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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 20:38

 

1. Ces derniers jours, la résistance populaire en Grèce a encore atteint des sommets, encore franchi un cran dans l'affrontement avec le Capital et son État. Un État désormais incarné par un gouvernement "technique" ouvertement fantoche, marionnette de l'UE et sa BCE, créature de l'axe impérialiste franco-allemand.

La Grèce est en effet, et cela apparaît ici clairement, un pays capitaliste dépendant, "avancé mais dominé", comme peuvent l'être l'Argentine ou la Corée du Sud : le mode de production capitaliste y est très clairement dominant (bien que des forces féodales y soient encore importantes, comme l’Église orthodoxe, plus grand propriétaire foncier du pays et jusqu'à récemment exemptée de taxes et d'impôts...), mais les capitaux étrangers (principalement des "grands" pays d'Europe : France, Allemagne, Italie...) y sont archi-dominants dans ladite production. Jusqu’aux années 1970, la Grèce était un pays ultra-arriéré, sous protectorat US de fait (anglais jusqu'en 1940), pour le contrôle géostratégique de la Méditerranée orientale ; ce qui se traduisit notamment par la terrible dictature des Colonels (1967-74). Mais après la chute de celle-ci (suite à des contradictions nationalistes avec l’État turc, autre allié régional de premier plan de l'impérialisme US), une "démocratie" bourgeoise aux mains de quelques "dynasties" politiques (les Papandréou, Karamanlis...) fut instaurée et la Grèce fut progressivement intégrée à l'UE (1981), comme "champ d'investissement" et débouché commercial pour les impérialistes français, allemands, anglais, italiens, d'Europe du Nord etc. (les nord-américains gardant de solides positions). Comme le furent à la même époque l’Espagne et le Portugal, et quelques années plus tard, les pays d'Europe de l'Est "libérés" du "socialisme réel" révisionniste.

La bourgeoisie locale revêt un caractère oligarchique (voire bureaucratique-féodal, comme on l'a vu avec l’Église) caractéristique d'un pays non-impérialiste. Néanmoins, celle-ci, "les yeux plus gros que le ventre", a voulu "singer" les "grands frères" ouest-européens et "moyenniser" les masses populaires (par l'emploi public, l'aide sociale), pour en faire un grand marché intérieur (ce sur quoi ne crachaient pas non plus, sur le moment, les monopoles étrangers). Mais cela était complètement artificiel, et ne pouvait PAS tenir au regard de la base d'accumulation et des ressources de la bourgeoisie grecque. L’État se révéla finalement, à la fin des années 2000, surendetté à quelques 120% du PIB national ; et voilà l'effondrement où nous sommes, avec des masses populaires ravalées (bientôt) au niveau de vie du Proche-Orient ou de l'Afrique du Nord, voire pire. Un crash économique et social qui rappelle, furieusement, celui de l'Argentine en 2001-2002 (ou encore, à la fin des années 90, celui des "dragons" est-asiatiques).

Une anecdote terrible : des paysans, venus en solidarité distribuer (à prix coûtant voire gratuitement) leurs produits aux masses des villes en lutte, ont vu se ruer sur leurs stands des milliers de personnes qui commencent à ne plus manger à leur faim !

Les services vitaux (eau, électricité) sont coupés à des millions de personnes, des millions encore sont en impayés de loyers et menacées d'expulsion, ou se privent de soins médicaux. Des travailleurs jetés à la rue, des petits entrepreneurs ruinés se suicident par le feu, comme dans les pays arabes. La prostitution, dans une société très patriarcale où les femmes dépendent souvent des hommes économiquement, est en explosion.

Comment s'étonner, alors, du déchaînement de rage prolétaire et populaire qui a explosé à travers tout le pays le week-end dernier ? Malheureusement, comme bien des fois auparavant, l'explosion risque de retomber comme un soufflé. Car il n'y a pas, dans ce pays, d'avant-garde organisée du mouvement qui soit susceptible de structurer, orienter et surtout MAINTENIR la lutte de masse dans la durée, de manière prolongée, jusqu'au renversement de la classe dominante. On remerciera, au passage, une certaine misérable petite "avant-garde autoproclamée" de nous faire remarquer cette absence, dont les communistes conséquents sont bien conscients depuis le début de la "crise grecque" ; et, surtout, de ne rien proposer comme perspective (comme d'habitude : toujours que critiquer).

Il faut être bien clairs sur une chose : les masses populaires grecques, dans leurs souffrances comme dans leur insurrection et leur refus de la fatalité, sont HÉROÏQUES et ne méritent que notre respect, et rien d'autre. Ce n'est pas du côté de Servir le Peuple que l'on déversera sur elles des tombereaux de mépris et d'aigres vomissures, comme le font (fidèles à eux-mêmes) les "jefaturas" aussi éclairées qu'autoproclamées de Voie Lactée : "aucune culture communiste" (dans le pays de la plus héroïque guerre antifasciste d'Europe, 1940-49 !), "chauvinisme" (alors que la Grèce, on l'a dit, est un pays dépendant : il est donc normal que des sentiments nationaux se greffent sur la question sociale ; et ces sentiments peuvent même être utilisés tactiquement, maintenant qu'il y a un gouvernement ouvertement fantoche de Paris et Berlin !), etc. etc. La meilleure, c'est quand même lorsqu'ils disent que "dans un émeute du 1er Mai à Berlin, on arrive au même résultat (que dans la nuit d'émeute de dimanche dernier), avec seulement quelques milliers de personnes" ; autrement dit, les mobilisé-e-s de Grèce seraient des "couilles molles" : voilà une analyse qui sent bon le "concours de bites" et guère l'"anti-virilisme" pourtant sans cesse proclamé. Et, de surcroît, c'est complètement faux : il n'y pas "quelques milliers" de manifestant-e-s à Berlin le 1er Mai, mais des centaines de milliers (des partis, syndicats etc.) ; ce qu'il y a, ce sont quelques milliers de black et red blocks ; et c'était exactement la même chose en Grèce le week-end dernier : des centaines de milliers de manifestant-e-s, mais seulement quelques milliers allant "au fight" à Athènes et quelques centaines dans les autres villes, l'immense majorité restant dominée par le légalisme de type KKE ou SYRIZA - et c'est bien là TOUT LE PROBLÈME. Mais, pour nos avant-gardes autoproclamées, le problème serait que... les manifestant-e-s ne se sont pas fait-e-s tirer dessus comme des lapins (ce qui démontrerait que "l’État maîtrise le processus") ! Fidèles à eux-mêmes, on vous dit...

2. Le problème en Grèce, donc, est là. Ce n'est pas, comme diraient les trotskystes, un simple "problème de directions" bureaucratiques et réformistes, qu'il suffirait de mettre face à des revendications "débordant automatiquement le cadre du capitalisme" (ce que les trotskystes s'échinent à faire depuis 70 ans). Les directions traîtres, bureaucratiques, néo-bourgeoises (la bureaucratie syndicale est effectivement un gros problème en Grèce, peut-être l’équivalent de l'Argentine...) s'appuient évidemment sur une culture politique qu'elles ont injecté dans les masses, et qui leur donne une base populaire.

Quelles sont, en Grèce, les organisations se réclamant du communisme ?

- Il y a d'abord le "célèbre" KKE, avec sa jeunesse (KNE) et son syndicat "de lutte", le PAME. Le bloc KKE/KNE/PAME est réellement massif, il compte plusieurs centaines de milliers de militant-e-s (et pèse entre 8 et 10% aux élections). Par rapport à beaucoup de P"c" européens issus du défunt Komintern (sans même parler de ceux devenus explicitement soc'dem', comme l'ancien PCI), son discours apparaît à beaucoup d'égards "radical". Certes, la banderole "Peoples of Europe, rise up !" hissée sur le Parthénon est devenue célèbre... Mais c'est un Parti qui joue le rôle, pour faire court, du couple PCF/CGT de l'époque Marchais, au temps de "Raymond (Marcellin) la Matraque" : c'est un défenseur des institutions et de l’État bourgeois, sous un discours "souverainiste" (social-chauvin) selon lequel tous les problèmes viennent de Bruxelles. Depuis 1973 (déjà, à l'époque des Colonels !), lors de la célèbre insurrection de l’École polytechnique d'Athènes, il est connu pour son rôle de défenseur politique et parfois PHYSIQUE du Pouvoir : tout antagonisme de classe assumé est pour lui de la "provocation fasciste" ! Ses jeunesses KNE sont surnommées "KNAT" par les anarchistes, par contraction-jeu-de-mot avec les MAT qui sont les unités de police anti-émeute ; et son mot d'ordre actuel est que la révolution grecque se fera "sans casser une seule vitrine" : autant dire que ça va aller loin... Malheureusement, la grande majorité de la classe ouvrière et du petit emploi public sont sous sa coupe.

- Il y a la coalition dite "SYRIZA" (Coalition de la Gauche radicale), constituée autour des soc-dem's de Synapsismos (SYN), issus de l'eurocommunisme des années 1980. Ses résultats électoraux tournent autour de 5%. On y trouve divers groupes "alternatifs", "écologistes de gauche", trotskystes "modérés", mais aussi, dans une participation "critique", une organisation se réclamant de Mao Zedong : le KOE. C'est une organisation assez importante, qui compterait un gros millier de militant-e-s (soit, rapporté à la population grecque, l'équivalent de Lutte Ouvrière ici). Malheureusement, dans sa pratique, elle est un peu l'équivalent de la LCR des années 1990-2000... Sa position vis-à-vis du mouvement "indigné" de Syntagma (assez radical, par rapport à la moyenne "indignée" en Europe) était suiviste, droitière : ne surtout pas venir "perturber" le mouvement avec des mots d'ordre marxistes révolutionnaires, "dogmatiques" selon eux, etc. Au final les déclarations de l'"Assemblée de Syntagma" étaient plus radicales, plus révolutionnaires que les positions de l'organisation elle-même !

- Une dernière coalition a vu le jour en 2009 : ANT.AR.SY.A, acronyme de "Front de la Gauche anticapitaliste", en grec "Coordination de la Gauche anticapitaliste pour le Renversement" (le mot grec "antarsya" signifie "soulèvement", "révolte", "mutinerie"). Elle est en grande partie issue de l'ancien "Front de la Gauche radicale" (MERA). Là aussi, la coalition regroupe essentiellement des formations trotskystes (OKDE-Spartakos, SEK "frère" de SWP), de "gauche anticapitaliste", des Jeunesses issues du KKE (sorties lorsque celui-ci, à la fin des années 1980, alla jusqu'à faire alliance avec la droite réactionnaire de Karamanlis !) ; mais aussi une organisation "pensée Mao Zedong", l'EKKE (Mouvement Communiste Révolutionnaire de Grèce). Nous n'avons pas plus d'informations sur celle-ci, hormis cette courte présentation en anglais. La coalition a fait une (petite) percée aux élections locales de 2010, avec 1,8%.

Globalement, l'idée qui sous-tend les deux "coalitions" ci-dessus, avec des alliances qui peuvent paraître, ici, tellement contre-nature (des "maos" avec des trotskystes et des "anticapitalistes" divers), c'est l'idée qu'avant d'envisager tout processus révolutionnaire, il faut reconstituer en Grèce une "vraie gauche", "populaire, radicale, anticapitaliste", "en rupture" avec le système politique dominé par deux partis-familles (PASOK-Papandréou et ND-Karamanlis) et le KKE dénoncé comme leur "caution de gauche". Ceci reflète bien l'ampleur du traumatisme des communistes grecs, le vide béant laissé par la trahison du KKE dans les années 1950 (la direction révolutionnaire, réfugiée en URSS, fut liquidée sur ordre de Moscou), trahison qui laissa les masses désarmées face aux sanglants Colonels, et à la république oligarchique qui leur succéda...

Mais c'est prendre les choses totalement à l'envers : c'est en construisant, en développant, en perfectionnant le Parti que l'on agrège, développe et renforce autour de lui le Front populaire anticapitaliste ; et non l'inverse (le renforcement du Front qui développe le Parti).

En dehors de ces coalitions se trouve également un KKE(ml), issu de la rupture antirévisionniste "historique" (années 60), qui se réclame lui aussi de Mao Zedong. Il fait cavalier seul depuis le début des années 2000. Il se présente également aux élections, avec des résultats extrêmement faibles (de l'ordre de quelques milliers de voix). Il est peu probable, quoi qu'il en soit, qu'il ait réussi à surmonter les limites qui ont conduit le marxisme-léninisme, en Grèce comme ailleurs, à la faillite révisionniste (la première des années 1950-60 (khrouchtchévisme) ; comme la deuxième, de la plupart des "antirévisionnistes" des années 1960, à partir des années 1980).

Il y a encore cette découverte "marrante" (et récente) : l'OAKKE. Fondée au milieu des années 1980, issue d'un certain "atlanto-trois-mondisme" de ces années-là, elle est tout simplement l'équivalent (en peut-être plus "franc du collier") de ce qu'était ici le 'p''c''mlm' en 2008-2010 : l'ennemi principal pour l'humanité d'aujourd'hui est l'impérialisme russe (!), héritier du social-impérialisme soviétique, équivalent au 21e siècle du IIIe Reich nazi ; et ceux qui dénoncent et combattent les impérialistes ouest-européens, nord-américains ou encore les crimes colonialistes du sionisme sont ses alliés objectifs (voir un florilège de leurs délires ici). CQFD...

Et puis, enfin, il y a le "BLOC" ANARCHISTE. Si l'on peut parler d'un "bloc"... Car, si le mouvement anarcho-communiste et libertaire est d'une ampleur inégalée en Europe, il est divisé, groupusculo-sectaire, les groupes n'ayant aucune coordination (autre que très formelle), voire étant parfois rivaux entre eux. Ceci se surajoute à la limite historique (et éternelle) de l'anarchisme : penser que l'on peut "nier", "dissoudre" l’État, refuser son renversement et son remplacement par un État révolutionnaire du prolétariat, bref, le non-dépassement total des limites de la Commune de Paris, du mouvement révolutionnaire du 19e siècle... l'incompréhension que "HORMIS LE POUVOIR, TOUT EST ILLUSION" !

Les "black-blocks" hellènes sont une véritable armée qui pourrait, sur une lutte prolongée de plusieurs années, balayer le vieil État pourri et ses maîtres impérialistes de Paris, Berlin et Bruxelles... Mais ils ne prendront jamais le pouvoir (pour instaurer le communisme dont ils se réclament), puisqu'ils... ne le veulent pas !

Parallèlement existent quelques groupes menant la lutte armée, correspondant à la définition (et à toutes les limites) des "minorités agissantes" et de la "théorie de la suppléance" : Lutte Révolutionnaire est actuellement le plus connu ; l'historique "17-Novembre" a été démantelé en 2002.

3. On voit donc toute l'ampleur du problème en Grèce... Le pays s'enfonce inexorablement dans une "re-tiers-mondisation" ; tandis qu'au vu du panorama ci-dessus, la décantation permettant l'émergence d'un Parti révolutionnaire du prolétariat (et, de là, d'un Front anticapitaliste autour de lui) pourrait prendre des années, voire une décennie... Car il ne suffit pas de "balayer les directions pourries" comme le pensent les trotskystes : il faut d'abord qu'une avant-garde émerge, se fasse reconnaître par la frange avancée du prolétariat, puis, seulement, commence à arracher les larges masses à l'emprise néfaste des réformistes, des révisionnistes, des partis bourgeois (pour lesquels il y a bien des millions de gens qui votent !) sans parler des fascistes, qui commencent à monter en puissance. Et les conceptions d'aucune organisation marxiste-léniniste, "pensée Mao" ou maoïste ne semblent pour le moment à la hauteur...

Il faut dire aussi, sans doute, que le mouvement révolutionnaire en Grèce souffre d'une terrible tare : si le pays, en effet, fut avant-guerre surtout un protectorat britannique (et US ensuite), l'influence intellectuelle y est largement FRANÇAISE : autrement dit, amour du dogme et de la phrase intellectuelle, certitude de "détenir LA Vérité" et tendance au génie autoproclamé, faible propension à l'autocritique etc. etc. Ceci côtoyant une forte culture syndicalo-réformiste et légaliste (ce qui tombe bien : comme la bourgeoisie argentine, la bourgeoisie grecque a besoin d'un fort encadrement bureaucratique-syndical des masses laborieuses), à laquelle "réagit" un anarchisme décomposé ; tandis que le trotskysme (mécaniste cartésien) pense qu'il suffit de mettre les "directions" face à des revendications "débordant automatiquement le cadre du capitalisme" pour les "démasquer" et lancer les masses "à l'assaut du Palais d'Hiver", "comme en 17" !

POUR AUTANT, non seulement CE SONT LES MASSES QUI FONT L'HISTOIRE et elles méritent notre respect (et non notre "regret" qu'elles ne se soient pas faites trouer la peau, parce qu'une "vraie révolution", vous comprenez, "faut que ça saigne" !) ; mais c'est de leur MOUVEMENT RÉEL, celui de la lutte de classe, que naît et émerge l'avant-garde la plus consciente et organisée, le PARTI. Et pas "d'en haut", des sphères "éclairées" de quelques petits-bourgeois intellectuels déclassés, cherchant dans la révolution l'importance existentielle que leur (très haute) estime d'eux-mêmes, bien au-dessus de la réalité, ne rencontre pas dans la société actuelle ; puants d'arrogance et de prétention ; "Parti" autoproclamé de la "Science" et de "l'Intelligence"... qui croit que Michel Aflaq, chrétien syrien et fondateur du Baas laïc, est (tenez-vous bien) un fondamentaliste musulman !

Les communistes, non seulement se tiennent fermement et indéfectiblement aux côtés des masses dans leurs souffrances et leurs luttes, où que ce soit sur la Terre (cosmopolitisme pour nos "lumières éclairées") ; mais ont une FOI ABSOLUE dans celles-ci et dans leur capacité à trouver la voie et les instruments (dont l'avant-garde) de leur émancipation. "Les masses sont la lumière même du monde... elles sont la fibre, la palpitation inépuisable de l'histoire ; quand elles parlent tout tremble, l'ordre chancelle, les cimes les plus hautes s'abaissent, les étoiles prennent une autre direction, parce que les masses font et peuvent tout", disait le grand dirigeant communiste Gonzalo, dont ces imposteurs aiment à vernir leur mascarade de "MLM". Avant de préciser "le Parti les dirige" ; et c'est tout ce que nos "génies" entendent et qui les intéresse : "diriger" les masses et la révolution parce qu'ils n'ont pas réussi (eh oui, la vie est dure !) à trouver leur place "brillante" dans le capitalisme... Mais voilà, le Parti est l'émanation des masses et de leurs luttes réelles ; les masses le reconnaissent et lui donnent en quelque sorte "mandat" de les organiser et de les diriger ; alors que, gageons que tout ce qu'elles donneront à nos "avant-gardes autoproclamées" (ceux-là comme d'autres de leur acabit), c'est une bonne volée de caillasse ou pourquoi pas de plomb !

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Sur le site de La Cause du Peuple, une chronologie des évènements de dimanche dernier :

Grèce : Résumé chronologique des événements du 12 février

 

 

 

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 22:37

 

Source : La Cause du Peuple

 

La journée d'hier a été chaude en Grèce, comme en témoignent ces vidéos. La mobilisation fut très importante, ce qui n'a évidemment pas empêché le parlement d'approuver le plan d'austérité voulu par l'Union Européenne et le FMI.

Bientôt plus d'infos.

 


 

 

Ou encore celle-ci, sur le site du Jura Libertaire :

 

 

Sur le même site, voici un descriptif des nouvelles mesures anti-populaires prises par le gouvernement "technique", laquais de l'axe impérialiste Paris-Berlin, et incluant des néofascistes nostalgiques des Colonels :

Les présidents des partis qui forment le gouvernement de coalition (socialiste, droite et extrême droite) se sont mis d’accord pour l’application des exigences de la Troïka (FMI, Union Européenne, Banque Centrale Européenne). Un nouveau plan d’austérité est prêt à être voté au parlement grec le dimanche 12 février.

Une partie des mesures que la Troïka veut imposer pour l’aboutissement du PSI (le dit “haircut”/”la coupe” de la dette) :

• -22% pour le SMIC, à savoir 480 euro par mois net (586€ brut de 751€ brut actuellement) ;

• Pour les jeunes de 18-25 ans, la réduction s’élève à -32% donnant environ 430€ brut (510€ brut de 592€ brut actuellement) ;

• Les réductions vont s’appliquer, de manière rétroactive à partir de janvier 2012, dans tous les salaires, retraites et allocations chômage (allocation de chômage : 359€ euro de 461€ actuellement, touchable uniquement lors d’un an) ;

• La retraite minimum chute à 392€ de 503€ euro aujourd’hui ;

• Abolition des conventions collectives (par branche/métier), remplacement par des conventions individuelles au niveau de l’entreprise ;

• Suppression de 150.000 postes de fonctionnaires lors de 2012-2015 ;

• Levage de permanence dans le secteur public “large” comme l’énergie ;

• Les pertes de salaires — s’étendant aux primes de pénibilité, à ceux pour les enfants, aux retraites, et aux allocations chômage — peuvent arriver jusqu’à -40% par rapport aux revenus actuels ayant déjà subi de réductions entre 20% et 30%.

La liste est longue…

 

Victoire à la NOUVELLE RESISTANCE du Peuple grec ! Vive les Nouveaux Partisans !

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 11:57

 

Dernière ‘sortie’ de campagne en date, cette fois par la bouche du président-candidat lui-même (et non de son éminence grise Guéant) : après l’inégalité des civilisations et des cultures, voilà qu’est proposé un référendum sur l’obligation des chômeurs (‘ces parasites’ !) d’accepter n’importe quelle offre d’emploi, à n’importe quel salaire (‘on ne va quand même pas les payer éternellement à rien foutre, ces fainéants’ !).

Bien entendu, il est toujours bon de le rappeler (d’autres s’en sont déjà chargés), le http://www.article11.info/spip/local/cache-vignettes/L400xH300/manif051-5727a.jpgchômage est une conséquence inévitable du capitalisme, pour lequel la force de travail est une marchandise, mise en concurrence sur le marché du travail, et en surproduction lorsque les crises frappent des secteurs productifs entiers, voire l’ensemble de la production d’un pays, amenant le capitalisme à se restructurer ; et, bien sûr, le socialisme le fera disparaître (mais cela, quel candidat bourgeois à la présidentielle ne l’a jamais promis ? les révolutionnaires ne peuvent donc pas se contenter de le proclamer…).

http://lesindivisibles.fr/wp-content/uploads/2011/06/Claude-Gu%C3%A9ant.jpgCe qu’il faut (surtout) retenir, c’est que Sarkozy et l’UMP font là un nouveau pas de plus dans la mobilisation réactionnaire de masse, dans le travail contre-révolutionnaire de dresser une partie des masses contre une autre, les ‘bons citoyens’ contre les ‘mauvais’ : la semaine dernière, Guéant avec les musulman-e-s, cette semaine Sarkozy avec les chômeurs-euses. Mais cela, bien sûr, on ne peut pas le voir lorsque l'on martèle la thèse (anti-dialectique) d'un Sarkozy et d'un sarkozysme 'absolument non-fasciste', voire 'antifasciste' (car représentant une soi-disante 'bourgeoisie traditionnelle' opposée à la bourgeoisie impérialiste... alors qu'il ne représente, en réalité, que la bourgeoisie monopoliste/impérialiste 'un cran au dessous' de la plus réactionnaire, représentée par le FN).

La candidate FN Marine Le Pen a d’ailleurs immédiatement revendiqué la paternité de la mesure et, dans son petit jeu de Caliméro au sujet des 500 signatures, clamé que Nicolas Sarkozy ‘se prépare à son absence’ à l'élection présidentielle, car 'il sait que sa seule chance d'être au second tour, c'est que (elle) ne soit pas candidate'… Ceci dit, au demeurant (mais y a-t-elle fait gaffe ?), voilà qui enfonce un sérieux coin dans la façade ‘sociale’ dont se pare la candidate fasciste.

Mais voilà : on voit bien comment, avec un FN crédité de 20% dans les sondages, la droitisation ultra voire la fascisation du champ politique bourgeois est en marche à tout crin. On peut comprendre qu’il soit tentant, pour certain-e-s, de se rassurer en se disant que non, ce n’est pas possible, même avec 25% de l’électorat, le FN ne peut pas accéder au pouvoir, puisqu’aucun parti ne veut faire alliance avec lui… C’est oublier l’exemple hongrois.

Dans ce pays, l’adoption d’une nouvelle Constitution ultra-réactionnaire, qui fait jaser les démocrates et sociaux-démocrates bourgeois de toute l’Europe, ouvre clairement la porte au fascisme : tout ne sera désormais qu’une question de degré, et non de nature. On voit mal ce qui sépare à présent le type de gouvernement en Hongrie de celui en Russie, en Ukraine etc. Et, au même moment, comme une sorte d'écho sinistre à la proposition de Sarkozy, le gouvernement vient de promulguer... le travail obligatoire pour les chômeurs, dans de véritables chantiers-camps où ils seraient logés dans des containers, surveillés par des policiers à la retraite. Une mesure dont il ne faut chercher bien loin pour comprendre qu'elle vise principalement la minorité Rrom, dont la plus grande partie est au chômage...

Mais ceci n’est que l’aboutissement d’un processus de 10 ans, durant lesquels le parti national-conservateur d’ultra-droite Fidesz (Union civique hongroise), déjà au pouvoir de 1998 à 2002, opposé à un pouvoir de ‘centre-gauche’ absolument catastrophique, s’est approprié les thèmes de l’extrême-droite (regroupée en 2003 dans le parti Jobbik, dont la branche paramilitaire, la Garde Hongroise, est connue pour ses défilés au grand jour). Rognant petit à petit du terrain au niveau local, il a finalement remporté les élections nationales en 2010, et très rapidement instauré un style de gouvernement réactionnaire et ultra-autoritaire, anti-libéral et anti-progressiste*, en se présentant comme la seule alternative à la montée du Jobbik (qui a, quant à lui, remporté 16,7% des voix à cette élection, soit 47 députés).  

[* La nouvelle Constitution rend tout parti ou mouvement socialiste ou communiste "rétroactivement responsable des crimes commis" avant 1989...]

http://internetfigyelo.files.wordpress.com/2010/07/magyargarda.jpg

On voit donc comment, au prétexte de ‘barrer la route’ à une extrême-droite ouvertement fasciste (d’ailleurs moins forte que le FN en France, puisque ‘seulement’ à 16%), la ‘droite de la droite’ bourgeoise peut finalement reprendre et appliquer son programme : où est la différence pour les masses ? Ceci s’inscrit d’ailleurs dans la tradition historique de ce pays : instauré après l’écrasement du mouvement révolutionnaire de 1919-20, le régime conservateur autoritaire du régent Horthy fut ‘doublé à droite’, dans les années 1930, par un mouvement ouvertement fasciste et pro-nazi, les Croix-Fléchées. Le régime horthyste put alors s’affirmer de plus en plus réactionnaire et fascisant, s’alliant avec l’Allemagne nazie à partir de 1938 (pour dépecer la Tchécoslovaquie, puis la Pologne), multipliant les mesures antijuives qui causeront la mort de 63.000 personnes avant même la grande extermination d'Eichmann en mai-juin 1944 (18.000 "apatrides" expulsés vers l'Ukraine où ils seront massacrés par les Einsatzgruppen, 42.000 travailleurs forcés dans les zones d'occupation hongroise en URSS qui mourront d'épuisement, un millier au moins assassinés dans les territoires annexés de Voïvodine etc.), tout en se présentant comme une alternative ‘raisonnable’ aux ‘extrémistes’ des Croix-Fléchées, qui ne prendront réellement le pouvoir qu’en octobre 1944, à la toute fin (et au plus fort) de la guerre…

Et, en France, cela ne fait-il pas 25 ANS que ce petit jeu dure entre la droite (RPR, aujourd’hui UMP) et le FN ? ‘Votez pour nous, acceptez toutes nos mesures plus réactionnaires, sécuritaires et anti-populaires les unes que les autres, ou alors ce sera Le Pen !’… Aujourd’hui, alors que nous sommes entrés dans la phase terminale de la crise générale du capitalisme (débutée dans les années 70), l’UMP, si elle veut conserver le pouvoir, n’a absolument pas d’autre solution que de reprendre des pans entiers du programme de Marine Le Pen (expression de la bourgeoisie impérialiste la plus réactionnaire et agressive), pour essayer de capter son électorat. Il n’est alors pas ‘fantasmagorique’ d’imaginer un fascisme s’instaurant ainsi, pas à pas, avec un FN à plus de 20%, voire 25%, et une droite bourgeoise ultra se chargeant d’appliquer par petites touches son programme, sur l’air de ‘c’est nous… ou vous préférez eux ?’…

Dans le ‘meilleur’ des cas, cela va ‘trop loin’, la tradition ‘radicale’, démocrate-bourgeoise centriste BBR est encore suffisamment forte, et nous aurons la ‘droite modérée’, Hollande ou Bayrou, pour un ‘répit’ de 5 ans avant un raz-de-marée ultra-réactionnaire et fasciste. Mais ne nous leurrons pas : il n’est pas du tout exclu que Sarkozy (flanqué de ses Guéant, Hortefeux et autre ‘Droite populaire’ Mariani-Luca) soit reconduit au printemps prochain. Les sondages bourgeois reflètent sans doute très mal les reports de voix de l’électorat FN sur lui au dernier moment (le 6 mai), sur le thème du ‘moindre mal’ : "c’est un guignol, il fait honte à la France, mais avec la gauche ? c’est la faillite, comme en Grèce !"…

Tel est le résultat de la crise générale, en phase terminale, du capitalisme ; et de l’hégémonie intellectuelle réactionnaire et fascisante qui domine en l’absence d’un Parti révolutionnaire conséquent, agrégeant un mouvement progressiste fort autour de lui.

La crise, puisqu’il en est question, SLP vous livre à ce sujet l’analyse de l’organisation communiste Voie Prolétarienne.

Celle-ci n’est pas totalement partagée par SLP, dont la position est celle des camarades italiens du (nouveau)PCI (pour lesquels SLP appelle, encore une fois, à la solidarité internationale contre la répression : suite à des vices de procédure, le procès politique qui se tient à Bologne est reporté au 2 mai). La crise actuelle du capitalisme N’EST PAS une crise ‘cyclique’ de surproduction de marchandise, que le capitalisme a, au fil du temps, appris à surmonter à travers des ‘amortisseurs sociaux’ (pour les masses), une réorganisation rapide et divers instruments régulateurs (Formes Antithétiques de l'Unité Sociale). C’est une crise par SURPRODUCTION ABSOLUE (mondiale) DE CAPITAL, comme cela est expliqué ici. Il y a trop de Capital surproduit sur la planète, si bien que, si on le réinjectait dans l’activité productive, le taux de profit serait absolument ridicule, voire nul**. [**« ... Dès que le capital aurait augmenté par rapport à la population ouvrière dans des proportions telles que ni le temps de travail absolu que fournit cette population ne pourrait être prolongé, ni le temps de surtravail relatif étendu (ce qui, de toute manière, serait impossible dans une situa­tion où la demande de travail serait si forte; car les salaires auraient tendance à monter), donc, si le capital accru ne produisait qu'une masse de plus-value tout au plus égale et même moindre qu'avant son augmentation, alors il y aurait surpro­duction absolue de capital; c'est-à-dire que le capital augmenté C +  C ne produirait pas plus de profit ou même en produirait moins que le capital C avant qu'il ne s'accroisse de  C. Dans les deux cas se produirait une forte et brusque baisse du taux général de profit, mais cette fois en vertu d'un changement dans la composition du capital qui ne serait pas dû au développement de la force productive, mais à une hausse de la valeur argent du capital variable (en raison de la hausse des salaires) et à la diminution corres­pondante dans le rapport du surtravail au travail nécessaire » (Capital, livre III, I, p. 233, trad. Éditions Sociales, p. 264, t. 6)]

http://www.politis.fr/local/cache-vignettes/L350xH259/jean-luc_melenchon-3-3-7744e.jpgUne des expressions de cette surproduction de Capital, dont les capitalistes ne savent que faire, c'est la spéculation : on fait de l’argent avec de l’argent. Voilà pourquoi les discours fascistes, et les discours populistes de droite comme de gauche, qui expriment une ‘insurrection’ du capitalisme contre sa propre crise, s’en prennent si violemment aux ‘spéculateurs’ et à la finance, appelant à un capitalisme ‘raisonnable’, ‘régulé’, ‘productif’, 'créateur de richesse'…

Mais voilà : la ‘régulation’, la ‘caporalisation’ du capitalisme qui est d'ailleurs une définition du fascisme, ne fonctionne qu’un temps. A terme, il faudra ‘purger’ : il faudra LIQUIDER http://static.lexpress.fr/medias/180/1-palestinian-man-surveys-ruins-of-destroyed-office-in-gaza_87.jpgdu Capital surproduit. Et il n’est pas possible de détruire du Capital immatériel, des ‘flux financiers’… On ne peut détruire que du Capital matériel : des moyens de production, des FORCES PRODUCTIVES, incluant de la force de travail humaine. Bien entendu, pas chez soi : comme la surproduction absolue est mondiale, et que nous vivons dans un monde de concurrence entre monopoles et Etats impérialistes, ce Capital sera détruit chez les autres. Cela s’appelle tout simplement la GUERRE IMPERIALISTE MONDIALE, qui est une GUERRE D’EXTERMINATION pour les masses populaires des contrées concernées… Seule cette guerre d’extermination permet de faire ‘place nette’ pour permettre une nouvelle accumulation. C’est ce qui s’est produit entre 1914 et 1945. Mais aujourd’hui, selon SLP, les ‘capacités de relance’  du capitalisme sont bien moindre qu’à cette époque, et n’existe plus, en outre, ‘l’option keynésienne’ d’une ‘reprise en main’ démocratique bourgeoise (laquelle implique de toute manière, dans tous les cas, la guerre et une exploitation féroce des nations opprimées). La guerre impérialiste mondiale, déjà rampante, sera beaucoup plus longue et terrible pour un résultat moindre.

A l’horizon du milieu du siècle, l’humanité n’a qu’une alternative : SOCIALISME OU BARBARIE !

 

Voici l'article de VP :

Crise : c'est par où la sortie ?

Malgré une flopée de plans d’austérité, la crise s’installe, faisant craindre aux bourgeois leur propre faillite. Noyés sous les chiffres et les analyses « d’experts », c’est pas facile de comprendre. On a l’impression d’une « catastrophe naturelle » qui s’abattrait sur nous, alors que c’est un fléau chronique du capitalisme !

 

Un ennemi sans visage ? Est-ce la faute de la finance, des spéculateurs, des agences de notation ? Les gouvernements bourgeois, eux, ont leurs coupables tout désignés : les immigrés, les chômeurs, les soi-disant « assistés » vivant aux minima sociaux. Foutaises ! Les Etats ne sont pas au bord de la faillite pour quelques fraudes individuelles, mais à cause de leur politique au service du capital.
Les milliards pour renflouer les banques, le bouclier fiscal, Total qui ne paye pas d’impôts en France, voilà les vrais profiteurs, la fraude « légalisée ».
Dénoncer exclusivement la dictature des « marchés », c’est faire diversion pour masquer la réalité d’une classe possédante qui nous opprime. C’est déplacer le problème pour détourner notre révolte, et permettre aux capitalistes de nous pressurer toujours plus : en reculant l’âge de la retraite, en augmentant les impôts les plus injustes, comme la TVA qui pénalise au quotidien les plus exploités. Chacun peut voir l’écart se creuser entre des riches toujours plus riches et les travailleurs toujours plus pauvres. Aujourd’hui sur un smic (faut-il encore travailler à plein temps...) les ¾ du salaire passent tous les mois dans les charges. Ce qu’il reste pour bouffer et vivre : rien, à peine de quoi reproduire notre force de travail.

 

Certains en viennent à penser que la crise est un prétexte pour nous dépouiller encore plus, une espèce « d’arnaque », vu que les profits n’ont pas l’air de baisser pour tout le monde !
La crise est pourtant bien réelle, et elle accentue la concurrence entre les capitalistes. Au jeu du « manger ou être mangé », les gros s’en tirent toujours mieux, il n’y a qu’à voir les fermetures de boîtes et les PME qui mettent la clé sous la porte. Mais dans cette guerre économique, c’est toujours les prolos qui paient les pots cassés.

 

L’issue de la crise est incertaine, elle dépend de notre résistance, de notre capacité à ne pas nous laisser diviser, à nous organiser pour combattre les politiques anti-populaires. Sarkozy voulait déjà en 2008 « moraliser » le capitalisme, taxer le capital, mais l’exploitation n’aura jamais un « visage humain ». C’est eux ou nous. Avec le capitalisme le pire est forcément à venir, mais une alternative existe, c’est le communisme. Ce n’est pas une voie facile, mais rompre avec la logique du profit est le seul moyen pour construire une société sans chômage, une société « durable », sans amiante et sans nucléaire, une société solidaire plutôt qu’individualiste. Pour cela, les prolétaires doivent défendre eux-mêmes leurs intérêts. Pour cela, il faut le pouvoir, car malgré ses crises, le capitalisme ne s’effondrera jamais tout seul.

 

C’est la crise de quoi ? C’est le capitalisme qui est en crise !

Crise et crise financière

 

Les capitalistes recherchent le profit (ou la plus-value) qui permet d’avoir toujours plus de capital. Les marxistes expliquent que leur but est « l’accumulation » du capital. Ce capital peut servir à frimer avec des yachts ou des ferraris mais il n’a de valeur que s’il est ré-investi dans de nouveaux moyens de production (pour nous exploiter encore plus). Ce cycle ne s’inter­rompt jamais, c’est une fuite en avant. Les capitalistes mesurent leurs gains en milliards, mais surtout en pourcentage, c’est-à-dire un taux de rentabilité du capital qu’ils veulent maintenir coûte que coûte. Pour les capitalistes, une crise c’est la baisse de ce taux de rentabilité (ou « taux de profit ») qui signifie concrè­tement pour eux le ralentissement de l’accumulation. La mesure du profit en milliards se voit dans les résultats des entreprises, mais pas le taux. La crise actuelle est une crise de surproduction de capital, il y en a trop par rapport à ce qui peut être réinvesti dans la production. La surproduction de marchandises — qui ne sont pas achetées — où les capitalistes ne récupèrent pas le profit espéré, n’est qu’un aspect de la crise. Les réformistes en restent là et pensent sauver le système par la relance de la consommation.
En situation de crise, les capitalistes vont vouloir engranger un maximum et le plus vite possible, ce qui pro­voque une frénésie spéculative. D’une part, une partie des valeurs aux mains des capitalistes ne vont plus à la production (de plus-value), mais au gain immédiat (bourse). D’autre part, le crédit, mais aussi les dépenses d’Etat, permettent de soutenir la consommation. Le crédit permet d’écouler le capital et de spéculer en anticipant sur des gains futurs (ils parient et parfois ils perdent, comme cela s’est manifesté dans la crise de l’immobilier américain).

 

Désigner les agences de notation comme responsables de la crise, c’est confondre l’indication du thermo­mètre et la maladie. Qu’elles soient privées comme la bande des trois (S&P, Moody’s et Fitch) ou publiques comme l’agence européenne prônée par Sarkozy ne change rien. Elles notent les équilibres commerciaux du marché capitaliste, et la possibilité pour un créancier de récupérer ses investissements. La régulation par la dette a toujours été un outil d’asservissement des peuples, en premier lieu des pays dominés, auxquelles le FMI impose l’austérité depuis des décennies. _ Maintenant, via les agences de notation, on nous explique que c’est notre tour ! Si elles ne provoquent pas les crises, elles sont de bonnes justifications aux politiques d’austérité (sous couvert de garder les AAA), et sont de parfaits épouvantails pour détourner notre colère.

 

Un Etat peut il faire faillite ?

 

La faillite ou cessation de paiement, c’est la situation d’une personne, d’une entreprise, d’un Etat qui ne peuvent plus faire face à leurs obligations financières : payer les fournisseurs, rembourser ses dettes, payer les salariés. Ça correspond aussi à une situation où la valeur des « actifs » détenus (pour une entreprise, un Etat), c’est-à-dire la valeur de ce qu’ils possèdent : machines, bâtiments, terrains, créances sur d’autres, placements financiers, est inférieure à la valeur de ce qu’elle doit (dettes, placements faits chez elle par d’autres, factures dues à ses fournisseurs…). Par exemple en France, la dette publique est de 1 646 milliards d’euros, mais les actifs publics de 2 273 milliards d’euros. N’oublions pas qu’en situation d’endettement, ceux qui « prêtent » en tirent profit comme l’Allemagne et la France aux dépends de la Grèce.

 

Pour éviter la faillite, c’est-à-dire continuer à payer leurs emprunts ou leur fournisseurs, les Etats très endettés se voient imposer :

 

- > d’augmenter l’exploitation directe ou indirecte (réduction des salaires, des dépenses de santé, d’éducation)
- > de privatiser des biens publics (des « actifs ») souvent au bénéfice de leur prêteurs. La Grèce se voit imposer des privatisations pour 50 Md d’Euros
- > d’obtenir des rééchelonnements de leurs dettes…

 

Dans tous les cas, lorsqu’un pays a des difficultés à faire face au remboursement de ses emprunts, le rapport de force passe du côté des prêteurs ou des institutions internationales (FMI, etc) dominés par les pays impérialistes. Il y a donc une perte d’autonomie voire une mise sous tutelle politique comme pour la Grèce ou l’Italie.

 

Les crises ont pour conséquence une hausse importante du chômage pour les ouvriers. 900 sites industriels ont fermé en France ces trois dernières années. Mais le capitalisme peut être prospère avec un niveau relativement élevé de chômage, ce n’est pas pour les capitalistes un indice d’une crise économique.
Les crises sont aussi l’occasion pour la bourgeoisie de liquider ce qui n’est pas rentable (les moyens de production mais aussi les hommes), d’augmenter la rentabilité de ce qui reste en durcissant l’exploitation.

 

Aujourd’hui, pour restaurer son taux de profit, la bourgeoisie impose :

- > la baisse du pouvoir d’achat ouvrier
- > l’intensification du travail (chasse aux temps morts)
- > les attaques sur les salaires indirects (santé, éducation,....)
- > les délocalisation vers les pays aux salaires les plus bas 

Pourquoi la crise est-elle mondiale ?

La crise est d’autant plus grave qu’elle frappe les deux principaux pôles économiques impérialistes : les Etats-Unis et l’Europe. Le reste du monde (Chine, Russie, Brésil…) est en position de prêteur. La dette et la crise rebattent les cartes entre tous les pays impérialistes. La Chine détenant plus du quart de la dette extérieure des USA, elle n’a pas pourtant intérêt à voir les USA en difficulté financière. En effet, si les USA ne pouvaient pas payer leur dettes, ou s’ils dévaluaient leur monnaie, la Chine verrait ses avoirs en dollars perdre de la valeur, et d’autre part elle serait moins en condition de vendre sur le marché américain. Ça voudrait dire moins d’exportations et donc la nécessité d’augmenter les salaires pour vendre plus de marchandises aux travailleurs de Chine. De son côté, si les USA dévaluaient le dollar, ils auraient encore plus de mal à trouver des prêteurs et les tensions sociales à l’intérieur du pays s’exacerberaient. C’est la mondialisation capitaliste !

 

Tous les pays impérialistes sont profondément endettés. Une bonne partie de cet endettement est dû à des dépenses illégitimes, en particulier des dépenses militaires (pour mener les guerres en Irak, Afghanistan, etc…) qui ont augmenté dans le monde de 50 % en 10 ans. Avec la crise, la concurrence entre pays impéria­listes est plus ouverte que jamais, et chacun essaie de tirer son épingle du jeu, sur le dos des peuples. Dans la guerre économique, les bourgeoisies européennes veulent préserver leur place et sont sans pitié pour les maillons faibles. Le « sauvetage » de la Grèce ne visait qu’à sauver les banques, complices et profiteuses de l’endettement, et la construction européenne qui bénéficie d’abord aux grandes puissances comme la France et l’Allemagne.

 

Démondialisation, protectionnisme, préférence nationale : des fausses solutions !

Rétablir les frontières nationales ou européennes et les barrières douanières en taxant les importations, réindustrialiser les bassins d’emplois avec l’appui de l’Etat et des pouvoirs publics : toutes ces propositions électorales vont dans le sens de la préférence économique à la production nationale, du « fabriquons français », du protectionnisme.
Nous refusons la mondialisation capitaliste, mais ces mesures n’ont aucun sens à l’époque de l’impérialisme. La plupart des entreprises à l’origine des suppressions récentes d’emplois en France n’ont rien de « françaises » : Continental, Goodyear, Fralib (groupe Unilever) Arcelor-Mittal, Molex, General Motors, Ford... En 2007, dans l’industrie manufacturière, les entreprises étrangères ont contribué pour 26 % à l’emploi en France. Les mono­poles français, bien « de chez nous », Renault, EDF, France-Télécom, Véolia, Saint-Gobain, Areva, Total, etc. sont aussi largement implantés sur toute la planète pour préserver leur compétitivité.
Beaucoup de politiques mettent en avant la recherche et l’innovation pour créer des emplois. On a vu que les progrès techniques ne sont pas neutres, les chaînes de production de plus en plus sophistiquées et productives sont encore plus aliénantes pour les ouvriers. Et surtout c’est être pris au piège de la guerre éco­nomique internationale où les pays impérialistes s’arrogent les brevets et la puissance intellectuelle, renforçant leur domination sur le monde. Nous refusons la mise en concurrence internationale des travailleurs et des pays. Ces mesures prétendent restaurer le pouvoir du politique sur l’économique, mais elles nous enchaînent à la logique de nos exploiteurs, du marché, de la concurrence. Elles détournent la lutte des classes en nous enfermant dans la question nationale ou européenne.

 

Enfin, les suppressions d’emplois sont dues largement à la hausse de la productivité du travail. D’une part, la machine a remplacé l’homme et il faut moins de travailleurs pour produire une quantité équivalente. D’autre part, les capitalistes ont intensifié considérablement le travail et les cadences. C’est le capitalisme qui fabrique le chômage. Si on veut en sortir, il faut libérer le travail de la logique du profit pour pouvoir travailler tous, moins, autrement.

 

Sortir de la crise, c’est en finir avec le capitalisme

Pour en finir avec les crises, il faut se battre pour construire une autre société, où nos besoins plutôt que le profit dirigeront la production. Cela veut dire aussi consommer autrement. Par exemple, sortir du nucléaire demandera à consommer moins d’énergie, en la consommant mieux, ce n’est pas revenir à la bougie ! Construire une société où le temps de travail sera partagé entre tous et toutes, où l’intérêt collectif nous guidera (plus de travail à la chaîne, réduction du travail de nuit au strict nécessaire : hôpitaux...). C’est libérer les travailleurs de la concurrence qui les réduit à se vendre aux moins mauvaises conditions. Construire une société où les hommes et les femmes politiques seront révocables à tout moment, où il fera bon vivre pour les prolétaires.

 

Sortir du capitalisme, c’est rompre avec l’économie de marché et avec la finance qui lui est indissolublement liée. C’est l’annulation de la dette, comme l’ont fait les bolcheviques en Russie en 1917. Rompre avec le capitalisme ne sera pas facile, mais ces efforts ne seront pas « des sacrifices », car ils seront au service de la libération de tous, et non au service de l’enrichissement d’une minorité. Pour que les travailleurs ne soient pas « volés de leurs efforts », il faudra qu’ils aient effectivement le pouvoir politique et économique.

 

Face à l’austérité générale, comment agir ?

Si les prochaines élections laissent espérer que la clique de Sarkozy soit dégagée, elles ne changeront quasi rien sur la question de l’emploi face à la crise du capitalisme. Nous ne pouvons pas nous en remettre à l’Etat, car si les têtes changent, il reste au service de la classe bourgeoise qui détient le pouvoir économique.
Pour changer ça, il nous faut notre propre parti, une organisation com­muniste dirigée par des ouvriers et des prolétaires, de toutes origines, avec ou sans emploi, qui fera exister politiquement nos besoins fondamentaux. Un parti pour lutter et pour réfléchir, comprendre le monde dans lequel nous vivons, tirer les leçons de nos échecs (comme pour les retraites), pour avancer pas à pas.
Au quotidien, nous résistons, nous luttons, nous soutenons les luttes ouvrières, les luttes démocratiques et progressistes, nous créons des solidarités ici et dans le monde, qui seront l’embryon d’une plus grande force collective pour demain. Sans parti communiste, les ouvriers sont les acteurs de combats dont seuls les réformistes bourgeois tirent profit politiquement. On le voit bien un an après les soulèvements dans le monde arabe. Alors que les luttes au Népal, en Inde, aux Philippines, montrent que les travailleurs peuvent s’organiser pour faire l’histoire selon leurs intérêts, en vue de mettre fin à toute oppression et exploitation.

 


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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 18:18

 

Face à moultes prises de position de l'année écoulée, sur les révoltes populaires dans les pays arabes, les indignad@s et autres occupyers, les luttes de libération nationale etc. :

"Supposer qu'une révolution sociale est pensable sans une révolte des petites nationalités dans les colonies et en Europe, sans des explosions révolutionnaires de la petite bourgeoisie avec tous ses préjugés, sans le mouvement des masses prolétariennes et semi-prolétariennes inconscientes contre l'oppression de la noblesse, des églises, des monarchies et des nations étrangères - supposer cela serait ABJURER la révolution sociale. C’est s’imaginer qu’une armée prendra position en un lieu donné et dira “Nous sommes pour le socialisme”, et qu’une autre, en un autre lieu, dira “Nous sommes pour l’impérialisme”, et que ce sera alors la révolution sociale ! C’est seulement en procédant de ce point de vue pédantesque et ridicule qu’on pouvait qualifier injurieusement de “putsch” l’insurrection irlandaise.

Quiconque attend une révolution sociale “pure” ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une véritable révolution. (...)

La révolution socialiste en Europe ne peut être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement – sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible – et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais, objectivement, ils s’attaqueront au capital, et l’avant-garde consciente de la révolution, le prolétariat avancé, qui exprimera cette vérité objective d’une lutte de masse disparate, discordante, bigarrée, à première vue sans unité, pourra l’unir et l’orienter, conquérir le pouvoir, s’emparer des banques, exproprier les trusts haïs de tous (bien que pour des raisons différentes !) et réaliser d’autres mesures dictatoriales dont l’ensemble aura pour résultat le renversement de la bourgeoisie et la victoire du socialisme, laquelle ne “s’épurera” pas d’emblée, tant s’en faut, des scories petites-bourgeoises."

Lénine, Bilan d'une discussion sur le droit des nations à disposer d'elles-mêmes, chap.10 "L'insurrection irlandaise de 1916", Œuvres vol. 22

 

Voir aussi : Lénine : La révolution socialiste en Europe... ("Democracia Real Ya" & Cie)

 

A méditer...

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 09:41

 

Rassemblement pour les 40 ans de la mort de Pierre Overney

 

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/205030527444844614/pierre_overney_40_ans.png

 

Tract pour les 40 ans de la mort de Pierre Overney

 

Rendons hommage à Pierre Overney
ouvrier maoïste abattu il y a 40 ans

 

Il y a 40 ans, un homme est mort. Pierre Overney, ouvrier maoïste et militant de la Gauche Prolétarienne, était abattu par Jean Antoine Tramoni, membre de la milice patronale de l’usine Renault Billancourt. En plein milieu de la vague de crimes racistes d’alors, Pierrot distribuait un tract pour une manifestation antifasciste au métro Charonne en souvenir de la manifestation réprimée dans le sang par la police 10 ans plus tôt.


De celles et ceux qui l’ont connu, tous racontent son enthousiasme et sa vivacité, son énergie dédiée à la révolution, à la cause du peuple. Au-delà de ses traits personnels, Pierre Overney est un symbole de cette jeunesse qui voulait tout changer, tout bouleverser en se plaçant du côté des exploités et des opprimés. Cette jeunesse qui ne se satisfaisait pas des acquis de mai 68 et qui voulait aller plus loin, cette jeunesse qui montait « à l’assaut du ciel ».


C’est aujourd’hui un devoir de mémoire de rendre hommage à Pierre Overney, de saluer son combat et surtout de le reprendre entre nos mains. Pour les camarades plus anciens, il s’agit de transmettre l’esprit de lutte qui animait l’époque, l’histoire comme on ne la lit pas dans les livres, l’histoire d’en bas, l’histoire du côté du peuple. Pour les jeunes camarades, il s’agit de s’approprier notre histoire, l’histoire du mouvement ouvrier, l’histoire de la Gauche Prolétarienne qui fut sûrement l’expérience révolutionnaire contemporaine la plus poussée et la plus porteuse dans notre pays.


S’approprier notre histoire ça veut dire la faire vivre concrètement, chaque jour, dans chaque lutte, partout où il y a oppression et exploitation. Notre passé doit nous permettre de comprendre notre présent et doit servir pour le futur. C’est le devoir des jeunes générations, aidées par les anciennes.

 

Rendons hommage au camarade Pierre Overney, tombé il y a 40 ans !


Transformons la nostalgie en énergie pour la lutte et la révolution !


Pierre Overney vit par notre combat !

 

 

samedi 25 février

 

11h00

Rassemblement hommage
au cimetière du père lachaise

rendez-vous
au M° Père Lachaise
Ligne 2 - sortie 1

 

 

15h30

Rencontre, témoignages, discussion,
chansons de Dominique Grange

CICP - 21 ter rue Voltaire - 75011

M° Rue des Boulets

Ligne 9

 

http://www.cicp21ter.org/squelettes/NAVPICS/accescicp.gif

 

 

 

PC maoïste de France
drapeaurouge@yahoo.fr
drapeaurouge.over-blog.com


La Cause du Peuple
lacausedupeuple@gmail.com
lacausedupeuple.blogspot.com



-------
Le Drapeau Rouge,
Organe du Parti Communiste maoïste de France

http://drapeaurouge.over-blog.com
drapeaurouge@yahoo.fr

 

 


 

 

 

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 23:02

 

Le collectif Coup Pour Coup 31 vous invite à une rencontre "Femmes en lutte!" le samedi 25 février à 14h.

Voir ci-dessous l'affiche et la présentation des intervenantes.

 

Venez nombreux !

Samedi 25 février à 14h

Amphi 9 (dans l'Arche) - Université du Mirail / Métro Mirail Université

afficheCPCfemmes.png

Présentations des intervenantes :

 

Soha Bechara est née à Beyrouth en 1967 dans une famille engagée au sein du Parti Communiste Libanais. Elle passe son enfance dans la capitale, ne retournant au Sud-Liban, région d'origine de sa famille, que pour les vacances. Mais avec l'occupation israélienne de 1978 - qui se poursuit avec celle de l'Armée du Sud-Liban, sous contrôle israélien -, elle ne peut plus retourner sur la terre de sa famille. Très jeune, Soha entre alors dans la résistance contre l'occupation. Étudiante de 21 ans, membre du Front national de la résistance libanaise (FNRL), elle tente en 1988 d'éliminer le général Antoine Lahal, chef de l'Armée du Sud-Liban. Son acte lui vaudra dix ans de détention sans jugement dans le camp de Khiam, mis en place par le pouvoir israélien en 1985. Elle y subira la torture et plus de six ans d'isolement. Une campagne internationale inlassable la fera libérer le 3 septembre 1998.
Symbole du combat contre l'occupation israélienne, elle témoignera de la place et du rôle des femmes dans la résistance palestinienne et libanaise.

GABRIELA (alliance nationale des organisations de femmes aux Philippines) a été fondée en avril 1984 après une manifestation à Manille (capitale des Philippines) de 10.000 femmes contre la dictature de Marcos. Son nom est en l'honneur de Gabriela Silang, qui a participé à une révolte contre le colonialisme espagnol dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Gabriela regroupe plus de 250 organisations de femmes de tous les horizons sociaux : paysannes, ouvrières, religieuses et professionnelles. Ces organisations travaillent aux enjeux touchant les femmes tels que la négation de leurs droits, la violence contre les femmes et les enfants, la prostitution, le trafic sexuel et l'homophobie. Ses membres mettent en avant une approche intégrale de l’émancipation des femmes. Elles croient que celle-ci passera notamment par la résolution des problèmes issus de la domination étrangère et de la dépossession des terres.
Une représentante de GABRIELA viendra expliquer le rôle et l'action de son organisation pour les femmes philippines, dans un pays d'Asie dominé par l'impérialisme américain.

Femmes En Lutte 93 est une association née en Seine-Saint-Denis à l'automne 2010. Regroupant des femmes de tous âges et de toutes origines, Femmes En Lutte 93 se donne comme objectif de donner la parole aux femmes des milieux populaires, de construire des solidarités concrètes entre elles et de populariser les luttes des femmes en France et dans le monde.
Elles viendront témoigner des conséquences de la crise du capitalisme pour les femmes des quartiers populaires de France.

 

 


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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 18:44

 

Bien que SLP ne partage pas l'intégralité des positions du Parti communiste maoïste d'Italie, il estime que cette organisation qui, contrairement à beaucoup de ses détracteurs, mène héroïquement le travail révolutionnaire dans la réalité de la lutte de classe, notamment dans les régions les plus déshéritées (Sud) de l'Italie, au sein de syndicats basistes de travailleurs/euses (Slai Cobas etc.), a le droit de s'exprimer pour sa défense. Depuis plusieurs mois, ces camarades sont en effet la cible particulière des attaques cyber-gauchistes contre le 'centrisme' (c'est à dire les organisations qui, dans le mouvement communiste international, agissent selon les principes du maoïsme : essayer d'amener la gauche du Parti maoïste unifié népalais, les éléments les moins contaminés par le révisionnisme, sur les positions du MLM plutôt que de les laisser à la merci du révisionnisme Prachanda-Bhattarai...). Il est évident que, tel que l'enseigne l'histoire du mouvement socialiste (jusqu'à la Première Guerre mondiale) puis communiste (depuis), le rôle des ultra-gauchistes est encore une fois d'assurer le triomphe du révisionnisme et, par là, de la Réaction mondiale.

 

Source

 

Il y a à ce sujet une campagne internet d'intoxication par des 'cybergroupes gauchistes pseudo-maoïstes'.

Notre Parti dans plusieurs et différents textes, meetings internationaux, mais aussi divers meetings bilatéraux avec des camarades indiens, afghans, européens ou népalais, des Partis et des organisations, a exprimé sa critique de l'approche 'centriste' des camarades de la gauche népalaise, dans la lutte interne au PCNUm, et notre Parti a demandé à ces camarades de changer leur approche.
Cette lutte n'est pas achevée et continuera jusqu'à la victoire du MLM au Népal et au niveau international.

Notre Parti est un membre historique du MRI et tous dans le MRI (moins en dehors et c'est notre limite) connaissent notre lutte interne contre la tendance Avakian ainsi que les positions centristes du PCNm sur les questions internationales.

Notre Parti a été dans toute la vie du MRI le seul Parti allié au PCP comme fraction rouge du MRI et nous avons organisé trois meetings publics internationaux sur ce sujet avec le MPP.

Notre Parti a été le seul dans le MRI (avec les camarades du PCP) à soutenir la ligne de la Guerre Populaire pour les pays impérialistes et sur cette question, a mené une dure lutte y compris en direction du PC des Philippines et du PC d'Inde (maoïste).

Notre Parti, dans le cadre du séminaire international au Népal avec tous les Partis et organisations participants, PC des Philippines et PC d'Inde maoïste inclus, a analysé les positions du PC népalais maoïste comme de mauvaises réponses à de bonnes questions (de très, très bonnes questions qui attendent toujours une réponse correcte). Pour cela, dans la conférence internationale à venir, lorsque celle-ci se tiendra, notre Parti exprimera toute son approche radicale sur ces questions... et l'heure est proche.

Dans le même temps, alors que le CoRIM stoppait ses activités, notre Parti menait tout le travail nécessaire pour reconstruire une organisation internationale MLM et pour ceci, le problème n'est pas d'imposer nos positions à tous les Partis et toutes les organisations MLM dans le monde, mais de réunir un meeting au sein du MRI avec les Partis et organisations qui ne soutiennent pas les positions d'Avakian et la ligne Prachanda, et ensuite une Conférence internationale de tous les Partis et organisations MLM dans le monde, dans et en dehors du MRI, principalement le PCI(m), le PC des Philippines, le PC maoïste de France, le PCR Canada ainsi que des organisations d'Amérique latine (Colombie, Brésil) etc. pour reconstruire une organisation et un centre international basé sur les enseignements positifs et négatifs des approches du MRI et du CoRIM/PCR-USA.
Au cours de cette Conférence, nous soutiendrons la ligne de Guerre populaire et d'un centre basé sur la Guerre populaire. Notre tâche internationale actuelle et notre engagement, lorsque cette Conférence internationale se tiendra, sera accompli dans cette forme.
La Conférence internationale n'exige pas seulement un simple appel, mais un accord entre les Partis et les organisations participantes, un climat positif d'unité et lutte : dans le cas contraire, nous n'aurions pas une Conférence internationale, mais un meeting fractionnel qui n'apportera rien, ni au sein ni en dehors de lui, au Mouvement communiste international MLM.
 
Dans le cadre de cette conférence, différentes positions pourront débattre, lutter, il y aura une lutte entre deux lignes sur maintes questions et notre Parti luttera pour contribuer à affirmer et développer le MLM, dont a besoin notre 21e siècle de Guerres populaires vers le communisme.

Pour finir encore sur le Népal, nous souhaitons et luttons pour la participation de maoïstes népalais à la Conférence internationale ; des maoïstes népalais qui s'opposent aux positions de Prachanda et Bhattarai, qui sont engagés dans la continuation de la révolution népalaise, qui appellent à la révolte populaire, à la lutte armée, à la stratégie de Guerre populaire. La présence de ces maoïstes népalais à la Conférence serait une victoire pour le MCI, tous doivent travailler à cela.
Nous espérons que les vrais et sérieux Partis et organisations MLM, qui veulent une Conférence internationale, auront et prendront la responsabilité se s'y joindre.

PCm Italie
janvier 2012

 

http://4.bp.blogspot.com/-4nEznwiPY1U/TaXn5Hos64I/AAAAAAAAAkE/dtNvNEm2Hos/s1600/partisans.jpg

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 18:12

 

La campagne internationale de soutien à la Guerre Populaire en Inde vient de débuter.Plusieurs organisations de plusieurs pays y participent. En France, c’est le Comité de Soutien à la Révolution en Inde, soutenu par différentes organisations, qui propulse cette campagne.

Une émission de radio a déjà été réalisée (nous récupèrerons l’enregistrement très bientôt) sur Radio Pays. Les collages ont commencé et quelques actions devraient se dérouler.

Pour la clôture, le CSRI prévoit une réunion d’information avec diffusion d’un documentaire


le samedi 21 janvier à 15h au local Dersim,

16 rue des Petites Ecuries, Paris 10ème,

M° Strasbourg-St Denis.


Venez nombreux et nombreuses !


 

 

 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 17:56

 

Une question intéressante est soulevée sur la question de "lignes et tendances". Pour SLP, on l'a dit, les 'tendances' sont un 'droit' trotskiste mais n'ont pas d'existence réelle : en aucun cas, même dans les partis bourgeois, les points de vue ne cohabitent dans la joie et la bonne humeur, et il y a toujours un point de vue, une 'tendance', un 'courant' dominant.
La question est posée de "peut-on considérer qu'il y aurait une lutte de lignes dans un parti comme le PCF ?". C'est une très bonne question... Et bien, la réponse est OUI : l'existence de lignes dans toute organisation politique humaine, comme reflet de la lutte des classes dans la société, est scientifique et valable partout. La seule question est L'IMPORTANCE que cela a.

Dans le PCF, il y a des réformistes/progressistes plus ou moins sincères et des pourris, des sociaux-traîtres larbins de la bourgeoisie, des néo-bourgeois (on pense notamment aux caciques locaux du 'communisme municipal'). Il y a des réformistes/progressistes plus ou moins optimistes, radicaux, combattifs ; et d'autres plus ou moins pessimistes, timorés, 'possibilistes'. C'est tout simplement l'influence contradictoire des deux 'pôles' de la lutte des classes, constitués par la bourgeoisie réactionnaire et le prolétariat révolutionnaire, qui s'exprime parmi ces hommes et ces femmes organisé-e-s pour agir dans la Cité (définition de la politique).

On pourrait même aller plus loin, et dire qu'au PS il y a des plus 'sociaux' (à la Montebourg, Hamon, Emmanuelli) et des plus 'libéraux' ('hollandais', 'strauss-kahniens', Valls) en économie, des plus 'laxistes' et des plus 'sécuritaires' sur la répression des classes populaires... À l'UMP, il y a les 'humanistes et sociaux' à la Borloo et la 'Droite populaire/iste' de Luca et Mariani, qui flirte avec le FN. Mais là, on va dire, ce sont des contradictions qui n'intéressent que très secondairement le prolétariat et son avant-garde communiste. La lutte des classes qui s'exprime là, ce n'est pas tellement l'influence contradictoire de deux classes (comme dans les partis petits-bourgeois), mais plutôt la manière dont la bourgeoisie va sauver sa peau (par le 'social' et le 'dialogue', ou par le capitalisme et la répression à outrance, par la 'carotte' ou par le 'bâton'). Il ne faut pas oublier, au demeurant, que les 'politiciens' eux-mêmes sont généralement des petits ou moyens bourgeois (fonctionnaires, avocats et médecins, etc.). Rares sont les grands capitalistes (comme un Olivier Dassault) qui 'font' de la politique. Du coup, ils sont soumis aux injonctions du Grand Capital, tout en ayant la préoccupation de sauver leur propre position face au prolétariat, position encore plus précaire que celle des 'milliardaires du CAC40'...

Mais enfin, tout cela n'intéresse le prolétariat que dans un seul sens : à quelle sauce il va être mangé. Et cela n'intéresse les communistes que pour leur 'plan d'action' des 5 ans à venir : la bourgeoisie va-t-elle jouer sur du 'social' et de la collaboration de classe, ou plutôt de la répression et de la liquidation tous azimuts des concessions du passé ? La question du FN et de l'extrême-droite (et de la 'FNisation' de l'UMP et même du PS) est bien sûr très importante : c'est celle du passage de la bourgeoisie à la dictature terroriste ouverte, qui change totalement la manière d'agir des communistes, les conditions de la lutte.

Mais disons que, toutes ces contradictions s'exercent dans un 'champ politique de classe' qui n'est pas celui du prolétariat, mais de la bourgeoisie, et qui, donc, est secondaire. À l'époque des Fronts populaires, entre 1935 et le triomphe total du révisionnisme au milieu des années 1950, il est clair que le mouvement communiste international a accordé sans doute trop d'importance à ces contradictions inter-bourgeoises (ainsi qu'inter-impérialistes), arrivant presque à considérer (en caricaturant un peu) qu'il y avait de 'bons' partis bourgeois et de 'bons' impérialismes (c'était clairement la position d'Earl Browder, du CP-USA)...

Revenons au PCF. S'agit-il d'un parti bourgeois ? Et bien, on peut dire aujourd'hui que la réponse est oui. Depuis plus de 50 ans, sa soumission idéologique et politique à la "gauche" bourgeoise (SFIO de Mollet, PS de Mitterrand, puis 'gauche socialiste' du PS dans les années 1990-2000, et enfin PG de Mélenchon) en a fait un parti assurément bourgeois. Mais un parti bourgeois d'un genre très particulier. C'est un parti qui s'intitule encore 'communiste', et il est certain que des gens adhèrent sincèrement à cet intitulé ; tandis que d'autres, l'ayant intégré à une époque où il n'était 'que' révisionniste, et où le mot 'communiste' avait encore une grande signification sur la planète, y restent attachés sentimentalement.

En un mot : c'est un parti qui revient à ce qu'était, pour les camarades de Politzer et Tillon, la SFIO de Léon Blum. Un parti bourgeois, mais qui emprisonne encore une part significative de la classe prolétarienne. Dans ce sens, ses 'mouvements internes' sont plus intéressants et significatifs pour les communistes que ceux des partis petits-bourgeois (LO, NPA, POI, URCF, PRCF, Cercles communistes, PCOF), qui sont beaucoup plus réduits (en caractère de masse), beaucoup plus 'resserrés' socialement sur la petite-bourgeoisie intellectuelle (surtout enseignante), les petits employés/fonctionnaires et l'aristocratie ouvrière, ou encore les étudiants (NPA surtout) ; et beaucoup plus 'verrouillés' idéologiquement (sectarisme, question de survie quand l'idéologie ne tient pas la route). La seule chose qui peut finalement être intéressante chez ces derniers, ce sont les 'mouvements de sortie' (comme au NPA, passé de 9000 adhérents à moins de 4000).

Au PCF, en revanche, les 'mouvements de la base' sont assez représentatifs du niveau de conscience 'moyen' (pas le plus avancé) du prolétariat, et les 'mouvements du sommet' (désormais quasiment délégué à Mélenchon) sont bien représentatifs de la manière dont la 'gauche' bourgeoise tente de 'tenir' le prolétariat, de contenir la 'poussée' de sa conscience, ou de la détourner (par exemple dans la xénophobie, cf. Gerin) ; et... des difficultés qu'elle rencontre dans cette tâche (qui est historiquement la sienne) !
Ceci dit, tout cela n'est pas décisif - c'est le mot qui convient. Clairement : il y a au PCF, sans le moindre doute, des progressistes sincères, des anticapitalistes insuffisamment marxistes, aux conceptions limitées, des révolutionnaires potentiels ; des gens qui ont vu le mot 'communiste' (oh ! de la lumière !) et sont rentré-e-s ; mais leur lutte contre la ligne bourgeoise réformiste dominante ne peut pas être décisive EN SOI. Elle ne peut l'être, qu'en se connectant à un mouvement communiste révolutionnaire qui, désormais (et depuis plus de 40 ans), est intégralement extérieur au PCF. C'est le triomphe de la ligne révolutionnaire dans celui-ci (contre l'opportunisme, les tendances possibilistes ; et le dogmato-sectarisme) qui est décisive.

L'époque où la lutte de lignes au sein du PCF avait un caractère décisif pour le prolétariat de cette entité bourgeoise, la France, c'était, globalement, entre sa création en 1920 et le début des années 1960.
Durant les années 1920, le PCF-SFIC souffrait de ses 'tares originelles', d'être issu de la majorité d'une SFIO où... les marxistes révolutionnaires étaient peu nombreux. Le Parti devait donc élaborer sa ligne révolutionnaire alors même qu'il était créé (il n'a pas été créé sur une ligne pré-établie, d'ailleurs, aucun Parti ne l'a jamais vraiment été). Ce fut chaotique mais, vers 1930, on pouvait penser que les choses étaient 'éclaircies' et que la 'bolchévisation' pouvait commencer. Mais, dès 1934, l'application de la ligne de Front populaire (pas erronée en elle-même, plutôt imprécise) amena une tendance très forte à la soumission idéologique du Parti vis-à-vis de la 'gauche' bourgeoise. Une tendance au populisme ('Peuple de France !'), à se penser 'dans le prolongement' du 'pic radical' de la révolution bourgeoise (1793-94) ; à renoncer à l'anticolonialisme et à l'anti-impérialisme, 8e condition d'adhésion à l'Internationale communiste, d'une importance CAPITALE puisque Marx parlait déjà, en son temps, de 'secret de l'impuissance' du prolétariat du pays colonisateur. Une tendance, plus généralement, au pragmatisme sans principes, comme quand Duclos négociait la reparution de l'Humanité avec les autorités nazies d'occupation... À partir de là, la lutte des éléments un minimum léninistes s'engagea contre ces tendances révisionnistes toujours grandissantes, et ne s'acheva que... au début des années 1960, presque concomitamment avec la mort de Thorez (1964), quand les léninistes quittent alors le Parti (pour former le PCMLF, l'UJCml qui engendrera la GP etc., d'autres (malheureusement) rejoignant toutefois le trotskisme pour former la LCR). Elle s'acheva, donc, quand les léninistes, les marxistes révolutionnaires, n'eurent plus d'autre solution que de quitter le Parti. C'est à partir de là, en réalité, qu'on peut considérer le PCF comme intégralement révisionniste et au service de la bourgeoisie, un parti BOURGEOIS dont il n'y a plus rien à tirer, L'AVENIR du mouvement communiste et de la révolution prolétarienne dans l'espace géographique 'France' se jouant désormais EN DEHORS. Et pourtant, le Parti était pourrissant depuis près de 30 ans, et à vrai dire assez foireux depuis sa fondation en 1920 !

Si l'on prend l'exemple du Népal, peut-on alors qualifier le PCNU-M de Parti intégralement révisionniste, dont les luttes internes ne sont d'aucun intérêt pour les communistes d'Asie du Sud et la révolution mondiale ? Alors que le prachandisme a commencé à sévir il n'y a pas 10 ans ? Soyons sérieux...

En réalité, ce qu'il faut retenir, c'est que le principal a un moment donné pour la révolution 'locale' et mondiale est la lutte de lignes entre communistes : en l'état actuel des choses, entre prétendants au rôle d'avant-garde de la révolution prolétarienne dans l’État "France". Ce qui est principal, ce qui est SIGNIFICATIF, c'est la lutte où se joue L'AVENIR.
Pour le moment, la réalité est qu'il n'y a PAS de Parti révolutionnaire du prolétariat, mais un certain nombre de groupes, d'organisations, qui se sont données pour tâche de le construire (certaines se proclamant déjà 'Parti', d'autres pas) : PCmF, OCML-VP, ROC-ML, 'p''c''mlm'... Et ces organisations sont en quête d'adhésion prolétarienne à leur ligne ; en quelque sorte, du 'mandat' du prolétariat (en tout cas, du prolétariat avancé) pour constituer son avant-garde et conduire la révolution. C'est une quête extrêmement difficile, incomparable avec celle d'un mandat électoral bourgeois... Il ne s'agit pas de viser 'la quantité à tout prix' et de faire de la démagogie, du populisme, car alors on aura beaucoup de monde avec soi, mais on n'arrivera à rien. Mais il ne s'agit pas non plus de s'imaginer que moins on est nombreux, plus on a raison, plus on a tracé de 'lignes de démarcation entre l'ennemi et nous' [Mao énonce ici, dans cette fameuse phrase, quelque chose qui tombe sous le sens : si des gens vous attaquent, voire veulent vous casser la gueule, c'est que vous avez forcément adopté des positions clivantes... le problème, c'est qu'il reste à savoir de QUEL CÔTÉ ("bon" ou "mauvais", idées justes ou idées fausses, communiste ou opportuniste ou petit gauchiste à la con) de la ligne de démarcation en question vous vous trouvez !]... À un moment donné, si l'on est dans une dynamique d'isolement, il faut se poser des questions. On pourrait dire, quelque part, qu'une organisation dans une 'bonne' dynamique est une organisation qui, en plus de rencontrer la sympathie de la classe dans les actions ou manifestations auxquelles elle participe, voit ses positions reprises par les autres et même par les organisations petites-bourgeoises (en 'édulcoré' et 'sans citer la source')...

Ce n'est pas une 'compétition' pour le fun, mais qui engage l'avenir de l'humanité. C'est, aussi, une 'compétition' dans laquelle les partis petits-bourgeois, et même le PCF, participent indirectement : si aucune 'avant-garde' ne parvient à convaincre, les 'consciences émergentes' du prolétariat se tourneront vers ces 'valeurs sûres'...

La quadrature du cercle est donc celle-ci : 1°/ il ne s'agit pas d'avoir du monde pour aller nulle part, 2°/ il ne s'agit pas d'avoir la conception révolutionnaire la plus juste qui soit, mais personne avec soi, personne de 'réceptif'.
Et la clé de cette quadrature du cercle... c'est la lutte de lignes. La lutte de lignes permettant de construire la CONCEPTION COMMUNISTE DU MONDE qui, seule, peut agréger le prolétariat autour du Parti révolutionnaire et le mener à la victoire. Le principe est que nous sommes entre communistes, et qu'en principe, cette lutte de lignes est non-antagonique. Elle consiste à démêler, dans nos conceptions, les écheveaux du nouveau et de l'ancien ; des idées justes et des idées fausses ; des conceptions prolétariennes tournées vers l'avenir, vers le communisme, et des conceptions sous influence de la bourgeoisie. Sa méthode est le débat franc et ouvert entre camarades, la critique et l'autocritique, la vérification des idées et la rectification des erreurs.

Mais parfois, cette lutte, même en commençant toute fraternelle et pleine de camaraderie, amène à démasquer des connards, des gens qui, pour simplifier à l'extrême, sont là pour EUX-MÊMES et non pour le prolétariat et l'humanité. Ou des gens assez cons (paumés idéologiquement) pour les suivre, ce qui revient au même. Peu importe quelles sont leurs motivations, qu'elles soient très concrètes (ascension sociale, qui ne pourrait se faire dans la société telle qu'elle est et impliquerait un 'changement radical'), ou plus 'psychologiques', 'immatérielles' (auto-satisfaction, sentiment d'importance, ou amertume existentielle, névrose de 'petit occidental' etc.) : là encore le résultat est le même. Si l'on est pas là pour SERVIR LE PEUPLE, on n'est pas un révolutionnaire. Donc, a fortiori, pas un marxiste et encore moins un maoïste.

SLP a été maintes fois confronté à ces gens-là et, en définitive, leur psychologie est finalement très reconnaissable. Démasqués, ils se réfugieront dans le sectarisme et le dogmatisme 'excommunicateur' (généralement, toujours une citation au coin de la bouche), et la mauvaise foi ; ou alors, pour ceux qui en ont la possibilité (souplesse d'esprit, pragmatisme, intelligence pratique, compétences), ils iront voir (si on y est) du côté du réformisme bourgeois.

Tel est le schéma, en tout cas, pour un mouvement communiste très petit comme le nôtre actuellement.
Bien entendu, si le mouvement communiste est beaucoup plus large, beaucoup plus massif, alors la lutte de lignes se joue 'en grand' : les traîtres collaborationnistes de classe peuvent déployer leur démagogie en direction de la spontanéité réformiste, possibiliste des prolétaires (et autres classes laborieuses) moins avancé-e-s ; tandis que les 'gourous' gauchistes peuvent jouer de leur côté sur l'impatience et la fascination pour la 'radicalité', la confusion idéologique ou encore les névroses qui existent chez un bon nombre de prolétaires et personnes du peuple.

Il faut bien comprendre, bien avoir à l'esprit, que cette lutte de ligne dans le mouvement communiste n'y est nullement limitée par quelque 'champ magnétique'. Elle a, au contraire, une dimension 'explosive' ou 'implosive'...
Le principe de la lutte de lignes, on l'a dit, c'est un débat franc, ouvert et CONSTRUCTIF, qui permet de dégager les idées justes et de les rassembler et synthétiser en conception communiste, prolétarienne, révolutionnaire du monde. Et ensuite, bien sûr, d'imposer ces idées justes et de balayer les idées fausses, dont les tenants doivent être convaincus... ou alors, empêchés de nuire.

Pourtant, des fois, ça ne marche pas. Pourquoi ? Tout simplement, parce que les communistes ne sont pas des demi-dieux vivant sur une lointaine planète, mais des hommes et des femmes vivants sur la Terre capitaliste. Parce qu'ils et elles ont leurs limites d'êtres humains, individuelles et collectives. Parce que la science marxiste a ses limites... de science. Il y a les petits sectarismes des uns, s'accrochant à des idées fausses... mais aussi, parfois, 'défendant' ainsi des idées justes, et les condamnant en réalité (comme l'idée qu'il ne fallait pas faire les Accords de 2006 au Népal : JUSTE, mais condamnée par le sectarisme de ses 'défenseurs' !). Il y a les grands libéralismes des autres : recherche du compromis, refus de trancher, de reconnaître et de condamner le faux. On ne se pose parfois pas les bonnes questions (les questions cruciales ; on se concentre sur des sujets secondaires). Parfois, on n'y trouve pas les bonnes réponses. Parfois, on les trouve, mais on ne sait pas les faire prévaloir sur les mauvaises... etc.

Dans ce cas, le mouvement communiste 'implose' et s'atomise. Les dogmato-sectaires s'enferment dans leur sectarisme et y pourrissent (souvent de manière très réactionnaire en pratique), mais en captant toujours à eux des éléments fascinés par leur posture 'sans compromis'. Les 'droitiers' (prisonniers des conceptions bourgeoises et petites-bourgeoises) rejoignent les partis petits-bourgeois, ou carrément les partis de 'gauche' bourgeoise (type PCF, aujourd'hui Front de Gauche). D'une manière générale, le prolétaire qui a avant tout son intérêt personnel et immédiat à défendre va se tourner vers les 'valeurs sûres', permettant 'd'agir en grand', même si c'est réformiste et toujours plus inefficace : 'gauche' bourgeoise, syndicats...

Immédiatement, dans tous les partis sans distinction de classe, c'est la droite qui va en sortir renforcée. Ce sont les conceptions petites-bourgeoises les plus 'possibilistes' molles, ou social-populistes, qui triompheront dans les partis petits-bourgeois. Dans la 'gauche' bourgeoise et les syndicats, ce seront les tendances les plus modérées, les partisans du 'consensus', de "l'intérêt général". La bourgeoisie réactionnaire n'aura plus aucun obstacle devant elle, liquidant même ce que les luttes, la 'pression' prolétaire, l'avaient obligée à concéder (surtout que la crise lui impose cette nécessité, par ailleurs) : la 'droite de gouvernement' se 'lâche', c'est la fameuse 'droite décomplexée' qui s'affiche depuis les anées 90, au détriment des "humanistes sociaux", répandant (conjointement avec le FN) son 'hégémonie intellectuelle' sur les masses.

Les fascistes seront renforcés, eux aussi... comme pseudo-alternative 'révolutionnaire', finalement plus crédible que la 'gauche' bourgeoise et petite-bourgeoise. Mais, finalement, la bourgeoisie n'aura même pas vraiment besoin d'eux, de ces 'têtes brûlées' au pouvoir... Nul besoin de dictature terroriste ouverte pour lutter contre la chute du taux de profit (y compris par la guerre impérialiste) et une menace révolutionnaire... qui n'existe pas : le 'consensus mou' suffit, alliant 'dialogue social' et répression de basse intensité contre les révolutionnaires et les masses 'rebelles', à hauteur de la menace (faible) qu'ils et elles représentent. C'est, finalement, ce que les camarades du PCmF appellent 'fascisme moderne'.

Tout cela, c'est, finalement... la situation qui prévaut chez nous depuis les années 1980. Jusque, disons, au milieu des années 2000 en tout cas (depuis, ça évolue). Le paysage politique que nous avons, que nous avions à 100% au début de la dernière décennie, c'est tout simplement le résultat ultime d'une 'implosion' du mouvement communiste par défaite, décimation, effondrement de la ligne révolutionnaire prolétarienne.

Si, par contre, la conception communiste du monde se construit, se développe et s'impose... Alors, elle ISOLE les dogmato-sectaires. Elle pousse les réformistes à rejoindre la 'maison-mère', mais sans emporter grand-monde avec eux. Elle franchit les frontières du mouvement communiste. Elle va 'exciter', 'agiter' les troupes sincères des partis petits-bourgeois et de la 'gauche' bourgeoise, comme le gros PCF, ainsi que des syndicats. La vie des bourgeois (et de leurs agents) chargés de 'tenir' ces troupes cesse d'être un long fleuve tranquille. Ils se retrouvent peu à peu isolés. Dans les partis strictement bourgeois, les contradictions s'aiguisent, les camps se polarisent. Le 'consensus mou' éclate ; les 'réformistes', les 'lâcheurs de miettes' d'un côté, et les 'exterminateurs' de l'autre, se renforcent. L'option fasciste est clairement envisagée, et le fascisme prend clairement un caractère mussolinien ou hitlérien : une tentative de synthèse entre 'carotte' ('réformisme' populiste réservé aux 'bons' citoyens, impliquant d'exclure - et donc de définir - des 'ennemis intérieurs'), 'bâton' (dictature terroriste ouverte) et lutte contre la crise, contre la chute tendancielle du taux de profit et la surproduction absolue ('trop-plein' mondial) de Capital, ce qui implique (ainsi que le financement des 'réformes' sociales populistes) la GUERRE IMPÉRIALISTE à outrance.

MAIS, même si ce tableau peut sembler éminemment plus sombre que celui du 'consensus mou', il a un avantage : les communistes, armé-e-s de leur conception du monde, peuvent COMBATTRE cela, et même le combattre VICTORIEUSEMENT, jusqu'à une grande victoire comme en 1945, et même plus grande encore. Ils peuvent empêcher les fascistes de se présenter en fausse alternative 'révolutionnaire', en tout cas les gêner fortement dans cette manœuvre. Ils peuvent CONTRE-MOBILISER les masses contre la tendance au fascisme et à la guerre. Dans le 'consensus mou', il n'y a pas de dictature terroriste ouverte et généralisée... parce qu'il n'y a personne (ou très peu de monde) à persécuter de la sorte. En revanche, depuis les années 70 il y a la crise et, depuis les années 80, des attaques permanentes contre les moyens matériels d'existence des masses populaires... et personne pour s'y opposer efficacement.

Il y a la crise, et donc IL Y A LA GUERRE : rampante, quasi-secrète, mais généralisée et permanente ; et personne pour s'y opposer, sans nul besoin d'une dictature terroriste intérieure. Les guerres de l'impérialisme (et leurs conséquences), par interventions directes ou guerres 'entre sauvages' fomentées, ont pourtant fait (probablement) plus de 15 millions de morts en 20 ans, dont plus de la moitié en Afrique (et plus d'un million en Irak, des dizaines de milliers en Afghanistan etc.). Quand à la misère en elle même (si l'on laisse de côté les conflits armés et la répression), entre la sous-alimentation, la maladie (qu'on pense simplement au SIDA en Afrique...), les toxicomanies, les suicides (des milliers de paysans surendettés en Inde, mais aussi des centaines de travailleurs 'au bout du rouleau' en France !), les violences entre prolétaires... combien fait-elle de victimes par an ? Probablement des millions...

Alors, à tout bien réfléchir... vaut-il mieux une ligne révolutionnaire prolétarienne FORTE, ou faible ?
À l'heure actuelle, 'ce qui était n'est plus, mais ce qui sera n'est pas encore'. Nous sommes à la croisée des chemins. La 'Fin de l'Histoire', ère de 'paix', de 'démocratie' et de 'progrès' dans le cadre 'indépassable' du capitalisme, promise au début des années 1990, est révolue. Mais, à cela, le facteur déterminant est que la crise a franchi un nouveau cap, une nouvelle étape dans la gravité. La pression qui s'accroît, ainsi, sur les masses populaires mondiales, suscite des RÉSISTANCES de plus en plus fortes, des explosions colossales comme cette année dans les pays arabes. Mais ces résistances ne sont sous direction communiste que dans quelques pays : l'Inde, l'Asie du Sud globalement, les Philippines, l'Anatolie, quelques pays d'Amérique latine...

Pour l'instant, le renouveau réel mais faible du mouvement communiste international n'est pas le facteur déterminant des évènements à travers le monde. Lorsque, dans de nombreux pays, les forces communistes auront retrouvé la force décrite plus haut, alors ça le sera. Nous changerons complètement d'époque.

Si cela ne se produit pas... nous n'avons pas d'exemple historique. La crise que nous traversons est sans précédent depuis celle de 1929. Mais, à l'époque, le mouvement communiste était fort. On ne sait donc pas à quoi ressemblerait une crise comme celle de 1929, et ses conséquences (misère de masse, fuite en avant réactionnaire, guerre), sans mouvement communiste important et sans (selon SLP) 'l'option keynésienne' de surcroît (option de créer un 'État-providence', qui précédemment n'existait pas, afin de 'relancer' l'accumulation capitaliste par la création d'un vaste marché intérieur, d'une vaste demande 'populaire'). On ne sait pas... peut-être, en définitive, parce que ce n'est pas possible ! Parfois, ce que le cerveau humain ne conçoit pas... ne peut pas exister, tout simplement.

Les communistes sont convaincus de l'inéluctabilité du communisme. Les communistes sont convaincus que 'là où il y a oppression, il y a résistance' ; et que le monde ne peut pas continuer à s'enfoncer ainsi dans la crise, c'est à dire la misère, la barbarie, la guerre, la destruction écologique, sans que les masses se révoltent (et c'est d'ailleurs déjà le cas : nous avons la preuve de cette affirmation). Et les communistes sont convaincus que, dans toutes ces révoltes, une partie des masses atteindra le stade de la conscience communiste, et entraînera le reste derrière elle dans la RÉVOLUTION MONDIALE !

 

1658.SovietFlag

 

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:41

 

Suite et fin du document communiste basque.

Voyons à présent quelle a été la réponse des Etats face à tout ces « pas » faits par la direction de la gauche abertzale. Le fait est que l’Etat espagnol comme l’Etat français ont méprisé royalement les appels des réformistes en faveur d’un processus qui « édulcorerait » la capitulation ; la bourgeoisie veut la reddition immédiate et inconditionnelle d’ETA. Même « l’arrêt définitif de l’activité armée » ne leur suffit pas, à part peut être en apparence pour le PSOE, qui a déjà fait ses valises. Le PP exige que les militants d’ETA se rendent et que les caches d’armes soient remises, rejoints semble-t-il en cela par l’Etat français (90).

Depuis le début du « processus », l’Etat espagnol n’a absolument pas bougé d’un iota, alors que les sociaux-traîtres osent dire que nous sommes entrés dans une « nouvelle ère ». Nouvelle ère pour qui ? La surenchère répressive n’a jamais cessé, avec la collaboration indispensable de l’Etat français, d’innombrables rafles contre toutes les organisations, suivies comme toujours de tortures, et la situation des prisonniers n’a fait que s’aggraver. Malgré son comportement ignoble au procès, le « groupe d’Otegi » a été condamné à 10 ans de prison ! A part cette exception notoire, on note cependant que les représentants de Batasuna-Sortu ont été épargnés par la répression, qui s’est concentrée sur Segi, Ekin, le Mouvement pour l’amnistie, les avocats des prisonniers, et bien sûr ETA.

Depuis deux ans, le ministre de l’intérieur RuGALcaba et les autres dirigeants les plus fascistes se contentaient de constater « qu’on entendait des choses qu’on n’entendait pas avant », mais que la seule chose qu’ils demandaient était « la disparition définitive d’ETA ». Au mieux, quelques voix au sein du PSOE s’élevèrent en faveur de la légalisation de Sortu, comme Patxi Lopez.

En effet, malgré qu’il remplisse absolument tous les critères de la Loi des Partis, en mars 2011 le tribunal suprême refusa la légalisation de Sortu, pour « continuité avec Batasuna-ETA », la condamnation de la violence n’étant que « formelle », « tactique »,  tout cela obéissant aux   »plans d’ETA ». Les liquis se rabattirent alors sur leur plan B, la coalition Bildu, où ils figuraient en tant qu’ »indépendants abertzale de gauche ». Celle-ci fut également interdite dans un premier temps, mais le tribunal constitutionnel finit par la légaliser en mai 2011, mais à une seule voix près. Le PP et toute l’extrême-droite crièrent au scandale.

Tout cela montre le niveau de fascisation de l’Etat bourgeois espagnol (et donne une idée de ce que ce sera avec le PP au pouvoir !), qui n’a pas hésité à interdire d’élections les sociaux-traîtres de longue date au parcours irréprochable que sont EA et Alternatiba.

Le seul « geste » de Madrid a été la proposition d’un « plan » proposant le « rapprochement progressif des prisonniers » dans l’optique de leur « réinsertion », par Patxi Lopez en septembre 2011 (91).

Même si la répression a en apparence été aveugle, on peut cependant noter qu’Otegi a été rapproché à la prison de Logroño (La Rioja). Beaucoup pensent que son maintien en prison est une manœuvre de l’Etat pour faire volontairement d’Otegi un « martyr », et donner du crédit à son discours démobilisateur. Il a de plus certainement joué un rôle important en prison en diffusant ses thèses liquidationnistes en direction d’EPPK.

Si c’est le cas, il faut dire que c’est très brillamment joué de la part de la bourgeoisie espagnole. Car, que ce soit voulu ou non, son emprisonnement participe de fait à cette   »légitimation » : « Il est toujours emprisonné, ça ne peut pas être un traître réformiste. » C’est cette interprétation simpliste qui prévaut.  La répression inlassable prouverait que « la voie prise est la bonne voix », voire même que « l’Etat n’a jamais eu aussi peur » (sans déconner !).

Cela prouve simplement que l’Etat espagnol ne veut même pas de pseudo- »négociations », et qu’il n’y aura donc pas de  « solution à l’irlandaise ». Pourquoi ? Cela tient à trois raisons :
- La très nette différence de nature entre l’impérialisme britannique et l’impérialisme espagnol ; nous analyserons cela dans la seconde partie de cet article. La conséquence la plus éclatante en est donc que, après 3 négociations ratées (1989, 1998 et 2006) parce qu’ETA a toujours refusé la reddition en échange de… rien, le PSOE a refusé catégoriquement depuis le début du « processus » de négocier, et ne parlons pas de ce qu’il adviendra avec le PP… Même l’annonce de l’ »arrêt définitif de l’activité armée » ne les satisfait pas et ils continuent d’exiger la dissolution. Tout simplement parce que l’Etat espagnol ne PEUT PAS négocier.

Pourquoi ? Parce qu’en en termes de réforme institutionnelle, contrairement à l’Etat britannique dans les années 90, il n’a absolument rien à offrir. Même la seule amnistie de tous les prisonniers politiques basque en échange de la dissolution d’ETA (le fait que celle-ci accepte étant en plus loin d’être acquis, de même que beaucoup de prisonniers s’y opposeraient) n’était en aucun cas dans les projets du PSOE. RuGALcaba  l’a dit : « Il n’y a pas d’amnistie selon notre Constitution ».

En effet, quel en serait l’intérêt pour l’Etat espagnol, à part l’invraisemblable danger de voir des centaines de gudari à nouveau en liberté ! Et surtout, qu’est-ce qui pourrait bien l’y pousser ? Déjà, les associations de victimes ultra-réactionnaires ont averti : « Nous ne tolérerons pas que s’ouvre une ère d’impunité ». Il suffit de voir les campagnes et tollés politico-médiatiques délirants à chaque libération d’un prisonnier d’ETA…  Le ministre de l’intérieur français Claude Guéant déclarait pour sa part : « Les personnes d’ETA actuellement dans nos prisons le sont à titre préventif où pour accomplir leurs condamnations pour des faits précis et dans le cadre d’un procès. Il n’y a pas de raison pour que la justice ne s’applique pas. La justice est un élément fondamental de la démocratie, elle doit s’appliquer. Il n’y a pas de motifs pour que le gouvernement établisse une loi d’exception. » (92)

Rappelons en plus que même en Irlande, les prisonniers républicains n’ont pas bénéficié d’une amnistie, mais d’une libération conditionnelle révocable à tout moment, qui est depuis une épée de Damoclès au dessus de leur tête. Et aujourd’hui des anciens prisonniers sont à nouveau incarcérés parce qu’ils n’ont pas renoncé à leurs idées politiques !

Le fait est qu’après des années de répression et d’illégalisations tout azimut, le gouvernement PSOE, en alliance étroite avec le PP sur la question de la lutte « antiterroriste », s’est retrouvé face à un nouveau scénario : la gauche abertzale semblerait vouloir faire disparaitre elle-même ETA, liquider toute lutte qui déborde la légalité bourgeoise, et rentrer dans le « jeu démocratique ».

Et la seule véritable concession de l’Etat espagnol depuis le début a consisté en la légalisation de Bildu, on l’a dit, à une voix près. Cette décision et les autres tergiversations autour de Sortu, reflètent les contradictions au sein de la bourgeoisie par rapport à sa « gestion » du « problème basque », car il y a pour elle de nouvelles variables. Le label 100 % « démocratique » de Bildu, notamment avec la présence d’EA et d’Alternatiba,  a du par exemple jouer dans la décision du Tribunal constitutionnel, car cette illégalisation était plus difficile à faire passer…

De cette légalisation, de même que de la relative indulgence vis-à-vis de la direction de Batasuna-Sortu (à part les campagnes de criminalisation délirante des médias bourgeois et du PP) on peut conclure qu’il y a eu une volonté de la bourgeoisie PSOE de garder tous les fronts ouverts dans sa lutte contre le MLNV, d’avoir « deux fers au feu », c’est-à-dire y compris la cinquième colonne que sont devenus les Otegistes.

Cependant, la bourgeoisie espagnole sait très bien que la tendance liquidatrice réelle est très faible dans le MLNV. Pour anesthésier durablement le mouvement, il faudrait faire au moins un semblant de concession, mais l’impérialisme espagnol n’en a pas la capacité. Il est tout à fait conscient que s’il n’en fait aucune et se contente d’exiger la dissolution inconditionnelle d’ETA, la gauche abertzale ne restera pas éternellement passive en suivant sagement les consignes de la direction capitularde (cela en sachant de plus qu’il y a toujours une partie qui ne se laisse pas endormir par les illusions dès le début), et que tôt ou tard la lutte reprendra. C’est pour cela que son axe central, à long-terme pour en finir avec la gauche abertzale était, est et restera toujours la répression car il n’a pas les moyens de corrompre durablement le mouvement.

On voit là la différence avec Aralar. Aralar fut une scission d’un secteur totalement social-démocrate de la gauche abertzale, qui ne représentait aucune menace pour l’Etat et ne demandait aucune contrepartie, se mettant à son service pour lutter contre le MLNV. Au contraire, les réformistes actuels agissent (pour le moment) « à la tête » de bases militantes honnêtes, et ce sont uniquement celles-ci, encore une fois à l’exception d’Otegi, qui ont subi la répression depuis deux ans ! De plus, les dirigeants réformistes demandent des contreparties, certes minimales, mais que l’Etat espagnol ne peut aujourd’hui clairement pas accorder .

Il faut s’interroger sur l’évolution de la stratégie répressive espagnole. Alors que des fissures évidentes commencent à apparaitre dans l’ »unité » de la gauche abertzale, on peut parier que la répression va devenir de plus en plus chirurgicale. Comme les dirigeants réformistes ont été épargnés, il est aussi hautement probable que la répression se soit concentrée depuis deux ans sur certains militants au sein même d’ETA.

La clé de toute stratégie est la complémentarité : dans ce cas-là, répression et récompense pour les traîtres, la carotte et le bâton. Pour le moment, Rome semblait ne pas payer les traîtres… Mais c’est peut-être tout simplement que Madrid considérait que les Otegistes n’allaient pas assez vite ! Nous verrons à présent…

En tout cas, selon la presse espagnoliste, très bien « informée » par la guardia civil, ceux-ci estiment que le risque de scission dans ETA est « très élevé »… (93) Ce qui serait évidemment plus que logique… Guéant déclarait pour sa part qu’ »il comptait maintenir au niveau opérationnel beaucoup de prudence. Il se peut, comme dans les fins d’autres conflits terroristes, que des soldats perdus continuent de lutter pour cette cause déjà perdue. Nous continuerons à être aux aguets. » (94)

- Le processus de capitulation du mouvement républicain provisoire a été lent et progressif, et a duré près de 12 ans, entre le début de la capitulation idéologique en 1986, qui entraîna la constitution de l’IRA-CAC et de Republican Sinn Féin, et la conclusion de la capitulation en 1998 avec l’ »Accord du Vendredi Saint », qui entraîna la scission de la Real IRA et du 32 County Sovereignty Movement en 1997. On peut constater que la direction de la gauche abertzale a fait beaucoup plus en vraiment beaucoup moins de temps, et cela a créé une contestation importante, renforcée par le fait que les militants voient que, de toute façon, l’Etat espagnol est resté intransigeant et n’a rien lâché.

On peut ajouter qu’une partie du MLNV a des bases marxistes-léninistes et marxistes-léninistes-maoïstes, qui la rendent plus opposée que les autres à la direction réformiste.

Depuis les années 80,  la véritable cinquième colonne de l’impérialisme qu’était la clique Adams-McGuinness sapait de l’intérieur le mouvement provo à tous les niveaux, idéologique et militaire, et cela amena le mouvement à accepter une reddition quasi inconditionnelle. On ne peut pas dire que le MLNV a connu jusqu’en 2009 de phénomène semblable.

Jusque là, malgré une perte évidente de théorie prolétarienne scientifique, le MLNV, à la grande différence des Provos donc (qui acceptèrent en 1998 moins qu’ils n’avaient refusé en 1973 avec le traité de Sunningdale !), n’avait renoncé sur aucun point fondamental de la revendication démocratique : la fin de la lutte armée ne viendrait qu’avec la reconnaissance du droit à  l’autodétermination (avec l’étape transitoire d’une autonomie élargie pour les quatre provinces du Sud, le « cadre démocratique »), et l’amnistie totale. Mais cependant, ces revendications étaient condamnées depuis le début qu’à ne buter sur un mur absolument infranchissable : celui de la survie même de l’impérialisme espagnol. Nous analyserons cela dans la deuxième partie de cet article.

- Enfin, la phase terminale de la crise générale du capitalisme qui aggrave toutes ces contradictions, et éloigne de jour en jour la possibilité même que les illusions réformistes puissent durer. Les luttes de classes s’aiguisent dans tous les pays impérialistes et pays périphériques d’Europe, avec des révoltes et des émeutes, notamment en Grèce, en Angleterre, en Italie ; dans l’Etat espagnol, avec le mouvement des  »indignés », qui a aussi lieu aux Etats-Unis ; des mouvements populaires dans l’Etat français (en 2010) et ses colonies « DOM-TOM » ; les grandes révoltes dans tous les pays arabes ; les avancées considérables ces dernières années de la Guerre Populaire menée par les Partis Communistes maoïstes en Inde et aux Philippines, comme elle résiste au Pérou et en Turquie et se prépare dans d’autres pays d’Asie, et la contestation qui grandit au sein du Parti Communiste du Népal ;  les guérillas révolutionnaires qui continuent en Colombie, Kurdistan, Mexique, Paraguay et ailleurs ; la résistance anti-impérialiste en Irak et Afghanistan. Le « modèle » par excellence revendiqué par les sociaux-traîtres de la gauche abertzale, le Nord de l’Irlande, s’effondre économiquement et politiquement, comme la semi-colonie du Sud,  et la lutte de libération ne cesse d’y grandir.

En face, les Etats bourgeois européens se préparent et s’arment, notamment juridiquement, pour la répression contre-révolutionnaire, dans un processus de fascisation progressive.

En Euskal Herria, depuis longtemps laboratoire de la contre-révolution, active comme préventive, cela est aussi apparu. En particulier, l’accroissement de la guerre sale qui eu lieu à partir de 2008, avec des enlèvements et des séquestrations extrajudiciaires avec tortures de militants basques des deux côtés de la frontière, qui culminèrent avec la mort du militant d’ETA Jon Anza en avril 2009, dont le corps ne fut découvert qu’un an plus tard à Toulouse, dans laquelle la complicité des forces répressives françaises est évidente. Les derniers cas de militants tués dans le cadre de la guerre sale, étaient les militants d’ETA Xabier Kalparsoro « Anuk » en 1993, Josu Zabala « Basajaun » en 1997 et Joselu Geresta « Ttotto » en 1999, « suicidés » par la police espagnole. Trois militants apparurent également « suicidés » en prison ces dix dernières années.

Par ailleurs, un développement important de l’arsenal répressif fut l’acceptation en décembre 2010 par l’Etat français d’un Mandat d’Arrêt Européen (MAE) contre Aurore Martin, militante de « nationalité française » de Batasuna, pour des faits non-répréhensibles (réunions et conférences de presse au nom de Batasuna en Hegoalde) dans l’Etat français, créant un précédent grave. Puis en juillet 2011 vint le MAE contre l’ex-militant d’ETA Daniel Dergi, lui-aussi de « nationalité française », pour des faits pourtant prescrits dans l’Etat français, mais qui fut finalement refusé.

Le gouvernement Zapatero a avancé les élections générales prévues en 2012 au 20 Novembre 2011, justement à cause de son discrédit total face à la crise. Comme l’ont montré les dernières élections, avec une lourde défaite du PSOE, la victoire du PP aux élections générales est quasiment certaine. Avec le PP au pouvoir, même les réformistes et les idéalistes les plus optimistes n’auront plus aucune raison d’espérer quoi que ce soit…

Car les liquidationnistes et leur programme sont tout simplement en décalage total avec la réalité actuelle. Ils voudraient faire tourner la roue de l’Histoire à l’envers, mais ils ont 15 ans de retard. Qu’ils le veuillent ou non, l’heure n’est pas à la (fausse) paix, et ne la sera plus jamais, jusqu’à l’anéantissement complet du capitalisme, car il est en phase TERMINALE.

Pourtant, il est évident que ce processus de capitulation, et le fait qu’il ait pu se développer avec une relative facilité dans une partie du MLNV,  ne tombe pas du ciel. Si les graines de la capitulation ont pu germer, c’est qu’elles ont été plantées sur le terrain relativement favorable d’une partie de la gauche abertzale, un terrain plus ou moins réformiste.

Ce liquidationnisme ouvert et assumé, c’est le fruit de deux décennies de lutte de lignes, depuis la fin des années 80 et le début des années 90, avec la « Fin de l’Histoire », le reflux mondial des forces révolutionnaires, entre une ligne révolutionnaire, prolétarienne, qui est la ligne historique du MLNV, et une ligne petite-bourgeoise radicale.

On peut situer clairement l’émergence de cette ligne au moment de la liquidation de H.A.S.I., Herriko Alderdi Sozialista Iraultzailea (Parti Socialiste Révolutionnaire du Peuple), entre 1987 et 1992. HASI était le Parti de classe moteur du mouvement révolutionnaire basque. Les changements organisationnels, stratégiques et tactiques qui ont eu lieu depuis ont été l’expression du rapport de force entre ces deux lignes ; nous analyserons cela en détail dans la seconde partie de cet article.

Les deux lignes ont coexisté assez pacifiquement ces vingt dernières années, la contradiction entre les deux n’atteignant jamais un caractère antagonique. Cependant, la ligne petite-bourgeoise radicale gagnait lentement mais sûrement l’ascendant sur la ligne prolétarienne, tandis que la majorité des militants de la gauche abertzale se trouvaient au « centre » entre les deux. Cela faisait un moment que cette ligne avait totalement triomphée dans la direction de Batasuna, et ces dernières années, elle tendait de plus en plus vers le réformisme et la conciliation, des secteurs petit-bourgeois renonçant de plus en plus à la libération sociale.

Sous l’influence de plusieurs facteurs, cette ligne a effectué un saut qualitatif et s’est transformée il y a deux ans en ligne capitularde et liquidationniste. La contradiction avec la ligne révolutionnaire est devenue alors clairement antagonique. Quels ont été ces facteurs ?

Le plus important sans doute, est le manque de formation idéologique ces 10-15 dernières années. Cela, tous les militants de la gauche abertzale l’ont remarqué. Cette carence est ce qui a permis à la ligne petite-bourgeoise radicale de grandement se développer, et qui a mené une grande partie de la gauche abertzale, se situant plutôt au « centre », a observer assez passivement tous le processus démocratique depuis deux ans.

Les véritables liquidationnistes n’étaient à l’origine qu’une poignée, et ils ont pour noms Arnaldo Otegi, Rafa Diez, Rufi Etxeberria et Txelui Moreno. Mais du fait de ce manque de formation, ils ont bénéficié, surtout au début, d’un important mouvement de suivisme, beaucoup de gens honnêtes qui, dans la situation de blocage, sentaient la nécessité de tenter « autre chose », et soutenaient donc le « processus », avec certes quelques, ou beaucoup, de doutes et réticences. Cela en sachant que même des « communistes », idéologiquement assez ou bien formés, le soutiennent inconditionnellement par pure lâcheté, ou parce que ce sont de purs saboteurs trotskistes (95).

Il y a un facteur qui explique l’opportunisme de la ligne petite-bourgeoise ces dernières années. On remarque rapidement que ceux qui ont impulsés la ligne liquidationniste sont presque tous exclusivement issus de Batasuna et LAB, en réalité d’un appareil bureaucratique qui s’est développé en leur sein.

Otegi n’a cessé de le répéter, l’ »élément déclencheur » de son « illumination » pacifiste a été l’attentat de l’aéroport de Barajas en décembre 2006. L’explosion, malgré les appels d’ETA et l’ »évacuation » par la police, tua deux personnes dans le terminal. Il reprend honteusement la version de l’Etat (96), qui attribue à ETA et à cet attentat l’échec des négociations, alors que celles-ci se poursuivirent jusqu’en juin 2007 !

Cela montre qu’Otegi était déjà prêt à cette date à faire abandonner la lutte armée, alors qu’absolument RIEN n’avait été obtenu, et que l’Etat espagnol s’évertuait à saboter les négociations, comme en 1989 et 1998, avec l’arrestation de membres d’ETA, qui plus est des négociateurs qui avaient des « sauf-conduits », les illégalisations, et y compris l’arrestation d’Otegi lui-même !

Il n’était ainsi semble-t-il plus capable de supporter les « conséquences » de la lutte armée, la répression et les illégalisations, qui touchaient les organisations de la gauche abertzale. C’est-à-dire qu’en fin de compte, avec les illégalisations, l’Etat espagnol a frappé là où cela faisait le plus mal pour toute une couche de « politiciens » de la gauche abertzale devenus professionnels, les empêchant de grappiller quelques sièges dans les institutions de la « démocratie » bourgeoise fascisante espagnole.

Il est aussi important de souligner que, comme il l’expliquait fort bien dans sa magnifique interview dans El Pais, il a développé des contacts très étroits avec des représentants de la grande bourgeoisie espagnole, comme Jesus Egiguren, dirigeant du PSE, sur qui il osait dire dans un véritable plaidoyer pour la collaboration de classe : « Jesús Egiguren est une personne très engagée dans la recherche d’une solution juste et démocratique au conflit. Au-dessus de nombreux différents, après la longue et intense relation que nous avons entretenue, je ressens de l’estime pour lui. Lorsque l’on obtiendra un scénario de solution, ceux qui aujourd’hui le critiquent dans son propre parti et maintiennent une position de « champions de la fermeté », et ceux qui optons pour une sortie démocratique, allons nous asseoir pour bavarder autour d’un bon café. »

Alors que celui-ci n’a rien de plus que le rôle du  »gentil flic » à cotés des autres « méchants flics » dans son parti social-fasciste (comme Rodolfo Ares, actuel ministre de l’intérieur de la CAV), comme cela semble s’être passé dans les négociations de 2006-2007.

Au développement de cet opportunisme est étroitement lié l’affaiblissement militaire d’ETA de ces dernières années. La victoire leur semblant de plus en plus lointaine, les réformistes en sont arrivés à la conclusion qu’ils avaient beaucoup plus à perdre qu’à gagner, et que se lancer dans l’électoralisme pouvait certainement rapporter gros, les élections devenant un objectif en soi.

A terme, une scission dans la gauche abertzale, sous une forme ou une autre, est évidemment inévitable. Dans tous les mouvements révolutionnaires, il y en a eu pour BEAUCOUP moins ! Mais pour le moment, elle ne vient pas, bien qu’il y ait beaucoup de signes encourageants. Fin octobre, des militants révolutionnaires ont agi, en menant une campagne d’affichage et de tags assez massive appelant à l’abstention aux élections du 20 novembre (97). Beaucoup de tags en faveur d’ETA sont également apparus (98).

Un facteur très important pour en expliquer l’absence de scission est que, historiquement, les seules qu’il y ait eu au sein du MLNV ont été celles d’opportunistes et de liquidationnistes de droite,  que ce soit Euskadiko Ezkerra, les défections de certains membres connus dans les années 90, et la plus récente et la plus douloureuse, celle d’Aralar en 2000-2001. La nécessité d’une scission pour dépasser le mouvement « officiel » par la gauche est donc quelque chose de totalement nouveau.

Ces dernières années, face à la répression et aux illégalisations, on a beaucoup serré les rangs. Si les militants ont avalé des couleuvres ces deux dernières années, c’est au nom de la sacro-sainte « unité ». Le même argument est utilisé depuis des années par des « communistes » de la gauche abertzale pour repousser aux calendes grecques la construction du Parti Communiste.

Les dirigeants liquidationnistes se sont félicité à de nombreuses reprises dans leurs interviews d’avoir réussi à maintenir l’ »unité » de la gauche abertzale. Pour le moment, la véritable tendance de fond que l’on observe, est qu’énormément de militants révolutionnaires, en particulier des cadres historiques, ont préférés « rentrer à la maison », quitter les organisations, plutôt que de mener la bataille idéologique contre les liquidateurs.

Il y a quelques mois, notamment après les statuts de Sortu, les militants critiques recevaient la visite de « commissaires politiques » venant s’enquérir des raisons de leur départ. Aujourd’hui il y a trop de départs… Et ce sont à présent les liquidateurs eux-mêmes qui enjoignent les cadres et militants qui ne sont pas d’accord avec la ligne à quitter les organisations !

Des signes très révélateurs ont été l’annonce par Ekin de son « autodissolution » en octobre 2011 (99), les liquis s’en félicitant ouvertement (100), et qu’EPPK adhère officiellement à l’ »Accord de Gernika ». Et enfin bien sûr l’annonce d’ETA. Le nombre de participants aux manifestations, en particulier celles uniquement en faveur du clan Otegi, a connu une baisse absolument historique, notamment de la jeunesse, impossible à cacher.

Même les réformistes ont reconnu en octobre dans le texte « Zutik Euskal Herria zehazten », censé faire le bilan depuis « Zutik EH », qu’il y avait « des difficultés de cohésion » et que « nous ne pouvons pas dire que le processus ait des bases fermes dans les villages et quartiers » (101) ! On peut alors imaginer l’état réel de la situation…

Une chose est sûre, aujourd’hui la seule ligne de gauche qui vaille face à la trahison social-démocrate, est la ligne révolutionnaire marxiste. Le saut qualitatif de la ligne petite-bourgeoise a aiguisé les contradictions, et les « centristes » devront rallier l’un des deux camps. Les abertzale marxistes-léninistes (une partie « à tendance » maoïste) ont été clairement à l’avant-garde de la critique et de l’opposition théorique et pratique à la liquidation réformiste, depuis le tout début il y a deux ans, et ils notaient évidemment des signes inquiétants de dérive réformiste depuis plusieurs années (102).

Pour élaborer une ligne capable d’impulser à nouveau une dynamique révolutionnaire, qui permette de sortir de l’impasse, il est nécessaire de faire une analyse et un bilan critique des 50 années de lutte du MLNV. Quand et comment a émergé, puis grandi, la ligne réformiste ? Quelle a été l’évolution stratégique de la gauche abertzale depuis 50 ans, et quelles ont pu en être les erreurs ? C’est ce que nous tâcherons d’analyser ici.


[à suivre]


 


 

NOTES :

90. http://www.elcorreo.com/vizcaya/v/20111022/politica/antiterrorismo-frances-reclama-entrega-20111022.html
91. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110930/293907/fr/Rapprochement-des-prisonniers-debat
92. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20111103/300906/fr/Le-ministre-l%20Interieur-fran%C3%A7ais-%20aux-aguets
93. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/la-txakurrada-advierten-de-que-el.html
94. http://www.lejpb.com/paperezkoa/20111103/300906/fr/Le-ministre-l%20Interieur-fran%C3%A7ais-%20aux-aguets
95. http://www.nodo50.org/ehk/index.php
http://boltxe.info/
96. http://www.ezkerabertzalea.info/irakurri.php?id=5656
Voir sa réponse à la question : « Qué pensó y que hizo al conocer el atentado de la T-4? ¿Llamó a sus interlocutores de Loiola? ¿Qué les dijo?  »
97. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/abstentzioa-carteles-y-pintadas-por.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/el-pueblo-trabajador-vasco-no-se-rinde.html
98. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/aparecen-pintadas-en-gernika-grupo.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/pintadas-en-elizondo-nafarroa.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/aparecen-pintadas-de-apoyo-eta-en.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/aparecen-de-nuevo-pintadas-en-gernika.html
http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/11/pintadas-en-lekeitio-ehs-es-como-dios_10.html

99. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/ekin-lo-autodisuelven.html
100. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/garitano-saluda-la-decision-de-ekin.html
101. http://euskalherriasozialista.blogspot.com/2011/10/como-sera-la-situacion-real-para-que.html
102. Notamment l’organisation Kimetz : http://www.kimetz.net/

 


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L'affaire Dieudonné-Valls :
Plutôt bon article sur la ‘Déclaration de guerre de la République à Dieudonné’ (la pseudo-controverse réactionnaire entre l’antisémite dégénéré et les gardiens du temple républicain)
Quelques mises au point complémentaires (et conclusives) sur la ‘‘question Dieudonné’’ (et Dreyfus, le Front populaire, l’antisémitisme etc.)
Réflexion théorique : loi Gayssot, lois antiracistes et "mémorielles", "antifascisme" bourgeois etc., quelle position pour les communistes ?

Dossier Breizh :
Breizh : comment l'étincelle écotaxe a mis le feu à la lande
"Esclave", "identitaire", chouan, cul-terreux arriéré de service : pour paraphraser Césaire, "n'allez pas le répéter, mais le Breton il vous EMMERDE"
Considérations diverses – en guise de ‘‘petit debriefing’’ de ces derniers mois : Bretagne, fascisme, ‘‘Lumières’’ et Kaypakkaya… (point 1)
Considérations diverse (26/11/2013) : eh oui, Servir le Peuple a toujours quelques petites choses à vous dire ;-) (point 1)
Appel de la gauche indépendantiste bretonne (Breizhistance) pour le 30 novembre (avec notre critique de la position du ROCML)
Le Top Five des drapeaux qui n'ont PAS été inventés par un druide nazi  (mortel !)
Et en guise (provisoire) de conclusion : La Gauche indépendantiste bretonne revient sur la mobilisation de Karaez/Carhaix

Comité de Construction du PCR des Terres d'Òc : Déclaration du 11 Novembre

La phrase du moment :

"La tyrannie cessera parmi mon peuple ; il n'y aura que liberté, liberté toute nue, sans déguisement. Bouleversements d’États entiers : je les renverserai de fond en comble, il n'y aura rien de reste. Il va y avoir de terribles renversements de conditions, de charges et de toutes choses. Je veux faire un monde nouveau, je veux tout détruire. Je veux appeler à moi la faiblesse, je veux la rendre forte. Pleurez gens du monde, pleurez grands de la terre, vos puissances vont tomber. Rois du monde, vos couronnes sont abattues !"

Élie Marion, "prophète" et guérillero camisard cévenol, 1706.

Amb l'anma d'un Camisart, Pòble trabalhaire d'Occitània endavant !

 

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État français : 

Quartiers populaires - Colonies intérieures :

Peuples en Lutte (Hexagone) :

Autres pays francophones :

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À l'Est, du nouveau : 

Grèce :

  • KOE ('maoïsant', allié à la gauche bourgeoise SYRIZA, en anglais) [dissous dans SYRIZA en 2013, publie maintenant Drómos tis Aristerás, en grec]
  • KKE(m-l) (marxiste-léniniste 'maofriendly', partie en anglais, le reste en grec)
  • ANTARSYA (Coordination de la gauche anticapitaliste pour le renversement, avec des trotskystes, des 'maos' etc., en grec)
  • ANTARSYA - France (site en français)
  • Laïki Enotita ("Unité populaire") - France (en français et en grec, scission anti-capitulation de SYRIZA, pour s'informer)
    EKKE (Mouvement communiste révolutionnaire de Grèce, 'maoïsant' et membre d'ANTARSYA, présentation en anglais, le reste en grec)

Karayib (Antilles-Guyane) & Larényon (Réunion) okupé : 

Monde arabe / Résistance palestinienne :

État turc / Kurdistan : 

  • Maoist Komünist Partisi (PC maoïste de Turquie/Kurdistan-Nord)
  • DHKP-C (ML, tendance 'guévariste')
  • TKP/ML (maoïste)
  • MLKP (ML, site francophone)
  • ATİK (Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe, maoïste, en anglais)
  • Nouvelle Turquie (information et soutien à la Guerre populaire et aux luttes, en français) [ancien blog]
    Nouvelle Turquie (nouveau site)
  • YPG (Unités de Protection du Peuple, Kurdistan "de Syrie", en anglais)
    PKK (Kurdistan "de Turquie", site en anglais)
    PYD (Parti de l'Union démocratique, Kurdistan "syrien", site en anglais)
    ActuKurde (site d'information en français)

Afrique :

Asie & Océanie :

Antifa :

Action Antifasciste Bordeaux (plus mis à jour, mais "cave aux trésors")

AA Alsace (idem)

Union Révolutionnaire Antifasciste du Haut-Rhin (URA 68, page Facebook)

Collectif Antifasciste Paris - Banlieue

Action Antifasciste Paris - Banlieue

Montpellier Antifa

Collectif Antifasciste 34

Collectif Antifasciste Rennais (AntifaBzh)

Cellule Antifasciste Révolutionnaire d'Auvergne (CARA, page Facebook)

Carcin/Quercy Antifascista (page Facebook)

Occitània Antifascista (page Facebook)

Breizh Antifa (page Facebook)

Perpignan Antifa (page Facebook)

Action Antifasciste de Pau

Union Antifasciste Toulousaine

Ipar Euskal Herria Antifaxista (Pays Basque du Nord antifasciste)

REFLEXes - site d'informations antifascistes

La Horde, portail d'information antifa

Rebellyon - rubrique "Facho"

Redskins Limoges

Droites extrêmes - blog Le Monde (site d'information bourgeois bien fourni, parfait pour le "watch")

Document : Ascenseur pour les fachos (série de 6 vidéos Youtube, Antifascisme.org, site social-démocrate)

 

Guerre pop' - Asie du Sud :

Inde Rouge (nouveau site "officiel" francophone)

Comité de Soutien à la Révolution en Inde

Comité de solidarité franco-népalais

Fil d'actu "Inde - Népal" du Secours Rouge - APAPC

J. Adarshini (excellent site en français)

Revolution in South Asia (en anglais)

Maoist Resistance (guérilla maoïste indienne - en anglais)

NaxalRevolution (Naxalite Maoist India, en anglais)

Banned Thought (en anglais)

Indian Vanguard (en anglais)

The Next Front (Népal - anglais)

Signalfire (sur la GPP en Inde et aux Philippines, le Népal et les luttes populaires dans le monde - en anglais)

Communist Party of India (Marxist-Leninist) Naxalbari (a fusionné avec le PC d'Inde maoïste le 1er mai 2014)

New Marxist Study Group (maoïste, Sri Lanka)

Parti communiste maoïste de Manipur (page Facebook)

 

Guerre pop' - Philippines :

Philippine Revolution (en anglais)

The PRWC Blogs

(tous deux remplacés apparemment par ce site CPP.ph avec notamment les archives d'Ang Bayan, l'organe officiel du Parti)

Solidarité Philippines

Fil d'actu "Philippines" du Secours Rouge - APAPC

 

Guerre pop' & Luttes armées - Amérique latine :

CEDEMA - actualité des mouvements armés en Amérique latine (+ qqs documents historiques)

 

Nuevo Peru (Pérou, basé en Allemagne, en castillan et allemand principalement)

Guardias Rojos (Pérou, page FB)

Fil d'actu "Amérique latine" du Secours Rouge - APAPC

Archives

Autres documents théoriques

 

Récapitulatif des "grandes thèses" de Servir le Peuple


À lire également, les Considérations Diverses, petits "billets" trop courts pour faire un article et donc regroupés par trois, quatre ou plus, exprimant notre CONCEPTION DU MONDE sur toute sorte de sujets. 


En finir avec la 'France', appareil politico-militaire et idéologique de nos oppresseurs ! (1) et (2) 

En finir avec la 'France' (3) : l'État bourgeois contemporain et nos tâches

Même étude sur l'État espagnol (1 et 2) ; le Royaume-Uni (1 et 2) et l'Italie.

 

APRÈS 8 SÈGLES… (Huitième centenaire de la bataille de Muret 1213 & DÉCLARATION FONDATRICE de notre Comité de Construction du PCR-Òc)

 

V. I. Lénine : "Il y a deux guerres" 

 

Le 18 Juin, une date symbolique pour les fascistes


Réflexion sur la déviation ouvriériste – Avant-propos

Réflexion sur la déviation ouvriériste : la classe ouvrière, le prolétariat et la révolution. 


Sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Rectificatif sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Encore une fois sur le "Bloc populaire" et la QUESTION ELECTORALE


Harry Haywood contre la Théorie des Trois Mondes et les dérives réactionnaires des « prochinois »


TKP(ML) : On ne peut pas être communiste sans défendre le maoïsme


La Question nationale au 21e siècle 

Considérations diverses : un (gros) pavé sur la Question nationale...

Clarification sur l'encerclement du 'Centre' par la 'Périphérie'

 

Pour comprendre la Tempête arabe, avoir une analyse de classe correcte de la situation

(n)PCI : La révolution démocratique anti-impérialiste des pays arabes et musulmans

 

2011 : un point indispensable sur le fascisme et l'antifascisme pour les années à venir

 

Thèses fondamentales pour la construction partidaire


Sur le processus révolutionnaire

Sur le processus révolutionnaire (2) : vers le communisme

 

La "négation de la négation" et le maoïsme


Considérations diverses : Sur la question du SECTARISME

 

(Conception du monde) Le Parti révolutionnaire : ARTISAN conscient... ou 'accompagnateur contemplatif' du mouvement historique ?


Sur la 'révolution permanente' et le trotskysme

 

Le 'centre mlm' de Belgique, la Guerre populaire et le (n)PCI (sur la stratégie révolutionnaire en pays impérialiste) ; et dans la continuité :

Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (1ère partie)

et Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (2e partie)

 

 

Sur le document "Expériences, débats et perspectives" du PC d'Équateur - Comité de Reconstruction, adressé au Mouvement communiste international

 

EXCLUSIF : Lotta Continua - "Prenons la Ville !" (1970) [avec un salut rouge et fraternel à l'AA Bordeaux ]


Manifeste Programme du (n)PCI

Présentation

du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)

 

(Chapitre I): PDF - WORD

 

Le Plan Général de Travail ((n)PCI)

 

 MANIFESTE COMPLET

(version non-définitive ; chap. 4 et 5 pas encore validés par les camarades italiens)

 

IMPORTANT pour la compréhension du Manifeste :

La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)

article de 1985 paru dans Rapporti Sociali n°0

[en bas de la page en lien, icône
PDF - Télécharger le fichier pour télécharger le document]

Autres analyses d'actualité

Sarkozy en Chine : ramener le "péril jaune" dans le "droit chemin"

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Situation décisive au Népal 

En matière de conclusion sur la situation au Népal, et ses répercussions dans le Mouvement communiste international 

Questions-réponses sur la situation au Népal

 

Discussion sur la "gauche" en Amérique latine et la bourgeoisie bureaucratique

 

Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria : l'analyse d'un communiste abertzale

Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria, 2e partie

Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria, 3e et dernière partie  

 

 

Considérations du 01/10/2012 : Copé, "droite décomplexée", montée du fascisme et islamophobie

Considérations diverses : Encore une fois sur la question du fascisme (22/10/2012)

Considérations diverses (26/10/2012) : 'traditions' politiques bourgeoises et fascisation ; question nationale et identitarisme ; 'émergentisme' et islamophobie

 

Considérations diverses (19/01/2013) : Retour sur la situation au Mali (osons le "cosmopolitisme" et la "géopolitique" !)

 

Mort d'Hugo Chávez au Venezuela


Considérations diverses 03-2013 - et un peu de polémique/critique, ça fait pas de mal ! (sur Chavez, le 'bolivarisme', le 'fascisme' de celui-ci et autres choses...)


Sur le capitalisme bureaucratique des pays dominés et le prétendu 'fascisme' de certains régimes réformistes bourgeois


La tragédie de Lampedusa est un crime impérialiste de plus contre l’humanité

Autres articles historiques

 

25 avril 1945 : le Peuple italien terrasse le fascisme

25 avril 1974 : la Révolution des Oeillets met fin au salazarisme

 

24 mars 1976, noche negra de Argentina : pour ne jamais oublier

La dictature militaire argentine de 1976 - 1983

 

Pierre Mulele, héros et martyr d'Afrika


Thomas sankara, leader d'un authentique processus révolutionnaire

Le 15 octobre 1987 tombait thomas sankara, le "che" africain 

 

Etudions l'histoire de la Révolution chinoise


Bref panorama historique révolutionnaire des Amériques


Quand Argala répondait (par anticipation) à certaines "lumières éclairées" du "marxisme" le plus social-chauvin...


Document historique : Déclaration "Aux Peuples d'Amérique latine" par la Junte de Coordination Révolutionnaire (Tupamaros-MIR-ELN-ERP) - 1er novembre 1974


35 ans après le coup d’État pro-soviétique, les peuples d'Afghanistan continuent de résister héroïquement aux envahisseurs impérialistes


Grande étude historique : du païs à la Commune populaire, de la communauté populaire précapitaliste à la société communiste

Illustration de la théorie par un exemple historique : la Guerre des Demoiselles en Ariège

Et en guise de récapitulatif/synthèse : Considérations diverses sur les États, les Nationalités, la Subsidiarité et le Pouvoir populaire ; ici (point 1) : Considérations diverses – fin octobre 2013 : État et révolution bourgeoise et ici : Considérations diverses : 1/ Le cœur des nations est aujourd’hui le Peuple