centralisation parisienne, sur laquelle les fractions les
plus puissantes de la bourgeoisie révolutionnaire avaient bâti leur prospérité). Mais, dès la menace révolutionnaire (relativement) conjurée, elle explosa (premier semestre 1794)
sous ses contradictions, entre ‘ultras’ démocrates proto-socialistes (hébertistes) et modérés partisans d’un ‘retour à la raison’ (Danton), tandis que dans le ‘Marais’ conventionnel (la grande
majorité des élus de 1792, jusque là passive) s’organisait son élimination, qui fût chose faite en juillet 1794 (thermidor An II). La révolution bourgeoise, sous la ‘Convention thermidorienne’
puis le régime du ‘Directoire’, tout en ‘s’exportant’ massivement à travers l’Europe (création, dans le sillage des armées françaises, de toute une série de républiques bourgeoises), replongea
alors dans le ‘flou artistique’ de 1790-92 quant à la forme et au contenu du nouvel État, à son service – désormais – exclusif. C’est à ce ‘flou artistique’ que mît fin le coup d’État
militaire du 18 brumaire An VIII (9 novembre 1799), mené par Napoléon Bonaparte, auquel se rallièrent massivement ‘républicains modérés’ de 1792-94 (Sieyès), ‘girondins’
survivants mais aussi anciens jacobins (Fouché), partisans de la Constitution de 1791 opposés à la Convention (Talleyrand), etc. ; ne gardant comme opposition que – évidemment – les
royalistes-catholiques partisans de la restauration des Bourbons (comme Cadoudal, ou les auteurs de l’attentat de la rue Saint-Nicaise), les libéraux ‘à l’anglaise’ (comme Benjamin Constant ou
Mme de Staël), et les jacobins les plus radicaux (‘conspiration des poignards’, également inquiétés un temps après Saint-Nicaise).
Drapé dans les attributs de dictator à la romaine, mais en réalité plus héritier d’un Henri IV après les Guerres de Religion ou d’un Louis XIV après les
troubles de la Fronde, le Premier consul Bonaparte (sacré empereur en 1804) assoit en fait son pouvoir sur le rôle d'‘équilibriste’ de l'‘unité nationale’
en 1789). Non seulement le cens électoral (seuil d’imposition pour pouvoir voter) est très restrictif, mais
il est assis sur le patrimoine immobilier (donc la propriété de bâtiments résidentiels et de terres) et non sur les revenus du capital (‘patente’ des entrepreneurs). Malgré cela (en
investissant ‘dans la pierre’ et la terre…), la bourgeoisie financière et entrepreneuriale parvient quand même à former un parti ‘libéral’ qui prend le contrôle des Chambres restaurationnistes
dans les années 1820 : c’est depuis ce bastion qu’elle ‘tirera les marrons du feu’ de la révolution de 1830 (contre le coup de force de Charles X), révolution bourgeoise et populaire
parisienne où se faisaient concurrence les slogans de ‘Vive la République’ et… ‘Vive Napoléon II’.
La Monarchie
au ‘Prince-président’ est loin
d’être unanime : en réalité, il est traversé une fois de plus par le clivage historique centre/périphérie. Lors du coup d’État de décembre 1851, les départements du Bassin
parisien (même Paris ne connaît pas un soulèvement spectaculaire : il y aura au maximum 2.000 insurgé-e-s), du Nord et de l’Est, ainsi que de l’Ouest atlantique catholique et conservateur
(encadré par la propriété foncière ex-noble et le clergé, le parti légitimiste) soutiennent ou, en tout cas, restent calmes ; mais la ‘ruralité’ en particulier de Provence,
et du ‘Midi’ occitan en général, encadrée par des ‘sociétés secrètes’ républicaines ou – parfois – des éléments légitimistes non-ralliés au coup, se soulève en masse ; le gouvernement perd
un temps le contrôle de la Haute-Provence ('Basses-Alpes'). Il faut bien se représenter que l’Assemblée nationale ‘républicaine’ élue en mai 1849 comptait, en réalité, sur 700 et quelques
membres, quelques 450 élus du ‘Parti de l’Ordre’, dont une grande majorité de légitimistes et d’orléanistes (comme Thiers), voyant le régime comme ‘transitoire’ avant l’avènement
de leur ‘champion’ sur le trône, finalement peu de vrais bonapartistes, et quelques républicains ‘à l’américaine’ comme Tocqueville ou ‘modérés’ comme Cavaignac (le répresseur de Juin 1848) ;
faisant face à 180 représentants de la gauche républicaine avancée et ‘démocrates-socialistes’, les ‘quarante-huitards’ des Journées de Juin (Ledru-Rollin etc.)…
et, comme le montre
La réponse, en réalité, c’est que le Second Empire de Napoléon III était le régime des fractions capitalistes bancaires et industrielles commençant à fusionner dans les
monopoles ; mouvement symbolisé, par exemple, par la division du territoire en grandes ‘concessions’ monopolistes de chemin de fer, ou par la création (1864) de la Société
générale, méga-banque – encore aujourd’hui ‘fleuron’ de la haute finance BBR – fondée par des capitaux industriels (dont
‘indicateur’ étant, bien
entendu, la reprise très nette de l’expansion outre-mer (avec toutefois des tentatives malheureuses, comme au Mexique) : ‘pacification’ achevée de l’Algérie, ‘prise pied’ au Liban et en
Chine, au Sénégal (point de départ de la colonisation ouest-africaine) et au Gabon (point de départ en Afrique équatoriale), ainsi qu’à Obock (Djibouti, sur la route de l’Océan Indien ouverte en
1869 par le Canal de Suez, conçu par le promoteur et diplomate français
finalement la conception du
(difficilement
naissante) son Jules Moch (1947-50) ; la 5e (en danger, 1968-74) son tristement célèbre Marcellin ; tandis que sur le poste, un Charles Pasqua ou un Nicolas Sarkozy pourront
bâtir leur carrière politique, jusqu’à l’Élysée pour le second… ‘La France est un pays de flics, à tous les coins de rue il y en a cent’ chantait l’’anarchiste’ petit-bourgeois
Renaud en 1975 ; et il est vrai, par exemple, que les petits-bourgeois allant frissonner au contact de la ‘dictature’ cubaine en reviennent surpris par la faible visibilité
policière, comparée à un début de soirée sur les boulevards parisiens.
Cette ‘république’, comme (à peu près) tout le monde le sait, sera ‘baptisée’ dans le sang de la Commune de Paris,
dont la répression par les ‘Versaillais’ (commandés... par Mac-Mahon) fera plusieurs dizaines de milliers de victimes, et que les marxistes analysent comme la première ébauche de
révolution prolétarienne et de dictature du prolétariat de l’histoire ; bien qu’encore largement sous la direction d’une petite-bourgeoisie ‘sans-culotte’/’quarante-huitarde’, républicaine
‘ultra-radicale’ ou ‘démocrate-socialiste’. En réalité, la Commune peut être qualifiée de ‘charnière historique’ : c’est à la fois la première tentative de révolution prolétarienne
et la dernière
insurrection ‘plébéienne’ petite-bourgeoise ayant pour centre Paris (bien que fort peu 'centraliste', prônant au contraire une 'République sociale' sous forme d'une 'Fédération révolutionnaire de
Communes'), écrasée avec l’appui des ‘notables’ et de la paysannerie conservatrice de ‘province’ ; la première ‘ébauche’ de dictature du prolétariat et la dernière dictature de ‘salut
public’ à la
jusqu’au drapeau tricolore, et
voudrait revenir en 1788…
de 8
ans), n’est constitutionnellement pas une ‘reine d’Angleterre’ : il dispose au contraire de pouvoirs
On peut distinguer dans cette 3e République deux grandes périodes : la période ‘modérée’ (1880-1900), dominée par les ‘républicains opportunistes’ (républicains
conservateurs, prêts à de grandes concessions envers les forces post-féodales et non-républicaines en général, afin d’‘acheter’ leur soutien à la république et leur alliance contre la ‘menace’
ouvrière), avec les figures célèbres de Gambetta (leader de la ‘défense nationale’ en 1870-71), Jules Ferry (‘père’ de l’école ‘républicaine et laïque’), Jules Grévy, Félix Faure
etc. ; et la ‘république radicale’ (1900-1940) durant laquelle ce parti (‘républicain radical et radical-socialiste’), à la ‘gauche de la gauche’ dans les années
1870-80 mais ‘poussé vers le centre’ par
le développement du mouvement ouvrier et socialiste, sera de toutes les majorités gouvernementales (avec notamment la figure du 'Tigre' et 'Père-la-Victoire' de 1918, Clémenceau)
– les anciens ‘républicains opportunistes’ formant alors l’
‘âge d’or’ symbolisé par les Expositions universelles de 1889 (qui célèbre le centenaire de la révolution bourgeoise, et voit la construction de la
Tour Eiffel) et de 1900, faisant de Paris la ‘ville lumière’ qui – seulement concurrencée par Londres – rayonne sur les ‘nations civilisées’. Sur le plan de la culture dominante, Victor
Hugo est érigé en ‘figure tutélaire’ et inhumé directement au Panthéon à sa mort en 1885. En effet, son œuvre littéraire est un ‘monument’ bourgeois du 19e siècle et politiquement, son
parcours est l’incarnation même de la ‘synthèse nationale’ appelée de ses vœux par la république ‘définitive’ : fils d’un fameux général d’Empire
personnellement la répression des Journées de Juin en tant que maire du 8e arrondissement) en 1848 ; puis, d’abord soutien de
Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République, il n’aura finalement été, au cours de sa vie, un opposant politique qu’à celui-ci (ce qui ne sera pas un problème, loin de là,
vu comme le Second Empire sera 'grillé' et honni après 1870), s’exilant à Guernesey après le 2 décembre 1851 pour ne revenir qu’en 1870 ; mais, s’il pourfend ‘Napoléon le petit’, il reste,
comme tous les bourgeois de son siècle, un profond admirateur du ‘Grand’, auquel il est relié par la figure paternelle. Devenu républicain ‘définitif’ au cours de son exil, il reviendra en héraut
de la République ‘modérée’, ‘raisonnable’ et ‘social-progressiste’ paternaliste (appelant à la clémence envers les Communards et à la ‘générosité’ bien-pensante d’un Jean Valjean envers les
Cosettes et les Gavroches prolétaires), que les monopoles nouveau-nés appellent de leurs vœux. Républicain et ‘homme de progrès’, il n’en est pas moins resté profondément catholique, chrétien
social dans la lignée d'un
eu la grande boucherie impérialiste de 1914-18,
épreuve abominable pour les masses populaires, mais surmontée (victorieusement) par la bourgeoisie BBR sans changement institutionnel majeur, ni même instauration d’un ‘état d’exception’
particulier, hormis la censure contre le ‘défaitisme’ et (logiquement) tout ce qui pouvait donner des informations à l’ennemi, la lutte contre l’espionnage (Mata-Hari) et la répression sanglante
des mutineries et autres ‘refus d’obéissance devant l’ennemi’ (les mutineries de 1917 sont restées les plus célèbres, mais la répression la plus dure fut celle de la première année de guerre,
jusqu’à l’été 1915). Puis, le monde est entré – après l’Octobre rouge russe – dans l’époque de la révolution prolétarienne mondiale, et la ‘France’ a progressivement cessé d’être
une puissance mondiale de premier rang (devant l’émergence, en particulier, des USA, puis du Japon et de l’Asie-Pacifique en général ; pendant la Guerre froide il y avait la superpuissance
soviétique, et aujourd’hui la montée de la Chine et des ‘émergents’).
autoritaire et anti-progressiste soutenue par toute l’extrême-droite, la droite et même une grande partie du centre
et de la ‘gauche’ bourgeoise d’avant-guerre (au total, 569 députés et sénateurs votant les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940), récupérant en masse le personnel politique et
administratif de la 3e République ‘terminale’ (Laval, chef du gouvernement de la collaboration jusqu’au-boutiste, était un Président du Conseil de centre-droit dans les années 1930 ;
René Bousquet, chef de la police vichyste, était radical et le restera après-guerre, etc.), en tout cas dans les premiers temps ; puis viendront les défections, à mesure que la guerre tourne
au désavantage de l’Allemagne (échec de la bataille d’Angleterre, débarquement allié en Afrique du Nord se soldant par l’occupation nazie de tout le territoire métropolitain, Stalingrad,
débarquement en Italie etc.), sachant que dès 1940, à peu près toutes les forces politiques bourgeoises, mêmes les plus réactionnaires (Fédération républicaine, Croix-de-Feu, Action
française, ligues diverses, et jusqu’à la ‘Cagoule’ terroriste de la fin des années 30), ont ‘placé’ des éléments à Londres auprès de la ‘France libre’
Et puis, il y a eu la grande agitation et les luttes révolutionnaires anticoloniales dans l’Empire, amenant à une ‘refonte’ (‘néocoloniale’) de la
domination impérialiste et donnant naissance à la 5e République ‘présidentialiste’ que nous connaissons aujourd’hui - impulsant, dans les années 1960-70, une nouvelle (et sans doute
ultime) restructuration-modernisation du capitalisme monopoliste tricolore, et donnant (inévitablement) naissance à un dernier 'mythe national', une nostalgie de cet ultime 'âge d'or' :
‘du temps du général De Gaulle, ma bonne dame…’, alors que ‘voyez-vous’, ‘depuis Mai 68’ et la victoire consécutive des ‘socialo-communistes’ en 1981,
‘tout fout le camp’…
Au plan ‘géopolitique’, à la ‘guerre froide’ avec l’Allemagne (apparemment terrassée en 1918) succèdera la ‘menace bolchévique’, reléguant même au ‘second plan’ (après 1933) la
nouvelle menace allemande hitlérienne (d’où la défaite de 1940) ; puis, après-guerre, toujours la ‘menace rouge’ et anticolonialiste, et enfin, aujourd’hui, les ‘émergents’ BRICS (ou
‘golfiens’, turcs, iraniens etc.) qui ‘grignotent’ à l’impérialisme BBR ce qu’il lui reste de 'pré carré' formellement ‘indépendant’ ; ceci s’ajoutant, à chaque époque, à la préoccupation
d’’exister’ face à la superpuissance mondiale (britannique jusqu’en 1940, puis US après 1945). Mais c’est toujours le même chauvinisme tricolore qui suinte de tous les pores du discours
et de la culture dominante…
‘gauche’,
vers la petite et moyenne bourgeoisie des fonctionnaires, travailleurs intellectuels urbains, aristocrates-ouvriers etc., sur une ligne de ‘socialisme républicain’ typiquement ‘français’ (avec
lequel le mouvement ouvrier organisé, même sous la direction du PCF des années 1920-30-40, ne rompra jamais vraiment) ou de social-christianisme à la Hugo – les deux composantes,
finalement, de la social-démocratie BBR : Mélenchon et Ayrault ; et lorsque les monopoles crient ‘bâton !’, elle regarde vers la ‘droite’, vers la petite et moyenne bourgeoise des
‘indépendants’, petits patrons TPE/PME, paysans propriétaires, cadres du secteur privé, professions libérales et notables divers, sur une ligne renouant avec le ‘Parti de l’Ordre’ de 1848, la
‘république des fusilleurs’ de Thiers et Mac-Mahon, la ‘Chambre bleu horizon’ de 1919-24 (faisant face à l’agitation hexagonale post-Octobre) ou la ‘majorité silencieuse’ des élections de juin
1968… Soit, aujourd'hui, l'aile droite 'décomplexée' de l'UMP (les Copé, les Raoult, les Guéant et les Hortefeux, les Peltier et autre 'Droite forte', les Luca et autre 'Droite populaire'), le
FN - 'centre d'agrégation' de l'hégémonie intellectuelle réactionnaire depuis près de 30 ans, devenu désormais une force politique colossale pouvant prétendre
sérieusement au pouvoir, et des forces plus 'localisées' comme le MPF villiériste dans l'Ouest atlantique (surtout en Vendée) ou la Ligue du Sud de
Bompard en Provence (surtout dans le Vaucluse) ; sans même parler de forces plus 'radicales' encore, comme les Identitaires ou les forces de l'UDN - qui, elles, revendiquent
ouvertement l'héritage de la 'Révolution nationale' et des régimes fascistes du siècle dernier, parfois sans même l'exception du nazisme.
C'est donc
l'époque des 'hussards noirs de la République', du 'Soyez propres - Parlez français' sous le préau de la cour d'école et du 'Tu seras soldat' au tableau noir : l'école
'républicaine et laïque' prend le relais du curé de campagne pour former une armée de ‘cœurs et d'esprits’ tricolores, au garde-à-vous à l'usine comme à la tranchée. Son 'père', érigé en 'saint
républicain' jusqu'à encore aujourd'hui, le Jules Ferry qu'on ne présente plus, exposait les choses en ces mots, avec une franchise qui ne caractérise plus guère notre
bourgeoisie actuelle - encore qu'on y revienne : "Dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. […] Si
cet état de chose se perpétue, il est à craindre que d’autres écoles se constituent, ouvertes aux fils d’ouvriers et de paysans, où l’on enseignera des principes diamétralement opposés, inspirés
peut-être d’un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 28 mai
1871"... Et pourtant, ‘l’École de la République’ est encore aujourd’hui une entité semi-divine, un totem, une vache sacrée pour toute une ‘gauche’ réformiste petite- et
moyenne-bourgeoise, y compris ‘radicale’ et même prétendument ‘révolutionnaire’ (trotskystes, ‘ML’ thorézo-brejnéviens) ; ce qui illustre bien tout le ‘problème français’ de la
révolution prolétarienne en Hexagone.
Et pour 'cimenter' artificiellement un ensemble de nations, et plus généralement un Centre et des Périphéries avec un tel niveau historique de contradiction,
rien ne vaut (

Une autre grande différenciation, comme le souligne Engels, est celle liée aux frontières naturelles (le transport étant alors
essentiellement routier, et fluvial pour le transport ‘lourd’), aux zones montagneuses et peu praticables en général, aux lignes de partage des eaux,
qui délimitent les grands bassins d’unité économique.
richissime pourtour méditerranéen étant disputé entre maîtres de la Burgondie (burgondes puis francs), de l’Aquitaine (wisigoths puis francs), de l’Espagne (wisigoths puis musulmans)
et de l’Italie (romains puis ostrogoths, byzantins, lombards etc.).
Dans l’acception ‘large’, la France en l’An Mille (Hugues Capet monte sur le trône en 987), c’est donc l’espace en
vert ci-contre, avec les ‘tâches’ bleues du domaine capétien. Le Roi des Francs occidentaux n’est même pas le seigneur féodal le plus puissant de cet
espace géographique, qui est surtout dominé par les comtes de Champagne, de Blois (actuelle région Centre) et de Vermandois (actuelle Picardie). Au contraire : il a précisément été choisi
(par ces derniers, et les autres grands féodaux) pour être un souverain faible, purement symbolique.
Par la suite, au 14e siècle, le ‘réduit aquitain’ anglais sera encore plus réduit, couvrant l’actuelle Gironde, les Landes et la province basque de Lapurdi.



Les
Dans la dernière phase du conflit, donc, après Azincourt (1415) et le traité de Troyes (1420), l’épisode de Jeanne d’Arc (1429-31), née à
Domrémy dans la vallée de la Meuse, à la limite de la Champagne et de la Lorraine ('Barrois mouvant'), zone alors sous contrôle anglo-bourguignon, révèle la réalité d’une conscience nationale populaire ‘française’ dans la moitié nord de l’Hexagone (en tout cas, à l’Est de Paris : Champagne, Aisne, Barrois 'mouvant', Nord-Ouest
de l'actuelle Bourgogne - régions commerçant principalement avec la capitale, via la Seine et ses affluents) ; conscience nationale dans sa dimension (également) socio-économique : l’attachement des laboureurs, paysans propriétaires, libres et relativement aisés (comme
la famille d’Arc), à la monarchie parisienne – attachement qui ne se démentira pas jusqu’au 18e siècle, où elle s’affaiblit, puis passe au bonapartisme, au républicanisme ‘juste
milieu’ et patriotard de la ‘Belle époque’, et enfin au gaullisme. Pour autant, ce ‘sentiment national’ n’a encore rien de général sur le territoire du royaume : ainsi l’évêque Cauchon (qui
fera brûler Jeanne d’Arc), pro-bourguignon et pro-anglais, est à l’origine un bourgeois de Reims, devenu évêque de Beauvais ; la bourgeoisie des régions côtières de l'Atlantique et de la Manche
est farouchement pro-anglaise (intérêt économique évident) ; et le Languedoc se
C’est à cette même époque que vit un autre personnage célèbre, symbole de l’importance prise par la bourgeoisie capitaliste et de son
influence (cela dès le 13e siècle, et notamment à partir de Philippe le Bel) auprès de la Couronne dans sa construction de l’État moderne : le négociant berrichon
Cent ans (Charles VII), qui
vise évidemment la consolidation de cette victoire. Le Téméraire prend ainsi la tête d’une
Il y a deux grandes enclaves : le Comtat venaissin (Vaucluse), au Pape, et le Charolais (à la Couronne d’Espagne, sera transféré au prince de Condé en
1684, puis définitivement rattaché à la Couronne en 1760). Les ‘tâches’ grises sont les terres de la maison d’Albret-Navarre, dont sera issu Henri IV. Après la perte de l’essentiel de la Navarre
(annexée par la Castille en 1512, mettant fin au dernier territoire basque indépendant), Jeanne d’Albret se convertira au protestantisme et son fils Henri sera l’un des principaux chefs du ‘parti
protestant’, de 1570 environ jusqu’à sa conversion en 1593. Ce ‘parti’ exprimera, jusqu’au règne de Louis XIII et Richelieu (guerres de 1621-29), les aspirations anti-centralistes d’une partie de
l’aristocratie, de la bourgeoisie urbaine et de la paysannerie propriétaire d’Occitanie ('
Cet Ancien Régime (les historiens désignent généralement, par ce terme, une période allant du règne de François
Mais la bourgeoisie, une fois installée au pouvoir, poursuivra cette œuvre 'civilisatrice’ : dès la révolution
industrielle avec la conquête de l’Algérie et l’exploration du Pacifique, puis surtout à partir des années 1860 (entrée dans l’impérialisme) avec la
conquête de près de la moitié du continent africain, de l’Indochine, etc. : c’est le
tout au long du 20e siècle et
La bourgeoisie n’a donc, on l’a dit d’innombrables fois ici, fait que reprendre à son compte, récupérer l’appareil politico-militaire
construit par la monarchie capétienne – en le modernisant bien entendu, en le rationnalisant, car le processus long et contradictoire de sa
construction avait ‘empilé’ les appareils administratifs, militaires, policiers, judiciaires et fiscaux ‘façon mille-feuille’, de manière complexe et parfois incohérente (et puis il y avait, bien
sûr, les innombrables ‘privilèges’ de la noblesse et du clergé, devenus totalement inutiles et parasitaires, entravant le développement de l’économie capitaliste).
Ces politiques volontaristes ‘plieront’ l’organisation
TRAVAIL qu’elle vend (déjà, au 15e ou 16e siècle, sur la place de Grève à Paris) aux détenteurs, justement, de ces moyens de
production ; et dont la ‘mission’ historique est de libérer l’humanité des chaînes de l’exploitation et de la faire entrer dans une nouvelle ère : le PROLÉTARIAT. Sous l’Ancien régime, il est organisé par ‘métiers’, de manière corporatiste, lié aux maîtres d’ateliers – ses employeurs. La Révolution
bourgeoise brise ces structures corporatistes (en 1791), ce qui le pousse à s’organiser pour défendre ses intérêts propres (alors que se développe la
grande industrie) : le prolétariat prend conscience de lui-même en tant que classe, rompt ses attaches politiques avec la bourgeoisie,
même la plus ‘humaniste’ ou ‘démocrate-radicale’ qui soit (dans un processus qui va des ‘journées de juin’ 1848 jusqu’aux fusillades de Clémenceau à la ‘Belle époque’ et à la grande boucherie de
1914-18, en passant bien sûr par le massacre de la Commune de Paris en 1871), et donne naissance à une idéologie, une
réactionnaire, du mot
d’ordre. Ainsi, l’idée d’indépendance
politico-militaire 'France’. Elles n’existent plus, on l’a dit (malgré l’offensive plus-que-centenaire de l’appareil idéologique monopoliste), que comme réalités populaires. La question nationale (et la contradiction Centre/Périphérie de manière générale)
est aujourd’hui une question démocratique. Et la seule réalité supérieure susceptible de
résoudre ces contradictions, ces questions démocratiques, en niant les États bourgeois et le capitalisme dont ils sont l’appareil politico-militaire
et idéologique, c’est la révolution prolétarienne ; qui est la démocratie la plus absolue au sein du peuple et la dictature la plus ferme du prolétariat contre les ennemis et les oppresseurs du peuple ; sous la forme de la Commune populaire qui, se fédérant à différents échelons territoriaux, verra renaître peu ou prou –
sans pratiquement aucun doute – les nations de l’An Mille niées par le processus historique État moderne monarchique/État bourgeois contemporain…
mais renaître à un niveau supérieur, sous la direction de la seule classe révolutionnaire
jusqu’au bout, c'est-à-dire jusqu’au communisme universel : le prolétariat.
vie sociale, c’est à dire qu’il a
subordonné tous les rapports sociaux entre personnes et groupes de personnes, toutes les règles écrites et non-écrites de vie en société, à son
objectif de valorisation du capital. Cette subsomption accompagne, comme conséquence logique,
l’explosion du rapport social salarial dans la population active : au milieu du 19e siècle, une majorité (plus de 50%) de la population est encore
non-salariée (paysans, artisans et commerçants indépendants ou petits patrons). En 1906, on estime qu’encore 44% de la population ‘vit de la terre’ (on compte peut-être, dans ce chiffre, les
journaliers - ouvriers agricoles - qui disparaîtront pratiquement par la suite avec la mécanisation et le recul général de la production agricole en
Hexagone ; mais la très grande majorité est exploitante familiale, propriétaire ou locataire - fermiers, métayers - de sa terre). Évidemment, ces chiffres sont ‘nationaux’ : ils sont beaucoup
plus importants dans les régions ‘reculées’ des nations constitutives ; tandis que le salariat (alors essentiellement ouvrier) se concentre dans les grandes agglomérations (Paris, Lyon,
Marseille) et les grandes régions industrielles (Nord, Lorraine, région marseillaise, région lyonnaise-stéphanoise), ou dans quelques ‘bassins’ industriels isolés en zone rurale, comme le
Creusot, Carmaux ou Decazeville, les grandes vallées des Alpes etc. Spécificité ‘française’, il existe alors une assez importante ‘industrie rurale’, comme l’horlogerie du Jura ou la chaussure en
Iparralde, qui emploie (parfois de manière uniquement saisonnière) une main d’œuvre également agricultrice, à titre ‘complémentaire’.
phénomène qui a impulsé, dès
l’entre-deux-guerres mais surtout depuis les années 1960, le ‘réveil’ des consciences populaires nationales dans un sens démocratique et progressiste, voire révolutionnaire (marxiste ou
libertaire)
La conception matérialiste dialectique/historique de
SLP repose sur l'idée que l'histoire humaine, comme tout phénomène vivant, progresse par des "cycles", des processus complexes de négation de l'ordre social existant qui ne se
referment, cependant, pas "à la case départ", mais
du même processus en Chine. Aujourd'hui, le "bloc" Prachanda-Bhattarai a rejoint l'UML et d'autres groupes "marxistes" révisionnistes dans le camp de la Réaction, de l'oligarchie et de
l'impérialisme, comme le Kuomintang chinois en 1927 ; mais cela ne veut nullement dire que "tout est fini" ! Un nouveau cycle s'ouvre (le rejet de l'état de fait actuel est déjà puissant dans les
masses), un nouveau Parti révolutionnaire émergera, et il mènera cette fois-ci les masses populaires opprimées, sous la conduite du prolétariat, au pouvoir...
gratuitement (corvées) ; d'où l'expression "taillable et
corvéable". Au début de la féodalité, cette propriété éminente était justifiée par la protection du roturier par le seigneur, contre les guerres incessantes, invasions ou crises
alimentaires ; mais il est clair qu'au 15e ou 16e siècle elle était devenue complètement inutile et parasitaire, permettant uniquement aux aristocrates et aux religieux de vivre grassement sans
travailler, en entravant le développement de la production et de l'échange (commerce).
pour gagner 1000 € par mois (ici) ou carrément 200 ou 300 € (ailleurs). Et le développement des forces productives développe parallèlement la conscience, dans les masses, de
mériter mieux que cette vie-là. Cette conscience se heurte aux rapports de production (patron/salariés, cadres/exécutants) et à l'ensemble des relations sociales découlant de la propriété privée
des moyens de production (et de l'accaparement capitaliste de la plus-value) : elle
L'Impérialisme, il ne reste plus que le
élevé. Elles sont permises par l'exploitation accrue des pays dominés, de leurs ressources et de leur force de travail. En temps de crise, elles sont 
Grèce, où il n'y a malheureusement pas de
Parti communiste à la hauteur des enjeux (car la prise du pouvoir serait possible), mais où le pays entier est en feu. Le capitalisme, aujourd'hui en France, se donnerait beaucoup d'air
en ramenant les masses populaires à leur condition de 1920 ou 1930 (48 heures de travail par semaine, pas de congés, pas de protection sociale etc.)... mais
Le Parti ne descend pas du ciel, apporté par
le "génie" de quelques cercles "éclairés" : il
Ainsi naît une avant-garde à la
conscience (de la situation et des objectifs, du problème - le capitalisme - et de sa solution - son renversement révolutionnaire) et à l'organisation plus avancée, et qui, en forgeant
encore dans la science marxiste ET dans la pratique sa conception du monde et sa stratégie révolutionnaire, devient le Parti ; et agrège alors autour d'elle toutes les luttes des opprimé-e-s et
des exploité-e-s dans la grande lutte pour le renversement de la domination : la GUERRE POPULAIRE.
idéologiques, leurs
agents de répression etc.). Pour être plus précis : le Parti est l'élément
Leur "base" va être constituée
par les larges masses dans lesquelles domine le sentiment possibiliste : l'idée que, lorsque l'on souffre (de la misère, de l'exploitation, de l'oppression en tout genre etc.), il vaut
mieux améliorer sa condition "un peu, tout de suite" que d'espérer en une révolution qu'on ne verra peut être jamais de son vivant. Bien sûr, les communistes ne s'opposent pas à la conquête
d'améliorations immédiates pour la vie des masses (sachant que la bourgeoisie cherchera tôt ou tard à les reprendre "de la main droite", et que ce sera l'occasion de nouveaux affrontements de
classes). Mais les réformistes sont ceux qui font des ces conquêtes immédiates la fin en soi de leur militantisme. Les opportunistes (ceux qui se cherchent une place, un
strapontin dans une politique réformiste de la bourgeoisie) et leurs troupes possibilistes forment le réformisme.
révolutionnaires qui ont accompli victorieusement le début d'un grande
révolution), c'est l'idée qu'une révolution peut-être faite par les révolutionnaires seuls.
La meilleure définition en a été donnée par
Ernesto "Che" Guevara de la Serna qui, bien que de famille bourgeoise, se rangea dans le camp de la Révolution prolétarienne mondiale et y fit don de sa vie : "Surtout, soyez toujours
capables de ressentir au plus profond de votre cœur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, où que ce soit dans le monde. C'est la plus belle qualité d'un
révolutionnaire".
l'ère impérialiste, Lénine enrichit la compréhension scientifique marxiste du monde : son apport deviendra le marxisme-léninisme et sera mis en pratique par les dirigeants
communistes des années 1920-30-40, tels que Staline, Dimitrov, Gramsci, Hô Chi Minh, Mariategui etc. Mais ce n'était pas encore suffisant : après la Seconde Guerre impérialiste mondiale, le
capitalisme connut un nouveau cycle d'accumulation, la révolution prolétarienne ne parvint toujours pas à gagner les pays impérialistes d'Europe de l'Ouest, les révolutions nationalistes
bourgeoises dans les colonies et les semi-colonies maintinrent ces pays dans les griffes de l'impérialisme ; et, surtout, une nouvelle bourgeoisie prit le pouvoir en URSS et, véritables
capitalistes d’État, ramenèrent celle-ci vers le capitalisme pur et simple (processus achevé en 1990). Face à tout cela, Mao Zedong en Chine et d'autres à travers le monde après lui
(Mazumdar en Inde, Sison aux Philippines, Kaypakkaya en Turquie, Gonzalo au Pérou, d'autres en Italie etc. etc.) enrichirent encore la théorie, pour aboutir au
marxisme-léninisme-maoïsme, qui est le marxisme révolutionnaire de notre époque.
dépérissement
Le révisionnisme, justement, désigne (dans les pays socialistes ou de "démocratie populaire") cette inversion du processus ; une
liquidation graduelle de la propriété collective-démocratique et des rapports sociaux collectivistes déjà institués, un renforcement des rapports de production et des rapports sociaux
capitalistes persistants (notamment sous la forme d'un capitalisme d’État), puis carrément une remise en vigueur des formes de propriété et de production capitalistes abolies - pour
finir, comme en URSS en 1991-92, par une "mise à la découpe" de la propriété (formelle, non-démocratique) d’État, constituant d'immenses monopoles attribués à des "oligarques".
Ce n'est pas de la théorie pour le plaisir de la
théorie ; c'est un
Dans les pays impérialistes (ou, en tout
cas, hautement industrialisés et avancés), c'est également aux communistes de définir, dans chaque cadre étatique bourgeois (Italie comme État espagnol, Royaume-Uni comme État français), quelles
sont les "campagnes". Il est évident qu'avec 5 à 10% de paysans, même s'ils sont généralement très pauvres et doivent être défendus (contre les géants de la distribution et leurs centrales
d'achats, les banques et leurs prêts hypothécaires etc.), la question paysanne ne peut être que corollaire : la force motrice est le prolétariat, la classe ouvrière et les autres
salariés pauvres (30% de la population touche moins de 1200 € par mois, 50% moins de 1500€) qui sont ses alliés naturels.
exemple, au souvenir de la Résistance
antifasciste) qui peut
Le NIVEAU de la lutte de classe, d'
Dans cette optique, Servir le Peuple est d'avis
que,