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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 08:57

 

feiglin-019.jpgAprès avoir cité les propos de l'intellectuel progressiste états-unien Norman Finkelstein, nous saisirons ici l'occasion de parler de Moshe Feiglin. Le Likoud est un parti de droite et le principe d'un parti de droite, c'est qu'il y a toujours un ou deux gars pour dire tout haut ce que beaucoup sinon la majorité, par souci de "respectabilité", pensent tout bas : Moshe Feiglin est de ceux-là. Il est loin d'être un personnage "marginal" dans le paysage politique israélien : il dirige au sein du Likoud le courant Manhigut Yehudit ("Leadership juif"), qui est un peu en quelque sorte la "Droite forte" ou la "Droite populaire" locale, et il a réuni en 2007 près d'un quart des militants sur son nom dans des primaires l'opposant à... Netanyahu. Il incarne depuis 1993 la "désobéissance civile" réactionnaire israélienne contre les Accords d'Oslo, "désobéissance" qu'il veut cependant "non violente" contrairement à d'autres (comme les cousins locaux de la LDJ), bien qu'il ait pu soutenir "moralement" des actes violents comme le massacre de 23 Palestiniens à Hébron par le colon extrémiste Baruch Goldstein (en 1994). Il aurait également exprimé en 1995 une "certaine" admiration pour... Adolf Hitler : "Hitler était un génie militaire inégalé. Le nazisme a fait passer l’Allemagne d’un bas niveau à un niveau physique et idéologique fantastique. Les jeunes loqueteux ont été transformés en une catégorie propre et ordonnée de la société et l’Allemagne a disposé d’un régime exemplaire, d’un système de justice adéquat et de l’ordre public. Hitler aimait la bonne musique. Il pouvait peindre. Les nazis n’étaient pas une bande de voyous" ; avant d'affirmer que ses propos avaient été "déformés". Ses frasques lui ont valu d'être... interdit de séjour au Royaume-Uni, pourtant soutien indéfectible d'Israël s'il en est. Il incarne de fait, au sein du Likoud, l'esprit ouvertement ultra-nationaliste et "nettoyeur ethnique", fortement mâtiné d'incantations religieuses tout en restant ouvert aux Juifs libéraux (sur le plan de la religion) et laïcs, et saupoudré de quelques conceptions "libertariennes" (il milite ainsi pour la légalisation du cannabis, au nom de la "liberté individuelle absolue").

Il ne représente donc pas l'aspect du sionisme consistant en la "réaction" d'une minorité opprimée face à l'antisémitisme, la volonté de se "mettre à l'abri" (tant qu'à faire en "Terre promise") et même, pourquoi pas, de réaliser dans ce "refuge" un "idéal" démocratique et égalitaire - quand bien même cela aboutirait dans les faits à une réalité colonialiste donc réactionnaire ; mais bien l'aspect du sionisme qui veut ouvertement "copier" les nationalismes non-juifs (généralement antisémites) pour se "hisser à leur niveau", en être "respecté" et leur "parler d'égal à égal" - d'où les déclarations nauséabondes sur Hitler, qui se sont multipliées ces dernières années dans la droite dure israélienne comme par exemple avec l'actuel Ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman ("si j'étais allemand sous Hitler ? ma fidélité irait à l’État"). Cet aspect a toujours existé avec Jabotinsky, les Birionim d'Abba Ahiméir, le Lehi etc., mais la réalité coloniale en Palestine (et la résistance qu'elle suscite) a fini par le rendre clairement hégémonique ; alors que le premier aspect dominait évidemment à l'époque où l'antisémitisme faisait rage en Europe et où le sionisme, s'il voulait simplement exister politiquement, devait se présenter ainsi aux masses populaires juives. bombardement-GazaLogiquement, cette insulte à la conscience de Peuple juive devrait tôt ou tard provoquer de grandes ruptures jusque dans le mouvement sioniste lui-même - du moins faut-il l'espérer. Cela montre en tout cas la schizophrénie extrême de ces gens qui ne peuvent dissimuler leur sympathie pour le IIIe Reich tout en invoquant, à la première roquette qui tombe sur Israël, le souvenir de la Shoah et le risque d'une "nouvelle" !

Dans le récent conflit-massacre contre Gaza, Feiglin clame donc encore une fois "tout haut" ce que le Likoud - devenu hégémonique dans la société israélienne - pense "tout bas", sous couvert d'"antiterrorisme". Il a rédigé et adressé une lettre ouverte au Premier ministre Netanyahu dans laquelle il préconise tout simplement (ni plus, ni moins) de terminer la Nakba (le nettoyage ethnique de la Palestine) pour Gaza et ses 1,8 millions d'habitants ; et dont voici la source sur le site même de son courant (en anglais) afin de bien montrer que rien n'est "inventé" : http://www.jewishisrael.org/deal-gaza-letter-pm-netanyahu-moshe-feiglin/

Nous sommes obligés d'en traduire nous-mêmes quelques passages car le fait est qu'ici, on n'en trouve l'évocation que sur des sites antisémites ("Croah" de "Joe le corbeau" etc.) ou "islamistes" aux conceptions et connections parfois douteuses ; alors même que le débat fait rage sur la question des sources qui peuvent être partagées sur Internet au sujet de la Palestine... Mais la vraie question qui mériterait d'être posée ne serait-elle pas : comment se fait-il qu'il n'y ait PAS UN SEUL site non-antisémite, non-religieux, non-conspi, non-soralo-dieudonniste bref en un mot PROGRESSISTE pour relayer une telle information, dès lors que celle-ci est avérée et assumée sur le site même du mouvement de Feiglin et que la presse bourgeoise anglo-saxonne la plus sérieuse qui soit l'évoque sans aucun problème ???

Voici quelques passages traduits :

Gaza 357086b"Ce qu'Israël doit désormais intégrer, c'est que le temps d'Oslo est révolu : (la Palestine) est NOTRE pays et notre pays exclusivement, Gaza comprise. Il n'y a pas deux États, il n'y a pas deux Peuples. Il ne peut y avoir qu'un seul État pour un seul Peuple.

Après avoir intégré ceci, nous devons réviser profondément et minutieusement notre stratégie : définition de l'ennemi, définition des tâches opérationnelles, définition des buts stratégiques et, bien entendu, une nécessaire et appropriée éthique de guerre.

1. Définition de l'ennemi : l'ennemi stratégique est l'Islam extrémiste arabe sous toutes ses métastases (de l'Iran à Gaza) qui cherche à anéantir Israël entièrement. L'ennemi direct est le Hamas (pas les tunnels, pas les roquettes : LE HAMAS).

2.  Définition des tâches : conquête de la Bande de Gaza toute entière et élimination de toutes les forces combattantes et de leurs supporters [euh... à Gaza cela veut dire la grande majorité de la population !]

3.  Définition de l'objectif stratégique : faire de Gaza une autre Jaffa, une ville israélienne florissante avec un nombre minimal de civils hostiles.

4.  Définition de l'éthique de guerre : “Malheur à celui qui fait le mal et malheur à son voisin” [citation biblique]

À la lumière de ces quatre points, Israël doit conduire l'action suivante :

A. Les Forces de Défense d'Israël doivent désigner des zones vierges à la frontière du Sinaï, au bord de la mer, dans lesquelles parquer la population civile loin des zones construites qui servent pour le lancement de roquettes et le creusement de tunnels. Dans ces zones seront établis des campements de tentes, en attendant de trouver des destinations d'émigration sérieuses.nakba camp réfugié L'électricité et l'approvisionnement en eau des zones antérieurement habitées doivent être coupés.

B. Les zones antérieurement habitées seront bombardées avec une puissance de feu maximale. Les infrastructures civiles et militaires du Hamas, ses moyens de communication et sa logistique doivent être détruits entièrement, de fond en comble.

C. Les Forces de Défense d'Israël doivent quadriller la Bande de Gaza en long, en large et en travers, élargir significativement les routes, prendre le contrôle des points stratégiques et détruire les poches de résistance - s'il en reste.

D. Israël commencera à attribuer des pays d'accueil et des quotas d'immigration pour les réfugiés de Gaza. Ceux qui souhaiteront émigrer se verront offrir une aide économique généreuse et arriveront dans leurs pays d'accueil avec des capacités économiques significatives.

E. Ceux qui insisteront pour rester, s'il est prouvé qu'il n'ont aucune affiliation avec le Hamas, devront signer publiquement une déclaration de loyauté envers Israël. Ils recevront alors une carte d'identité bleue comme celle des Arabes de Jérusalem Est.

F.  Lorsque les combats auront pris fin, les lois israéliennes seront étendues à l'ensemble de la Bande de Gaza. Les personnes expulsées du Gush Katif (le bloc de colonies de Gaza, évacué par Sharon en 2005) seront invitées à regagner leurs villes et villages et la ville de Gaza sera reconstruite comme une ville touristique et commerciale israélienne."

Donc voilà : il est bien question de camps de concentration (regroupement forcé dans des campements de tentes), nullement de "camps d'extermination" contrairement à ce que prétendent "Croah" et compagnie (dans leur misérable tentative de réhabiliter le fascisme européen en montrant que "les Juifs font pire") mais bien, en revanche, du massacre de plusieurs dizaines de milliers de personnes (on voit mal comment un tel plan serait réalisable autrement) et du "nettoyage nakba_image_slide_10_430.jpegethnique" total de plus d'un million d'autres... Et tout ceci est, "dit tout haut", la conception de (sans doute) une majorité du Likoud et de la bourgeoisie israélienne dans le récent conflit, bien qu'obligée de présenter internationalement les choses comme une "défense contre le terrorisme" et pensant, peut-être, arriver au même résultat de manière plus subtile - en rendant la vie des Gazaouis tellement impossible qu'ils et elles s'en iront petit à petit...

Il n'y a là, comme nous l'avons expliqué, aucune "antithèse" de l'impérialisme, du capitalisme et du nationalisme européen-chrétien (en particulier "français") que ces "atrocités juives" "réhabiliteraient", ni sous sa forme "démocratique" ni encore moins sous sa forme fasciste (Reich hitlérien etc.) ; mais au contraire son prolongement total et de fait, tout simplement, son produit idéologique et son bras armé au Proche-Orient ; même si ménager les gouvernants arabes implique parfois de "hausser le ton" contre des pratiques trop "disproportionnées" : HONTE AUX IMPOSTEURS QUI PRÉTENDENT LE CONTRAIRE pour tenter de misérablement  "redorer le blason" du capitalisme, de l'impérialisme, du militarisme et du fascisme européen !

Mais il n'y a là, non plus, rien qui ressemble de près ou de loin à "deux camps bourgeois également réactionnaires" qu'il s'agirait de renvoyer dos à dos : HONTE AUX IMPOSTEURS notamment "antifascistes", d'"extrême-gauche", "marxistes" ou "anarchistes" qui prétendent le contraire !

Il y a là (car les choses ne sont pas terminées, tout au plus remises à plus tard) un plan de nettoyage ethnique ET SOCIAL, car les Gazaouis ne sont pas avant tout des non-juifs mais avant tout des PAUVRES et des INDIGÈNES non-occidentaux ; un plan qui est le produit de la crise générale du capitalisme et de sa fuite en avant criminelle contre les Peuples et un reflet en modèle réduit de la manière dont la pieuvre capitaliste-impérialiste étend ses tentacules sur la planète, de l'affrontement mondial entre l'impérialisme et les Peuples et entre révolution et contre-révolution. Et NON Gaza n'est pas et ne doit pas être le "ghetto de Varsovie" - lieu d'une résistance héroïque mais sans espoir ; comparaison visant à permettre une "solidarité" occidentale dégoulinante de paternalisme : GAZA DOIT ÊTRE STALINGRAD, GAZA DOIT ÊTRE HANOÏ, un défi à la barbarie impérialiste et peut-être un jour son tombeau !

Enfants-jouant-a-Gaza.jpg

PS : l'inénarrable Jacques Kupfer du Likoud de France (co-président du Likoud mondial) a lui aussi encore récidivé, après ses mémorables "Gaza doit pleurer" et "Vitrifier l'Iran"...


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Published by Servir_Le_Peuple - dans Proche-Moyen-Orient
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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 08:57

 

Mon défunt père était à Auchswitz, ma défunte mère était dans le camp de concentration de Majdanek. Chaque membre de ma famille des deux côtés paternel et maternel ont été exterminés. Mes deux parents étaient dans le soulèvement du ghetto de Varsovie. Et c'est précisément et exactement grâce aux leçons que mes parents nous ont enseignés à moi et à mes deux frères que je ne vais pas être silencieux quand Israël commet des crimes envers les Palestiniens, et je trouve qu'il n'y a rien de plus dégueulasse que de profiter de la souffrance de mes parents et de leur supplice pour essayer de justifier la torture, la sauvagerie, la destruction de maisons qu'Israël commet chaque jour contre les Palestiniens.

Norman Finkelstein, universitaire "radical" états-unien, fils de miraculés de l'Holocauste.


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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 08:57

 

hollande_gauck.jpgCe dimanche, François Hollande et son homologue allemand Joachim Gauck (président au rôle essentiellement honorifique, l'essentiel des pouvoirs appartenant à la chancelière Merkel) étaient réunis sur le site du "Vieil Armand" (Hartmannswillerkopf), sur l'ancienne "ligne bleue des Vosges", pour commémorer les premiers coups de feu de la Grande Boucherie qui, en 4 ans, allait engloutir près de 18 millions de vies civiles et militaires des cinq continents : voir ici, ici, ici et ici.

Cela a évidemment été l'occasion de célébrer, sur un ton larmoyant pitoyable, l'actuelle "amitié" entre les deux puissances impérialistes ennemies d'hier tout en "rendant hommage" aux sacrifiés de l'infâme Moloch impérialiste ("Nos deux nations sont dans le même deuil") comme si celui-ci n'existait plus aujourd'hui (la véritable "religion civile" européenne depuis 30 ans ou plus...) ; ainsi que de lancer les traditionnels appels à "renforcer l'Europe" ("aventure exceptionnelle [...] parvenue à vaincre la guerre [et à] réunifier le continent dans la démocratie") et à lutter pour "la paix dans le monde", avec des trémolos dans la voix habituellement réservés aux hommes d'Église.

Des appels à la paix qui, concernant les deux pays ("que la volonté peut toujours triompher de la fatalité et que des peuples qui  ont été regardés comme des ennemis héréditaires peuvent en quelques années se  réconcilier"), sont bien sûr complètement ridicules : de 1910 à 1945, plus de trois décennies de tensions et de guerres ouvertes ont justement consisté à "régler" la question de la surproduction absolue de capital en Europe et les violentes rivalités entre États qu'elle suscitait ; et la "solution" a finalement été trouvée par le capitalisme dans ce que nous appelons l'Union européenne, dont le "pilier" est justement le fameux "couple" franco-allemand (le reste n'étant finalement qu'"emballage" : protectorats économiques purs et simples comme en Europe de l'Est, en Grèce, au Portugal, en Irlande etc., "poissons pilotes" ayant intérêt à suivre les Tardi2deux gros "requins" comme l'État espagnol, l'Italie ou la Belgique et États qui se demandent souvent ce qu'ils foutent là comme le Royaume-Uni, le Danemark, de plus en plus les Pays-Bas...) et dont l'idée, bien qu'elle ait également pu être portée par des progressistes antifascistes sincères comme Simone Weil, était déjà en germe dans la "gauche" vichyste issue du pacifisme des années 1930 - typiquement le RNP du "néo-socialiste" Déat.

Aujourd'hui, quand bien même la crise générale du capitalisme s'approfondirait et que continueraient à monter les "souverainismes" anti-UE comme on l'a vu aux dernières élections (c'était là aussi un grand enjeu des présentes commémorations, tout comme la poignée de main Mitterrand-Kohl de 1984 visait à préparer la "phase ultime" de la construction européenne, de l'Acte unique à Maastricht), la perspective d'une guerre entre les deux États est hautement improbable.

Au contraire, les États français et allemand partagent plus que souvent les mêmes intérêts impérialistes sur la planète, comme par exemple le soutien indéfectible à l'État sioniste qui massacre Gaza (déjà entre 1.500 et 2.000 mort-e-s, plus qu'en 2008-2009 lors de "Plomb durci") ou à la junte fasciste de Kiev qui écrase de bombes le Donbass (déjà près de 1.000 civil-e-s tué-e-s), et c'est en cela que les appels pacifistes larmoyants concernant ces deux conflits ("Tous nos efforts doivent être tendus pour imposer, aujourd’hui plus que jamais, le cessez-le feu à Gaza et en finir avec les souffrances des populations civiles") sont cette fois non seulement ridicules mais proprement honteux ; au même titre que l'évocation de l'intervention néocoloniale en Centrafrique, pour y "arrêter un possible génocide" dont les facéties de l'ancien protégé (le sous-préfet) Bozizé ont totalement créé les conditions - et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.

Gaza-2014.jpgLe discours s'est par ailleurs éloigné à maintes reprises de la bluette pacifiste pour se tourner vers les très concrètes et actuelles préoccupations du Grand Capital européen ("L'Europe doit ouvrir une perspective de croissance, d'emploi, de solidarité, mais également de culture, d'éducation, de savoir, a déclaré François Hollande. Pour y parvenir, beaucoup dépendra de l'amitié entre la France et l'Allemagne") et la tonalité européo-"pacifiste" de l'évènement ne s'est nullement avérée incompatible avec des tirades patriotardes bleu-blanc-rouge du meilleur cru, invitant à "célébrer le patriotisme" mais en précisant bien que "célébrer le patriotisme, ce n'est pas s'éloigner de l'Europe" - tentative de synthèse bienvenue à l'heure où les tensions inter-impérialistes et les national-chauvinismes 1401897330 go-20réactionnaires qu'elles portent s'exacerbent d'un bout à l'autre de la planète et où (on l'a dit) les tendances à vouloir "retirer ses billes" de la construction UE explosent dans le bourgeoisie de nombreux pays (FN en "France", UKIP en Grande-Bretagne, Parti populaire au Danemark, Alternative pour l'Allemagne chez Gauck lui-même etc.) ; et puis après tout les Identitaires y ont déjà pensé, alors...

En bref, Hollande et Gauck qui rendent hommage aux victimes de la "Grande Guerre" et sanglotent au "plus jamais ça" c'est un peu comme Rajoy qui rendrait hommage aux victimes du franquisme ou Berlusconi à celles des Chemises Noires : deux pantins grotesques à qui il est grand temps de dire de fermer leurs gueules, et de lancer à la face qu'il y a une guerre qui ne s'arrêtera jamais jusqu'à la Victoire : NOTRE GUERRE DE CLASSE CONTRE EUX.

Au nom des millions d'assassiné-e-s de 14-18 et de tous ceux depuis lors et jusqu'aujourd'hui :

NI OUBLI NI PARDON !

tardi vivement larmisticeTardi1MAM Aniane 3

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 12:13

 

jean-jaures.jpg... Nòstre Joan Jaurès de Castres, socialiste réformiste dont il est tout à fait permis de discuter les positions, antimarxiste mais combattant sincère et infatigable de l’Égalité sociale, OCCITAN fier de l'être [1] et figure du "Midi rouge", opposant implacable à la guerre [2] (cette boucherie d'ouvriers et de paysans pour les dividendes du Capital) ; était abattu à Paris par le nationaliste bleu-blanc-rouge d'extrême-droite Raoul Villain.

Dans les jours et les semaines qui suivront, peut-être par imprégnation du vieux mythe "sans-culotte" de "la Patrie en danger" (le territoire "français" étant très vite envahi par les troupes allemandes) et sans doute aussi... par lâcheté et par peur de connaître le même sort que lui (enrober les choses de verbiage "révolutionnaire" n'étant alors pas le plus compliqué), la quasi-totalité des dirigeants "socialistes" (y compris les "marxistes" autour de Guesde et y compris la quasi-totalité des futurs fondateurs du PC en 1920) se rallieront à "l'Union sacrée" derrière la bourgeoisie impérialiste et à la "mobilisation générale" qui engloutira en 4 ans et 3 mois de ténèbres près d'un million et demi de vies et en brisera définitivement des millions d'autres ; avant que les "critiques" ne ressurgissent timidement à partir de 1916, devant l'éternisation du conflit. Ce devait être là le début d'une longue histoire du "socialisme" hexagonal au service de l'impérialisme et des monopoles, contre le prolétariat et les Peuples jusqu'à nos jours : il suffit d'évoquer les noms de Jules Moch le briseur de grèves de 1947 (contemporainement à la guerre colonialiste en Indochine, la répression-massacre à Madagascar etc. etc., la moitié ou presque des ministres étant "socialistes") ; François Mitterrand le guillotineur d'Algériens puis (devenu président) le maître d’œuvre des guerres impérialistes au Tchad, au Liban ou au Koweït et le formateur et protecteur des génocidaires hutus au Rwanda ; Guy Mollet et ses "pouvoirs spéciaux" aux sbires de Massu contre la Révolution algérienne ; BHL l'atlantiste/sioniste champion du "devoir d'ingérence" et Roland Dumas l'"eurasiste-tiers-mondiste" ami de Dieudonné ; et aujourd'hui Hollande, Valls, Le Drian etc. etc.

Le juste châtiment s'abattra sur Villain 22 ans plus tard, lorsque la CNT le fusillera à Ibiza où il s'était retiré. Mais le monstre qui a armé le bras de l'assassin, l'immonde entité capitaliste, impérialiste et militariste nommée "France", reste toujours impuni !

Nous sommes MAOÏSTES et nous l'assumons de A à Z. Nous sommes maoïstes et nous savons qu'il y aura des débiles mentaux se parant de ce nom - ou en tout cas de celui de "communistes" - pour nous reprocher ce qu'ils auront "compris" (ils ne comprennent rien, c'est le principe avec eux) comme un "hommage" à ce "sale réformiste". Nous sommes maoïstes et donc matérialistes, ce qui signifie que nous n'avons aucun problème à critiquer Jaurès (le réformiste qui ne croyait pas au marxisme et à la révolution mais plutôt à l'évolution naturelle de "la République" vers le socialisme à travers l'"accumulation de progrès" démocratique et social, souvent "patriote" et parfois même "bienfaits de la colonisation" comme toute la gauche "républicaine" de son époque - avant d'évoluer nettement toutefois [3])... tout comme des centaines, tout comme à vrai dire TOUTES les figures dirigeantes passées d'un mouvement ouvrier anticapitaliste (contre le capitalisme, pour le socialisme) qui dépasse et DOIT dépasser en permanence ses limites (comme ce mythe d'une République "sociale par essence" et "simplement" à libérer de quelques "200 familles" dans lequel baignait Jaurès, mythe qui n'avait rien d'invraisemblable à l'époque et qui bercera encore... le PCF par la suite) ; un mouvement ouvrier qui vit et évolue dans l'Histoire, qui n'est pas parfait aujourd'hui et donc - par définition - ne l'était certainement pas hier.

Mais surtout, nous sommes maoïstes et donc (contrairement à beaucoup d'autres petits-bourgeois crachant leurs névroses existentielles à travers leur clavier) NOUS SOMMES LE PEUPLE, et ce qui vit dans le cœur du Peuple vit dans le nôtre - et c'est le cas de Jaurès. Nous connaissons (car nous ne sommes pas des imbéciles) et combattons politiquement l'empreinte négative laissée par l'"évolutionnisme républicain" [4] de Jaurès sur le mouvement ouvrier hexagonal (y compris dans sa composante se voulant marxiste...) ; mais nous ne le reconnaissons et l'assumons pas moins comme une grande figure historique - à une époque donnée dans l’État bourgeois où nous vivons et luttons - du CAMP DU PEUPLE qui est le nôtre ; un homme qui a combattu sans relâche, par les moyens qu'il jugeait appropriés (grèves, journalisme avec L'Humanité, activisme parlementaire), ce que la bourgeoisie capitaliste "républicaine" ("le régime qui nous divise le moins" comme disait son pire représentant des années 1860-70, l'ignoble Thiers...) voulait pour les masses populaires laborieuses d'Hexagone : exploitation assortie de quelques réformettes, "rouleau" uniformisateur culturel et enrôlement dans l'armée productive du Capital, endoctrinement patriotard et mort les tripes à l'air dans les tranchées.

Le mouvement ouvrier socialiste-communiste de l’État français est ce qu'il est parce que nous sommes dans l’État français et pas ailleurs : ceux qui déplorent qu'il n'y ait "jamais eu (en Hexagone) de vraie social-démocratie à l'allemande où à l'autrichienne" (le "vrai socialisme" de "dolichocéphales blonds" ? il faudrait demander à Zemmour...)  n'ont qu'à aller voir dans ces pays si leurs thèses fumeuses y seront mieux accueillies par les masses, ce dont nous nous permettons de douter (encore que, du côté des "anti-deutsch"... à voir). Le mouvement ouvrier de l’État français s'inscrit dans un cadre géographique (l'Hexagone) qui a son histoire, ses caractéristiques et sa morphologie politique et sociale propre, ses contradictions et ses "secrets de l'impuissance" que l'on ne retrouve pas ailleurs. Joan Jaurès était lui-même, de son vivant, un produit de tout cela et plus particulièrement de la partie "méridionale" OCCITANE de l’État, avec ses siècles de lutte pour la justice, la démocratie et l'égalité en héritage. Être matérialistes, cela veut dire que nous critiquons cette expérience accumulée pour en dépasser les limites, mais que nous l'ASSUMONS également en portant dessus (bien sûr) un regard de classe, car l'Histoire n'est pas un absolu, elle est le regard que nous portons sur elle et ce regard a un caractère de classe - le cas Jaurès montrant particulièrement bien, dès le lendemain de la Grande Boucherie qu'il avait vainement tenté  d'empêcher, combien la récupération est chose facile pour la bourgeoisie ; particulièrement vis-à-vis d'une figure ayant toujours assumé la voie du "progrès social", du "dialogue" avec la bourgeoisie et les institutions dominantes et ouvertement rejeté la révolution socialiste, mais il y a beaucoup d'autres cas y compris révolutionnaires : le Che, Lénine lui-même, la Commune etc. etc.

Le mouvement révolutionnaire du prolétariat de l’État français (et a fortiori de sa partie occitane), on est dedans ou on est dehors ; et nous nous sommes dedans : dès lors nous sommes tous les "arrière-petits-enfants" de Jaurès ; ce qui ne veut pas dire le sacraliser, ne pas le critiquer ni vouloir faire mieux, ne pas "tuer le bisaïeul" dans un certain sens œdipien (et le grand-père et le père par la même occasion), et encore moins s'en prévaloir comme d'un totem pour faire oublier qu'on ne lui arrive pas à la cheville, voire que l'on n'est même pas digne de s'en réclamer, comme 99,99% des poseurs de gerbes d'hier après-midi - à vrai dire, si l'héritage politique de Jaurès peut et doit servir à quelque chose aujourd'hui, c'est sans doute bien à planer comme un spectre accusateur sur ces gens-là : il n'était ni marxiste ni révolutionnaire, mais il était DE GAUCHE (progressiste, "émancipationniste") au sens le plus noble de ce terme tant galvaudé depuis...

Ainsi fut Jaurès : un non-marxiste mais un Occitan socialiste de cœur (n'est-ce pas finalement un pléonasme ?) qui a parfois volé aussi bas que les poules, et même jusque dans les cloaques du "socialisme des imbéciles" antisémite si commun à son époque (cet aspect disparaissant toutefois presque entièrement de sa pensée après l'affaire Dreyfus) ; mais parfois aussi à la hauteur des aigles, nul descendant des 350.000 Occitans et des 1.400.000 Hexagonaux massacrés aux tranchées (sous la bannière bleu-blanc-rouge du Grand Capital) ne pouvant oublier son ultime "envol" au bout duquel il se brûla les ailes comme un glorieux Icare, n'ayant sans doute pas mesuré la puissance de ce qu'il défiait.

Aujourd'hui, alors que le bal des faux-culs s'étend pour ainsi dire du FN à Mélenchon en passant par l'UMP et bien sûr le PS, sabreurs de conquêtes sociales et politiciens de la canonnière de l'Afghanistan au Mali en passant (indirectement) par l'Ukraine et la Palestine ; il s'agit moins pour nous de rendre hommage au réformiste social-républicain antimarxiste qu'au SYMBOLE ; moins à ce qu'il a été qu'à ce qu'il a incarné pour des millions d'hommes et de femmes qui tout au long du siècle dernier se sont levé-e-s sous son drapeau pour dire NON à l'injustice, à l'oppression et à l'exploitation, en Hexagone comme au-delà des mers.

Un symbole qu'il n'est particulièrement pas difficile de comprendre aujourd'hui alors que, à quelques jours du centenaire de la Grande Boucherie de 14-18, les bombes pleuvent sur Gaza et Donetsk avec la bénédiction de l'impérialisme BBR et de son gouvernement... "socialiste" ; ce Parti "socialiste" qui y va bien sûr de son "vibrant hommage" (enfin, Cambadélis s'est tout de même fait copieusement huer, c'est déjà ça) au martyr de la paix entre les Peuples et de la guerre aux vautours mais qui n'a eu de cesse depuis 1945 de répandre la mort impérialiste sur la planète, d'Indochine en Algérie, du Tchad au Rwanda, de l'Afghanistan au Mali sans oublier bien sûr son soutien indéfectible à l'armée sioniste "la plus morale du monde" : "le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage" et le capitalisme la-rose-au-poing ne fait pas exception ; alors si la guerre vous fait comme à nous horreur, vous savez ce qu'il vous/nous reste à faire !

C'est CE SYMBOLE - et non le politicien réformiste réel - qui a été assassiné, et aux assassins duquel (quand bien même ils s'approprieraient sa mémoire) nous crions aujourd'hui comme hier : NI OUBLI NI PARDON !


1913-168-Jean-Jaures-au-Pre-Saint-Gervais

 

[1] "J'ai le goût le plus vif pour la langue et pour les œuvres de notre Midi, du Limousin et du Rouergue au Languedoc et à la Provence. J'aime entendre notre langue et j'aime la parler."
[Au sujet de la révolte de 1907] "L'événement qui se développe là-bas, et qui n'a pas épuisé ses conséquences, est un des plus grands événements sociaux qui se soient produits depuis trente-cinq ans. On a pu d'abord n'y pas prendre garde ; c'était le Midi et il y a une légende du Midi. On s'imagine que c'est le pays des paroles vaines. On oublie que ce Midi a une longue histoire, sérieuse, passionnée et tragique."

[2] "Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage." : il s'agit en réalité d'une reformulation résumée de "Tandis que tous les peuples et tous les gouvernements veulent la paix, malgré tous les congrès de la philanthropie internationale, la guerre peut naître toujours d’un hasard toujours possible… Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage. (Très bien ! très bien ! à l’extrême gauche). Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre les peuples, c’est d'abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie — qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille — un régime de concorde sociale et d’unité. Et voila pourquoi si vous regardez non aux intentions qui sont toujours vaines, mais à l’efficacité des principes et à la réalité des conséquences, logiquement, profondément, le Parti socialiste est aujourd'hui dans le monde le seul parti de la paix." (7 mars 1895 à la Chambre des Députés, dans Jean Jaurès : Textes choisis, éd. sociales, paru en 1959, p. 88).

[3] Dans les années 1880 il pouvait ainsi écrire : "Quand nous prenons possession d’un pays, nous devons amener avec nous la gloire de la France, et soyez sûrs qu’on lui fera bon accueil, car elle est pure autant que grande, toute pénétrée de justice et de bonté [...] Nous pouvons dire à ces peuples, sans les tromper, que jamais nous n’avons fait de mal à leurs frères volontairement ; que les premiers nous avons étendu aux hommes de couleur la liberté des Blancs, et aboli l’esclavage…". Mais dès 1895 son discours évolue :  
- "La politique coloniale [...] est la conséquence la plus déplorable du régime capitaliste, [...] qui est obligé de se créer au loin, par la conquête et la violence, des débouchés nouveaux. [...] Nous la réprouvons [aussi] parce que, dans toutes les expéditions coloniales, l’injustice capitaliste se complique et s’aggrave d’une exceptionnelle corruption : tous les instincts de déprédation et de rapines, déchaînés au loin par la certitude de l’impunité et amplifiés par les puissances nouvelles de la spéculation, s’y développent à l’aise ; et la férocité sournoise de l’humanité primitive y est merveilleusement mise en œuvre par les plus ingénieux mécanismes de l’engin capitaliste." (1896) ;
- "Il paraît que les petits Japonais et les Chinois studieux et subtils sont une sorte de bétail innombrable et inférieur que les races blanches peuvent exploiter, utiliser, décimer, asservir. C’est un préjugé barbare, c’est un préjugé d’ignorance, de sauvagerie et de rapine. Ces races jaunes sont composées d’hommes et cela devrait suffire ; mais elles sont composées d’hommes qui pensent, qui travaillent, qui échangent et qui ne paraissent pas résignés à subir indéfiniment les violences d’une Europe qui abusait de leur apparente faiblesse." (vers 1904) ;
- "La résolution qui sera, j’en suis sûr, adoptée au prochain Congrès International Socialiste : «Le Congrès déclare que les mandataires socialistes ont le devoir de s’opposer dans tous les parlements à ce régime d’exploitation à outrance et de servage qui sévit dans toutes les colonies, en exigeant des réformes pour améliorer le sort des populations, en veillant au maintien de leurs droits, en empêchant toute exploitation et tout asservissement, et en travaillant à l’éducation de ces peuples pour l’indépendance.»" (1907) ;
- "Au dehors, les radicaux se sont imaginé qu’ils étaient réalistes, parce qu’ils se saisissaient du Maroc avec une sorte de gloutonnerie sournoise. Mais par le mépris du droit, par la violation des engagements internationaux, par l’emploi combiné de la violence et de la ruse, ils ont contribué à exciter, à déchaîner dans le monde les appétits de domination grossiers. [...] Ils ont amusé la diplomatie allemande par des combinaisons financières qu’ils n’osaient pas avouer en plein jour et dont les vicissitudes obscures mettaient en péril la paix de l’Europe. [...] Pendant que diplomates et financiers accommodent le Maroc à tous les appétits nationaux, ultra-nationaux et internationaux, les Marocains défendent à coups de fusil ce qui leur reste d’indépendance. Une de nos colonnes vient d’avoir six tués, une trentaine de blessés ; nous avons, il est vrai, la consolation d’apprendre que le nombre des Marocains couchés par nos balles sur la terre de la « patrie » est sensiblement supérieur. C’est la civilisation qui progresse. C’est la « douce France » qui s’établit. [...] Enfin, messieurs, si vous voulez regarder au fond des choses, il y avait une civilisation marocaine capable des transformations nécessaires, capable d’évolution et de progrès, civilisation à la fois antique et moderne [...] Et laissez-moi vous dire que je ne pardonne pas à ceux qui ont écrasé cette espérance d’un progrès pacifique et humain, la civilisation africaine, sous toutes les ruses et sous toutes les brutalités de la conquête" (1912) ; et plus fort encore :
- "La politique de rapine et de conquête produit ses effets. De l’invasion à la révolte, de l’émeute à la répression, du mensonge à la traîtrise, c’est un cercle de civilisation qui s’élargit. Nous n’avons décidément rien à envier à l’Italie, et elle saura ce que valent nos pudeurs. Mais si les violences du Maroc et de Tripolitaine achèvent d’exaspérer, en Turquie et dans le monde, la fibre blessée des musulmans, si l’Islam un jour répond par un fanatisme farouche et une vaste révolte à l’universelle agression, qui pourra s’étonner ? Qui aura le droit de s’indigner ?"... Là, le moins que l'on puisse dire c'est que c'est presque du Fanon !

[4] Ce républicanisme de Jaurès provenait sans doute de l'identification, dans l'Occitanie du milieu du 19e siècle où il avait vu le jour, entre "République" et résolution de la question sociale. Son idée était sans doute qu'une fois la République rétablie (1870) et le Parti de l'Ordre évincé (avec Mac-Mahon en 1879), il "suffirait" d'en finir avec les républicains modérés dit "opportunistes" (au pouvoir jusqu'en 1902) et autres disciples de Thiers, bref le "parti des 200 familles", pour voir enfin triompher ce que les Occitans appelaient la Bona ("la Bonne") : la République de la "Justice", du "Travail" et de l'"Égalité". En d'autres termes, Jaurès n'avait pas compris ni dépassé les limites qui avaient conduit le républicanisme "démocrate-socialiste" occitan de 1848-51 et 1870-71 à l'échec.

 

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Published by Servir_Le_Peuple - dans Histoire
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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 08:15


S'ils obstinent, ces cannibales
À faire de nous des héros
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux !

 

En Ukraine de l'Ouest, la jeunesse populaire refuse la guerre fasciste contre la minorité russophone :

Révoltes contre la guerre en Ukraine occidentale

En Bucovine et Transcarpatie, à l’Ouest de l’Ukraine, des manifestations et des émeutes ont éclatés contre la guerre et le militarisme. Les manifestants indiquent qu’ils ne veulent pas mourir ni voir mourir leurs enfants pour les intérêts des oligarques de Kiev.

Blocage de route contre la mobilisation à Marchyntsi (oblast de Tchernivsti) le 26 juillet 2014 :

 

La révolte a explosé après le décret présidentiel du 24 juillet visant à lancer une troisième vague de mobilisation pour intégrer l’armée et le front en Ukraine orientale. A Voloka, village de l’oblast de Tchernivtsi, ce sont ainsi 50 jeunes gens qui ont été appelés à rejoindre les forces armées. Mères, épouses, soeurs et filles des appelés ont commencé à manifester pour que leurs proches de partent pas au front. Un commissaire militaire est venu tenter de calmer la population. En réponse, la quasi-totalité des habitantes et habitants du village ont signé une lettre ouverte aux autorités dans laquelle il est indiqué qu’ils refusent le départ de villageois pour le front.

Le 25 juillet, un millier de parents ont bloqué la route menant au point frontière Porubnoe/Siret. La revendication était de refuser le départ de leurs enfants pour une guerre "qui ne concerne pas les gens ordinaires". A Novosselytsia, toujours dans l’oblast de Ternivtsi, lors d’une manifestation le 28 juillet, des mères et femmes d’appelés ont pris à partie l’adjoint au conseil du district Ivan Popadyuk. "Vas-y toi à la guerre" lui ont crié des femmes avant de lui tirer les cheveux. Ce n’est que l’intervention des forces de police qui ont arraché le politicien de la colère de mères qui ne veulent pas que leurs enfants se fassent tuer pour les oligarques.

Colère contre un politicien belliciste à Novosselytia le 28 juillet :

 

 

 

La colère des habitantes et habitants de l’oblast ont obligé les autorités à un compromis, levant partiellement l’intégration militaire des hommes de la région. Dans l’oblast de Transcarpatie aussi, la mobilisation de la population, avec des barrages de routes et des manifestations massives, a obligé les autorités à annoncer la suspension de la mobilisation des hommes à Moukatcheve.

Que l’exemple des habitantes et des habitants d’Ukraine occidentale soient suivi partout en Ukraine et même dans le monde ! Guerre à la guerre ! Pas un jeune, pas un kopeck pour la barbarie militariste des dirigeants bourgeois de toute nationalité !

Source : KRAS-AIT, 31 juillet 2014

En Israël, les refus de servir dans l'armée pour aller massacrer les Palestiniens se multiplient :

Israéliens, ils refusent de porter les armes

Pendant toute leur scolarité, les Israéliens reçoivent dans leurs classes des militaires qui leur expliquent le rôle et l’importance de l’armée. Aujourd’hui, environ la moitié des Israéliens est enrôlée à l'âge de 18 ans (3 ans de service pour les hommes, 2 ans pour les femmes), à l'exception des Arabes israéliens (18 % de la population) et de la plupart des Juifs Haredim qui se consacrent à l'étude religieuse. On peut être exempté pour problèmes physiques ou mentaux. Les refuzniks sont objecteurs de conscience, pacifistes ou refusent de combattre dans les territoires occupés. S’ils déclarent refuser la politique d’occupation sur les territoires palestiniens lors de leur incorporation, ils sont envoyés en prison militaire pour désobéissance. En 2014, cinquante jeunes ont pris cette décision et devraient être incarcérés en octobre prochain.
→ Lire aussi l'entretien : « Pourquoi j’ai refusé d’aller combattre à Gaza »

© Martin Barzilai / Sub.coop / Picturetank

Yuval, 25 ans, étudiant : « J'ai décidé d'aller en prison pour protester contre l'occupation. J’ai fait trois séjours en prison militaire. Je suis content d’avoir fait cette démarche mais je ne suis pas certain que je le referais. Je n’ai pas fait quelque chose de mal, et pourtant j’ai été puni. Je ne crois pas que je méritais une telle punition. Bien entendu, nous avons utilisé la prison pour faire parler de l’occupation des territoires palestiniens. Disons que c’est une bonne façon de se battre mais il y en a peut-être de meilleures. » Tel-Aviv, 2014

© Martin Barzilai / Sub.coop / Picturetank

Tamar, 20 ans : « Je suis pacifiste. En 2008, j’ai choisi d’aller en prison pour pouvoir expliquer qu’il est possible de remettre en question le tabou du service militaire. Le plus important pour moi c’était que les gens entendent une voix différente. Je suis resté 3 mois en prison. Le dernier mois, je l’ai passé en isolement parce que je ne voulais pas porter l’uniforme. Au regard de ce qu’il se passe actuellement, je pense qu’il est d’autant plus important de refuser l’armée. La haine et l’intolérance envers ce genre de décisions sont encore plus fortes aujourd’hui qu’à ce moment-là.  Le nationalisme, la propagande de droite ont fait perdre tout espoir. Ma génération a grandi sans aucun contact avec la société palestinienne. La haine vient donc plus facilement. » Tel-Aviv, 2014

Lire la suite >>>

Lire aussi : L’appel à la désertion d’un jeune Israélien

Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que j'emporte des armes
Et que je sais tirer.

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 08:40

 

0 Pal2Pourquoi la question palestinienne soulève-t-elle tant de passions dans "notre" État français ? Le moins que l'on puisse dire est que ces dernières semaines, avec l'"exécution électronique" de deux comptes Facebook successifs, nous ont plus que donné l'occasion de nous pencher sur la question.

Nous aurions pu alors tomber dans la même erreur qu'un Dieudonné M'Bala M'Bala et des milliers d'autres avec lui : considérer que c'est là la main d'un "lobby sioniste" qui se serait "emparé de la République" et qui serait le "vrai fascisme", et de là sombrer dans les tréfonds du délire antisémite. Mais nous avons réfléchi et nous en sommes arrivés à une toute autre conclusion. Nous en sommes arrivés à la conclusion que le problème avec la question du sionisme et de la Palestine c'est qu'elle ne touche justement pas qu'au sionisme, à l'État d'Israël ni à la fraction fana-israélienne de la bourgeoisie hexagonale (le "lobby sioniste" ou "crifiste" selon Dieudonné et consorts), qu'elle ne touche pas seulement à l'actuelle montée du fascisme (dont il "faudrait" débattre pendant des heures si la menace est principalement pro-sioniste ou "antisioniste"), mais qu'elle touche l'Occident impérialiste dans ce qu'il a de plus profond, dans sa nature impérialiste et colonisatrice même et quelle que soit la forme de gouvernement, y compris "démocratique" et pas seulement "fasciste" (mutation réactionnaire ultra, terroriste) ; bref, dans le centre légitime de sa conception du monde. On n'insistera jamais assez : le centre légitime des idéologies guidant l’État sioniste se trouve en "Occident chrétien" (Europe et Amérique du Nord) et non l'inverse (ce seraient Israël et/ou un fantasmagorique "talmudisme international" qui "dirigeraient" ce dernier). De ce "centre légitime", les Juifs (bien avant le 20e siècle et la Shoah) ont longtemps été plutôt les victimes ; avant que les "Lumières" (surtout pour des couches relativement bourgeoises et des communautés de petite taille comme en "France") puis (surtout) le sionisme ne les y "intègre" (le nazisme ayant "au passage" exterminé la moitié des Juifs d'Europe).

palestine_couppourcoup.jpgL'Occident impérialiste... et en particulier l’État impérialiste dénommé "France". Car il est possible de dire en réalité que le sionisme comme idéologie, bien que fondé par des Européens de l'Est (Yehoshua Stampfer de Hongrie, Léon Pinsker d'Odessa, Theodor Herzl de Budapest), est "fils de France" - une idéologie colonialiste profondément française.

Le sionisme originel est un pur produit idéologique de la France des vingt dernières années du XIXe siècle, elle-même aboutissement de siècles de construction par la conquête et la négation des Peuples (transformés en force de valorisation du Capital dont le sommet de la pyramide se trouve à Paris) ; la France de la IIIe République bourgeoise née sur les cendres des Communes, de l'expansion coloniale "universaliste" et "civilisatrice" et de l'affaire Dreyfus, cette affaire de "trahison" militaire et d'erreur judiciaire frappant un officier juif innocent, qui voit ressurgir avec une rare virulence la "question juive" plus d'un siècle après que la révolution bourgeoise leur ait accordé l'égalité civile (1791).

De fait, l'idée sioniste apparaît légèrement avant l'affaire (fin des années 1870) mais dans un contexte d'antisémitisme (hexagonal et continental) déjà lourd de celle-ci [certaines sources (y compris des sionistes eux-mêmes) font même remonter l'idée d'un retour juif en Palestine à la "révolution" bourgeoise anglaise de Cromwell  au milieu du 17e siècle (pour les Puritains anglais le rassemblement du "Peuple d'Israël" sur la terre de Sion aurait été le signal déclencheur du retour du Christ - première venue du Messie pour les Juifs - et des "Derniers Temps"), mais des sources plus sérieuses semblent plutôt indiquer le contraire : Cromwell aurait au contraire favorisé l'installation des Juifs en Angleterre et donc leur dispersion, vue comme la condition (et non le rassemblement en Palestine) du retour christique - l'idée que les Juifs doivent être rassemblés en Palestine pour le retour du Christ est cependant (aujourd'hui) l'un des arguments des fondamentalistes protestants anglo-saxons pour soutenir le sionisme, mais cela n'a été que très peu significatif jusqu'aux années 1980 et n'a donc certainement joué aucun rôle dans la genèse du phénomène]. Le mouvement des Amants de Sion, créé en Russie et financé (notamment) par quelques grands bourgeois juifs de l'État français comme Edmond de Rotschild, organise l'implantation des premières colonies juives européennes en Palestine (Petah Tikva, Rishon LeZion etc.). La question d'un "État juif" ne semble toutefois pas très claire à cette époque ; il semble plutôt être question d'implantations en mode "phalanstères" fouriéristes et surtout, via le judaïsme et son attachement à la "Terre promise" biblique, d'établir petit à petit une sorte de protectorat sur cette province ottomane qu'est alors la Palestine comme l'avait déjà fait (via les chrétiens maronites) Napoléon III au Liban [cela apparaît nettement dans les clauses additionnelles du Congrès de Berlin consacré à l'Empire ottoman vaincu par la Russie en 1878 (année même de la fondation de la première colonie) : l'Angleterre - déjà - tend à se poser en protectrice des Juifs (autochtones... et sionistes), la France est "confirmée" sur les maronites libanais et la Russie sur les Arméniens, les Grecs et les orthodoxes en général]. L'esprit est au tout départ Herzl.stamp.JPEG(avec Stampfer et les premiers Amants) assez mystico-religieux, puis les conceptions sécularistes et modernistes s'imposent vers 1890 - en partie sans doute sous l'influence des financements français.

Mais c'est réellement le procès du capitaine Dreyfus et le déchaînement antisémite vs "philo"sémite qu'il déclenche qui vont agir en "révélation" sur le jeune journaliste austro-hongrois Theodor Herzl ; une "révélation" qui a le "mérite" de concilier les deux positions : les Juifs doivent être respectés et traités comme des êtres humains à part entière, MAIS cela n'est pas réalisable en Europe, en tout cas sans un État à eux (permettant de se réaliser comme nation à part entière) qui ne peut exister qu'hors d'Europe, où les Juifs seront toujours un "corps étranger". Une fois l'idéologie sioniste "définitive" synthétisée par lui (l'ouvrage L’État des Juifs est publié en 1896 et l'Organisation sioniste mondiale fondée en Suisse l'année suivante), les pogroms de Russie (années 1900) se chargeront de "fournir" les premières grandes vagues d'émigration (même si l'immense majorité des Juifs ashkénazes de l'époque émigre encore vers l'Europe de l'Ouest et, surtout, l'Amérique du Nord).

On a souvent dit que Herzl et le mouvement sioniste initial avaient envisagé d'autres options que la Palestine pour fonder leur "État juif" ; il semble toutefois que de telles options (si elles ont réellement existé) aient été rapidement abandonnées, seul le mythe biblique de la "Terre promise" palestinienne pouvant assurer une mobilisation et (donc) une émigration suffisante (bien que marginale, on le répète, au sein de l'émigration juive d'Europe de l'Est).

Et puis bien sûr, en se "réalisant" comme "nation à part entière" hors d'Europe, le Juif idéal de Herzl devait se "réaliser" bien sûr comme colon, comme "pionnier"... idée qui avait plutôt le vent en poupe à une époque où les puissances européennes se partageaient la dépouille du vieil Empire ottoman (où commençait déjà à flotter l'odeur du pétrole) : il était évident que le mouvement sioniste apporterait de jolis dividendes à quiconque saurait intelligemment investir dedans.

Kibboutz-un-siecle-pour-batir-Israel_article_popin.jpgLe mouvement sioniste proclame la Palestine "terre sans peuple pour un peuple sans terre" : c'est bien évidemment là de la propagande pour motiver les premiers volontaires parmi les braves habitant-e-s semi-illettré-e-s des shtetl de Mitteleuropa, qui ne se sentent pas forcément l'âme d'un Buffalo Bill affrontant les Comanches. Les premières terres ont été achetées à l'Empire ottoman près de 20 ans auparavant et il est impensable qu'un journaliste éduqué et globe-trotter comme Herzl croie réellement la Palestine "sans peuple". Très vite, dans tous les cas, tout le monde sait que la Palestine est peuplée et même très peuplée, d'une population sédentaire sur une terre relativement fertile pour la région ; bref qu'elle n'est nullement un "désert à Bédouins". Peu importe pour Herzl et ses compagnons : ils parleront alors de "les inviter à aller s'installer plus loin" - on connaît la suite. Et puis surtout naît le grand argument-massue : les sionistes font "fleurir le désert" ! Ne vous semble-t-il pas avoir déjà entendu quelque chose dans la même veine, du genre "ces Arabes ils se plaignent mais ils sont bien gentils : avant nous il n'y avait rien dans leur pays, quatre chèvres, trois ânes, des gourbis autour d'un puits, des chemins caillouteux, pas une route, pas un canal d'irrigation, pas un immeuble en dur, rien" ? Mais oui bien sûr : des francouillasses parlant de l'Afrique du Nord, comme un certain Alain Soral par exemple [1] !!! La filiation idéologique est ici totale.

TelAviv-paam4.jpgPour mobiliser les masses populaires ashkénazes qui sont le grand "réservoir" de candidats à l'alyah, l'idéologie sioniste (plutôt "républicaine" à la française au départ) se mâtine d'idées "progressistes" et même "socialistes" alors très répandues au sein de ces populations ; elle vend la colonisation sous un emballage collectiviste et phalanstérien (les fameux kibboutzim) sans oublier la sacro-sainte "Marche du Progrès". Ces idées sont extrêmement présentes, pour ne pas dire hégémoniques dans toute la phase précédant la création de l’État et même par la suite ; ainsi (par exemple) les héroïques résistants du ghetto de Varsovie sont très majoritairement bundistes mais comptent aussi une très importante minorité sioniste de gauche, plus importante peut-être que la minorité marxiste-léniniste. Parmi les premiers sionistes, certains se proclament même... "anarcho-communistes" comme Joseph Trumpeldor, qui meurt au combat en 1920 contre des insurgés druzes et dont se réclamera par la suite... le Betar. Voilà quelque chose que les "anti-antisionistes" d'"extrême-gauche" ne manquent jamais une occasion de rappeler, et pour cause : ce sionisme "socialiste" ou même "anarchiste" est la démonstration par A + B que la "gauche" et même l'"extrême-gauche" en Europe n'ont jamais été incompatibles avec le colonialisme et le suprématisme "civilisé", bien au contraire ! [de fait c'est seulement le maoïsme et le marxisme-léninisme des Hô Chi Minh, Guevara ou Cabral qui commenceront à marquer la vraie rupture avec cela, jusqu'à théoriser que la Révolution mondiale avait plutôt vocation (au contraire) à se déployer depuis le "tiers-monde" vers les pays impérialistes ; ce que nous avons ensuite systématisé au niveau de chaque État, de chaque continent et de la planète entière comme un déploiement de la lutte révolutionnaire depuis les Périphéries vers les Centres - ce dont le trotskysme "orthodoxe" est par exemple l'antithèse absolue].

Par la suite, l'impérialisme britannique ayant assumé l'essentiel de l'effort de guerre pour conquérir le Machrek sur l'Empire ottoman (et ayant obtenu le "mandat" sur la Palestine), c'est surtout lui (déclaration Balfour etc.) qui va "porter" le mouvement sioniste dans la phase d'entre-deux-guerres qui jette les bases du futur État ; non sans contradictions cependant, l'alliée première ayant tout de même été l'aristocratie arabe (qu'il faut continuer à ménager, surtout que les premières révoltes éclatent dès 1920).

Ces contradictions explosent à la veille et surtout à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, avec une véritable guerre contre les Anglais qui voit tomber quelques 338 soldats de Sa Majesté. C'est donc contraint et forcé que l'Empire britannique remet en 1947 son mandat sur la Palestine aux Nations Unies, qui décident alors de la fameuse partition entre un État juif et un État arabe. Il fournira même, dans la guerre qui suivra contre les Palestiniens et les États arabes voisins, l'un de leurs meilleurs stratèges militaires à ces derniers : John Bagot Glubb dit "Glubb Pacha"... Celui-ci ne parviendra cependant pas à empêcher la victoire sioniste et la tragédie de tout un peuple : la Nakba, nettoyage ethnique de près de 800.000 Palestiniens ponctué par des milliers d'assassinats racistes pour "décider les indécis".

colonisation sioniste palestine

Londres, qui s'était abstenue lors du vote du premier plan de partage, se rallie alors bon gré mal gré au nouvel État contre le nationalisme arabe qui menace le Canal de Suez... aux côtés de l'impérialisme BBR version IVe République, qui avait quant à lui voté pour et dont le nationalisme arabe menace les colonies du Maghreb. On peut d'ailleurs s'interroger sur son rôle dans l'émigration massive vers Israël des Juifs du Maroc et de Tunisie, pays qu'il contrôlait alors et dont c'était un moyen (comme un autre) de nuire à la toute proche et inéluctable indépendance. Puis, comme chacun-e le sait, avec De Gaulle la France prendra quelque peu ses distances au moment de la Guerre des Six-Jours et l'impérialisme US prendra le relais comme grand (et quasi indispensable) tuteur de l'entité sioniste.

Pour autant, la filiation idéologique totale du sionisme avec l'idéologie française, républicarde bourgeoise à la fois dreyfusarde et anti-dreyfusarde et (surtout) coloniale "civilisatrice" et "universaliste" explique le caractère passionné que prend la question palestinienne en Hexagone. Nous allons montrer ici comment le fait d'être (pardonnez-nous mais il faut employer les mots) un con de Français s'exprime dans le soutien à l'État d'Israël, ou du moins dans le rejet de la mobilisation pro-palestinienne, mais aussi hélas dans le soutien à celle-ci. 

interdiction-des-manifestations-pro-palestiniennes-il-ne-pe.jpgIl y a celles et ceux qui (1), d'héritage plutôt dreyfusard et jules-ferryen, soutiennent le sionisme pour toutes les raisons que nous venons de voir : "universalisme" impérial "civilisateur" et triomphe des "Lumières" sur la "barbarie", républicanisme bourgeois colonial et même "gauche-coloniale" car il faut bien dire les choses : la question du sionisme touche beaucoup plus profondément, dans son "cœur" idéologique, la "gauche" bourgeoise BBR que la droite (qui a finalement une approche plus "pragmatique" qu'autre chose, à l'exception de la droite bourgeoise juive bien entendu). Sur cette "vieille histoire" du soutien de la "gauche" tricolore au sionisme et plus largement de sa position "universaliste impériale" sur le colonialisme, il faut lire l'article de l'OCML-VP : "Une vieille histoire - le PS et le soutien inconditionnel à Israël". Mais il y aussi celles et ceux qui (2), d'héritage plutôt anti-dreyfusard (n'aimant pas les Juifs et leur fantasmé "pouvoir occulte"), voient néanmoins dans la défense d'Israël une défense de l'Occident et (surtout) une "revanche" par procuration sur le nationalisme arabe (qu'il soit "laïc" ou, comme aujourd'hui, principalement religieux) qui leur a donné du fil à retordre en Afrique du Nord - énormément d'anciens pétainistes étaient dans ce cas. Dans tous les cas, même si l'on est pas un "fan" inconditionnel du sionisme et d'Israël, cette irruption "sauvage" d'affirmations "indigènes" et "tiers-mondistes" dans la rue est tout simplement le "comble de l'inadmissible" (au "mieux" signifiera-t-on aux ultra-sionistes de ne pas "en rajouter" avec leurs provocations). Tout cela va donner le camp pro-israélien - ou, en tout cas, "anti-antisioniste".

Et puis il y a celles et ceux qui (3), d'héritage anti-dreyfusard, refusent catégoriquement le "compromis" de Herzl et l'existence d'un État pour les Juifs (qui ne peut être selon eux qu'une "base" pour leurs "plans de domination mondiale") et préfèrent encore soutenir les Arabes de Palestine et du Proche-Orient (à l'appui de cela peut venir la présence de nombreux chrétiens et des lieux "saints" de la chrétienté dans la région, ainsi que la forte et étroite alliance entre Israël et l'impérialisme rival US, dans un esprit "gaulliste"). Ils ne perçoivent pas l'intérêt de ce pion stratégique pour la "civilisation occidentale" sur l'échiquier mondial. Il faut dire qu'à la droite de la droite il y a toujours eu des grincheux, comme ces nationalistes qui (à l'époque même où naissait le sionisme) ne comprenaient pas que Jules Ferry et consorts aillent "civiliser" l'Afrique en "échange" de ses richesses, plutôt que de reconquérir l'Alsace et la Moselle.

4010807_gaza-manif.jpgOu encore il y a celles et ceux qui (4), plutôt d'héritage dreyfusard en principe, transfigurent sur le conflit du Proche-Orient leur mauvaise conscience vis-à-vis du passé colonial... et du présent néo-colonial de l’État français ; choses sur lesquelles la "gauche" (y compris "radicale" !) a été à l'époque... et reste aujourd'hui encore plus minoritairement claire que sur la Palestine - il faut dire que la "projection anticoloniale" sur cette dernière ne mange guère de pain, puisque ce n'est pas l'impérialisme BBR qui opprime ou alors de manière très indirecte et avec les "condamnations" de circonstance qui vont bien. Bien sûr, il y a aussi en Hexagone une mauvaise conscience par rapport au passé antisémite et notamment au régime de Vichy, lorsque l'on sait que celui-ci a envoyé à la mort plus de Juifs que l'Italie alliée d'Hitler ou le Danemark lui aussi totalement occupé et que des rafles eurent même lieu à l'été 1942 en zone dite "libre", c'est-à-dire sans la présence ni la pression du moindre uniforme allemand (cas unique en Europe) ; mais cette mauvaise conscience peut aussi être contournée en présentant les Israéliens en "nouveaux nazis" et les Palestiniens en "nouveaux juifs" (compréhension ridiculement exagérée du problème qui n'aide donc nullement à penser correctement la solution).

Il est également possible (5), dans un esprit dreyfusard, d'être antisioniste en disant (ce qui n'est pas complètement faux) que le sionisme reprend les postulats antisémites d'inassimilabilité et de séparation des Juifs, et de prôner contre cela "l'intégration des Juifs dans la République", le refus de "tous les communautarismes y compris juif" (en pointant du doigt l'important phénomène de binationalité franco-israélienne, des réservistes de Tsahal etc. etc.) voire un supposé "deux poids deux mesures dans la dénonciation du communautarisme" (ce qui supposerait que "les Juifs ont de l'influence"). Ce n'est pas un courant intellectuel si marginal que cela... puisque ce n'était ni plus ni moins que la position de Dieudonné au début des années 2000, avant son sketch chez Fogiel et sa rencontre avec Soral (clairement, quant à lui, sur la position 3). C'est aussi la base de la position "ni-ni" (ni pro-sioniste ni pro-palestinien) que l'on va retrouver dans toute la gauche "radicale" et l'"extrême-gauche" libertaire comme marxiste, pour qui la question ici comme là-bas va se résumer à un affrontement de "communautarismes" et de "nationalismes religieux" face auxquels il faut prôner qui le "vivre-ensemble citoyen", qui la "fraternité des travailleurs".

BtAh7vGIgAE4Ky4.jpg-large.jpgIl y a les populations colonisées intérieures de l'entité "France" (6) qui se considèrent quant à elles, non sans arguments valables, exemptées de la culpabilité européenne vis-à-vis des Juifs et qui voient elles aussi dans la Palestine un "match retour" des luttes anticoloniales de leurs propres pays d'origine, dans lesquelles leurs aïeux ont beaucoup souffert pour des "indépendances" largement mutilées voire complètement bidon - néocolonialisme dont leur présence en Hexagone (dans le racisme, l'exclusion économique et le traitement sécuritaire et "social" d'exception) est d'ailleurs l'une des conséquences. Cette "projection" est très compréhensible d'un point de vue historique, mais néanmoins pétrie de grandes ambigüités. Ainsi, elle a souvent pour conséquence d'"éviter" la mise en cause des responsables locaux de la mutilation de l'indépendance : les bourgeoisies bureaucratiques-compradores et les castes politico-militaires vendues ; ou en tout cas de "déconnecter" la question palestinienne de cette mise en cause alors que les deux font pourtant partie de la même réalité : l'impérialisme post-1945, postérieur aux grands empires coloniaux ; ce qui revient dans tous les cas à "redorer le blason" de ces classes dominantes néocoloniales. Le discours va souvent relayer celui de ce "nationalisme" bourgeois (tant "laïc" que religieux, on n'insistera jamais assez) devenu oligarchie vendue ou qui le deviendra aussitôt pris le pouvoir ; jusque dans sa compréhension fantasmée des choses confinant à l'antisémitisme (sionisme "maître" de l'Occident et non l'inverse, etc.) : nous savons tou-te-s que la bourgeoisie, même "nationaliste" dans des pays dominés, est incapable d'une compréhension correcte des choses, incapable d'une analyse en termes marxistes (les seuls corrects) et ne peut donc que répondre par le fantasme et l'élucubration aux questions posées par la réalité. Les bourgeoisies "nationalistes" qui irriguent idéologiquement le sentiment pro-palestinien des colonies intérieures hexagonales sont incapables de poser le problème en termes de sionisme = "chien d'attaque" que l'Occident lâche et retient en fonction et seulement en fonction de ses intérêts. Elles vont le poser en termes de "l'Occident doit cesser de soutenir Israël et nous accorder ses faveurs" et donc "l'Occident doit se libérer de l'influence du lobby sioniste", ce qui glisse inévitablement vers l'antisémitisme ("Protocoles des Sages de Sion" largement diffusés par d'anciens nazis dans les pays arabes). À l'inverse, une authentique Guerre de Libération du Peuple n'attend aucune "faveur" de l'impérialisme et le combat dans toutes ses manifestations, soutien à Israël comme soutien aux régimes arabes et autres "processus de paix"/"solutions négociées"/"transitions démocratiques". Elle sait que dans le Machrek arabe les prolétaires israélien-ne-s, pour être actuellement sous un uniforme ennemi, ont vocation à faire à terme partie de la solution contre leur paris-lors-d-une-manifestation-en-soutien.jpgpropre bourgeoisie sioniste ("effondrement du front intérieur"), et non indéfiniment partie du problème. C'est la différence, finalement, entre être un concurrent du sionisme (pour les "faveurs" de l'impérialisme et/ou le contrôle des forces productives palestiniennes) et être son ennemi - le combattre comme bras armé de l'impérialisme en Palestine et dans les pays alentours.

Tout cela forme, malheureusement, une grande partie du camp pro-palestinien dans lequel, ne nous voilons pas la face, l'internationalisme authentique sur une base révolutionnaire prolétarienne (anticapitaliste) reste une minorité, d'autant plus que sa base s'est élargie (qu'était-ce que le camp pro-palestinien en 1980 ?) à mesure que le mouvement communiste (au niveau planétaire) reculait.

On ne connaît que trop bien (hélas) la "puissance de feu" intellectuelle des sites soraloïdes, conspirationnistes à la Thierry Meyssan & co ou néo-gaullistes (sur l'"anti-impérialisme" gaulliste voir ici et ici...) dès lors qu'il est question de la Palestine sur le devant de l'actualité, sites souvent relayés en toute bonne foi par des progressistes sincères ; mais ceci est aussi la conséquence d'une "gauche" et d'une "extrême-gauche" INCAPABLES (par "universalisme" gauche-coloniale et "anticléricalisme des imbéciles" anti-musulman) d'avoir une position claire et nette et non dégoulinante de paternalisme sur le sujet en direction des masses populaires qui se sentent concernées, position que les antisémites et autres défenseurs de l'impérialisme français ou russe feignent alors d'assumer : il est tout simplement hallucinant que des informations relayées le plus tranquillement du monde par la presse bourgeoise anglo-saxonne ne se trouvent ici QUE sur ce genre de sites (ou des sites liés à l'islam politique), qui déforment bien sûr les choses "à leur sauce" dans un silence radio assourdissant du web progressiste et "révolutionnaire".

Nous avons en tout cas là, du "côté" d'Israël comme de celui des Palestiniens (à l'exception des colonies intérieures que nous venons de voir, et encore, non sans passerelles), autant de dérivés de la même matrice idéologique bleu-blanc-rouge elle-même expression idéologique du règne des monopoles ; monopoles BBR dont l'intérêt dans l'absolu (et la position le plus souvent) est de ménager la chèvre et le chou au Proche-Orient tout en combattant vigoureusement "l'importation du conflit" en Hexagone - "importation" qui n'est pas dangereuse par rapport à ce qu'il se passe là-bas, mais par rapport aux questions et contradictions qu'elle risque de mettre à nu ici.

201407161648-full.jpgLa question palestinienne en "France" fait d'autant plus de bruit qu'il est difficile d'y faire entendre la position internationaliste prolétarienne, celle du mouvement communiste lorsqu'il était fort : le sionisme est une création bourgeoise longtemps rejetée (d'ailleurs) par l'immense majorité du prolétariat juif organisé ; il est devenu à partir de la Première Guerre mondiale (déclaration Balfour) un instrument de l'impérialisme au Proche-Orient et ce rôle s'est renforcé à mesure que, sous la pression des luttes de libération, l'impérialisme a dû accorder l'indépendance formelle aux pays arabes ; le résultat d'un siècle d'activité sioniste concrète est une situation coloniale de type apartheid où le colon (venu d'un peu partout, mais la composante européenne est dominante) et l'indigène (arabe palestinien) forment deux sociétés distinctes avec des droits distincts, ainsi que le "nettoyage" ethnique de près de 800.000 personnes entre 1947 et 1950 et encore 300.000 en 1967, desquelles descendent près de 5 millions de réfugiés entassés dans des camps (devenus de grands bidonvilles) dans tous les pays de la région [2] ; et cela aucune personne s'affirmant communiste et/ou révolutionnaire ne peut l'accepter et une lutte révolutionnaire doit le balayer, ce qui débouchera sur une Palestine réunifiée dont tous les habitants de la Méditerranée au Jourdain seront égaux (en droit ce serait déjà bien et socialement, encore mieux !).

Nous soutenons la lutte des Palestiniens pour leur dignité et leur libération parce que nous sommes des prolétaires, des personnes de classe populaire et que notre "bon sens" (cf. Gramsci) nous dit, tout simplement, que nous n'aimerions pas être ne serait-ce qu'une semaine à leur place ; et lorsque nous poussons la réflexion un peu plus loin, nous nous rendons compte que leur tragédie ressemble à celle de nos ancêtres (que l'on soit d'Hexagone, d'origine immigrée européenne ou d'outre-mer) tout simplement parce qu'elle consiste en le même phénomène très simple : une bourgeoisie capitaliste qui à l'aide de divers agents (fussent-ils eux aussi de pauvres bougres) se taille un territoire comme base d'accumulation dont elle exploitera les forces productives et/ou la force de travail humaine... Et les braves gens qui l'habitent, ce territoire donné, ils vont se faire foutre ; on les prive de tous leurs moyens de production et reproduction des conditions d'existence, on les réduit en esclavage ou on leur fait "suer le burnous", on les dégage, on les extermine ou un peu de tout cela dans des proportions variables. Selon qui nous sommes, on nous a affiche-22juin3.jpg"juste" transformés en pure force de travail productrice de plus-value et consommatrice de marchandise (pour réaliser ladite plus-value) et on a transformé nos pays en "provinces" (d'où nous sommes ensuite allés grossir les "banlieues" ouvrières) ; ou bien on nous a constatés "barbares" (pré-capitalistes) et épidermiquement trop foncés ce qui méritait bien l'esclavage ou quelque chose de similaire, faisant de nous des colonies ; ou alors on a carrément décrété que nous n'avions rien à faire sur la terre en question, vouée à l'agriculture et à l'industrie "civilisée", et que nous devions en débarrasser le plancher avec nos pieds ou six pieds sous terre (cas des "Indiens" d'Amérique, des "Aborigènes" d'Australie... et d'une bonne partie des Palestiniens). À l'arrivée, sous des formes variées qui font toute la subtilité de la chose, nous avons une société capitaliste dotée d'un État bourgeois. Il y en a (là où le processus est ancien) des monopolistes-impérialistes comme celle où nous vivons en Hexagone et (là où il est plus récent et impulsé de l'extérieur, de là où il était plus ancien) des "semi-coloniales semi-féodales" avec un capitalisme bureaucratique-comprador selon la terminologie maoïste ; mais la logique de base est la même : valorisation du capital par l'exploitation, et quelle que soit notre situation actuelle, à l'endroit du monde où nous nous trouvons et d'où que nous venions, elle en est le résultat. Nous réalisons cela et nous réalisons que derrière notre situation de prolétaires ("blancs" ou colonisés intérieurs) ici et la tragédie des Palestiniens là-bas (où l'on en exploite une partie mais on essaye carrément d'en faire dégager une autre pour mettre des "civilisés" à la place), il y a la même main : non pas "les Juifs" (puisqu'ici ils ont plutôt souffert du processus) mais LES MONOPOLES, le Grand Capital (qui utilise, là-bas, des Juifs comme force de frappe en effet).

C'est en cela que "nous sommes tous des Palestiniens". Et c'est ainsi que nous prônons comme solution, ici comme là-bas, l'expropriation du Capital et la destruction de ses appareils politico-militaires appelés les États, et leur remplacement par la propriété collective des moyens de production, le bénéfice commun et égalitaire de la richesse produite et le Pouvoir du Peuple. Au demeurant, avec la fin de l'oppression coloniale contre les Palestiniens, le prolétariat israélien verrait disparaître le secret de son impuissance [3] - on peut d'ailleurs en dire autant du prolétariat d'Hexagone avec la Françafrique... Mais en attendant, ici, c'est de tout ce que porte ce "nous sommes tous des Palestiniens" que le gouvernement républicain bourgeois, monopoliste et impérialiste veut empêcher à tout prix l'irruption sur la scène publique (en particulier de ce que cela porte pour les colonisé-e-s intérieur-e-s) ; bien plus que d'une contestation de la politique israélienne qui, par définition, ne le concerne pas directement.

2506917997Là-bas, sur le théâtre même des combats, les choses prennent une tournure assez particulière avec une espèce de fuite en avant ultra-nationaliste israélienne, principalement incarnée par le Likoud de Netanyahu et qui prétend se moquer voir se passer de l'appui des Occidentaux (en les envoyant paître), ce qui est évidemment suicidaire - mais une bourgeoisie aux abois a-t-elle encore conscience de ce qui est suicidaire ? Un tel courant a toujours existé : ce sont les éléments ("révisionnistes" de Jabotinsky et Birionim d'Ahiméir, Irgoun, Lehi, bref les ancêtres du Likoud...) qui dès les années 1930 et surtout après-guerre prônaient l'affrontement ouvert avec les Anglais (et assumaient parfois explicitement... leur admiration pour le fascisme italien et même le nazisme allemand !). Mais rien de décisif pour le projet sioniste n'avait jamais été obtenu par eux : c'est le sionisme "respectable", le sionisme "à la Barnavi" en quelque sorte, le sionisme de négociation avec l'impérialisme qui avait jusqu'à présent assuré l'existence de "l’État juif". Et pourtant, c'est ce sionisme "jusqu'au-boutiste" qui semble désormais (clairement) hégémonique en Israël... La société israélienne se polarise : les pacifistes se font tabasser par des hordes d'ultra-nationalistes portant les mêmes vêtements que les fascistes ici, des centaines de personnes vont "admirer" du haut d'une colline le massacre des Gazaouis par les missiles de Tsahal, une députée d'extrême-droite assume des propos génocidaires et le vieux militant anticolonialiste Michel Warschawski affirme avoir aujourd'hui peur pour la première fois depuis 45 ans. Mais dans le même temps, de plus en plus de jeunes refusent de servir dans l'armée et de participer à l'oppression des Palestiniens, ce qui était encore impensable (en tout cas très marginal) il y a encore 20 ou 30 ans - à l'époque, on s'acquittait de ses obligations militaires tout en cherchant à militer "de l'intérieur" pour une armée "morale". Cela leur vaut la prison et l'opprobre pour toute leur vie, voire l'exil (on en retrouve beaucoup, à travers le monde, autour de la culture musicale "transe") et pourtant ils et elles font ce choix. Tout cela s'appelle tout simplement l'explosion d'une société sous ses contradictions.

manifestation-pro-israelienne-a-marseille.jpgQue feront les ultra-nationalistes si, malgré la pression de l'extrême-droite fondamentaliste chrétienne, l'impérialisme US se lasse d'eux ? Il existe peut-être autour du fasciste Avigdor Lieberman, allié de Netanyahu venu de Moldavie en 1978 et dont le parti Israël Beïtenou mobilise la très importante communauté venue d'ex-URSS, l'option d'un rapprochement avec la Russie. Beaucoup commencent à l'envisager, dans les pas de Lieberman qui en faisait déjà son cheval de bataille lors de la deuxième guerre de Tchétchénie, invoquant la "communauté d'intérêts" contre le "terrorisme islamique". Mais cela obligerait Moscou à un sérieux revirement géopolitique, après des décennies de soutien au nationalisme arabe "socialiste" puis à "l'axe chiite" Iran-Syrie-Hezbollah (+ Hamas jusqu'en 2011), sans être non plus inenvisageable si (par exemple) cet "axe chiite" devait s'effondrer sous l'offensive du djihadisme sunnite (dans lequel les Caucasiens, susceptibles de revenir ensuite frapper la Russie, sont nombreux).

Mais tout cela concerne finalement peu l'Hexagone où la question palestinienne, pour y être d'une force passionnelle rare, existe plus en définitive par ses "projections" symboliques que par ses enjeux réels. De fait on peut pratiquement dire que le sionisme "fils de France" est mort en "Terre promise", ce que déplore même à demi-mots Alain Soral ("avec le sionisme comme projet de Herzl, j'aurais aucun problème") ; en revanche il vit toujours - de manière "fantôme" - en Hexagone, comme "centre" de toute approche politique du problème.

drapeau-djihad-2

[1] "Plus je vois la merde noire (corruption, intégrisme, généraux…) dans laquelle l’Algérie s’enfonce un peu plus chaque jour, plus je découvre en images que les seules choses qui tiennent encore debout là-bas (infrastructures, urbanisme…) sont celles que la France coloniale y a construites, et plus je me dis que leur seul espoir c’est qu’on y retourne." - "Abécédaire de la bêtise humaine", 2002

[2] Et ce quels qu'aient été les idéaux généreux voire "socialistes" dont le sionisme a pu se parer à l'origine et le caractère ultra-opprimé des Juifs quittant l'Europe pour s'installer en "Terre promise" (toutes choses qu'aiment tant mettre en avant ses défenseurs "de gauche" voire "d'extrême-gauche") : de fait, il ne POUVAIT PAS DEVENIR AUTRE CHOSE que ce qu'il est devenu aujourd'hui. Car ce qui compte en dernière analyse, c'est le déséquilibre des forces productives entre l'arrivant et l'autochtone (raison pour laquelle d'ailleurs, n'en déplaise à l'argumentaire des Le Pen et Zemmour et consorts, l'immigration n'est PAS une "colonisation inversée") et non le caractère opprimé de l'arrivant dans son pays d'origine.

Pour nous, Occitans, le fait que des opprimés partis vers une terre lointaine puissent s'y transformer en oppresseurs n'a rien de surréaliste puisque la communauté afrikaner d'Afrique du Sud REGORGE de descendants de huguenots occitans chassés par les persécutions de Louis XIV : le nazi Eugène Terre'Blanche (originaire de Provence), le docteur Malan (un fondateur et idéologue de l'apartheid) ou encore le "Docteur la Mort" Wouter Basson (le Mengele sud-africain...)... C'est sans états d'âme que leurs ancêtres, victimes d'une répression atroce dans leur pays natal pour avoir représenté (l'espace d'un siècle) un intolérable contre-pouvoir occitan face à l'État centralisateur parisien, se transformèrent une fois au pays des "Cafres" en colons impitoyables persuadés de leur "droit divin" (persuadés que la "Divine Providence" leur avait "offert" cette terre...). 

L'on pourrait encore citer l'Australie où la plupart des colons massacreurs d'Aborigènes étaient des sous-prolétaires anglais, irlandais ou écossais déportés là-bas pour avoir enfreint les lois de leurs exploiteurs et (dans le cas des Irlandais, Écossais ou Gallois) de leurs occupants. Et c'est sans même parler du cas (peut-être) le plus sidérant et emblématique : celui des esclaves afro-descendants libérés aux États-Unis et "renvoyés" en Afrique pour y fonder le Libéria, un protectorat colonial (de fait) pour leurs anciens maîtres et tortionnaire, dédié notamment à l'extraction du caoutchouc et où ils formeront la caste dominante de cette "république" proclamée en 1847, privant les autochtones de tout droit civique...

Dans la plupart des colonies "françaises", l'appareil de domination était très largement constitué d'agents issus des Peuples "provincialisés" et périphérisés de "métropole" (Occitans, Corses, Bretons, Basques etc.), presque aussi méprisés (lorsqu'ils "montaient" travailler à Paris) que les immigrés maghrébins ou africains aujourd'hui mais se transformant tout naturellement en "race supérieure civilisatrice" (pour reprendre les mots de Jules Ferry, d'ailleurs lui-même lorrain, Peuple annexé et "provincialisé" à la fin du 18e siècle) lorsqu'ils abordaient les rivages d'Algérie, du Gabon ou du Tonkin.

L'on peut citer à ce titre l'(assez marxisant) historien belge Jacques R. Pauwels, parlant de l'Empire colonial de son pays : "Les gens trop pauvres, on pouvait s’en débarrasser en les envoyant dans les colonies. L’impérialisme était donc aussi une manière de résoudre les problèmes sociaux. Les pauvres pouvaient faire carrière dans ces colonies. De la sorte ils se muaient en patriotes, au lieu de rester des emmerdeurs. En les laissant intervenir de façon agressive dans les colonies, ils ne posaient plus le moindre problème dans la métropole. Il y avait par exemple pas mal de fils de fermiers sans travail, et ce du fait que l’agriculture devenait trop productive. Ces gars, on pouvait les envoyer au Congo comme missionnaires. On a expédié là-bas une vingtaine de missionnaires de chaque bled agricole flamand. On leur a collé un uniforme sur le dos et, dès lors, ils ont pu aller jouer au patron chez les Noirs."

Tout simplement parce que le statut d'opprimé, de relégué, de périphérisé voire pratiquement... de colonisé (Irlandais) du colon dans son pays d'origine est inopérant (à de rares exceptions près) une fois arrivé dans le pays à coloniser : c'est le rapport de force découlant de la possession (ou de la capacité d'appropriation rapide) de forces productives qui détermine la constitution mentale en "race supérieure" et (par conséquent) celle de l'autochtone en "race inférieure" (tout ceci s'enrobant par la suite d'"argumentaire" tant religieux que "scientifique"). Les États "métropoles" puis les Empires capitalistes, en tant que bases d'extraction de plus-value, se sont ainsi construits et développés en cercles concentriques de périphéries autour des Centres du pouvoir bourgeois ; et tant que les masses n'ont pas compris cela, un "cercle" de périphérisation plus proche du Centre peut se montrer (en apparence) plus oppresseur vis-à-vis d'un cercle plus "lointain" que le Centre en question lui-même, qui s'abrite confortablement dans ses tours d'ivoire et délègue les basses besognes.

[3] "L'ouvrier anglais moyen déteste l'ouvrier irlandais en qui il voit un concurrent qui dégrade son niveau de vie. Par rapport à l'ouvrier irlandais, il se sent membre de la nation dominante et devient ainsi un instrument que les aristocrates et capitalistes de son pays utilisent contre l'Irlande. Ce faisant, il renforce leur domination sur lui-même. Il se berce de préjugés religieux, sociaux et nationaux contre les travailleurs irlandais. Il se comporte à peu près comme les blancs pauvres vis-à-vis des nègres dans les anciens États esclavagistes des États-Unis. L'Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie de sa pièce. Il voit dans l'ouvrier anglais à la fois un complice et un instrument stupide de la domination anglaise en Irlande.
Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes. Cet antagonisme est le secret de l'impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation. C'est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste, et celle-ci en est parfaitement consciente." - K. Marx dans une lettre à deux socialistes allemands émigrés aux États-Unis (1870)

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Published by Servir_Le_Peuple - dans Considérations diverses
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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 14:43

dimitrovC'est quand même fou les conneries que l'on pouvait écrire il y a 80 ans !

Par exemple : « le fascisme est la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier »

En voilà un bon de gros con à moustache, bulgare de surcroît, qui aurait mieux fait de fermer sa gueule et de se rouler des doubitchous sous les aisselles ! Heureusement, lesmaterialistes.com sont là pour balayer un tel tissu d'inepties :
http://lesmaterialistes.com/antiracisme-ethno-differentialiste-anti-colonialisme-agenda-islamiste

Grâce à eux, les masses progressistes qui ne veulent pas du fascisme pourront correctement travailler à la "démocratie populaire" (avec ou sans Manuel Valls ?) en comprenant que le fascisme qui-monte-qui-monte et répand "l'esprit pogromiste" sur notre douce France est porté par :

- les "idéologies de type post-modernes" ; "décadence post moderne" qui est "un des aspects" de la "dictature des monopoles" ;

- un "premier courant [qui] vient de l'extrême-gauche, principalement du Nouveau Parti Anticapitaliste et de la CNT, c'est-à-dire en pratique de courants post-trotskyste et post-anarchiste. Il formule des thèses ouvertement anti-universalistes et ethno-différentialistes, qu'il présente comme sardou musulmanesde l'antiracisme et de la déconstruction coloniale" autrement dit des forces réformistes du mouvement ouvrier, équivalentes actuelles de la SFIO avec laquelle, justement, la politique de Front populaire dans les années 1930 consistait (pour les communistes) à s'allier contre le fascisme (!) ;

- un "second courant [qui] consiste justement en les « anti-coloniaux » ne venant pas de l'extrême-gauche, à savoir les « Indigènes de la République » ou encore le « collectif Cheikh Yassine », du nom du fondateur du Hamas", des "anticoloniaux d'extrême-gauche [qui] espèrent influencer les populations d'origine immigrée des quartiers populaires, tandis que les mêmes mais non d'extrême-gauche tentent de former une sorte de grand lobby de la bourgeoisie moyenne et basse et de la petite-bourgeoisie, à chaque fois d'origine immigrée, surtout arabe" ; autrement dit des expressions politiques (si imparfaites soient-elles) des colonies intérieures de l'Hexagone impérialiste (au "pire du pire" de classe petite ou moyenne-bourgeoise) qui sont elles-mêmes des reflets de sa domination impérialiste sur une grande partie de la planète, impérialisme dont Dimitrov nous expliquait (justement) que le fascisme représente la "dictature terroriste ouverte" ;

images- enfin un "troisième courant [qui] consiste en les islamistes, qui ont leur propre agenda plus ou moins contradictoire", "Dieudonné proche de l'Iran qui diffuse un islamisme chiite tandis que les associations liées aux Frères Musulmans, notamment de Turquie, propagent un islamisme sunnite", des forces qui "entendent soit gagner des points [?] soit, pour les mouvements liés aux Frères Musulmans et au Qatar, appuyer le Hamas qui est dans une situation très difficile après le coup d'État militaire anti-Frères Musulmans en Égypte", ou encore "l'ambassade de Bolivie à Bruxelles [qui] a invité cette semaine les « Indigènes de la République » pour la rupture de jeûne du Ramadan, en présence des ambassadeurs de l’Équateur et du Nicaragua. L'année dernière une telle célébration avait été organisé à Paris en mode « iftar antifasciste » par des militants « anti-coloniaux » d'extrême-gauche" ; autrement dit des forces au service d’États étrangers, États semi-coloniaux (dominés, "du tiers-monde") dont les classes dirigeantes ont adopté une démarche nationaliste consistant à 1°/ rééquilibrer un peu "les choses" avec les grandes puissances impérialistes mondiales (rééquilibrer le non-a-l-islamisme-affiche-front-national-09-03-2010caractère national de la production et la (sur)appropriation impérialiste du produit) et 2°/ trouver des débouchés d'investissement pour valoriser le Capital qu'elles ont accumulé (en grande quantité pour certaines) au cours des dernières décennies, en cherchant à étendre leur influence économique et politique autour d'elles (dans les pays voisins et de la région, ainsi qu'en se constituant des "lobbies" d'influence dans les puissances impérialistes).

Comme vous pouvez le constater, le fascisme et les forces qui le diffusent sont très très loin de ce que ce bougre d'âne, cette triple buse de Dimitrov a pu faire croire aux léninistes pendant des dizaines d'années ; très loin de la grande bourgeoisie monopoliste BBR et encore plus loin de cet appareil d’État qui interdit les manifestations et jette en prison des personnes sans le moindre antécédent judiciaire, comme peuvent le croire naïvement les "décomposés anarcho-trotskystes" !

Bien entendu, ne relevant pas du Grand Capital et donc dénuées d'appareil d’État, on peut se demander où et comment ces forces comptent-elles trouver des trains pour organiser des déportations de masse (et autres joyeusetés qui caractérisent le fascisme)... Cela dit, vu les liens entre Sud-Rail et les milieux "post-anarcho-post-trotskystes", il vaut mieux ne jurer de rien ! 

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Nous relayons ici l'appel à la solidarité : , au-delà des divergences politiques, avec le militant NPA Alain Pojolat, mis en examen pour avoir "organisé" les manifestations pro-palestiniennes interdites par la République bourgeoise impérialiste. Cette répression ne rend que plus ignobles les articles/torche-cul du 'p''c''mlm', qui couvre depuis des semaines de son fiel le NPA soi-disant "à la solde des islamistes".


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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 13:07

sarcelles.jpeg... "l'esprit pogromiste" qui a déferlé sur Sarcelles dimanche dernier a bien, comme à Paris la veille et le week-end précédent, résulté d'une double provocation des nervis d'extrême-droite de la LDJ (dont la vie ne tourne pas non plus autour d'Israël : dans les facs par exemple ils militent au MET ex-UNI, dans diverses corpos fascisantes etc. et ils publient des articles pour "sauver les chrétiens d'Irak", cause sans doute louable mais non moins leitmotiv de toute l'extrême-droite islamophobe hexagonale) ET de la mairie "socialiste" qui avait interdit les rassemblements alors même que la veille, à Paris 18e, on avait bien vu le résultat d'une telle interdiction et que la ville de Sarcelles se prête, comme nulle autre en Hexagone, à ce que les choses prennent la tournure d'un "affrontement inter-communautaire" et d'un "pogrom anti-juif" (insistons bien, encore une fois, sur combien ramener le conflit au Proche-Orient ET les mobilisations sur la question ailleurs dans le monde à une "guerre de religions" juifs/islam est une pièce essentielle du dispositif idéologique impérialiste).

Si des actes, comme l'incendie d'une épicerie kasher, relèvent bel et bien de ce que nous avons qualifié et continuerons à qualifier de provocation consciente ou non contre la solidarité palestinienne, AU SERVICE de ses ennemis pro-israéliens et "républicains" impérialistes, il n'en reste pas moins que les preuves commencent à circuler comme quoi une fois de plus, la tournure prise par les évènements était prévue et même voulue par certains :

provoc ldj sarcelles

L'article a été supprimé mais on peut encore le voir ici en cache Google ; et ici et ici (au cas où le cache disparaîtrait à son tour) deux captures d'écran montrent bien la conversation dans laquelle s'inscrit (tout en bas de la deuxième capture) le commentaire de "jeremy haddad".

On pourra certes insinuer qu'il s'agirait d'un provocateur antisémite se faisant passer pour un LDJiste ; mais dans ce cas on peut aussi s'interroger sur la précipitation de la LDJ à faire disparaître l'article et tous les commentaires plutôt que de supprimer seulement celui-là et de le dénoncer publiquement (pour ceux/celles qui l'auraient lu) comme une provocation "nazislamogauchiste".

Par ailleurs, le récit des évènements dans la plus bourgeoise des presses (ici Médiapart, gauche bourgeoise, mais on retrouve la même chose sur d'innombrables sites y compris de droite) est assez dénué d'ambigüité :

Plus loin, l'accès à la synagogue de Sarcelles avait été entièrement bouclé, des cars de CRS barrant l'avenue. Devant son entrée, une trentaine de jeunes pro-israéliens y étaient armés de matraques et barres de fer, l'un d'entre eux agitant un drapeau israélien. Quelques dizaines de manifestants ont crié "Israël assassin!" près du barrage policier sur l'avenue, des dizaines d'autres leur ont répondu "Palestine on t'encule" de l'autre côté.

Initialement, un défilé pro-palestinien ainsi qu'un rassemblement pro-israélien organisé par la Ligue de défense juive (LDJ) avaient été prévus au même endroit, la gare RER, et à la même heure, incitant la mairie et la préfecture à interdire les deux. Sarcelles, parfois surnommée "la petite Jérusalem", compte une importante communauté juive séfarade.

Autrement dit, à part (c'est juuuuuuste une hypothèse) faire monter la tension, on se demande bien à quoi servaient ces interdictions puisque l'un et l'autre rassemblement se sont bien tenus et qu'à quelques mètres des CRS se tenaient des hommes... munis d'armes capables de blesser gravement voire de tuer, dont la seule possession dans une manif "normale" et tout à fait autorisée vaudrait normalement charge des forces de répression, gazage à mort et arrestation (suivie de comparution immédiate et de prison ferme) de ceux qui ne détalent pas assez vite. Et les deux rassemblements "interdits" ont été laissés s'approcher suffisamment l'un de l'autre pour s'échanger des noms d'oiseaux et faire encore monter la tension d'un cran...

On pourra aussi rappeler que là où il n'y a pas eu d'interdiction ni de provocations (la LDJ n'ayant pas de troupes suffisamment importantes hors d'Île-de-France), des dizaines de manifestations se sont déroulées sans incidents majeurs hormis les habituels trois provocateurs dieudonnistes tentant de s'incruster avec leurs ananas (généralement virés car même les "islamistes" ne les apprécient guère), les quatre prédicateurs salafistes aux slogans chelous et éventuellement une vague "agence de presse dissidente" pas utile à grand-chose sinon à renseigner ses copains les flics...

Rappelons ici encore une fois notre position : nous ne pensons pas que le fascisme s'installera en France (que ce soit brutalement ou insidieusement) en prenant ouvertement fait et cause pour le sionisme et Israël. Sur cette lourde question internationale, la position de l'impérialisme bleu-blanc-rouge est et a toujours été, depuis les années 1960, de jouer sur tous les tableaux et d'avoir plusieurs fers au feu ; le porte-parole du FN Florian Philippot lui-même ne disant pas autre chose (Gilbert Collard, autre figure de proue du "nouveau lepénisme", adoptant même une position nettement plus pro-sioniste).

Nous pensons que le fascisme s'instaurera en jouant les "arbitres" et en se posant comme "l'ordre républicain" contre les "importateurs de conflits étrangers" et le spectre de la "guerre civile communautaire" (il suffit pour s'en convaincre de lire les deux sites de "référence" de la fascisation en marche, Riposte Laïque et Boulevard Voltaire, celui de l'intellectuel organique Guillaume Faye ou encore les propos - comme par anticipation - de Marine Le Pen elle-même au mois de juin, suite à une énième "blagounette" antisémite de son père, présentant le FN comme le "meilleur bouclier des Français juifs face au seul vrai ennemi, le fondamentalisme islamiste") [Il faut dire que Marine Le Pen et son équipe à la tête du FN, entre autres choses, savent compter et notamment compter la différence de bulletins dans les urnes entre les années 2007-2008, lorsque Soral dictait sa ligne "tiers-mondiste" et "antisioniste" au vieux Jean-Marie, et aujourd'hui que le Front s'est plus prosaïquement centré sur un discours "républicain" anti-islam et anti-"racailles"... La mouvance soralienne, dans sa "proposition stratégique" d'amarrer la solidarité pro-palestinienne des quartiers populaires à un impérialisme français et une extrême-droite lepéniste qui n'en veulent pas, en est réduite aux plus grossières manipulations comme de faire croire que les CRS (encadrant une manif pro-Palestine comme à l'accoutumée) se seraient... "ralliés" à celle-ci (contre le "gouvernement d'occupation sioniste" on suppose) !].

En ce sens, chaque fois qu'il est question de la Palestine dans l'actualité, les ultra-sionistes et autres "anti-antisionistes" tout à leur délire paranoïaque se transforment de bonne grâce et gratuitement en la plus efficace des polices politiques (nous venons nous-mêmes d'en faire les frais, et même PLUS que les authentiques antisémites qui continuent à sévir en toute impunité... comme c'est étrange ! : la hantise de ces prétendus "chasseurs d'antisémites" est-elle l'antisémitisme - si utile à leurs discours et leurs amalgames... ou est-ce plutôt la vérité contre laquelle ils ne peuvent rien ?). Lorsqu'ils se réclament ouvertement du sionisme et/ou ont des liens avec Israël, ils sont aussi le reflet d'un sionisme qui se "tend" idéologiquement là-bas, franchissant des lignes longtemps considérées comme infranchissables par ses propres tenants et s'éloignant de l'idéologie "complexe" d'il y a 70 ou 80 ans (qu'aiment bien mettre en avant aujourd'hui les "anti-antisionistes") : un sionisme au discours longtemps "socialiste" (reflet logique de la minorité opprimée d'où il provenait) qui s'est likoudisé après 1967 avec l'occupation des "territoires"... et qui maintenant se LDJise à toute berzingue pour ressembler de plus en plus à un ramassis de gangs loyalistes nord-irlandais, de "chevaliers" du Ku Klux Klan ou de partisans afrikaners d'Eugène Terre'Blanche. Un sionisme dont l'intérêt capitaliste évident est, aussi, de provoquer une "fuite des cerveaux" juifs occidentaux vers Israël afin de gagner en force de travail de valeur : tous les pays capitalistes font cela dès lors qu'il y a une "faille" sur laquelle jouer, les pays "riches" (impérialiste) envers les pays "pauvres" (impérialisés) en mettant en avant les salaires, l'Angleterre ou le Canada envers l’État français sur l'air de "chez nous on n'empêche pas les jeunes d'entreprendre et de réussir", etc. etc.

Couverture-reconquistaRL1-706x1024.jpgMais ils n'en restent pas moins de SIMPLES PIONS aux yeux de la République impérialiste BBR, de ses intérêts et de ses plans ; république impérialiste qui n'en a strictement rien à faire (dans le fond) de ce Grand Israël qui peuple leurs rêves et de l'antisémitisme qui hante leurs nuits (et qui dans certains cerveaux malades existe bien réellement et frappe voire tue). La merde antisémite soi-disant "antisioniste" participe elle aussi de ce plan d'ensemble, dont l'objectif est 1°/ d'empêcher l'unité des classes populaires et en particulier des classes populaires colonisées intérieures, auxquelles appartiennent les Juifs séfarades originaires du Maghreb qui vivent souvent dans les mêmes quartiers et la même condition sociale que les musulmans, et aux côtés desquelles ont toute leur place les descendant-e-s d'immigré-e-s ashkénazes de par le traitement qui leur était fait il y a encore 70 ans et dont l’entité francouille née sur les cendres des bûchers de Juifs feint de se repentir en grandes cérémonies pompeuses de temps en temps, et 2°/ d'empêcher À TOUT PRIX l'irruption dans la sphère publique de ce que certains appellent la "puissance indigène", l'affirmation des classes populaires colonisées intérieures. Cet objectif "mérite" apparemment que la République bourgeoise impérialiste laisse agir en toute impunité des partisans ultra-violents d'un autre État (certes allié mais avec lequel les relations ne sont pas toujours faciles) et les laisse provoquer des situations qui seront ensuite présentées (dans tous les médias y compris parfois "révolutionnaires") comme des "pogroms anti-juifs". Cela ne veut pas dire (insistons bien là encore) qu'Israël et ses partisans "contrôlent" l’État français. Et cela ne veut nullement dire que ces derniers ne seront pas, à l'arrivée, des idiots utiles de l'affaire au même titre que les idiots utiles dieudonnistes !

Nous avons vu quelles étaient, pour les progressistes et les révolutionnaires comme nous, les raisons de cette "monomanie" palestinienne que d'aucuns nous reprochent (en ce qui concerne le média révolutionnaire "généraliste" que nous sommes, lorsqu'il n'y a pas de bombardements israéliens et de mobilisations contre cela nous ne publions que très - peut-être trop - occasionnellement sur la Palestine ; après, il y a des sites exclusivement consacrés à cette cause comme d'autres à la protection des animaux ou au jardinage). Nous avons vu quels étaient les problèmes que soulevaient, ici et maintenant, les mobilisations et les débats politiques sur ce thème. Nous venons à présent de voir les ENJEUX que posent ces mobilisations devant la République bourgeoise en termes de gestion de la société civile, de prises de conscience à empêcher (sous les coups des CRS et de la LDJ ou en les détournant vers l'arrière-boutique puante de Soral, Dieudonné et consorts) et de pseudo "cohésion sociale" derrière elle et sous sa botte à préserver.

Qui (de la "poule" ou de "l’œuf") a "commencé" à amalgamer judaïsme et sionisme, antisionisme et antisémitisme, critique d'Israël et négation de la Shoah, défense de la Palestine et islamisme réactionnaire etc. etc. ? On pourrait en discuter pendant une éternité avec des "arguments" aussi innombrables... que les forces sociales et politiques qui ont INTÉRÊT à ce que les enjeux soient présentés ainsi.

Nous, nous préférons consacrer nos efforts à renvoyer TOUS ces amalgames là d'où ils viennent et où est leur place : dans les poubelles de l'histoire ! Mais cela nous vaut, apparemment, la censure alors que curieusement celle-ci semble laisser indemne les sites et pages Facebook soraliennes, et tous les déverseurs de vomi antisémite sous tous les pseudos "musulmans" ou "bien gaulois" possibles et imaginables...


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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 08:16

 

netanyahu-fabius.jpg- Chaque fois que la Palestine est à l'ordre du jour, Servir le Peuple s'efforce toujours de bien insister sur l'ordre des choses : c'est l'impérialisme occidental (européen et nord-américain) qui pilote Israël et non l'inverse. L'État sioniste est une tête de pont, une place forte, un fer de lance de l'impérialisme au Machrek arabe et ce depuis que la Déclaration Balfour (1916) a lancé le processus de sa création. Le sionisme est tout particulièrement le fils idéologique du républicanisme colonial bleu-blanc-rouge à la Jules Ferry ; ce qui explique sa "force" dans l'entité "France" (même s'il y compte aussi beaucoup d'opposants) et le fait que le réduire à un "fascisme juif" est beaucoup trop simpliste.

Les "lobbies" pro-israéliens qui existent dans à peu près tous les grands pays impérialistes ne visent qu'à s'assurer de la solidité de ce lien (vital pour Israël), car les impérialistes occidentaux doivent aussi (parfois) ménager les pays arabes producteurs de pétrole et (donc) "serrer la vis" à leur protégé sioniste. Ils sont comparables aux "lobbies coloniaux" qui existaient dans toutes les métropoles colonialistes pour y défendre les intérêts des colons, surtout lorsqu'il commençait à être question d'accorder une pseudo-"indépendance" aux colonies (ou simplement des droits aux indigènes...).

Le retournement sémantique qui consiste à faire d'Israël et des "lobbies" pro-israéliens les "maîtres" des pays occidentaux ouvre évidemment la porte à toutes les dérives antisémites, qui serviront objectivement la cause du sionisme et de l'impérialisme (c'est peut-être même la principale porte ouverte à cela). Et en fin de compte, à ce jeu-là, entre les "antisioniste" obsessionnels amis de Dieudonné, Soral, Meyssan & co et le "système" qu'ils dénoncent (celui de la "religion de la Shoah" comme ils disent), c'est juste "l'arbre qui cache la forêt" (des crimes impérialistes présents et passés tout autour de la planète) qui change : pour les uns (majoritaires) c'est le nazisme, Hitler et ses "résurgences" régulières (de Nasser à Pol Pot, de Saddam Hussein à Milošević voire Poutine) ; pour les autres c'est "IsraHeil" et le "nazisme sioniste" en Palestine... Mais derrière c'est toujours le même impérialisme (bleu-blanc-rouge en ce qui nous concerne) qui est "pur", "tout beau tout propre", "vierge" de tout crime et que l'on ne dénonce JAMAIS, quand on n'en chante pas carrément les louanges (Soral et tous les invocateurs du "temps du général De Gaullllle", cet impérialiste raciste et fasciste) ! Pour les uns "rien n'égalera jamais l'horreur nazie"... sauf le mec que BHL s'est chargé de désigner comme le "nouvel Hitler" pour être bombardé, renversé et remplacé par des dirigeants plus dociles ; et toute comparaison d'un crime présent ou passé (au cours des 8 derniers siècles) de l'entité "France" ou de l'impérialisme européen/occidental en général avec le IIIe Reich est "honteuse" voire "négationniste" ; mais pour les autres c'est Israël qui joue ce rôle : il n'y a "que" Israël qui colonise, racise et massacre ; l'impérialisme BBR ne fait "rien de tout cela" ou alors, s'il le fait, c'est "à la remorque des Américains" et "sous l'influence du lobby sioniste" (cette "pauvre" "petite" France est absolument incapable de raisonner selon ses propres intérêts, c'est bien connu !)...

- Les "islamistes" (terme réducteur au possible pour désigner des réalités politiques très diverses, un peu comme si l'on parlait de "christianistes"  pour regrouper des familles politiques allant de l'extrême-droite national-catholique ou fondamentaliste chrétienne US à la gauche social-humaniste) ne sont EN AUCUN CAS les "représentants de l'aspect semi-féodal" des pays musulmans, qui sont les chefs de "tribus", les oulémas ("vieux sages" de la religion musulmane généralement très hostiles aux "islamistes") ou encore les castes militaires qui noyautent l'appareil d'État et contrôlent des pans entiers de l'économie, comme typiquement l'armée égyptienne héritière des Mamelouks (maîtres du pays à l'époque de Napoléon). Les "islamistes", en tant que "calvinistes musulmans", sont l'expression politique du capitalisme d'en bas ; ce capitalisme qui émerge spontanément de la vie sociale populaire par opposition au capitalisme bureaucratique "d'en haut" impulsé par l'impérialisme (et justement appuyé sur la semi-féodalité) ; et qui contrairement à celui-ci ne permet pas au surproduit (plus-value "sur-accaparée") de "remonter" correctement jusqu'aux monopoles impérialistes - qui le combattent donc en conséquence, dans leur perspective de domination totale des économies du "Sud". Ils sont donc, en somme, des représentants typiques de ce que les marxistes-léninistes ont coutume d'appeler la BOURGEOISIE NATIONALE.

izz_ad-din_al-qassam.jpgUne bourgeoisie nationale plutôt "provinciale", entrepreneuriale et "de droite", par opposition à la bourgeoisie nationale plutôt urbaine, intellectuelle et "de gauche"... Il faut en effet comprendre que dans les pays arabes et musulmans, le capitalisme et la bourgeoisie sont historiquement anciens et développés et possèdent une vision du monde propre, contrairement à d'autres parties du monde où la bourgeoisie nationale a tendance à s'aligner soit sur les intérêts et les conceptions de l'impérialisme, soit sur les aspirations populaires. L'islam, comme l'expliquait fort bien le sociologue communiste Maxime Rodinson, n'a jamais été incompatible avec le développement du capitalisme qui fut même à bien des égards, jusqu'au 16e ou 17e siècle en tout cas, supérieur à celui de l'Europe : ce qui n'a pas eu lieu "à temps" ce sont les "révolutions" bourgeoises et leur corollaire la "révolution" industrielle, qui ont du coup été "confisquées" par la domination impérialiste occidentale (pays qui avaient, eux, réalisé ces "révolutions") et en quelque sorte "menées" par elle, sous la forme d'un capitalisme bureaucratique-comprador impulsé "d'en haut" (par les monopoles occidentaux) et s'opposant au capitalisme "d'en bas", endogène.

L'absence d'un mouvement communiste (ou "d'inspiration marxiste") fort amène assez souvent ces forces "islamistes", depuis une trentaine d'années, à prendre la tête des résistances des masses populaires contre l'impérialisme, les régimes bureaucratiques-compradores locaux et le sionisme. Cela n'en fait nullement (pas plus que n'importe quelle bourgeoisie nationale, même "de gauche") des "alliés" systématiques, inconditionnels et éternels ; mais il est important de définir correctement les choses car toute analyse ultérieure en découle. À vrai dire, de par leur idéologie et leur projet de société ultra-capitalistes et ultra-oppressifs pour de nombreux secteurs des masses (on pense en particulier aux femmes), cela en fait même des ennemis ; mais des ennemis SECONDAIRES (notion si incompréhensible pour tant de "gardiens du temple" "marxistes" ou "libertaires" durs de la feuille), des ennemis "pour plus tard". Cela signifie qu'on peut les critiquer et même les combattre s'ils attaquent le Peuple (autodéfense populaire), que la Libération du Peuple passera forcément un jour sur leurs cadavres, mais que tant qu'ils n'ont pas totalement pris le pouvoir dans un pays donné on ne passe pas son temps, on ne jette pas toutes ses forces dans cela sauf à devenir un serviteur objectif de l'impérialisme, de ses intermédiaires bureaucratiques-compradores et du sionisme ; comme l'a par exemple fait la bourgeoisie nationale "de gauche" égyptienne l'an dernier (en permettant le retour au pouvoir de la caste militaire moubarakiste)... ou comme le fait toute une "extrême-gauche" occidentale en ce moment, qui se répand à 80% contre le Hamas (et la présence d'"islamiiiiiiistes" dans les manifestations) et "déplore" à 20% la "brutalité israélienne", alors même que ce sont les bombes de Tsahal et non les balles du Hamas qui massacrent à Gaza !

Ce que nous appelons "l'islamisme", c'est-à-dire la volonté de mettre les principes islamiques au centre de la gouvernance politique, est que cela nous plaise ou non l'opinion politique hégémonique dans les pays arabes et musulmans. Tout comme ce que nous appelons "rouge-brun", mélange de nationalisme anti-occidental très virulent et de nostalgie pour l'époque "socialiste" (capitaliste d'État) soviétique, est l'opinion politique hégémonique dans les pays de l'ex-URSS, comme par exemple dans le Donbass ou en Crimée. En Amérique latine c'est clairement un mélange de très fort patriotisme local et continental (principalement anti-yanqui), d'exaltation des libertadores et autres "caudillos des pauvres" du passé, de christianisme social et de fascination pour Cuba, éventuellement d'indigénisme etc. etc. En l'absence de mouvement communiste (authentique) puissant, absence dont la responsabilité incombe en premier lieu aux limites des communistes eux-mêmes et pour laquelle ils doivent en premier lieu se remettre en question, c'est sous ces bannières que les masses populaires vont se mobiliser lorsqu'elles se sentent agressées. À partir de là, de deux choses l'une : soit l'on admet que les masses populaires sont LÉGITIMES à résister aux agressions de l'impérialisme et de ses agents locaux, quand bien même elles n'auraient pas la "bonne" idéologie, et que leur ralliement à la "bonne" idéologie dépend de l'activité des communistes locaux et internationaux... soit le Peuple ne "va pas" et il faut "changer de peuple" !

 

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 16:59

 

Conformément à l'appel de diverses organisations progressistes, révolutionnaires et d'affirmation des colonies intérieures et en dépit de l'interdiction fasciste prononcée hier, 2.000 à 3.000 personnes se sont retrouvées à Paris dans le quartier Barbès (nom d'un célèbre révolutionnaire occitan du 19e siècle, ça ne coûte rien de le rappeler) pour manifester leur soutien au Peuple palestinien massacré contre la République coloniale d'Israël et sa très protectrice mère idéologique, la République impérialiste bleu-blanc-rouge.

Presse bourgeoise : En direct : heurts à Paris entre manifestants pro-palestiniens et CRS

Très rapidement la nasse s'est refermée sur la manifestation (jusque-là pacifique), les CRS ne laissant sortir que les profils de "bons citoyens" et gazant abondamment les autres à grands coups de lacrymos.

Bien entendu, cette oppression de l'État policier n'a pas été sans juste résistance des personnes du Peuple les plus déterminées qui étaient présentes :

parisintifada2.jpgparisintifada3.jpgparisintifadaintifadaparis

Comme le proclamait elle-même la bourgeoisie dans la phase la plus radicale (où elle était obligée d'être radicale...) de sa révolution : "Quand le gouvernement viole les Droits du Peuple, l’Insurrection est pour le Peuple et pour chaque portion du Peuple le plus sacré des Droits et le plus indispensable des Devoirs". C'est ce qu'ont montré cet après-midi les prolétaires de banlieue parisienne.

À noter que devant ce qui est en train de prendre forme dans les classes populaires d'Hexagone (un rejet sans ambigüité ni coupage de cheveux en quatre du sionisme et de ses parrains-protecteurs impérialistes occidentaux, débouchant peu à peu sur une conscience et un rejet plus global de l'impérialisme y compris et surtout BBR, et en même temps un rejet des théories "antisionistes" de merde qui ne visent qu'à faire voter ces classes pour le FN qui est leur pire ennemi), la vermine soralienne commence à être saisie de perplexité et à condamner elle aussi ces manifestations, comme (on connaît la musique) "au service du système" etc. etc.

En tant que (au-delà de l'indispensable solidarité avec un Peuple opprimé) affirmation du prolétariat colonisé-intérieur hexagonal dans la sphère publique, la mobilisation contre les crimes sionistes en Palestine avance inexorablement vers la victoire. Il ne faut dès lors pas s'étonner, et au contraire s'attendre, à voir se dresser devant elle tous les obstacles, toutes les provocations, tous les torrents de boue et les manœuvres de discrédit : dans l'histoire, à mesure que le Peuple avance vers la Victoire et la Libération, le combat se fait toujours et automatiquement plus dur, plus acharné et sans merci. Préparons-nous à le livrer.


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DOSSIER PALESTINE (conflit de juillet 2014) :
Sionisme, islamisme et ennemi principal : quelques précisions
Post-scriptum important : le cas Feiglin
Le sionisme, "fils de France"
Au cas où il serait utile de le préciser...
Deux clarifications importantes
Flash info en direct : ils ont semé la hoggra, ils ont récolté l'Intifada !
Flash info - importance haute : la manifestation pro-palestinienne de demain à Paris est INTERDITE
Le problème avec la Palestine...
Grande manif contre les crimes sionistes à Paris (13/07)
Magnifique manifestation pour la Palestine à Tolosa, capitale d'Occitanie occupée
Petites considérations sur le sionisme et l'identification-"obsession" palestinienne
Considérations diverses : une mise au point nécessaire sur nos positions internationalistes et aux côtés des Peuples

juin 2014

POSITION DES COMMUNISTES RÉVOLUTIONNAIRES DE LIBÉRATION OCCITANE SUR LES ÉLECTIONS MUNICIPALES ET EUROPÉENNES DES PROCHAINS MOIS

L'affaire Dieudonné-Valls :
Plutôt bon article sur la ‘Déclaration de guerre de la République à Dieudonné’ (la pseudo-controverse réactionnaire entre l’antisémite dégénéré et les gardiens du temple républicain)
Quelques mises au point complémentaires (et conclusives) sur la ‘‘question Dieudonné’’ (et Dreyfus, le Front populaire, l’antisémitisme etc.)
Réflexion théorique : loi Gayssot, lois antiracistes et "mémorielles", "antifascisme" bourgeois etc., quelle position pour les communistes ?

Dossier Breizh :
Breizh : comment l'étincelle écotaxe a mis le feu à la lande
"Esclave", "identitaire", chouan, cul-terreux arriéré de service : pour paraphraser Césaire, "n'allez pas le répéter, mais le Breton il vous EMMERDE"
Considérations diverses – en guise de ‘‘petit debriefing’’ de ces derniers mois : Bretagne, fascisme, ‘‘Lumières’’ et Kaypakkaya… (point 1)
Considérations diverse (26/11/2013) : eh oui, Servir le Peuple a toujours quelques petites choses à vous dire ;-) (point 1)
Appel de la gauche indépendantiste bretonne (Breizhistance) pour le 30 novembre (avec notre critique de la position du ROCML)
Le Top Five des drapeaux qui n'ont PAS été inventés par un druide nazi  (mortel !)
Et en guise (provisoire) de conclusion : La Gauche indépendantiste bretonne revient sur la mobilisation de Karaez/Carhaix

Comité de Construction du PCR des Terres d'Òc : Déclaration du 11 Novembre

La phrase du moment :

"La tyrannie cessera parmi mon peuple ; il n'y aura que liberté, liberté toute nue, sans déguisement. Bouleversements d’États entiers : je les renverserai de fond en comble, il n'y aura rien de reste. Il va y avoir de terribles renversements de conditions, de charges et de toutes choses. Je veux faire un monde nouveau, je veux tout détruire. Je veux appeler à moi la faiblesse, je veux la rendre forte. Pleurez gens du monde, pleurez grands de la terre, vos puissances vont tomber. Rois du monde, vos couronnes sont abattues !"

Élie Marion, "prophète" et guérillero camisard cévenol, 1706.

Amb l'anma d'un Camisart, Pòble trabalhaire d'Occitània endavant !

 

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  • ANTARSYA (Coordination de la gauche anticapitaliste pour le renversement, avec des trotskystes, des 'maos' etc., en grec)
  • ANTARSYA - France (site en français)
  • Laïki Enotita ("Unité populaire") - France (en français et en grec, scission anti-capitulation de SYRIZA, pour s'informer)
    EKKE (Mouvement communiste révolutionnaire de Grèce, 'maoïsant' et membre d'ANTARSYA, présentation en anglais, le reste en grec)

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Cellule Antifasciste Révolutionnaire d'Auvergne (CARA, page Facebook)

Carcin/Quercy Antifascista (page Facebook)

Occitània Antifascista (page Facebook)

Breizh Antifa (page Facebook)

Perpignan Antifa (page Facebook)

Action Antifasciste de Pau

Union Antifasciste Toulousaine

Ipar Euskal Herria Antifaxista (Pays Basque du Nord antifasciste)

REFLEXes - site d'informations antifascistes

La Horde, portail d'information antifa

Rebellyon - rubrique "Facho"

Redskins Limoges

Droites extrêmes - blog Le Monde (site d'information bourgeois bien fourni, parfait pour le "watch")

Document : Ascenseur pour les fachos (série de 6 vidéos Youtube, Antifascisme.org, site social-démocrate)

 

Guerre pop' - Asie du Sud :

Inde Rouge (nouveau site "officiel" francophone)

Comité de Soutien à la Révolution en Inde

Comité de solidarité franco-népalais

Fil d'actu "Inde - Népal" du Secours Rouge - APAPC

J. Adarshini (excellent site en français)

Revolution in South Asia (en anglais)

Maoist Resistance (guérilla maoïste indienne - en anglais)

NaxalRevolution (Naxalite Maoist India, en anglais)

Banned Thought (en anglais)

Indian Vanguard (en anglais)

The Next Front (Népal - anglais)

Signalfire (sur la GPP en Inde et aux Philippines, le Népal et les luttes populaires dans le monde - en anglais)

Communist Party of India (Marxist-Leninist) Naxalbari (a fusionné avec le PC d'Inde maoïste le 1er mai 2014)

New Marxist Study Group (maoïste, Sri Lanka)

Parti communiste maoïste de Manipur (page Facebook)

 

Guerre pop' - Philippines :

Philippine Revolution (en anglais)

The PRWC Blogs

(tous deux remplacés apparemment par ce site CPP.ph avec notamment les archives d'Ang Bayan, l'organe officiel du Parti)

Solidarité Philippines

Fil d'actu "Philippines" du Secours Rouge - APAPC

 

Guerre pop' & Luttes armées - Amérique latine :

CEDEMA - actualité des mouvements armés en Amérique latine (+ qqs documents historiques)

 

Nuevo Peru (Pérou, basé en Allemagne, en castillan et allemand principalement)

Guardias Rojos (Pérou, page FB)

Fil d'actu "Amérique latine" du Secours Rouge - APAPC

Archives

Autres documents théoriques

 

Récapitulatif des "grandes thèses" de Servir le Peuple


À lire également, les Considérations Diverses, petits "billets" trop courts pour faire un article et donc regroupés par trois, quatre ou plus, exprimant notre CONCEPTION DU MONDE sur toute sorte de sujets. 


En finir avec la 'France', appareil politico-militaire et idéologique de nos oppresseurs ! (1) et (2) 

En finir avec la 'France' (3) : l'État bourgeois contemporain et nos tâches

Même étude sur l'État espagnol (1 et 2) ; le Royaume-Uni (1 et 2) et l'Italie.

 

APRÈS 8 SÈGLES… (Huitième centenaire de la bataille de Muret 1213 & DÉCLARATION FONDATRICE de notre Comité de Construction du PCR-Òc)

 

V. I. Lénine : "Il y a deux guerres" 

 

Le 18 Juin, une date symbolique pour les fascistes


Réflexion sur la déviation ouvriériste – Avant-propos

Réflexion sur la déviation ouvriériste : la classe ouvrière, le prolétariat et la révolution. 


Sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Rectificatif sur le Gouvernement de Bloc Populaire

Encore une fois sur le "Bloc populaire" et la QUESTION ELECTORALE


Harry Haywood contre la Théorie des Trois Mondes et les dérives réactionnaires des « prochinois »


TKP(ML) : On ne peut pas être communiste sans défendre le maoïsme


La Question nationale au 21e siècle 

Considérations diverses : un (gros) pavé sur la Question nationale...

Clarification sur l'encerclement du 'Centre' par la 'Périphérie'

 

Pour comprendre la Tempête arabe, avoir une analyse de classe correcte de la situation

(n)PCI : La révolution démocratique anti-impérialiste des pays arabes et musulmans

 

2011 : un point indispensable sur le fascisme et l'antifascisme pour les années à venir

 

Thèses fondamentales pour la construction partidaire


Sur le processus révolutionnaire

Sur le processus révolutionnaire (2) : vers le communisme

 

La "négation de la négation" et le maoïsme


Considérations diverses : Sur la question du SECTARISME

 

(Conception du monde) Le Parti révolutionnaire : ARTISAN conscient... ou 'accompagnateur contemplatif' du mouvement historique ?


Sur la 'révolution permanente' et le trotskysme

 

Le 'centre mlm' de Belgique, la Guerre populaire et le (n)PCI (sur la stratégie révolutionnaire en pays impérialiste) ; et dans la continuité :

Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (1ère partie)

et Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (2e partie)

 

 

Sur le document "Expériences, débats et perspectives" du PC d'Équateur - Comité de Reconstruction, adressé au Mouvement communiste international

 

EXCLUSIF : Lotta Continua - "Prenons la Ville !" (1970) [avec un salut rouge et fraternel à l'AA Bordeaux ]


Manifeste Programme du (n)PCI

Présentation

du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)

 

(Chapitre I): PDF - WORD

 

Le Plan Général de Travail ((n)PCI)

 

 MANIFESTE COMPLET

(version non-définitive ; chap. 4 et 5 pas encore validés par les camarades italiens)

 

IMPORTANT pour la compréhension du Manifeste :

La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)

article de 1985 paru dans Rapporti Sociali n°0

[en bas de la page en lien, icône
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Autres analyses d'actualité

Sarkozy en Chine : ramener le "péril jaune" dans le "droit chemin"

L'accord Iran-Turquie-Brésil, dans la droite ligne de la visite de Sarkozy en Chine

Turquie, Iran, Kurdistan, Israël : qu'en est-il ?


L'expulsion des Rroms, un nouveau (grand !) pas dans la mobilisation réactionnaire de masse


Nouvelle crise : deux Présidents en Côte d’Ivoire


Chute de Ben Ali : une victoire pour les masses


Pour la "petite" histoire : Marine Le Pen succède (comme prévu) à son père.

Retour sur les cantonales : des signaux déterminants pour l'avenir

Défections à l’UMP : la décantation idéologique de la bourgeoisie s’accélère


Ce qui a merdé en Libye...


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Palestine : Derrière l'accord Hamas-Fatah, la Tempête arabe ?


Situation décisive au Népal 

En matière de conclusion sur la situation au Népal, et ses répercussions dans le Mouvement communiste international 

Questions-réponses sur la situation au Népal

 

Discussion sur la "gauche" en Amérique latine et la bourgeoisie bureaucratique

 

Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria : l'analyse d'un communiste abertzale

Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria, 2e partie

Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria, 3e et dernière partie  

 

 

Considérations du 01/10/2012 : Copé, "droite décomplexée", montée du fascisme et islamophobie

Considérations diverses : Encore une fois sur la question du fascisme (22/10/2012)

Considérations diverses (26/10/2012) : 'traditions' politiques bourgeoises et fascisation ; question nationale et identitarisme ; 'émergentisme' et islamophobie

 

Considérations diverses (19/01/2013) : Retour sur la situation au Mali (osons le "cosmopolitisme" et la "géopolitique" !)

 

Mort d'Hugo Chávez au Venezuela


Considérations diverses 03-2013 - et un peu de polémique/critique, ça fait pas de mal ! (sur Chavez, le 'bolivarisme', le 'fascisme' de celui-ci et autres choses...)


Sur le capitalisme bureaucratique des pays dominés et le prétendu 'fascisme' de certains régimes réformistes bourgeois


La tragédie de Lampedusa est un crime impérialiste de plus contre l’humanité

Autres articles historiques

 

25 avril 1945 : le Peuple italien terrasse le fascisme

25 avril 1974 : la Révolution des Oeillets met fin au salazarisme

 

24 mars 1976, noche negra de Argentina : pour ne jamais oublier

La dictature militaire argentine de 1976 - 1983

 

Pierre Mulele, héros et martyr d'Afrika


Thomas sankara, leader d'un authentique processus révolutionnaire

Le 15 octobre 1987 tombait thomas sankara, le "che" africain 

 

Etudions l'histoire de la Révolution chinoise


Bref panorama historique révolutionnaire des Amériques


Quand Argala répondait (par anticipation) à certaines "lumières éclairées" du "marxisme" le plus social-chauvin...


Document historique : Déclaration "Aux Peuples d'Amérique latine" par la Junte de Coordination Révolutionnaire (Tupamaros-MIR-ELN-ERP) - 1er novembre 1974


35 ans après le coup d’État pro-soviétique, les peuples d'Afghanistan continuent de résister héroïquement aux envahisseurs impérialistes


Grande étude historique : du païs à la Commune populaire, de la communauté populaire précapitaliste à la société communiste

Illustration de la théorie par un exemple historique : la Guerre des Demoiselles en Ariège

Et en guise de récapitulatif/synthèse : Considérations diverses sur les États, les Nationalités, la Subsidiarité et le Pouvoir populaire ; ici (point 1) : Considérations diverses – fin octobre 2013 : État et révolution bourgeoise et ici : Considérations diverses : 1/ Le cœur des nations est aujourd’hui le Peuple