Partager l'article ! Honduras : le visage nu de l'impérialisme réactionnaire: En d'autres temps, les choses se seraient passées autrement. Le président "gên ...
En d'autres temps, les choses se seraient passées autrement. Le président "gêneur" ("réformiste" ou "populiste" comme on voudra) aurait
été "suicidé" d'une balle dans la tête, puis une junte militaire aurait installé un régime de réaction et de terreur pendant 5, 10 ou 15 ans, comme au Chili.
Aujourd'hui, "les temps ont changé" comprenez-vous, on s'est "civilisé"... Il faut tenir compte de la "communauté internationale", de
"l'opinion" - la petite-bourgeoisie planétaire.
Le trouble-fête Manuel Zelaya a été "écarté", exilé à l'étranger et interdit de retour sous peine de poursuites judiciaires "100%
légales" pour "violation de la Constitution". Un gouvernement civil "provisoire" a été mis en place - toujours selon les procédures légales et constitutionnelles - et les élections se sont tenues
selon le calendrier prévu, avec au final l'élection du candidat de la droite "dure" de l'oligarchie - à l'origine du coup d'État.
Telles sont les offensives réactionnaires de l'impérialisme à notre époque, au 21e siècle.
Mais sur le terrain, pour les masses populaires, la réalité de la violence réactionnaire est toujours la
même.
En 5 mois, la répression militaro-policière réactionnaire au Honduras a fait, en proportion (pour un pays 10 fois moins peuplé), 5 fois
plus de morts et de "disparus" que la répression en Iran, qui a fait la "une" des médias occidentaux tout l'été.
Il ne s'agit pas là d'une "abomination", d'une "barbarie" particulière à l'oligarchie réactionnaire hondurienne ou (pour ceux qui
verraient un peu plus loin) à l'impérialisme US. C'est, tout simplement, le visage nu de l'impérialisme en général.
C'est le visage que montre l'impérialisme lorsqu'il est confronté, soit à la concurrence d'impérialismes rivaux, soit à la poussée
anti-impérialiste des masses et/ou de la bourgeoisie nationale, soit les deux à la fois - les choses étant souvent imbriquées de façon complexe.
Et lorsque, pour préserver ses intérêts, ses profits colossaux, sa "pompe à fric", il est prêt à tout et ne recule devant aucun
crime. Se moquant du "droit international", de la "légalité", de "l'opinion" ; voire de son propre théâtre de marionnettes gouvernemental : les intérêts US qui ont frappé au Honduras ont
agi dans le dos d'Obama, tout comme les réseaux "françafricains" se sont souvent passés du feu vert de l'Elysée ou du gouvernement.
L'Afrique, sous la botte de l'impérialisme français, est coutumière de ce genre d'opérations : interventions militaires directes
(Cameroun dans les années 1960, plus près de nous Côte d'Ivoire, Tchad, Centrafrique...), régimes de répression terroriste (partout), "rébellions" surgies de nulle part (Côte d'Ivoire, Libéria,
Sierra Leone), mascarades électorales (récemment Gabon, Togo) sans parler bien sûr du Rwanda - où la France était confrontée à une "rébellion" sponsorisée par l'impérialisme US.
Aujourd'hui, alors que le capitalisme s'enfonce sans retour dans la crise terminale, à la fois la poussée révolutionnaire des masses
grandit et la concurrence entre les impérialistes s'aiguise. Les évènements comme ceux du Honduras sont appelés à se multiplier, et à augmenter en violence.
Dans tous les cas, c'est le peuple qui en fait les frais. Car le peuple n'intéresse pas les impérialistes.
Suite au résultat des élections, les impérialistes européens ont exprimé leur mécontentement, mais rien de bien méchant... Zelaya, libéral
de centre-gauche, plus proche d'un Lula que d'un "agité" comme Chavez, remettant en cause "l'hégémonie" américaine sur le pays, avait leur sympathie. Il pouvait donner un petit "coup de barre" en
leur faveur ; alors que le nouvel élu (Lobo) marque un retour en force du grand capital US le plus agressif.
Mais enfin, ils ne vont pas partir en guerre (même "diplomatique") pour un petit pays comme cela, et surtout pas pour le peuple
hondurien. L'important est maintenant la "normalisation", et que les affaires reprennent - business as usual.
Zelaya, c'est une opportunité qui s'envole, voilà tout.
De la résistance du Peuple hondurien, disons-le : elle a été héroïque. Et elle en a payé le prix : on l'a dit, 5 fois
plus de victimes (en proportion) qu'en Iran.
Mais elle n'a pas réussi, en 5 mois, à déjouer les plans des putschistes, qui viennent d'aboutir dans le résultat de l'élection.
C'est que Zelaya est un grand bourgeois, propriétaire de ranch, membre de l'oligarchie. Élu à la base sur un programme de centre-droite, il a ensuite évolué vers des positions réformistes de centre-gauche. Réformiste, humaniste
peut-être, mais grand bourgeois, cherchant par les réformes à éviter l'explosion sociale.
Son "virage" est peut-être le fruit d'un contexte continental de "virages à gauche" réformistes. Mais ce n'est pas le fruit
d'un rapport de force établi par les masses : c'est une évolution purement "par en haut", au sein de la direction du Parti libéral. Contrairement à l'élection de Chavez au Venezuela, de
Morales en Bolivie, de Correa en Équateur, fruits d'une réelle ingouvernabilité de ces pays provoquée par les
mouvements de masse.
Le résultat, c'est que les masses populaires ont assisté assez "passivement" au virage "à gauche" ; et face au coup
d'État, elles ont dû se mobiliser et s'organiser dans l'urgence, et avec beaucoup d'illusions "légalistes" et
"constitutionnelles".
Elles n'ont pas pu lui opposer une résistance suffisamment armée en nombre, en organisation et surtout
politiquement.
Alors qu'en avril 2002, le peuple vénézuélien puissant, conscient et organisé a déjoué en 2 jours le coup d'État contre Chavez, soutenu ouvertement par Washington. Le premier golpe à être ainsi déjoué, depuis un siècle au moins, sur le continent
américain !
Les impérialistes réactionnaires US et leurs alliés oligarchiques vénézuéliens ont pu mesurer, à leurs dépens, le rapport de force
établi par les masses populaires vénézuéliennes, à la fois cause et conséquence de l'élection de Chavez en 1998.
À présent, avec ces élections, mais déjà avec les "accords" du mois d'octobre où Zelaya avait renoncé à la plupart de ses
pouvoirs et de ses projets (surtout l'Assemblée Constituante), accords que les putschistes n'ont même pas voulu faire semblant de respecter, les
illusions légalistes sur le "retour à l'ordre constitutionnel" sont définitivement envolées.
Les éléments avancés, les plus conscients, du Peuple hondurien doivent en tirer les conclusions ; et comprendre que la seule voie praticable est désormais la GUERRE DU PEUPLE, la Guerre de
Résistance Populaire !
Bien entendu, le coup d'État au Honduras a bénéficié d'une intense campagne de
propagande des milieux médiatiques réactionnaires US et des bourgeoisies réactionnaires pro-US à travers le monde, agitant le spectre du "castro-chavisme". Et de l'"impartialité", de
l'"objectivité" complice de la plus grande partie des médias bourgeois "libéraux" (particulièrement en Europe), ne serait-ce que par sa mise "en arrière plan" au profit des évènements d'Iran -
tout en condamnant "sur le principe" le coup de force illégal.
Mais il a aussi bénéficié de la complicité, apparemment surprenante, d'une certaine "extrême-gauche" petite-bourgeoise gauchiste,
qui montre là que le camp du peuple n'est pas son camp.
Une organisation prétendument "maoïste" (en réalité un groupuscule petit-bourgeois gauchiste, mais qui "monopolise" la
parole maoïste sur internet) s'est dernièrement fendue d'un article sans équivoque.
Appelons les choses par leur nom : DE LA MERDE EN BARRE !!! Minable de bout en bout, une ligne "ultra-rouge" de
petits-bourgeois gauchistes complètement pourrie.
Un mépris total pour la résistance héroïque du Peuple hondurien, les blessés, les morts et les disparus. Plus que du mépris : le Peuple
est en fait, mystérieusement.... complètement absent de leur "brillante" analyse !
Et un mépris haineux, aussi, pour tou-te-s ceux et celles qui depuis 5 mois lui ont exprimé leur solidarité, qualifiés de
"sociaux-impérialistes", "fascistes", "antisémites", "au service de l'impérialisme français" (ou européen), et on en passe et des meilleures...
Au mois de septembre (c'est leur argument "choc") a éclaté une polémique, suite aux propos gravement antisémites (avérés) d'un
animateur de radio partisan de Zelaya, David Romero.
L'affaire a bien sûr été montée en épingle par la presse bourgeoise US (où nos "maoïstes" prennent leurs informations...).
C'est la technique (de propagande réactionnaire) bien connue de "l'antisémitisme par ricochet" : les dérapages antisémites d'un
individu isolé "rejaillissent" sur tout le camp politique qu'il est censé représenter.
Car par un formidable (et honteux) retournement de situation, l'antisémitisme, qui a été l'instrument n°1 de mobilisation réactionnaire
dans la première moitié du 20e siècle, est aujourd'hui l'accusation suprême, le disqualifiant absolu de la propagande réactionnaire bourgeoise contre les mouvements anticapitalistes,
anti-impérialistes etc. Ce serait cocasse, si ce n'était pas à vomir...
En l'occurrence, les propos antisémites sont avérés, et graves ("Hitler aurait dû finir le travail"), l'intéressé (sans doute un
nationaliste petit-bourgeois chauvinard) les a reconnu et s'est excusé - ce qui ne veut pas dire que ses excuses sont acceptées par les victimes et descendant-e-s de victimes du nazisme
!
Mais, parfois, ils sont inventés de toute pièce, par déformation, sortie du contexte, ou par "recherche de l'intention" ou de la
"connotation". Comme pour les propos de Chavez, dont il a été prouvé 1000 fois qu'ils
n'étaient pas antisémites - en fait, il n'était même pas du tout question des Juifs (dans la théologie catholique de la libération, Jésus n'a pas été crucifié par "les Juifs", mais par "les
riches", les "puissants").
Certains se sont faits une spécialité de cette "recherche d'intention" ou de "connotation" antisémite. Ces personnes n'ont bien sûr rien à faire dans le camp du peuple, de la révolution et du communisme.
Sont ensuite évoqués les "fantasmes" ("antisémites", cela va de soi) de Zelaya et de Chavez, quant à la présence de mercenaires
israéliens auprès des militaires putschistes.
Comme s'il n'était pas connu, pour tou-te-s ceux et celles qui s'intéressent un tant soit peu à l'Amérique latine, que l'impérialisme
US "sous-traite" à son chien de garde israélien les basses besognes trop "sales" pour lui : formation de paramilitaires et d'escadrons de la mort ; à la torture et à la guerre psychologique ;
livraison d'armes interdites par les conventions internationales etc.
Le Mouvement Populaire Pérou en parle très
clairement dans sa récente déclaration du mois de novembre. Ils doivent être, sans doute, en plein délire antisémite !
La solidarité envers le peuple du Honduras - si ce n'est pas sa lutte elle-même ! - est qualifié d'"anti-américanisme de type nazi",
"indissociable de l'antisémitisme"... Comme si la domination terroriste des États-Unis n'était pas une réalité pour l'immense
majorité des peuples du monde, et particulièrement d'Amérique latine !
Le peuple hondurien, héroïque depuis 5 mois, n'est pour eux qu'un "agent des puissances rivales des USA".
Mais essayez donc, pour voir, de leur dire que leurs "chers" militants "verts" iraniens ne sont que de la chair à canon docile des
intérêts euro-US contre les intérêts russo-chinois (ce qui est bien sûr caricatural, les choses sont bien plus compliquées même si le mouvement "vert" reste à dominante petite-bourgeoise)... Vous
serez immédiatement taxé de "nationaliste-révolutionnaire" (fasciste), de "soutien d'Ahmadinejad", de "social-impérialiste" et bien sûr d'antisémite (si vous voyez une main US, européenne et/ou
israélienne derrière le mouvement "vert", c'est forcément que vous "voyez des Juifs partout" !!!!).
Bref, c'est la fête au grand n'importe quoi, avec pour cerise sur le gâteau... le parallèle avec "Dieudonné en visite chez
Ahmadinejad". C'est sûr que sans ces deux-là, le tableau n'aurait pas été complet (on remarquera aussi que le coup d'État est
qualifié de "soulèvement", terme plutôt neutre voire... positif !).
Nous avons toujours été très clairs : Zelaya est un grand bourgeois réformiste, plus proche d'ailleurs d'un Lula
(Brésil) que d'un Chavez - d'ailleurs, le bloc des pays de "centre-gauche" (Brésil, Argentine, Chili, Uruguay) est presque plus monté au créneau pour lui que l'ALBA ; et il avait le soutien des
bourgeoisies européennes et des "gauches modérées" sud-américaines liées à l'Europe (l'ALBA, elle, étant plutôt liée à la Russie et à la Chine), dans leur tentative d'établir des "têtes de pont"
dans le pré carré US.
Un grand bourgeois "de gauche", mais un grand bourgeois, dont le Peuple n'a pas grand chose à attendre de plus que quelques
"réformes"...
Mais, à vrai dire, Zelaya, on s'en fout complètement ! Comme de Chavez d'ailleurs... Et comme de ses "soutiens"
européens, brésiliens, argentins ou de l'ALBA.
Ce qui nous intéresse, c'est le peuple hondurien, ce sont les masses populaires des Amériques. Masses populaires qui
sont toujours les premières victimes des offensives réactionnaires. LE CAMP DU PEUPLE EST NOTRE CAMP.


Des millions de personnes dans le monde, dont nous sommes, sont solidaires du peuple hondurien en ce moment ; non pas parce que c'est
un peuple sympathique (ce qu'il est !), pas non plus par "anti-américanisme de type nazi" (!), mais parce que ce genre de coup de force réactionnaire peut se produire n'importe où dans n'importe
quel pays du monde, par la main de n'importe quel impérialisme (l'Afrique, pré carré de l'impérialisme français, sait fort bien de quoi nous parlons !), voire d'une simple "multinationale"
monopoliste agissant seule (dans un petit pays).
Il ne s'agit même pas que le dirigeant soit "anti-impérialiste" ou réformiste "audacieux", mais simplement gênant, indocile, ingrat ou
mauvais payeur... Gênant pour une exploitation totale et sans limites des ressources et de la main d'oeuvre...
Mais les peuples sont toujours les premières victimes. La tragédie du Honduras, c'est la tragédie de tous les peuples
sur la panète !


Bien sûr, "l'on" pourra dire que le Honduras n'est pas la préoccupation première des classes populaires de France... C'est vrai, mais
est-ce de notre faute ? Ou bien plutôt, outre que celles-ci ont des préoccupations plus immédiates, de celle de la sous-médiatisation délibérée des évènements ?
C'est pourquoi nous essayons, de tout notre possible, de relier la situation au Honduras à des situations plus "parlantes" pour les
masses prolétaires d'ici. L'Afrique en est un excellent exemple...
Ce n'est pas par hasard que nous avons publié notre article sur la Côte d'Ivoire en pleine actualité hondurienne. Le parallèle entre les deux
situations est saisissant, avec la France dans le rôle de la puissance tutélaire, le président "trouble-fête" (Gbagbo vs Zelaya), les puissances rivales aux aguets (USA et/ou Chine vs UE, Russie
et Chine via l'ALBA), l'épouvantail du "despote africain" ("à la Amin Dada") et du "génocide ethnique" vs le spectre du "castro-chavisme", un "soulèvement" (sic) militaire surgi de nulle
part, un pays "coupé en deux", et la puissance tutélaire qui intervient en "faiseuse de paix", en "normalisatrice" pour entériner le statu quo - et/ou transformer le gêneur en "reine
d'Angleterre", privé de tout pouvoir.
Simplement, la Côte d'Ivoire, c'était il y a déjà 4 ou 5 ans. On fait avec l'actualité que l'on a, pour montrer le visage hideux de
l'impérialisme !
Mais le Peuple, les "maoïstes" mentionnés plus haut s'en foutent comme de l'an 40 : ils n'en parlent même pas. Ils ne sont pas
dans le camp du peuple : ce ne sont pas des maoïstes ! Leur camp, c'est plutôt celui de la petite-bourgeoisie gauchiste imbue de sa
"science mlm", et de la "bourgeoisie industrielle" (incarnée par Sarkozy) qu'ils ne cessent de caresser dans le sens du poil : la tendance "atlantiste", "occidentaliste" de l'impérialisme français ! Et, finalement, du fascisme qui
correspond à cette tendance : l'aile "dure" de l'UMP, les "néo-cons", les milices sionistes, De Villiers voire les Identitaires...

Récapitulatif des "grandes thèses" de Servir le Peuple
du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)
(version non-définitive ; chap. 4 et 5 pas encore validés par les camarades italiens)
La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)
article de 1985 paru dans Rapporti Sociali n°0
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