Retrouvez SLP sur son nouveau site http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/ Servir Le Peuple est un média COMMUNISTE RÉVOLUTIONNAIRE, marxiste-léniniste-maoïste, visant par la RÉFLEXION, l'INFORMATION et l'ÉDUCATION POLITIQUE ET CULTURELLE de masse à favoriser la renaissance du mouvement communiste révolutionnaire dans l'État français et le monde francophone.
Voici une ébauche de classification des phénomènes fascistes, publié il y a un an (fin 2008) sur le FUC (un peu retouchée...) :
"Tout d'abord, rappelons la définition du fascisme donnée par Georgi Dimitrov, adoptée par l'IC :
- idéologie de mobilisation de masse autour d'un projet impérialiste-monopoliste, de guerre et de contre-révolution préventive
- dictature terroriste ouverte de la frange la plus réactionnaire de la bourgeoisie impérialiste-monopoliste (ou compradore dans les pays dominés, Dimitrov n'ayant pas pu historiquement analyser ce cas de figure).
Il est à distinguer absolument de la dictature réactionnaire classique, les critères étant le caractère de masse et le modernisme (ainsi les thèses de Milton Friedman ne furent mises en application en premier ni par Reagan, ni par Thatcher mais par Pinochet ; de même Franco a considérablement modernisé l'économie espagnole, à partir de 1957, avec les "technocrates" liés à l'Opus Dei).
Il n'est pas non plus une expression de classe de la petite-bourgeoisie (qui ne peut développer durablement une idéologie autonome), ni un bonapartisme appuyé sur celle-ci (à la rigueur on peut voir le bonapartisme comme un ancêtre, surtout le Second Empire).
D'autres expériences, pourtant épargnées par la guerre, furent de semi-échecs : Espagne ou encore Portugal n'ont pas suffisamment modernisé leur capitalisme (cela n'a même de toute façon jamais été le but au Portugal, où il s'agissait uniquement de "contenir" les poussées révolutionnaires et de "gérer" le capitalisme pour le compte du "parrain" anglais). Trop dépendants des capitaux étrangers ("pompe à capitaux" du tourisme industriel), trop complaisants avec les secteurs féodaux "freins" au monopolisme (grands propriétaires terriens, Église)... De fait le stade monopoliste ne sera vraiment atteint, dans l’État espagnol, qu'après la "transition démocratique" (années 1975-95) et grâce aux dynamiques capitalismes basque et catalan (dont il faut à tout prix empêcher les velléités indépendantistes... ce qui pourrait bien ramener un jour une forme de gouvernement autoritaire !). Le Portugal en revanche est resté un pays dominé/dépendant, passant simplement de son statut d'annexe/relais britannique à celui de "condominium" ouest-européen.
D'autres enfin ont complétement échoué dans leur projet monopoliste (de "rendre" leur pays impérialiste) : kémalisme turc, péronisme argentin, gétulisme brésilien etc. - capitalismes trop faibles et dépendants, ces pays sont restés dominés par l'impérialisme.
- le fascisme "régénérateur" : puissance impérialiste vaincue ou humiliée, souvent confrontée à une grave agitation intérieure, qui tente de relever la tête et de retrouver son "rang". Exemples : Allemagne nazie, Russie actuelle. Le facteur "humiliation" a également joué en Italie et en Turquie kémaliste mais ce n'étaient pas de grandes puissances impérialistes (pays arriérés, semi-féodaux).
- enfin, le fascisme "de déclin" : impérialisme en crise terminale, menacé de l'extérieur (anti-impérialisme et impérialismes rivaux) et de l'intérieur (révolution). C'est le plus actuel et le plus dangereux pour nous, puisqu'il s'agit de la "fascisation rampante" de nos sociétés occidentales (et de la société japonaise).
[Cas du pétainisme : en 1940 la bourgeoisie impérialiste vaincue veut "redresser la nation" en partenariat avec l'Allemagne, dans un "nouvel ordre européen". Mais à mesure que les intentions d'Hitler (vassaliser la France) et sa défaite se précisent, elle lâche Vichy et rallie la fraction gaulliste/"française libre", restée fidèle à l'alliance britannique et au vernis parlementaire/"républicain". Sur ce point, voici une phrase de Céline claire comme de l'eau de roche : « Si demain Hitler me faisait des approches avec ses petites moustaches, je râlerais comme aujourd'hui sous les juifs. Mais si Hitler me disait : "Ferdinand ! c'est le grand partage ! On partage tout !", il serait mon pote ! »]
Quelques mots encore sur le fascisme, afin de résoudre les nombreuses interrogations sur le phénomène. Beaucoup s'interrogent, en effet, sur comment faut-il qualifier l'Espagne de Franco, la Hongrie de Horty etc., sur les différences entre le fascisme italien et le nazisme...
La réponse est à chercher dans la théorie de l'ancien et du nouveau.
C'est une théorie marxiste-léniniste-maoïste qui consiste simplement à considérer que tout est progressif, rien ne tombe du ciel et rien ne disparaît en claquant des doigts. Le nouveau est toujours en germe dans l'ancien, et il reste toujours de l'ancien dans le nouveau.
Ainsi, on ne passe pas du capitalisme pré-monopoliste au capitalisme monopoliste du jour au lendemain, c'est un processus, inégalement avancé selon les pays.
La dictature réactionnaire classique correspond au stade pré-monopoliste. Lorsque émerge un mouvement autonome du prolétariat, la bourgeoisie s'allie aux vieilles classes féodales déchues, clergé, noblesse terrienne et militaire, paysannerie riche, pour le contrer et assurer sa domination.
Le fascisme, lui, appartient au stade monopoliste. Les classes moyennes prises entre les monopoles et le prolétariat "sécrètent" de l'idéologie "sociale-réactionnaire". La bourgeoisie monopoliste s'empare de cette idéologie pour son caractère mobilisateur de masse et farouchement anti-révolutionnaire, et la plie à ses intérêts (en liquidant les courants trop "socialisants").
Mais l'un comme l'autre existent rarement à l'état pur. Selon le degré de développement du capitalisme dans le pays considéré, on trouve des éléments de dictature réactionnaire classique dans le fascisme : Italie (surtout dans le Sud arriéré), Japon ; ou au contraire des éléments de fascisme dans une dictature réactionnaire classique : Espagne franquiste, Hongrie hortyste, Pinochet, Salazar...
L'ancien est dans le nouveau, le nouveau dans l'ancien.
Dans les pays dominés/dépendants, le fascisme à l'état pur, qui correspond à un pays monopoliste, est incompatible avec le statut de dépendance. C'est pourquoi il échoue, comme par exemple le péronisme.
Le fascisme comprador comporte toujours des éléments de dictature réactionnaire classique, notamment en défendant la grande propriété terrienne.