Partager l'article ! Clarification sur l'encerclement du 'Centre' par la 'Périphérie': La thèse développée par SLP, aussi bien dans son article ...
La thèse développée par SLP, aussi bien dans son article La Question nationale au 21e siècle que dans les Considérations diverses : un (gros) pavé sur la Question
nationale..., appelle une clarification afin d'éviter 'préventivement' toute confusion et donc tout 'procès' basé sur une fausse interprétation du concept.
Au préalable, il est important de rappeler que cette thèse :
1°/ est une 'piste de réflexion', qu'elle est peut-être erronée en tant que telle ou (plus probablement) imparfaite ; et
que SLP, contrairement à 'd'autres', n'a pas la prétention de détenir la vérité ;
2°/ est 'maximaliste', 'gauchiste' dans le sens où la conscience réelle de masse est actuellement bien en-deçà ;
ou plutôt, ce qui serait gauchiste, serait d'en faire une ligne de démarcation absolue à l'heure actuelle.
Ensuite, la confusion très importante à dissiper, c'est que l'encerclement des Centres par les Périphéries n'est pas une substitution de ceux-ci aux classes et à leur lutte. Il n'y a pas une 'lutte de la Périphérie
contre le Centre' remplaçant la lutte des classes. Dans toutes les Périphéries et tous les Centres, il y a une bourgeoisie dominante (éventuellement aussi des féodaux dans le 'tiers-monde') et un
prolétariat (parfois allié à une paysannerie pauvre et aux 'indépendants' pauvres) ; et ces deux 'pôles' idéologiques, de la Révolution et de la Réaction, s'affrontent avec les forces que chacun
aura gagné à lui.
Simplement, l'encerclement du Centre par la Périphérie est le SENS DE DÉPLOIEMENT de cette lutte de classe. Autrement dit,
le NIVEAU DE LA LUTTE DE CLASSE, le niveau d'antagonisme et, en définitive, le niveau d'avancement vers le communisme, est d'autant plus
élevé que l'on s'éloigne des 'Centres' du capitalisme monopoliste mondial*. Il est important de souligner aussi, ici, qu'il ne faut pas chercher à tout prix à
matérialiser géographiquement le 'Centre'. Le Centre, c'est là où se trouve et décide, là où vit et sévit la classe
dominante. Typiquement, on pourrait dire que son symbole sont les tours des quartiers d'affaires qui s'élèvent à des centaines de mètres vers le ciel... Mais il ne faut pas avoir une vision
romantique du Centre (pensant qu’on pourrait simplement ‘faire sauter les tours’, par exemple, comme dans le film Fight Club…) ; celui-ci a avant tout une caractérisation
scientifique, en termes de rapports d'exploitation et de domination.
Il n'y a donc là AUCUNE NÉGATION DE LA LUTTE DES CLASSES, mais simplement une analyse de 'là d'où souffle le vent' (et de
pourquoi il souffle dans cette direction).
Ce que SLP assume, en revanche, c'est que cette théorie nie la France ; ou plutôt, non : elle la reconnaît comme l'objectif principal et absolu à détruire. La France est pour SLP un appareil politico-militaire et idéologico-culturel d'oppression des masses ; l'expression administrative,
répressive et idéologique de la classe exploiteuse et oppresseuse de cette centaine de départements (de métropole et d'outre-mer), mais aussi de
dizaines de néo-colonies (d’Afrique et d’ailleurs). SLP, on l'a dit, est conscient que c'est une prise de conscience qui sera longue et qui ne doit pas devenir une ligne de démarcation
dans l'immédiat. Mais très sérieusement, alors que nous approchons du 11-Novembre, quand on y réfléchit, la France, qu'est-ce d'autre que CELA :
Il y a chez certain-e-s une contradiction ahurissante, quand on peut lire un jour que 'la France a fait son temps', qu'il
n'y a 'qu'un drapeau, le drapeau rouge', et le lendemain, que des gens (comme SLP...) 'nient la lutte des classes en France en niant la France', sont à la fois 'cosmopolites' et 'identitaires de
gauche', etc. etc. Ahurissant, ou plutôt... pas du tout : car rien là de bien neuf que la vieille conception trotskiste à la Lambert, qui va dénoncer comme 'identitaire', 'nationaliste
petit-bourgeois' etc. toute expression d’une culture populaire et de refus d'une domination nationale, d'une négation culturelle (minorités) ou d'une quelconque 'inégalité territoriale'
; clamant alors que 'le seul drapeau de la classe ouvrière est le rouge' ; puis défendre la construction monarcho-bonapartiste 'France' (sur une ligne quasi jacobine à la Charasse
et compagnie), sous prétexte de 'cadre national de la lutte de classe'...
Cette thèse des Centres et des Périphéries a déjà pu être exposée par un théoricien 'altermondialiste' comme Samir Amin, ce qui n'enlève rien à sa validité : combien de phénomènes, avant d'être définis de manière scientifique, ont pu être perçus et (déjà)
dénoncés de manière idéaliste ? Il suffit de penser à... l'impérialisme qui, avant de faire l'objet de l'ouvrage de référence de Lénine, avait
déjà été dénoncé sous ce nom par des 'démocrates de gauche' idéalistes comme Mark
Twain. De plus, Samir Amin n'est pas un écrivain idéaliste 'de gauche' à la Mark Twain : c'est un économiste de renommée internationale, et de formation marxiste (il fut même 'maoïsant'). Il
est devenu 'post-marxiste', 'repenseur', 'marxiste du 21e siècle', ce qui l'a conduit au révisionnisme, mais sa démarche est forcément empreinte de traces de scientificité marxiste. Le
vrai problème, pourrait-on dire, ce ne sont pas ses constats ni même ses analyses, mais ses conclusions, qui ne sont pas révolutionnaires. Altermondialiste, Samir Amin est un idéologue de la
contestation, et non de la révolution : en définitive, pour des raisons évidemment de classe, il ne va pas, ne veut pas aller au
bout de l'antagonisme que portent ses analyses. Et puis, effectivement, il peut se laisser aller à un certain 'tiers-mondisme' tendant à l'interclassisme (à l'analyse erronée des classes et des
'camps' dans les pays dominés) ; tout en considérant que les prolétariats du 'Nord' ne sont 'plus révolutionnaires', etc. On rejoindrait ici une vieille déviation 'maoïste' qui considérait, déjà
dans les années 1960, que le 'Nord' était la 'ville' et le 'Sud' la 'campagne' du monde ; amenant par exemple une organisation comme la RAF à tourner complètement le dos au prolétariat en
Allemagne ; et qu'on retrouve aujourd'hui (en version très violente : ceux qui gagnent le salaire minimum en Europe ou aux États-Unis sont des 'bourgeois mondiaux') dans le communisme 'Lumière
Guide' (Leading Light) nord-américain.
Pour SLP, les Périphéries sont concentriques et ne sont pas antagoniques entre elles (pas d'elles mêmes en tout cas : elles sont éventuellement opposées par la classe dominante, qui va piller l'Afrique pour assurer
le 'petit confort' des classes populaires en France, mais ce n'est pas une opposition naturelle). La seule chose qui les distingue, c'est le niveau de conscience et de lutte révolutionnaire.
Le point le plus élevé de cette conscience et de cette lutte, que cela nous plaise ou non, est éminemment dans les pays
dominés, les pays du 'tiers-monde'. C'est le sens de la Guerre populaire menée en Inde et aux Philippines, et à moindre intensité au Pérou et dans l’État turc ; mais aussi de dizaines de
guérillas populaires d'inspiration plus ou moins marxiste en Amérique latine (EPR au Mexique etc.), de résistances populaires anti-impérialistes (éventuellement sous un drapeau religieux) comme
en Palestine, en Irak et en Afghanistan, ou d'autres moins connues comme celle de l'Irian Jaya (Papouasie indonésienne) ou du Delta du Niger ; de gigantesques mouvements populaires comme les
Sans-Terres au Brésil et autres mouvements paysans de toutes les Amériques, les piqueteros en Argentine, toutes sortes de mouvements des classes populaires pauvres en Afrique du Sud, et
bien sûr les immenses mouvements arabes de cette année. Lorsqu'il y a un Parti assumant la ligne révolutionnaire (c'est à dire maoïste), alors il y a Guerre populaire. Dans les autres cas, il y a 'mouvement', 'résistance', 'guérilla armée' : on peut dire que la Guerre populaire est à 'l'étape
zéro'.
La Guerre populaire en Inde est assurément la plus importante du monde, succédant à celle du Népal après son interruption
(et finalement sa trahison). L'Inde pourrait bien un jour, comme l'avait annoncé Mao Zedong il y a plus de 60 ans, être le nouveau Soleil Rouge qui se lève sur le monde, après la Russie
soviétique et la Chine populaire. Cela confirme tellement la thèse de SLP, dirait-on, qu'il se trouve maintenant même des 'maoïstes' pour critiquer cette lutte révolutionnaire
héroïque.
Par la 'morphologie' de son organisation économique et sociale, l'Inde, comme la Chine de Mao, est TYPIQUEMENT un pays
d'encerclement des villes par les campagnes. Cela ne signifie NULLEMENT que la classe ouvrière, le prolétariat des villes, ne joue aucun rôle dans la Guerre populaire. JAMAIS Mao (pour la Chine)
ni aucun maoïste (pour où que ce soit) n'a affirmé une telle chose ; que la Ville ou le Centre ne joue aucun rôle sinon passif, 'attendant' l'Armée rouge venant des campagnes. Et les maoïstes
indiens pas plus que les autres. Depuis de nombreuses années maintenant, ils ont établi des passerelles avec le mouvement ouvrier et populaire dans les grandes villes, et parviennent à organiser
de gigantesques bandh (grandes grèves et manifestations). A travers leur Front révolutionnaire, ils s'efforcent aussi d'agréger les forces démocratiques de la petite-bourgeoisie, de la
petite classe moyenne qui s'est développée depuis quelques décennies, parfois issue des 'basses castes' de l'ancienne organisation sociale féodale. MAIS VOILA, il ne faut pas se faire
d'illusions, il faut se faire une raison, que cela nous plaise où non : le niveau de lutte ouvrière et populaire dans les grands centres urbains grandira à mesure que grandira la Guerre populaire dans les campagnes reculées et les zones 'aborigènes', comme 'phare' de toutes les luttes du pays (de
classe, de caste, de libération nationale...). Un des pays du monde où la lutte révolutionnaire est au plus haut est l'Inde ; et l'endroit du pays où cette lutte est la plus 'haute' est le
corridor rouge, que cela nous plaise ou non. Tel est le constat, et le constat s'impose préalablement à toute analyse scientifique de la réalité, qui ne peut que découler du constat. De
plus, dire que les Naxalites se 'moquent' (pratiquement) de la classe ouvrière, c'est nier le très important prolétariat rural ainsi qu'un important semi-prolétariat des campagnes (des paysans
ayant une petite terre, mais très insuffisante pour les faire vivre : ils vendent donc, une partie de l'année, leur force de travail au centre industriel le plus proche, à la mine, la plantation
agro-capitaliste ou l'exploitation forestière voisine). Le salariat, depuis 30-40 ans, a très largement pénétré dans les campagnes indiennes, comme dans toutes les 'campagnes' du
monde.
Et tout ce processus, de plus, sera TRÈS LONG. Il est aussi grotesque que délirant d'affirmer que 'les prochains mois, la
prochaine année' seront décisifs : cela revient tout simplement à affirmer que, lorsque le PC et l'Armée rouge de Chine ont entamé leur retraite stratégique dans la célébrissime 'Longue Marche',
'tout était fini'... C'est totalement anti-scientifique.
Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'une prochaine étape CAPITALE pour l'extension de la Guerre populaire en Inde, sera
son extension aux slums, les immenses bidonvilles des mégalopoles (à commencer par Calcutta, la 2e du pays et la plus accessible aux maoïstes) ; slums où s'entassent les masses
chassées des campagnes par la misère et l'agro-business, qui se 'réfugient' en quelque sorte (à la fois politiquement et économiquement) à la PÉRIPHÉRIE (encore une fois !) des grands centres
urbains, et y survivent comme elles peuvent... Les bases rouges de la Guerre populaire seraient alors aux portes des villes. Mais il va de soi que les maoïstes indiens n'ont pas attendu SLP, ni
qui que ce soit pour y penser !
Ailleurs qu'en Inde, ce sont d'autres 'campagnes', d'autres Périphéries qui encerclent d'autres Centres. En Europe,
toujours plus 'intégrée' économiquement (même si les contradictions et la concurrence, entre États et entre monopoles, est toujours bien présente), c'est au Sud (État espagnol, Italie, Portugal,
Grèce), dans une certaine mesure à l'Ouest (Irlande, Écosse, Pays de Galle etc.) ainsi qu'à l'Est (malgré un certain discrédit de l'idée révolutionnaire à cause du révisionnisme ; et une certaine
nostalgie du révisionnisme y faisant face) que se trouve la 'Périphérie' où le niveau des luttes, sans pouvoir être comparé à l'Inde ni même aux pays arabes, est le plus élevé. Elle entoure un
'Centre' autour d'un axe allant de l'Italie du Nord au Sud de l'Angleterre ; ou, pourrait-on dire, entre une ligne Trieste-Hambourg et une ligne Marseille-Le Havre. Dans l’État français lui-même,
sans préjudice ni irrespect pour aucune lutte ni militant-e héroïque où qu'elle se trouve, on trouvera un niveau de conscience et de lutte de
classe plus élevé et plus répandu au Sud et à l'Ouest, par rapport à la population, que dans le Grand Paris ou le Grand Lyon. On trouvera également un bon niveau le long de la frontière
Nord, du Pas-de-Calais à la Moselle en passant par les Ardennes ; sans toutefois perdre de vue l'importance historique et culturelle de la social-démocratie dans le Nord-Pas-de-Calais
(comme d'ailleurs en Wallonie voisine) ; et d'une certaine droite ouvrière dans le Nord-Est, qui se traduit aujourd'hui par un fort vote FN.
Globalement, il faut bien faire ce constat, le prolétariat ouvrier (si l'on fait bien la distinction avec
l'aristocratie ouvrière) se trouve désormais moins dans les grandes métropoles économiques que dans des zones qu'on peut qualifier de
semi-rurales : des 'vallées' ou des 'bassins' industriels entourés de zones agricoles ou naturelles. Ce n'est pas 'nouveau', cette industrie rurale est même une constante historique du
capitalisme français. Mais aujourd'hui, si elle est peut-être numériquement plus nombreuse, la classe ouvrière l'est proportionnellement moins dans les grandes métropoles, qui
se sont largement tertiarisées. Elle est de surcroît plus aristocratisée, sauf bien sûr les colonies intérieures (que la bourgeoisie ostracise en encourageant le
racisme) ; et tout cela joue sur sa culture politique. Et les nouvelles 'classes tertiaires' trustent de manière très importante le 'milieu militant', 'radical' mais aussi syndical, avec une
proportion toujours croissante de militants fonctionnaires ou travailleurs intellectuels par rapport aux militants organisés ouvriers et prolétaires, et même aristocrates-ouvriers...
Dans les zones semi-rurales, au contraire, la condition ouvrière est objectivement très prolétarienne, d'une
pauvreté parfois effroyable, qui fait parler les petits-bourgeois 'charitables' de 'quart-monde'... Subjectivement, les choses sont malheureusement moins évidentes. Parfois, on trouve une
tradition locale de droite ouvrière (liée à l’imbrication avec une ruralité conservatrice); mais, d'une manière générale, la conscience et le niveau de lutte de classe souffrent
d'un 'repli métropolitain' et d'un abandon par le 'milieu militant', non seulement révolutionnaire (ou prétendu tel...) mais aussi 'réformiste
radical'. Le Front National, lui, ne s'y trompe pas et étend ses tentacules (surtout au Nord, à l'Est et au Sud-Est). Pour autant, lors d'un plan social ou de toute autre saloperie patronale, on
verra s'exprimer une combattivité admirable et nettement supérieure à celle d'une grande métropole (où simplement, parfois, la perspective de
retrouver un emploi avant la fin de droits et les minima sociaux apparaîtra plus probable...). Dans ces bassins ouvriers 'relégués' et périphériques, la fermeture de 'l'usine du coin' a souvent
des conséquences catastrophique et irrémédiables, même pour ceux et celles qui n'y travaillent pas : c’est la condamnation sans appel au 'quart-monde'.
A la périphérie des grandes métropoles se trouvent encore d'autres zones de relégations, les GHETTOS URBAINS, où
se concentre la population la plus objectivement prolétarienne et, de manière sur-représentée, les minorités national-culturelles des colonies intérieures. Là, avec la désindustrialisation des
grandes métropoles, et particulièrement chez les jeunes (parfois 50% au chômage), ce n'est pas tant le bleu de travail qui règne, que le 'tenir les murs'. Les vieilles cultures populaires locales
se mêlent aux cultures nationales des colonies intérieures, et à la culture des ghettos new-afrikans d'Amérique du Nord (qui s'est 'mondialisée' avec le hip-hop). On peut dire que le Grand Paris,
le Grand Lyon ou encore Marseille sont quelque part des 'nations multiculturelles' en formation, des métropoles multiculturelles préfigurant la société internationale communiste de demain.
Malheureusement (c'est la contradiction fondamentale dans le champ de la culture et de la conscience politique), c'est aussi là que le Centre est culturellement et politiquement le plus fort
(c'est moins vrai pour Marseille : la classe dominante 'niche' plutôt à Aix)...
On voit bien là autant de Périphéries que seul un Parti organisé au niveau de l’État bourgeois peut coordonner
dans leurs luttes, pour détruire ce dernier en étranglant lentement le Centre. Sans cela, la classe dominante parviendra évidemment à dresser les consciences et les luttes les unes contre les
autres, à transformer en contradictions au sein du peuple la contradiction NORMALE qui oppose les masses à son règne pourrissant. Mais ce Parti devra correctement saisir le 'sens du
vent'. Au 20e siècle, le PCF mythifiant '1793' rêvait encore d'une révolution dont le centre serait Paris ; et les trotskystes et même les anarcho-syndicalistes ne voyaient pas les choses
différemment. Aujourd'hui, des 'maoïstes' semblent leur emboîter le pas...
Dans tout ce processus de lutte révolutionnaire, mettre en avant la CULTURE POPULAIRE contre la culture académique de la
'France des Siècles' est évidemment un aspect parmi d'autres de la lutte, mais un aspect ESSENTIEL pour, justement, sortir de l'économisme (la lutte uniquement 'contre les
patrons').
Parfois, cette culture populaire a un caractère NATIONAL (principalement par l'existence d'une langue).
C'est le cas au PAYS BASQUE, où la bourgeoisie tant espagnoliste que 'basquiste' et les néo-bourgeois en herbe du
réformisme abertzale 'célèbrent' la 'fin d'ETA'. La 'dérive' d'ETA, nous dit-on, remonterait aux années 1970 : c'est là que prendrait source leur 'identitarisme de gauche'... Étrange !
Pour qui connaît l'histoire populaire et révolutionnaire du Sud des Pyrénées, on retiendrait plutôt que les années 1975-85 marquent l'apogée du
Mouvement de Libération Nationale Basque (MLNV). C'est en effet l'époque où le MLNV (avec, à sa tête, ETA) cesse d'être seulement antifasciste pour devenir révolutionnaire ; en étant une des rares organisations (avec le PCE(r), les GRAPO etc.) à rejeter le 'ravalement de façade démocratique' de Juan Carlos de
Bourbon ; et en restant convaincu que l’État profond restait inchangé par rapport au franquisme. Il faut songer au naufrage total du PC 'historique' à cette époque (et dès les années 60,
en vérité) ; tandis que sa scission 'orthodoxe' de 1984, le PCPE, gardera la ligne de '3e République' mais sur une pratique totalement syndicalo-réformiste ; ne comprenant pas que si l'on pouvait
désormais, peut-être, mener une certaine activité 'au grand jour' et qu'il fallait en profiter, le juan-carlisme n'était nullement une 'étape intermédiaire' à ‘mener à son terme’ en abolissant la
monarchie, mais le nouveau visage ('moderne') d'un État inchangé. Quant aux expressions de la bourgeoisie 'basquiste' (PNV), catalaniste (CiU) etc., elles tombèrent complètement le masque en se
ralliant à la 'Réforme' et en devenant la déclinaison locale de l’État espagnol. C'est donc, en outre, à ce moment-là que le MLNV devient majoritairement progressiste, alors que jusqu'à
la mort de Franco, y était encore majoritaire le 'peuple PNV' tenu par un nationalisme bourgeois de droite, conservateur, clérical, 'JEL' (acronyme de 'Dieu et les vieilles lois'). Le prolétariat
et les classes populaires basques avaient en outre fusionné avec l'importante immigration (tout au long du franquisme) venue du reste de la péninsule : les personnes portant là-bas le
nom du père ET de la mère, il est fréquent que les militant-e-s de cette gauche abertzale portent un nom basque ET un nom 'espagnol'. Ethnique, quasi racialiste, le nationalisme PNV était donc là
aussi dépassé par l'histoire (et condamné à n'être plus que ce qu'il était : un parti bourgeois).
Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'ETA et la gauche du MLNV n'avaient pas bien compris la nature de l’État espagnol...
Mais à vrai dire, pas moins bien que le PC basque dans sa déclaration fondatrice de 1935 (que met en avant Voie Lactée) ! L’État espagnol est en effet décrit comme un État 'impérialiste' et
'colonisant' les Peuples basque, catalan, galicien, canarien etc. Une erreur en apparence 'légère', mais en définitive fondamentale, dont ressort
cette impression de 'racisme anti-espagnol' que donnera parfois le mouvement ; et dont pourront se repaître tous les social-démocrates 'à la botte', lecteurs d'El Pais et électeurs du
félipisme et du zapaterisme... Ce qui fera le jeu, aussi, des partisans abertzale de 'l'abandon de la violence' et de la 'solution politique' : la violence révolutionnaire étant, selon
eux, à l'origine de ce 'malentendu'.
En effet, le moins que l'on puisse dire, c'est que le Pays Basque 'colonisé' était, en fait... la 2e région de la péninsule
en termes de développement économique et de niveau de vie, après la Catalogne ! Difficilement argumentable...
L'analyse correcte (ou y tendant) de l’État espagnol, et bien... c'est celle que SLP a transposée à l’État français. Notons
que ces deux États sont les plus vastes, en superficie, d'Europe hors Russie. L’Espagne est un ensemble de peuples que Charles Quint, avec une poésie certaine, disait unis pour
l'accomplissement de destinées universelles. En réalité, unis par un mariage féodal (Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon), ainsi que quelques conquêtes (Andalousie en 1492, Navarre en
1512, Canaries), et mis au service de la lignée issue de ce mariage (et de sa Cour) dans l'accomplissement, en effet, de leurs fantasmes d'Empire mondial. Dans le cadre de cet État monarchique
s'est alors développée une bourgeoisie espagnole qui a pris le pouvoir au 19e siècle, en s'appuyant sur les militaires libéraux entourant la reine Isabelle II. Cette bourgeoisie
fusionnait les différentes bourgeoisies du royaume (celle du Pays Basque côtier, des ports de la côte Nord et des mines des Asturies, de Madrid, de Barcelone et Valence, de Séville et du Bas
Guadalquivir 'débouché des Amériques', etc.). Ici et là (à vrai dire, surtout en Euskadi et en Catalunya), une bourgeoisie particulièrement dynamique a pu développer un sentiment
anti-centraliste, ressentant la Castille et l'Aragon comme 'parasitaires' (effectivement bien moins développés d'un point de vue capitaliste : les bourgeois basques et catalans pouvaient avoir
l'impression que l'aristocratie et la haute bourgeoisie de l'intérieur 'profitaient' de leur travail). Au niveau féodal et clérical, il y eut aussi des résistances à l'abolition de la Generalitat
catalane (en 1714) et des fueros basques au 19e siècle. Curieusement, avec la Galice (parlant une langue proche du portugais, mais alors très conservatrice et immédiatement franquiste en
1936), ces zones de nationalisme bourgeois fort sont les seules 'nations opprimées' par 'l'impérialisme espagnol' que retient le document de 1935 (avec bien sûr les colonies du
Maroc)...
Pourtant, la réalité semble bien être qu'il y a TOUJOURS EU (en tenant compte, bien sûr, de l'importante immigration
intérieure... mais aucun peuple n'est 'biologique' !) au moins 10 peuples : Catalans, Basques, Galiciens, Asturiens, Cantabres, Canariens, Castillans, Aragonais, Andalous... nous sommes déjà à 9.
Et UNE bourgeoisie ESPAGNOLE, avec ici et là une bourgeoisie 'régionaliste' en contradiction trop forte avec les autres (moins dynamiques économiquement, en général) et souhaitant son autonomie
économique, politique, fiscale etc. Quant à ‘l’impérialisme espagnol’, il n’est sans doute une réalité qu’à partir des années 1960-70, ce qui est aussi le sens de la ‘Réforme’ juan-carliste.
Auparavant, l’Espagne semblait plutôt, vis-à-vis de la France, dans la situation du Portugal vis-à-vis de l’Empire britannique : un ‘vieil Empire colonial’ sous tutelle et ‘relais’ de
l’Empire tricolore. Et s’il est devenu impérialiste… c’est grâce au dynamisme des capitalismes basque, catalan, de la côte Nord etc. ! D’où tout l’intérêt d’intégrer les bourgeoisies
‘régionalistes’ à travers le système des ‘autonomies’ ; en ‘gérant’ la contradiction de la bourgeoisie espagnoliste (ultra-majoritaire partout ailleurs) avec elles : "nous avons
besoin de votre dynamisme… mais vous avez besoin de nos flics, de notre justice, et peut-être un jour de notre Armée, pour tenir vos prolétaires !".
Il faut voir aussi la SIGNIFICATION POLITIQUE de cela : dans l’État espagnol, l'idéologie qui serait celle des
Identitaires, du Vlaams Blok ou de la Ligue du Nord est rarissime et extrêmement isolée (bien qu'elle se développe un peu en Catalogne, mais se veut autonomiste 'culturaliste' et rejette
l'indépendance). Généralement, si l'on déborde (dans une conversation...) de la question nationale sur les autres questions du vaste monde, ce qui est espagnoliste est RÉACTIONNAIRE (y compris
chez certains 'communistes', à l'idéologie proche d'André Gerin ou du POI), ce qui est autonomiste (ou favorable aux autonomies comme le PSOE 'national') est de 'droite modérée' ou de
'centre-gauche' bourgeois... et ce qui assume la position ci-dessus exposée est clairement progressiste (comme la 'gauche abertzale') ou clairement RÉVOLUTIONNAIRE, assumant l'antagonisme contre
le capitalisme et les institutions comme bien peu l'assument dans l’État français.
N'avoir pas compris cela est sans doute, après le militarisme, l'autre grande erreur d'ETA et du 'socialisme
révolutionnaire de libération nationale' basque. Mais ce n'est sans doute pas l'erreur que va lui reprocher 'Voie lactée', qui lui reprocherait au contraire de n'avoir pas été la 'branche basque'
d’un PC révolutionnaire espagnol, qui aurait ensuite 'reconnu' les 'droits nationaux démocratiques' des basques (et des catalans etc.), de manière octroyée et presque
opportuniste, limite profonde de la conception ML du monde au 20e siècle, que nos 'maoïstes' semblent bien en peine de dépasser... Il est d'ailleurs cocasse que leurs grands
potes d'Odio de Clase, bien que s'exprimant exclusivement en castillan (alors que le Comité 'Manolo Bello', galicien, publie à 50% dans cette langue), se veuillent un 'blog révolutionnaire
CANTABRE'... bouh, ‘identitaires de gauche’ va !
Enfin, une dernière 'considération' pourrait peut-être porter, justement, sur les Identitaires - au moment où 'identitaire
de gauche' a quitté la sphère CNT-AIT pour devenir un nom d'oiseau à la mode, semble-t-il. Qu'en est-il de cette idéologie ? Et bien, les Identitaires sont tout simplement les fascistes qui ont
le mieux saisi l'air de leur temps. Et qui, plutôt que de tenter tous seuls, en étant relativement peu nombreux, d'imposer leur vision, ont pris le parti de pousser le FN
(caisse de résonance autrement plus grosse !) à... leur courir après ! Ils ont tout simplement compris, contre un fascisme trop ouvertement BBR, nationaliste étroit façon 3e République,
l'attachement spontané des masses populaires à... leur culture populaire ; et le ridicule qu'il y avait à prôner, à l’heure de l’Europe et des ‘Etats-continents’, un nationalisme
étroit anti-européen, anti-allemand etc. (ce qui les rattache en plus à un vieux rêve 'France-Allemagne-Russie' de l'impérialisme français, une 'Grande Europe forte' contre à la fois les
États-Unis et les 'émergents', en premier lieu la Chine).
Mais voilà :
1°/ leur défense des cultures populaires est ethniciste, 'biologique', 'organique' : ce n'est en rien la définition
scientifique, matérialiste historique de ce qui fonde une culture populaire régionale, ou à caractère national. Pour eux, la 'patrie charnelle' telle qu'ils l'appellent est ORGANIQUE et plonge
ses racines jusqu'aux peuples gaulois dont ils aiment d'ailleurs prendre les noms ('Arvernes' en Auvergne, 'Allobroges' en Savoie). Elle peut absorber 'à petite dose' de nouveaux arrivants
'civilisationnellement compatibles' (autrement dit, Européens chrétiens) et tolérer des Juifs 'patriotes' (à la Zemmour) ou 'identitaires’, 'enracinés' et pas 'diasporiques', 'luttant contre
l'islamisation' comme la LDJ ; mais c'est tout. Ils ne vont, bien sûr, jamais reconnaître l'influence méditerranéenne et ARABE qui marque l'Occitanie, revendiquant au contraire la 'Recounquista'
du Moyen-Âge contre les implantations arabo-berbères. Dans les grandes métropoles comme Paris, Lyon ou Marseille, ils vont bien sûr rejeter le multiculturalisme, qui préfigure le communisme
universel.
2°/ Dans tous les cas, particulièrement dans les grandes métropoles contre le multiculturalisme, mais à vrai dire PARTOUT,
la culture 'populaire' qu'ils vont revendiquer est figée (normal, puisque 'organique') et, finalement, digne du pire folklore pour touristes. Normal : leur essence de classe est
petite-bourgeoise et ils sont incapables de voir la culture populaire comme un phénomène vivant. Ce qui en est arrivé jusqu'à saouler les nationalistes bretons très à droite d'Adsav, qui
ont fini par rejeter la direction du 'Bloc' (toujours intéressant à relever, les contradictions au sein du fascisme...).
3°/ Ils ne rejettent pas la 'France des Siècles' ; ils l'assument au
contraire totalement, comme 'patrie historique' (à côté de la 'patrie charnelle' locale et de la 'patrie civilisationnelle' européenne). Autrement dit (et c'est là qu'ils ne sont en rien des
'libérationnistes nationaux' même bourgeois, mais des RABATTEURS de la bourgeoisie impérialiste BBR), ils assument la construction nationale bourgeoise 'France' dans tous ses crimes, non
seulement (bien sûr) coloniaux mais aussi intérieurs : écrasement du peuple occitan depuis la Croisade des Albigeois jusqu'aux Camisards, écrasement du peuple breton depuis le mariage féodal
d'Anne de Bretagne jusqu'aux guerres de Chouans en passant par les Bonnets rouges, bûchers des 'sorcières' basques etc. ; tout cela jusqu'aux tranchées de 14-18 où tous périrent côte à côte, avec
les soldats des colonies (Maghrébins, Antillais, 'Sénégalais'), dans une gigantesque apothéose de barbarie impérialiste... Ils 'assument' bien sûr 'toute l'histoire' du sombre 20e siècle
: le 'bouclier' maurassien Pétain (lui aussi très 'terroir' et 'régionaliste'... mais auteur de nos actuelles régions administratives, complètement basées sur la 'zone d'attraction' d'une
métropole capitaliste, donc les intérêts des monopoles) ; comme 'l'épée' De Gaulle et son régime 'keynésien Croix-de-Feu', construisant la 'société de consommateurs' BBR sur la sueur
et le sang de la Françafrique (génocide du Cameroun etc.). Ils assument et... tant mieux ! Les lignes de démarcation sont claires ; et il n'y a que des petits-bourgeois gauchistes pour voir des
'identitaires de gauche' partout et finir... 'jacobins rouges'.
4°/ Bien entendu, dernier point et le plus important, leur 'patrie charnelle' est aussi biologique et 'organique'
qu'interclassiste : elle célèbre les notables 'couleur locale' et respecte, on l'a dit, la bourgeoisie francouille de la 'patrie
historique', et même les autres bourgeoisies impérialistes de la 'patrie civilisationnelle' européenne (qu'ils espèrent alliées) ; tant que celles-ci ne sont pas 'mondialistes' (c'est à
dire démocrates, universalo-humanistes, de 'gauche' ou de 'droite modérée' bourgeoise). Ils ne sont bien sûr nullement anticapitalistes, mais pour un capitalisme 'populaire',
'relocalisé' et 'démondialisé' : d'autres organisations fascistes font même bien plus semblant de l'être qu’eux. BREF, ils n'assument aucun antagonisme
que ce soit avec le Capital et son État ; mais s'efforcent simplement de... détourner celui-ci, dans un sens réactionnaire. Ce qui pourrait éventuellement 'prendre' dans les bassins
ouvriers semi-ruraux dont on a parlé... mais là est leur dernière limite : leur implantation est essentiellement dans les villes d'une certaine taille, à population étudiante. Les idéologues sont
généralement des petits bourgeois intellectuels, piliers des 'corpos' de Droit, Médecine ou Pharma, adeptes de la ‘faluche’ etc. La jeunesse prolétaire 'blanche' des 'quart-mondes' semi-ruraux
tombe, généralement, bien plus souvent dans les bras de groupes néo-nazis montés par des ex-militaires en retraite, qui 'doublent' les Identitaires sur le terrain de la radicalité
'antimondialiste', populiste sociale, ultra-chauvine et barbare ('défoulant' la rancœur de classe accumulée sur les minorités, les homosexuel-le-s, les 'faibles'...plutôt que sur les
exploiteurs).
[* Un fait remarquable, à l'appui de cette théorie du déploiement Périphérie->Centre de la lutte des classes, est que la naissance et les grands développements de la théorie révolutionnaire du prolétariat sont toujours survenus dans des pays "à la marge" de l'économie capitaliste mondiale, des pays que gagnait à peine la capitalisation de l'économie, l'absorption de l'activité productive et des rapports sociaux par le capital : l'Allemagne du milieu du 19e siècle (Marx et Engels), l'Empire russe du début du 20e (Lénine), la Chine des années 1930-40 (Mao), puis l'Inde, l’État turc ou le Pérou des années 1960 et 70 (Mazumdar, Kaypakkaya, Gonzalo), etc. Ceux qui rejettent cette théorie du déploiement Périphérie->Centre devraient, sans doute, être capables de nous expliquer pourquoi la théorie révolutionnaire du prolétariat n'est pas née en Angleterre, qui était alors (de loin) le pays industriellement le plus avancé de la planète.]
Récapitulatif des "grandes thèses" de Servir le Peuple
du chap. 1 du Manifeste pour les lecteurs/trices francophones (valable pour tout le Manifeste)
(version non-définitive ; chap. 4 et 5 pas encore validés par les camarades italiens)
La crise actuelle, une crise par surproduction absolue de capital (en PDF)
article de 1985 paru dans Rapporti Sociali n°0
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Comité de Soutien à la Révolution en Inde
Comité de solidarité franco-népalais
Revolution South Asia (en anglais)
Maoist Resistance (guerilla maoïste indienne - en anglais)
NaxalRevolution (Naxalite Maoist India, en anglais)
Banned Thought (en anglais)
Indian Vanguard (en anglais)
The Next Front (Népal - anglais)
Signalfire (sur la GPP en Inde et aux Philippines, le Népal et les luttes populaires dans le monde - en anglais)
Communist Party of India (Marxist-Leninist) Naxalbari (n'a pas fusionné avec le CPI(maoist), mais soutient la GPP)
Philippine Revolution (en anglais) - Guerre populaire aux Philippines
Groupes antifascistes Hexagone :
Action Antifasciste Bordeaux
Action Antifasciste Montpellier
Propaganda Act
Solidarité Résistance Antifa
REFLEXes - site d'informations antifascistes
Rebellyon - rubrique "Facho"
Libertat - issu de plusieurs organisations révolutionnaires occitanes - en français et en occitan. Contre l'Occitanie identitaire des Roudier et Bompard, vive l'Occitanie révolutionnaire !
Breizh Komunour - Bretagne communiste
Collectif Vienne Antifa (30 km au Sud de Lyon)
Généraliste :
Droites extrêmes - blog Le Monde (site d'information bourgeois bien fourni, parfait pour le "watch")
A l'étranger :
Sare Antifaxista - en castillan et euskara
RASH Madrid - en castillan
RASH Los Caracas - en castillan
RASH Bogota - en castillan
Colectivos de Jovenes Comunistas - en castillan, catégorie Antifascismo.
Site d'information antifa italien
Antifa England - en anglais
Antifa Bruxelles - en français, issu du Bloc ML
Document :
Ascenseur pour les fachos (série de 6 vidéos Youtube, Antifascisme.org, site social-démocrate)
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