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COPENHAGUE (Reuters) - Venues de Bolivie, d'Allemagne ou du Burkina-Faso, des dizaines de milliers de personnes ont réclamé samedi à Copenhague un accord équitable pour lutter contre les changements climatiques.
Sous un pâle soleil d'hiver, un immense défilé de plusieurs kilomètres a relié dans l'après-midi le château de Christiansborg, siège du Parlement danois, au Bella Centre, où se déroule depuis lundi la conférence des Nations unies sur le climat.
Les estimations variaient de 25.000 manifestants selon la police à 100.000 selon les organisateurs.
Dans la soirée, la police avait interpellé près d'un millier de personnes en queue de manifestation où des manifestants vêtus de noir ont jeté des bouteilles et brisé des vitrines.
Un porte-parole de la police a indiqué que le nombre d'interpellations s'élevait à 968 peu après 22h00 (21h00 GMT).
Selon la police, quatre voitures ont été incendiées dans la nuit. Un policier a été blessé par une pierre et un homme d'origine suédoise a été touché par un feu d'artifice.
"Il n'est pas nécessaire d'exercer ce genre de violences pour être entendu", a dit la ministre danoise Connie Hedegaard, la future commissaire européenne au Climat qui préside la conférence sur le climat.
Dix ans après les heurts qui avaient émaillé la réunion de l'Organisation mondiale du Commerce à Seattle, les organisateurs de la marche intitulée "Planet first, People first" - un collectif de plus de 500 organisations, partis et associations du monde entier - ont multiplié les consignes de calme.
La marche s'est déroulée sous la surveillance de plusieurs hélicoptères tandis qu'au sol, des policiers jalonnaient le début du parcours tous les dix mètres.
"ON NE FAIT PAS L'AUMÔNE"
Pour tenter d'influencer les délégations officielles, les manifestants brandissaient des pancartes rédigées dans toutes les langues exigeant la "justice climatique tout de suite", un "changement de système pas des changements climatiques" ou bien intimant "Faites l'amour, pas du CO2" et prévenant qu'"Il n'y a pas de planète B".
De très nombreux syndicalistes, étudiants ou écologistes, de l'Allemagne voisine ont fait le déplacement. Les familles danoises sont également légion, transportant les plus petits dans des carrioles tirées par des vélos.
Côté français, l'ancien leader altermondialiste José Bové a marché avec ses collègues députés européens d'Europe Ecologie et la dirigeante des Verts, Cécile Duflot.
Un homme déguisé en yéti vert fait la joie des photographes en brandissant sa banderole "Heureusement, je ne suis pas un ours polaire", de même qu'un petit orchestre andin dont les musiciens se sont drapés dans de grands ponchos multicolores.
Dans le cortège où on enregistre 0°C, les militants débattent chaudement des propositions avancées cette semaine dans le cadre des négociations officielles. Si on veut inverser le processus de réchauffement, il faut aller plus loin que "1,5 degré Celsius que proposent les Danois", estime un responsable d'ONG belge.
L'aide de sept milliards d'euros annoncée par l'Union européenne vendredi pour aider les pays les plus vulnérables à s'adapter aux changements climatiques, "ce n'est pas assez", tranche Zenuba, déléguée du Burkina-Faso. "On ne fait pas l'aumône: c'est une compensation qu'on demande. Nous ne sommes pas responsables de la dégradation du climat mondial", plaide la jeune femme.
La délégation de parlementaires européens écologistes, regroupée sous les ballons verts "Die Grünen", rappelle avoir fixé la quote part de l'Union européenne à 35 milliards d'euros.
Tout au long du défilé, le nucléaire fait figure d'épouvantail ultime comme le système capitaliste. Sur fond de crise économique mondiale, les revendications environnementales tendent à fusionner avec les exigences sociales.
Dans la matinée, des milliers de personnes vêtues de bleu avaient formé une vague géante pour balayer les "fausses solutions" pour lutter contre le réchauffement climatique, comme les systèmes de compensation carbone.
A la nuit tombée, un rassemblement à la lueur de la bougie s'est tenu dans Copenhague. "Ils ont marché à Berlin, et le mur est tombé. Ils ont marché dans Le Cap, et le mur est tombé. Ils ont marché à Copenhague, et nous espérons obtenir un véritable accord", souligne l'archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix.
Avec Anna Ringstrom et John Acher, édité par Pascal Liétout et Henri-Pierre AndréAvec AFP
Un groupe de quelque 300 manifestants, entièrement vêtus de noir, munis de briques et de marteaux, a attaqué des vitrines sur le parcours du défilé, samedi, dans les rues de Copenhague © ATTILA KISBENEDEK / AFP
La police danoise a relâché la quasi-totalité des 968 personnes interpellées samedi, lors de différentes interventions policières à Copenhague , où des dizaines de milliers de personnes ont défilé en marge de la conférence sur le climat.
Ces arrestations "préventives", à la suite de jets de pavés, de bouteilles et de pétards par un petit groupe de manifestants, ont été opérées, selon un porte-parole de la police, Henrik Jakobsen, "pour assurer que la grande manifestation légalement annoncée ne soit pas perturbée par des fauteurs de troubles". Les dernières personnes interpellées ont été libérées vers 3 heures du matin. Seules 13 personnes étaient encore en détention dans le centre spécial de Retortvej, à Valby, établi par la police à l'occasion de la tenue du sommet mondial sur le climat à Copenhague. Trois d'entre eux, deux Danois et un Français, devaient être présentés dimanche devant un juge pour violences contre des policiers dans l'exercice de leurs fonctions.
Vers de nouvelles actions des "Black Blocs" ?
Selon la police, la plupart des personnes interpellées samedi étaient d'origine étrangère. Environ 400 étaient des membres des "Blacks Blocs", ces groupuscules autonomes ultraviolents d'Europe du Nord qui se sont notamment illustrés lors du sommet de l'Otan à Strasbourg, dans l'est de la France, en avril. "Les membres des Black Blocs ont été vus à 14 h 40 (heure de Paris) en train d'amasser des pavés, qu'ils ont ensuite jetés près de l'ancienne Bourse, puis sur plusieurs vitres du ministère des Affaires étrangères" et sur la façade d'une banque, a précisé la police.
Des incidents ont éclaté peu après le départ de la manifestation organisée dans les rues de Copenhague, quand un groupe de quelques centaines de personnes cagoulées et entièrement vêtues de noir a commencé à briser des vitrines dans le centre-ville. Les jeunes gens étaient munis de pierres et de marteaux et ont lancé des pétards. Ils ont notamment brisé des vitres du ministère des Affaires étrangères, selon le numéro deux de la police, Per Larsen. Selon les ONG, les "Black Blocs" ont annoncé leur intention de conduire la semaine prochaine des actions contre le Bella Center, au moment où les ministres seront réunis pour préparer l'arrivée de quelque 110 chefs d'État, chargés de boucler un nouvel accord sur le climat susceptible d'entrer en vigueur au 1er janvier 2013.
Le Jura Libertaire
Après la manifestation samedi, et alors que la police danoise annonce 400 arrestations, des témoins dénoncent la violence avec laquelle les policiers s’en sont pris à des jeunes militants non violents.
Leur presse (Libération), 13 décembre 2009
Par , (13 décembre 2009)
Il est 18h30 et les écrans du Bella Center, qui accueille la conférence des Nations unies, diffusent en direct les images d’une soixantaine de militants, encadrés par des policiers, agenouillés de force au sol et menottés. Médusés, les officiels regardent se dérouler la scène. « C’est humiliant », murmure un journaliste. Vers 19h, le visage de la présidente de la Conférence des parties réapparait sur les écrans, les militants viennent d’être emmenés par la police.
Quelques heures plus tôt, l’ambiance est au beau fixe pour les organisateurs de la manifestation internationale du 12 décembre, fiers d’avoir rassemblé entre 30 000 et 100 000 manifestants. Brandissant des milliers de drapeaux et de banderoles en direction du centre de négociations officielles sur le climat, les militants venus du monde entier viennent réclamer un véritable accord contraignant et la justice climatique. Familles, syndicalistes, étudiants et écologistes défilent au rythme du groupe britannique Massive Attack.
Les manifestants sont sur le chemin du Bella Center quand le cortège est soudainement divisé par des camions de police. Environ 200 personnes sont bloquées, dont des manifestants portant des drapeaux d’organisations d’Attac notamment. « Des black blocs se trouvent parmi elles », justifient la police qui fait sortir certains manifestants au compte goutte. « Je ne vois aucune raison pour que les flics nous bloquent, réagit Ihsane peu coutumière des manifestations. Ils ont fait une chaine, leurs camions bloquaient la vue et leurs chiens hurlaient à la mort. Ils sont arrivés en courant comme des tarés, c’était flippant, vraiment impressionnant. ».
En photo : la police danoise avait semble-t-il hâte de remplir ses cages à lapins (droits réservés)
Une heure et demie s’écoule. La tension monte. Quelques centaines de militants, venus soutenir les raflés, crient de les laisser sortir sur fond de samba. La police procède finalement à une soixantaine d’arrestations. Du côté des organisateurs de la manifestation, on ne cache pas son énervement : « la police ne respecte pas les accords passés avec elle ». Selon Jørn Andersen, un des organisateurs de l’initiative du 12 décembre, « nous nous sommes rencontrés plusieurs fois depuis le début, le deal c’était que chaque bloc devait s’auto-gérer. S’ils étaient débordés, les ouvriers du bâtiment [service d’ordre général] devaient intervenir. Si ces derniers se trouvaient face à une situation qu’ils ne pouvaient maitriser, la police pouvait entrer en scène ».
Tous les témoignages recueillis évoquent « une grande agressivité » de la police. Suite à des bris de vitrines par des black blocs un peu plus tard, la police déclare avoir procéder à quelques centaines d’arrestations. Sur l’ensemble de la manifestation, plus de 900 personnes auraient été arrêtées (mais les chiffres annoncés ne cessent de changer). Organisée en réaction, une manifestation de solidarité a rassemblé environ 200 personnes à 21h, à Valby, près du lieu de détention. A 23h, chargés par la police, ils n’étaient plus qu’une cinquantaine. Les personnes interpellées, dont beaucoup ne sont pas danoises, peuvent rester jusqu’à 72 heures en détention arbitraire.
Ronack Monabay et Sophie Chapelle
Même réflexion, au fond, que sur le Congrès de la CGT...
Sans la politique au poste de commandement, sans ligne politique révolutionnaire correcte, offrant un débouché - le Pouvoir au Peuple ! - et véritable stratégie révolutionnaire aux questions démocratiques et sociales comme la question environnementale, le mouvement altermondialiste, depuis son "pic" de Gênes en juillet 2001, est condamné à dégénérer en mouvement "contestataire-associatif", en grande kermesse folklorique. Avec comme "réaction cutanée", le militarisme groupusculaire gauchiste des Black Blocks.
La politique au poste de commandement !