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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 15:41

Amerikenlutte

Mexique: manifestation contre Felipe Calderon à Ciudad Juarez

Des habitants de Ciudad Juarez, Etat de Chihuahua, ont répudié le président Felipe Calderon, durant sa visite dans cette ville. Il y a eu des affrontements avec la Police.

Repudio. a Calderón en Ciudad Juárez. Fuente: (Radio Bemba)
La protestation a été convoquée par le Front Pluriel Citoyen pour répudier le mandataire et les mesures adoptées pour freiner la vague de violence dans la région.

Les manifestants s'opposent à la forte présence de l'Armée dans cette zone frontalière avec les États-Unis. Ils évaluent que les crimes ont augmenté et non diminué à partir de la forte militarisation.

Les manifestants ont essayé de sauter une palissade de protection qui séparait la suite présidentielle des citadins qui se pressaient dans les portes du Collège de Bacheliers de Ciudad Juarez.

A cet endroit, Calderon a présenté le programme "Opportunités" pour contrecarrer la violence provoquée par des bandes de trafiquants dans la région frontalière.

La Police a empêché le passage des manifestants et des affrontements ont eu lieu avec des échanges de coups et de jets de pierres.

Le mandataire a réalisé sa troisième visite à Ciudad Juarez en moins de 2 mois. La première a eu lieu le 11 février, quelques jours après le meurtre de 15 jeunes.
 
Depuis ce jour 227 meurtres ont été commis et depuis le début de l'année on compte presque 500 personnes assassinées.

Agence Pulsar, 19 mars 2010.
http://agenciapulsar.org/nota.php?id=16904

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr


Mexique: augmentation de la répression contre les électriciens

Des effectifs antiémeutes de la Police Fédérale ont dissous avec des gaz lacrymogènes un rassemblement d'employés de la dissoute compagnie publique Luz y Fuerza, dans l'état central du Mexique.

Represión. Heridos y detenidos. Fuente: (sme.org.mx)
 
Au moins 300 policiers ont attaqué les membres du Syndicat Mexicain d'Électriciens (SME) qui maintenaient un campement dans une sous-station électrique située dans la municipalité d'Ecatepec, appartenant à l'État central du Mexique.

La répression s'est soldée par 5 travailleurs blessés et 6 détenus.

Dans une autre installation électrique située dans les environs de Mexico un autre syndicaliste a été blessé par balle.

La sénatrice de l'opposition et Défenseur des Droits de l'homme, Rosario Ibarra, a signalé que "si le Gouvernement essaie de mettre en prison tous les travailleurs qui luttent pour leurs droits, il effectuera encore un pas de plus dans l'autoritarisme dictatorial qui a été refusé par la majorité du peuple mexicain".

Alors qu'elle a demandé la libération des prisonniers syndicalistes.

Depuis mardi dernier, le syndicat a demandé à ses affiliés de se maintenir dans les installations énergétiques pour soutenir une grève.

La proposition fait partie de la stratégie politique et juridique pour obtenir la dévolution de leurs sources d'emploi, après la liquidation de l'entreprise étatique Luz y Fuerza .

La disparition de la compagnie a laissé sans emploi environ 44 mille électriciens et l'entreprise approvisionnait 6 millions de personnes dans la zone centre du pays.

Agence Pulsar, 19 mars 2010.
http://agenciapulsar.org/nota.php?id=16907

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 11:51

Le Quotidien des Sans-papiers

Suisse : Un requérant d’asile nigérian décède lors de sa déportation. Traitement « inhumain » de la police suisse

Publié le 20 mars 2010 par Fred


Un requérant d’asile débouté est décédé à l’aéroport de Zurich mercredi en fin de soirée, avant le décollage d’un avion de rapatriement vers Lagos. Deux Nigérians témoignent et critiquent la police zurichoise, qualifiée d’« inhumaine ».

 

On ne sait pas grand chose de lui, si c’est n’est qu’il avait 29 ans, était Nigérian, en Suisse depuis 2005. Il avait été condamné à une peine de prison ferme et il refusait de s’alimenter depuis quelques jours.

Mercredi soir, cet homme est mort à l’aéroport de Zurich au moment où il allait être embarqué dans un vol spécial qui devait le ramener, avec quinze autres compatriotes, à Lagos.

Selon le communiqué de la police cantonale zurichoise, il « a essayé de s’opposer à l’expulsion et n’a pu être attaché que par la force. Peu de temps après, il a soudain rencontré des problèmes de santé et ses entraves ont été défaites. »

Malgré l’intervention des secours sanitaires, il est décédé sur le tarmac. Le vol a été annulé.

Interrogée, la police n’en dit pas beaucoup plus. Quels problèmes de santé ? « Il n’était pas blessé, mais comme léthargique. On ne pouvait que difficilement lui parler et son état a empiré rapidement », répond laconiquement le porte-parole Marcel Strebel. Il ne sait pas depuis combien de temps l’homme refusait de s’alimenter.

Le parquet de Winterthour a ouvert une enquête mais rien n’a filtré des premiers interrogatoires, jeudi. L’Institut de médecine légale de Zurich a été sollicité. L’Office fédéral des migrations a provisoirement suspendu tous les vols spéciaux.

 « On nous traite comme des animaux »

Julius et Emmanuel, de leur côté, ont presque tout vu. Ils en sont traumatisés.

Ces deux Nigérians auraient dû quitter la Suisse dans ce vol de nuit d’un genre particulier (les avions partent aux alentours de minuit), depuis Zurich.

De retour au centre de détention romand de Frambois, dans le canton de Genève, ils témoignent de ce qu’ils ont vu à Zurich. « On nous a traités comme des animaux », répète, encore apeuré, Emmanuel.

Julius et Emmanuel expliquent comment « plus de 60 policiers » - pour 16 hommes à expulser - les ont accueilli vers 22 heures à Zurich-Kloten. « Ils nous ont attaché les pieds, les genoux, les mains, les hanches, les bras, le torse et mis un casque comme ceux des boxeurs, racontent les deux hommes. On ne pouvait absolument pas bouger. »

Julius, un grand gaillard d’une quarantaine d’années, dit avoir parlé avec son compatriote décédé, qu’il ne connaissait pas, dans la salle où tous les requérants déboutés sont entravés, avant d’être isolés dans des cabines. « Il avait l’air en forme », dit Julius, surnommé « le médiateur du carcéral ».

 Porté sur une chaise

Julius a été attaché sur une chaise et porté par trois policiers dans l’avion. Mais il est tombé et s’est blessé dans la chute. Emmanuel, lui, a marché, avec ses entraves, jusqu’à l’avion. Apeuré, il dit ne pas avoir parlé avec les autres dans la salle commune. Dans l’avion, les hommes sont détachés des chaises et à nouveau attachés aux sièges.

Les deux hommes, s’ils avaient, jusque là, refusé de partir volontairement, avaient finalement accepté – c’est aussi le rôle du centre de Frambois – le retour au Nigéria. « Je voulais retrouver la liberté, dit Julius, je n’avais jamais été en prison avant cela ».

Julius et Emmanuel ne comprennent pas qu’on attache des gens qui sont d’accord de partir. « Les policiers ont serré les entraves si fort que cela faisait mal. Les policiers vaudois qui nous accompagnaient les ont desserrées en cachette. » D’autres Nigérians pleuraient ou criaient de douleur, selon Julius et Emmanuel.

 « Pour leur sécurité »

La police zurichoise rejette ces critiques. « Les policiers sont des professionnels, affirme Marcel Strebel. Ils attachent sur des chaises seulement ceux qui résistent à l’embarquement ou qui sont trop faibles. Les autres marchent jusqu’à l’avion. »

Selon Marcel Strebel, les entraves et les casques sont destinés à « protéger les hommes contre le mal qu’ils pourraient se faire à eux-mêmes en résistant. » « Et vous savez, nous sommes habitués aux critiques. Nous avons une tâche désagréable à accomplir, et c’est parfois un grand écart entre sécurité et humanité », dit-il encore.

 Manuel pour les cantons

En attendant les premiers résultats d’enquête, l’ODM indique ne pas remettre les vols spéciaux en question. « C’est la seule possibilité, utilisée en dernier recours, pour les personnes qui refusent tout retour volontaire », explique Urs von Arb, chef de la division retour.

Ce décès survient alors que l’ODM est en train d’élaborer, avec des experts policiers des cantons aéroportuaires de Berne, Genève et Zurich, un manuel sur l’application de la loi sur l’usage de la contrainte. « Il est en train d’être finalisé avec les cantons, précise Urs von Arb. Si des éléments nouveaux émanent de ce qui vient de se passer à Zurich, nous le modifierons. »

Le manuel exclut par exemple expressément l’usage d’armes lors de rapatriements forcés ou indique que l’équipe qui va chercher la personne à rapatrier et celle qui l’accompagne dans l’avion doivent être différentes.

 Observateurs indépendants

De son côté, Amnesty International se dit « consterné » par le décès du Nigérian. L’organisation de défense des droits humains exige la présence d’observateurs indépendants.

« La Suisse est obligée de les mettre en place, répond Urs von Arb. Selon la Directive de renvoi de l’Union européenne, nous avons jusqu’au printemps 2011 pour nous doter d’un monitoring. »

« Quelle que soit la solution que nous retiendrons, il y aura de toute façon des observateurs extérieurs à la police et à notre Office », conclut Urs von Arb. Ce qui ne changera plus rien pour le Nigérian décédé mercredi soir, dont le destin tragique ne porte encore ni nom ni prénom.

[Source : Ariane Gigon, swissinfo.ch, Zurich]

Joy : la police viole, la préfecture déporte‏. Impunité sur la violence sexuelle pour les policiers italiens


Publié le 20 mars 2010 par Fred

Juillet 2009 : Joy, une femme nigériane enfermée dans le CIE de la rue Corelli à Milan, subit une tentative de viol de la part de l’inspecteur chef de police Vittorio Adesso. Sa détermination et celle de sa compagne de chambre, Hellen, réussissent à éloigner l’homme.

Août : arrive une révolte dans le CIE, à laquelle participent tous les détenus. Sont arrêtés neuf hommes et cinq femmes. Parmi elles Joy et Hellen, après avoir été humiliées et frappées par leur prompt bourreau et violeur Adessso.

Après six mois de prison et le dépôt par Joy d’une plainte pour tentative de viol, toutes les femmes sont à nouveau enfermées en divers CIE sur tout le territoire italien.

Le 16 mars Joy a été transférée du CIE de Modène à celui de Ponte Galeria à Rome, en même temps que beaucoup d’autres femmes nigérianes. Le jour précédent le consul nigérian était entré dans le CIE pour identifier une dizaine de femmes. Nous savons bien ce que cela signifie : l’expulsion à très court terme. Demain il y retournera pour finir leur travail lucratif, identification et expulsion et identification en échange d’argent.

D’ici une paire de jours ils veulent les expulser toutes : une véritable déportation de masse de femmes qui sont, dans la plupart des cas, victimes de traite...et qui ont donc déjà subi violences sur violences.

Depuis des jours des bruits couraient relatifs à des pressions de la part de la préfecture pour que Joy soit expulsée. Et pour protéger Vittorio Adesso ses collègues sont disposés à agir avec les plus viles manières.

Comme le 25 novembre dernier quand, matraque à la main, ils ont plus d’une fois chargé un rassemblement de femmes qui distribuaient des tracts à la station Cadorna à Milan pour dénoncer ces CIE qui sont des lieux de torture pour tous les enfermés, et qui si les enfermées sont des femmes, torture veut aussi dire abus sexuels de la part des gardiens.

Ou comme quand, dans la nuit du 11 au 12 février, la préfecture a décidé de faire “ disparaître ” les cinq femmes des prisons dans lesquelles elles étaient enfermées pour les renvoyer dans les CI, uniquement pour ne pas leur faire voir les nombreuses personnes solidaires qui depuis la matinée attendaient leur libération.

Aujourd’hui la préfecture pousse à l’expulsion de Joy et par là se libère aussi de la plainte fatidique qui porterait à la lumière toutes les saloperies qui chaque jour adviennent avec l’aval et la complicité de la police et de la Croix rouge, dans ces modernes lager pour immigrés appelés CIE.

L’histoire de Joy nous démontre comment les appareils répressifs et de contrôle de l’Etat exigent surtout que les crimes sexuels que chaque femme ou trans subit dans les CIE restent tus.

La force qu’ont démontré Hellen et Joy fait peur, parce que c’est la force qui fait éclater la vérité de ce qui arrive dans ces lager pour migrants. Les sbires qui les contrôlent font tout pour empêcher que ce précédent ouvre une brèche dans ces murs.

Que personne ne vienne plus nous dire qu’en Italie il y a des lois contre les violences sexuelles et le harcèlement et qu’il faut porter plainte. Que quiconque le pense encore, se rappelle bien ceci : LES FORCES DE L’ORDRE ONT TOUTE LICENCE DE VIOLER, GRACE A L’IMPUNITE DONT ELLES JOUISSENT ET GRACE A L’APPAREIL INSTITUTIONNEL COMPLICE.

Les CIE sont des lieux de torture physique et psychologique pour tous les enfermés : les personnes y sont frappées, contraintes à prendre des psychotropes, privées de leur liberté seulement parce qu’elles ne sont pas pourvues d’un bout de papier appelé permis de séjour ; et où les femmes subissent des violences à caractère sexuel faites de blagues sexistes, regards lubriques des hommes de garde, jusqu’à de véritables tentatives de viol.

PAS DE PAIX POUR QUI VIOLE ET VIOLENTE LES FEMMES, QUI TRAVAILLE DANS CES CIE, D’AUTANT PLUS S’IL LE FAIT FORT DE l’UNIFORME QU’IL ENDOSSE ET DES CONNIVENCES DONT IL JOUIT ! ! ! ET TOI ? VEUX-TU ENCORE ETRE LEUR COMPLICE PAR TON SILENCE ?

noinonsiamocomplici.noblogs.org

 

Ces actes criminels, sont le résultat direct de l'hégémonie culturelle fasciste qui règne à présent en Suisse et en Italie du Nord.


Et qui imprègne la "gestion migratoire" de l'Etat bourgeois, "gestion" qui correspond comme nous l'avons très justement expliqué au besoins du Capital impérialiste et de sa production délocalisée dans les pays néo-coloniaux...

 

La même chose, ne saurait tarder à se produire massivement en France...

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 07:34


Nous vous traduisons ici un document du (nouveau) Parti Communiste Italien de mars 2004.

Nous avons largement abordé ici la question de l'islamophobie, comme mobilisation réactionnaire de masse de notre époque.

Nous en avons donné l'explication. La "division des masses populaires" par le Grand Capital (explication classique du racisme sous le capitalisme) n'en est qu'une partie, qu'une demi-explication.

En réalité, l'islamophobie est le discours réactionnaire le plus dangereux de notre époque, parce qu'elle est directement reliée à la politique impérialiste de nos pouvoirs bourgeois européens.

D'une part, le "monde musulman" (que l'on peut faire courir de l'Afrique de l'Ouest jusqu'à l'Indonésie et au sud des Philippines), concentrant une grande partie des richesses naturelles de la planète (c'est la fameuse "région intermédiaire"), est au cœur des affrontements entre impérialistes : la question de l'axe Iran-Syrie-Hezbollah-Hamas (qui va jusqu'aux rebelles chiites du Yémen), ou encore du "fascislamisme" au Soudan, n'est en réalité que le reflet de l'affrontement entre les vieux impérialismes déclinants (européens, nord-américains, japonais) et les jeunes impérialismes montants (Russie, Chine). Les forces "jihadistes" sunnites, elles, sont le reflet de la contradiction entre les impérialistes occidentaux (ou même russes et chinois...) et les monarchies productrices de pétrole de la péninsule arabique, assises sur une manne financière considérable et qui, tout en étant en apparence les "alliées" des Occidentaux (dont elles dépendent pour écouler leur pétrole, base de leurs revenus), cherchent des terrains d'investissement pour ces pétro-milliards suraccumulés, et ont ainsi leur propre agenda. Mais se joue également, dans cette partie du monde, une rivalité entre anglo-saxons et franco-allemands que la fin de la guerre froide ("union sacrée" contre l'ennemi soviétique) a réactivée...

D'autre part, ces régions et leurs richesses sont une très importante zone des tempêtes, un très important - voire le principal - foyer de lutte de libération contre l'impérialisme (tous les impérialismes) et leurs gendarmes régionaux (Israël, Turquie, Maroc, Inde, Pakistan, Philippines, Indonésie...).

Dans certains cas (Palestine, Afghanistan, Cachemire ou encore Indonésie et sud des Philippines), les forces "islamistes" (nationalistes à composante religieuse) sont effectivement importantes, voire dirigeantes dans ces luttes. Dans d'autres, pas du tout (Turquie, Maroc, ou le reste des Philippines). Mais peu importe : la notion de "terrorisme", forcément associée dans les esprits à "islamiste", permet de regrouper dans un seul et même panier toutes les résistances à l'impérialisme, quelle que soit leur idéologie...

L'important étant de mobiliser le plus largement, non seulement les forces militaires pouvant être envoyées sur le terrain, mais - surtout - les "opinions publiques", en appui à la guerre impérialiste !

Le fait de dénoncer "l'islam" a le double avantage de mettre dans un même sac des peuples très différents pour mobiliser "en bloc" contre eux ; et de donner à la mobilisation réactionnaire une teinte "progressiste" (l'islam étant "obscurantiste"...). D'ailleurs, le terme d'islamophobie est repris, pour la dénoncer, par des gens pas franchement progressistes (comme les bourgeois réactionnaires de l'UOIF), qui tentent de l'amener, eux aussi, comme ceux qu'ils prétendent dénoncer, sur le terrain religieux, le terrain du "choc des civilisations".

Nous devons également dénoncer cela, et démasquer l'islamophobie pour ce qu'elle est : une MOBILISATION RÉACTIONNAIRE DE MASSE au service de l'impérialisme !


Tiré de La Voce n°16, mars 2004 - traduction Servir le Peuple


LA RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE ANTI-IMPÉRIALISTE DANS LES PAYS ARABES ET MUSULMANS


Dans tous les pays impérialistes européens, la bourgeoisie mène aujourd'hui une persécution à grande échelle contre les immigrés et la population d'origine arabe ou de religion musulmane.

Pisanu [Ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Berlusconi en 2004, ndr] marche déjà sur les traces de Sarkozy, le Ministre de l'Intérieur français : persécuter et chasser d'Italie les prêtres musulmans révolutionnaires et chercher à imposer dans toutes les mosquées, aux fidèles, des prêtres collaborateurs qu'ils soutiennent grâce à des subventions et à la police.

La collaboration entre les gouvernements européens se renforce véritablement sur le terrain de la persécution des immigrés et de la chasse aux révolutionnaires arabes et musulmans : mandat d'arrêt européen, police fédérale européenne, garde des frontières européennes, fichier européen, listes de proscription européennes, uniformisation des règles.

La cible de cette persécution est une partie importante des travailleurs. Dans certains pays européens, l'islam est déjà aujourd'hui la religion de la partie la plus pauvre et opprimée de la population. La chasse aux révolutionnaires arabes et musulmans dans les pays impérialistes alimente et cache la persécution des communistes et des autres révolutionnaires locaux.

D'une part, celle-ci conflue dans la restriction générale des libertés politiques et civiles qui frappe toutes les masses populaires, et qui se concrétise dans une pratique vexatoire allant au-delà des lois sécuritaires proposées et approuvées dans chaque pays.

D'autre part, si les communistes suivent une ligne juste, cette persécution devient réellement un facteur de développement du mouvement communiste. [Donc la persécution contre les immigrés et la population d'origine arabe ou de religion musulmane dans nos pays impérialistes, au-delà d'être liée à l'oppression à laquelle sont subordonnés tous les travailleurs immigrés, est également liée à la répression du mouvement révolutionnaire dans nos pays et en particulier à la répression des communistes, ndr.]

Dans beaucoup de pays européens, la bourgeoisie s'appuie déjà sur la chasse aux révolutionnaires arabes et musulmans pour promouvoir la mobilisation réactionnaire des masses populaires. Il est donc évident que nous sommes face à un processus qui, dans le bien ou dans mal, a et aura encore de plus fortes répercussions sur notre lutte pour faire de l'Italie un nouveau pays socialiste.

De quoi est-il question ? D'où vient la persécution contre les immigrés et la population d'origine arabe ou de religion musulmane ? Que ligne devons-nous suivre ?

Tout marxiste doit se poser clairement ces questions, et doit répondre à chacune d'elles sur la base de l'analyse de l'histoire et des relations entre les "faits", qui sera vérifiée sur la base de l'expérience.

Telle est l'unique méthode digne d'un marxiste d'affronter les questions que la réalité nous pose. Comprendre la réelle nature du bouleversement social en cours dans les pays arabes et musulmans, se régler d'abord sur la base de celle-ci et ne donner aux idées avec lesquelles les protagonistes combattent, et aux idées qu'ils ont d'eux-mêmes, que seulement l'importance (transitoire) qu'elles ont. Ce n'est qu'en comprenant la réelle nature du bouleversement en cours, que nous pourrons au contraire comprendre les contradictions des idées de ses protagonistes, et entre celles-ci et la pratique révolutionnaire. Nous ne pouvons mener avec efficacité la lutte dans le domaine des idées que si nous savons clairement ce qu'elles veulent effectivement dire, d'où elles viennent.

[La persécution lancée par la bourgeoisie impérialiste contre les Arabes et les musulmans dans les pays européens n'est pas la même chose que l'oppression et l'exploitation que la bourgeoisie impérialiste exerce sur les immigrés, même si elle a beaucoup de points de contact avec elle : une partie des Arabes et des musulmans habitent depuis des générations dans certains pays, comme par exemple la France et l'Angleterre, ils ne sont donc pas la cible de la bourgeoisie en tant qu'immigrés, mais réellement en tant qu'Arabes et musulmans, comme les Japonais ou les Allemands qui habitaient aux USA furent la cible des Autorités US pendant les guerres mondiales, note de La Voce].

La persécution lancée par la bourgeoisie impérialiste contre les Arabes et les musulmans dans les pays européens dérive de l'affrontement entre la révolution démocratique anti-impérialiste en cours dans les pays arabes et musulmans, et la contre-révolution promue et dirigée par les groupes impérialistes US et européens. Il s'agit de l'affrontement le plus chaud parmi ceux actuellement en cours. Palestine, Iraq, Afghanistan sont les points les plus chauds. D'où vient cet affrontement ?

Les pays arabes et musulmans couvrent une bande qui va du Maroc à l'Indonésie. Ils comprennent l'Afrique du nord, le Moyen Orient et l'Asie méridionale. Il s'agit de plus d'un milliard d'hommes et de femmes qui habitent ces régions avec de fortes diasporas dans d'autres parties du monde, y compris dans les pays impérialistes. En France environ 10% de la population provient de ces régions. Il s'agit d'une fraction de la population qui appartient pour la plus grande partie aux classes les plus opprimées et exploitées.

Sa formation est liée à la vieille domination coloniale (main d'œuvre et soldats engagés par la bourgeoisie et transportés dans la métropole) et à la récente recolonisation (néo-colonialisme NDLR) qui a détruit et détruit encore les bases économiques de l’ancien mode de vie et force les populations locales à migrer. Cette partie de la population des pays impérialistes subit une triple oppression : de classe, nationale et raciale. Elle est donc une pépinière de rébellion.

Tant que le mouvement communiste dans les pays impérialistes sera faible, cette rébellion s'identifie et s'identifiera à la révolution démocratique anti-impérialiste en cours dans les pays d'origine plus ou moins récente, plutôt que de porter en elle l'influence de la classe ouvrière urbaine, comme cela se produisit pendant la première vague de la révolution prolétarienne, lorsque le mouvement communiste était fort. La persécution contre les révolutionnaires arabes et musulmans crée donc aussi un lien direct, que nous ne pouvons pas éluder, entre l'accumulation des forces révolutionnaires dans les pays impérialistes et la révolution démocratique anti-impérialiste dans les pays arabes et musulmans.

Les pays arabes et musulmans sont pour la plupart des pays de vieille civilisation. La plupart a eu un passé glorieux. Dans le cadre du système esclavagiste et féodal, ils ont été pendant un temps la partie la plus avancée de toute l'humanité et ont connu un long développement économique et culturel qui est arrivé jusqu'à produire une vaste économie mercantile.

Aucun de ces pays n'a cependant jamais effectué le passage au capitalisme, faute des conditions politiques nécessaires pour une accumulation primitive qui enracine définitivement le mode de production capitaliste (quelque chose comme il s'est produit dans l'histoire de l'Italie). Ils ont donc subi le développement du capitalisme en Europe et sont devenus, pour la plupart depuis 200 ans, des colonies ou des semi-colonies de la bourgeoisie européenne et américaine. La Première Guerre mondiale a vu la désagrégation de l'Empire Ottoman, qui était depuis des décennies le "grand malade de l'Europe", et les bourgeoisies française et anglaise s'en sont partagé les dépouilles au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La colonisation sioniste de la Palestine a été la dernière des entreprises coloniales par lesquelles les bourgeoisies US et européennes ont assujetti les pays arabes et musulmans.

Dans tous ces pays, à la colonisation a répondu un développement des mouvements de résistance.

Tant qu'ils furent dirigés par les anciennes classes dominantes locales, ils visèrent à la restauration du passé et ne rencontrèrent pas de succès. La Révolution d'Octobre (1917) et la première vague de la révolution prolétarienne déterminèrent un saut qualitatif,  y compris dans la résistance de ces pays à la domination impérialiste, comme ce qui se produisit en Chine et en Inde. Dans tous les pays se formèrent de forts Partis communistes, dans le cadre de la Première Internationale communiste. La résistance à l'oppression et à l'exploitation coloniale changea alors de nature. Elle devint une lutte des masses populaires contre les rapports sociaux esclavagistes et féodaux, tous deux basés sur des rapports de dépendance personnelle [ceci fait en sorte qu'aujourd'hui encore, la révolution dans les pays opprimés, dans les pays néocoloniaux, est principalement une révolution démocratique-bourgeoise par son contenu, bien que le fort développement du capitalisme, de la production mercantile, du prolétariat change au fur et à mesure la situation, ndr], et contre l'impérialisme sur lequel s'appuyaient les vieilles classes dominantes : en un mot, la révolution démocratique anti-impérialiste.

La révolution avait sa base de masse parmi les paysans pauvres, moyens et riches, parmi la masse des travailleurs déclassés résultant de la désagrégation des anciennes structures sociales et de l'impact du colonialisme, chez les artisans, chez les salariés de l'économie mercantile, parmi les marchands et la bourgeoisie nationale.

Les Partis communistes locaux réunissaient les éléments avancés de ces classes, qui étaient décidés à s'unir à la classe ouvrière révolutionnaire des pays impérialistes, parce que conscients qu’ils ne pourraient faire sortir leurs pays de la condition coloniale que dans le cadre de la révolution prolétarienne mondiale. Les travailleurs et les soldats émigrés apportaient dans leurs pays d'origine l'influence de la classe ouvrière révolutionnaire. [De là le caractère qui distingue la révolution démocratique-bourgeoise des pays coloniaux et semi-coloniaux autrefois et néocoloniaux aujourd'hui, de la révolution démocratique-bourgeoise des pays européens, et qui en fait une "révolution de nouvelle démocratie" : la théorie de la révolution de nouvelle démocratie est l’un des 5 principaux apports du maoïsme à la pensée communiste, ndr]

Le développement de la révolution démocratique anti-impérialiste dans les pays opprimés posa aux communistes le problème de quelle classe devait diriger la révolution. Dans le mouvement communiste se forma là aussi, sur ce nouveau terrain, une gauche, une droite et un centre. Les divergences sur ce terrain se combinèrent dans une certaine mesure avec les divergences sur d'autres terrains dans la lutte entre deux lignes qui se poursuivit tout au long de la vie de la Première Internationale communiste. [La théorie de la lutte entre deux lignes dans le Parti communiste est un autre des 5 principaux apports du maoïsme à la pensée communiste, ndr].

La gauche soutenait que la direction de la révolution devait être celle de la classe ouvrière, avec son Parti communiste, étroitement alliée aux paysans pauvres et moyens qui constituaient la masse de la population. La bourgeoisie nationale était désormais incapable de se mettre à la tête d'une révolution populaire. La classe ouvrière devait mobiliser et unir toutes les classes ayant intérêt à la révolution démocratique anti-impérialiste dans un front révolutionnaire sous sa direction, pour mener une révolution de "nouvelle démocratie" : une révolution démocratique bourgeoise dirigée par la classe ouvrière.

La droite soutenait que la révolution devait être dirigée par la bourgeoisie nationale parce que les objectifs immédiats de la révolution étaient démocratiques bourgeois : les communistes devaient participer à la révolution sous sa direction, recruter les ouvriers et faire valoir dans la révolution les intérêts particuliers des salariés (d'amélioration des conditions de vie et de travail).

Le centre hésitait et oscillait entre les deux lignes.

De même que les Partis de la 1ère Internationale communiste dans les pays impérialistes oscillèrent entre des interprétations opposées de la politique de front (comme illustré par Umberto C. dans son article L'activité de la Première Internationale Communiste en Europe et le maoïsme dans la Voce n° 10), dans les pays opprimés ils oscillèrent précisément entre les deux lignes exposées ci-dessus.

Les deux lignes, les implications de chacune d'entre elles, l'affrontement entre les deux sont devenus au fur et à mesure plus clairs dans le cours de la première vague de la révolution prolétarienne.

L'avènement, dans les années 1950, des révisionnistes à la direction de la partie la plus avancée du mouvement communiste, l'Union soviétique, marqua d'une manière générale le triomphe de la droite dans les Partis des pays opprimés également, malgré la lutte lancée par le Parti communiste chinois dirigé par Mao Zedong. Le triomphe de la droite dans le mouvement communiste soumit, dans divers pays arabes et musulmans, à l'épreuve des faits la capacité révolutionnaire de la bourgeoisie nationale (qui eut ses dirigeants politiques en Mossadegh, Sukarno, Nehru, Nasser, Bourguiba, etc). Le résultat vérifié par celle-ci fut la faillite de la bourgeoisie nationale et le déclin du mouvement communiste. Dans tous les pays arabes et musulmans, les Partis communistes furent soit détruits, soit se réduisirent à peu à de chose ou même se divisèrent. Presque partout, le clergé musulman et les autres notables locaux de vieil esprit, que les impérialistes avaient mobilisé contre les communistes et la bourgeoisie nationale, réussirent à prendre la direction.

Certains camarades sont tellement indignés des méfaits commis par le clergé réactionnaire musulman, qu'ils se limitent à le dénoncer. En effet, la direction du clergé a conduit la révolution démocratique anti-impérialiste à de sanguinaires pratiques sectaires. Mais nous, communistes, pour prendre la tête de la situation, devons d'abord trouver des réponses à la question : "Pourquoi nous, communistes, avons-nous perdu la direction de la révolution", ou bien "Pourquoi nous, communistes, n'avons-nous pas réussi à prendre la direction de la révolution ?".

Quant au clergé réactionnaire, pour prendre et conserver la direction des masses populaires, il a bien été obligé de chevaucher la révolution démocratique anti-impérialiste. Évidemment il l'a fait à sa manière, en servant de médiateur entre son vieux rôle social réactionnaire et la révolution démocratique. Celle-ci se poursuit avec force, d'autant plus que les impérialistes ont accru toujours plus leurs prétentions et leurs exactions, l'oppression et l'exploitation, poussés par la nouvelle crise générale commencée dans les années 1970 et libérés de la pression du mouvement communiste.

Le Hamas en Palestine est la manifestation la plus claire d'un clergé réactionnaire qui se met à la tête d'une révolution démocratique anti-impérialiste. Une organisation lancée dans un but anticommuniste par les sionistes d'Israël et la monarchie wahhabite d'Arabie saoudite (sorte de Vatican musulman), deux bras armés des groupes impérialistes US, est devenue l'organisatrice la plus radicale de la guerre contre l'occupation sioniste de la Palestine, avant-poste de l'impérialisme US dans le monde arabe et musulman.

De la nature des mouvements en cours et des forces en jeu, dérive la ligne que nous, communistes, devons suivre aussi bien dans nos pays qu’au niveau international.

La direction du clergé réactionnaire est un effet de la décadence du mouvement communiste et disparaîtra avec sa renaissance. En effet, le clergé réactionnaire est, par sa nature même, incapable de mener la révolution jusqu'à la victoire, principalement pour les quatre raisons suivantes :

1. Il maintient des liens forts, de diverse nature, avec l'impérialisme et dépend de lui dans une mesure déterminante : il est donc récupérable [voir par ex. la collaboration de la République islamique iranienne avec l'impérialisme US contre les sandinistes du Nicaragua dans les années 1980 et plus tard en Afghanistan, ndr].

2. Par la force de choses, dans tous les pays, il est porteur de relations sociales réactionnaires et doit intimider les masses populaires musulmanes pour les pousser à abandonner leurs maîtres actuels (les impérialistes) et à se soumettre aux nouveaux (le clergé).

3. Au plan international, il est incapable de s’appuyer sur la contradiction entre les masses populaires des pays impérialistes et les groupes impérialistes qui les oppriment : il attaque les deux comme s'ils étaient un unique bloc.

4. Il n'est pas porteur d'une solution anti-impérialiste qui puisse impliquer le reste du monde : il crée donc des conditions favorables à la mobilisation réactionnaire dans les pays impérialistes.

Ce sont quatre facteurs objectifs, qui marquent les limites de la direction du clergé musulman dans la révolution démocratique anti-impérialiste des pays arabes et musulmans.

En revanche, les communistes des pays arabes et musulmans sont aujourd'hui en mesure de mobiliser les masses populaires dans la guerre populaire révolutionnaire. Des communistes soviétiques, chinois et vietnamiens, ils héritent l'art de s'appuyer sur les contradictions entre les pays impérialistes et sur la contradiction qui, dans chaque pays impérialiste, oppose les masses populaires aux groupes impérialistes. Donc, tôt ou tard, dans le cadre de la renaissance du mouvement communiste international, dans tous les pays les communistes prendront à nouveau la direction de la révolution démocratique anti-impérialiste.

Quant à nous, communistes des pays impérialistes, nos tâches principales face à la persécution que la bourgeoisie impérialiste mène contre les immigrés et la population d'origine arabe et musulmane, sont les cinq suivantes :

1. Nous devons appuyer la révolution démocratique anti-impérialiste des pays arabes et musulmans et conduire les masses populaires de notre pays à l'appuyer.

2. Nous devons nous opposer à l'agression impérialiste, quelle que soit le prétexte et la forme sous laquelle elle se masque. Celui qui prend prétexte des erreurs des dirigeants de la révolution démocratique anti-impérialiste et s'allie avec les autorités impérialistes contre elle, se met hors du camp de la révolution et devient un initiateur de la mobilisation réactionnaire des masses. (surligné par nous NDLR)

3. Nous devons appuyer les communistes qui, dans chaque pays arabe et musulman, luttent pour se mettre à nouveau à la tête de la révolution. Ils sont en mesure de parler à leurs camarades dans le « langage » de leur expérience de colonisés et d'exploités par les impérialistes et les classes réactionnaires locales.

4. Dans notre pays nous devons soutenir les mouvements révolutionnaires des immigrés contre les autorités impérialistes : c'est un aspect de notre lutte pour accumuler des forces révolutionnaires et développer la lutte des ouvriers et des masses populaires, pour faire de notre pays un nouveau pays socialiste.

5. Mais surtout, nous devons travailler à la renaissance du mouvement communiste dans les pays impérialistes, en exploitant les conditions objectives favorables existantes (en d'autres mots, nous devons développer la mobilisation révolutionnaire des masses populaires dans notre pays). Donc, nous devons d'abord reconstruire ou renforcer de vrais Partis communistes, basés sur le marxisme-léninisme-maoïsme. Ceci est la clé de la solution de tous les problèmes de la révolution prolétarienne.

Ernesto V.

Sur le thème traité dans cet article nous conseillons à nos lecteurs les suivants articles :

- Le bouleversement en cours de Umberto Campi dans Rapporti Sociali n° 34.

- La lutte pour l'autodétermination nationale dans les pays impérialistes de Giuseppe Maj en Supplément à Rapporti Sociali n. 34 [également en français sur notre site Internet, dans la section française d'EiLE, - Éditions en Langues Etrangères - en 2004 il fut publié sur Emgann, la revue des indépendantistes bretons].

Les articles peuvent être demandés à la rédaction de Rapporti Sociali, Tanaro 7 - 20128 Milan tel et fax 02 26 30 64 54 e.mail < resistenza@carc.it >.


Les camarades du (n)PCI font parfaitement le lien entre la "stigmatisation" des minorités arabes et musulmanes ici et la révolution démocratique anti-impérialiste dans les pays de culture musulmane.

Cet aspect s'ajoute à la "classique" division ethnique des masses populaires par les dominants (sous tous les modes de production) et à la culture dominante de suprématie ("raciale" ou "civilisationnelle") que 500 ans de colonialisme puis d'impérialisme ont imposé à nos sociétés.

Mais c'est ce lien (comme hier, le lien entre Juifs et bolchévisme) qui lui donne sa dimension persécutrice institutionnelle de masse - et peut-être exterminatrice, ou pogromiste de masse en cas de guerre civile et ou de guerre mondiale totale : l'exemple de la Yougoslavie ou de la Tchétchénie montre qu'il n'y a pas de "nations civilisées" qui seraient "au-dessus" du crime contre l'humanité.

À noter que l'Italie a une immigration récente, souvent individuelle (peu familiale) et peu "installée" : en résumé, elle n'a pas de colonies intérieures issues des anciennes (ou actuelles ! comme les DOM-TOM...) colonies d'outre-mer (l'Italie en avait peu : Libye, Érythrée...). Cet aspect n'est donc pas abordé par les camarades.

Ces colonies intérieures ne sont pas simplement  "considérées" comme une 5e colonne de la lutte anti-impérialiste mondiale... Elles le sont, objectivement, en raison de leurs liens culturels, et souvent familiaux forts avec les pays d'origine.

Elles sont les ambassadrices, en métropole impérialiste, des masses mondiales opprimées. C'est la raison de leur traitement discriminatoire et colonial.

Les communistes ne doivent pas seulement "les soutenir", mais fondamentalement s'appuyer sur elles.

Il faut cependant, apprenant de l'expérience, être vigilants et lucides envers certains "représentants communautaires" bourgeois qui, pour être en contradiction avec la grande bourgeoisie monopoliste-impérialiste (dont ils sont exclus), n'ont pour but que d'être les sous-traitants de l'exploitation des minorités, comme tant de bourgeois nationaux anti-colonialistes, outre-mer, sont devenus les nouveaux gardes-chiourme du néo-colonialisme.

Un bon exemple de la méfiance à avoir, en Europe, envers les directions bourgeoises, est donné par les luttes des minorités nationales européennes. En Catalogne, en Euskal Herria, en Irlande du Nord, partout les directions bourgeoises qui ont abandonné la lutte sont devenues les nouveaux "gérants" locaux du Capital impérialiste européen.



resist iraq


Sur le sujet, lire aussi ce très intéressant texte du site Arab Maoists (juillet 2012) qui apporte de riches réflexions sur cette très vaste question, toujours non-résolue (malgré les prétentions des uns et des autres) par le mouvement communiste international.

 

 

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 19:56
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JCML du Rhône


La JCML69 apporte son entier soutien à la pétition initiée par le CILL contre la répression au lycée Pierre Brossolette de Villeurbanne et du rassemblement qui a eu lieu devant le lycée le 18 Mars à 18H00.

Elle constate que l'activité du collectif lycéen a permis d'exposer au grand jour des contradictions entre les intérêts des lycéens mobilisés qui sont ceux de la grande majorité de la population et les intérêts corporatistes étroits d'une large partie des professeurs et du personnel de ce lycée.


Front contre la répression


Très tôt un matin de mobilisation lycéenne, au mois de décembre, cinq lycéens sont interpellés non loin du lycée pour un soupçon de tentative de vol de chaîne. Après un dur séjour en garde à vue, ils sont relâchés et relaxés hormis l'un d'entre eux qui a eu un rappel à la loi. Quelques temps plus tard, ils sont traînés par la proviseure en conseil de discipline qui exclut définitivement deux d'entre eux. Cette exclusion nécessitait le soutien des parents d'élèves et enseignants siègeant au Conseil de Discipline.

C'est parce que mobilisés que les lycéens ont été exclus, cette répression est donc politique. La proviseure du lycée Pierre Brossolette, Chris Laroche, est coutumière de ces faits répressifs. Il y a deux ans, une lycéenne a déjà été soumise à de très fortes pressions à cause de ses engagements. Un professeur a également qualifié l'attitude qu'elle avait pu avoir vis à vis de lui harcèlement moral.

Le CILL a donc tout à fait légitimement décidé de se mobiliser contre la répression qui a eu lieu cette année au lycée Pierre Brossolette. La pétition qu'il a lancé à reçu le soutien de notre organisation, du ROCML auquel nous sommes affilié, de la FSE, mais aussi de SUD Education 69, de la CNT, de la CGA, de la FIDL 69, de la JC et de la Coordination Ecole en Danger 69... Bref, le CILL a regroupé sur cette question démocratique un large front. Nous remercions tous ceux qui soutiennent les lycéens contre la répression et saluons le travail qui a été fait par le CILL.


Les profs et personnels de Brossolette font corps avec leur patron


Mais il n'en a pas été de même à l'intérieur de Brossolette. La majorité des professeurs et une partie du personnel, réunis en intersyndicale, se sont opposés la pétition et ont décidé de soutenir formellement Chris Laroche face à ce qui est pour eux "une attaque personnelle", une "récupération par l'extrême gauche", une "mise en danger de la réputation de notre établissement"... Ils se sont mobilisés "contre l'anarchie qui risquait de se propager si on octroie aux lycéens le droit de pétitionner"...

Comment s'expliquer cette attitude ? Tout d'abord, à Brossolette règne un climat de terreur. Lors du rassemblement organisé le 18 Mars par le CILL devant le lycée, de nombreux lycéens nous ont fait part des menaces constantes à leur égard, Chris Laroche leur intimant personnellement de ne pas signer la pétition ni de se mobiliser contre les réformes.

Ce climat de terreur s'applique également aux professeurs. Facile de critiquer Sarkoy, n'est ce pas ? Mais lorsqu'on n'a pas le courage d'affronter son propre patron qui n'est qu'un cadre insignifiant de l'Etat bourgeois, les grandes déclarations anti-sarkozystes apparaissent comme n'étant que du vent. Un militant de Lutte Ouvrière, pion au lycée, qui a soutenu Chris Laroche, qui dit qu'il n'a pas peur de se dire d'extrême gauche, a expliqué aux lycéens du CILL qu'ils ne s'attaquaient pas à la bonne personne, que c'était le gouvernement qui était responsable, qu'il les aurait soutenu face à la répression policière. Mais hors de question remettre en cause la décision du conseil de discipline. Pourtant, lui même a du admettre que la proviseure était un agent politique du gouvernement.

Chris Laroche parvient à souder ses professeurs et personnels derrière elle contre ceux qui veulent du mal au lycée, par exemple l'extrême gauche ou les sauvages de Faÿs, le lycée voisin. Tout l'appareil de Brossolette fait corps contre les lycéens mobilisés. C'est une forme d'organisation corporatiste que Chris Laroche est parvenue à mettre en place à Brossolette. La défense du prestige du lycée est invoqué pour expliquer ces actes. Cette défense réactionnaire de l'intérêt du lycée ira en s'accroissant à mesure que le gouvernement mettra en concurrence les établissements avec pour critère valorisant son adéquation avec les intérêts du patronat local. D'autre part, c'est aussi un front contre la remise en cause de l'ordre social interne au lycée où les professeurs sont dominants.

C'est aussi le signe d'une faiblesse des organisations syndicales. Elles sont sensées soustraire leurs adhérents aux rapports de force localisés à une boite ou un lycée, à la défense de l'intérêt de son entreprise ou de son lycée au profit de la solidarité contre LE patronat et le gouvernement.


Il n'y a que deux camps, celui du prolétariat et celui de la bourgeoisie


Les idéaux progressistes d'une part croissante de professeurs entrent en contradiction avec leurs intérêts matériels. Les professeurs appartiennent à l'aristocratie ouvrière. Ils vivent des miettes des profits que la bourgeoisie extorque aux prolétaires dans les pays qu'elle domine et en France. Elle veut bien leur accorder pour acheter la paix sociale. Or, avec la crise du capitalisme, des miettes, il y en a de moins en moins, une part croissante de la population est plongée dans la misère et le chômage. Les réformes du lycée sont le fruit du pourrissement du capitalisme qui tente d'exclure les classes populaires de l'Education Nationale.

Les mobilisations collectives sont le fait d'intérêts matériels. Les lycéens mobilisés portent l'intérêt des classes populaires qui est que tous puissent accéder à une éducation de qualité, le plus dégagée possible des intérêts des capitalistes. Ils doivent également lutter contre l'impérialisme français qui soumet à la surexploitation les prolétaires et paysans de nombreux pays. Les capitalistes, en France, portent un intérêt contraire : ils répriment donc les mouvements s'opposant aux intérêts de la bourgeoisie que ce soient chez les lycéens, les travailleurs, les étudiants et les professeurs. Les professeurs se mobilisent pour défendre leurs retraites, leur statut. Cela peut être tout à fait juste si leur lutte se mène au côté du prolétariat contre la bourgeoisie.

Au contraire, leurs mobilisations peuvent être réactionnaires si jamais les professeurs ne se mobilisent que pour garder leur place dans la société. S'ils font corps contre les « hordes de lycéens sauvages », dont la violence des mouvements s'accroît au fur et à mesure de leur paupérisation, de la violence des offensive des capitalistes. S'ils font corps en sacrifiant l'intérêt de la majorité du peuple au profit de leurs intérêts étroits, ils passent du coté de la bourgeoisie.

La JCML du Rhône serait ravie d'entendre des explications des différentes organisations présentes au lycée (SNES, CGT, FO, LO). Elle appelle à la solidarité entre les lycéens et les professeurs progressistes, à renforcer la ligne de classe des organisations syndicales qui seule permet de faire l'unité au sein du peuple contre l'offensive de la bourgeoisie. Seule l'organisation et la solidarité de classe dans chaque secteur nous permettront de ne pas être balayés par cette offensive.


Mais ce qui permet de réaliser l'unité de classe entre tous les secteurs, ce n'est pas le syndicalisme, c'est l'organisation politique sur la ligne des intérêts du prolétariat. La JCML du Rhône a vocation à réunir tous les secteurs de la jeunesse pour nous permettre d'avoir une stratégie d'ensemble dans notre lutte révolutionnaire contre le capitalisme et pour le socialisme.



CHRIS LAROCHE EST UN TIGRE DE PAPIER ! SOYONS TOUS UNIS CONTRE LA REPRESSION !

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 10:34

Blog des Peuples en Lutte

Herri Demokrazia
Décembre 2009
Traduction FPL


[comunismoepatria.jpg]

Le Comité d'Édition de Herri Demokrazia reproduit le travail suivant du communiste basque Santi Ramírez. Même sans être complètement d'accord avec son contenu nous le mettons à la disposition de nos lecteurs car nous considérons qu'il contient des analyses précieuses et d'une indubitable utilité pour faire avancer la lutte de Libération Nationale et pour le Socialisme d'Euskal Herria.


1.- Le contexte.

Dans l'État espagnol affleurent toutes les contradictions. Les deux derniers mois ont été spécialement agités. Dans le Sud d'Euskal Herria la répression s’est accentué contre le secteur majoritaire de la gauche abertzale (patriote), et de nombreuses arrestations se sont produites, même quand celle-ci avait initié un processus de réflexion et de débat qui pourrait la mener à donner un important virage stratégique. En même temps, la mobilisation populaire croît contre la répression et en demande d'une plus grande démocratie. En un peu plus d'un mois ont eu lieu deux imposantes manifestations, l'une à Donostia (17-10-2009) et l'autre à Bilbo (28-11-2009), et un nombre croissant de voix s’élèvent demandant “l'unité d'action abertzale”.

Comme si ça ne suffisait pas, le peuple catalan serre les rangs devant la plus que prévisible sentence du Tribunal Constitutionnel qui pourrait réduire considérablement l'Estatut, après que cela ait été approuvé par le Parlement autonome et par l'espagnol (où il a déjà souffert de nombreuses réductions) et, par la suite, approuvé majoritairement dans les urnes.

Tout cela a lieu dans le contexte d'une profonde crise économique qui a mis en évidence la faiblesse structurelle du capitalisme espagnol, dont le caractère parasitaire et spéculatif a été amplement démontré après avoir mis sur pied une économie aussi faible (basée principalement sur la construction et la spéculation immobilière, ainsi que sur le tourisme), avec un taux de chômage qui est le double de celui existant dans la “zone euro" et qui sera difficilement récupéré, malgré les injections multimillionnaires accordées par l'État espagnol au secteur financier.

Un État qui, devant la faiblesse notoire de la classe dominante et sa perte croissante d'influence internationale, autant dans l'UE que dans le reste de monde, n’hésite pas à impulser un processus d'involution démocratique et de centralisation politique sur le plan intérieur, tandis qu'il renforce ses traits militaristes et s'embarque dans des aventures belliqueuses dans d'autres pays, en essayant peut-être de se féliciter ainsi avec ses maîtres les impérialistes yankees.

Dans ce contexte, encore une fois, il apparaît clairement que le dénommé “problème basque” constitue le talon d'Achille, le point le plus vulnérable ou, pour le dire autrement, le chaînon le plus faible, du capital financier espagnol et de son État. La situation sociale et politique existante dans le Sud d'Euskal Herria renferme une énorme potentialité révolutionnaire, autant si nous la considérons en relation avec l'État espagnol que si nous le faisons avec l'ensemble de l'Europe occidentale, dans laquelle nous nous trouvons. La classe dominante espagnole le sait, et la bureaucratie de l'UE est aussi consciente de cela, construite sur la base des intérêts communs du capital financier des différents pays.

Et c’est précisément dans ce contexte de crise sociale, économique et politique, que se situe l'arrestation, le 13 Octobre dernier, de dix membres éminents de la gauche abertzale, parmi lesquels se trouvaient Arnaldo Otegi et Rafa Diez, sous le prétexte que, suivant des instructions d'ETA, ils essaieraient de réorganiser le Bureau National de l'illégalisé Batasuna, qui répond à une tentative de l'État espagnol de faire avorter le débat interne dans ladite formation, devant la crainte que son développement puisse favoriser un important virage politique qui lui permette de récupérer l'initiative et de se constituer en le principal pôle de référence pour la création d'un large bloc abertzale.

En Octobre 2009, ladite formation a soumis à sa militance un Document pour le débat, intitulé “Clarification de la phase politique et de la stratégie”. Ce document a déjà été l’objet de commentaires dans certains journaux et sa version complète, en euskara et castillan, a été  publié sur diverses pages web d’Internet. Par conséquent, le document précité est passé au domaine public.

2. - Un débat nécessaire.

Bien qu'il s'agisse d'un débat interne, pour le développement duquel on peut supposer que Batasuna aura établi les canaux et les cadres qu'il a considérés appropriés, il faut aussi dire que l'importance de certaines des questions soulevées dans le document transcende les propres limites organiques de cette formation et touche l'ensemble de la gauche abertzale. Il faut tenir en compte que bien que Batasuna se proclame comme la “gauche abertzale” par excellence, celle-ci constitue un mouvement populaire large et hétérogène dont ladite formation est seulement une partie, bien qu'elle soit la plus importante.

Pour la même raison, j'ose affirmer que le débat s'étendra à des secteurs plus larges que ceux délimités par les propres structures de Batasuna et que, d'autre part, il est très probable qu'il se prolonge dans le temps au-delà de ce que peut durer le débat interne de la formation abertzale.

En fait, ce débat a déjà commencé dans certains forums Internet bien que, il faut aussi le dire, je ne crois pas que ce soit le milieu le plus adéquat parce que certains sujets sont assez complexes pour en débattre sur la toile car celle-ci ne permet pas de les discuter avec la profondeur qu'ils requièrent et la seule chose que cela favorise est qu’on leur donne un traitement banal et simpliste.

Par ailleurs, le syndicat LAB a invité, le 10 Novembre dernier, tous ses affiliés et sympathisants à participer à un large débat "sans limites, ingérence ni aucun type de violence" que va impulser le syndicat durant les mois suivants et appelle les travailleurs à redoubler d’efforts pour le changement politique.

Ce sont certaines des raisons qui m'ont amené à élaborer ce travail, avec l'intention de contribuer, dans la mesure du possible, à ce vaste débat qui est déjà initié, au sein de la société basque. En même temps, je tiens à préciser que je ne nourris pas la moindre intention de m'immiscer ou d'interférer dans celui que réalise Batasuna, qui a un caractère interne et que, précisément pour cela, je crois que nous devons tous respecter.

Pour nous faire une meilleure idée de la nouvelle situation qui s’est créée et qui rend plus impérieux encore que ce débat idéologique et politique ait lieu, nous devons aussi tenir en compte que le 14 Novembre dernier, un groupe d’éminents membres de la gauche abertzale, réuni à Altsasu, a présenté un document intitulé “Un premier pas pour le Processus Démocratique : Principes et volonté de la gauche abertzale”, qui comprenait certains importants aspects politiques. D'autre part, le 21 Novembre, EA a aussi rendu public un document sur “l’unité d'action abertzale” qui a été le résultat d'un débat réalisé dans ledit parti.

 

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 10:27

Blog des Peuples en Lutte - Un juge d'instruction de Toulouse reprend le dossier Jon Anza

Le JPB
19/03/2010

Goizeder TABERNA

L'annonce de la saisine d'un juge d'instruction est advenue à l'instant où une pluie d'informations a soulevé des doutes sur le bon fonctionnement de différents services. Elle a rapidement été suivie d'effets, puisqu'hier, la procureure de Bayonne Anne Kayanakis a nommé un juge d'instruction du Tribunal de Grande Instance de Toulouse afin de poursuivre l'enquête sur la disparition de Jon Anza.

Elle répond ainsi à la demande formulée par la famille du militant d'ETA disparu le 18 avril et retrouvé à la morgue de Toulouse Purpan la semaine dernière. En outre, cette décision serait justifiée, selon Anne Kayanakis, par le fait que «chaque jour nous avons plus de recul» sur l'enquête et les nouveaux besoins qui surviennent. Cet après-midi, elle donnera des explications supplémentaires sur ce soudain changement de plan.

Dysfonctionnements

Le juge d'instruction devra désormais enquêter sur l'absence inexpliquée de traces de demandes d'informations à plusieurs niveaux. Lorsque le 4 mai le CHU de Toulouse alerte le Parquet de la présence d'un homme non identifié dans son service de réanimation, le Parquet demande au commissariat de Toulouse de mener une enquête, qui n'est pas suivie d'effet. Ce même commissariat dépose une main courante quelques jours avant, le 29 avril, constatant la découverte d'un homme non identifié sur l'avenue de Strasbourg de la même ville. Pourtant, aucun agent ne fait le lien entre ces deux faits et la circulaire de demande d'information sur Jon Anza adressée par la Procureure de Bayonne le 20 mai aux hôpitaux comme aux commissariats. Serait-ce un problème de communication au sein du commissariat de Toulouse?

«Je ne dis pas qu'il n'y a pas de dysfonctionnements [au commissariat de Toulouse], loin de là. Je dis seulement que le 29 avril, jour où on dépose la main courante, Jon Anza n'est pas porté disparu», réagit un membre de la direction de la police judiciaire de Toulouse, ce qui n'aurait pas permis de faire le lien. Cette même personne affirme que «pour l'instant» aucune enquête interne à la police n'a été diligentée.

Concernant la communication avec l'hôpital, l'appel qu'auraient dû recevoir ses responsables le 4 juin les interrogeant sur la présence de Jon Anza dans leur établissement n'est pas encore avéré. En revanche, au ministère de l'Intérieur, on certifie que l'Office central chargé des disparitions inquiétantes de personnes (OCDI) n'existe plus, alors que l'hôpital est catégorique : le 7 mai, un signalement a été adressé à l'OCDI, suivant un protocole établi dans une circulaire datant de 2005. Où a donc atterri ce document ?

Des dizaines de rassemblements ont demandé la vérité

Malgré les interdictions du département de l'Intérieur du gouvernement de Gasteiz et les charges de la police espagnole en Navarre, les mobilisations ont bien eu lieu, hier, dans les sept provinces basques.

Des dizaines de manifestations ou rassemblements ont eu lieu pendant la journée et en soirée. A midi, plus de 30 personnes ont pris part au rassemblement organisé par les compagnons de travail de Jon Anza, à Hendaye. Et en soirée, des rassemblements plus denses que d'habitudes se sont formés au Labourd, en Basse-Navarre et en Soule. Ainsi, à Ascain (40 personnes), à Saint-Pée-sur-Nivelle (17 personnes), à Hasparren (30 personnes), à Ustaritz (70 personnes), à Saint-Jean-de-Luz (52 personnes), à Bayonne (70 personnes), à Saint-Jean-Pied-de-Port (43 personnes), à Bassussary (10 personnes), à Bidart (10 personnes), à Mauléon et à Hendaye, dans toutes ces communes on a demandé que la lumière soit faite sur cette affaire, dénonçant «l'assassinat» de Jon Anza.

Alors qu'à Donostia les manifestants ont pu défiler dans les rues de la capitale gipuzkoar malgré la forte présence de la Ertzaintza, dans la capitale navarraise, Iruñea, la police forale a chargé contre la manifestation. La police forale, elle, a procédé à l'identification des deux manifestants. A la tête du cortège une banderole demandait : «Qu'avez-vous fait de Jon ?».

Le représentant du syndicat Lab, Igor Arroyo a déclaré que la «version officielle diffusée par le gouvernement espagnol ne tient pas la route». Il a donc exigé du gouvernement espagnol, du PSOE et du gouvernement français qu'ils trouvent l'explication de la disparition de Jon Anza.

J. Lassalle, seul candidat à se prononcer

A l'approche du second tour des régionales, les têtes de liste préfèrent ne pas se prononcer sur le dossier Jon Anza. Le seul à avoir accepté de répondre aux questions du Journal du Pays Basque est Jean Lassalle, tête de liste régionale de la liste Modem.

Cette affaire «est indigne de notre pays. Chacun a le droit de porter un jugement sur l'action de cette personne, mais qu'on lui laisse au moins une chance vitale», a-t-il affirmé. Jean Lassalle ne serait pas étonné que sa disparition soit la conséquence d'une opération barbouze. Toutefois, il doute que cette information soit «remontée jusqu'aux politiques». Et d'ajouter : «un barbouze doit avoir un ordre de toute manière». En tant que député, il souhaite que la lumière soit faite.


J.Anza était à Toulouse


Le JPB
20/03/2010

Goizeder TABERNA

«Manifestement, certaines personnes ne disent pas la vérité». Réunis hier à Bayonne, les avocats de la famille de Jon Anza sont catégoriques et demandent que le juge d'instruction nouvellement nommé prenne en compte toutes les hypothèses. L'enquête engagée par la procureure de Bayonne relève de nombreux dysfonctionnements dans différents services et les éléments qui en ressortent «ne font qu'attiser l'hypothèse à laquelle croit la famille».

Cette hypothèse est explicitement apparue dans un article du quotidien Gara datant du 2 octobre ; il s'agit de la séquestration, la torture et la dissimulation du corps de J. Anza. Une manoeuvre derrière laquelle se trouveraient des agents de la Garde Civile espagnole, selon cette hypothèse. «Comment peut-on aujourd'hui appeler ce à quoi on vient d'assister des dysfonctionnements, pour justifier ces méandres ?», a demandé Me Xantiana Cachenaut. Effectivement, les cinq avocats présents ont énuméré dans trois langues toutes les zones d'ombres de l'enquête.

Difficilement acceptable


Des inconnues. Qu'est devenu Jon Anza du 18 avril au 30 avril (voir encadré) ? Comment cela se fait qu'il n'ait pas pris le train du retour le 20 avril ? Pourquoi n'est-il pas allé le 24 avril à son rendez-vous médical à Bordeaux ? La liste des questions que posent les avocats s'allonge.

Une coïncidence. L'identification grâce à un agent administratif, du corps qui demeurait à la morgue de l'hôpital de Toulouse depuis 10 mois n'est que le fruit du hasard. Un fait difficilement acceptable pour la famille qui avait demandé une enquête pour disparition inquiétante le 15 mai 2009.

Des déficiences. C'est précisément dans les domaines où la police judiciaire a mené son investigation que des interrogations se posent. Les avocats de la famille n'expliquent pas comment cet homme retrouvé inconscient sur la voie publique le 30 avril, aux environs de minuit, à Toulouse, n'a pas fait l'objet de recherches, alors qu'il était en possession de deux billets à destination de Toulouse puis de Bayonne. «Comment n'y a-t-il pas eu de connexion entre l'enquête préliminaire engagée par la procureure de Bayonne» et les trois signalements réalisés par l'hôpital de Toulouse auprès du commissariat (30/04/2009), du Parquet (04/05/2009) et à l'ancien Office central chargé des disparitions inquiétantes (07/05/2009) ? Ce dernier ayant été supprimé, reste à savoir qui a reçu ce courrier. Et les avocats concluent : «comment ne pas penser que le corps de Jon Anza n'a pas été caché?».

Les avocats de la famille considèrent qu'ils ont suffisamment d'éléments pour maintenir l'hypothèse de l'enlèvement et la dissimulation du corps du militant basque par les forces de sécurité espagnoles. Me Arantxa Zuluaga se demande : «de quoi se défend A. P. Rubalcaba», ministre de l'Intérieur espagnol, lorsqu'il engage des poursuites judiciaires à l'encontre des personnes qui avancent l'hypothèse de l'implication des gardes civils ? Elle rappelle que Michèle Alliot-Marie, actuelle ministre de la Justice, est la seule à avoir porté du crédit à la thèse de Rubalcaba consistant dans la fuite volontaire de Jon Anza avec l'argent d'ETA.

Spectateur


Maintenant qu'un juge d'instruction de Toulouse a été saisi, la famille va attendre de recevoir le rapport de l'autopsie et décidera alors si oui ou non elle demandera des analyses supplémentaires ou une contre-expertise. Cependant, elle a «peu d'espoir» sur les résultats.

Elle espère seulement que dorénavant, l'enquête apportera des réponses à toutes les questions énumérées, et surtout, qu'elle sera mieux considérée que jusqu'à présent, car, d'après les avocats, du moment où on trouve son corps jusqu'à son autopsie, «on lui a réservé une place de spectateur».

Jon Anza a résidé à Toulouse depuis le 18 avril

L'enquête est close à Bayonne. La procureure de Bayonne a transféré le dossier au procureur de Toulouse, Michel Vallet, qui a nommé un juge d'instruction. Lors de sa dernière conférence de presse consacrée à cette affaire, Anne Kayanakis a affirmé que le militant basque originaire de Donostia est resté à Toulouse du 18 au 30 avril, jour où il est retrouvé au Boulevard Strasbourg de Toulouse. Elle n'a cependant pas donné de précisions sur les preuves de ce qu'elle avance ; elle a simplement affirmé que ce n'est pas une déduction.

Nouvel élément révélé à la presse, le pantalon que portait Jon Anza lorsqu'on le retrouve et celui qu'il avait lorsqu'il quitte sa compagne le 18 avril ne sont pas les mêmes. Il aurait pu avoir un pantalon de rechange dans son sac, mais aucun élément ne permet d'avancer cela, d'autant plus que le sac dans lequel il portait suffisamment de médicaments pour un mois n'est pas réapparu. Les papiers d'identité non plus.

Dorénavant, le juge d'instruction devra déterminer dans quelle situation se trouvait Jon Anza du 18 au 30 avril, les circonstances qui ont entravé la découverte du corps à la morgue de l'hôpital de Toulouse et déterminer si des éléments postérieurs, comme la disparition du corps et la présence de gardes civils dans un hôtel de Toulouse le 20 mai, peuvent éclairer. Ce qui est certain, c'est que «les causes de cette mort ne sont pas strictement médico-légales», a précisé Anne Kayanakis.

Et pour mieux répondre aux besoins de l'enquête, elle a préféré transférer le dossier au Parquet de Toulouse. La procureure serait une sorte de «gare de triage» et le juge d'instruction, lui, se «penche de manière plus approfondie sur les dossiers», d'après ses explications. Elle relève, par ailleurs, que l'instruction du dossier par un juge offre un cadre juridique pour informer la famille. Cette dernière devient dorénavant partie civile. Enfin, la procureure de Bayonne a surtout mis en avant la localisation des faits, ce qui engendre le transfert du dossier au Parquet de Toulouse.

CONFERENCE DE PRESSE Baiona – 2010-03-13  - CSPB


Nous allons donner cette conférence de presse en 3 langues Les nombreuses personnes présentes ici sont la famille, les avocats, les militants associatifs, syndicaux et représentants de différences organisations politiques qui se mobilisent depuis la disparition de Jon. 

Cette conférence de presse se déroulera en 3 parties Jon Enparantza Anaiz Funosas Jean-François Lefort 

  

 Jean-François LEFORT: Les faits 

  

Les raisons de cette conférence de presse: 

Nous vous avons invités à cette conférence de presse pour faire le point sur la disparition de Jon et plus précisément sur les évènements de ces deux derniers jours. 

  

Récapitulatif des faits depuis la disparition à aujourd’hui: 

Le 18 avril Jon disparaît, il ne se rend pas au rendez-vous qu’il a à Toulouse avec l’organisation ETA à qui il devait remettre de l'argent (voir plus loin). 

  

Le 23 avril, son amie apelle les différents hopitaux de la région, y compris l’hôpital Purpan dans lequel Jon est découvert avant-hier. Depuis cette date, les hopitaux savent qu’une personne atteinte d’une grave maladie a disparu. 

  

Le 29 avril, d’après la version policère, Jon est retrouvé dans parc, en vie mais inconscient : 

Sans l’argent 

Sans papiers 

Avec un billet de train aller retrour Bayonne-Toulouse 

  

Toujours le même jour et en se basant sur la version policière, les pompiers (c’est à vérifier) récupèrent Jon suite à un appel. Il est hospitalisé inconscient. 

  

Le 11 mai il meurt à l’hopital 

  

Le 15 mai, la famille informe le procureur de Bayonne de la disparition de Jon. 

Suite à cela, et donc 15 jours après que Jon ait été hospitalisé et 4 jours après sa mort, la Procureur de Bayonne Anne Kayanakis ouvre une enquête, elle communique en disant qu’elle a fait le tour des hôpitaux le tour des morgues vérifier le trajet en train et fait survoler la voie ferrée par un hélicoptère 

  

Le 19 mai, ETA par le biais d’un communiqué reconnaît Jon comme un de ses militants, informe qu’il n’est pas venu au rendez et précise que la police française est en possession de ses empreintes digitales retrouvées dans une cache à Senpere. 

  

Le 20 mai, en conséquence du communiqué d’ETA le juge antiterrorsite ouvre une enquête. 

  

Le 24 mai des dizaines de personnes refont le trajet et posent des centaines de photos de Jon dans et autour des gares le long du trajet. On leur dit que le contrôleur du jour de la disparition est en arrêt maladie, remplacé par un intérimaire. 

  

Le 2 octobre le quotidien Gara affirme, suite à des informations obtenues de “source fiable”, que Jon a été enlevé par des forces de sécurité espagnoles, qu’il est mort suite à des interrogatoires illégaux et que son corps est enterré en France. 

  

A partir de décembre, de nombreux articles de presse sont écrits dans différents quotidiens de l’Etat français. 

  

Le 8 février, suite à la demande de la Procureur de Bayonne, l’Audience Nationale de Madrid ouvre une enquête. 

  

Avant hier, le 11 mars, la PJ contacte la famille de Jon pour l’informer qu’un corps, qui pourrait être celui de Jon, a été retrouvé à la morgue de l’hôpital Purpan. 

  

Hier, le 12 mars, suite à des tests ADN la police confirme que c’est Jon. 

Nous ne croyons pas à cette confirmation. La famille et les avocats informent les autorités que tant qu’ils n’auront pas vu Jon afin de l’identifier ils resteront devant la morgue. En milieu d’après midi, le Procureur donne l’autorisation de voir le corps, Jon est formellent identifié. 

  

NOUS VOULONS LA VERITE, nous nous battrons pour la connaître. Pour cela il y a un moment très important, lundi Jon sera autopsié. Nous exigeons qu”un médecin de confiance de la famille puisse y participer. Si ce n’est pas le cas, nous rejetterons en bloc ses conclusions. AU VU DES FAITS NOUS NE LEUR FAISONS PAS CONFIANCE. Ont-ils quelque chose à cacher? Pourquoi veulent-ils nous cacher ce que l’autopsie peut dire? Nous lançons un appel à se mobiliser lundi matin pour se rendre massivement à Toulouse pour exiger la présence d’une médecin de confiance et si ce n’était pas le cas empêcher qu’un simulacre d’autopsie puisse avoir lieu. 

  

  

Jon ENPARANTZA – Anaiz FUNOSAS : Lecture politique 

  

-La première chose pour dire que nous ne CROYONS JAMAIS LES VERSIONS OFFICIELLES. Des années de conflit politique nous ont déjà montré l'absence totale de crédibilité politique des versions officielles de la France et de l'Espagne. 

  

-Nous ne croyons pas non plus la version qu'ils nous servent depuis que le corps de Jon est apparu. Ni tout ce qui a été dit dans la presse, ni ce que les autorités françaises ont dit hier, et spécialement ce qu'ont dit le Procureur de Bayonne et le chef de la PJ dans la conférence de presse d'hier après-midi. 

  

-Cette fois, en plus, d'où qu'on la prenne, d'où qu'on la regarde, cette version ne tient pas debout. Si on regarde les éléments qu'ils nous donnent, la version qu'ils sont en train de mettre en scène est INACCEPTABLE pour nous. 

  

-Elle est pleine de contradictions et de vides. Des dizaines de questions restent sans réponse ou avec des réponses abracadabrantes; quand il a disparu nous avons demandé: 

Où est Jon? 

Qu'est-ce que vous lui avez fait? 

Qu'avez vous fait de lui? 

Nous voulons la vérité. Les questions demandent des réponses claires et précises, et il n'y en a aucune. 

  

-Aujourd'hui nous posons de nouvelles questions: 

Où a-t-il été retenu pendant 10 jours? 

Qui l'a retenu? 

Qu'est-ce qu'ils lui ont fait pendant ces dix jours? 

Pourquoi disent-ils qu'il n'a pas de marques alors que le corps est trop abîmé pour l'affirmer? 

Comment ont-ils pu le cacher pendant presque un an alors que la police de Bayonne avec le Procureur à sa tête l'ont soi-disant cherché partout? 

Qui, comment et pourquoi ont-ils caché ce corps? 

  

-Anne Kayanakis nous a parlé hier de dysfonctionnements et de nouvelles questions. Nous, ce que nous voulons, CE SONT DES REPONSES. Elle a parlé d'une seule certitude: que la thèse défendue par Rubalcaba et Alliot-Marie (sur Jon se serait enfui avec l'argent) est totalement écartée. Ce dont nous sommes sûrs, c'est que nous sommes devant le silence de la raison d'Etat. Nous exigeons les réponses à ces questions, et nous lui disons: 

c'est aux responsables politiques et à leurs services secrets qu'il faut aller les poser. 

  

-Ce qui se CONFIRME, c'est ce que les proches de Jon, l'entourage et la gauche abertzale ont dénoncé depuis le début. Nous sommes devant un nouveau fait de guerre sale, une action qui est allée jusqu'à la mort. 

Nous confirmons, donc, avec ces éléments, que les forces de sécurité espagnoles et françaises ont enlevé Jon, qu'ils l'ont torturé et conduit à la mort. Ce que nous savons, parce que ça se voit, c'est que les autorités françaises l'ont caché pendant un an. 10 mois dans une morgue, pourquoi? 

Pour effacer tous les éléments compromettants? Les forces de sécurité espagnoles l'ont retenu pendant 10 jours et mené à la mort. Les ont gardé le corps pendant un an. Voilà l'implication de chacun, et les responsabilités politiques sont visibles. L'Etat français a protégé cette opération et a utilisé le corps de Jon. Il est directement impliqué par la gestion macabre qu'il a fait de ce cas. 

  

-Ils ont décidé de remettre le corps de Jon en circulation maintenant, après l'avoir gardé pendant un an caché on ne sait où. Cela a été une décision politique. Ils ont géré la guerre sale et le corps de Jon en fonction de leurs intérêts politiques. C'est la responsabilité des deux Etats. Zapatero et Sarkozy sont les premiers coupables. Ils ont couvert ensemble les déclarations honteuses de Rubalcaba et d'Alliot-Marie. Les paroles et les silences des principaux responsables politiques ont totalement déformé les évènements. 

  

-Notre dénonciation ne s'arrête pas là. La guerre sale continue avec le corps. Nous voulons dénoncer avec force l'attitude misérable, inacceptable et cruelle qu'ils ont eue avec la famille hier. L'interdiction du ministère qu'un médecin de confiance participe à l'autopsie, de voir le corps… Ils ont eu envie de jouer avec la souffrance qu'ils ont provoquée. Pour oppresser, pour humilier encore plus. Nous ne l'accepterons jamais, et nous exigeons qu'un médecin de confiance participe à cette autopsie. Nous ferons tout ce que nous pouvons pour l'imposer, garantie sans laquelle nous ne croirons jamais les conclusions de cet examen. 

  

-Cet évènement, malheureusement, n'est pas isolé, il se produit dans un large contexte. Nous le situons dans la répression générale exercée par la France et par l'Espagne. Dans le contexte d'une oppression qui n'a plus de limite. Il suffit de se rappeler tous les enlèvements de ces derniers temps, Dani Saralegi, Alberto Lopez, Juan Mari Mujika, Lander Fernandez, Alain Berastegi… 

  

-Nous exigeons des réponses à tous les niveaux. La police, le Procureur, tous devront dire la vérité. La dette qu'ils ont avec ce peuple s'alourdit encore plus avec l'histoire de Jon. Nous exigeons d'Alliot-Marie en particulier qu'elle cesse ses mensonges, qu'elle nous dise la vérité, puis qu'elle S'EN AILLE. Elle doit démissionner. 

  

-En ce moment extrêmement dur, nous voulons exprimer notre soutien entier à la famille. 

  

-Nous demandons à Euskal Herria, aux citoyens basques, de ne pas accepter cela et de le faire savoir. Pour que cela ne se reproduise jamais. 

  

  

Jean-François LEFORT: Appels à la mobilisation 

  

Nous appelons à participer aux mobilisations qui auront lieu dans les jours qui viennent. 

Nous appelons tous ceux qui le peuvent à se rendre à Toulouse lundi matin, pour exiger qu'un médecin de confiance participe à l'autopsie. Les rendez-vous sont les suivants: 4h30 place San Andres à Bayonne, 5h à Salies, 7h30 au péage de Muret. 

Une manifestation nationale aura lieu dans la ville d'Alliot-Marie, Donibane-Lohitzune, le 17 avril prochain. Nous lui demanderons directement et avec détermination ce qu'ils ont fait à Jon.

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 12:38

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dimanche 14 mars 2010 - 08h:47

Appel à signatures

 

« Bien qu’ayant accompli leur peine de sûreté depuis février 2005, et après l’élargissement des autres prisonniers d’Action Directe, Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan sont maintenus en prison. Nous demandons des soins appropriés immédiats pour Jean-Marc Rouillan et leur libération dans les plus brefs délais. »
(JPG)
Jean-Marc Rouillan

Nous invitons donc les groupes, associations, organisations, personnalités politiques, culturelles, syndicales à signer d’urgence l’appel ci-dessus.

Envoyez les signatures à : sout.ad@orange.fr

Après leur arrestation le 21 février 1987, Joëlle Aubron, Georges Cipriani, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan sont condamnés suite à plusieurs procès (1989 et 1994) à la perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 18 ans.

• Le 16 juin 2004, Joëlle Aubron obtient une suspension de peine pour raisons médicales (loi « Kouchner »). Elle décède le 1er mars 2006.

• Nathalie Ménigon, handicapée moteur suite à deux AVC dus à leur détention particulièrement éprouvante, est mise en semi-liberté en août 2007. Un an plus tard, elle obtient la libération conditionnelle.

• En décembre 2007, c’est au tour de Jean-Marc Rouillan d’accéder à la semi-liberté. Travaillant à Marseille, il regagne chaque soir une cellule de la prison des Baumettes.

• Dix mois plus tard (le 1/10/2008) paraît dans un hebdomadaire national une interview où il exprime sur deux pages son point de vue sur la situation sociale et annonce son engagement au sein d’un parti politique alors en cours de création.

Les attendus de la cour lui interdisent de s’exprimer sur Action Directe. Il le sait, le journaliste aussi. À la question « Regrettez-vous les actes d’Action directe, notamment cet assassinat (G. Besse ) ? » il répond : « Je n’ai pas le droit de m’exprimer là-dessus. Mais le fait que je ne m’exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu’on avait fait je pourrais m’exprimer. Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique. »

Immédiatement, une grande partie de la presse, devançant toute décision judiciaire, s’acharne contre lui. La messe est dite : entérinant l’expression de ces médias, la réincarcération est prononcée.

• Peu de temps après, Jean-Marc Rouillan tombe gravement malade. Il est en fait atteint d’une maladie orpheline grave et évolutive dite de Chester-Erdheim. Il n’y a pas de traitement type pour cette maladie et, l’expérimentation étant interdite sur les détenus, Jean-Marc Rouillan restera sans soins efficaces tant qu’il sera en prison. Les seuls spécialistes de cette maladie sont à La Pitié-Salpêtrière, à Paris ; Jean-Marc Rouillan a été transféré de Marseille à Muret, près de Toulouse...

• En août 2009, Georges Cipriani se voit refuser, après appel du parquet, la semi-liberté qu’un précédent jugement lui avait accordée. On lui reproche principalement de se dire prisonnier d’Action Directe et de refuser de renier son passé politique.

Quant à Jean-Marc Rouillan, qui avait tout loisir de se soustraire à la justice au cours de ses dix mois de semi-liberté, il n’est retourné en prison que pour avoir tenté d’exprimer une liberté d’expression.

Le refus du repentir n’est pas un appel au meurtre, ni le signe d’une récidive. Le repentir est un concept moral plus proche d’une pensée religieuse monothéiste de type judéo-chrétien que d’une infraction au code de procédure pénale. La repentance exigée rappelle davantage les procès de l’Inquisition que l’application stricte des lois d’un Etat démocratique et laïque. A-t-on exigé un tel « mea culpa » de qui que ce soit ? !

La non-assistance à personne en danger (incarcérée ou non) est par contre un délit bien réel (en décembre 2009, Jean-Marc Rouillan a déposé une plainte en ce sens).

Il est temps de libérer définitivement les prisonniers d’Action Directe. Nous ne demandons ni sympathie, ni adhésion à ce qu’a été Action Directe, mais simplement que les propres principes d’un État qui se proclame lui-même laïque et démocratique soient appliqués.


Extrait des premiers signataires

Elus et responsables associatifs, politiques et syndicaux :

Olivier BESANCENOT , porte-parole NPA

Alain KRIVINE, dirigeant NPA

Edith SOBOUL, secrétaire fédérale d’Alternative libertaire

Nicole BORVO COHEN-SEAT, Sénatrice de Paris et Présidente du Groupe CRC-SPG

Jean-Jacques CANDELIER, député PCF du Nord

Henri MALBERG, commission justice PCF

Isabelle LORAND, responsable du réseau Droits et Liberté au PCF

Jean-jacques BOISLAROUSSIE, porte-parole des Alternatifs

Pierre STAMBUL, enseignant, bureau national UJFP

Culture, université, justice, médias :

Jean MALIFAUD, maître de conférences, université Paris 7

Bernard CAVANNA (compositeur)Paris

Olivier NEVEUX, enseignant-chercheur, Strasbourg

Fred LOUCKX, sociologue Université Libre de Bruxelles

Djamal BENMERAD, journaliste, écrivain, Bruxelles

Aliette GUIBERT CERTHOUX, directrice des publications de Criticalsecret, Paris.

Franca MAÏ, romancière

Méryl MARCHETTI, écrivain, Anglet

Elodie de OLIVEIRA, universitaire, Montreuil

Christian ROUX, écrivain compositeur, Civry la forêt

Nicole CHAMPENOIS, chanteuse chorégraphe, Civry la forêt

Pierre BANZET, graphiste, Saint-Ouen

FORESTIER Marc ; Ras-les-Murs, Radio libertaire

Serge RIVRON, auteur

Valérie de SAINT-DO, journaliste, directrice-adjointe de la revue Cassandre (Paris)

Maryvonne MENEZ, enseignante-chercheuse-formatrice ,54120 deneuvre

Michèle BAERMANN, Technicienne CNRS, Nancy

Julien SCHMID, cinéaste, Beyrouth, Liban

Philippe ENCLOS, maître de conférences en droit privé, Université Lille 2 Droit et santé, syndicaliste

Dimitris SCARPALEZOS, maitre de conférence de mathématiques a l’université paris 7

Pierre CARLES, réalisateur

Mari OTXANDI, auteur et traductrice, Ituren (Euskal Herria)

Ermanno GALLO, écrivain Turin Italie

Jean-Pierre BASTID, écrivain, cinéaste

Progreso MARIN, écrivain, 31 170 Tournefeuille

Serge PEY, poète

Jean Paul DUBOIS, écrivain

Pascal COLE, journaliste.

DUSSOL, journaliste, Auch

Signatures collectives :

LES ALTERNATIFS

ALTERNATIVE LIBERTAIRE

OCL (Organisation communiste libertaire )

CCIPPP (Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien)

NPA ( Gers, Bouches du Rhône )

CNT du Gers

Comitat Chiapas d’Aude

AGONE, éditions, Marseille

VIRUS EDITORIAL, journal de Barcelone

Grupo de Axitación Social (GAS), Vigo (Galiza)

Fédération des Etudiants Libertaires-Madrid


Jean-Marc Rouillan : « Ne voir aucune arrogance dans ma position de résistance... »

Par Paco

Le 20 février, à Fresnes, à Toulouse et à Bordeaux, des manifestations réclameront la libération immédiate de Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan. Il est possible de s’associer à ces initiatives en signant une pétition.

Depuis le 31 janvier, Jean-Marc Rouillan est dans les mains des « experts » du Centre national d’orientation, à Fresnes. En clair, des psys sont chargés d’examiner la « dangerosité » du militant qui est passé d’Action Directe au NPA. Pas sûr que leur grille de lecture soit à la hauteur de la situation. Dans son dernier livre, Paul des Épinettes et moi, Jann-Marc Rouillan, double de Jean-Marc, rappelle que son vocabulaire a bien peu à voir avec la « langue administrative ». La révocation de son régime de semi-liberté pour « une poignée de mots » mal interprétée à la suite d’une interview suffit à mesurer le gouffre qui le sépare de ses geôliers. « L’État est prêt à me liquider pour quelques mots exactement comme je suis prêt à mourir pour une histoire vieille de trente ans. »

« Pourquoi cet attachement fidèle à une génération aujourd’hui disparue ?, s’interroge Rouillan dans les pages publiées chez Agone. Ne voir aucune arrogance dans ma position de résistance. Peut-être de l’orgueil. Un orgueil intime qui n’est plus coté aux Bourses du temps présent. » Réglée sur une autre époque, l’horloge interne de Jean-Marc Rouillan est à contre-courant des reniements et des capitulations très en vogue aujourd’hui. « Ma fidélité repose sur le drame. Fidélité à une aventure sociale et humaine. Je reste fidèle au camarade garrotté un matin dans une prison catalane ; à celui assassiné d’une balle dans la nuque ; à celui devenu fou sous la torture... Fidèle à tous nos malheurs, bien sûr, mais plus encore à la joie et à la liberté, à l’incalculable liberté de combattre pour cet absolu vivant, fraternel et incandescent. »

Pendant que les experts de Fresnes psychologisent, le syndrome de Chester-Erdheim ronge inexorablement la carcasse de Rouillan. A priori, si la loi Kouchner est toujours en vigueur, Rouillan devrait être libéré sur le champ pour raisons médicales... Ailleurs, dans la prison d’Ensisheim, Georges Cipriani attend de savoir si sa quatrième demande de libération conditionnelle lui permettra de mettre un pied dans le Pays du Dehors. Chose qu’il n’a jamais connue depuis vingt-trois ans. C’est en effet le 21 février 1987 que Joëlle Aubron, Nathalie Ménigon, Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan ont été arrêtés pour leurs activités au sein d’Action Directe. Nathalie Ménigon est en liberté conditionnelle depuis le 3 août 2008. Libérée pour raisons médicales le 16 juin 2004, Joëlle Aubron est décédée le 1er mars 2006.

Après un démarrage difficile, la pétition qui exige la libération de Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan (qui ont purgé leur peine de sûreté en 2005) commence à bien s’étoffer. Aux noms que nous avons récemment publiés, Il faut ajouter par exemple le philosophe et psychanalyste Miguel Benasayag, les réalisateurs Jean-Michel Carré et Jean Asselmeyer, Bob Siné (Siné Hebdo), les écrivains Gilles Perrault, Jean-Paul Cruse et Roger Martin, le philosophe Arnaud Spire, le metteur en scène Stéphane Arnoux, Frédéric Gircour (blog Chien Créole), le chanteur Éric Mie, la compagnie Jolie Môme... mais aussi des organisations libertaires ou communistes, des associations (ARPPI, Campagne civile pour la protection du peuple palestinien, comité Chiapas, lycéens autonomes...), des librairies, des médecins, des infirmiers, des travailleurs sociaux, des enseignants, des journalistes, des paysans, des chômeurs, des retraités, des étudiants, des intermittents... Il faut un maximum de noms sur la pétition avant le 20 février. Envoyez vite votre signature à sout.ad@orange.fr

À l’approche de la date « anniversaire » de l’arrestation des militants d’Action Directe, plusieurs comités de soutien organisent des rendez-vous en France :

-  Samedi 20 février, rassemblement devant la préfecture, à 11 heures, place Saint-Etienne à Toulouse.

-  Samedi 20 février, manifestation devant la prison de Fresnes, avenue de la Liberté, à 13h30, à Fresnes.

-  Samedi 20 février, rassemblement à 15h place Saint-Projet à Bordeaux + projection du film Salvador à 20h15, à la librairie du Muguet.

-  Dimanche 21 février, projection du film 9 m2 à Molodoï, à Strasbourg.

-  Samedi 27 février, projection et discussion au Lokal autogéré, à Grenoble.

14 février 2010 - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.lepost.fr/article/2010/0...

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 12:18

ISM

La troisième Intifada populaire frappe à la porte – Beit Jalla, Haifa, Ni’ilin, Bil’in, An Nabi Salah, Al Ma’asara, Sheik Jarrah, Beit Ummar, Jeb Altheeb - une semaine de lutte (9 au 13 mars 2010) (vidéos)
Par Iyad Burnat

Beit Ommar, samedi 13 mars 2010
Trois manifestants et un journaliste arrêtés pendant la manifestation
Au matin du 13 mars, des dizaines de résidents de Beit Ommar, accompagnés par des supporters internationaux et israéliens, sont partis à pied du centre du village en direction de la Route 60 qui relie Jérusalem à Hébron. La procession a été attaquée dès que le large contingent de soldats positionnés à l’entrée du village pour bloquer les manifestations, l'a vue arriver.





Sheikh Jarrah, 12 mars. Une Palestinienne fait signe à la troupe sioniste de reculer.


Les manifestants ont continué d’avancer en dépit de l’attaque et ont réussi à bloquer la route pendant près d’une heure, malgré l’agressivité de l’armée, pour la deuxième fois en deux semaines. Deux activistes israéliens ont été arrêtés peu de temps après que les manifestants aient bloqué la route et ont été emmenés au poste de police de Kyriat Arba. Voyant que cette première violence ne dissuadait pas les manifestants, les soldats se sont mis à cibler les gens tenant des caméras, arrêtant le cameraman de l’AP, Nasser Shyouhi, et brisant de nombreux appareils. Youssef Abu Marya, coordinateur du comité national de Beit Ummar, le groupe qui a organisé la manifestation aujourd’hui, a lui aussi été arrêté.

Après avoir finalement dispersé les manifestants, qui sont restés pacifiques en dépit des attaques dont ils étaient l’objet, les soldats en nombre ont envahi le village. Ils ont occupé au moins une maison du village. A la suite de cette invasion agressive, des affrontements ont éclaté entre les jeunes qui essayaient de contenir l’invasion en jetant des pierres sur les jeeps blindés, et les soldats, qui faisaient eux usage de grenades lacrymogènes, grenades incapacitantes et balles caoutchouc-acier.

Beit Ommar, petite ville de 14.500 habitants, est située à 11 km au nord-ouest d’Hébron.


Jeb Altheeb, samedi 13 mars 2010

Une vingtaine de personnes ont rejoint le Comité populaire de Bethléem contre le mur et les colonies pour ce qui est devenu une journée hebdomadaire de travail dans le village. La semaine dernière, un groupe de Palestiniens, de militants internationaux et israéliens, ont construit un mur de pierre qui marque la limite des terres des fermiers près de la route. Des colons l’ont détruit pendant la semaine suivante mais il a été reconstruit aujourd’hui. Ni l’armée ni les colons ne se sont montrés.

Jeb Altheeb est un petit village au sud-est de Bethléem (près d’Herodion), qui est flanqué de la colonie illégale Nokdim (où vit Avigdor Liberman). Depuis environ 5 ans, un avant-poste illégal s’est installé contre le village, avec 7 colons qui ne cessent de voler les terres du village. Ces dernières semaines, les colons ont empêché les fermiers et les bergers de travailler sur les terres du village qui leur restent et de faire paître leurs moutons.

Nil’in, vendredi 12 mars 2010

Deux arrestations pendant la manifestation
The Palestine Monitor



Des centaines de personnes de Nil’in et des villages voisins se sont rassemblées sur la terre menacée, où elles ont affirmé la nécessité de résister à la politique agressive de l’occupation. Les villageois étaient accompagnés de leurs animaux, symbôle de leur très ancien lien avec la terre sur laquelle ils travaillent depuis des générations. Les manifestants ont brandi des photos et des posters de Tristan Anderson, l’activiste américain d’ISM, dans le coma depuis un an après avoir été frappé par une grenade lacrymogène pendant une manifestation.

Salah Amira, résident de Nil’in, et un activiste israélien ont été arrêtés pendant les affrontements qui ont duré jusqu’à tard dans l’après-midi. Les soldats israéliens ont tiré des balles caoutchouc-acier et des grenades lacrymogènes pour disperser la foule, sans faire de blessures graves.

Communiqué de presse en anglais) du Popular Struggle Coordination Committee (Comité coordination de la lutte populaire) : « La famille du citoyen US Tristan Anderson fait appel de la décision de clore l’enquête sur les tirs qui l’ont blessé. »


Bil’in, vendredi 12 mars 2010
Manifestation hebdomadaire
Friends of Freedom and Justice

Voir la vidéo.

Les manifestants, marchant et entonnant des slogans contre l’occupation, ont reçu la réponse traditionnelle de l’armée israélienne, avec usage de balles caoutchouc-acier. Deux enfants ont été légèrement blessés. Les forces de l’occupation ont fait des efforts actifs pour arrêter un des leaders des groupes pour empêcher la couverture médiatique de l’événement. Les tentatives de faire taire les cris pour les droits de l’homme fondamentaux et le respect du droit international ont été, et continueront d’être un exercice vain.

Après la prière du vendredi à Bi’lin, une groupe important de visiteurs internationaux a rejoint la communauté palestinienne locale pour la protestation hebdomadaire contre le mur construit par les forces israéliennes d’occupation. Vers 12h30, la foule s’est mise en marche vers le mur en chantant. On a rapidement découvert que plusieurs soldats s’étaient cachés derrière une petite structure en pierre du côté palestinien de la grille, pour essayer d’arrêter quelques-uns des dissidents qui ont le culot de refuser le vol de leurs terres. Les soldats, découverts par un groupe d’adolescents, ont été rapidement chassés derrière la grille.

En dépit de la diffusion presque immédiate de gaz lacrymogènes et les tirs de grenades incapacitantes et de balles caoutchouc-acier, la marche a continué jusqu’au mur où les protestataires se sont maintenus fermement en dépit des gaz qui envahissaient rapidement toute la zone. Tout au long de la manifestation, des chants pour la liberté palestinienne et la fin de l’apartheid ont retenti tandis que la foule, constituée de Palestiniens, d’internationaux et d’Israéliens, avait une bonne vision des relations agressives actuelles. Une vieille affaire qui continuera de voir la communauté locale et ses supporters internationaux côte à côte pour la liberté et l’égalité.


Nabi Saleh, vendredi 12 mars 2010
Plus de 25 blessés pendant la manifestation



Ce vendredi, les soldats sont arrivés tôt à Nabi Saleh. Ils sont arrivés tôt et décidés à en découdre – comme si tirer sur Ehab Barghouthi, 14 ans, la semaine dernière ne les avait encouragés qu’à être encore plus agressifs cette fois. Un peu avant midi, ils sont arrivés, sans qu’il y ait eu la moindre provocation, et ont pris position dans les rues du village comme si c’était le leur. Lorsque les villageois de la petite communauté qui vit en haut de la colline a marché dans la rue depuis la mosquée, accompagnés par leurs supporters internationaux et israéliens, le croisement des deux routes principales de Nabi Saleh était déjà occupé par des dizaines de soldats.

Une tempête de gaz lacrymogènes et de balles caoutchouc-acier est tombée sur le village tandis que les soldats tiraient 60 grenades lacrymogènes à la fois sur les manifestants dès le début de la marche. Et cela a recommencé lorsque les manifestants se sont regroupés, toujours à l’intérieur du village.

Les protestations dans le village ont commencé il y a environ trois mois après que des colons de la colonie exclusivement juive voisine d’Halamish, soutenus par l’armée, se sont emparés d’une source naturelle appartenant aux habitants de Nabi Saleh.

Les manifestants ont finalement réussi à quitter le centre du village en deux groupes – un se dirigeant vers la source depuis la colline à l’ouest, et l’autre à travers la vallée au sud. Les deux groupes ont été contrés par les officiers de la Police des Frontières qui leur ont fait un barrage de gaz lacrymogènes et de balles caoutchouc-acier.

Les épais nuages de gaz qui ont empli la vallée ont de fait empêché le groupe qui s’efforçait d’aller à la source de réussir. Cependant, les échauffourées qui ont éclatées près de la vallée entre la jeunesse locale et l’armée ont fait diversion et ont permis au groupe qui passait par les collines d’atteindre une autre source du village, pour découvrir que des colons y étaient en train de se baigner. Les soldats qui ont finalement rejoint ce groupe ont poliment demandé aux colons de partir pendant qu’ils attaquaient les manifestants à coups de grenades lacrymogènes pour les repousser vers le village.

Quelques heures après le début de la manifestation, les deux groupes se sont retrouvés dans le village où les policiers des frontières leur ont tiré dessus depuis les terrasses de pierre qui hachurent les champs entre le village et la colonie. L’armée a ensuite lentement fait retraite vers le poste militaire permanent, à l’entrée du village, où les affrontements ont continué jusqu’à la nuit. On a compté plus de 25 blessés, tous par balles caoutchouc-acier.


Al Ma’asara, vendredi 12 mars 2010

Une cinquantaine de personnes se sont retrouvées dans le village puis en face d’un contingent plus important que d’habitude de forces militaires et de la police des frontières. Les soldats se sont postés à l’entrée du village, où ils ont pénétré plus profondément que d’habitude, et ont empêché la manifestation d’aller vers les terres du village.

Après les discours en arabe, en anglais et en hébreu, un petit groupe de manifestants a traversé les fils de fer barbelés installés en travers de la route et a été repoussé par les soldats qui les ont menacés de les arrêter car le secteur est, ont-ils déclaré, une zone militaire fermée. Les manifestants se sont assis par terre, battant du tambour, chantant et appelant les soldats à cesser l’oppression de la lutte populaire et à les rejoindre. Les soldats, grenades incapacitantes et lacrymogènes déjà en main, ont semblé quelque peu surpris de cette action de résistance non violente et des nombreuses caméras qui filmaient la scène. Personne n’a été arrêté ni attaqué. A la fin de la manifestation, les activistes se sont donné rendez-vous la semaine prochaine.


Sheik Jarrah, vendredi 12 mars 2010
10 arrestations pendant la marche



Sheik Jarrah, jeudi 11 mars 2010
Palestiniens, internationaux et israéliens protestent contre l’épuration ethnique de Jérusalem Est lors de la manifestation hebdomadaire
Palsolidarity.org

Aujourd’hui, des activistes du monde entier se sont rassemblés devant le tribunal de Jérusalem Ouest pour soutenir deux familles de Sheikh Jarrah lors de leur procès contre l’expulsion pour apprendre que le procès était reporté. Depuis le 1er décembre, des colons juifs occupent la partie en façade de la maison de la famille et le procès d’aujourd’hui devait statuer sur la partie restant de la maison. Aucune date n’a été communiquée pour la prochaine audience.

L’avocat en charge du dossier demandant l’expulsion des familles palestiniennes a demandé que les affaires juridiques de toutes les maisons du voisinage soient traitées par le même juge. Selon les Palestiniens, l’avocat des colons espère trouver un juge plus sensible à leur cause.

Selon la municipalité, la famille a été expulsée de la partie en façade de la maison parce qu’elle avait été rajoutée sans permis. Au lieu de démolir la partie construite sans permis ou de faire une demande de permis (qui aurait été de toutes façons refusée), la famille a été obligée de payer une amende de 70.000 shekels. Fin 2009, quand l’amende a été réglée dans sa totalité, la famille a été expulsée de force et les pièces occupées par des colons.


Beit Jalla, jeudi 11 mars
Une journée de travail pour reconstruire le terrain de jeux détruit au bulldozer à Beit Jalla, Bethléem
IMEMC.org

Des Palestiniens, des internationaux et des Israéliens se sont retrouvés à Beit Jalla aujourd’hui pour reconstruire un terrain de jeux que les bulldozers israéliens ont détruit la semaine dernière pour faire de la place pour finir le mur près de Bethléem. 12 personnes, seulement armées de pelles et de pioches, ont comblé les crevasses faites par le bulldozer ainsi que les trous profonds laissés par l’arrachage des arbres, ont réparé deux balançoires et amené des seaux de sable pour le nouveau terrain de jeux. De jeunes oliviers ont été replantés à la place des arbres détruits la semaine dernière. Le terrain de jeux est fréquenté par de nombreux enfants du voisinage et la famille propriétaire de la terre accueille les gens chez elle pour profiter de l’ombre près de sa maison quand il fait très chaud l’été. Aujourd’hui, alors que les activistes travaillaient, les jeeps de l’armée sont passées et repassées sur la route qui surplombe la maison, observant depuis la route, de l’autre côté de l’autoroute. Une jeep est descendue au terrain de jeux, mais tout le monde a continué son travail pendant que les soldats prenaient des photos et demandaient à voir les papiers d’identité des participants palestiniens.

La semaine dernière à Beit Jalla, les résidents et les activistes ont organisé des manifestations, un barrage routier, trois plantations d’arbres et des rencontres avec des officiels palestiniens. Cette semaine, la communauté attend une décision de cour qui dira si la construction du mur continue. Le 4 mars, la municipalité de Beit Jalla a obtenu un ordre d’arrêt du travail sur le mur. Près de 70 oliviers ont déjà été déracinés à ce jour, le tout-à-l’égout d’une maison a été cassé et les eaux usées se sont répandues sous la maison, et le terrain de jeux a été passé au bulldozer. Si le mur est terminé, il sera à quelques mètres de certaines maisons. Pendant que la municipalité étaye son dossier en justice, les activistes préparent des interventions futures dans le cas où Israël continuerait le vol des terres.


Haïfa, mercredi 10 mars 2010
Rassemblement de soutien à la famille Corrie devant le tribunal, le premier jour du procès.

Vidéos sur :
- Rachel Corrie Foundation
- Democracy Now.

Le tribunal de district d’Haifa a commencé à auditionner les témoins, aujourd’hui 10 mars 2010, dans le procès intenté par la famille de Rachel Corrie contre l’Etat d’Israël pour le meurtre de Rachel à Rafah, Gaza. Rachel Corrie, défenseur américaine des droits de l’homme, originaire d’Olympia, Washington, est morte écrasée par un bulldozer Caterpillar D9R le 16 mars 2003. Elle manifestait de façon non violente contre les démolitions de maisons palestiniennes avec ses camarades de l’International Solidarity Movement (ISM), mouvement palestinien qui se consacre à la résistance à l’occupation israélienne des terres palestiniens par des méthodes et des principes non violents d’actions directes.

La cour a entendu les témoignages de deux témoins d’ISM, les citoyens britanniques Richard Purssel et Tom Dale. Leurs témoignages ont été fréquemment interrompus à cause de la traduction de pauvre qualité fournie par le tribunal, que le juge qui le préside, Oded Gershon, a reconnu être défectueuse. Le juge a demandé un nouveau traducteur pour les prochaines audiences.

Les procureurs de l’Etat ont passé le plus clair de leur temps à soumettre à un interrogatoire serré les témoins oculaires sur l’ISM et l’objet de leur présence à Rafah. Purssel a affirmé à maintes reprises qu’il était à Gaza pour offrir une protection non violente aux civils palestiniens dont les maisons étaient menacées de démolition par l’armée israélienne. Peu de temps a été consacré à l’examen de ce qui est arrivé à Rachel Corrie.

« Sept ans après que ma fille Rachel ait été tuée, j’ai enfin pu entendre les amis de Rachel, ceux qui étaient avec elle, témoigner devant un tribunal. En dépit de quelques contestations de procédure décourageantes, nous gardons espoir que la vérité sur ce qui est arrivé à Rachel soit révélé, et que les gens responsable de son meurtre rendent des comptes, » a dit Cindy Corrie, la mère de Rachel.

La salle du tribunal était pleine de journalistes locaux et internationaux, d’observateurs des droits de l’homme et de trois représentants de l’ambassade des Etats-Unis, dont le Consul général Andrew Parker. La nuit dernière, la famille Corrie a rencontré Parker et des membres de l’équipe du Vice-président Joseph Biden à Jérusalem. Antony Blinken, conseiller du vice-président pour les Affaires de sécurité nationale, a reconfirmé la position de longue date du gouvernement US que le cas de Rachel n’avait pas fait l’objet d’une enquête minutieuse, crédible et transparente. Il a réitéré l’engagement du gouvernement US que justice soit rendue à Rachel par le système juridique israélien. Le personnel de l’Ambassade continuera à suivre le procès.

« Je continue d’éprouver de l’humilité devant la détermination à soutenir tous nos droits humains montrée par les amis de Rachel, pas seulement à Rafah il y a sept ans, mais encore aujourd’hui à Rafah, » a dit Craig Corrie, le père de Rachel.

ICI les photos des différentes manifestations de la semaine.

Merci pour votre indéfectible soutien,

Iyad Burnat, chef du Comité populaire de Bilin
Co-fondateur de Friends of Freedom and Justice - Bilin


Email : bel3in@yahoo.com
Mobile : (00972) (0) 547847942
Office : (00972) (2) 2489129
Mobile : (00972) (0) 598403676
www.bilin-ffj.org

Source : Friends of Freedom and Justice
Traduction : MR pour ISM


ISM
Les forces israéliennes attaquent une manifestation de Palestiniennes à Qalandiya
Par ISM-France

200 Palestiniennes se sont rassemblées hier au checkpoint de Qalandiya, qui coupe Ramallah d’Al-Quds, pour protester contre la colonisation sioniste, ainsi que l’extension galopante des colonies illégales, qui détruisent leurs vies, leurs rêves, leur environnement, leur avenir, leur capitale, leur patrie.



Les voyous surarmés de la 4ème armée la plus puissante au monde se sont prestement déployés sur les lieux et ont dispersé les courageuses manifestantes, à coup de grenades lacrymogènes et de matraque.

Plusieurs d’entre elles ont été blessées, et il y a eu au moins quatre arrestations.


ISM
Répression israélienne à alQods : plus de 100 blessés et au moins 70 arrestations

Par ISM

En réaction au bouclage de la Cisjordanie, aux restrictions d’entrée à la Mosquée al-Aqsa et aux provocations israéliennes continues, des manifestations ont eu lieu partout à Jérusalem Est. La police et l’armée ont essayé, à coup de grenades à percussion, lacrymogènes, balles caoutchouc-acier et agressions physiques, de réprimer les démonstrations palestiniennes de mépris de l’occupation. Des confrontations ont eu lieu à Isawiya et Wadi-Joz. Au moins 100 manifestants ont été blessés (dont 25 grièvement) et plus de 70 arrêtés.



Une atmosphère menaçante flottait mardi sur la Vieille Ville. Les boutiques fermées et les regards anxieux remplaçaient l’animation habituelle du quartier musulman. Le bouclage de la Vieille ville ne visait que les Palestiniens qui voulaient aller prier au lieu saint. Les touristes et les écoliers israéliens étaient autorisés, eux, à circuler librement à l’intérieur des murs de la cité.

Interrogés sur la raison de l’accès limité au quartier musulman, la plupart des touristes répondaient que c’était à cause du Hamas. Aucune évocation de l’emprisonnement des Palestiniens en Cisjordanie. Questionnés plus avant, la plupart des touristes ont répondu que le Hamas était furieux parce que « les musulmans pensent qu’ils ont un droit sur le lieu saint ‘disputé’. » Les notions de justice, de liberté religieuse et d’accès sans entrave au troisième lieu saint d’une religion ne furent jamais évoquées.

Bien qu’une très grande rage se soit exprimée dignement et sans violence ce jour-là, ces touristes n’en ont pas eu connaissance. Des milliers de policiers en tenue anti-émeute et de soldats avec des fusils automatiques se sont assuré que toute expression non violente de cette colère soit immédiatement réprimée. Tandis que les touristes prenaient des photos et se promenaient autour des fusils et de ceux qui les portaient, des hommes se sont alignés pour prier à l’extérieur d’AlAqsa et de l’autre côté de la rue de la Vieille Ville.

Les Palestiniens étaient menottés par des policiers en civil (photo ci-dessus), et les arrestations passaient inaperçus pour des yeux non avertis.

Au coucher du soleil, les signes de résistance étaient toujours visibles à Iwawiya. Pneus incendiés, barricades et des jeunes placés aux endroits stratégiques. Pour eux, la journée a été longue. Leur manifestation non violente a commencé vers 7h du matin et ne s’est terminée qu’avec le soleil. Et ce fut pareil à Wadi Joz.

Cependant, le prix humain à payer fut très lourd. La répression violente de l’armée et de la police israélienne a fait de nombreux blessés parmi une population qui ne demande que la justice sur sa terre où elle est prisonnière et où l’expression spirituelle et religieuse de sa culture, dans des lieux qui lui sont si chers, lui est interdite.

Des activistes de la solidarité internationale ont rendu visite aux manifestants blessés dans les affrontements entre les Palestiniens de Jérusalem et les forces d’occupation israélienne à l’hôpital Al-Makasad, dont Muhammad Ibrahim Afanih, 16 ans, d’Abu Dis, et un jeune garçon de 14 ans, d’Al-Ram. Ce dernier, qui a tenu à rester anonyme, a reçu une balle caoutchouc-acier qui lui a arraché un doigt, alors que les jeunes manifestants étaient pris en embuscade par les soldats israéliens dans les rues du quartier Ar-Ram. Afanih a été blessé la jambe par balle, lorsque les forces militaires ont tiré sur les manifestants à Abu Dis. Il a alors été attaqué par 4 soldats, qui ont continué à le frapper alors qu’il était à terre, et qui a dû attendre un quart d’heure avant que les soldats n’appellent une ambulance. Celle-ci a été arrêtée au checkpoint Zayeam pendant quinze autres minutes, pendant qu’Afanih continuait de saigner, avant que le véhicule n’ait la permission de venir le chercher pour l’emmener à l’hôpital Al-Makasad. Afanih est l’un des dix blessés du quartier Abu Dis. Il a raconté que les soldats avaient fait usage de grenades assourdissantes, lacrymogènes, de balles caoutchouc-acier et de balles réelles contre les manifestants. Il sera opéré demain et restera à l’hôpital une semaine.

Source : Palsolidarity
Traduction : MR pour ISM



Info-Palestine

La « journée de la colère » gagne la Palestine

vendredi 19 mars 2010 - 10h:04

Mel Frykerg
IPS News

 

« Nous reviendrons demain, après l’école. Ce n’est pas fini. Nous reviendrons ici chaque jour et nous continuerons à manifester pendant des semaines et des mois.
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Les ados palestiniens affrontent les soldats de l’occupation à Qalandya
(AP)

Mardi, 16 mars, des centaines et des centaines de Palestiniens de toutes tendances politiques sont descendus dans les rues, les ruelles et sur les trottoirs, se déchaînant et manifestantt partout à Jérusalem-Est, en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et en Israël proprement dit.

Cette violence, la plus grande depuis plusieurs années, quelque chose comme une mini-Intifada ou un mini-soulèvement, est survenue après l’appel du mouvement islamique Hamas à une « Journée de la colère » pour protester contre la judaïsation que continue Israël à Jérusalem-Est et que les Palestiniens voient comme une tentative de s’emparer des lieux saints islamiques.

Les émeutes étaient relativement limitées en raison des barrages militaires israéliens et d’un bouclage imposé sur la Cisjordanie visant à empêcher les Palestiniens d’arriver jusqu’à Jérusalem.

Plus de 100 Palestiniens ont été blessés, dont 16 souffrent de fractures et de blessures au ventre et aux yeux, et environ 80 ont été arrêtés alors que se multipliaient les affrontements et les face-à-face avec les forces de sécurité israéliennes. Des soldats et policiers israéliens ont également été blessés.

Mercredi, des milliers d’Israéliens des forces de sécurité étaient toujours en alerte maximale, s’attendant à de nouvelles émeutes.

Les forces de sécurité palestiniennes étaient aussi placées en état d’alerte maximale dans la crainte que les manifestations s’étendent aux check-points et aux colonies d’Israël en Cisjordanie et que dégénère une situation déjà explosive.

« Nous reviendrons demain, après l’école. Ce n’est pas fini. Nous reviendrons ici chaque jour et nous continuerons à manifester pendant des semaines et des mois, » a dit l’un des manifestants à IPS.

« Ce n’est que le début. Cela est en train de devenir une campagne permanente contre l’occupation israélienne et la profanation de nos lieux saints, » a déclaré Nasser Edwan (nom modifié), dirigeant local de la jeunesse, à IPS.

A Qalandya, camp de réfugiés et check-point, entre Jérusalem et Ramallah, des centaines de lycéens et d’ados s’avançaient régulièrement vers le check-point israélien, par vagues, en jetant des pierres et des bouteilles.

Ailleurs, ce sont des cocktails Molotov qui étaient lancés, des containers à ordures incendiés, un policier israélien s’est fait tirer dessus par un assaillant palestinien.

Les Forces de défense israéliennes tentaient de disperser les émeutiers en tirant à balles d’acier enrobées de caoutchouc et en lançant des lacrymogènes. Mais les manifestants étaient à peine repoussés qu’ils revenaient en nombre sur le check-point. Des tas ont été blessés et un certain nombre arrêtés.

Habituellement, les manifestations ici suivent un rituel pratiqué par les deux côtés et qui se déroule selon des règles non dites. Jusqu’à présent, les confrontations dans les différents villages de Cisjordanie et à Jérusalem-Est duraient normalement quelques heures et, une fois les deux côtés - soldats israéliens et manifestants palestiniens - épuisés, chacun rentrait à « sa base ».

Les manifestations précédentes à Qalandya, auxquelles a pu assister IPS, étaient disloquées après quelques heures.

Mais la violence, mardi, a fait rage depuis tôt le matin jusqu’à tard dans la nuit. Les mêmes scénarios se sont déroulés en divers endroits de Jérusalem-Est occupée et de Cisjordanie, et des milliers de Gazaouis sont descendus dans les rues dans la bande de Gaza.

Il y avait, ces dernières semaines, comme une atmosphère palpable de colère contenue chez les Palestiniens dans Jérusalem-Est et en Cisjordanie, à cause de la judaïsation accélérée par Israël de Jérusalem-Est.

Les tensions se sont exacerbées lundi avec l’inauguration d’une synagogue juive sur le site d’une mosquée, dans le quartier juif de la vieille ville de Jérusalem.

Les tentatives par les extrémistes juifs de pénétrer à l’intérieur de la mosquée Al Aqsa, troisième lieu le plus saint de l’Islam, ont également alimenté la colère des Palestiniens. Ces extrémistes déclarent vouloir construire le troisième Temple juif sur les restes d’Al Aqsa.

L’importance et la signification d’Al Aqsa, même pour les musulmans modérés et laïques, sont non reconnues dans de nombreux quartiers de Jérusalem-Ouest.

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Manifestation à Gaza le 16 mars
(AP)

« Je n’ai que deux fils et je les aime, mais je suis prêt à les sacrifier tous les deux pour Al Aqsa, » a déclaré un militant laïque et ancien dirigeant Fatah dans la vieille ville de Jérusalem, à IPS.

« Quand se sont produites plusieurs émeutes, il y a quelques semaines, j’ai appelé mes fils et je leur ai dit de fermer notre boutique pour touristes et d’aller défendre la mosquée contre les colons. Croyez-vous que ce soit facile pour moi de perdre mes fils ? Al Aqsa est une ligne rouge que personne ne doit franchir, » a-t-il dit à IPS.

Tel est le raisonnement qui se tenait derrière le terrain d’entente qu’ont trouvé les directions des deux factions politiques palestiniennes, Hamas et Fatah, quand elles appelèrent leurs sympathisants respectifs à descendre dans la rue.

De hauts responsables de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), affiliée au Fatah, s’étaient réunis quelques jours plus tôt à l’hôtel Ambassadeur à Jérusalem-Est, avant d’appeler les Palestiniens à l’action.

C’est dans ce même hôtel que les directions s’étaient rencontrées et avaient appelé à prendre des mesures défensives, avant le déclanchement de la Deuxième Intifada, en 2000, quand le Premier ministre israélien d’alors, Ariel Sharon, avait fait une visite provocatrice à la mosquée, malgré les mises en garde de la sécurité israélienne.

De plus, les Brigades des Martyrs Al Aqsa, affiliées au Fatah, ont demandé à l’Autorité palestinienne de leur permettre de se réarmer et de défendre Al Aqsa contre les Israéliens.

Israël a récemment gracié plus de 70 anciens membres d’Al Aqsa à la condition qu’ils abandonnent leurs armes et cessent toute résistance. Des centaines d’autres furent graciés par Israël au cours des années passées.

Le dirigeant du Hamas, Ahmed Bahar, a appelé à une reprise des attaques armées contre Israël et exhorté les Etats arabes à soutenir la résistance.

Cependant, les colons israéliens ont prévenu qu’ils exerceraient des représailles contre tout émeutier palestinien en pratiquant la surenchère dans la contre-émeute.

Ils ont également averti qu’ils attaqueraient « les Arabes et leurs biens » s’ils étaient empêchés d’entrer sur l’esplanade d’Al Aqsa à l’avenir.

Si une Intifada à grande échelle ne semble pas imminente, les troubles pourraient très probablement prendre de l’ampleur selon certains analystes israéliens qui qualifiant les évènements de mardi d’« Intifada à faible intensité ».

Qalandya, le 17 mars 2010 - IPS - traduction : JPP


« Ils ont 15 ans et veulent en découdre avec les soldats israéliens »

Info-Palestine

mercredi 17 mars 2010 - 21h:06

SYylvain Mouillard

 

Les images sont connues. Des manifestants palestiniens, souvent très jeunes, visages couverts, jetant des pierres sur des soldats israéliens. Ces scènes se sont produites ce mardi à Jérusalem-est, dans un climat de tension grandissant.
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Des Palestiniens manifestent en jetant des pierres sur des policiers israéliens à Jérusalem-est, le 16 mars 2010 (AFP David Furst)

Vendredi, le ministre de la Défense israélien Ehud Barak annonçait en effet un bouclage total de la Cisjordanie. Depuis, la situation s’est nettement tendue.

Les Palestiniens manifestent notamment pour « la défense de Jérusalem », au cœur des frictions avec Israël. Ils protestent en particulier contre l’inauguration de la synagogue historique de la Hourva, reconstruite dans le quartier juif de la Vieille ville et perçue comme une nouvelle provocation israélienne.

Julien Salingue, enseignant et doctorant au département de sciences politiques de l’université Paris 8 de Saint-Denis, analyse les facteurs de la mobilisation.

Un climat général pesant

« La colère se cristallise autour des déclarations de Netanyahu sur les 1600 nouveaux logements à Jérusalem-Est, mais on ressent quelque chose de beaucoup plus profond au sein de la population palestinienne », explique Julien Salingue.

Pour le chercheur, « la colère montait depuis quelques semaines à Jérusalem et dans d’autres villes de Cisjordanie, avec des manifestations régulières. Deux villages symboliques du nord de la Cisjordanie, Bilin et Nilin, sont déclarés "zone fermée" par les Israéliens tous les vendredis, ce qui déclenche des manifestations ».

Qui manifeste ?

Des incidents (jets de pierres, tirs de grenades assourdissantes et lacrymogènes, de balles caoutchoutées) ont été rapportés dans plusieurs lieux de Cisjordanie, notamment dans le camp de réfugiés de Choufat et dans le quartier arabe d’Issawiyeh.

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« C’est toute la jeunesse des camps de réfugiés qui sort. Ils ont entre 10 et 15 ans, et veulent en découdre avec les soldats israéliens », analyse Julien Salingue, qui réfute toute « récupération politique ». « Le mouvement qui est en train de naître ces dernières semaines n’est contrôlé par personne. Il n’y a plus de parti ou de factions dans le paysage politique palestinien qui puisse de toute façon prétendre le faire. »

Julien Salingue voit plusieurs analogies avec la situation en 1987 et 2000, lors des deux premières Intifadas : « On a la même répression, la même impasse sur le plan diplomatique. La deuxième analogie, c’est d’un point de vue générationnel. Comme par le passé, le soulèvement est le fait de gens très jeunes. Les personnes qui manifestent aujourd’hui n’ont connu que l’occupation. Leur colère traduit une absence totale de perspectives. »

« En revanche, en 1987, il y avait une organisation très structurée, autour de comités locaux dans les villages, dont on est très loin aujourd’hui. Le mouvement national palestinien est en état de décomposition », nuance-t-il. Peut-on craindre une troisième Intifada ?

Moussa Abou Marzouq, le chef-adjoint du bureau politique du Hamas, a déclaré depuis Damas que « l’Intifada (soulèvement, ndlr) doit bénéficier de la participation de toute la société palestinienne ». Des milliers de Gazaouis ont aussi participé à « une journée de la colère » pour dénoncer l’inauguration de la synagogue de la Hourva.

Pourtant, comme l’explique Julien Salingue, « une organisation politique ne peut pas décréter l’Intifada. Celle de 1987, considérée comme la référence, est née d’en bas, dans les camps de réfugiés. En septembre 2000, c’était la même chose. On a assisté à une explosion populaire dans les territoires palestiniens ». Si « le Hamas a tout intérêt à apparaître comme l’organisation qui prépare le soulèvement, il ne peut en aucun cas être vu comme étant à l’origine de ce mouvement », analyse-t-il.

Pour l’instant, note le chercheur, « il est trop tôt pour dire qu’on est passé à un stade supérieur. Mais les événements d’aujourd’hui peuvent être le déclencheur d’un mouvement plus profond, notamment s’il y a un mort palestinien dans la rue au cours des prochains jours ». Un responsable de la police israélienne a quant à lui déclaré que ces heurts ne s’apparentaient pas à une « troisième intifada », disant espérer « un retour à la normale dimanche ».

Comment expliquer cette radicalisation ?

Le chercheur décèle trois facteurs. « La colonisation continue, ce qui signifie des expropriations et des limitations de déplacements. Il n’y a pas non plus de véritable embellie économique dans les territoires palestiniens pour la très grande majorité de la population. Enfin, la rue palestinienne accorde très peu de confiance à un processus négocié. Il y a un décalage flagrant entre la rhétorique diplomatique et ce qui se passe sur le terrain. »

Quelle est la position israélienne ?

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REUTERS/Ammar Awad

Selon la police israélienne, qui avait mobilisé 3000 hommes dans la Ville sainte ce mardi, 60 Palestiniens ont été arrêtés et 14 policiers blessés, dont quatre ont été hospitalisés. Du côté des services d’urgence du Croissant rouge palestinien, on avance le chiffre de 16 manifestants blessés et hospitalisés. Des dizaines d’autres auraient été soignés sur place.

Malgré ce déploiement de force impressionnant, la situation reste délicate : « Au checkpoint de Kalendia, par exemple, les soldats israéliens sont plutôt habitués à faire face aux manifestants. A Jérusalem, la situation est beaucoup plus compliquée à gérer. Du côté israélien, on essaye de canaliser les choses, pour éviter d’être débordé et qu’il y ait des morts. »

Julien Salingue s’interroge néanmoins sur les récentes décisions de l’Etat hébreu : « S’il voulait mettre le feu, le cabinet Netanyahu ne s’y prendrait pas autrement. Il enchaîne les provocations : construction de 1600 nouveaux logements, inauguration d’une synagogue dans la Vieille ville de Jérusalem... »

Quant à une éventuelle action de la communauté internationale, le chercheur observe qu’« il ne semble pas y avoir de remise en question de la politique israélienne ». L’envoyé spécial américain George Mitchell a lui reporté d’ici la fin mars sa visite prévue mardi au Proche-Orient.

16 mars 2010 - Cet article peut être consulté ici : http://juliensalingue.over-blog.com...




Un nouveau racisme de la chrétienté

vendredi 19 mars 2010 - 06h:36

Avigail Abarbanel - Kanan.48

 

Au fil des ans, j’ai reçu moult messages de chrétiens fondamentalistes pro-sionistes et j’ai toujours trouvé leurs idées abracadabrantesques. Cet article me permettra de mettre en ordre mes idées et mes sentiments, tout en leur répondant.

Au fil des ans, j’ai reçu moult messages de chrétiens fondamentalistes pro-sionistes et j’ai toujours trouvé leurs idées abracadabrantesques. Cet article me permettra de mettre en ordre mes idées et mes sentiments, tout en leur répondant. Récemment, j’ai écrit un article dans lequel je comparais Gaza au ghetto de Varsovie. Parmi les réponses que cet article a suscitées, il y avait, bien sûr, la collection habituelle des messages chrétiens fondamentalistes. Je ne commenterai pas leur croyance littéraliste au Livre des Révélations, ni leurs idées sur l’Armageddon et la fin des temps, qui nous pendraient au nez. Je laisse cela aux sociologues et aux psychologues sociaux, qui étudient les sectes religieuses et leur fascination par les scénarios apocalyptiques de fin du monde...

Mais je suis réellement dérangée par ces messages parce que plus que tout autre chose, ils montrent à quel point ces factions croissantes du monde fondamentaliste chrétien ont fait peu de progrès, depuis le Moyen Age. Je suis née dans une famille juive. Je suis née en Israël, où j’ai passé les vingt-sept premières années de ma vie. Je n’ai jamais souffert personnellement de l’antisémitisme, mais l’on m’en a parlé, et l’on m’a enseigné à quoi il avait pu aboutir, à savoir la tentative délibérée et systématique d’anéantir tous les juifs, partout. Depuis le Moyen Age, les juifs européens ont souffert toutes sortes de maux, allant de la discrimination et la ségrégation à l’expulsion, en passant par les pogromes. Et cette haine systématique a atteint un sommet historique, durant la Seconde guerre mondiale. Mes grands-parents maternels avaient survécu à la Shoah, et en dépit de tous leurs efforts pour reconstruire leur vie, après la guerre, je ne pense pas qu’ils ne se soient jamais remis véritablement des horreurs qu’ils avaient traversées.

La haine et la peur qu’avaient les Européens des juifs, une haine débattue, prêchée, étudiée, compilée et promue durant des générations, atteignit finalement un crescendo durant les années 1930 et 1940. Vous ne pouvez pas bâtir un bûcher et l’attiser ainsi sans qu’il ne finisse par tout consumer. Après avoir été nourris d’un tel régime d’antisémitisme depuis si longtemps, les nazis en conclurent que le monde irait bien mieux sans juifs. Ils étaient persuadés que les juifs étaient à ce point misérables, tellement inférieurs, tellement différents d’eux qu’ils se sont chargés de « nettoyer » le monde des juifs, de les exterminer de la manière dont on le fait d’une vermine. Ils étaient persuadés que le monde serait plus en paix et plus sûr sans juifs. Je sais que l’idéologie nazie rejetait le christianisme, mais l’antisémitisme était une création chrétienne, et c’étaient des siècles d’antisémitisme chrétiens qui avaient conduit, en fin de compte, à ce résultat hideux.

Aujourd’hui, je reçois des messages de personnes qui se considèrent chrétiennes, et qui me disent que lorsque je critique Israël, je ne sais pas ce dont je parle. Ils affirment que les musulmans et les Arabes sont tous des gens vraiment mauvais et que j’aurais bien mieux à faire que critiquer la manière dont Israël maltraite les Palestiniens. Ils disent qu’Israël est tout bon, tout noble, tout démocratique et même sacré, comparé aux méchants pays musulmans et arabes qui l’entourent. Ces généralisations sont confondantes. Des cultures qui sont extrêmement différentes entre elles sont mises dans le même paquet : le nouveau groupe des « mauvais » que tellement de gens diabolisent aujourd’hui, le nouveau groupe des gens qui n’ont pas l’heur de nous ressembler.

Cette sorte de généralisation indiscriminée et ignorante est une des marques de fabrique du racisme authentique. Je suis d’accord pour dire que tout pays qui ne protège pas les droits humains de ses propres citoyens doit être critiqué. Mais ce que l’on ne cesse de me dire, c’est qu’Israël ne doit pas être critiqué, parce que les pays arabes sont infiniment pires. Je réponds, à cela, au moyen d’une analogie : « Supposons que votre enfant ait fait quelque chose de pas bien, et qu’après que vous l’ayez houspillé, il vous rétorque que ce qu’il a fait n’était pas si grave, après tout, parce que son copain a fait pire : vous lui lâcheriez les baskets, sans rien dire ? Vous laisseriez votre gamin échapper à une punition bien méritée uniquement parce que son copain a fait pire ?

Cet argument est tellement absurde que je pense qu’il s’agit, de fait, d’une manière de couvrir le racisme. La question n’est pas que des pays arabes soient pires qu’Israël. Il n’y a aucun pays innocent, dans le monde, et si nous voulions réellement critiquer les pays violant les droits de l’homme, la liste serait passablement longue. Il faudrait y inclure les pays occidentaux qui violent de manière routinière les droits humains de gens et de groupes, y compris au-delà de leurs frontières.

Mais ce que ces gens qui m’écrivent veulent vraiment dire, de fait, c’est que les pays musulmans et les pays musulmans et arabes sont, d’une certaine manière, moins civilisés que les peuples et que les sociétés de l’Occident. Ils me disent que je devrais me tenir épaule conter épaule avec eux et soutenir leur haine des musulmans, des Palestiniens et des Arabes, de manière générale. Souvent, ils m’accusent de mentir, au sujet de mes origines juives. Certains de ceux qui m’écrivent ne peuvent concevoir l’idée que je puisse être née dans une famille juive et soutenir les Palestiniens. Ils me traitent même de Palestinienne (pour eux, c’est une injure...) Soit ils pensent sérieusement que je devrais en être offensée, soit ils pensent que je suis Palestinienne, en réalité, et que je ne fais que prétendre être qui je suis.

J’imagine que ces étranges fanatiques religieux pensent qu’Israël rend un service insigne au monde en le débarrassant de gens appartenant au groupe qu’il est aujourd’hui tellement à la mode et de plus en plus légitime de haïr. Cela ne vous rappelle rien ? Je trouve incroyable que les mêmes personnes qui, il n’y a pas si longtemps, prêchaient une telle haine venimeuse des juifs, tournent aujourd’hui cette même haine, ce même venin, contre d’autres personnes et peu importe, à mes yeux, de qui il peut bien s’agir. Ces fondamentalistes religieux sont en train de promouvoir la haine d’un groupe de personnes dont ils sont persuadés qu’elles sont moins humaines, ou moins précieuses, moins civilisées qu’eux-mêmes.

N’ont-ils rien retenu de ce à quoi la haine et le racisme contre un groupe humain peuvent conduire ? Un christianisme capable de penser comme eux ne diffèrent en rien du christianisme qui, il n’y a pas si longtemps, accusait les juifs d’avoir assassiné des bébés chrétiens afin d’en boire le sang ; d’un christianisme qui torturait et brûlait les gens sur des bûchers, qui, de manière routinière, massacrait ceux qu’il n’aimait pas. Leur christianisme est un faux christianisme qui, exactement comme ses faux prédécesseurs, a tout oublié du « Aime ton prochain » C’est un christianisme sans compassion et sans capacité à réfléchir à ses propres croyances ou à en voir les prolongations logiques. Que veulent-ils, en réalité ? Veulent-ils vraiment que les musulmans soient exterminés ? Si tel est le cas, ils ont vraiment besoin de réfléchir à ce qu’ils sont en train de promouvoir et à ce à quoi cela pourrait conduire.

C’est une version du christianisme qui est fondée sur la peur et sur la haine, et non pas sur l’amour et sur l’inclusion. Ce christianisme-là n’apporte rien à la paix du monde et à ce dont l’humanité a le plus besoin, la camaraderie, le respect et la coopération, toutes ces qualités dont je suis persuadée que Jésus les prônait. Le ton de certains des courriers que je reçois me fait redouter qu’ils ne soient frappés en retour par la haine et la peur qu’ils expriment. Ils ont l’air d’aimer ça.

Je sais que beaucoup de juifs, en Israël, trouvent très amusant et un peu stupéfiant que, tout soudain, ils soient devenus la coqueluche de certaines branches du fondamentalisme chrétien, alors qu’hier encore, ils étaient les « déicides »... Les juifs israéliens ne comprennent pas vraiment pourquoi ils sont ainsi soudainement aimés, mais ils comptent les bénédictions qu’ils reçoivent, pour le moment, et ils en profitent pour pousser un soupir de soulagement.

Voici qu’enfin, ils ont des alliés qui les soutiennent dans leur occupation et dans leur destruction à bas bruit du peuple palestinien. Et c’est génial, parce qu’ils peuvent mettre en scène leur colonisation et leur occupation de la Palestine à la lumière d’un combat entre « le bien et le mal », entre « l’Occident civilisé » (dont ils sont persuadés faire partie) et les « musulmans rétrogrades ». C’est ainsi qu’ils parviennent à occulter la vraie réalité du conflit avec les Palestiniens, qui n’a rien à voir avec un affrontement entre le judaïsme et l’Islam, et tout à voir, en revanche, avec la colonisation et l’épuration ethnique (j’ai une précision presque amusante à apporter ici, qui est que l’identité juive est tellement basée sur la peur de l’antisémitisme que lorsque des chrétiens se mettent du jour au lendemain à aimer les juifs, cela ne manque pas de poser problème à l’Etat juif...).

On a appelé cela anti-islamisme, anti-arabisme, mais peu m’importe la manière dont les gens choisiront de nommer ce phénomène. C’est exactement la même haine que celle qui était dirigée contre les juifs. Elle a les mêmes symptômes. C’est le racisme, fondé sur l’opposition entre « eux » et « nous », avec sa diabolisation et son venin, et ce racisme risque de conduire à un génocide.

Je suis très heureuse de savoir que de très nombreux juifs, dans le monde et en Israël, sont en train de prendre une position de plus en plus affirmée contre ce phénomène et n’ont pas peur de critiquer Israël. Ils considèrent qu’il est de leur devoir de s’insurger non pas en dépit, mais bien à cause de ce que le peuple juif a subi.

Je souhaiterais simplement que toute personne qui se considère juif (ou juive) puisse trouver en elle-même le courage de faire ce qu’il convient de faire. Tous les juifs doivent protester, tous ensemble, quand un nouveau groupe de victimes est en train d’être créé sous nos yeux et quand la haine et le racisme sont, à nouveau, prêchés et promus.

Soupirer de soulagement en disant : « Merci, mon Dieu, cette fois-ci, ça n’est pas pour nous » set immoral et irresponsable. Prendre le parti des fondamentalistes chrétiens fomentateurs de haine - même si c’est « bon pour Israël » - c’est choisir le mauvais camp.

« Plus jamais ça ! », ça ne veut pas dire « plus jamais ça ! » pour nous, les juifs ; cela doit vouloir dire : « Plus jamais ça ! Point barre ».

(JPG)

Psychothérapeute, Avigaïl Abarbanel est la présidente de l’association Deir Yassin Remembered de Canberra (capitale politique de l’Australie), où elle vit avec son mari, Ian Barnes et « deux chats très mal élevés ». Son site : http://www.avigailabarbanel.me.uk/













http://www.wmaker.net/editoweb/nicolas_maury/docs/affiche-drapeau-palestine-bis.jpg

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 10:06

Entre les 11 et 14 mars, les représentants du Parti des CARC [Parti des Comités d'appui la résistance - pour le communisme (CARC) - Italie] étaient à Anvers pour une réunion concernant la révolution au Nepal, où ils ont rencontré le camarade Basanta du Comité central du Parti communiste unifié du Nepal (maoïste). Nous l'avons interviewé, et ci-dessous vous pouvez trouver les réponses qu'il nous a donnés.

Notre Parti a salué la victoire de la révolution démocratique menée par l'UNCP (M) obtenue en 2008 comme première victoire du mouvement communiste international du 21ème siècle, et fait savoir comment celle-ci évolue, à la fois comme forme de solidarité avec le mouvement révolutionnaire du Peuple népalais, et parce que cela est riche en enseignements aussi bien pour les communistes italien-ne-s et les masses populaires.


Question.  Sur l'édition de décembre de notre journal Resistenza nous avons écrit que l'UNCP (M) a lancé une campagne de mobilisations partout dans le pays contre le coup de force des forces réactionnaires, refusant de se conformer aux accords au sujet du fusionnement de la vieille armée royale et de l'armée de libération du Peuple.
La campagne  visait 1. à établir la suprématie du civil sur le pouvoir militaire, 2. à défendre l'indépendance nationale, et 3. la réforme agraire. Cette campagne continue-t-elle toujours ? Quels développements effectue-t-elle et produit-elle ?

Réponse. La grande guerre populaire que notre Parti a lancée le 13 février 1996 a eu pour but d'accomplir la Nouvelle révolution démocratique, la première phase pour ouvrir la voie vers le socialisme et le communisme mondial.
Afin d'atteindre l'objectif stratégique minimum de la Nouvelle révolution démocratique au Népal nous avons appliqué diverses tactiques conformément à l'analyse concrète des conditions concrètes.

Quand le monarque déposé Gyanendra a usurpé les pleins pouvoirs avec la force de l'armée réactionnaire, la contradiction politique entre les masses entières d'une part, et le roi de l'autre, est venue au premier rang. Objectivement, il a créé une situation dans laquelle les partis politiques qui se réclamaient comme démocratique pourraient être rassemblés dans un combat pour établir la république démocratique. Basée sur un accord en 12 points, l'unité tactique entre sept partis politiques et le nôtre était la mise en oeuvre correcte de la fermeté dans la stratégie et de la flexibilité dans la tactique dans les conditions concrètes.

L'abolition de la monarchie et l'établissement de la république démocratique lors de la première réunion de l'Assemblée constituante est un pas en avant important vers notre objectif stratégique minimum de Nouvelle révolution démocratique mais elle n'est pas la Nouvelle révolution démocratique elle-même.

La Nouvelle révolution démocratique a deux aspects : anti-féodal et anti-impérialiste. Avec l'abolition de la monarchie, les institutions féodales, le féodalisme a été affaibli politiquement mais il n'a pas encore été supprimé. Et d'autre part, le programme agraire basé sur le principe de la terre à celui qui la travaille est loin d'être mis en oeuvre.
Le bourgeois bureaucratique compradore est monté en puissance dans le pouvoir réactionnaire. Cela signifie que la lutte du Peuple népalais pour établir la démocratie, c.-à-d. la lutte pour rendre le peuple souverain et pour résoudre le problème de terre, et aussi pour établir l'indépendance nationale n'est pas terminé.

Il faut comprendre que parfois la question de la démocratie vient au premier rang et parfois à celle de l'indépendance nationale. Mais maintenant, la suprématie civile et l'indépendance nationale ont été inséparablement reliées ensemble et la lutte pour établir l'indépendance nationale est venue au premier plan. Par conséquent, la lutte pour la démocratie c.-à-d la suprématie civile sur le pouvoir de l'État et la souveraineté nationale continuera jusqu'à ce que le Peuple népalais opprimé se débarasse du féodalisme et de l'impérialisme, principalement l'expansionnisme indien dans notre cas, sur le sol du Népal.

La lutte pour la suprématie civile et la souveraineté nationale que nous menons maintenant forme les masses à se lever pour elle. En d'autres termes, cette lutte a réveillé la conscience à un plus haut niveau sur la nécessité d'établir la souveraineté populaire dans le pouvoir de l'État et l'indépendance nationale. Elle a préparé le terrain pour l'offensive finale au cas où il y aurait obstruction à l'établissement de la suprématie civile et de l'indépendance nationale au Népal.

Q. Quelles sont les réactions des pays comme l'Inde, les Etats-Unis et la Chine qui ont essayé de décourager l'UNCP (m) et de créer des ennuis et des dommages à la population et au pays ?

Réponse. L'impérialisme ne veut jamais donner aux classes opprimées le pouvoir politique dans n'importe quel pays.  Le Népal ne peut pas être une exception à cela.  En revanche, l'impérialisme a eu très peur de la force grandissante du Peuple vers la saisie du pouvoir par les classes opprimées népalaises, sous la conduite de notre Parti, le Parti communiste unifié du Népal (maoïste).

L'expansionnisme indien sait que le premier pays à être le plus influencé par la victoire maoïste au Népal est l'Inde. Avec la victoire du Peuple népalais la classe dirigeante expansionniste indienne d'une part va perdre sa domination politique, économique et culturelle sur le Népal et de l'autre, elle se rend également compte du fait que le succès de la Nouvelle révolution démocratique au Népal va réveiller encore plus les masses indiennes contre les classes dirigeantes indiennes réactionnaires.  Par conséquent l'Inde est montée au front contre notre lutte pour établir la suprématie civile et l'indépendance nationale au Népal.  Jusqu'à maintenant, la Chine a maintenu sa politique de non-intervention dans les affaires politiques intérieures de notre pays.

Q. Établir une direction politique ferme et capable de transformer l'ordre social du Népal : n'est-ce pas le coeur de la lutte pour mettre un terme au système féodal, au retard économique, à la misère et à l'analphabétisme, au système des castes, à l'oppression des femmes et des minorités nationales dans lesquelles les populations du Nepal ont été tenues par la monarchie et les impérialistes ?

R. Il ne fait aucun doute que des problèmes entiers comme le retard économique, la misère, l'analphabétisme, le système de caste inhumain, la discrimination à l'égard des femmes et l'oppression nationale par lesquels le Peuple népalais a été jusqu'à maintenant écrasé soient tous les résultats inévitables de l'état socio-économique semi-féodal et semi-colonial du Népal.  Ce n'est pas la la fin d'un des seigneurs féodaux seulement mais la fin du système féodal et son interconnexion avec l'impérialisme qui provoque une transformation révolutionnaire dans la société.

Cependant, la fin de la monarchie est un pas en avant dans la direction de supprimer le féodalisme et l'impérialisme du sol népalais. À moins que le Peuple népalais défasse le féodalisme et l'impérialisme et établisse de ce fait le Nouveau pouvoir démocratique, il n'y aura aucune transformation révolutionnaire de la société népalaise excepté quelques changements cosmétiques.

Q. Quelles sont les étapes que l'UNCP (M) pense devoir être faites afin de faire avancer le mouvement révolutionnaire pour gagner contre les ennemis internes et étrangers ?

R. Chacun se rend compte que nous sommes maintenant dans l'Assemblée constituante pour rédiger une nouvelle constitution qui ouvre la voie vers la résolution des contradictions fondamentales de la société.
Cependant, les réactionnaires locaux et étrangers conspirent pour dissoudre l'Assemblée constituante, imposer un régime présidentiel et pousser le pays dans la guerre civile afin de maintenir le statu quo. Jusqu'au bout nous lutterons dur pour écrire la Constitution populaire et pour établir la République populaire par l'Assemblée constituante mais nous ne les laisserons à aucun prix renverser le processus. Nous sommes prêts à les défaire par l'insurrection du Peuple si les réactionnaires imposent la guerre civile injuste au peuple népalais.

Q. La plupart des communistes italiens pensent que la révolution est quelque chose qui éclate juste. Nous pensons qu'elle est quelque chose qui doit être construit étape par étape. Que pensez-vous de ceci ?

 La révolution ne peut ni se développer par le souhait subjectif de quelqu'un, ni se produire spontanément par une crise révolutionnaire. Elle est la manipulation correcte de la dialectique entre la situation objective et la planification subjective de la part de la direction de l'avant-garde prolétaire qui pousse vers l'avant le processus révolutionnaire.

Q. Dans notre pays beaucoup de camarades sont tirés vers le bas par l'idée que nous sommes peu nombreux et, en outre, nous sommes entourés par une masse réactionnaire et arriérée. Même une partie des ouvriers et des travailleurs suivent et soutiennent ouvertement les forces réactionnaires et racistes. Est-ce que
l'UNCP (M) ne montre pas le contraire, par son action, qui est que les communistes peuvent gagner à la révolution toutes les classes ou en tout cas la plupart des classes des masses populaires (parce que pour leur position de classe le socialisme est la seule ou en tout cas la meilleure perspective de vie et d'avenir) ?

R. Au commencement, il y a toujours un petit groupe d'activistes conscients qui lancent le processus révolutionnaire. L'idée que sans préparer une base de masse forte aucune lutte révolutionnaire ne peut être lancé est erronée. Mais ce n'est pas non plus un processus où un groupe minuscule d'activistes révolutionnaires peut accomplir la révolution. C'est un processus qui se développe du petit au grand, du simple au complexe et du particulier au général.

Oui, l'expérience de notre Parti l'a clarifié correctement. Au commencement de la guerre populaire, nous avions seulement 70 ans chefs et cadres à plein temps dans notre Parti. La conscience populaire était très arriérée. Mais notre intervention consciente sur la situation a commencé à changer la situation d'une façon qualitative.

La révolution se développe à la manière d'une spirale. Vraiment, si nous n'avions pas faits notre intervention consciente sur la situation 15 ans avant, la situation actuelle ne serait pas advenue.

Q. Est-ce que vous voulez envoyer un message à tous ceux qui, en Italie, sont impliqués dans la lutte pour « ne pas payer la crise des patrons », et recherchent une sortie au désastre économique, politique et environnemental dans lequel la bourgeoisie (les patrons, le Vatican, les riches et leurs autorités) nous a plongés ?

R. Objectivement, la situation devient favorable pour que les révolutionnaires fassent la révolution. L'effort conscient de changer cette situation est le besoin d'aujourd'hui. La crise économique va sûrement dans les prochains jours mener à une crise politique dans l'ordre mondial impérialiste. Et le désastre politique et environnemental que la bougeoisie ont provoqué, faire grandir la haine des masses de travail contre le système. Cela crée définitivement une base objective sur laquelle la révolution peut avancer.

http://a33.idata.over-blog.com/1/62/54/79/image269940757.jpghttp://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2009/06/24/h_4_ill_1210637_nepal-mao.jpg
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 15:06

The Marxist-Leninist


Justice pour Kofi ! Les étudiants de Gainesville protestent contre le tir de la police.

Article de Jared Hamill, Fight Back! News

Gainesville, FL - Plus de 400 manifastants en colère - une coalition d'étudiants, de riverains et de professeurs d'Université - se sont rassemblés et ont marchés pour protester contre le meurtre raciste par la police de Kofi Adu-Brempong.

Adu-Brempong est un étudiant de troisième cycle international du Ghana qui s'est fait tirer dans le visage par un policier de l'université de Floride. Après réception d'un appel d'un voisin disant qu'Adu-Brempong vociférait, à cause du stress dû à ses études et à son statut d'immigration, la police de campus a donné l'assaut à son appartement, l'a tasé trois fois et lui a tiré dans le visage avec un fusil d'assaut.

Adu-Brempong est hospitalisé dans un état critique, ayant perdu la langue et la mâchoire. Incroyablement, l'action de police a pris moins de 30 secondes. Souffrant de la poliomyélite depuis l'enfance, Adu-Brempong ne pouvait pas marcher sans canne. Pour ajouter à l'outrage, la police de l'université de Floride l'a chargé d'un délit de  'résistance à l'arrestation avec violence.'

Les étudiants pour une société démocratique (SDS) de la région de Gainesville ont mené l'action sur le campus. Commençant par un rassemblement et des haut-parleurs à Turlington Plaza, la masse des protestataires a marché à travers le campus jusqu'au comité directeur dans le Emerson Hall Alumni Building. Le comité directeur régit l'université entière. Puisque le bâtiment a été fermé au public, les protestataires ont tiré les portes ouvertes, forcé la sécurité et se sont emparés du bâtiment.

Ils se sont présentés au conseil avec une liste de demandes, y compris l'abandon de toutes les charges contre Kofi Adu-Brempong. L'autre demande importante est le renvoi de Keith Smith, le dirigeant qui a tiré sur Kofi dans le visage. En 2008, Keith Smith avait reçu un avertissement verbal par le Département de Police de la ville de Gainesville où il avait précédemment travaillé. Smith et trois autres policiers jetaient des oeufs et harcelaient des Afros-américains de la communauté locale. La police de l'université a ignoré cet avertissement et a engagé Keith Smith.

Tandis que les étudiants restaient à l'intérieur, attendant de voir comment le comité directeur répondrait, la tension est montée à l'intérieur de la salle de réunion. Après une demi-heure, un administrateur est sorti pour parler aux protestataires. Après son intervention, les étudiants ont prononcé des discours contre la brutalité policière et pour continuer le combat pour Adu-Brempong. Une heure plus tard, les protestataires ont décidé que les demandes de la coalition avaient été clairement reçues par le conseil et ont quitté le bâtiment.

Alors les protestataires ont marché vers bâtiment d'administration de Tigert Hall pour un autre rassemblement, visant le Président Bernie Machen de l'université. Malheureusement le Président Machen était "hors de la ville". Les étudiants ont chanté, "justice pour Kofi !" et "Pas de justice, pas de paix ! A bas la police raciste !"

Fernando Figueroa, du Gainesville SDS : "Nous n'abandonnerons jusqu'à ce que nous gagnions la justice pour Kofi. Nous prenons position contre la brutalité de la police et le racisme sur notre campus et dans tout le pays". Figueroa a poursuivi, "il est stupéfiant de voir tellement peu de journalistes couvrir le tir d'un homme africain dans le visage ici. C'est le même campus où vous ne pouviez pas marcher dix pieds sans vous cogner dans un journaliste ou une équipe de TV couvrant le fameux incident "Don't tase me bro' !" d'un étudiant blanc.

Tard dans l'après-midi, les protestataires étudiants ont assisté à une réunion du conseil étudiant pour exiger une résolution réclamant une enquête de grand jury sur le flic raciste. Avec de la persuasion, la résolution est passée. Avec des protestations montant en puissance à Gainesville, la Coalition pour la justice et contre la brutalité policière se voue à continuer le combat pour Kofi Adu-Brempong.

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Grande manif contre les crimes sionistes à Paris (13/07)
Magnifique manifestation pour la Palestine à Tolosa, capitale d'Occitanie occupée
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Considérations diverses : une mise au point nécessaire sur nos positions internationalistes et aux côtés des Peuples

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POSITION DES COMMUNISTES RÉVOLUTIONNAIRES DE LIBÉRATION OCCITANE SUR LES ÉLECTIONS MUNICIPALES ET EUROPÉENNES DES PROCHAINS MOIS

L'affaire Dieudonné-Valls :
Plutôt bon article sur la ‘Déclaration de guerre de la République à Dieudonné’ (la pseudo-controverse réactionnaire entre l’antisémite dégénéré et les gardiens du temple républicain)
Quelques mises au point complémentaires (et conclusives) sur la ‘‘question Dieudonné’’ (et Dreyfus, le Front populaire, l’antisémitisme etc.)
Réflexion théorique : loi Gayssot, lois antiracistes et "mémorielles", "antifascisme" bourgeois etc., quelle position pour les communistes ?

Dossier Breizh :
Breizh : comment l'étincelle écotaxe a mis le feu à la lande
"Esclave", "identitaire", chouan, cul-terreux arriéré de service : pour paraphraser Césaire, "n'allez pas le répéter, mais le Breton il vous EMMERDE"
Considérations diverses – en guise de ‘‘petit debriefing’’ de ces derniers mois : Bretagne, fascisme, ‘‘Lumières’’ et Kaypakkaya… (point 1)
Considérations diverse (26/11/2013) : eh oui, Servir le Peuple a toujours quelques petites choses à vous dire ;-) (point 1)
Appel de la gauche indépendantiste bretonne (Breizhistance) pour le 30 novembre (avec notre critique de la position du ROCML)
Le Top Five des drapeaux qui n'ont PAS été inventés par un druide nazi  (mortel !)
Et en guise (provisoire) de conclusion : La Gauche indépendantiste bretonne revient sur la mobilisation de Karaez/Carhaix

Comité de Construction du PCR des Terres d'Òc : Déclaration du 11 Novembre

La phrase du moment :

"La tyrannie cessera parmi mon peuple ; il n'y aura que liberté, liberté toute nue, sans déguisement. Bouleversements d’États entiers : je les renverserai de fond en comble, il n'y aura rien de reste. Il va y avoir de terribles renversements de conditions, de charges et de toutes choses. Je veux faire un monde nouveau, je veux tout détruire. Je veux appeler à moi la faiblesse, je veux la rendre forte. Pleurez gens du monde, pleurez grands de la terre, vos puissances vont tomber. Rois du monde, vos couronnes sont abattues !"

Élie Marion, "prophète" et guérillero camisard cévenol, 1706.

Amb l'anma d'un Camisart, Pòble trabalhaire d'Occitània endavant !

 

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AA Alsace (idem)

Union Révolutionnaire Antifasciste du Haut-Rhin (URA 68, page Facebook)

Collectif Antifasciste Paris - Banlieue

Action Antifasciste Paris - Banlieue

Montpellier Antifa

Collectif Antifasciste 34

Collectif Antifasciste Rennais (AntifaBzh)

Cellule Antifasciste Révolutionnaire d'Auvergne (CARA, page Facebook)

Carcin/Quercy Antifascista (page Facebook)

Occitània Antifascista (page Facebook)

Breizh Antifa (page Facebook)

Perpignan Antifa (page Facebook)

Action Antifasciste de Pau

Union Antifasciste Toulousaine

Ipar Euskal Herria Antifaxista (Pays Basque du Nord antifasciste)

REFLEXes - site d'informations antifascistes

La Horde, portail d'information antifa

Rebellyon - rubrique "Facho"

Redskins Limoges

Droites extrêmes - blog Le Monde (site d'information bourgeois bien fourni, parfait pour le "watch")

Document : Ascenseur pour les fachos (série de 6 vidéos Youtube, Antifascisme.org, site social-démocrate)

 

Guerre pop' - Asie du Sud :

Inde Rouge (nouveau site "officiel" francophone)

Comité de Soutien à la Révolution en Inde

Comité de solidarité franco-népalais

Fil d'actu "Inde - Népal" du Secours Rouge - APAPC

J. Adarshini (excellent site en français)

Revolution in South Asia (en anglais)

Maoist Resistance (guérilla maoïste indienne - en anglais)

NaxalRevolution (Naxalite Maoist India, en anglais)

Banned Thought (en anglais)

Indian Vanguard (en anglais)

The Next Front (Népal - anglais)

Signalfire (sur la GPP en Inde et aux Philippines, le Népal et les luttes populaires dans le monde - en anglais)

Communist Party of India (Marxist-Leninist) Naxalbari (a fusionné avec le PC d'Inde maoïste le 1er mai 2014)

New Marxist Study Group (maoïste, Sri Lanka)

Parti communiste maoïste de Manipur (page Facebook)

 

Guerre pop' - Philippines :

Philippine Revolution (en anglais)

The PRWC Blogs

(tous deux remplacés apparemment par ce site CPP.ph avec notamment les archives d'Ang Bayan, l'organe officiel du Parti)

Solidarité Philippines

Fil d'actu "Philippines" du Secours Rouge - APAPC

 

Guerre pop' & Luttes armées - Amérique latine :

CEDEMA - actualité des mouvements armés en Amérique latine (+ qqs documents historiques)

 

Nuevo Peru (Pérou, basé en Allemagne, en castillan et allemand principalement)

Guardias Rojos (Pérou, page FB)

Fil d'actu "Amérique latine" du Secours Rouge - APAPC

Archives

Autres documents théoriques

 

Récapitulatif des "grandes thèses" de Servir le Peuple


À lire également, les Considérations Diverses, petits "billets" trop courts pour faire un article et donc regroupés par trois, quatre ou plus, exprimant notre CONCEPTION DU MONDE sur toute sorte de sujets. 


En finir avec la 'France', appareil politico-militaire et idéologique de nos oppresseurs ! (1) et (2) 

En finir avec la 'France' (3) : l'État bourgeois contemporain et nos tâches

Même étude sur l'État espagnol (1 et 2) ; le Royaume-Uni (1 et 2) et l'Italie.

 

APRÈS 8 SÈGLES… (Huitième centenaire de la bataille de Muret 1213 & DÉCLARATION FONDATRICE de notre Comité de Construction du PCR-Òc)

 

V. I. Lénine : "Il y a deux guerres" 

 

Le 18 Juin, une date symbolique pour les fascistes


Réflexion sur la déviation ouvriériste – Avant-propos

Réflexion sur la déviation ouvriériste : la classe ouvrière, le prolétariat et la révolution. 


Sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Rectificatif sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Encore une fois sur le "Bloc populaire" et la QUESTION ELECTORALE


Harry Haywood contre la Théorie des Trois Mondes et les dérives réactionnaires des « prochinois »


TKP(ML) : On ne peut pas être communiste sans défendre le maoïsme


La Question nationale au 21e siècle 

Considérations diverses : un (gros) pavé sur la Question nationale...

Clarification sur l'encerclement du 'Centre' par la 'Périphérie'

 

Pour comprendre la Tempête arabe, avoir une analyse de classe correcte de la situation

(n)PCI : La révolution démocratique anti-impérialiste des pays arabes et musulmans

 

2011 : un point indispensable sur le fascisme et l'antifascisme pour les années à venir

 

Thèses fondamentales pour la construction partidaire


Sur le processus révolutionnaire

Sur le processus révolutionnaire (2) : vers le communisme

 

La "négation de la négation" et le maoïsme


Considérations diverses : Sur la question du SECTARISME

 

(Conception du monde) Le Parti révolutionnaire : ARTISAN conscient... ou 'accompagnateur contemplatif' du mouvement historique ?


Sur la 'révolution permanente' et le trotskysme

 

Le 'centre mlm' de Belgique, la Guerre populaire et le (n)PCI (sur la stratégie révolutionnaire en pays impérialiste) ; et dans la continuité :

Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (1ère partie)

et Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (2e partie)

 

 

Sur le document "Expériences, débats et perspectives" du PC d'Équateur - Comité de Reconstruction, adressé au Mouvement communiste international

 

EXCLUSIF : Lotta Continua - "Prenons la Ville !" (1970) [avec un salut rouge et fraternel à l'AA Bordeaux ]


Manifeste Programme du (n)PCI

Présentation

du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)

 

(Chapitre I): PDF - WORD

 

Le Plan Général de Travail ((n)PCI)

 

 MANIFESTE COMPLET

(version non-définitive ; chap. 4 et 5 pas encore validés par les camarades italiens)

 

IMPORTANT pour la compréhension du Manifeste :

La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)

article de 1985 paru dans Rapporti Sociali n°0

[en bas de la page en lien, icône
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Autres analyses d'actualité

Sarkozy en Chine : ramener le "péril jaune" dans le "droit chemin"

L'accord Iran-Turquie-Brésil, dans la droite ligne de la visite de Sarkozy en Chine

Turquie, Iran, Kurdistan, Israël : qu'en est-il ?


L'expulsion des Rroms, un nouveau (grand !) pas dans la mobilisation réactionnaire de masse


Nouvelle crise : deux Présidents en Côte d’Ivoire


Chute de Ben Ali : une victoire pour les masses


Pour la "petite" histoire : Marine Le Pen succède (comme prévu) à son père.

Retour sur les cantonales : des signaux déterminants pour l'avenir

Défections à l’UMP : la décantation idéologique de la bourgeoisie s’accélère


Ce qui a merdé en Libye...


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Palestine : Derrière l'accord Hamas-Fatah, la Tempête arabe ?


Situation décisive au Népal 

En matière de conclusion sur la situation au Népal, et ses répercussions dans le Mouvement communiste international 

Questions-réponses sur la situation au Népal

 

Discussion sur la "gauche" en Amérique latine et la bourgeoisie bureaucratique

 

Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria : l'analyse d'un communiste abertzale

Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria, 2e partie

Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria, 3e et dernière partie  

 

 

Considérations du 01/10/2012 : Copé, "droite décomplexée", montée du fascisme et islamophobie

Considérations diverses : Encore une fois sur la question du fascisme (22/10/2012)

Considérations diverses (26/10/2012) : 'traditions' politiques bourgeoises et fascisation ; question nationale et identitarisme ; 'émergentisme' et islamophobie

 

Considérations diverses (19/01/2013) : Retour sur la situation au Mali (osons le "cosmopolitisme" et la "géopolitique" !)

 

Mort d'Hugo Chávez au Venezuela


Considérations diverses 03-2013 - et un peu de polémique/critique, ça fait pas de mal ! (sur Chavez, le 'bolivarisme', le 'fascisme' de celui-ci et autres choses...)


Sur le capitalisme bureaucratique des pays dominés et le prétendu 'fascisme' de certains régimes réformistes bourgeois


La tragédie de Lampedusa est un crime impérialiste de plus contre l’humanité

Autres articles historiques

 

25 avril 1945 : le Peuple italien terrasse le fascisme

25 avril 1974 : la Révolution des Oeillets met fin au salazarisme

 

24 mars 1976, noche negra de Argentina : pour ne jamais oublier

La dictature militaire argentine de 1976 - 1983

 

Pierre Mulele, héros et martyr d'Afrika


Thomas sankara, leader d'un authentique processus révolutionnaire

Le 15 octobre 1987 tombait thomas sankara, le "che" africain 

 

Etudions l'histoire de la Révolution chinoise


Bref panorama historique révolutionnaire des Amériques


Quand Argala répondait (par anticipation) à certaines "lumières éclairées" du "marxisme" le plus social-chauvin...


Document historique : Déclaration "Aux Peuples d'Amérique latine" par la Junte de Coordination Révolutionnaire (Tupamaros-MIR-ELN-ERP) - 1er novembre 1974


35 ans après le coup d’État pro-soviétique, les peuples d'Afghanistan continuent de résister héroïquement aux envahisseurs impérialistes


Grande étude historique : du païs à la Commune populaire, de la communauté populaire précapitaliste à la société communiste

Illustration de la théorie par un exemple historique : la Guerre des Demoiselles en Ariège

Et en guise de récapitulatif/synthèse : Considérations diverses sur les États, les Nationalités, la Subsidiarité et le Pouvoir populaire ; ici (point 1) : Considérations diverses – fin octobre 2013 : État et révolution bourgeoise et ici : Considérations diverses : 1/ Le cœur des nations est aujourd’hui le Peuple