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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 12:39

 

catalogneComme cela était prévu de longue date - et comme nous avions déjà eu l'occasion d'en parler, le Peuple catalan s'est donc rendu aux urnes ce dimanche pour décider... de son indépendance. Il est ressorti des urnes de cette consulta un OUI FRANC ET MASSIF des quelques 2,2 millions de votants aux deux questions qui étaient posées : que la Catalogne devienne un État (91,82% soit 2,05 millions de voix) et qu'elle devienne un État INDÉPENDANT (80,76% soit 1,8 millions).

Petit problème, lui aussi annoncé de longue date : ce référendum était rigoureusement non-autorisé par le pouvoir "constitutionnel" de l’État central espagnol, qui refuse et refusera donc catégoriquement d'en reconnaître le résultat. État bourgeois aux abois (comme nous l'avons maintes fois analysé), l'"Espagne" s'est donc refusée à même envisager la situation qu'aurait eu à gérer - par exemple - Londres en cas de victoire de l'indépendance en Écosse en septembre dernier.

Cette obstruction démocratique s'est d'ailleurs reflétée dans les urnes par une très forte abstention : plus de 3 millions de personnes sur les 5 millions et demi potentiellement convoquées (soit plus de 60%) ne se sont pas déplacées, les espagnolistes n'étant généralement pas allés voter à un scrutin considéré par eux comme illégitime et dénué de toute valeur (ce qui leur permettra évidemment de dire que l'abstention + le "non" sont largement au-dessus du "oui"...). Ceci a aussi pu jouer au demeurant sur la mobilisation du camp indépendantiste, soit par légalisme (on imagine mal l'électorat CiU, par exemple, en grands rebelles...) soit par sentiment d'inutilité. Néanmoins, ce sont en définitive quelques 40% de participation et un tiers des habitants de la Catalogne en mesure de voter (le droit de vote était ouvert à partir de 16 ans ainsi qu'aux étrangers résidents depuis plus d'un an) qui se sont prononcés pour l'indépendance de leur pays (rappelons aussi que bien des élections tout à fait légales et reconnues ne connaissent pas une participation bien supérieure... il suffit de penser aux dernières européennes : 42% en "France", 45% en "Espagne" !). Tous les scénarios sont donc désormais du domaine du possible, surtout lorsque l'on connaît la tradition de grande brutalité de Madrid quand il s'agit d'empêcher l'éclatement de sa construction étatique historique au service du Capital.

La question catalane au sein de l’État espagnol a été assez bien étudiée par Servir le Peuple dans son article sur la construction historique de cet État. La Catalogne faisait originellement partie (de fait, elle était le moteur économique) du Royaume d'Aragon qui, en s'unissant à celui de Castille-León (mariage de Ferdinand II et Isabelle Ière), a donné naissance au Royaume d'Espagne. Les classes dominantes catalanes (aristocratie et bourgeoisie) étaient donc originellement - en quelque sorte - des "associées" de celles de Castille au sein du nouvel État moderne ; mais des "associées" se sentant très vite "flouées", n'obtenant qu'une toute petite partie (Pays valencien et Baléares) des terres "re"conquises sur Al-Andalus tandis que les colonies "découvertes" dans les Amériques étaient directement rattachées à la Couronne castillane. Ceci amènera, assez rapidement, la renaissance d'un très fort sentiment autonomiste voire indépendantiste dès lors (17e siècle) que le "miracle espagnol" du "Siècle d'Or" montrera ses premiers signes d'essoufflement (faute d'un réinvestissement intelligent par la Castille des richesses pillées outre-mer) ; tandis que de leur côté, les masses du Peuple comme dans toute la péninsule résistaient naturellement à un État moderne synonyme de leur soumission brutale à l'accumulation primitive capitaliste, de la destruction de leur vie sociale "républicaine" dans les villages et les bourgs et de leur réduction à une pure force de travail productrice de plus-value.

L’État espagnol "résoudra" cela au 18e siècle, après deux grands révoltes (Guerra dels Segadors - "Guerre des Faucheurs" - et celle de la Guerre de Succession d'Espagne), en imposant "tout simplement" à l'ancienne "Couronne d'Aragon"... le centralisme à la française, d'autant plus facilement que c'était désormais un petit-fils de Louis XIV, Philippe V de Bourbon, qui régnait sur le trône madrilène. Dès lors, sans cesser d'être la partie économiquement la plus développée de l’État, la Catalogne allait être politico-militairement soumise au pouvoir de Madrid, lequel agissait au demeurant (à cette époque et encore longtemps après) en "relais" de son voisin du Nord - notre oppresseur et négateur, l’État français ! C'est qu'en définitive, l’État "espagnol" castillan comme son homologue français s'est formé en absorbant une nationalité beaucoup plus riche à la base (Catalogne et Occitanie) mais contrairement à ce dernier il n'a pas su ensuite fortifier ÉCONOMIQUEMENT sa position dominante (ce que l'Empire colonial permettait pourtant Catalogne-oklargement, mais il a dilapidé ce "capital" !), ne pouvant plus dès lors s'imposer que par la force ainsi que par le soutien d'une puissance "tutélaire" (la France du règne de Louis XIV jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, puis les États-Unis dans le cadre de la Guerre froide et désormais la "Banane bleue" européenne).

Ceci scella de fait la naissance de la question catalane, en dehors de laquelle il n'existe aujourd'hui aucune prise de position politique sérieuse (que ce soit pour ou contre l'autodétermination) sur ce territoire : l'"espagnolisme" hérité du franquisme (PP) et ses misérables appendices sociaux-démocrates (PSOE) et sociaux-libéraux (Ciutadans ou UPyD), autrement dit le camp du Capital "central" castillan, dédient toute leur activité politique dans la "région" à s'y opposer ; il y a une bourgeoisie catalane ultra-autonomiste (CiU, ERC) qui se sent désormais prête pour l'indépendance (pour avoir son propre État bourgeois) ; il existe même une extrême-droite (Plataforma) autonomiste mais anti-séparatiste et liée aux Identitaires hexagonaux, à la Ligue du Nord etc. etc. et il y a des "marxistes" et des "anarchistes" qui (comme ici) combattent l'affirmation catalane mais la grande majorité de la gauche radicale et révolutionnaire (CUP, Arran, mouvement des squats autogérés etc.) s'en revendique toutefois aux côtés de la lutte sociale, d'autant plus aisément que l'héritage historique va dans ce sens.

Après la mort de Franco et l'avènement de Juan Carlos de Bourbon (1975), les tenants de l'"Espagne unie, grande et libre" lâchèrent pas mal de lest en inscrivant dans la nouvelle Constitution de 1978 le système des autonomies ("refondant" ainsi en quelque sorte le "pacte" historique entre le pouvoir central et les classes dominantes nationales : on peut parler de nouvelle polysynodie) ; la Generalitat de Catalogne en obtenant d'ailleurs une particulièrement large ; mais 30 ans plus tard la phase terminale de la crise générale capitaliste (frappant le pays avec la violence que l'on sait) a fait ressurgir la question avec force, la recherche (tant populaire que bourgeoise) d'une autre porte de sortie à ladite crise que l'austérité promise par Rajoy se confondant - pour ainsi dire - avec la revendication d'un vote d'autodétermination.

Sur cette question, notre position s'est toujours voulue claire et simple : nous soutenons radicalement et sans réserves l'autodétermination démocratique du Peuple catalan comme de tous les Peuples de la péninsule ibérique ; comme tout ce qui va dans le sens de DÉTRUIRE cet État espagnol PILIER de l'ordre capitaliste-impérialiste européen.

En revanche, ce qui est vrai et qui a pu nous être reproché, c'est que nous avons dès l'annonce de la fameuse consulta émis de sérieuses réserves quant à la praticabilité de cette voie institutionnelle-référendaire telle que promue par les représentants de la bourgeoisie catalane (aile droite CiU et aile gauche ERC) à la tête de la Généralité, au regard du "séisme politique" que représenterait une indépendance catalane pour l'ordre bourgeois européen. De fait, toutes les excellentes raisons (forcément excellentes, puisque ce sont les nôtres !) exposées ici de soutenir (comme nous le faisons) la lutte d'autodétermination du Peuple catalan sont aussi celles qui faisaient qu'il n'y avait que DEUX VOIES : soit (comme en Écosse) un référendum autorisé mais avec un déploiement titanesque d'hégémonie intellectuelle "espagnoliste" rendant presque impossible la victoire du "oui" ; soit déclarer purement et simplement la consultation "inconstitutionnelle", "nulle et non avenue" quel qu'en soit le résultat. Comme nous le savons tout-e-s, c'est cette seconde option qui a été choisie : le choix, comme presque toujours avec Madrid, de la force brute pour un État/système faible.

Nous avons donc à présent une assez nette majorité qui s'est dégagée du scrutin en faveur d'une indépendance de la Catalogne, mais concrètement aucune indépendance puisque le pouvoir central refuse de reconnaître le résultat. Que va-t-il donc se passer ? La Generalitat, Artur Mas et Oriol Junqueras en tête, va-t-elle proclamer (comme les héroïques députés irlandais du Sinn Féin en 1919) la GUERRE D’INDÉPENDANCE ? On se doute bien que rien n'est moins sûr.

voluntat-poble-lema-campanya-CiU EDIIMA20121109 0142 5Beaucoup plus probable est que, outre les recours devant les juridictions constitutionnelles et nonobstant le rôle de "Père de la Nation" dans lequel se verrait bien Mas, ce dernier et - surtout - la classe qu'il représente, la bourgeoisie catalane suffisamment autonome économiquement de Madrid et du reste de l’État, tentent d'utiliser le résultat de la consulta pour "gratter" de nouvelles prérogatives et avantages pour "leur" Catalogne... et surtout pour eux-mêmes (ceci étant parfois ouvertement assumé : "si nous obtenons 1,5 millions de oui ou plus, Rajoy sera obligé de discuter avec nous" etc. etc.). L'ERC de Junqueras, qui a le vent en poupe en ce moment, pourrait en profiter de son côté pour appeler à de nouvelles élections, qui pourraient bien faire d'elle le premier parti en nombre de sièges au Parlement...

Ce versant bourgeois du mouvement indépendantiste catalan (dont nous avons exposé plus haut les racines historiques) ne peut et doit pas être nié par les communistes révolutionnaires marxistes que nous sommes. Il a des implications jusque dans les propos de certains dirigeants de l'ERC (la "Gauche républicaine" de Catalogne) qui ont pu mettre en avant, tout "de gauche" qu'ils sont, des "arguments"... dignes de la droite flamande parlant des Wallons ou d'Angela Merkel parlant des Grecs, en mode "le Sud - andalou, murcien etc. - coûte trop cher à la Catalogne", ce qui leur a valu une volée de bois vert de la part des autres gauches radicales d'affirmation des Peuples (notamment celle d'Andalousie !) et un refus catégorique de faire liste commune aux dernières européennes... Savoir que des personnes n'ayant que des considérations d'avantages fiscaux et/ou institutionnels et des magouilles politiciennes en tête ont pu se servir des aspirations de millions de personnes à une société plus démocratique et plus juste ne peut que susciter la saine et légitime colère des révolutionnaires communistes que nous sommes. En réalité, avec le veto "espagnoliste" madrilène (dont on attend maintenant, non sans inquiétude, de voir les mesures qu'il va prendre...), cet aspect forme tout simplement le principal obstacle et frein à la Libération révolutionnaire du Peuple catalan ! Mais efforçons-nous - justement - d'être dialectiques et de ne pas nous focaliser exclusivement sur cela ; efforçons-nous de voir aussi l'autre aspect des choses...

Sur le versant populaire en effet, la signification profonde de la consulta est le DROIT DU PEUPLE À DÉCIDER ; décider de son destin et de ce qui est bon pour lui non seulement en dehors de l'"Espagne" mais aussi - pour une large partie du mouvement, en tout cas sa frange la plus combattive - en dehors de l'ordre capitaliste européen et mondial, quand bien même (comme on l'a dit) il serait complètement idéaliste et utopique de penser parvenir à cela au travers d'un simple vote. Et sur ce point, la Catalogne et l’État espagnoliste tout entier sont en réalité - désormais - assis sur un volcan !

catalunya arranEn Écosse, il y a la possibilité de dire que la tant réclamée parole au Peuple lui a été donnée et que le résultat a été négatif, vox populi vox dei et rideau, circulez y a plus rien à voir... Mais ici en Catalogne, quels qu'aient été les multiples intérêts portant la consulta et les divergences - voire les contradictions totales !* - entre eux, le fait indéniable est que le mouvement en faveur de ce référendum a été une GIGANTESQUE et MASSIVE MOBILISATION POPULAIRE et une formidable école de révolution (cet aspect-là des choses, exprimé notamment à travers l'Assemblée nationale catalane (ANC), nous l'avons TOUJOURS RÉSOLUMENT SOUTENU et nous sommes sincèrement désolés si des personnes ont pu interpréter notre position autrement). Que vont faire ces personnes qui ont lutté (depuis parfois plus de trois ans) pour que cette consultation puisse se tenir, qui sont allées - évidemment - y voter OUI et qui voient maintenant leur volonté niée et ignorée par l’État central ? Et quelle va être la réaction de ce dernier devant leurs - quasi certaines - manifestations de colère ??**

En vérité, une seule question se pose au jour d'aujourd'hui et c'est celle-là.

Les choses sont en fait désormais - en dernière analyse - TRÈS SIMPLES :

1°/ le principe d'autodétermination démocratique est aujourd'hui totalement acquis dans la Nation catalane et surtout - ce qui nous intéresse vraiment - dans les classes populaires, le Peuple travailleur de Catalogne, y compris chez les (nombreuses) personnes de ce Peuple travailleur originaires d'autres parties de l’État ou du monde (très importantes communautés est-européennes, nord-africaines, sud-américaines etc.) ;

2°/ la question qui se pose désormais est donc celle du COMMENT ; autrement dit, le Peuple travailleur de Catalogne doit comprendre qu'aucune voie légaliste et électorale ne peut l'amener vers les aspirations démocratiques et sociales qui sont les siennes et que seule le peut la voie de la lutte révolutionnaire, la voie de la Guerre populaire en pays occidental telle que théorisée (en fin de compte) plus par Gramsci que par Mao et exposée ici et ici.

nacioneslibres.jpg

* Une bonne illustration de ces contradictions est la position publiée fin octobre par l'organisation Endavant OSAN (Organizatció Socialista d'Alliberament Nacional - Organisation Socialiste de Libération Nationale) :
"Devant la convocation d'une consulta édulcorée, fruit de la non-désobéissance de la CiU à l'interdiction antidémocratique de l'État, Endavant OSAN souhaite faire part des réflexions suivantes :
Nous ne pouvons pas laisser aux mains des autonomistes la mobilisation pour l'autodétermination car, si nous le faisons, ces derniers utiliseront cette mobilisation pour négocier une réforme institutionnelle, une nouvelle insertion de la Catalogne dans l''Espagne' et laisseront la voie libre à l'État pour annihiler les droits nationaux dans le reste des Pays catalans [la région de Valence et les Baléares NDLR]. Nous ne pouvons pas faire le jeu de l'autonomisme en esquivant la confrontation politique et en le laissant surfer sur la vague de la mobilisation pour les droits nationaux qu'a connue la Catalogne ces dernières années.

Nous appelons le Peuple travailleur des Pays catalans qui vit dans les quatre provinces de la Principauté [la "région" Catalogne de la Generalitat] à remplir et faire déborder les urnes, le 9 novembre, de votes pour l'indépendance.
Si la consulta est gênée ou interdite par l'État, nous estimons extrêmement important de nous mobiliser pour empêcher que la CiU ne se conforme ainsi à l'interdiction à moindre frais, et pour que le Peuple reste assuré de pouvoir exprimer le 9-N sa volonté populaire par-dessus les interdictions et les obéissances à celles-ci.
Parallèlement, nous considérons aussi que l'action du 9 novembre ne servira à rien - ou pire encore, servira l'autonomisme - s'il n'y a pas dès le 10 novembre une offensive pour déloger l'autonomisme du pouvoir et pour construire une hégémonie indépendantiste d'ampleur nationale qui brise l'ordre social établi, base même de notre soumission à l''Espagne'."

Voir aussi, pour information, la position de Breizhistance :  Avec le Peuple catalan pour l’indépendance ! et cet entretien avec un député des CUP (social-démocratie radicale indépendantiste).

** Des proclamations unilatérales d'indépendance sont ainsi prévues prochainement par certaines organisations, notamment l'ANC.


 

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 09:50

Une vingtaine de lycées parisiens ont été bloqués hier en protestation contre la mort de Rémi Fraisse et les violences des forces répressives de l’État en général, à l'appel du Mouvement inter-lycées indépendant (MILI, créé suite à l'affaire Leonarda) et de divers "évènements" lancés sur les réseaux sociaux :

Paris : manifestation et lycées bloqués «contre les violences policières»

Mort de Rémi Fraisse : une vingtaine de lycées bloqués à Paris

Mobilisation lycéenne contre les armes de la police (Paris-luttes.info, site révolutionnaire)

lyceenremi2.jpglyceenremifraisse.jpg

Pour info, des manifs sont prévues demain samedi dans plusieurs endroits.

Nous écrivions dans un article il y a quelques mois que "lorsque l'on parle de Front populaire antifasciste, la première question à se poser (nous semble-t-il) devrait être 'où est la social-démocratie, où est la SFIO de notre époque ?'".

Eh bien voilà, en dernière analyse, ce Front populaire antifasciste (et anticapitaliste) qu'il VA FALLOIR demain (et même très vite !) il est là : c'est cette "génération Rémi Fraisse" ou encore la "génération Notre-Dame-des-Landes", la "génération Clément Méric", la "génération Leonarda" et bien sûr la "génération Gaza 2014" (1-2-3) que le travail politique des révolutionnaires conséquents (et non des "gauchistes" universitaires donneurs de leçon, bien sûr) a déjà considérablement arrachée (et continue à le faire) aux conceptions simplistes, "conspirationnistes" et aux préjugés anti-juifs ; cette jeunesse populaire qui rejette l’État policier au service du Capital et le règne de l'austérité promise, la traque de leurs camarades "sans-papiers" ou l'écocide au nom des "grands projets" et (surtout) des profits du BTP ; qui ne supporte plus de voir ces gars de leur âge qui pourraient être leurs camarades de classe et que l'on enterre, morts parce qu'ils luttaient pour leurs idées ou simplement parce qu'ils vivaient dans le "mauvais" quartier ou avaient le "mauvais" faciès ; qui vomit la propagande réactionnaire et raciste des Zemmour, Finkielkraut, Brunet, Raufer et compagnie ; qui apprécie que l'on "brise les tabous" sur l'impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme, l'esclavage bref tout ce sur quoi repose l'ordre existant et qu'il est trop facile d'"enterrer sous le tapis" de l'"horreur absolue" nazie d'il y a 70 ans, qui dénonce sans concession le crime contre l'humanité qu'est la situation en Palestine et ceux qui - à travers le monde - soutiennent cela mais a "décroché" depuis longtemps des délires antisémites, négationnistes et pro-FN de Dieudonné et Soral...

Bref, le Front populaire antifasciste et anticapitaliste de demain, c'est tout ce sur quoi "lesmaterialistes.com" chient à longueur de journée et d'article !

La solidarité révolutionnaire a d'ailleurs, au demeurant, franchi les frontières :

Solid RémiFraisse Ital

Et puis dans tout cela il ne faudrait surtout pas oublier le MOUVEMENT OUVRIER, qui n'a pas autant "disparu" que ses ennemis voudraient bien nous le faire croire. Splendide et lumineuse combattivité ouvrière que l'on a encore pu voir hier à Bruxelles ; alors qu'un nouveau gouvernement associant la droite de la droite thatchéro-national-populiste flamande N-VA (qu'un ancien Premier ministre libéral félicitait aux dernières européennes d'avoir "fait disparaître" l'extrême-droite Vlaams Belang - on connaît la musique, déjà entendue ici en 2007 au sujet d'un certain Nicolas S.) et les ultra-libéraux wallons du "Mouvement réformateur" (MR), bref ce qui se fait de pire de part et d'autre de la binationalité belge, a annoncé une politique d'"austérité" qui pourrait être "digne" de la Grèce :

Au moins 100 000 personnes défilent contre les coupes budgétaires en Belgique

RTBF : Violences durant la manifestation nationale (vidéo)

Secours Rouge APAPC :

Alain Bertho :
Austérité : affrontements à Bruxelles – 6 novembre 2014

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 11:43

 

Nous avons écrit dans un article précédent qu'il y avait deux grandes forces révolutionnaires en Hexagone à l'heure actuelle : la jeunesse prolétaire des "quartiers" où vivent les colonies intérieures (jeunesse qui peut tout à fait être "blanche" - d'origine européenne - mais qui alors "devient noire") et la jeunesse des toutes-petites-classes-moyennes, la jeunesse "petite-blanche" (souvent issue des périphéries du système "France") prolétarisée par la crise générale du capitalisme, la fameuse "génération qui vivra moins bien que ses parents".

Aujourd'hui, l'une écrit une lettre ouverte à l'autre... Le frère de Wissam El Yamni, jeune "indigène intérieur" mort à la suite d'une arrestation "musclée" par la Police à Clermont, écrit à la mère de Rémi Fraisse - représentant typique de la deuxième catégorie :

http://paris-luttes.info/lettre-ouverte-a-la-mere-de-remi

Lettre ouverte à la mère de Rémi

wissam.jpgLa lettre qui suit est adressée par Farid El Yamni, frère de Wissam - assassiné par la police le 1er janvier 2012 - à la mère de Rémi Fraisse. Il a voulu qu’elle soit rendue publique, mais elle sera également envoyée dès que possible à l’adresse des parents de Rémi Fraisse.

À l’heure où sur Paris on condamne les manifestations violentes et où on loue les sit-in pacifiques, je vous écris cette lettre.

J’ai perdu mon frère dans des conditions très proches de celles dans lesquelles vous avez perdu votre fils. Mon frère qui prenait tant soin de ma mère nous a quitté, il ne reviendra plus. La perte de mon frère était sur le coup une douleur immense que je ressens à chaque fois que l’État assassine à nouveau. « Là où croît le danger croît aussi ce qui sauve » disait quelqu’un. À chaque fois que l’État assassine on a aussi l’opportunité de l’arrêter, de le contraindre à changer et de rendre la dignité perdue à tous les autres.

Par la mort de Rémi se noue beaucoup plus que l’histoire d’une vie, il se noue notre vie à tous, individuellement et collectivement. La criminalisation qui a été opérée est terrible, ça a été la même chose pour nous. J’ai compris plus tard qu’elle était voulue. Je ne voulais qu’une chose, que la Justice fasse la vérité et rende la dignité que méritait mon frère, dans le calme, et que cette histoire profite à tous, à nous les gouvernés pour mieux nous aimer et à la police pour la réconcilier avec la nation. Je pensais que la police ne pouvait accepter dans ses rangs des assassins, je ne la connaissais à l’époque pas assez. Je me trompais. Les quartiers ont brûlé, on a appelé au calme : chaque voiture ou chaque poubelle brûlée était vécue comme une insulte, comme une épine en plein cœur, une épine sur laquelle on appuyait.

Puis le temps est passé, on nous a promis la vérité, mais on n’a eu que des mensonges, que des fausses promesses, comme tant d’autres avant nous. On nous avait prévenu, mais on n’y croyait pas. François Hollande, lui-même, avait pris ma mère dans ses bras et lui avait promis qu’il nous aiderait à faire la lumière sur la mort de son fils. Sans la justice et la vérité, on vivait le temps qui passait comme une condamnation. Nous étions toujours en prison, à suffoquer et à appeler la Justice à l’aide.

Et puis on a compris que notre cas n’était pas isolé, que tant d’autres familles vivaient et vivent la même chose. Il y a tant d’humiliations et de mutilations commises consciemment par la police et couvertes par la justice, tant !

On a aussi découvert la manière de penser des policiers, ça fait froid dans le dos. Voici un exemple : Mercredi dernier, suite à la manifestation sur Paris, un des policiers m’a dit « 1-0 » devant ses autres collègues au commissariat, qui ricanaient lorsqu’ils me voyaient arborer le tee-shirt « Urgence Notre Police Assassine ». Aucun ne l’a repris, aucun… Des exemples de ce genre, tant de français en vivent quotidiennement, ils n’en peuvent plus de cette police et n’en voient pas le bout.

Je comprends l’appel au calme, on l’a également fait. Comprenez également que de nombreuses personnes ne croient plus en ce système qui donne une impunité de facto à la police. Comprenez que l’on ne peut concevoir la non-violence qu’à condition de supposer que le camp d’en face est capable de se remettre en cause : ils en sont humainement incapables, parce qu’ils considèrent que remettre en cause la police, ce serait remettre en cause l’État. Depuis 40 ans, la police tue impunément, à répétition. Depuis 40 ans, on assiste à la même démarche pour noyer les meurtres de l’État, malgré les vidéos, les témoins, les évidences. Depuis 40 ans, il y a des sit-in, des manifestations, des livres, des prises de positions d’hommes politiques, des tribunes adressées au ministre de l’intérieur. Depuis 40 ans, ça ne fonctionne pas.

Voici comment ça se passe : dépêche AFP, mensonge du procureur, enquête de mauvaise qualité et tronquée pour aboutir sur une condamnation ridicule après de nombreuses années, voire à une absence de condamnation. Le pire, c’est que ceux qui vont enterrer l’affaire auront des promotions et ceux qui ont tué nos frères, nos fils ou amis, eux seront traités comme des champions par leurs collègues. Telle est la réalité que vous vivrez vous aussi.

Manuel Valls dit que les violences sont des insultes à la mémoire de Rémi, mais sachez que Manuel Valls, par son inaction à combattre l’impunité policière, est le premier meurtrier de votre fils. C’est un criminel récidiviste. Il est venu à Clermont-Ferrand une semaine avant le rendu du rapport de contre-autopsie bidon dont il connaissait les aboutissants, et il n’a parlé de l’affaire que pour mieux condamner les violences de ceux que la mise à mort de mon frère révoltait.

Madame, les gens se battent pour Rémi, pour leur dignité et pour leurs idéaux. Ils se battent pour vous, pour nous tous, pour que la fraternité soit effective. Ceux qui se battent connaissent assez la malveillance de nos gouvernants pour comprendre qu’on tente de nous fait croire que nous sommes dans un État de droit, alors que nous sommes dans un État de devoir. L’État ne respecte pas la loi qu’il demande qu’on respecte. Il se joue de notre corps, de notre confiance, de notre argent et de notre dignité. Il nous demande d’être à genoux, c’est un impératif catégorique.

Je vous ai écris cette lettre à vous comme à tous ceux qui me liront pour vous faire savoir que je comprends aujourd’hui plus que jamais combien la non violence dans les affaires de crimes d’État a ses limites. La non-violence, par son impuissance, est parfois plus condamnable, plus meurtrière que la violence elle même. Les gens qui nous gouvernent sont malveillants, arrivistes, sadiques et récidivistes. Ils doivent partir par tous les moyens nécessaires.

Farid El Yamni, frère de Wissam El Yamni, assassiné par la police le 1er janvier 2012 à Clermont Ferrand.

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Voilà exactement ce qu'il faut dire et faire ! L'ordre capitaliste bleu-blanc-rouge repose (entre autres choses) sur un "privilège blanc" qui veut que la mort de main policière d'un prénommé Rémi soit une "affaire d’État", quand bien même les forces de "l'ordre" se trouveraient ensuite des défenseurs pour invoquer la "violence inacceptable des ZADistes" etc. etc., tandis que la mort d'un prénommé Wissam reste pratiquement inconnue en dehors des milieux militants (et encore...), le "Français moyen" ayant tout au plus connaissance de "scènes de guérilla urbaine suite à la mort d'un jeune" (mais on ne sait généralement ni comment celui-ci s'appelle, ni à quoi il ressemble, ni ce qu'il faisait ni comment il a été tué). C'est une réalité. Mais à un moment donné, sans nier cette réalité, il ne faut pas non plus la laisser devenir une arme contre nous ! C'est l'ennemi qui impose le "privilège blanc", ce n'est pas à nous de le reconnaître mais au contraire de lui chier dessus ! L'indigénat intérieur est une construction artificielle du système bourgeois, un "mur" au sein des classes populaires que nous devons abattre : les indigènes intérieur-e-s n'ont pas vocation remi-fraisse.jpgà le rester mais à rejoindre - AVEC leur "identité" culturelle - les Peuples occitan, breton, francilien, lorrain ou encore ch'ti-picard parmi lesquels ils vivent, et à participer (en les "fécondant") à leur marche historique vers la Commune Humanité.

Rémi Fraisse appartenait à un cercle de périphéries, celui des Peuples d'Hexagone (en l'occurence le Peuple occitan vu sa naissance et sa vie sociale toulousaine, puisque ce qui "compte" c'est là où l'on vit socialement) prisonniers de cet État français qui s'est construit dans l'annexion de "provinces" à mesure que le capitalisme se développait. Wissam El Yamni, comme Zyed et Bouna etc., appartenait à un autre : celui des colonies intérieures, "entre" - quelque part - les Peuples hexagonaux et l'"outre-mer" colonial et néocolonial (dont elles sont originaires et sur lequel le Grand Capital BBR a assis et asseoit encore sa puissance de la manière que l'on sait). Mais à un moment donné, il faut que toutes les périphéries s'unissent d'un effort commun, tel un boa constrictor, pour écraser le Centre du pouvoir capitaliste-impérialiste !

Il faut aller vers la jonction des indigénisé-e-s intérieur-e-s avec les "petits blancs" prolétarisés, la jeunesse "blanche" qui "vivra moins bien que ses parents" comme Rémi Fraisse et ses camarades ; mais avec cette fois un "champ politique indigène" autrement construit et donc un tout autre rapport de force qu'en 2005 ou 2006 (lorsque certains "totos" avaient tenté d'"évangéliser" les banlieues à l'"insurrection qui vient"). Et poser - comme le fait Farid El Yamni - la question de la non-violence s'inscrit totalement dans cette logique car si le "privilège blanc" fonctionne pour les victimes (dont on va parler à tous les JT), il fonctionne également pour les assassins à qui l'on va "demander des comptes" mais sans les remettre en cause en tant que système : pour les proches de militants "blancs" comme Rémi (la "génération qui vit mieux que ses enfants" en quelque sorte !) nous serions quoi qu'il arrive "en république"/"en démocratie" et "l’État de droit républicain" serait "bon" en tant que tel, la mort d'un manifestant sous les grenades ou les coups de la police n'étant qu'un "dysfonctionnement" à "réparer"... parce que dans le fond, "la (sacro-sainte) Républiiiiiique" est BLANCHE COMME NOUS LE SOMMES et ne "peut" donc être intrinsèquement "mauvaise" - tout ceci se traduisant politiquement par l'appel à la "non-violence". En ce sens, la lettre ouverte d'un colonisé intérieur qui ne CROIT PLUS (après y avoir longtemps cru, comme il l'explique !) à ces sornettes revêt une valeur politique absolument fondamentale.

 

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 09:49

 

Oui, c'est bon merci, on sait que ça ne va (dans l'immédiat du moins) RIEN CHANGER. On sait que l'Armée a pris le pouvoir et va organiser la "transition", l'appareil de domination néocolonial (dont cette même armée est le pilier) restant absolument intact. De nouveaux gardes-chiourmes "démocratiquement élus" occuperont le devant de la scène...

Il n'empêche : ON EST TOUT DE MÊME CONTENTS de savoir que l'assassin de son propre "frère" Thomas Sankara (il y a 27 ans presque jour pour jour) sur les ordres de l'impérialisme bleu-blanc-rouge, ce même impérialisme au service duquel il jouera les bases arrières pour les carnages au Libéria (1989-97) et en Côte d'Ivoire (2002-2005 puis 2011), ne MOURRA PAS PRÉSIDENT DANS SON LIT - aux dernières nouvelles il aurait trouvé refuge en Côte d'Ivoire chez son pote Ouattara, qu'il a aidé à monter sa rébellion en 2002 puis à prendre le pouvoir en 2011 (1-2-3-4-5).

Ceci grâce à la grande et magnifique révolte de la jeunesse populaire burkinabé, qui s'est levée en masse contre le projet du despote de se représenter indéfiniment à la présidence et a même carrément incendié le Parlement :

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Il convient cependant de souligner quelques petites choses, sachant que cet article sera très lu et partagé notamment par des personnes africaines ou reliées culturellement à l'Afrique :

1°/ Si Compaoré a été "dégagé" aussi rapidement et sans grande effusion de sang (quelques morts et blessés), c'est aussi parce que l'Armée et la police sont restées relativement "l'arme au pied" face à la mobilisation populaire... Ce qui veut dire qu'un "feu vert" est venu "d'en haut" - de Paris - en faveur d'un renouvellement d'équipe dirigeante à Ouagadougou. Ceci est d'autant plus clair au vu du courrier adressé par Hollande à Compaoré il y a quelques semaines, lui donnant du "cher Blaise" et l'incitant à ne pas s'accrocher au pouvoir en lui offrant même de le "recaser" dans une quelconque instance internationale ou continentale. Voilà qui montre bien la véritable nature de tous ces satrapes (franç)africains : des gouverneurs, des intendants, de véritables commis de la "métropole" !

Il ne faut donc pas, quelle que soit l'admiration ressentie pour la sublime et combattive jeunesse burkinabé (qui marche toujours dans les pas de Sankara), perdre de vue cet autre aspect des choses - dans un mode de raisonnement dialectique. Ce qui vient de se produire ne peut-être compris que comme une étape, un épisode, un tout petit pas dans une longue marche forcément prolongée vers la libération révolutionnaire ! Mais un petit pas qui vaut mieux, bien sûr, que rien du tout. En d'autres temps, un Houphouët ou un Bourguiba pouvaient "prendre leur retraite" à un âge canonique lorsqu'ils n'avaient plus les capacités physiques de gouverner, il fallait des guerres civiles (dans le cadre de la concurrence inter-impérialiste) pour dégager un Mobutu ou un Habyarimana et il y a encore quelques années à peine, au Togo et au Gabon, les satrapes Bongo et Eyadéma transmettaient tranquillement le pouvoir à leurs rejetons. Tout ceci a changé depuis la grande tempête populaire qui a soufflé sur les pays arabes (donc le Nord du continent africain) en 2011. C'est le signe que tant dans les pays impérialistes que dans leurs semi- et néocolonies (nous employons ce terme lorsque l'"indépendance" est vraiment à un haut degré de bidonnage, comme c'est le cas en (Franç)Afrique avec le franc CFA dépendant de la Banque de France, les bases militaires tricolores jouant le rôle de véritable force de défense etc.) les classes dominantes ne peuvent plus maintenir leur domination sous une forme inchangée, qu'elles ne peuvent plus gouverner (et les masses populaires ne veulent plus être gouvernées !) comme auparavant ; ce qui est l'une des caractéristiques d'une situation révolutionnaire selon Lénine (et il est très clair que le début de la présente décennie a vu le monde entrer dans une telle situation).

2°/ La "dissidence" et l'"anti-impérialisme" en carton - comme par exemple ce site qui met en avant Kémi Séba etc. - faisaient depuis quelques temps leurs choux gras contre "l'assassin de Sankara" comme pour annoncer leur soutien à un possible soulèvement contre lui. Ceci ne doit pas duper les masses populaires africaines et afro-descendantes. Car ceci s'inscrit en réalité totalement dans la logique de ce qui précède, la logique impérialiste de "printemps démocratique" autrement dit de "ravalement de façade" de la domination néocoloniale, en faisant mine de "dénoncer" des "dictateurs" que l'on a soi-même porté au pouvoir 20 ou 30 ans auparavant et soutenus continuellement depuis - il s'agit en fait de la version fasciste de cela. Par exemple, on sait que Blaise Compaoré a pu prendre le pouvoir puis lancer les hordes de Taylor à l'assaut du Libéria notamment avec la bénédiction et le financement d'un certain Mouammar Kadhafi (le fameux "consortium de Ouaga" Kadhafi-Compaoré-Taylor)... qui était - et reste même après sa mort bien méritée - une idole absolue pour tout ce "panafricanisme" de pacotille. Quand la "communauté internationale" dit "regardez, maintenant il y a un fils de Kényan musulman à la Maison Blanche, vous voyez bien que tout est possible... Yes we can !", eux disent dans le même esprit "vous verrez quand le FN sera au pouvoir et que les américano-sionistes ne seront plus les maîtres à Paris, tout sera différent !" - certains néocolonisés ont en effet finalement (et malheureusement) le même raisonnement que beaucoup de personnes dans les classes populaires hexagonales : tous les partis bourgeois se sont alternés au pouvoir sauf le FN, alors... (bien entendu, comme nous l'avons expliqué, tout cela se terminera forcément en Nuit des Longs Couteaux pour les raisons que nous avons exposées : un véritable fascisme hexagonal AU POUVOIR ne pourra tolérer aucune affirmation militante - même "bourgeoise", même bourrée de "fantaisies réactionnaires" - des néocolonies et de leurs "représentants" en Hexagone, de même qu'aucune affirmation des Peuples historiquement emprisonnés dans l’État). "Tout sera différent" comme peut-être... un certain retour à la fameuse, la sacro-sainte "diplomatie indépendante gaulliste" ? Peut-être... sauf que c'est JUSTEMENT lorsque le champion de cette "diplomatie gaulliste" concernant l'Afrique, Jacques Foccart, était de retour aux affaires auprès de Chirac (première cohabitation 1986-88) que Sankara a été renversé et assassiné ! 

Tout cela, on le voit bien, n'a absolument aucun sens et n'est que sinistre mascarade et escroquerie intellectuelle. Mais qui sait, peut-être que dans le "nouveau Burkina sans Compaoré", Kémi Séba pourra monter un nouvel hôtel de passe qui marchera mieux que le précédent ! [En tout cas la "transition" est d'ores et déjà saluée sur le site d'E&R...]

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Intéressant aussi, la prise de position de la veuve de Thomas Sankara :

Mariam, veuve de Thomas Sankara : Blaise Compaoré «doit répondre de ses crimes»

Mariam Sankara, la veuve de Sankara relance le débat sur la mort de son mari

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Published by Servir_Le_Peuple - dans Afrique
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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 19:52


Affirmer au sujet de tel ou tel slogan maocqu'il est ou a été "utilisé par les fascistes" (en lien une image publiée sur le site de nos grands "amis" qui en sont friands, mais l'argument est récurrent dans le débat politique d'"extrême-gauche") n'a tout simplement aucun sens.

Pourquoi ? La réponse tient en une phrase : tout simplement parce que LE FASCISME N'EST PAS LA MÊME CHOSE QUE LA DICTATURE RÉACTIONNAIRE "CLASSIQUE", comme celle qu'il peut y avoir dans les "républiques bananières" du "Tiers-Monde" ou comme ce que l'on a pu connaître sous les différents règnes du "Parti de l'Ordre" en Hexagone au 19e siècle, ou encore sous l'autocratie tsariste qui régnait en Russie avant la Révolution bolchévique : en substance, "fermez vos gueules ou on tire dans le tas".

Le fascisme se caractérise - c'est même sa première caractéristique - par le fait de chercher à "PARLER AU PEUPLE" et pour cela il s'empare de véritables aspirations populaires, il apporte (pour reprendre les termes d'un dirigeant "socialiste" bien connu) de "mauvaises réponses à de bonnes questions" (de mauvaises réponses qui sont finalement, comme nous l'avons déjà dit dans un précédent article, les défenses immunitaires du système).

En d'autres termes, le fascisme ne consiste pas seulement en l'écrasement pur et simple d'un des termes de la contradiction : prolétariat par la bourgeoisie, classes dominées-exploitées par la classe dominante-exploiteuse en général, nationalités et autre communautés dominées-subordonnées par la nationalité dominante etc. etc. Il cherche aussi - et même surtout - à nier, à "aplanir", à "arranger" les contradictions dans lesquelles la classe dominante perçoit - à raison - un danger pour sa domination.

C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il va non seulement agiter le spectre d'"ennemis" fantasmatiques, abstraits et (donc) impossibles à combattre, mais aussi (car cela n'a qu'un temps...) désigner des ennemis bien concrets contre lesquels unir les termes de la contradiction qu'il veut nier - à partir de quoi les personnes incarnant cet "ennemi concret" vont bien sûr souffrir.

C'est ainsi que par exemple, dans l’État capitaliste et multinational "France" des années 1890 à 1940, le maurrassisme (Action française) a consisté en une proposition stratégique pour unir toutes les classes et les nationalités réelles contre 1°/ les puissances capitalistes-impérialistes étrangères concurrentes (principalement l'Allemagne, mais l'"arrogante" Angleterre - la perfide Albion - n'était pas en reste), 2°/ le socialisme, les "partageux" (révolutionnaires) et la "guerre civile" (lutte révolutionnaire de classe), 3°/ la "juiverie" et la "maçonnerie" autrement dit la bourgeoisie républicaine et libérale, supposée "ouvrir la porte" aux "partageux" et à la "guerre civile" ; tout cela pour - bien sûr - la survie et si possible le triomphe de "la France", autrement dit du système capitaliste organisé sous ce nom. Cette proposition s'opposait à celle de la République de Jules Ferry et Clemenceau, fondée sur l'assimilation-uniformisation "républicaine" "française" des différents Peuples et des classes sociales antagoniques dans un même élan "républicain" et "patriotique"... contre les mêmes ennemis sauf le troisième (puissances concurrentes - en premier lieu les "Boches" - et "spectre de la guerre civile", mais bien sûr pas la bourgeoisie républicaine et libérale puisqu'il s'agissait d'eux-mêmes !), tandis que Maurras et l'Action française prônaient la reconnaissance et la valorisation des différents Peuples de l’État français avec pour "ciment" le Roi et l’Église catholique (d'autres courants, républicains réactionnaires ou bonapartistes ou éventuellement orléanistes, étaient eux aussi sur une ligne d'intégration-négation "française" mais avec un exécutif fort, "césariste" - la plupart des "ligues" des années 1920-30 étaient de fait sur cette ligne-là, les partisans de Maurras étant une minorité).

Kemi-Seba.jpgEt c'est ainsi que de la même manière, alors que la multinationalité de la "France" a encore été renforcée par l'immigration (importation massive de force de travail pendant la période de croissance capitaliste des "Trente Glorieuses" 1945-75), la nébuleuse Dieudonné-Soral-Séba & co va faire exactement la même proposition stratégique au sujet des "minorités visibles" (prolétaires et petits bourgeois colonisés intérieurs d'origine extra-européenne) ; s'opposant en cela à la proposition d'"intégration"-assimilation "républicaine" et au (plus prosaïque) mainstream d'extrême-droite "la France tu l'aimes ou tu te casses" (le soralisme tend cependant assez souvent vers l'intégrationnisme et l'"intégrationnisme républicain" dérive de plus en plus souvent vers un "cassez-vous" à l'endroit des "réfractaires", comme l'illustre typiquement le cas d'Alain Finkielkraut). Et contre quoi va-t-on unir tout ce "beau monde" ? C'est simple : contre la concurrence capitaliste-impérialiste internationale principalement US/anglo-saxonne, ce qui va forcément séduire les courants du Grand Capital bleu-blanc-rouge qui voient le plus leurs intérêts diverger de ceux d'outre-Atlantique et qui va s'avérer relativement facile auprès de couches populaires chez qui les États-Unis (en raison de leur politique impérialiste) n'ont pas bonne presse ; contre une "finance apatride/mondialiste" désignant en réalité la CRISE du capitalisme (insurrection du Capital contre sa propre crise) ; et puis bien sûr... contre la communauté juive (rebaptisée "sionistes" ou "talmudistes") accusée d'être la "5e colonne" de cet "ordre mondial américano-sioniste" en Hexagone (Israël, honni pour des tas d'excellentes raisons dans les catégories concernées, étant dépeint comme le "quartier général" de ce "talmudisme" et, pire encore que le fer de lance de l'impérialisme US au Machrek arabe, comme le véritable "maître" de celui-ci). Les "gauchistes", c'est-à-dire les RÉVOLUTIONNAIRES qui veulent vraiment le renversement du capitalisme et son remplacement par une autre société collectiviste et égalitaire, la fin de toutes les hiérarchies sociales, les injustices et les oppressions, sont bien entendu des "idiots utiles" du "sionisme" et du "mondialisme"... CQFD.

Les exemples abondent à travers l'histoire ; de fait, ce sont TOUS les fascismes qui ont ces caractéristiques. Le nazisme allemand prétendait unir le Capital et les travailleurs allemands contre les Juifs, les puissances étrangères rivales (qui avaient vaincu et effectivement humilié l'impérialisme allemand après 1918) elles-mêmes "agents des Juifs", les "agents intérieurs" des Juifs à savoir le communisme, le socialisme et le libéralisme politique bourgeois, un "capitalisme" désignant en réalité les seuls symptômes de la crise capitaliste (spéculation financière etc.) et lui aussi assimilé aux Juifs (et opposé à un "bon" capitalisme appelé "socialisme national"), tout ceci tourné vers un objectif militaire de revanche contre les vainqueurs de l'Ouest et d'expansion impériale à l'Est (anéantissant du même coup l'URSS marxiste-léninste, ce qui n'était pas pour déplaire à la bourgeoisie allemande). Le fascisme italien prétendait de même unir la bourgeoisie et les ouvriers/paysans de l’État italien principalement contre les puissances étrangères concurrentes (qui "méprisaient" et "humiliaient" l'impérialisme "faible" italien : concept de la nation prolétaire développé dès 1914 par le nationaliste monarchiste et conservateur Corradini), dans une démarche d'expansion impériale en Afrique et en Méditerranée et de développement économique fondé sur le pragmatisme ("révolutionnaire ou réactionnaire, socialiste ou libéral selon les circonstances" disait Mussolini), en luttant "pour" cela contre le "spectre de la division" autrement dit de la lutte des classes (situation révolutionnaire de quasi-guerre civile autour de 1920) et donc contre les "agents" de cela (les révolutionnaires socialistes, marxistes, anarchistes etc.). Dans un État fondé - en substance - sur la conquête du Sud (ancien Royaume de Naples) par le Nord (Piémont, Lombardie-Vénétie, Ligurie, Toscane etc.), le régime fasciste cherchera également à s'approprier le principal instrument de contrôle politique des masses méridionales : l’Église catholique (accords du Latran) ; tout en luttant contre les forces centrifuges (en particuliers les mafias) et en flattant le Nord industriel (mais aussi le Sud arriéré) par un "modernisme" effréné. 

Tout ceci, comme nous le voyons bien, ce n'est donc pas la "révolution" (écrasement du terme réactionnaire, oppresseur-exploiteur de la contradiction : le fascisme peut se prétendre "révolutionnaire" mais il n'est en réalité - on l'a dit - que l'insurrection du capitalisme contre sa propre crise) ; mais ce n'est pas non plus simplement - bien que cela le soit - la réaction (écrasement du terme opprimé-exploité-révolté de la contradiction) : il y a bel et bien une recherche de négation, d'"aplanissement" de la contradiction en amenant la contradiction "ailleurs" qu'entre ses termes réels - l'exploiteur/oppresseur et l'exploité/opprimé réels.

images Et pour cela... il va bien falloir S'EMPARER des questions et des contradictions qu'elles expriment (question = expression en termes politiques d'une contradiction sociale) afin de les nier, de dire que "tout cela peut s'arranger" et que "le vrai ennemi est ailleurs", et de mettre ceux qui les posent... AU SERVICE de ceux contre qui elles sont posées, dans ce qui s'appelle une MOBILISATION RÉACTIONNAIRE DE MASSE.

Le fascisme italien est bien entendu arrivé au pouvoir en s'emparant de la question de la misère généralisée et de l'arriération qui frappaient alors l'Italie et en y apportant pour "réponse" que c'était "parce que" les autres puissances ne la "respectaient pas", et qu'en "s'y mettant tous" (sans "bolchéviqueries" cela va de soi...) "on" réussirait à faire de la "nation prolétaire" italienne une puissance respectée où il n'y aurait plus de misère. Le nazisme allemand s'est bien sûr appuyé - de la même manière - sur la misère abyssale qui frappait les ouvriers, les paysans et les autres classes populaires d'Allemagne suite à la défaite de l'impérialisme allemand contre ses concurrents impérialistes ; la "réponse" étant ici de "s'y mettre tous" pour prendre sa revanche contre cette défaite et ses responsables extérieurs (les ennemis victorieux) et intérieurs (socialistes/communistes, Juifs, libéraux, "décadents" etc.).

Le maurrassisme, comme nous l'avons vu, ne consistait pas à dire aux ouvriers et aux paysans "contentez-vous de travailler dur et de vivre honnêtement de ce que vous gagnez, et surtout de fermer vos gueules sinon ça va barder", ni aux nationalités réelles "prière de parler français et de rester propre", de "ne pas parler patois et cracher par terre". Non, le maurrassisme S'EMPARAIT bel et bien de ces question sociales et nationales pour y "répondre" que la contradiction n'était - en réalité - pas où l'on croyait : centralisme politique, domination économique et négation culturelle n'étaient pas des attributs de la "France" (construction politique historique... de la monarchie capétienne au service de la bourgeoisie d'Île-de-France) mais de la "gauche" (la République "maçonnique" et "juive", les "idées de 1789") ; de même que l'exploitation capitaliste et ses conséquences les plus sombres, les crises (comme le reste du monde, l'Hexagone avait traversé une dure crise entre 1873 et les années 1890). Dans un système politique monarchique et catholique débarrassé de la "juiverie" et de la franc-maçonnerie, patrons et ouvriers, banquiers et entrepreneurs, paysans et propriétaires fonciers de toutes les "petites patries" (nationalités réelles) pourraient travailler en harmonie à la "prospérité générale" et à la grandeur de la "Grande Patrie" française. Autrement dit, le maurrassisme s'emparait des VRAIES et LÉGITIMES questions posées par les contradictions de l'entité politique-économique "France" pour les METTRE AU SERVICE, à coup de MAUVAISE RÉPONSES, de la classe dominante et de ses projets les plus réactionnaires - écrasement du mouvement ouvrier et guerre contre la concurrence impérialiste anglaise et allemande.

jeunebretagneAujourd'hui l'extrême-droite s'empare toujours et pareillement des souffrances et de la désespérance infligées par le capitalisme aux classes populaires, et la "réponse" mainstream qui y est apportée consiste à montrer du doigt certes la concurrence capitaliste étrangère ("produisons et consommons français !"), certes les symptômes de la crise générale (qui a repris vers 1970) contre laquelle le fascisme est une "insurrection" - "spéculation", "financiarisation" etc. etc., mais surtout l'"immigration" et la "racaille" ("française de papier") qui en est issue. Cette immigration aurait été l"'instrument" d'un "certain patronat" ("plus soucieux de ses profits que de l'intérêt général") "contre les salaires, le droit du travail et les solidarités ouvrières" - et aujourd'hui, non contente d'avoir accompli cela, elle vous brûle votre bagnole ou vous vole votre portable que vous avez saigné sang et eau pour vous payer, tout en servant de vivier électoral à l'"hyperclasse européiste/mondialiste UMPS". C'est initialement l'idéologue fasciste François Duprat qui avait "soufflé" l'idée de cette thématique à Jean-Marie Le Pen, afin de sortir son jeune parti (le Front National...) des vieilles thématiques antisémites, anti-"capital apatride" ou encore "Algérie française" devenues anachroniques (le nazisme avait - pour reprendre les mots de Bernanos - "déshonoré l'antisémitisme", l'Algérie était bel et bien indépendante sans espoir de reconquête et la nouvelle crise tendait plutôt à imposer comme "solution" au capitalisme la liquidation des "solutions" keynésiennes apportées à la précédente, mouvement "néolibéral" que le FN suivra pendant très longtemps, s'affirmant "reaganien" tout au long des années 1980). Elle s'est depuis déclinée au gré de "l'air du temps", encore reprise y compris par Soral et ses affidés... issus de ladite immigration ("Mathias Cardet"), ou encore focalisée sur la question de l'islam - à la fois religion de la grande majorité de "l'immigration" et idéologie de forces perçues comme une menace stratégique par l'impérialisme occidental, ce qui permet en passant à des personnes "pas du tout d'extrême-droite" d'assumer désormais ce discours de manière "tout à fait respectable"... Là encore, comme nous le voyons bien, la question sociale ("misère", "exclusion", "désespérance") est saisie par les fascistes pour y "répondre" que ce n'est pas une question de capitalisme (en tout cas pas entendu dans son sens réel : exploitation, extorsion de la plus-value et recherche de la plus-value maximale), mais SEULEMENT d'un certain patronat (trop "avide" et "égoïste", et/ou "mondialiste")... et des "immigrés" dont il a "rempli la France".

Mais nous avons également vu qu'un courant, le soralisme, tente quant à lui de répéter la proposition de Maurras (aux Peuples emprisonnés dans l’État "France") à l'attention - cette fois - de ces fameux "immigrés" et de leurs descendants - il pose, donc, la question du colonialisme intérieur (et au-delà de la domination impérialiste sur le "tiers-monde", question intimement liée). Puisque le "problème" ne peut pas être ces "immigrés" et leur descendance en question, on va "réactiver" les vieilles thématiques de l'époque maurrassienne : Juifs, francs-maçons, concurrence impérialiste étrangère (cette fois-ci principalement US/anglo-saxonne). La France serait dirigée par les "siono-maçonno-américano-pédo-mondialo-satanistes". Ce sont ces derniers (là, tout de même, on reprend la thèse Duprat) qui ont fait venir les immigrés. Mais aujourd'hui, "tranquilles les gars", il n'est "plus question de vous rejeter physiquement à la mer". La France est "bonne mère", contrairement à ce que prétendent ces gens qui la disent "raciste" alors que ce sont eux qui vous ont entassés dans des ghettos délabrés. Avec "un peu de bonne volonté" de votre part, on a moyen d'être très copains (hop ! la contradiction racisme/racisés et impérialisme/néocolonisés est "surmontée" en deux coups de cuiller à pot...). Catholiques et "latins" d'un côté, musulmans de l'autre, on a beaucoup de valeurs en commun (Soral pense là au sexisme, à l'homophobie etc. dont il est un champion incontesté). Et puis aussi, on partage "beaucoup d'ennemis" : l'Amérique, le sionisme, le "système" satano-maçonno-pédo-sioniste qui (comme on vient de vous l'expliquer) vous a fait venir pour casser les droits ouvriers des Français puis vous a mis dans des ghettos, les "gauchistes" qui se disent antiracistes mais en réalité vous méprisent et vous manipulent, etc. etc. Alors, réconcilions-nous ! Le problème n'est donc plus l'impérialisme français et son reflet en métropole qu'est le colonialisme intérieur : "c'est" l'impérialisme concurrent US, lui-même aux mains du "sionisme international", et s'il y a un "problème indigène" en "France" c'est parce que la "France" est tombée aux mains de ces gens-là via l'"UMPS", le CRIF etc. etc.

militantPour fonctionner, ce discours va aller s'appuyer sur une certaine "tradition" de fascisme "tiers-mondiste", qui était d'ailleurs celle... de Duprat en son temps : là encore, il s'agit au service des intérêts impérialistes français d'essayer d'"aplanir" une contradiction, celle qui oppose l’État impérialiste qu'est la France aux pays semi-coloniaux africains, arabes ou autres (on s'empare donc de la question de l'impérialisme), en présentant ladite France comme leur "alliée" potentielle contre la superpuissance US et - notamment - l'un de ses principaux alliés qu'est Israël (si telle n'est pas la politique française au moment où l'on parle, c'est bien sûr parce que la France est "aux mains des larbins de Washington et Tel-Aviv", mais cela changera quand "on" sera au pouvoir rassurez-vous !). Tel était le sens du slogan du GUD dans les années 1990 : "Paris-Gaza-Intifada", autrement dit "Palestine, l'impérialisme bleu-blanc-rouge est avec toi" (une fois qu'on l'aura libéré des "atlanto-mondialo-sionistes" qui le "contrôlent" bien sûr...) ; slogan que des camarades antifascistes parisiens ont eux aussi été accusés de "reprendre" ("Paris Gaza Antifa") alors qu'ils cherchaient simplement, justement... à ne plus laisser la question palestinienne à des fascistes comme Dieudonné, le GUD et consorts.

Allons maintenant plus directement sur ce soi-disant "slogan fasciste" de "Naître, consommer, mourir". De fait, c'est sans aucun doute un slogan qui a pu être utilisé par des groupes fascistes mais ceux-ci ne l'ont nullement inventé ; le slogan complet disant d'ailleurs "Naître, produire (ou travailler), consommer, mourir" : pour les fascistes qui l'ont (soi-disant) repris "produire/travailler" n'était donc manifestement pas un problème, il s'agissait simplement (sans doute) de savoir "vivre simplement", "épargner" et "léguer à ses enfants" (rien qu'un grand classique de l'idéologie française), ou alors que "s'il y avait la guerre" (à l'époque il y avait le "péril rouge", aujourd'hui le "péril islamiste") une société "consumériste" et "superficielle" ne "ferait pas le poids".

Ce slogan vient en réalité s'emparer de la question des chocs de modernité. À certaines périodes de l'histoire, l'accumulation capitaliste et le développement des forces productives sont tels que "le monde va trop vite" pour les consciences populaires : c'était typiquement le cas de la période allant de la seconde moitié du 19e siècle à 1914 (époque de Maurras...), avec son industrialisation massive de la production et une dépersonnalisation sans précédent de l'acte et de l'individu productif (taylorisme, fordisme etc.) ; et ça l'est encore de celle allant des "Trente Glorieuses" (époque du "slogan fasciste" en question ici) jusqu'à nos jours avec l'automatisation/informatisation de la production et de la vie quotidienne en général, un consumérisme généralisé et omniprésent (cf. ci-dessous), la mondialisation de la production (avec une concurrence internationale suraigüe) et son corollaire qu'est l'arrivée massive de force de travail immigrée extra-européenne, etc. etc. De réelles et concrètes améliorations sont apportées dans la vie sociale quotidienne, mais il n'y en a pas moins un sentiment de malaise... car tout ce progrès est capitaliste et imposé à des masses populaires qui n'en ont pas la maîtrise et qui se sentent - non sans raisons - des "pions" dans le processus, des "bouts de bois ballottés sur les vagues", "machinisées" et/ou "marchandisées" en tant que force de production et/ou de consommation etc. etc.

Cette problématique est étroitement connectée à d'autres comme celle du fétichisme de la marchandise (dont parlait déjà Marx au 19e siècle) ou encore celle de la société de consommation c'est-à-dire de la transformation du producteur en consommateur frénétique de marchandise produite, seul moyen trouvé pour enrayer la chute du taux de profit : on augmente d'un côté les salaires (part de la valeur produite allouée au travailleur) pour garantir la paix sociale... mais on met tout en œuvre de l'autre pour que le plus possible de cette part de valeur retourne dans les poches du Capital à travers une dépense quotidienne pour acheter les produits de ses entreprises, quitte à induire voire créer de toute pièce la demande (pousser à la consommation par la publicité, la "mode") etc. etc.[1]

Pour les marxistes, la question n'est en réalité pas celle de la production ou de la marchandise en soi mais le fait que les producteurs (et consommateurs "derrière") n'aient pas la propriété des moyens de produire cette marchandise, la maîtrise des procès de production. La réponse est donc simple : ils doivent s'emparer - collectivement - de cette propriété et de cette maîtrise de la production. La force de travail (qui n'est autre que la personne humaine !) cessera alors d'être une marchandise échangée contre salaire, la production et les besoins iront en coïncidant, le "consumérisme" cessera d'exister puisque le "salaire" consistera en la satisfaction des besoins de chacun et non en un moyen d'acheter de la marchandise (à "tout prix") pour en réaliser la valeur et la transformer en véritable plus-value.

Mais les fascistes vont, eux aussi, se saisir de ce malaise [2]. Ils l'ont toujours fait, à toutes les époques, d'autant plus que ces périodes d'accumulation et de "choc de modernité" sont généralement suivies de crises (1873-95, années 1920-30, années 1970 à nos jours) au cours desquelles ils surgissent et prospèrent (c'est là que le Capital a besoin d'eux !). Bien entendu, tout ce que nous venons d'expliquer ci-dessus, ils ne peuvent absolument pas y toucher car on est là au CŒUR MÊME du mécanisme capitaliste (que leur but réel est de protéger, pas de remettre en cause)... Alors, ce qu'ils vont généralement faire, c'est inciter les masses populaires à regarder vers un passé idéalisé où l'on "vivait vrai", où la vie sociale reposait (soi-disant) sur le "travail", la "vie honnête des fruits de celui-ci", "l'épargne", les "valeurs" etc. etc. Il arrive que ce passé idéalisé soit lointain : époque des salaf (compagnons du Prophète, soit le 7e siècle) pour certains "islamistes", époque biblique pour certains sionistes, Ancien Régime pour les royalistes etc. etc., ce qui ne va pas empêcher leur activisme politique... d'utiliser tous les moyens offerts par le "monde moderne" honni. D'autres, plus pragmatiquement, vont tourner les regards vers des époques que des personnes en vie ont connues - et qu'elles peuvent raconter aux plus jeunes. Mais là, cela va être "rigolo"... À l'époque du fameux "slogan fasciste des années 1970", il est vraisemblable que ses utilisateurs incitaient à regarder vers "avant la société de consommation", vers la France encore majoritairement rurale et "frugale" des années 1920-30-40 qu'exaltait la "Révolution nationale" de Vichy. Mais aujourd'hui, cela va plutôt être vers la "société de croissance" et en même d'"ordre" et de "valeurs" des années 1950-60... cette même société où a émergé la consommation de masse ! Il faut rappeler ici la règle n°1 avec le fascisme : ne pas chercher la cohérence !

Nous avons donc vu comment le fascisme consiste à nier ou détourner les contradictions de la société en s'emparant (pour cela) des questions que ces contradictions posent ; mais aussi que les marxistes peuvent et doivent apporter les bonnes réponses à ces vraies et légitimes questions - le marxisme est une science de la réalité sociale et il n'y aucune question du domaine du réel à laquelle il ne puisse répondre (s'il ne le peut pas, c'est qu'il n'a pas cherché et s'il cherche, il trouve !).

Jeune Bretagne operation nettoyageMais face à cette pratique du fascisme, il y a aussi une autre posture possible : puisque toutes ces questions sont prises en main par des fascistes qui y apportent de mauvaises réponses, c'est donc que les questions EN ELLES-MÊMES sont "mauvaises", "illégitimes", "nulles et non avenues". Cette posture, puisqu'il faut lui donner un nom, nous lui en avons donné un : il s'agit (en ouvrant grands les guillemets) de l'"antifascisme" bourgeois. L'"antifascisme" d'une bourgeoisie "républicaine" et "libérale" qui est ELLE AUSSI, il faut le rappeler, une formidable négatrice de questions et de contradictions sous le (sacro-saint) concept de "citoyenneté républicaine" (dès lors que tout un chacun a une attitude "républicaine" tout va bien, c'est lorsque l'on n'est "pas républicain" que cela ne va pas) et qui ne va donc même pas apporter de mauvaises réponses aux bonnes questions... mais tout simplement refuser qu'elles soient posées [la version "gauchiste" de cela consistant à nier toute autre question que "la lutte des classes", la stricte lutte ouvrier-bourgeois (contradiction à la base des autres, mais pas du tout la seule !) : il faut bien comprendre que beaucoup de "révolutionnaires" ("marxistes" ou "anarchistes") sont en réalité des petits bourgeois dont le système capitaliste qu'ils disent combattre est en même temps le râtelier (un râtelier qui ne leur fait peut-être, simplement, pas assez de place à leur goût) ; il leur faut donc "stériliser" d'entrée de jeu la lutte révolutionnaire qu'ils prétendent mener (l'empêcher d'être victorieuse), et réduire cette lutte à une stricte opposition mondiale prolétaire-bourgeois est la meilleure manière de le faire].

Si des réponses réactionnaires (maurrassiennes ou carrément séparatistes nazillonnes façon PNB) sont apportées à la question des Peuples emprisonnés et niés dans les États modernes produits du capitalisme, c'est donc que poser cette question est en soi réactionnaire (comme le 'p''c''mlm' le dit ouvertement : "des projets « nationaux » fictifs - Bretagne, Occitanie, etc.")[3]. Si Soral, Kémi Séba ou des réactionnaires religieux ("islamistes") "répondent" de manière réactionnaire à la question "indigène" des colonies intérieures, c'est que poser cette question est en soi réactionnaire. Si des fascistes (Soral-Dieudonné, GUD ou autres) s'affirment "du côté" des Palestiniens contre le sionisme, il n'est donc pas légitime de poser la question de la Palestine colonisée et apartheidisée par le sionisme (avec la bénédiction des fractions bourgeoises - pour le moment - au pouvoir dans les impérialismes occidentaux). Si des fascistes s'emparent de la question de l'angoisse des masses populaires face aux "chocs de modernité", au consumérisme qui emprisonne le producteur (avec son maigre salaire) dans la consommation (lui faisant en quelque sorte... rendre immédiatement au Capital ce que celui-ci lui a "donné" !), à l'individualisme et au recul des solidarités etc. etc., c'est donc que ces questions ne doivent pas être posées. Idem pour la question de l'écologie (des fascistes ayant même tenté d'infiltrer la ZAD du Testet !) et ainsi de suite... Circulez, y a rien à voir ! Poser ces questions c'est être un "fasciste en puissance", un "anticapitaliste romantique" "suintant (généralement) l'antisémitisme par tous les pores"... et elles sont dès lors laissées sur un plateau d'argent aux fascistes qui voudraient s'en emparer (ce qui viendra encore renforcer l'argumentaire "républicain" et ainsi de suite... jusqu'au jour où plus de gens écouteront les fascistes que les "républicains" et là... oups !).

Mais alors, là, coinçons un peu nos négateurs "gauchistes" de questions/contradictions : si le FN et autres propagandistes xénophobes, islamophobes et "anti-remplacistes" "répondent" (par la xénophobie et l'islamophobie) aux souffrances et à la désespérance sociale des classes populaires "blanches"... est-ce alors qu'il ne faut pas poser la (grande, la fameuse) QUESTION DE CLASSE ??? Là, en général, le "gauchiste" (anarchiste, trotskyste, "stal", luxemburgiste ou autre) est coincé ; il va le plus souvent tenter de s'en sortir en coupant court au débat ("tu mélanges tout", "tes arguments ne veulent rien dire", "ta mauvaise foi t'étouffe" etc. etc.). Le 'p''c''mlm' [4], lui, est plus ou moins sorti de ce "coinçage" : il assume de plus en plus ouvertement que face à l'islam et au "communautarisme" on "peut comprendre" la "classe ouvrière" qui vote Le Pen (ou les "personnes juives" qui se tournent vers la LDJ, le sionisme ultra, émigrent en Israël etc.) - du coup, on n'est plus seulement dans la bonne question mais aussi... dans la mauvaise réponse (apportée par les fascistes) à la souffrance et à l'angoisse sociale : "l'immigration" et ses descendants seraient "effectivement" un "problème" pour la "dignité du réel" populaire.

En attendant, l'"antifascisme" bourgeois s'est enrichi d'un nouveau terme - assez rigolo il faut dire : "hippie de droite" pour désigner toutes ces (fichues) personnes qui ne savent point cacher ces questions que la République des Lumières, de la culture et de la civilisation ne saurait voir...


[1] Ce phénomène postérieur à la Seconde Guerre mondiale a fait l'objet d'études marxistes brillantes (bien que d'aucuns les qualifieront sans doute de "post-modernes"...). On peut citer à ce titre et vous inviter à lire (en vous prévenant que le style d'écriture est hélas peu accessible) l'excellent Gouttes de Soleil dans la Cité des Spectres de l'ex-brigadiste rouge italien Renato Curcio. 

[2] Les religions, dont on connaît le regain populaire depuis une vingtaine d'années (que ce soit l'islam, le catholicisme, les églises évangéliques auprès - surtout - des communautés africaines ou caribéennes ou encore le judaïsme), sont elles aussi une recherche par les masses de réponses face à un sentiment de "perte de sens" dans l'existence sociale, de triomphe du consumérisme et du fétichisme de la marchandise ("matérialisme" selon leurs mots), de l'individualisme etc. etc. ; une manière (également) de réintégrer "artificiellement" une communauté sociale "solidaire" et "sincère" ; bref une quête de "gouttes de soleil dans la Cité des Spectres". Ce sont des réponses idéalistes mais attention, 1°/ tous les courants que ce soit du christianisme, de l'islam ou du judaïsme n'ont pas forcément une vision ultra-réactionnaire/fasciste ou médiévale de la société, ni ne sont des sectes vouées uniquement à enrichir leurs dirigeants et 2°/ les communistes doivent là encore, patiemment et sans posture dogmato-sectaire, se saisir des questions posées pour tenter d'amener peu à peu ces personnes des classes populaires vers le communisme.

[3] Sur cette question de l'affirmation réactionnaire des Peuples niés par l'État moderne, il faut avoir aussi que pendant très longtemps la MOYENNE BOURGEOISIE nationaliste ou autonomiste a été la seule force sociale à détenir le capital intellectuel nécessaire pour porter cette affirmation, de manière - donc - forcément bourgeoise et généralement réactionnaire. Les classes laborieuses étaient "sans voix" ; les forces s'exprimant au nom du mouvement ouvrier et du prolétariat étant généralement des petits bourgeois, des fonctionnaires, des enseignants ou des (aristocrates-) ouvriers particulièrement "inclus" et se sentant "français", suivant le concept selon lequel "monter à la ville" pour y intégrer la classe ouvrière revenait à "entrer dans la civilisation" et abandonner son "patois", ses petits "obscurantismes" etc. etc. Les choses ont commencé à sérieusement changer à partir des Trente Glorieuses (par exemple en Occitanie avec la grève des mineurs de La Sala/"Decazeville"), mais il y aura malheureusement toujours assez - puisque 10 spécimens suffiraient ! - de petits fachos et autres illuminés réactionnaires à la Yann-Ber Tillenon pour que les jacobinards de tout poil y réduisent nos luttes...

[4] Lire aussi son dernier article sur la question suite aux évènements insurrectionnels de Tolosa/Toulouse, Naoned/Nantes et quelques autres villes suite à la mort de Rémi Fraisse, plein (comme à l'accoutumée) de morgue et de donnage de leçons envers la jeunesse "petite-blanche" prolétarisée (la fameuse "génération qui vivra moins bien que ses parents") qui est pourtant, avec les "quartiers"-ghettos-à-"indigènes", l'autre grande force révolutionnaire de notre époque en Hexagone (même si nous pouvons admettre que la constructivité d'une certaine "casse" puisse être questionnée, mais pas de cette façon). Ceci montre et confirme bien qu'il n'y a plus grand chose d'ironique à les classer dans la même famille politique que l'UMP, Manuel Valls ou encore Mélenchon - c'est-à-dire la bourgeoisie "républicaine"... Ils réussissent même l'exploit de se retrouver même sur une position identique... à celle d'un site "emblématique" de la mouvance soralienne, le particulièrement pestilentiel Croah.fr de "Joe le Corbeau" : Des antifas dégénérés ravagent le centre-ville de Nantes. Quand on vous dit que toute cette merde croupit dans le même chiotte tricolore, et tend de plus en plus - sous la pression des masses en révolte - à former un seul bloc !

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 12:52


Pour l'inénarrable Mélenchon, qui avait déjà traité en 2012 les émeutiers d'Amiens de "crétins" et de "larbins du capitalisme", les militants les plus combattifs du Testet sont des "clochards avinés" très certainement "infiltrés par l'extrême-droite" (il faut dire à sa "décharge" qu'il a reçu là-bas - la veille du drame - un accueil quelque peu mouvementé, dans la lignée de celui fait à Mitterrand au Larzac en 1974...) :

MélenchonTestet

Bref : le bon vieux et grand classique révisio-réformard de "faire la distinction" entre les "bons" manifestants - légalistes - et les "mauvais", les "extrémistes" et les "casseurs" qui "nuisent à l'image" et sont d'ailleurs "à tous les coups" des "flics" ou des "fachos" déguisés... Mélenchon a peut-être un certain nombre de qualités, mais certainement pas celle de l'imagination ! (en revanche on peut peut-être lui accorder celle de la célérité : devant le tollé d'indignation soulevé par ses propos, la publication a très vite été supprimée... mais malheureusement pas assez vite pour empêcher une capture d'écran he).

Pour Xavier Beulin de la FNSEA, représentant de la bourgeoisie rurale agro-productiviste (jeter un œil ici au CV du personnage) qui soutient à fond le projet, on a affaire à des "djihadistes verts" :

La FNSEA dénonce les "djihadistes verts" du barrage de Sivens

On voit bien là comment, dans la tête du Capital bleu-blanc-rouge, tous les "ennemis intérieurs" se connectent et se confondent. Le zigue a par ailleurs prétendu que le projet n'était pas du tout au service de l'agriculture industrielle et productiviste mais d'une "centaine d'agriculteurs (qui) veulent garder des fermes petites et moyennes pour y faire des productions à valeur ajoutée. (...) pour cela, ils ont besoin d'eau et donc d'un soutien pendant la période d'étiage avec de l'eau qui peut servir à l'agriculture mais aussi à d'autres usages". Une affirmation que viennent pourtant démentir de nombreux témoignages de petits agriculteurs locaux.

eric-brunet-vraiment-reac-L-0F23SI.pngLa FNSEA est historiquement liée à l'aile droite de la République bourgeoise et, globalement, les réactions dans cette famille politique (élus et autres dirigeants, "éditocrates" et "plateaucrates" télévisuels) sont du même acabit, qu'il s'agisse des députés UMP Christian Jacob et Éric Ciotti au Palais Bourbon, de Jean-Sébastien Ferjou (du site Atlantico, plutôt "ultra-libéral") sur i>Télé ou d'Éric Brunet (qui fait rarement mystère de ses opinions) sur BFM TV : "c'est un drame horrible" certes, mais "il faut voir la violence des ZADistes, ces radicaux, ces fanatiques" etc. etc. (on attend encore les propos de Zemmour, qui s'exprimera certainement dans "Ça se dispute" demain soir).

Le gouvernement PS est globalement sur la même ligne de défense, face notamment à ses anciens alliés Verts (qui s'approprient Rémi sans vraiment savoir s'il était militant ou sympathisant de leur parti mais bon). Lorsqu'en 1970 à Milan le militant Saverio Saltarelli avait été tué dans des circonstances très similaires (tir de grenade), "Restivo (Ministre de l'Intérieur démocrate-chrétien) et Berlinguer (premier secrétaire du Parti "communiste") s'étaient enflammés, disant que les 'extrémistes' seraient poursuivis" comme le chantait Pino Masi. N'a-t-on pas incroyablement l'impression d'observer le même tableau, aujourd'hui en "France", avec la mort de Rémi Fraisse ?

Et pour rester dans la "même famille politique" (dit avec ironie mais à peine...), en tout cas dans la même IDÉOLOGIE FRANÇAISE, les pseudo-"maoïstes" des "matérialistes.com" ont d'abord publié un article paraissant plutôt de soutien et disant des choses assez juste sur la logique capitaliste (agro-productiviste) qui sous-tend le barrage et l’État policier à son service, tout en évitant soigneusement d'aller sur nos thèses (que toute cette affaire ne fait que confirmer)... Mais ils sont ensuite passés - dans leur éditorial du 28 octobre - sur une explication absconse, incompréhensible d'où ils veulent en venir ("La mort de Rémi Fraisse a ainsi été « administrative » : la gendarmerie n'a fait qu'agir en militaire et il n'y a par conséquent aucun esprit de remise en cause. On est dans une logique d'administration par en haut, par ailleurs acceptée de manière populaire"...) avant de comparer carrément les démarches de type ZAD (Notre-Dame-des-Landes, Tarnac etc.) à... l'école pétainiste d'Uriage (école censée former les cadres économiques de la "Révolution nationale" et qui en réalité, passée à la "France libre" en 1942 et - du coup - fermée par la Milice de Darnand début 1943, fournira surtout son "excellence" à la République bourgeoise des Trente Glorieuses...). 

coup-de-latte1.jpgVoili voilou... Nous pensons, sans nul besoin d'exhaustivité, avoir fait le tour. Car toutes ces réactions à la tragédie, comme l'expliquait très justement le 'p''c''mlm' dans son (court) moment de lucidité du 28 octobre, ne sont que le reflet d'une seule et même chose : une idéologie "républicaine" francouille au service d'un Capital (grand ou même plus petit, comme c'est le cas à Sivens) dont la logique même repose sur l'appropriation des territoires (avec leurs ressources) et des populations pour les transformer en forces productives et en force de travail créatrice de plus-value... Et qui ne peut tolérer aucune contestation de cela - le refus d'"entendre" la contestation amenant la radicalisation d'éléments, qui amène elle-même plus de répression et plus de radicalisation etc. etc. ; non pas parce que le Capital et ses "pouvoirs publics" "pourraient dialoguer" mais "refusent" (comme des "gosses capricieux") de le faire, mais parce qu'il est dans leur nature même, parce qu'il est EXISTENTIEL pour eux de "ne pas reculer" sur ce type de dossiers. Quelles que soient les limites de leurs conceptions politiques, les mouvements ZADistes (qui affirment en substance l'environnement comme bien commun à préserver et non comme pure marchandise ou matière première) font partie, comme les mouvements squatteurs qui rejettent la logique propriétariste-rentabiliste dans le domaine du logement, les "indigènes"/colonisé-e-s intérieur-e-s qui posent la question de la colonisation d'hier, du néocolonialisme d'aujourd'hui ("secret de l'impuissance" du prolétariat hexagonal) et de leurs traductions dans l'ordre social "métropolitain", les Peuples niés qui posent la question des conditions mêmes de la construction de l’État/appareil du Capital et bien sûr le mouvement ouvrier organisé combattif et les communistes révolutionnaires, de ces forces dont l'émergence même dans le "débat public" n'est pas tolérable pour le système capitaliste "français".  

conrad1Y compris, dans ce même système qui est leur râtelier, pour des petits bourgeois soi-disant "maoïstes" : certes la "biosphère" est leur marotte, mais le système "France" est aussi (pour eux) un "fabuleux héritage de culture et de civilisation" (leur manière de dire "râtelier") et entre les deux leur cœur balance. Alors certes il "faut rejeter" les projets écocides comme ce barrage, il "faut" refuser le racisme (sans toutefois le comprendre comme un résultat systémique de la construction même du monde capitaliste dans lequel nous vivons : pour eux il s'agit d'une simple "division du peuple" et il existe un "racisme anti-blancs"), il "faut" résoudre la crise du logement et la "contradiction villes-campagnes", il "faut" combattre le fascisme (enfin surtout celui qui est principalement antisémite, celui qui est principalement islamophobe moins) et l’État policier de la bourgeoisie (quoique...) ; MAIS tout ce qui lutte concrètement en ce sens aujourd'hui doit être de la merde, pure "décomposition petite-bourgeoise" voire carrément... proto-fascisme, histoire (donc) de rejeter en pratique toute lutte antagonique contre le râtelier "France" en question.

Il leur faut aussi - encore et toujours - ménager et dépeindre comme "non-fasciste" l’État bourgeois "républicain", vu comme un "allié potentiel contre le fascisme" (manière de dire : "État bourgeois, siteuplé, j'ai Bac+10, intègre moââââ...."). Nous avons souvent et "lourdement" insisté sur le fait que le passage de la "démocratie" bourgeoise au fascisme provenait DU CŒUR MÊME de l’État et de la classe qu'il représente et sert, la grande bourgeoisie (par exemple - et pas du tout exhaustivement - ici, ici au point 4 ou encore ici). C'était peut-être une vision un peu unilatérale ; mais on peut dans tous les cas très certainement dire que le passage au fascisme consiste en une PRISE EN ÉTAU de la société entre (d'un côté) la "droite révolutionnaire", la prolifération des groupes d'extrême-droite ou "nationaux-socialistes" et de leurs violences avec éventuellement (comme c'est le cas aujourd'hui en Hexagone) la montée inexorable d'un grand parti de masse (le FN), et de l'autre (comme cela s'est toujours vérifié dans l'histoire) l'accumulation autoritariste, liberticide et répressive au sommet de l’État. Une accumulation que l'assassinat policier de Rémi Fraisse vient encore une fois illustrer en démontrant au passage son caractère indépendant des "couleurs" politiques bourgeoises, puisque c'est sous un gouvernement P's' (que le "peuple progressiste" avait chargé en 2012 de le "libérer du sarkozysme") qu'un militant écologiste vient d'être tué en manifestation pour la première fois depuis 37 ans, après les ladamiseletasviolences sans précédent contre les opposants à l'aéroport du "Grand Ouest" à Nantes, l'interdiction de manifestations pro-palestiniennes ou contre le néocolonialisme français... toujours autorisées auparavant (y compris sous Sarkozy), etc. etc. : nous avons bel et bien là, en réalité, une tendance inexorable face à des contradictions sociales de plus en plus explosives qu'il s'agit - par conséquent - d'écraser en ce marteau répressif et l'enclume du fascisme militant (y compris lorsque celui-ci feint de "prendre parti pour la contestation" - enfin, dans certaines limites tout de même).

Pour nous, les choses sont claires : la quête d'"harmonie" entre l'activité productive humaine et l'environnement naturel, impossible tant que l'"aménagement du territoire" sera entièrement et uniquement sous-tendu par la recherche du profit capitaliste, ne pourra trouver son aboutissement que sur une planète où territoires et populations se seront "retrouvés" et ne seront plus (les uns et les autres) de simples instruments productifs de plus-value, enfermés dans les États-enclos construits par les dominants à cet effet. Ils pourront alors (re)trouver leur "équilibre", comme celui qui existait avant l'étape capitaliste de l'histoire humaine mais À UN NIVEAU SUPÉRIEUR (avec le "progrès" que le capitalisme aura apporté à l'humanité).  

Telle est, en dernière analyse, la définition même de l'objectif stratégique que nous poursuivons : une Occitanie révolutionnaire, libre et socialiste-puis-communiste qui (non messieurs !) ne sera pas "un État de plus" fondé sur un soi-disant "nationalisme ethno-régional" (comme feignent de le comprendre nos détracteurs "gauchistes"), mais une organisation politique et sociale de type radicalement nouveau, CONFÉDÉRATIVE et SUBSIDIARISTE, fondée sur le POUVOIR DU PEUPLE (vivre, travailler et décider "au pays" ou "au quartier", là où l'on a son existence sociale). Un Peuple qui, libéré de la logique capitaliste, aura retrouvé un rapport direct avec la nature ; ce qui ne signifiera peut-être pas que "tout sera résolu" (la contradiction homo sapiens/"reste du vivant" mettra peut-être encore quelques générations à être solutionnée), mais sera assurément - déjà - beaucoup mieux !


communisme

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 10:29

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... mais bientôt en rejaillira le Soleil d'un monde NOUVEAU, le Soleil de la Libération révolutionnaire des Peuples et de son bras implacable de Justice qui s'abattra sur le Capital et ses milices d'assassins !

Que résonne d'una montanha a l'autra notre Hymne révolutionnaire de Libération :

Tu es mort sur la route qui mène au communisme, tué par le Capital et ses chiens de garde "socialistes"...

Onor a tu per totjorn companh !

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 13:05

 

La tragédie que l'on pouvait hélas redouter vient de se produire, dans l'orgie de répression qui s'abat sur la ZAD du Testet depuis des semaines.

Un opposant au barrage vient d'être tué par un tir tendu de grenade de désencerclement. L'article ci-dessous est édifiant. C'est la première fois qu'un(e) militant(e) écologiste perd la vie sur ce type de mobilisation depuis Creys-Malville en 1977.

EXCLUSIF - Testet : Rémi Fraisse a été touché par une grenade ou un flash-ball

http://www.reporterre.net/spip.php?article6496

Isabelle Rimbert (Reporterre)

lundi 27 octobre 2014

Reporterre a recueilli les témoignages de personnes ayant participé aux événements de la nuit de samedi à dimanche sur la zone du Testet. Ils attestent que les gendarmes ont emporté le corps de Rémi Fraisse, qui est décédé cette nuit-là. Un témoin dit qu’il avait été touché par une grenade ou un flash-ball.


- Lisle-sur-Tarn, reportage

Dimanche 26 octobre, avant l’aube, dans la nuit, les affrontements se déroulaient sur le Testet, près du chantier où, après avoir terrassé la forêt défrichée, des engins devaient préparer la digue du barrage de Sivens. Parmi les groupes qui se confrontaient aux gardes mobiles, il y avait Rémi Fraisse, un étudiant toulousain de vingt-un ans. Il est décédé cette nuit-là, et son corps a été emporté par la police. L’autopsie aura lieu lundi après-midi.

Les affrontements ont commencé dans l’après-midi de samedi, vers 16 heures, au lieu-dit Les Bouilles. De nombreux camions de CRS et de gardes mobiles sont arrivés en renfort sur la zone. Les affrontements ont fait une dizaine de blessés, dont cinq ont été évacués vers l’hôpital. Parmi eux, une personne a reçu un tir de flash-ball dans la figure. Le SAMU, appelé par l’équipe de secours d’urgence des opposants, a refusé de venir sur place.

Après une accalmie vers 21 heures, les affrontements ont repris dans la nuit. Les gardes mobiles (GM) étaient positionnés au lieu-dit des Bouilles, derrière la grille.

À midi, ce dimanche, sur le lieu des affrontements de la veille, il n’y avait aucune présence policière et aucune sécurisation de la zone où aurait eu lieu le décès.

Témoignages recueillis dimanche matin. Les noms sont des pseudonymes. Voici leur récit. Une personne dit avoir vu M. Fraisse être touché par une grenade et tomber.

- Baïk :

« Entre 2 heures et 3 heures du matin, il y a eu des tirs tendus de grenades lacrymogènes incapacitantes et explosives [grenades dites de désencerclement, NDLR]. La scène était éclairée par les lumières des phares des camions de GM. À un moment, après un lancer massif de grenades, un groupe de GM s’est avancé sur la dalle de béton, a attrapé une personne à terre et l’a porté près de la route. Cette personne était à deux/trois mètres du grillage, elle a pu recevoir une grenade en tir tendu. On pensait que c’était une interpellation. Les affrontements ont continué jusqu’à au moins 4 heures du matin. »

- C’est sur ce terrain, près de la digue projetée, que se sont produits les affrontements et qu’a eu lieu le drame. -

- Ju :

« À un moment, lors des affrontements nocturnes, il y a eu une grosse salve de grenades lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Six GM ont ramassé un mec qui était au sol et l’ont traîné puis porté jusque sur la route. Quand je suis rentré au campement [à la Métairie, à 1,5 km du lieu des affrontements, NDLR], il était 5 h moins le quart, il y avait encore des tirs de grenades. »

- Impact au sol d’une grenade - assourdissante ou de désencerclement -, à quelques mètres du lieu où serait tombé Rémi. -

- Christian :

« J’étais sur le lieu des affrontements, devant, près des flics, sur la gauche, près de là où ça s’est passé. Entre deux et trois heures du matin, ils ont envoyé une grosse charge sur la gauche, gazé. Il y a eu un gros nuage opaque, puis dans les lumières des phares de fourgon, six ou sept gendarmes sont arrivés sur la dalle, ont attrapé quelqu’un au sol et l’ont porté à plusieurs. À la façon dont ils l’ont attrapé, le mec semblait inerte. J’ai crié : « Attention, ils embarquent quelqu’un. » On pensait qu’ils l’emmenaient en garde à vue. Environ vingt minutes plus tard, on a vu un gyrophare bleu. Ca semblait être des pompiers. C’était avant quatre heures du matin. »

- Bonnie :

« J’ai passé la soirée et la nuit sur le lieu des affrontements. Il y avait des tirs dans tous les sens. Vers 3 heures du matin, il y a eu une charge. Les GM se sont avancés sur dix mètres sur la route. Ils ont chargé à une vingtaine et tiré des lacrymos. C’était à droite, sur le lieu des affrontements. Sur la gauche, les flics se faisaient caillasser près du grillage sur la dalle en béton.

« Il y a eu des tirs de grenades, puis j’ai vu un gars au sol se faire traîner en arrière, tenu de part et d’autre par des flics. Après çà, il y a eu un écran de fumée, ils se sont retranchés, et les tirs de grenade se sont calmés. Plus tard, on a vu des lumières bleues d’ambulance. Il y a eu un blackout : les lumières des phares des camions de GM ont été éteintes (il y avait deux camions dont les phares étaient allumés). Puis ils ont recanardé un max. Plus tard dans la nuit il y a encore eu une énorme charge avec une vingtaine de lacrymo tirées. Ca a fait un gros nuage de fumée. Quand la fumée s’est dissipée, tous les camions de GM étaient partis. Au cours de la nuit, il y a eu plusieurs blessés, environ une dizaine dont cinq ont été évacués. À partir de trois heures avant la fin des affrontements, il n’y avait plus de sommations avant les tirs de grenades. »

- On voit le lieu où Rémi serait tombé, au deuxième plan. Le sang séché est cerclé de bleu. Au premier plan, à quelques mètres, l’impact au sol d’une grenade explosive. On observe dans le coin droit un bout de sangle de sac à dos. -

- Camille :

« Il était à trente mètres de moi sur ma gauche. Je l’ai vu se faire toucher alors qu’il y avait des explosions à côté. Ils ont envoyé des grenades explosives, des tirs de flash-balls. Après, cette personne s’est retrouvée à terre. Il y a eu une charge de flics, j’ai chargé aussi, mais je me suis retrouvé tout seul, du côté gauche. Mais tout le monde est arrivé trop tard, ils ont mis en joue ceux et celles qui arrivaient. J’ai vu ce gars à terre se faire trainer par les policiers et on n’a pas pu en savoir plus. »

- On voit la direction dans lequel le corps sanglant de Rémi aurait été emporté par les gendarmes. -

Source et photos : Isabelle Rimbert pour Reporterre.

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Lire aussi :

Un camarade tué au Testet – Appel à manifester contre la violence d’État – à Nantes et ailleurs

Rassemblement ce lundi 18h devant la préfecture de Nantes –Rendez-vous dès 15H place du Bouffay pour préparer et informer

Pendant la nuit de samedi à dimanche un manifestant, Rémi, a été tué au cours des affrontements qui se sont déroulés lors du rassemblement contre le barrage de sivens au Testet. Environ 7000 personnes ont convergé sur la ZAD du Testet après des mois d’attaques policières, de destruction de la zone humide et des habitats de ceux qui la défendaient. En fin d’après midi puis plus tard dans la nuit, des dizaines de personnes s’en sont pris aux forces de l’ordre qui protégeaient le chantier. Elles souhaitaient ainsi marquer leur colère et retarder la reprise des travaux, initialement prévue pour lundi. Elles ont été repoussées à coups de flashballs, de grenades assourdissantes, de désencerclement et de gaz lacrymogènes. D’après les témoignages des camarades du Testet, la personne décédée se serait écroulée suite à des tirs de grenade puis aurait été emmenée par les forces de l’ordre. La Préfecture affirme ne rien vouloir déclarer à ce sujet avant le résultat public de l’autopsie lundi. Le gouvernement a déjà commencé à stigmatiser les manifestants, et tente de diviser pour noyer le poisson. Mais ils savent bien que, quoi qu’ils fassent, cette mort aura des conséquences explosives.

Ce décès révoltant n’est malheureusement pas suprenant dans ce contexte. A Notre Dame des Landes, au Testet et partout où nous nous opposons à leurs desseins, nous avons dû faire face au déploiement crû de la violence d’État. Si nous avons bien compris de notre coté que nous ne pouvions nous contenter de les regarder docilement détruire nos vies, eux ont démontré qu’ils ne nous feraient aucun cadeau. Pendant les mois d’expulsion de la ZAD de Notre Dame des Landes, de nombreux camarades ont été blessés gravement par des tirs de flasballs et grenades. Sur la seule manifestation du 22 février 2014 à Nantes, 3 personnes, visées à la tête par des flashballs ont perdu un œil. Depuis des semaines au Testet plusieurs personnes ont été blessées elles aussi et d’autres accidents tragiques ont été évités de justesse lorsque des opposants se sont faits délogés, notamment des cabanes qu’ils avaient construites dans les arbres. Pourtant c’est bien, entre autre, parce que des milliers de personnes se sont opposées physiquement aux travaux, aux expulsions, à l’occupation policière de leurs lieux de vie que le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes est aujourd’hui moribond, et que le barrage du Testet et ceux qui devaient lui succéder sont largement remis en question. C’est cet engagement en acte qui a donné une puissance contagieuse à ces luttes et qui menace partout aujourd’hui l’aménagement marchand du territoire.

Plus quotidiennement la répression s’exerce face à ceux qui luttent dans les prisons, dans les quartiers et dans les centres de rétention et entraîne là aussi son lot de morts trop souvent oubliées, plusieurs dizaines chaque année. Face aux soulèvements et insoumissions, la démocratie libérale montre qu’elle ne tient pas seulement par la domestication minutieuse des individus et des espaces de vie, ou par les dominations économiques et sociales, mais aussi par un usage déterminé de la terreur.

Nous appelons à occuper les rues et lieux de pouvoir partout dès demain, pour marquer notre tristesse, saluer la mémoire du camarade tué ce samedi et pour exprimer notre colère face à la violence d’État. Nous ne les laisserons pas nous tuer avec leurs armes dites « non léthales ». Réagissons avec force pour qu’il y ait un avant et un après cette mort. Affirmons plus fort que jamais notre solidarité avec tous ceux qui luttent au Testet et ailleurs contre leurs projets guidés par les logiques de contrôle et de profit, mais aussi avec tous ceux qui tombent plus silencieusement sous les coups de la répression partout ailleurs. Nous ne nous laisserons ni diviser ni paralyser par la peur. Nous continuerons à vivre et lutter sur les espaces qu’ils rêvent d’anéantir, et à leur faire obstacle.

Nous ne laisserons pas le silence retomber, nous n’oublierons pas !

Des occupant-e-s de la ZAD de Notre Dame des Landes

Une seconde manifestation se prépare pour samedi 14h

Plus d’infos zad.nadir.orgnantes.indymedia.org

PDF - 8.3 ko

Et cette vidéo :

Un mort sur la ZAD du Testet // Appel à rassemblement from stéphane trouille on Vimeo.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 11:57


Charles Maurras (1868-1952) disait en substance aux Occitans, aux Bretons, aux Corses, aux Catalans et autres Basques : "c'est dans une France 'nationaliste intégrale' monarchiste et catholique que vos 'identités', vos 'valeurs' (forcément réactionnaires dans son esprit) et vos 'libertés' seront le mieux gardées". Centralisme "uniformisateur" et république parlementaire, "progressisme", "juiverie" et franc-maçonnerie vont de pair, proclamait-il. En somme : il y a un "concept France" et vous sentez bien qu'il vous écrase et vous opprime (tout particulièrement depuis l'"accélération" centralisatrice post-1789), que vous n'en faites pas réellement partie, que vous n'êtes pas réellement les "Français" que l'on veut faire de vous... Eh bien, plutôt que de vous imposer l'uniformité "française" à coups de "hussards noirs" républicains, nous allons vous reconnaître dans vos particularismes, dans vos "petites patries" que sont vos nationalités réelles, mais nous allons néanmoins vous souder au grand projet "France" face à l'ennemi tant extérieur qu'intérieur des "quatre États confédérés" juif, franc-maçon, protestant (= Allemagne et Angleterre) et "métèque" (étrangers extra-hexagonaux), auxquels vient encore s'ajouter le socialisme révolutionnaire marxiste ou l'anarchisme (à moins qu'il ne s'agisse là d'une "création commune" des quatre...).

C'est ce que l'on peut appeler le compromis maurrassien. Et c'est sans doute ce qui a valu à Maurras l'hostilité d'une bonne partie de la droite de la droite de la IIIe République qui partageait pourtant, en dehors de ce "régionalisme", l'essentiel de ses conceptions ("État fort" autoritaire, militarisme, antisocialisme et anticommunisme, antisémitisme) ; et de passer à la postérité comme l'archétype d'une extrême-droite de l'époque qui ne se réduisait - en réalité - pas du tout à lui, avec au contraire des courants attachés au centralisme napoléonien beaucoup plus puissants que son Action française décentraliste (mais comme ces courants ont en bonne partie engendré le gaullisme, alors...).

Cette ligne est aujourd'hui globalement reprise par les Identitaires (ce sont eux qui en sont le plus proche), en y ajoutant l'échelon Europe ("patrie civilisationnelle") maintenant que l'impérialisme bleu-blanc-rouge a compris l'intérêt de travailler en partenariat avec ses voisins et ne se vit plus comme entouré d'ennemis. Certains éléments comme le breton Jean-Pierre/Yann-Ber Tillenon, ses compatriotes d'Adsav ou de Breiz Atao ou encore (dans une mesure à déterminer) la Ligue du Midi de l'ex-identitaire languedocien Richard Roudier font même carrément "sauter" l'échelon "France" entre leur nationalité réelle (bretonne, occitane) et l'Europe-"civilisation" ; autrement dit font comme le Parti national breton (PNB) des années 1930-40 ; mais l'esprit reste globalement le même (et le rapport à l'entité France reste dans tous les cas très ambigu : on sent bien que ne lui est pas vraiment reprochée son existence ni sa négation des Peuples à travers les siècles, mais seulement de ne pas être l’État ouvertement raciste qu'ils voudraient qu'elle soit).

Et en substance, Dieudonné et Soral disent aujourd'hui exactement la même chose aux colonisé-e-s intérieur-e-s ("indigènes"), aux personnes de culture musulmane et/ou afro-descendantes, et dans une certaine mesure directement aux néocolonies dont sont issu-e-s ces dernier-e-s : une France gouvernée par le Front National, par les "patriotes", serait la meilleure gardienne de vos "identités", de vos "valeurs" et de vos droits. "Tout ce dont vous souffrez au quotidien dans vos ghettos" (ou vos pays pillés) vient en réalité du "système" dirigé par les "sionisssses et les pédo-satano-francs-maçons", ceux-là mêmes qui se disent antiracistes et viennent vous dire qu'on est racistes alors qu'en réalité on est vos meilleurs potes.

En somme : vous ne vous sentez pas réellement "français", vous êtes exclus et parqués dans des ghettos par des gouvernements successifs "de droite comme de gauche" qui ne cessent pourtant de proclamer "l'intégration" et l'"antiracisme" ; eh bien nous, "patriotes français authentiques", nous vous tendons la main et vous allez vous unir à nous contre "l'Empire américano-sioniste" et ses agents intérieurs que sont justement les gouvernements de-droite-comme-de-gauche successifs, contre le "mondialisme" et ses corollaires que sont le féminisme, le "lobby gay" et les "idiots utiles gauchistes"... et vous verrez que tout ira beaucoup mieux car après tout, nos bonnes valeurs françaises catholiques et vos valeurs musulmanes n'ont-elles pas de très nombreux points communs ? Et tout cela rencontre hélas, dans une mesure non-négligeable, un certain écho.

Malheureusement (pour eux), la plupart des prises de position d'un FN en pleine "résistible ascension" viennent complètement contredire cela ; exactement comme la plupart des prises de position de la Fédération républicaine, des Jeunesses patriotes, des Croix-de-Feu, bref de 90% des forces d'extrême-droite des années 1930 et de la "Révolution nationale" (qui sera initiée en 1940 sur cette base idéologique) venaient contredire ceux qui avaient écouté Maurras ou d'autres dans le même style (comme le PNB).

Le régime de Vichy, qui avait totalement recyclé l'appareil d’État de la IIIe République, méprisera souverainement les nationalistes bourgeois (bretons et occitans principalement) qui avaient vu en lui un "vent de changement" pour leur reconnaissance en tant que nationalités (quelques heures d'enseignement facultatif de l'occitan à l'école par-ci, une région "Bretagne" amputée du Pays nantais par-là) ; et ni les tentatives de jouer la surenchère anticommuniste et antisémite, ni celles de traiter directement avec l'occupant nazi n'auront plus de succès. À la Libération, la répression s'abattra sur eux sans l'ombre de la moindre indulgence tandis que dans le même temps un René Bousquet (qui avait envoyé à la mort des dizaines des milliers de Juifs - hommes, femmes et enfants - et d'antifascistes), après - certes - trois petites années de prison à Fresnes, s'en tirait avec "5 ans de d'indignité nationale" dont il fut au demeurant... immédiatement relevé pour "faits de résistance" (à partir de la fin 1943, arrestation par les Allemands peu après le débarquement de Normandie), avant de poursuivre une brillante carrière dans le secteur bancaire, la presse (Dépêche du Midi) et la politique (radical-socialisme, proximité avec Mitterrand...) ; sans même parler des centaines de Maurice Papon qui ne seront même pas inquiétés (poursuivant eux aussi de brillantes carrières en entreprise ou dans l'appareil d’État).

Il en irait exactement de même, demain, pour toute la clique des "régionalistes" identitaro-réactionnaires à la Tillenon... et pour les racisés qui auraient suivi Dieudonné et Soral.

Ce qu'il faut bien comprendre, en réalité, c'est qu'en situation de crise générale du capitalisme vont pulluler les fantaisies réactionnaires chez les personnes "agressées" par cette crise, car le premier réflexe de l'être humain est d'abord de regarder vers le "paradis perdu" et les "valeurs sûres" plutôt que vers les lourdes tâches d'un avenir émancipé, lumineux mais totalement à construire. Et ces fantaisies réactionnaires vont bien sûr avoir leurs marchands du temple, car cela fait vendre des livres, des DVD et des t-shirts et donne - aussi - l'autosatisfaction du "tribun", du "gourou".

MAIS VOILÀ, pour paraphraser (encore une fois) C.L.R. James :

- le cours général de l'histoire de "France" est tel que tout mouvement fasciste d'étendue hexagonale (aussi déguisé soit-il) sera obligé de s'attaquer à la "puissance indigène", à l'affirmation et à la lutte des "minorités visibles"/colonies intérieures pour l'égalité ;

- le cours général de l'histoire de "France" est tel que tout mouvement fasciste d'étendue hexagonale sera obligé de s'attaquer à l'affirmation des Peuples conquis au fil des siècles et emprisonnés dans l’État (puisque les classes populaires n'ont globalement d'autre voie pour cette affirmation que la voie révolutionnaire communiste et la "bourgeoisie nationale" autonomiste celle de se faire le "parti de l'étranger" - se lier à des États voisins et concurrents comme le Royaume-Uni, l’État espagnol, l'Italie, l'Allemagne ou la Suisse ; ce qui est d'ailleurs également valable pour les colonisé-e-s intérieur-e-s : voie révolutionnaire ou alors se lier aux États d'origine dont certains - Algérie, Turquie - sont "turbulents" et "affirmationnistes", au Qatar et autres pétro-monarchies arabes qui cherchent des terrains d'investissement pour leurs capitaux sur-accumulés, à l'axe Iran-Syrie avec Dieudonné etc. etc. ; or l'agitation sociale-révolutionnaire et l'intelligence avec l'étranger sont deux choses que ne peut tolérer le fascisme, qui est l'instrument terroriste de la fraction la plus réactionnaire du Grand Capital et de son État pour la contre-révolution préventive et la guerre impérialiste mondiale).

Cela signifie - toujours en substance - qu'à l'arrivée, les "fantaisistes réactionnaires" qui auront suivi les Soral, Dieudonné et autres Kémi Séba ou qui auront fait du "régionalisme" identitaire à la Tillenon (sur le terreau idéologique putride de l'extrême-droite francouille) ne seront jamais que les PAUVRES DINDONS D'UNE SINISTRE FARCE.

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* Il suffit pour s'en convaincre de jeter un œil aux positions du Front National sur la - toute bénigne - Charte des langues minoritaires et régionales : http://www.frontnational.com/terme/langues-regionales/


Lire aussi (d'un blog militant réunionnais) : Comprendre le colonialisme et le racisme - le cas d’Alain Soral

 

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 13:19

 

maocNous avions présenté, il y a quelques mois, une initiative organisée dans l’État espagnol comme le modèle de ce pour quoi nous nous battons : l'unité indéfectible des Peuples, au sein d'un même État capitaliste et au-delà, pour BRISER LES CHAÎNES de ces États et de tous les impérialismes.

Nous allons maintenant tenter de vous illustrer, par un exemple, TOUT CE QUE NOUS NE VOULONS PAS. Car il faut bien comprendre qu'il y a des têtes dures et que quand bien même il ne resterait qu'UN SEUL petit facho, nazillon ou autre farfelu réactionnaire pour revendiquer, dans un État donné, l'indépendance d'un Peuple donné, les défenseurs dudit État (y compris "de gauche", les pseudo "citoyens du monde" et vrais gardiens du temple qui prônent son "dépassement" universaliste abstrait) s'en empareraient pour y assimiler et y réduire TOUTE affirmation des Peuples périphérisés et niés par celui-ci et toute remise en question de cette construction historique capitaliste qui est - on ne le rappellera jamais assez - le grand râtelier auquel ils bouffent*. C'est finalement un peu la même chose que l'antisémitisme ou le conspirationnisme en matière de soutien à la Palestine (en particulier) ou de lutte contre l'impérialisme (en général) : comment se faire les arguments vivants des pires ennemis de la cause que l'on dit défendre. Il faut donc mettre une fois pour toutes les choses au clair.

Cet exemple, qui pourrait bien être un jour ce "der des ders", nous l'avons trouvé en la personne de Jean-Pierre/Yann-Ber (en breton) Tillenon.

Jean-Pierre/Yann-Ber Tillenon est un cas typique de ces militants qui, pris dans l'"orbite" intellectuelle de la gauche révolutionnaire lorsque celle-ci était puissante (il a fréquenté le milieu autonome parisien des années 1970 et partagé un temps la vie de Joëlle Aubron), ont tout naturellement dérivé vers la droite radicale et les fantaisies réactionnaires en tout genre dès lors que cette force d'attraction s'est affaiblie (autre exemple : Patrick/Padrig Montauzier, fondateur et leader d'Adsav). Après avoir fréquenté (entre autres) Serge Ayoub ou encore Guillaume Faye, il se revendique désormais de... "l'extrême-centre" - mais si une telle identité politique peut exister de manière sincère (et assez largement) en Bretagne, pays de petite entreprise et de culture politique Tillenondémocrate-chrétienne, elle sert aussi (et pour cause) de paravent à des gens impossibles à classer autrement qu'à l'extrême-droite (une version locale du "ni droite ni gauche" en quelque sorte) ; et nous voyons mal, en l’occurrence, comment classer autrement un personnage qui a participé (en 2006) à une conférence sur "l'avenir du monde blanc" en Russie aux côtés de son grand collègue (donc) Guillaume Faye, de "Terre et Peuple" de Pierre Vial et de leurs amis internationaux (russes, allemands, "espagnols", grecs etc.).

L'on pourra peut-être nous reprocher de nous en "prendre" à un activiste politique d'un autre Peuple, et donc de nous "mêler de ce qui ne nous regarde pas". Il est clair que Yann-Ber Tillenon n'est pas un cas unique, ni en Bretagne ni dans le reste de l'Hexagone, et il en existe sans doute de similaires en Occitanie même si le (tout petit) PNO, qui partage la même vision "ethniste", est issu d'une déviation du marxisme (François Fontan) et n'a pas dérivé plus à droite que le Modem ou l'UDI tandis que la droite extrême est plus généralement sur la vision maurrasso-identitaire "classique" (Occitanie-France-Europe). [MàJ : c'est confirmé cela existe bel et bien... Nous savions que Richard Roudier s'était fait (vers la fin 2012) jeter du Bloc identitaire - pour des embrouilles d'égo essentiellement. Suite à cette rupture, manifestement, sa "Ligue du Midi" a rejeté la reconnaissance de la "patrie historique" française pour évoluer vers une "ligne Tillenon" en mode "Ici (en Occitanie) c'est pas la France". Toute la critique de Yann-Ber Tillenon qui va suivre s'applique donc évidemment à ces énergumènes. Roudier a fait partie dans les années 1970 du groupe "Pòble d'Òc", issu pour l'essentiel de l'extrême-droite régionalo-européiste montpelliéraine ("Jeune Languedoc") ; une majorité du groupe évoluera cependant vers des positions plus "à gauche" (socialisantes, fédéralistes libertaires, écologistes) ce qui entraînera son départ en 1976. Il sera ensuite un membre fondateur d'"Unité radicale" puis du Bloc identitaire (la scission avec les "eurasistes" de Christian Bouchet se fit alors, rappelons-le, sur la défense des thèses de Guillaume Faye avec lequel le Bloc rompra cependant par la suite). MàJ nov. 2015 : mais ceci ne les empêche manifestement pas d'assurer la sécurité d'un élu du Front National, dont le symbole reste à ce jour (à notre connaissance...) une flamme tricolore et dont l'hostilité aux affirmations nationalitaires réelles est notoire...]

Mais nous avons simplement trouvé que dans l'interview en lien ci-dessous (datant de 2007 mais ses idées n'ont guère changé depuis), la limpidité de ses propos ("foufous" en apparence mais en réalité très cohérents) donne un aperçu particulièrement clair de ce courant de pensée - à partir de quoi, libre à chacun-e de remplacer "Bretagne" par "Occitanie", "Corse", "Euskal Herria", "Alsace" ou ce qu'il/elle veut, cela revient au même ! Et puis, au-delà de cela, Occitans et Bretons sont embarqués sur le même "bateau France", la question de ce qui est proposé à l'encontre de ce "bateau" nous concerne donc tous et d'ailleurs, Jean-Pierre/Yann-Ber Tillenon a bel et bien un projet pour nous puisque l'Occitanie (d'un seul tenant ou pas, nous ne savons pas, il faudrait le lui demander) doit logiquement faire partie de la dizaine d'"États-régions" par lesquels il veut remplacer l’État français.

Nous vous invitons donc à lire avec attention l'interview ci-dessous, donnée par Yann-Ber Tillenon à un web-magazine de "culture trash" : 

http://www.vice.com/fr/read/extrmement--louest


Et maintenant que vous avez bien lu (avec attention on l'espère), place à l'analyse en profondeur des choses.

En somme, ce que prône Jean-Pierre/Yann-Ber Tillenon, c'est :

- une "Europe-civilisation" autrement dit une Europe impérialiste complètement unifiée, vision (complètement idéaliste et utopique au demeurant) qui relève plutôt (d'habitude) du social-libéralisme, de la démocratie chrétienne ou de la libéral-démocratie bourgeoise mais que l'on trouve aussi (minoritairement) en version d'ultra-droite fasciste depuis toujours (c'est un peu ce que voulait Hitler mais sous suprématie allemande, puis le "nationalisme européen" avec la FANE ou encore l'hebdomadaire "d'opposition nationale et européenne" Rivarol, "l'Europe aux 100 drapeaux" du nationaliste réactionnaire et collabo breton Yann Fouéré dont s'inspire certainement notre "druide", les eurasistes de Jean Thiriart et aujourd'hui les héritiers de ceux-ci ou encore les Identitaires, mais Tillenon pousse la vision encore plus loin) ;

antifabzh.jpg- consistant en une fédération d'"États-régions" fondés sur la "pureté" ethnique... Autrement dit il veut la même chose que les États-"nations" que nous avons actuellement, dans ce qu'ils ont de pire en matière de chauvinisme, xénophobie, suprématisme racial (même masqué sous un pseudo "respect des différences") et exclusion, mais correspondant aux nationalités réelles et non aux territoires que la bourgeoisie d'un Centre (ici en "France" : Paris) s'est annexée comme base première d'accumulation et a proclamé "Nation". Waouh, c'est clair qu'il y a comme un progrès ! Mais enfin, bien léger ; en termes de rupture avec l'idéologie dominante on va dire qu'on a vu mieux... L'on notera aussi que cet État bourgeois moderne, Yann-Ber Tillenon en connaît parfaitement les "piliers" : "1) la monnaie, 2) l’armée, 3) les frontières, 4) la législation" et qu'il reproche en définitive à la "France"... de ne plus les posséder ("L’État français n’a plus de monnaie propre, quasiment plus d’armée et plus de frontières. Quant aux lois, elles sont votées par Bruxelles à 80%").

À l’État français, Jean-Pierre/Yann-Ber Tillenon va donc reprocher non pas sa périphérisation (dès la conquête à la fin du 15e siècle) puis sa négation pure et simple (à partir de 1789) du Peuple breton, parallèlement à la colonisation, à l’asservissement et au génocide d'innombrables Peuples outre-mer, mais son "cosmopolitisme" contraire aux "puretés" ethniques ; "cosmopolitisme" qui fait bien sûr démarrer "vraiment" l'oppression française en 1789 (la Bretagne, c'est bien connu, n'était pas du tout opprimée sous l'Ancien Régime et aucun Bonnet rouge de 1675 ne s'est jamais balancé au bout d'une royale corde !). D'ailleurs, si cet État du Capital bleu-blanc-rouge n'avait pas importé autant de "bicots" et de "bamboulas" pour faire face aux besoins du capitalisme des Trente Glorieuses, on y vivrait peut-être un peu mieux sa périphérisation et sa négation de Breton - c'est en tout cas ce que semblent sous-entendre ses propos ("Le patronat français n’arrivait pas à changer le peuple français. Il a donc préféré changer de peuple en laissant entrer une population allogène plus docile. Mais ça commence à se retourner contre lui." (...) "La France est au bord de la guerre civile." (...) "À Chevilly-Larue [en région parisienne hein, pour précision...], où j’ai ma maison, ma bagnole a cramé pendant les émeutes. Je l’ai vu aussi quand Ben Laden a réussi son coup, ça hurlait de joie dans les cités."). Et pour quelqu'un qui - manifestement - veut nier la construction historique "France" (puisqu'il prône son remplacement par une dizaine d’"États-régions" indépendants), les mots France et Français reviennent un peu beaucoup - et sans guillemets - dans son discours... Et n'est-ce pas un drapeau tricolore français qu'il nous semble bien voir en en-tête de son nouveau blog personnel ? Il y a un moment où il faut savoir !

En définitive, Jean-Pierre/Yann-Ber Tillenon est un "Breton" profondément français d'esprit (de l'aile droite de l'idéologie française) qui vit d'ailleurs (il le dit lui-même) en... région parisienne (Chevilly-Larue) et qui s'imagine que par quelques mesures cosmétiques comme "bretonniser" son prénom, parler un brezhoneg "académique" (qui nie la richesse populaire des dialectes locaux) ou adopter un panthéisme druidique il est en "rupture" avec une construction historique vieille de 800 ans - et l'hégémonie idéologique qui va avec.

Europe100drapeauxDepuis une quarantaine d'années la "France" est en crise profonde (la crise qui annonce, en réalité, sa fin comme réalité historique !) et comme beaucoup d'autres, Tillenon est à la recherche d'une "alternative" (non-révolutionnaire bien entendu, sans autre rupture avec le capitalisme que - éventuellement - le rebaptiser en "socialisme national", "solidarisme" ou autre foutaise). Pour un certain nombre de personnes, cette crise a pour nom "européisme" et il "faut" donc en revenir aux "souverainetés", aux frontières et à la maîtrise de la politique intérieure comme étrangère de naguère (des années 1960) - maîtrise que Tillenon semble d'ailleurs lui aussi regretter. Pour d'autres il "faut" au contraire aller encore de l'avant dans l'intégration européenne, qui serait le "seul avenir de la France" - nous avons vu que cette conception n'était pas vraiment un marqueur clair d'appartenance au libéralisme bourgeois, et que des fascistes pouvaient la partager. Il "faut", peut-être, redéfinir les alignements géopolitiques : il reste (et restera sans doute toujours) des BHL pour être d'un atlantisme inconditionnel, mais pour beaucoup il faudrait se tourner vers la Russie, qui serait actuellement le "conservatoire" des "valeurs européennes" ; une Russie qui devrait pour certains "plus regarder vers l'Europe" (et réciproquement) et moins vers l'Asie et le "tiers-monde" ; tandis que d'autres assument un "eurasisme tiers-mondiste". Pour certains cela doit inclure le "rempart" israélien (qui devrait du coup aller frapper à la porte du Kremlin) face à l'"ennemi mortel" arabo-musulman : c'est le cas de Tillenon qui est proche de Guillaume Faye (100% sur cette ligne) et défend totalement l’œuvre de "restauration nationale" sioniste. Pour d'autres, il faut absolument rejeter cette "jambe" de l'"ordre mondialiste" (l'autre étant bien sûr les États-Unis d'Amérique).

Pour la plupart (comme les Identitaires mais aussi bon nombre d'eurasistes, "solidaristes" et autres nazbols qui se sont tournés vers cette thématique ces dernières années - voir ici et ici par exemple ; ou encore de "néo-païens" dans la mouvance "Terre et Peuple") il y a les "petites patries charnelles" locales qui fleurent bon l'"identité" organique et millénaire (depuis les "Gaulois", "ancêtres" de la moitié de l'Hexagone "français" au grand maximum mais c'est pas grave, voire carrément depuis le Néolithique...), il y a l'Europe "civilisation" et "puissance" à (re-)construire mais entre les deux il y a tout de même l'échelon "France" ("patrie historique") à respecter. Jean-Pierre/Yann-Ber Tillenon fait tout simplement partie des quelques uns (avec les gens d'Adsav par exemple) qui veulent purement et simplement "faire sauter" cet échelon pour rattacher directement leur nationalité réelle à un bloc impérialiste européen à construire ; en d'autres termes il refuse le compromis maurrassien entre les nationalités réelles et l'État/impérialisme BBR. Mais - comme nous l'avons dit - ce qu'il reproche à cette construction historique du Capital sous direction parisienne ce n'est pas son œuvre de transformation des classes populaires en chair à usine et à canon, mais son "cosmopolitisme" : la maigre esquisse de multiculturalisme que les nécessités du capitalisme (certes) et les luttes populaires ont imposé à la société capitaliste "française", et qui lui est déjà insupportable. C'est un séparatisme réactionnaire, visant des objectifs 100% capitalistes ("Californie de l'Europe" etc. etc.) sans même s'embarrasser des "formes" libérales et "humanistes" bourgeoises comme peuvent le faire le PNO ou le Parti breton (ex-aile gauche du POBL, l'aile droite ayant formé Adsav sur des thèses proches des siennes). 

En définitive, Jean-Pierre/Yann-Ber Tillenon (qui livre ici quelques éléments biographiques révélateurs dans un "bel" esprit 100% patriarcal, militariste et temps-béni-des-colonies : "Ancien du 5e RMP né en 1947 à Paris 13e. Je suis d'origine bretonne et alsacienne (...) J'ai été volontaire pour le 5e RMP en Polynésie. Je voulais "voir du pays" et je pensais aux "Vahinés", aux "bains de soleil" et à la sieste sous les cocotiers. J’ai été agréablement surpris de constater que la Légion, en plus des histoires des héros au combat que j'entendais étant gosse pendant la guerre d'Algérie, était  une grande fédération, une grande armée  européenne" - tout un programme !!!) ne "reconnaît plus" la Bretagne ET LA FRANCE de sa jeunesse... et sa "solution" c'est donc le repli sur l'ethnicité "pure" des nationalités réelles, seule à même selon lui d'éviter le "cosmopolitisme" et son corollaire la "décadence", "produits inévitables" de l'appartenance à la construction "France".

breizh gwenhadu komunourSon discours peut paraître "allumé" à première vue, mais en réalité tout se tient. Il a une volonté de puissance pour "sa" Bretagne et son modèle (puisque l'on a parlé d'"alternative" non-révolutionnaire et 100% capitaliste) il le revendique ouvertement : la... Californie ("faire de la Bretagne une Californie de l'Europe"). Excellent modèle en effet... d'un point de vue capitaliste : prise indépendamment, la Californie serait la 10e économie capitaliste mondiale et assurément un pays impérialiste (malheureusement nous sommes anticapitalistes et anti-impérialistes et ce pays n'est donc pas un "modèle" à nos yeux, ni pour la Bretagne ni pour l'Occitanie... nous nous rappelons que la Californie c'est aussi quelques 20 à 25% d'exclus dans une misère noire, une ségrégation sociale sur base "raciale" - mais aussi métropole/"cambrousse" - omniprésente - mais cela n'est sans doute pas pour déplaire au triste sire Tillenon ; des dizaines d'années de prison pour ceux qui "sortent des clous" pour survivre - parfois pour le vol d'une pizza si c'est le "third strike" - etc. etc.).

Il est cependant bien conscient que pour une Bretagne seule (indépendante) cela n'est pas réalisable. Au sein de la "France" cela n'est pas réalisable non plus puisque cet État est (selon lui) un facteur de décadence et une bride pour les "énergies", qui inonde la Bretagne de "bougnoules" et de "négros" sous la chape de plomb d'une "bureaucratie soviétique" ("La France est le dernier régime totalitaire du monde avec la Chine" - il va de soi que pour lui, la Chine incarne encore le "communisme")... Reste donc une Bretagne fédérée au sein d'une Grande Europe blanche et "visionnaire". L'on voit mal comment, dans une telle Europe, la Bretagne pourrait être autre chose que la périphérie qu'elle est actuellement vis-à-vis des régions dominantes (la "Banane bleue"), mais cela n'a guère d'importance pour lui : le Peuple breton, dans le fond, ne l'intéresse pas ; "sa" Bretagne est un "idéal", une "super-vision", un "concept philosophique" et non une réalité sociale sur un territoire donné, fruit d'un processus historique et à transformer dans un processus historique, un projet révolutionnaire de libération pour le Peuple breton (c'est à dire les personnes qui vivent et travaillent aujourd'hui en Bretagne et n'y sont pas des ennemies du peuple, selon la conception léniniste de la nationalité ; et non les personnes qui pourraient revendiquer une "ascendance celte millénaire" !)... Et puis après tout, avec la "Banane bleue" on reste entre peuples "aryens" et respectables n'est-ce pas (Allemands, Flamands, Suisses, Alsaciens etc.) ; notre Yann-Ber étant lui-même à moitié alsacien, donc "banane-bleusien" (la "race supérieure" ?) dans un sens.

Tout cela sent bon l'utopie totale et - donc - l'idiot utile, comme le furent déjà ses prédécesseurs du PNB dans les années 1940. C'est finalement la même chose que les conceptions religieuses réactionnaires (et leurs corollaires antisémites) dans les pays musulmans et les colonies intérieures de cette culture en Europe, ou encore le "kémitisme" de certain-e-s afro-descendant-e-s (conceptions que Soral et Dieudonné s'efforcent de "drainer" vers l'extrême-droite "gauloise" FN, tentant en quelque sorte de reproduire le "compromis maurassien" mais cette fois-ci avec les "non-blancs") : des résistances RÉACTIONNAIRES d'ensembles humains donnés contre la domination centraliste et impérialiste des États du Capital (domination dont un aspect possible est l'"uniformisation", à laquelle Tillenon réduit tout le problème) ; résistances tournées vers un passé idéalisé, vers le "paradis perdu" et la "tradition" ("une nouvelle SOCIÉTÉ TRADITIONNELLE celtique au 21e siècle, siècle de la postmodernité" - ici) et non vers la construction de l'avenir démocratique-réel et communiste de l'humanité ; mais auxquelles il ne faut pas non plus fantasmer plus d'importance qu'elles n'en ont, autrement dit en faire la menace fasciste stratégiquement principale de notre époque, car la (para)phrase de C.L.R. James qui s'applique aux colonies intérieures "non-blanches" s'applique également aux Peuples "blancs" niés par la construction historique de l’État : l'on peut affirmer sans problème que "tout mouvement fasciste d'étendue hexagonale (aussi déguisé soit-il) sera obligé de s'attaquer à l'affirmation des Peuples niés et périphérisés", ce que devraient suffire à prouver (toutes) les prises de position du Front National sur un sujet aussi picrocholin que la Charte européenne des langues minoritaires et régionales, ou encore l'expérience de la "Révolution nationale" Strollad komunour breizhvichyste en 1940-44 - quand bien même les amis de Yann Fouéré tentèrent de la court-circuiter en traitant directement avec les Allemands. Pour autant, cela existe et il nous faut donc prendre position dessus - ne serait-ce que, comme nous l'avons dit, parce que cela sert d'argument vivant à nos petits détracteurs "de gauche".

Il faut dire hélas (mais l'autocritique est ici essentielle) qu'à cela, c'est-à-dire tant aux délires d'un Tillenon qu'aux "argumentations" jacobines élaborées à partir de ce genre de "cas d'espèce", les limites de nos luttes autonomistes ou indépendantistes de gauche (progressistes ou révolutionnaires) ont souvent tendance à prêter le flanc. Voici ce que nous pouvions déjà écrire il y a deux ans à ce sujet :

"Il faut véritablement s'arrêter et insister lourdement sur ce point, car il est fondamental et l'aboutissement de tout ce que nous venons de voir. L'on observe en effet très largement, dans l’État français mais aussi dans les autres (État espagnol etc.), une tendance de l'affirmation (y compris progressiste, y compris révolutionnaire) des Peuples niés qui en constitue selon nous une grande limite : la tendance à vouloir prioritairement délimiter un territoire "national" "au village près", sur des critères notamment linguistiques (et "culturalistes"), débouchant parfois sur des prises de bec avec d'autres affirmateurs de Peuples voisins etc. etc. - l'on pourrait peut-être employer, pour qualifier cette déviation, le terme rabelaisien de "picrocholinisme".

Un travers que l'ennemi (centraliste bleu-blanc-rouge, espagnoliste etc.) ne se prive d'ailleurs pas de retourner contre nous, se découvrant soudain... "anti-centraliste" et "anti-expansionniste" pour nous traiter précisément de cela, de centralistes et d'expansionnistes, nous accusant de vouloir nier la grande diversité régionale de l'Occitanie (bien réelle avec ses 6 ou 7 aires linguistiques et culturelles elles-mêmes subdivisées) ou mettant en avant la question du gallo en Bretagne ; ou encore, dans l’État espagnol, rappelant le particularisme de telle partie d'Andalousie (Almeria, Grenade) ou de tel pays catalan (Valence, Baléares). C'est là une tactique éprouvée et vieille comme le monde, qui porte un nom dont vous nous passerez la grossièreté : l'enculage de mouches. Autrement dit l'ergotage, le pinaillage sur des points de ce style pour faire s'effondrer la question principale d'une revendication sous un "bombardement" de questions secondaires. Ce à quoi nous avons, hélas, amplement tendance à prêter le flanc - de par les limites de notre compréhension des choses.

Car il est bien évident que la diversité linguistique et culturelle des régions de la vaste Occitanie ne les inclut pas moins dans ce qu'il faut bien appeler la question méridionale de l'Hexagone, qui EST la question principale ; de même qu'en Bretagne le brezhoneg (parlé au Moyen Âge jusqu'aux portes de Rennes et Nantes) a finalement beaucoup moins reculé face à l'oïl du Val de Loire (donnant le gallo) que le gaélique irlandais face à l'anglais, et pourtant personne (en tout cas beaucoup moins de monde) ne se risque à nier l'Irlande comme réalité et question nationale face à son oppresseuse historique - l'Angleterre.

C'est la raison pour laquelle il faut marteler et marteler encore, ici et ailleurs, maintenant et à l'avenir que la question est SOCIALE, la lutte est SOCIALE. C'est particulièrement net en Occitanie, qui ne peut pas se revendiquer historiquement d'un État unifié (ni moderne ni même pré-moderne) sur l'ensemble de son territoire : l'Occitanie existe par la France, comme POSITION SOCIALE (socio-territoriale) au sein de l'ordre français ; au même titre que (par exemple) le Mezzogiorno italien (qui s'identifie largement, mais pas totalement à l'ancien Royaume de Naples) ; et la lutte qui l'affirme est une lutte pour se libérer de cette position (mais cela est également valable pour la Bretagne ou pour la Corse, qui peuvent se revendiquer d'un État souverain par le passé). La "libération nationale", terme auquel nous préférons celui de Libération révolutionnaire du Peuple (LRP) car "national" inclut nécessairement la bourgeoisie, n'est pas quelque chose qu'il s'agirait de "combiner" d'une manière ou d'une autre avec la "libération sociale", autrement dit la lutte de classe : elle EST l'expression spécifique de la lutte de classe du Peuple travailleur, dans les conditions spécifiques d'un Peuple absorbé et nié par un grand État moderne lors de sa formation.

La lutte pour la langue est une lutte pour la "reconquête de soi" en tant que Peuple, en antagonisme avec l’État qui veut faire de nous ses "citoyens" uniformisés autrement dit les petits soldats productifs de son Capital : c'est une lutte très importante mais subordonnée ou, plus exactement, impliquée par la lutte sociale qu'est la libération révolutionnaire (anticapitaliste) en tant que Peuple travailleur inscrit dans un certain ordre social au sein des frontières d'un État (des murs d'une prison, d'un enclos à force de travail).

En définitive, soit l'on a compris cela soit on ne l'a pas compris ; et c'est alors la porte ouverte à toutes les dérives (isolement folklorique et inexistence politique, électoralisme et incrustation dans le système que l'on dénonce, populisme voire xénophobie réactionnaire) quelle que soit la quantité de vent que l'on brasse par ses moulinets nationalistes."

Nous, nous ne vivons pas dans la nostalgie de notre jeunesse occitane en France ; nous ne la regretterions pas même si nous étions nés au Moyen Âge (avant la Conquista) ; mais ce n'est de toute façon pas le cas : nous avons toujours vécu dans un enclos à force de travail dénommé "France" et sur un territoire occitan qui s'est vu attribuer une certaine place - périphérique, provinciale - en son sein. Nous regardons vers l'avenir et l'avenir, pour nous comme pour toute l'humanité, c'est d'en finir avec cette réalité et ce paradigme historique pour passer à autre chose. Nous ne sommes pas non plus spécialement nostalgiques de l'époque où "80% des lois" qui servent à nous opprimer n'étaient pas "faites à Bruxelles" : nous combattons bien évidemment l'Union européenne comme appareil de classe capitaliste mais nous voyons aussi, il faut le dire, plutôt positivement ce symptôme d'affaiblissement de l’État et de l'impérialisme bleu-blanc-rouge.

La "France" est le nom d'un appareil politico-militaire ET IDÉOLOGIQUE (= de "contrôle des consciences") servant à encadrer une masse de force laborieuse au service de l'accumulation de capital (production de plus-value). Ce mode de production, le capitalisme, a été une étape atrocement douloureuse mais nécessaire et incontournable de l'histoire de l'humanité, sans laquelle nous aurions encore une espérance de vie d'une trentaine d'années, nous serions à la merci du moindre aléa climatique ou de la moindre épidémie, etc. etc. Une étape "progressiste" en ce sens d'historiquement nécessaire, au sens où la longue marche de l'humanité vers le communisme devait passer par là exactement comme elle devait passer par le pire esclavage de l'Antiquité, ou comme la vie qui naît doit passer par l'accouchement, atrocement douloureux lui aussi (ce terme de "progressiste" a cependant pris aujourd'hui une connotation positive qui fait que nous évitons de l'employer au sujet du capitalisme et de son œuvre, car cela nous semble incompatible avec la LUTTE idéologique et physique que nous livrons contre lui).

Mais aujourd'hui ce mode de production a fait son temps et n'est plus en mesure d'apporter le moindre progrès à l'humanité, seulement le lot de désastres et de violences inhumaines qui l'ont toujours accompagné (Marx disait que le Capital "arrive au monde suant le sang et la boue par tous les pores"). Dès lors, nous devons et voulons abattre ce mode de production capitaliste et EN FINIR avec ses États/appareils d'encadrement politico-militaire et idéologique. Cela conduira forcément, en brisant ces murs, à en libérer les Peuples (ensembles de travailleurs partageant une même culture, une même histoire, une même économie productive) qui pourront dès lors (à nouveau) avancer vers l'avenir : la Commune Humanité.

Des Peuples LIBRES ET SOCIALISTES qui soient comme des PONTS JETÉS VERS L'UNIVERSEL, tel est ce pour quoi nous luttons ; et certainement pas pour des répliques en "modèle réduit" des États capitalistes que nous subissons et combattons actuellement, a fortiori dans ce qu'ils ont de pire (chauvinisme, racisme), au service d'une fantasmagorique "Europe puissance" pour la "défense du monde blanc" (traduction : des monopoles européens) !

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* L'on s'arrêtera ici pour souligner la cocasserie de la chose car en réalité (et en dernière analyse), si l'on regarde bien les deux principales racines de l'extrême-droite "régionaliste", nous avons : 1°/ le courant de pensée maurrassien qui a toujours rejeté le centralisme parisien et exalté les identités "régionales" comme composantes de la "civilisation française" (certains éléments comme Tillenon "sautant" à présent l'échelon "France" pour inclure directement leur "identité" bretonne ou occitane ou autre dans l'"Europe blanche") ; et 2°/ des indépendantistes ou autonomistes qui ont été de gauche dans les années 1970, comme (dans une certaine mesure) Tillenon ou (surtout) Montauzier d'Adsav... et qui ont dérivé vers la droite selon exactement le même cheminement intellectuel qu'un nombre considérable (pour ne pas dire une majorité) de gens-de-gôôôche tout ce qu'il y a de plus "républicains", jacobins et "universalistes" "français" - en un mot, "tous ces immigrés/Arabes/Noirs/musulmans un peu ça va - on est pas racistes hein ! - mais trop c'est trop, et pis ils s'intègrent pas, ils veulent nous imposer leur religion et leur culture arriérée etc. etc., alors bon ils seraient peut-être mieux chez eux quand même"... Sauf qu'au lieu de tenir ce raisonnement dans le cadre de la "Républiiiiique"/"citoyenneté" et des "valeurs" bleu-blanc-rouges, ils le tiennent dans le cadre de l'"identité" et de la "patrie charnelle" de leur nationalité réelle (Bretagne, Occitanie etc.). Les jacobinards "républicains"-"universalistes"-"de gôôôche" ont donc beau jeu de nous donner des leçons, et feraient mieux de garder celles-ci et de ses les introduire dans un endroit plus approprié.

 

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DOSSIER PALESTINE (conflit de juillet 2014) :
Sionisme, islamisme et ennemi principal : quelques précisions
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Flash info en direct : ils ont semé la hoggra, ils ont récolté l'Intifada !
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Petites considérations sur le sionisme et l'identification-"obsession" palestinienne
Considérations diverses : une mise au point nécessaire sur nos positions internationalistes et aux côtés des Peuples

juin 2014

POSITION DES COMMUNISTES RÉVOLUTIONNAIRES DE LIBÉRATION OCCITANE SUR LES ÉLECTIONS MUNICIPALES ET EUROPÉENNES DES PROCHAINS MOIS

L'affaire Dieudonné-Valls :
Plutôt bon article sur la ‘Déclaration de guerre de la République à Dieudonné’ (la pseudo-controverse réactionnaire entre l’antisémite dégénéré et les gardiens du temple républicain)
Quelques mises au point complémentaires (et conclusives) sur la ‘‘question Dieudonné’’ (et Dreyfus, le Front populaire, l’antisémitisme etc.)
Réflexion théorique : loi Gayssot, lois antiracistes et "mémorielles", "antifascisme" bourgeois etc., quelle position pour les communistes ?

Dossier Breizh :
Breizh : comment l'étincelle écotaxe a mis le feu à la lande
"Esclave", "identitaire", chouan, cul-terreux arriéré de service : pour paraphraser Césaire, "n'allez pas le répéter, mais le Breton il vous EMMERDE"
Considérations diverses – en guise de ‘‘petit debriefing’’ de ces derniers mois : Bretagne, fascisme, ‘‘Lumières’’ et Kaypakkaya… (point 1)
Considérations diverse (26/11/2013) : eh oui, Servir le Peuple a toujours quelques petites choses à vous dire ;-) (point 1)
Appel de la gauche indépendantiste bretonne (Breizhistance) pour le 30 novembre (avec notre critique de la position du ROCML)
Le Top Five des drapeaux qui n'ont PAS été inventés par un druide nazi  (mortel !)
Et en guise (provisoire) de conclusion : La Gauche indépendantiste bretonne revient sur la mobilisation de Karaez/Carhaix

Comité de Construction du PCR des Terres d'Òc : Déclaration du 11 Novembre

La phrase du moment :

"La tyrannie cessera parmi mon peuple ; il n'y aura que liberté, liberté toute nue, sans déguisement. Bouleversements d’États entiers : je les renverserai de fond en comble, il n'y aura rien de reste. Il va y avoir de terribles renversements de conditions, de charges et de toutes choses. Je veux faire un monde nouveau, je veux tout détruire. Je veux appeler à moi la faiblesse, je veux la rendre forte. Pleurez gens du monde, pleurez grands de la terre, vos puissances vont tomber. Rois du monde, vos couronnes sont abattues !"

Élie Marion, "prophète" et guérillero camisard cévenol, 1706.

Amb l'anma d'un Camisart, Pòble trabalhaire d'Occitània endavant !

 

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Récapitulatif des "grandes thèses" de Servir le Peuple


À lire également, les Considérations Diverses, petits "billets" trop courts pour faire un article et donc regroupés par trois, quatre ou plus, exprimant notre CONCEPTION DU MONDE sur toute sorte de sujets. 


En finir avec la 'France', appareil politico-militaire et idéologique de nos oppresseurs ! (1) et (2) 

En finir avec la 'France' (3) : l'État bourgeois contemporain et nos tâches

Même étude sur l'État espagnol (1 et 2) ; le Royaume-Uni (1 et 2) et l'Italie.

 

APRÈS 8 SÈGLES… (Huitième centenaire de la bataille de Muret 1213 & DÉCLARATION FONDATRICE de notre Comité de Construction du PCR-Òc)

 

V. I. Lénine : "Il y a deux guerres" 

 

Le 18 Juin, une date symbolique pour les fascistes


Réflexion sur la déviation ouvriériste – Avant-propos

Réflexion sur la déviation ouvriériste : la classe ouvrière, le prolétariat et la révolution. 


Sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Rectificatif sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Encore une fois sur le "Bloc populaire" et la QUESTION ELECTORALE


Harry Haywood contre la Théorie des Trois Mondes et les dérives réactionnaires des « prochinois »


TKP(ML) : On ne peut pas être communiste sans défendre le maoïsme


La Question nationale au 21e siècle 

Considérations diverses : un (gros) pavé sur la Question nationale...

Clarification sur l'encerclement du 'Centre' par la 'Périphérie'

 

Pour comprendre la Tempête arabe, avoir une analyse de classe correcte de la situation

(n)PCI : La révolution démocratique anti-impérialiste des pays arabes et musulmans

 

2011 : un point indispensable sur le fascisme et l'antifascisme pour les années à venir

 

Thèses fondamentales pour la construction partidaire


Sur le processus révolutionnaire

Sur le processus révolutionnaire (2) : vers le communisme

 

La "négation de la négation" et le maoïsme


Considérations diverses : Sur la question du SECTARISME

 

(Conception du monde) Le Parti révolutionnaire : ARTISAN conscient... ou 'accompagnateur contemplatif' du mouvement historique ?


Sur la 'révolution permanente' et le trotskysme

 

Le 'centre mlm' de Belgique, la Guerre populaire et le (n)PCI (sur la stratégie révolutionnaire en pays impérialiste) ; et dans la continuité :

Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (1ère partie)

et Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (2e partie)

 

 

Sur le document "Expériences, débats et perspectives" du PC d'Équateur - Comité de Reconstruction, adressé au Mouvement communiste international

 

EXCLUSIF : Lotta Continua - "Prenons la Ville !" (1970) [avec un salut rouge et fraternel à l'AA Bordeaux ]


Manifeste Programme du (n)PCI

Présentation

du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)

 

(Chapitre I): PDF - WORD

 

Le Plan Général de Travail ((n)PCI)

 

 MANIFESTE COMPLET

(version non-définitive ; chap. 4 et 5 pas encore validés par les camarades italiens)

 

IMPORTANT pour la compréhension du Manifeste :

La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)

article de 1985 paru dans Rapporti Sociali n°0

[en bas de la page en lien, icône
PDF - Télécharger le fichier pour télécharger le document]

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25 avril 1945 : le Peuple italien terrasse le fascisme

25 avril 1974 : la Révolution des Oeillets met fin au salazarisme

 

24 mars 1976, noche negra de Argentina : pour ne jamais oublier

La dictature militaire argentine de 1976 - 1983

 

Pierre Mulele, héros et martyr d'Afrika


Thomas sankara, leader d'un authentique processus révolutionnaire

Le 15 octobre 1987 tombait thomas sankara, le "che" africain 

 

Etudions l'histoire de la Révolution chinoise


Bref panorama historique révolutionnaire des Amériques


Quand Argala répondait (par anticipation) à certaines "lumières éclairées" du "marxisme" le plus social-chauvin...


Document historique : Déclaration "Aux Peuples d'Amérique latine" par la Junte de Coordination Révolutionnaire (Tupamaros-MIR-ELN-ERP) - 1er novembre 1974


35 ans après le coup d’État pro-soviétique, les peuples d'Afghanistan continuent de résister héroïquement aux envahisseurs impérialistes


Grande étude historique : du païs à la Commune populaire, de la communauté populaire précapitaliste à la société communiste

Illustration de la théorie par un exemple historique : la Guerre des Demoiselles en Ariège

Et en guise de récapitulatif/synthèse : Considérations diverses sur les États, les Nationalités, la Subsidiarité et le Pouvoir populaire ; ici (point 1) : Considérations diverses – fin octobre 2013 : État et révolution bourgeoise et ici : Considérations diverses : 1/ Le cœur des nations est aujourd’hui le Peuple