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La convention des Identitaires à Orange et - surtout ! car des conventions ils en font tous les ans... - le projet de listes communes avec le MPF de Jacques Bompard en PACA (MPF lui-même "intégré" depuis peu à l'UMP !) marque sans doute possible l'entrée dans une
nouvelle ère.
Sur le modèle de ses homologues italiens, mais également d'autres mouvements en Europe, un courant de l'extrême-droite populiste et
xénophobe (en un mot, FASCISTE) a décidé d'assumer la question du pouvoir. Rompant avec plus de 25 ans "au seuil" de la politique
bourgeoise, 25 ans de lobbying (certes efficace, puisque ses thématiques ont peu à peu envahi le débat politique bourgeois), d'activisme médiatique et de posture "contestataire" de
l'extrême-droite, rassemblée dans le FN.
Un séisme bien moins spectaculaire, mais bien plus important pour l'avenir (qui s'assombrit terriblement) que la présence de Le Pen au
second tour en 2002 - le bon sens élémentaire suffisait alors à voir qu'il n'avait aucune chance de l'emporter, et que cette présence n'était que le résultat "accidentel" d'une campagne
électorale entièrement basée sur l'insécurité et la peur de l'autre.
La question du pouvoir, hormis à un niveau très local, n'avait jusqu'alors été assumée très vite fait qu'en 1998, avec le "soutien sans
participation" à quelques présidents de région de droite, initiative de Bruno Mégret, dont l'échec devant le tollé "républicain" (bourgeois) avait finalement conduit à une scission du FN et à
quelques années "noires".
L'heure est donc grave. En Italie, c'est depuis le début des années 90 qu'une extrême-droite néo-fasciste "respectabilisée" et
"pragmatique" s'est infiltrée dans la recomposition politique bourgeoise, sur un modèle droite/gauche, après la fin de l'hégémonie démocrate-chrétienne. Longtemps elle est apparue comme
l'instrument (parfois indocile) du pouvoir de Berlusconi.
Mais aujourd'hui, la succession d'évènements de plus en plus sombres montre que la chose s'est transformée en son contraire, et que
c'est Berlusconi et son parti qui sont devenus les jouets des nouveaux fascistes.
Et c'est un processus similaire qui est maintenant enclenché dans notre pays.
C'est l'occasion, pour nous, de rappeler nos conceptions sur la montée du fascisme à notre époque.
Car il a été dit, sur ce sujet, tout et son contraire :
- que le fascisme ne peut plus revenir, qu'il est un phénomène du "sombre 20e siècle" enterré à jamais : c'est la thèse libérale et
sociale-libérale de la "démocratie indépassable", la thèse de la "Fin de l'Histoire". Mais elle deteint aussi sur de nombreux révolutionnaires / progressistes sincères, pour qui le fascisme,
"meuh nooon ! on n'en est pas encore là..." ;
- que le fascisme on s'en fout, que toutes les "dictatures bourgeoises" se valent : thèse anarchiste et trotskyste petite-bourgeoise
(la petite-bourgeoisie, en effet, n'est pas aux "avant-postes" pour percevoir les changements de nature dans la dictature de classe). Aux moins ont-ils la cohérence de se l'appliquer à eux-même,
"occidentaux". D'autres comprennent bien la différence fascisme/démocratie bourgeoise ici, mais pas dans les pays dominés où "toute les formes de domination se valent" selon eux - alors que ces
peuples sont aux avant-postes des changement de nature de la domination impérialiste ;
- la tendance - idéaliste - à voir le fascisme partout, à chaque loi scélérate, chaque nouveau ministre de l'Intérieur (y compris
Chevènement)... Même s'il est exact que chaque nouvel occupant de la place Beauvau, chaque nouveau "paquet sécurité" concocté en Conseil des ministres est plus contre-révolutionnaire préventif
que le précédent : cela s'inscrit dans la tendance générale à la fascisation ;
- il y a enfin la ligne que l'on peut qualifier du "regarder ailleurs" : c'est la ligne développée dans le mouvement "antifa autonome",
d'idéologie libertaire mais aussi marxiste (et notamment maoïste) inspiré du modèle d'outre-Rhin. Au nom de combattre le fascisme "culturellement", ce qui est effectivement une nécessité, on en
vient à adopter une posture aristocratique vis à vis des masses, mais surtout à se concentrer sur des groupuscules, des "agitateurs médiatiques" comme Alain Soral (abonné de "Ce
soir ou jamais") ou Dieudonné, dont le discours est incontestablement fasciste, mais qui constituent des épiphénomènes de la tendance générale, ou des tendances
marginales dont ni l'audience, ni le fond idéologique ne permettent d'assumer la question du pouvoir, ni même de "contaminer" le champ politique bourgeois comme a pu le faire le
FN depuis plus de 20 ans.
Cette ligne permet - commodément il faut le dire - de ne pas affronter l'aspect principal et le plus dangereux de la montée du fascisme
: la fascisation de l'Etat bourgeois.
Cette ligne est celle du site "Contre-Informations" (taper ces mots clé sur Google, le site est en tête de liste) du PCMLM.
Bien sûr, face à la contestation croissante de leurs analyses dans le mouvement ML/MLM, et surtout avec les développements de ces
derniers jours, cette organisation peu nombreuse et présente uniquement (mais très présente) sur Internet se trouve obligée de réagir et de se justifier.
Détenteurs autoproclamés de la "science MLM", il ne détiennent guère, en tout cas, la science de l'autocritique ni de l'humilité de
mise quand on est un groupuscule parmi d'autres.
Cependant, leur analyse a la caractéristique d'assumer - de manière il faut le dire conséquente - une volonté scientifique. C'est
pourquoi elle nous paraît intéressante pour exposer la nôtre.
Dans un article intitulé : "Fascisme et appareil d'Etat, le psychodrame français du "nouveau fascisme", du totalitarisme larvé etc.",
on peut lire : "En France, cette réalité est incomprise, et on s’imagine que le fascisme vient de l’intérieur de l’appareil d’Etat lui-même, tout comme Pétain et les collabos. Le fascisme
s’imposerait sans trop de soucis dans la démocratie bourgeoise, « comme une lettre à la poste », il serait une « gangrène » contaminant sans contradictions l’Etat et la société,
une sorte de penchant naturel de la démocratie bourgeoise, bref: une sorte de putsch tout en douceur."
On a là l'alpha et l'oméga de la ligne du "regarder ailleurs". C'est une négation pure et simple de la dialectique :
la transformation d'un chose en son contraire, sous la pression des circonstances (en ce qui nous concerne, la crise générale du capitalisme, la
poussée des aspirations révolutionnaires dans les masses etc.), et sous l'effet d'une lutte, d'un affrontement intérieur (en politique, on parle de lutte
de lignes).
Non, le fascisme ne vient pas "du dehors", "d'ailleurs"... Il vient d'une mutation intérieure de la classe dominante,
qui à notre époque et depuis plus d'un siècle est la bourgeoisie monopoliste - impérialiste.
Le fascisme, défini par l'Internationale Communiste (Dimitrov) en 1934, c'est la
dictature terroriste ouverte de la fraction la plus chauvine et la plus réactionnaire de la bourgeoisie impérialiste. Cette dictature terroriste a pour objectifs principaux la
contre-révolution préventive et la guerre impérialiste.
Idéologiquement, le fascisme est l'idéologie visant à la mobilisation de masse la plus large possible derrière ces
objectifs.
Tout le reste, toutes les "manifestations" du fascisme, culturelles, médiatiques, idéologiques, politiques (dans la pratique
gouvernementale) ou "métapolitiques" (par des groupuscules "activistes" comme les Identitaires, ou des "figures de proue" comme Zemmour ou Soral), découlent de cette mutation. Le Bloc Identitaire
en découle, Alain Soral et son "marxisme" réac, viriliste et antisémite en découlent.
Fondamentalement, le fascisme ne provient pas des classes populaires, il est le résultat de l'influence idéologique bourgeoise sur
celles-ci.
Dans le communisme, les masses produisent l'idéologie révolutionnaire et "font" les leaders comme Lénine, Mao etc.
Dans le fascisme, l'idéologie provient essentiellement de la bourgeoisie impérialiste, qui s'empare parfois de "sécrétions"
idéologiques petite-bourgeoises (populisme) façonnées selon ses intérêts, et c'est la bourgeoisie qui "fait" le leader (parfois en prenant un "tribun" de la petite-bourgeoisie comme Hitler ou
Mussolini, mais il n'est pas encore dit que cette technique soit reprise aujourd'hui), et le leader "fait" le mouvement de masse...
Les analyses de Kurt Gossweiler, sur le nazisme, montrent bien que c'est le Grand Capital allemand, les monopoles, qui ont "fait"
Hitler à partir d'un "agitateur" petit-bourgeois, populiste et antisémite - et surtout, anticommuniste.
Pour le PCMLM, le fascisme est vu "comme phénomène de masse et permanent, d’arrestations arbitraires et d’emprisonnement pendant
des années, de lois d’exception, d’enlèvements et d’exécutions sommaires, de tortures et de massacres, etc.", donc aujourd'hui sous Sarkozy, hier sous Pasqua ministre de l'Intérieur, ce
n'est pas le fascisme.
Nous ne considérons pas que nous sommes sous le fascisme. Mais le fascisme ne se réduit pas à ça, désolés...
En réalité, la définition du PCMLM ne s'appliquerait qu'à l'Allemagne nazie, ou à la rigueur à la "guerre sale" en Argentine (1976-83).
Mais, après les violences qui ont émaillé ses débuts, dans un climat de guerre civile, le fascisme italien n'a pas été cela, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale en tout cas, sauf pour les peuples
des colonies (Libye, Ethiopie). Le fascisme portugais n'a jamais été cela, sauf encore pour les peuples colonisés. Le franquisme en Espagne, après "l'épuration" qui a logiquement suivi la guerre
civile, n'a pas été cela.
Le nazisme a été cela, mais le nazisme a été un état de guerre permanent, course à la guerre d'abord, puis guerre elle-même
ensuite.
Eh oui, sous le fascisme, "la vie continue" dans une très large mesure, ce n'est pas la "nuit noire", le "1984" fantasmé par la
petite-bourgeoisie !
Ce que nous voulons dire, c'est que le fascisme conduit à cela, puisqu'il s'inscrit dans la crise générale du
capitalisme (hier la première, aujourd'hui la deuxième) qui conduit inéluctablement à la guerre, et à la poussée révolutionnaire donc à la contre-révolution, bref à "l'état d'urgence".
Il est, face à la crise généralisée, l'idéologie qui mobilise les masses non dans le sens de la lutte de classe et de la
révolution, mais dans le sens des intérêts des monopoles et de la réaction : contre-révolution et guerre impérialiste.
Mais s'il faut attendre d'en être là pour combattre la fascisation de la dictature de classe bourgeoise, alors il est beaucoup trop tard !
C'est précisément l'erreur qui a été commise au 20e siècle, et qui rejoint ce que nous disons plus haut : se concentrer sur l'aspect
"activiste de rue", "propagande culturelle" du fascisme, et ne pas voir la tendance de fond dans laquelle il s'inscrit et à laquelle il se rattache : le changement de nature au sein même
de la dictature bourgeoise.
Le "psychodrame" que dénonce le PCMLM, c'est précisément éviter cette erreur, c'est chercher - et combattre - "le feu derrière la
fumée".
Ensuite, le PCMLM nous dit : "Ce qui n’empêche pas certains de se voiler la face, afin de pouvoir fantasmer et vivre la véritable
passion française: le psychodrame. Voyant cela, ils disent qu’il ne peut justement plus y avoir le fascisme tel qu’il a existé (pourquoi? Mystère!) et que nous vivons donc dans un fascisme
moderne, un nouveau fascisme, une démocratie bourgeoise de contre-révolution préventive, etc."
Pourquoi (bien que ce soit une caricature, en tout cas concernant
nos positions) ? Et bien... Tout simplement parce que nous ne sommes plus au 20e siècle. Tout simplement à cause de quelques
mots : Hitler, Shoah, Seconde Guerre Mondiale...
Les fascistes ne sont pas stupides, ni bornés, en tout cas les fascistes sérieux. Ils vivent avec leur temps. De même que nous,
communistes, apprenons de nos erreurs (en principe...), ils apprennent des leurs.
Hitler a été le summum de la barbarie fasciste, mais il a surtout mené l'Allemagne au désastre. Mussolini, en le suivant,
a fait de même avec l'Italie. Le communisme s'est emparé d'un tiers de la planète. La Shoah, dixit le vieil antisémite catholique Bernanos, a "déshonoré l'antisémitisme" : exit, donc,
l'antisémitisme outrancier comme discours mobilisateur de masse. Le fascisme du 20e siècle, et le nazisme en particulier, n'est pas vraiment un modèle à suivre pour un fasciste d'aujourd'hui...
Les fascistes de notre époque doivent tenir compte de cela, pour "faire mieux"... S'ils assument la question du pouvoir, ils doivent se
démarquer d'une expérience unanimement présentée aux masses (car le fascisme vise cela, l'audience de masse) comme une catastrophe.
Et puis, le fascisme du 20e siècle est né quelque peu "dans l'urgence" de la 1ère crise générale du capitalisme et de la première vague
révolutionnaire mondiale, lorsque les vieux modèles bourgeois, conservatisme autoritaire ou parlementarisme libéral, se sont montrés inadaptés. Il n'a pas été une contre-révolution si
"préventive" que cela : il a dû bien souvent "faire le ménage", liquider des forces révolutionnaires déjà conséquentes, avant d'instaurer un ordre stable.
Aujourd'hui, les forces révolutionnaires de la "nouvelle vague" sont en reconstitution. La brutalité de la contre-révolution préventive
va croître avec le niveau et la structuration de ces forces, comme un "bras de fer", il ne faut pas s'attendre à un déchaînement brutal à moins qu'il y ait du "retard" à rattraper.
Enfin, nous sommes aujourd'hui, dans les pays impérialistes occidentaux, face à un type de fascisme inédit (nous présenterons
prochainement une classification des fascismes) : le fascisme "de déclin", de crise terminale et irrémédiable. Le capitalisme impérialiste occidental se sait condamné, et tente de reculer
l'échéance.
Il n'y a pas eu de tel exemple au 20e siècle. Le nazisme était un fascisme de "redressement", de "régénération" : il serait comparable
aujourd'hui au fascisme russe de Poutine. Le fascisme italien, le fascisme japonais étaient des fascismes de "projet monopoliste", de passage au monopolisme dans des pays qui ne l'étaient pas
encore vraiment, associé aux nécessités de contre-révolution préventive. Ce qui correspondrait au comportement actuel de la Chine.
La fascisation actuelle de nos sociétés ne peut pas - en réponse au PCMLM - être analysée à travers le seul prisme du fascisme au
siècle dernier. Cela reviendrait à analyser celui-ci à travers le prisme du 19e siècle, du "bonapartisme", ce qui a d'ailleurs été fait et qui a eu des conséquences tragiques.
Tout cela rejoint les analyses développées par le PCMLM suite à la "convention identitaire" du week-end dernier, qui les a obligé à
réagir.
Ils affirment haut et fort avoir "vu le danger" depuis 2 ans, alors que les masses et les révolutionnaires niçois, lyonnais, alsaciens,
bretons le connaissent depuis bien plus longtemps (vive le parisianisme !), et alors qu'ils ont passé tout ce temps à focaliser sur Soral et Dieudonné, les infiltrations islamistes, nationalistes
et négationnistes dans le mouvement pro-palestinien, les "dérives de l'extrême-gauche", les "ML - fachos de demain", etc.
Et c'est pour ré-enchaîner aussitôt sur les "nationaliste-révolutionnaires" (les fascistes violemment anti-américains et
anti-israéliens, quitte à adopter un posture "tiers-mondiste" pro-Iran, pro-Chavez, pro-Palestine et pro-Hezbollah, pro-russe et pro-chinoise, etc.), les "NR" qui resteraient, au fond, le
"principal danger".
Les Identitaires, qui sont pour nous un phénomène parfaitement logique, dérangent leurs conceptions : antisionisme/antisémitisme au
second voire au quinzième plan, anti-musulmans et anti-"basanés" (donc anti-Chavez, anti-Ahmadinejad...), européistes "civilisationnels" et "occidentalistes"... ils ne correspondent pas au
"portrait robot".
Ils sont en fait dans l'incapacité mentale de comprendre que, quand les fascistes se "responsabilisent", se "respectabilisent", mettent
de l'eau dans leur vin notamment sur l'antisémitisme et l'expérience nazie, ils ne sont pas "moins dangereux"... Au contraire : c'est qu'ils
assument la question du pouvoir !!!
Soral et Dieudonné n'assument rien du tout : ils font du "buzz" médiatique et règlent leurs comptes avec l'extrême-gauche qui les a,
selon eux, "rejetés", "pas soutenus" ou qui les "méprise". Ils règlent leurs comptes avec de prétendus "lobbies", avec les "bien-pensants". Ils se vengent en venant semer le trouble et
discréditer le mouvement anti-impérialiste (dont la Palestine est la cause emblématique), en exploitant ses failles petite-bourgeoises idéalistes, son manque de lecture marxiste des
problèmes.
Ce faisant, bien sûr, ils servent complètement les intérêts de la bourgeoisie impérialiste. Mais ça s'arrête là : où est le potentiel
de mobilisation, au delà d'une certaine petite-bourgeoisie d'origine arabe, turque ou africaine, et de quelques fils/filles à papa déclassé-e-s ?
De même, le FN a largement démontré, face aux exemples venus de toute l'Europe, qu'il se complaisait dans une posture contestataire,
activiste et lobbyiste.
Les Identitaires ne sont pas "Sarko-compatibles", comme l'ont dénoncé certains éléments "NR" et proche du FN (Christian Bouchet) :
c'est une lecture "personnalisée", petite-bourgeoise de l'histoire qui n'est pas celle des marxistes. Sarkozy, on s'en fout : ce n'est qu'un pion, qui peut éventuellement sauter s'il ne "suit pas
le mouvement".
Les Identitaires, et c'est là toute l'ampleur de la menace, sont surtout totalement dans la ligne de l'impérialisme
français actuel : une "Europe forte" face aux USA mais aussi (surtout) face à la Chine et aux "émergents" non-européens (d'Amérique latine, du Golfe, de Turquie, d'Azanie etc.), guerre
impérialiste pour le contrôle de "l'arc stratégique" qui va de la Méditerranée à l'Asie centrale (impliquant une contre-révolution préventive brutale contre les musulmans d'ici, qui vont
s'opposer à ces plans), renvoi des immigrés dans leurs pays (où l'on peut les exploiter pour 1€ par jour, alors qu'ici...). Une ligne résumée
dans le slogan "Européens et fiers de l'être", et des opérations comme récemment "Paris ne sera jamais qatari" (menée par les Identitaires de la capitale).
Ils sont même prêts à "s'adapter", avec un grand pragmatisme, à tout éventuel "revirement" de la sratégie internationale de
l'impérialisme BBR. Ainsi, ils refusent de se dire "occidentalistes" car, selon eux, cette conception "ferme la porte à la Russie" (dont ils espèrent le ralliement à la "Grande
Europe-civilisation").
Face à cela, bien sûr que les "NR" sont des fascistes ! Mais nous ne voyons pas, à court terme, ce qui pourrait faire d'eux la force
motrice du changement de nature de la dictature bourgeoise. Ils ne sont pas un courant "traditionnel" de l'extrême-droite, mais existent seulement depuis les années 1960 (Thiriart), et n'ont
réellement eu d'écho que lorsque l'impérialisme français était en contradiction profonde avec l'impérialisme US : dans les années 60 avec De Gaulle, au moment des guerres africaines comme au
Rwanda (époque de la fameuse manif "anti-américaine" du 9 mai 1994), ou encore lors de la guerre d'Irak.
Quant aux "souverainistes", aux "nationalistes intégraux", ils ont une vision irréaliste des capacités de l'impérialisme français à
faire "cavalier seul".
Il est clair que la tendance au déclin des impérialismes occidentaux, face à une Russie et (surtout) une Chine qui montent, des
capitalismes non-européens qui "émergent" (Amérique latine, pays du Golfe, Turquie, Iran, Afrique du Sud - Azanie), et qui s'emparent des "poussées" nationalistes dans les pays dominés, pousse
plutôt les "déclinants" (Europe occidentale, USA, Japon) à resserrer les rangs qu'à s'entre-déchirer.
Les choses peuvent bien sûr changer, mais nous ne voyons pas comment à court terme (sauf à imaginer que la Russie nous envahisse, les
"NR" joueraient alors les collabos...).
Il se peut, aussi, que la stratégie "d'intégration progressive" de l'extrême-droite dans la droite "de gouvernement" explose en vol,
face aux contradictions de la bourgeoisie (opposition des "républicains", des "humanistes"), ouvrant la voie à une recomposition. Nous verrons en temps voulu...
Nous ne sommes pas là pour faire de la politique-fiction, mais pour analyser concrètement le situation concrète
!
Antifascisme de notre époque (2) : le fascisme entre tradition et modernité
Pour bien comprendre et combattre efficacement le fascisme, il faut cesser de le considérer comme une phénomène "à part", surgi d'ailleurs, un
"OVNI" venu d'on-ne-sait où, ne se rattachant à aucune réalité antérieure et surgissant par magie dans une société démocratique bourgeoise, libérale-parlementaire "sans
histoires"...
Et qui transforme en quelques jours cette démocratie bourgeoise solide et
installée en une dictature sanguinaire, un régime de terreur noire.
Ceci est une erreur d'appréciation à notre avis grave (et répandue), qui empêche de lutter efficacement contre les premiers
symptômes de fascisme et - surtout - ses racines dans la société, l'idéologie dominante et l'appareil politique, pour ne s'attaquer qu'à des épouvantails (comme Dieudonné, les négationnistes ou
les petits groupes néo-nazis).
En 1933, l'Allemagne était une démocratie "libérale" bourgeoise depuis seulement 14 ans (fin de la 1ère Guerre mondiale) et
encore, la présidence Hindenburg (vieux maréchal prussien) avait donné dès
1925 un sérieux "coup de barre" à droite, conservateur-autoritaire.
Le régime, la république de Weimar,
était extrêmement incompétent (face à la crise économique), impopulaire et corrompu, et, de surcroît, passait pour complètement imposé et "à la botte" de l'étranger (les vainqueurs de
1918) : étranger à "l'âme allemande".
Le régime précédent, le IId Reich (1871-1918), était un régime autoritaire et conservateur sous le masque d'une "monarchie
parlementaire" et, de fait, une dictature militaire de la vieille aristocratie d'uniforme prussienne, les junkers.
Le nazisme n'est pas "tombé du ciel", amené par une bande d'extra-terrestres qui auraient pris le contrôle des esprits de tout un
peuple.
Son idéologie, faite de nationalisme et de pangermanisme racial (tous les Allemands
dans un seul Reich, "espace vital" à l'Est...), antisémitisme ("parti de l'étranger" à l'intérieur), antilibéralisme (idéologie autoritaire-conservatrice prussienne) et antisocialisme (comme
toute dictature du Capital !), était déjà présente sous le IId Reich, même si elle était moins "franche et ouverte", même si elle ne contrôlait pas totalement les appareils de décision de
l'Etat.
C'est l'humiliation de la défaite qui a rendu cette idéologie agressive et terroriste, dans la droite nationaliste au sein de
laquelle a bientôt émergé le parti national-socialiste.
Et les troupes de choc de celui-ci, SS
et SA, ne sont autres que les héritières des "Corps-francs" (Freikorpen) et des "Casques d'acier" (Stalhelm), des forces paramilitaires nationalistes et anticommunistes d'anciens combattants, qui ont écrasé dans le sang les tentatives révolutionnaires de
1919-1920.
D'ailleurs, dans des sociétés d'anciens combattants comme celles de l’Europe des années 1920, où 1 homme adulte sur 2 avait été
mobilisé, et où l’on mettait ses décorations pour aller chercher le pain (on exagère à peine, voire pas du tout), les images qui nous paraissent incompréhensibles, complètement délirantes, du
nazisme - défilés en uniforme, au pas de l'oie... - paraissaient tout à fait naturelle et ne choquaient pas (les communistes et les sociaux-démocrates avaient leurs propres troupes de choc,
organisations d'anciens combattants etc. qui défilaient en uniforme).
Ce que nous voulons dire par là, c'est qu'il n'est pas possible de détacher un phénomène politique (le fascisme, le
nazisme...) de son "background", du contexte présent et passé-récent de la société dans laquelle il voit le jour.
En 1922, l'Italie n'est pas un pays "démocratique" au sens où nous l'entendons, c'est une monarchie parlementaire censitaire (seuls les plus riches, payant un certain impôt peuvent voter). Les grands propriétaires font la loi dans les campagnes, quelques grandes familles
industrielles sont les princes des villes. Il n'y a ni tradition, ni culture démocratique.
Le fascisme, nous dit-on, est une idéologie "venue de la gauche", du parti socialiste, des syndicats...
En effet, le fascisme est une mutation réactionnaire et terroriste (déjà dans le "militantisme pour la guerre"
de Mussolini en 1914-15) du nationalisme italien et en effet, celui-ci est à l'époque plutôt une valeur de gauche, se référant à la mythique de l'Unité, de Garibaldi, de
Mazzini.
Au début de la Première Guerre Mondiale, hormis l'extrême-gauche anti-militariste, le
"parti" pacifiste est plutôt conservateur et catholique, pour la tranquillité du travail et des affaires ; alors que le "parti de la guerre" mobilise plutôt à gauche (la gauche bourgeoise,
s'entend), sur le thème de "l'ennemi héréditaire" autrichien, de "l'achèvement" de l'Unité par la récupération des terres encore autrichiennes.
Mais après-guerre, il est clair que les atrocités vécues ont rendu une grande partie des masses anti-militaristes et hostiles au
capitalisme, qu'elles savent bien être derrière la boucherie, et un mouvement révolutionnaire se développe à vitesse grand V.
Ce nationalisme "venu de la gauche" va alors être utilisé habilement par le grand Capital, pour "noyer" la lutte des classes dans
la "cause nationale" tout en se donnant une apparence progressiste et même "révolutionnaire", satisfaisant les revendications du peuple.
Mais en réalité, malgré ces maigres apparences "progressistes", il n'y a rien de "gauche" dans le fascisme italien (même d'un
point de vue très modéré !). Dès le départ, les concessions aux "commanditaires" grands-bourgeois et grands propriétaires terriens du fascisme ont été énormes, on est très loin (même !) d'un
programme réformiste social-démocrate...
Ailleurs, que ce soit en France (avec les "Ligues"), en Belgique (avec le "rexisme"), en Espagne (avec la "Phalange") ou au
Portugal (avec le salazarisme), le fascisme plonge clairement ses racines dans la tradition conservatrice autoritaire et nationaliste des différents pays.
Ce qui ressort de tout cela, c'est premièrement que le fascisme s'inscrit clairement
dans la tradition de la société où il émerge, tradition qu'il adapte au goût du jour, qu'il modernise pour en faire une idéologie
populaire, de mobilisation de masse : bref, il "fait du neuf avec de l'ancien" puisque son objectif est de
"révolutionner" en apparence, pour maintenir et renforcer l'ordre établi en réalité.
Et deuxièmement, qu'il s'inscrit profondément dans le contexte, le présent et la passé récent de la société en
question, et qu'il est ridicule et dangereux d'attendre aujourd'hui que le fascisme se manifeste comme dans les années 1920-30 (sous les mêmes
apparences) pour le combattre !
D'autre part, si dans tous les pays à cette époque le fascisme a pu prendre la forme d'un mouvement "révolutionnaire", se heurtant
plus ou moins violemment au pouvoir en place (les manifestations étaient souvent meurtrières, comme le 6 février 1934 à Paris), c'est parce qu’à l'époque, le "système", les institutions
politiques (parlementarisme bourgeois ou conservatisme autoritaire) et la gouvernance économique étaient héritées de (et adaptées à) la période pré-monopoliste, du capitalisme "traditionnel" du
19e siècle.
Elles étaient dépassées face à l'époque nouvelle : la (première) crise générale du capitalisme, la guerre impérialiste "de 30 ans"
(1914-1945), la 1ère vague de la révolution mondiale partie de Russie en 1917...
Il a fallu
pousser les "dinosaures", le vieil "establishment" qui s'accrochait un peu trop, vers la sortie, pour mettre en place une dictature capitaliste adaptée aux nouveaux enjeux.
Aujourd'hui, toutes nos institutions (politiques, économiques, médiatico-culturelles) sont adaptées à l'époque de l'impérialisme,
époque des crises générales et de la révolution et aussi (depuis les années 50-60), époque de la "classe moyenne" et de la "consommation de masse".
Donc, nous pensons qu'il faut réévaluer l'idée du fascisme comme une "prise d'assaut" venue de l'extérieur (ou de la marge) de
l’ordre social et politique.
Le fascisme d'aujourd'hui peut venir pour une grande
partie d'une évolution interne au système, d'une mutation plus ou moins rapide et prudente de la "démocratie sociale-libérale bourgeoise" vers une
dictature de classe bourgeoise de plus en plus autoritaire, répressive et guerrière - en mobilisant les masses dans ce sens, par le populisme sécuritaire, anti-"gauchiste" et nationaliste
xénophobe. Pour Servir Le Peuple, c'est même l'aspect principal de
la montée du fascisme à notre époque.
Les "troupes de choc", les mouvements fascistes militants et activistes de terrain, jouent plus à notre avis un rôle d'appui à la
fascisation de la société (par le combat culturel plus que physique) et, à la rigueur, d'"aiguillon" face aux tendances trop libérales de la bourgeoisie ("vous mettez en œuvre notre programme...
ou les gens voteront pour nous !"), éventuellement de gros bras (mais avec les forces de répression - y compris de sécurité privée - pléthoriques d'aujourd'hui, cela ne semble pas très utile),
mais surtout de pépinières d'idées... et de cadres : nombre de leaders "activistes" se reconvertissent (en vieillissant) dans la politique "respectable", beaucoup de leaders de la droite actuelle
sont d'anciens miliciens d'extrême-droite des années 60-70 ; et les Identitaires, le FNJ, le MNR et autres groupes regorgent sans aucun doute de cadres de la droite de demain
!
Une autre question qui se pose est celle de l'unicité, du caractère "à
part", hors normes, (presque) insaisissable pour l'esprit humain, des crimes nazis-fascistes, en particulier lors de la 2de Guerre Mondiale, et en particulier le génocide des Juifs
d'Europe.
Les tentatives de nier, ou de minimiser ou relativiser ces crimes, sont bien entendu
des manœuvres fascistes abjectes, visant à réhabiliter le IIIe Reich. Elles sont heureusement marginales et - au niveau des masses populaires - peu prises au
sérieux.
Les chambres à gaz, les camps d'extermination, les massacres de masse - en particulier de Juifs, la "Shoah par balle" -
sur le front de l'Est et dans toute l'Europe, ont bel et bien été une réalité indéniable qui donne la pleine mesure de la barbarie du fascisme et en particulier du
nazisme.
Ce que nous contestons, c'est la volonté d'en faire un phénomène "à part", anhistorique, incompréhensible au regard de l’Histoire, l'œuvre d'un "fou" ou de
la "folie qui s'est emparée d'un peuple", etc. etc.
Cette volonté répond à 2 préoccupations, l'une secondaire, l'autre pas :
- l'une, secondaire, est celle des sionistes, des
extrémistes religieux juifs etc. : à un peuple "unique", "à part", "élu", il faut une tragédie "unique" et "à part", hors normes, inexplicable sinon précisément par l'unicité du "peuple juif", l'œuvre du Démon lui-même contre le peuple de
Dieu.
- l'autre, beaucoup plus importante, est celle des impérialistes, en particulier les "vainqueurs"
(USA, Angleterre, France) mais aussi les "repentis" allemands, italiens ou autrichiens : le fascisme et (surtout) le nazisme doivent passer pour une anomalie, une "crise de folie meurtrière" collective, un phénomène incompréhensible et inexplicable... Un "cancer" en somme, sur un "corps sain" que serait le capitalisme impérialiste, et qu'on aurait
réussi à extirper.
Car le fascisme ne doit surtout pas être rattaché à la logique même de l'impérialisme et du Grand Capital monopoliste.
Il faut cacher, à tout prix, la réalité : que le fascisme et même le
nazisme (les fascistes essaient parfois d'opposer les deux) ne sont que l'expression particulièrement criminelle, extrême, de la logique impérialiste. C'est la logique de l'impérialisme poussée à ses ultimes conséquences.
Le fascisme, y compris hitlérien, est une forme particulièrement terroriste de la dictature de classe du Grand Capital, mais
simplement une forme particulièrement terroriste. Comme il n'est qu'une forme particulièrement
sanguinaire de militarisme impérialiste.
La différence, qui existe (nous ne sommes pas comme
les anars, pour qui toutes les dictatures de classe se valent), est de degré, pas de
nature. Si différence de nature il y a, c'est entre le capitalisme "traditionnel" du 19e siècle et le capitalisme monopoliste impérialiste du 20e, comme l'a expliqué Lénine en
1916.
Les camps de concentrations (déjà exterminateurs dans une large mesure) et les guerres génocidaires sont une réalité dès la fin du
19e siècle, surtout dans le monde colonisé : en Afrique du Sud (par les Anglais) pendant les guerres contre les Zoulous (1879) et les Boers
(1899-1902), à Cuba par les Espagnols (guerres d'indépendance 1868-78 et 1895-98), aux Philippines (Espagnols 1895-98 puis surtout Américains 1899-1913), en Namibie (Allemands,
1904-08).
Sans parler du système concentrationnaire de travail forcé de l'"Etat libre du
Congo" (roi des Belges Léopold II, 1885-1908), du Congo français (chemin de fer Congo-Océan, plantations de caoutchouc...) et, au fond, de toutes les colonies...
L'idée de suprématie "raciale" ou "civilisationnelle" est au cœur, déjà, du colonialisme européen entre le 16e et le 19e siècle,
et encore plus de l'impérialisme capitaliste depuis le 19e siècle. L'idée que la vie d'un "inférieur" ne vaut rien ou pas grand-chose
l’est également…
Nous avons vu que l'idéologie de suprématie raciale "pangermaniste" était déjà bien présente sous le IId Reich
allemand.
Les guerres de la fin du 19e siècle, déjà, et surtout la 1ère Guerre Mondiale ont montré que la vie du combattant ennemi, et même
de ses propres soldats, n'était pas grand chose pour le Capital impérialiste.
Quant à la vie des révolutionnaires, des "rouges", la répression de la Commune de Paris (1871) avait déjà montré depuis longtemps
ce qu'elle valait...
Nous voyons bien que le fascisme, et surtout le nazisme, n'ont fait qu'accumuler, systématiser et pousser à leurs
dernières conséquences toutes ces choses qui existaient déjà avant (avec, aussi, les moyens des années 1940 qui n'étaient pas
ceux du 19e siècle).
Bien sûr, les crimes de masse du nazisme ont visé principalement les Juifs ; en tout cas, la volonté d'extermination totale (à
partir de 1941) ne concernait qu'eux et les Rroms.
Mais en faire (comme le font les sionistes) une preuve de l'unicité et du caractère "à part" des Juifs est aussi absurde que de
dire (comme certains) que l'esclavage et la colonisation sont un "complot millénaire" contre les "kémites", les Noirs.
Les Noirs d'Afrique ont été victimes de l'esclavage parce qu'ils étaient la seule population à la fois "adaptée" au climat des
Amériques et, par leur niveau de développement social, faciles à capturer et à déporter de la sorte, à moindre coût, sans mener des guerres coûteuses etc. (les peuples victimes des razzias
esclavagistes étaient surtout communistes-primitifs, tribaux, les peuples plus avancés étaient utilisés comme "chasseurs" d'esclaves). Et, contrairement aux peuples originels des Amériques, ils
résistaient (relativement, s'entend) aux maladies véhiculées par les Européens, et supportaient (quelques années en tout cas...) les conditions de travail esclavagistes des plantations, alors que
les indigènes étaient décimés.
Toute l'idéologie raciste, de supériorité des Blancs sur les Noirs, s'est constituée après ou en même temps : elle est la
conséquence, et non la cause de l'esclavage.
De la même façon, l'antisémitisme n'est pas "éternel" mais, en Europe, il prend ses racines au Moyen-Âge, quand les Juifs
formaient un "peuple-classe" à la fois banquiers (les chrétiens n'avaient pas le droit de travailler avec l'argent)... et boucs émissaires commodes des Princes.
Mais ces persécutions n'avaient rien à voir avec le génocide nazi du 20e siècle : les Juifs avaient par exemple
la possibilité de se convertir (c'était souvent le choix qui leur était laissé : se convertir, partir ou la mort).
Cet antisémitisme féodal a laissé des traces jusqu'à nos jours (des préjugés comme "les Juifs et l'argent") et a pu être utilisé
dans l'argumentaire nazi et antisémite fasciste en général.
Mais il ne peut pas expliquer le génocide, l'Holocauste, il ne peut expliquer que des actes antisémites individuels - et non institutionnels.
Non, si les Juifs ont été les principales victimes du plus grand crime de masse du 20e siècle, c'est pour une autre raison : parce
que depuis le 17e siècle, ils étaient associés aux idées progressistes. D’abord, de Spinoza à la Haskala, ils ont été à la pointe des idées révolutionnaires bourgeoises, libérales,
humanistes et universalistes. Ce qui s’explique par leur position discriminée, de citoyens de seconde zone, dans les pays où ils vivaient. Pour cela, ils récoltèrent la haine de tous les
nostalgiques de l’Ancien régime, de la société d’Ordres et de corporations, qu’ils soient légitimistes cléricaux ou "socialistes" féodaux corporatistes à la Proudhon.
Par la suite, surtout en Europe de l'Est (où leur statut inégalitaire persistait ; et il n’a disparu en Allemagne qu’au milieu de
19e siècle), une grande partie des masses juives a été attirée vers les idées socialistes et communistes (marxistes ou libertaires) : tout le monde sait que Marx était d’une
famille juive, qu’ils étaient nombreux dans la direction bolchévique, que les idées socialistes ont profondément imprégné le sionisme originel. Ce qui en a fait, dès lors (fin du 19e
siècle), la cible de toute la Réaction des exploiteurs et des possédants.
A la fin du 19e siècle, le capitalisme devenu impérialiste cessa de jouer tout rôle progressiste, pour devenir la
réaction sur toute la ligne (Lénine). Nostalgiques de l’Ancien régime et bourgeoisie impérialiste (ne voulant plus entendre parler de progressisme) fusionnèrent en une seule et même
Réaction. A mesure que la menace révolutionnaire grandissait, le nouvel antisémitisme grandissait avec, fusionnant le "libéral-progressisme décadent" et le "socialisme" dans la figure du Juif (et
de son "allié" franc-maçon). Cet antisémitisme s'est alors systématisé en idéologie (avec l'Action Française par exemple, ou l'antisémitisme tsariste en Russie) et élargi, en idée d'un "complot
contre la civilisation" par une population "étrangère", "non-européenne" ("asiatique"), "manœuvrant dans l'ombre" pour "s'emparer du pouvoir" et "asservir la civilisation européenne". Avec la
Révolution russe d'Octobre 1917, dont de nombreux dirigeants étaient juifs, cette théorie atteint son aboutissement : le "judéo-bolchévisme" (toute ressemblance avec un certain "islamo-gauchisme"
aujourd'hui, serait purement fortuite...).
A cela s'est ajouté, dans le nazisme allemand, l'idée d'un impérialisme tourné vers l'Est ("l'espace vital" de la "race
allemande") pour lequel il fallait faire "place nette" ; les Juifs, très nombreux dans cette partie de l'Europe, faisant figure de population "asiatique", "racialement ennemie",
inassimilable, à réduire en esclavage voire, idée qui prédominera à partir de 1941, à exterminer.
Il faut bien comprendre que la Shoah s'inscrivait dans un plan plus
vaste : ainsi, pour les Slaves, certains idéologues du nazisme préconisaient 1/3 d'exterminés (directement ou par le travail forcé), 1/3 de réduits en esclavage et 1/3 de "récupérables",
"aryanisés". Pour les Rroms, l'extermination était également prévue. Ce plan, c'était le Drang nach Osten ("poussée vers l'Est"), un fondamental du nationalisme pangermaniste
allemand, conçu comme une guerre "sacrée", "civilisationnelle" contre "l'Asie" qui, pour les pangermanistes
allemands, commence sur l'Oder. Juifs, Rroms, Slaves et communisme étaient des "expressions" et des "détachements" de l'armada asiatique contre la "civilisation européenne"... La Shoah n'est pas
détachable de ce background, qui trouve par exemple son expression dans l'implication, très forte, du IId Reich de Guillaume II contre la révolte chinoise de 1899-1901.
Là encore, donc, l'antisémitisme institutionnel, élevé en idéologie exterminatrice, des nazis (et des nationalistes allemands en
général) est en réalité plus une conséquence des visées impérialistes sur l'Est (anti-asiatisme), de l'anticommunisme/anti-progressisme, ainsi que
du ressentiment de la défaite de 1918 ; que le résultat ou l’aboutissement d'un complot "millénaire" contre le peuple Juif (bien que l'antisémitisme, dans toute l'Europe, existe depuis le
Moyen-Âge).
On voit par exemple que le fascisme italien n'était pas (du tout, même)
antisémite : il n'adoptera des lois raciales anti-juives qu'en 1938, sous la pression de l’Allemagne nazie, et ne les appliquera jamais vraiment avant 1943 (quand les Allemands prennent le
contrôle du pays). Parce que ses visées impérialistes ne concernaient pas des territoires peuplés de Juifs et que, pour diverses raisons, l'association des Juifs aux idées progressistes et
révolutionnaires était beaucoup moins répandue qu'ailleurs (en France par exemple).
Mais les
Libyens, les Ethiopiens, les Albanais ou les Grecs ont une "petite" idée de la nature de l'impérialisme fasciste italien...
Il n'y a pas de "peuple élu", pas de complot antisémite "éternel" ! Ça, c'est ce que veulent occulter les sionistes et les
extrémistes religieux juifs.
Mais surtout, il n'y a pas de caractère "à part", "anormal", "accidentel", hors des normes et de la compréhension de
l'esprit humain, et surtout hors de toute logique historique, du nazisme !
Le nazisme, c'est la conséquence ultime, dans la barbarie, de l'impérialisme allemand
(qui n'est pas "d'essence" différente des autres non plus !) et de l'impérialisme en général
! C'est une différence de degré, pas de nature.
Et ça, c'est ce que les impérialistes de tous les pays veulent dissimuler à tout prix
!!!
[Il y a aussi, bien sûr, la technique qui vise à assimiler le fascisme et le nazisme avec "l'ennemi juré" : le communisme. C'est la théorie du
"totalitarisme" : Mussolini et Hitler se seraient en fait inspirés de la la Révolution bolchévique russe, de ses "méthodes", de sa "violence", de son "embrigadement de masse" etc. Le
"totalitarisme" serait une "tare" du 20e siècle (dû peut-être à la 1ère Guerre Mondiale...), une idéologie "nationaliste" et "populiste", de haine raciale ou de classe, qu'heureusement la
"démocratie" a finalement vaincu.
En dehors de cette abomination, tout va bien messieurs-dames : les crimes (colonialistes et néo-colonialistes en particulier) de
la "démocratie" sont soigneusement occultés, ou justifiés, au nom de la "démocratie" justement !
Alors même que le fascisme était l'ennemi juré du communisme, qu'il avait juré de l'anéantir, et qu’il avait le soutien
pour cela, jusqu'à la veille de la 2de Guerre, des "démocraties" impérialistes !
Cette théorie du "totalitarisme" est une théorie bourgeoise conservatrice (le problème serait le "populisme") reprise par une
grande partie de la "gauche" bourgeoise et petite-bourgeoise.
C'est une théorie, bien sûr,
complètement idéaliste et anti-dialectique, qui nie la lutte de classe, la nature de classe des différents régimes en question, et la violence comme nécessité historique - puisque ces personnes
ont intérêt à ce que rien ne change. Ils condamnent la "violence", le caractère "militarisé" du "totalitarisme"... alors que la violence fasciste n'a fait qu'être à la hauteur de la menace
révolutionnaire qui pesait sur ces pays, et que la violence bolchévique n'a fait qu'être à la hauteur de la menace contre-révolutionnaire et des tâches de la révolution à accomplir
!]
Ce qu'il faut retenir, c'est que le fascisme ne tombe pas du ciel,
n'est pas une "anomalie", un "bug" dans une société "démocratique" bourgeoise - voire une "copie du totalitarisme
marxiste".
Il s'inscrit parfaitement dans la tradition bourgeoise de domination de classe, dans les valeurs de la bourgeoisie devenue
impérialiste. Il manipule d’ailleurs avec brio le traditionalisme, exaltant la "nation éternelle", les "valeurs" à
"retrouver"...
Mais il s'inscrit aussi parfaitement dans la
nouvelle époque du capitalisme apparue à la fin du 19e siècle, et surtout au début du 20e : l'époque de l'impérialisme, de la guerre impérialiste globale, des crises générales et de la révolution anti-capitaliste et anti-impérialiste à l'ordre du jour, qu'il faut à tout prix (pour la bourgeoisie) contrer.
Là est sa modernité : adapter la dictature de classe de la bourgeoisie à l'époque nouvelle (s'en
prenant, du même coup, aux "vieux" libéraux et conservateurs bourgeois qui n'ont pas compris cette nouvelle époque) et à la hauteur de la menace et des enjeux.
Si le fascisme du 20e siècle a dans l'ensemble échoué, face à la révolution socialiste et face à l'autre
"contre-révolution préventive" qu'était le modèle keynésien ("classe-moyennisation" des travailleurs et "société de consommation de masse" financée par l'exploitation impérialiste de la planète,
"cohésion sociale" - c’est-à-dire collaboration de classe - à travers les syndicats et les partis "socialistes" traîtres), c'est sans doute qu'il n'était pas "au point", qu'il a commis des
erreurs (la "fuite en avant" hitlérienne), c'est peut-être qu'il n'était pas... assez moderne !
Soyons sûrs que la bourgeoisie impérialiste de notre époque saura en tenir compte, à l'heure où la crise générale et terminale du capitalisme a définitivement enterré les solutions keynésiennes
!
*Le "socialisme féodal" est une idéologie
anti-capitaliste du 19e siècle, de la révolution industrielle, reposant sur l'idée que "c'était mieux avant" : la misère, l'injustice, les souffrances dûes au capitalisme n'existaient pas sous
l'ordre féodal, et le capitalisme corporatiste et "solidaire" d'alors. C'est une idéologie produite, bien sûr par les résidus des classes féodales déchues, mais aussi par la petite-bourgeoisie
paupérisée par le grand capitalisme.
La révolution bourgeoise, qui a déférlé sur l'Europe de 1789 à 1815, n'aurait pas été un progrès, mais une régression, remplaçant l'ordre féodal par un
ordre capitaliste bourgeois plus terrible encore.
C'est oublier un peu vite que non seulement la domination féodale était terrible, mais qu'en plus elle entravait le progrès économique, et donc technique et scientifique, de l'humanité. Sans la révolution bourgeoise, il y aurait toujours des
famines, les vaccins n'auraient jamais vu le jour etc.
C'est donc une idéologie réactionnaire, qui se retrouvera en large part dans le fascisme : d'un côté on "prend en compte", sur un ton larmoyant, les
souffrances du "peuple exploité", des "petits", des "sans-grade", de l'autre on explique que "c'était mieux avant", qu'il faut "retrouver les vraies valeurs"...
Elle comporte une forte part d'antisémitisme, car les petits-bourgeois juifs libérés par la vague révolutionnaire 1789-1815 ont connus un certain succès,
voire fulgurant - comme les Rotschild, devenus banquiers richissimes. Le capitalisme "inhumain", en particulier celui des "banquiers" (qui broient la petite-bourgeoisie) est donc considéré comme
l'oeuvre (un "complot") des Juifs - "d'ailleurs, la révolution ne le serait-elle pas elle même" ?
Proudhon n'est pas vraiment un socialiste féodal, mais il s'y rattache par certains aspects (notamment l'antisémitisme...), par la nature de classe
petit-bourgeois broyé par le "capitalisme en grand" de la révolution industrielle.
Il est intéressant de noter que le fascisme s'est développé surtout en Allemagne, en Italie et en Autriche, pays où les rapports sociaux féodaux ont été
brisés (après un "premier assaut" napoléonien) au milieu du 19e siècle, entre 1830 et 1860, pays où ces idées "socialistes féodales" pouvaient avoir un certain écho.
Ailleurs, à l'Ouest d'une ligne Rhin-Alpes (et au Nord des Pyrénées), là
où les rapports féodaux avaient été brisés avant (au 18e siècle, début 19e) le fascisme n'a pas réussi à s'imposer (sauf sous occupation allemande) et la domination bourgeoise s'est plutôt
tournée vers le keynésianisme. Tandis qu'à l'Est, et en Europe du Sud, le fascisme a existé mais est resté minoritaire dans ce qui restait principalement une dictature réactionnaire "classique"
(Franco, Salazar, Metaxas, Horthy, Antonescu...).
De quoi donner à réfléchir... Et surtout, à se dire que le fascisme du 21e siècle sera très différent de celui du
20e...
EN DERNIÈRE ANALYSE, après plus de 2 ans de travail et d'analyse antifasciste, il ressort que :
=> Il est erroné et même, à terme, suicidaire d'attendre le fascisme dans les même habits
(idéologiques, pas la couleur des chemises...) qu'au siècle dernier. L'aspect moderne du fascisme fait que, justement, il ne revient jamais sous la même forme que dans le passé (l'aspect
traditionnel, lui, faisant qu'il prend autant de formes que d’États bourgeois ou de régions du monde différentes). On oublie souvent, à vrai dire, que le mot fascisme désigne à l'origine
un phénomène purement italien (et le nazisme, un phénomène purement allemand) : c'est le mouvement communiste qui a donné au mot une signification universelle ; mais le fascisme italien et le
nazisme allemand étaient très différents entre eux, et très différents du franquisme, du salazarisme, des idéologies françaises maurrassienne et Croix-de-Feu, du national-catholicisme présidant
aux dictatures sud-américaines, etc. Depuis 1945, ont également vu le jour des fascismes "non-blancs" : l'"authenticité" de Mobutu au Congo, l'idéologie du Golkar en Indonésie, le fascisme
hindou, le "confucianisme ultra-autoritaire" des dictatures de Corée du Sud et de Taïwan (repris aujourd'hui par la Chine "populaire"), etc. ; sans oublier les diverses variantes de réaction
religieuse islamique ; ou au contraire de "modernisme" laïc à la Ben Ali, Moubarak ou Assad.
Il ne faut donc pas essayer d'identifier le fascisme par des caractéristiques stéréotypées, de type "antisémitisme comme anticapitalisme romantique",
puisque tant le fascisme italien (jusqu'à la fin des années 30) qu'Anders Behring Breivik récemment (ou encore l'English Defence League, ou Geert Wilders) montrent que l'on peut être fasciste sans être nullement antisémite. Idem pour l'idée de
"fascisme né à gauche", puisqu'en Europe ces dernières années, c'est souvent la mutation de vieux partis conservateurs (UDC suisse, Parti du Progrès norvégien) voire "libéraux" (FPÖ autrichien),
ou de "leaders" issus de ceux-ci (Wilders aux Pays-Bas), qui engendrent des "formes politiques" inquiétantes. En France, Le Pen a toujours été un militant "à la droite de la droite", jamais
proche de la gauche d'aucune manière. On découvre, également, qu'il existe des courants fascistes dans les minorités, et non pas au service du pays où ils opèrent, mais de pays étrangers :
l'extrême-droite sioniste dans la minorité juive, au service de l’État israélien (même si celui-ci est largement lié à l'impérialisme français, et aux impérialismes occidentaux en général) ; ou
le salafisme réactionnaire, au service des "plans" du capital sur-accumulé du Golfe arabo-persique. Bref, dans tous les cas, IL FAUT POURFENDRE LE SCHÉMATISME, qui "désarme le prolétariat contre
son plus mortel ennemi", comme le disait déjà Dimitrov dans les années 1930.
=> Le fascisme doit donc être caractérisé dans les grandes lignes, de la manière LA PLUS SYNTHÉTIQUE possible. Il faut éviter toute
caractéristique "superflue" qui conduirait à voir du fascisme là où il n'y en a pas, ou (plus grave) inversement, ne pas voir le fascisme là où IL Y A fascisme. Quelles grandes caractéristiques
générales peut-on dégager ?
=> SUR LES BUTS : 1°/ Réorganiser EN PROFONDEUR le système capitaliste du pays donné, pour CONTRER LA CHUTE DU TAUX DU PROFIT (ou, carrément, la
diminution de la masse de profit à capital croissant : ce qu'on appelle la surproduction de capital). Ou bien, RETROUVER un "rang" perdu au niveau mondial, continental ou
régional (Allemagne avec le nazisme, Serbie des années 1990, Russie avec Poutine). Une autre version consisterait, au contraire, à "émerger" en tant que puissance mondiale, continentale ou
régionale : comme l'Italie ou le Japon des années 20-30, la Chine ou l'Iran aujourd'hui.
2°/ Barrer la route à une situation révolutionnaire en développement (qui se développe parallèlement à la crise capitaliste évoquée ci-dessus).
C'est un aspect essentiel du fascisme "ouvert", terroriste brutal que l'on a connu un peu partout dans le monde au siècle dernier. En son absence, on aurait plutôt ce que le PCmF appelle
"fascisme moderne". C'était l'aspect principal en Espagne franquiste, au Portugal salazariste, ou dans les régimes fascistes latino-américains ou asiatiques, dans certains pays d'Afrique (comme
le "Zaïre" de Mobutu), en Grèce (colonels) ou en Turquie, en Iran sous le Shah etc., pendant la "Guerre froide". Ou encore en Colombie aujourd'hui.
3°/ Préparer "les cœurs et les esprits" à la guerre de repartage impérialiste du monde ; par une grande mobilisation de masse
réactionnaire, militariste, chauvine etc. En temps de crise générale du capitalisme, c'est une caractéristique constante : que l'on ait une grande puissance voulant enrayer son déclin, une
puissance "déchue" voulant "retrouver son rang", une puissance "émergente" (mondiale, continentale ou régionale) voulant se tailler un "pré carré", etc.
=> SUR LA FORME (idéologie, méthodes etc.) : 1°/ C'est dans tous les cas une mobilisation de masse ; une mobilisation RÉACTIONNAIRE tournée vers les
trois buts (ou au moins un ou deux des trois) ci-dessus ; 2°/ Les entraves posées à la réalisation de ces objectifs
par le libéralisme bourgeois, les courants de pensée humanistes et universalistes de la bourgeoisie, sont levés en mobilisant "l'opinion" dans ce sens
;
3°/ L'idéologie s'inscrit dans le PROLONGEMENT DE LA TRADITION RÉACTIONNAIRE NATIONALE ; elle ne tombe jamais du ciel. Le nazisme était l'héritier
total des courants idéologiques réactionnaires du IIe Reich : pangermanisme, visées impérialistes anti-slaves vers l'Est,
national-conservatisme aux forts accents "sociaux", le tout baigné dans un profond antisémitisme (qui, à la toute fin du 19e siècle, quitte le terrain de l'anti-judaïsme chrétien pour devenir
"biologique"). Parfois, il y a plusieurs traditions réactionnaires nationales, comme en Autriche (tradition pangermaniste/nazie et tradition national-catholique/
4°/ Voulant réorganiser en profondeur la société capitaliste pour sortir de la crise, et mobiliser les masses pour réaliser ses objectifs, le fascisme doit
se présenter sous les habits de la MODERNITÉ, il doit "vivre avec son temps". Il doit même se présenter comme, finalement, "révolutionnaire", une "droite révolutionnaire". "Je suis
révolutionnaire et réactionnaire selon les circonstances", disait Mussolini au temps où le fascisme cherchait encore ses mots. Aujourd'hui, un Éric Zemmour dirait que "être révolutionnaire de nos
jours, c'est être réac", car la "vraie dictature" est celle de la "bien-pensance" et des "intellectuels de gauche" (autrement dit : des restes de pensée
démocratique-humaniste-
Voilà les caractéristiques générales et universelles que l'on peut dégager, en dernière analyse, de l'étude du fascisme dans l’État "France" comme
ailleurs.
Les Identitaires niçois commémorant la bataille navale de Lépante contre les Ottomans en 1571. On notera, sur le côté gauche, le drapeau européen, dont l'usage est caractéristique de cette organisation.
"Paris ne sera jamais qatari" ; expression radicale de la nervosité impérialiste BBR face aux "forces émergentes" dans l'arène capitaliste mondiale...
Nouvelle organisation née en région lyonnaise (issue du vieux cercle maurasso-pétainiste "l'Œuvre française"), les Jeunesses nationalistes commençent à damer le pion aux Identitaires sur une ligne encore plus radicale (mais, peut-être, d'un nationalisme trop "étroit" pour vraiment correspondre aux besoins des monopoles)
En lien avec ce qui précède, voici en ANNEXE un article fort intéressant qui se penche sur (et essaye de trancher) la plus-que-sexagénaire question de la causalité du génocide nazi des Juifs d'Europe :
SHOAH : et s’il y avait PLUSIEURS explications ?
En réalité, le grand problème vient peut-être, tout simplement, du fait que l'on s'obstine à ne voir derrière la Shoah QU'UNE SEULE
explication ; alors que voir, derrière un crime d'une telle ampleur, la CONVERGENCE de plusieurs facteurs serait pourtant bien plus plausible...
Suivant ce raisonnement, TOUTES les explications données, jusqu'à ce jour, au génocide des Juifs d'Europe pourraient bien être
(chacune) une partie de la "décision finale" incubée dans les années 1930 et finalement "accouchée" en 1941 à Wannsee.
1/ La thèse marxiste "classique" : assimilation des Juifs aux mouvements socialiste et communiste, à un "virus" de ceux-ci, par leur
surreprésentation dans ces mouvements politiques (et par la surreprésentation de la bourgeoisie juive dans les courants "libéraux-démocrates" de la bourgeoisie, les courants "laxistes envers le
marxisme"). La Shoah rejoint ici la politique "générale" d'extermination politique du nazisme, les Juifs étant considérés (des nouveau-nés jusqu'aux vieillards) comme un "corps politique
organique", antagoniste au projet politique nazi. On retrouverait cela dans ce qui serait, dit-on, le premier ordre "informel" d'Hitler à Himmler dans le sens de l'extermination : « Question
juive ? À exterminer comme des partisans. » (décembre 1939, après l'invasion et l'occupation de la Pologne, donc). Dans une
veine légèrement différente, celle du délire "chevaliers teutoniques" des nazis, les Juifs pouvaient également être considérés comme des "khazars" et donc comme une "incarnation de l'Asie", au même titre que le communisme, "Asie" que le IIIe Reich
s'était donné pour mission de "rejeter dans les steppes" ;
2/ La thèse de l'"anticapitalisme romantique" ou du "socialisme féodal" : un rejet petit et moyen-bourgeois de la "froide machine du
Grand Capital" d'après la révolution bourgeoise ; mais un rejet tourné vers le passé, passé idéalisé d'avant cette révolution, lorsque le capitalisme existait, bien sûr (depuis le Moyen Âge),
mais était "encadré" par la monarchie, les ordres, les corporations, les Églises et la "morale chrétienne", etc. Ce "socialisme féodal" est bien sûr foncièrement antisémite, puisque l'un des
aspects les plus marquants et "emblématiques" de la révolution bourgeoise est l'émancipation des Juifs, la "sortie du ghetto" et leur inclusion (comme "nouveaux concurrents") dans la communauté
économique nationale (laquelle se trouvait, dans le même temps, "dérégulée" par la fin des corporations) ;
3/ La thèse de la Shoah comme "machine à détruire de la valeur", qui part finalement de ce qui précède et rejoint ce qui va suivre
(l'"insurrection" contre la surproduction absolue de capital) ;
4/ La thèse "fonctionnaliste" des historiens bourgeois, selon laquelle seule l'impossibilité d'expulser les Juifs (vers les Amériques,
la Palestine, Madagascar ou autres) aurait décidé de leur extermination. Il est vrai que dans ses écrits des années 1920 et 1930, jusqu'à sa prise de pouvoir, Hitler a surtout parlé de
ségrégation et d'expulsion. Il évoque certes dans Mein Kampf "l'extermination de douze mille coquins" (par
gaz, déjà), mais ce n'est (donc) pas une extermination générale (puisqu'il y avait alors 500.000 Juifs en Allemagne et plus de 10 millions en Europe). C'est en janvier 1939 qu'il déclare qu'une
nouvelle guerre mondiale conduirait à "l'anéantissement de la race juive en Europe". Néanmoins, l'extermination ne suit pas un schéma planifié jusqu'au début 1942. Ian Kershaw évoque (avant
Wannsee) l'importance des initiatives locales des gauleiters, en Pologne et en Ukraine, dans une rivalité sordide pour tenir, en premier, la promesse faite à Hitler de "germaniser leur
territoire en 10 ans" (ceci serait, donc, derrière la "Shoah par balle" et les conditions de vie exterminatrices des ghettos de l'Est). En réalité, il est fort possible que la "Solution finale"
n'ait été décidée que faute de pouvoir déporter massivement les Juifs hors de l'Europe conquise ; cependant, la rapidité avec laquelle elle s'est mise en place laisse à penser qu'elle a toujours
été envisagée comme "plan B" (rejoignant ainsi la thèse "intentionnaliste").
5/ La thèse bordiguiste elle-même ("Auschwitz ou le grand alibi", titre inutilement provocateur) n'est pas à rejeter
catégoriquement, si elle est considérée comme une partie de l'explication et non comme sa totalité : c'est la thèse considérant que, face à la pression du Grand Capital et à la crise du
capitalisme, la petite/moyenne bourgeoisie a choisi de "sacrifier" une partie d'elle-même (les Juifs) pour se sauver en tant que classe... Le fait que les bordiguistes fassent, à tort, de tous
les Juifs des petits bourgeois, ne disqualifie pas totalement la thèse, puisque le même raisonnement pourrait s'appliquer au salariat (laminé par la crise) vis-à-vis du salariat juif ; ce que
l'on retrouverait aujourd'hui chez les travailleurs (salariés), en butte au chômage, mettant au cause "les immigrés" perçus comme "des concurrents", et non la crise du capitalisme et le
capitalisme lui-même. Cette thèse a pour limites les limites du bordiguisme en général : elle est "économiste mécanique", elle fait (comme chez les trotskystes) de la petite/moyenne bourgeoisie
l'élément moteur du phénomène fasciste ; et elle nie que les communistes ne doivent pas lutter de la même manière contre un régime "libéral", ou même "conservateur", et contre un régime fasciste
: les tactiques, les alliances etc. ne sont pas les mêmes (le fascisme se distingue du "conservatisme autoritaire" par la mobilisation de masse,
qui implique donc une analyse et une pratique particulière, sous peine de débordement et d'écrasement des communistes par la mobilisation fasciste). Elle a néanmoins le mérite de bien placer la
Shoah, quelle que soit l'épouvante que celle-ci inspire, dans le prolongement de la logique impérialiste ; contre l'historiographie bourgeoise qui cherche à faire du nazisme un "accident
de l'histoire", une "anomalie", une "folie collective", afin d'absoudre le capitalisme de ce qui n'est que ses ultimes conséquences, son ultime
pourrissement barbare.
Ce sont donc, en réalité, toutes ces logiques qui ont vraisemblablement convergé, dans l'esprit des décideurs
nazis, pour aboutir à la Solution finale. Car toutes ces logiques ont, finalement, un dénominateur commun : le nazisme, comme le fascisme en général, est une forme particulièrement virulente de
MOBILISATION RÉACTIONNAIRE DE MASSE par les capitalistes, mobilisation dans une INSURRECTION DU CAPITALISME CONTRE SA PROPRE CRISE, qui est une crise générale par SURPRODUCTION ABSOLUE DE
CAPITAL. Une crise qui ne peut se résoudre que PAR LA GUERRE TOTALE, entendue comme DESTRUCTION DE FORCES PRODUCTIVES ; cependant, cette résolution ne suit pas un "plan" préétabli par un
quelconque "comité" caché on-ne-sait-où, elle se déroule de manière empirique, d'où les formes très multiples de mobilisation réactionnaire qui voient le jour : ce peut être une
mobilisation chauvine et militariste contre des nations voisines, par exemple, mais aussi (et/ou) une mobilisation xénophobe contre "l'étranger intérieur", avec la forme particulière qu'est
l'antisémitisme... Cette mobilisation est le fait de la classe capitaliste dans son ensemble (petits, moyens et grands), mais l'élément moteur, à l'époque impérialiste, ne peut être que le GRAND
capital (contrairement aux thèses bordiguistes et trotskystes).
Dans le prolongement de l'antisémitisme comme "anticapitalisme féodal", se trouve notamment l'identité partielle entre antisémitisme et dénonciation de la "finance", du "capital errant", de la "spéculation"... Or, cette dénonciation est TYPIQUEMENT l'expression de l’insurrection du capitalisme contre sa propre crise, puisque la "financiarisation" et la "spéculation" sont des manifestations particulièrement visibles de la surproduction absolue de capital : puisque PRODUIRE dégagerait non seulement un taux de profit, mais même une MASSE de profit inférieure à celle dégagée avec un capital moindre, on cherche alors à "faire de l'argent avec de l'argent", ce qui va impacter férocement l'économie réelle (déjà mal en point), puisque l'on est bien obligé d'"asseoir" cet argent (valeur "symbolisée") sur de la valeur réelle (matières premières, produits de première nécessité, produit intérieur d'un pays entier en spéculant sur sa monnaie ou sa dette, etc.). Pris de folie face à sa propre crise, le capitalisme ne pourra pas en pointer la cause, puisque cette cause est lui-même (son propre mécanisme de fonctionnement, comme mode de production) ; il va donc en pointer le symptôme qu'est la spéculation. Il va vouloir la "détruire", mais il ne peut pas, car les flux financiers sont immatériels, or on ne peut détruire que des choses matérielles. Il est donc possible (thèse n°3) que les Juifs européens, victimes de la Shoah, aient été une "matérialisation" (terrible et barbare) de cette "spéculation" à détruire, par l'assimilation (médiévale) des Juifs au prêt à intérêt, à "l'usure"... Ce serait là une partie de l'explication (globalement les thèses 2 et 3).
D'autre part, les couches intermédiaires de la société (petite et moyenne bourgeoisie, paysans propriétaires, salariés "favorisés") sont "prises à la gorge" par la crise, mais dans l'incapacité culturelle (nature de classe) de remettre en cause le capitalisme lui-même. Elles vont donc trouver des "boucs émissaires" à leur situation, qui est vécue comme le résultat d'une "concurrence déloyale" (soit entre "boutiquiers", soit sur le marché du travail). On rejoint là en partie la thèse n°2, ainsi que la thèse bordiguiste (n°5). Aujourd'hui, chez les salariés, cette réaction spontanée à la crise qu'ils subissent est largement détournée vers la "concurrence immigrée", et "les payés-à-rien-foutre" qui "plombent l'économie". Chez les "boutiquiers", elle est détournée vers "les assistés" qui sont la cause des "charges", ainsi que vers "l'insécurité galopante". Donc, globalement, vers "l'immigration" (la force de travail d'origine extra-européenne, et ses descendants). C'est la rhétorique "visionnaire" que, notamment, François Duprat avait "soufflée" à Jean-Marie Le Pen, donnant au FN son thème de prédilection (et la base de son succès) depuis lors…
Enfin, il existe une AUTRE "porte de sortie" à la crise générale du capitalisme... mais qui est la TERREUR des bourgeois : c'est bien
sûr la révolution prolétarienne. "L'idée communiste" subvertit tellement leur vision du monde, qu'elle ne peut pas être le produit d'une société "saine" : elle doit donc résulter d'une
"contamination" de la société nationale par un "corps étranger", qu'il faut "extirper". On retrouve là la thèse n°1 et, d'une manière générale, une cause importante de la haine contre toutes les
minorités (qui sont, spontanément, surreprésentées dans les mouvements progressistes et révolutionnaires).
Le grand "casse-tête" des historiens marxistes "mécanistes", depuis plus de 60 ans, est le fait que la Shoah n'ait strictement
avancé à rien l'impérialisme allemand, sinon peut-être à précipiter sa défaite, en mobilisant des forces considérables dans une entreprise à la valeur ajoutée très faible (on faisait certes
travailler gratuitement les hommes valides, mais leur productivité était très faible et leur espérance de vie rarement supérieure à un an ; les valeurs spoliées aux exterminé-e-s pouvaient faire
la fortune d'individus, mais étaient marginales pour le Reich lui-même, etc.).
Mais voilà ! Peut-on dire, en vérité, qu'une seule des solutions apportées par le capitalisme à sa propre crise soit rationnelle ??? Entre 1900 et 1950, les deux guerres mondiales, plus une multiplicité des conflits localisés, plus les régimes tournés vers cet objectif de guerre (sans oublier, bien sûr, l'objectif de contre-révolution), ont englouti peut-être 70 ou 80 millions de vies humaines. Et qu'en est-il sorti ? Moins de 30 ans de réelle reprise de la valorisation du capital... Tout ça pour ça ! Et, même entre 1945 et les années 1980, les guerres (de décolonisation, de la "guerre froide") n'ont jamais cessé, dans une optique semi-contre-révolutionnaire, semi-inter-impérialiste, tuant peut-être encore 15 ou 20 millions de personnes. Puis, dès "l'Empire du Mal" soviétique abattu, alors qu'on annonçait une "ère de paix et de démocratie" éternelle, elles ont immédiatement repris pour le repartage du monde, avec à nouveau l'ombre du génocide planant sur l'Afrique, le Caucase, les Balkans... RIEN ne peut, en réalité, sortir véritablement le capitalisme de la crise généralisée dans laquelle il se débat depuis les années 1870 ! AUCUNE solution émanant de la classe capitaliste n'est rationnelle. À partir de là, où fixer les limites de "l'irrationnel" ? Au début des années 1930, l'impérialisme allemand avait un projet d'Empire et d'"espace vital" européen, de l'Atlantique à la Caspienne, projet matérialisé politiquement dans le nazisme. Ce projet comprenait, au sein du "package", l'élimination (expulsion ou, à défaut, extermination) de la population juive du continent, pour l'ensemble des raisons exposées plus haut : "virus du marxisme", "corps organiquement étranger" et hostile au projet, "incarnation de la finance" (= de la surproduction de capital), "concurrente" capitaliste des capitalistes allemands (petits, moyens et grands), etc. etc. Il s'est heurté à tellement de concurrents impérialistes, sans oublier l'URSS (dont il impliquait l'anéantissement), qu'il a finalement mené l'Allemagne à la plus grande ruine de son histoire, "l'année zéro" 1945 ; avant qu’elle ne "ressuscite" (grâce au plan Marshall) comme "vitrine de l'Occident" face au "bloc" soviétique. Pas plus qu'elle ne pouvait avancer à quoi que ce soit, la Shoah n'a pas à elle seule "fait perdre" l'impérialisme allemand : c'est l'ensemble du projet qui était suicidaire et, à partir de 1943, des éléments tenteront de se débarrasser de la haute direction nazie pour "recentrer" les ambitions contre la seule URSS (ces tentatives échoueront). Dès lors, à partir de quelle "ligne jaune" le nazisme "bascule"-t-il dans l'irrationnel ? L'impérialisme allemand d'après 1918 était un fauve blessé et en furie : RIEN dans son comportement n'était rationnel ; pas plus la Shoah que le reste.
La seule "rationalité" à saisir, c'est que le capitalisme en crise générale n'a PAS de réelle porte de sortie à long terme, qui ne peut
être que la révolution prolétarienne. Il ne peut sortir la tête de l'eau, au maximum, que pour une génération. Comme la révolution prolétarienne implique la disparition de la bourgeoisie en tant
que classe (entrepreneurs capitalistes et "cadres" divers du système), celle-ci ne peut accepter cette solution, qui est pourtant la seule. Elle va donc tenter TOUT ce qui lui passe par la tête,
tout ce qui peut lui sembler être une solution, pour sortir de la situation ; sans que cela ne soit jamais (en tant que tel) LA solution : c'est seulement lorsque l'ensemble (mondial)
des "brillantes" solutions de la classe capitaliste (généralement, résumé à l'extrême : "il suffit de casser la gueule" à tels ou telles) aura amené une destruction suffisante de capital
sur-accumulé (essentiellement sous forme de forces productives), que l'accumulation pourra reprendre pour quelques décennies.
Dès lors, si un ensemble de "raisonnements" réactionnaires convergent dans ce sens... on peut en arriver, le plus "naturellement" du
monde, à un investissement faramineux et à perte pour exterminer industriellement 6 millions de personnes. Tout simplement !
Il ne s'agira pas de "mettre sur le même plan" (on connaît les procès d'intentions de certain-e-s...) la Shoah avec quoi que ce soit,
mais simplement de prendre un exemple plus récent : prenons la guerre en Irak. Humainement, le bilan serait de 162.000 mort-e-s (dont 5.000 envahisseurs impérialistes) dans la
violence proprement dite, et une surmortalité "globale" de l'ordre d'un million de personnes (par rapport au nombre de personnes qui auraient "normalement" dû mourir depuis le printemps 2003).
Idéologiquement, elle baigne dans le marigot devenu le nouvel étendard des extrême-droites occidentales : la "guerre des civilisations", la guerre contre le "terrorisme", irrémédiablement
associé à la religion musulmane. Et FINANCIÈREMENT, combien a-t-elle coûté ? À l’État fédéral US, on l'estime à 3.000 MILLIARDS de dollars ; au-delà, il est difficile d'évaluer le coût pour les
économies de la coalition toute entière. Et combien a-t-elle rapporté aux pays coalisés ? Prenons les paris qu'elle en a rapporté de l'ordre de 10 fois moins. Comme pour la Shoah avec
l'impérialisme allemand, on pourrait donc légitimement se demander ce que cette "exécution militaire" d'un pays de 25 millions d'habitant-e-s a concrètement rapporté à l'impérialisme US et à ses
alliés...
La réalité est qu'il n'y aucune logique comptable "rationnelle" à rechercher derrière tout cela. Le capitalisme est pris dans une "spirale de l'impossible" pour tenter de se sauver en tant que mode de production historiquement dépassé. Il ne peut que commettre les uns après les autres TOUS LES CRIMES, sous les prétextes les plus fallacieux ou délirants (les "armes de destruction massive" en Irak n'existaient pas ; et n'invoquait-on pas, dans les Balkans, le souvenir de batailles du 14e siècle ?), jusqu'à ce que "empiriquement" le taux de profit remonte...
Voilà la barbarie effroyable que SEULE PEUT ÉCOURTER LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE !
Récapitulatif des "grandes thèses" de Servir le Peuple
du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)
(version non-définitive ; chap. 4 et 5 pas encore validés par les camarades italiens)
La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)
article de 1985 paru dans Rapporti Sociali n°0
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Questions-réponses sur la situation au Népal
Discussion sur la "gauche" en Amérique latine et la bourgeoisie bureaucratique
Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria : l'analyse d'un communiste abertzale
Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria, 2e partie
Sur la liquidation réformiste en Euskal Herria, 3e et dernière partie
25 avril 1945 : le Peuple italien terrasse le fascisme
Comité de Soutien à la Révolution en Inde
Comité de solidarité franco-népalais
Revolution South Asia (en anglais)
Maoist Resistance (guerilla maoïste indienne - en anglais)
NaxalRevolution (Naxalite Maoist India, en anglais)
Banned Thought (en anglais)
Indian Vanguard (en anglais)
The Next Front (Népal - anglais)
Signalfire (sur la GPP en Inde et aux Philippines, le Népal et les luttes populaires dans le monde - en anglais)
Communist Party of India (Marxist-Leninist) Naxalbari (n'a pas fusionné avec le CPI(maoist), mais soutient la GPP)
Philippine Revolution (en anglais) - Guerre populaire aux Philippines
Groupes antifascistes Hexagone :
Action Antifasciste Bordeaux
Action Antifasciste Montpellier
Propaganda Act
Solidarité Résistance Antifa
REFLEXes - site d'informations antifascistes
Rebellyon - rubrique "Facho"
Libertat - issu de plusieurs organisations révolutionnaires occitanes - en français et en occitan. Contre l'Occitanie identitaire des Roudier et Bompard, vive l'Occitanie révolutionnaire !
Breizh Komunour - Bretagne communiste
Collectif Vienne Antifa (30 km au Sud de Lyon)
Généraliste :
Droites extrêmes - blog Le Monde (site d'information bourgeois bien fourni, parfait pour le "watch")
A l'étranger :
Sare Antifaxista - en castillan et euskara
RASH Madrid - en castillan
RASH Los Caracas - en castillan
RASH Bogota - en castillan
Colectivos de Jovenes Comunistas - en castillan, catégorie Antifascismo.
Site d'information antifa italien
Antifa England - en anglais
Antifa Bruxelles - en français, issu du Bloc ML
Document :
Ascenseur pour les fachos (série de 6 vidéos Youtube, Antifascisme.org, site social-démocrate)
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